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Guerres sans fin

Publié le par Felli Bernard

 
 

Guerres sans fin

 

le 17.12.16 | 10h00 Réagissez

 

Ce n’est pas de la prospective, mais bien une analyse lucide et pertinente que venait de faire un spécialiste du Monde arabe. Et, tenons-nous bien, c’était au mois d’août 2007, avant même ce qu’on appelle le Printemps arabe et alors qu’était déroulé le tapis rouge sous les pieds de dirigeants arabes soit chassés du pouvoir et même tués, soit attaqués afin qu’ils quittent ce même pouvoir. L’Irak, disait ce spécialiste, «a été transformé de façon irrémédiable, je crois (...).

On peut dire qu’il n’existe plus. Il y a eu un nettoyage ethnique très efficace, systématique». Et d’ajouter que «cela aura des répercussions dans la région». Un terrible constat qui se vérifie des années plus tard. Des pays ont bien été cités, mais la liste paraît incomplète puisque des Etats arabes quelque peu éloignés de cette zone en sont affectés et même lourdement. Avec ce même risque de partition. Mais c’est la Syrie qui est aujourd’hui principalement concernée, ou plutôt ciblée, si l’on devait prendre en considération ces éléments d’analyse. Car ce pays vit tout simplement une opération de partition, avec des portions de territoire qui échappent au pouvoir central. Un risque évoqué tout dernièrement par le ministre français des Affaires étrangères avec un avertissement quant à l’avenir de toute la région. Il l’a fait de manière nette, sans la moindre équivoque, en soulignant que «ce n'est pas parce qu'Alep va tomber dans quelques semaines que la question de la paix sera réglée». L’on parle effectivement beaucoup de guerres. Des guerres au pluriel, la Turquie craignant même que si ce qu’elle appelle «une guerre par procuration» devait se poursuivre, «l’Amérique et la Russie vont arriver à la guerre».
Cela se mesure aussi aux différentes interventions extérieures, tout comme en Irak d’ailleurs, où les raisons des uns ne sont pas celles des autres. La Turquie défend la présence de ses forces dans le nord de l'Irak, affirmant qu'elle est «légitime» et qu’elles demeureront dans le pays «aussi longtemps que nécessaire

Quant à l’Irak, il a dénoncé dernièrement les «forces d'occupation» turques. Ce ne sont pas là de simples querelles, mais tout laisse penser que la région subirait un vaste changement avec un total affaiblissement de certains pays. L’Irak et la Syrie, beaucoup en conviennent déjà, ne seront plus ce qu’ils étaient. L’un et l’autre ont subi d’incroyables fractures avec un nettoyage ethnique, un remodelage démographique. Et quand cela ne suffit pas, une destruction presque totale, dont la Syrie notamment aura bien du mal à se relever. Quant à la Libye, aux portes de l’Europe et un de ses réservoirs en énergie, elle connaît elle aussi les mêmes fractures et autant dire les mêmes problèmes, avec une guerre pour le pouvoir, le pouvoir central bien entendu.
Le constat seul ne suffit pas aujourd’hui. Il ne s’agit pas non plus d’agir sur les conséquences. Les guerres en question ont causé d’immenses dégâts. Et ce n’est pas fini !

Mohammed Larbi

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