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Chronique de la France en déclin...

Publié le par bernard felli

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Chronique de la France en déclin

Publié le par Felli Bernard

Chronique de la France en déclin

Publié le 30 avril 2014 par le front anti-Hollande

L'excellent billet du journaliste chroniqueur du Figaro Ivan Rioufol el magnifico.

Texte rédigé par Ivan Rioufol

La France en déclin se prépare bel et bien à devenir un grand parc d’attraction. Illustration ce lundi matin avec la présence, à l’aéroport de Roissy, de Laurent Fabius dans le rôle d’hôtesse d’accueil de touristes chinois en provenance de Pékin. "Bienvenue en France !", a répété le ministre des Affaires étrangères, flanqué du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Que le chef de la diplomatie, poste prestigieux s’il en est, abaisse ainsi sa fonction au rang d’aimable promoteur du tourisme et du commerce extérieur, secteurs qui ont intégré le quai d’Orsay lors du nouveau remaniement, illustre le peu d’ambition de la France hollandiste. Tandis que beaucoup de pays se réarment et qu’une guerre se profile en Ukraine, aux portes de l’Europe, voici donc la voix de la France à l'étranger qui se préoccupe de l’accueil dans les aéroports, du coût des taxis et qui déclare à ce propos être "très séduit par l’idée d’une couleur unique". Le ministre des Affaires étrangères souhaite faire rester les touristes "plus longtemps afin qu’ils dépensent plus", en les incitant, entre autres, à "aller dans d’autres régions" que Paris. Fabius n’a évidemment pas tort quand il remarque : "Il y a actuellement un milliard de touristes chaque année dans le monde, il y en aura deux milliards en 2030. Il faut que la France en capte une partie". Reste que ces préoccupations boutiquières illustrent le lent déclassement de la cinquième puissance mondiale. Elle ne décroche pas seulement dans les classements éducatifs, mais aussi industriels. La mise en vente partielle d’Alstom en est un résultat.

Des esprits fins moquent l’Eglise catholique qui, dimanche à Rome devant 800.000 fidèles, a canonisé Jean-Paul II et Jean XXIII sur la foi de leurs miracles. Mais ces mêmes ricaneurs ne trouvent rien à redire aux tours de magie du clergé socialiste qui promet la re-croissance (2,25%) dès 2016 et qui s’exonère du coup des réformes structurelles pour faire des économies. Les "additions dynamiques" de Michel Sapin n’ont pourtant rien à envier à la multiplication des pains. Cependant, si l’Eglise est dans son rôle quand elle invite à prendre de la hauteur, le gouvernement s’égare à vouloir demeurer sur son nuage. Le pacte de responsabilité et de solidarité, revu et corrigé ce lundi par Manuel Valls pour tenter d’amadouer sa gauche, ne pourra répondre au surendettement du pays, qui oblige à changer de modèle économique. Et ce ne sont pas les habituelles imprécations d’Arnaud Montebourg qui remettront l’argent qui manque dans le capital d’Alstom, contraint d’aller chercher aux Etats-Unis, auprès de General Electric, le partenaire idéal. Ce que subit ce fleuron industriel français, après bien d’autres, est la conséquence d’une incapacité de l’Etat à accepter franchement la liberté économique et le capitalisme. Sur ce sujet comme sur les autres, les lanceurs d’alerte ont toujours été qualifiés de "déclinistes" par les idéologues. Si rien ne change, ils pourront se recycler en gardiens de musée.

QUAND L’EXPRESS AFFABULE : Dans un portrait consacré à l’avocat Gilles-William Goldnadel, L’Express de cette semaine affirme, sous la signature de Tugdual Denis, que j’ai organisé un "repas" afin de présenter Goldnadel, qui est en effet de mes amis, à Paul-Marie Coûteaux, décrit par l’hebdomadaire comme "l’entremetteur germanopratin de la droite dure" et l’"allié électoral de Marine Le Pen". Une élémentaire vérification du journaliste aurait permis d’éviter cette fausse information, car je n’ai jamais, ni de près ni de loin, contribué à rapprocher ces deux personnalités. Le rôle d’entremetteur ne fait d’ailleurs pas partie de mon répertoire. Ces fictions vaguement complotistes sont minables.

Publié dans France, Socialistes

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Entretien avec Edward Snowden ....

Publié le par bernard felli

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Entretien avec Edward Snowden .

Publié le par Felli Bernard

Entretien avec Edward Snowden

J’attends toujours un signe de la Maison-Blanche…

Informaticien

Ancien employé de la CIA et de la NSA

Editos récents

Le 29 avril 2014

Entretien réalisé par Hubert Seipel

Comment vous, Edward Snowden, jeune homme d’Elizabeth City en Caroline du Nord, en êtes-vous arrivé, à 30 ans, à occuper une place aussi stratégique ?

C’est une question à laquelle il est très difficile de répondre. Globalement, je dirais que c’est le danger de confier des missions de l’État au privé. Autrefois, j’ai travaillé pour la CIA (Central Intelligence Agency). Mais j’ai plus souvent travaillé dans le privé. Vous avez des entreprises privées qui se substituent à l’État pour exécuter des tâches telles que l’espionnage, la surveillance, la pénétration de systèmes étrangers. Toute entreprise privée capable d’effectuer de telles tâches reçoit une habilitation de l’État pour les exécuter, parfois même sans que ce dernier ne la supervise.

Si nous résumons, vous avez travaillé pour les Forces spéciales, la CIA et la NSA : pas vraiment la description d’un militant des droit de l’homme et encore moins d’un « lanceur d’alerte ». Que vous est-il arrivé ?

Quelle que soit l’implication d’un individu dans un État, sa fidélité à cet État et ses convictions sur les causes défendues par cet État (ce qui a été mon cas avec la guerre en Irak), il fait sa propre expérience. Il découvre par lui-même la différence entre un État intègre et un État voyou. Pour moi, il est clair qu’une ligne a été franchie.

Vous avez travaillé pour la NSA par le biais d’un entrepreneur privé, Booz Allen Hamilton, l’un des grands du secteur. Quel est l’intérêt, pour le gouvernement américain ou la CIA, de travailler avec le privé et sous-traiter une mission essentielle de l’État ?

La sous-traitance de la sécurité nationale aux États-Unis est un sujet complexe. D’un coté, il faut limiter le nombre d’employés directs du gouvernement et de l’autre s’assurer du maintien des lobbies d’entreprises telles que Booz Allen Hamilton auprès du Congrès. Le problème, c’est que vous vous trouvez dans une situation où les politiques du gouvernement sont influencées par les entreprises privées dont les intérêts n’ont absolument rien à voir avec l’intérêt général. Il en résulte, chez Booz Allen Hamilton par exemple, que de simples particuliers ont accès aux données du gouvernement et sont capables de faire sortir des millions et des millions de documents à n’importe quel moment. Il n’y a aucune responsabilité, aucune surveillance, aucune vérification. Le gouvernement ne sait même pas qui ils sont.

Finalement, vous vous retrouvez en Russie. Beaucoup de services de renseignement vous suspectent d’avoir négocié votre asile politique en Russie contre des renseignements secrets.

Le chef de l’équipe spéciale chargée de mon dossier a récemment dit en décembre que, dans son enquête, il n’avait découvert aucune preuve, aucune indication démontrant que j’avais été aidé à l’extérieur. J’ai travaillé seul. Je n’ai pas eu besoin d’aide. Je n’ai aucun lien avec les gouvernements étrangers et je suis encore moins un espion pour la Russie ou la Chine ou pour tout autre pays. Si je suis un traître, qui ai-je trahi ? J’ai donné toutes les informations au peuple américain, aux journalistes américains qui enquêtent sur ces questions. S’ils voient cela comme une trahison, je pense vraiment que les gens on besoin de se demander qui sont ceux qui travaillent réellement pour eux. Le peuple est censé être leur patron et non leur ennemi.

L’espionnage de la NSA a pour conséquence que des pays tels que l’Allemagne entendent créer des réseaux Internet nationaux pour forcer les sociétés du Net à conserver leurs données dans leurs propres pays…

Ce ne va pas arrêter la NSA qui va là où sont les données. Si la NSA peut pirater des messages sur les réseaux de télécommunications chinois, elle peut probablement réussir à récupérer des messages d’un Facebook localisé en Allemagne. Finalement, la solution n’est pas de confiner le tout dans un espace clos, même si, ce faisant, cela relèverait le niveau de complexité et de sophistication de la collecte d’informations. Il est plus simple de sécuriser les informations internationalement contre tout le monde, plutôt que de s’amuser à « allons déplacer des données ». Le déplacement des données n’est pas une solution au problème. C’est leur sécurisation qui en est un.

Le New York Times vous a récemment consaré un très long article titré : « La révélation d’Edward Snowden ». Je cite : « Le public a appris en détail comment l’agence a élargi son mandat et a abusé de son pouvoir. » Et le New York Times termine par : « Le président Obama devrait demander à ses attachés de mettre fin à la diffamation envers monsieur Snowden et l’inviter à retourner au pays. » Avez-vous reçu un appel de la Maison-Blanche ?

Je n’ai jamais reçu aucun appel de la Maison-Blanche et je n’attends pas près du téléphone. Mais j’apprécierais le moment où l’on pourrait discuter de ce sujet et que l’on pourrait s’accorder sur un compromis. Il y a des moment ou l’on distingue ce qui est légal de ce qui est légitime.

Le président Obama semble actuellement ne pas en être convaincu puisqu’il vous accuse de trois crimes. Il a déclaré : « Si vous croyez que ce que vous avez fait est juste, vous devriez revenir en Amérique et comparaître devant un tribunal avec un avocat pour plaider votre cas. » Est-ce une solution ?

C’est intéressant, car il parle de trois crimes. Ce qu’il ne dit pas, c’est que les crimes dont il m’accuse ne m’autorisent pas à me défendre en public pour convaincre un jury que tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour le public. L’accusation d’espionnage (qui tombe sous le coup d’une loi de 1917) ne tient pas. Cette loi a été votée contre les personnes qui vendent des documents secrets à des pays étrangers qui font sauter les ponts ou détruisent les moyens de communication, pas pour poursuivre les sources journalistiques, les personnes qui procurent aux journaux des informations pour le bien commun…

Source – Traduction : Manuel Dorne & Alain Bacquey

Edward Snowden

Edward Snowden

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Nouveau système national de paiement en Russie:...

Publié le par bernard felli

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Nouveau système national de paiement en Russie: Visa et MasterCard commencent à trembler

Publié le par Felli Bernard

Nouveau système national de paiement en Russie: Visa et MasterCard commencent à trembler

From bestofactus.blogspot.fr - April 28, 9:19 PM

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Nouveau système national de paiement en Russie: Visa et MasterCard commencent à trembler

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Moscou développera ses relations avec l'UE malgré les désaccords sur l'Ukraine

Publié le par Felli Bernard

Moscou développera ses relations avec l'UE malgré les désaccords sur l'Ukraine

Ministère russe des Affaires étrangères

18:20 29/04/2014

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Les désaccords sur l'Ukraine ne signifient pas que la Russie renonce à développer le partenariat avec l'UE, selon un rapport mis en ligne mardi sur le site du ministère russe des Affaires étrangères.

"Malgré les divergences notables avec l'Union européenne concernant les approches et les évaluations de la situation en Ukraine, la Russie souhaite toujours coopérer avec Bruxelles en vue de porter les relations bilatérales au niveau d'un véritable partenariat stratégique", lit-on dans le rapport.

"Un accent particulier sera mis sur la coopération énergétique, y compris sur le développement des gazoducs transeuropéens Nord Stream et South Stream", indique le document.

Moscou a dans le même temps souligné que les relations entre la Russie et l'UE avaient commencé à se dégrader en 2013 suite à la politique pratiquée par Bruxelles à l'égard de certains pays de l'ex-URSS.

"Les relations entre la Russie et l'Union européenne se sont sensiblement détériorées dans la seconde moitié de l'année suite à la réalisation du programme de Partenariat oriental. Les projets d'accord d'association et de libre-échange multiforme élaborés dans le cadre de ce programme avec l'Ukraine, la Moldavie, l'Arménie et la Géorgie ont de facto placé ces pays devant le faux choix entre la Russie et l'Occident", constate le rapport.

Selon les autorités russes, "dans le contexte de la tendance manifeste de Kiev à resserrer ses liens avec l'UE, la Russie pratiquait la politique de respect de la souveraineté de l'Ukraine et de non-ingérence dans les affaires intérieures de cet Etat voisin".

"Cela dit, les autorités ukrainiennes ont été mises au courant des conséquences économiques que pourrait avoir pour les relations russo-ukrainiennes la conclusion de l'accord d'association avec l'UE dans la version proposée à la signature lors du sommet du Partenariat oriental à Vilnius", indique le rapport.

Moscou développera ses relations avec l'UE malgré les désaccords sur l'Ukraine

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La Russie crée un holding des télécommunications militaires

Publié le par Felli Bernard

La Russie crée un holding des télécommunications militaires

La Russie crée un holding des télécommunications militaires

17:00 29/04/2014

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La Russie a créé un consortium destiné à équiper l'armée de systèmes de télécommunications, de lutte radioélectronique et de gestion de combat, a annoncé mardi à Moscou le holding public russe de hautes technologies Rostec.

"Le Consortium unifié de construction d'appareils de précision réunira les consortiums Sozvezdie (systèmes de gestion de combat et de guerre électronique), Vega (radars aériens, terrestres et spatiaux), la société "Systèmes de gestion de combat" et l'Institut central d'économie, d'informatique et de systèmes de commande", a indiqué Rostec dans un communiqué.

"Le nouveau holding garantira le passage des Forces armées russes aux systèmes de télécommunications numériques, aux systèmes de gestion de combat et de guerre électronique. L'armée sera équipée d'équipements électroniques modernes à 70% d'ici 2020", lit-on dans le communiqué.

Selon Rostec, la création du consortium permettra de faire face aux attaques contre les systèmes russes de traitement et de transfert des données, de repousser les cyberattaques, de réduire les effets négatifs causés par les tentatives de fermer l'accès aux technologies de l'information pour la Russie, ainsi que par l'éviction des producteurs russes du marché des télécommunications.

Rostec détiendra 100% des parts des groupes faisant partie du nouveau consortium, ainsi que des 53 sociétés qu'ils réunissent, conformément à un décret présidentiel du 14 janvier dernier.

Alexandre Iakounine a été nommé directeur général du consortium.

La Russie crée un holding des télécommunications militaires

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Vivendi, Alstom...le gouvernement montre une fois...

Publié le par bernard felli

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Vivendi, Alstom...le gouvernement montre une fois de plus qu’il n’a aucune politique industrielle

Publié le par Felli Bernard

Vivendi, Alstom...le gouvernement montre une fois de plus qu’il n’a aucune politique industrielle

Publié le 29 avril 2014 par Jean-Marc Sylvestre

Le gouvernement accumule les revers sur sa stratégie industrielle. Sa position, constamment décrédibilisée par les acteurs majeurs de l’économie française, fait plus penser à de l’amateurisme politique qu’à la capacité de définir une ligne claire.

Hallucinant. Le détail des coulisses de ce qui s’est passé, chez Vivendi au lendemain de la vente de SFR et chez Alstom qui se prépare un mariage avec GE l’américain. Dans les deux cas le gouvernement français a administré la preuve qu’il n’avait aucune stratégie industrielle. Le ministre de l’Economie parle et vitupère mais les trains passent. Ce qui s’est passé en fin de semaine dernière est hallucinante. Le gouvernement a reçu au moins deux camouflets, violents.

Le premier camouflet est venu de chez Vivendi. Jean René Fourtou, le PDG, a fait les comptes de la vente de l’opérateur SFR à Numéricable. Avant même que l’opération soit clôturée, Vivendi va se retrouver avec un chèque de 17 milliards d’euros dont 13 milliards en cash que va lui verser Numéricable et sa holding Alice. Vivendi sait que, quoi qu’il arrive l’argent existe. Patrick Drahi dont on brocardait la légèreté a emprunté sur les marchés en 24 heures et à des taux très attractifs (5% en moyenne). Il n’était pas obligé de le faire tout de suite, il aurait pu attendre la fin de l’année au moment du closing et l’issue des formalités imposées par la direction de la concurrence mais il a voulu profiter de la conjoncture et montrer à ses partenaires qu’il n’avait aucun problème de crédibilité.

Huit jours avant, il subissait les critiques du ministre de l’Economie française qui pensait que Patrick Drahi ne trouverait pas l’argent et que de toute façon cette opération n’était pas cohérente avec une stratégie solide. La confiance des marchés lui ont administré la preuve contraire. Pour Arnaud Montebourg qui avait travaillé pour que l’opérateur soit repris par Bouygues, c’est un camouflet.

Au passage, Vivendi annonce publiquement l’arrivée de Vincent Bolloré à la présidence de Vivendi avec l’ambition de concentrer l’essentiel des ressources du groupe à la constitution d’un groupe de presse et d’information. Bref un groupe d’influence et de pouvoir autour des chaines du groupe Canal plus. Vivendi qui a vendu SFR, se retrouve avec beaucoup d’argent. Sur les 13 milliards qu’il reçoit en cash, Vivendi va en redistribuer 5 aux actionnaires pour les remercier de leur patience et de leur fidélité. Il lui restera donc une force de frappe de 8 milliards d’euros, sans compte le levier possible. Avec les 8 milliards, Vivendi peut très facilement obtenir immédiatement un prêt de 8 ou 10 milliards minimum. Ce qui double sa force d’intervention.

Vincent Bolloré pourra commencer à dégainer au début de l’année prochaine. Il a six mois pour choisir ses cibles. Pour le gouvernement c’est évidemment une mauvaise nouvelle. Il a travaillé contre ce scenario et il a perdu. Mais plus grave, en perdant la partie, Arnaud Montebourg laisse échapper dans la nature un industriel indépendant capable et doué d’influence.

Le deuxième camouflet infligé au ministre de la économie et d’ailleurs a l’ensemble de la gouvernance française aura été infligé par Alstom. Alors que tous les milieux financiers de Paris à New-York spéculent sur un éventuel rachat d’Alstom par General Electric, Alstom dément, mollement, mais les dirigeants de GE seront à Paris dimanche après-midi.

Pendant que tout s’agite autour de lui, le ministre de l’Economie annonce fièrement qu’il travaille à d’autres solutions. « Nous serons vigilant !»

Cette situation est grotesque. Les protagonistes ne sont pas des entreprises comme les autres. GE, est un immense conglomérat américain doté de moyens considérables. Alstom est un des champions du monde de la fabrication de matériel ferroviaire (les TGV et le métro) et de bateaux de croisière (chantiers de Saint-Nazaire), ainsi que l’un des trois fournisseurs d’équipement énergétique, notamment dans le nucléaire. Les liens de cette entreprise avec l’état sont très forts et quand l’état vient dire qu’il n’est pas au courant, c’est difficilement crédible ou alors les services de l’Etat sont archi-incompétents, mais pas à ce point-là.

D’autant, et on le sait depuis vendredi soir, Patrick Kron le PDG d’Alstom aurait rencontré le président de la République, le ministre de l’Économie et le Premier ministre, il y a plus de deux mois, pour les informer qu’ il était en panne de stratégie et de perspectives de développement compte tenu des indécisions en matière d’investissement dans le secteur des transports et surtout dans le secteur nucléaire.

Au gouvernement, on lui aurait simplement laissé entendre qu’on n’avait pas de solutions sauf à participer à une augmentation de capital si besoin. Promesse curieuse pour un état, qui n’a pas un sou. Ce que l’entreprise espérait, c’était un plan d’investissement industriel dans le ferroviaire et surtout dans l’énergie.

C’est à ce moment-là que l’opération de rapprochement avec General Electric aurait pris corps grâce à Clara Gaymard qui dirige l’antenne Europe de GE et qui est par ailleurs l’épouse d’Hervé Gaymard, l’ancien ministre de l’Economie sous Jacques Chirac.

Il est certains qu’un rapprochement avec General Electric pourrait permettre à Alstom d’atteindre une taille significative pour rentrer sur les marches mondiaux de l’énergie et du rail alors que la concurrence internationale devient de plus en plus sévère.

Autre facteur d’accélération, le rôle de Martin Bouygues dont le groupe est actionnaire d’Alstom a hauteur de 29,4%. Bouygues avait récupéré cette participation quand l’Etat s’était désengagé. A l’époque, c’était avant l’arrivée de Sarkozy, Bouygues rêvait de constituer un groupe gigantesque spécialisé dans l’énergie avec Alstom pour les centrales électrique et Areva pour les chaudières nucléaire et qui sait EDF. Nicolas Sarkozy n’a jamais été au bout de cette ambition. Martin Bouygues en a nourri beaucoup d’amertume, disant « qu’on était jamais aussi mal servi que par ses amis politiques ».

Aujourd’hui, il dément formellement toute opération en cours et se contente de rappeler dans un communiqué que Bouygues a toujours soutenu la stratégie d’Alstom et continuera de la faire.

En, réalité, aucun analyste ne doute que Martin Bouygues verrait d’un très bon œil toute occasion de s’alléger de sa participation Alstom et même, de tout liquider auprès de General Electric. Alstom ne rentre plus dans le cœur de la stratégie de Bouygues et la vente d’Alstom lui rapporterait au minimum 3 milliards de cash de quoi lui permettre de respirer au lendemain son échec dans la tentative de racheter SFR.

Et le gouvernement dans tout cela ? Et bien il est comme au spectacle et fait semblant d’intervenir dans le scénario. Arnaud Montebourg annonce qu’il va préparer des solutions alternatives mais il n’en a pas. Martin Bouygues qui comptait sur lui pour rafler SFR, se vengerait aujourd’hui en laissant partir Alstom que ça n étonnerait personne ? D’autant que ça l’arrange, il va retrouver du cash. Beaucoup. Or le cash c’est le nerf de la guerre.

Le gouvernement n’a aucune munition, aucune stratégie industrielle, il se préoccupe a peine de l’écosystème qui permettrait aux chefs d’entreprise de s’épanouir et de prospérer dans l’hexagone. Donc le monde de l’entreprise a repris sa partie de Monopoly au niveau international. Les ministres des gouvernements n’ont rien d’autre à faire que de regarder rouler les dés alors que les jeux sont évidemment faits. Chez vivendi, Alstom ou ailleurs.

Ce qui est curieux, c’est que cette semaine Time Magazine a publié le classement des 100 personnalités les plus influentes dans le monde. Il y beaucoup d’Américains, de Brésiliens, de Chinois, de Russes aussi dont Vladimir Poutine (pour la première fois). Angela Merkel qui avait disparu du classement des personnalités les plus importantes est revenue dans le TOP 10, (au côté de Beyoncé…)

Ce qui étonnant dans ce classement des 10 premières personnalités au monde, c’est qu’il n’y a plus un seul Français.

Publié dans Gouvernement

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