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Trump montre les signes d’une détente historique avec la Russie

Publié le par Felli Bernard

Trump montre les signes d’une détente historique avec la Russie


Alors qu’entretemps Obama s’exprime de plus en plus comme John McCain


Bhadrakumar

Par M K Bhadrakumar – Le 24 novembre 2016 – Source Russia Insider

Les premiers signaux définitifs semblent indiquer que les politiques étrangères américaines sont destinées à subir un changement historique sous la présidence de Donald Trump. Russia Today l’a confirmé vendredi en citant une «source proche» (sans mentionner la nationalité). Le média spécule que Trump a nommé le Lt. gen. à la retraite Michael Flynn comme conseiller de sécurité nationale dans l’administration entrante. Fait intéressant, le premier rapport faisant autorité est originaire de Moscou.

 

Le rapport de Russia Today a rendu compte de Flynn d’une façon plutôt amicale, notant sa forte défense d’une détente avec la Russie. Fait intéressant, parmi ceux qui ont appelé Trump hier à son Quartier général de transition, il y a Henry Kissinger.

Pourquoi la nomination de Flynn est-elle si importante ? Tout d’abord, Trump a confiance en lui et Flynn dans son nouveau poste supervisera l’ensemble des services de renseignement américains, le Pentagone et assurera la coordination de la sécurité nationale et des politiques étrangères. C’est une position extrêmement influente, en plus et au-delà du contrôle parlementaire.

Il est donc important de noter que les contacts passés de Flynn avec les responsables du Kremlin – il existe une photo de lui à table lors d’un dîner, assis à côté du président Vladimir Poutine –, ses liens avec Gazprom, le Léviathan du gaz russe, et sa conviction que les États-Unis et la Russie devraient collaborer au lieu de rivaliser, etc., prennent une grande importance.

Trump déstabilise l’establishment de politique étrangère et de sécurité des États-Unis. Il est concevable qu’il utilisera le général dur du Pentagone pour amener les gens de l’establishment à se soumettre à la nouvelle trajectoire de la politique étrangère. Si quelqu’un peut le faire, c’est Flynn.

L’inquiétude croissante est évidente, même au niveau du président Barack Obama. Jeudi, dans un acte audacieux, Obama a donné quelques conseils publics à Trump, à partir d’un podium à l’étranger, en Allemagne, Angela Merkel l’écoutant avec des signes d’approbation, sur l’opportunité du président élu suite à ses rodomontades. Certains extraits sont présentés ici, ne serait-ce que pour mettre en évidence la bataille épique qui se profile sur les politiques étrangères américaines. Obama a déclaré :

«En ce qui concerne la Russie, ma principale approche a été constante depuis mon arrivée au pouvoir. La Russie est un pays important. C’est une superpuissance militaire. Elle a une influence dans la région et dans le monde entier. Et pour que nous puissions résoudre les nombreux problèmes importants dans le monde, il est dans notre intérêt de travailler avec la Russie et d’obtenir sa coopération […] J’ai donc cherché une relation constructive avec la Russie, mais j’ai également été réaliste en reconnaissant qu’il y a des différences significatives dans la façon dont la Russie voit le monde et la nôtre, les Occidentaux.

Et ainsi de suite, sur des questions comme l’Ukraine, la Syrie, nous avons eu des différences très importantes. Et j’espère que le président nouvellement élu adoptera une approche aussi constructive, en trouvant des domaines où nous pourrons coopérer avec la Russie, où nos valeurs et nos intérêts s’alignent, mais j’espère aussi que le président élu sera également prêt à affronter la Russie si elle s’écarte de nos valeurs et des normes internationales.

Je ne m’attends pas à ce que le président élu suive exactement notre plan ou notre approche, mais j’espère qu’il ne prendra pas simplement une approche de realpolitik en suggérant que, si nous nous accordons avec la Russie sur certaines affaires, même si cela fait du mal aux gens, même si cela viole les normes internationales, ou même si cela rend des pays plus petits vulnérables ou crée des problèmes à long terme dans des régions comme la Syrie – nous ne ferions que ce qui est opportun dans le contexte à ce moment-là. Et c’est une chose sur laquelle je pense que nous apprendrons plus lorsque le président élu aura constitué son équipe.»

Obama s’est ensuite lancé dans une tirade contre Poutine, disant qu’il y avait une preuve très claire de son engagement dans une cyberattaque contre les États-Unis et qu’il avait personnellement «livré un message très clair et puissant» au dirigeant russe l’informant que «nous le surveillons attentivement et nous répondrons de façon appropriée si et quand nous verrons cela se produire».

De retour à Washington, ironiquement, le plus fort allié d’Obama, en s’opposant à la détente avec la Russie, n’est autre que le sénateur républicain John McCain. L’aversion viscérale vis-à-vis de la Russie – et de Poutine en particulier – au sein de l’establishment de Washington se dégage de la propre déclaration de McCain au début de la semaine.

Pourquoi une telle crainte morbide ? McCain, bien sûr, est le principal porte-parole du complexe militaro-industriel en Amérique. Beaucoup d’entreprises de fabrication d’armes haut de gamme sont basées en Arizona, l’état que McCain représente au sénat. Le Saker, l’analyste militaire basé aux États-Unis, donne une explication satisfaisante de pourquoi il y a une telle panique à Washington :

«Flynn a des connexions avec Gazprom, il est bien aimé à Moscou, et sera un lien pour les sociétés américaines d’énergie et peut-être quelques co-entreprises dans le développement du gaz et dans l’industrie du pipeline. Plusieurs amis de Trump viennent de l’industrie du gaz et du pétrole […] L’Arctique, la Méditerranée orientale, la mer de Chine méridionale et d’autres grandes zones de développement ont d’énormes nouveaux champs à forer et exploiter.»

L’intérêt principal de la politique étrangère de Trump sera de rendre l’Amérique riche à nouveau. Le développement eurasien a déjà attiré Trump vers le projet chinois de Route de la soie (OBOR) – Une Ceinture, une Route – et vers la banque chinoise d’investissement dans les infrastructures (AIIB). Il est probable que la Nouvelle Route de la Soie dans l’Union économique eurasienne ne se fera pas sans une importante participation américaine.

M.K. Bhadrakumar

Article original paru sur Indian Punchline

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Michel Drac : La stratégie de tension au service des élites mondialisées

Publié le par Felli Bernard

Michel Drac : La stratégie de tension au service des élites mondialisées

 

Michel Drac est éditeur et essayiste. Fondateur du site scriptoblog, il est spécialiste de la géopolitique. Dans son ouvrage Triangulation, aux éditions Le Retour aux Sources, il revient au fil de trois conférences sur le concept de mondialisme. A travers une discussion autour du terme d’ « empire », Michel Drac précise le rôle des élites mondialisées -qu’elles agissent dans le monde économique, médiatique ou politique – dans la perte systémique de la souveraineté des états. Face à une époque complexe, l’auteur fait un parallèle avec l’époque italienne des années 70 et 80, en commentant une stratégie de tension diffusée en Europe et particulièrement en France, notamment face à l’islamisme radical.

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Réseaux Gladio : le documentaire de la BBC de 1992 (3/3 : The Foot Soldiers)

Publié le par Felli Bernard

4
Déc
2016

Réseaux Gladio : le documentaire de la BBC de 1992 (3/3 : The Foot Soldiers)

 

TimeWatch Réseaux Gladio – BBC 1992 :

Partie 1 : The Ring Masters

Partie 2 : The Puppeteers

Partie 3 : The Foot Soldiers

Suite du deuxième épisode du très intéressant documentaire de l’excellente série TimeWatch de la BBC de 1992.

Cette dernière partie est hélas toujours de qualité très médiocre (désolé, mais il n’y a que ça et ce documentaire est exceptionnel, très peu ont été réalisés…) ; nous l’avons sous-titrée pour vous :

(Un grand merci aux traducteurs et sous-titreur)

 

2 réponses à Réseaux Gladio : le documentaire de la BBC de 1992 (3/3 : The Foot Soldiers)

Renaud 2 Le 04 décembre 2016 à 00h56
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Je n’ai pas vu ce documentaire mais en voyant celui de France 5, il est difficile de ne pas remarquer la présence d’anciens nazis ou soutiens des nazis dans ces réseaux. En y réfléchissant ce n’est pas en fait pas étonnant. C’est le grand Capital qui a financé Hitler, et comme dans tout investissement, on cherche à en récolter quelque chose. Les meilleurs éléments nazis ont intégré la CIA et ces réseaux stay-behind. La haine du Capital envers tout mouvement social s’était déjà illustré lors de la Première Guerre Mondiale (voir Pauwels).

Jean Le 04 décembre 2016 à 05h14
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Et derrière ce Capital il y a ceux qui le détiennent, des hommes comme vous et moi que le pouvoir et l’avidité ont rendus fous, d’où la nécessité d’élaborer une société qui limite l’enrichissement et le pouvoir que peut détenir un seul individu. Car cette concentration excessive de la richesse et du pouvoir menace aujourd’hui l’existence de notre espèce.

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Exclusif : Eric Zemmour évoque Fillon, Le Pen, Hollande et les autres

Publié le par Felli Bernard

Exclusif : Eric Zemmour évoque Fillon, Le Pen, Hollande et les autres

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Cellule44

Un entretien d’une très bonne qualité. Pour préserver la paix civile, la France acceptera -t-elle une partition ? L’idée d’une partition programmée pour la France ? En cela Philippe de Villier et Eric Zemmour se rejoignent.

By Philippe Ehua

 

 

Eric Zemmour a accepté de donner un long entretien à TV Libertés. Interrogé par Martial Bild, le journaliste et écrivain évoque 3 thèmes essentiels : le grand défi de l’Islam, la liberté d’expression et le débat politique actuel.

Après avoir rappelé que l’Islam est incompatible avec la démocratie et la France, Eric Zemmour revient sur sa condamnation pour “provocation à la haine raciale” et dénonce une accélération de la restriction des libertés publiques et tout particulièrement de la liberté d’expression. très librement, il juge les actions et les propositions des différents dirigeants politiques de Le Pen à Mélenchon en passant par Hollande et Fillon.

Pour la première fois, il évoque le travail de la réinformation en France. Un entretien exclusif de haute tenue.

Source : Youtube

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Alep libérée ? La « bonne nouvelle » épouvantable pour les dirigeants français.

Publié le par Felli Bernard

Alep libérée ? La « bonne nouvelle » épouvantable pour les dirigeants français.

1ère partie

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Alep libérée

Ce 29 novembre, la joie, certes mêlée de tristesse, de sang et de larmes, avait envahi le cœur des Syriens. Toutes les sources fiables leur apprenaient que 14 quartiers de l’est d’Alep étaient libérés des terroristes, que des milliers de leurs habitants séquestrés depuis l’été 2012 avaient pu -malgré les tirs des snipers qui tiraient sur ceux qui les fuyaient- rejoindre les positions de l’Armée syrienne, que la centrale hydraulique de Souleiman al-Halabi située dans ces quartiers avait été récupérée et en cours de réparation, que le croissant rouge et les hôpitaux privés et publics s’étaient préparés à les accueillir, que la Russie allait dépêcher des hôpitaux mobiles pour parer aux manques de lits et de moyens, que les parents et amis encore en vie les attendaient à tous les couloirs de sortie…

Les Français qui auraient tendance à mettre en doute la parole des Syriens, pourraient peut-être se donner la peine d’écouter l’un des leurs raconter « cette vraie bonne nouvelle » [1].

ICI, cette vidéo de Pierre le Corf

https://www.youtube.com/watch?v=idBCO5ZqCQg   merci

Ceci, car les médias français excellents désormais en matière de désinformation sur la Syrie, donnant une vision caricaturale d’un régime qui massacre des « rebelles » quand ce n’est pas la « population », sans que l’on puisse comprendre qui est qui et qui fait quoi.

Un exemple frappant est ce que donne à entendre BFM TV qui invite, ce 29 novembre, l’aiguiseur du fer de lance de l’agression contre la Syrie, M. Laurent Fabius, lors d’une émission présentée comme suit :

« Dénoncer les fautes politiques, décrypter les déclarations et réduire le fossé creusé entre la classe politique et les français, telles sont les ambitions de l’émission signée Ruth Elkrief » [2].

Invitation à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage, mise à profit pour stimuler l’imagination des Français sur la prétendue horreur de cette « vraie bonne nouvelle » :

« R. Elkrief : Évoquant le dossier syrien, vous rappelez la fameuse conférence de Genève de Juin 2012 qui a été suivie par des déclarations… les vôtres ; en juillet 2012 : « Assad va tomber, c’est une question de temps » ; décembre 2012 : « La fin se rapproche pour Bachar al-Assad ». Depuis 24h, la ville symbole d’Alep est sur le point d’être prise aux rebelles. Bachar al-Assad est entrain de l’emporter !

L. Fabius : C’est un drame épouvantable, épouvantable parce qu’en ce moment même, au moment où nous parlons, il y a des milliers de jeunes et de moins jeunes, de familles, qui sont massacrés. Imaginez ce que c’est d’être à Alep dans le froid, sans nourriture, sans eau… et c’est un échec pour ce qu’on appelle la Communauté internationale, un échec terrible. Alors, je rappelle dans mon livre, puisqu’il porte sur les quatre ans que j’ai passés à la tête de la diplomatie, comment il aurait été possible, finalement, de trouver une autre solution et pourquoi ça n’a pas eu lieu.

R. Elkrief : Et vous dîtes que à Genève, il y a un certain nombre de personnes, vous n’êtes pas les seuls, la France, à dire et à penser que Bachar al-Assad va tomber. 

L. Fabius : Tout le monde… Tout le monde… À Genève, c’était la première réunion internationale à laquelle je participais. C’était en juin 2012 et je tenais la plume du communiqué final. Et, je me rappelle très bien que dans les couloirs, quand nous bavardions entre nous, Hilary Clinton, Sergueï Lavrov… la seule question c’était : « où va-t-on envoyer Bachar ? ». Bon… nous aurions pu nous mettre d’accord puisqu’il y a eu un communiqué qui a été accepté par tout le monde, mais les Russes, disons les choses telles qu’elles sont, finalement, n’ont pas voulu. Et c’est la première occasion, si je puis dire, ratée. Et la deuxième occasion ratée, qui elle est en août 2013… à l’époque en 2012, il n’y avait pas de terroristes, hein !

R. Elkrief : Il n’y avait pas encore Daech en août 2013…

L. Fabius : Bien sûr ! Et en août 2013, vous vous rappelez peut-être que le président Obama a dit que : « Si il y a l’utilisation d’armement chimique contre la Syrie, à ce moment là j’interviendrai ». Nous avions prévu d’intervenir avec les Anglais, nous-mêmes et les Américains, et puis, au dernier moment, le président Obama a fait volte-face. Et du coup…

R. Elkrief : Et vous rapportez comment il a téléphoné à François Hollande, comment…

L. Fabius : Et du coup, les Russes ont retourné la situation. Le terrorisme s’est développé, Al-Qaïda d’une part, Daech d’autre part, et on en arrive à 300 000 morts et même plus de 300 000 morts, la moitié de la population de Syrie déplacée. Voyez ce que ça veut dire. Et puis, tous les jours des gens qui sont tués et qui sont massacrés… » [3].

Extrait qui en dit long sur le matraquage incessant de l’inconscient collectif des auditeurs par celui-là même qui se dédouane par un « tout le monde pensait que », suggérant que si le terrorisme s’est développé, ce n’est pas du fait du soutien de son gouvernement [4] et de ses alliés, mais de la faute des Russes et, en passant, de la faute d’Obama qui s’est dégonflé ce fameux 31 août 2013, alors que les moteurs de l’aviation de guerre française vrombissaient d’impatience en attendant son feu vert pour se lancer à l’attaque de Damas en pleine nuit.

Pourquoi et comment ? Ce n’est pas le sujet. Il suffit de répéter que la « ligne rouge » imaginée par Obama est une réalité : des armes chimiques ont bien été utilisées « contre la Syrie » alors que Daech, fille d’Al-Qaïda, sœur jumelle d’Al-Nosra et mère adoptive de l’ASL sous le parrainage d’Erdogan et les bons auspices des alliés régionaux de la France [à l’époque, c’était essentiellement, le Qatar qui avait fait mains basse sur la Ligue arabe, la Turquie, la Jordanie et la Turquie ; l’Arabie saoudite a pris la main plus tard], ne faisait pas encore partie du paysage, comme le précise Mme Elkrief. Il ne faut quand même pas tout mélanger : les terroristes, c’est Daech, tous les autres sont des « rebelles armés démocrates », même s’ils ont décapité, violé, rôti, torturé leurs victimes syriennes avant ou après sa naissance !

Mais ici, M. Fabius ne réitère pas ses accusations contre « Bachar qui ne mériterait pas de vivre ». Ce serait trop gros. Désormais, nombreux sont ceux qui ont entendu dire que ce sont les terroristes qui ont utilisé les armes chimiques contre des soldats et des civils syriens et qui continuent. Et puis, des bruits ont couru à propos d’une note falsifiée du gouvernement français de l’époque [5]. Peut-être vaut-il mieux ne pas insister.

Quant au fameux communiqué de Genève accepté par « tout le monde en 2012 », le seul hic est que la Syrie n’était même pas présente. « Tout le monde » pour M. Fabius, ce sont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et les représentants de l’Union européenne, de la Turquie, du Qatar et de la Ligue arabe. C’est dire, vu tout ce que le monde ne peut plus ignorer aujourd’hui ! D’autant plus qu’Erdogan, profitant de l’escalade médiatique menée par la France, vient d’annoncer que la Turquie a envahi la Syrie pour mettre fin au mandat de Bachar al-Assad [6], précédé par le Qatar qui a déclaré qu’il maintiendra son soutien aux rebelles syriens même si les Etats-Unis cessent le leur [7]. Pure coïncidence !

De toute façon, la libération d’Alep, ce drame épouvantable aux yeux de Fabius, est tout aussi épouvantable pour son successeur émérite, M. Ayrault, qui demande ce même jour une réunion immédiate du Conseil de sécurité de l’ONU pour examiner la situation de la « ville martyre », reçoit au Quai d’Orsay un certain Brita Hagi Hasan [8] bombardé président du conseil local des terroristes d’Alep « démocratiquement élu » par on ne sait qui  -conseil auquel le Gouvernement syrien devrait accorder le privilège d’une « administration autonome » pour faciliter la paix, selon l’idée sortie de la seule imagination de l’envoyé spécial onusien, Staffan de Mistura [9]- puis, annonce qu’une réunion des pays européens, arabes et des USA qui « refusent la logique de guerre totale » en Syrie, se tiendrait le 10 décembre à Paris [10].

Des pays qui refusent la « logique de la guerre totale » contre qui ? Contre les terroristes évidemment, puisque l’épouvante est motivée par la libération de plus de 80 000 civils qu’ils avaient pris en otage dans les quartiers est d’Alep, sous la pression militaire de l’Armée arabe syrienne et de ses alliés.

Preuve supplémentaire, s’il en fallait, que ladite Coalition internationale menée par les USA n’a pas pour objectif d’éradiquer le terrorisme, mais de le contenir, afin de l’exploiter à la table des négociations, sans cesse desservie, dans le but d’obtenir par une prétendue solution politique ce qu’elle n’a pu obtenir sur le terrain militaire au bout de plus de cinq années d’une agression internationale, sans précédent, sur un petit pays comme la Syrie et particulièrement à Alep, devenue l’arène de combats, par procuration, des grandes, moyennes et petites puissances de ce monde.

Et Bachar al-Assad n’est pas tombé, soutenu par le peuple syrien et par l’Armée syrienne, parce que c’est à lui que les coalisés ont fait des propositions mirobolantes qu’il a refusées, car il les a jugées inacceptables pour son pays et pour la région. Le peuple syrien l’a compris et ses alliés aussi. D’où l’hystérie et l’acharnement médiatique, comme s’il n’y avait plus que la Syrie pour régler les problèmes économiques, remplir les caisses vides, nourrir l’avidité ou le besoin d’hégémonie des coalisés.

Le Conseil de sécurité s’est donc réuni ce 30 novembre, à la demande de la France et de la Grande Bretagne, les coalisés épouvantés accusant en chœur la Russie et le Gouvernement syrien d’être les responsables criminels de cette « vraie bonne nouvelle » venue d’Alep. Une séance retransmise en direct par RT France. Tout transcrire serait exhaustif, mais il n’est peut-être pas inutile de résumer les prises de position des autres membres du Conseil de sécurité après avoir entendu les exposés de MM O’Brien, De Mistura et le représentant de l’UNICEF :

1. Le délégué de la Grande Bretagne déclare que ce qui se passe à l’est d’Alep est le « conflit le plus horrible » de notre vie. Depuis 70 ans, plus de 2000 résolutions ont assuré la paix dans le monde, mais c’est l’échec total face au conflit syrien. Pourquoi ? Parce que la Russie pose son veto ! Aucune allusion aux vetos de la Chine. La Russie et la Syrie refusent son plan d’aide et mènent une guerre de type médiéval…

2. Le délégué de la France constate que le Conseil n’est toujours pas en mesure de trouver un accord pour sauver la population d’Alep-Est, toutes les initiatives, dont celle des plumes « humanitaires », s’étant heurtées à la même fin de non-recevoir de la Russie ! La politique de guerre totale menée actuellement est donc une erreur stratégique, « car le drame d’Alep n’est pas le chemin douloureux par lequel il faudrait passer pour obtenir la stabilisation de la Syrie, autour d’une Syrie dite utile reconstituée ».

Après vérification, nous avons bien entendu : une Syrie dite « utile » reconstituée !? C’est quoi une Syrie « utile » ? C’est quelle partie de la Syrie ? Qui dit cela ? Une Syrie « reconstituée » comment ? Une Syrie amputée au nord, au sud, à l’est, ou dans ces trois directions à la fois ? Quelle serait une France « utile » pour M. Delattre ? Quel département serait-il prêt à abandonner pour stabiliser la France si, par malheur, elle était déstabilisée comme il le craint : « Alep est au cœur d’un enjeu qui touche si profondément à nos valeurs mais aussi à nos intérêts, y compris à nos intérêts de sécurité ».

Et que comprendre lorsqu’il annonce que la réunion ministérielle du 10 décembre, organisée par M Ayrault, avec ceux qui refusent la stratégie actuelle de guerre totale, pourrait « relancer d’urgence une solution négociée » ? Une solution négociée avec qui et sur quoi ? À partir du moment où certains des pays invités sont des soutiens connus et reconnus du terrorisme international qu’il ne s’agit pas de combattre pour le moment, puisque son éradication de l’est d’Alep les rend fous,  la logique veut qu’il s’agit de s’entendre, entre coalisés, sur les moyens d’atteindre quand même les objectifs des uns et des autres en matières d’intérêts ou de zones d’influence respectives, avec ou sans l’accord du Conseil de sécurité.

Dès lors, Alep est non seulement, « l’épicentre du pire drame humanitaire depuis le début du XXIème siècle » comme il le dit, mais aussi, l’épicentre de la guerre internationale qui commence à dire son nom et à dévoiler ses vrais objectifs.

3. La déléguée des États-Unis a répondu à la question posée par le Secrétaire général adjoint ; à savoir, pourquoi le Conseil de sécurité n’a pas pu résoudre la crise syrienne : « La Russie ne le veut pas, c’est très clair ! ». Elle a anticipé les réponses de la Russie et de la Syrie prêtes à lui servir, selon elle, leur propagande en assurant que 20 000 personnes étaient heureuses de leur libération, alors qu’il s’agissait plutôt d’un « voyage mortel » et que leurs forces mentent et tuent, surtout les enfants, en comptant sur l’absence d’arbitres sur le terrain, alors que les représentants de l’ONU, MM. O’brien et de Mistura plus le représentant de l’UNICEF, qui venaient de s’exprimer, « sont nos arbitres… ». À pleurer !

Et si une partie « majestueuse » de l’est d’Alep risque de disparaître, c’est parce que le régime syrien et la Russie ont opté pour une stratégie militaire : « Quittez ou vous mourrez ! ». De toute façon, la Russie peut, encore une fois, poser son veto et poursuivre sa solution militaire, il y aura toujours moyen d’agir par le truchement de l’Assemblée générale.

Les arbitres de Mme Power n’ont pas dû l’informer de l’appel du Grand Mufti Hassoun, transmis par « haut parleur » aux terroristes barricadés à Bani Zeid à l’est d’Alep. Il leur a dit en substance : « Déposez vos armes et rendez vous. Dieu m’est témoin que nous ne voulons pas vous tuer. Si vous n’avez plus où aller, si vous n’avez plus de patrie, la Syrie vous ouvre les bras… ». Ils ont préféré continuer à massacrer les habitants de l’ouest de la ville et c’est peut-être mieux pour la Syrie et les Syriens que certains aient refusé ce pardon. Vu les atrocités qu’ils continuent de commettre, tout porte à croire qu’ils sont irrécupérables, sauf pour leurs sponsors épouvantés à l’idée qu’ils puissent disparaître.

4. Le délégué de la Russie a répondu à cette même question posée par le Secrétaire général adjoint, M. O’Brien, que  « l’inertie de l’ONU est compensée par la compétition sur le plan humanitaire », alors que Samantha Power avait quitté la salle. Il a rappelé à ceux qu’il a qualifiés de « troïka » que, depuis 13 ans, l’échec de leur aventure géopolitique en Irak, en Libye et en Syrie, avait été masqué par des discussions sur la situation humanitaire, que les USA [Brennan : le Directeur de la CIA ?] n’avaient pas tenu leurs promesses de séparation entre belligérants modérés et terroristes, que la Russie avait été menée par le bout du nez afin qu’ils puissent utiliser les terroristes pour un changement de régime en Syrie, et que la désinformation, était leur méthode habituelle.

Il a poursuivi en constatant que tous se fichent de la situation à Mossoul et au Yémen, pour ne s’intéresser qu’à Alep ; cette réunion étant une tentative désespérée de la France et de la Grande Bretagne pour sauver les terroristes qui y sont retranchés. Il a aussi rappelé la mise en scène des « Casques blancs » proposés pour le prix Nobel de la paix, et a assuré que la Russie fournissait et fournirait toute l’aide humanitaire promise à la Syrie.

5. Le délégué de l’Ukraine a considéré que le gouvernement syrien était encouragé par la dynamique militaire et prêt à tous les crimes, comparant la situation d’Alep à celle vécue par Grozny, alors que M. Delattre avait opté pour Guernica.

6. Le délégué du Japon a félicité tous les humanitaires onusiens, tout en constatant que l’exposé de Staffan de Mistura démontre que la logique militaire l’emporte, alors que le terrorisme ne peut être résolu que par des moyens politiques, d’où la nécessité de l’union de tous.

7. 8. Les délégués du Sénégal, et de la Malaisie ont très vivement remercié MM. O’brien et de Mistura plus le représentant de l’UNICEF, pour leurs exposés très clairs et très instructifs sur la situation en Syrie et notamment à Alep, plaidant pour un cessez-le-feu ; le délégué du Sénégal, président de la séance, ayant insisté sur l’idée d’une « solution négociée ».

9. 10. 11. Les délégués de L’Espagne, de l’Égypte et de la Nouvelle-Zélande ont plaidé pour leur propre projet de résolution qui vise à l’instauration d’une trêve de 10 jours à Alep et au rétablissement de la cessation des hostilités dans tout le pays, projet fondé sur les résolutions 2254 et 2258 ; le délégué de l’Égypte ayant tenu à préciser que son pays n’avait appuyé ni l’une, ni l’autre partie, malgré certains intérêts, et qu’il n’a pas l’intention de contribuer à la destruction d’un pays frère.

12. Le délégué de la Chine a rappelé que la situation à Alep était une sorte d’illustration de l’ensemble de la situation en Syrie, plaidant pour un cessez-le-feu, un règlement politique, une assistance humanitaire, et une lutte contre tous les groupes terroristes désignés par le Conseil de sécurité.

13. Le délégué de l’Angola a regretté l’acrimonie du débat, considérant que toutes les parties avaient opté pour la solution militaire et continuaient à recevoir de l’armement de toutes les autres parties, même des membres du Conseil de sécurité. Il a rejeté l’appui financier et logistique fourni aux groupes armés non étatiques qui prennent les civils en otage.

14. Le délégué du Venezuela a trouvé paradoxal que l’on néglige la nature déstabilisatrice du terrorisme, le droit du gouvernement syrien à se défendre contre des terroristes et les trêves humanitaires rejetées pas les terroristes. Quant à l’aide humanitaire, un consensus minimum devrait être trouvé sans recourir à une politique interventionniste, le croissant rouge syrien et le gouvernement syrien y contribuant.

15. Le délégué de l’Uruguay a fait remarquer que Staffan de Mistura avait omis de dire qu’il s’agit d’une guerre barbare qui ne respecte aucune règle et qu’oubliant Madaya, Al-Foua et Kefraya, le Conseil de sécurité s’était concentré sur le carnage d’Alep. Pour lui, la situation passe par une solution toute simple : un cessez-le-feu immédiat et sans conditions.

Puis est venu le tour du délégué de la Syrie, le Dr Bachar al-Jaafari : À suivre dans une 2ème partie.

 

Mouna Alno-Nakhal

1/12/2016

Source : Russia Today

Le Conseil de sécurité de l’ONU se met autour de la table pour discuter de la situation à Alep 30 nov. 2016, 17:34

https://francais.rt.com/international/29918-conseil-securite-onu-reunion-situation-alep

 

Notes : 

[1] Pierre Le Corf sur la libération d’une partie d’Alep-Est : Une vraie bonne nouvelle !

https://www.youtube.com/watch?v=idBCO5ZqCQg

[2] BFM TV 19h Ruth Elkrief

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/replay/19h-ruth-elkrief/

[3] Laurent Fabius: “Il ne faut pas être naïf dans les relations internationales et discuter avec tout le monde”

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/laurent-fabius-il-ne-faut-pas-etre-naif-dans-les-relations-internationales-et-discuter-avec-tout-le-monde-889973.html

[4] François Hollande confirme avoir livré des armes aux rebelles en Syrie
http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/08/20/la-france-a-bien-livre-des-armes-aux-rebelles-en-syrie_4473715_823448.html

[5] Crise syrienne : la note falsifiée du gouvernement français par Frédéric Saillot

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article4021

[6] Erdogan : Les forces turques sont en Syrie pour mettre fin au règne de Bachar el-Assad

https://francais.rt.com/international/29873-erdogan-forces-turques-sont-syrie

[7] Le Qatar maintiendra son soutien aux rebelles syriens même si les Etats-Unis cessent le leur

https://francais.rt.com/international/29676-qatar-maintiendra-son-soutien-rebelles-meme-si-etats-unis-cessent-le-leur-donald-trump

[8] Situation à Alep – Déclaration de Jean-Marc Ayrault (29 novembre 2016)

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/syrie/evenements/actualites-2016/article/situation-a-alep-declaration-de-jean-marc-ayrault-29-11-16

[9] Alep : Réponse de la Syrie à de Mistura qui propose une administration

autonome confiée à un comité local de terroristes !

http://www.mondialisation.ca/alep-reponse-de-la-syrie-a-de-mistura-qui-propose-une-administration-autonome-confiee-a-un-comite-local-de-terroristes/5558391

[10] Syrie: Ayrault va réunir la communauté internationale le 10 décembre

http://www.20minutes.fr/monde/syrie/1971539-20161130-syrie-ayrault-va-reunir-communaute-internationale-10-decembre

 

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Attaque déjouée des services spéciaux étrangers contre le système bancaire russe

Publié le par Felli Bernard

Attaque déjouée des services spéciaux étrangers
contre le système bancaire russe
par Karine Bechet-Golovko

vendredi 2 décembre 2016, par Comité Valmy

 

Attaque déjouée des services spéciaux étrangers
contre le système bancaire russe

Le 2 décembre, le FSB a publié une note informant de l’intention des services spéciaux étrangers de mener une attaque contre les grandes banques russes afin de destabiliser le système financier national. La source a été identifiée en Hollande... c’est-à-dire au coeur de l’Union européenne. Les mesures nécessaires ont été prises, mais restent en suspend des questions, devenues rhétoriques : nous sommes en guerre contre la Russie ? Quelle est la légitimité des individus qui prennent de telles décisions si nous vivons dans un système démocratique ?

Comme cela a été publié sur le site du FSB :

 

Dans une période partant du 5 décembre, des services spéciaux dont les forces et le centre de commandement ont été basés en Hollande, ont préparé une cyber attaque contre certains grandes banques russes afin de destabiliser le système financier. Ils utilisent pour cela un hébergeur ukrainien, BlazingFast.

L’attaque était prévue en deux temps : d’une part l’attaque cybernétique elle-même et d’autre part le lancement d’une campagne de désinformation par SMS, messages dans les blogs, les groupes sociaux etc, diffusant de fausses informations sur le retrait de licence de certaines banques et leurs succursales, leur banqueroute etc. dans une zone géographique couvrant une dizaine de centres urbains.

La Banque centrale russe et le FSB ont pris les mesures nécessaires pour prévenir, ce qui n’est pas une nouveauté. En novembre, 5 des plus grandes banques russes ont subi une DDoS-attaque, considérée comme sans précédent du point de vue de son ampleur et engageant déjà des Etats étrangers. Il est évident que les sanctions, notamment adoptées contre le système financier russe, n’ont pas permis d’atteindre le but recherché : son effondrement. Il faut donc passer à une phase plus agressive.

Or, si des services spéciaux étrangers agissent, au nom d’Etats, de cette manière contre un Etat souverain, en l’occurrence la Russie, c’est au minimum qu’ils considèrent cet Etat comme ennemi, comme une cible à abattre. Sauf erreur de ma part, aucun Etat n’a reçu mandat de sa population, qui reste encore le Souverain, pour mener ce types de politique suicidaire.

Si nous sommes réellement en démocratie, pourquoi ne pas organiser un référendum pour demander aux citoyens s’ils veulent adopter des sanctions contre la Russie ? S’ils veulent que leur pays s’engage dans une politique de confrontation avec la Russie, que celle-ci soit militaire, économique, politique ? Auncun de ces référendums ne sera jamais organisé en Europe de l’Ouest car chacun connait la réponse : les gouvernants n’obtiendront jamais de soutien populaire pour mener cette politique, qui est actuellement menée dans leUE contre la Russie. Quelle est alors la légitimité de notre système politique, de notre système de gouvernance ?

Karine Bechet-Golovko
vendredi 2 décembre 2016

Russie politics

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[Vidéo] Frédéric Lordon à HEC Débats – Conférence – Présidentielles 2017, Nuit Debout, Capitalisme

Publié le par Felli Bernard

[Vidéo] Frédéric Lordon à HEC Débats – Conférence – Présidentielles 2017, Nuit Debout, Capitalisme

 

03Source : Youtube, Frédéric Lordon, 20-11-2016

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Frédéric Lordon était l’invité d’HEC Débats le 21 septembre 2016

Sociologue et économiste, fin connaisseur de la pensée de Spinoza, Frédéric Lordon est connu pour ses prises de position intellectuelles et politiques. Membre du collectif des Economistes Atterrés, figure éminente du mouvement Nuit Debout, il vient se confronter à un public qu’il connait bien, puisqu’il est lui-même titulaire du MBA HEC !

Après avoir présenté succinctement sa vision du salariat comme rapport d’aliénation, il évoque tour à tour le mouvement Nuit Debout et l’avenir de la gauche et du capitalisme en général.

Cette conférence constitue une bonne introduction à sa pensée et intéressera tous ceux, détracteurs ou partisans, qui s’intéressent au sens de la politique et à l’avenir de la démocratie.

Source : Youtube, Frédéric Lordon, 20-11-2016

Une réponse à [Vidéo] Frédéric Lordon à HEC Débats – Conférence – Présidentielles 2017, Nuit Debout, Capitalisme

Nico Le 03 décembre 2016 à 03h00
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Le compte-rendu rédigé par Martin Perraudin et Eddy Zanoutene de politHEC vaut le coup d’oeil (http://polithec.fr/wordpress/wp-content/uploads/2015/12/hec-debats-lordon.pdf).

La nullité intellectuelle des étudiants d’HEC qui organisent ce débat est remarquable. Entre amusement et provocations, ils semblent prendre du plaisir à se confronter à quelqu’un qu’ils considèrent comme un simple agitateur un peu allumé. Il n’y a rien à faire pour eux.

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“parallèle convergente” LBJ-Hollande

Publié le par Felli Bernard

Dedefensa.org

La “parallèle convergente” LBJ-Hollande
vendredi 2 décembre 2016 00:00

La “parallèle convergente” LBJ-Hollande

Il nous semble absolument justifié de présenter comme un précédent extrêmement significatif à la décision de Hollande ne pas se représenter à la présidence, le cas de la décision similaire du président des USA Lyndon Baines Johnson (LBJ) le 31 mars 1968. Il s’agit dans les deux cas d’un événement exceptionnel dans l’histoire depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale de ce qu’on nommait l’Occident (et nous le bloc-BAO désormais), précisément pour les deux grands pays à direction présidentielle directe et effective (les USA depuis leur création et la France depuis 1958). Il n’y eut, dans la période, aucun autre président US qui décida, proche du terme de son premier mandat, – LBJ n’avait été élu qu’une fois, vice-président devenant président en novembre 1963 du seul fait de l’assassinat de JFK, – de ne pas se représenter. (Il y eut deux présidents d’un premier mandat battus, – Carter et Bush-père, – mais il s’agissait d’une toute autre situation que cette décision affirmée de prendre acte d’une situation politique de crise et de sa propre extrême impopularité. L’équivalent en France des cas Carter et Bush-père se trouve dans les cas de Giscard en 1981 et de Sarko en 2012.) Comme celle de LBJ dans les USA post-1945, la décision de Hollande sera considérée comme un événement politique sans précédent pour la période ; les cas de Mitterrand et de Chirac furent sans aucun lien avec la politique, avec deux hommes incapables de poursuivre à cause de leur âge et de leur état de santé et leur non-représentation pour un troisième mandat n’ayant été pratiquement pas annoncée mais s’imposant par la force de la défaillance irrémédiable des choses humaines.

On a ainsi une mesure officielle et solennelle de la profondeur et de la durabilité de la crise française, comme on l’avait eue avec la démission de Johnson pour la crise des USA. Nous parlons bien de “la profondeur et de la durabilité de la crise” et non de la forme et des circonstances qui  diffèrent évidemment. Johnson prit acte de l’effondrement progressif de sa popularité en même temps que celui de l’engagement au Vietnam, devenu un bourbier sanglant marqué par la “victoire” (US) de l’offensive du Têt du Viêt-Cong (fin janvier-février 1968), qui se révéla complètement comme l’exemple parfait d’une “victoire à la Pyrrhus”, étalant au grand jour toutes les faiblesses, les erreurs et l’impuissance du “vainqueur”. (*)

La démission de Johnson ne constitua en aucune façon le dénouement de la crise, mais au contraire son accélération. Suivirent immédiatement l’assassinat de Martin Luther King (avril 1968) et celui de Robert Kennedy (juin 1968) tandis que les émeutes raciales embrasaient à nouveau les grandes villes US du Nord, sur le terreau fertile d’une contestation grandissante et quasiment incontrôlable contre l’engagement au Vietnam. (Sur la fin de sa vie, King, durcissant sa position, avait directement lié la crise raciale à la crise de la politique belliciste des USA illustrée par le Vietnam, et du système de l’américanisme dans son entier avec l’influence écrasante du complexe-militaro-industriel.) L’agitation populaire, essentiellement contre l’engagement au Vietnam, se poursuivit durant une grande partie du premier mandat de Nixon, jusqu’en 1971-1972, et enchaîna quasi-directement sur les prémisses du scandale du Watergate (été 1972) qu’on doit lier au moins indirectement aux événements des années 1960, aboutissant à la démission de Nixon au milieu de son second mandat, en août 1974. Là encore, la crise n’était pas finie, avec les révélations sur la CIA (1975), la défaite de Ford contre Carter (1976), et, comme dans une sorte de “post-scriptum”, jusqu’à la chute du Shah, la crise pétrolière et la prise des otages de l’ambassade US à Teheran (novembre 1979) illustrant la terrible crise de l’influence des USA dans le monde et entraînant l’échec de Carter de 1980.

Nous disons donc bien, pour le cas de Hollande comme pour celui de LBJ, “la profondeur et la durabilité de la crise” pour la France comme pour les USA, même si dans des conditions générales complètement différente. Le départ de LBJ actait l’échec sanglant d’une politique crisique qui venait de bien avant lui (l’activité belliciste et impérialiste d’une politique-Système avant l’heure, marquée notamment par les interventions illégales de la CIA dans les années 1950 aussi bien que par l’assassinat de Kennedy [JFK en 1963], et implicitement dénoncée par un Eisenhower marquant ainsi sa propre impuissance dans son discours d’adieu du 17 février 1961). Le départ de Hollande acte l’échec d’une politique dont les origines sont à chercher jusqu’aux années 1970-1980, et sont clairement établies depuis le référendum sur la Constitution européenne de mai 2005 dont le résultat fut bafoué immédiatement et violé dans la suite par les présidents qui suivirent, depuis la présidence de Sarko, depuis la complète allégeance de la France à l’UE de Bruxelles et le complet alignement sur une politique générale, américaniste à l’origine et devenue la marque collective de ce que nous nommons le bloc-BAO. Il s’agit ici, dans le cas de Hollande, d’un effet direct de la crise d’effondrement du Système, alors que le décision de LBJ pouvait encore être contenue dans l’illusion d’un épisode crisique de l’américanisme particulièrement corsé et d’une exceptionnelle durabilité, dont Reagan aurait été le réparateur-miracle, – effectivement illusion, comme on l’a vue...

    C’est dire que l’abandon de Hollande peut tout juste être qualifié de “fin du commencement” (le “The End of the Beginning” de Churchill) de la crise française, cette crise n’étant pour son fait qu’un pic durable d’un ensemble crisique, correspondant à un pays d’une sensibilité extrême et prémonitoire, malgré les sornettes et les bassesses de l’“intelligences française” (les élites), aux conditions de la modernité et exprimant de la sorte la Crise Générale de l’effondrement du Système, de la fin de notre contre-civilisation. C’est évidemment une erreur profonde du regard historique de limiter la crise française à la France, et un signe bien significatif du “provincialisme” des élites françaises, élites-Système elles-mêmes en tête, incapables de comprendre les conséquences et les effets de cette globalisation dont la majorité d’entre elles appellent la venue de leurs vœux ardents. La France est en crise non pas parce qu’elle résiste à la globalisation ou s’y adapte mal, mais tout au contraire parce qu’elle est plongée de force, comme on est forcé à la noyade, dans la globalisation. (La globalisation n’est pas quelque chose à quoi l’on s’adapte mais un trou noir, un tourbillon crisique où l’on se dissout après s’y être noyé.)

C’est dire évidemment que l’on ne s’arrêtera pas là. La vigueur de la crise française est notamment marquée, – dans ce cas comme dans tant d’autres, la référence de la communication est imparable, – par l’intérêt grandissant, positif ou négatif c’est selon, que les commentateurs US ne cessent de porter depuis un à deux ans à la situation française. Ils deviennent même excellents dans leur connaissance des paradoxes français, hors des clichés et des lieux communs qui marquaient en général la méconnaissance de la France jusqu’alors ; par exemple, comme dans cet article de Fred Siegel dans City-Journal.org, le 30 novembre, où Marine Le Pen est présentée, après l’arrivée de Fillon, comme devenant « discrètement le candidat de gauche des futures présidentielles » ; avec le début tonitruant de son article, actant le processus d’effondrement de la globalisation (du Système) et la place particulière de la France dont les élites se demandent comment faire “entrer” ce pays dans la globalisation ; ainsi voit-on un commentateur US de la politique courante, dont on approuve ou non l'analyse mais dont on ne peut nier la profondeur, manifester qu’il y a eu une politique française avec sa continuité, dans tous les cas depuis 1840 (avec pourtant l’erreur plaisante et sans conséquence, et déjà vue [de Moscou, cette fois], de situer les présidentielles en les limitant à leur seul premier tour d’avril, en omettant celui, décisif par nature, de mai 2017)  :

« The new political climate generated by breakneck globalization, aggressive political correctness, and elite arrogance is so turbulent that pollsters have repeatedly failed to see what’s coming. They got last year’s Israeli elections wrong. Same with the Colombian referendum on peace negotiations with the narcoguerillas. They missed the boat on Brexit and the American presidential elections. In France, they failed to see that former prime minister François Fillon would win the race to become the conservative party’s candidate in April’s presidential election. A social conservative with liberal economic views, Fillon scrambles our notions of Left and Right. He represents an alignment unseen since the 1840s. »

Il est paradoxal, et bien illustratif des illusions, des ignorances et de l’inversion qu’a représentées l’esprit de la globalisation (l’emploi du temps passé est à peine prémonitoire, la globalisation étant en cours d’effondrement), que les USA découvrent d’une façon documentée et intelligible la situation française au moment où la pseudo-“ouverture” de la globalisation se refermerait, où les USA deviendraient, sinon isolationnistes, dans tous les cas America-First. Au contraire de toutes ces sonnettes et narrative sordides qui ont accompagné la globalisation en marche depuis un demi-siècle et qui parvient au port pour y couler irrémédiablement, comme une sorte de Pearl Habor-1941 ou de Toulon-1942, nous sommes entrés dans une phase où tous les acteurs de cette tragédie-bouffe en train de s’installer enfin dans sa dimension tragique prennent conscience de l’existence des autres. La crise française, dont les présidentielles seront une étape de plus avant d’autres à suivre, est bien un signe que les divers composants du bloc-BAO qui est le moteur de la Grande Crise d’effondrement, aiguisent à une très grande rapidité leur perception de cette Grande Crise où ils sont eux-mêmes plongés. La décision de Hollande, qui n’est rien d’autre qu’une démission de débâcle, en est une marque symbolique d’une très grande force. Ainsi Hollande aura-t-il au moins réussi quelque chose, – à n’être plus, pour un instant, le président-poire qu’il est, et en reconnaissant par conséquent qu’il ne fut jamais un président de la France sauf dans cet instant d’abandon-démission.

 

Mis en ligne le 2 décembre 2016 à 06H54

 
Note

(*) En même temps qu'il annonça son intention de ne pas se représenter, le 31 mars 1968, LBJ annonça la fin des bombardements US sur le Nord-Vietnam et l'ouvertures de négociations de paix USA-Vietnam en mai à Paris. Ces deux décisions complémentaires, l'arrêt des bombardements expliquant l'acceptation des Nord-Vietnamiens de négocier, actaient la conviction de LBJ, acquise en février, qu'il ne contrôlait plus le conflit et que les USA allaient vers une défaite. Il dit plus tard qu'en entendant Walter Cronkite, de la CBS et le plus influent et populaire présentateur de JT aux USA, disant retour d'un voyage au Vietnam en février que les USA ne pourraient pas gagner cette guerre, il réalisa défintivement que la guerre serait perdue ne serait-ce que du fait de l'opposition de la population aux USA.

 

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