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La Russie, par-delà l’Europe ?

Publié le par Felli Bernard

La Russie, par-delà l’Europe ?

Rédaction en ligne Alexandre Latsa

Hier, 21:00

La Russie, par-delà l’Europe ?

© Collage: La Voix de la Russie

Par La Voix de la Russie | A la fin de l’année 2010, j’écrivais un texte intitulé Moscou, capitale de l’Europe dans lequel j’appelais à la réalisation d’un projet politique reposant sur la création d’une entente approfondie entre Paris, Berlin et Moscou.

Une entente des nations dominantes du continent afin de permettre la réalisation du projet français d’union continentale, un demi-siècle après qu’il ait été formulé par le Général De Gaulle.

Ce projet aurait eu le double intérêt historique et géopolitique de permettre le rapprochement de l’Europe de l’Ouest et de la Russie mais aussi et surtout de permettre le renforcement d’une forme d’équilibre et de multipolarité au sein de l’hémisphère nord.

Près de quatre ans après la publication de ce texte, il semble que la chance de voir se réaliser ce moment historique, destiné à permettre l’émergence d’un monde multipolaire et donc d’équilibre des puissances, soit totalement passée.

L’occupation croissante des espaces politiques, moraux, culturels et sécuritaires des nations européennes par les réseaux américains et l’Otan, processus entamé en 1945, a entrainé l’Atlantisation (on peut parler d’Otanisation) que vit l’Europe actuellement, processus qui devrait vraisemblablement s’accentuer avec la concrétisation de l’union transatlantique en 2015.

A l’Est du continent, de nouveaux signaux sont également apparus. Le réveil russe s’est accompagné d’une mise en garde à l’Occident, après la guerre en Géorgie, que l’extension de l’Otan ne pouvait pas être infinie mais était clairement ressentie par Moscou comme une pression et une agression. Les propositions russes d’architecture européenne commune de sécurité se sont-elles heurtées au mur étoilé de l’Otan, tandis que l’intégration militaire au sein de l’Eurasie n’a pour l’instant trouvé des oreilles qu’à l’Est et non à l’Ouest du continent.

Moscou capitale du « monde russe » ?

C’est dans ce contexte global que l’Ukraine, martyrisée par la coalition occidentale, vient de perdre sans doute à jamais une partie de son territoire qui a fait sécession en demandant de rejoindre la fédération de Russie. En se choisissant un destin russe, les habitants de Crimée ont sans aucun doute réveillé une flamme endormie au cœur d’un « Monde russe » en sommeil et qui n’attend de Moscou que la constitution d’un modèle propre à rejoindre, modèle compatible tant avec les aspirations des peuples concernés que les réalités socio-culturelles et particularités locales.

Les images des jeunes femmes de Crimée, en fleurs et en pleurs de bonheur, ne peuvent que rappeler les scènes identiques que l’opinion internationale médusée avait pu contempler en 1999 lorsqu’une colonne de blindés russes avait pénétré le territoire serbe du Kosovo, prenant de court les troupes de la coalition occidentale et de l’Otan. Mais à la différence de 1999, la Russie a cette fois les moyens de sa politique, tandis que la coalition occidentale semble elle de nouveau prise de cours et dépourvue de tous recours.

La Russie : artisan d’un nouvel ordre mondial ?

Assiste-t-on à la fin d’un monde et pourquoi pas du monde unipolaire ?

C’est plausible et les évènements en Crimée ne sont peut être que la première manifestation de ce long processus, entamé il y a plusieurs années, et qui devrait sans aucun doute provoquer de nouvelles secousses géopolitiques dans un avenir proche. Un processus qui pourrait accentuer l’incompréhension et la rupture stratégique profonde entre la Russie et l’UE mais aussi plus largement entre la Russie et l’Occident. Cette rupture devrait s’accompagner dans un futur très proche d’un lourd refroidissement des relations comme le laissent visiblement comprendre les premières réactions outre atlantiques à ce sujet et notamment les regrets publics de John Kerry de la guerre froide, période durant laquelle : « L’Amérique pouvait prendre de très mauvaises décisions et gagner quand même, car elle était quasiment la seule puissance économique et militaire. Ce n'est plus vrai aujourd'hui ».

Ce refroidissement des relations entre l’Amérique et la Russie pourrait de nouveau plonger l’hémisphère nord dans un scénario bipolaire, comme ce fut le cas depuis 1945. Au cours de cet intervalle, historiquement, Moscou était toujours mis devant le fait accompli, contraint de réagir, mais finissait systématiquement par subir les décisions géostratégiques de l’Occident. Des décisions qui mettaient Moscou en permanence dans une position doublement inconfortable : tout faire pour ne pas se couper de l’Occident bien que systématiquement martyrisé par ce dernier, tout en tentant de défendre ses intérêts stratégiques.

Le problème du modèle Occidental

Mais à la différence de cet intervalle historique de moins d’un demi-siècle, si le monde Occidental a accentué son extension territoriale, politique et miliaire à l’Est et vers l’Est, il est désormais considérablement affaibli, ruiné et surtout sans nouveau modèle à proposer autre que celui de l’après-guerre froide, fortement mis à mal par la crise de 2008.

Le bloc de l’Est en constitution est lui concentré autour d’une Russie qui a désormais de nouveau les moyens de ses ambitions mais aussi et surtout dispose d’une élite ayant une stratégie définie et une forte volonté politique. Une élite qui a clairement défini les objectifs stratégiques qu’elle entend affirmer et ambitionne de plus en plus clairement le développement de son propre modèle, un modèle que la Russie entend faire rayonner au cœur du « Monde russe ».

Si les événements en Géorgie en 2008 puis en Crimée en 2014 ont démontré que Moscou ne souhaitait définitivement plus se voir imposer la géostratégie de son étranger proche, un autre grand changement stratégique semble s’être lentement mais sûrement opéré au sein des élites russes au cœur des dernières années et notamment depuis le début du troisième mandat de Vladimir Poutine.

Un changement survenu lors de la dernière réunion du club de Valdaï pour l’analyste Alexandre Rhar, puisque Vladimir Poutine y a utilisé une rhétorique très conservatrice et montré qu’il préparait la Russie à autre chose et notamment au fait qu’elle n’appartient pas à l’Ouest, comme c’était plus ou moins admis jusqu'à récemment.

Le retour de l’idéologie en Russie ?

Ce changement structurel semble se traduire par la certitude que la Russie n’aspire désormais plus à rattraper l’Occident sur le plan moral, sociétal ou culturel, comme ce fut systématiquement le cas depuis 1991. Moscou a visiblement pris l’initiative de clairement accentuer la tendance à la rupture en insistant désormais clairement sur les différences de civilisation entre la Russie et l’Ouest. Les autorités russes viennent à ce sujet de confier au ministère de la Culture (dirigé par Vladimir Medinski) l’élaboration d’une nouvelle politique culturelle qui permet de mieux comprendre le contour civilisationnel que la Russie souhaite s’attribuer et donc la direction que devrait suivre sa géopolitique du futur proche.

Le rapport semble déterminer la fin du processus entamé en 1991 à la chute du mur, concrétisé au sein de la constitution de 1993 qui affirmait qu’aucune idéologie ne pouvait être désormais établie comme idéologie d’Etat.

Axé sur le thème global « La Russie n'est pas l’Occident, l'Europe ni l’Orient », le rapport définit la Russie comme une civilisation distincte, avec ses modes de fonctionnements propres, comme une civilisation complexe et multiforme. Une définition que l’on peut rapprocher du terme utilisé par Vladimir Poutine lors de ce même dernier sommet de Valdaï, lorsqu’il avait qualifié la nature de l’Etat civilisation russe de « complexité florissante » (Цветущая Сложность), une expression créée par l’un des pères de l’Eurasisme politique et philosophique, Constantin Leontiev .

Vers l’apparition d’un modèle russe ?

Le rapport définit cette « culture » comme l’ensemble des valeurs et des normes de conduite contenues dans le patrimoine culturel et historique, matériel et immatériel. La culture y est également définie comme le cadre unificateur de la société russe et la manifestation du code civilisationnel du pays.

Le rapport constate l’échec du système civilisationnel communiste comme du modèle libéral-occidental post-communiste mais affirme qu’au travers de ces différentes périodes, le « noyau civilisationnel » de la Russie est restée inchangé, ce qui témoigne de sa continuité, terme sur lequel le rapport insiste.

Le modèle occidental fondé sur la tolérance et le multiculturalisme y est clairement rejeté, le rapport préconisant lui une immixtion accrue de l’Etat au sein du management de la politique culturelle et surtout au sein des relations interculturelles, interreligieuses et interethniques afin de favoriser l’unité du pays et protéger le pays des vagues d’agression informatives (un rapport avec les récentes accusations russes contre le bureau de l’Otan accusé de zombifier la jeunesse russe ?) qui détruisent son identité, menacent sa souveraineté culturelle, entravent le développement humain, détruisent son héritage, le ridiculisent et le dénaturent.

Signe de la défiance lourd envers le modèle européen le ministre de la Culture, Vladimir Medinski s’est également félicité du fait que la Russie ne « devienne pas une seconde hollande, ce pays où l’on légalise le mariage pour tous et on l’on fume de la marijuana ». Il a également critiqué et lourdement remis en question le modèle d’intégration à la française selon lui en plein échec.

Le monde russe : nouvelle Eurasie ?

Longtemps, le critère de référence d’opposition à l’Occident était l’Eurasisme.

Un concept à multiples facettes servant à démontrer la particularité civilisationnelle russe. Ce concept qui est réapparu au sein des élites russes depuis le début des années 2000 semble s’imbriquer au sein du monde russe que l’on peut assimiler au monde de l’Est dans ses dimensions majoritairement slaves et orthodoxes.

Le statut de Russien (Rossianin) créé par les autorités russes au cours des années 90 semble sur le point de disparaître, remplacé en quelque sorte par la réaffirmation de la « Russité » au sens large. Cette Russité semble basée sur le « Monde russe », concept qui semble visiblement définir la sphère d’influence que la Russie souhaite vraisemblablement développer et travailler.

Peut-on parler d’Eurasie restreinte (des Balkans orthodoxes à l’extrême Orient russe en passant par le Caucase et la Sibérie, soit l’Eurasie intérieure) pour définir en gros le contour de ce monde russe et les plausibles sphères d’influence en son sein de la Russie et de l’Union Douanière ?

Le christianisme orthodoxe comme ciment du « monde russe » ?

Enfin, mais peut-être surtout, Vladimir Medinski a rappelé un point cardinal de la rupture civilisationnelle totale avec l’Occident qu’est le retour au christianisme. Comme il l’a affirmé : « La Russie sera peut-être l'un des derniers gardiens de la culture européenne, des valeurs chrétiennes et de la véritable civilisation européenne ».

Une imbrication des valeurs chrétiennes au sein d’un monde russe en parfaite adéquation avec la définition donnée par Vladimir Poutine quant à la substance religieuse du citoyen de ce monde russe. D’après le président russe, dont le rapport emprunte nombre de concepts, « Un Russe, ou plutôt une personne appartenant au monde russe, pense d'abord et avant tout qu'un homme a une haute destinée morale. Les valeurs occidentales sont (à l'inverse) que la réussite se mesure à la réussite personnelle ». N

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Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2014_04_27/La-Russie-par-dela-l-Europe-8572/

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Un membre de la mission de l’OSCE libéré à...

Publié le par bernard felli

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Un membre de la mission de l’OSCE libéré à l’issue des pourparlers à Slaviansk

Publié le par Felli Bernard

Hier, 22:51

Un membre de la mission de l’OSCE libéré à l’issue des pourparlers à Slaviansk

© Photo: RIA Novosti/ Mikhail Voskresenskiy

Par La Voix de la Russie | Un observateur de la mission de l’OSCE en Ukraine a été libéré, alors que les négociateurs ont quitté la ville Slaviansk ce dimanche soir, selon les agences.

Le membre libéré ce dimanche serait un citoyen de la Suède. La décision de le libérer a été prise par les négociateurs en raison de son état de santé : il souffre de diabète.

10 autres membres de la commission d’observation de l’OSCE sont toujours détenus à Slaviansk.
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/news/2014_04_27/Un-membre-de-la-mission-de-l-OSCE-libere-a-l-issue-des-pourparlers-a-Slaviansk-2571/

Photo: RIA Novosti/ Mikhail Voskresenskiy

Un membre de la mission de l’OSCE libéré à l’issue des pourparlers à Slaviansk

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L’Autriche sabre dans l’éducation pour sauver...

Publié le par bernard felli

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L’Autriche sabre dans l’éducation pour sauver une banque

Publié le par Felli Bernard

L’Autriche sabre dans l’éducation pour sauver une banque

Publié le 20 avril 2014 par El Don

Par Romaric Godin sur La Tribune.fr

Où trouver de l’argent lorsque l’on doit sauver une banque en faillite ? Le gouvernement de « grande coalition » autrichien a une solution : en réduisant le budget de l’éducation. C’est en tout cas la seule parade que Vienne a pour le moment trouvé pour combler le financement nécessaire du « sauvetage » de Hypo Alpe Adria, une banque nationalisée en 2009 et criblée de créances douteuses.

Grandeur et décadence de HAA

Hypo Alpe Adria (HAA) était une petite banque reprise par la bavaroise BayernLB dans la première partie des années 2000. Basée dans la capitale du Land de Carinthie, Klagenfurt, elle a connu alors une forte croissance dans les pays de l’ex-Yougoslavie grâce à la garantie accordée par le Land, alors dirigé par le populiste Jörg Haider. Mais avec la faillite de Lehman Brothers en 2008, HAA est devenue incapable de se refinancer sur les marchés, alors même que son portefeuille d’actifs se dévalorisait à grande vitesse. En 2009, BayernLB jette l’éponge. Le gouvernement fédéral autrichien nationalise la banque, mais n’agit pas plus avant.

HAA, un cauchemar pour Vienne

Au fil du temps, HAA devient un cauchemar pour l’Autriche. Les pertes se succèdent, lourdes. En 2013, la banque a encore perdu 2,7 milliards d’euros. En tout, HAA a déjà coûté 3,6 milliards d’euros au budget autrichien. Pour les politiques viennois, il faut faire cesser l’hémorragie. Mais comment ? HAA est invendable en l’état. Quant à la faillite, elle est exclue car elle activerait immédiatement une garantie de la Carinthie de 12 milliards d’euros. Ignorer cette créance reviendrait pour la Carinthie à se déclarer en faillite. Et comme chacun s’attend à ce que l’Etat fédéral se porte solidaire de ses Länder dans ce cas, le crédit de l’Autriche en aurait affreusement souffert !

Le choix de la Bad Bank

Restait la dernière solution, prise après des mois de discussions : ériger une « Bad Bank » pour placer les mauvaises créances de HAA. Mais cette méthode n’est pas indolore. Il faudra assumer les pertes de cette Bad Bank, mais dans l’immédiat, les experts estiment qu’il faudra 1,4 milliard d’euros pour ériger cette structure à l’automne. Or, pour la grande coalition autrichienne, il ne peut être question de dépasser la limite de 3 % du PIB pour le déficit public. Il fallait donc faire des économies.

L’école victime des « efforts »

L’effort a été demandé au ministère de l’éducation. Sur le papier, les économies ne semblent pas considérables : 57 millions d’euros cette année, 60 millions d’euros l’an prochain. Mais dans la pratique, les effets de ces mesures vont être durement ressentis parce qu’ils touchent directement l’organisation des établissements et la scolarité quotidienne des élèves. L’une des principales mesures concerne ainsi la taille des classes qui est fortement relevée.

Pour simplifier, le nombre d’élève par classe pourra dépasser 30 élèves, ce qui était impossible jusqu’ici. Dans le nouveau projet de collège (Neue Mittelschule, NMS) lancé en 2012 et qui a vocation à devenir la règle l’an prochain, la principale innovation, le travail en équipe de deux professeurs, est réduite d’un tiers par rapport à ce qui se fait aujourd’hui. Surtout, plusieurs parlementaires considèrent qu’il faudra aller plus loin, car ils estiment qu’il faudra 200 millions d’euros d’économies. On pourrait donc avoir un gel des salaires des enseignants ainsi que la remise en cause de l’école tout au long de la journée (Ganztagschule) et de la généralisation de la NMS.

Hurlements dans le monde politique et la société civile

Evidemment, ces mesures ont fait hurler dans le monde politique et professoral. Les Verts estiment que « l’on saigne les écoliers pour HAA. » Même si le syndicat enseignant est proche du parti conservateur ÖVP qui est dans la coalition, il a estimé« ne comprendre absolument pas pourquoi nos enfants devrait payer pour les banques et les spéculateurs. » Les associations de parents d’élèves sont outrées et proclament que « les enfants sont les victimes », tandis que les écoliers ont même lancé une pétition. Mais rien n’y fait. Vienne, comme Paris, doit présenter son plan de stabilité à la Commission dans le cadre du semestre européen et, même si le pays n’est pas en procédure de déficit excessif, le gouvernement ne veut pas se faire taper sur les doigts par Bruxelles.

L’Autriche, élève moyen

Beaucoup en Autriche s’inquiètent des conséquences à long terme de ces économies. L’Autriche est en milieu de tableau du classement PISA de l’OCDE. Le résultat est assez bon en mathématiques (18ème, la France est 25ème, l’Allemagne 16ème), mais il est décevant en compréhension de l’écrit (27ème, la France est 21ème, l’Allemagne 19ème). L’école autrichienne est jugée fortement inégalitaire et les investissements dans l’éducation sont, à 3,6 % du PIB, inférieurs à 4 % du PIB, la moyenne de l’OCDE.

Nouvelle pression sur le gouvernement avant les Européennes ?

Le gouvernement se sent sans doute un peu plus fort. En un mois, les populistes de droite eurosceptiques de la FPÖ ont chuté de 23 % à 18 % dans les sondages (contre 13 % en 2009), les deux partis de la coalition, ÖVP et SPÖ, sont passés de 44 % à 50 % (54 % en 2009) et ce sont les Libéraux de Neos qui devraient faire une percée dans l’opinion à l’occasion des élections européennes avec 13 ou 14 % des intentions de votes, contre 5 % aux élections législatives de l’an passé. Mais Neos est aussi un parti de protestation contre la « grande coalition » et cette affaire pourrait affaiblir les partis de gouvernement.

Source: La Tribune.fr

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@JeunesseProRuss @PierreGentillet bonjour et...

Publié le par bernard felli

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Sur la ligne « frontière » entre Moldavie et...

Publié le par bernard felli

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Sur la ligne « frontière » entre Moldavie et Transnistrie

Publié le par Felli Bernard

avr 27, 2014

Sur la ligne « frontière » entre Moldavie et Transnistrie

Nicolas Gros-Verheyde / Caucase Géorgie Ukraine Russie, Reportage /

Expert EUBAM avec les unités mobiles moldaves sur la route entre Chisinau et Tiraspol (Loreline Merelle@B2)

(BRUXELLES2 – le long de la ligne administrative entre Transnistrie et Moldavie) Comment contrôler une frontière qui n’en est pas une ? C’est le défi auquel les autorités moldaves sont confrontés à la ligne administrative qui sépare la Moldavie de l’Etat non reconnu de Transnistrie. La mission européenne d’assistance aux frontières, EUBAM doit les soutenir et dix experts sont présents sur les 400 kilomètres de la ligne administrative. « Mais seulement du côté moldave » comme l’explique, avec insistance, Heinrick Heinke, chef du bureau de la mission à Chisinau.

Aucun contact avec la Transnistrie

« Nous n’avons pas de contact avec le côté transnistrien ». Le règlement du conflit transnistrien, autre tâche de la mission EUBAM, est laissé aux responsables du quartier général situé à Odessa, en Ukraine. Pour les 10 experts du bureau de Chisinau qui assistent les autorités moldaves, la tâche s’avère donc délicate. Car aucune coopération n’est possible avec les autorités d’en face. Et le cadre de leur mission est strict : « Nous soutenons tous les questions en lien avec les douanes, vers et venant de Transnistrie » indique Heinrick Heinke.

Des postes de douanes internes

Poste frontière moderne (BCP) du côté transnistrien avec un service des douanes et des gardes frontières (Loreline Merelle@B2)

Pour aller en Transnistrie, on doit d’abord entrer dans la zone de sécurité et traverser les postes militaires de la force tripartite de maintien de la paix russe, ukrainienne et moldave. Les voitures slaloment entre les obstacles noirs et blancs, et les chars, gardés par des hommes en treillis et en armes. Quelques kilomètres plus tard, un stop est placé au milieu de la route. Un policier moldave, habillé de noir, arrête les véhicules en provenance de Transnistrie, un douanier en uniforme bleu les inspecte et délivre les documents nécessaire au transit. Nous sommes dans un des seize ICCP (Internal Customs control Post, Poste interne de contrôle des douanes) de la ligne administrative. « Il n’y a pas de gardes frontières, car il s’agit d’un poste interne et non d’un poste frontière » m’indique Heinrick Heinke. Pas de barrière donc : « vous n’êtes pas bloqués à la ligne administrative ». Du côté transnistrien, l’ambiance est tout autre. C’est un véritable poste frontière avec barrière, douanes et gardes qui contrôlent l’ensemble des véhicules.

Empêcher le blocage du flux des marchandises

Sur les quatre cent kilomètres de la ligne administrative, la tâche des experts d’EUBAM est plutôt « d’assister les douaniers moldaves pour la surveillance des camions de marchandises afin d’assurer qu’il n’y ait pas de blocage illégitime ». Les camions de marchandises sont ainsi systématiquement arrêtés par les autorités moldaves afin de « contrôler si les biens transportés sont exemptés, ou non, de taxes ». En effet, si les biens viennent pour être utiliser en Moldavie, « les taxes doivent être payées ». Mais en cas de transit de marchandises, les camions transnistriens sont exempts de taxes sur la TVA et les produits de luxe. Et cela concerne la majeure partie des véhicules en provenance de Transnistrie circulant sur le territoire moldave (NDLR : 75% du commerce transnistrien se fait avec l’ouest, Lire sur le Club : La neutralité de la Moldavie et une perspective européenne (Igor Corman). Huit experts majoritairement bulgares, allemands, roumains et polonais vont ainsi régulièrement dans les 16 postes pour améliorer « le risk profiling (profil risque) » et donner « des conseils » au douanes moldaves. Un travail qui est également fait au côté des unités mobiles.

Assister et former les unités mobiles

Les experts d’EUBAM avec l’unité mobile moldave (Loreline Merelle@B2)

On retrouve les experts de la mission EUBAM sur la route qui va de Chisinau à Tiraspol aux côtés des unités mobiles moldaves. Deux experts, un Bulgare et un Allemand, ainsi qu’un Moldave (l’interprète) assistent deux douaniers moldaves, qui arrêtent sur la route les véhicules qui leur semblent suspects, majoritairement des petits camions en provenance de Transnistrie, soupçonnés de trafic de marchandises en tout genre. « La formation des unités mobiles fait partie des recommandations de la mission EUBAM » se félicite Heinrik Heinke.

`Venus chacun avec leur propres véhicules et (un peu) coincés par la barrière de la langue (les douaniers rencontrés refusant de parler une autre langue que le moldave), experts d’EUBAM et douaniers se trouvent tous deux sur le bord de la route avec des rôles bien définis. « Nous ne sommes pas pro-actifs » détaille le Chef du bureau de Chisinau. « Nous n’intervenons dans le travail des douaniers moldaves que s’il y a violation des droits de l’homme ». Les experts surveillent ainsi chaque contrôle de véhicules et conseillent les douaniers, pour assurer le bon « fonctionnement de ces unités ».

Et pour les hommes ?

Si la mission EUBAM insiste sur son rôle d’assistance pour « les marchandises », c’est la question des hommes entrant depuis la Transnistrie vers la Moldavie qui hante les autorités moldaves. « Soutenue par la mission EUBAM », une déclaration commune, signée en 2012, permet ainsi un enregistrement des marchandises et des personnes prenant le train entre Chisinau et Tiraspol au poste de Ribniza. Et la mission EUBAM joue son rôle technique. « Quand le train arrive à la ligne administrative, il doit s’arrêter. Ce processus nous le facilitons » indique Heinrik Heinke.

Un service de migration flambant neuf

Bureau territorial installé en novembre 2013 par les autorités moldaves à la ligne administrative entre la Moldavie et la Transnistrie (Loreline Merelle@B2)

Mais ce n’est pas le seul moyen utilisé par les autorités moldaves. Elles ont aussi ouvert, depuis novembre 2013, un service de migrations sur six ICCP. Il s’agit en réalité d’un petit bureau en préfabriqué flambant neuf à côté du service de douanes. C’est un « service volontaire et non un enregistrement officiel en tant que tel » indique l’officier du bureau des migrations. Le service s’adresse principalement « aux étrangers » qui souhaitent être enregistrés en entrant en Moldavie via la Transnistrie. Quand on demande à l’officier des migrations le nombre d’étrangers qu’il enregistre par semaine, il a un petit sourire. « Il n’y a pas grand monde… Peut-être deux ou trois personnes ». Et le Chef de bureau de la mission EUBAM insiste. « Il n’y a personne qui est arrêté car ce n’est pas obligatoire ». D’ailleurs, à cette ligne administrative, il affirme n’avoir remarqué « aucun changement » avec les récents évènements en Ukraine « sur le flux des marchandises ».

(Loreline Merelle)

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Siemens fait irruption dans le dossier Alstom...

Publié le par bernard felli

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Siemens fait irruption dans le dossier Alstom

Publié le par Felli Bernard

Siemens fait irruption dans le dossier Alstom

Le 27 avril 2014

Reuters –

PARIS (Reuters) – Le groupe allemand Siemens a fait dimanche irruption dans le dossier du rachat des activités d’Alstom dans l’énergie, cible du géant américain General Electric.

Un conseil d’administration du groupe français est prévu dimanche pour étudier l’offre d’un montant de 13 milliards de dollars (9,4 milliards d’euros) de General Electric, avaient déclaré vendredi des sources proches du dossier.

Le président de GE, Jeffrey Immelt, est attendu dimanche à Paris, où il devrait rencontrer le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, même si, de source gouvernementale, on affirme que ce rendez-vous n’a pas encore été confirmé.

Mais Siemens, déjà intéressé par le rachat des activités d’Alstom dans l’énergie en 2004, au moment du sauvetage du groupe français, est entré dans la danse dimanche.

« Siemens a transmis au conseil d’administration d’Alstom une correspondance, dans laquelle l’entreprise fait part de sa disposition à échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future », peut-on y lire.

Siemens ajoute que, « dans le contexte actuel », il ne donnera pas « dans l’immédiat de plus amples précisions ».

Une porte-parole d’Alstom s’est refusée à tout commentaire dans l’immédiat et n’a pas confirmé réception de ce courrier.

Arnaud Montebourg avait déclaré vendredi travailler à « d’autres solutions » que General Electric et, de source proche du dossier, on souligne que l’exécutif français voit d’un bon oeil l’entrée du groupe allemand dans la négociation.

« C’est Arnaud Montebourg qui suit le dossier », explique-t-on de source gouvernementale.

ALSTOM ET GENERAL ELECTRIC VEULENT ALLER VITE

L’entourage de François Hollande a précisé que ni le président français, ni le Premier ministre Manuel Valls, en déplacement à Rome pour assister à la canonisation des papes Jean XXIII et Jean Paul II, ne devraient voir Jeffrey Immelt.

« Le gouvernement est attentif à trois points : l’emploi, la localisation des activités et l’indépendance énergétique », souligne un conseiller de François Hollande.

Arnaud Montebourg, ardent promoteur du patriotisme économique, a indiqué vendredi qu’il disposait d’un « certain nombre d’autres solutions » qu’un accord avec GE pour éviter un démantèlement d’Alstom. Ce fleuron de l’industrie française avec, notamment, ses TGV, emploie 18.000 personnes en France sur un total de 90.000 dans le monde mais est en difficulté.

Il a estimé vendredi que l’affaire devait être traitée « avec calme et sérénité », mais GE comme Alstom qui, selon des sources industrielles, a fait appel au groupe américain, sont apparemment décidés à aller vite.

« Les discussions avancent à grands pas, la structure du ‘deal’ est définie et tout est presque prêt », déclarait vendredi une source industrielle à Reuters à propos de l’offre de GE.

La branche Energie d’Alstom, qui représente près de 70% de son chiffre d’affaires, regroupe des activités telles que l’éolien, les turbines pour centrales électriques, les systèmes de transmission et de distribution d’énergie. Le pôle Alstom Transport, qui fabrique le TGV, ne serait pas concerné.

SIEMENS, UN « BAIN DE SANG » ?

Une alliance ou une fusion de certaines activités avec son grand rival Siemens donnerait corps à cet « Airbus franco-allemand de l’énergie » que François Hollande a appelé de ses voeux lors de sa conférence de presse de janvier.

Mais « la solution Siemens a été rejetée il y a longtemps, notamment parce qu’elle entraînerait un bain de sang social et serait donc inacceptable pour le gouvernement français », a souligné une source industrielle au fait du dossier.

Parmi les autres pistes, l’activité « réseaux et distribution d’électricité », qui représente 19% des 20,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’Alstom, pourrait être proposée à Schneider Electric ou la division éoliennes off-shore à Areva.

L’affaire pourrait prendre une tournure politique. Le sénateur du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement, a écrit à Manuel Valls pour lui demander « de bien vouloir faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés que ce transfert de propriété est hors de question ».

Outre la question de la perte par la France d’un nouveau centre de décision, l’ancien ministre estime que la reprise de la branche énergie d’Alstom « porterait un coup fatal à l’indépendance de notre filière électronucléaire ».

(Yves Clarisse, avec service France et Maria Sheahan à Francfort)

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