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Ce qui différencie Mossoul d'Alep

Publié le par Felli Bernard

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Géopolitique

Islamic civilization

06.10.2016

Syrie

Jean Paul Baquiast

Ces deux centres urbains, densément peuplés, sont aussi les deux points forts de l'Etat Islamique (EI). Ses troupes y sont étroitement mêlées aux populations. Celles-ci sont d'ailleurs, semble-t-il, majoritairement favorables aux djihadistes, ce qui pourrait expliquer qu'elles ne se révoltent pas elles-mêmes contre ces derniers.

Mossoul et Alep ont toujours été des bases d'approvisionnement de l'EI, tant en matériel notamment militaire, en pétrole et de plus en plus en nouveaux combattants. Nous avons ici même rappelé qu'elles sont devenues le lieu de convergence, au travers de frontières poreuses, de combattants provenant d'Europe et de plus en plus d'Asie.
Il est donc vital, si l'on veut vraiment éradiquer l'EI de l'Irak et de la Syrie, qu'elles soient militairement conquises par des troupes à terre, irakiennes et kurdes, appuyées par des bombardements visant (dans la mesure où ils sont identifiables) les centres nerveux des islamistes. Par définition, cela ne peut se faire sans d'inévitables pertes civiles. Prétendre pour limiter celles-ci, instaurer des cessez-le-feu permettant l'arrivée de convois humanitaires n'est qu'une tromperie de grande ampleur. Ces cessez le feu permettront a à l'EI de se reformer, comme le cas échéant de recevoir des appuis extérieurs par le biais des convois humanitaire.

Il semble qu'aujourd'hui la coalition comprenant l'Irak, l'Arabie saoudite et surtout les Américains avec leurs alliés européens, notamment la France, l'ait compris. Une offensive destinée à reconquérir Mossoul a été annoncé à grand bruit depuis quelques jours. Washington lui-même semble l'avoir encouragée. On apprend en date du 8/09/2016, selon France Info, que « les États-Unis vont envoyer près de 600 soldats supplémentaires en Irak pour préparer la bataille décisive visant à reprendre Mossoul, le dernier grand bastion de l'EI dans le pays, ont annoncé mercredi des responsables américains ». C'est une excellente chose. Ils s'ajouteront aux milliers de combattants américains déployés secrètement dans la zone, où d'ailleurs ils ne faisaient pas grand chose contre l'EI.

Concernant la France, les médias ont abondamment montré des vols de Rafales décollant du porte-avions Charles de Gaulle, en emportant différentes charges militaires et des instruments d'observation. Cela ne fera sans doute pas très peur à l'EI, mais vaudra mieux que rien. Ces vols préparent la participation à une "action majeure pour reprendre à l'Etat islamique (EI) la ville irakienne de Mossoul, » comme a déclaré le 30/09 le ministre français de la Défense. Bien sûr, on ne voit pas comment cette action majeure n'entrainera pas la mort de nombreux civils et les protestations indignées des organisations humanitaires. Il faudra en prendre son parti car aucune guerre n'a pu être menée sans « dégâts collatéraux » touchant les civils.

Nous pouvons donc espérer que François Hollande, suivi par John Kerry, ne se traitera pas lui-même de coupable de crimes de guerres, d'un génocide analogue à Guernica et autres amabilités.

Ce sont pourtant les termes utilisés par les mêmes personnalités ou leurs représentants, notamment au Conseil de Sécurité, pour stigmatiser les offensives contre Alep menées par l'Etat syrien soutenu par l'Iran et par des frappes aériennes russes. Ce sont les mêmes qui recommandent une "zone de non-survol" del'Irak et de la Syrie par la Russie.

Voyez notre article intitulé « Alep le bal des hypocrites » date du 26/09 et dont nous reprenons pas ici les arguments.

Tout ce passe comme ce n'était pas l'Etat islamique que combattaient en Syrie l'Amérique et ses alliés, mais ce véritable ennemi que demeure pour eux Vladimir Poutine. Il s'agit aujourd'hui, à défaut de détruire la Russie, de l'affaiblir par tous les moyens, y compris le terrorisme islamique. On peut craindre que dans ces conditions la chute de Mossoul sous les coups de la « coalition » ne se fasse attendre encore un peu. Nous verrons ce qu'il en est.

Source : Europe Solidaire

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