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La filière nucléaire accélère sa transformation numérique

Publié le par Felli Bernard

04.04.2017

La filière nucléaire accélère sa transformation numérique

La filière numérique accélère sa transformation numérique.jpg
Par Boris Le Ngoc (SFEN)

Réunis au MK2 Bibliothèque à Paris, les dirigeants de la filière nucléaire ont annoncé leur ambition d’engager leur industrie dans la transformation numérique. Comme pour d’autres secteurs, cette mue doit permettre de renforcer la compétitivité et favoriser l'innovation de l'industrie nucléaire.

Renforcer la compétitivité

« Par rapport à d'autres secteurs industriels qui sont aussi dans des enjeux de compétitivité, de timing, de respect des engagements très forts, dans notre activité nucléaire, nous avons sans doute pris un petit peu de retard » reconnaît Xavier Ursat, Directeur en charge des projets « nouveau nucléaire » d’EDF. Retard qui pourrait constituer une opportunité en permettant aux entreprises du secteur de bénéficier du retour d’expérience d’autres industries.

A l’instar du programme « Deliver the Nuclear Promise » lancé par l’industrie américaine pour réduire de 30 % les coûts des nouveaux projets nucléaires, la filière française souhaite s’appuyer sur les technologies numériques pour améliorer sa compétitivité.

Pour le vice-président de la SFEN, « La transformation numérique est un des leviers fondamentaux » pour gagner en compétitivité et assurer une meilleure coopération au sein de l'industrie française, la troisième filière industrielle nationale avec 2 500 entreprises et 220 000 salariés.

Favoriser la créativité et l’innovation

« Nous adoptons des briques technologiques numériques issues du grand public aux contraintes du monde industriel nucléaire. Ces nouvelles technologies sont « industry agnostic » (…) et peuvent nous permettre d’accélérer nos cycles d’innovation. » explique Phillippe Knoche, Directeur général de New AREVA, entreprise spécialisée dans les activités du cycle du combustible.

Dès 2011, AREVA a engagé un programme de transformation digitale et a défini une roadmap technologique. « Cela a permis d’engager de nouveaux développement et de transformer les métiers » indique le second vice-président de la SFEN.

Pour le CEA, premier organisme de recherche déposant de brevets, le digital permettra d’accélérer les temps d’innovation. « La mise en place de plateformes collaboratives pour accélérer l’innovation ou assurer la continuité numérique des données utilisées pour un projet. C’est un aspect organisationnel qu’il ne faut pas minimiser surtout lorsque de nombreux acteurs interviennent dans un projet complexe et qu’il faut assurer une parfaite gestion des interfaces. » analyse François Gauché, Directeur de l’énergie nucléaire au CEA.

Pour Bernard Fontana, Directeur général délégué d’AREVA NP, entreprise chargé de la conception de réacteurs et des services associés : « Si la filière veut tirer le maximum de bénéfice de cette transformation, cela nécessitera un décloisonnement des organisations pour que les différents acteurs puissent s’interfacer facilement. Nous devons tirer profit du retour d’expérience d’industries comme l’aéronautique qui montre que l’on peut fluidifier les échanges tout en tenant compte des enjeux de sécurité ou de propriété intellectuelle ».

Gérer la donnée

« Tout l’enjeu consiste à recueillir et collecter efficacement les données au cœur des installations, les transporter et les acheminer en tenant compte des contraintes de sécurité et de confidentialité, les traiter et les analyser, visualiser les résultats pour être en mesure de prendre les meilleures décisions au moment opportun. Objectif : maximiser l’utilisation des actifs, optimiser les coûts de production et protéger les opérateurs. » explique Philippe Knoche.

Le directeur général du New AREVA précise que des solutions d’analyse de données sont déjà en vigueur dans les usines de La Hague, Malvési et du Tricastin. Pour aller vers davantage de maintenance prédictive et faciliter la prise de décision des opérateurs, l’entreprise envisage d’utiliser les technologies de l’intelligence artificielle.

La collecte et la gestion des données permettront également de réduire et d’optimiser les coûts de maintenance grâce à la maintenance prédictive et préventive, estiment Xavier Ursat et Bernard Fontana. Dans le cadre du programme Grand carénage, EDF travaille à la généralisation de jumeaux numériques pour faciliter la maintenance et réduire les arrêts de ses réacteurs nucléaires.

« Ces jumeaux numériques permettront de comparer les paramètres de fonctionnement calculés à ceux relevés par divers capteurs ou instruments de mesure, et ceci, pendant tous les cycles de vie de l’installation. On pourra alors faire véritablement de la maintenance prédictive et optimiser les performances du parc nucléaire » ajoute François Gauché.

Crédit photo : Andrew McLeish

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