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La télévision sous contrôle

Publié le par Felli Bernard

La télévision sous contrôle

 

La télévision sous contrôle

Vers des quotas ethniques

Il n’a pas échappé aux téléspectateurs que depuis quelques années, tant dans les «  séries  », que dans les Journaux télévisés, les acteurs ou intervenants d’origines exogènes sont de plus en plus nombreux. Ce qui est une des conséquences normales des brassages de populations mais elle n’est pas due au hasard. Elle est méthodiquement organisée par des associations ethniques de plus en plus revendicatives.

Les dirigeants de France Télévisions entendent pousser à la roue. Début novembre, a été lancé un « Guide expertise » qui est, en fait, un annuaire de personnalités issues «  de la diversité  » destiné aux journalistes et producteurs d’émissions. Si l’on cherche un peu, on trouve comme acteur principal ayant imaginé et mis en place cet annuaire spécial, un réseau audacieux, le «  Club XXIe siècle  ». Il déclare «  militer pour la valorisation de la diversité  ». Il a sélectionné 150 «  personnalités  » dans divers secteurs culturels, économiques, scientifiques mais toutes « issues des minorités visibles » qui sont proposées pour intervenir dans les émissions de débat et les Journaux télévisés. Ces revendications sont donc en accord parfait avec l’objectif de Mme Ernotte, la patronne de France Télévisions, qui, ces dernières semaines, inquiétée par les sondages électoraux, cherchait en vain à se rapprocher des milieux LR.

On arrive petit à petit vers des sélections sur des critères «  visibles  » pourtant officiellement condamnés par la loi. Pour appuyer l’argumentaire, la direction de France Télévisions a publié en juin dernier un «  bilan diversité  » qui chiffrait à 12 % la proportion des non-Blancs dans l’information sur France 2 et 10 % sur France 3. Il y a plus d’un an que Mme Ernotte avait rencontré la vice-présidente du Club XXIe siècle et lui avait promis la réalisation de l’annuaire «  d’experts  ». Nous y sommes. Que peut-on dire sur ce club  ?

La télévision sous contrôle
Au coeur du pouvoir – Enquête sur le club le plus puissant de France

Les fondateurs ne cachent pas avoir fait référence, pour le nom, au club huppé très influent Le Siècle, fondé en 1944 par Georges Bérard-Quélin et étudié à fond par le regretté chercheur Emmanuel Ratier. Le Club XXIe siècle a été créé en 2004 et son but affiché est de faire connaître et promouvoir des enfants issus de l’immigration. Aujourd’hui, il se présente comme un réseau de banquiers, de chefs d’entreprise, de hauts fonctionnaires dont la plupart sont originaires majoritairement du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Comme pour son modèle, ce club recrute par cooptation. L’idée a été « soufflée » plus ou moins par l’entourage chiraquien. Parmi les fondateurs, on rencontre le principal dirigeant, Hakim El Karaoui qui l’a présidé et une vingtaine de personnalités dont Béchir Mana 3, un temps secrétaire adjoint au ministère de la Défense, et Rachida Dati, née en 1965, ex-ministre de la Justice, ex-conseiller de Jacques Chirac. Cette dernière a dû quitter le Club sous la pression de certains membres. Selon l’expression du Nouvel Observateur (L’Obs) qui s’en est réjoui : « le gotha des minorités ne souhaitant pas devenir une officine sarkozyste ». En revanche, le club se présente comme un laboratoire d’idées (« think tank » dit-il) qui intervient également dans de multiples partenariats, conseils, aides, presse, tels Passeport avenir, Frateli, Talents des cités, Talents 21… Il compose des annuaires et des brochures : Le Pacte du XXIe siècle, l’Annuaire des administrateurs indépendants, l’Annuaire Expertise… Toutes suggestions pressantes visant à imposer aux grandes entreprises des membres des conseils d’administration d’origines plus exogènes. Les dirigeants du Club ont rencontré les patrons d’Accenture, de BNP, d’Engie, de Free, de Neuflize… Serait-ce pour forcer la main ? Le Club a sélectionné de lui-même vingt-trois candidats ou hauts cadres des « minorités visibles » ! Ne risque-t-on pas de se diriger vers des embauches imposées ?

Le Club organise des rencontres mondaines : des Dîners débats, le Forum européen de la Diversité, le « Young Mediterranean Leaders Forum », les Trophées XXI de la Diversité… Le Pacte du XXIe siècle est un projet politique qui regroupe les propositions du Club et doit être soumis aux différents candidats à la présidentielle du printemps prochain. Les auteurs veulent obtenir leurs engagements publics à promouvoir la diversité… Ce qui ressemble fortement aux marchandages de certains lobbies. On note un activisme semblable auprès du Medef.

Actuellement la présidence de la gouvernance est tenue par Haiba Ouaissi, maître de conférence de droit du travail à l’université de Rouen, auteur d’ouvrages de droit, avocat, officier de réserve ; la vice-présidente est Virginie Sassoon… Les media sont naturellement des cibles privilégiées, spécialement ceux qui touchent les masses.

Revenons à ce qui se prépare à France Télévisions. En commençant par l’annuaire. Selon les rumeurs, il se présenterait sous la forme d’une « plateforme numérique ». Ses auteurs auraient consulté le Défenseur des droits (Jacques Toubon, né en 1941, professionnel de la politique et chiraquien ; nommé Défenseur des droits par M. Hollande en 2014 !) ainsi que l’Observatoire de la diversité du CSA (une vingtaine de personnes triées sur le volet, hyper-correctes. Sa présidente est Mme Mémona Hintermann-Afféjee, née en 1952, nommée au CSA par M. Hollande pour six ans en 2013. Tous exigent bien entendu « plus de diversité »). L’annuaire sera accessible aux journalistes de France Télévisions par un code. Ils pourront ainsi consulter, sur des fiches, l’énumération des compétences, des diplômes, des interventions médiatiques des personnalités retenues, consulter leurs CV. On va voir de nouveaux visages. Voilà l’essentiel. Cependant la direction a tenu à préciser : « il ne s’agit pas d’un répertoire ethnique »… De mauvais esprits en doutent. Parmi ses missions, le CSA devait veiller à la représentation de la diversité à l’écran. Mais, se désolent les vrais républicains, « sans pouvoir de sanction ». Sur ce point aussi, ça va changer. La loi « égalité et citoyenneté » (sic), a imposé une obligation : fixer des objectifs annuels « de progression ». France Télévisions a donc anticipé sur les contraintes à venir.

La gestion étatique

Depuis ses origines, la télévision a montré une capacité universelle d’influence qu’aucun Etat ne pouvait négliger. Aussi les gouvernements se sont-ils empressés d’y placer leurs personnels avec, quoi qu’ils en disent, le souci de proposer – jusqu’à la caricature – la vision calibrée du « politiquement correct ». Et ce, quel qu’en soit le prix. L’ennui c’est que l’État, qui s’est très généralement signalé par son incapacité à organiser les transports, les usines, bref des entreprises, a persisté mais ne sait pas les gérer. Pour nos républicains de choc, la propagande passe avant tout autre considération, par exemple envisager – osons le mot bourgeois – de faire des bénéfices. Avec une obstination de fourmi, la Cour des comptes lève régulièrement le voile sur ces pratiques de l’Etat qui ruineraient n’importe quel patron. Cet automne, elle a repris son écheveau en traitant de France Télévisions. Il est bon de rappeler aux contribuables quelques vérités. Sur cette entreprise, détenue à 100 % par l’Etat, la Cour des comptes a repris des reproches anciens sur tout ou presque : en octobre dernier, se sont confirmés les mauvais résultats d’audience du « vaisseau amiral » (sic), France 2 : 12,5 % d’audience, le pire mois de toute son histoire. Seule France 5 tire son épingle du jeu avec des émissions très « grand public » et des documentaires. Bref, sur la politique éditoriale des chaînes, sur la gestion des ressources humaines, sur le secteur de l’information, mais aussi sur le « manque de rationalisation du réseau régional de France 3 » ou le « pilotage économique » et la dégradation de la situation financière, la Cour des comptes s’est montrée très sévère. Il me faut traduire les élégantes litotes des magistrats.

Le « pilotage » de l’entreprise est déjà un peu spécial puisqu’elle présente un chiffre d’affaires de l’ordre de 3 milliards d’euros… dont 2,5 milliards proviennent de la seule redevance audiovisuelle. Elle a des comptes à rendre aux Français.

La télévision sous contrôle
Delphine Ernotte. Le PDG de France Télévisions a imposé la mise en place de la nouvelle chaîne FranceInfo (en continu) sans tenir compte des conseils de prudence des spécialistes qui envisagent à présent un gros risque financier.

Parmi les 23 recommandations des magistrats, il faut souligner la sixième qui souhaite que soit examiné de près « le contenu des postes occupés par les salariés les mieux rémunérés de l’entreprise ». L’évaluation, jugée « indispensable », concerne quelque 550 salariés percevant une rémunération supérieure « à 8 000 euros brut par mois ». Dans le détail, 547 salariés ont touché en 2015 plus de 96 000 euros annuels bruts (120 000 euros annuels bruts pour 191 d’entre eux). Le coût total des rémunérations supérieures à 96 000 euros annuels bruts s’élève à 69,6 millions d’euros. Il a ainsi été démontré que l’audiovisuel public rémunère ces salariés les mieux payés au niveau de ceux du privé. Delphine Ernotte touche en salaire et bonus, la somme mirobolante de 400 000 euros bruts par an ! Forte de ses appuis politiques, la dame a imposé la mise en place de la nouvelle chaîne FranceInfo (en continu) sans tenir compte des conseils de prudence des spécialistes qui envisagent à présent un gros risque financier.

Les magistrats ont donc des arguments pour demander à nouveau des réductions de charges. Ils les avaient déjà souhaitées… en vain : lesdites charges ont augmenté de 13 % entre 2009 et 2015. Autre exemple éloquent, prenons les « anomalies » de la gestion des ressources humaines. Il faut savoir que ladite gestion s’appuyait sur la conclusion de l’accord collectif signé en 2013. Avec l’argent des contribuables, il est aisé de se montrer grand seigneur. Quoi qu’il en soit, les magistrats ont critiqué la gestion en dénonçant des « pratiques contestables ». C’est qu’ils ont scruté de près les taux d’encadrement à France Télévisions : dans les personnels techniques et administratifs (PTA), ils étaient en 2014 de l’ordre de 79 % (4746 sur 6013 permanents). Pour les journalistes, qui déjà sont des professionnels – ou devraient l’être pour se faire recruter – on retrouve un semblable souci : en 2015, ils étaient 26 % affectés à des fonctions d’encadrement et de coordination, par rapport aux journalistes affectés aux reportages et aux commentaires de l’information.

C’est encore plus caricatural chez les rédacteurs : les cadres atteignent les 40 % dans les directions de l’information, avec 149 rédacteurs en chef ou rédacteurs en chef-adjoint. Ce dont s’étonnent les enquêteurs de la Cour. Selon les chiffres de 2014, on comptait à France Télévisions 10 131 salariés dont 6013 personnels PTA et 2641 journalistes. Soit le même nombre qu’il y a six ans et malgré deux plans sociaux 6. Les cadres représentaient exactement 62,77 % des effectifs. Comment ne pas s’étonner un peu avec les magistrats de la CDC en constatant un point de détail : « il y a trois fois plus de cadres chez France Télévisions que dans les entreprises françaises » ?

La multiplication des émissions « correctes » ne parvient toutefois pas à combler les trous financiers qui se maintiennent. Les enquêteurs ont rappelé que le « déficit d’exploitation » était de 30,1 millions d’euros. Ils parlent joliment d’une « trésorerie négative » (depuis 2015) et considèrent ce point comme « très significatif » et signe de « fragilités structurelles ». Même pour un François Hollande la chose devrait être évidente. Pour rester objectifs, il nous faut reconnaître que l’Etat a de lourdes responsabilités dans cette situation. Depuis 2012, il n’a pas honoré les dotations auxquelles il s’était engagé. Selon la formule connue : « C’est pas cher, c’est l’Etat qui paie ».

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