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Berlin pourrait-être le terminus du train de la mondialisation

Publié le par Felli Bernard

Berlin pourrait-être le terminus du train de la mondialisation

The ‘Battle of Berlin’ Will Be Last Stand of Globalism


Wayne Madsen

Par Wayne Madsen – Le 2 novembre 2016 – Source Strategic Culture

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, quitte son poste à Strasbourg et cherche à occuper un poste plus important à Berlin. Schulz, qui, en 2003, a été comparé par le Premier ministre italien Silvio Berlusconi à un garde nazi de camp de concentration – un Kapo – semble prêt à prendre la barre du Parti social-démocrate (SPD), dans une manœuvre pour empêcher l’Allemagne de rejoindre les rangs des nations anti-Union européenne en Europe.

 

Schulz, sachant qu’Angela Merkel, chancelière fédérale europhile issue du parti de l’Union démocratique chrétienne (CDU) en Allemagne, est en difficulté politique alors qu’elle annonçait son intention de se présenter pour un quatrième mandat en 2017, s’efforce de prendre les rênes du SPD, partenaire de la coalition de Merkel, tenus par Sigmar Gabriel. Pour le moment, Schulz sera heureux d’assumer le contrôle du portefeuille de ministre des Affaires étrangères du SPD, détenu actuellement par Walter Steinmeier, qui a choisi de briguer la présidence allemande… pour inaugurer les chrysanthèmes.

Schulz revient à Berlin en tant que politicien politiquement blessé. Le Parlement de l’UE était sur le point de le récuser pour un troisième mandat en tant que président. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le champion souvent éméché de l’Europe fédérale et de l’OTAN, a menacé de démissionner si Schulz était rejeté par l’assemblée de Strasbourg. Schulz, sentant venir la défaite, a décidé de continuer la lutte pour une Europe unie, en tant que membre du Parlement allemand – le Bundestag – dans la «grande coalition» de Merkel composée de la CDU et du SPD.

Cependant, le premier ministre bavarois Horst Seehofer, un supporter moins que tiède de Merkel, pourrait envisager de défier celle-ci pour le poste de chancelier. Seehofer est un fervent critique de la politique migratoire de Merkel, qui a ouvert les frontières de l’Allemagne à plus d’un million de réfugiés majoritairement musulmans issus de zones de guerre en Syrie, en Irak, en Afghanistan et en Afrique. Merkel, Schulz et Gabriel continuent de soutenir la politique de porte ouverte à l’immigration. Seehofer a élaboré une alliance anti-migration avec les dirigeants des pays alpins voisins, en particulier l’Autriche. Le candidat à la présidence du Parti autrichien pour la liberté (FPÖ), Norbert Hofer, qui s’oppose à l’UE et à la politique d’immigration de Merkel, a récemment exprimé ses propres vues sur cette dernière, lors d’un débat présidentiel avec son adversaire du Parti Vert pro-UE. Hofer a dit que Merkel «a infligé des dommages considérables à l’Europe quand elle a ouvert les frontières aux réfugiés et que, par conséquent, des centaines de milliers de réfugiés, y compris des terroristes, ont traversé l’Autriche».

Seehofer a plus en commun avec le parti autrichien de la liberté de Hofer et son leader Heinz-Christian Strache, qu’avec son alliée politique supposée, Merkel. La seule chose qui continue de lier le Seehofer anti-migrant à la championne des frontières ouvertes Merkel, est la montée du parti nationaliste allemand, homologue du FPÖ autrichien, le parti Alternatif pour l’Allemagne (AfD). L’AfD anti-migrants a mordu sur l’électorat de la CDU-CSU dans toute l’Allemagne, la Bavière étant une exception notable. L’AfD a remporté des sièges dans dix assemblées régionales et a atteint 15 % de soutien dans les sondages d’opinion politique. Ce «mariage de complaisance» entre Seehofer et Merkel risque de se terminer, car le Premier ministre bavarois voit l’occasion de défier Merkel pour le leadership du parti CDU-CSU et de diriger une coalition conservatrice anti-migrants, pour contrecarrer l’euro-fanatique Schulz sur la scène nationale.

Les relations entre la CDU et ses alliés de la CSU n’ont pas été aussi détestables depuis 1976, lorsque le leader de la CSU, Franz-Josef Strauss, avait rompu l’alliance du parti bavarois avec la CDU de Helmut Kohl. Seehofer comprend qu’il a plus de force politique que Merkel, parce que les sondages d’opinion des partisans de l’AfD indiquent que le leader bavarois est plus populaire que le propre chef de l’AfD, Frauke Petry. La CSU de Seehofer a donc adopté la politique migratoire dure de l’AfD pour séduire les partisans de l’AfD. La rhétorique de Seehofer sur les migrants correspond à celle de l’AfD. En janvier 2016, Seehofer a déclaré à son congrès du parti CSU, que jusqu’à trois millions de migrants en Allemagne feraient de celle-ci un «pays différent», et a ajouté que «le peuple ne veut pas que l’Allemagne ou la Bavière deviennent un pays différent». Avec la CSU anti-migrants et l’AfD comme soutien, Seehofer est en position de chasser Merkel de la direction du parti CDU-CSU.

Non seulement Seehofer a construit une alliance de travail avec le parti autrichien de la liberté, mais il s’est également joint au premier ministre anti-immigrés de Hongrie, Viktor Orban. Seehofer s’est envolé vers Budapest en mars dernier pour soutenir l’opposition d’Orban à un plan de l’UE, poussé par Juncker, Schulz et Merkel, pour redistribuer les migrants dans les 28 États membres de l’UE, plus quatre membres de l’Association européenne de libre échange / accord de Schengen (la Suisse, le Liechtenstein, la Norvège et l’Islande), sur la base d’un système de quotas. Seehofer a également des liens étroits avec le parti populaire suisse anti-UE et anti-migrants (UDC), qui a grimpé à 29,5 % aux élections à la chambre basse du Parlement suisse en 2015 .

Seehofer a également contacté le président élu des États-Unis, Donald Trump, qui a qualifié la politique d’immigration de Merkel de «catastrophe» qui n’a servi qu’à augmenter les taux de criminalité en Allemagne. Seehofer a invité Trump en Bavière, en faisant valoir que le premier voyage étranger de Trump en tant que président pourrait être à la Conférence de Munich sur la sécurité en février 2017. Ce qui inquiète les mondialistes, les atlantistes et les fanas de l’OTAN est une Europe dominée par des leaders nationalistes en Allemagne, en France, en Italie, en Grande-Bretagne, en Autriche, en Suisse, en Hongrie et dans d’autres pays, qui travailleront avec Trump à Washington et avec le président Vladimir Poutine à Moscou pour libérer l’Europe des politiques globalistes, à savoir l’UE, les frontières ouvertes et l’OTAN. Lorsque Seehofer s’est rendu à Moscou l’année passée et a rencontré Poutine, le SPD a vivement critiqué la politique étrangère parallèle de Seehofer. Un officiel du SPD a tonné, «La politique étrangère est faite à Berlin, pas à Munich».

La CSU et son dirigeant Seehofer ont rejeté la prémisse selon laquelle la politique étrangère n’est conduite qu’à Berlin et non à Munich. La Bavière, avec une longue histoire d’indépendance par rapport à Berlin, a vu le CSU dominant [en Bavière] établir des liens étroits avec des partis alpins semblables, y compris l’UDC en Suisse, le FPÖ en Autriche, et le petit parti irrédentiste allemand Tyrol du Sud (SVP) dans le nord de l’Italie. Seehofer a pris le minuscule Liechtenstein dans son alliance alpine. Lors d’un voyage à Munich en 2015 pour visiter Seehofer, le Premier ministre du Liechtenstein, Adrian Hasler, a déclaré : «Nous aimerions continuer de cultiver le très bon climat avec la ‘Bavière autonome’ dans le sens positif. Je suis donc ravi de constater la poursuite des bonnes relations entre la Bavière et le Liechtenstein.»

Seehofer a aussi plus en commun avec le président social-démocrate anti-émigré de Tchéquie, Milos Zeman, et les partenaires communistes tchèques de son parti, qu’avec ses propres partenaires allemands de coalition au SPD. Seehofer peut également compter sur le soutien du groupe de Visegrad (V4), composé de la Pologne, de la Slovaquie, de la Hongrie en plus de la République tchèque. L’Autriche de Hofer fait également cause commune avec le V4 sur les questions des migrants et de l’UE.

L’appel de Seehofer à Trump coïncide avec l’attitude de la présidente du Front national français, et candidate à la présidence en 2017, Marine Le Pen, qualifiant l’élection de Trump de «révolution politique». Le Pen et d’autres dirigeants nationalistes européens voient la «révolution» briller de tous ses feux avec le oui surprise au Brexit en juin 2016 dans le Royaume-Uni, suivi par la victoire étonnante de Trump aux élections présidentielles américaines et l’anticipation d’une victoire de Le Pen lors de l’élection présidentielle française l’an prochain. Le Pen a promis de tenir un référendum «Frexit» sur la poursuite de l’adhésion de la France à l’UE.

Avec les rêves euro-atlantistes des mondialistes quotidiennement brisés, Seehofer voit évidemment sa chance de prendre la barre de l’Allemagne des mains d’une Merkel de plus en plus impopulaire et de diriger le pays vers un «atterrissage en douceur» à la suite de la dissolution de l’UE. La première tâche de Seehofer en tant que leader allemand consisterait à supprimer soigneusement l’euro et à réintroduire le D-Mark sous une forme qui pourrait également être utilisée par l’Autriche, les pays du Benelux et les pays d’Europe orientale qui choisiraient d’opter pour le système.

Si Seehofer peut prendre la chancellerie de l’Allemagne à la discréditée Merkel, il y aura une bataille finale contre la mondialisation et l’UE dans les coulisses du pouvoir à Berlin. Cette bataille opposera Seehofer et ses alliés anti-migrants et anti-UE, aux forces menées par le «gardien du camp de concentration» Schulz. Cette lutte politique déterminera non seulement l’avenir de l’Europe, mais du monde entier.

Wayne Madsen

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