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Le Parlement en faveur du salaire minimum pour toute l’UE

Publié le par Felli Bernard

Le Parlement en faveur du salaire minimum pour toute l’UE

Des eurodéputés défendent l’introduction d’un salaire minimum dans tous les pays de l’UE, au grand dam des personnalités politiques, des groups de lobby industriels et même de certains syndicats.

Maria João Rodrigues, eurodéputée socialiste et ancienne ministre portugaise à l’Emploi, a pris les rênes d’un rapport parlementaire en faveur du salaire minimum. Elle s’est déclarée surprise du soutien du Parlement pour une résolution appelant à une législation européenne imposant un salaire minimum dans tous les pays membres.

Vingt-deux États de l’UE ont déjà un salaire minimum obligatoire, mais ce n’est pas le cas en Suède, au Danemark, en Italie, à Chypre, en Autriche et en Finlande.

Le rapport parlementaire n’est pas contraignant, mais l’avis des députés pourrait peser sur la Commission, qui proposera de nouvelles règles sur la sécurité sociale, incluant des mesures liées aux conditions de travail et aux salaires, dans deux mois. Le rapport a été approuvé par le Parlement à 396 voix pour, 180 contre et 68 abstentions.

Marianne Thyssen, commissaire aux Affaires sociales, a déclaré à plusieurs reprises qu’elle n’empièterait pas sur les décisions des États en imposant un salaire minimum européen. Les lois salariales sont en effet généralement du ressort des capitales, et non de la Commission.

La commissaire a cependant encouragé les États à se doter d’une règle nationale à ce sujet. La proposition qu’elle présentera en mars pourrait convaincre les quelques pays qui n’en ont pas encore de sauter le pas, selon les informations obtenues par EurActiv.

« Cela ne nous empêche pas nécessairement d’établir des jalons. Si nous voulons davantage de convergence entre États membres, il pourrait être bénéfique de se pencher ensemble sur la question du salaire minimum », a-t-elle indiqué lors d’une séance plénière du gouvernement à Strasbourg.

>> Lire : La pression pour un salaire minimum européen s’accentue

Maria João Rodrigues ne défend pas non plus l’idée d’un salaire minimum fixé au niveau européen. Pour elle, les gouvernements devraient être obligés de définir un salaire minimum, mais le niveau de celui-ci pourrait varier en fonction des pays. « Il faut mettre en place un cadre européen imposant un salaire minimal, et le niveau concret de celui-ci doit être déterminé au niveau national », a-t-elle expliqué à EurActiv après le vote du 19 janvier.

S’ils ont approuvé le rapport dans l’ensemble, les eurodéputés du groupe de centre droit, le PPE, se sont opposés à une clause fixant le salaire minimum à au moins 60 % du salaire moyen du pays. Ils ont également supprimé la partie qui demandait à la Commission d’évaluer le salaire de subsistance dans chaque État membre.

« Cela montre que les forces conservatrices présentes en Europe veulent que les citoyens du continent continuent de survivre grâce à des salaires très bas », regrette la députée socialiste. Une telle stratégie va en effet à l’encontre de la consommation, et donc de la croissance.

Le PPE est le plus grand groupe politique du Parlement européen. Jusqu’à peu associé aux socialistes du S&D, le Parti populaire entretient à présent des relations plus froides avec ce groupe, le deuxième de l’assemblée. C’est le candidat PPE, Antonio Tajani, qui a remporté l’élection pour la présidence du Parlement le 17 janvier.

Les eurodéputés ont présenté l’idée d’un salaire minimum à 60 % du salaire moyen pour la première fois dans une résolution sur le dumping social l’an dernier. La Commission n’a cependant pas inclus la mesure dans sa proposition sur les travailleurs détachés, en mars dernier.

>> Lire : L’horizon demeure bouché pour la réforme des travailleurs détachés

Certains pays qui ont déjà un salaire minimum pourraient soutenir de nouvelles règles européennes à ce sujet. Les candidats de gauche à l’élection présidentielle française ont ainsi soutenu cette idée lors de leurs débats.

Vincent Peillon, eurodéputé, ancien ministre à l’Éducation et candidat à la primaire socialiste, a ainsi prôné l’adoption d’une législation européenne sur les conditions de travail, afin de les rendre plus décentes sur tout le continent. Manuel Vals, ancien Premier ministre actuellement candidat à la présidence, appelle quant à lui à un salaire minimum fixé à 60 % du salaire moyen.

L’appel du Parlement risque pourtant de déplaire dans les pays qui n’ont pas voulu introduire de loi ad hoc. Les syndicats sont également prudents. Dans certains pays où le salaire minimum n’existe pas, les syndicats négocient les salaires via des accords collectifs, et il n’est pas exclu que dans certains cas un salaire minimum ne compliquent leurs négociations.

« Un salaire minimum est nécessaire là où les syndicats et employeur en veulent un. Nous ne sommes pas d’accord avec l’idée de l’imposer tout simplement dans les pays où les syndicats n’en veulent pas », confirme Julian Scola, porte-parole de la Confédération européenne des syndicats.

Le groupe de lobby de l’industrie, BusinessEurope, a refusé de commenter la demande des eurodéputés. Markus Beyrer, le directeur général du groupe, a cependant déclaré dans un communiqué qu’une meilleure réforme des marchés du travail nationaux était nécessaire. « Le renforcement des lois sur le travail et la sécurité sociale aurait l’effet inverse », assure-t-il.

>> Lire : La Finlande lance le premier test d’un revenu de base en Europe

Le rapport de Maria João Rodrigues a également attiré beaucoup d’attention puisqu’il touche au cœur d’un débat très actuel : la manière dont les nouvelles technologies et l’économie des applications mobile ont bouleversé les conditions de travail. L’économie des applications a de fait été au centre d’affrontements virulents dans plusieurs États membres, donnant parfois lieu à des recours en justice et à des manifestations virulentes liées à Uber, Airbnb ou Deliveroo.

Rien d’étonnant, donc, à ce que les eurodéputés appellent la Commission à garantir « des conditions de travail décentes dans tous les types d’emplois », et s’assure que les employés ou indépendants travaillants pour des plateformes Internet aient « des droits similaires aux restes des employés et soient protégés par les programmes de sécurité sociale et d’assurance de santé ».

Pour Julian Scola, le rapport parlementaire est essentiel, parce qu’il pousse la Commission à inclure les travailleurs des plateformes Internet à ses nouvelles règles. Une option déjà envisagée par Marianne Thyssen, qui estime que « tout le monde devrait avoir un contrat écrit ».

>> Lire : Revenu universel, solution particulière


Par : Catherine Stupp, Cécile Barbière | EurActiv.com |

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Syrie: Daesh martyrise Palmyre

Publié le par Felli Bernard

Syrie: Daesh martyrise Palmyre

palmyre
 
Rédaction du site

palmyre1La milice wahhabite terroriste Daesh (Etat islamique-EI) a de nouveau confirmé sa triste renommée d’éradicateur du patrimoine mondial, en détruisant et saccageant de nouveaux trésors dans la ville antique syrienne de Tadmor (Palmyre), déjà martyrisée l’an dernier.

Plus d’un mois après l’avoir repris aux forces régulières, l’EI a procédé à de nouvelles destructions dans cette cité située dans la province centrale de Homs et inscrite par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.

« Des sources locales nous ont informés que Daesh (acronyme en arabe de l’EI) a détruit le tétrapyle, un monument de 16 colonnes, et des photos satellite reçues de nos collègues de l’université de Boston montrent des dommages à la façade du théâtre romain », a déclaré à l’AFP Maamoun Abdelkarim, le directeur des Antiquités.

palmyre2La directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, a dénoncé ces nouvelles destructions comme « un crime de guerre et une immense perte pour le peuple syrien et l’humanité ».

Le tétrapyle, un carré avec quatre colonnes à chaque coin, avait été érigé à l’époque de Dioclétien, à la fin du IIIe siècle. Sur les 16 colonnes, une était originale et les autres avaient été reconstruites en ciment par les Antiquités syriennes en 1963.

Le théâtre romain de neuf rangées de gradins date du premier siècle de notre ère. Lors de sa première occupation de la ville, de mai 2015 à mars 2016, l’EI y avait commis des exécutions publiques.
« Dès le premier jour, je m’attendais à un terrible scénario. palmyreNous avions déjà été témoins de la terreur lors de la première occupation de la ville, et franchement je ne pensais pas que Palmyre serait occupée une seconde fois », a ajouté, bouleversé, M. Maamoun.

« La bataille pour Palmyre est culturelle et non politique. Je ne comprends pas comment la communauté internationale et les acteurs du conflit syrien ont accepté que Palmyre tombe », a-t-il ajouté.

En mai 2015, après s’en être emparée une première fois, l’EI avait détruit les plus beaux temples de la cité millénaire, ceux de Bêl et de Baalshamim, ainsi que l’Arc de Triomphe, plusieurs tours funéraires, et le Lion de Palmyre.
Une mission de l’Unesco avait relevé des « dommages considérables ».

Les différents mouvements d’affinité wahhabite sont responsables de nombreuses atteintes aux monuments historiques, même ceux appartenant au patrimoine islamique. En plus de la Syrie, plusieurs pays ont été affectés par leurs atrocités  dont l’Irak, l’Afghanistan… Même en Arabie saoudite où le wahhabisme est la religion d’Etat, de nombreux sites historiques ont été rasés.

Combats près de Palmyre

Le groupe wahhabite ultraradical, responsables d’atrocités dans les zones sous son contrôle, y avait aussi exécuté 280 personnes avant d’être chassé de Palmyre par l’armée et son allié russe fin mars 2016.

Le 11 décembre, les takfiristes ont repris Palmyre à l’armée après une offensive d’envergure.

Dans le désert aux environs de Palmyre, les combats se poursuivent entre les takfiristes et les militaires gouvernementaux , l’EI tentant depuis des semaines d’avancer vers l’aéroport militaire de Tayfur afin de couper à l’armée l’accès à la route reliant Palmyre à la ville de Homs.

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Gabbard à Damas : comme envoyée de Trump ?

Publié le par Felli Bernard

Gabbard à Damas : comme envoyée de Trump ?

Brèves de crise

   Forum

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Gabbard à Damas : comme envoyée de Trump ?

La députée démocrate de gauche Tulsi Gabbard, dont la position originale est largement documentée sur notre site, s'est déplacée en Syrie cette semaine (il n'est pas précisé si elle est de retour à Washington) pour une discrète mais semble-t-il importante visite. Les détails de cette visite sont pour l’instant gardés secrets, pour ne pas provoquer de polémiques public avant l’inauguration de Trump. Il est simplement dit que Gabbard a passé un temps considérable à Damas, à rencontrer diverses personnalités ; si Assad n’est pas mentionné, il est hautement probable que Gabbard l’a rencontré.

Dans ces conditions, et considérant que les pourparlers de paix sur la Syrie sous auspice Russie-Turquie-Iran commencent lundi à Astana, au Kazakhstan, avec “invitation” adressée aux USA de suivre ces négociations, il est hautement probable que le voyage de Gabbard a un caractère officiel pour l’instant dissimulé. L’hypothèse que fait Jason Ditz, de Antiwar.com, est que Gabbard intervient avec le soutien de Trump, quasiment comme envoyée spéciale sinon comme négociatrice de l’administration Trump par rapport à la rencontre d’Astana. Cela pourrait annoncer que Gabbard pourrait tenir un rôle diplomatique important pour l’administration Trump dans la crise syrienne... Cela montrerait aussi qu’il y a une réelle coordination entre Moscou et Washington-Trump dans cette crise, et le choix du 23 janvier pour la réunion d’Astana, deux jours après l’inauguration de Trump, aurait une réelle signification.

Pour nous, cette intervention de Gabbard, aussi bien en raison de la personnalité que de l’activité de la jeune députée démocrate, est sans aucun doute un signe très important en fonction des événements en cours dans la période. Gabbard a rencontré Trump après son élection. Il avait alors été question d’un poste qui pourrait lui être offert dans la nouvelle administration. Ce voyage en Syrie semble confirmer cette possibilité, tout en offrant une indication extrêmement importante pour l’hypothèse de la volonté de Trump de changer complètement la politique des USA en Syrie, dans le sens d’un rapprochement des positions d’Assad et russo-iraniennes, et d’une lutte claire et affirmée contre Daesh et les divers terrorismes islamistes.

Ci-dessous, des extraits du texte de Ditz, le 19 janvier... « Gabbard’s office, citing security, says a lot of the details of the trip are not going to be revealed until she has returned to the United States, and they declined to say if she had met directly with President Bashar al-Assad, though they did confirm she’d met with several government leaders while in Damascus.

» With considerable foreign policy similarities between the two, Gabbard has met with President-elect Donald Trump since the election, and was rumored to be under consideration for important cabinet positions. It is entirely possible then that she made the visit as a de facto Trump Administration negotiator. That they specifically declined to say if Rep. Gabbard met with Assad is tantamount to an admission that she did, and indeed it’s hard to imagine she would visit Damascus with an eye toward talking peace without meeting with the Syrian president.

» It’s more likely that the denial is intended to prevent any specific official debate around the visit until Friday’s inauguration,  and that this represents an attempt by the Trump Administration to covertly get out in front of the upcoming Syrian peace talks, which begin Monday in Astana, Kazakhstan. Trump has already been very public in faulting the existing US policy in Syria, and has talked about scrapping efforts to arm the various rebel factions. Gabbard has long criticized the CIA arms smuggling venture, and could easily be laying the groundwork for a quick policy shift in the days to come. »

 

Mis en ligne le 19 janvier 2017 à 06H46

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Rutte et Schulz, deux visions opposées de l’avenir de l’Europe

Publié le par Felli Bernard

Rutte et Schulz, deux visions opposées de l’avenir de l’Europe

Le Premier ministre néerlandais et l’ancien président du Parlement européen se sont affrontés sur la stratégie de relance de l’Europe au Forum de Davos, illustrant les divisions profondes au sein de l’UE.

Le 19 janvier, des centaines de personnalités politiques et des affaires assistant au forum de Davos ont été témoins de la fracture profonde qui divise les dirigeants européens .

Lors d’un débat, Martin Schulz, qui vient de démissionner de son poste de président (S&D) du Parlement européen, s’est félicité des efforts accomplis par le passé et a souligné la nécessité d’avancer sur le chemin de l’intégration. Des déclarations qui ont irrité Mark Rutte, Premier ministre néerlandais (conservateur libéral), qui lui a intimé d’« abandonner ces idées romantiques », qui sont pour lui « le moyen le plus rapide de désintégrer l’Europe ».

L’Europe a besoin « d’une approche pragmatique et de [moins de] discours poétiques », a-t-il martelé, avant d’assurer que le principe d’une « Union toujours plus étroite » était « mort et enterré ».

>> Lire : L’UE met sa stratégie d’union toujours plus étroite en suspens

Ce principe est pourtant considéré comme l’un des moteurs du projet européen et a été inclus au traité de Rome, qui a instauré l’Europe telle qu’elle existe aujourd’hui, il y a 60 ans. Or, pour le Néerlandais, les expériences des pères fondateurs, comme Helmut Kohl ou François MItterand, ne peuvent être « un modèle pour l’avenir ».

Martin Schulz s’est défendu en assurant ne pas être un « romantique », mais un « Allemand ». Il a ensuite été applaudi quand il a rappelé les liens émotionnels qui ont uni le continent dans la paix et la prospérité après la Deuxième Guerre mondiale.

L’affrontement entre les deux Européens a commencé dès le début de leur intervention, quand Mark Rutte a affirmé que la France et l’Italie devaient faire plus d’efforts en termes de réformes économiques pour sauver l’Europe. Si certains pays ne respectent pas leurs promesses, a-t-il insisté, il sera de plus en plus difficile pour les dirigeants du nord de l’UE, comme lui-même, de convaincre leurs citoyens de la nécessité de se serrer la ceinture. « Au final, cela aura un impact dévastateur sur l’intégration européenne », a-t-il prédit.

Martin Schulz est pour sa part d’avis qu’il faut être « très prudent » et que dicter une ligne de conduite à un autre pays pouvait aussi mener à la fragmentation du bloc européen. Pour lui, la responsabilité des échecs est plutôt à chercher du côté de la Commission et du Conseil, qui font des recommandations fiscales et macroéconomiques aux gouvernements nationaux.

Au fur et à mesure de l’intensification de la joute verbale, Ana Botín, PDG de Santander et médiatrice du débat, a tenté de concilier la vision pragmatique de Mark Rutte à l’appel émotionnel de Martin Schulz. Elle a notamment appelé l’UE à trouver « une culture commune, un objectif commun et une vision partagée », afin de faire face aux difficultés actuelles et de combler le fossé Nord/Sud.

« Nous avons besoin de changement, et maintenant », a-t-elle assuré, ajoutant que l’Europe se trouve à un tournant, après le référendum britannique et étant donnée la situation mondiale instable.

L’affrontement entre le conservateur libéral et le socialiste illustre bien les difficultés rencontrées par les décideurs européens dans leurs efforts pour maintenir l’UE dans sa position de force alors qu’ils ont des visions différentes de sa raison d‘être.

Pour Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, la priorité est aujourd’hui de restaurer la confiance et de couper court à la division Nord/Sud. Il a ainsi prévenu que la « bataille idéologique » en cours se jouait entre ceux qui entendaient se protéger en fermant leur société et les défenseurs d’une société ouverte comme réponse aux problèmes actuels.

D’une manière générale, Frans Timmermans, qui a été ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement Rutte, a fait profil bas durant l’accrochage entre le Néerlandais et l’Allemand. Il a cependant souligné qu’il ne croyait pas en « une Europe purement utilitaire » et fondée uniquement sur ses résultats.

>> Lire : Timmermans : « Le projet européen peut échouer ! »

Pour lui, les libéraux « ont tort » quand ils disent que les marchés pourraient tout réguler sans intervention des gouvernements, et « même Davos est de cet avis ». Au contraire, insiste-t-il, « les gouvernements sont plus importants qu’avant », parce que « ce monde ne profiterait à personne sans gouvernance ».

Prochaines étapes

  • 17-20 January: World Economic Forum, Davos (Switzerland).

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Qui sont les véritables ennemis des États-Unis et de leur sécurité nationale ?

Publié le par Felli Bernard

Qui sont les véritables ennemis des États-Unis et de leur sécurité nationale ?


Les nouvelles allégations selon lesquelles le président élu Trump pourrait être contrôlé par le Kremlin grâce à des renseignements compromettants sont sans précédent dans l’histoire et la politique américaines


Par Stephen F. Cohen – Le 11 Janvier 2017 – Source The Nation  via John Batchelor Show

Stephen Cohen, contributeur à la rédaction de l’hebdomadaire The Nation, et l’animateur de radio John Batchelor poursuivent leurs entretiens hebdomadaires sur la Nouvelle Guerre froide USA – Russie (les entretiens précédents se trouvent sur le site TheNation.com). L’entretien de cette semaine suit immédiatement les allégations selon lesquelles le Kremlin détient des documents compromettants, où il est question aussi bien de sexe que de finance, et qui permettraient d’exercer un chantage sur le Président nouvellement élu Trump. La chaîne CNN a été la première à divulguer ces documents le 10 janvier, en début de soirée. Ces fuites ont déclenché à leur tour toute une série d’articles de presse et d’émissions TV. Ces documents de nature compromettante ont été publiés intégralement par Buzzfeed. La publication par ce tabloïd bon marché d’allégations reconnues comme étant « sans fondement » et « non vérifiées » ne manque pas de soulever des questions.

 

Dans sa discussion avec John Batchelor, Cohen relève les points suivants :

Deux interprétations contradictoires sont possibles. Soit Trump est en passe de devenir un président américain potentiellement séditieux, soit des forces sont à l’œuvre aux États Unis pour lui porter atteinte et compromettre sa présidence, avant même qu’il n’entre en fonction. Même si ces allégations se révèlent finalement fausses, elles pourraient salir Trump définitivement et le paralyser dans sa politique extérieure. Sa tentative de mettre un frein à la Nouvelle Guerre froide avec la Russie serait ainsi compromise, ce qui constituerait une menace sérieuse pour la sécurité nationale des États-Unis et pourrait déboucher sur une confrontation de la même gravité que la crise des missiles de 1962 à Cuba. En diffusant de fausses allégations de cette ampleur, les forces américaines qui s’opposent à Trump constituent une menace pour la sécurité des États-Unis et devraient faire l’objet d’une enquête publique approfondie.

Le moment choisi pour faire ces révélations les rendent douteuses, ajoute Cohen. Elles interviennent juste après le « rapport » bidon des différentes agences de renseignements, rapport selon lequel le Président russe Poutine aurait dirigé une campagne visant à discréditer Mme Clinton et mettre Trump à la Maison Blanche, en piratant le Comité du parti démocrate. Bien que les médias conventionnels aient aussi repris à leur compte cette affabulation, elle a eu beaucoup moins d’impact que ce qu’on pouvait attendre. Dans son édition du 7 janvier et sous la signature de Scott Shane, le New York Times, malgré sa ligne  résolument anti-Trump et anti-Poutine, a conclu qu’il manquait dans ce rapport conjoint des trois agences « les faits permettant de confirmer les assertions de ces agences », tout en constatant « une absence totale de preuves ». Les faits allégués qui ont été divulgués par l’ancien agent de renseignements britannique – son propre rapport ayant été apparemment concocté à partir de ragots qui circulaient depuis longtemps dans les médias russes, américains et ceux de l’OTAN – constitueraient un effort désespéré pour « stopper Trump ».

Cohen relève que même avant cette toute dernière « révélation », une campagne sans précédent a été lancée dans les médias pour dénigrer Trump et en faire un traître potentiel, du fait de ses relations avec la Russie. Le 4 janvier en soirée, quand un journaliste payé par CNN a qualifié le futur président de « cinquième colonnard », personne sur le plateau ne l’a contredit ou n’a dit mot. Dans la foulée, un éditorialiste du Washington Post a dénoncé le fait que Trump pourrait avoir commis une « trahison » en tant que président en voulant conclure avec Poutine une réplique du Pacte germano-soviétique de 1939. Un autre de ses confrères a énoncé les motifs d’un « impeachment », avant même qu’il ne soit entré en fonction. Encore une fois, on n’a jamais vu dans toute l’Histoire moderne de l’Amérique une conjoncture aussi délétère ou potentiellement aussi néfaste à la sécurité nationale et à l’institution de la présidence.

D’un bout à l’autre, les médias américains anti-Trump ont donné des motifs suffisants pour que l’on doute de la qualité et des motivations des services de renseignement. En rappelant les nombreux exemples où la CIA a poussé les présidents américains à entreprendre des guerres désastreuses, à commencer par la Baie des Cochons et la guerre du Vietnam, jusqu’à l’Irak et à la Libye, Cohen se demande pourquoi on pourrait penser que la CIA est de bon conseil. Pour leur sécurité, les États-Unis ont besoin d’un président capable d’évaluer de façon critique les rapports des services secrets ou entouré de gens susceptibles de le faire. Savoir si Trump et les personnes qu’il a désignées pour son cabinet sont en mesure de le faire est une autre question.

Tout ceci intervient à la veille de l’audition de Rex Tillerson, en vue de sa confirmation au poste de Secrétaire d’État. Peu de gens doutent que Tillerson ait été un bon président à la tête d’Exxon Mobil, bien qu’il soit accusé d’avoir profité de son succès pour devenir un « ami de Poutine ». Cohen réplique que les États-Unis n’ont pas besoin d’un ami au Kremlin, mais d’un partenaire dont les intérêts nationaux sont suffisamment compatibles pour permettre une coopération durable et favoriser la détente plutôt que la Guerre froide. À cet égard, Tillerson, dont le succès vient du fait qu’il a su réconcilier des intérêts nationaux, paraît bien qualifié, même si lui aussi a été dénigré pour avoir proposé de coopérer avec Moscou, quels qu’aient été les avantages qui en ont découlé pour la sécurité des États-Unis.

En conclusion, Batchelor demande ce que Poutine doit penser de ce tumulte politique. Cohen répond que l’on se méprend de façon générale sur ce qui motive Poutine dans son exercice du pouvoir, en ramenant tout au fait qu’il est un ancien « agent du KGB » et que les médias ont collé cette étiquette à son nom. Par ailleurs, Cohen relève que le curriculum du président russe lui permet d’analyser les rapports de services secrets et de comprendre les conflits qui peuvent surgir au sein de grandes agences de renseignements. Poutine a pu être choqué par l’insuffisance gênante du rapport produit par les trois agences de renseignements et en venir à reconsidérer la coopération qu’il a proposée depuis longtemps entre les services américains et russe contre le terrorisme international. Poutine pourrait en venir à conclure qu’ils ont plus besoin de nous que nous d’eux.

Batchelor et Cohen tombent d’accord pour dire qu’au vu des dernières « révélations » sur Trump, le pire est à craindre. Mais si la politique américaine et le fonctionnement de la présidence elle-même doivent reposer sur des faits avérés et tant que ces faits ne seront pas fournis, on devra conclure que cette Guerre froide s’avère encore plus dangereuse que la précédente et que les États-Unis sont entrés  dans une période bien sombre de leur histoire, sur le plan intérieur également.

La déclaration de guerre des néocons contre Trump

Par le Saker – Le 11 janvier 2017 – Source The Saker Après plusieurs faux départs plutôt boiteux, les néocons ont maintenant franchi une étape qui ne peut qu’être qualifiée de déclaration de guerre contre Donald Trump. Tout a commencé par un article publié par CNN intitulé Intel chiefs presented Trump with claims of Russian … Lire la suite de

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Brexit : Goldman Sachs veut délocaliser vers l’Allemagne

Publié le par Felli Bernard

Brexit : Goldman Sachs veut délocaliser vers l’Allemagne

Une partie des équipes londoniennes pourrait également aller en Pologne, en France et en Espagne.
Une partie des équipes londoniennes pourrait également aller en Pologne, en France et en Espagne.(Crédits : © David Gray / Reuters)

La presse allemande donne cette information, alors que les établissements de la City craignent de perdre leur « passeport européen ».

Après HSBC, qui a annoncé le transfert de 1.000 emplois de Londres à Paris, Goldman Sachs envisagerait de se réorganiser après le Brexit. Selon le journal allemand Handelsblatt daté de jeudi, la banque américaine prévoirait de délocaliser jusqu’à 1.000 emplois à Francfort.

Le quotidien explique que « le nombre des employés en Grande-Bretagne devrait être divisé par deux pour atteindre 3.000 environ car l’institut (de crédit) veut déplacer des postes au sein de l’Europe et vers son siège à New York ». Toujours selon la même source, il s’agirait de transférer « des salariés liés aux opérations de négoce et des banquiers de haut vol« , afin de profiter de la présence dans la capitale financière allemande du superviseur bancaire européen chapeauté par la Banque centrale européenne (BCE).

Crainte pour l’activité

Une partie des équipes londoniennes pourrait également aller en Pologne, en France et en Espagne, tandis que certains salariés rejoindront le siège new-yorkais, poursuit le Handelsblatt.

Avec le Brexit, les établissements internationaux dont le siège européen est à Londres risquent de perdre le privilège (« passeport européen ») leur permettant de faire des affaires dans les 28 pays de l’UE avec la seule licence britannique et cherchent des implantations alternatives pour certaines de leurs activités. Francfort, Paris et Dublin sont notamment sur les rangs. (source)

 
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Publié par le 19 janvier 2017 dans général, International, Politique

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RT baillonnée la veille de l'investiture de...

Publié le par bernard felli

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Incertitude politique en Irak post-Daech

Publié le par Felli Bernard

Incertitude politique en Irak post-Daech


Par Andrew Korybko et Hamsa Haddad – Le 9 janvier 2017 – Source Oriental Review

Le futur politique de l’Irak est encore incertain à cause de l’approfondissement des divisions du pays entre ses différentes composantes chiite, sunnite et kurde, qui ont été exacerbées par Daesh au cours des dernières années. Certes, l’Irak est depuis 2003 miné par des violences communautaires, mais jamais auparavant ces trois communautés n’ont été aussi éloignées l’une de l’autre. Jusqu’à présent, aucune n’avait de base sérieuse pour proclamer sa quasi-indépendance, à part bien sur les Kurdes, mais même Erbil (capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, appelée Hewlêr en kurde, NdT) ne pouvait espérer proclamer son indépendance tant que l’armée irakienne projetait une image de puissance dans tout le pays.

Cependant, il s’agissait exactement de cela, une simple image de puissance, comme en atteste la rapidité avec laquelle l’armée irakienne a reculé devant l’offensive de Daech à l’été 2014. La situation actuelle de dramatiques divisions communautaires en Irak est directement liée à cette période au cours de laquelle le soi-disant État irakien unifié a cessé d’opérer dès lors que son pouvoir s’est retrouvé confiné à la seule ville de Bagdad, et encore pas dans tous les quartiers.

L’actuelle campagne de libération de la ville de Mossoul progresse au ralenti, une situation qui peut être attribuée à la dangereuse méfiance mutuelle que se portent toutes les factions « alliées », ainsi qu’à l’effort des États-Unis d’exacerber cette méfiance mutuelle afin de mieux « diviser pour régner » sur ce qui est de facto son ancienne colonie irakienne. De plus, l’intrusion de deux autres puissances étrangères, en plus des États-Unis, de la Turquie et de l’Iran, a transformé l’Irak en une zone de conflits par procuration, à l’instar de la Syrie et de l’Afghanistan.

Pour simplifier, la Turquie soutient le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak [abrégé en GRK, NdT] à cause des liens étroits avec Ankara cultivés depuis des années par son dirigeant Massoud Barzani, tandis que l’Iran soutient les milices chiites, et les États-Unis l’armée régulière irakienne et quelques tribus sunnites triées sur le volet. Même s’il existe des rapports faisant état de tensions entre les Kurdes et les chiites (et plus généralement on pourrait dire entre la Turquie et l’Iran par le biais de leurs alliés sur le terrain en Irak), le détonateur d’une guerre civile potentielle en Irak se situe entre les sunnites et chacun des deux autres groupes.

De plus, le pouvoir à Bagdad, quelle que soit la faction ethnico-religieuse qui le domine à un moment donné, est réticent à décentraliser l’État plus qu’il ne l’est déjà, ce qui signifie que le pouvoir à Bagdad résistera à toute tentative de développement d’un fédéralisme identitaire dans un environnement politique débarrassé de Daech, même s’il est difficile d’affirmer qu’il risquerait une guerre civile sur cette question.

Ceci nous amène à analyser l’éventualité d’une nouvelle période de violences communautaires après que l’Irak soit nettoyée de l’engeance que représente Daech. Ni l’Iran ni la Turquie ne veulent voir leur voisin commun plongé dans une guerre sans fin, même s’ils ont tous les deux des intérêts à protéger au sein même du territoire irakien. Toutefois, étant donné la nouvelle lune de miel dans laquelle convolent Téhéran et Ankara depuis l’échec du coup d’État fomenté par les États-Unis contre Erdogan, il est peu probable qu’ils se risquent unilatéralement à des manœuvres dangereuses qui pourraient être interprétées par l’autre partie comme susceptibles de déclencher une guerre civile. Ainsi, il est probable que ces deux puissances moyen-orientales soutiennent une initiative tendant à faire de l’Irak un État fédéral, avec la création légale de trois micro-États indépendants de fait les uns des autres, basés sur les trois communautés identitaires qui peuplent l’Irak aujourd’hui.

Pour être honnête, la minorité sunnite pro-américaine est aussi, d’une certaine façon, en faveur d’une telle solution, et a milité auparavant en ce sens. Le problème, tel que cette minorité le perçoit, est que les régions kurde et chiite de cet Irak fédéral contiennent la majorité des réserves pétrolières du pays et concentrent la majeure partie de l’activité économique du pays. Cela signifie que la partie sunnite de cet arrangement territorial serait la plus pauvre et sous-développée, ce qui ne manquerait pas de devenir un terreau fertile pour la propagation d’idéologies radicales, et la prolongation de sympathies pour Daesh. Même si la partie sunnite du pays parvenait à obtenir un partage des revenus pétroliers de la part des deux autres entités, ce qui est hautement improbable, cela ne constituerait aucunement un palliatif à ses lacunes économiques et idéologiques. Ainsi, quelle que soit la constitution de l’Irak post-Daech, de nature fédérale ou autre, il apparaît que la partie sunnite du pays restera la plus potentiellement belligène et sujette à des influences et provocations extérieures, ce qui semble expliquer pourquoi cette solution a la faveur des États-Unis.

Washington a compris que cette communauté sunnite peut constituer une plate-forme fiable pour la déstabilisation du champ de bataille interconnecté qu’est devenu le Syrak (Syrie et Irak). Même si les Kurdes peuvent fort bien remplir la même fonction stratégique, et ils le font déjà à l’heure actuelle du fait de leurs liens étroits avec les États-Unis et Israël, il y a de fortes chances que le concert tripartite des grandes puissances que forment la Russie, l’Iran et la Turquie réussirait à neutraliser, ou tout du moins à diluer cette menace stratégique.

À l’opposé, il est moins sûr qu’ils y parviendraient de la même manière avec les communautés transnationales et ultra-traditionnelles sunnites qui peuplent les zones rurales du Syrak : en effet, la diffusion d’images de la neutralisation des minorités sunnites serait extrêmement dommageable et pourrait provoquer des tensions régionales, sans parler d’un possible éclatement de cette tripartite russo-irano-turque naissante, si la majorité sunnite venait à être isolée [par les États-Unis et Israël, NdT] d’une Turquie musulmane influencée par les Frères musulmans.

Dans un avenir proche, le rapport de force en Irak post-Daech, qui dépend largement de la campagne actuelle de libération de Mossoul, nous donnera une indication claire de la direction politique que prendra l’Irak. La possibilité d’un conflit ethnique précédant ou suivant immédiatement la fin de cette campagne militaire est très élevée, et les États-Unis et leurs alliés du Golfe pourraient très bien créer les conditions pour la réalisation de ce scénario, afin de mieux pouvoir diviser pour régner dans la région du Syrak, tout en créant des difficultés nouvelles pour la Turquie et l’Iran.

Le scénario idéal verrait un Irak revenir à sa structure politique antérieure, à savoir un État reposant sur des tensions communautaires mais « unifié ». Cela semble toutefois impossible, ce qui signifie qu’il est bien plus probable qu’un fédéralisme identitaire soit largement instauré dans le futur. Cela amènera son lot de difficultés, à savoir sur la réorganisation territoriale du pays, en particulier au sujet des revendications kurdes sur la région de Kirkouk. Il faut anticiper d’autres problèmes au sujet du partage des revenus pétroliers, de l’organisation des forces armées de chaque micro-État, de la division de Bagdad, et de l’autorité hypothétique que détiendront le gouvernement central et ses différents corps (militaire, fiscal, diplomatique, etc.) sur chacune des trois entités.


Andrew Korybko est un commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence de presse Sputnik. Hamsa Haddad est un chercheur syrien basé à Moscou.

Article original paru sur New Eastern Outlook

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L’Amérique contre l’État Profond

Publié le par Felli Bernard

L’Amérique contre l’État Profond


Par James Howard Kunstler – Le 9 Janvier 2017 – Source kunstler.com

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Un mensonge répété un millier de fois devient une vérité. Joseph Goebbels, ministre nazi de la Propagande

Le public est presque complètement déboussolé. L’État profond a convaincu 80 % des Américains que toutes les informations sont de la propagande, en particulier les nouvelles émanant des propres services de renseignement de l’État profond. Ils sont toujours au taquet. La plus fausse de toutes les histoires de « fausses nouvelles » se révèle être… le « piratage électoral par la Russie ». Elle a été rapportée de façon concluante samedi en première page du New York Times, une filiale en propriété exclusive de l’État profond  :

Poutine a dirigé un schéma complexe de cyber-attaques à l’aide de Trump, révèle le rapport.

WASHINGTON – Le président de la Russie, Vladimir V. Poutine,  a dirigé une vaste cyber-attaque visant à contester à Hillary Clinton la présidence et installer Donald J. Trump dans le bureau ovale, ont indiqué les agences de renseignement principales de la nation dans un rapport extraordinaire livré ce vendredi à M. Trump.

 

Vous pouvez être sûr que c’est maintenant le récit « officiel » destiné aux livres d’Histoire, scellant l’illégitimité de l’élection de Trump. Il a été servi sans aucune preuve directe, avec seulement les « affirmations » répétées que ça s’est passé ainsi. En fait, c’est précisément cette répétition d’affirmations sans preuves qui définit la propagande. Donc cela peut être interprété comme une déclaration de guerre contre le président entrant. La deuxième guerre civile prend maintenant forme : cela commence à l’intérieur même du gargantuesque appareil de gouvernement gémissant. Peut-être qu’après, cela va se propager aux parkings de WalMart, dont beaucoup sont devenus les nouvelles places de centre-ville de l’Amérique. (WalMart vend des fourches et des torches.)

Est-ce que sont les Russes qui ont créé une mauvaise image d’Hillary Clinton ? Ou est-ce qu’Hillary Clinton a réussi à le faire elle-même ? La propagande de la NSA [Plutôt la CIA ?, NdT] a été conçue comme un écran de fumée pour cacher la véracité des Wikileaks publiés. Quel que soit celui qui a envoyé les e-mails de la DNC et de Podesta vers Wikileaks, il devrait obtenir le prix Pulitzer pour le service public exceptionnel d’avoir précisément divulgué à quel point Hillary et ses soutiens étaient malhonnêtes.

L’histoire peut avoir atteint son paroxysme avec le briefing de vendredi de Trump avec les chefs des agences de renseignement, tous réunis dans une salle pour souligner l’autorité solennelle de la puissance de l’État profond. Trump a travaillé un beau morceau de ju-jitsu après, faisant semblant d’accepter la conclusion aussi brièvement et aussi faussement que possible et en promettant de « se pencher sur la question » après le 20 Janvier – quand il pourra ouvrir un nouveau trou du cul dans les fesses de la CIA. J’espère qu’il va le faire. Cet appareil de sécurité, lourdaud, est devenue une menace pour la République.

Que Trump lui-même soit une menace pour la République, cela reste à voir. Certes, il est le bouc émissaire désigné pour toute la dépravation économique et financière de plusieurs administrations précédentes. Lorsque les marchés vont exploser, pensez-vous que les Russes en seront accusés ? Est-ce Boris Eltsine qui a abrogé le Glass-Steagall Act ? Est-ce que Ben Bernanke était une marionnette de Poutine ? Non, les actes et les acteurs étaient ici, aux États-Unis. Depuis plus de trente ans, nous avons emprunté trop d’argent pour nous permettre de prétendre vivre dans un show de stock-car au rabais. Et maintenant, nous ne pouvons plus le faire. La réalité des capitaux physiques va enfin s’affirmer.

Ce que nous voyons en fait, dans le cérémonial actuel entre l’arrivée de Trump et la sortie d’Obama, c’est l’épave fumante du Parti démocrate (dont je suis encore malheureusement adhérent), et les flammes qui se propagent vers le Parti républicain alors que des idiots tels que Lindsey Graham et John McCain ont battu leurs tambours de guerre contre la Russie. Le suave M. Obama sort de la scène sur une petite vague d’hystérie et Trump, le malotru, surfe dessus comme sur un nuage, rediffusant ses tweets tombés du ciel. Et peut-être est-ce une bonne chose que le peuple américain, pour le moment, ne puisse pas dire exactement quel est ce bordel qui s’est abattu sur ce pays, parce que depuis ce lieu lugubre, il n’y a nulle part ailleurs où aller que vers la clarté.

Il ne sera pas aidé par l’organe officiel de l’État profond, le New York Times. Il suffit de regarder la façon dont ils ont joué l’autre grande histoire la semaine dernière, celle de ce jeune homme handicapé, torturé par quatre jeunes gens à Chicago. Quelqu’un peut-il dire ce qui ne va pas avec cette image ?

James Howard Kunstler

Note du Saker Francophone

Ce qui est drôle au sujet du « piratage » russe, c'est que c'est vrai. Nous sommes tous manipulé par la Russie. Les Russes disent des choses que les faits approuvent ! C'est fou ça. Cela s’appelle même la vérité. La nuance, c'est que s'ils devaient commencer à diffuser une propagande un peu grossière, on peut espérer que rapidement les médias alternatifs leur tomberaient aussi dessus. Mais allez expliquer ça à des zélites enfermées dans leurs narratives.

Puisque Kunstler termine sur l'affaire du jeune handicapé torturé, même lui pourtant très honnête sur les réalités raciales aux USA, n'arrive pas à dire les faits dont voici un commentaire sur un site alternatif concernant la vidéo qui circule sur cet acte barbare : « It shows a group of Four African-Americans people torturing a white mentally disabled man while someone yelled F*** Trump ! and F*** white people ! ». Une vidéo Facebook Live montre un groupe de quatre Afro-Américains torturant un homme blanc mentalement handicapé alors que quelqu'un crie « F *** Trump ! » et « F *** les Blancs! » Ou alors c'est du second degré...

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Ces prêtres qui ont sauvé les héros d’Un sac de billes, deux enfants juifs fuyant la Gestapo

Publié le par Felli Bernard

Ces prêtres qui ont sauvé les héros d’Un sac de billes, deux enfants juifs fuyant la Gestapo

 

L’adaptationde Un sac de billes, récit autobiographique de Joseph Joffo, enfant juif fuyant les Allemands pendant la guerre, sort mercredi 18 janvier au cinéma. Dans le livre, l’auteur racontait comment des prêtres l’avaient aidé, avec son frère, à échapper à des arrestations.

Maurice et Joseph Joffo en compagnie d’un prêtre qui les aide à échapper à un contrôle allemand malgré leur absence de papiers en règle. / Allocine.fr

Dans Un sac de billes, Joseph Joffo racontait sa traversée de la Seconde Guerre mondiale avec son frère Maurice, enfants juifs fuyant la Gestapo à travers la France. Un film éponyme sort mercredi 18 janvier au cinéma. L’occasion de se pencher sur plusieurs figures de prêtres émaillant le récit, aidant les enfants à échapper aux camps de concentration. Le père des enfants Joffo ne reviendra d’ailleurs pas d’Auschwitz où il a été déporté le 20 novembre 1943.

Lire aussi : « Un sac de billes », deux enfants Juifs sous l’Occupation

Début 1942, les parents Joffo, qui habitent Paris, envoient leurs deux plus jeunes enfants, Maurice et Joseph, rejoindre leurs aînés à Menton (Alpes-Maritime), en zone libre. Au cours de ce périple, les deux garçons, âgés de 10 et 12 ans, sans papiers en règle, échappent à un contrôle allemand grâce à un prêtre anonyme qui les prend sous sa protection, assurant que « les enfants sont avec (lui) ».

Le danger passé, le jeune Maurice le remercie d’avoir menti pour les sauver. « Je n’ai jamais menti, murmure-t-il, vous étiez avec moi comme tous les enfants du monde le sont également. C’est même l’une des raisons pour lesquelles je suis prêtre, pour être avec eux », répond le prêtre, cité par Joseph Joffo dans son livre.

Faux certificats de baptême

Autre sauvetage marquant, à Nice, en septembre 1943. Les deux frères sont arrêtés par la Gestapo, et affirment qu’ils sont catholiques. Maurice obtient de pouvoir sortir de l’Excelsior, hôtel niçois transformé en quartier général de la SS par Aloïs Brunner, pour récupérer une preuve de leur baptême. « Petit, si tu ne reviens pas d’ici 48 heures avec vos certificats de baptême, on coupera ton petit frère en morceaux », lui dit-on.

L’adolescent se souvient alors du premier prêtre qui leur a sauvé la vie, dans le train, et décide de frapper à la porte de la première église venue, « l’église de la Buffa », en réalité l’église Saint-Pierre d’Arène. Il rencontre un prêtre, le chanoine Victor Rua. Celui-ci accepte de les aider, et fait même intervenir l’évêque de Nice, Mgr Paul Rémond, qui fournira de faux certificats de baptême et de communion solennelle pour Joseph et Maurice Joffo ainsi qu’une lettre manuscrite dans laquelle il exige la libération des deux enfants, se déclarant prêt si nécessaire à se rendre au siège de la Gestapo en personne.

Un évêque Juste parmi les Nations

L’épisode narré dans Un sac de billes n’est pas un acte isolé de l’évêque. Déclaré Juste parmi les Nations en 1991, Mgr Rémond avait accueilli dans son évêché le réseau Marcel, qui a sauvé 527 enfants juifs de la déportation en leur fournissant de faux certificats de baptême et en les dispersant dans des institutions catholiques, malgré les forts soupçons des Allemands.

Dès 1933, en effet, Mgr Rémond prend publiquement position lors d’un sermon prononcé le 9 avril en l’église du Sacré-Cœur, où il condamne « les persécutions pour cause de religion », exprimant à la communauté juive sa « douloureuse sympathie » et affirmant « son désir d’adoucir leurs peines et les aider moralement et matériellement ».

En mai 1940, il se rend dans les camps d’internement des juifs étrangers et obtient la libération d’un certain nombre d’entre eux. Il condamne l’occupation italienne entre novembre 1942 et septembre 1943 et lors de l’entrée des troupes italiennes à Nice, il hisse le drapeau français sur l’évêché, raconte le site Internet de l’AJPN (Anonymes, justes et persécutés durant la période nazie). Il encourage les prêtres engagés dans la résistance, les avertissant en cas de danger et intervient auprès des Allemands lors de la pendaison avenue de la Victoire, des résistants Torrin et Grassi, exigeant des autorités qu’ils les dépendent.

Des actions qui lui vaudront une popularité sans faille après la guerre. Lors de ses obsèques, en avril 1963, « son cercueil fut porté de la basilique Notre-Dame à la cathédrale Sainte-Réparate et salué par la foule compacte entre les deux édifices »,raconte dans le quotidien Nice-Matin le P. Gil Florini, actuel curé de Saint-Pierre-d’Arène, « l’église de la Buffa » qui fut la planche de salut des petits Joffo.

Clémence Houdaille

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