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SYRAK. Les forces de mobilisation populaires d'Irak bientôt en Syrie

Publié le par Felli Bernard

 

samedi 18 février 2017

SYRAK. Les forces de mobilisation populaires d'Irak bientôt en Syrie

 
 
 
Récemment, il y a eu des spéculations sur le déploiement possible des forces de mobilisation populaire (PMF) de l'Irak en Syrie pour lutter contre les terroristes dans le pays voisin.
 
 
Les Hachd al-Chaabi, (en arabe الحشد الشعبي, « Les Unités de mobilisation populaire » et en anglais Popular Mobilization Forces (PMU)) est une coalition paramilitaire de milices en majorité chiites formée en 2014 pendant la deuxième guerre civile irakienne.
Le 13 juin 2014, trois jours après la chute de Mossoul, l'ayatollah Ali al-Sistani appelle au djihad contre l'État islamique, des milliers de volontaires rejoignent alors les milices chiites.
Image illustrative de l'article Hachd al-Chaabi
Début 2015, les effectifs des Hachd al-Chaabi sont estimés entre 60 000 et 90 000 hommes. Fin 2016, elles revendiquent 142 000 combattants mais n'en compteraient que 6 000. Les Hachd al-Chaabi regroupent 60 à 70 milices, si certaines d'entre-elles sont sunnites ou chrétiennes, la grande majorité sont des brigades chiites soutenues par l'Iran
Selon l’Agence de presse AhlulBayt
 
Récemment, il y a eu des spéculations sur le déploiement possible des forces de mobilisation publique (Public Mobilization Forces ou PMF en arabe al-Hashd al-Shaabi,) de l'Irak en Syrie pour lutter contre les terroristes dans le pays voisin.
 
La question a dressé les cheveux sur la tête des fonctionnaires de la Maison Blanche. Parce que si le gouvernement syrien appelle officiellement l'Irak à envoyer les PMF en Syrie pour lutter contre le terrorisme, le gouvernement irakien et le parlement seront très probablement d'accord. Dans ce cas, l'expérience irakienne réussie de la présence des forces populaires dans la bataille contre les terroristes sera répétée en Syrie, menant à un renforcement du front antiterroriste dans le pays frappé par la crise.
"Après la libération de Mossoul, les forces irakiennes volontaires sont prêtes à se rendre en Syrie", a déclaré Ahmad al-Assadi, porte-parole du PMF, en commentant la question.
La dépendance de la sécurité de l'Irak à l'égard des développements syriens et des récentes victoires militaires syriennes sur les terroristes a motivé les forces irakiennes populaires à annoncer leur disponibilité à entrer dans la crise syrienne si nécessaire.
 
Mettre en avant la question poussera probablement le gouvernement de Bagdad à donner au PMF l'autorisation légale nécessaire pour déployer des forces en Syrie.
 
L'Irak lutte contre le groupe terroriste ISIS depuis plus de 30 mois, une bataille qui a détruit les villes et les infrastructures du pays, déplacé des millions de personnes et tué des milliers de citoyens irakiens.

En ce qui concerne les considérables avances conjointes de l'armée et du PMF contre les terroristes, les dirigeants irakiens ne sont pas intéressés à voir la résurgence de l'idéologie ISIS dans le pays dans un proche avenir. À cette fin, le terrorisme devrait être anéanti en Syrie aussi. Par conséquent, en dépit de l'appel lancé par le président américain au Premier ministre irakien Haider al-Abadi pour éviter l'envoi de PMF en Syrie dans une conversation téléphonique entre les deux dirigeants, Bagdad va déployer des forces populaires en Syrie si le gouvernement syrien le demande.
Mais pourquoi les États-Unis font-ils part de leurs inquiétudes quant à la présence des forces irakiennes populaires en Syrie?
Tout d'abord, les forces de mobilisation populaire formées après une fatwa par le grand Ayatollah Sayyed Ali al-Sistani dans le but d'empêcher ISIS de progresser vers la capitale Bagdad et les provinces du sud du pays.
 
Répondant à cet appel, les chiites, les sunnites, les chrétiens, les Turkmènes, les Shabaks et les gens d'autres groupes ethniques ont formé une force commune, appelée Hashd al Shaabi ou des Forces de Mobilisation Publiques, pour la défense de leurs territoires. Ces forces populaires, armées d'armes légères, ont commencé leur devoir dans al-Taji, un district rural au nord de Bagdad, sous la direction de l'ancien Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, qui était aussi le commandant en chef. En battant ISIS à al-Taji, PMF a lancé des opérations contre le groupe terroriste à Samarra, Salahuddin et al-Anbar. Comme le PMF a montré ses capacités dans la guerre contre le terrorisme, le parlement du pays a reconnu comme une «force militaire régulière» tout comme les autres forces militaires en Irak. La reconnaissance signifiait que le PMF continuerait à vivre même après la libération complète de tous les territoires irakiens de l'emprise du terrorisme. Or, l'organisation armée peut agir en tant que force de protection de la souveraineté.
Faleh al-Fayaaz, chef du PMF et conseiller pour la sécurité nationale du pays, a déclaré plus tôt que "suite à la reprise de Tal Afar, Hashd al-Shaabi et d'autres forces militaires irakiennes seront chargés de contrôler l'Irak et lesfrontières syriennes ".
Si le PMF n'avait pas été formé, les développements irakiens auraient pu avoir lieu différemment, peut-être avec ISIS occupant Bagdad et d'autres provinces du sud.
Malgré l'accent mis par le Premier ministre al-Abadi sur l'évitement de la participation de Bagdad aux développements régionaux et internationaux, il est très probable que le PMF entrera en Syrie uniquement pour protéger la sécurité irakienne contre tout gain potentiel d'ISIS.
 
Mais de l'autre côté, Washington, Riyad et Tel Aviv craignent que ce scénario puisse être très dangereux pour leurs buts et leurs projets dans la région car ils savent que la base de la formation de la force était une fatwa chiite. PMF, comme la population de l'Irak sont à majorité chiites. En outre, selon la loi irakienne, cette force populaire n'est pas sous le commandement du ministère de la Défense et n'est soutenue logistiquement que par le ministère. Aux yeux des États-Unis et de leurs alliés, cette question à côté de la composition principalement chiite du PMF accorde aux chiites d'Irak une puissance militaire considérable, leur permettant d'influencer le futur politique de l'Irak.
Hannibal GENSERIC

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