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Les accords États-Unis–Russie concernant la Syrie pourront ils résoudre le conflit syrien ?

Publié le par Felli Bernard

Les accords États-Unis–Russie concernant la Syrie pourront ils résoudre le conflit syrien ?

Les accords États-Unis–Russie concernant la Syrie pourront ils résoudre le conflit syrien ?

Par Sputnik News – Le 16 juillet 2016

À l’occasion de sa visite de deux jours à Moscou, les 14 et 15 juillet, le Secrétaire d’État des États-Unis John Kerry a rencontré le Président russe Vladimir Poutine et son homologue Sergei Lavrov. Les discussions ont été productives.

Les deux côtés se sont mis d’accord sur les mesures d’un cessez-le-feu en Syrie et sur les termes d’une transition politique dans ce pays déchiré par la guerre. Ces mesures n’ont toutefois pas été rendues publiques.

Selon Kerry, si l’accord est mis en œuvre, cela changera radicalement la situation en Syrie.

Lavrov a spécifié à son tour que la Russie et les États-Unis s’étaient mis d’accord pour combattre Daesh et le Front al-Nosra.

Les discussions ont duré en tout et pour tout 12 heures.

Comme prévu, la crise syrienne était le principal sujet de cette visite de Kerry à Moscou. Cependant, d’autres questions étaient également au programme, dont les tensions entre Moscou et Washington, et les conflits au Nagorno-Karabakh et en Ukraine.

« Nous nous sommes rencontrés et avons décidé de mesures à mettre en œuvre. Si elles le sont, elles aideraient à résoudre deux problèmes importants, en mettant fin à la violence et en créant les conditions pour une transition politique », a dit Kerry suite à son entretien avec Lavrov.

« En contraste avec les rencontres précédentes où nous faisions la liste des problèmes dans nos relations […] cette fois-ci nous nous sommes mis d’accord pour développer un plan d’action composé d’étapes, peut-être petites mais pratiques, visant à rectifier une situation qui est sans conteste délicate pour notre coopération bilatérale », a déclaré Lavrov lors d’une conférence de presse conjointe, vendredi 15 juillet.

Afin de réaliser cela, Moscou et Washington auront beaucoup de devoirs à faire a noté le Secrétaire d’État américain.

Kerry a admis que certains souhaitaient saper les accords sur la Syrie. Il a également dit qu’aucun résultat immédiat ne devait être attendu. Cependant, il espère que les accords changeront sérieusement la situation en Syrie.

« Nous ne faisons aucune promesse que nos accords changeront tout dans quelques jours. Néanmoins, je suis sûr que si ces accords sont appliqués, il sera possible de modifier la situation », a dit Kerry.

Lavrov a souligné quant à lui que les États-Unis et Washington en commenceront la mise en œuvre dès les jours qui viennent. Selon lui, les accords vont aider à dépasser les difficultés à différencier les terroristes des forces d’opposition.

« Les États-Unis devraient clarifier où se situent les bonnes forces d’opposition. Ils devraient aussi séparer les terroristes des forces d’opposition modérées », déclare Mikhail Alexandrov, analyste senior de l’Institut d’État des relations internationales de Moscou, au site web russe analytique Svobodnaya Pressa.

Plus tôt cette semaine, le Washington Post publiait le plan d’un tout nouveau partenariat en Syrie proposé à Moscou par Washington.

Selon le journal, les États-Unis ont proposé de créer le soi-disant Groupe d’action conjoint de mise en œuvre, qui serait situé vers Amman en Jordanie.

L’article précise que le groupe « devrait coordonner les procédures permettant des opérations intégrées » si les États-Unis et la Russie décident que de telles opérations sont dans leurs intérêts.

Selon Sergeil Ermakov, analyste senior à l’Institut de Russie pour la recherche stratégique, Washington vise deux objectifs avec cette proposition.

« Les États-Unis démontrent qu’ils sont engagés dans la normalisation démocratique en Syrie. Washington est donc prêt à la coopération. L’élection présidentielle se rapproche donc les Démocrates veulent compenser les pertes dans leur politique étrangère afin de pousser Hillary Clinton à la présidence », déclare l’expert à Svobodnaya Pressa.

Il ajoute que l’autre objectif est de contrôler les actions militaires de Moscou en Syrie.

« Les offres de Kerry à Moscou constituent le meilleur scénario possible. Les Américains veulent montrer qu’ils ne marchandent pas pour leurs propres intérêts, mais qu’ils sont prêts à coopérer avec la Russie », dit Ermakov.

Suite aux discussions, Sergei Lavrov a déclaré que la Russie et les États-Unis avaient un but commun en Syrie : établir un cessez-le-feu de long terme dans tout le pays.

« Nous avons réaffirmé l’objectif – qui est d’éliminer les menaces posées par Daesh, le Front al-Nosra et les autres groupes terroristes, et de stopper le flux de soutien au terrorisme venant de l’étranger », ajoute-t-il.

De plus, Kerry et Lavrov ont réaffirmé que la crise syrienne ne pouvait être résolue que politiquement.

« Des actions politiques et diplomatiques sont nécessaires. Nous avons besoin d’échanges politiques en accord avec le communiqué de Genève », indique Kerry.

A son tour, Lavrov insiste que seul le peuple syrien peut déterminer le futur de la Syrie.

Traduit par Ismael, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone.

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