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Sondages, sondeurs et « post-vérité »

Publié le par Felli Bernard

Sondages, sondeurs et « post-vérité »

Les élections présidentielles en France

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Désormais on en a le cœur net : la mécanique des sondages favorisant infailliblement le camp de l’ordo libéralisme a été enfin déjouée. L’astuce a été dénichée par des Internautes attentifs : les veilleurs du Web ! Le petit jeu est terminé ; c’est la fin de la récréation fasciste d’un monde ayant confisqué à son seul profit tous les moyens de contrôle pour se livrer à la manipulation des peuples abusés dans tous les sens du terme ! Le petit jeu des sondages au service exclusif du triomphe d’un ultra libéralisme dominant le monde, pour un avenir éternel et radieux, est terminé!

Macron, Lepen, Fillon et Cie, c’est terminé! Le seul choix possible entre un candidat formaté à droite ou formaté à gauche pour les intérêts de la même et unique secte utilisant ses masques appropriés en fonction des conjonctures électorales, c’est terminé ! Coup de théâtre dans le monde de l’oligarchie aux abois. Quelque chose lui échappe et c’est de la faute des « réseaux sociaux » qui ont squeezé tout le système de filtrage si soigneusement mis en place depuis au moins l’origine de la République française s’étant consciencieusement abstenue de révolutionner la matrice théocratique, pontificaliste du droit.

C’est fondamentalement la matrice théocratique, pontificaliste du droit qui, en France, empêche radicalement un avènement souhaitable de la démocratie. La France, même depuis la Révolution de 1789, n’a jamais été démocratique : faute d’avoir réalisé cette réforme déterminante des principes fondateurs du droit. La Constitution ne touche pas à cette matrice et c’est là qu’est la faille de l’incohérence lorsqu’on tient par ailleurs le discours politique se référant constamment à la démocratie.

Le projet d’une sixième République à travers la convocation d’une Assemblée Constituante, proposée par Jean Luc Mélenchon dans cette campagne électorale 2017, est certainement ce qu’il y a de plus urgent, de plus nécessaire et de plus fondamental au milieu de tout ce qu’il faut réformer en faveur du peuple souverain dans la France de ce 21ème siècle déjà bien engagé.

A partir de cette Assemblée Constituante, il serait enfin possible d’imaginer une réforme réelle de cette matrice pontificaliste théocratique du droit afin que le citoyen de ce pays ne soit plus confronté d’office à un Etat qui, par le tour de passe-passe d’une laïcité inscrite dans la Constitution, est devenu le Pontife de la société laïque.

C’est également ce qui permettrait efficacement de mettre fin à la monarchie républicaine qui a tout bonnement remplacé la Monarchie de droit divin de « l’Ancien Régime ».

Si l’Etat est le Pontife de la société laïque, alors la Constitution présente de la France ne peut que réclamer une « croyance » de la part des citoyens et non pas une conscience libre et démocratique. Le respect, (actuellement fortement remis en cause), pour l’Etat et la soumission des citoyens à ses Institutions se fait, encore aujourd’hui, non pas à partir du désir démocratique, mais  implicitement, à partir d’une croyance en une « innocence » de l’Etat Pontife qui n’hésite d’ailleurs pas à s’attribuer le rôle divin de la Providence. Le désir des citoyens a été remplacé par l’adhésion en une croyance, celle de « l’innocence » du Pouvoir n’ayant pas son fondement dans la volonté démocratique mais dans un concept théocratique…

Revenons maintenant aux sondages.

Nous avons constaté que la supercherie des sondages en général a été mise en lumière à partir d’un sondage en particulier qui avait été publié dans le Figaro du 8 mars 2017 et qui a attiré l’attention de certains Internautes ayant relevé une manipulation évidente par les détails de l’URL.

Ce sondage posait la question : « Etes-vous favorable à la sortie de l’euro ? »

Une majorité de personnes, c’est-à-dire plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient voté en faveur d’une sortie de l’euro. Mais curieusement, avant la publication du sondage concerné, la question avait été tout bonnement modifiée, bien entendu, sans recommencer le sondage, mais en conservant les dizaines de milliers de réponses qui avaient été données à la toute première question!

Cette fois-ci l’énoncé de l’enquête était mystérieusement devenue : « Craignez-vous les conséquences d’une sortie de l’euro ? » En ces termes, le sens du vote était complétement retourné et voulait dire en réalité exactement l’inverse de ce que les réponses à la première question avaient confirmé.

Il va de soi que les auteurs pariaient sur le fait que personne n’irait fourrer son nez dans le détail de l’URL ! Or, celui-ci contient toujours les mots de la première question posée, tout simplement parce que lorsqu’une page est créée sur Internet, le CMS propose automatiquement un nom qui va refléter le titre de la page nécessaire à garantir une sécurité sur la validité de la page…

Cet URL inchangé était bien :

http://www.lefigaro.fr/actualites/2017/03/08/01001-20170308QCMWWW00200-etes-vous-favorable-a-la-sortie-de-l-euro.php

Pourquoi les auteurs de cette manipulation du sondage n’ont-ils pas pris la précaution de changer également l’URL ?

Parce que, dans ce cas, pour l’ensemble des réseaux sociaux et des gens qui ont voté sur ces réseaux, il aurait été question d’un nouveau sondage, autre, tout à fait différent du premier. La référence au premier sondage aurait également été conservée par les Internautes qui ont répondu au sondage. Les différents moteurs de recherche auraient automatiquement procédé de même. Il était donc indispensable pour le Figaro au service de la cause ultra libérale, de conserver la même URL en espérant que personne ne remarquerait la manipulation!

La conclusion qui s’impose, c’est que les médias entre les mains de nos 10 milliardaires néo-conservateurs et ultra libéraux, ont la possibilité d’altérer après coup des données déterminantes concernant des sondages et l’opinion publique. Ces médias, bien entendu, ne prennent jamais le risque de signer numériquement les contenus publiés. C’est pourquoi il est impossible de les attaquer en justice, parce que les contenus publiés sont « répudiables », n’étant pas signés numériquement.

Seule, la vigilance des Internautes peut faire obstacle et anéantir efficacement cette manipulation exécrable pratiquée par des médias sans scrupules… Les réactions et témoignages écrits sur les pages elles-mêmes constituent le seul moyen de contrer le mensonge en rétablissant la vérité.

L’autre conclusion qu’il est possible de tirer de cette observation, c’est que la vérité objective des faits en soi n’est nullement le souci des grands médias de masse. Désormais il faut parler de la « post-vérité », comme d’un concept absolument légitime et  moralement défendable par les médias au service d’une idéologie totalitaire.

Selon Wikipédia, l’ère post-factuelle représente « une culture au sein de laquelle les leaders orientent les débats vers l’émotion en usant abondamment d’éléments de langage et en ignorant ou en faisant mine d’ignorer les faits et la nécessité d’y soumettre leur argumentation, cela à des fins électorales ».

Le concept est né en 2004, pour les besoins de la « cause », mais une panique s’est emparée des médias « officiels » à l’occasion de l’élection du Hongrois Viktor Orban, du référendum qui a provoqué le Brexit et de l’élection Trump aux USA. Il fallait d’urgence passer à la « post-vérité » pour continuer à contrôler la situation…

Internet avec les réseaux sociaux étaient évidemment mis en accusation et des « Hackers du Kremlin » devenaient les « manipulateurs » en chefs de la situation mondiale virant au cauchemar pour la pensée néo-conservatrice! C’est un comble, mais on n’en est plus à une désinvolture près !

Ainsi, chacun peut comprendre à quel point l’avis du peuple, ou les opinions « populaires » sont partout niées le plus possible ; pourquoi « les décisions sur la construction de l’Union Européenne doivent être prises sans l’avis des peuples » ; pourquoi la démocratie est un cauchemar pour les puissances du monde financier qui veulent régner sans risque et sans partage sur les peuples mis au seul service de leurs profits exorbitants !

Chacun pourra également comprendre comment un Emmanuel Macron, le messie adulé par l’ensemble des médias néoconservateurs, peut miraculeusement se retrouver quasi en tête de tous les sondages de la présidentielle 2017 avec Marine Lepen, cette dernière étant placée volontairement en haut de la liste pour bien signifier à tous le danger contre lequel seul Monsieur Macron peut de facto triompher…

Les sondages disent très ouvertement et depuis le début, qu’il faudra donc se replier massivement sur Macron, comme on s’était replié massivement sur Chirac, pour empêcher Lepen d’accéder à l’Elysée.

Les mêmes sondages s’appliquent à mettre inlassablement Mélenchon, en cinquième position, alors que nous savons par ailleurs le succès colossal de sa campagne et la mobilisation citoyenne massive qu’elle a suscitée. De toute évidence, les chiffres sont fantaisistes, manipulés, truqués, pipés et les Instituts de sondage sont réduits à nous demander de leur faire confiance. C’est dire que nous sommes tous placés dans le monde de la « croyance ». Nous devons « croire » en ce que nous disent les sondages, les sondeurs et cette caste des prédateurs de l’ordo libéralisme qui tient tellement à rester le maître dominateur incontestable et incontesté de ce Nouvel Ordre Mondial.

Un sage disait : « qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ; des yeux pour voir, qu’il voie ; une intelligence pour comprendre, qu’il comprenne ! »

A chacun de tirer les conclusions qui s’imposent à la raison et à la conscience…

Jean-Yves Jézéquel

 

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