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Finalement « Pépère » n’ira pas…

Publié le par Felli Bernard

Finalement « Pépère » n’ira pas…

Narcissique et nombriliste jusqu’au bout… S’auto-félicitant pour son bilan et n’admettant qu’une seule erreur : la déchéance de nationalité ! Le président François Hollande ne laissera qu’une trace négative dans l’Histoire. OD

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« François Hollande, jusqu’au bout, ne nous aura rien épargné. Pour annoncer qu’il ne se présente pas à sa succession, une décision toute personnelle, il mobilise des moyens réservés d’ordinaire à des déclarations qui concernent les intérêts supérieurs de la nation: l’allocution officielle, avec drapeaux français et européen, retransmise sur toutes les antennes, est un format plus adapté au « discours d’un roi » qui informe son peuple que le pays entre en guerre qu’à celui d’un président impopulaire qui vient prononcer un interminable plaidoyer pro domo avant de mettre fin au suspense concernant sa petite personne : non, il ne se représente pas.

Comme à l’accoutumée, il s’est félicité de son bilan et a même, lucidité inhabituelle, reconnu quelques erreurs, mais pour mieux se grandir : « Face aux épreuves, j’ai pu avoir une capacité inépuisable de résistance. »

J’ai, j’ai, j’ai… François Hollande peut toujours parer sa décision des atours de l’intérêt général. En vérité, c’est parce qu’il s’est retrouvé dans une impasse toute politicienne qu’il a dû se résoudre à renoncer. L’accumulation des maladresses n’a jamais été aussi grande qu’en cette fin de quinquennat. Le président passe des heures à s’épancher devant des journalistes, qui publient ses états d’âme entre guillemets. Il assure à qui veut l’entendre que « ça va mieux », alors que les Français, dans leur majorité, ressentent exactement le contraire. Il a indexé son sort politique à l’inversion de la courbe du chômage, qui s’esquisse timidement, et bien trop tard, après des années de hausse. Il est obsédé par la communication tandis qu’il bat des records d’impopularité.

Rien ne s’est passé comme prévu

Mais c’est surtout sur le front de la tactique politique, qui est normalement sa spécialité, que le président sortant a tout raté. Jean-Christophe Cambadélis façonne spécialement pour lui la primaire de la « belle alliance populaire ». Mais « rien ne se passe comme prévu », comme le dit le titre du livre de l’écrivain Laurent Binet consacré à sa campagne de 2012. Contrairement aux pronostics présidentiels, Emmanuel Macron va jusqu’au bout de sa démarche de candidature, hors primaire. Manuel Valls proteste de sa loyauté mais se sent pousser des ailes. Le piège de la primaire se referme sur le chef de l’État, qui risque tout bonnement d’être éliminé de la course plus de trois mois avant la fin de son mandat. Comment continuer de gouverner, ensuite ?

En lieu et place d’une nouvelle campagne, François Hollande s’est donc offert près de dix minutes de bonheur narcissique, durant lesquelles il a abusé de la première personne du singulier : « j’ai », « j’ai », « j’ai »… Comme une sorte d’écho à son anaphore de l’entre-deux-tours de 2012 sur « moi président ». Sauf que, cette fois, c’est du passé qu’il s’agit, pas de l’avenir ».

Sophie Coignard, Le Point, le 2 décembre 2016

 

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières

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