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Pourquoi les drones Reaper sont indispensables à la France

Publié le par Felli Bernard

Pourquoi les drones Reaper sont indispensables à la France

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Les Reaper français remplissent des missions de surveillance, de reconnaissance et de désignation d'objectifs dans cette zone géographique depuis la base de Niamey au Niger.
Les Reaper français remplissent des missions de surveillance, de reconnaissance et de désignation d'objectifs dans cette zone géographique depuis la base de Niamey au Niger. (Crédits : ministère de la Défense)
La France a commandé un quatrième système de drones MALE Reaper et parallèlement a reçu le deuxième lot de drones américains fin décembre. Un matériel qui est devenu indispensable à l'armée française.

La Direction générale de l'armement (DGA) a commandé début décembre un quatrième système de drones MALE (moyenne altitude, longue endurance) de type Reaper. Sa livraison interviendra en 2019 conformément à la Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, qui prévoyait que l'armée de l'air disposerait en 2019 de quatre systèmes complets, comprenant chacun trois drones. Leur acquisition est réalisée selon la procédure FMS (Foreign Military Sale) auprès de l'US Air Force. "La commande de ce quatrième système de drones Reaper permet donc de répondre aux objectifs de cette LPM", a assuré mardi un communiqué du ministère de la Défense. Le troisième système avait été commandé en décembre 2015.

"En ce qui concerne les drones, nous avons toujours en perspective quatorze vecteurs Patroller - système de drone tactique - et douze Reaper. Le dernier Reaper sera livré avant la fin de la LPM, dans un standard moderne permettant de voler facilement sur la France", avait affirmé en octobre 2016 à l'Assemblée nationale le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon.

Les deux premiers systèmes ont été commandés pour des raisons d'urgence opérationnelle au standard Block 1. À terme, il est prévu que l'ensemble du parc soit au standard Block 5, avec un retrofit des deux premiers systèmes livrés. Ainsi l'actualisation de la LPM a programmé au titre des adaptations opérationnelles urgentes, l'acquisition d'une charge ROEM (Renseignement électromagnétique) adaptable sur Reaper. "Pouvoir corréler le ROEM et le renseignement image est très important", avait estimé en octobre 2015 Laurent Collet-Billon.

Un système d'arme performant

Fabriqué par le constructeur américain General Atomics, le drone MALE Reaper, qui succède aux Harfang, dits intérimaires (SIDM), a fait la preuve d'excellentes performances en termes de qualité de détection et d'identification, de qualité d'image, de disponibilité technique, de vitesse ou d'autonomie, gage d'une plus grande présence sur zone, selon le ministère de la Défense. "L'achat en urgence de drones Reaper a permis de combler une lacune capacitaire de nos armées et, en particulier, de faire face aux besoins liés à la conduite des opérations dans la bande sahélo-saharienne", avait expliqué en décembre 2015 le ministère de la Défense.

Après presque deux ans d'emploi par l'armée française, il présentait fin décembre 2015 "un bilan opérationnel très positif' et répondait "à l'accroissement du besoin de surveillance de la bande sahélo-saharienne". Le premier système, livré en décembre 2013, est utilisé "de manière intensive dans la bande sahélo-saharienne dans le cadre des opérations en cours", avait expliqué en décembre 2015 un communiqué du ministère de la Défense. "Il s'agit en effet d'une des capacités clés dans la bande sahélo-saharienne, de sorte que la demande en heures de vol augmente : celles-ci ont doublé en l'espace d'un an", avait constaté en octobre 2015 à l'Assemblée nationale le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général André Lanata.

Au 31 mai 2016, le système Reaper avait réalisé de l'ordre de 10.000 heures de vol depuis sa mise en service, en présentant une excellente disponibilité. Ainsi, le taux de disponibilité des drones Reaper s'élevait à 86,30% en 2014 et 86,40% en 2015. "Les opérations menées confirment les meilleures performances opérationnelles de ce système par rapport à celles du SIDM, notamment sur le plan de la durée de mission utile sur zone, du fait d'une vitesse de vol plus élevée et d'une plus grande autonomie et de la précision des capteurs", a souligné le député Les Républicains, Christophe Guilloteau dans son avis sur le projet de loi de finances pour 2017.

Livraison du deuxième système Reaper fin décembre

Le deuxième système a quant à lui été réceptionné par la DGA. Deux drones ont été livrés le 31 décembre à Niamey. Le troisième drone rejoindra prochainement la base aérienne de Cognac où il sera utilisé notamment pour l'entraînement des personnels de l'escadron 1/33 Belfort, qui met en œuvre les drones MALE. En parallèle, une capacité de simulation doit être livrée mi-2017 à Cognac. "Elle permettra de disposer de l'autonomie de formation nécessaire à la montée en puissance de cette capacité indispensable aux opérations", avait expliqué en octobre 2016 à l'Assemblée nationale le général André Lanata.

"En fin d'année, sur le plan capacitaire, nous attendons la livraison d'un deuxième système Reaper, composé de trois appareils, avec un vecteur et deux stations au sol à Cognac et deux vecteurs à Niamey, avait également souligné le général André Lanata. Je reste attentif à la commande du quatrième d'ici la fin de l'année si nous voulons tenir les objectifs de la LPM. Les livraisons associées sont prévues en 2019".

Dès l'arrivée du deuxième système de drones Reaper, l'armée de l'air et la DGA conduiront une campagne d'essais "pour valider l'aérotransport du système Reaper à bord des avions de transport de l'armée de l'air, principalement l'A400M, ainsi que les conditions techniques de son utilisation dans l'environnement électromagnétique de la base de Cognac et du territoire métropolitain", a précisé mardi le ministère de la Défense.

Le Reaper, le drone à tout faire

Depuis l'arrivée du drone Reaper au sein de l'armée française, cette dernière ne peut  plus vraiment s'en passer. Notamment les forces spéciales. Elles "consomment 80 % des heures de potentiel Reaper et le besoin ne cesse de croître. (...) Depuis 2013, où les capacités en la matière se résumaient à deux systèmes de drone MALE Harfang largement utilisés en Afghanistan, un saut considérable a été accompli avec l'entrée en service du MQ9 Reaper", a précisé en juin 2016 à l'Assemblée nationale le commandant des opérations spéciales, le général Grégoire de Saint-Quentin.

"En plus d'être des outils de cohérence interarmées, ces moyens constituent de véritables démultiplicateurs d'efficacité et une technologie de rupture en opération", avait constaté le commandant des forces spéciales.

Le drone tactique Patroller, en arrivant en opération fin 2018, début 2019, permettra "de soulager le Reaper qui est un drone MALE de surveillance et non pas un drone tactique d'appui direct aux opérations, avait expliqué en février 2016 à l'Assemblée nationale le directeur de la Section technique de l'armée de terre, le général Charles Beaudouin. Le Reaper fait les deux en ce moment car c'est le seul drone sur les théâtres d'opération. Ce n'est pas forcément le travail du Reaper, si tant est que l'on dispose d'un drone tactique sur le théâtre d'opération".

Le drone Male, un outil essentiel dans les conflits

Les drones MALE sont des outils essentiels dans les zones de conflit moderne, offrant une capacité majeure en termes de connaissance et d'anticipation. Ils sont capables d'assurer des missions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de désignation d'objectifs en opérant, grâce à leur endurance, sur de larges zones, à grandes distances et sur de longues durées. Ce type de drone "doit surveiller toutes les frontières, les grands espaces, et il vole pendant très longtemps, avait confirmé le général Charles Beaudouin. Le Reaper a donc de beaux jours devant lui à moins de projeter le système de drone tactique intérimaire (SDTI)". Actuellement, les Reaper français remplissent des missions de surveillance, de reconnaissance et de désignation d'objectifs dans la zone sahélo-saharienne depuis la base de Niamey au Niger.

"Les opérations récentes ont largement démontré l'intérêt pour la France de disposer de drones de renseignement pour conduire ses missions, protéger ses militaires, les aider à contrôler de vastes espaces et parer d'éventuelles attaques ennemies", avait expliqué en décembre 2015 le ministère de la Défense.

Selon le ministère de la Défense en réponse en décembre 2015 à une question du député Les républicains François Cornut-Gentille, l'armée de l'air peut conduire des opérations de manière autonome et n'a pas à solliciter d'autorisation pour les faire décoller ni à fournir d'informations sur les lieux survolés. "A ce jour, l'assistance de techniciens américains est seulement nécessaire pour les phases de décollage, d'atterrissage, ainsi que pour la maintenance des Reaper. Cet appui technique se réduit au fur et à mesure de la mise en formation d'équipages français au sein de l'United States Air Force, et a vocation à totalement disparaître", avait précisé le ministè

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