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Le devoir moral des États-Unis au Yémen, par Le New York Times

Publié le par Felli Bernard

13
Nov
2016

Source : The New York Times, le 11/10/2016

Par THE EDITORIAL BOARD | Le 11 octobre 2016

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Rachel Levit

Les frappes aériennes menées par la coalition saoudienne qui ont dévasté une cérémonie funèbre au Yémen ce samedi rendent évidente la nécessité pour les États-Unis de cesser leur complicité dans une guerre civile qui a causé une catastrophe humanitaire dans un des pays les plus pauvres du monde, et a nourri l’extrémisme. Le Président Obama a le pouvoir de le décider. L’Arabie saoudite et ses États alliés dans le Golfe dépendent de Washington pour l’aviation, les munitions, le carburant et le ravitaillement en vol. Les États-Unis aident aussi l’Arabie saoudite à protéger ses frontières.

L’administration insiste sur le fait que son soutien à la coalition n’est pas “un chèque en blanc”. Mais, jusqu’à présent, elle n’a eu que des mots sévères en réponse à la liste toujours grandissante des attaques de la coalition contre des civils et des installations civiles, qui sont des cibles illégales selon les lois internationales. Si les Saoudiens refusent d’arrêter le carnage et de reprendre les négociations pour un règlement politique, M. Obama doit cesser le soutien militaire. Sinon l’Amérique pourrait être impliquée dans les crimes de guerre et être entraînée encore plus loin dans le conflit. Lundi, les rebelles Houthis, qui ont combattu avec le gouvernement yéménite, ont lancé un missile loin à l’intérieur de l’Arabie saoudite, selon un rapport, et dimanche ils ont peut-être tiré sur un destroyer de la marine US, mais l’ont raté.

Les frappes saoudiennes ont tué plus de 140 personnes en deuil et blessé des centaines d’autres à un enterrement à Sanaa, la capitale contrôlée par les rebelles Houthis, un groupe local shiite qui a relâché ses liens avec l’Iran. Les pertes humaines, d’après le rapport, incluent de nombreux membres éminents de tribus du nord du Yémen, et aussi des leaders militaires et politiques qui étaient pour des pourparlers de paix et pour la fin du conflit.

L’Arabie saoudite porte la lourde responsabilité d’avoir enflammé le conflit. Les Saoudiens ont commencé la guerre aérienne en 2015 dans le but de réinstaller le Président Abdu Rabbu Mansour Hadi, que les rebelles Houthis avaient chassé du pouvoir. Les Saoudiens considèrent l’Iran comme leur principal ennemi et craignent qu’il gagne trop d’influence dans la région.

Un responsable américain a dit au Times qu’il n’y avait pas de preuve que la coalition avait délibérément visé des civils, et qu’un manque de renseignement et un mauvais ciblage était l’explication probable. Même si c’était vrai, ce n’est pas une excuse ; en fait, de tels facteurs sont une raison supplémentaire de cesser les frappes immédiatement. Avant la cérémonie funéraire, la coalition a frappé un hôpital associé à Médecins sans Frontières, une école et une usine de frites. Plus tôt cette année, un rapport de l’ONU a blâmé la coalition pour 60% des enfants morts et blessés au Yémen l’année dernière.

Les Saoudiens n’inspirent pas confiance en niant dès le départ que leurs forces étaient impliquées dans l’attaque des funérailles et en annonçant tardivement une enquête sur “le regrettable et douloureux bombardement”.

Après l’attaque, le Secrétaire d’État John Kerry a demandé aux responsables Saoudiens un cessez-le-feu immédiat, et Riyad a répondu qu’il le ferait aussitôt que possible avec l’accord des Houthis. La Maison-Blanche a annoncé la révision de son aide à la coalition, disant qu’il pourrait en résulter des ajustements.

Tout cela arrive à un moment où les liens entre l’Amérique et l’Arabie saoudite sont mis à mal au sujet de la Syrie et à la suite de l’opposition de Riyad au traité nucléaire avec l’Iran. M. Obama a soutenu l’effort de guerre saoudien au Yémen et vendu pour 110 milliards de dollars d’armes, comprenant récemment 1,15 milliards de commandes de chars et autres armes, pour calmer la colère de Riyad sur le traité nucléaire. La vente de chars a continué, même si quelques responsables s’inquiètent que cela puisse impliquer les États-Unis dans des crimes de guerre. Le mois dernier, un effort du Sénat pour arrêter la vente de tanks a échoué.

Le Yémen est proche de l’effondrement, avec 80% du pays qui nécessite une aide humanitaire. Les affiliés d’Al-Qaïda deviennent plus forts et la population se radicalise. Plus la guerre durera, plus il sera difficile d’y mettre fin.

Source : The New York Times, le 11/10/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

10 réponses à Le devoir moral des États-Unis au Yémen, par Le New York Times

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