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Pourquoi Biden menace l’Ukraine de la fin des sanctions anti-russes européennes?

Publié le par Felli Bernard

Biden - Porochenko
Biden - Porochenko

septembre 23, 2016 by Philippe Ehua

Pourquoi Biden menace l’Ukraine de la fin des sanctions anti-russes européennes?

J. Biden, en déclarant lors de la dernière réunion du Council on Foreign Relations à New York, que les Etats Unis maintenaient régulièrement la pression sur la France, l’Allemagne et l’Italie pour que l’UE adopte des sanctions contre la Russie, discrédite totalement la politique européenne et l’exhibe comme une marionnette dénuée de volonté propre, ce qu’elle est. Il faut dire que l’échec du projet Ukraine est flagrant et son utilité, dans ses proportions actuelles, est remise en cause. L’UE s’adaptera si nécessaire
A New York, J. Biden, vice-Président américain qui fait campagne pour H. Clinton, a déclaré à la réunion du très influent Council on Foreign Relations que sil’Ukraine n’appliquait pas les accords de Minsk, à savoir ne mettait pas en place les réformes économiques et politiques, il y avait de gros risques pour que les Etats Unis ne puissent plus continuer longtemps à faire pression sur l’Union européenne pour qu’elle prolonge les sanctions contre la Russie, car au moins 5 pays veulent déjà y mettre un terme. Alors que lui, J. Biden, passe des heures au téléphone avec Poroshenko et les européens. Pour reprendre ses termes exactes publiés dans Reute
rs:

« We know that if they give an excuse to the EU, there are at least five countries right now that want to say ‘We want out' » of sanctions against Moscow, Biden said, speaking to the Council on Foreign Relations in New York. (…) In exchange for financial support from the United States and other Western allies, Ukraine promised reforms, but progress has been mixed. (…) Biden said he has spent two to three hours a week on the phone with Ukrainian leaders since the crisis began, urging them to persist with reforms, while also pressuring Germany, France and Italy to hold fast on sanctions.

Par ailleurs, Biden rappelle également qu’il explique régulièrement à Poroshenko à quel point il est l’imporant est que l’Ukraine n’ait pas l’air responsable de l’échec des accords de Minsk, ce qui est très difficile, car en général les gens ont tendace à être du côté des victimes. Il faut donc que Poroshenko fasse très attention à cela. Traduction, les véritables victimes sont dans le Donbass à cause de la politique américano-ukrainienne, mais Poroshenko, grâce à la pression américaine sur la communauté internationale, arrive à faire de la Russie la responsable des problèmes de l’Ukraine.

Dans ce contexte, la très relative et pédante prétention à l’indépendance de l’Union européenne fait sourire. L’on peut lire toutes les raisons et explications de la politique de sanction menée par l’Union européenne, politique présentée comme si elle était le reflet d’une volonté interne et profonde des instances européennes et des pays la composant. Voir, par exemple sur le site europa:

L’Union européenne concentre ses efforts sur un désamorçage de la crise en Ukraine et aide ce pays à garantir un avenir stable, prospère et démocratique à l’ensemble de ses citoyens. L’UE s’est montrée inébranlable dans son soutien à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de ce pays. Elle voit dans la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk la base d’une solution politique durable au conflit dans l’est du pays. Depuis le printemps 2014, l’UE a intensifié son soutien aux réformes économiques et politiques en Ukraine. (…) Compte tenu des actions russes qui déstabilisent la situation de l’est de l’Ukraine, l’UE a imposé des sanctions économiques en juillet 2014 et les a renforcées en septembre 2014. En mars 2015, le Conseil européen a lié la durée de ces restrictions économiques à la mise en œuvre complète des accords de Minsk.

Tout ceci est d’une logique imparable. Sauf que les Etats Unis peuvent changer de ligne politique sur l’Ukraine, le projet coûte trop cher et ne rapporte finalement pas grand chose. L’économie russe ne s’est pas effondrée, le rouble est stable et renforcé car enfin déconnecté en partie du prix du pétrole grâce à une politique de relance de la production intérieure, qui découle directement de la politique de sanctions économiques lancée par les Etats Unis. Sur le plan politique, la population s’est resserrée autour des institutions gouvernantes, le champ politique s’est naturellement reconcentré laissant peu d’espace pour la contestation de la politique russe menée à l’international, comme le montre l’échec cuisant des partis radicaux aux dernières législatives. Et sur le plan international, la position de la Russie est redevue dominante, à tel point qu’elle est apte à remettre en cause le monopole américain un instant gagné avec la chute de l’Union soviétique.

L’on peut donc dire que la stratégie américaine concernant la Russie est un échec. Et une prise de conscience se fait. En ce qui concerne, de leur point de vue, le détail collatéral que constitue l’Ukraine, la décrépitude est totale.

Sans même parler de la corruption qui est au pouvoir, d’autres critères sont dans le rouge. La criminalité, selon le chef de la police nationale, augmente fortement. La criminalité déclarée (car beaucoup de violations de la législation ne sont pas prises en compte pour des raisons politiques) a augmenté en Ukraine en moyenne de 23%. Les vols en tout genre ont augmenté en moyenne de 20%. Rien que pour Kiev, l’augmentation de la criminalité globale est de 45%.J. Biden, en déclarant lors de la dernière réunion du Council on Foreign Relations à New York, que les Etats Unis maintenaient régulièrement la pression sur la France, l’Allemagne et l’Italie pour que l’UE adopte des sanctions contre la Russie, discrédite totalement la politique européenne et l’exhibe comme une marionnette dénuée de volonté propre, ce qu’elle est. Il faut dire que l’échec du projet Ukraine est flagrant et son utilité, dans ses proportions actuelles, est remise en cause. L’UE s’adaptera si nécessaire.

A New York, J. Biden, vice-Président américain qui fait campagne pour H. Clinton, a déclaré à la réunion du très influent Council on Foreign Relations que sil’Ukraine n’appliquait pas les accords de Minsk, à savoir ne mettait pas en place les réformes économiques et politiques, il y avait de gros risques pour que les Etats Unis ne puissent plus continuer longtemps à faire pression sur l’Union européenne pour qu’elle prolonge les sanctions contre la Russie, car au moins 5 pays veulent déjà y mettre un terme. Alors que lui, J. Biden, passe des heures au téléphone avec Poroshenko et les européens. Pour reprendre ses termes exactes publiés dans Reuters:
« We know that if they give an excuse to the EU, there are at least five countries right now that want to say ‘We want out' » of sanctions against Moscow, Biden said, speaking to the Council on Foreign Relations in New York. (…) In exchange for financial support from the United States and other Western allies, Ukraine promised reforms, but progress has been mixed. (…) Biden said he has spent two to three hours a week on the phone with Ukrainian leaders since the crisis began, urging them to persist with reforms, while also pressuring Germany, France and Italy to hold fast on sanctions.
Par ailleurs, Biden rappelle également qu’il explique régulièrement à Poroshenko à quel point il est l’imporant est que l’Ukraine n’ait pas l’air responsable de l’échec des accords de Minsk, ce qui est très difficile, car en général les gens ont tendace à être du côté des victimes. Il faut donc que Poroshenko fasse très attention à cela. Traduction, les véritables victimes sont dans le Donbass à cause de la politique américano-ukrainienne, mais Poroshenko, grâce à la pression américaine sur la communauté internationale, arrive à faire de la Russie la responsable des problèmes de l’Ukraine.

Dans ce contexte, la très relative et pédante prétention à l’indépendance de l’Union européenne fait sourire. L’on peut lire toutes les raisons et explications de la politique de sanction menée par l’Union européenne, politique présentée comme si elle était le reflet d’une volonté interne et profonde des instances européennes et des pays la composant. Voir, par exemple sur le site europa:
L’Union européenne concentre ses efforts sur un désamorçage de la crise en Ukraine et aide ce pays à garantir un avenir stable, prospère et démocratique à l’ensemble de ses citoyens. L’UE s’est montrée inébranlable dans son soutien à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de ce pays. Elle voit dans la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk la base d’une solution politique durable au conflit dans l’est du pays. Depuis le printemps 2014, l’UE a intensifié son soutien aux réformes économiques et politiques en Ukraine. (…) Compte tenu des actions russes qui déstabilisent la situation de l’est de l’Ukraine, l’UE a imposé des sanctions économiques en juillet 2014 et les a renforcées en septembre 2014. En mars 2015, le Conseil européen a lié la durée de ces restrictions économiques à la mise en œuvre complète des accords de Minsk.
Tout ceci est d’une logique imparable. Sauf que les Etats Unis peuvent changer de ligne politique sur l’Ukraine, le projet coûte trop cher et ne rapporte finalement pas grand chose. L’économie russe ne s’est pas effondrée, le rouble est stable et renforcé car enfin déconnecté en partie du prix du pétrole grâce à une politique de relance de la production intérieure, qui découle directement de la politique de sanctions économiques lancée par les Etats Unis. Sur le plan politique, la population s’est resserrée autour des institutions gouvernantes, le champ politique s’est naturellement reconcentré laissant peu d’espace pour la contestation de la politique russe menée à l’international, comme le montre l’échec cuisant des partis radicaux aux dernières législatives. Et sur le plan international, la position de la Russie est redevue dominante, à tel point qu’elle est apte à remettre en cause le monopole américain un instant gagné avec la chute de l’Union soviétique.

L’on peut donc dire que la stratégie américaine concernant la Russie est un échec. Et une prise de conscience se fait. En ce qui concerne, de leur point de vue, le détail collatéral que constitue l’Ukraine, la décrépitude est totale.

Sans même parler de la corruption qui est au pouvoir, d’autres critères sont dans le rouge. La criminalité, selon le chef de la police nationale, augmente fortement. La criminalité déclarée (car beaucoup de violations de la législation ne sont pas prises en compte pour des raisons politiques) a augmenté en Ukraine en moyenne de 23%. Les vols en tout genre ont augmenté en moyenne de 20%. Rien que pour Kiev, l’augmentation de la criminalité globale est de 45%.

Une grande partie de ce phénomène s’explique par la paupérisation de la population. 79% de la population se considère comme pauvre. Les frais liés aux impôts locaux, chauffage, électricité et eau ont atteint le niveau d’un salaire moyen. Sur le plan économique, selon les études menées sur l’année 2015, l’économie a baissé en général de 10%, la production industrielle de 13,4%, la production alimentaire de 11,2%, la métallurgie de 16,4%, la production automobile de 14,6%, le chiffre d’affaire du commerce de détail a chuté de 20,7%.

Le pays vit essentiel grâce à l’aide extérieure. Dans ce contexte, Kiev ne sait pas quoi faire avec le Donbass. Juridiquement, les personnes qui y vivent ont le droit de percevoir leur pension de retraite. Comme n’importe quelle personne, peu importe l’endoit où elle réside au moment de sa fin d’activité professionnelle. D’une part, si l’Ukraine veut assumer sa prétention à l’unité territoriale, elle doit se comporter comme un Etat et assumer ses obligations, d’autre part elle n’en a ni les moyens, ni la volonté politique, car en plus des problèmes budgétaires, les dirigeants actuels n’ont aucun sens de l’Etat puisque celui-ci est sous tutelle étrangère. Ainsi le pouvoir ne reconnaît pas la population du Donbass, il s’agit de leur point de vue, en gros et en général, de terroristes qu’il faut exterminer, l’Ukraine n’est intéressée que par le territoire. D’où la déclaration à la Rada de I. Gerashchenko affirmant qu’il n’y a aucune raison de payer les pensions de retraite aux habitants du Donbass qui y ont droit car là-bas il n’y a que des âmes mortes. Ce qui concerne quand même plus de 500 000 personnes.

La situation en Ukraine est une impasse. Sur tous les plans. Politique, économique, social. Mais surtout, l’Ukraine ne présente plus qu’un faible intérêt géopolitique. Et cet intérêt est aujourd’hui disproportionné par rapport au coût qu’il entraîne. A l’égard de l’Ukraine, J. Biden se comporte un peu comme l’économe d’un hôpital qui prévient la famille que soit le patient se réveil prochainement, soit il sera débranché. Mais ce qui est intéressant, c’est que Biden ne parle pas de la fin des sanctions américaines. Ce qui semblerait plus logique, vue sa position. Il parle de la fin possible des sanctions européennes. Peu importe la position des instances européennes, elles seront de toutes manière informées en temps voulu de la politique à adopter. On ne discute pas avec les subalternes.

Une grande partie de ce phénomène s’explique par la paupérisation de la population. 79% de la population se considère comme pauvre. Les frais liés aux impôts locaux, chauffage, électricité et eau ont atteint le niveau d’un salaire moyen. Sur le plan économique, selon les études menées sur l’année 2015, l’économie a baissé en général de 10%, la production industrielle de 13,4%, la production alimentaire de 11,2%, la métallurgie de 16,4%, la production automobile de 14,6%, le chiffre d’affaire du commerce de détail a chuté de 20,7%.

Le pays vit essentiel grâce à l’aide extérieure. Dans ce contexte, Kiev ne sait pas quoi faire avec le Donbass. Juridiquement, les personnes qui y vivent ont le droit de percevoir leur pension de retraite. Comme n’importe quelle personne, peu importe l’endoit où elle réside au moment de sa fin d’activité professionnelle. D’une part, si l’Ukraine veut assumer sa prétention à l’unité territoriale, elle doit se comporter comme un Etat et assumer ses obligations, d’autre part elle n’en a ni les moyens, ni la volonté politique, car en plus des problèmes budgétaires, les dirigeants actuels n’ont aucun sens de l’Etat puisque celui-ci est sous tutelle étrangère. Ainsi le pouvoir ne reconnaît pas la population du Donbass, il s’agit de leur point de vue, en gros et en général, de terroristes qu’il faut exterminer, l’Ukraine n’est intéressée que par le territoire. D’où la déclaration à la Rada de I. Gerashchenko affirmant qu’il n’y a aucune raison de payer les pensions de retraite aux habitants du Donbass qui y ont droit car là-bas il n’y a que des âmes mortes. Ce qui concerne quand même plus de 500 000 personnes.

La situation en Ukraine est une impasse. Sur tous les plans. Politique, économique, social. Mais surtout, l’Ukraine ne présente plus qu’un faible intérêt géopolitique. Et cet intérêt est aujourd’hui disproportionné par rapport au coût qu’il entraîne. A l’égard de l’Ukraine, J. Biden se comporte un peu comme l’économe d’un hôpital qui prévient la famille que soit le patient se réveil prochainement, soit il sera débranché. Mais ce qui est intéressant, c’est que Biden ne parle pas de la fin des sanctions américaines. Ce qui semblerait plus logique, vue sa position. Il parle de la fin possible des sanctions européennes. Peu importe la position des instances européennes, elles seront de toutes manière informées en temps voulu de la politique à adopter. On ne discute pas avec les subalternes.

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