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Dix ans à peine après la dernière crise financière, les banques remettent le couvert

Publié le par Felli Bernard

Dix ans à peine après la dernière crise financière, les banques remettent le couvert


Tyler Durden's picturePar Tyler Durden – Le 5 août 2017 – Source ZeroHedge via Jesse’s Cafe Americain blog

Apparemment, les banques ont exercé un lobbying pesant et dépensé beaucoup d’argent, s’appuyant sur les membres du Congrès et pressant les régulateurs, en disant que leurs normes de fonds propres doivent être assouplies afin de pouvoir accorder plus de prêts pour stimuler la croissance économique.

 

Mais, selon le vice-président de la FDIC, c’est totalement absurde.

Hoenig, qui était un fonctionnaire de haut rang à la Réserve fédérale  pendant la crise [de 2008], a mis en garde le président de la Commission bancaire sénatoriale, Mike Crapo, et le Démocrate éminent de la même Commission, Sherrod Brown, « contre l’affaiblissement des exigences actuelles de fonds propres en permettant aux plus grandes banques d'augmenter l'effet de levier sur leurs positions déjà fortement endettées. »

En utilisant les données publiques pour analyser les dix plus grandes holding bancaires, Hoenig a constaté qu'elles allaient distribuer plus de 100 % des bénéfices de l'année en cours aux investisseurs, ce qui aurait pu soutenir des prêts nouveaux à hauteur de $537 milliards.
Sur une base annualisée, ils répartiront 99% du revenu net, a-t-il ajouté.

Il a aussi noté  que si les banques s'abstenaient de racheter leurs actions, pour un montant total de $83 milliards, alors, selon les règles actuelles en matière de fonds propres, elles pourraient stimuler les crédits au commerce et à la consommation jusqu'à $741,5 milliards.

« Bien que la distribution de tous les revenus d'aujourd'hui aux actionnaires puisse être bien accueillie à court terme, elle peut miner leurs rendements futurs et affaiblir les perspectives de croissance pour l'ensemble de l'économie », a-t-il écrit.

- Reuters,Payouts, not capital requirements, to blame for fewer bank loans: FDIC vice chairman

Les banques dépensent un montant substantiel de leur revenu actuel dans la distribution de dividendes aux actionnaires et dans les grands programmes de rachat d’actions [en savoir plus] visant à faire monter les cours.

Le tableau ci-dessus montre, dans la troisième colonne, les ratios quasiment choquants de bénéfices distribués ou utilisés pour le rachat d’actions [par rapport au bénéfice total] pratiqués par certaines banques.

Dans la cinquième colonne, on trouve une estimation du montant de prêts supplémentaires que les banques auraient pu octroyer en respectant les exigences de fonds propres actuelles, si elles n’avaient pas dépensé leurs bénéfices dans le rachat de leurs propres actions.

Étant donné que les gestionnaires de la banque sont personnellement récompensés sur le prix de l’action de leur établissement par des primes et des stock-options, la cause est entendue.

La réforme des banques a été insuffisante. Les prêts et les services bancaires de base fonctionneraient mieux en tant que fourniture de service [au consommateur], avec des niveaux de risques beaucoup plus réduits.

Les services de base de la banque, y compris les prêts et les dépôts, ne devraient pas être un sous-produit, ou une couverture, pour la spéculation et les paris avec l’argent des déposants, ce qui avait conduit à la dernière crise financière qui a mis l’économie mondiale à genoux.

Ce problème avait été réglé par le Glass-Steagall Act [loi de 1933], qui a très bien fonctionné, en gardant le système bancaire en bonne santé, pour l’essentiel,  pendant près de soixante-dix ans, jusqu’à ce qu’il soit abrogé sous l’administration Clinton en collaboration avec un Congrès trop disposé à sacrifier les intérêts de ses électeurs à la haute finance.

« Si, parfois, le dévouement passionné de Andrew Jackson à la cause du citoyen moyen apportait un zèle étonnant à ses pensées, à son discours et à ses actions, les gens ne l'aimaient que davantage. Ils se sont rendu compte de l'intensité des attaques de ses ennemis, ceux qui, poussés par leur pouvoir et leur position, le poursuivaient d'une haine implacable. Les bénéficiaires des abus auxquels il a mis fin l'ont poursuivi avec toute la violence que les passions politiques peuvent engendrer. Mais les gens de son temps ne s'y sont pas trompés. Ils l'ont aimé pour les ennemis qu'il s'était faits.

Soutenu non seulement par son parti, mais par des milliers de gens qui appartenaient à d'autres partis ou sans aucun parti, Andrew Jackson était obligé de lutter pas à pas sur le chemin des idéaux et des politiques de la République démocratique, ce qui était son but.

Une proportion écrasante du pouvoir économique de la Nation lui était hostile. Les grands médias de diffusion de l'information et de formatage de l'opinion publique l'ont combattu. L'intellectualisme dangereux et stérile s'est opposé à lui. La réaction moisie l'a désapprouvé. Le traditionalisme creux et dépassé pointait vers lui un doigt tremblant. Il semblait parfois que tous étaient contre lui, sauf le peuple des États-Unis.

Parce que l'histoire se répète si souvent, permettez-moi d'analyser davantage. Andrew Jackson se distingue dans le siècle et demi de notre histoire indépendante, non seulement parce qu'il était un dur à cuire, non seulement parce qu'il a lutté pour les droits du peuple, mais parce que, grâce à sa carrière, il a fait plus que n'importe quel homme de notre histoire pour augmenter, chez les électeurs, la connaissance des problèmes publics et l'intérêt pour leur solution. Conformément aux principes fondamentaux de Jefferson, il a adhéré à la large philosophie selon laquelle les décisions prises par la moyenne des électeurs seraient plus durables et utiles à la Nation que les décisions prises par de petits segments de l'électorat représentant des classes minoritaires ou spécialisées dotées des grands avantages du pouvoir social ou économique.

Jackson, comme Jefferson, face à la grave difficulté de révéler les faits à l'électorat, aux électeurs dans leur ensemble, a été contraint de combattre les épithètes, les généralités, la fausse représentation et la négation des faits en demandant à ses partisans et même à tous les citoyens de constituer eux-mêmes des comités informels dans le but de récolter les faits et de les diffuser auprès de leurs amis, leurs associés et leurs collègues. »

Franklin D. Roosevelt, Jackson Day Dinner Address, Washington, DC, 8 janvier 1936.

Entre parenthèses, je trouve significatif que l’actuelle élite des ploutocrates du Parti démocrate ne veuille rien entendre des politiques de Jackson ou de Roosevelt.

Je pense que les raisons en sont évidentes. Je voudrais croire qu’ils sont simplement dans l’erreur. Mais il est clair qu’ils servent les maîtres qu’ils aiment le plus. En ce qui concerne les républicains, ils trahissent depuis longtemps leurs origines et sont devenus les serviteurs du Big Business et semblent décourager tous les espoirs de réformes.

Jesse's Café Américain

Traduit par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone.