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La génération « French Tech » de retour en force à Las Vegas

Publié le par Felli Bernard

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La génération « French Tech » de retour en force à Las Vegas

 

 

Près de 300 entreprises françaises seront cette année au CES, le salon de l’électronique de Vegas du 5 au 8 janvier.

En multipliant les participations, la France a su faire émerger une génération de jeunes entreprises innovantes qui la placent dans le peloton de tête des pays européens.

La French Tech présente l’an dernier à Las Vegas.
/ Christophe Pelletier/ Mission French Tech

Du 5 au 8 janvier, près de 300 entreprises françaises se sont lancée à nouveau à l’assaut du salon de Las Vegas, aux États-Unis. Ce grand rendez-vous mondial de l’électronique Sur place, les Français recevront les encouragements du ministre de l’économie Michel Sapin et du candidat des Républicains à l’élection présidentielle, François Fillon.

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Depuis quatre ans, les jeunes pousses françaises conduisent une offensive concertée lors de ce Salon pour tenter de se tailler une part de marché face à la concurrence du monde entier. Elles sont regroupées derrière l’emblème de la « French Tech », une action du ministère de l’économie.

La mission « French Tech » encourage ces jeunes entreprises à partir et les incite à s’identifier comme venant de l’Hexagone. C’est l’un des moyens employés pour redonner des couleurs à l’électronique française.

Heasy, un petit robot destiné à accueillir les clients en magasin

Parmi les nouveaux partants, cette année, on trouve par exemple Max Vallet, un Lyonnais qui a conçu Heasy, un petit robot destiné à accueillir les clients en magasin. « Nous allons au CES pour trouver des partenaires, afin de lancer la fabrication industrielle », explique-t-il.

> À lire : Les Français de la Silicon Valley forment un puissant réseau

On trouve aussi Najette Fellache qui a créé à Nantes Speach.me, un logiciel qui permet de fabriquer facilement des tutoriels à mettre en ligne. Elle a décroché de prestigieux clients, comme Nissan ou Air Liquide et vit depuis au rythme d’une croissance de 150 % par an. « Cela va vite, mais jamais assez », dit-elle. Elle fera le voyage pour trouver de nouveaux clients américains.

Certaines de ces jeunes pousses sont soutenues par les régions. D’autres sont amenées sur place par de grandes entreprises, comme La Poste ou Engie.

Une génération « French tech »

Quelles sont les retombées de cette action ? « D’une année sur l’autre, la moitié des entreprises françaises ne reviennent pas », constate Olivier Ezratty, un consultant qui connaît parfaitement le salon. Il fait un constat : « Ce qui manque à la France, ce sont de grosses entreprises qui serviraient de locomotives. En revanche, la créativité des jeunes entrepreneurs français est réelle ».

> A lire aussi : Microsoft : la « French Tech » a le vent en poupe

Au fil des ans, il s’est formé une génération « French tech » qui a gagné en visibilité dans l’univers très concurrentiel du numérique. Quelques champions sont même parvenus à émerger, comme Netatmo, spécialiste de domotique. Cette année, il présentera à Las Vegas un détecteur de fumée connecté, fabriqué en Savoie, ainsi que des partenariats avec Velux ou Legrand.

« Grâce à la mission French Tech, le regard de l’administration sur les petites entreprises technologiques a changé », explique Fred Potter, le créateur de Netatmo. « Avant, nous étions vus comme des va-nu-pieds. Maintenant, tous les ingénieurs veulent venir travailler chez nous ».

Trois grosses levées de fonds à plus de 100 millions d’euros

Tous les entrepreneurs français du numérique n’ont pas le même succès. Viadeo, qui se voulait un concurrent du réseau social professionnel LinkedIn, vient de jeter l’éponge et a été racheté par Le Figaro. Withings, pionnier français de la montre connectée, s’est vendu à Nokia.

> A relire aussi : La « French Tech » à la conquête de l’Amérique

Mais au fil des ans, des entreprises françaises montent en puissance et connaissent même une forte croissance. C’est par exemple le cas de 10-vins, le sommelier électronique, de Hydrao, qui fait une douche connectée, ou de Lima, la bibliothèque numérique à domicile.

Ce dynamisme se voit dans le financement. L’an dernier, la France a connu trois grosses levées de fonds à plus de 100 millions d’euros en faveur d’entreprises technologiques au bénéfice de Devialet, Deezer et Sigfox.

Ouverture à Paris de la « Station F »

La totalité des fonds investis en capital-risque au troisième trimestre 2016 a représenté en France 820 millions d’euros, soit quasiment la même chose qu’en Grande-Bretagne et bien plus qu’en Allemagne. L’an dernier, les montants investis outre-Manche étaient huit fois plus élevés. Mais les courbes sont en train de s’inverser.

En 2017, Paris devrait ouvrir la « Station F ». Cet incubateur, financé par le patron de Free, Xavier Niel, s’annonce comme le plus grand du monde, capable de donner asile à plus d’un millier de jeunes entreprises innovantes. La France veut y voir le symbole d’un changement, un signe de son virage vers l’économie numérique et que Paris peut prétendre au titre de capitale européenne de l’innovation technologique, devant Londres.

Alain Guillemoles

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