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Un musée de cadavres dans le centre-ville de Berlin

Publié le par Felli Bernard

Un musée de cadavres dans le centre-ville de Berlin

Par La Voix de la Russie | L'exposition du docteur Gunther von Hagens fascine certains, dégoûte d’autres. Gunther von Hagens, qui est l'inventeur de la plastination, technique de recyclage des cadavres qui permet de récupérer la matière première pour la recycler et la revendre, devrait avoir son premier musée de cadavres à Berlin à la Place Alexandre, au rez-de-chaussée de la tour de télévision, célèbre pour sa sphère à son sommet qui domine Berlin.

La réalisation de ce musée va asseoir la renommée et le travail du Plastinator déjà mondialement connu et montre que l'habitude à la vue de ces cadavres s'est instaurée.

A la date de l'ouverture de sa fabrique de cadavres en 2006 dans le Land du Brandenbourg, dans une ancienne fabrique de chapeaux de RDA à deux heures de Berlin et à cinq minutes de la Pologne, le Plastinator avait annoncé à la presse son projet de mettre dans toutes les villes d'Allemagne un musée de cadavres plastinés, certains tenant leur peau à bout de bras. Avec le premier musée berlinois du Plastinator, ses vœux sont exaucés et cela confirme la mise en place de la plastination et du recyclage à grande échelle des individus après leur mort. Derrière se cache une multinationale qui produit « des œufs en or ». Les Polonais furieux de voir le Plastinator s’installer en Pologne avaient trouvé des informations sur son père. Ce dernier a été sous-officier de la SS et avait participé à des crimes de guerre en Pologne. Ces révélations ont obligé la fabrique à s'installer à Guben.

Centre de Berlin. Le musée doit ouvrir ses portes à l’automne 2014 à la tour de télévision à côté de la gare d'Alexandre, de la mairie rouge de Berlin et à trois kilomètres du Bundestag ou de la place de Potsdam, où le festival de la Berlinale se tient chaque année au mois de février. Les touristes auront une nouvelle attraction et n'auront plus à se limiter à la visite du Bundestag ou du musée Pergame. La discussion autour de l'autorisation de construire le musée a lieu avec Carsten Spallek, CDU, responsable des permis de construire, qui tient à dire : « nous ne parlons pas des questions liées à la morale mais des questions de droit concernant la rénovation du lieu ».

Banalisation. Les autorités de Berlin ne sont pas choquées de voir un musée de cadavres dépiautés, désarticulés, s'installer en plein cœur de la ville. Le Conseil d'éthique de Berlin n'avait trouvé rien à redire à cette exposition car « tout est légal». Une assistante de Carsten Spallek dit : « c'est comme pour toutes constructions. Qu'il s'agisse d'un nouveau magasin ou pas, il faut régler les questions de droit de construction concernant l'architecture ». Pourtant, tous les Berlinois ne sont pas d'accord avec ce musée : « Les morts doivent avoir une dignité ; Cela ressemble à un trafic d'êtres humains, c'est vraiment indigne ; les médias ont déjà dit qu'une grande partie des cadavres a été plastinée sans autorisation officielle. Gunther von Hagens récupère en partie les cadavres de condamnés chinois qui ont été exécutés. Et il commercialise par catalogues entiers des morceaux de cadavres voire des cadavres entiers à travers le monde. »

Succès. Le Plastinator remplit ses expositions. L'exposition de Bochum qui a commencé en août 2013 a eu 250 000 visiteurs dont 40 000 élèves pour un prix d'entrée à 17 euros par adulte et 11 euros par enfant. Un simple calcul montre que c'est une affaire rentable. Les cadavres sont actuellement exposés à Dresdes, Bochum, Amsterdam, Bologne, Milwaukee (USA), Boston, New York, Mexico. Les expositions en préparation se trouveront à Munich, Hambourg, Ludigsbourg, Newcastle. Pour remplir les grandes salles d'expositions, il faut des milliers de cadavres. Le site, qui a son club de donateurs, se vante d'avoir des donateurs d'Amérique, Angleterre, de Belgique, de Pologne, de France, d'Autriche, d'Italie. Et c'est sans problème que la fabrique de plastinarium basée dans la ville de Guben les trouve. Dans un article paru en janvier 2013, nous avons parlé plus en détail de cette entreprise et des retraités qui signent un contrat de plastination pour faire des économies sur leurs maigres retraites et du magasin en ligne de la fabrique qui permettait d'acheter directement des pièces de cadavre ou des corps plastinés en entier pour 80 000 euros. Depuis la parution de notre article en français et en allemand qui montrait le site et les prix, la société se limite à montrer ses travaux d'anatomie sous un angle scientifique. La ligne rouge de la dignité envers la mort est franchie. La France maintient l'interdiction d'exposer ces « œuvres ». Inutile de dire que par ses expositions le Plastinator recherche d'autres candidats. Car son objectif est de mettre des musées dans toutes les villes allemandes mais aussi de revendre tous les produits des corps. Atteint de la maladie de Parkinson, Gunther von Hagens a émis le vœu d'être aussi dépiauté et exposé avec ses organes génitaux pendants à l'air libre. Son fils, qui a déjà repris l'affaire, rapporte gros. N

Olivier Renault

2

28 février, 13:56
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2014_02_28/Un-musee-de-cadavres-dans-le-centre-ville-de-Berlin-1730/

Allemagne, scientifiques, cadavres, Société
Lire la suit
e: http://french.ruvr.ru/2014_02_28/Un-musee-de-cadavres-dans-le-centre-ville-de-Berlin-1730/

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L’Union européenne met en danger l’unité européenne

Publié le par Felli Bernard

L’Union européenne met en danger l’unité européenne

Le 23 avril 2014 Le problème n’est pas, à mon sens, le principe européen mais les dérives des traités.

Prenant acte de l’impopularité soulevée par les portiques « Ecomouv’ », le nouveau ministre de l’Écologie Ségolène Royal a suggéré deux idées, permettant de garantir le principe d’une taxe écologique sans pour autant provoquer la fureur légitime des producteurs et des transporteurs français. D’abord, obliger les camions étrangers à prendre l’autoroute avec une taxe sur les sociétés d’autoroute, puis faire payer aux camions étrangers une vignette à la frontière.

Les articles 28 et 29 du traité instituant la Communauté européenne interdisent les restrictions à l’importation et à l’exportation entre tous les États membres. Toutefois, en cas de risque pour la santé publique ou l’environnement, les États membres peuvent restreindre la libre circulation des marchandises. Ce principe est effectif depuis 1993 et la suppression des tarifs douaniers, la loi proposée par Ségolène Royal sera donc très probablement condamnée par les instances communautaires. Toute la question sera de savoir si l’intérêt écologique compris dans le projet de loi justifie cette entorse au principe de libre circulation sur le territoire de l’Union. On peut en douter, car les exceptions prévues le sont pour des risques graves, comme celui de la vache folle par le passé.

Le problème n’est pas, à mon sens, le principe européen mais les dérives des traités, qui sont aujourd’hui sclérosants et ultra-normatifs, impossibles à renégocier. Ils enferment dans des carcans les peuples européens, alors que l’essentiel n’est pas assuré. L’essentiel de l’Europe est la politique, la démocratie directe et participative et non de piètres et contre-productifs arrangements et obligations économiques. L’Europe doit être envisagée comme une frontière extérieure, présentant un ensemble culturel et politique cohérent devant répondre aux menaces d’un monde multipolaire, alors que l’Union européenne n’est plus qu’une abstraction juridique hors-sol et mondialiste, comme en témoignent les récents accords du grand marché transatlantique.

Que le gouvernement et Ségolène Royal prennent enfin au sérieux les revendications des bonnets rouges et tentent, dans un sursaut de lucidité, d’articuler le principe écologique au principe de patriotisme économique peut sembler une bonne chose, mais ils sont pieds et poings liés et ne pourront rien faire. Car au-delà de ce fait particulier, c’est toute l’idée que nous nous faisons de l’Europe et de son fonctionnement qui doit être remise en question. Si nous ne voulons pas que ressurgissent les vieilles guerres fraternelles entre Européens, nous devrions envisager un tout autre fonctionnement pour l’Union européenne, c’est-à-dire plus seulement un marché et une monnaie sur laquelle nous n’avons aucune prise, mais quelque chose de bien plus grand : une aire de civilisation.

Photo : Le problème n’est pas, à mon sens, le principe européen mais les dérives des traités.

Prenant acte de l’impopularité soulevée par les portiques « Ecomouv’ », le nouveau ministre de l’Écologie Ségolène Royal a suggéré deux idées, permettant de garantir le principe d’une taxe écologique sans pour autant provoquer la fureur légitime des producteurs et des transporteurs français. D’abord, obliger les camions étrangers à prendre l’autoroute avec une taxe sur les sociétés d’autoroute, puis faire payer aux camions étrangers une vignette à la frontière.

Les articles 28 et 29 du traité instituant la Communauté européenne interdisent les restrictions à l’importation et à l’exportation entre tous les États membres. Toutefois, en cas de risque pour la santé publique ou l’environnement, les États membres peuvent restreindre la libre circulation des marchandises. Ce principe est effectif depuis 1993 et la suppression des tarifs douaniers, la loi proposée par Ségolène Royal sera donc très probablement condamnée par les instances communautaires. Toute la question sera de savoir si l’intérêt écologique compris dans le projet de loi justifie cette entorse au principe de libre circulation sur le territoire de l’Union. On peut en douter, car les exceptions prévues le sont pour des risques graves, comme celui de la vache folle par le passé.

Le problème n’est pas, à mon sens, le principe européen mais les dérives des traités, qui sont aujourd’hui sclérosants et ultra-normatifs, impossibles à renégocier. Ils enferment dans des carcans les peuples européens, alors que l’essentiel n’est pas assuré. L’essentiel de l’Europe est la politique, la démocratie directe et participative et non de piètres et contre-productifs arrangements et obligations économiques. L’Europe doit être envisagée comme une frontière extérieure, présentant un ensemble culturel et politique cohérent devant répondre aux menaces d’un monde multipolaire, alors que l’Union européenne n’est plus qu’une abstraction juridique hors-sol et mondialiste, comme en témoignent les récents accords du grand marché transatlantique.

Que le gouvernement et Ségolène Royal prennent enfin au sérieux les revendications des bonnets rouges et tentent, dans un sursaut de lucidité, d’articuler le principe écologique au principe de patriotisme économique peut sembler une bonne chose, mais ils sont pieds et poings liés et ne pourront rien faire. Car au-delà de ce fait particulier, c’est toute l’idée que nous nous faisons de l’Europe et de son fonctionnement qui doit être remise en question. Si nous ne voulons pas que ressurgissent les vieilles guerres fraternelles entre Européens, nous devrions envisager un tout autre fonctionnement pour l’Union européenne, c’est-à-dire plus seulement un marché et une monnaie sur laquelle nous n’avons aucune prise, mais quelque chose de bien plus grand : une aire de civilisation.

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Gabriel Robin

Juriste

L’Union européenne met en danger l’unité européenne

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Ciel ouvert: Moscou interdit un survol...

Publié le par bernard felli

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Ciel ouvert: Moscou interdit un survol américano-tchèque

Publié le par Felli Bernard

15:44 22/04/2014

Sur le même sujet

La Russie a interdit un survol d'inspection américano-tchèque de son territoire conformément au Traité Ciel ouvert, qui interdit les reports à répétition, a déclaré mardi le vice-ministre russe de la Défense Anatoli Antonov.

"Les Etats-Unis et la République tchèque ont annoncé le 10 avril leur intention d'effectuer un vol d'inspection en Russie dans le cadre du Traité Ciel ouvert. Un avion américain devait arriver à l'aérodrome russe de Koubinka, dans la région de Moscou, le 14 avril dernier. La mission américano-tchèque n'est pas arrivée en Russie à cette date. Elle a demandé de reporter la date de son arrivée de 24 heures. La Russie l'a accepté bien que le Traité Ciel ouvert permette d'interdire le survol si l'avion d'observation n'arrive pas dans les 24 heures", a indiqué M.Antonov.

"Toutefois, l'avion américain n'est pas arrivé à Koubinka à la nouvelle date. Les Etats-Unis ont demandé de repousser le survol au 16 avril. La Fédération de Russie a refusé d'accueillir le groupe d'inspecteurs américains et tchèque en stricte conformité au Traité Ciel ouvert, puisque l'arrivée du groupe avait été reportée à deux reprises, la Russie ayant dû assumer les frais d'organisation du survol d'observation", a expliqué le vice-ministre.
Les médias américains ont récemment dénoncé la décision "illégitime" de Moscou d'interdire la mission d'observation.

"La Russie respecte toujours ses engagements dans le cadre du Traité Ciel ouvert", a souligné M.Antonov.

Signé le 24 mars 1992 à Helsinki, le Traité Ciel ouvert est appliqué depuis le 1er janvier 2002. Le document vise à accroître la transparence et la confiance entre les Etats signataires dans le domaine des activités militaires et du contrôle des armements.

Le traité a été signé par 34 Etats d'Europe et d'Amérique du Nord, membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). La Russie y a adhéré le 26 mai 2001.

RIA Novosti. Vladimir Pesnia

15:44 22/04/2014

Vice-ministre russe de la Défense Anatoli Antonov

Vice-ministre russe de la Défense Anatoli Antonov

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Rwanda : un génocide en questions...

Publié le par bernard felli

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Rwanda : un génocide en questions

Publié le par Felli Bernard

Rwanda : un génocide en questions

jeudi 3 avril 2014

Rwanda : un génocide en questions

Assassinat du président Habyarimana, jeu trouble de Washington, enquête du juge Trévidic : clés de compréhension et d’explication.

Cette analyse peut être reproduite à la condition expresse d’en citer la source.

Le 6 avril 1994, l’avion transportant deux présidents africains en exercice, MM. Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi était abattu par un missile[1]. Aucune enquête internationale ne fut ouverte afin d’identifier les auteurs de cet attentat qui fut le déclencheur du génocide du Rwanda[2].

Les Etats-Unis à la manoeuvre

Mis en place au mois de mai 1995 après sa création au mois de novembre 1994 par le Conseil de sécurité de l’ONU avec compétence pour la période allant du 1er janvier au 31 décembre 1994, le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) fut installé à Arusha, en Tanzanie.

Dès le début, les Etats-Unis d’Amérique firent pression afin que l’attentat du 6 avril 1994, pourtant totalement inclus dans les limites chronologiques imparties au TPIR, soit écarté de son champ d’investigation. Avec une grande constance, tous les Procureurs qui se succédèrent à la tête de ce tribunal respectèrent cette étrange exclusion. Le TPIR spécialement créé pour juger les responsables du génocide, refusa donc de rechercher les auteurs de l’acte terroriste qui en fut la cause (!!!).

L’insolite attitude des Etats-Unis pose d’autant plus problème qu’en 1995, il ne faisait alors de doute pour personne que les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994 étaient ces « Hutu extrémistes » tant de fois dénoncés par les ONG américaines. Pourquoi les Etats-Unis étaient-ils donc opposés à ce que la responsabilité de ces derniers dans l’attentat qui déclencha le génocide du Rwanda soit officiellement mise en évidence par une enquête du TPIR? La réponse à cette question est peut-être que les services de Washington savaient déjà que l’attentat n’avait pas été commis par les « Hutu extrémistes »… En interdisant au TPIR de mener l’enquête sur l’assassinat du président Habyarimana, les Etats-Unis protégèrent donc de fait ceux qui, en détruisant en vol son avion, permirent au FPR (Front patriotique rwandais), mouvement essentiellement tutsi totalisant de 10% à 15% de la population, de s’emparer militairement d’un pouvoir que l’ethno-mathématique électorale lui interdisait de conquérir par les urnes. Un retour en arrière est ici nécessaire.

Washington qui avait décidé de créer un fort pôle d’influence en Afrique centre-orientale, fit de l’Ouganda le pivot de sa stratégie dans cette partie du continent. A partir de ce pays, les Etats-Unis armèrent et conseillèrent le FPR qui, depuis octobre 1990, menait la guerre contre le Rwanda. Ils lui fournirent une aide diplomatique et, par le biais d’ONG liées à leurs services, ils montèrent des campagnes internationales de diabolisation du régime Habyarimana tout en présentant au contraire les hommes du général Kagamé comme des combattants de la démocratie.

Tant que François Mitterrand fut au pouvoir en France, ce plan de conquête du Rwanda fut mis en échec. Il réussit en 1994 quand, à la faveur de la seconde cohabitation, une droite en partie atlantiste occupa l’Hôtel de Matignon.

Le 7 avril, une fois le président Habyarimana assassiné, le FPR reprit unilatéralement les hostilités violant ainsi les accords de paix d’Arusha. Le président Mitterrand fut alors partisan d’une intervention militaire française destinée à ramener le FPR sur ses lignes de départ et cela afin de sauver le processus de paix d’Arusha[3]. Comme le gouvernement de Monsieur Edouard Balladur y était opposé, le général Kagamé eut le champ libre pour conquérir le pays et au mois de juillet 1994 il fut le maître à Kigali.

A partir du Rwanda, les Etats-Unis préparèrent ensuite la seconde phase de leur plan qui était le renversement du maréchal Mobutu du Zaïre. En 1997, paralysée par les fausses accusations de complicité avec les « génocidaires » montées de toutes pièces par les services américains et qui avaient été relayées par la presse hexagonale, la France n’osa pas intervenir pour soutenir son allié zaïrois attaqué par une coalition ougando-rwandaise. Le Zaïre redevenu RDC (République démocratique du Congo) fut démembré et l’exploitation-pillage des richesses du Kivu par les sociétés-écran rwandaises débuta. La connaissance de cet arrière-plan est indispensable à la compréhension du dossier rwandais[4].

Les preuves contre le FPR s’accumulent

Revenons à l’attentat du 6 avril 1994. En 1998, saisi des plaintes déposées par les familles de l’équipage français de l’avion et par la veuve du président Habyarimana, le juge anti-terroriste Bruguière mena son enquête. Au mois de novembre 2006, il rendit une ordonnance de soit-communiqué et mit en examen neuf personnalités très proches du général Kagamé, accusées d’avoir organisé ou perpétré l’attentat du 6 avril 1994. Ne pouvant poursuivre le chef de l’Etat rwandais car il était protégé par son immunité, le juge français demanda au TPIR de l’inculper. En vain.

La contre-attaque du général Kagamé se fit à travers ses puissants réseaux d’influence français et par le biais d’une presse qui ne cessa jamais de lui servir de porte-voix, notamment Libération et Le Figaro quand Patrick de Saint-Exupéry collaborait à ce dernier titre. Appuyé sur les uns et sur les autres, il tenta une manœuvre dilatoire destinée à discréditer le travail du juge Bruguière en prétendant que ce dernier aurait été influencé par des témoins dont les propos lui auraient été mal traduits ou qu’il aurait mal interprétés.

Cette argumentation qui fut reprise sans vérification par les médias ne correspond pas à la vérité car les témoins entendus par le juge Bruguière furent également auditionnés par le TPIR devant lequel la traduction simultanée (kinyarwanda-français-anglais) était faite par des traducteurs assermentés. Or, les procès-verbaux des audiences montrent que ces témoins firent aux juges internationaux les mêmes déclarations qu’au juge français. Avec une différence toutefois : ils déposèrent sous serment et en pleine connaissance des graves sanctions –dont l’incarcération à l’audience-, qu’entraînait le parjure devant ce tribunal international.

Le juge Trévidic ayant succédé au juge Bruguière en 2007, de nouveaux éléments accablants pour les responsables de l’actuel régime de Kigali s’ajoutèrent peu à peu au dossier. Entre autres :

- Le jeudi 21 juin 2012, à Johannesburg, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major de l’APR (Armée patriotique rwandaise), qui était en 1994 responsable du renseignement militaire du général Kagamé, affirma sous serment devant un tribunal, que ce dernier « a ordonné le meurtre du président Habyarimana»[5], confirmant ainsi les termes de l’ordonnance du juge Bruguière.

- Le 9 juillet 2013, la correspondante de RFI en Afrique du Sud, Madame Sonia Rolley, publia deux entretiens exclusifs, l’un avec le général Faustin Kayumba Nyamwaza, l’autre avec le colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements du général Kagamé, dans lesquels les deux hommes accusaient de la façon la plus claire ce dernier d’être l’ordonnateur de l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Habyarimana.

Patrick Karegeya qui avait affirmé au micro de RFI qu’il était en mesure de prouver d’où les missiles avaient été tirés, fut étranglé dans sa chambre d’hôtel de Johannesburg le 1er janvier 2014.

Le général Kayumba et le colonel Karegeya demandaient depuis des mois à être entendus par le juge Trévidic. Ce dernier ne pourra donc plus interroger le second…Quant au premier, le juge doit se hâter de le rencontrer car il a échappé de justesse à une seconde tentative de meurtre le 4 mars 2014…

- En juillet 2013 puis en janvier 2014, Jean-Marie Micombero, ancien secrétaire général au ministère rwandais de la Défense et qui, le 6 avril 1994, était affecté à une section chargée du renseignement dépendant directement de Paul Kagamé, témoigna devant le juge Trévidic. Réfugié en Belgique depuis 2010 où il est placé sous protection policière, il a donné les noms des deux hommes qui, le 6 avril 1994, tirèrent deux missiles sur l’avion présidentiel. Il a également livré nombre de détails sur les préparatifs et sur le déroulement de l’attentat[6]. Ces déclarations recoupaient en les confirmant celles recueilles en leur temps par le juge Bruguière auprès d’autres témoins.

Pour le régime de Kigali, ces avancées du dossier sont terriblement destructrices et c’est pourquoi ses affidés ont reçu l’ordre d’allumer des contre-feux. La presse française est donc actuellement et une nouvelle fois à la manœuvre, n’hésitant pas à travestir les faits tout en continuant à réciter une histoire aujourd’hui obsolète.

La thèse fondant la « légitimité » du régime du général Kagamé, à savoir celle du génocide « programmé » et « planifié » par les « extrémistes » hutu, a en effet volé en éclats devant le TPIR. Dans tous ses jugements concernant les « principaux responsables du génocide », tant en première instance qu’en appel, ce tribunal international a en effet clairement établi qu’il n’y avait pas eu « entente » pour le commettre[7].

Conclusion : si ce génocide n’était pas « programmé », c’est donc qu’il fut « spontané ». Et s’il fut « spontané », c’est qu’un évènement d’une exceptionnelle gravité poussa certains à le commettre. Nous en revenons ainsi à l’assassinat du président Habyarimana.

Que contient le dossier du juge Trévidic ?

La question de savoir qui ordonna l’attentat du 6 avril 1994 est donc primordiale. Voilà pourquoi, depuis des années, les services rwandais tentent d’enfumer la justice française, précisément parce qu’elle est la seule à enquêter sur cette affaire depuis qu’en janvier 1997, Madame Louise Arbour ordonna à Michael Hourigan de cesser ses investigations.

Quelques mois auparavant, cet avocat australien devenu fonctionnaire de l’ONU avait été personnellement chargé par Madame Arbour, Procureur du TPIR de septembre 1996 à septembre 1999, d’identifier les commanditaires et les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994. Madame Arbour voulait alors étayer l’acte d’accusation jusque là rachitique qu’elle était occupée à dresser contre les anciens dirigeants du régime Habyarimana afin de montrer que cet attentat avait été commis par des « extrémistes hutu » et qu’en le commettant, ces derniers avaient donné le signal du génocide qu’ils avaient programmé.

Or, sur place, à Kigali, menant son enquête, Michael Hourigan découvrit tout au contraire que les auteurs de l’attentat n’étaient pas des « Hutu extrémistes », mais des Tutsi du FPR… et il obtint même les noms de ceux qui auraient abattu l’avion du président Habyarimana sur ordre du général Kagamé. Il rédigea ensuite un rapport qu’il remit personnellement à Madame Arbour. A partir du moment où il lui fit ces révélations, cette dernière changea totalement d’attitude à son égard, devenant cassante, le sommant de mettre un terme à ses recherches et exigeant la confidentialité absolue sur ses découvertes. Le contrat de Michael Hourigan avec l’ONU ne fut pas renouvelé.

Bien que le TPIR ait refusé de le lui communiquer au prétexte qu’il n’existait pas (!!!), le juge Bruguière obtint malgré tout une copie du « Rapport Hourigan ». Devant le juge, Michael Hourigan authentifia son texte et il en confirma la teneur.

Le capitaine sénégalais Amadou Deme, adjoint de Michael Hourigan et ancien numéro 2 du renseignement de l’ONU au Rwanda a confirmé à la fois les résultats de l’enquête à laquelle il avait personnellement participé et l’insolite changement d’attitude de madame Arbour à partir du moment où le FPR fut suspecté d’avoir assassiné le président Habyarimana.

Tous ces éléments ainsi que de multiples autres témoignages figurent dans le dossier d’instruction et ils pèsent naturellement plus lourd que les tentatives d’enfumage médiatique périodiquement faites par les services de Kigali à travers les journaux français. C’est pourquoi, au mois de novembre 2013, le juge Trévidic refusa le non lieu demandé par les avocats des personnalités rwandaises mises en examen par le juge Bruguière en 2006. Cette décision était parfaitement justifiée car :

1) Comment le juge Trévidic aurait-il pu faire autrement que de refuser le non lieu avec un dossier donnant, entre autres, le lieu du tir des missiles, les noms des deux tireurs et des membres de leur escorte, la marque et la couleur des véhicules utilisés pour transporter les missiles depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali et de là jusqu’au lieu de tir à travers les lignes de l’armée rwandaise ainsi que le déroulé de l’action ?

2) Comment le magistrat instructeur aurait-il pu rendre un non lieu quand son dossier contient la preuve que l’avion présidentiel rwandais a été engagé par deux missiles dont la traçabilité a été établie ? Grâce à la coopération judiciaire de la Russie il sait en effet que ces deux missiles dont les numéros de série étaient respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835 faisaient partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés à l’armée ougandaise quelques années auparavant. Or, Paul Kagamé et ses principaux adjoints furent officiers supérieurs dans l’armée ougandaise avant la guerre civile rwandaise et, de 1990 à 1994, l’Ouganda fut la base arrière, mais aussi l’arsenal du FPR.

3) Comment un non lieu aurait-il pu être envisagé quand, devant le TPIR, il fut amplement démontré que l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles et que l’arme du crime était en revanche entre les mains du FPR ?

4) Comment le juge Trévidic aurait-il pu satisfaire à la demande exorbitante de non lieu alors qu’il sait que cette même armée rwandaise, paralysée par l’embargo sur les armes et la mise sous séquestre par l’ONU de son armement lourd et de ses hélicoptères, n’était pas en état de combattre et que ce fut le FPR qui reprit unilatéralement les hostilités car il savait qu’il allait gagner la guerre ?

5) Comment un tel non lieu aurait-il pu être justifié alors que, comme cela fut largement démontré devant le TPIR, les forces du FPR qui n’attendaient qu’un signal pour lancer leur offensive préparée de longue date, reçurent l’ordre de marche depuis leurs bases de la frontière ougandaise dans la nuit du 6 au 7 avril, juste après l’annonce de la mort du président Habyarimana ?

Le général Kagamé va-t-il néanmoins réussir à faire enterrer le dossier ?

En dépit de toutes les pressions qu’il subit, il faudra bien que, tôt ou tard, le juge Trévidic face la balance entre les éléments que contient le dossier de l’assassinat du président Habyarimana.

Or, si le magistrat instructeur a bien entre les mains suffisamment d’éléments pour renvoyer les mis en examen devant la Cour d’Assises, tout va in fine dépendre du Parquet chargé de porter l’accusation à l’audience.

Nous voilà donc revenus aux réseaux d’influence que Kigali entretient en France et dont la mission est de tenter d’influencer le juge Trévidic pour que soit étouffé le dossier. En effet, et comme l’a dit Madame Carla Del Ponte qui succéda à Louise Arbour au poste de Procureur du TPIR : « S’il était avéré que c’est le FPR qui a abattu l’avion du président Habyarimana, c’est toute l’histoire du génocide du Rwanda qu’il faudrait re-écrire ».

Et de cela, les alliés, les soutiens et les obligés du général Kagamé ne veulent évidemment pas entendre parler.

Les éléments contenus dans cette analyse seront naturellement occultés par la presse française à l’occasion du vingtième anniversaire du début du génocide du Rwanda. Les journalistes paresseux continueront à réciter une histoire obsolète ; quant aux journalistes militants ils recopieront ou liront les fiches qui leur ont été remises par les agents de Kigali.

Bernard Lugan

03/04/2014

[1] Un premier missile rata sa cible.

[2] La « communauté internationale » se montra plus empressée quand il s’agit d’identifier les assassins de M. Rafik Hariri (2005), ancien Premier ministre libanais, et de Mme Bénazir Bhutto (2007), Premier ministre du Pakistan.

[3] Si une telle opération avait été décidée, il n’y aurait pas eu de génocide.

[4] Aujourd’hui, à Washington, le général Kagamé voit son étoile pâlir en raison des accusations portées contre son régime par les défenseurs des droits de l’Homme.

[5] Après avoir rompu avec Paul Kagamé, le général Nyamwaza se réfugia en Afrique du Sud où au mois de juin 2010, il survécut par miracle à une tentative d’assassinat. C’est à l’occasion du procès des six Rwandais qui tentèrent de le réduire au silence qu’il fit cette déclaration.

[6] Voir à ce sujet l’interview donnée à Pierre Péan intitulée « J’ai assisté à la préparation de l’attentat qui a déclenché le génocide » (Marianne numéro du 28 mars au 3 avril 2014).

[7] A l’exception du jugement de Jean Kambanda, ancien Premier ministre condamné en 1998, après qu’il eut plaidé coupable contre la promesse d’une peine réduite, procédure qui de facto lui avait fait accepter l’acte d’accusation du procureur. Depuis, il est fermement revenu sur cette reconnaissance.

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Du rififi chez les djihadistes: Daash accuse...

Publié le par bernard felli

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Du rififi chez les djihadistes: Daash accuse Al-Qaïda de trahir la cause

Publié le par Felli Bernard

Du rififi chez les djihadistes: Daash accuse Al-Qaïda de trahir la cause

Du rififi chez les djihadistes: Daash accuse Al-Qaïda de trahir la cause

Publié par Gilles Munier sur 19 Avril 2014, 14:56pm

Catégories : #Syrie

Par Gilles Munier

Les relations entre Daash - L’Etat islamique en Irak et au Levant – et Al-Qaïda s’enveniment : le cheikh Abou Mohammed al-Adnani, porte-parole de l’organisation en Syrie accuse maintenant Ayman al-Zawahiri de trahir la cause djihadiste.

« Al-Qaïda n’est plus aujourd’hui une base pour le djihad » dit-il, « Son leadership est devenu un marteau pour casser le projet d'Etat islamique… ses dirigeants se sont détournés de la bonne voie… Partout, ils ont divisé les rangs des moudjahidine ».

Dans une précédente intervention, Abou Mohammed al-Adnani avait déclaré « Tout le monde combat Daash et tout le monde l’accuse d’être hostile envers tout le monde ». Il demandait qu’on lui dise clairement quelle organisation avait été attaquée par Daash « en premier », et il concluait : « Celui qui laisse L’État islamique tranquille, l’État islamique le laissera tranquille, sans conditions ».

Depuis la constitution du Front islamique par l’Arabie Saoudite, on assiste en Syrie à des batailles rangées entre islamistes. Le nombre de tués dépasserait le millier. Daash est accusé par ses concurrents d’exactions et d’être à l’origine des combats, voire de faire le jeu du régime de Bachar al-Assad. Impossible à vérifier sur le terrain… En février dernier, Al-Zawahiri avait déclaré que Daash «n'est pas une branche d'Al-Qaida» et donc « pas responsable de ses actions»,

Photo: Abou Mohammed al-Adnani

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