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L'Arabie saoudite emprunte un montant record de 17,5 milliards de dollars

Publié le par Felli Bernard

L'Arabie saoudite emprunte un montant record de 17,5 milliards de dollars

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Le montant est supérieur à celui levé par l'Argentine en début d'année qui pour son retour sur le marché de la dette avait atteint 16,5 milliards de dollars .
Le montant est supérieur à celui levé par l'Argentine en début d'année qui pour son retour sur le marché de la dette avait atteint 16,5 milliards de dollars . (Crédits : Reuters)
Pénalisée par des prix du pétrole insuffisamment élevés pour boucler son budget, l'Arabie saoudite a levé 17,5 milliards de dollars sur le marché obligataire international ce mercredi, un montant historique. L'emprunt sur-souscrit va financer un ambitieux programme de réorganisation de l'économie, entre innovation et austérité, pour mettre fin à la dépendance trop étroite à l'or noir .

Les investisseurs internationaux se sont rués sur le premier emprunt obligataire de l'Arabie saoudite. Si le royaume a finalement levé 17,5 milliards de dollars (15,9 milliards d'euros) par le biais des émissions obligataires à 5, 10 et 30 ans, libellées en dollars, la demande globale a atteint 67 milliards de dollars. Le montant est supérieur à celui levé par l'Argentine en début d'année qui pour son retour sur le marché de la dette avait atteint 16,5 milliards de dollars .

Si les émissions atteignent des prix moins élevés qu'attendu par les experts, celle de 30 an a attiré particulièrement les investisseurs qui croient en la stabilité du pays. Dans le détail, la tranche de 5,5 milliards de dollars à cinq ans a été lancée à 135 points de base (pdb) au-dessus des emprunts d'Etat américains, la tranche à dix ans, également de 5,5 milliards, à 165 pdb au-dessus des Treasuries et la tranche à 30 ans, de 6,5 milliards, à 210 pdb au-dessus.

Dépendant à 80% des recettes pétrolières

Cette action, inédite de la part de Riyad, le pays restant faiblement endetté, s'inscrit dans un vaste plan de réorganisation de l'économie du pays trop dépendant des prix du baril de pétrole (à 80%, selon la Banque Mondiale), dont il est le premier producteur mondial (10,58 millions de barils par jour, en septembre selon l'AIE, soit un peu moins du tiers de la production totale de l'Opep).

En effet, même si les prix qui avaient stagné autour de 30 dollars le baril sont remontés en début d'année au-dessus des 52 dollars, ils restent bien loin des 100 dollars de 2014.

Conséquence, la dette publique a été multiplié par 6 en deux ans, et le rythme de croissance ralentit: après avoir progressé de 3,5% en 2015, elle ne devrait s'afficher qu'à +1,2% cette année, selon les prévisions du FMI. En 2015, le pays a affiché un déficit de de 98 milliards de dollars, représentant 15% du PIB.

Réduction des subventions aux carburants

Depuis le début de l'année, plusieurs mesures de rigueur ont été prises dont la réduction des subventions aux carburants et au logement, la baisse des primes et des avantages des fonctionnaires et la suspension de nombre de projets d'infrastructures.

Pour financer la transformation de son économie fondée sur la rente du pétrole vers une société de services et sur l'innovation le royaume fera à nouveau appel au marché pour ce qui devait être la plus importante introduction en Bourse de tous les temps: celle de la première compagnie pétrolière mondiale, l'entreprise publique Aramco.

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