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L’euro bientôt aux abonnés absents

Publié le par Felli Bernard

L’euro bientôt aux abonnés absents

samedi 8 octobre 2016

[Simone Wapler] : L’euro bientôt aux abonnés absents

Deutsche Bank a des difficultés. Deutsche Bank est “systémique”, mot récent apparu en 2008, pour dire que ses difficultés menacent le système monétaire et financier actuel qui est le créditisme. Par conséquent, Deutsche Bank menace donc aussi l’euro.

Pardonnez l’emploi de “créditisme”, cher lecteur, ce néologisme qui nous appartient, mais il est plus précis que “système”. Le créditisme est l’organisation selon laquelle on peut échanger quelque chose contre une promesse de payer un jour dans le futur avec des gains futurs. Autrefois, lorsque les monnaies étaient reliées à l’or et l’argent, on échangeait quelque chose contre autre chose de déjà existant.

Après la seconde Guerre mondiale, le dollar est devenu la monnaie des échanges internationaux, les Etats-Unis étaient les véritables vainqueurs, plus gros exportateurs et importateurs au monde. La livre s’est alors effacée de la scène internationale. Jusqu’en 1971, les Etats-Unis garantissaient aux autres gouvernements un échange de dollars contre une quantité fixe d’or. En 1971, cette garantie fut jetée aux orties et le créditisme prit son essor. Toutes les monnaies furent “flottantes”, de simples promesses de payer.

Aujourd’hui, deux économies dominent le commerce mondial. Les Etats-Unis et la Chine. Mais ce qui s’échange, s’échange toujours presqu’exclusivement en dollars. Les promesses de payer sont comptabilisées en dollars. Pour importer et exporter, il faut des dollars.

Voici un graphe de Bloomberg tout frais d’hier. Comme vous le voyez, la Chine pèse désormais plus lourd que les Etats-Unis dans le commerce mondial, et pourtant, sa monnaie, le yuan, n’est rien au niveau international.


Source: Bloomberg “China’s Ambitious Plan to Make the Yuan the World’s Go-To Currency”.

L’article de Bloomberg parle du plan de la Chine pour que le yuan devienne la nouvelle devise mondiale. Mais ce n’est pas cela dont je veux vous entretenir.

Sur ce graphe, l’euro est aux abonnés absents ! La livre et le yen y figurent mais pas l’euro. Et c’est normal. Quand on dit “monnaie” ou “devise”, pensez “dette”, “promesse de payer”. La meilleure des promesses est celle de l’Etat : l’Etat fédéral américain, la Chine,… Donc un bon du Trésor américain. Mais où est l’Etat euro ? Un bund allemand vaut-il un bono espagnol ou une OAT française ?

Maintenant, voyez chaque poche monétaire comme un réservoir assez étanche : la zone dollar, la zone euro… Dans chaque réservoir les “liquidités” abondent. Mais pour passer d’un réservoir à un autre, il faut utiliser les tuyauteries bancaires, le crédit interbancaire au niveau international. Pour importer et exporter, il faut des dollars et une banque.

Toute grosse banque ne peut pas exister sans avoir accès à des dollars. Faute de dollars, ce n’est qu’une épicerie de province. Notez bien, cher lecteur, que certaines petites banques régionales peuvent constituer un excellent abri pour votre vrai argent, car justement, elles ne sont pas “systémiques” ! Ne les méprisez surtout pas. Small is beautiful vaut mieux que “trop gros pour faire faillite”.

Simone Wapler: Deutsche Bank: La nouvelle crise de l’euro commence

Mais avec le spectre de Deutsche Bank (et Commerzbank et Monte dei Paschi di Siena, etc …) qui plane sur la Zone euro, pensez-vous que les autres banques qui ont des dollars vont les prêter facilement aux banques européennes ? Non. Elles ont peur de ne jamais les revoir. Elles ont des cactus dans les poches. L’euro n’était déjà qu’une ombre sur la scène du commerce international. Mais avec la crise bancaire qui s’annonce, il risque bien de disparaître pour de bon…

Le pleurerons-nous ? L’euro avait justement la qualité rare de ne pas être une monnaie d’Etat. Mais c’est un échec et ce qui ne marche pas doit disparaître. Les monnaies qui ne sont pas d’Etat, qui ne sont pas une “promesse de payer” sont l’or et l’argent-métal. Sous leurs règnes, on échangeait quelque chose contre autre chose, les crises étaient plus limitées et on ne détruisait pas le futur. Le créditisme n’est pas une avancée, c’est une régression.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

Source: la-chronique-agora

Posté par Nadmiiiz à 19:24

Voici un graphe de Bloomberg tout frais d’hier. Comme vous le voyez, la Chine pèse désormais plus lourd que les Etats-Unis dans le commerce mondial, et pourtant, sa monnaie, le yuan, n’est rien au niveau international.

Voici un graphe de Bloomberg tout frais d’hier. Comme vous le voyez, la Chine pèse désormais plus lourd que les Etats-Unis dans le commerce mondial, et pourtant, sa monnaie, le yuan, n’est rien au niveau international.

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La guerre contre la Syrie : les deux parties se dirigent vers un plan B

Publié le par Felli Bernard

Le SAKER
Le SAKER

La guerre contre la Syrie : les deux parties se dirigent vers un plan B

Par The Saker – Le 30 septembre 2016 – Source The Saker

Compte tenu de l’échec total de la politique étasunienne de changement de régime en Syrie et de renversement d’Assad, il est temps maintenant pour les États-Unis de procéder à un choix fondamental : négocier ou doubler la mise.

Apparemment, Kerry et d’autres ont tenté au départ de négocier, mais le Pentagone en a décidé autrement, il a traîtreusement brisé les termes de l’accord et a bombardé (illégalement) les forces armées syriennes. À ce moment-là, Kerry et [Samantha] Power et tous les autres se sont sentis comme s’ils n’avaient pas d’autre choix que de se «joindre» au Pentagone et doubler la mise. Aujourd’hui, les États-Unis avertissent la Russie que si l’offensive d’Alep se poursuit, ils ne reprendront pas les négociations. C’est une menace assez bizarre si on considère que les États-Unis sont clairement incapables de respecter tout accord et que les Russes ont déjà conclu qu’ils sont «incapables de passer un accord». La réaction russe était prévisible : Lavrov a admis qu’il n’a même pas pris ses collègues américains au sérieux.

Okay, ainsi les deux côtés en ont plus qu’assez l’un de l’autre. Que va-t-il se passer maintenant ?

Les États-Unis enverront plus d’armes à Daech, y compris des MANPAD, des TOW et des Javelins. L’effet sera marginal. Les avions russes à voilure fixe volent à plus de 5 000 mètres, là où ils sont hors d’atteinte des MANPAD. Ils sont actuellement le principal fournisseur de soutien à la puissance de feu des Syriens. Les hélicoptères de combat russes, probablement pas à l’abri des MANPAD, sont cependant très résistants à de telles attaques en raison de trois facteurs, leur capacité de survie, le polygone de tir aérien et la tactique : les Mi-28 et les Ka-52 ont des missiles d’une portée maximale de 10 km et la manière dont ils sont généralement engagés est une sorte de rotation, où un hélicoptère vole pour avoir la cible, tire, fait immédiatement demi-tour puis est remplacé par le suivant. De cette manière, tous se protègent les uns les autres tout en présentant une cible très difficile à frapper. Les hélicoptères de transport russes courraient cependant un risque beaucoup plus grand d’être abattus par un MANPAD américain. Donc oui, si les États-Unis inondent le théâtre de guerre syrien avec des MANPAD, l’aviation syrienne et les hélicoptères de transport russes seront en danger, mais cela ne sera pas suffisant pour affecter significativement les opérations russes ou syriennes.

Les options russes pour pratiquer une escalade sont beaucoup plus diverses : la Russie peut envoyer plus de blindés T-90 (que les TOW, apparemment, ne peuvent pas vaincre), plus d’artillerie (en particulier des lance-roquettes multiples modernes et des systèmes de lance-flammes lourds comme le TOS-1). Les forces aérospatiales russes peuvent aussi décider de s’engager dans des frappes beaucoup plus lourdes incluant l’usage d’armes à sous-munitions et thermobariques. Enfin, la Russie pourrait envoyer des forces terrestres effectives allant de quelques bataillons à, théoriquement, une brigade complète. Le problème avec cette option est que cela signerait un accroissement important de l’engagement des forces russes dans cette guerre, quelque chose auquel beaucoup de Russes s’opposeraient. Pourtant, puisque les Iraniens et en particulier le Hezbollah ont été utilisés comme une brigade de pompiers pour «boucher» les trous dans le front créés par plusieurs défaites d’unités de l’Armée syrienne, il n’est pas impossible que les Russes engagent un groupe tactique du bataillon interarmes sur un secteur essentiel du front puis le retirent aussitôt que possible. Le but de cette stratégie serait double : soutenir les combattants syriens avec autant de puissance de feu que possible tout en saignant en même temps, lentement mais sûrement, les forces de Daech jusqu’à atteindre le point de rupture. Fondamentalement, la même stratégie qu’avant le cessez-le-feu.

Donc pourquoi les Russes ont-ils d’abord accepté ce cessez-le-feu ?

À cause de la longue tradition qui veut qu’un mauvais cessez-le-feu vaut mieux qu’une bonne guerre, parce que la Russie s’efforce vraiment de ne pas faire monter la confrontation avec les États-Unis et parce que que la Russie pense que le temps joue en sa faveur. Je suis à peu près sûr que l’armée russe aurait préféré faire sans ce cessez-le-feu, mais je suis également sûr qu’elle était aussi d’accord d’essayer et de voir. C’est la vieille contradiction : les Occidentaux veulent aussi des résultats maintenant, tandis que les Russes prennent toujours leur temps et bougent très lentement. C’est pourquoi, pour un public occidental, le Kremlin sous Poutine est toujours «en retard» ou «hésitant» ou en tous cas frustrant, dans ce qui apparaît presque comme un manque de but et de détermination. Là où cette attitude typiquement russe devient un problème, c’est lorsqu’elle laisse penser aux dirigeants de l’État profond américain que la Russie n’est pas seulement hésitante, mais qu’elle a éventuellement peur. D’une manière perverse, le manque de «démonstration de force» de la Russie risque de donner aux Américains l’impression que «les Russkofs ont cillé». Je suis toujours très étonné lorsque je vois les réactions occidentales au langage diplomatique doux utilisé par les diplomates russes. Là où les Américains comparent ouvertement Poutine à Hitler et demandent l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne (totalement illégale) sur la Syrie, les Russes répondent avec «mon ami John» et «nos partenaires» et «les négociations doivent se poursuivre». Plus souvent qu’autrement, lorsque les Américains entendent le langage diplomatique des Russes, ils le prennent pour de la faiblesse et ils se sentent encore plus enhardis et ils font encore plus de menaces. C’est en partie pour cette raison que la Russie et les États-Unis sont, encore une fois, sur une trajectoire de collision.

Une fois que les États-Unis réaliseront que leur politique d’envoyer des MANPAD en Syrie ne fonctionne pas, ils n’auront plus qu’une carte à jouer : tenter d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie.

La bonne nouvelle est qu’à en juger par cet échange, les généraux étasuniens comprennent qu’un tel geste américain signifierait la guerre avec la Russie. La mauvaise nouvelle est que les néocons semblent être tout à fait pour. Puisqu’un tel événement est maintenant devenu possible, nous devons examiner ce que cela impliquerait exactement.

La manière dont la doctrine américaine ordonne d’imposer une zone d’exclusion aérienne est assez simple : cela commence par une série intensive d’attaques de missiles de croisière US Air Force et US Navy et de bombardements, dont le but est de paralyser les défenses aériennes de l’ennemi et ses capacités de commandement et de contrôle. À ce stade, le brouillage et les frappes de missiles anti-radar jouent un rôle essentiel. Les Américains, s’ils ont quelque espoir de parvenir à une surprise tactique, frapperont généralement les bases aériennes de l’ennemi, avec une insistance spéciale sur la destruction d’avions à terre, des pistes et des installations de stockage de carburant. Cette première phase peut durer entre 48 heures et 10 jours, cela dépend de la complexité / de la capacité de survie du réseau de défense aérienne de l’ennemi. La seconde phase comprend habituellement le déploiement d’avions de combat air-air dans des patrouilles de combat aérien qui sont en général contrôlées par des avions AWACS en vol. Enfin, une fois le réseau de défense aérienne détruit et la suprématie aérienne établie, les chasseurs aériens et les bombardiers sont envoyés pour bombarder tout ce qui peut l’être jusqu’à ce que l’ennemi se rende ou soit écrasé.

En Syrie, ce scénario idéal se heurterait à plusieurs problèmes.

Premièrement, alors qu’il n’y a que quelques systèmes S-400/S-300 en Syrie, les États-Unis n’ont jamais dû opérer contre eux, en particulier pas contre la version russe de ces systèmes redoutables. Pire, la Russie a aussi des radars à très longue portée qui rendront impossible aux États-Unis de parvenir à une surprise tactique. Enfin, la Russie a aussi déployé des systèmes de guerre électronique puissants susceptibles de créer un chaos total dans les systèmes clé de commandement, de contrôle, de communication et de renseignement américains.

Deuxièmement, ces systèmes S-400/S-300 sont principalement situés sur ce qui est légalement un «territoire russe» : la base aérienne de Khmeimim et les croiseurs de classe Slava ou Kouznetsov au large de la côte syrienne. Cela vaut aussi pour les nœuds importants du réseau des communications russes. Si les Américains étaient assez fous pour essayer de frapper un navire de la Marine russe, cela ouvrirait la porte aux attaques russes contre toute l’US Navy [et le porte-avion français Charles de Gaulle, NdT].

Troisièmement, alors que la Russie a déployé relativement peu d’avions en Syrie, et que peu sont des intercepteurs air-air, les autres (des SU-30SM et des SU-35) sont sensiblement supérieurs à tout avion figurant à l’inventaire des États-Unis, à l’exception peut-être du F-22A. Même si les États-Unis seront capables d’écraser les Russes par le nombre, ce sera à un coût très élevé.

Quatrièmement, l’utilisation des AWACS de l’US Air Force pourrait être compliquée par la possibilité que les Russes décident de déployer leurs missiles anti-AWACS à très longue portée (lancés à la fois depuis la terre et les airs). Il est aussi probable que la Russie déploierait ses propres AWACS dans l’espace aérien iranien et les protégerait avec des MiG-31BM, faisant d’eux une cible très difficile.

Cinquièmement, même si les États-Unis étaient capables, d’une manière ou d’une autre, d’établir quelque chose comme une supériorité aérienne générale sur la Syrie, les Russes auraient encore trois options redoutables pour continuer à frapper Daech profondément à l’intérieur de la Syrie :

1) des missiles de croisière (lancés depuis des plateformes navales de bombardiers Tu-95MS).
2) des groupes d’attaques SU-34/SU-35 lancés depuis la Russie ou l’Iran.
3) des bombardiers supersoniques à longue portée (Tu-22M3 et Tu-1
60).

Il serait extrêmement difficile pour les États-Unis d’essayer de stopper de telles attaques russes puisque l’US Air force et l’US Navy ne se sont pas entraînées à de telles missions depuis la fin des années 1980.

Sixièmement, même l’imposition réussie d’une zone d’exclusion aérienne aurait peu d’effet pour empêcher les Russes d’utiliser leur artillerie et leurs hélicoptères d’attaque (une cible difficile pour des avions à voilure fixe, pour commencer). Les chasser à des altitudes plus basses exposerait l’US Air Force/ US Navy à encore plus de défenses aériennes russes.

Septièmement, enfin, nous ne sommes pas en 1995 et la Syrie n’est pas la Bosnie : de nos jours, les Européens n’ont pas l’estomac pour combattre les Syriens, sans même parler de la Russie. Donc, alors que certains dirigeants européens enverront certainement au moins quelques avions pour manifester leur loyauté à Oncle Sam (la Pologne, l’Allemagne, la Hollande et peut-être un F-16 de seconde main d’un État balte), les régimes qui comptent (la France, le Royaume-Uni, l’Italie, etc.) sont peu susceptibles d’être intéressés par une intervention militaire dangereuse et totalement illégale. Ce n’est pas un problème militaire pour les États-Unis, mais cela présenterait cependant une autre difficulté politique.

Pour résumer, je dirai simplement que si les Américains et leurs alliés ont un immense avantage en nombre, ils sont désavantagés en termes de qualité d’armement par rapport aux Russes presque à tous les niveaux. À tout le moins, cette supériorité qualitative pour les Russes fait de l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne (totalement illégale !) au-dessus de la Syrie une proposition à haut risque. Pourraient-ils le faire ? Oui, probablement, mais seulement à un coût très important et au risque très réel d’une guerre à grande échelle avec la Russie. Comme je l’ai dit de nombreuses fois, la Syrie est en plein dans la zone de «responsabilité» CENTCOM/OTAN, à l’extrême bord de la capacité russe de projection de puissance. Là où la Russie a des dizaines d’avions, les Américains peuvent en amener plusieurs centaines. Donc la vraie question n’est pas si les Américains pourraient le faire, mais plutôt s’ils veulent payer le prix qu’une telle opération entraînerait.

Au niveau politique, il est important de répéter ce qui suit :

1) La présence américaine en Syrie – en totalité – est totalement illégale et n’a aucun mandat du Conseil de sécurité des Nations unies.
2) Toutes les opérations militaires américaines en Syrie sont aussi totalement illégales.
3) L’imposition d’une zone d’exclusion aérienne appliquée par les États-Unis serait également totalement illég
ale.

Alors que cela n’a pas arrêté l’Empire jusqu’à présent, cela pourrait offrir aux Européens une excuse parfaite pour ne pas participer à une telle opération. Bien sûr, les Américains n’ont besoin d’aucune aviation européenne pour essayer d’imposer une zone d’exclusion aérienne sur la Syrie, mais politiquement, cela leur nuirait certainement.

Enfin, il y a encore un autre problème à affronter pour les États-Unis : l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie est une opération très vaste qui exige une centaine d’avions. Depuis où les États-Unis opéreraient-ils ? Je suis peut-être naïf ici, mais je ne pense pas qu’Erdogan les laisserait utiliser Incirlik dans ce but. L’Irak essaierait très probablement au moins de fermer son espace aérien à tout avion participant à une telle opération, en particulier si des forces syriennes ou russes sont atteintes. Cela laisse Israël, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les porte-avions pour le faire. Aucun d’entre eux n’est vraiment adapté pour cela : la Jordanie n’a pas l’infrastructure et est trop près, Israël n’aiderait pas les États-Unis contre la Russie, ni l’Égypte. Les Saoudiens ont d’excellentes installations, mais elles sont éloignés. Quant aux porte-avions, ils sont la meilleure option, mais ils sont loin d’être l’idéal pour une campagne aérienne soutenue (ce que serait l’imposition d’une telle zone d’exclusion aérienne).

Encore une fois, rien de tout cela n’est un véritable obstacle, mais cela complique de manière très importante le travail des planificateurs américains.

Conclusion

Le risque d’une tentative étasunienne d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie restera très réel dans le futur prévisible, à moins, bien sûr, que Trump batte Hillary dans la course à la Maison Blanche. Si Hillary l’emporte, le risque s’aggravera fortement. Quant à Obama, il ne veut probablement pas planter un gros bâton dans un tel nid de frelons avant de quitter la Maison Blanche (du moins je l’espère). Enfin, indépendamment de qui siège à la Maison Blanche, l’idée d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie devrait être évaluée par rapport à ce qu’on appelle la «doctrine Powell» des interventions militaires. Voyons comment ce plan est à la hauteur de la série de questions de la doctrine Powell :

Q : Un intérêt vital de sécurité nationale est-il menacé ?
R : Non
Q : Avons-nous un objectif réalisable clair ?
A : Un peu
Q : Les risques et les coûts ont-ils été totalement et franchement analysés ?
A : Oui, et ils sont potentiellement extrêmement élevés
Q : Tous les autres moyens politiques non violents ont-ils été totalement épuisés ?
A : Non
Q : Y a-t-il une stratégie de sortie plausible pour éviter un enlisement sans fin ?
A : Non
Q : Les conséquences de notre action ont-elles été pleinement prises en compte ?
A : Oui, et le plus grand risque est une Troisième Guerre mondiale contre la Russie
Q : L’action est-elle soutenue par la population américaine ?
A : Non
Q : Avons-nous un véritable et lar
ge soutien international ?
A : Non

Comme nous pouvons le voir facilement, ce plan échoue à correspondre aux critères minimaux de la Doctrine Powell sur la plupart des points. Donc tant que quelqu’un doté de santé mentale est à la Maison Blanche, tout ce discours peut rester ce qu’il a été jusqu’à aujourd’hui – des menaces vides. Bien sûr, si Hillary entre à la Maison Blanche puis nomme une folle comme Michèle Flournoy comme secrétaire à la Défense parallèlement à une équipe de sécurité composée de bellicistes enragés, alors tous les paris sont ouverts.

S’il vous plaît, pensez-y avant d’aller voter.

The Saker

L’article original est paru sur The Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

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La Russie se prépare à une vraie guerre en Syrie…

Publié le par Felli Bernard

Moon of Alabama
Moon of Alabama

La Russie se prépare à une vraie guerre en Syrie…

… Pour faire face aux attaques par procuration des États-Unis. En effet, la Russie a interprété comme une menace directe les propos tenus par le porte-parole du Département d’État US lors du point de presse du 28 septembre dernier.

Le 4 octobre 2016 – Source Moon of Alabama

Bref échange entre un un journaliste et le porte-parole du Département d’État des États-Unis lors du briefing quotidien à la presse du 28 septembre 2016. Porte-parole : John Kirby

QUESTION : Mais je crois qu’on n’a pas parlé ici des conséquences pour la Russie, si cet accord tombe à l’eau, à part pour quelques échanges inter-institutions sur des options qui n’ont pas encore été choisies. Quelles sont les conséquences pour la Russie, à part le fait que le Secrétaire Kerry ne lui parlera plus de cette question à l’avenir ?

KIRBY : Les conséquences sont que la guerre civile se poursuivra en Syrie, que les extrémistes et les groupes extrémistes continueront à exploiter les vides en Syrie pour étendre leurs activités qui comprendront, sans aucun doute, des attaques contre les intérêts russes, peut-être même contre des villes russes, et la Russie continuera à renvoyer des soldats à la maison dans des sacs mortuaires, et ils vont continuer à perdre des ressources – et même, peut-être, d’autres avions.

La Fédération de Russie n’a pas interprété ces paroles comme une prédiction ou un avertissement, mais comme une menace directe.

L’accord de cessez-le feu est tombé à l’eau. Les États-Unis en sont essentiellement responsables parce qu’ils n’ont PAS poussé leurs forces par procuration en Syrie à le respecter. Ils ont blâmé, comme d’habitude, le camp russe qui a respecté le cessez-le-feu à la lettre.

Voilà ce qui est ensuite arrivé :

Le Front al-Nusra bombarde l’ambassade de Russie à Damas

L’ambassade de Russie à Damas a été bombardée depuis les zones contrôlées par les militants du Front al-Nusra et de Faylaq al-Rahman, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

«La mission diplomatique russe a été bombardée au mortier le 3 octobre. Une des mines a explosé sur le domaine de l’ambassade, près du secteur résidentiel. Heureusement, personne n’a été blessé. La mission diplomatique a subi des dommages matériels. Deux autres mines ont explosé à côté de l’ambassade». Le ministère a déclaré que les tirs provenaient de la municipalité de Jobar qui est contrôlée par les terroristes du Front al-Nusra et de Faylaq al-Rahman. «Nous considérons ce bombardement de l’ambassade de Russie comme la conséquence des actions de ceux qui, à l’instar des États-Unis et de leurs alliés, provoquent le violent conflit en Syrie, en flirtant avec les militants et les extrémistes de toutes sortes.»

La Russie a déployé des bombardiers supplémentaires en Syrie. On ne sait pas encore combien. Mais, dès qu’ils seront opérationnels, les rebelles devront faire face à beaucoup plus d’attaques aériennes. Quelques semaines de bombardements intensifs vont détériorer leurs capacités logistiques , de commandement et de contrôle, au point qu’ils ne pourront plus mener une lutte organisée.

La Russie a aussi déployé une batterie de systèmes de défense aérienne S-300. Très précisément des S-300VM, qu’on appelle également Antey-2500. Ils sont spécialement conçus pour la défense contre les missiles de croisière et les missiles balistiques. Le système sera installé près du port de Tartous et protégera la côte est de la Syrie ainsi que la flotte russe qui se trouve en Méditerranée orientale. Elle a également de bonnes capacités de défense contre les avions d’attaque. Tout cela rendrait très difficile une attaque de missiles de croisière par les États-Unis contre les aéroports syriens et russes et les forces aériennes en Syrie, comme cela est en discussion dans divers journaux américains, dans le but de commencer une guerre de «zone d’exclusion aérienne».

Et il y a ceci:

Elijah J. Magnier @EjmAlrai

#Damas a accepté & #Russie est prête à envoyer plusieurs milliers de forces spéciales et des officiers de diverses unités ce mois-ci à #Syrie.

09:57 − 4 octobre 2016

La décision finale a été prise, je crois, après l’attaque étasunienne sur les positions de l’armée syrienne à Deir Ezzor qui a ouvert l’accès de la ville assiégée à État islamique. Cela, et le bombardement américain actuel des ponts de Deir Ezzor, offrira à État islamique un espace dans lequel il pourra survivre. La Russie ne peut, ni ne veut tolérer une chose pareille.

Les États-Unis veulent, par manque d’une meilleure idée, jouer aux durs avec la Russie. Mais ils ne veulent pas la guerre. La Russie aussi durcit ses muscles. Elle veut que les États-Unis comprennent qu’il leur faudra, en effet, déclarer une vraie guerre à la Russie et à ses alliés s’ils souhaitent faire ce qu’ils veulent en Syrie. Armer toujours plus leurs mercenaires d’al-Qaïda, comme Washington le fait actuellement, ne changera rien à l’affaire.

La Russie ne cédera pas aux exigences américaines sans se battre de toutes ses forces. Elle fait le pari qu’Obama, les membres de son administration et les généraux du Pentagone sont, finalement, des lâches habitués à leur petit confort. Elle a, à mon avis, une très grande chance de gagner son pari.

Traduction : Dominique Muselet

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ZEMMOUR, UN VERITABLE HEROS PATRIOTE DU METAPOLITIQUE MEDIATIQUE !

Publié le par Felli Bernard

Eric ZEMMOUR
Eric ZEMMOUR

ZEMMOUR, UN VERITABLE HEROS PATRIOTE DU METAPOLITIQUE MEDIATIQUE !

http://www.gfaye.com/que-penser-deric-zemmour/

6 octobre 2016 par Guillaume Faye

Jamais, depuis très longtemps, un publiciste (1) n’avait ébranlé à lui seul le monde médiatique et politique. Par ses articles de presse, interventions audiovisuelles et essais, Éric Zemmour a réussi à créer un séisme pour une raison sociologiquement simple : le court–circuit. Il a rompu avec les codes de l’oligarchie (idéologiques et institutionnels) et exprimé le sentiment populaire autochtone en oubliant de demander l’autorisation des ”élites”. Son ascension a été d’autant plus irrésistible qu’on ne l’attendait pas, qu’on ne l’avait pas vu venir. En effet, il n’est pas issu de milieux bien repérés et prévisibles. Il vient du ”système”, qu’il trahit. Ce n’est pas un marginal, c’est un centré qui se révolte. Cette décentration, liée à son talent de plume et de parole a créé un cocktail médiatique explosif. Un chauffard idéologique Éric Zemmour a adopté le devoir de dire ce qu’il pense et ressent, contre l’idéologie minoritaire mais dominante de l’oligarchie, alors que l’inclination naturelle des gens de sa profession est, en répétiteurs, d’exposer ce que pense le système, en refoulant dans la sphère privée leurs propres opinions, souvent contraires. Les plus hardis se contentent de timides allusions à l’évidence de la réalité observable, pourtant éclatante, mais sans jamais se départir de l’obéissance au dogme et de la dénonciation des sept péchés capitaux (2)

En ce sens, Zemmour fait partie des rarissimes publicistes libres –même souvent contre leur propre camp – qui pensent par eux-même. Il n’aurait jamais pu écrire dans Le Monde, L’Obs, Libération etc., ces médias à la ligne éditoriale autoritaire et obtuse. Il franchit les lignes jaunes en vrai chauffard idéologique, en prenant donc de gros risques, y compris pour sa vie, lorsqu’il s’en prend à l’islam envahisseur, ce qui dénote une témérité dont sont dépourvus beaucoup de ses illustres collègues, ce qui renforce leur aigreur envieuse. Chez Zemmour, le choix de ne pas congédier le réel comme le font la plupart des politiciens, des journalistes et des intellectuels – ce qu’avait dénoncé Philippe Muray –, d’échapper à la langue de coton, d’afficher sans autocensure ses opinions rompt avec la peur de ses confrères ; ces derniers, la plupart du temps, atténuent, masquent ou travestissent leurs convictions ou leurs observations par cette prudence conformiste qui protège leur carrière ou leur vie, cette prudence que les philosophes de l’Antiquité jugeaient aussi sage que lâche selon les circonstances. L’exemple du courage Le succès populaire de Zemmour vient en partie de ce qu’il a fait preuve de courage, face aux procès et menaces de mort, en tenant certains propos interdits mais approuvés en silence par la majorité du peuple. Son bon sens étant tenu par l’oligarchie pour de l’extrémisme peccamineux, cela renforce par contrecoup son discours et disqualifie l’officiel. Il se met en danger ce qui accroît son prestige. On a cru, à plusieurs reprises, qu’il reculait devant les intimidations, menaces et attaques en justice, mais il repart chaque fois à l’assaut. Il brave le système médiatique, politique et judiciaire soft–totalitaire. Licencié de l‘émission qui l’a popularisé, On n’est pas couché, basilique du politiquement correct dont il profanait crescendo les dogmes de ses analyses subversives, Zemmour aura piégé le bobo Ruquier aux idées courtes, rabâcheur de la vulgate. Ce dernier congédiera Zemmour trop tard : le mal était fait.

Il aurait parfaitement pu faire une paisible carrière de journaliste et d’écrivain. Il aurait été assuré tous risques en se contentant d’être le poil à gratter d’une ”droite modérément dure”, tolérée par l’oligarchie si elle respecte certains codes, notamment sémantiques et linguistiques, et ne va pas vraiment à l’essentiel. Mais Zemmour, aussi teigneux que sans peur, a multiplié dans ses livres, articles, interventions audiovisuelles et conférences, son constant diagnostic : la France est très malade, elle peut mourir ; en son sein croît le cancer d’un ”second peuple”, colonisateur, prolifique et hostile ; cessons de plaisanter. Philippe de Villiers et Patrick Buisson, bêtes noires, eux aussi, de l’oligarchie font le même diagnostic, ainsi qu’Ivan Rioufol. Tous ont le courage, avec d’autres, de mettre leur sécurité en danger face aux éventuelles représailles de l’occupant et de ses collaborateurs. Le mécanisme médiatique enrayé Les mêmes propos que tient Zemmour, s’ils proviennent de gens qualifiés d’ ”extrême–droite” (vrai ou faux, peu importe), sont attendus comme tels, cantonnés dans leur rôle, neutralisés par le silence et uniquement sanctionnés par la justice s’ils deviennent visibles des radars, c’est-à-dire dépassent une certaine audience.

Mais Zemmour, comme à certains égards Finkielkraut, est perçu par le système comme un transfuge, un dissident. Ce type, qui a trahi la Caste en flattant le populo, le petit Blanc, n’avait pas, pour l’oligarchie, à sortir des clous. ll n’était pas prévu pour ça. Les analyses de Zemmour sont d’autant plus choquantes, dérangeantes, subversives, dangereuses qu’il ne vient pas de cette ”extrême–droite” fantasmée, qu’il n’est pas un marginal médiatique et qu’il touche le (très) grand public qui l’approuve. Et son succès d’audience comme l’intérêt financier de ses éditeurs et employeurs audiovisuels interdit de faire jouer la loi du silence, la plus efficace des censures.

Zemmour a piégé le système. La publicité du dernier essai d’Éric Zemmour, Un quinquennat pour rien (Albin Michel) affiche : « l’ennemi public N°1… est N°1 des ventes ». Et de citer trois jugements des trois médias intolérants de la bien–pensance, L ‘Obs ( « délire islamophobe »), Libération ( « il faut déradicaliser Zemmour ») et Le Monde (« souverainiste, réactionnaire »). Le débat d’idées disparaît donc et fait place à la vindicte idéologique. Éric Zemmour est ainsi devenu un symbole de la résistance de la France de souche. Et ses détracteurs ont commis une erreur stratégique majeure en le diabolisant moralement sans arguments, plutôt que de le neutraliser par le silence ou le raisonnement. Il est vrai qu’il est difficile de raisonner contre les faits. L’idéologie dominante a abandonné le logos et la ratio. Elle en appelle au slogan émotionnel sommaire, selon la méthode maoïste. Mai 68… Désignation de l’ennemi

Éric Zemmour vise le cœur de cible, le naos sacré du temple : c’est-à-dire l’immigration invasive, l’islamisation et l’islam lui-même, favorisés par un État et une oligarchie antidémocratiques et, au fond, francophobes. Il fait un choix polémique – comme d’ailleurs Robert Redeker, Ivan Rioufol, Renaud Camus, et d’autres, notamment les acteurs de Riposte laïque – ce qui, à son niveau de popularité, crée un impact politique. Sur l’immigration colonisatrice, sur le déclin multicausal généralisé de la France, Zemmour procède en médecin qui ose diagnostiquer un cancer là où les autres font semblant de ne voir qu’une grippe ou rien du tout, voire même une belle forme. Cassandre, il exprime ce que ressent le peuple et ce que taisent leurs ”élites” (non, leurs dirigeants), que Christophe Guilluy a esquintées dans son dernier essai Le crépuscule de la France d’en haut (Flammarion).

Il pratique l’inverse de la méthode Coué des optimistes factices, dont Alain Juppé est la figure ridicule avec son « identité heureuse ». Juppé et Valls, même combat Alain Juppé est le cas d’école, tragi-comique, de cette droite molle (les ”modérés”) qui applique toutes les idées de gauche par anesthésie mentale. Il le fera d’autant plus s’il gagne, grâce aux voix de gauche, la primaire puis la présidentielle face à Marine Le Pen. Il a qualifié ainsi les jugements critiques de Zemmour sur l’islam : « un délire et une frénésie ». Et ce, après les centaines de morts des attentats musulmans en France depuis moins de deux ans… D’où viennent ” délire et frénésie ” ? De Zemmour ou bien des adeptes d’ Allah qui tuent et massacrent ? Le même Juppé, qui se scandalise des propos de Zemmour sur l’islam, avait déclaré ne rien connaître à l’islam ni au Coran. Pauvre type…

M. Juppé qui, lorsqu’il était Premier ministre, a reculé sur tous les fronts, est un politicien de la même trempe que son ancien patron Chirac –”faïence de bidet” et non pas ”marbre” selon la boutade de Marie–France Garaud. Il peut malheureusement remporter la primaire de la droite, être élu au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen, engrangeant les voix de gauche, et, en remerciement, faire une politique ”chiraquienne”. Juppé est sur la même ligne que Manuel Valls, un Premier ministre qui – innovation soft–totalitaire– a demandé officiellement aux Français de ne pas lire la prose de Zemmour. Pas de débat, censure. Juppé et Valls, qui partagent exactement les mêmes idées–guimauve, les défendent, le premier par des propos lénifiants, le second par des éructations colériques – où l’expression ”prendre ses responsabilités” revient en boucle, répétition obsessionnelle d’un irresponsable. Le résultat est le même.

Les deux politiciens entendent diaboliser Zemmour, procéder à une classique reductio ad hitlerum. Comme pour le quinquennat de Sarkozy, la méthode est connue : pendant la phase électorale, on fait une campagne ”de droite” et, une fois élu, on biaise, on triche et, dans tous les domaines, (immigration, économie, enseignement, justice, etc.) on laisse filer une politique de gauche. Par peur des articles indignés du Monde, des grèves de fonctionnaires, des manifs de lycéens et d’étudiants, d ‘éventuelles émeutes de ”jeunes” des banlieues ou de questions plus personnelles (3). Le scénario est connu et se reproduira : le peuple se retrouve trahi et cocufié par des politiciens bavards en promesses mais sans parole. Si Juppé accède à l’Élysée, il n’appliquera même pas 20% de son programme et Éric Zemmour aura matière à observer et analyser un nouveau quinquennat pour rien. Sauf que, d’ici 2022, la guerre civile ethnique aura peut-être éclaté en France et que le prochain quinquennat pourra exploser en plein vol avant son échéance.

Aborder la question de l’islam est dangereux Comme je l’ai fait avec d’autres, notamment l’islamologue René Marchand, Zemmour remet en cause la fausse distinction entre islamisme et islam. Le terrorisme, Al–Qaida, Dae’ch relèvent bien de l’islam authentique ; et l’islam ”modéré” est un leurre, souvent une ruse, une position minoritaire. La France inconsciente est en proie au Dar al-Arb, la guerre de conquête d’une partie de l’Europe par l’islam arabe. Avec une stratégie ethno–démographique d’invasion, théorisée par des intellectuels musulmans, bien connue des immigrés et partagée par une majorité d’entre eux chez les jeunes.

Pour Zemmour, la gauche est dans son rôle de sabordage du pays, mais ce qui le scandalise, c’est que la droite la suive par lâcheté. Il concentre ses critiques sur cette dernière, adepte de demi–mesures, bravache dans le discours et rabougrie dans l’action quand elle est aux affaires, craignant autant de déplaire à la gauche morale que d’affronter grèves et manifs. La ”droite décomplexée” est un slogan factice, uniquement valable en période électorale. Une fois aux affaires, la droite, métapolitiquement irradiée par la gauche, n’applique pas son propre programme. Celui qui, comme Zemmour, a décrit l’extrême gravité de la situation de la France est Patrick Buisson, l’ancien conseiller de Sarkozy, dont l’essai La Cause du Peuple (Perrin) risque de faire perdre la primaire de droite à l’ancien président, tant le portrait qu’il en brosse est accablant. Il estime d’ailleurs aussi, à juste titre, que le ramollissement idéologique du FN, sous l’influence de son vrai patron, M. Philippot, neutralisera à terme ce dernier, laissant vide l’espace politique de recours des Français de souche, accablés. Ne sachant à qui se vouer.

Étatisme et anti-libéralisme : points de désaccord

Mes divergences avec Zemmour portent principalement sur sa conception ”colbertiste” de l’État stratège en économie, position qui était la mienne jadis mais que j’ai abandonnée. Selon moi, Zemmour penche trop pour une économie administrée. Or, hormis les grands programmes souverains volontaristes que furent les centrales électro-nucléaires, le spatial (CNES, ESA, Arianespace), Airbus – ces deux derniers ayant entrainé nos partenaires européens –, le TGV, toutes réalisations émanant uniquement des présidents de Gaulle et Pompidou, la politique industrielle de l’État ”stratège” depuis trente ans, qui prétend se substituer aux groupes privés, s’avère toujours catastrophique car incompétente et ignorant le réel ; les affaires Areva, Alstom, SNCF etc. étant les derniers épisodes de ce désastre. Souverainiste de la tendance bonapartiste et gaullienne, patriote très méfiant envers le monde anglo-saxon, Zemmour se déclare anti–libéral, ce que n’était pourtant pas De Gaulle. Patrick Buisson, lui aussi, se déclare anti–libéral. Cette posture est étrange, voire incompréhensible, dans un pays surfonctionnarisé et surfiscalisé dont l’économie et la société sont objectivement socialistes et étatisées (plus de 55% du PIB gérés et redistribués par la sphère publique), dont l’école publique est en ruines, avec un Code du travail et des réglementations ubuesques, ainsi que des charges qui entravent ou ruinent les entreprises, créant un chômage de masse.

Éric Zemmour et Patrick Buisson devraient étudier de quelle subtile manière, l’État fédéral américain, à l’origine de la Nasa, nageant dans un environnement libéral, s’aidant des commandes du Pentagone, s’appuyant sur une législation nationaliste et punitive à valeur internationale, ayant aidé à la création des géants numériques et Internet, pratique un ”colbertisme” bien plus efficace que celui de l’État crypto-communiste français. Zemmour et l’ ”extrême droite” Au début de son succès, bien avant Le suicide Français, Zemmour fut l’objet d’une détestation de la part de nombre d’idéologues dits d’ ”extrême–droite” (mouvances hors FN) et de leur public. Elle s’expliquait par la jalousie et aussi par le fait que ”ce juif ” chassait sur leurs propres terres et développait mieux qu’eux certaines de leurs idées et analyses. Une captation d’héritage, en sorte. L’antisémitisme de ces milieux, quoiqu’en fort déclin du fait de son déphasage avec la situation présente et totalement dépassé par la judéophobie musulmane et de gauche, reste toujours vivace surtout dans les anciennes générations. J’ai souvent entendu dire que Zemmour était médiatisé et toléré parce qu’il était juif et – encore plus tordu – que BHL et lui occupaient, en tant que juifs, les bastions idéologiques de gauche et de droite afin de tout verrouiller. Alain Finkielkraut a été l’objet des mêmes supputations grotesques

. Mais, au fur et à mesure que la popularité de Zemmour progressait et qu’il en faisait cent fois plus à lui tout seul que toutes les chapelles intellectuelles et ”métapolitiques” de la mouvance ED, les dirigeants de cette dernière lui ont fait les yeux doux, l’ont approché, interviewé, etc. pour se raccrocher à sa locomotive, oubliant leurs anciennes préventions. En revanche, face à une gauche qui renoue subrepticement avec l’antisémitisme, en proportion de son islamolâtrie, Zemmour n’est pas aidé parce qu’il est juif… La distance prise par Zemmour avec le FN de Marine Le Pen et Florian Philippot s’explique en grande partie par le gauchissement idéologique de ce dernier qui met la pédale douce, commettant une lourde erreur stratégique, sur l’identité, l’immigration et l’islamisation invasives et en revient aux vieilles thématiques encore paisibles des années 80, sans comprendre que nous sommes dans le cas d’urgence. Pourtant, Éric Zemmour est massivement approuvé par l’électorat et la majorité de l’appareil du FN, ce qui est déstabilisant pour sa direction.

Le prix du succès

La popularité de Zemmour bouscule l’oligocratie politique, d’autant plus qu’il se tient à la lisière de l’engagement politique, sans jamais franchir la ligne jaune électorale, mais en demeurant une menace pour les politiciens. Même s’il dit rester dans le champ métapolitique, il inquiète les politiciens. Détesté par les agents de l’idéologie dominante, Zemmour est aussi haï par une bonne partie des immigrés musulmans. Si l’on voulait comparer Zemmour et BHL, on pourrait dire que leur seul point commun est l’influence idéologique par les écrits et médias. Outre qu’ils prennent des positions inconciliables sur tous les sujets, le premier ne se réclame pas de l’intellocratie mais des sentiments et des intérêts du peuple, ce qui fait sa force ; tandis que le second (”philosophe”) s’est peu à peu dévalué en apparaissant comme le porte–parole d’une classe dirigeante de gauche et cosmopolite, théoricien de l’abandon et du mépris du peuple autochtone comme de la démocratie (antipopuliste égale antidémocrate), respecté comme un patriarche par tous les grands médias. Les mentions positives ou la présence de Zemmour sont, dans ces grands médias, limitées à Valeurs actuelles et au groupe Figaro, où il écrit, et à quelques émissions audiovisuelles.

Diabolisé par 90% des autres médias – qui n’ont pas compris que le silence est plus efficace pour neutraliser que l’indignation – Zemmour s’impose comme le plus important opposant métapolitique et culturel au système et à son idéologie envahissante. La rançon de son succès et de son efficacité est qu’il risque sa peau. Le patriotisme est à ce prix, il n’a jamais été gratuit

. (1) Journaliste et écrivain, ne se prétendant pas ”philosophe” et n’appartenant pas à la classe politique

. (2) Les sept péchés capitaux sont 1) le racisme et la xénophobie (sauf contre les Blancs), 2) l’islamophobie (”stigmatiser ” l’islam) 3) le populisme (ou préférence pour la démocratie),4) le souverainisme national,5) l’homophobie et l’opposition à la cause sacrée LGBT,6) le sexisme misogyne (sauf celui des musulmans),7) la critique des dogmes écologistes.

(3) Il est possible que Nicolas Sarkozy soit influencé par les opinions de son entourage privé auquel il ne peut déplaire.

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Hillary Clinton, Une folle qui menace le monde

Publié le par Felli Bernard

Hillary Clinton, Une folle qui menace le monde

octobre 8, 2016 by Philippe Ehua

Hillary Clinton, Une folle qui menace le monde

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Un chemin de guerre est balisé pour « Killary » Cinton

Avant même de connaître le résultat des prochaines élections présidentielles, les néo conservateurs étasuniens préparent le champ de bataille d’une guerre prochaine contre la Russie, comme si cette dernière était inévitable quel que soit le futur locataire de la Maison Blanche.

Bien sûr, les faucons de guerre préfèrent tourner autour de la candidate Clinton comme une volée de moineaux saluant une bienfaitrice nourricière qui les alimente de promesses de batailles futures en Syrie, Iran et Russie, plutôt qu’autour d’un candidat Trump qui veut recentrer la politique étasunienne sur son territoire et normaliser les relations avec Moscou…

Clinton, après un moment de faiblesse physique est vite remontée sur son destrier de campagne, encouragée par son premier débat public avec son opposant Trump qui n’a pas su la déstabiliser autrement que par des saillies verbales machistes impopulaires.
Hillary est même revenue au top de son hystérie, nous offrant chaque semaine de nouvelles bouffées délirantes telle cette suggestion d’assassiner par une attaque de drone Julian Assange, le cofondateur de Wikileaks qui menace de révéler des documents compromettants sur elle.

Ainsi cette va t-en guerre hystérique qui mérite chaque jour un peu plus son surnom de « Killary » malgré des dérapages verbaux de plus en plus inquiétants se croit invincible et au dessus des lois et de la morale, bénéficiant du soutien des anciens Président Bush, de l’actuel équipe Obama, de la puissante Goldman Sachs, sans compter la meute des généraux et d’industriels dont la guerre alimente un pouvoir profond et un fond de commerce au dessus des lois et interdépendants.

Seulement voilà, contre toute attente, Hillary voit l’excentrique milliardaire Trump caracoler au coude à coude avec elle dans la course à la Maison Blanche menaçant de défaire les projets incendiaires que les mondialistes ont lancé à travers le monde depuis les années où Bill son mari a organisé les destructions de la Serbie et de l’Irak…

Aussi, pour stimuler les foules et les attirer à elle, Hillary a décidé de jouer la carte de la peur et réanimant une propagande de guerre froide vielle de plus de 25 ans a entrepris de lancer une véritable croisade contre la Russie, autant au sens dogmatique qu’au sens militaire du terme…

Plus l’échéance électorale approche, plus les faucons de guerre étasuniens agitent le spectre d’une guerre avec Moscou espérant apeurer regrouper les moutons votants autour de leur arrogance militaro-industrielle. A croire que l’escalade en Syrie provoquée par les étranges mais opportune « erreurs de tir » des avions de la coalition, vise en priorité des électeurs étasuniens indécis…

Du coup, dans les déclarations étasuniennes qui fusent dans une surenchère de provocations on a parfois du mal à faire la part entre les délires propagandistes et l’intention réelle de déclencher une guerre contre Moscou. Mais si on remonte dans le temps on peut s’apercevoir que la campagne électorale actuelle n’est pas la seule « excuse » à ce type de bouffées délirantes de la part de la miss Clinton qui se permettait déjà en mars 2014 de comparer ouvertement Vladimir Poutine à Adolf Hitler !

Une guerre froide réchauffée pour cacher une paix chaude

Cette guerre froide qui éclate aujourd’hui comme un bubon trop infecté est donc plus ancienne que les crises ukrainienne ou syrienne et mises à part les années Reagan Gorbatchev, où une paix s’était installée sur les ruines de l’ancien rideau de

Un chemin de guerre est balisé pour « Killary » Cinton

Avant même de connaître le résultat des prochaines élections présidentielles, les néo conservateurs étasuniens préparent le champ de bataille d’une guerre prochaine contre la Russie, comme si cette dernière était inévitable quel que soit le futur locataire de la Maison Blanche.

Bien sûr, les faucons de guerre préfèrent tourner autour de la candidate Clinton comme une volée de moineaux saluant une bienfaitrice nourricière qui les alimente de promesses de batailles futures en Syrie, Iran et Russie, plutôt qu’autour d’un candidat Trump qui veut recentrer la politique étasunienne sur son territoire et normaliser les relations avec Moscou…

Clinton, après un moment de faiblesse physique est vite remontée sur son destrier de campagne, encouragée par son premier débat public avec son opposant Trump qui n’a pas su la déstabiliser autrement que par des saillies verbales machistes impopulaires.
Hillary est même revenue au top de son hystérie, nous offrant chaque semaine de nouvelles bouffées délirantes telle cette suggestion d’assassiner par une attaque de drone Julian Assange, le cofondateur de Wikileaks qui menace de révéler des documents compromettants sur elle.

Ainsi cette va t-en guerre hystérique qui mérite chaque jour un peu plus son surnom de « Killary » malgré des dérapages verbaux de plus en plus inquiétants se croit invincible et au dessus des lois et de la morale, bénéficiant du soutien des anciens Président Bush, de l’actuel équipe Obama, de la puissante Goldman Sachs, sans compter la meute des généraux et d’industriels dont la guerre alimente un pouvoir profond et un fond de commerce au dessus des lois et interdépendants.

Seulement voilà, contre toute attente, Hillary voit l’excentrique milliardaire Trump caracoler au coude à coude avec elle dans la course à la Maison Blanche menaçant de défaire les projets incendiaires que les mondialistes ont lancé à travers le monde depuis les années où Bill son mari a organisé les destructions de la Serbie et de l’Irak…

Aussi, pour stimuler les foules et les attirer à elle, Hillary a décidé de jouer la carte de la peur et réanimant une propagande de guerre froide vielle de plus de 25 ans a entrepris de lancer une véritable croisade contre la Russie, autant au sens dogmatique qu’au sens militaire du terme…

Plus l’échéance électorale approche, plus les faucons de guerre étasuniens agitent le spectre d’une guerre avec Moscou espérant apeurer regrouper les moutons votants autour de leur arrogance militaro-industrielle. A croire que l’escalade en Syrie provoquée par les étranges mais opportune « erreurs de tir » des avions de la coalition, vise en priorité des électeurs étasuniens indécis…

Du coup, dans les déclarations étasuniennes qui fusent dans une surenchère de provocations on a parfois du mal à faire la part entre les délires propagandistes et l’intention réelle de déclencher une guerre contre Moscou. Mais si on remonte dans le temps on peut s’apercevoir que la campagne électorale actuelle n’est pas la seule « excuse » à ce type de bouffées délirantes de la part de la miss Clinton qui se permettait déjà en mars 2014 de comparer ouvertement Vladimir Poutine à Adolf Hitler !


Une guerre froide réchauffée pour cacher une paix chaude

Cette guerre froide qui éclate aujourd’hui comme un bubon trop infecté est donc plus ancienne que les crises ukrainienne ou syrienne et mises à part les années Reagan Gorbatchev, où une paix s’était installée sur les ruines de l’ancien rideau de fer, force est de constater que de présidence en présidence, la Maison Blanche n’a eu de cesse que de souffler sur les braises encore chaudes de l’ancien équilibre de la terreur, dont on s’aperçoit aujourd’hui par comparaison qu’il protégeait plus qu’il ne menaçait alors les parties opposées, empêchant catégoriquement l’éclosion de toute forme d’ambition dans le camp adverse.

Or aujourd’hui, la comparaison des tensions nouvelles entre Moscou et Washington avec cette guerre froide des années 50 à 80 est une erreur grave, même si la propagande étasunienne tente de réanimer la russophobie caricaturale encore présente dans l’éducation occidentale.

En effet, durant la guerre froide (même dans les opérations « spéciales ») il existait en Europe:

un réel équilibre militaire entre OTAN et Pacte de Varsovie, nucléaire et conventionnel,
une profondeur géostratégique réciproque avec le glacis des Républiques soviétiques,
un contrôle des actions politiques et militaires par un pouvoir déclaré et centralisé,
Or aujourd’hui, le Pacte de Varsovie a disparu quand l’OTAN, elle s’est développée depuis 1999 dans une conquête territoriale jusqu’aux frontières de la Russie, dont le budget militaire atteint à peine 8% de celui des occidentaux qui se massent devant les portes de son territoire national.

La notion d’équilibre qui prévalait à la conduite de la guerre froide n’existant plus, les occidentaux sûrs de leur suprématie ont même conduits des opérations militaires agressives ouvertes comme en Yougoslavie ou en Géorgie par exemple, sans compter les « révolutions colorées » téléguidées par les services étasuniens (ONG et CIA) de plus en plus violentes.

Il serait donc plus juste d’employer le terme de « Paix chaude » plus approprié à la nouvelle stratégie de préemption territoriale menée par les USA et leurs valets de l’Union Européenne, et qui éclate au grand jour dans la crise ukrainienne qui cristallise à elle seule toutes les tensions du passé et du présent.

La crise Ukrainienne s’invite dans la campagne étasunienne.

Le 21 septembre dernier le congrès étasunien a approuvé dans une grande majorité la livraison d’armes létales à l’Ukraine. Cette demande du gouvernement Porochenko qui faisait le siège de la Chambre des représentants Nord américains depuis plus d’un an a été approuvée précisément juste avant les élections présidentielles pour confirmer l’orientation stratégique et imposer une vision néoconservatrice belligène à la future politique étrangère de la Maison Blanche, qu’elle soit démocrate ou républicaine…

En effet cette loi appelée « loi pour la stabilité et la démocratie en Ukraine » (HR 5094) ne porte pas seulement sur l’aspect technique de livraisons « d’armes létales de défense » (quel doux euphémisme !) mais sur un ensemble de points qui révèlent plus une stratégie agressive globale et une volonté de poursuivre l’escalade des tensions avec la Russie :

Livraison de systèmes d’armes létales à l’Ukraine inscrite au budget de le défense,
Renforcement des « sanctions » (en réalité des représailles) économiques anti russes,
Confirmation de la non reconnaissance du retour de la Crimée en Russie,
Mise en oeuvre d’une stratégie de guerre de l’information contre Moscou.
Cette loi est l’expression même de l’appareil militaro-industriel étasunien qui a soumis depuis plus de 25 ans les pouvoir politiques à ses intérêts stratégiques. Le texte défendu notamment par Ashton Carter le secrétaire à la Défense et le général Philip Breedlove Commandant en Chef de l’OTAN en Europe a d’abord été validé par le Comité de la Chambre des affaires étrangères qui est contrôlée par le lobby néo conservateur le même qui au cours de l’année a fait nommer Fogh Rasmussen, l’ex Secrétaire général de l’OTAN conseiller spécial du Président Petro Porochenko et John Abizaid, l’ex Commandant du Centre opérationnel militaire US en Europe comme conseiller spécial de Stepan Poltorak, ministre ukrainien de la Défense.

On voit donc les néoconservateurs étasuniens assurer l’avenir de leur politique russophobe en balisant par des hommes et des lois la route de la future équipe de la Maison Blanche espérant bien sûr qu’elle sera dirigée par leur favorite Hillary Clinton…

Cette dernière d’ailleurs place déjà ses pions avec l’aide de l’actuelle administration Obama, comme par exemple avec sa fidèle porte parole Victoria Nuland, qui fut le « marraine » du Maïdan pendant l’hiver 2013-2014 et qui est actuellement en visite à Moscou pour rappeler la griffure occidentale en Ukraine auprès des autorités du Kremlin.

Le dossier des armes livrées à l’Ukraine n’est donc que la partie émergée et plus symbolique que réelle (1 million de dollars sur 5 ans) dans le flot médiatique d’une aide étasunienne à l’Ukraine qui n’a pas cessé depuis 1991 (Nuland a reconnu une aide de 5 milliards de dollars entre 1991 et 2014 à l’opposition politique ukrainienne pro UE). Cette aide désormais augmente de jour en jour pour arriver à ses fins, à savoir une intégration officielle ou factuelle dans l’OTAN.

Si Clinton est élue, la voie qu’elle préconise en Ukraine n’aura qu’à suivre la route tracée par cette loi et si c’est Trump qui emporte les élections cette même loi, dont l’abrogation est longue et difficile, sera une entrave majeure qui l’empêchera de réaliser ses promesses telles que la reconnaissance de la Crimée russe.

D’ailleurs devant l’utilisation du levier de la peur par sa concurrente démocrate, le candidat républicain est obligé de suivre le mouvement russophobe pour ne pas se faire distancer par un discours patriotico-sécuritaire. Aussi s’est-il aligné sur la stratégie occidentale en Syrie en accusant Moscou de rompre le processus de paix et « de n’avoir aucun respect pour les autorité américaines ».On voit donc ici que l’idéal du milliardaire fantasque s’arrête là où commencent ses intérêts électoralistes !

Un détonateur syrien pour une déflagration ukrainienne

En Syrie la situation de blocage semble aujourd’hui déboucher sur un escalade militaire étasunienne qui entraînerait dans une guerre contre le gouvernement Assad les pays de l’OTAN.

Après l’Irak et la Libye où pourtant la situation après le renversement de leurs « dictateurs » déclarés par la bien-pensance, est devenue chaos, Washington veut rejouer la carte de l’agression terroriste directe en Syrie après que celle de ses alliés djihadistes ait échoué.

Une telle option militaire aurait un triple objectif pour les néo-conservateurs : renverser Assad,
offrir un argumentaire électoral à Hillary Clinton, provoquer Moscou qui réagira obligatoirement en cas d’attaque de l’OTAN contre Damas.
Jamais pendant la guerre froide du passé Russes et Américains n’ont été aussi prêts de s’affronter directement et, sachant qu’une telle crise ne pourra être circonscrite à la seule Syrie et débordera obligatoirement sur le Moyen Orient et probablement en Europe où elle atteindra alors son paroxysme.

Sur ce dernier théâtres d’opérations, le foyer ukrainien qui déjà infecté par cette « paix chaude » entre Moscou et Washington sera vraisemblablement l’épicentre de la déflagration éventuelle entre Moscou et Washington qui menace le Monde (le deuxième « point chaud » étant l’enclave russe de Kaliningrad entre Lituanie et Pologne).

Washington sait qu’après avoir découplé Kiev de Moscou avec le coup d’état du Maïdan, cette dernière se retrouve désormais sans profondeur stratégique et menacée par les ambitions d’un appareil militaro industriel russophobe de plus en plus agressif.

C’est un peu comme si le Canada tombait dans l’asservissement d’une puissance anti-américaine supérieure en effectif et qui mène une politique militaire agressive dans sa zone d’influence politico-économique (comme l’OTAN qui a attaqué la Géorgie en 1994 puis la Serbie en 1999).

C’est certainement dans cette hypothèse d’extension de la crise syrienne en Europe que Victoria Nuland est en ce moment à Moscou pour baliser par des menaces le chemin de la guerre que veut emprunter l’incendiaire Clinton à l’Est du Dniepr.

Dans ce nouveau bal de la terreur qui a ouvert la première danse sur le volcan syrien, les pires scénarios sont désormais possibles….force est de constater que de présidence en présidence, la Maison Blanche n’a eu de cesse que de souffler sur les braises encore chaudes de l’ancien équilibre de la terreur, dont on s’aperçoit aujourd’hui par comparaison qu’il protégeait plus qu’il ne menaçait alors les parties opposées, empêchant catégoriquement l’éclosion de toute forme d’ambition dans le camp adverse.

Or aujourd’hui, la comparaison des tensions nouvelles entre Moscou et Washington avec cette guerre froide des années 50 à 80 est une erreur grave, même si la propagande étasunienne tente de réanimer la russophobie caricaturale encore présente dans l’éducation occidentale.

En effet, durant la guerre froide (même dans les opérations « spéciales ») il existait en Europe:

  • un réel équilibre militaire entre OTAN et Pacte de Varsovie, nucléaire et conventionnel,
  • une profondeur géostratégique réciproque avec le glacis des Républiques soviétiques,
  • un contrôle des actions politiques et militaires par un pouvoir déclaré et centralisé,

Or aujourd’hui, le Pacte de Varsovie a disparu quand l’OTAN, elle s’est développée depuis 1999 dans une conquête territoriale jusqu’aux frontières de la Russie, dont le budget militaire atteint à peine 8% de celui des occidentaux qui se massent devant les portes de son territoire national.

La notion d’équilibre qui prévalait à la conduite de la guerre froide n’existant plus, les occidentaux sûrs de leur suprématie ont même conduits des opérations militaires agressives ouvertes comme en Yougoslavie ou en Géorgie par exemple, sans compter les « révolutions colorées » téléguidées par les services étasuniens (ONG et CIA) de plus en plus violentes.

Il serait donc plus juste d’employer le terme de « Paix chaude » plus approprié à la nouvelle stratégie de préemption territoriale menée par les USA et leurs valets de l’Union Européenne, et qui éclate au grand jour dans la crise ukrainienne qui cristallise à elle seule toutes les tensions du passé et du présent.

La crise Ukrainienne s’invite dans la campagne étasunienne.

Le 21 septembre dernier le congrès étasunien a approuvé dans une grande majorité la livraison d’armes létales à l’Ukraine. Cette demande du gouvernement Porochenko qui faisait le siège de la Chambre des représentants Nord américains depuis plus d’un an a été approuvée précisément juste avant les élections présidentielles pour confirmer l’orientation stratégique et imposer une vision néoconservatrice belligène à la future politique étrangère de la Maison Blanche, qu’elle soit démocrate ou républicaine…

En effet cette loi appelée « loi pour la stabilité et la démocratie en Ukraine » (HR 5094) ne porte pas seulement sur l’aspect technique de livraisons « d’armes létales de défense » (quel doux euphémisme !) mais sur un ensemble de points qui révèlent plus une stratégie agressive globale et une volonté de poursuivre l’escalade des tensions avec la Russie :

  • Livraison de systèmes d’armes létales à l’Ukraine inscrite au budget de le défense,
  • Renforcement des « sanctions » (en réalité des représailles) économiques anti russes,
  • Confirmation de la non reconnaissance du retour de la Crimée en Russie,
  • Mise en oeuvre d’une stratégie de guerre de l’information contre Moscou.

Cette loi est l’expression même de l’appareil militaro-industriel étasunien qui a soumis depuis plus de 25 ans les pouvoir politiques à ses intérêts stratégiques. Le texte défendu notamment par Ashton Carter le secrétaire à la Défense et le général Philip Breedlove Commandant en Chef de l’OTAN en Europe a d’abord été validé par le Comité de la Chambre des affaires étrangères qui est contrôlée par le lobby néo conservateur le même qui au cours de l’année a fait nommer Fogh Rasmussen, l’ex Secrétaire général de l’OTAN conseiller spécial du Président Petro Porochenko et John Abizaid, l’ex Commandant du Centre opérationnel militaire US en Europe comme conseiller spécial de Stepan Poltorak, ministre ukrainien de la Défense.

On voit donc les néoconservateurs étasuniens assurer l’avenir de leur politique russophobe en balisant par des hommes et des lois la route de la future équipe de la Maison Blanche espérant bien sûr qu’elle sera dirigée par leur favorite Hillary Clinton…

Cette dernière d’ailleurs place déjà ses pions avec l’aide de l’actuelle administration Obama, comme par exemple avec sa fidèle porte parole Victoria Nuland, qui fut le « marraine » du Maïdan pendant l’hiver 2013-2014 et qui est actuellement en visite à Moscou pour rappeler la griffure occidentale en Ukraine auprès des autorités du Kremlin.

Le dossier des armes livrées à l’Ukraine n’est donc que la partie émergée et plus symbolique que réelle (1 million de dollars sur 5 ans) dans le flot médiatique d’une aide étasunienne à l’Ukraine qui n’a pas cessé depuis 1991 (Nuland a reconnu une aide de 5 milliards de dollars entre 1991 et 2014 à l’opposition politique ukrainienne pro UE). Cette aide désormais augmente de jour en jour pour arriver à ses fins, à savoir une intégration officielle ou factuelle dans l’OTAN.

Si Clinton est élue, la voie qu’elle préconise en Ukraine n’aura qu’à suivre la route tracée par cette loi et si c’est Trump qui emporte les élections cette même loi, dont l’abrogation est longue et difficile, sera une entrave majeure qui l’empêchera de réaliser ses promesses telles que la reconnaissance de la Crimée russe.

D’ailleurs devant l’utilisation du levier de la peur par sa concurrente démocrate, le candidat républicain est obligé de suivre le mouvement russophobe pour ne pas se faire distancer par un discours patriotico-sécuritaire. Aussi s’est-il aligné sur la stratégie occidentale en Syrie en accusant Moscou de rompre le processus de paix et « de n’avoir aucun respect pour les autorité américaines ».On voit donc ici que l’idéal du milliardaire fantasque s’arrête là où commencent ses intérêts électoralistes !

Un détonateur syrien pour une déflagration ukrainienne
En Syrie la situation de blocage semble aujourd’hui déboucher sur un escalade militaire étasunienne qui entraînerait dans une guerre contre le gouvernement Assad les pays de l’OTAN.

Après l’Irak et la Libye où pourtant la situation après le renversement de leurs « dictateurs » déclarés par la bien-pensance, est devenue chaos, Washington veut rejouer la carte de l’agression terroriste directe en Syrie après que celle de ses alliés djihadistes ait échoué.

Une telle option militaire aurait un triple objectif pour les néo-conservateurs :

  • renverser Assad,
  • offrir un argumentaire électoral à Hillary Clinton,
  • provoquer Moscou qui réagira obligatoirement en cas d’attaque de l’OTAN contre Damas.

Jamais pendant la guerre froide du passé Russes et Américains n’ont été aussi prêts de s’affronter directement et, sachant qu’une telle crise ne pourra être circonscrite à la seule Syrie et débordera obligatoirement sur le Moyen Orient et probablement en Europe où elle atteindra alors son paroxysme.

Sur ce dernier théâtres d’opérations, le foyer ukrainien qui déjà infecté par cette « paix chaude » entre Moscou et Washington sera vraisemblablement l’épicentre de la déflagration éventuelle entre Moscou et Washington qui menace le Monde (le deuxième « point chaud » étant l’enclave russe de Kaliningrad entre Lituanie et Pologne).

Washington sait qu’après avoir découplé Kiev de Moscou avec le coup d’état du Maïdan, cette dernière se retrouve désormais sans profondeur stratégique et menacée par les ambitions d’un appareil militaro industriel russophobe de plus en plus agressif.

C’est un peu comme si le Canada tombait dans l’asservissement d’une puissance anti-américaine supérieure en effectif et qui mène une politique militaire agressive dans sa zone d’influence politico-économique (comme l’OTAN qui a attaqué la Géorgie en 1994 puis la Serbie en 1999).

C’est certainement dans cette hypothèse d’extension de la crise syrienne en Europe que Victoria Nuland est en ce moment à Moscou pour baliser par des menaces le chemin de la guerre que veut emprunter l’incendiaire Clinton à l’Est du Dniepr.

Dans ce nouveau bal de la terreur qui a ouvert la première danse sur le volcan syrien, les pires scénarios sont désormais possibles….

Erwan Castel

Hillary Clinton, Une folle qui menace le monde

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Guerre de l’OTAN à la Russie : les vents hurlent avant la tempête

Publié le par Felli Bernard

Christopher Black
Christopher Black

Guerre de l’OTAN à la Russie : les vents hurlent avant la tempête

Par Christopher Black – Le 3 octobre 2016 – Source New Eastern Outlook

Il y a quelques semaines, j’ai écrit : «J’ai été avocat de la défense la plus grande partie de ma vie professionnelle et je n’ai pas l’habitude de recueillir des preuves pour engager des poursuites, mais les circonstances m’ont incité à ouvrir un dossier pour le procureur de la Cour pénale internationale, ou peut-être un futur tribunal citoyen. Ce dossier contient la preuve que les dirigeants de l’OTAN sont coupables du plus grave crime contre l’humanité, le crime d’agression. Je voudrais partager avec vous quelques brèves notes intéressantes provenant de ce fichier, que je soumets à votre réflexion.»

L’Article 8bis du Statut de Rome, le statut régissant la Cour pénale internationale, stipule :

Aux fins du présent Statut, on entend par «crime d’agression» la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’un acte d’agression qui, par sa nature, sa gravité et son ampleur, constitue une violation manifeste de la Charte des Nations Unies.

Depuis lors j’ai peu écrit, en partie à cause d’autres événements de la vie qui ont interféré avec ma capacité à prendre du recul, à assimiler et à penser sur ce qui se passait dans le monde, mais principalement parce que choisir d’écrire sur un crime particulier commis par l’Occident, c’est-à-dire les États-Unis d’Amérique − confronté à la multitude de leurs crimes célébrés dans les médias occidentaux sous la bannière sanglante du patriotisme, du nationalisme, du chauvinisme et du fascisme − a conduit à une sorte de paralysie ; un état de choc est peut-être une meilleure manière de le dire.

D’autres doivent ressentir la même chose. Peut-être que la plupart d’entre nous sentent les choses de cette façon de temps en temps. Quel est le sujet ? Pourquoi dire ou écrire quoi que ce soit ? Ils sont en train de nous détruire tous de toute façon. Peu importe ce que nous disons, et d’ailleurs, tout a été dit avant. Cela a été dit durant la Première Guerre mondiale. Cela a été dit pendant la Seconde. Aujourd’hui, nous entrons, ou nous sommes peut-être déjà au milieu de la troisième – tous ces mots de paix, et d’indignation, et le résultat ? Les guerres ont eu lieu malgré eux.

John Lennon a posé notre exigence fondamentale : «Donnez une chance à la paix», et la CIA lui a tiré dans le dos pour cela – l’un des plus grands crimes contre le peuple – le meurtre d’un de nos héros – parce quand ils lui ont tiré dans le dos, c’est dans notre dos à tous qu’ils ont tiré.

Mais ce sentiment s’estompe, l’engourdissement passe, le sang recommence à circuler, le cri de Peter Finch dans Network [Main basse sur la télévision] de Paddy Chayefsky Network, «Je ne vais pas le tolérer plus longtemps !» revient en hurlant et vous vous levez et vous dites «Il a tout à fait raison ! Je ne vais plus tolérer ça !»

Donc j’ai rouvert le dossier que je prépare pour le procureur d’un futur tribunal populaire ou, miracle, pour un procureur vraiment indépendant à la Cour pénale internationale, afin de déposer des accusations de crimes de guerre contre les États-Unis et l’OTAN et leurs autres alliés, leurs dirigeants et officiers militaires, pour le crime d’agression et tous les autres crimes qu’ils commettent quotidiennement dans de nombreux pays.

Les nouvelles accusations portent sur leur implication dans le coup d’État politique pratiqué au Brésil contre son gouvernement socialiste élu par le peuple, privant fondamentalement la population brésilienne de sa démocratie et de son indépendance en tant que nation, leurs provocations permanentes et dangereuses en Asie contre la Chine et la Corée du Nord, qu’ils menacent directement d’anéantissement nucléaire par des bombardiers B1 et B2 survolant la péninsule, les provocations en cours des forces de l’OTAN dans la mer Baltique et les Balkans, toutes menaçant la Russie, et en commettant des crimes contre les peuples des républiques du Donbass et maintenant de la Crimée, c’est-à-dire la Russie elle-même. Mais le plus dangereux de tout est leur invasion de la Syrie pour protéger et assister leurs forces par procuration d’ISIL ou de Daesh, la présence de forces armées étasuniennes, britanniques, françaises, canadiennes, israéliennes et autres en Syrie est bien sûr illégale et constitue le crime d’agression. Il n’y a pas d’excuses ou de justifications pour le crime d’agression. Leur agression constitue aussi une répudiation totale de la Charte des Nations unies, qui exige de régler pacifiquement tous les différends et interdit l’usage de la force pour une raison quelconque hors du cadre d’un mandat de l’ONU.

L’invasion de la Syrie par leurs propres forces et les forces par procuration d’ISIS sous des noms divers – et maintenant des forces turques, semble-t-il – a tué des centaines de milliers de gens. Alors que la Syrie, la Russie, l’Iran et d’autres essaient de trouver une conclusion pacifique à la guerre, les Américains et leur gang, perpétuellement malhonnêtes, parlent de cessez-le-feu d’un côté tout en donnant, de l’autre, l’ordre d’attaquer.

Le récent bombardement des positions syriennes près de Deir ez-Zor le 17 septembre était, tout le monde le sait, une attaque délibérée. D’autant plus que depuis nous avons appris que la Grande-Bretagne et le Danemark déclarent que leurs avions étaient impliqués, tout comme les avions américains. Pour tous les pilotes des quatre pays, faire la même erreur alors qu’une telle opération conjointe aurait été finement réglée est au-delà de l’absurde. Les Syriens affirment maintenant qu’ils ont intercepté des communications radio de Daesh et des Américains en train de coordonner l’attaque. Ce fut un crime de guerre particulièrement cruel puisque les soldats syriens qui ont été tués avaient l’impression d’être à l’abri d’une telle attaque, qu’ils ne l’ont pas vue venir, une attaque sournoise, une embuscade, par les plus grands lâches au monde.

Ensuite, pour couvrir ce crime sous l’indignation morale, ils accusent la Russie et la Syrie d’avoir attaqué un convoi d’aide humanitaire auquel ces deux pays ont consacré beaucoup de temps et de travail d’organisation, puis ont poursuivi leur attaque en insultant la Russie au Conseil de sécurité en recourant au genre d’ignoble langage qui montre leur mépris total du peuple russe.

Beaucoup pensent que c’est parce que Samantha Power est une harpie cinglée, ce qu’elle est bien sûr. Est-ce la personnalité requise pour ce boulot ? Non, mais cela aide parce que ces insultes gratuites ne sont pas seulement une question de personnalité et de psychopathie de l’individu. Ce comportement infâme sert à des buts de propagande et doit être délivré avec haine et venin pour atteindre un effet maximum. Samantha Power est un produit naturel. Sa personnalité correspond parfaitement aux besoins du régime qu’elle représente. Ses manifestations sont délibérées, avec l’unique but de montrer au monde que la Russie n’est pas digne de crédit ou de respect, que le peuple et le gouvernement russes sont méprisables et par conséquent qu’ils ne sont pas vraiment des êtres humains. Ce sont des choses qui peuvent être détruites sans ressentir quoi que ce soit, puisqu’ils ne sont rien. C’est le message, et quiconque ne parvient pas à comprendre cela échoue à comprendre ce qu’est l’objectif ultime – la soumission totale de la Russie ou la guerre.

La réponse rapide des forces armées syriennes à la rupture du cessez-le-feu par les Américains et – si l’on en croit les articles de Sputnik et de Fars – le fait que les trois missiles russes tirés sur Alep depuis un navire ont frappé un poste de commandement central habité par des forces américaines, israéliennes et autres, tuant 30 de ses occupants, alors le monde est déjà en guerre. Le rapport sur 11 soldats canadiens tués dans le Donbass après l’attaque de positions républicaines là-bas le 23 juillet, bien que non confirmé, n’a pas été démenti par les autorités canadiennes en réponse à ma question sur ce rapport.

Les Américains semblent décidés à la guerre et les élections à venir aux États-Unis ne portent aucun espoir pour l’avenir, seulement plus de désespoir. Les Russes et le reste du monde sont confrontés à Godzilla, le monstre qui menaçait le Japon dans plusieurs films de science-fiction réalisés dans les années 1950. Ces films étaient habilement déguisés en attaques politiques contre les États-Unis et leur destruction et occupation du Japon. L’Amérique était le monstre né dans le champignon atomique de Hiroshima. C’était le monstre menaçant de détruire tout sur son passage. Rien ne semblait pouvoir arrêter Godzilla, à l’exception bien sûr des armes atomiques. Et c’est là où nous en sommes ; le gouvernement russe tente tout ce qu’il peut imaginer pour éviter cette catastrophe tandis que les Américains continuent à les pousser et nous tous avec, dans un coin dont il n’y a qu’une échappatoire.

Donc je sélectionne le fichier, j’ajoute de nouvelles accusations, je construis le dossier pénal ; parce qu’un jour, il y aura une prise en compte de ces gens. Un jour, la justice l’emportera dans ce monde. Car, comme je l’ai écrit dans un poème,

Un jour, il y a eu de la Lumière,
Et la voix de la Raison a chanté doucement,
Les droits de l’homme et les vérités que nous pleurons aujourd’hui,
Les assassinés en toute impunité, les gens abattus dans toutes les rues,
Donc maintenant, nous devons renouveler notre chanson,
Notre lutte prend une autre forme
Pour les sombres jours qui viennent, les nuits sont longues,
Les vents hurlent avant la t
empête.

Christopher Black est un juriste pénaliste international basé à Toronto, il est membre du Barreau du Haut-Canada et il est connu pour un grand nombre de cas très médiatisés portant sur les droits humains et les crimes de guerre, en particulier pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

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Le Yuan, les DTS et l’or

Publié le par Felli Bernard

Le Yuan, les DTS et l’or
Le Yuan, les DTS et l’or

Le Yuan, les DTS et l’or

Publié par Dan Popescu | 5 oct. 2016 | Articles

Au cours des derniers mois, la Chine a lancé une véritable offensive en faveur des DTS tandis qu’en même temps, nous avons observé un ralentissement – mais pas un arrêt – de ses achats d’or. Qu'en penser ? S’agit-il d’un changement de stratégie des chinois, qui se tourneraient vers les DTS (de la monnaie fiduciaire) et s'éloigneraient de l’or physique ?

Plusieurs notes au sujet des DTS ont été publiées par le FMI lors des six derniers mois. La Chine a annoncé son intention de diversifier ses réserves internationales de change, du dollar US vers les DTS, et on la suspecte de s’être secrètement procuré des milliards de DTS sur le marché secondaire, via le FMI. Déjà en 2009, après la crise financière, le président de la Banque populaire de Chine (PBoC), Zhou Xiachuan, avait proposé que les dollars US soient remplacés par les DTS. Les actions et déclarations récentes de la Chine indiquent une préférence pour les DTS.

Cependant, dans un récent article, je soulignais que la Chine comprenait très bien les risques et les faiblesses associées aux DTS, et qu’elle se préparait à un échec possible des DTS en accumulant de l’or. Les DTS sont composés de quatre devises fiduciaires et, à partir d’octobre 2016, de cinq devises qui se trouvent au coeur des problèmes affectant le système monétaire international. En cas d'effondrement systémique, cette diversification sera sans valeur. Dans le même article, Zhou Xiaochuan préconisait une réforme du système monétaire international : « Le but souhaité est de créer une devise de réserve ‘supra-souveraine’ déconnectée des nations individuelles, pouvant demeurer stable à long terme, et qui éliminerait les déficiences inhérentes à l’usage de devises nationales, basées sur le crédit. » Les mots clés ici sont « déconnectée des nations individuelles », ce qui signifie déconnectée des devises locales (dollar US, euro, livre, yen, Yuan). Il a aussi parlé des DTS comme étant « la lumière au bout du tunnel pour la réforme du système monétaire international ». Il a aussi déclaré : « Nous devrions songer sérieusement à donner un rôle plus important aux DTS. Les DTS ont les caractéristiques et le potentiel pour devenir une devise de réserve supra-souveraine » SI elle est déconnectée des devises sous-jacentes.

La récente création par la Chine d’une nouvelle banque mondiale, l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB), pour concurrencer la Banque mondiale, contrôlée presque entièrement par les États-Unis, montre qu’elle se prépare à un conflit avec les États-Unis au cours de ce processus de « dédollarisation » du système monétaire international. La Chine cherche à obtenir le soutien de la communauté internationale pour contourner les États-Unis, au cas où les Américains feraient obstacle.

J’ai dit plusieurs fois que, pour que les DTS fonctionnent, il devait y avoir consensus au niveau international, particulièrement au G20, ou tout du moins au G5 (États-Unis, Union européenne, Chine, Russie et Japon). C'est pourquoi j’ai suivi de près les réunions du G20. À la récente réunion du G20 à Hangzhou, la Chine a montré que, derrière l’apparence de consensus, il subsiste de forts désaccords entre les États-Unis et, surtout, la Chine et la Russie.

Avant le début du sommet du G20, la Chine et les États-Unis ont montré qu'ils n’avaient nullement l’intention de faire des compromis. Ne sous-estimez pas l’importance du "scandale du tapis rouge" à l’arrivée de Barack Obama. Chaque détail d’une visite officielle est préparé minitieusement à l'avance par les agents du protocole. Obliger le président des États-Unis à descendre de son avion par une porte arrière, sans tapis rouge, est révélateur des tensions entre les États-Unis et la Chine, et d'une forte résistance des États-Unis. Les symboles sont très importants en géopolitique. Comparez cet accueil à ceux reçus par Vladimir Poutine et les autres dirigeants mondiaux.

Je pense que la Chine se sert des DTS comme une étape vers une remise à zéro du système monétaire international, et non comme une fin en soi. La Chine comprend bien les pièges et les défauts des DTS sous leur forme actuelle, comme l’a indiqué le directeur de la PBoC dans un article de 2009. La Chine comprend qu’elle ne peut y arriver seule, et elle utilise une excellente stratégie, basée sur L’Art de la guerre, de Sun Tzu, écrit il y a 2 500 ans. La stratégie vise à encercler l’adversaire en bâtissant une coalition, tout en sapant la coalition de l’adversaire, afin de l’empêcher de vous encercler. Ces deux dernières années, la Chine a signé plusieurs accords commerciaux qui visent clairement à éliminer le dollar du commerce international autant que possible, et je dirais qu’elle a bien réussi, pour le moment. Il s'agit d'un processus de dédollarisation du système monétaire international. Une récente publication sur le site du FMI au sujet du processus de dédollarisation du monde démontre le défi de taille qui se dresse devant les États-Unis et le dollar.

En dépit de son offensive en faveur des DTS, la Chine continue d’accumuler de grandes quantités d’or, pour se protéger de leur exposition au dollar US, mais aussi comme assurance, au cas où les États-Unis opposeraient un veto à la remise à zéro du système monétaire international. Il est clair que la Russie est un partenaire solide de la Chine dans ce processus de dédollarisation. Dans un article écrit l’an dernier, je disais que l’or était le talon d’Achille du dollar. Il s’agit du titre d’un chapitre de Currency Wars, un livre écrit en 2007 par un auteur chinois, Hongbing Song, qui n’a jamais été traduit en anglais, mais qui l’a été en français, langue que les dirigeants chinois comprennent bien.

La Chine sait très bien qu’un mouvement, tel que proposé par le FMI, vers « un système de réserve multidevises » basé sur les DTS, eux-mêmes basés sur les devises nationales sous-jacentes (dollar US, euro de l’Union européenne, livre britannique, yen japonais et le Yuan chinois), ne durera pas. Elle comprend aussi ce que Robert Mundell, prix Nobel d’économie, a dit dans un discours (The International Monetary System in the 21st Century : Could Gold Make a Comeback?) en 1997 :

« Les États-Unis ne parleront pas de réforme monétaire internationale… parce qu’une superpuissance n’encourage jamais une réforme monétaire internationale à moins qu’elle ne voit cette réforme comme une opportunité de détruire une menace à sa propre hégémonie. Les États-Unis ne proposeront jamais une alternative au système actuel, parce que c’est un système où ils peuvent maximiser leur droit de seigneuriage. Les États-Unis seront le dernier pays à accepter une réforme monétaire internationale qui mettrait fin à ce banquet gratuit. » Les nouveaux DTS donnent toujours un avantage, même réduit, au dollar US.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré aux journalistes présents au Forum économique de St-Pétersbourg en 2014 : « Pour nous, la Russie et la Chine, il est important que ces réserves d’or et de devises soient stockées de manière rationnelle et sécuritaire… et nous devons ensemble réfléchir à la manière de s’y prendre, en tenant compte de la situation difficile de l’économie mondiale. » Cela me laisse penser que la Chine et la Russie collaboreraient, et qu’elles pourraient même comploter sur le marché de l’or.

La Chine et la Russie, et même l’Inde, d’une façon différente, accumulent de l’or avec en tête un objectif d’environ 9 000 tonnes, ce qui les placerait dans le club des gros détenteurs, les Majors. Les États-Unis en ont environ 8 000 tonnes, et la zone euro, près de 11 000 tonnes. L’Inde, qui possède entre 18 000 et 30 000 tonnes d’or – en incluant l’or détenu en privé et celui des temples – essaie de le monétiser, comme la Turquie, afin d’atteindre ce même objectif de 9 000 tonnes.

On suppose que la Chine a accumulé approximativement 18 000 tonnes d’or, ces dernières années. Selon un rapport du World Gold Council, il y a près de 100 000 bijouteries en Chine, qui stockent principalement de l’or 24 carats. Le marché est dominé par des produits basiques de 24 carats, qui représentent environ 85% du marché, en volume. Selon un officiel chinois, les dirigeants chinois considèrent l’or des citoyens comme partie intégrante des réserves du pays dont on pourrait se servir en cas d’urgence. Comme vous pouvez l’observer dans le graphique ci-dessous, la Chine a accumulé de grandes quantités d’or pour ses réserves officielles de change. En Chine, tout comme en Inde, l’or est synonyme de monnaie.

En date de septembre 2016, la Chine aurait accumulé 1 828 tonnes. J’ai toujours pensé que la Chine sous-déclare ses réserves officielles d’or, et qu’elle possède déjà entre 4 000 et 6 000 tonnes sur un autre compte que celui de la PBoC, prêtes à être transférées à la PBoC lorsque ce sera stratégiquement intéressant pour la Chine. Plusieurs institutions chinoises sous contrôle de la PBoC détiennent de grandes quantités d’or. La State Administration of Foreign Exchange (SAFE) et la China Investment Corporation appartiennent à la PBoC, et elles achètent de l’or pour elle. Le Shanghai Gold Exchange (SGE) détient aussi de grandes quantités d’or, et il est aussi sous contrôle de la PBoC. De supposées banques privées, dont l’État chinois détient la majorité des parts, accumulent aussi de grandes quantités d’or. La Chine a étudié de près l’expérience de la Corée du sud qui, après la crise économique de 1997, avait demandé à ses citoyens de vendre leur or à l’État. Souvenez-vous de ce que j’ai dit plus tôt : selon un officiel, les dirigeants chinois considèrent l’or des citoyens comme faisant partie des réserves du pays.

Les deux graphiques ci-dessous montrent l’accumulation d’or par la Chine depuis la crise financière mondiale de 2008. Avec seulement 2,4% de ses réserves internationales en or, la Chine reste loin derrière la Russie et ses 16,5%, un niveau bien supérieur aux 10% recommandés par l’ancien économiste du FMI, Kenneth Rogoff.

Les réserves d’or en tant que pourcentage du PIB est une meilleure mesure de la monnaie réelle disponible pour soutenir l’économie, et laisse présager la puissance relative qu’une nation aurait si un nouvel étalon-or était introduit. Dans le graphique ci-dessous, nous pouvons constater que la Russie est en excellente position, tandis que la Chine est loin des États-Unis, de l’Union européenne, de la Russie et de la moyenne mondiale de 1,6%.

L’an dernier, la Chine et la Russie ont été les plus grands acheteurs d’or pour leurs réserves officielles. 36% des achats d’or du secteur officiel ont été effectués par la Chine. Combinés, la Chine et la Russie représentent 84% des achats d’or et, malgré un déclin en début d'année 2016, il semble bien que la Russie et la Chine continuent d’acheter d'importantes quantités d’or pour leurs réserves internationales.

Comme je l’ai dit plus tôt, les DTS ne sont qu’une étape dans la longue stratégie chinoise visant à éliminer le « privilège exorbitant » du dollar. L’or sera appelé à jouer un rôle majeur dans les négociations. Si l'obtention d'un consensus au G20 échoue, la Chine se prépare avec de l’or. L’or constitue un actif stratégique utilisé par la Chine et la Russie dans leur guerre contre l’hégémonie américaine, et il est le talon d’Achille du dollar. N’oubliez pas que les DTS seront aussi bons ou mauvais que les devises sous-jacentes. Si elles s’effondrent, les DTS s’effondreront aussi.

Comme l'indique Jim Rickards dans son dernier livre, The New Case for Gold, il existe différentes mesures de la masse monétaire (M3, M2, M1, M0). Dans une économie monétaire, ajoute-t-il, vous pouvez dire que les réserves d’or d’un pays sont la véritable monnaie. Il appelle ces réserves d’or des pays de la monnaie « M-sous-zéro ».

L’or est considéré, tant par la Chine que par la Russie, comme un atout majeur dans les négociations sur la remise à zéro du système monétaire international, et elles continueront d’en accumuler jusqu’à ce qu’elles rejoignent le club des 9 000 tonnes.

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 Dan Popescu  Analyste financier / Membre de l'équipe éditoriale de Goldbroker.com  Mr. Popescu est analyste indépendant en placements et étudie le marché de l’or et l’argent et leurs futurs rôles dans le système monétaire international. Il suit depuis 1970 le marché de l’or, de l’argent et des devises étrangères. Il détient un baccalauréat en physique expérimentale (1993) de l’université Concordia de Montréal, Canada et le certificat de gestionnaire de placement canadien (1999) du CSI. Il est membre et a été président en 2004 de la CSTA et il a aussi été président de l’association CFA Montréal en 2005. Il est membre du CFA Institute, de la MTA, du NYSSA, UKSIP, de la CSTA et du Gold Standard Institute International.

Dan Popescu Analyste financier / Membre de l'équipe éditoriale de Goldbroker.com Mr. Popescu est analyste indépendant en placements et étudie le marché de l’or et l’argent et leurs futurs rôles dans le système monétaire international. Il suit depuis 1970 le marché de l’or, de l’argent et des devises étrangères. Il détient un baccalauréat en physique expérimentale (1993) de l’université Concordia de Montréal, Canada et le certificat de gestionnaire de placement canadien (1999) du CSI. Il est membre et a été président en 2004 de la CSTA et il a aussi été président de l’association CFA Montréal en 2005. Il est membre du CFA Institute, de la MTA, du NYSSA, UKSIP, de la CSTA et du Gold Standard Institute International.

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Syrie : l’ultimatum passif de la Russie aux US, à un cheveu de la guerre

Publié le par Felli Bernard

Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger les force russes présentes sur le territoire syrien des « erreurs » américaines
Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger les force russes présentes sur le territoire syrien des « erreurs » américaines

Syrie : l’ultimatum passif de la Russie aux US, à un cheveu de la guerre

La Russie prévient les États-Unis que toute attaque de leur part contre la Syrie signifiera la guerre. Pour les néo-conservateurs acharnés à vouloir celle-ci, voici l’occasion

Le 7 octobre 2016 – Russia Insider

Le ministère russe de la Défense a mis en garde la coalition menée par les États-Unis contre la tentation de mener des frappes aériennes sur les positions de l’armée syrienne, ajoutant qu’il existe en Syrie de nombreux systèmes de défense aérienne S-300 et S-400 installés et en service.

La Russie dispose actuellement de systèmes de défense aérienne S-300 et S-400 déployés pour protéger ses troupes stationnées à la base navale de Tartous et à la base aérienne de Khmeimim. Le rayon d’action de ces armes risque d’être «une surprise» pour tous les objets volants non identifiés, a ajouté le porte-parole du ministère de la Défense, le général Igor Konashenkov.

Selon le ministère de la Défense russe, toute frappe aérienne à partir d’avions ou de missiles en territoire contrôlé par le gouvernement syrien mettrait le personnel russe en danger.

Le responsable de la défense a déclaré que des membres du Centre de réconciliation russe en Syrie travaillent «sur le terrain» pour fournir de l’aide et communiquer avec un grand nombre de communautés en Syrie.

«Par conséquent, toutes les frappes de missiles ou d’avions sur le territoire contrôlé par le gouvernement syrien vont créer une menace claire pour les militaires russes.
Les servants des système de défense aérienne ont peu de chances d’avoir le temps de déterminer ‘en temps réel’ l’origine exacte de la trajectoire des missiles, puis l’auteur du tir. Et toutes les illusions d’amateurs au sujet de l’existence d’avions ‘invisibles’ se trouveront face à une réalité décevante», a ajouté Konachenko
v.

Il a également noté que la Syrie elle-même a des S-200, ainsi que des systèmes BUK, et leurs capacités techniques ont été mises à jour au cours de l’année écoulée.

La déclaration du porte-parole du ministère de la Défense russe est venue en réponse à ce qu’il a appelé des «fuites» dans les médias occidentaux affirmant que Washington envisage de lancer des frappes aériennes contre les forces gouvernementales syriennes.

«Il est particulièrement préoccupant d’entendre que les initiateurs de ces provocations sont des représentants de la CIA et du Pentagone, qui, en septembre, ont rapporté au Président [US] que les combattants de l’opposition syrienne pouvaient être contrôlés, mais font aujourd’hui pression pour des scénarios ‘cinétiques’ [des frappes] en Syrie», a-t-il dit.

Il a mis en garde Washington, lui demandant de procéder à un «calcul approfondi des conséquences possibles de ces plans».

Des avions de la coalition sous commandement américain ont bombardé les positions des forces gouvernementales syriennes le 17 septembre, entraînant la mort de 83 militaires. Washington a déclaré que le raid aérien était une erreur, mais, selon Damas, l’incident était une «agression flagrante».

La relocalisation du système S-300 afin de protéger les navires russes et la base navale en Syrie a été confirmée, le 4 octobre, par des responsables russes de la défense. Le général Konachenkov a assuré que le S-300 est un «système purement défensif et ne pose aucune menace». La Russie a aussi des systèmes S-400 de défense antimissile à la base Khmeimim qui ont été mis en place après que la Turquie a abattu un avion russe SU-24 en novembre 2015.

Article original paru sur Russia Today

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Publié le par Felli Bernard

Rubicon en vue

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7 Octobre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie

La tension monte, atteint des niveaux rarement vus depuis la crise des missiles à Cuba et aucun des deux joueurs ne veut plus reculer. L'ours surtout, qui semble vouloir rester droit dans ses bottes et ne plus en partir, tandis que l'aigle virevolte de-ci de-là comme à son habitude, pris entre des courants contraires et attendant le résultat de la prochaine élection qui pourrait décider du chemin sur lequel s'engagera le monde. Temps incertains que nous vivons...

Aux menaces voilées (c'est le cas de le dire) américaines affirmant que "toutes les options sont sur la table", y compris bombarder l'armée d'Assad, Moscou a fermement répondu en envoyant plus de S-300 en Syrie. Poutine ne rigole plus. Le ministère de la Défense russe non plus qui a averti que les avions US pourraient être pris pour cible. La justification est délicieusement tournée : « Le personnel russe des systèmes de défense aérienne a peu de chances d'avoir le temps de déterminer les trajectoires exactes d'éventuels missiles et qui les a tirés.» En clair : on vous abattra.

Ce matin, l'ambassadeur russe à Washington en rajoute une couche avec un tweet qui en dit plus long que tous les discours :

« Les Etats-Unis se demandent pourquoi la Russie envoie des S-300 en Syrie. Parce qu'on ne sait jamais quel soutien les terroristes peuvent recevoir ». La ligne est excellente et la flèche tombe en plein mille, mettant une fois de plus les Américains face à leurs contradictions.

De leur côté, les Folamour du Pentagone sont en mode rodomontade, avertissant de la possibilité réelle d'une guerre "totale, meurtrière" avec - sans surprise - la Russie, la Chine et l'Iran. L'argument est lui aussi sans surprise et très freudien : ces méchants pays sont agressifs avec nous et veulent nous détruire. L'hôpital qui se fout de la charité... Inutile évidemment de chercher ces déclarations incendiaires dans la presstituée de l'empire : puisqu'on vous dit que l'agresseur, c'est la Russie !

Au même moment, Poutine organise un exercice de simulation d'attaque atomique impliquant 40 millions de personnes et annule l'accord de coopération sur le plutonium (logique puisque Washington n'a respecté à peu près aucune de ses obligations sur l'équilibre nucléaire depuis 15 ans). A ce propos, un analyste russe y voit un ultimatum déguisé de Vladimirovitch à Barack à frites : la coopération reprendra si Washington annule les sanctions anti-russes, paie des dédommagements (!), réduit sa présence militaire en Europe orientale ou encore abolit la loi Magnitsky. Exigences représentatives d'un changement de ton tectonique : l'aigle ne fait plus peur et Moscou lui répondra désormais du tac au tac.

Cette inquiétante escalade s'accompagne heureusement d'anecdotes plus triviales, quoique participant également à la bataille de l'information et de l'image. Ainsi, le pont de Manhattan a vu hier se déployer une énorme banderole avec le portrait de Poutine en "faiseur de paix" avant d'être retirée par la police. Diantre, après avoir, selon la doxa impériale, hacké le parti Démocrate, soutenu Trump, financé les indépendantistes texans et pris parti pour la communauté noire américaine, voilà que Vlad l'empaleur fait sa pub au coeur même de l'empire !

Campagne états-unienne, justement. Paniqué devant la possibilité que Trump arrive au pouvoir et se rapproche de la Russie, le système néo-conservateur fait feu de tout bois. L'on apprend ainsi que Clinton a reçu une semaine à l'avance les questions qu'on allait lui poser lors du premier débat présidentiel. Rien n'est laissé au hasard...

Les faucons sont en plein émoi à mesure que la date fatidique approche, balançant entre l'espoir d'une victoire hilarante et la peur d'un succès du Donald. Si le vacuum actuel, sorte de ni-ni dans lequel les branches de la pieuvre impériale se déchirent presque au grand jour, n'arrange finalement personne, l'avenir est à quitte ou double pour l'empire : la guerre (Clinton) ou le désastre (Trump). Pas de quoi affoler Moscou qui attend tranquillement l'issue...

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Peut-on encore prévenir la guerre généralisée ? (Th. Meyssan)

Publié le par Felli Bernard

Peut-on encore prévenir la guerre généralisée ? (Th. Meyssan)

Peut-on encore prévenir la guerre généralisée ? (Th. Meyssan)

Publié le 7 octobre 2016 par Olivier Demeulenaere

La suite de l’article d’hier. Le ton monte de plus en plus entre les deux blocs, à l’initiative, qui s’en étonnera, des va-t-en guerre de l’Empire du chaos. Les haut gradés du Pentagone ont averti qu’un conflit « extrêmement meurtrier » avec la Russie était « quasiment certain ». Coup de bluff ? Il semble en tout cas que la Russie ne soit pas disposée à plier. Elle aurait tort d’ailleurs, car d’une part elle possède l’avantage sur le terrain, d’autre part un lâchage de Damas aurait des conséquences désastreuses sur le plan stratégique… OD

« Les événements s’accélèrent autour de la crise syrienne et révèlent l’ampleur du conflit entre le camp atlantiste et le bloc russo-chinois. Après avoir observé le risque grandissant de guerre généralisée conventionnelle, voire nucléaire, Thierry Meyssan analyse les manœuvres des États-Unis et les réponses de la Russie ».

« Après la destruction du fleuron de la Marine des Émirats arabes unis, le 1er octobre, les armées des pétro-dictatures du Golfe hésitent à poursuivre seules la guerre contre la République arabe syrienne. Il est clair pour tous que le missile sol-mer qui a détruit le catamaran perce-vagues est une arme extrêmement sophistiquée que l’on n’avait jamais vue sur un champ de bataille. Il n’a été tiré ni par les Houthis, ni par les partisans de l’ancien président Saleh, qui ne disposent pas d’une telle arme, mais par la Russie, qui est secrètement présente depuis l’été au Yémen.

L’idée d’une coordination des jihadistes sans intervention des États-Unis, par leurs seuls alliés locaux, est d’autant plus difficile à imaginer que la rivalité entre l’Arabie saoudite et le Qatar n’a cessé de miner les étapes précédentes de la guerre.

Washington envisage donc sérieusement l’unique option restante : la confrontation militaire directe.

Les États-Unis ont sollicités les 64 États et les 3 institutions internationales qui ont rejoint leur Coalition dite anti-Daesh afin de lancer une attaque contre Damas. Dans la pratique, seuls le Canada, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont présents. L’idée est de tirer des missiles de croisières sur Damas et Lattaquié, et de bombarder l’Armée arabe syrienne. Ce projet avait été annoncé aux membres de l’Otan, lors du Conseil atlantique du 27 septembre. Il a été soutenu par le sénateur John McCain dans le Wall Street Journal.

Cette opération implique une réorganisation de la préparation actuelle de la libération de Mossoul en Irak, occupé par Daesh. D’ores et déjà, chacun a pu constater que l’objectif de cette Coalition n’est pas celui qu’elle a annoncé, mais le changement d’occupant de Mossoul. Il s’agit de mettre en place non pas des autorités représentatives de l’Irak, ni de ses habitants historiques, mais des seuls sunnites irakiens de manière à créer un « Sunnistan ». La Coalition n’a pas bombardé Daesh, mais n’a pas hésité à anéantir « par erreur » une milice de volontaires chiites venue, elle, délivrer la ville de l’obscurantisme. Le président Recep Tayyip Erdoğan a vendu la mèche en déclarant au journal Sabah qu’une fois Mossoul libérée, la ville appartiendrait à ses habitants, « seuls les arabes sunnites, les turkmènes et les kurdes sunnites pourront y rester ». En d’autres termes, la Coalition se propose de terminer le travail que Washington avait confié à Daesh. Son véritable objectif est d’avaliser le nettoyage ethnique pratiqué par les jihadistes, notamment l’expulsion ou le massacre des chrétiens et des kurdes yazidis, afin de créer un État religieusement homogène.

Ainsi que nous l’avons déjà plusieurs fois annoncé, Daesh devrait migrer de Mossoul vers Rakka et Deir ez-Zor, à la manière dont il a évacué Jarablous devant l’armée turque, sans livrer de combat.

Réagissant au projet de bombardement de la République arabe syrienne, la Russie a révélé l’installation en Syrie de batteries d’armes anti-aériennes S-300 et S-400. Selon les experts russes, ces armes sont capables non seulement de détruire n’importe quel avion en vol, y compris les avions furtifs, mais aussi les missiles de croisière. La situation ne s’étant jamais présentée sur le champ de bataille, personne n’en sait rien. Mais, depuis des siècles, les Russes n’ont jamais menti quant aux performances de leur armement.

Cette annonce a soulevé un vif émoi en Israël où les experts sont désormais persuadés que ce sont ces armes russes qui ont abattu un de ses avions et touché un autre, lorsque Tsahal a violé la cessation des hostilités de l’Aïd, le 13 septembre. L’état-major israélien a déclaré avoir perdu la dominance aérienne à la fois en Syrie et au Liban.

Les États-Unis ont répondu en faisant bombarder l’ambassade de Russie à Damas par des jihadistes. La Russie a annoncée l’arrivée en Méditerranée de trois nouveaux bâtiments de guerre, tandis que son porte-avion —qui était espéré en juillet— est en route.

Consciente du risque de guerre nucléaire, la France a envoyé son ministre des Affaires étrangères à Moscou. Celui-ci a présenté un projet de résolution qu’il entend déposer au Conseil de sécurité à propos d’Alep. Ce pourrait être un moyen pour les Occidentaux de sortir la tête haute de cette confrontation. Ne l’ayant pas encore lu, je ne peux commenter ce projet de résolution. Cependant la presse française regorge d’articles sur la crise d’Alep basés sur des données fausses. Actuellement, la partie Ouest de la ville héberge entre 1,4 et 1,5 million d’habitants partisans de la République. La partie Est héberge entre 25 000 et 30 000 personnes. Le rapport se situe donc entre 46 et 50 fois plus de population et non pas à égalité comme on le suggère. Ce sont les jihadistes qui ont abattu les habitants d’Alep-Est qui tentaient de fuir durant la trêve de l’Aïd. Ce sont encore eux qui ont brûlé le convoi humanitaire du Croissant rouge syrien destiné aux civils qu’ils tiennent en otages à Alep. Après avoir offert lors de l’Aïd la possibilité à tous les résidents d’Alep-Est, qu’ils soient civils ou combattants, syriens ou étrangers de quitter la ville, l’armée syrienne et ses alliés libanais, russes et iraniens ont lancé une opération contre les jihadistes au risque de tuer également les civils qu’ils tiennent en otages. Ceci en application de la résolution 2249 du 20 novembre 2015 qui demande aux Etats membres de l’Onu de de « mettre un terme aux actes de terrorisme commis en particulier par l’EIIL, également connu sous le nom de Daech, ainsi que par le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida ».

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a fait part à son homologue français, Jean-Marc Ayrault, de plusieurs amendements qu’il souhaiterait voir figurer dans le projet de résolution. Il a proposé que l’on revienne aux termes de l’accord de cessation des hostilités de l’Aïd. Mais il peu probable que ce retour en arrière soit accepté par Washington, c’est-à-dire qu’il reconnaisse qu’il n’y a pas de rebelles modérés en Syrie. Le projet —amendé ou pas— sera présenté samedi au Conseil de sécurité. Le président Poutine se rendra en France le 19 octobre ».

Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, le 7 octobre 2016

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