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Donald Trump arrêtera probablement l’aide aux rebelles combattant le gouvernement syrien

Publié le par Felli Bernard

5
Déc
2016

Pour s’ouvrir l’esprit, aujourd’hui une série d’avis sur des points positifs de Trump qui ont été peu mis en avant ; et demain une analyse négative sur lui…

Source : The New York Times, le 12/11/2016

Un membre des forces démocratiques syriennes, une alliance arabo-kurde soutenue par les États-Unis. Credit Delil Souleiman/Agence France-Presse — Getty Images

Un membre des forces démocratiques syriennes, une alliance arabo-kurde soutenue par les États-Unis. Credit Delil Souleiman/Agence France-Presse — Getty Images

Par DAVID E. SANGER – 11 Novembre 2016

WASHINGTON – Le président élu Donal J. Trump a dit vendredi qu’il allait probablement abandonner les efforts américains de soutien des groupes d’opposition “modérés” en Syrie qui combattent le gouvernement du président Bachar el-Assad, indiquant que “nous n’avons aucune idée de qui sont ces gens.”

Dans une interview au Wall Street journal couvrant essentiellement des questions économiques, y compris sa volonté de conserver certaines parties de l’Affordable Care Act [Loi sur la protection des malades et des soins abordables, ou Obamacare, NdT], il a répété la position exprimée durant sa campagne : que les États-Unis devraient se concentrer sur la défaite de l’EI et trouver des points communs avec les Syriens et leurs soutiens russes.

“J’ai une vue contraire à celle de beaucoup de gens en ce qui concerne la Syrie,” a dit M. Trump au journal. “Ma position est que nous combattons la Syrie, la Syrie combat l’EI et nous devons nous débarrasser de l’EI. La Russie est maintenant totalement alignée avec la Syrie et maintenant vous avez l’Iran, qui devient puissant à cause de nous, qui est aligné avec la Syrie.

Ses commentaires suggèrent que lorsque que M. Trump supervisera à la fois le soutien public pour les groupes d’opposition et un bien plus grand effort secret géré par la Central Intelligence Agency, il pourrait réduire ou abandonner l’effort. Mais il y a en fait deux guerres qui font rage simultanément en Syrie.

L’une est contre l’État islamique, dans laquelle les États-Unis aident 30 000 combattants kurdes syriens et arabes syriens qui ont annoncé la semaine dernière qu’ils lançaient une nouvelle phase de la bataille, commençant à encercler la capitale de Daesh a Raqqa. Il y a environ 300 hommes des opérations spéciales US au sol qui assistent ces milices.

Le second effort est l’aide aux rebelles combattant M. Assad. Le programme secret de la CIA est de loin la plus grande activité de soutien, fournissant des missiles anti-char aux rebelles combattant le gouvernement. C’est ce programme que M. Trump semble le plus enclin à arrêter. Si les États-Unis continuent sur cette lancée, “nous finirons par combattre la Russie en combattant la Syrie,” a dit M. Trump au journal.

L’argument en faveur de l’arrêt du soutien pourrait être renforcé par le fait que, pour des questions de survie, les groupes d’opposition ont signé des alliances de champ de bataille avec la filiale d’al-Qaïda en Syrie, initialement connue sous le nom d’al-Nosra. Cela a eu pour effet de permettre à M. Assad et à la Russie d’argumenter qu’ils attaquaient al-Qaïda et que les États-Unis devraient les aider dans cet effort. Le secrétaire d’État John Kerry a reconnu cet argument lors de son effort finalement infructueux d’arriver à un accord de cessez-le-feu et à un règlement final.

La logique de M. Trump de “l’ennemi de mon ennemi est mon ami” est cohérente avec ce qu’il a dit durant sa campagne. “Je ne dis pas qu’Assad est un homme bon, parce qu’il ne l’est pas,” a-t-il indiqué au New York Times dans une interview en mars, “mais notre bien plus grand problème n’est pas Assad, c’est l’EI.”

Mais il prend aussi une position qui fera plaisir au président Vladimir Poutine puisqu’il suggère que, plutôt que de faire pression sur la Russie pour qu’elle arrête son soutien à M. Assad, l’administration de M. Trump n’entravera plus l’action de M. Poutine.

Dans une autre indication d’un changement majeur de politique, l’un des principaux conseillers de M. Trump en matière de sécurité nationale, le général Michael T. Flynn, ancien patron de la Defense Intelligence Agency, a écrit dans le Hill cette semaine que les États-Unis devraient extrader Fethullah Gulen dont la Turquie a demandé qu’il soit renvoyé de son exil en Pennsylvanie. Le gouvernement turc de Recep Tayip Erdogan l’a mis en cause pour la tentative de coup d’État de cet été.

Le Département de la Justice n’a pas encore conclu qu’il y ait des preuves convaincantes que M. Gulen devrait être renvoyé vers un emprisonnement quasi-certain ou extradé dans le cadre d’un accord d’extradition avec les États-Unis. Ils voient la requête comme une partie de l’effort de M. Erdogan pour éliminer toute opposition.

M. Flynn a retenu de nombreux arguments de la Turquie au sujet de M. Gulen, indiquant que les contribuables américains aident à financer les 160 écoles de Gulen aux États-Unis et qu’il est plus important de soutenir la Turquie que d’être “trompé par cette source de terreur masquée et d’instabilité confortablement installée dans notre propre jardin.”

Source : The New York Times, le 12/11/2016

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