Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Hollande – Le gouvernement grec aurait demandé à Poutine « d’imprimer des drachmes en Russie, Athènes dément

Publié le par Felli Bernard

Dans l'entourage du premier ministre grec, le malaise est palpable.

Dans l’entourage du premier ministre grec, le malaise est palpable

Le gouvernement grec aurait demandé à Poutine « d’imprimer des drachmes en Russie parce qu’il n’y a plus d’imprimerie en Grèce ».

À peine sorti en librairie en France, les médias grecs se sont emparés des extraits du livre Un président ne devrait pas dire ça des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. En effet, on y apprend à la page 512 l’existence d’un «mystérieux coup de fil de Vladimir Poutine» à François Hollande, le 6 juillet 2015, soit le lendemain du référendum organisé et gagné par Alexis Tsipras. Le président russe informe son homologue français d’une discussion qu’il a eue avec Athènes. Le gouvernement grec lui aurait demandé «d’imprimer des drachmes (monnaie nationale hellénique avant l’euro) en Russie parce qu’il n’y a plus d’imprimerie en Grèce». La suite de la discussion et la réponse de François Hollande, resté pantois, s’interrogeant sur la nature de cet appel du Kremlin, n’intéresse pas la presse grecque. Celle-ci découvre que leur premier ministre était bien décidé à faire sortir le pays de la zone euro, avec le secours de Moscou, alors que la population reste très attachée à la monnaie unique.

La crise grecque… et Poutine

 

Les auteurs consacrent un long chapitre à la crise grecque de l’été 2015, quand le pays dirigé par Alexis Tsipras est à deux doigts de sortir de l’Europe, le fameux « Grexit ». Or, Hollande ne veut pas en entendre parler. Il joue alors un rôle de « conseiller » auprès d’Alexis Tsipras qu’il considère comme « un petit frère turbulent ». Davet et Lhomme ne cachent pas qu’il y a avait un côté tactique dans cette défense de la Grèce par le président : montrer à Mélenchon et les tenants de « l’autre gauche » que la France de Hollande est le meilleur allié de Tsipras et de son parti Syriza tant adulé, alors, par les Mélenchonistes. Certes, on sait comment l’histoire s’est terminée pour Tsipras qui a dû capituler. Mais c’était après l’épisode suivant raconté par les auteurs ou le ministre des Finances Michel Sapin téléphone à son ami et président François Hollande pour évoquer, en termes crus, le désir des Allemands de débarquer la Grèce de l’Europe… et le rôle de Christine Lagarde, directrice générale du FMI .

Sapin dit : « Les chieurs, l’Allemagne, vont se raccrocher à cette question de l’insoutenabilité de la dette ». Réponse de Hollande : « Ils en sont capables(…) Il y a une déclaration de Merkel qui dit que la réduction de la dette est hors de question ».

Et un peu plus loin, François Hollande explique : « Lagarde, elle est pour la sortie. Elle me l’avait dit. Avec des arguments que l’on peut entendre : elle pense que la Grèce ne peut pas se relever avec ce qu’on lui fait subir, avec la dette qui est la sienne, que la meilleure façon, ce serait de la « suspendre » de la zone euro. Elle est courtoise, mais soumise à une pression américaine, et à des pressions au sein de son administration, sur le thème : vous êtes durs avec les Africains, pourquoi avec la Grèce, vous ne seriez pas durs ».

Enfin, un autre épisode insolite est narré par Davet et Lhomme : le coup de téléphone de Poutine à Hollande, très vite compris par le président français comme un avertissement sur le fait que la Russie pourrait être là pour soutenir la Grèce en cas de Grexit. Poutine : « Je dois te donner une information (…). La Grèce nous a fait une demande d’imprimer les drachmes en Russie, car ils n’ont plus d’imprimerie pour le faire »… Preuve pour les auteurs que les dirigeants grecs à ce moment envisageaient bien de sortir de l’Europe.

Poutine poursuit : « je voulais te donner cette information, que tu comprennes bien que ce n’est pas du tout notre volonté ».

Analyse de Hollande : « Je me suis demandé pourquoi il me disait ça. Peut-être pour ne pas être jugé responsable d’avoir poussé la Grèce à sortir et, deuxièmement, pour me dire – ce n’était pas une mauvaise idée – que, de son point de vue, c’était un risque et que l’on devait tout faire pour l’éviter »… (source)

Une preuve, commentent les deux journalistes du Monde auteurs du livre, que la Grèce envisageait bien de sortir de l’Europe à ce moment-là.

Tollé en Grèce – On peut ainsi lire sur les sites d’information que «François Hollande dévoile le vrai visage d’Alexis Tsipras». Dans l’entourage du premier ministre grec, le malaise est palpable. On assure que «jamais un tel sujet n’a été abordé au cours des différentes discussions avec Vladimir Poutine.

Athènes dément avoir voulu imprimer des drachmes en Russie en 2015

Le gouvernement grec a démenti vendredi avoir cherché à « imprimer des drachmes en Russie » lors de la crise l’an dernier, contrairement à ce que le président français François Hollande semble indiquer dans un livre de confidences sur la foi d’une conversation avec Vladimir Poutine.

 
Interrogée par l’AFP, une source gouvernementale grecque a précisé qu’Alexis Tsipras à l’époque avait parlé trois fois au téléphone avant le référendum avec Vladimir Poutine mais qu' »il ne lui avait jamais demandé » d’imprimer des drachmes.

 
« Les deux dirigeants (grec et russe) s’étaient mis d’accord pour que la Grèce reste dans la zone euro », a souligné cette source ayant requis l’anonymat.

 
La crise dans les relations entre le gouvernement grec de gauche d’Alexis Tsipras et la zone euro pendant le premier semestre de 2015 avait atteint son pic fin juin 2015, la zone euro ayant menacé la Grèce, qui se trouvait alors au bord d’un défaut de paiement, de retirer son soutien si Athènes ne signait pas un nouveau plan de sauvetage en poursuivant les mesures d’austérité.

 
Alors qu’une première version du plan de sauvetage proposé par les créanciers, UE et FMI, avait été rejetée par plus de 60% des voix lors du référendum du 5 juillet décidé par Alexis Tsipras, ce dernier a finalement cédé une semaine plus tard et signé un nouveau prêt international, le troisième depuis la crise de la dette de 2010, accompagné des mesures de rigueur comme les deux précédents.

 
La publication du livre de confidences faites par le président français à six mois de l’élection présidentielle a suscité une cascade de réactions incrédules ou consternées en France, des magistrats aux footballeurs et jusque dans son camp.

Par resistanceauthentique

 

Commenter cet article