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La déclaration de guerre de Trump

Publié le par Felli Bernard

La déclaration de guerre de Trump


Par Paul Craig Roberts – Le 22 janvier 2017 – Source Strategic Culture

Le bref discours inaugural du président Trump était une déclaration de guerre à l’ensemble de l’establishment de la gouvernance américain. En totalité.

Trump a fait très clairement comprendre que les ennemis de l’Amérique sont ici, à domicile : les mondialistes, les économistes libéraux, les néoconservateurs et autres unilatéralistes accoutumés à imposer les États-Unis au monde et à nous impliquer dans des guerres coûteuses et sans fin, les politiciens qui servent davantage l’establishment dirigeant que le peuple américain, en fait, tout le sommet des intérêts privés qui ont fait couler l’Amérique tout en s’enrichissant dans le processus.

Pour dire la vérité, le président Trump a déclaré une guerre bien plus dangereuse pour lui-même que s’il l’avait déclarée à la Russie et à la Chine.

Les groupes d’intérêts désignés par Trump comme l’Ennemi sont bien ancrés et habitués à assumer des responsabilités. Leurs puissants réseaux sont toujours en place. Bien qu’il ait une majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, la plupart de ceux qui siègent au Congrès sont responsables devant les groupes d’intérêts qui financent leurs campagnes et non envers le peuple américain ou le président. Le complexe militaro-industriel, les grandes entreprises délocalisées, Wall Street et les banques ne vont pas rouler pour Trump. Ni les médias prostitués, qui sont la propriété des groupes d’intérêts dont Trump défie le pouvoir.

Trump a dit clairement qu’il représente tous les Américains, noirs, bruns et blancs. Il y a peu de doute que sa déclaration en faveur de l’inclusion sera ignorée par ceux qui le haïssent à gauche, qui continueront à le traiter de raciste exactement comme les manifestants payés 50 dollars de l’heure le font au moment où j’écris.

En effet, les dirigeants noirs, par exemple, sont culturellement imprégnés du rôle de victime auquel il leur sera difficile d’échapper. Comment rassembler des gens qui leur vie durant ont appris que les Blancs sont racistes et qu’ils sont les victimes des racistes ?

Est-ce faisable ? J’ai brièvement participé à une émission de Press TV dans laquelle nous étions censés analyser le discours inaugural de Trump. L’autre commentateur était un Américain noir à Washington DC. Le discours d’inclusion de Trump ne lui a fait aucune impression, et l’animateur de l’émission ne s’intéressait qu’à montrer les manifestants embauchés comme une manière de discréditer l’Amérique. Tant de gens ont un intérêt économique à parler au nom des victimes que l’inclusion leur fait perdre des emplois et des causes à défendre.

Ainsi, en plus des globalistes, de la CIA, des grandes entreprises qui délocalisent, de l’industrie de l’armement, des pontes de l’OTAN en Europe et des politiciens étrangers accoutumés à être bien payés pour soutenir la politique étrangère interventionniste de Washington, Trump aura contre lui les leaders des personnes victimisées, les Noirs, les Hispaniques, les féministes, les sans-papiers, les homosexuels et les transgenres. Cette longue liste, évidemment, comprend également les progressistes blancs, puisqu’ils sont convaincus que le territoire de l’Amérique est l’habitat de racistes blancs, misogynes, homophobes et de maniaques des armes à feu. En ce qui les concerne, ces 84% du territoire des États-Unis devraient être mis en quarantaine ou enterrés.

Autrement dit, restera-t-il suffisamment de bon dans la population pour permettre à un président d’unir les 16% de personnes haïssant l’Amérique avec les 84% de celles qui l’aiment ?

Considérez les forces que Trump a contre lui.

Les dirigeants noirs et hispaniques ont besoin de victimisation parce que c’est ce qui les fait accéder au pouvoir et au revenu. Ils regarderont d’un mauvais œil la position inclusive de Trump. L’inclusion est bonne pour les Noirs et les Hispaniques, mais pas pour leurs chefs [autoproclamés, NdT].

Les patrons et les actionnaires des grandes entreprises mondiales se sont enrichis avec les emplois délocalisés que Trump dit vouloir ramener dans le pays. Si les emplois reviennent, leurs profits, leurs primes de rendement et leurs gains en capital s’en iront. Mais la sécurité économique de la population américaine reviendra.

Le complexe militaro-industriel a un budget annuel de 1 000 milliards de dollars qui dépend de la « menace russe » dont Trump dit qu’il va la remplacer par des relations normalisées. L’assassinat de Trump ne peut pas être exclu.

De nombreux Européens doivent leur prestige, leur pouvoir et leurs revenus à l’OTAN, que Trump a remise en question.

Les bénéfices du secteur financier proviennent presque entièrement du service de la dette des Américains et du pillage de leurs pensions de retraite privées et publiques. Le secteur financier, avec son agent, la Réserve fédérale, peut écraser Trump sous une crise financière. La Banque de la Réserve fédérale de New York a un guichet commercial complet. Elle peut jeter n’importe quel marché dans la tourmente. Ou soutenir n’importe quel marché, parce qu’il n’y a aucune limite à sa capacité de créer des dollars américains.

Tout l’édifice politique des États-Unis s’est isolé de la volonté, des désirs et des besoins du peuple. Aujourd’hui, Trump dit que les politiciens seront responsables devant lui. Cela signifierait, bien sûr, une réduction importante de la sécurité dans leurs fonctions ainsi que de leurs revenus et leur richesse.

Il existe un grand nombre de groupes financés par on-ne-sait-qui. Par exemple, Roots Action a répondu aujourd’hui à l’engagement énergique de Trump de défendre tout le monde contre l’establishment au pouvoir par « une demande au Congrès de diriger la Commission juridique de la Chambre vers l’ouverture d’une enquête de mise en accusation » et d’envoyer de l’argent pour la destitution de Trump.

Un autre groupe haineux, Droits de l’homme d’abord, attaque la défense de nos frontières par Trump comme fermant « un refuge d’espoir pour ceux qui fuient la persécution ». Réfléchissez une minute. Selon la gauche progressiste libérale et les organisations des groupes d’intérêts raciaux, les États-Unis sont une société raciste et le président Trump est un raciste. Pourtant, les personnes soumises au racisme américain fuiraient les persécutions en se réfugiant en Amérique où elles seront persécutées en raison de leur race ? C’est absurde. Les personnes en situation illégale viennent ici pour travailler. Demandez aux entreprises du bâtiment. Demandez aux abattoirs de poulet et d’autres animaux. Demandez aux services de nettoyage des zones de villégiature.

Cette liste de ceux à qui Trump a déclaré la guerre est assez longue, bien que d’autres puissent y être ajoutés.

Nous devrions nous demander pourquoi un milliardaire de 70 ans, dont les affaires sont prospères, qui a une femme superbe et des enfants intelligents, est prêt à consacrer ses dernières années à l’énorme pression que représente le fait d’être président et au programme stressant consistant à remettre le gouvernement aux mains du peuple américain. Indubitablement, Trump a fait de lui-même une cible pour son assassinat. La CIA ne va pas renoncer et s’en aller. Pourquoi une personne prendrait-elle sur elle la grande restauration que Trump a déclarée alors qu’elle pourrait passer les années qui lui restent à jouir pleinement de la vie ?

Quelle qu’en soit la raison, nous devrions lui être reconnaissants et s’il est sincère, nous devons le soutenir. S’il est assassiné, nous devrons prendre nos armes, incendier Langley et les tuer tous.

S’il réussit, il méritera le qualificatif de Trump le Grand !

La Russie, la Chine, l’Iran, le Venezuela, l’Équateur, la Bolivie et tous les autres pays sur la liste des victimes de la CIA devraient comprendre que l’ascension de Trump est une protection insuffisante. La CIA est une organisation mondiale. Ses activités rentables lui assurent des revenus indépendants du budget des États-Unis. L’organisation est capable d’entreprendre des opérations indépendamment du président ou même de son propre directeur.

La CIA a eu quelque 70 ans pour prendre racine. Elle n’a pas disparu.

Paul Craig Roberts

Article original paru sur paulcraigroberts.org

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