Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

INFORMATION, DÉSINFORMATION ET DÉLATION : STOP !

Publié le par Felli Bernard

INFORMATION, DÉSINFORMATION ET DÉLATION : STOP ! – Jean Daspry.
« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Une fois encore, cet adage sur l’air de la calomnie n’a pas pris la moindre ride. Nous en avons une nouvelle illustration avec le Penelopegate et toutes les révélations connexes sur les dérives, les turpitudes de nos parlementaires, toutes opinions confondues. Sans se prononcer sur la réalité des faits dont la Justice est saisie, présomption d’innocence oblige, nous pourrons nous interroger sur certaines pratiques détestables des médias dans cette affaire, pratiques que tout citoyen, attaché à la défense des libertés publiques, devrait condamner, si ce n’est devrait s’y opposer avec la plus grande fermeté lorsque l’affaire tourne au lynchage médiatique. Il s’agit, selon nous, d’une bataille pour les principes dans un État de droit digne de ce nom et non d’un simple cas individuel contre certaines turpitudes inacceptables des médias. Les médias s’imposent, aujourd’hui, comme un insupportable tribunal médiatique, condamnant un citoyen avant tout jugement en violation patente de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme qui garantit à tout citoyen (innocent ou coupable sans la moindre distinction) le « droit à un procès équitable », en particulier la présomption d’innocence, un principe sacro-saint de notre droit. C’est la meute qui se déchaine, la curée, la mise au mort du présumé coupable en toute impunité. C’est la condamnation avant tout jugement digne d’un État totalitaire. Qui sont les journalistes pour s’autoriser à se transformer en procureurs, en Saint-Just ? Quelle autorité impartiale les a-t-elle investis d’une telle mission ? Ce sujet a déjà été évoqué sur ce site dans le cas de Bernard Squarcini, il y a quelques semaines1. Tout change pour que rien ne change, en somme dans notre pays. Un vieux classique du genre. Les médias se transforment brusquement en tribunal moral, jugeant ce qui serait moral et ce qui ne le serait pas, et cela en un temps record2. Une fois encore, de quel droit ? Selon quels critères ? Existerait-il un code moral comme un code civil, un code pénal ? Par qui aurait-il été rédigé ? Quel en serait le contenu connu de tous et avalisé par tous ? Où commence et où finit la morale dans notre pays ? Où se situe la limite entre loi, morale, déontologie, éthique ? Le retour à l’ordre moral ferait-il un « happy come back » en France ? Va-t-on en revenir à l’ordre moral de Vichy3 qui réprimait les infractions telles que l’adultère, l’abandon de famille, l’homosexualité, la prostitution, l’avortement, l’alcoolisme… ? Un peu d’humilité tout de même. Que celui qui n’a jamais pêché, lui jette la première pierre. Tout ce qui est excessif est insignifiant, nous rappelle à l’occasion Talleyrand. Il serait temps de savoir raison garder, d’en revenir à un minimum de sérénité. Les médias pratiquent le faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais. S’il est aisé de jouer le rôle de grand inquisiteur, d’accusateur public à l’abri de tous les reproches, il l’est moins de se retrouver soi-même dans la position de l’accusé. Nous en avons un exemple criant avec le directeur du site de délation en ligne Médiapart, Edwy Plenel. Grand donneur de leçons de morale à la terre entière, ce monsieur n’aime pas voir retourner les armes qu’il utilise contre lui. Il pousse des cris d’orfraie en découvrant que les partisans de François Fillon mettent sur la place publique les petits arrangements de sa fille Eve avec la Mairie de Paris. Ce sont tout de suite les grands (gros) mots chez cet ancien trotskyste reconverti en bobo : calomnie, crapulerie, fachosphère, ignominie…4 Tout vocabulaire qui prend une dimension particulière sous sa plume. C’est de bonne guerre. La meilleure défense, lorsqu’on est mal traité, n’est-elle pas l’attaque ? « Rumeur, le plus vieux média du monde » (Jean-François Revel). Une fois encore, les citoyens français vont-ils prendre la juste mesure de ce totalitarisme médiatique qui menace nos libertés publiques ? Vont-ils apprendre à raisonner comme des hommes au lieu de raisonner comme des tambours ? Vont-ils comprendre que toute personne attaquée – justement ou injustement – par les médias qui se trouvent automatiquement en position de force – possède le droit sacré de s’en prendre aux médias quoi qu’en pense le Monde qui crie immédiatement au populisme ?5 Si les citoyens veulent véritablement prendre en main leur destinée, ils ont le choix et devaient dire de manière unanime : information, désinformation, délation : stop !



1 Guillaume Berlat, Lynchage médiatique de Bernard Squarcini : ça suffit !, www.prochetmoyen-orient.ch , 5 décembre 2016.
2 David Lisnard (propos recueillis par Jérôme Cordelier), « Ce n’est pas aux médias de porter une sentence morale », www.LePoint.fr , 8 décembre 2017.
3 Marc Boninchi, Vichy et l’ordre moral, PUF, 2005.
4 Edwy Plenel, Une calomnie doublée d’une crapulerie, www.mediapart.fr , Les carnets libres d’Edwy Plenel, 9 février 2017.
5 Alexandre Lemarié, Le discours antimédias au cœur de la riposte du candidat de la droite, Le Monde, 12-13 février 2017, p. 7.

Commenter cet article