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Candidat à l’ambassade américaine à Bruxelles, Ted Malloch veut «dompter» l’UE

Publié le par Felli Bernard

Candidat à l’ambassade américaine à Bruxelles, Ted Malloch veut «dompter» l’UE

Ted Malloch veut être le prochain ambassadeur américain auprès de l’UE. Il estime  que tout pays quittant l’UE bénéficiera de meilleures relations avec les États-Unis.

Ted Malloch, professeur de sciences politiques, a indiqué vouloir être le prochain ambassadeur américain auprès de l’UE parce « qu’il pourrait y avoir de l’action » à Bruxelles. Le professeur avait déjà créé la polémique au début de l’année en estimant lors d’une interview à la télévision britannique que l’Union européenne devrait être « domptée », comme l’Union soviétique.

Donald Trump dans la capitale européenne doit faire sa première visite à la capitale européenne le 24 mai. Le président américain commencera par rencontrer le Premier ministre belge, Charles Michel, avant de s’entretenir avec des représentants de la Commission, Jean-Claude Juncker, président de la Commission, et Donald Tusk, président du Conseil, le lendemain. Également au programme, un déjeuner avec Emmanuel Macron et une réunion avec les chefs d’États des 27 autres membres de l’OTAN.

Les tensions entre l’administration Trump et l’UE se sont intensifiées ces derniers mois. Avant son élection, Donald Trump s’était déjà attiré les foudres de Bruxelles en encourageant le Brexit.

Les équipes de Trump ne croient pas à la survie de l'UE

Des proches du président élu Trump ont demandé à des représentants européens quels pays allaient quitter l’UE après le Royaume-Uni, révèle l’ambassadeur américain sortant auprès de l’UE.

Depuis janvier, plusieurs commissaires européens se sont rendus à Washington pour tenter d’adoucir la relation entre les deux partenaires. Trois responsables importants de l’administration Trump se sont également déplacés à Bruxelles, sans jamais mentionner que l’union devrait s’effondrer.

Cependant, si l’exécutif européen croit Ted Malloch, qui assure être l’un des principaux candidats pour le poste d’ambassadeur auprès de l’UE, ses déclarations ont de quoi inquiéter.

Le professeur de sciences politiques a assuré aux journalistes à Bruxelles le 22 mai, qu’il partageait certaines des opinions les plus controversées de Donald Trump. Il connait le nouveau président depuis 20 ans et a travaillé pour lui lors de la campagne électorale. Après la victoire de son candidat, Ted Malloch s’est vanté d’avoir donné à la Maison-Blanche une longue liste des postes qu’il voulait occuper. Ambassadeur auprès de l’UE figurait en bonne place dans cette liste.

Pourtant, il n’a pas rencontré le président en tête-à-tête et celui-ci n’a pas commenté publiquement le projet de sa nomination en tant qu’ambassadeur. Le poste est vacant depuis le 20 janvier, date à laquelle Anthony Gardner, l’ambassadeur nommé par Barack Obama, a quitté son poste.

Si Donald Trump le choisit, il devra se soumettre à de longues vérifications administratives. Or, selon le Financial Times, le candidat aurait dissimulé des millions de dollars aux autorités fiscales, afin de se déclarer en banqueroute. Une accusation récusée par le principal intéressé, qui dit envisager des poursuites judiciaires.

Quand il est apparu que Ted Malloch était candidat pour reprendre l’ambassade bruxelloise, plusieurs eurodéputés ont écrit à Jean-Claude Juncker pour lui demander de lutter contre cette nomination.

Le Parlement boude le potentiel ambassadeur américain

Les trois plus grands groupes « pro-européens » au Parlement européen, le PPE, le S&D et l’ALDE ne veulent pas de l’ambassadeur proposé par les États-Unis.

Selon le candidat, ces plaintes ont eu l’effet opposé, parce que le Département d’État et le président ne veulent pas s’entendre dicter leur conduite par les Européens. Il se targue d’avoir à présent encore plus de chances d’être choisi.

Pourtant, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk pourraient drastiquement limiter le rôle d’un ambassadeur auquel ils sont opposés, en lui bloquant notamment l’accès aux institutions européennes.

Propos polémiques

Lors de son discours du 23 mai, Ted Malloch a estimé que le Brexit était une bonne chose pour le Royaume-Uni, que l’accord du TTIP ne serait probablement jamais finalisé et que l’UE a tort de tenter de coopérer davantage sur la défense.

Selon lui, il serait bénéfique que des référendums sur l’Europe soient organisés dans d’autres États membres et que les électeurs choisissent « leur propre Brexit ». L’équipe de transition de Donald Trump avait demandé à son prédécesseur, Anthony Gardner, quels pays européens seraient les prochains à suivre l’exemple britannique.

Juncker menace Trump de soutenir l'indépendance du Texas

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avertit Donald Trump qu’il soutiendra le « Texit », l’indépendance du Texas, si le président américain continue d’afficher son soutien pour le Brexit.

Ted Malloch maintient quant à lui que les pays qui quittent l’union s’assureraient « immédiatement » de meilleures relations commerciales avec les États-Unis. Il assure pouvoir « presque garantir » que les États-Unis mettraient en place un accord bilatéral avec le Royaume-Uni dès sa sortie de l’UE.

Il qualifie par ailleurs le TTIP d’accord multilatéral, faisant écho aux déclarations de Donald Trump selon lesquelles il préfèrerait traiter avec chaque État européen de manière individuelle qu’avec l’UE dans son ensemble.

« Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’engagement au niveau européen, mais il y en aura plus vis-à-vis des États membres », a-t-il précisé.

Lorsque les journalistes lui ont demandé si l’administration Trump se différencierait surtout de l’ère Obama par un style irréfléchi, Ted Malloch a martelé que la différence de style n’était rien comparé aux autres différences à venir.

« Le président Obama était un mondialiste, il croyait en la préférence des institutions multilatérales. Je ne pense pas que [l’administration Trump] continuera dans la même voie. En réalité, les choses ont drastiquement changé », a-t-il assuré à Euractiv.

Le candidat à l’ambassade a ensuite décrié les « journalistes de gauche » qui ont selon lui complètement inventé toutes ces histoires liant le camp Trump à la Russie, notamment lors de la campagne électorale. Il n’a que brièvement répondu aux questions sur la Russie, indiquant que les sanctions en place devraient continuer à être appliquées.

Mogherini tend la main à Washington

La chef de la diplomatie européenne se rendra à Washington à la fin de la semaine pour « identifier des terrains d’entente » avec la nouvelle administration, suite à une série de désaccords entre le président américain, Donald Trump, et l’Europe.

 

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