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Entretien avec Nicolas DHUICQ, de retour de...

Publié le par Bernard Felli

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Entretien avec Nicolas DHUICQ, de retour de Crimée
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Entretien avec Nicolas DHUICQ, de retour de Crimée

Publié le par Felli Bernard

Nicolas DHUICQ est député de la première circonscription de l'Aube, Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, secrétaire du groupe d'amitié parlementaire France-IMG_5010.JPGRussie.
Nicolas DHUICQ est député de la première circonscription de l'Aube, Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, secrétaire du groupe d'amitié parlementaire France-IMG_5010.JPGRussie.

10h04 30 juil. 2015

Entretien avec Nicolas DHUICQ, de retour de Crimée

Nicolas DHUICQ est député de la première circonscription de l'Aube, Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, secrétaire du groupe d'amitié parlementaire France-Russie.

Il siège à l'Assemblée Nationale dans le groupe "Les Républicains" et appartient au mouvement : la Droite Populaire.

Maire de Brienne-le-Château (Aube)

Il se rend régulièrement en Russie et soutient avec Thierry MARIANI la levée des sanctions contre la Russie.

Question : Nicolas DHUICQ vous êtes député (Les Républicains) de l' Aube et vous revenez d'une visite très controversée conduite par Thierry MARIANI en Crimée, avec une escale à Moscou naturellement.

Cette mission a été critiquée de manière complètement hystérique par la presse, relayée par la classe politique, et réciproquement bien que l'on ne sache plus qui relaye quoi, aujourd'hui. En tant que psychiatre, cette hystérie collective vous évoque-t-elle quelque chose ?

Nicolas DHUICQ : Ca m'évoque surtout l'ignorance, et un prêt-à-penser qui est transmis pré-digéré à l'ensemble des décideurs politiques et médiatiques et qui est répété à l'infini. C'est du psittacisme en termes savants si l'on veut. Mais c'est surtout le manque de connaissance historique qui me semble être l'essentiel de la question. A savoir l'ignorance de la protection que la Russie a représenté au Moyen-Âge par rapport aux invasions mongoles et à partir du moment où l'on n'a pas cette notion en tête on est prêts à céder à une vision de la Russie comme d'un objet extérieur, menaçant, bizarre, au mieux excentrique, incontrolable et dangereux.

Je crois que notre travail c'est ça essentiellement, c'est de faire comprendre que la Russie fait partie de l'Europe et qu'il n'y aura pas d'Europe sans la Russie.

Question : Nous sommes ici à l'Assemblée Nationale, à deux pas du pont Alexandre III, qui est l'un des plus beaux symboles de l'amitié franco-russe. Comment en sommes-nous arrivés à la situation d'aujourd'hui ? A cette critique permanente et violente, cette russophobie qui a pour conséquence les dégâts que vous allez sans doute nous décrire ?

Nicolas DHUICQ : Je pense qu'il y a plusieurs mouvements. D'abord je vois dans ma propre expérience; je suis né au moment où existait encore le mur de Berlin. Donc nous avions une menace réelle d'une percée des chars soviétiques dans la trouée de Fulda au cours d'une offensive éclair dont on sait tres bien que par exemple en Allemagne de l'Est les médailles ont été frappées pour une campagne à l'Ouest. Et certains sont restés dans cette période, surtout parmi nos ainés. Ils n'ont pas compris que la Russie était un pays développé, que c'était un pays européen, ils sont restés dans cette idée d'affrontement entre deux blocs.

Le deuxième facteur c'est que c'est un rève français d'avoir une "Europe-puissance" et je me suis apperçu progressivement en prenant de l'âge que ce rêve n'était pas partagé par les Allemands, par les Italiens, par les Néerlandais et qu'en fait nous avions une construction européenne qui est une construction Wilsonienne c'est à dire totalement à la solde de la puissance, de l'Imperium américain.

Aujourd'hui nous n'avons pas de diplomatie, européenne bien sûr, mais ce qui est plus grave c'est que la France n'a plus de diplomatie autonome, nous sommes les zélites de l'empire américain et nous n'avons plus de pensée autonome. C'est ça qui me semble le plus grave pour l'avenir.

Question : Vous venez de souligner le manque de diplomatie européenne et de diplomatie française, il se trouve que des pays satellites de l'Empire américain tels que la Pologne, la Lettonie ont fermement critiqué votre présence en Crimée. Comment vous, en tant que parlementaire français, élu de la nation française percevez-vous ce genre d'ingérence dans la diplomatie française ? Qu'elle soit d'origine gouvernementale, ou dans la cas de votre mission, d'origine parlementaire ?

Nicola DHUICQ : Il y a plusieurs niveaux de lecture. Le premier niveau de lecture c'est votre question elle-même. Je dirais c'est leur problème, ce n'est pas le mien. Ils peuvent dire ce qu'ils veulent ça n'atteindra pas mon indépendance d'esprit.

Le deuxième niveau de lecture c'est que je ne comprends pas la diplomatie de Varsovie. Je pense que Varsovie aurait tout intérêt et tout à gagner à continuer sa collaboration avec la Fédération de Russie et à partager une zone d'influence sur ce que l'on appelle aujourd'hui l'Ukraine. Dont on sait historiquement qu'elle en a occupé une grande partie lorsque le grand duché de Lituanie est tombé dans l'escarcelle des rois de Pologne.

On sait aussi qu'à Maïdan les services secrets polonais étaient à l’œuvre. Cette diplomatie polonaise, pour moi, se trompe parce qu'elle est totalement inféodée à Washington. Complètement paranoïaque puisqu'elle ne voit de la Russie que l'aspect menaçant et envahissant. J'ai la sensation que les Polonais sont restés au stade de la Guerre Froide et font tout pour repousser le plus loin possible les frontières de la Fédération de Russie au lieu de comprendre qu'ils ont tout intérêt à travailler avec. Pour ce qui est des pays baltes, leur histoire -on le sait-est différente. Pour ce qui est de la Lituanie, là nous sommes sur des terres de culture différente de la terre russe. Je pense qu'il y a là la mémoire (évidemment) de la possession russe du territoire. Le pays est petit et a la volonté de se créer une histoire nationale, d'autonomie et d'indépendance. Et c'est tout le problème de la construction européenne qui mèle des états-nations qui ont eu des empires coloniaux comme la France et le Royaume Uni, avec des états de plus petite taille, ayant des histoires d'indépendance beaucoup plus limitées, souvent des dépendances d'autres grands centres de puissance. Ce qui fait que nos logiques sont complètement différentes. Je pense que les Baltes sont encore dans un complxe d'infériorité qui les rend agressifs à l'égard de la Russie.

Question : Vous revenez donc de Crimée où vous avez effectué votre premier voyage. Quelles ont été vos premières impressions ? Car la presse a parlé d'un voyage "Potemkine", mais qu'en avez-vous ressenti personnellement ? En outre, votre délégation était conduite par Thierry MARIANI qui est sans conteste un grand connaisseur de la Russie et le député représentant les Français résidant en Russie. La vision est complètement différente par rapport à une personne qui visite la Russie pour la première fois.

Nicolas DHUICQ : Il y a plusieurs réponses. La première est , je dirais, presque sensuelle, car je me suis senti dans la partie sud comme en Corse. Avec la chaleur, la mer, le soleil, la rencontre de la mer et de la montagne. Des fruits et des légumes extraordinaires en qualité et en goût. Une cuisine que je qualifie de "géorgienne" mais qui est en fait due à l'influence turque. Une cuisine extraordinaire pleine de saveurs, des vins madèrisés. Bref déja la satisfaction des sens et c'est tres important. Deuxièmement pour ce qui est des gens, un accueil ouvert, direct, sans retenue et cette générosité du coeur de l'âme russe. Et pour ce qui est des critiques par rapport à ces rencontres, je vois mal comment le pouvoir local en place aurait pu recruter autant d'enfants, de grand-mères, de parents disponibles pour nous rencontrer. Et les discours étaient unanimes, et c'est le troisième point. le discours qui ressort c'est que les gens sont content d'être en paix, et très heureux d'être revenus dans le giron de la Fédération de Russie. Et cette définition, n'est pas une définition ethnique puisque nous avons rencontré des Tatars; il y avait certainement dans la population des gens qui pouvaient se déclarer ukrainiens. Je pense que l'immense majorité de la population ne souhaitait qu'une chose, c'est de revenir dans l'ordre et la paix avec la prospérité qu'apporte la Fédération de Russie.

Et quatrièmement, et lorsque nous nous sommes déplacés à l'intérieur des terres nous avons vu effectivement les richesses agricoles. Nous avons vu que les paysages étaient à peu près préservés, mais qu'il y avait sans doute d'importantes opportunités pour des entreprises françaises en particulier en matière de traitement des déchets. Nous avons vu malheureusement une décharge à ciel ouvert. Et aussi en matière d'infrastructures. Et j'ai la sensation en tant que maire moi-même que les routes n'ont pas été entretenues pendant 10 ans. C'est à dire pendant la période au cours de laquelle l'Ukraine a eu un gouvernement qui se voulait indépendant.Pour preuve de tout cela, aujourd'hui les trois langues sont langues officielles : Ukrainien, Russe et Tatar.

Donc globalement une population apaisée, et heureuse d'être revenue en Russie.

Question :Vous êtes député d'un département essentiellement agricole et vous venez de mentionner la production agricole de la Crimée. Comment avez vous perçu l'effet des sanctions ridicules qui pèsent sur la Russie depuis la Crimée ?

Nicolas DHUICQ : Je pense qu'il y a là aussi plusieurs niveaux qui dépendent du pouvoir d'achat des populations concernées. Pour les plus aisés c'est le regret et la difficulté de ne pas pouvoir acheter de bons produits français. Dans la population en général je n'ai pas vu de souffrance particulière ce qui fait que la Fédération de Russie fait de gros efforts d'autonomisation pour ce qui est des produits alimentaires et puis naturellement va chercher des débouchés et des fournisseurs ailleurs. Le bilan de l'opération c'est que notre agriculture qui souffre déjà terriblement est en train de perdre des marchés et elle les perdra, je le crains, définitivement.

C'est ça qui m'inquiète. Je viens d'une terre où il y a des suicides d'exploitants agricoles presque toutes les semaines. Des exploitants qui sont pressurés par un triple facteur : La nouvelle politique agricole commune qui redonne le pouvoir aux régions comme les landers allemands qui adaptent comme ils le souhaitent les règlements européens.

Deuxièmement la loi de 2014 de M LE FOLL qui est faite pour favoriser d'autres productions que celles de ma région.
Et troisièmement enfin je redoute les effets à venir du traité de libre-échange transatlantique qui vont être catastrophiques. Et enfin il y a un autre point qui est beaucoup plus récent dans l'actualité, et je me suis battu ici, dans l'hémicycle contre qui est le délétère traité de libre échange entre l'Union Européenne et l'Ukraine et entre l'Union Européenne et la Géorgie. Pour ce qui est de l'Ukraine, je redoute l'arrivée massive de produits ukrainiens produits dans des conditions sanitaires qui ne sont pas les nôtres.

Paradoxalement, ceux-là même qui veulent les sanctions et imposent à nos agriculteurs des normes totalement folles,et inatteignables économiquement sont ceux qui vont tuer l'agriculture française en faisant venir des produits de moins bonne qualité d'Ukraine. Nous aurions tout à gagner dans le domaine agricole à lever les sanctions.

Question : Vous êtes député du groupe du mouvement "Les Républicains" présidé par Nicolas SARKOZY, comme la majorité de la délégation. N'est-ce pas paradoxal que ce soient des députés plutôt classés à droite de se rapprocher de la Russie alors que les thuriféraires socialistes de l'ancien système soviétique se prostituent en adoptant systématiquement les positions américaines ?

Nicolas DHUICQ : Non je ne pense pas qu'il y ait de paradoxe. C'est ainsi que l'Histoire a souvent fonctionné, les Socialistes désarment, détruisent les industries d'armement et se lancent dans des guerres. Nous avons une multitude d'opérations extérieures aujourd'hui. En ce qui concerne le Mali, je pense qu'on ne pourra jamais faire de ce pays un véritable état-nation . On aurait dû favoriser le fédéralisme et de déléguer aux Touaregs la gestion de ce qu'on appelle maintenant la banque Sahélo-sahélienne. C'est la même lecture pour ce qui est de la Fédération de Russie : une absence totale de vision, une absence de culture et je crois que la Russie pose un problème qui n'est pas verbalisé à ces gens, c'est que le Président POUTINE reprend l'héritage des tsars, remet en place le prestige de la Russie, et on l'a vu par exemple avec la parade de la Garde au Kremlin, et veut revenir dans l'Histoire. Et ceci inquiète, car cela signifie que l'Histoire n'est pas linéaire, c'est à dire que c'est comme si en France on admettait de revenir sur certaines violences que la Révolution Française a cautionné et reprendre l'héritage des rois.

Et ce fait que l'Histoire n'est pas forcément linéaire, et que l'on peut reprendre des éléments du passé naturellement remet profondément en cause des dogmes et la doxa des personnes que l'on dit "à gauche". Non pas les électeurs, mais les hiérarques de ces partis. Pour eux c'est une remise en question profonde de leur inconscient. Pour moi c'est l'une des raisons qui est à la source de cette détestation, de cette haine de la personne du Président POUTINE.

Question : Une dernière question en relation avec tout cela. Se déroulent actuellement à Kazan (République du Tatarstan) les championnats du monde de natation, plongeon, water-polo, natation synchronisée ... depuis vendredi 24 juillet. Nous sommes aujourd'hui mardi 28 juillet, et jusqu'à présent aucun média princicipal n'a fait mention de cet événement mondial. Les épreuves ne seront retransmises que par Canal+ Sport (payant) et France 2 à partir du 2 août. N'assistons-nous pas à une volonté délibérée d'ignorer un événement sportif de cette importance justement parce qu'il se déroule en Russie ?

Nicolas DHUICQ : Certainement, et cela participe à ce que j'expliquais tout à l'heure, c'est que nous retrouvons aujourd'hui une réthorique selon laquelle la Russie serait un pays étrange, angoissant, où les gens vivraient tous sous le seuil de pauvreté, qu'il n'aurait aucune économie, et qu'il n'y aurait aucune liberté de parole ni de pensée. Et on retrouve là et c'est assez surprenant si l'on a un regard trop rapide, mais éclairons en nous inspirant de l'expérience de l'Histoire, je retrouve là des éléments de la propagande nazie et de la justification de la seconde guerre mondiale.

Je trouve que l'on a à nouveau, évidemment avec un langage plus apaisé, dans la même procédure intellectuelle.

Lien permanent Catégories : Actualité, Pays de la CEI, Professionnel, Russie Tags : dhuicq, député, les républicains, russie, crimée, mariani, sanctions, économie, europe, france

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«Le TAFTA, c’est un OTAN économique qui se met...

Publié le par Bernard Felli

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«Le TAFTA, c’est un OTAN économique qui se met en place»

Publié le par Felli Bernard

Traité transatlantique
Traité transatlantique

Jacques Nikonoff : «Le TAFTA, c’est un OTAN économique qui se met en place»

28 juil. 2015 14:28

Source: Reuters

Un graffiti dans les rues de Bruxelles

Professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris 8, Jacques Nikonoff évoque les dangers que le TAFTA représente pour l’économie européenne.

C’est lors de la réunion du G8 qui s’est tenue à Lough Erne, en Irlande du Nord, les 17 et 18 juin 2013, que les négociations ont été lancées officiellement pour aboutir à un Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), Transatlantic Trade & Investment Partnership (TTIP) en anglais, ou encore Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA). Quelques jours avant, à Luxembourg, dans une opacité totale, les ministres du Commerce des Vingt-Sept avaient adopté le mandat à confier à la Commission européenne pour conduire les négociations au nom de l’Union européenne. Il n’y aurait rien à redire si ces négociations entre les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne avaient pour objectif de rapprocher les peuples des deux côtés de l’océan. Un tel partenariat, s’il avait pour ambition de construire la paix, d’améliorer la prospérité générale, de s’attaquer radicalement aux désastres environnementaux, d’établir des normes de haut niveau en matière de protection sociale, d’éradiquer définitivement le chômage et la précarité, et donc la pauvreté, susciterait un enthousiasme universel. Il serait un exemple pour le reste du monde.

Hélas, non seulement il ne s’agit pas du tout de cela, mais de l’inverse. La décision prise en Irlande les 17 et 18 juin 2013 est monstrueuse à tous égards. Il s’agit ni plus ni moins de mettre en place un empire euro-atlantique pour restaurer le leadership mondial des États-Unis, de privatiser le droit et la justice en les remettant dans les mains des firmes multinationales, anéantissant ainsi la démocratie, de parachever le libre-dumping qui met en concurrence les travailleurs des différents pays et n’est profitable qu’aux très grandes entreprises. Les grands médias occidentaux évoquent un accord de «libre-échange». Bien sûr, la composante libre-échangiste est présente (parlons plutôt de «libre-dumping» pour ne pas salir les jolis mots de «libre» et d’ «échange»), mais elle est loin d’être l’essentiel. Derrière la perspective impérialiste des États-Unis il y a, pour la consolider, la volonté de s’attaquer principalement aux «barrières non-tarifaires» que sont les normes sociales, environnementales, alimentaires, techniques, etc. Car en matière de droits de douane, il n’y a plus grand-chose à gratter.

C’est un tournant de la géopolitique mondiale qui est train de s’amorcer sous nos yeux, c’est un «OTAN économique» qui se met en place. Ce projet ne date pas d’hier et résulte d’une série d’étapes aisément traçables depuis la création de l’OTAN en 1949 et du Marché commun en 1957. Le PTCI (TAFTA) est le résultat direct d’un intense travail mené par les lobbies américains et européens, financés par les grands groupes industriels, de services ou financiers. Les plus actifs ont été les chambres américaines de commerce, le Transatlantic Business Council (TBC) et le Transatlantic Policy Network (TPN). Ce dernier est composé pour moitié de représentants des firmes multinationales surtout américaines comme AT&T, BASF, Bayer, Dow Chemical, Hewlett Packard, Nestlé, Time Warner, Walt Disney Company, etc. L’autre moitié est composée de 60 députés européens et d’élus du congrès des États-Unis. Une partie du monde politique, manifestement, n’a pas été insensible aux «arguments» de ces lobbies. Ainsi 8% des parlementaires européens sont membres du Transatlantic Policy Network

Il est vrai que les intérêts en jeu sont considérables. Les États-Unis et l’Union européenne comptent pour presque la moitié du PIB mondial et 30% du commerce international. Selon le «mémo» 13/95 du 13 février 2013 de la Commission européenne, «les relations commerciales transatlantiques constituent l’épine dorsale de l’économie mondiale».

Le PTCI aborde trois sujets : d’abord «les règles, les principes et les nouveaux modes de coopération permettant de répondre aux défis partagés et aux opportunités communes du commerce mondial» ; ensuite «les questions de réglementation et les obstacles non tarifaires» ; et enfin «l’accès au marché».

Au total le PTCI vise à redonner le leadership mondial aux États-Unis en faisant de l’Union européenne son arrière-cour. Si par malheur cet accord était conclu, une nouvelle vague de libéralisation destructrice s’abattrait sur la planète. La lutte contre cet accord ne doit pas se limiter à la revendication de l’ «exception culturelle». Elle doit se fixer pour perspective d’empêcher la conclusion de cet accord, dans son intégralité, et de construire un ordre mondial fondé sur la coopération entre les peuples dans le respect de leur souveraineté nationale.

Malheureusement, à l’issue du 10e cycle de négociations qui vient de se terminer, le Parlement européen, sans surprise, a donné son feu vert. Ce qui fait dire à Madame Malmström, commissaire européen au Commerce, que l’accord pourrait être signé à l’été 2016. Cela laisse encore un an pour le faire capoter…

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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Le yuan, les DTS... et la Bourse

Publié le par Bernard Felli

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Le yuan, les DTS... et la Bourse

Publié le par Felli Bernard

Le yuan, les DTS... et la Bourse
Cécile Chevré


Depuis hier, nous nous concentrons sur les conséquences de la volonté très affichée de Pékin d'intégrer le club privé des DTS, à savoir le panier de devises qui servent à déterminer la valeur de cette super-monnaie du FMI. Nous avons vu que, pour Pékin, une telle intégration vaudrait une intronisation au rang d'économie qui compte, de monnaie incontournable. Il y a beaucoup de prestige à tirer d'une telle intégration, les dirigeants chinois en sont parfaitement conscients. Les investisseurs aussi.

Une des premières conséquences de l'intégration de la Chine dans le club des DTS serait de voir flamber la demande en yuan

DTS = plus de demande pour le yuan
Une des premières conséquences de l'intégration de la Chine dans le club des DTS serait de voir flamber la demande en yuan. Les DTS sont en effet échangeables par les pays qui les détiennent dans une des devises qui leur sert de référence (pour le moment le dollar, l'euro, la livre et le yen). L'arrivée du yuan dans ce petit cercle très restreint confirmerait – je vous le disais – son statut de grande monnaie internationale mais surtout de monnaie de réserve.

Concrètement, les banques centrales devraient acheter de plus en plus de yuans dans les années à venir et les investisseurs se tourner un peu plus vers les marchés – obligataires ou actions – chinois.

Le yuan, les DTS... et la Bourse
Cet intérêt, nouveau, pour le yuan, les obligations et les actions chinoises expliquent en partie la hausse des marchés (chinois) au cours des derniers mois – et aussi le récent krach. C'est ce qu'expliquait l'économiste Charles Gave (que vous devez bien connaître si vous suivez Simone Wapler dans sa Stratégie) :

Très rapidement la monnaie chinoise deviendrait convertible, ce qui permettrait au monde entier d'acheter des actions chinoises... Or la capitalisation boursière de la Chine doit être aujourd'hui la seconde du monde. A ce moment là, tous les fonds indiciels seront obligés d'en acheter, ce qui créera une demande immense et donc ces actions vont monter très fortement.

C'est sur ce raisonnement, que j'ai tenu ici d'ailleurs, que les actions chinoises ont explosé à la hausse en avril et il reste valable bien entendu.

Mais les deux grandes sociétés qui calculent les grands indices internationaux, FT et MSCI ont fait savoir en mai que certes elles incluraient les valeurs chinoises dans les indices, mais avec une sage lenteur, doucement, doucement...

Et comme tous les operateurs chinois avaient acheté sur marge (c'est-à-dire en empruntant l'argent nécessaire à ces achats), en espérant bien sur revendre leurs titres à des fonds indiciels d'ici à la fin de l'année, ils se sont retrouvés sans les acheteurs qu'ils espéraient voir surgir et ont donc été obligés de revendre à... d'autres Chinois, qui ne se précipitaient pas pour acheter.

A moyen terme donc, une intégration du yuan dans le club des DTS devrait exercer une pression haussière sur le yuan

A moyen terme donc, une intégration du yuan dans le club des DTS devrait exercer une pression haussière sur le yuan. A moyen terme seulement car, comme le rappelle Jim Rickards dans Intelligence Stratégique, pour le moment (ralentissement économique oblige), les pressions sont plutôt baissières :

Il se pourrait qu'une pression haussière s'exerce sur le yuan, mais à l'heure actuelle, le yuan a plutôt tendance à baisser car la croissance ralentit et certains politiciens encouragent cette situation. Il va donc falloir inverser cette tendance.

L'entrée du yuan dans les DTS menacée
Reste que le krach boursier de ces dernières semaines a, selon certains commentateurs, remis en cause l'intronisation du yuan dans le club des DTS.

Mi-juillet, L'Agefi titrait : "Pékin réduit les chances d'une entrée du renminbi parmi les DTS. La perspective d'une inclusion du renminbi parmi les devises de réserve du FMI est mise à mal par la réponse des autorités chinoises à la chute des marchés".

Pourquoi l'intervention, certes massive, de Pékin pour soutenir ses marchés boursiers pourrait-elle remettre en cause une intégration qui semblait courue d'avance ?

Pourquoi l'intervention, certes massive, de Pékin pour soutenir ses marchés boursiers pourrait-elle remettre en cause une intégration qui semblait courue d'avance ? Parce qu'en agissant aussi lourdement et tous azimuts, les autorités chinoises vont à l'encontre des règles du libéralisme, règles dont le respect est indispensable à l'intégration aux DTS.

"La probabilité d'une inclusion a grandement diminué sur les trois dernières semaines. Le gouvernement augmente son contrôle de l'économie et il est probable que cela s'étende à la monnaie et cela permettrait aux Etats-Unis de montrer que la Chine ne remplit pas les conditions pour une inclusion au sein des DTS", explique David Woo, stratégiste en chef chez Bank of America Merill Lynch, cité par L'Agefi.

Certes, certes... Pékin a sorti l'artillerie lourde (et pour l'instant en grande partie inefficace) pour empêcher les marchés actions de poursuivre leur baisse. Mais la Fed, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon et la BCE, quatre banques centrales dont la devise a intégré le panier des DTS, ont-elles vraiment agi de manière plus "libérale" depuis 2007 en baissant leurs taux, en pratiquant différentes formes de quantitative easing et en injectant des milliards de liquidités ? Les moyens d'action de la Banque populaire de Chine sont simplement moins discrets, plus "bruts de décoffrage".

Le FMI, par la voie de sa directrice Christine Lagarde, a tenu à rassurer Chine et investisseurs en assurant que le récent krach des actions ne menaçait pas l'intégration du yuan dans le club des DTS :

Nous pensons que l'économie chinoise est résistante et suffisamment forte pour supporter ce genre d'importantes variations sur les marchés.

Personne ne doit être surpris qu'ils veuillent maintenir un marché en ordre, c'est après tout le devoir de telles autorités

La directrice du FMI a même dédouané Pékin pour ses interventions massives :

C'est un marché relativement jeune et il y a un élément d'apprentissage venant des acteurs de marchés, de ceux qui investissent [...] et bien sûr des autorités. [...] Personne ne doit être surpris qu'ils veuillent maintenir un marché en ordre [...] c'est après tout le devoir de telles autorités.

Bref, krach chinois ou pas, l'intégration du yuan aux DTS est en cours. Réponse définitive très certainement d'ici la fin de l'année.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Pour le moment, nous l'avons vu hier, la Chine est obligée de maintenir le peg avec le dollar, ce qui l'empêche de jouer la dévaluation pour soutenir ses exportations et son économie. Mais que se passera-t-il quand elle n'aura plus cette obligation ? Quand elle sera parvenue à intégrer le club des DTS. Nous risquons d'assister à une évolution de la politique monétaire de Pékin.

L'autre conséquence notable, à moyen/long terme, d'une probable intégration, c'est que l'intérêt pour le yuan, les obligations et les actions chinoises va croître pour les investisseurs étrangers. Un mouvement que Pékin encourage en ouvrant des pans entiers de son économie et de sa finance. Là encore, un facteur haussier dont nous saurons profiter.

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Bulgarie: les implications de la politique...

Publié le par Bernard Felli

Bulgarie: les implications de la politique...

Bulgarie: les implications de la politique anti-russe
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Bulgarie: les implications de la politique anti-russe

Publié le par Felli Bernard

Bulgarie: les implications de la politique anti-russe

Bulgarie: les implications de la politique anti-russe

Par Dmitry Minin – Le 23 juillet 2015 – Source: Strategic Culture

La crise de la dette grecque et l’Ukraine au bord de l’effondrement sont les questions à la une. On accorde moins d’attention à la Bulgarie, bien que ce pays puisse bientôt devenir un nouveau casse-tête pour l’Europe. Le gouvernement bulgare est loyal à l’égard des États-Unis, mais il pourrait se transformer en maillon faible parmi les alliés européens de l’Est qui dépendent beaucoup de Washington.

Gary Edward MacDougal, co-président de la Fondation Amérique pour la Bulgarie croit que le président russe Vladimir Poutine veut faire accéder un gouvernement pro-russe au pouvoir en Bulgarie. Il écrit que dans un discours à Sofia aux membres de la Fondation Amérique pour la Bulgarie, le président bulgare Rosen Plevneliev a comparé, comme il le dit, «l’agression de sape furtive contre la Bulgarie» de Moscou à une tentative style cheval de Troie pour pénétrer l’Otan. La Russie n’aura pas besoin de recourir à la force pour prendre le contrôle sur le pays. C’est la véritable crainte exprimée par le président Plevneliev et reprise par d’autres dirigeants bulgares. De nombreux Bulgares ont longtemps eu des sentiments positifs à l’égard de leurs anciens alliés d’Union soviétique. Par ailleurs, la Bulgarie dépend du gaz russe, et la capacité de Moscou de fermer le robinet de l’énergie en hiver commande les cœurs et les esprits des Bulgares.

L’enquête menée par l’Institut bulgare de politique moderne entre le 26 juin et le 4 juillet montre que 71.4% des personnes interrogées disent non aux plans qui envisagent le pré-positionnement d’équipement militaire US en Europe de l’Est et en Europe centrale, y compris en Bulgarie. Les stocks prépositionnés pour être entreposés sur des bases alliées sont suffisants pour équiper une brigade de 3 000 à 5 000 soldats. Seuls 7.2% des personnes interrogées ont soutenu cette idée. Combien de systèmes d’armes seront déployés n’est pas vraiment important. Ce qui importe vraiment est le fait que les forces états-uniennes seront stationnées sur le territoire d’États qui étaient membres de l’Organisation du Pacte de Varsovie. C’est contraire à tous les accords conclus dans la période Gorbachev-Eltsine. La question n’a pas été posée au pays hôte, mais lui a été notifiée. Cela a été fait d’une manière assez condescendante. L’armée américaine dit que la décision est arrêtée et que la seule chose à discuter est où exactement l’équipement sera entreposé, selon le colonel de l’armée US Steve Warren, directeur des services de presse du Pentagone.

Lorsque cela s’est produit, personne n’avait entendu parler de ces plans au ministère bulgare de la Défense. Même le Premier ministre Boiko Borisov, connu pour sa tendance pro-US, n’a pas été mis au courant. Pourquoi les Américains le feraient-ils une fois qu’il est des nôtres ?

Le président Plevniev a tenté de faire comme s’il était prévu que Washington demande son consentement pour le déploiement. Jusqu’ici, l’affaire n’a pas été discutée. En même temps, il a dit que la Bulgarie agirait comme un membre de l’Otan responsable. Cette position va à l’encontre de l’opinion de sa population, mais il craint que quelqu’un, outre-mer, prenne pour une liberté de pensée inadmissible ses tentatives prudentes d’afficher une prétendue indépendance.

L’ancien ministre des Affaires étrangères Solomon Isaac Passy a proposé de stationner en Bulgarie 1 400 chars au lieu de 14. Lors d’une visite à Washington entre le 13 et le 17 juillet, le ministre des Affaires étrangères en titre, Daniel Mitov, a déclaré avec servilité qu’aucun autre pays n’était aussi proche de la Bulgarie que les États-Unis et que la relation bilatérale était en plein essor.

La Bulgarie aide l’Ukraine dans la réhabilitation en soignant des blessés qui ont combattu dans la zone de guerre, le Donbass, tandis que le tourisme russe a diminué de 60% cette année. Les médias ont évoqué à de nombreuses occasions l’aide militaire que fournit la Bulgarie à l’Ukraine.

Depuis quelques temps, les dirigeants occidentaux rechignent à se rendre à Kiev. Ils ne veulent pas être associés avec le régime, ni avec ce qu’il fait. C’est pourquoi Petro Porochenko a beaucoup apprécié que le président bulgare ait effectué une visite officielle en Ukraine. Celle-ci a commencé par un épisode très symbolique et scandaleux. Des partisans vigilants du mouvement de Maïdan ont enlevé quelque 200 drapeaux bulgares blanc-vert-rouge. Dans l’obscurité, ils les avaient pris pour des drapeaux tricolores russes. Tout est vu à la lumière de la confrontation avec la Russie dans l’Ukraine actuelle.

L’hôte n’y a pas prêté attention. Il n’est pas idiot et sait comment ravaler sa fierté nationale. Effectivement, les parties n’ont pas discuté de relation bilatérale, à part une déclaration ridicule sur l’intention de joindre leurs efforts en construisant un pont sur le Danube, «dans le cas où l’Union européenne fournit les fonds». Le président Plevneliev est connu comme russophobe en Bulgarie. Au cours de la visite, il a mis l’accent sur la Russie, l’accusant de violer la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Il a souligné le fait que la Bulgarie soutient les sanctions de l’Union européenne contre la Russie et veut qu’elles continuent.

Le fossé est profond entre cette position et les sentiments des gens. L’enquête mentionnée ci-dessus dit que 64.5% des personnes interrogées se sont exprimées contre les sanctions anti-russes pour seulement 15% qui les soutiennent. L’opposition aux sanctions émane de personne de tous âges : la jeunesse soumise au lavage de cerveau idéologique dans une plus large mesure que les autres (56%) et les sondés plus âgés (73%). Même parmi les partisans du Bloc réformiste, une alliance électorale de centre-droit en Bulgarie, l’idée des sanctions a obtenu 37% des soutiens. C’est ce qui fait peur à Washington – la différence d’opinion entre le gouvernement et le peuple bulgare. C’est ce qui les met en alarme, et non la prétendue main de Moscou.

La Maison Blanche fait danser ses alliés sur sa musique et supporte aussi la charge matérielle. Le Premier ministre Boiko Borisov reconnaît que le secteur national de l’agriculture a perdu 80 millions d’euros à la suite de la guerre des sanctions avec Moscou. Il voulait que l’Union européenne compense cette perte mais on ne lui a offert que 300 000 euros. Selon le ministre de l’Économie Bojidar Loukarsky, cette année, le montant du commerce avec la Russie a baissé de 15% à cause des sanctions. Depuis l’automne dernier, les Russes n’achètent pas de biens immobiliers dans les zones touristiques. L’ingénierie, l’industrie de la défense et la production de marchandises de consommation et de biens intermédiaires, toutes ces branches de l’économie sont touchées.

C’est seulement la pointe de l’iceberg. Les produits laitiers, les tomates et les pommes d’autres pays de l’Union européenne destinés à la Russie ont fini en Bulgarie. Ce processus est incontrôlé. Ils sont meilleur marché que les produits bulgares, en raison de subventions plus importantes. Résultat, la production laitière et l’élevage sont au bord de l’effondrement. Le tourisme souffre car les Russes préfèrent aller ailleurs. De nombreux hôtels, en particulier dans les petites régions urbaines, sont vides.

La situation est grave. Boiko Borisov a beaucoup contribué à contrecarrer des projets conjoints avec la Russie, y compris le South Stream. Cette fois, il a dû s’écarter de ce que le président Plevneliev avait dit. Selon lui, la Bulgarie n’a rien à voir avec le cheval de Troie. Le Premier ministre a dit au début de juin, dans une interview au premier directeur général adjoint de l’agence ITAR-TASS, Michael Gusman, qu’il voulait que les États-Unis et l’Union européenne aplanissent leurs divergences avec la Russie et mettent fin aux sanctions le plus tôt possible.

Il a dit que la Russie et la Bulgarie avaient des relations à deux niveaux – des liens historiques qui les protègent contre l’influence étrangère et des relations politiques affectées par les événements actuels.

Inutile de dire que la russophobie est un produit très demandé actuellement, mais dans l’ensemble, elle ne paie pas et elle est difficile à vendre. Elle n’apporte aucun bénéfice. Ce n’est certainement pas un instrument pour rendre un pays prospère.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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Publié le par Bernard Felli

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Publié le par Bernard Felli

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