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Un « message » des États-Unis à la France, à...

Publié le par bernard felli

Un « message » des États-Unis à la France, à...

Un « message » des États-Unis à la France, à la manière du « Parrain »
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Un « message » des États-Unis à la France, à la manière du « Parrain »

Publié le par Felli Bernard

 Christophe de Margerie, le PDG de TOTAL
Christophe de Margerie, le PDG de TOTAL

Un « message » des États-Unis à la France, à la manière du « Parrain »

Publié par wikistrike.com sur 30 Novembre 2014, 17:06pm

Catégories : #Politique internationale, #Economie

Richard Le Hir

Dans mes deux articles précédents, « Un accident bizarre qui en rappelle un autre » et « Un embarras TOTAL », j’ai souligné les ressemblances entre les circonstances de la disparition d’Enrico Mattei, le PDG de la pétrolière nationale italienne ENI au début des années 1960, et celle de Christophe de Margerie, le PDG de TOTAL, survenue il y a un peu plus d’un mois à l’aéroport Vnoukovo de Moscou.

J’ai également démontré que les États-Unis étaient à l’origine de la première, et qu’il existait d’excellentes raisons de croire qu’ils étaient aussi à l’origine de la seconde. En effet, autant Mattei que de Margerie constituaient des menaces claires à leurs intérêts pétroliers et financiers, en plus de défier ouvertement leur hégémonie mondiale, et la menace posée par de Margerie était sans doute encore beaucoup plus existentielle que celle qu’avait posée Mattei, comme nous allons le voir un peu plus bas.

Mon intérêt pour cette affaire s’explique à la fois par les connaissances que j’ai acquises au cours de ma carrière au service de deux grandes multinationales du pétrole, ESSO (maintenant connue sous le nom d’Exxon Mobil), et Texaco (aujourd’hui intégrée à Chevron), et par celui que j’ai développé pour l’Empire Desmarais, à la tête du grand conglomérat financier canadien Power Corporation, associé au groupe belge Frère, les deux étant d’importants actionnaires de TOTAL par le truchement d’une structure suisse de coparticipation, Pargesa SA, constituée par leurs soins.

Au Québec, comme j’ai eu l’occasion de le démontrer dans deux ouvrages récents, Desmarais : la Dépossession tranquille, et Henri-Paul Rousseau, le siphonneur de la Caisse de dépôt parus respectivement à Montréal aux Éditions Michel Brûlé en 2012 et 2014, les visées de l’Empire Desmarais sur ces principaux leviers de développement que sont Hydro-Québec et la Caisse de dépôt et de placement sont carrément prédatrices et spoliatrices.

L’intérêt soulevé par mon second article (repris sur plus d’une vingtaine de sites dont vous trouverez les liens à la fin de celui-ci), et notamment en Europe, m’a convaincu de pousser plus loin mon enquête, en m’intéressant non pas tant aux circonstances de l’accident/attentat – aucun nouvel élément n’a été rapporté depuis deux ou trois semaines – qu’à la conjoncture géopolitique internationale dans laquelle il est survenu, à la place qu’y occupe le pétrole, au rôle qu’y joue TOTAL, et à celui qu’y jouait son PDG Christophe de Margerie jusqu’à son décès.

La conjoncture géopolitique actuelle est l’une des plus tendues depuis la fin de la guerre froide. Alors que les États-Unis croyaient être parvenus, au tournant des années 1990, avec la chute du mur de Berlin et la dislocation de l’URSS, à asseoir leur domination sur le monde, les voici aux prises avec une concurrence nouvelle animée non plus par la recherche d’une confrontation entre deux idéologies (capitalisme et communisme), mais plutôt par la vision pluripolaire des puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) réunies dans le BRICS, et opposées à toute forme d’inféodation, politique, économique ou culturelle.

À cette menace politique se rajoute le spectre d’un important déclin économique qui ne ferait qu’amplifier la première. En effet, s’étant rendus compte au début des années 1980 que leur structure de coûts de production était de moins en moins concurrentielle, les États-Unis poursuivent depuis lors une politique de libéralisation systématique des échanges commerciaux internationaux dont les effets les plus pervers ont été la désindustrialisation de leur économie et un appauvrissement collectif qui se manifeste dans la disparition rapide de leur classe moyenne.

Les bénéfices escomptés de la financiarisation de leur économie ne sont pas au rendez-vous. Non seulement alimente-t-elle une multiplication de bulles spéculatives qui finissent toutes par éclater éventuellement, mais il n’existe aucun mécanisme de redistribution de la maigre richesse qu’elle crée, et le fossé des inégalités sociales en train de se creuser constitue une menace sérieuse à leur stabilité politique à moyen et long terme.

L’absence de croissance économique réelle se reflète dans leur degré d’endettement qui se situe désormais parmi les pires du monde développé, et ils sont de plus en plus tentés par des aventures militaires hasardeuses dont ils pensent qu’ils pourraient sortir à la fois vainqueurs sur le plan politique, et renforcés sur le plan économique.
Leur situation se complique dès qu’on y introduit la donnée pétrole dont ils ont longtemps contrôlé le marché.

Au début des années 1970, contraints par l’essoufflement budgétaire causé par leur engagement au Vietnam de renoncer à l’obligation qu’ils avaient acceptée, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, de garantir la convertibilité de leur dollar en or au taux fixe de 35 $ l’once dans le but de relancer l’économie internationale qu’ils étaient bien placés pour dominer, et désireux d’asseoir leur hégémonie économique sur des bases encore plus solides, ils concluent une entente avec la monarchie régnante en Arabie Saoudite en vertu de laquelle celle-ci, devenue le plus important producteur de pétrole, s’engagera à exiger le paiement de toutes ses livraisons en dollars US, en contrepartie d’une garantie par les États-Unis de la défendre contre toute agression militaire.

C’est le début du règne du pétrodollar. L’or noir se substitue très rapidement à l’or métal comme référence dans toutes les transactions internationales, et les deux parties à cette entente vont en profiter immensément pendant une quarantaine d’années.

Au cours de la dernière année, certains événements sont survenus, certains connus, d’autres non, qui ont amené l’Arabie Saoudite à remettre en question son soutien jusque là indéfectible aux États-Unis et au dollar US. Le résultat se reflète ces jours-ci dans la baisse du cours du pétrole. Au moment d’écrire ces lignes, il a perdu près de 40 % de sa valeur depuis juin dernier. Vendredi, et, aujourd’hui le cours du WTI est passé sous la barre des 65 $ $ US alors que le Brent se situe légèrement au-dessus de 70 $.

Un analyste américain allait même jusqu’à prédire ces jours derniers qu’il pourrait même descendre jusqu’à 35 $ l’an prochain si les pays membres de l’OPEP ne parvenaient pas à s’entendre sur une réduction de leurs quotas de production.

Combinés à la remise en question du statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale depuis quelques années et aux gestes concrets posés en ce sens par la Russie, la Chine, l’Iran, et quelques autres depuis un an, il est clair que ces événements marquent pour les États-Unis le commencement de la fin de leur hégémonie mondiale. Ils ont toutefois tellement à y perdre qu’ils vont tenter par tous les moyens de maintenir leur emprise, et l’Affaire de Margerie constitue une bonne indication des moyens qu’ils sont prêts à prendre pour éviter le sort qui les attend.

En effet, de Margerie était le PDG de TOTAL, seule entreprise non américaine avec BP à figurer au nombre des « majors » de l’industrie. BP est une entreprise britannique qui a perdu le peu d’indépendance qui lui restait dans la foulée de l’explosion survenue à l’été 2010 sur la plate-forme Deep Horizon dans le Golfe du Mexique, et de la catastrophe environnementale qui s’est ensuivie. Sous haute surveillance des autorités américaines en raison de l’importance des dommages encore non liquidés, l’entreprise est désormais dirigée par un Américain.

En raison de son histoire très complexe et des fusions dont elle est issue, TOTAL fait bande à part. Très tôt, elle a été présente au Moyen-Orient, notamment en Irak, en Afrique du Nord, et en Afrique Équatoriale. Très tôt, son intérêt stratégique pour la France l’a amené à développer un réseau parallèle de renseignement qui a très bien servi les intérêts de la France, ce qui l’a mise à l’abri des remontrances de l’État lorsqu’elle s’engageait dans des coups fourrés, comme ce fut le cas en Iran, en Irak et en Libye au cours des dernières années.

Ainsi, on apprenait encore ces derniers jours que TOTAL avait accepté de verser 400 millions $ US en guise de pénalité pour avoir enfreint l’embargo des États-Unis contre l’Iran au début des années 2000, au détriment de l’américaine Conoco. Voici comment Libération présentait les faits dans son édition du 26 novembre :

Total sera jugé pour « corruption » en marge de contrats en Iran

Le groupe français Total sera jugé en correctionnelle pour « corruption d’agents publics étrangers » en marge de contrats pétroliers et gaziers conclus en Iran dans les années 1990.

Son ancien PDG, Christophe de Margerie, avait également été renvoyé pour ce même chef le 15 octobre, a indiqué mardi à l’AFP une source judiciaire, confirmant une information de Charlie Hebdo. Mais les poursuites le concernant se sont terminées avec son décès quelques jours plus tard à Moscou.

Cette enquête ancienne porte sur un peu plus de 30 millions de dollars qui auraient été versés à partir d’octobre 2000 en marge de deux contrats du géant français en lien avec l’Iran dans les années 1990, sur fond d’embargo américain.

Le principal contrat, d’une valeur de 2 milliards de dollars, avait été conclu le 28 septembre 1997 avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC et concernait l’exploitation – par une coentreprise réunissant Total, le russe Gazprom et le malaisien Petronas – d’une partie du champ gazier de South Pars au large de l’Iran, dans le Golfe. Washington avait menacé les pétroliers de sanctions pour ces investissements.

Le second contrat visé par l’enquête avait été conclu le 14 juillet 1997 entre Total et la société Baston Limited. Il était lié à un important accord conclu deux ans plus tôt, le 13 juillet 1995, pour l’exploitation des champs pétroliers iraniens de Sirri A et E, également dans le Golfe.

Total avait alors bénéficié du retrait de l’Américain Conoco, contraint de céder la place après que l’administration Clinton eut décrété un embargo total sur l’Iran.

Dans l’enquête ouverte en France fin 2006, Christophe de Margerie avait été mis en examen en 2007 par l’ancien juge d’instruction Philippe Courroye pour « corruption d’agents publics étrangers » et « abus de biens sociaux ». M. de Margerie était à l’époque des faits directeur pour le Moyen-Orient du géant français.

« Réels problèmes juridiques » –

Les juges d’instruction ont finalement ordonné en octobre le renvoi en correctionnelle de Total et de Christophe de Margerie pour les faits de « corruption d’agents publics étrangers », selon la source. Ils n’ont pas retenu l’abus de biens sociaux contre le patron du groupe.

Christophe de Margerie a péri dans la nuit du 20 au 21 octobre quand son Falcon a percuté un chasse-neige au décollage à l’aéroport Vnoukovo de Moscou.

Deux intermédiaires iraniens sont également renvoyés pour complicité : l’homme d’affaires et lobbyiste Bijan Dadfar, qui travaillait pour Baston Limited, et Abbas Yazdi, un consultant pétrolier.

Interrogé sur cette affaire en juin 2013, alors que le parquet de Paris venait de requérir son renvoi et celui de Total, Christophe de Margerie avait réfuté les accusations de versement « de pots-de-vin » ou de « rétrocommissions » : « ce que nous avons fait dans les années 90 était effectivement conforme à la loi », avait-il déclaré au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

Sollicité par l’AFP, l’avocat de Total, Me Daniel Soulez-Larivière, a estimé mardi que ce dossier posait « de réels problèmes juridiques ».

D’une part parce que les contrats sont antérieurs à l’entrée en vigueur en France en 2000 de la convention de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prohibant la corruption d’agents publics étrangers.

D’autre part parce que, visé par des poursuites aux Etats-Unis pour ces contrats, Total a accepté en 2013 de transiger pour clore la procédure, moyennant le versement de près de 400 millions de dollars. Or, selon la règle dite du « non bis in idem », nul ne peut être poursuivi ou puni plusieurs fois pour les mêmes faits, relève l’avocat.

Première entreprise de l’Hexagone par les bénéfices et deuxième par la capitalisation boursière, Total avait bénéficié en juillet 2013 d’une relaxe dans le procès « pétrole contre nourriture ». Mais le parquet a fait appel de cette décision.

L’invocation de la règle « non bis idem idem » paraît un argument bien faiblard à l’avocat québécois que je suis dans la mesure où les faits reprochés à TOTAL tombent sous le coup des lois de deux pays différents, qu’ils ne sont pas de même nature dans les deux pays, et qu’aux États-Unis, un règlement négocié est intervenu sans qu’un jugement de culpabilité n’ait été prononcé. Mais bon, je ne prétends pas connaître le droit français.

En ce qui concerne les faits survenus en Irak, il s’agit de malversations survenues entre 1996 et 2002 dans le cadre du programme humanitaire Pétrole contre nourriture mis sur pied par l’ONU dans la foulée de l’embargo du Conseil de sécurité contre l’Irak . Voici comment Le Figaro rapportait les faits le 2 août 2011 :

« Pétrole contre nourriture » : Pasqua et Total seront jugés

En dépit du non-lieu requis par le parquet de Paris, le juge d’instruction a décidé de renvoyer devant le tribunal correctionnel le groupe pétrolier et 19 personnes, dont son PDG Christophe de Margerie et l’ancien ministre de l’Intérieur.

L’affaire « pétrole contre nourriture », dans laquelle sont impliquées plusieurs personnalités françaises, vient de connaître un rebondissement spectaculaire. Alors que le parquet de Paris avait requis par deux fois, en 2009 puis en 2010, un non-lieu, le juge Serge Tournaire a pris la décision de renvoyer devant le tribunal correctionnel 19 personnes, dont l’ancien ministre Charles Pasqua et l’actuel PDG de Total Christophe de Margerie. La société Total sera également jugée en tant que personne morale.

Cette décision de justice, prise le 28 juillet, a été révélée par Charlie Hebdo avant d’être confirmée mardi par une source judiciaire. Le parquet n’ayant pas fait appel de la décision dans les cinq jours qui ont suivi l’ordonnance du juge, le procès est inévitable. Il ne devrait toutefois pas se tenir avant 2012.

Les accusés sont soupçonnés de malversations dans le cadre du programme « Pétrole contre nourriture ». Ce dispositif, mis en place par l’ONU entre 1996 et 2002 a permis au régime de Saddam Hussein, alors soumis à un embargo du Conseil de sécurité, de vendre son or noir en échange de denrées alimentaires et de médicaments.

Pasqua accusé de corruption et de trafic d’influence

La justice soupçonne les dirigeants de Total d’avoir mis en place un système de commissions occultes afin de bénéficier de marchés pétroliers et d’avoir contourné l’embargo en achetant des barils de pétrole irakien via des sociétés écrans. La société est ainsi poursuivie pour corruption d’agents publics étrangers, recel de trafic d’influence et complicité de trafic d’influence. Son PDG actuel, Christophe de Margerie, est renvoyé pour complicité d’abus de biens sociaux. « Nous sommes confiants dans l’issue du procès et sur le fait qu’il sera établi que Total ne peut se voir reprocher les faits cités », a réagi le groupe pétrolier.

Les autres personnalités françaises impliquées auraient touché leurs commissions sous forme d’allocations de barils de pétrole. Deux anciens diplomates de haut-rang seront ainsi traduits pour corruption : Jean-Bernard Mérimée, ambassadeur de France à l’ONU de 1991 à 1995, et Serge Boidevaix, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay. Charles Pasqua devra lui se défendre des accusations de corruption et de trafic d’influence pour des faits commis entre 1996 et 2002.

« C’est tout à fait une surprise, et une mauvaise surprise » a immédiatement commenté sur France Info son avocat, Me Léon-Lef Forster. Ce dernier s’est étonné que le juge, qui a repris en 2010 une enquête ouverte en 2002, ait pris sa décision sans même avoir « pris la peine d’interroger (son) client ». Il dit toutefois n’avoir « aucune inquiétude » quant à l’issue du procès.

Dans le volet français de l’affaire, aucune mention du fait que le programme « Pétrole contre nourriture » des Nations Unies était administré par un canadien du nom de Maurice Strong qui se trouve à être un ancien PDG de Power Corporation, l’entreprise de l’Empire Desmarais associé au belge Albert Frère dans la structure de droit suisse qui détient leurs actions dans TOTAL, et dont je parle abondamment dans mon article précédent, Un embarras TOTAL.

Maurice Strong est aussi un ancien PDG de Petro Canada, de la Corporation de développement des Investissements du Canada et d’Hydro-Ontario. En 2005, alors qu’il occupe la fonction de secrétaire général associé des Nations Unies, il est accusé d’avoir reçu d’un dirigeant irakien un paiement de 1 million de dollars puisé à même le fonds pétrole contre nourriture. Il s’enfuit en Chine, à Pékin, où il dispose de solides appuis politiques. Il n’en est jamais revenu pour faire face aux accusations portées contre lui.

Au Canada, le scandale est vite étouffé vu les liens étroits de Strong avec l’ancien ministre des Finances et premier ministre Paul Martin, lui-même impliqué dans les affaires de Strong et repreneur d’une entreprise que lui a cédée Paul Desmarais. Ceux d’entre vous qui s’imaginent avoir tout vu en matière d’affaires politiques sordides sont invités à prendre connaissance des trois liens suivants : At the United Nations, the Curious Career of Maurice StrongMaurice Strong, et Abel Danger Brief Summary of the Last Six Years : Connecting the Power. Canada’s Power Corporation and Maurice Strong Ils constateront que le Canada est loin d’être le paradis bénin qu’ils imaginent.

Ils constateront aussi que les affaires de TOTAL et de Strong sont liées, et que le lien entre les deux est l’actionnaire principal de TOTAL, le tandem Desmarais/Frère.
Évidemment, lorsqu’on ajoute à ces deux affaires celle de la Libye que j’ai racontée dans mon article précédent, on comprend que les États-Unis aient pu commencer à s’inquiéter de ce qu’ils percevaient de plus en plus comme une agression contre leurs intérêts par un acteur majeur de l’industrie pétrolière mondiale qu’ils avaient jusque-là eu la naïveté de prendre pour un allié.

En effet, non seulement TOTAL est-elle une entreprise française, donc en principe amie, mais en plus, son conseil d’administration compte des personnes très proches des plus hautes sphères du monde des affaires et de la politique aux États-Unis.

À ce stade-ci, il est important de préciser que le degré de contrôle du tandem Desmarais/Frère sur TOTAL est beaucoup plus important que ne le suggère leur 3,2 % des actions de l’entreprise. Pour établir le degré de leur emprise, il faut examiner les affaires de la Power Corporation de l’Empire Desmarais et du Groupe Bruxelles-Lambert du belge Albert Frère.

Pour ne s’en tenir qu’à celles de Power Corporation, on constate que celle-ci a près de 500 milliards $ US d’actifs sous gestion par l’entremise surtout de sa filiale, la Financière Power, dans laquelle on retrouve des compagnies d’assurance et des fonds de placement au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Extrême-Orient. Il est dans la nature des activités de ces entreprises de se constituer d’importants portefeuilles de titres, et il va de soi que chacune d’entre elle détient un important paquet d’actions de TOTAL.

On voit donc que l’influence du tandem Desmarais/Frère dans TOTAL se trouve démultipliée par la quantité d’actions détenue dans celle-ci par les filiales de la Financière Power et le Groupe Bruxelles-Lambert. Et il faut ajouter à cela l’influence qu’ils peuvent détenir en vertu de conventions expresses ou tacites avec d’autres actionnaires ou regroupement d’actionnaires de TOTAL, du genre échange de bons procédés.

Dans ce contexte, c’est avec la plus grande surprise que l’on découvre aujourd’hui sur le site francophone de l’agence de presse russe RIA-Novosti les deux articles suivants :

Total, partenaire prioritaire de la Russie (Poutine)

Le groupe français Total est un partenaire prioritaire de la Russie, et le décès de son PDG Christophe de Margerie est une perte importante pour le pays, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine.
« Total est notre partenaire prioritaire depuis de nombreuses années. Nous pleurons avec vous le décès de notre ami, M. de Margerie. Il s’agit d’une lourde perte », a indiqué M. Poutine lors d’une rencontre avec les responsables du groupe français.
Christophe de Margerie est mort dans la nuit du 21 octobre à Moscou dans un accident d’avion à l’aéroport de Vnoukovo.

Deux choses à noter. Premièrement, l’essentiel du message se trouve dans la photo. Et deuxièmement, la rencontre a eu lieu à Sotchi, ville des derniers jeux olympiques. La sécurité de l’aéroport est à toute épreuve… On ne fera pas exprès pour répéter une deuxième fois la même erreur…

Le second article est encore plus surprenant lorsqu’on connaît les liens de Nicolas Sarkozy avec les pouvoirs américains :

Sarkozy : vouloir la confrontation entre l’Europe et la Russie est une folie

Vouloir la confrontation entre l’Europe et la Russie est une folie, a déclaré jeudi l’ex-président français Nicolas Sarkozy lors de son dernier meeting de campagne pour le premier tour de l’élection à la tête de l’UMP à Nîmes, lit-on vendredi sur son site.
« Nous avons voulu l’Europe pour qu’elle soit, dans le monde, un facteur de paix. Nous n’avons pas voulu l’Europe pour qu’elle ressuscite la guerre froide. Vouloir la confrontation entre l’Europe et la Russie est une folie (…). Comment a-t-on pu espérer résoudre la crise ukrainienne sans discuter avec la Russie ? », a demandé M.Sarkozy dans son discours.

Par ailleurs, l’ancien chef de l’Etat français s’est violemment indigné à propos du non-respect du contrat de la France envers la Russie, estimant que Paris devait « honorer sa parole » et livrer les deux navires Mistral à Moscou.

Bien sûr, Sarkozy ne parle plus au nom de la France, et ses paroles n’ont pas l’autorité de celle d’un chef d’État. Mais il se trouve quand même à répéter ce que disaient récemment Henry Kissinger, le très prestigieux ancien chef de la diplomatie des États Unis, et Mikhaïl Gorbatchev, le dernier président de l’URSS. Et est-ce un hasard si Nicolas Sarkozy est aussi très proche des Desmarais et d’Albert Frère ? Quand le hasard fait trop bien les choses, c’est qu’il n’y a pas de hasard, mais bien plutôt une opération planifiée en bonne et due forme.

Nous sommes donc bel et bien en face d’un défi lancé par TOTAL et ses actionnaires à la position des États-Unis. La question qui se pose est de savoir quelle est la position de l’État français dans cette affaire, et elle se pose d’autant plus que TOTAL, sans être une société d’État est une des plus grandes entreprises et que l’État se trouve assurément dans son capital, soit directement, soit par l’entremise d’une institution comme la Caisse des dépôts et consignations (CDC).

Pour comprendre la continuité dans l’action de TOTAL, il est essentiel de connaître le réseau d’influence que de Margerie était parvenu à se tisser au fil de sa carrière. Voici un article paru en 2007dans une publication économique française, L’Expansion, qui jette en outre un éclairage extraordinaire sur la crise actuelle et le rôle qu’y joue le pétrole :

Les réseaux de Christophe de Margerie

Atypique, le nouveau patron de Total l’est jusque dans ses relations, où le » terrain » compte plus que l’establishment.

Ballet de voitures officielles au Quai d’Orsay, le 8 mars. Ce matin-là, les ambassadeurs étrangers sont venus écouter un orateur inhabituel, Christophe de Margerie. Loin des flashs, le nouveau patron de Total, intronisé le 13 février, parle pétrole à ses Excellences. Et renforce ses liens avec la communauté diplomatique.

SES APPUIS PATRONAUX
Albert Frère
Gérard Mestrallet
Anne Lauvergeon

Si l’actionnaire belge de Total aime le naturel de Christophe de Margerie, le PDG de Suez apprécie surtout son anticonformisme. Les liens du patron de Total avec la dirigeante d’Areva sont aussi de bon augure, alors que le pétrolier n’a jamais caché son intérêt pour la filière nucléaire.

Voilà le style Margerie : des réseaux informels tissés au fil des années, bien loin du très sélect Club des cent et autres Siècle, qu’il fréquente peu. » Il n’est pas un adepte des grands dîners parisiens, déclare Jean-Pierre Jouyet, cousin par alliance et chef du service de l’Inspection des finances. Son point fort, c’est le terrain. » Normal, c’est là que » Big Moustache « , comme on le surnomme dans le Groupe Total, a bâti sa carrière. Notamment au Moyen-Orient, qu’il a parcouru pendant des années, prenant même en 1995 la responsabilité de cette zone. » Du Koweït à Dubaï, il connaît tout le monde, témoigne son amie Randa Takieddine, journaliste au quotidien saoudien Al-Hayat. Les Arabes aiment son sens de l’humour, il a su gagner leur confiance. »

SES CONSEILLERS
Jean Veil
Jean-Marc Forneri
Hubert Védrine

L’avocat de Christophe de Margerie n’est pas un intime, mais il dîne régulièrement chez lui, dans son appartement parisien, tout comme Jean-Marc Forneri, banquier d’affaires et ami. Les rapports sont plus professionnels avec l’ancien chef de la diplomatie française, dont le patron de Total apprécie beaucoup les conseils géopolitiques.

Et nouer de vraies amitiés. Comme celle qui le lie à Abdallah ben Hamad al-Attiyah, ministre de l’Energie du Qatar. Quant à Abdallah Jumaa, président de la société d’Etat saoudienne Aramco, il ne passe jamais par Paris sans saluer » l’Oriental « . En Arabie saoudite, Margerie fréquente le prince Saoud al-Fayçal, le ministre des Affaires étrangères, et Ali al-Naimi, le ministre du Pétrole. » Lorsqu’il se rend dans les Emirats et au Koweït, Christophe de Margerie est reçu dans les majlis, les audiences privées accordées par les princes arabes « , commente son ami Jean-Marc Forneri, banquier d’affaires. Les deux hommes se sont connus en 1999. Christophe de Margerie venait d’être nommé patron de l’exploration-production de Total, Jean-Marc Forneri conseillait Petrofina – absorbé par Total la même année. » Déjà, à l’époque, il était à part dans l’univers Total, se souvient-il. Christophe n’est pas ingénieur, il est diplômé d’une école de commerce, l’Escp-EAP. Il a de l’humour, ce qui est rare dans ce milieu. » Fin portraitiste, Christophe de Margerie adore croquer ses victimes en quelques traits acérés. Sa parodie du ministre de l’Economie, Thierry Breton, cherchant à se recaser à la direction de Total, est, selon un proche, » savoureuse « .

SES LIENS MOYEN-ORIENTAUX
Abdallah ben Hamad al-Attiyah
Saoud al-Fayçal
Abdallah Jumaa

Ami avec le ministre de l’Energie du Qatar, le n° 1 de Total estime le ministre des Affaires étrangères saoudien et le président d’Aramco.

Des rapports distants avec le monde politique

Christophe de Margerie est un patron atypique. Pourrait-il en être autrement quand on descend d’une telle lignée ? Le père vient d’une famille d’ambassadeurs, la mère, Colette, est la fille de Pierre Taittinger, fondateur d’un empire qui mêlait hôtels de luxe (Crillon), champagnes (Taittinger) et marques prestigieuses (Baccarat). » Nous avons longtemps espéré que Christophe dirige le groupe, raconte Pierre-Christian Taittinger, son oncle, maire du XVIe arrondissement de Paris. Il était le seul à avoir l’aval de toute la famille. » Mais Christophe préfère l’or noir à l’or fin. Une décision lourde de conséquences. » Son refus a, en partie, entraîné la vente de nos actifs en 2005 « , lâche l’oncle qui garde des liens » privilégiés » avec son neveu. » Je l’aide quand il a besoin d’informations sur un homme politique. » Précieux pour le patron de Total, qui entretient des rapports distants avec l’establishment. » Il ne grenouille pas dans les cercles parisiens, explique sa cousine Brigitte Taittinger, PDG des parfums Annick Goutal. Je n’ai jamais vu un politicien dîner chez lui. » A droite, on le dit en bons termes avec Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin, qui, lorsqu’il était Premier ministre, appréciait ses topos sur l’énergie.

SES RELATIONS POLITIQUES
Jean-Pierre Jouyet
Jean-Pierre Raffarin
Dominique de Villepin

L’ex-directeur du cabinet de Jacques Delors et les deux Premiers ministres de Jacques Chirac font partie de ses rares connexions politiques.

Et lui, qui le conseille ? S’il fallait n’en citer qu’un, ce serait Hubert Védrine, l’ancien chef de la diplomatie sous Jospin reconverti dans le conseil, avec qui Margerie partage une certaine vision de la France, éloignée du déclinisme ambiant. » Il est soucieux de l’intérêt national « , ajoute Védrine. » Je l’ai vu rabrouer un diplomate français qui raillait le gouvernement. Il trouvait inadmissible que l’on dise du mal de son pays devant des étrangers « , se souvient Randa Takieddine. Pour défendre ses intérêts, Christophe de Margerie a choisi Jean Veil, le fils de Simone. » Nos deux mères ont des relations amicales « , souligne l’avocat, dont l’associé Emmanuel Rosenfeld gère les deux récentes mises en examen du dirigeant de Total, soupçonné d’abus de biens sociaux et de corruption d’agents publics étrangers en Irak dans le cadre de l’affaire » Pétrole contre nourriture » et en Iran dans le dossier du gaz offshore.

SON CLAN FAMILIAL
Brigitte Taittinger
Colette de Margerie
Pierre-Christian Taittinger

Sacrée, la famille ! Il est très proche de sa cousine et de sa mère, de précieux conseil, tout comme son oncle, maire du xvie arrondissement.

Des lézardes supplémentaires dans l’image du Groupe Total, après la catastrophe AZF, l’affaire du travail forcé en Birmanie et le naufrage de l’Erika. » Il va devoir travailler sur la communication du groupe « , insiste un proche. Il pourra demander conseil à Anne Lauvergeon, qui, avec Albert Frère et Gérard Mestrallet, est l’une des personnalités du business que Margerie apprécie le plus. Lorsqu’elle est arrivée à la tête d’Areva, l’ancienne sherpa de Mitterrand a mis à mal la culture du secret qui régnait parmi les » nucléocrates » et fait connaître le monde de l’atome au grand public. Avec un succès qui n’a pas échappé à Big Moustache.

Christophe de Margerie en 5 dates
1974 : entrée dans le Groupe Total, à la direction financière
1995 : prend la tête de Total-Moyen-Orient
1999 : devient patron de la branche exploration-production
2006 : mis en examen dans l’affaire » Pétrole contre nourriture »
2007 : devient directeur général du groupe pétrolier

Vous aurez noté au passage le nom de Gérard Mestrallet, l’actuel PDG du groupe GDF-Suez et de Suez Environnement dans lesquels le tandem Desmarais/Frère détient également des participations. Ce qui est beaucoup moins connu est qu’il siège au conseil d’administration de Pargesa SA (dont il a été question plus haut), comme en fait foi le rapport annuel de cette entreprise pour l’année 2013, et qu’il siège au bureau des gouverneurs du Forum international des Amériques qu’organise chaque année à Montréal l’Empire Desmarais.

Il s’agit donc bel et bien d’un défi à la position des États-Unis lancée par TOTAL et ses actionnaires, dont le tandem Desmarais/Frère. La question qui se pose est de savoir quelle est la position de l’État français dans cette affaire, et elle se pose d’autant plus que TOTAL, sans être une société d’État est une des plus grandes entreprises françaises et que l’État se trouve dans son capital, soit directement, soit par l’entremise d’une institution comme la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ou l’une de ses filiales.

Jean Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée


De plus, le secrétaire général actuel de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet qui, s’il est un ami de longue date de François Hollande, était aussi le cousin par alliance de Christophe de Margerie, comme nous l’apprenait Le Figaro dans un article paru dans la foulée de l’accident/attentat de Moscou, dont voici un extrait très éclairant :

La galaxie politique de Christophe de Margerie

Au plus haut niveau de l’État, l’ancien patron du groupe pétrolier était particulièrement proche de François Hollande. Beaucoup plus qu’il ne l’a jamais été de Nicolas Sarkozy. Christophe de Margerie fut notamment le témoin du mariage de sa cousine, Brigitte Taittinger, avec Jean-Pierre Jouyet, l’actuel secrétaire général de l’Élysée, au côté de l’actuel chef de l’État. Une proximité entre les deux hommes confirmée mardi par le ministre des Finances, Michel Sapin, qui a rappelé que François Hollande et lui-même le connaissaient dans leur « vie privée ». Jean-Pierre Jouyet, devenu de fait le cousin par alliance de Christophe de Margerie, a pour sa part qualifié la relation entre le grand patron et François Hollande de « très conviviale et amicale ».

Avant d’occuper ses fonctions actuelles, Jean-Pierre Jouyet a présidé aux destinées de la CDC et de l’Autorité des marchés financiers (AMF). C’est ainsi qu’il a fait connaissance avec le tandem Desmarais/Frère, comme nous le révèlent les dessous des nombreuses actions en justice entreprises en France et en Belgique par l’homme d’affaires français Jean-Marie Kuhn qui invoque des irrégularités dans la vente de la chaîne de restauration rapide Quick par Albert Frère à une filiale de la CDC qui aurait, sur ordre de l’État français, payé Quick largement au-dessus de sa valeur, versant 800 millions d’euros à M. Frère pour une entreprise évaluée en 2004 à quelque 300 millions d’euros.

Dans une requête au Conseil d’État, le plus haut tribunal français, introduite en août 2012 pour obtenir l’annulation de la nomination de Jean-Pierre Jouyet à la tête de la CDC, dont vous trouverez le texte complet sur Vigile, Jean-Marie Kuhn décrit le stratagème et explique les liens entre Jouyet et le tandem Desmarais/Frère avec un luxe de détails peu flatteur pour les intéressés. Le fait que cette requête ait été jugée irrecevable pour des motifs purement techniques n’enlève rien à l’intérêt des faits et à la lumière qu’ils se trouvent à jeter sur les agissements douteux, et c’est bien peu dire, de nos « élites » économiques et politiques, au Québec comme en France.

En faisant les recoupements nécessaires, des observateurs plus familiers que moi avec les arcanes de la politique française parviendraient certainement à établir un lien entre cette affaire et le fameux déjeuner récent entre Jean-Pierre Jouyet, François Fillon et Antoine Gosset-Grainville.

En effet, le parcours du dernier est très instructif. Voici en effet le résumé qu’en fait Wikipédia :

Antoine Gosset-Grainville

En 1993, à sa sortie de l’Ena, Antoine Gosset-Grainville débute sa carrière à l’Inspection générale des Finances, avant de prendre les fonctions de secrétaire général adjoint du Comité monétaire européen en 1997, puis du comité économique et financier de l’Union européenne à Bruxelles. En 1999, il rejoint le cabinet de Pascal Lamy, commissaire européen chargé du commerce, comme conseiller pour les affaires économiques, monétaires et industrielles.

Avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles, il devient en 2002 associé au cabinet Gide Loyrette Nouel, dont il dirige le bureau de Bruxelles jusqu’en 2007.

Il est de 1995 à 2007 coordonnateur de la direction d’études de questions européennes à l’IEP de Paris.

Antoine Gosset-Grainville est appelé comme directeur adjoint de cabinet auprès de François Fillon qui est nommé Premier ministre en mai 2007.

Il quitte Matignon en mars 2010 pour la Caisse des dépôts et consignations dont il devient directeur général adjoint, chargé du pilotage des finances, de la stratégie, des participations et de l’international (1er mai 2010).

À la suite de la décision de Nicolas Sarkozy de reporter la nomination du directeur général de la Caisse des dépôts après l’élection présidentielle de 2012, Antoine Gosset-Grainville a assuré la direction générale par intérim de l’institution du 8 mars au 18 juillet 2012, date de la nomination de Jean-Pierre Jouyet comme directeur général. À ce titre, il a assuré la présidence du conseil d’administration du Fonds stratégique d’investissement (FSI).

En mars 2013, il fonde le cabinet BDGS spécialisé dans les opérations transactionnelles M&A avec trois associés : Antoine Bonnasse, Youssef Djehane et Jean-Emmanuel Skovron.

Les trois hommes ont prétendu ne pas avoir parlé de politique lors de ce fameux déjeuner dont les échos sont même parvenus au Québec. . On s’est gaussé d’eux. Mais si c’était vrai ? En examinant leur profil, on peut facilement comprendre qu’ils auraient tout aussi bien pu parler de l’évolution de certaines transactions auxquelles ils ont été associés. Et si c’est le cas, pourrait-il s’agir de transactions impliquant le tandem Desmarais/Frère ? Fillon et Gosset-Grainville n’ont-ils pas planché ensemble sur le dossier GDF-Suez en 2007 dans des négociations impliquant Albert Frère et Gérard Mestrallet ?

L’écheveau des intérêts publics et privés

Ce que cet embrouillamini démontre, c’est que l’État français, comme l’État québécois d’ailleurs, sert désormais de paravent commode à d’énormes magouilles concoctées par le tandem Desmarais/Frère, et qu’il n’y a plus moyen de déterminer la frontière entre les intérêts privés et les intérêts d’État. On en a eu un excellent exemple récemment lors de la visite du président Hollande au Canada. Il n’était rien d’autre que le commis-voyageur d’intérêts privés au premier rang desquels figurait très avantageusement ceux du tandem Desmarais-Frère, et c’est d’ailleurs de cette façon qu’il s’est comporté, au plus grand ravissement du gouvernement Harper.

La politique de la France ? Il n’en reste rien, comme le démontre l’incapacité de François Hollande à ordonner la livraison des Mistral à la Russie en exécution du contrat qu’elle a signé avec elle. Il est loin le temps où le Gal de Gaulle déclarait que « La politique de la France ne se décide pas à la corbeille » et retirait la France de l’OTAN.

Aujourd’hui, sous les pressions des États-Unis et avec la complicité complaisante de Nicolas Sarkozy et de ses élites, la France a réintégré l’OTAN et en est réduite à jouer les valets de service. Il ne lui reste plus la moindre marge de manoeuvre, et elle est en train de perdre à une vitesse ahurissante toutes les caractéristiques qui l’ont différenciée dans l’histoire, comme je m’en rends compte à chaque fois que j’ai l’occasion de m’y rendre. Tant il est vrai, comme le disait encore de Gaulle, que « La France ne peut être la France sans la grandeur. »

Dans cette affaire, les États-Unis ont envoyé à la France un message à la manière du « Parrain », et la France n’est même plus en mesure de les dénoncer ou de leur retourner un message de son cru. Pire, le message en fera certainement réfléchir plus d’un, et François Hollande est peut-être même du nombre.

Pour parvenir à leurs fins, les États-Unis doivent absolument se débarrasser non pas de la Russie dont ils convoitent les richesses naturelles, notamment le pétrole et le gaz, mais de Poutine qu’ils voient comme le principal obstacle à leur dessin. L’opération ukrainienne devait avoir cet effet, mais rien ne fonctionne comme prévu. Poutine, s’il en a profité pour récupérer la Crimée au passage pour des raisons autant historiques que stratégiques, évite soigneusement de s’engager plus loin, et laisse les ukrainiens de l’ouest et de l’est se déchirer entre eux. Quant aux sanctions commerciales, elles se sont retournées contre les pays européens,

Et à ce dernier égard, la situation va même empirer. Il faut comprendre que la baisse du rouble occasionnée par les sanctions actuelles et la baisse du cours du pétrole ne nuit pas à la Russie, bien au contraire. Elle la force tout d’abord à produire davantage chez elle pour éviter d’être trop pénalisée par ses importations, et elle la rend beaucoup plus concurrentielle à l’exportation. C’est le principe des dévaluations compétitives qui ont tant profité au développement de certaines économies européennes, et dont elles sont désormais privées par l’existence de l’euro.

Pour ajouter aux difficultés des États-Unis, l’Union Européenne, qu’ils espéraient modeler à leur image, fait eau de toutes parts et menace d’échapper à leur contrôle. L’opération ukrainienne visait donc également ressouder son unité devant la menace d’un ennemi commun, et elle aurait pu facilement réussir dans le contexte d’une économie florissante.

Mais dans un contexte de crise économique, chacun est tenté de tirer dans le sens de ses intérêts, comme le cas des bâtiments porte-hélicoptères Mistral commandés à la France par la Russie le démontre éloquemment. C’est pourquoi les États-Unis devaient frapper fort, sachant trop bien qu’ il est d’autant plus tentant de demeurer sourd à l’appel de l’unité qu’on risque de perdre beaucoup à y répondre.

Quant à Christophe de Margerie, il est mort d’avoir vécu dangereusement, comme Enrico Mattei. Mais si l’on sait que Mattei n’a jamais eu d’autre souci que de bien servir les intérêts de l’Italie, on est beaucoup moins certain que de Margerie ait été au seul service des intérêts de la France. On a même d’abondantes preuves du contraire. L’homme, ou l’époque ?

Note de Vigile : Voici les adresses des sites européens, nord-américains et africains sur lesquels a été repris Un embarras TOTAL

http://reseauinternational.net/embarras-total/

http://www.vineyardsaker.fr/2014/11/20/affaire-de-margerie-qui-va-se-mettre-en-travers-de-la-machine-infernale-2eme-partie-un-embarras-total/

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article5293

http://tsimokagasikara.wordpress.com/2014/11/17/un-embarras-total/

http://www.mondialisation.ca/laffaire-de-margerie-mort-dans-un-accident-davion-en-russie-un-embarras-total/5414754

http://www.alterinfo.net/Un-embarras-TOTAL_a108059.html

http://www.echsar.com/article-17620924-Un-embarras-TOTAL.html

http://cequelesmediasnenousdisentpas.over-blog.com/2014/11/l-affaire-de-margerie-un-embarras-total-richard-le-hir.html

http://www.wikups.fr/laffaire_de_margerie_un_embarras_total_richard_le_hir/e/425098

https://cyohueso.wordpress.com/2014/11/19/laffaire-de-margerie-mort-dans-un-accident-davion-en-russie-un-embarras-total/

http://ohifront.wordpress.com/2014/11/20/laffaire-de-margerie-mort-dans-un-accident-davion-en-russie-un-embarras-total/

http://lemondealenversblog.com/2014/11/20/accident-davion-le-deces-de-de-margerie-en-russie-est-un-embarras-total/http://www.wikistrike.com/2014/11/margerie-une-embarras-total.html

http://eluardroubaix.wordpress.com/2014/11/18/laffaire-de-margerie-un-embarras-totalement-inquietant/

http://fr.novorossia.today/au-coeur-de-l-actualit/un-embarras-total.html

http://ombre43.over-blog.com/2014/11/un-embarras-total.html

http://www.jacques-toutaux.pro/article-l-embarras-total-dans-l-affaire-de-margerie-125040143.html

http://scaruffi.blogspot.ca/2014/11/laffaire-de-margerie-mort-dans-un.html

http://pcfbassin.fr/component/content/article/93-politique-francaise/actualites-politique-francaise-2014/21614-l-affaire-de-margerie-un-embarras-total-les-interets-du-tandem-desmarais-frere-entre-l-enclume-et-le-marteau

http://www.soueich.info/2014/11/un-embarras-total.html

http://cpo-auvergne.fr/?p=770#more-770

http://sans-langue-de-bois.eklablog.fr/selon-les-russes-le-pdg-de-total-aurait-ete-assassine-par-la-cia-a113394068

http://www.internationalnews.fr/article-l-affaire-de-margerie-mort-dans-un-accident-d-avion-en-russie-un-embarras-total-125057335.html

http://mai68.org/spip/spip.php?article8208

http://www.lebonnetdespatriotes.net/lbdp/index.php/component/k2/item/1309-18112014-un-embarras-total

http://sans-langue-de-bois.eklablog.fr/selon-les-russes-le-pdg-de-total-aurait-ete-assassine-par-la-cia-a113394068

http://leblogdygrec.blogspot.ca/2014/11/laffaire-de-margerie-un-embarras-total.html

http://www.vigile.net/Un-message-des-Etats-Unis-a-la

Lu ici

Mr POUYANE ET V.POUTINE

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Jean Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée

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Les USA veulent prendre la direction de la Syrie...

Publié le par bernard felli

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Les USA veulent prendre la direction de la Syrie (Damas)
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Les USA veulent prendre la direction de la Syrie (Damas)

Publié le par Felli Bernard

Les USA veulent prendre la direction de la Syrie (Damas)

© REUTERS/ Kai Pfaffenbach

16:06 29/11/2014

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Le gouvernement syrien constitue la véritable cible de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, car ces derniers veulent prendre la direction de la Syrie, estime le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem.

Lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet du G20 à Brisbane, le président Barack Obama a déclaré qu'il excluait toute possibilité de coopération avec Bachar el-Assad dans la lutte contre l'organisation de l'Etat islamique (EI), parce que le président syrien "avait perdu sa légitimité dans la majeure partie du pays" et que toute action conjointe de Washington et de Damas pourrait affaiblir la coalition internationale engagée dans la lutte contre l'EI.

Cette déclaration de Barack Obama "montre que le vrai objectif de la coalition est de prendre la direction de la Syrie", a indiqué M. Mouallem dans une interview à la chaîne de télévision libanaise Al Mayadine au terme de sa visite à Sotchi.

"Personne au monde ne peut déterminer au nom du peuple syrien par qui il sera gouverné", a souligné chef de la diplomatie syrienne. Et d'ajouter que la Russie était "un allié et un ami de la Syrie".

Le ministre a également fait savoir que les deux pays conjugueraient leurs efforts pour "mettre en place un dialogue national avec les représentants de l'opposition" et que ce dialogue "pourrait débuter à Moscou et se poursuivre à Damas".

Une délégation syrienne conduite par Walid Mouallem s'est rendue les 26 et 27 novembre en Russie à l'invitation du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Les parties ont évoqué la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme, ainsi que la "normalisation du processus politique" en Syrie.

Les USA veulent prendre la direction de la Syrie (Damas)

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4 jours à Téhéran http://t.co/OZPscRA5lE

Publié le par bernard felli

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4 jours à Téhéran

Publié le par Felli Bernard

Gilles Munier
Gilles Munier

4 jours à Téhéran

Publié par Gilles Munier sur 28 Novembre 2014, 11:22am

Catégories : #Iran

Par Gilles Munier /

Ayant passé une partie de ma vie à soutenir l’Irak dans ses combats, je ne pensais pas aller un jour en Iran. Aussi, lorsque j’ai reçu un courriel m’invitant à participer fin octobre dernier à la conférence des « Penseurs et des cinéastes indépendants », organisée par l’ONG New Horizon à Téhéran, j’ai cru qu’il s’agissait d’une plaisanterie… J’ai remercié les organisateurs et leur ai demandé de consulter ma biographie sur Wikipédia pour vérifier s’ils ne s’étaient pas trompés !

C’était bien une invitation. La réponse est arrivée le jour même par la voix de Hamed Ghashghavi, coordinateur de l’opération, qui m’a dit dans un français impeccable : « Nous savons qui vous êtes, nous connaissons vos engagements, venez si vous êtes intéressé, vous êtes le bienvenu…».

J’y suis allé, via Dubaï, la ligne Paris-Téhéran étant fermée à titre de sanction contre l’Iran. Cela me rappelait les 13 ans d’embargo imposés à l’Irak, la traversée du désert en taxi - Amman-Bagdad ou Damas-Bagdad - en moins.

Lobbies sionistes … 11 septembre

La conférence se tenait dans un des grands hôtels de la ville. Principal thème du programme: la campagne des lobbies israéliens contre l’Iran, notamment aux Etats-Unis avec Gareth Porter, un journaliste d’investigation américain de renom – auteur de « Manufactured Crisis: The Untold Story of the Iran Nuclear Scare » qui va être traduit en persan - et par le journaliste brésilien Pepe Escobar qui en ont démonté les mécanismes.

J’ai toujours considéré que l’Iran a le droit d’effectuer des recherches dans le domaine nucléaire à des fins pacifiques, comme je l’ai été pour l’Irak dont le réacteur Tamouz a été en partie détruit par l’aviation israélienne en 1981. Et, je ne vois pas pourquoi les Iraniens n’en feraient pas autant dans le domaine militaire puisqu’Israël possède - selon l’ancien président Jimmy Carter - entre 150 et 300 ogives nucléaires. Cela dit, il serait préférable qu’aucun pays du Proche-Orient n’en possède. Mais, il ne faut pas se faire d’illusions : aucune grande puissance n’imposera à Israël la destruction de son arsenal nucléaire, en tout cas pas la France qui en est à l’origine, comme elle l’a été des centres de recherches irakien et iranien (du temps du Chah).

Les activités des lobbies pro-israéliens en France, en Italie, en Belgique et en Grande-Bretagne ont été décrites par, respectivement, Maria Poumierancienne maître de conférences aux universités de La Havane et de Paris VIIIClaudio Moffaprofesseur d’histoire à l’université de Teramo – Isabelle Soumaya Praile, vice-présidente de l’Exécutif des musulmans de Belgique et Stefen Sizer, un pasteur anglican britannique.

Maria Poumier était depuis quelques semaines en Iran où elle présentait Amia repetita, son documentaire sur l’attentat commis à Buenos Aires en 1994 contre le Centre communautaire juif dont l’Iran a été accusé. Pour elle qui est allée enquêter sur place, il s’agit d’une opération sous faux drapeau effectuée par les services secrets israéliens. L’intervention du pasteur Sizer portait principalement sur la montée de l’évangélisme chrétien sioniste, sujet auquel il a consacré plusieurs ouvrages.

La séance consacrée aux attentats du 11 septembre, avec les interventions de l’américain francophone Kevin Bar­rett, de Wayne Madsen ancien consultant à la NSA - du cinéaste Art Oliver, et de Thierry Meyssan, réfugié à Damas, n’ont rien révélé de vraiment nouveau sur le sujet. La demande d’ouverture d’une enquête internationale sur ces attentats, formulée par ce dernier, a été retenue dans le communiqué final de la conférence.

Etat islamique en Irak et au Pays de Cham

L’émergence de l’Etat islamique autre sujet abordé – a été présentée comme une sorte de complot américano-israélo-saoudien. Interviewé par des journalistes iraniens, je n’ai pas caché qu’il s’agissait d’une analyse spécieuse et contre-productive. « Vous devriez poser la question au général Qassem Suleimani » leur ai-je dit, « il est bien placé pour savoir ce qui se passe en Irak ! ». « La montée en puissance d’Al-Qaïda, puis de l’Etat islamique est d’abord à porter au compte de l’invasion et de l’occupation de l’Irak, puis à la politique sectaire et obtuse de Nouri al-Maliki » et qu’à mon avis, ai-je ajouté : « les Etats-Unis vont en profiter pour entrainer l’Iran dans le bourbier irakien, ce qui n’est pas de l’intérêt de Téhéran, visé aussi par le plan de remodelage du Moyen-Orient ». Je n’ai pas eu l’impression de choquer mes interlocuteurs. La seule prise de parole intéressante concernant l’Etat islamique fut celle d’Imran Hussein, spécialiste sunnite de l’eschatologie musulmane, qui entrevoit dans le bouleversement causé à l’équilibre proche-oriental le risque à terme d’une guerre opposant les sunnites aux chiites au niveau mondial dont les Israéliens tireraient le plus grand profit.

__________________

Conférence controversée à Téhéran

Par Gilles Munier (Afrique Asie – novembre 2014)

« Horizon nouveau », conférence reportée après l’élection d’Hassan Rouhani à la présidence iranienne, s’est tenue avec succès à Téhéran le 29 septembre et 1er octobre dernier. Une trentaine d’invités, dont beaucoup d’Etatsuniens - écrivains, journalistes, militants d’ONG – ont passé au crible les menées anti-iraniennes des lobbies israéliens occidentaux. Une session a été consacrée à la menace EIIL sur le Proche-Orient, et une autre à la dernière agression contre Gaza avec les interventions de représentants du Hamas et du Djihad islamique. Un appel à amplifier le boycott des produits israéliens a été lancé par Medea Benjamin et l’ancien Marine Kenneth O’Keefe, connus aux Etats-Unis pour leurs dénonciations des crimes US et israéliens. Art Olivier, ancien candidat libertarien à la vice-présidence des Etats-Unis, a annoncé le tournage de son film sur Rachel Corrie, manifestante non-violente américaine écrasée par un bulldozer israélien en 2003.

Il fallait s’attendre à ce que la session consacrée aux attentats du 11 septembre – où il fut rappelé que 60% des Américains ne croient plus à la version officielle de l’événement - pose problème. Les sites pro-israéliens US ont sauté sur ce prétexte pour qualifier la conférence de « conspirationniste », d’« antisémite », allant jusqu’à inventer la présence de l’humoriste Dieudonné (!) sur les lieux pour justifier leurs accusations. Qu’importe si Reza Montazani, organisateur de la réunion, avait précisé que le sionisme était seul en cause, qu’il ne tolèrerait aucun dérapage anti-juif… et qu’il n’y en a pas eu.

Photo ci-dessous: Une vue de la salle de conférence :

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 Une vue de la salle de conférence

Une vue de la salle de conférence

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La leçon du G20 et le jeu de la Russie, par...

Publié le par bernard felli

La leçon du G20 et le jeu de la Russie, par...

La leçon du G20 et le jeu de la Russie, par Philippe Grasset
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La leçon du G20 et le jeu de la Russie, par Philippe Grasset

Publié le par Felli Bernard

G20
G20

30

nov

2014

[Reprise] La leçon du G20 et le jeu de la Russie, par Philippe Grasset

Reprise d’un article de Dedefensa

Commençons par ce qui n’est pas d’actualité. Il s’agit d’un article du professeur James Petras, Bartle Professor (Emeritus) de sociologie à l’université de Birmingham dans l’État de New York, USA, le 12 novembre 2014 sur le site 4thMedia.org. Il s’agit d’une analyse de l’évolution de la Russie depuis la chute du Mur et la fin de l’URSS, pour aboutir aux possibilités de l’actuelle Russie de Poutine de s’adapter de façon constructive, voire offensive (ou contre-offensive) aux conditions créées par les sanctions économiques. Petras est de l’avis de Yevgeny Primakov (qui n’est pourtant pas un conservateur poutinien), dite sur Itar-Tass le 27 octobre 2014, qui confirme la version de l’agression du bloc BAO au travers de sa politique des sanctions perçue comme un acte de guerre («The aim of anti-Russian economic sanctions is to weaken Russia, corner us, put into practice the idea of a “color revolution” in our country»)

Petras développe une analyse extrêmement stricte, qui prend en compte tous les événements de l’ère eltsinienne, l’intervention du capitalisme sauvage international sous coordination américaniste, l’effondrement des conditions économiques et sociales, etc. Il reconnaît à Poutine une très grande réussite dans son entreprise de relèvement du pays mais juge que la méthode employée a comporté plusieurs points de faiblesse qui rendent aujourd’hui la Russie vulnérable aux sanctions. L’illustration de la faiblesse principale de la méthode poutinienne a été son comportement vis-à-vis des oligarques qui avaient amassé leur fortune durant les années 1990. Poutine a attaqué les “politiques” (ceux qui ont fait de l’activisme globalisant et considéré comme antirusse, et antipoutinien, à partir de leurs fortunes), les éliminant souvent en les forçant à émigrer, mais il n’a guère pris de mesures contre les oligarques “économiques”, ceux qui n’avaient pas de projet politique et se sont rangés du côté du pouvoir poutinien. Aujourd’hui, ces oligarques “économiques” sont en difficultés ou deviennent suspects du point de vue politique, parce que l’essentiel de leurs fortunes est investie dans le bloc BAO. Finalement, la méthode poutinienne n’a pas été très différente pour l’économie russe elle-même, et elle montre aujourd’hui sa faiblesse à cause des liens de dépendance économique établis avec le bloc BAO. Voici comment Petras conclut cette longue analyse de la situation russe face aux sanctions, – ou comment s’en sortir…

»First and foremost Russia must diversify its economy; it must industrialize its raw materials and invest heavily in substituting local production for Western imports. While shifting its trade to China is a positive step, it mustnot replicate the previous commodities (oil and gas) for manufactured goods trading pattern of the past.

»Secondly, Russia must re-nationalize its banking, foreign trade and strategic industries, ending the dubious political and economic loyalties and rentier behavior of the current dysfunctional private ‘capitalist’ class. The Putin Administration must shift from oligarchs to technocrats, from rentiers to entrepreneurs, from speculators who earn in Russia and invest in the West to workers co-participation– in a word it must deepen the national,public, and productive character of the economy. It is not enough to claim that oligarchs who remain in Russia and declare loyalty to the Putin Administration are legitimate economic agents. They have generally disinvested from Russia, transferred their wealth abroad and have questioned legitimate state authority under pressure from Western sanctions.

»Russia needs a new economic and political revolution – in which the government recognizes the West as an imperial threat and in which it counts on the organized Russian working class and not on dubious oligarchs. The Putin Administration has pulled Russia from the abyss and has instilled dignity and self-respect among Russians at home and abroad by standing up to Western aggression in the Ukraine. From this point on, President Putin needs to move forward and dismantle the entire Yeltsin klepto-state and economy and re-industrialize, diversify and develop its own high technology for a diversified economy. And above all Russia needs to create new democratic, popular forms of democracy to sustain the transition to a secure, anti-imperialist and sovereign state.

»President Putin has the backing of the vast majority of Russian people; he has the scientific and professional cadre; he has allies in China and among the BRICs; and he has the will and the power to “do the right thing”. The question remains whether Putin will succeed in this historical mission or whether, out of fear and indecision, he will capitulate before the threats of a dangerous and decaying West.»

Cette voie que recommande Petras, la réunion du G20 de Brisbane a montré à Poutine qu’elle était de plus en plus inévitable. Rien, absolument rien ne peut être attendu des dirigeants du bloc BAO, qui se tiennent les uns les autres dans un même réseau serré d’obligations fondamentales de radicalisme dont la crise ukrainienne a fait une prison hermétique. Il n’y a aucun argument, aucune raison, aucun espoir de négociation à attendre, et même, à notre sens, l’idée de diviser l’Europe et les USA, – qui sont également fautifs, avec l’UE en tête, dans cette affaire, – est complètement vaine. Le départ avancé de Poutine de Brisbane (voir le Guardian du 16 novembre 2014), d’ailleurs présenté comme étant une mesure de simple efficacité, sans aucune appréciation officielle de critique, ne fait finalement qu’acter une évidence. Tous les sommets et rencontres des processus internationaux et transnationaux dans lesquels le bloc BAO est partie prenante, et où le bloc BAO parvient, soit par le nombre, soit par la préséance de l’organisation (si un membre du bloc est organisateur de la rencontre), à maîtriser et à orienter la communication, devient automatiquement un théâtre de communication dont le seul but est d’accréditer la narrative du bloc BAO. Les arguments sont d’une nullité consternante, les attitudes dignes de l’agitation de jeunes élèves dans une cour de récréation d’école primaire, lorsque se font les rassemblements conformistes où chacun veut briller plus que l’autre en rajoutant sur la sottise originelle.

Ce phénomène quasi-stupéfiant d’infantilisme de comportement est devenu aujourd’hui écrasant, étouffant, bloquant tout dialogue possible, parce que la narrative dominante est celle de l’Ukraine, et qu’elle est absolument construite sur des fondations sans aucun rapport avec la réalité, illustrant des événements également sans rapport avec la réalité. Lorsque deux interlocuteurs se rencontrent et que l’un dit à l’autre “Je vous serre la main mais n’entame une conversation constructive que si vous retirez vos troupes d’Ukraine”, et que l’autre lui répond “Mais je n’ai aucune troupe en Ukraine, comment voulez-vous que je rencontre votre demande” (on notera qu’en exposant cela, nous ne prenons pas position, même si notre position est connue), – on se trouve dans une situation schizophrénique qui n’a aucune issue, où les deux mondes ainsi définis n’ont aucune chance de se rencontrer. Et ce phénomène n’est pas accessoire, il n’est pas “pour la galerie”, “pour les médias”, etc., il est fondamental notamment dans l’attitude du bloc BAO, – parce que le bloc BAO ne peut tenir sa cohésion, sa position, son standing, son “rang” si l’on veut qu’en ne cédant pas un pouce de sa narrative. Il en est aujourd’hui le prisonnier plus que jamais, alors qu’il en a été au départ la dupe plus encore que le constructeur conscient.

Cette situation générale implique que toutes les démarches de Poutine pour parvenir à un arrangement sont absolument vouées à l’échec. Ce n’est pas un constat bien nouveau, certes, mais ce qui est remarquablement nouveau c’est la constance avec laquelle ce constat ne cesse de se renforcer. Comme on observe la situation, nous dirions que la seule issue se trouve dans une “sortie vers le haut”, c’est-à-dire une tension, un affrontement, une crise-dans-la-crise, une crise-au-dessus-de-la-crise, etc., dans des domaines autres que la seule situation ukrainienne (du cas du Mistral à celui de la dédollarisation, à celui de l’évolution des BRICS, il ne manque pas de champs de manœuvre dans ce sens), où des intérêts essentiels de membres du bloc BAO peuvent se trouver en opposition à cette occasion, conduisant à des divergences significatives de position vis-à-vis de la Russie. En attendant, Poutine n’a qu’une seule issue, qui s’imposera de plus en plus à lui, qui est celle de chercher systématiquement un renforcement de la position russe dans des postures étrangères au bloc BAO, ou antagonistes du bloc BAO. Du point de vue russe, c’est dans ce contexte que les observations du professeur Petras deviennent intéressantes, notamment ce paragraphe où il recommande une “nouvelle révolution économique et politique”, – qui pourrait être vue comme une seconde démarche gorbatchévienne, – la première ayant servi à sortir la Russie de l’emprise du Système par l’attaque et la destruction de la bureaucratie soviétique, la seconde, celle de Poutine, allant dans le sens de sortir la Russie de l’emprise du Système par l’attaque et la destruction de de la restructuration capitaliste et corruptrice forcée des années 1990…

«La Russie a besoin d’une nouvelle révolution économique et politique, – à l’occasion de laquelle le gouvernement doit identifier l’Ouest comme une menace impérialiste et pour laquelle il s’appuiera sur une organisation des forces russes du travail et non plus sur des oligarques douteux et suspects. L’administration Poutine a sorti la Russie des abysses et a à réappris aux Russes la dignité et le respect d’eux-même, chez eux autant qu’à l’extérieur en tenant tête à l’agression occidentale en Ukraine. Appuyé sur cette fondation, le président Poutine doit aller de l’avant et démanteler entièrement les structures corrompues de l’État eltsinien et de son économie, pour ré-industrialiser, diversifier et développer ses hautes technologies dans une économie rénovée. Par-dessus tout, la Russie doit créer une nouvelle démocratie, une forme populaire de démocratie pour soutenir cette transition vers un État souverain et anti-impérialiste…»

A cette lumière, nous dirions que le conseil est effectivement bon, mais avec deux ajouts qui pourraient paraître contradictoires et qui seraient éventuellement plutôt complémentaires : le premier, que cette voie est en train de se dessiner peut-être plus vite que ne le croit Petras, sous la pression des événements, parce qu’elle devient la seule échappée possible pour Poutine qui devra s’appuyer de plus en plus et de plus en plus rapidement sur une sorte de souverainisme populiste en s’ouvrant sur ses alliés type-BRICS pour résister aux pressions du bloc BAO ; le second, qu’une amorce d’évolution dans ce sens, ou une évolution déjà en route, susciterait, si elle n’apprête déjà à le susciter, des remous suffisants pour précipiter certains de ces événements que nous évoquions pour une “sortie vers le haut” de la crise ukrainienne, c’est-à-dire vers une crise internationale plus grave encore qui secouerait gravement la cohésion du bloc BAO et certaines situations intérieures de pays du bloc BAO.

Quoi qu’il en soit des calculs des uns et des autres, le jeu de la Russie (dans le sens où l’archi-gaulliste Philippe de Saint-Robert parlait du Jeu de la France) est aujourd’hui d’une importance vitale, non seulement pour la Russie certes, mais bien au-delà, pour l’équilibre et le sort du Système. D’un point de vue absolument objectif et nécessairement métahistorique, le jeu de la Russie n’a de réelle importance que dans la mesure de ses effets sur l’équilibre et le sort du Système. Il n’est pas sûr que cela convienne aux plans et à la prudence de Poutine, mais cela nous paraît une nécessité métahistorique qui écarte tout le reste.

Source : dedefensa.org

29 réponses à [Reprise] La leçon du G20 et le jeu de la Russie, par Philippe Grasset

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Drôle de guerre contre l’Etat islamique, par...

Publié le par Bernard Felli

Drôle de guerre contre l’Etat islamique, par...

Drôle de guerre contre l’Etat islamique, par Francis Briquemont
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Drôle de guerre contre l’Etat islamique, par Francis Briquemont

Publié le par Felli Bernard

EI
EI

30

nov

2014

Drôle de guerre contre l’Etat islamique, par Francis Briquemont

Drôle de guerre contre l’Etat islamique

Une opinion de Francis Briquemont, Lieutenant Général (e.r.)

“Fasse Dieu qu’ils n’y mettent plus jamais les pieds.” Aboul Fida (historien et poète arabe du XIIIe siècle).

Ainsi se termine “Les Croisades vues par les Arabes” de Amin Maalouf (1). Ne plus voir un “Franj” violer la terre d’Islam : tel était le vœu de Aboul Fida. Les historiens arabes ont en effet considéré que les Croisades étaient bien davantage une agression des Francs qu’un “pèlerinage” chrétien pour récupérer le tombeau du Christ. Les récentes décapitations d’Occidentaux par les jihadistes de l’Etat islamique (EI) comparées aux atrocités commises alors par les Francs au nom du Christ et celles commises par les musulmans au nom d’Allah apparaissent comme des incidents mineurs mais, au XXIe siècle, ceux-ci provoquent des réactions émotionnelles des médias et des opinions publiques telles, que les dirigeants politiques se sentent obligés de réagir immédiatement sous peine d’être accusés de faiblesse ou de mollesse. C’est particulièrement vrai aux Etats-Unis et c’est ainsi que Barack Obama a pris la tête d’une vaste (?) coalition internationale qui a pour objectif de détruire l’EI.

Il est paradoxal de voir Barack Obama en leader de cette coalition. Lui, qui est sans doute le premier président des USA à penser que son pays n’a pas vocation à régir seul le monde; qui était, comme sénateur, contre les aventures en Irak et en Afghanistan et avait réussi à s’en extirper, le voilà replongé dans le bourbier ou plutôt le nœud de vipères du Moyen-Orient.

La durée des opérations étant estimée par certains de trois à… trente ans, nous avons le temps de nous poser quelques questions à propos de celles-ci. Fallait-il décider aussi rapidement de partir en guerre contre l’EI ? A la veille d’élections importantes pour lui – la perte de sa majorité au Sénat paralyserait son action pendant les deux dernières années de son mandat présidentiel (2) – il devait “faire quelque chose” pour éviter les critiques acerbes des Républicains et ce d’autant plus que les deux premiers décapités par les jihadistes étaient des citoyens américains.

Détruire l’EI est facile à dire mais comment et surtout pour quel objectif politique final ? La situation géopolitique du Moyen-Orient est plus complexe que jamais. D’une part, trois Etats se disputent le leadership régional : l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Turquie. D’autre part, la Syrie est ravagée par la guerre, le Liban est très instable et que reste-t-il de l’Irak partagé maintenant entre un Kurdistan irakien autonome, l’EI qui s’étend sur le nord-ouest du pays et l’est de la Syrie et enfin l’Irak du sud. Ajoutons à cela, une guerre de religion impitoyable entre sunnites, menés par l’Arabie, et chiites, appuyés par l’Iran et le “tout” morcelé en d’innombrables tribus, clans, plus ou moins fiables. C’était déjà le cas au temps des Croisades ! J’allais oublier le Kurdistan syrien et le Kurdistan turc qui forment un “ensemble terrain” homogène avec le Kurdistan irakien. C’est ce dernier que l’Occident s’empresse d’organiser pour fournir les troupes au sol contre les jihadistes de l’EI.

Ici, il faut bien s’interroger sur la stratégie opérationnelle de la coalition anti-EI et l’homogénéité de celle-ci. Il y a unanimité pour conclure que les frappes aériennes seules ne résoudront pas le problème et qu’il faut des unités opérationnelles au sol capables de reconquérir le terrain perdu non seulement en Irak mais aussi en Syrie. Les jihadistes ont vite compris comment se fondre, sur le terrain et au sein des populations, pour éviter au mieux les frappes aériennes. Détruire des objectifs fixes (raffineries, dépôts, etc.) est chose aisée – la supériorité aérienne de la coalition est totale – mais attaquer des petites unités qui pratiquent la guerre asymétrique, c’est tout autre chose.

L’envoi de troupes occidentales étant exclu et même impensable, les Occidentaux essaient de former des unités de combat avec les Peshmergas (Kurdes) et de reconstituer une armée irakienne digne de ce nom. De l’avis général, cela prendra du temps.

Mais question fondamentale : cette coalition est-elle fiable ? Barack Obama déclare qu’il faut priver l’EI de toute ressource matérielle : est-ce crédible ? L’EI n’est-il pas soutenu financièrement et matériellement par certains membres de la coalition qui ont encouragé des jihadistes de tous poils depuis de longues années ? J’ai déjà connu ce problème en Bosnie en 1993 !

Quid de la Syrie, de l’Irak, du Kurdistan ?

Finalement, en supposant même que l’EI soit un jour éliminé, quel est l’objectif politique des Occidentaux au Moyen-Orient ? Quid de la Syrie, de l’Irak, du Kurdistan ? Ne doit-on pas s’attendre, à plus ou moins long terme, à une modification de certaines frontières, définies il y a un siècle par la France et la Grande-Bretagne (accords secrets Sykes-Picot) dont le principal souci était de délimiter leurs zones d’influence et certainement pas l’intérêt des populations locales ?

Est-ce vraiment celui des Occidentaux de s’immiscer dans les querelles entre sunnites et chiites – ce que craignait déjà Colin Powell à l’issue de la guerre du Golfe en 1991 – ou encore entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, alors qu’ils ont été et sont toujours incapables d’“imposer” une solution au conflit israélo-palestinien, dont le général américain Zinni, envoyé spécial du Président sur place, disait, il y a dix ans, qu’il était le problème le plus urgent à régler au Moyen-Orient ?

Nul ne sait pendant combien de temps les forces aériennes de la coalition vont exécuter des tirs “ciblés” c.-à-d. sans dommages collatéraux, en attendant que Kurdes et Irakiens soient à même de reconquérir la zone irako-syrienne occupée par l’EI et, ce qui ne simplifie pas le problème, d’éliminer Bachar el-Assad. Que va donc faire exactement la coalition dans cette galère ?

Je ne suis pas certain que cet EI constitue une menace sérieuse pour l’Europe mais cette effervescence permanente au Moyen-Orient incite à réfléchir sur l’avenir de cet îlot de paix qu’est l’UE où l’ambiance politique n’est pas bonne. Jean-Claude Juncker a même déclaré au Parlement européen qu’il présidait la Commission de la dernière chance. En effet, des forces centrifuges disloquent peu à peu la cohésion de cette Europe où l’égoïsme sacré des Etats nations reprend de plus en plus le dessus. Et pourtant, comment ne pas être d’accord avec Pierre Defraigne qui, récemment, terminait un article sur le monde futur et le conflit potentiel entre la Chine et les USA en écrivant : “Qui mieux qu’une Europe unie et forte, c.-à-d. dotée aussi d’une défense commune pour asseoir sa crédibilité, pourrait penser un multilatéralisme adapté au monde multipolaire en émergence ? Y a-t-il une meilleure raison de faire l’Europe politique que de contribuer à la paix du monde ?”
(3)

Pour cela cependant, il faut :

1. que les dirigeants européens cessent de jouer aux “princes-souverains” du Finistère de l’Eurasie;

2. que l’Otan subisse une profonde transformation car une défense européenne véritable ne peut être mise sur pied dans le cadre de la structure actuelle de l’organisation.

Ceci n’est certes pas pour demain, mais, dans l’immédiat, le nouveau président de la Commission pourrait proposer la suppression immédiate des sanctions contre la Russie dont l’efficacité reste à démontrer et qui sont d’abord la conséquence d’un lamentable échec de la diplomatie européenne. N’en déplaise à certains, la paix et la stabilité en Europe dépendent de relations correctes avec la Russie.

Pour terminer, revenons à cette drôle de guerre contre l’EI et évoquons un instant ce “terrorisme” des radicaux – islamistes dont nous sommes menacés constamment et d’une manière peut-être trop émotionnelle. Faisons quand même confiance aux services de sécurité européens et aux mesures déjà prises pour protéger au mieux nos populations.

Et fasse Dieu, dirait Aboul Fida, qu’Il ne serve plus jamais d’alibi à des hommes pour tuer leurs semblables. Ne nous faisons pas d’illusions cependant. En 1919, le géographe anglais H. J. Mackinder écrivait : “La tentation du moment est de croire qu’une paix perpétuelle découlera logiquement de la lassitude des hommes face à la guerre. Pourtant, les tensions internationales renaîtront…”
(4)

Vingt ans plus tard, c’était la Seconde Guerre mondiale et en 2014, certains partent toujours à la guerre en criant : Dieu ou Allah donne-nous la victoire !

(1) Aux Ed. Jean-Claude Lattès. 1983. (2) Il l’a perdue ou conservée ce 4 novembre. (3) “La Libre” du 28 août. (4) Cité par R. D. Kaplan dans “La revanche de la géographie” aux Ed. du Toucan. 2014.

Source : lalibre.be

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Drôle de guerre contre l’Etat islamique

21 réponses à Drôle de guerre contre l’Etat islamique, par Francis Briquemont

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