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Djibouti, première facilité navale de l’armée chinoise à l’étranger

Publié le par Felli Bernard

DJIBOUTI
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Djibouti, première facilité navale de l’armée chinoise à l’étranger

Réseau Voltaire | 29 février 2016

La construction d’une base navale civilo-militaire chinoise à Obock (Djibouti) est annoncée depuis plus d’un an. Les travaux viennent de commencer, a annoncé le porte-parole du ministère de la défense, le colonel Wu Qia, le 25 février 2016.

Le 25 février 2014, les ministres de la Défense de Chine et de Djibouti, le général Chang Wanquan et Darar Houffaneh, signaient un accord de partenariat stratégique autorisant la Marine militaire chinoise à utiliser un port déjà existant.

En mai 2015, le président Ismail Omar Guelleh annonçait que des négociations étaient en cours pour construire une base navale chinoise dans son pays. Le 21 janvier 2016, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei, confirmait que les discussions avaient été conclues par le président Xi lors de son voyage à Johannesburg, au sommet du Forum de coopération sino-africain.

Dans le contexte de l’installation chinoise à Djibouti et du déploiement de 10 000 hommes en Afrique, la République populaire construira une ligne de chemin de fer reliant Djibouti à Addis-Abeba pour un montant de 3 milliards de dollars.

Obock sera la première base navale à double usage, civil et militaire, chinoise à l’étranger depuis l’odyssée de l’amiral Zheng He, le « grand eunuque aux trois joyaux », qui au XVe siècle tenta de restaurer la « route de la soie » par la voie maritime, précisément avec Djibouti.

Officiellement cette « facilité » navale sera utilisée dans la lutte contre les pirates somaliens. Cependant, elle aura surtout pour fonction de sécuriser la nouvelle « route de la soie » maritime.

En mars et avril 2015, la Marine chinoise avait évacué ses ressortissants du Yémen. Il s’agissait d’une première opération de ce type hors de la sphère d’influence traditionnelle de Pékin.

L’Inde observe avec inquiétude le déploiement militaire chinois autour d’elle.

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500 Syriens prennent d’assaut la frontière grecque, où 7.000 migrants et réfugiés sont bloqués 29 Feb

Publié le par Felli Bernard

500 Syriens prennent d’assaut la frontière grecque, où 7.000 migrants et réfugiés sont bloqués 29 Feb

500 Syriens prennent d’assaut la frontière grecque, où 7.000 migrants et réfugiés sont bloqués

29 Feb

La situation est très tendue au poste grec d’Idoméni, à la frontière macédonienne, où plus de 7.000 migrants et réfugiés sont bloqués.

La semaine dernière, le commissaire à l’immigration de l’ UE Dimitris Avramopoulos a livré un bilan plutôt déconcertant des perspectives de l’utopie multiculturelle d’Angela Merkel : si la Turquie et la Grèce n’arrivent pas à une sorte d’accord sur la façon de sécuriser la frontière extérieure de l’ Europe la semaine prochaine, le Bloc s’effondrera tout simplement sous le poids du flux de réfugiés du moyen-Orient.

Voilà qui est clair mesdames et messieurs . Au moins un eurocrate pense que toute cette expérience avec les frontières sans passeport va en venir à une fin plutôt désastreuse dans les cinq prochains jours .

Les fonctionnaires de l’UE doivent se réunir avec la Turquie le 7 Mars pour discuter des solutions possibles à la crise, mais les perspectives de cette réunion ne sont pas grandes.

Erdogan est beaucoup plus intéressé à extraire l’argent de Bruxelles qu’ en aidant à endiguer le flot des réfugiés. En effet, si deviez désigner un des homme qui a le plus contribué à l’exode des civils de la Syrie, vous auriez à regarder Erdogan, dont le soutien aux extrémistes sunnites et aux éléments anti-Assad a plongé la Syrie dans le chaos.

Pendant ce temps, Bruxelles en quelque sorte attend que la Grèce assiégée – qui est complètement à genoux et a du doubler les taxes sur les agriculteurs pour répondre aux exigences budgétaires de Berlin – contrôle le flux des migrants en Europe occidentale. La semaine dernière, Athènes a rappelé son ambassadeur en Autriche après que le pays a tenu une réunion sur l’ immigration avec les pays des Balkans sans inviter la Grèce. » La Grèce n’acceptera l’ Europe Liban, un entrepôt d’âmes en devenir , a déclaré aux journalistes jeudi dernier le ministre de l’immigration grecque, Yannis Mouzalas .

Aujourd’hui, la frustration avec le goulot d’ étranglement qui a été créé par des contrôles plus stricts aux frontières, des clôtures anti-migrants, et la suspension de Schengen, bouillait à la frontière Macédoine-Grèce où des centaines de Syriens et Irakiens ont pris d’ assaut une barrière de frontière à la petite ville frontalière de Idomeni. » Des centaines de personnes qui se sont réunis à la clôture de barbelés ey qui ont utilisés des poteaux métalliques pour faire tomber une porte en creusant sous la barrière et en la poussant vers le haut,» écrit The Guardian . La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour repousser la foule. « Environ 6.500 personnes – la plupart syriens et irakiens -. Sont coincés du côté grec de la frontière Certains sont là depuis huit jours avec peu de nourriture ou d’abri alors que la Macédoine n’accepte seulement qu’un filet de personnes chaque jour» , ajoute The Guardian.

Voici la scène filmée , suivi d’un peu plus de couleur par Reuters et The New York Times:

De Reuters :

La Police macédonienne a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de migrants et de réfugiés qui ont pris d’ assaut la frontière Greque lundi , démolissant une porte alors que les frustrations s’exprimaient du à plus de restrictions imposées aux personnes qui se déplacent à travers les Balkans.

Un témoin a déclaré à Reuters que la police macédonienne ont tiré plusieurs coups de gaz lacrymogènes dans la foule qui a démoli la porte métallique, et sur une ligne de chemin de fer où les migrants étaient assis, refusant de bouger, exigeant de traverser le pays.

Il y avait environ 8.000 personnes qui se sont rassemblées a Idomeni , la petite ville à la frontière de la Grèce avec la Macédoine. La plupart étaient des Syriens et des Irakiens.

Selon The Times :

La Macédoine a récemment fermé sa frontière avec la Grèce, une étape majeure sur le chemin des migrants, pour des milliers d’Afghans , les reclassant comme des migrants économiques plutôt que les réfugiés, un acte qui leur a refusé le droit de demander l’asile.

Cette politique, qui était en fait une réponse à une décision autrichienne de mettre un plafond quotidien sur le nombre de personnes autorisées à entrer dans le pays, a laissé des milliers d’ Afghans avec nulle part où aller . Elle a également promu la peur parmi les Syriens et les Irakiens, qui craignent d’être incapables de se déplacer plus au nord , si des restrictions similaires sont imposées.

Les Balkans ont servi de passage principal pour les migrants, dont la plupart espèrent atteindre l’Allemagne, qui a accepté beaucoup plus de demandeurs d’asile que tout autre pays. L’accueil plus chaleureux de l’Allemagne a conduit à des tensions avec d’autres pays européens, et la semaine dernière l’Autriche et neuf pays des Balkans ont convenu de mettre en place plusieurs mesures pour étouffer l’afflux de réfugiés, imposant effectivement leur propre réponse à la crise des migrants.

En conséquence, de nombreux migrants en Grèce ont effectivement été pris au piège – ils ne peuvent pas passer, et ils ne peuvent pas rentrer chez eux – et les fonctionnaires du pays ont dit qu’ils s’attendaient à ce que le problème empire.

Après des restrictions imposées la semaine dernière par l’Autriche, la Croatie, la Slovénie, membres de l’UE, ainsi que par la Macédoine et la Serbie, qui ont limité le nombre de migrants autorisés sur leurs territoires, la Grèce a averti que près de 70.000 personnes risquaient d’être bloquées dans le pays en mars contre 22.000 actuellement.

Zero Hedge resistanceauthentique

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Kennedy, le lobby et la bombe

Publié le par Felli Bernard

Kennedy, le lobby et la bombe par Laurent Guyénot

Kennedy et l’AIPAC

En mai 1963, le Foreign Relations Committee du Sénat des États-Unis ouvrait une enquête sur les opérations clandestines d’agents étrangers sur le sol américain, visant particulièrement l’American Zionist Council et la Jewish Agency for Israel [1] . L’enquête était motivée par un rapport du président de cette commission permanente, William Fulbright, rédigé en mars 1961 (déclassifié en 2010), indiquant : « Dans les années récentes, il y a eu un nombre croissant d’incidents impliquant des tentatives par des gouvernements étrangers, ou leurs agents, pour influencer la politique étrangère américaine par des méthodes sortant des canaux diplomatiques normaux. » En évoquant ces méthodes incluant des « activités secrètes aux États-Unis et ailleurs », Fulbright faisait allusion à l’ « Affaire Lavon [2] » de 1953, où des juifs égyptiens entraînés en Israël perpétrèrent contre des cibles britanniques plusieurs attentats à la bombe destinés à être mis sur le compte des Frères musulmans et ainsi décrédibiliser Nasser aux yeux des Britanniques et des États-uniens. L’enquête du Sénat mit à jour une activité de blanchiment d’argent par laquelle la Jewish Agency (organisme indissociable de l’État d’Israël, dont elle avait été le précurseur) faisait parvenir des dizaines de millions de dollars à l’American Zionist Council, principal lobby israélien aux États-Unis. Suite à cette enquête, le Département de la Justice, sous l’autorité de l’Attorney General Robert Kennedy, exigea qu’en vertu de son financement par l’État d’Israël, l’American Zionist Council soit enregistré comme « agent étranger », soumis aux obligations duForeign Agents Registration Act de 1938, qui impliquait une étroite surveillance de ses activités.

Cette tentative de contrer le parasitage grandissant de la politique états-unienne par Israël recevait l’appui du président, bien entendu. À l’époque où il n’était encore qu’un jeune journaliste couvrant la conférence inaugurale des Nations Unies, John Kennedy avait été troublé par la capacité d’Israël d’acheter des politiciens, et jusqu’au président lui-même. En reconnaissant l’État d’Israël le 15 mai 1948 (dix minutes après sa procalamation officielle), contre l’avis unanime de son gouvernement, le président Harry Truman n’acquit pas seulement une place dans l’histoire biblique (« L’acte historique de reconnaissance de Truman restera gravé pour toujours en lettres d’or dans les quatre mille ans d’histoire du peuple juif [3], » proclama l’ambassadeur isaélien) ; Truman empocha également deux millions de dollars pour relancer sa campagne de réélection. « C’est pour ça que notre reconnaissance d’Israël fut si rapide », confia Kennedy à son ami romancier et essayiste Gore Vidal [4]. En 1960, John Kennedy reçut lui-même une offre d’aide financière du lobby israélien pour sa campagne présidentielle. Il résuma ainsi à son ami journaliste Charles Bartlett, la proposition du mécène Abraham Feinberg : « Nous savons que votre campagne est en difficulté. Nous sommes prêts à payer vos notes si vous nous laissez le contrôle de votre politique au Moyen Orient. » Bartlett se souvient que Kennedy se promit que, « si jamais il devenait président, il allait faire quelque chose pour changer ça [5]. » En 1962-63, il soumit sept projets de loi pour réformer le financement des campagnes électorales du Congrès ; toutes furent combattues avec succès par les groupes d’influence qu’elles visaient.

Tous les efforts du gouvernement pour limiter la corruption de la démocratie américaine par les agents d’Israël furent stoppés net par l’assassinat de Kennedy et le remplacement de son frère à la Justice par Nicholas Katzenbach. L’American Zionist Counciléchappa au statut d’agent étranger en se dissolvant et se renommant American Israel Public Affairs Committee (AIPAC). Dix ans plus tard (le 15 avril 1973), Fullbright constatait sur CBS : « Israël contrôle le Sénat américain. […] La grande majorité du Sénat américain — autour de 80 % — soutient complètement Israël ; Israël obtient tout ce qu’il veut [6]. » L’AIPAC poursuivit les mêmes pratiques, en échappant même à toute sanction lorsque ses membres furent pris flagrant délit d’espionnage et de haute trahison : en 2005, deux responsables de l’AIPAC, Steven Rosen et Keith Weissman, furent acquittés après avoir reçu d’un membre de l’Office of Special Plans au Pentagone, Larry Franklin, des documents classés secret-défense et les avoir transmis à un haut fonctionnaire d’Israël. En 2007, John Mearsheimer et Stephen Walt démontraient dans leur livre sur Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine que l’AIPAC et les lobbies pro-israéliens de moindre importance étaient la principale cause de la guerre d’Irak et, plus largement, le facteur déterminant dans la politique étrangère états-unienne au Proche-Orient. Étant donné que rien n’a changé, il n’y a aucune raison pour que le gouvernement de Benjamin Netanyahou ne réussisse pas à obtenir également des États-Unis la destruction de l’Iran qu’elle ne cesse de réclamer.

« Nous, le peuple juif, nous contrôlons l’Amérique, et les Américains le savent [7], » aurait dit le Premier ministre Ariel Sharon à son ministre des affaires étrangères Shimon Peres le 3 octobre 2001, selon la radio israélienne Kol Yisrael. Son successeur Benjamin Netanyahou en fit la démonstration le 24 mai 2011 devant le Congrès américain, où il fut ovationné 29 fois par une salle debout, notamment à chacune des phrases suivantes : « En Judée et en Samarie, les juifs ne sont pas des occupants étrangers » ; « Aucune distorsion de l’histoire ne peut nier le lien vieux de 4 000 ans entre le peuple juif et la terre juive » ; « Israël ne reviendra pas aux frontières indéfendables de 1967 » ; « Jérusalem ne doit plus jamais être divisé. Jérusalem doit rester la capitale unie d’Israël [8]. »

Kennedy, la bombe et Dimona

Si Kennedy avait vécu, l’influence d’Israël aurait très certainement été contenue sur un autre front encore, celui de l’armement nucléaire. Dès le début des années 1950, David Ben Gourion, qui cumulait les fonctions de Premier ministre et de ministre de la Défense, avait engagé son pays dans la fabrication secrète de bombes atomiques, en détournant de son objectif le programme de coopération pacifique Atom for Peace lancé naïvement par Eisenhower. Informé par la CIA dès son entrée à la Maison-Blanche de la vocation réelle du complexe de Dimona, Kennedy fera tout son possible pour forcer Israël à y renoncer. Il exigea de Ben Gourion des inspections régulières de Dimona, d’abord de vive voix à New York en 1961, puis par des lettres officielles de plus en plus insistantes. Dans la dernière, datée du 15 juin 1963, Kennedy exigeait une première visite immédiate suivie de visites régulières tous les six mois, sans quoi « l’engagement et le soutien de notre gouvernement pour d’Israël risquent d’être sérieusement compromis [9]. » La réception de ce message fut surprenante : Ben Gourion démissionna le 16 juin, évitant ainsi de recevoir la lettre. Dès que le nouveau premier ministre Levi Eshkol entra en fonction, Kennedy lui adressa une lettre identique, datée du 5 juillet 1963.

Il ne s’agissait pas pour Kennedy de frustrer Israël d’un pouvoir que se réservaient les États-Unis et ses alliés de l’OTAN. La démarche du président s’inscrivait dans un projet beaucoup plus ambitieux, qu’il avait annoncé dès le 25 septembre 1961, neuf mois après sa prise de fonction, devant l’Assemblée Générale des Nations Unies : « Aujourd’hui, chaque habitant de cette planète doit contempler le jour où cette planète ne sera peut-être plus habitable. Chaque homme, femme et enfant vit sous une épée de Damoclès nucléaire accrochée à de fragiles fils qui peuvent être coupés à tout moment par accident ou erreur, ou par folie. Ces armes de guerre doivent être abolies avant qu’elles ne nous abolissent. […] Il est donc dans notre intention de lancer un défi à l’Union Soviétique, non pas pour une course à l’armement, mais pour une course à la paix — pour avancer ensemble, pas à pas, étape par étape, jusqu’à l’accomplissement du désarmement général et complet [10]. » Le message avait été bien reçu par Nikita Khrouchtchev, qui répondit favorablement par une lettre confidentielle de 26 pages datée du 29 septembre 1961, transmise par un canal secret. Après la crise des missiles cubains en octobre 1962, la guerre nucléaire qu’ils évitèrent de justesse par leur sang-froid rapprocha encore les deux chefs d’État dans la conscience d’une responsabilité partagée de libérer l’humanité de la menace atomique. Khrouchtchev envoya alors à Kennedy une seconde lettre privée dans laquelle il exprimait son espoir que, en huit ans de présidence de Kennedy, « nous pourrions créer de bonnes conditions pour une coexistence pacifique sur terre, et cela serait hautement apprécié par les peuples de nos pays, ainsi que par les autres peuples [11]. » En dépit d’autres crises, Kennedy et Khrouchtchev poursuivirent cette correspondance secrète, aujourd’hui déclassifiée, qui comporte en tout 21 lettres, dans lesquelles le projet d’abolir l’arme atomique tenait une grande place.

En 1963, les négociations aboutirent au premier traité de limitation des essais nucléaires, qui interdisait les essais nucléaires dans l’atmosphère et sous l’eau, fut signé le 5 août 1963 par l’Union Soviétique, les États-Unis et le Royaume Uni. Six semaines plus tard, le 20 septembre 1963, Kennedy exprimait sa fierté et son espoir devant les Nations Unies : « Il y a deux ans, j’ai déclaré devant cette assemblée que les États-Unis avaient proposé et étaient prêts à signer un traité limité d’interdiction des essais. Aujourd’hui, ce traité a été signé. Il ne mettra pas fin à la guerre. Il ne supprimera pas les conflits fondamentaux. Il n’assurera pas la liberté à tous. Mais il peut être un levier, et l’on rapporte qu’Archimède, en expliquant le principe du levier, déclara à ses amis : ‘Donnez-moi un endroit où prendre position, et je déplacerai le monde.’ Mes chers co-habitants de cette planète, prenons position ici dans cette assemblée des nations. Et voyons si, en notre temps, nous pouvons déplacer le monde vers une paix juste et durable [12]. » Dans sa dernière lettre à Kennedy, remise à l’ambassadeur états-unien Roy Kohler mais jamais transmise à son destinataire, Khrouchtchev se montrait également fier de ce premier traité historique, qui « a injecté un esprit frais dans l’atmosphère internationale. » Il avançait d’autres propositions, en reprenant les termes de Kennedy : « Leur implémentation déblaierait la route vers le désarmement général et complet et, par conséquent, vers la délivrance des peuples de la menace de la guerre [13]. »

Pour Kennedy, l’arme nucléaire était la négation de tous les efforts historiques pour civiliser la guerre en épargnant les civils. « Je n’arrête pas de penser aux enfants ; pas seulement mes gosses ou les tiens, mais les enfants à travers le monde, » disait-il à son ami et assistant Kenneth O’Donnell durant sa campagne en faveur du Test Ban Treaty. Il le répéta dans son allocution télévisée le 26 juillet 1963 : « Ce traité est pour nous tous, et spécialement pour nos enfants et nos petits-enfants, qui n’ont pas de lobby ici à Washington [14]. »

Dans les années soixante, le désarmement nucléaire était un objectif réaliste. Seuls quatre pays s’étaient dotés de l’arme nucléaire. Il y avait une chance historique à saisir, et Kennedy était déterminé à ne pas la laisser passer. « Je suis hanté par le sentiment que, en 1970, si nous ne réussissons pas, il y aura peut-être dix puissances nucléaires au lieu de quatre, et en 1975, quinze ou vingt [15], » dit-il durant sa conférence de presse du 21 mars 1963, de façon visionnaire. Tandis que, derrière les USA et l’URSS, tous les pays de l’OTAN et du bloc communiste faisaient un premier pas vers le désarmement nucléaire, Israël faisait secrètement bande à part, et Kennedy était décidé à l’en empêcher.

La mort de Kennedy quelques mois plus tard relâcha la pression sur Israël. Johnson choisit de fermer les yeux sur les activités du complexe de Dimona. John McCone, le directeur de la CIA nommé par Kennedy, démissionna en 1965 en se plaignant du peu d’intérêt manifesté par Johnson sur ce sujet. Israël acquit sa première bombe vers 1967, sans jamais l’admettre. Nixon ne s’en inquiéta pas davantage que Johnson, tandis que son Conseiller à la Sécurité Nationale Henry Kissinger exprimait en privé sa satisfaction à l’idée d’avoir en Israël une puissance nucléaire alliée. Nixon, avec qui l’État profond entre pour ainsi dire à la Maison-Blanche, joua double jeu : en même temps qu’il soutenait publiquement le Traité de Non-prolifération de 1968 (qui n’était pas une initiative états-unienne), il adressa un message contraire à sa bureaucratie, par un National Security Decision Memorandum top-secret (NSDM-6) qui disait : « Il ne doit y avoir aucun effort de la part des États-Unis pour forcer d’autres pays […] à appliquer [le traité]. Ce gouvernement, dans sa posture publique, doit refléter un ton optimiste que d’autres pays signeront ou ratifieront, tout en se désolidarisant de tout projet de faire pression sur ces pays pour qu’ils signent ou ratifient [16]. »

Selon les chiffres du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) pour 2011, il y a aujourd’hui à travers le monde environ 20 000 bombes nucléaires possédant en moyenne une puissance 30 fois supérieure à celle de Hiroshima, ce qui équivaut en tout à 600 000 fois Hiroshima. Parmi ces bombes, 1 800 sont en état d’alerte, c’est-à-dire prêtes à être lancées en quelques minutes. Avec moins de 8 millions d’habitants, Israël est la sixième puissance nucléaire mondiale.

« Si on laissait faire le Président, il y aurait une guerre nucléaire chaque semaine [17], » disait Kissinger. Dès les années 1950, Nixon avait recommandé à Eisenhower l’usage de la bombe atomique en Indochine et en Corée.

Il fallut attendre 1986, avec la publication dans le Sunday Times des photographies prises par le technicien israélien Mordechai Vanunu à l’intérieur de Dimona, pour que le monde découvre qu’Israël s’était doté en secret de la bombe atomique. Après son enlèvement par les services secrets israéliens, Vanunu fut condamné pour « trahison de secret d’État ». Il a passé 18 ans en prison, dont 11 à l’isolement complet. Depuis sa libération en 2004, il lui est interdit de sortir du territoire et de communiquer avec l’étranger.

Johnson et le USS Liberty

Kennedy n’a pas laissé à Tel Aviv le souvenir d’un ami d’Israël. Outre ses attaques contre le lobbying outrancier d’Israël et contre ses ambitions de puissance nucléaire, Kennedy s’était engagé en faveur du droit au retour des 800 000 réfugiés palestiniens expulsés de leurs quartiers et villages en 1947-48. Le 20 novembre 1963, sa délégation aux Nations Unies appelait à l’implémentation de la Résolution 194 à cet effet. Kennedy n’eut sans doute pas le loisir de lire les réactions scandalisées d’Israël dans les journaux : deux jours plus tard, il était mort. L’arrivée au pouvoir de Johnson fut saluée avec soulagement en Israël : « Il ne fait aucun doute qu’avec l’accession de Lyndon Johnson, nous aurons davantage d’opportunité d’approcher le Président directement si nous trouvons que la politique états-unienne va contre nos intérêts vitaux [18], » estimait le journal israélien Yedio Ahoronot. Loin de rappeler à Israël son nettoyage ethnique, Johnson embrassa pleinement le mythe de la « terre sans peuple pour un peuple sans terre », allant même jusqu’à comparer un jour, devant un auditoire juif, « les pionniers juifs se construisant une maison dans le désert [19] » à ses propres ancêtres colonisant le Nouveau Monde — ce qui, au fond, soulignait involontairement l’équivalence entre le déni par Israël de son nettoyage ethnique de la Palestine, et le déni par les États-uniens de leur propre histoire génocidaire.

Tandis que Kennedy avait réduit l’aide à Israël, Johnson la fit passer de 40 millions à 71 millions, puis à 130 millions l’année suivante. Tandis que l’administration Kennedy n’avait autorisé que la vente de quelques batteries de missiles défensifs à Israël, sous Johnson plus de 70 % de l’aide finança l’achat de matériel militaire, dont 250 tanks et 48 avions offensifs Skyhawk. L’aide militaire à Israël atteignit 92 millions en 1966, plus que le total de toutes les années précédentes cumulées. Inversement, en les privant de l’aide US, Johnson força l’Égypte et l’Algérie à se tourner vers l’URSS pour maintenir ses défenses à niveau. En juin 1967, Johnson donna à Israël un « feu orange » pour sa guerre prétendument « préventive » contre l’Égypte, par une lettre du 3 juin où il assurait le premier ministre israélien Levi Eshkol vouloir « protéger l’intégrité territoriale d’Israël et […] fournir un soutien américain aussi efficace que possible pour préserver la paix et la liberté de votre nation et de la région [20]. »

À la mort de Kennedy, le deuil fut profond dans le monde arabe, où son portrait ornait de nombreux foyers. « Désormais, De Gaulle est le seul chef d’État occidental sur l’amitié de qui les Arabes peuvent compter, » dira Abdul Gamal Nasser. Tout en réduisant l’aide à Israël, Kennedy avait fourni généreusement du grain à l’Égypte dans le cadre du programme Food for Peace. La brève présidence de Kennedy n’aura été, pour l’Égypte, qu’une parenthèse enchantée, un rêve trop vite brisé. Sous Eisenhower, en 1954, l’Égypte avait été la cible d’actes terroristes sous fausse bannière perpétrés par Israël, dans le but de « briser la confiance de l’Occident dans le régime égyptien existant [et] d’empêcher l’aide économique et militaire de l’Occident vers l’Égypte [21], » selon les mots même du chef du Renseignement militaire (Aman) Benjamin Givli, dans un télégramme secret aujourd’hui déclassifié. La détonation accidentelle d’un des engins explosifs permit de démasquer le complot, déclenchant le scandale de « l’Affaire Lavon » (du nom du ministre de la Défense Pinhas Lavon tenu responsable), scandale vite étouffé en Israël et aux États-Unis. Le Premier ministre Moshe Sharett, qui prônait un sionisme modéré respectueux des règles internationales, constata à cette époque (mais en privé) la montée irrésistible des extrémistes, parmi lesquels il incluait le futur président Shimon Peres, qui « veut terroriser l’Occident pour l’amener à souternir les buts d’Israël » et qui « élève le terrorisme au niveau d’un principe sacré [22]. »

La mort de Kennedy déshiniba à nouveau ce terrorisme machiavélique dont Israël s’est fait une spécialité. Deux jours avant la fin de la guerre des Six Jours, l’armée israélienne lançait contre le navire USS Liberty la plus fameuse et la plus calamiteuse de ses agressions sous fausse bannière. Par la journée ensoleillée du 8 juin 1967, trois bombardiers Mirage banalisés et trois bateaux torpilleurs portant pavillon israélien bombardèrent, mitraillèrent et torpillèrent durant 75 minutes ce navire de la NSA (National Security Agency) non armé, stationné en eaux internationales et facilement reconnaissable, avec l’intention évidente de ne laisser aucun survivant, mitraillant même les canots de sauvetage. Ils ne cessèrent qu’à l’approche d’un navire soviétique, après avoir tué 34 membres de l’équipage, pour la plupart ingénieurs, techniciens et traducteurs. On suppose que, s’ils avaient réussi à couler le navire sans témoin, les Israéliens aurait attribué leur crime à l’Égypte, de sorte à entraîner les États-Unis dans la guerre aux côtés d’Israël. Selon Peter Hounam, auteur de Operation Cyanide : Why the Bombing of the USS Liberty Nearly Caused World War III (2003), l’attaque du Libertyavait été secrètement autorisée par la Maison-Blanche, dans le cadre du projet Frontlet 615, « un arrangement politique secret passé en 1966 par lequel Israël et les USA s’engageaient à détruire Nasser. » Les ordres émis par la Maison-Blanche ce jour-là, qui retardèrent de plusieurs heures les secours, suggèrent que Johnson n’a pas seulement couvert les Israéliens après-coup, mais a comploté avec eux. Oliver Kirby, Deputy Director for Operations à la NSA à l’époque, a rapporté au journaliste John Crewdson du Chicago Tribune (2 octobre 2007) que les transcripts des communications des avions israéliens interceptées par la NSA et transmis à Washington immédiatement, ne laissaient aucun doute sur l’identité des attaquants, et sur le fait que ces derniers avaient identifié leur cible comme états-unienne avant de l’attaquer : « Je suis prêt à jurer sur une pile de bibles que nous savions qu’ils savaient [que le navire était américain] [23]. » Démasqué, Israël invoqua une erreur de cible et offrit ses excuses, dont se contenta Lyndon Johnson sous le prétexte que « Je ne vais pas embrasser notre allié » [24] Lorsqu’en janvier 1968, Johnson reçut le premier ministre israélien Levi Eshkol à Washington puis l’invita dans son ranch du Texas, les rapports furent chaleureux. Israël en tirera une leçon d’impunité dont l’influence sur son comportement futur ne doit pas être sousestimée : le prix à payer en cas d’échec dans une opération sous faux drapeau contre les États-Unis est nul. En fait, l’échec est impossible, puisque les États-uniens se chargeront eux-mêmes de couvrir le crime d’Israël. Mieux encore, Johnson récompense Israël en levant toute restriction sur le matériel militaire : armes et avions US affluent aussitôt vers Tel-Aviv, faisant bientôt d’Israël le premier client de l’industrie militaire états-unienne.

Laurent Guyénot

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[1] The Senate Foreign Relations Committee Investigates the Israel Lobby.

[2] « In recent years there has been an increasing number of incidents involving attempts by foreign governments, or their agents, to influence the conduct of American foreign policy by techniques outside normal diplomatic channels. (…) there have been occasions when representatives of other governments have been privately accused of engaging in covert activities within the United States and elsewhere, for the purpose of influencing United States Policy (the Lavon Affair). »

[3] « Truman’s historic act of recognition will remain forever inscribed in golden letters in the 4000-year history of the Jewish people. »

[4] « That’s why our recognition of Israel was rushed through so fast » (cité par Gore Vidal, préface à Israel Shahak, Jewish History, Jewish Religion, 1994).

[5] « We know your campaign is in trouble. We’re willing to pay your bills if you’ll let us have control of your Middle East policy » ; « if he ever did get to be President, he was going to do something about it » (cité dans Seymour Hersh, The Samson option).

[6] « Israel controls the U.S. Senate. […] The great majority of the Senate of the U.S. — somewhere around 80 percent — are completely in support of Israel ; anything Israel wants, Israel gets. »

[7] « We, the Jewish people control America, and the Americans know it, »

[8] « in Judea and Samaria, the Jewish people are not foreign occupiers » ; « No distortion of history could deny the 4,000-year-old bond between the Jewish people and the Jewish land » ; « Israel will not return to the indefensible boundaries of 1967 » ; « Jerusalem must never again be divided. Jerusalem must remain the united capital of Israel. »

[9] « This Government’s commitment to and support of Israel could be seriously jeopardized » (cité dans Seymour Hersh, The Samson option).

[10] « Today, every inhabitant of this planet must contemplate the day when this planet may no longer be habitable. Every man, woman and child lives under a nuclear sword of Damocles, hanging by the slenderest of threads, capable of being cut at any moment by accident or miscalculation or by madness. The weapons of war must be abolished before they abolish us. […] It is therefore our intention to challenge the Soviet Union, not to an arms race, but to a peace race — to advance together step by step, stage by stage, until general and complete disarmament has been achieved » (cité dans James Douglass, JFK and the Unspeakable).

[11] « We could create good conditions for peaceful coexistence on earth and this would be highly appreciated by the peoples of our countries as well as by all other peoples » (cité dans James Douglass, JFK and the Unspeakable).

[12] « Two years ago I told this body that the United States had proposed and was willing to sign, a limited test ban treaty. Today that treaty has been signed. It will not put an end to war. It will not remove basic conflicts. It will not secure freedom for all. But it can be a lever, and Archimedes, in explaining the principles of the lever, was said to have declared to his friends : ‘Give me a place where I can stand – and I shall move the world.’ My fellow inhabitants of this planet, let us take our stand here in this Assembly of nations. And let us see if we, in our own time, can move the world to a just and lasting peace » (cité dans James Douglass, JFK and the Unspeakable).

[13] « Has injected a fresh spirit into the international atmosphere » ; « Their implementation would clear the road to general and complete disarmament, and, consequently, to the delivering of peoples from the threat of war » (cité dans James Douglass, JFK and the Unspeakable).

[14] « I keep thinking of the children, not my kids or yours, but the children all over the world. » / « This treaty is for all of us. It is particularly for our children and our grandchildren, and they have no lobby here in Washington » (cité dans James Douglass, JFK and the Unspeakable).

[15] « I am haunted by the feeling that by 1970, unless we are successful, there may be ten nuclear powers instead of four, and by 1975, fifteen or twenty » (cité dans James Douglass, JFK and the Unspeakable).

[16] « There should be no efforts by the United States government to pressure other nations […] to follow suit. The government, in its public posture, should reflect a tone of optimism that other countries will sign or ratify, while clearly disassociating itself from any plan to bring pressure on these countries to sign or ratify » (cite par Seymour Hersh, The Samson Option).

[17] « If the President had his way, there would be a nuclear war each week » (cite dans Anthony Summers, The Arrogance of Power).

[18] « There is no doubt that, with the accession of Lyndon Johnson, we shall have more opportunity to approach the President directly if we should feel that U.S. policy militates against our vital interests. »

[19] « The Jewish pioneers building a home in the desert. »

[20] « I want to protect the territorial integrity of Israel […] and will provide as effective American support as possible to preserve the peace and freedom of your nation and of the area. »

[21] « [Our goal] is to break the West’s confidence in the existing [Egyptian] regime. The actions should cause arrests, demonstrations, and expressions of revenge. The Israeli origin should be totally covered while attention should be shifted to any other possible factor. The purpose is to prevent economic and military aid from the West to Egypt » (cite dans Livia Rokach,Israel’s Sacred Terrorism, 1980).

[22] « He wants to frighten the West into supporting Israel’s aims » ; « raises terrorism to the level of a sacred principle » (cité dans Livia Rokach, Israel’s Sacred Terrorism, 1980).

[23] « I’m willing to swear on a stack of Bibles that we knew they knew. »

[24] « I will not embarrass our ally. »

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Bernard-Henri Lévy, selon le CFR, l’Occident a aggravé la guerre en Libye puis en Syrie

Publié le par Felli Bernard

CFR
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2016 -02-07

Bernard-Henri Lévy, selon le CFR, l’Occident a aggravé la guerre en Libye puis en Syrie, par Maxime Chaix

Source : Maxime Chaix, 07-02-201629

Pour des raisons promotionnelles, Bernard-Henri Lévy est à nouveau omniprésent sur la scène médiatique. Cet homme de réseaux et d’influence, qu’un académicien avait décrit comme le « vrai maître de la diplomatie » française, continue de justifier l’intervention de l’OTAN contre le régime libyen avec des arguments irréalistes. En effet, il estime que cette campagne a « évité à la Libye un destin syrien », en ce qu’elle aurait empêché Kadhafi d’« aller au bout de (…) projets meurtriers » pourtant loin d’être avérés. Nous allons montrer que ce raisonnement est invalide en résumant l’intervention clandestine et massive de l’Occident dans la guerre en Syrie, et en analysant une étude sur le conflit libyen parue dans Foreign Affairs, la revue du Council on Foreign Relations(CFR). En 2006, « devant les invités [de ce] prestigieux think tank new-yorkais, Lévy (…) confirm[a] qu’il partage “la vision morale et l’hostilité des néoconservateurs pour les Saddam, mollah Omar et Milosevic”. » Rapportant cet aveu, L’Express n’établit pas de lien entre cette posture « antitotalitaire » et les intérêts stratégiques des États-Unis et de leurs alliés en Irak, en Afghanistan et en ex-Yougoslavie.

Cinq ans plus tard, cette même « vision morale » justifiera la campagne de l’OTAN contre la Libye, occultant les véritables buts de guerre de l’Élysée et de ses partenaires, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Qatar. Rendu public à la suite de l’Emailgate, un mémo confidentiel adressé à Hillary Clinton lorsqu’elle était secrétaire d’État explicita « cinq facteurs motivant l’engagement de Nicolas Sarkozy à mener cette guerre en Libye : un désir d’obtenir une plus grande partie du pétrole libyen ; accroître l’influence française en Afrique du Nord ; améliorer sa situation politique intérieure en France ; offrir à l’armée française une chance de rétablir sa position dans le monde ; répondre à l’inquiétude de ses conseillers concernant les plans à long terme de Kadhafi de supplanter la France comme puissance dominante en Afrique de l’Ouest ». Et comme l’a rapporté Régis Soubrouillard, BHL aurait « clairement fait savoir aux responsables du CNT qu’ils “avaient une dette envers la France au vu de son soutien précoce et que Sarkozy avait besoin de quelque chose de tangible à présenter aux leaders politiques et économiques français”. » Ces révélations confirment que l’humanisme fut le principal facteur de l’intervention occidentale en Libye…

Dans une tribune publiée le 16 mars 2011, Bernard-Henri Lévy et d’autres figures du Meilleur des Mondes avancèrent que Kadhafi « mitraille les populations civiles, “purge” les villes des opposants et fait régner la terreur. » Or, ces accusations ne résistent pas à l’épreuve des faits. Comme l’avait déclaré Rony Brauman, qui était initialement favorable à une intervention de l’OTAN,

« [l]’aventure libyenne est elle-même partie d’une manipulation médiatique caractérisée. Ce qui a décidé Sarkozy et Obama a été le mitraillage aérien des manifestants de Tripoli le 21 février, une fausse information diffusée par Al-Jazira sur la base d’un simple témoignage téléphonique. Or il n’y a pas eu de manifestations à Tripoli et encore moins d’avion mitraillant la foule. Aucun des médias dominants n’a daigné faire la moindre vérification. La première page du récit de Bernard-Henri Lévy La Guerre sans l’aimer débute là-dessus : alors au Caire pour soutenir le Printemps arabe, il est sur le point de rentrer en France quand il voit sur les écrans de l’aéroport les avions attaquer en piqué la foule. Il prend soin de préciser que l’importance d’un événement c’est son commencement. À raison : ce commencement-là n’a pas eu lieu, c’était un énorme montage propagandiste, et qui donnait le ton de la suite. »

À cette époque, la nécessité d’une action militaire était presque unanimement défendue par des médias qui, malgré les dérives du journalisme de meute et de la propagande de guerre, déplorentqu’un nombre grandissant de citoyens ne leur fait plus confiance.

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi, la situation sécuritaire en Libye est de plus en plus préoccupante. De ce fait, un nouvel engagement occidental dans ce pays semble inévitable, bien qu’il comporte de sérieux risques. Selon l’ancien diplomate Patrick Haimzadeh, en « [r]eléguant aux oubliettes la question cruciale de la reconstruction d’un État légitime et inclusif, une telle opération aurait toutes les chances de poser davantage de problèmes qu’elle n’est censée en résoudre ». Cet expert de la Libye considère notamment qu’une nouvelle action militaire occidentale pourrait renforcer Daech. Malgré cette impasse stratégique, Bernard-Henri-Lévy ne regrette rien et continue de qualifier cette intervention de « juste ». En son temps, Socrate avait déclaré que « [l]e mal vient de ce que l’homme se trompe au sujet du bien. » Comme d’autres « orateurs », BHL estime que cette intervention a empêché Kadhafi de tuer massivement son peuple. Or, une analyse du contexte réel précédant cette campagne de l’OTAN nous amène à la conclusion inverse : cette opération a prolongé ce conflit et elle en a dramatiquement alourdi le bilan humain, alors que les troupes libyennes reprenaient le contrôle du pays en essayant d’épargner les civils.

Dans Foreign Affairs, la revue du prestigieux CFR, l’universitaire Alan Kuperman a démontré que l’ampleur de la répression de Mouammar Kadhafi avait été grandement exagérée par les médias et les défenseurs d’une action militaire de l’OTAN. D’après cet expert,

« [b]ien que la Maison Blanche ait justifié sa mission en Libye par des motifs humanitaires, cette intervention a en fait nettement aggravé le bilan humain dans ce pays.Tout d’abord, il s’est avéré que la répression de Kadhafi a été bien moins meurtrière que ne l’indiquaient alors les médias. Dans l’Est libyen, où l’insurrection a démarré sous la forme de manifestations pacifiques ou violentes, Human Rights Watch a recensé seulement 233 morts durant les premiers jours des combats, et non 10 000 comme l’avait avancé la chaîne saoudienne Al Arabiya. En vérité, comme je l’avais documenté en 2013 dans dans [la revue universitaire] International Security, entre le début de la rébellion à la mi-février 2011 et l’intervention de l’OTAN à la mi-mars, seulement un millier de Libyens avaient été tués, dont des soldats et des rebelles. Dans cette période, un article d’Al Jazeera largement cité par les médias occidentaux avança que l’armée de l’air de Kadhafi avait mitraillé et bombardé des civils à Benghazi et à Tripoli. Or, selon le professeur Hugh Roberts, de la Tufts University, “cette histoire était fausse”, comme il l’a démontré dans une longue enquête publiée par la London Review of Books. Au contraire, en s’efforçant de minimiser les pertes civiles, les troupes de Kadhafi s’étaient abstenues d’avoir recours à la violence indiscriminée. »

En citant des sources crédibles, ce spécialiste expose d’autres manipulations médiatiques ayant motivé l’intervention de l’OTAN. À l’initiative de la tribune du 16 mars 2011, que Bernard-Henri Lévy a cosignée, l’écrivain Dominique Simonnet déclara en août 2014 que « Kadhafi était en train de massacrer son peuple dans une abomination sans nom. Je pense qu’il était impossible de ne pas dire : “Faisons quelque chose, nous qui avons les moyens d’intervenir”. » Que Monsieur Simonnet en ait conscience ou pas, cet argument censé réaffirmer le bienfondé de la campagne de l’OTAN en Libye est indiscutablement faux, comme l’a démontré M. Kuperman dans Foreign Affairs :

« [A]u moment de l’intervention, la violence en Libye était sur le point de cesser. Les troupes bien équipées de Kadhafi avaient mis en déroute les rebelles désorganisés, qui rentraient chez eux. À la mi-mars 2011, les forces gouvernementales s’apprêtaient à reprendre le dernier bastion rebelle de Benghazi, afin de mettre un terme à ce conflit qui n’avait engendré que 1 000 décès en un mois. Or, à ce moment précis, des expatriés libyens basés en Suisse, qui étaient liés aux rebelles, ont lancé des mises en garde sur l’imminence d’un “bain de sang” à Benghazi – [des propos alarmistes] dûment repris par les médias occidentaux, mais qui se sont avérés être de la pure propagande. En vérité, le 17 mars [2011], Kadhafi s’engagea à protéger les civils à Benghazi, comme il l’avait fait avant de reprendre les autres villes libyennes, ajoutant que ses forces “laissaient la possibilité” aux rebelles de se réfugier en Égypte. En résumé, les insurgés allaient perdre la guerre, donc leurs agents d’influence à l’étranger agitèrent le spectre du génocide pour susciter une intervention de l’OTAN – ce qui fonctionna à merveille. Il n’existe aucune preuve que Kadhafi avait planifié ou envisagé une campagne de tueries contre la population. Certes, le gouvernement avait tenté d’intimider les rebelles en promettant de les traquer sans relâche. Mais Kadhafi n’a jamais mis ces menaces à exécution en visant les civils. »

Dans son étude, Alan Kuperman analysa de nombreux chiffres relatifs aux décès survenus depuis le lancement de l’opération occidentale en Libye. Il en a déduit qu’avant cette campagne de l’OTAN, la guerre civile était sur le point de se conclure, après avoir engendré « seulement » 1 000 décès. Selon lui, « depuis cette intervention, la Libye a souffert d’au moins 10 000 morts supplémentaires. En d’autres termes, il semblerait que l’opération de l’OTAN ait multiplié par dix le nombre de morts violentes » dans ce pays. Bien entendu, en l’absence d’étude épidémiologique crédible, le bilan humain de cette guerre reste impossible à déterminer. Dans tous les cas, il est clair que des manipulations médiatiques de grande ampleur ont altéré notre perception du « Printemps arabe » libyen, justifiant une campagne militaire aux conséquences désastreuses. À cette époque, toujours selon M. Kuperman,

« [l]’intervention en Libye pourrait aussi avoir encouragé la violence en Syrie. En mars 2011, le soulèvement [dans ce pays] était encore largement non-violent et la réponse du gouvernement d’Assad, bien que criminellement disproportionnée, était relativement circonscrite, générant environ 100 morts par semaine. Après que l’OTAN eut donné l’avantage aux rebelles en Libye, les révolutionnaires syriens se sont tournés vers la violence à l’été 2011, s’attendant probablement à susciter une telle intervention. “C’est pareil que Benghazi”, déclarait alors un rebelle syrien au Washington Post, ajoutant : “Nous avons besoin d’une zone de non survol”. Il en résulta une escalade majeure du conflit en Syrie, ce qui générait au moins 1 500 morts par mois à partir de l’année 2013, un nombre 15 fois supérieur. »

Ainsi, il ressort de cette étude que, loin d’avoir « évité à la Libye un destin syrien », cette intervention de l’OTAN contre le régime de Mouammar Kadhafi a prolongé jusqu’à présent un conflit qui allait s’éteindre, tout en incitant les Syriens à militariser leur rébellion – parallèlement à l’infiltrationd’« al-Qaïda en Irak » (AQI) durant l’été 2011 pour combattre le régime el-Assad. Mais le lien entre ces deux conflits est encore plus évident lorsque l’on s’intéresse aux politiques profondes occidentales durant la guerre en Libye. En août 2014, le Washington Post a publié un important article intitulé « Les terroristes qui nous combattent aujourd’hui ? Nous venons tout juste de les entraîner ». D’après cette analyse,

« [a]u cours de nombreux entretiens menés ces deux derniers mois [avec des membres de l’État Islamique et du Front al-Nosra], ils ont décrit comment l’effondrement sécuritaire durant le Printemps arabe les a aidés à recruter, à se regrouper et à utiliser en leur faveur la stratégie occidentale – c’est-à-dire le soutien et l’entraînement de milices afin de combattre des dictateurs. “Des Britanniques et des Américains nous avaient [également] entraînés durant le Printemps arabe en Libye”, d’après un homme surnommé Abou Saleh, qui a accepté d’être interrogé si son identité restait secrète. [Ce dernier], qui est originaire d’une ville proche de Benghazi, affirma qu’un groupe de Libyens et lui-même avaient bénéficié dans leur pays d’entraînements et de soutien de la part des forces [spéciales] et des services secrets français, britanniques et états-uniens – avant de rejoindre le Front al-Nosra ou l’État Islamique [en Syrie]. Interrogées pour cet article, des sources militaires arabes et occidentales ont confirmé les affirmations d’Abou Saleh, selon lesquelles des rebelles en Libye avaient bénéficié d’“entraînements” et d’“équipements” durant la guerre contre le régime de Kadhafi. »

Le grand reporter Seymour Hersh a mis en lumière d’autres liens entre ces deux conflits, décrivant un réseau d’approvisionnement en armes des rebelles anti-Assad organisé depuis Benghazi. Selon M. Hersh, durant l’été 2013, « le flux secret d’armes en provenance de Libye pour équiper l’opposition syrienne via la Turquie était en place depuis plus d’un an, ayant été lancé peu de temps après la mort de Kadhafi le 20 octobre 2011. L’opération était en grande partie organisée depuis une annexe secrète de la CIA à Benghazi, avec l’aval du Département d’État [et la participation présumée de] l’ambassadeur US en Libye Christopher Stevens [, qui] fut tué lors d’une manifestation anti-américaine à Benghazi ». Peut-on alors parler de « non intervention » occidentale contre le régime el-Assad, une « inaction » que BHL fustige pour minorer l’ampleur du désastre libyen ? Afin de répondre à cette question, étudions de plus près les opérations clandestines de la CIA et de ses partenaires.

Malgré le chaos que subit le peuple libyen, Bernard-Henri Lévy estime que la campagne de l’OTAN était préférable à la « non intervention » en Syrie – un argument qu’il avait déjà formulé lors d’un exposé controversé à l’IHEDN. Or, ce raisonnement de BHL n’est pas conforme au réel, car cette « non intervention » militaire des pays occidentaux relève du mythe.

En effet, bien que les puissances de l’OTAN et leurs alliés n’ont pas lancé de guerre ouverte contre le régime el-Assad, j’ai documenté l’année dernière une véritable guerre secrète multinationale de la CIA. Comme l’a récemment dévoilé le New York Times, cette opération fut baptisée Timber Sycamore, et elle a été principalement financée par l’Arabie saoudite. En juin 2015, elle avait été décrite par le Washington Post comme « “l’une des plus grandes opérations clandestines” [de la CIA], dont le financement annuel avoisine le milliard de dollars. D’après ce journal, cette intervention secrète (…) s’inscrit dans un “plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie”, c’est-à-dire les trois États notoirement connus pour soutenir les factions extrémistes en Syrie. »

Cette guerre secrète de grande ampleur a alimenté dès janvier 2012 l’essor du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, dont l’« État Islamique » faisait partie intégrante jusqu’à la scission d’avril 2013. À différents degrés, cette campagne a mobilisé de nombreuses agences moyen-orientales et occidentales, y compris les services spéciaux français, comme me l’avait confirméle député et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud. Si l’on observe les dernières estimations de l’OSDH, sur un nombre total d’environ 260 000 victimes, la guerre en Syrie a tué environ 76 000 civils, donc approximativement 184 000 combattants. Reprenant les chiffres de cette organisation, Le Figaro soulignait en août dernier que « le bilan le plus lourd se trouve du côté des forces du régime avec 88 616 morts, soit un tiers des personnes décédées durant cette guerre ». Sans le soutien extérieur massif de l’Occident, de la Turquie et des pétromonarchies du Golfe, la rébellion n’aurait pu être aussi meurtrièrement efficace. En octobre 2015, l’universitaire Joshua Landis assura qu’« entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ». Cette politique profonde a donc fortement aggravé ce conflit, en renforçant des réseaux extrémistes officiellement désignés comme nos ennemis.

Depuis le début de la guerre en 2011, l’OSDH a recensé plus de 40 000 jihadistes étrangers morts en Syrie. Récemment, un haut gradé de l’état-major français estimait que, sur environ 100 000 rebelles anti-Assad, « 80 000 (…) appartiennent soit à des groupes terroristes désignés comme tels par les Nations Unies, soit à des groupes salafistes extrémistes. » Or, il est de notoriété publiquequ’en Syrie, les différentes factions jihadistes ont été appuyées par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Moins exposée dans les médias, la complicité des services occidentaux dans cette politique clandestine est dorénavant indiscutable. En octobre dernier, une parlementaire états-unienne avait publiquement dénoncé le soutien d’al-Qaïda par la CIA afin de renverser Bachar el-Assad. Plus récemment, en se basant sur des témoignages de hauts responsables de la sécurité nationale, Seymour Hersh confirma que le Pentagone était hostile à cette politique de l’Agence, puisqu’elle renforçait des factions jihadistes susceptibles de s’emparer du pouvoir. Le Président Obama ayant intensifié cette guerre secrète à partir de septembre 2013, le raisonnement de Bernard-Henri Lévy sur la « non intervention » occidentale en Syrie est donc totalement biaisé.

Se référant à « l’art de la guerre » et au krach de 2008, l’économiste Jacques Sapir a récemment souligné qu’en matière de conflits armés comme de crises financières, les décideurs « doivent réagir dans un temps très court et (…), bien souvent, [ils] n’ont pas les moyens (ou les capacités) de peser complètement le pour et le contre de leurs actions. Ils prennent alors des décisions importantes sur la base de paris, de règles heuristiques, qui peuvent être validées ou invalidées par la suite des événements. C’est ce qui rapproche la décision financière de la décision militaire. » Néanmoins, lorsque la sécurité nationale n’est pas en péril, et que les risques d’un génocide ne sont pas clairement établis, une telle urgence décisionnelle n’est pas justifiée – n’en déplaise à ces « orateurs » dont les velléités interventionnistes sont traditionnellement conformes aux intérêts de Washington.

Néanmoins, dans le cadre d’une campagne de Libye qui semblait préméditée, l’urgence décisionnelle n’est pas la clé du problème. Afin d’éviter la répétition d’un tel désastre, qui a eu comme conséquence de déstabiliser l’ensemble de l’Afrique du Nord et du Sahel, il faudrait ôter au chef de l’État le pouvoir discrétionnaire de déclencher une intervention lorsque notre sécurité nationale n’est pas directement et immédiatement menacée. En effet, une véritable frénésie guerrière a investi les locataires de l’Élysée depuis l’ère Sarkozy, ce qui dégrade nos capacités militaires et nous engage dans des conflits inextricables. Et comme l’a pertinemment souligné Jean-Claude Guillebaud,

« [Gaston Bouthoul] écrivait en 1951 que, contrairement à l’idée répandue selon laquelle les démocraties ne font pas la guerre, les dirigeants des démocraties sont toujours tentés de faire la guerre, car celle-ci les “sanctifie” en faisant d’eux des personnages incritiquables. La guerre offre l’opportunité de croire que l’on est du côté du bien et cela de manière indiscutable. Le corollaire de cela est que les démocraties diabolisent leur ennemi au-delà de ce qui est nécessaire. Souvenons-nous de Saddam Hussein : il était notre allié contre l’Iran puis les choses ont changé et il est devenu un nouvel Hitler. Pour le chef de l’État, il est plus “facile” de faire la guerre que de combattre le chômage. La guerre offre des résultats immédiats et quantifiables. Elle est propice aux grandes envolées lyriques et patriotiques. C’est pourquoi elle les fascine, assez naïvement d’ailleurs. On l’a vu avec Nicolas Sarkozy en Libye, puis François Hollande au Mali. »

Alors que l’État ne parvient pas à redresser l’économie, cette frénésie guerrière devient presque irrationnelle, au vu de la multiplication des déclarations martiales de Manuel Valls et de François Hollande depuis le 13-Novembre. Accordant un pouvoir militaire exorbitant au chef de l’État, la Constitution doit être réformée utilement. En effet, la multiplication des opérations extérieures nous a précipités vers un état de guerre perpétuelle, induisant une forme d’état d’urgence permanent qui menace notre démocratie. Ainsi, en cas d’agression militaire étrangère ou d’insurrection armée, le Président doit garder la capacité de réagir immédiatement. Mais lorsque la France n’est pas directement menacée, comme en Libye (2011) ou en Syrie (2013), il est indispensable de modifier l’article 35 de la Constitution afin que le Parlement autorise a priori le chef de l’État à déclencher toute action militaire de grande ampleur.

Pour qu’une telle décision soit la plus rationnelle possible, nos parlementaires devraient en étudier l’opportunité grâce à un collège de spécialistes de l’IHDEN, qui est l’« établissement public administratif français d’expertise et de sensibilisation en matière de Défense, placé sous la tutelle directe du Premier ministre ». La polémique précédant la conférence de Bernard-Henri Lévy au sein de cette institution est symptomatique de l’influence démesurée de cet homme dans les arcanes décisionnels français, ce qu’avait souligné Jean-Christophe Rufin en le qualifiant de « ministre des Affaires étrangères officieux ». Cet état de fait n’est plus tolérable, et l’exemple libyen nous démontre qu’il est même dangereux. Afin de réintroduire de la rationalité dans la politique étrangère de l’Exécutif, l’IHEDN doit être considéré comme le seul organisme légitime pour conseiller les autorités sur les questions stratégiques et militaires. Les « orateurs » trop influents, qui prônent un interventionnisme à géométrie variable, doivent être mis à l’écart du débat public. En effet, ils ont défendu des actions militaires désastreuses en se trompant lourdement dans leurs diagnostics et leurs prévisions, comme certains d’entre eux l’ont admis concernant l’Irak, mais comme ils refusent de le concéder au sujet de la Libye. Et puisqu’il ne dispose d’aucune légitimité légale, Bernard-Henri Lévy doit être écarté des processus décisionnels aboutissant à la guerre, un acte trop grave pour être justifié par l’émotion populaire – à plus forte raison lorsqu’elle est exacerbée par de faux prétextes humanitaires.

Maxime Chaix

Source : Maxime Chaix, 07-02-2016

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600 fermiers français se suicident par an, la faute aux sanctions antirusses?

Publié le par Felli Bernard

600 fermiers français se suicident par an, la faute aux sanctions antirusses?

600 fermiers français se suicident par an, la faute aux sanctions antirusses?

© Flickr/ Ronnie Meijer

France

21:28 26.02.2016(mis à jour 23:00 26.02.2016) URL courte

Dossier:

Riposte russe aux sanctions de l’Occident (159)

823888944

Les agriculteurs français se plaignent des difficultés de l'industrie agricole, alors qu'environ 600 se suicident chaque année.

Près de 600 agriculteurs français se tuent chaque année en raison de difficultés économiques, selon les militants au sein de l'industrie agricole, ce qui est en fait la troisième cause la plus fréquente de décès chez les agriculteurs après le cancer et les maladies cardiaques, rapporte le site d'actualité en ligne The Local.

© Flickr/ jenny downing

Crise agricole en France, à qui la faute et quoi faire?

Jacques Jeffredo, ancien fermier, qui étudie le phénomène des suicides chez les agriculteurs, tente de sensibiliser le public au problème. Il fait remarquer que l'estimation officielle du nombre annuel de suicides est d'environ 200 et n'a rien à voir avec la réalité.

En octobre, M.Jeffredo a mis en place 600 croix blanches, semblables à celles utilisées dans les cimetières militaires, en face de la basilique Saint-Anne d'Auray en Bretagne, qui est la région française avec le taux de suicide le plus élevé.

Les agriculteurs de Charroux (ouest de la France) ont organisé, vendredi 26 février, une marche symbolique qui s'est achevée par une minute de silence et des gerbes de fleurs déposées pour commémorer les fermiers morts.

© REUTERS/ Stephane Mahe

Paris souhaite la levée de l’embargo alimentaire russe

Comme la Russie était le premier pays de destination des exportations européennes, notamment françaises, pour les produits agricoles, l'embargo russe sur les denrées alimentaires décrété par Moscou en réponse aux sanctions occidentales sur fond de crise en Ukraine handicape fortement les producteurs communautaires et pose des problèmes pour écouler des produits agricoles français.


Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/france/20160226/1022763341/fermiers-francais-suicident.html#ixzz41ZLkytmg

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Une autre Europe est-elle possible ?

Publié le par Felli Bernard

XAVIER MOREAU
XAVIER MOREAU


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Une autre Europe est-elle possible ? (Gille Lebreton et Xavier Moreau)

in Articles divers, Brève / by Léo Kersauzie / on 28 février 2016 at 19 h 35 min /

image: http://cat.fr.eu.criteo.com/delivery/lg.php?cppv=1&cpp=aix3IHwrZHE1U1F3eUw3STJDVG9WVlJaWnhjMklNUTlGaGdoUkhtbitPWXl3TjZXdkt0YkNkUFMyak5JQWM5MGJlRXNoT05yYU9aUnpMTGUrYUlpMVBYUXAvVm9DVzNqcG9MbVdWZ01LSzF3M2dVZ05qUTlBM2tkT25aVVJVeHJET1lIWWFCZjFhU2t2TzFYZ1U2Rk15REhBNDZicXZSVlJKRDR0d0xidmdFSmtyR0dEclpPd0xveTBoS0ZEZTEybUtid3ZKNk5tUVhTWmw1cWJLV0oyenFOS2hIVVYyY29aWFlyK3ZTaGRLTm83cXJFPXw%3D

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Le groupe ENL (Europe des Nations et des Libertés) a organisé le 18 février 2016 à Paris une conférence réunissant Gille Lebreton, député européen FN et docteur en droit, John Laughland, historien, ainsi que Xavier Moreau, spécialiste de la Russie et auteur de l’ouvrage Ukraine, pourquoi la France s’est trompée.

Les trois conférenciers reviennent sur la genèse de l’Union européenne et son objectif caché (aux peuples), qui a logiquement mené après un demi-siècle de dislocations des États-nations, au grand projet actuel de Traité Transatlantique, c’est-à-dire à la création d’un grand marché ouvert pour les États-Unis. Un second marché intérieur, en quelque sorte, un empire technocratique mais pas politique, puisque toute puissance politique a été dévitalisée.

Xavier Moreau (à partir de 22’) axe sa partie sur la sécurité de l’Europe, et propose tout simplement de sortir la France de l’OTAN, qui est la preuve de la mainmise américaine sur notre continent. Entre 1949 et aujourd’hui, l’OTAN n’a effectivement plus la même raison d’être : l’outil de défense érigé contre une Union soviétique militairement puissante et politiquement agressive est devenu celui d’une domination américaine jalouse.

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@claudine123456 @83Django @NGourd les medias ont...

Publié le par bernard felli

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La Russie est le rempart de la culture judéo-chrétienne

Publié le par Felli Bernard

V.POUTINE
V.POUTINE

février 25, 2016 by philippehua

La Russie est le rempart de la culture judéo-chrétienne

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Michel Garroté

Politologue, blogueur

Article publié le 25.02.2016


L’Europe, du moins sa partie ouest, semble avoir perdu sa colonne vertébrale.

Ce n’est pas le cas de la Russie. Ce n’est pas le cas de la droite américaine avec Donald Trump. Ce n’est pas le cas d’Israël avec Binyamin Netanyahu. Ce n’est pas le cas de l’Europe centrale et orientale. Ce n’est pas le cas de certains pays de l’Europe nordique. Mais c’est bel et bien le cas de la partie ouest de l’Europe, notamment la France.

Même le Front national, avec son anti-libéralisme obsessionnel, n’apporte pas de vraies solutions, en particulier au plan économique. Les athées souverainistes, eux non plus, n’apportent pas de vraies solutions, car ils se focalisent principalement sur l’islam conquérant, ce qui est à la fois très bien et très insuffisant.

Les catholiques français sont ultra-minoritaires, très divisés et complètement déboussolés. La France, celle de la Cinquième République, a décidé de tourner le dos à la culture européenne, culture autant judéo-chrétienne que gréco-romaine.

Ce n’est pas le cas de l’Espagne et de l’Italie. Mais c’est sans conteste le cas de la France. L’ensemble des médias français, jadis quatrième pouvoir, cet ensemble est devenu le premier pouvoir et il compte le rester à n’importe quel prix. Les politiciens français sont soumis à ce premier pouvoir, celui des médias, et ils ne pensent qu’à une seule chose : lui plaire. C’est dans ce contexte que la Russie est, peut-être, devenue à la fois la représentante et le rempart de la culture judéo-chrétienne.

Le philosophe catholique Elton Chitolina a récemment écrit à propos de la Russie et à propos de Poutine (extraits adaptés ; voir liens vers sources en bas de page) : En décembre 2013, le journal britannique The Telegraph observait que le président russe Vladimir Poutine avait « lancé la Russie en position d’arbitre moral du monde » lors de son discours annuel sur l’état de la nation, à la tonalité résolument conservatrice :

« Poutine a défendu les valeurs de plus en plus conservatrices de son gouvernement et déploré la “révision des normes morales et éthiques” en Occident et dans d’autres parties du monde.

“Cette destruction des grandes valeurs traditionnelles, avait-il déclaré, n’entraîne pas seulement des conséquences négatives pour la société ; elle est aussi intrinsèquement anti-démocratique et va à l’encontre de la volonté de la majorité populaire” ; ajoutant que la société ne peut tirer aucun avantage quand on met sur le même plan “le bien et le mal”. Et le président russe de conclure : ‘Les valeurs traditionnelles sont un rempart contre cette tolérance – asexuée et stérile’ ».

Elton Chitolina : En février de la même année, Poutine avait appelé à une influence accrue de l’Église orthodoxe dans le pays ; il avait conduit la Russie à résister à la progression de l’agenda « gay », en interdisant la « publicité des relations sexuelles non traditionnelles » pour mineurs. Toujours en 2013, en novembre, il avait rendu visite au pape François au Vatican et, aux côtés du Souverain Pontife, avait embrassé une icône de la Vierge.

À l’époque, cette rencontre avait été ainsi commentée sur les réseaux sociaux : « Si, en 1959, vous aviez dit à un catholique ou à toute autre personne que le président russe embrasserait une image de la Vierge Marie aux côtés du Pape, tandis que le président américain soutiendrait l’avortement, ignorerait l’ambassade du Vatican, lancerait des avions sans pilotes comme armes de guerre, envahirait la vie privée des personnes et espionnerait les dirigeants étrangers, ce catholique ou toute autre personne aurait trouvé que vous avez fumé quelque chose de très, très fort ».

Elton Chitolina : Mais tous n’accueillent pas sans méfiance ce « nouveau leadership moral » de Vladimir Poutine : « Poutine va faire ou dire n’importe quoi pour promouvoir la Russie et son propre pouvoir.

La Russie n’est pas la boussole morale de mon pays, sans parler de celle du monde », tempère Anthony Esolen, professeur de littérature au Providence College, États-Unis. Même en prenant du recul, tout le monde ne condamne pas ce « nouveau leadership moral » de Poutine : « Il faut se méfier de l’utilisation que fait Poutine de l’Église russe pour soutenir son régime, qui est très imparfait, basé sur le capitalisme de copinage et sur des tactiques autoritaires.

Néanmoins, même ainsi, les politiques de Poutine sont bien plus alignées sur la loi naturelle que les politiques du gouvernement Obama », souligne pour sa part l’écrivain américain, John Zmirak. Et John Bergsma, professeur de Théologie, Université franciscaine de Steubenville aux États-Unis, de résumer :

« Côté positif : la Russie s’est faite l’alliée des ONG pro-famille à l’ONU, elle est l’un des rares pays développés agissant contre la “gauche sexuelle”, qui consacre l’homosexualité comme un droit de l’homme.

D’un autre côté, le gouvernement russe souffre de la corruption à des niveaux élevés, ne protège pas toujours les droits de l’homme et la structure familiale russe n’a pas encore été rétablie après des décennies de matérialisme athée forcé. L’accès à l’avortement est facile, les taux d’avortement et de divorce sont encore très supérieurs à ceux des États-Unis, les unions matrimoniales ne sont pas généralisées et sont de courte durée. Par une ironie du sort, Poutine a divorcé au début de cette année. En même temps, le parti du gouvernement russe perçoit la nécessité d’un retour à des lois pro-famille traditionnelle ; il reste à la nation un long chemin à parcourir avant de devenir une société idéale ».

Elton Chitolina : Toutes ces considérations sont à prendre en compte pour cerner dans le contexte actuel le façon dont se déploie le « leadership moral russe » dans le monde. Aujourd’hui, il existe donc trois moyens principaux par lesquels la Russie impose ce leadership moral, ou du moins une « influence politico-militaire mêlée à des éléments de morale » : la division de l’Ukraine, où persistent les conflits et où la Russie affirme qu’elle se borne à soutenir le droit des Ukrainiens de l’Est à s’unir politiquement à la Russie dont ils se considèrent les enfants par la culture ; la Syrie, où les Russes combattent l’État islamique en se positionnant en faveur du régime de Bachar al-Assad, qu’ils considèrent légitime et qui serait, selon eux, victime des intérêts des États-Unis et de ses alliés préoccupés non pas de la légalité, mais de pétrole ; et l’expansion de l’Église orthodoxe, dont la direction est accusée, depuis des décennies, d’asservissement au régime soviétique et, après la chute du communisme, aux intérêts politiques du Kremlin. Telles sont les diverses faces des multiples monnaies – russes et non russes – dont il faut tenir compte dans la « comptabilité » complexe du contexte moral actuel de l’humanité, avec toutes les conséquences qu’on peut en attendre : sociales, politiques, économiques et religieuses, conclut Elton Chitolina (fin des extraits adaptés ; voir liens vers sources en bas de page).

Michel Garroté, 25.2.2016

http://fr.aleteia.org/2016/02/24/la-russie-rempart-de-la-morale-dans-le-monde/

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/russia/10513330/Vladimir-Putin-claims-Russia-is-moral-compass-of-the-world.html.

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Die Welt: la Russie trouve le moyen de contourner les sanctions de l’Occident

Publié le par Felli Bernard

MOSCOU
MOSCOU

La réussite du plan de Moscou sera synonyme d’échec politique pour les Etats-Unis et l'Europe, et les sanctions ne joueront alors plus aucun rôle, prévient un journal allemand.

La Russie a trouvé le moyen de contourner les sanctions occidentales et d'attirer de sérieux capitaux européens et américains, écrit Die Welt.

Selon le quotidien allemand, ce plan de Moscou consiste notamment à émettre des obligations pour trois milliards de dollars avec un délai de remboursement de dix ans. Pour ce faire, le Kremlin ne compte pas que sur les banques chinoises, mais aussi sur des institutions européennes et américaines, dont Bank of America, Goldman Sachs et Morgan Stanley.

Die Welt rappelle que les sanctions en vigueur ne portent pas sur les ventes aux enchères des obligations. Aussi, le gouvernement russe est-il en droit d'en tirer des fonds. En effet, la Russie elle-même n'est pas visée par les sanctions à la différence de certaines de ses sociétés.

Le président russe Vladimir Poutine peut attirer ainsi des dollars dans le pays pour les distribuer ensuite aux entreprises frappées par les sanctions.

Le journal admet qu'il s'agit là d'une démarche très risquée, d'une sorte de stratégie "tout ou rien". Mais si le plan Poutine est couronné de succès, ce sera un fiasco pour l'Europe et les Etats-Unis, pour qui l'assistance à la Russie accordée par des banques occidentales donne un signal fatal.

"Si la Russie arrive à recevoir ainsi de l'argent, cela signifiera que les sanctions ne jouent de facto aucun rôle, et que l'Occident n'a plus de leviers de pression sur Moscou", constate Die Welt.

"Il est évident que Moscou veut montrer à l'Occident que l'influence de l'Amérique n'est pas si importante", a déclaré au journal Tim Ash, spécialiste des marchés émergents chez Nomura, à Londres.

Il va sans dire que Washington a pris très au sérieux cette initiative russe. La Maison Blanche exhorte les banques américaines à renoncer à l'idée de prêter à la Russie, mais tout porte à croire, selon Die Welt, que bon nombre d'entre elles sont enclines à accepter la proposition de Moscou.

Source: Sputnik

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Russie: enquête du FSB sur le soutien à la guerre médiatique antirusse

Publié le par Felli Bernard

Russie: enquête du FSB sur le soutien à la guerre médiatique antirusse

Lu dans la presse

12:38 14.08.2014(mis à jour 16:05 05.10.2015) URL courte

051363

Quelles sont les sources de financement des individus proches des leaders de l'opposition, qui tentent d'organiser en Russie un scénario ukrainien? C'est pour répondre à ces questions que le Conseil antifasciste (antimaïdan) a demandé au FSB, écrit jeudi le quotidien Izvestia.

Quelles sont les sources de financement des individus proches des leaders de l'opposition, qui tentent d'organiser en Russie un scénario ukrainien? C'est pour répondre à ces questions que le Conseil antifasciste (antimaïdan) a demandé au FSB, écrit jeudi le quotidien Izvestia.

Selon le conseil, les opposants mènent une politique antirusse dans des groupes fermés sur les réseaux sociaux et organisent des actions pour le soutien du "nettoyage" organisé par les autorités ukrainiennes en Nouvelle Russie.

Il est souligné dans cette demande qu'il existe aujourd'hui en Russie des forces menant une guerre médiatique dans l'intérêt des Etats-Unis et d'autres pays occidentaux qui voudraient renverser le gouvernement selon le scénario ukrainien. A cet effet, elles créent des ressources médiatiques visant, selon le conseil, une "désinformation flagrante et la division au sein de la société russe". De plus, des groupes fermés s'organisent sur les réseaux sociaux et des actions sont menées pour inculquer aux Russes la responsabilité de la Russie dans la guerre en Ukraine et les bombardements de certaines régions.

"Ceux qui sont derrière tout cela n'ont qu'un seul objectif – que la Russie s'effondre pour pouvoir redistribuer ses ressources dans l'intérêt d'autres pays, notamment des USA. C'est pourquoi nous retrouvons au premier rang les mêmes organisations et individus qui le font en Russie depuis les années 1990 – Garry Kasparov, Boris Nemtsov, Mikhaïl Kassianov", explique l'un des auteurs de la demande et cofondateur du conseil Evgueni Chabaev. Ce dernier souligne que les méthodes et le personnel utilisés par les USA et leurs alliés pour ce travail en Russie ne changent pas.

Rappelons que le Conseil antifasciste (antimaïdan) a commencé son travail début août. Il a pour but d'informer les citoyens sur les méthodes de propagande occidentale visant à renverser illégitimement l'ordre constitutionnel en Russie et inciter aux conflits internes. Le conseil inclut des représentants d'associations, de partis politiques, des Cosaques et d'anciens militaires. Selon leur informations, après les élections de septembre l'opposition hors système cherchera à déployer un large mouvement de protestation – en créant dans les régions des QG et des comités pour organiser des manifestations "oranges" — auquel le conseil a l'intention de s'opposer.

"Mikhaïl Kassianov n'est pas à Moscou actuellement. Je ne peux faire aucun commentaire à ce sujet", a déclaré la porte-parole du coprésident du parti Parnas, Tatiana Razbach.

Le site de l'opposant a publié fin juillet un communiqué "La Russie en temps de guerre", où il annonçait avec ses collègues l'effondrement du pays et qu'il ne survivrait pas en étant isolé des USA, du Canada, des pays de l'UE et de l'Otan "sous le poids de l'anarchie, de la fraude et des instincts primitifs".

Aucun commentaire n'a pu être obtenu de la part des représentants de Garry Kasparov, dont les contacts avec les représentants du Secteur droit ont déjà été constatés par le Conseil antimaïdan.

"Il y aura forcément des tentatives de reproduire le scénario ukrainien en Russie. La décision de le faire a déjà été prise. Selon les informations à ma disposition, près de 10 milliards de dollars ont été alloués à cet effet rien que par le congrès américain. Aujourd'hui, les Américains s'efforceront de propager leur idéologie basée sur l'admiration de l'Occident et la russophobie", souligne le directeur de l'Institut de recherches politiques Sergueï Markov, qui estime que la Russie doit réagir plus activement face à ces risques.


Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/presse/20140814/202140065.html#ixzz41TiJjsr2

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