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FIER DE NOTRE NATION

Publié le par Felli Bernard

FIER DE NOTRE NATION
Par Armand Legay

mardi 18 avril 2017, par Comité Valmy

 

FIER DE NOTRE NATION

Une historiographie récente, masochiste et réductrice travaille à rabaisser la Nation française. Ce texte ne veut pas faire une apologie de celle-ci, mais rappeler quelques éléments clés qui la constitue et dont nous devons être fiers.

La Nation ou communauté de citoyen.nes

D’après le Dictionnaire Larousse, la Nation est un ensemble d’êtres humains vivants dans un même territoire, ayant une communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant une communauté politique. C’est une entité abstraite, collective et indivisible, distincte des individus qui la composent et titulaire de la souveraineté.

Selon le dictionnaire en ligne du CNRS ATILF, la Nation peut recouvrir plusieurs sens :


  Cela peut être un « groupe d’hommes dont les membres sont unis par une origine réelle ou supposée commune et qui sont organisés primitivement sur un territoire.

  Pour Joseph de Maistre, 1810, c’est un groupe humain, généralement assez vaste, dont les membres sont liés par des affinités tenant à un ensemble d’éléments communs ethniques, sociaux (langue, religion, etc.) et subjectifs (traditions historiques, culturelles, etc.) dont la cohérence repose sur une aspiration à former ou à maintenir une communauté.

  Cela peut être aussi un groupe humain stable, établi sur un territoire défini constituant une unité économique, caractérisé par une auto-conscience ethnique (marquée par l’idée de la communauté d’origine et de destinée historique), une langue et une culture communes, formant une communauté politique personnifiée par une autorité souveraine et correspondant à un stade évolué du mode et des rapports de production. Selon Jaurès «  Aucune [personne humaine] ne doit être privée des moyens positifs de travailler librement, sans dépendance servile à l’égard de qui que ce soit. C’est donc dans la Nation que le droit de tous les individus, aujourd’hui, demain et toujours, trouve sa garantie » (JAURÈS, Ét. soc., 1901, p.132) :

  Ou encore selon Roger MARTELLI, dans son livre La Nation, Paris, Éd. soc., 1979, p.22, la nation ne put apparaître, en tant que telle, à la surface des rapports sociaux, qu’au moment où se cristallisèrent les contradictions de classes, où elles nécessitèrent l’intervention directe des masses populaires. Pendant la Révolution française c’est un ensemble des personnes formant le Tiers État.

La définition de la nation donnée par Staline, à la demande de Lénine, dans le Marxisme et la question nationale est très souvent retenue :
"La nation est une communauté de personnes, stable, historiquement constituée, née sur la base d’une communauté de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique qui se traduit par une communauté de culture".
Staline : "Le marxisme et la question nationale". (Fin 1912 / début 1913) Dans cette analyse Staline respecte les principes du parti bolchevik du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et des nations à leur indépendance. Il convient de faire la part des choses entre les principes énoncés par Staline et sa pratique à la tête de l’Union Soviétique. Dans cette période trouble d’agression du premier Etat socialiste naissant, de conflit mondial et de guerre froide, pouvait-il faire autrement ?

Ma définition personnelle est la suivante : « La Nation est une forme collective d’individuation 1) humaine regroupant des populations de mêmes origines ou distinctes faisant une même société reconnue par l’ensemble des membres du peuple souverain sur un même territoire et ses frontières et ayant construit une constitution comprise par toutes et tous pour autorité incontestée. »

Origine de la Nation française

À partir de la Révolution, le terme Nation prend un sens politique précis et désigne une forme d’organisation sociale spécifique. Conjointement à cette acception, ce terme s’applique encore à cette époque à des groupes humains ayant eu des expériences d’organisation politique autonome, groupes qui ont en partie survécu à leur intégration dans le royaume de France avant 1789.
Plus tard, en 1882, niant l’importance de la géographie, de la race ou de la langue, Renan définit la Nation comme un « plébiscite de tous les instants ». Michelet, quant à lui, dans la préface de 1869 à son Histoire de France écrivait : «  La France a fait la France, et l’élément fatal de race m’y semble secondaire. Elle est fille de sa liberté. Dans le progrès humain, la part essentielle est à la force vive, qu’on appelle homme. L’homme est son propre Prométhée. »
Pour Fustel de Coulanges, 1870, « ce qui distingue les nations, ce n’est ni la race, ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances. Voilà ce qui fait la patrie. Voilà pourquoi les hommes veulent marcher ensemble, ensemble travailler, ensemble combattre, vivre et mourir les uns pour les autres. La patrie, c’est ce qu’on aime. Il se peut que l’Alsace soit allemande par la race et par le langage ; mais par la nationalité et le sentiment de la patrie elle est française. »
Il ouvre la voie au Renan de 1882 dans sa conférence à la Sorbonne “Qu’est-ce qu’une nation ?” Pour lui, l’essentiel de « Qu’est-ce qu’une Nation ? » réside dans la définition double que Renan formule à l’issue de sa conférence : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. L’homme, Messieurs, ne s’improvise pas. La nation, comme l’individu, est l’aboutissant d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont fait ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet. Le chant spartiate : « Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes » est dans sa simplicité l’hymne abrégé de toute patrie. » (p.50)

La volonté fédéraliste et atlantique
de destruction de la Nation française

À partir de ces définitions, qui montrent la Nation française comme le corps d’un être complexe, elle n’est plus telle que nous l’avons connue et vécue. Elle est en voie de disparition. Un dé-tricotage s’est opéré subrepticement dans toutes les structures de la société depuis la libération. Cela depuis le plan Marchal en Europe en passant par la CEE et l’ensemble des traités depuis 1951 2) qui nous ont conduits à Maastricht en 1992 et Lisbonne en 2005. Il est à rappeler ici que de Gaulle et Adenauer en 1962 parlaient de coopération et d’Europe confédérale. L’idéologie, la politique, la philosophie, l’économie du capitalisme a fait son œuvre sur nos territoires en collusion avec presque l’ensemble de tous les partis politiques pour déconstruire notre Nation et en faire une entité faite de 13 régions sans l’avis du peuple, avec cet étrange mot subsidiarité et son principe , 3)incompréhensible pour la majorité, tels que le veulent les fédéralistes européens et mondialistes. L’on peut aussi appliquer cette subsidiarité à l’ensemble des éditoriaux médiatiques et politiques qui fabriquent l’opinion. Ainsi, nous déléguons à ces faiseurs d’opinions virtuelles nos idéaux, nos révoltes, nos peurs, notre inquiétude du devenir.

Cela nourrit la servitude volontaire inconsciente et conforte l’absence de prise de responsabilité citoyenne. Cette Europe au service de la finance, couplée à une technique numérique éminemment politique au service du capital international, avec ses dirigeants fédéralistes a dépouillé nécessairement la France des ses valeurs et de son économie pour nous conduire sur le marché global. Pour perdurer, le capitalisme à toujours pratiqué la destruction créatrice. Pour lui, combattre les Nations pour se les asservir en y prenant le pouvoir par l’extrémisme, l’intervention militaire et la guerre est nécessaire.

En France, ce que l’on a connu de la Nation, de la souveraineté, de la République, de la laïcité, de l’égalité, a été mis en pâture, une soupe exquise pour les extrémismes politiques et religieux. Si les symboles de la Nation, de la patrie ont été repris de façon dévoyée après les attentats de Charlie Hebdo, eux aussi ont été abandonnés pendant des décennies. Le drapeau et l’hymne national et ce qui est écrit au fronton des mairies, sur les monuments aux morts ont été et sont toujours mis en pâture aux extrémismes. Comme on peut le penser, cela permet au capitalisme quand il ne peut pas contrôler les Nations, de créer les conditions d’un autre asservissement de celle-ci avec ses outils pervers que sont les jusqu’au-boutismes, les fascismes pour plus tard les contrôler face à tous systèmes ou idées politiques antagonistes a contrario des siennes.

De l’abandon des valeurs de la Nation
au profit du nationalisme xénophobe

Le tournant décisif est pris en mars 1983, avec la politique de rigueur. Le Président Mitterrand revient sur ses engagements économiques. Il ouvre la voie à un processus de privatisations après les nationalisations de début de mandat. Les marchés financiers sont partiellement dérégulés. La plupart des entreprises qui ont été nationalisées entre 1981 et 1984 seront privatisées sous le gouvernement Jacques Chirac entre 1986 et 1988 ; on peut considérer qu’à partir de 1984, la France quitte un fonctionnement économique étatisé (le capitalisme monopoliste d’état mis en place par De Gaulle) et adopte davantage un fonctionnement d’économie de marché au service de la finance. En même temps, Mitterrand permet au Front national d’avoir pignon sur la place politique lui qui était à 0,2 % :
« Sur les conseils de Michel Charasse, François Mitterrand signe, le 22 juin, une réponse écrite à Jean-Marie Le Pen : « Il est regrettable que le congrès d’un parti soit ignoré par Radio-Télévision. [...] Elle ne saurait méconnaître l’obligation de pluralisme qui lui incombe [...]. L’incident que vous signalez ne devrait donc plus se reproduire. Mais d’ores et déjà, je demande à Monsieur le Ministre de la Communication d’appeler l’attention des responsables des sociétés Radio-Télévision sur le manquement dont vous m’avez saisi. »

Au cours d’un point de presse organisé peu après, Michel Collinot salue, au nom du Front national, la « courtoisie du chef de l’État » qui a bien voulu répondre à la missive de Jean-Marie Le Pen. » (Enquête sur François Mitterand et l’extrême droite Emmanuel Faux, Thomas Legrand, Gilles Perez Le Seuil, Sept. 1994 extraits : pages 18 à 31)

Cette politique du gouvernement Fabius est voulue. En effet, favoriser les courants extrémistes est utile, comme l’a déclaré Pierre Berégovoy en 1984 avant son suicide en 1993 : « Au parti socialiste, on a tout intérêt à pousser le front national, (…) Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattable. C’est la chance historique des socialistes ».4)

Cette manipulation politique n’a pas servi ce nationalisme ouvert cité plus haut issu de la philosophie des lumières et de la Révolution que nous avons connu et qui est en voie de disparition. Par contre, elle a permis la progression extraordinaire de l’autre nationalisme fermé, xénophobe, raciste, fondé sur un monde en décadence et qui croit en l’obligation de préserver le peuple contre tous les agents de corruption. Cela va de paire en coopération entre ethnies et races de chaque nation, pourvu que ces communautés ne quittent pas leurs frontières. Cette vision extrémiste et pessimiste de la nation, ce recentrage sur un espace géographique fermé est la résultante de cette politique de la sociale démocratie française fédéraliste et européenne incluant l’ensemble des nations européennes dans un brouilly commun d’économie libérale. Ce sont ses dirigeants qui ont fait le lit aux fascismes en Europe hier (en 1933 en Allemagne avec la République de Weimar combattant le peuple et laissant le capitalisme nourrir le national socialisme contre l’URSS), et aujourd’hui dans le monde avec l’extrémisme pseudo religieux et en France avec la montée du FN.

Un renouveau politique, éducatif et culturel
pour sauver la Nation

Aujourd’hui, pour sortir du piège de la dette et de la vassalisation de la France à cette Europe fédéraliste germano-américaine et à l’OTAN, à la finance internationale sous hégémonie états-unienne, il nous faut rétablir l’indépendance politique et économique de notre Nation. Dans cette perspective, je pense que la réforme de notre constitution actuelle est nécessaire. Personnellement, j’opte pour la mise en place d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel avec des délégué.es issue.es du peuple, sans exclure la politique, mais les professionnels de la politique qui pour la plupart ont sabordé notre Nation depuis 60 ans. Pour amorcer et développer une réflexion et une dynamique vers cette constituante pour une Nation et une République inédite, un compromis historique et l’Union du Peuple de France dans son arc républicain, au-delà des clivages, doivent être recherchés. Malgré que selon des études le quotient moyen ait baissé de 14% en Angleterre depuis la seconde révolution industrielle et baissé de 4 points en France en 10 ans (les échos du 27 janvier 2017), il nous faut à coup sûr une éducation populaire performante du XXIe siècle associée au symbolisme national par un combat éducatif laïc et social. Former des citoyen.nes du futur et construire un large consensus est un enjeu majeur en ce qui concerne l’élaboration et la transformation par les citoyen.nes, des institutions de la République et de leurs contenus et ainsi réinventer une véritable démocratie nationale, un devoir pour que notre Nation telle que définie à l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme de 1789 perdure : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » L’hérédité royale est devenue ainsi par cet article l’hérédité du Peuple ! Cet héritage nous appartient !

Armand Legay
avril 2017

Notes :
1) L’individuation, (au contraire de l’individualisme), est synonyme d’un accomplissement meilleur et plus complet des tâches collectives d’un être, une prise en considération suffisante de particularités permettant d’attendre de lui qu’il soit dans l’édifice social une pierre mieux appropriée et mieux insérée que si ces mêmes particularités demeurait négligées ou réprimées. (C. G. Jung, 1963, p. 199, L’Ame et la Vie, livre de poche, Buchet/Chastel Paris 415 p.)
2) Le 18 avril 1951, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) est créée, pour une période de 50 ans, avec la signature du traité de Paris par six pays : la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la République fédérale d’Allemagne (RFA). (Wikipédia)
3) Le principe de subsidiarité est consacré par le traité de Lisbonne comme principe fondamental de l’Union, aux côtés des principes d’attribution et de proportionnalité (art. 5 TUE). Il consiste à réserver uniquement à l’échelon supérieur – ici l’Union européenne (UE) – uniquement ce que l’échelon inférieur – les États membres de l’UE – ne pourrait effectuer que de manière moins efficace. Ce principe a été introduit dans le droit européen par le traité de Maastricht (1992). Cependant, son existence est beaucoup plus ancienne : on en retrouve déjà l’esprit chez Aristote ou Saint Thomas d’Aquin. Il régit également les rapports entre l’État et les Länder en Allemagne. (http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/fonctionnement/france-ue/qu-est-ce-que-principe-subsidiarite.html)
4) Entretien avec Franz-olivier Giesbert, 1984, Le Président, Edition du Seuil, 1990, p.15

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Souvenir et nostalgie

Publié le par Felli Bernard

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Le Donbass dans l’attente d’une offensive de l’armée ukrainienne pendant que l’Ukraine poursuit sa descente aux enfers

Publié le par Felli Bernard

Le Donbass dans l’attente d’une offensive de l’armée ukrainienne pendant que l’Ukraine poursuit sa descente aux enfers


Par Christelle Néant – Le 12 avril 2017 – Source DONI press

Dans le Donbass, la tension est palpable alors que beaucoup guettent le moment où l’armée ukrainienne lancera une nouvelle  grande offensive sur fond d’effondrement total de l’Ukraine.

Les autorités russes ont elles-mêmes déclaré officiellement, via le porte-parole du Kremlin, que la mise en application des accords de Minsk était un fiasco. Après avoir fait preuve d’une patience et d’une capacité de conciliation diplomatique hors norme, la Russie a bien du finir par admettre que le plan de résolution pacifique du conflit est impossible à mettre en œuvre à cause de l’attitude de Kiev. C’est une façon diplomatique de déclarer ces accords comme étant morts. Ni plus, ni moins.

 

De leur côté, les États-Unis, pourtant toujours aussi acharnés dans leur russophobie chronique, semblent refuser de payer les pots cassés de leur politique interventionniste. En effet, lors d’une réunion du G7, Rex Tillerson, le secrétaire d’État américain, a demandé ni plus ni moins pourquoi les contribuables américains devraient se soucier du problème ukrainien. En clair : pourquoi devraient-il payer l’addition ?

En lisant cette déclaration, on se frotte les yeux, et on se pince, tant celle-ci semble surréaliste. Les États-Unis ont déstabilisé un pays démocratique, provoqué un coup d’État, et mis à sa tête des autorités illégitimes soutenues par des groupes nazis, et maintenant ils osent dire publiquement que ce n’est pas à eux de payer les pots cassés. On croit rêver. Audiard disait que les cons ça ose tout et c’est même à çà qu’on les reconnaît, mais là on se croirait dans un épisode de la quatrième dimension…

Les États-Unis se comportent comme un sale gosse, qui casse le jouet du voisin, et vient ensuite demander au nom de quoi il devrait rembourser le dit-jouet. Sauf que là il s’agit du sort de plusieurs dizaines de millions de personnes dont il est question. Des gens qui n’avaient rien demandé à personne et surtout pas aux États-Unis.

Et si les États-Unis commencent à devenir de plus en plus frileux concernant l’aspect financier de la question ukrainienne, c’est que les autorités américaines voient bien devant l’accumulation de catastrophes en cours, que l’Ukraine est en plein plongeon vers le fond de l’abîme.

Car le moins que l’on puisse dire, c’est que, comme on pouvait s’y attendre, la situation en Ukraine dégénère de plus en plus et de plus en plus vite.

Énergétiquement d’abord, les autorités ukrainiennes ont dû prolonger l’état d’urgence énergétique faute d’approvisionnement suffisant en anthracite dont les centrales électriques ukrainiennes à charbon ont absolument besoin pour tourner.

Des autorités qui se veulent rassurantes en parlant de futur approvisionnement via l’Afrique du Sud, sans dire publiquement que cela ne suffira pas. Car les quantités de charbon nécessaires sont énormes, et les faire transiter par bateau est un vrai casse-tête (l’acheminement par voie ferroviaire est le plus simple).

Un problème que le gouvernement ukrainien a intérêt à résoudre, s’il ne veut pas continuer la série de fermetures de centrales électriques du pays qui a lieu depuis une semaine faute de charbon (on en est maintenant à quatre centrales à charbon fermées).

Sans parler de l’aspect financier de la chose (l’Afrique du Sud étant à mon avis peu encline à envoyer son charbon en Ukraine sans être sûre d’être payée), car de ce côté là aussi, l’Ukraine va très mal.

Après la condamnation de l’Ukraine devant la haute cour de Londres concernant sa dette de 3 milliards de dollars envers la Russie (dette qu’elle devra payer très bientôt si elle ne veut pas se retrouver officiellement en défaut de paiement), les mauvaises nouvelles économiques s’accumulent en effet pour Kiev.

Ainsi, une étude menée par la société Ipsos MORI à la demande de l’entreprise Ernst & Young a révélé que l’Ukraine est le pays où les milieux d’affaire sont les plus corrompus au monde (sic). Au vu du résultat, le moins que l’on puisse dire c’est que la « révolution de la dignité » qui était censée lutter contre la corruption a lourdement échoué, pour ne pas dire plus.

Car niveau dignité, les Ukrainiens en ont de moins en moins, comme le révèle cette sordide affaire criminelle de trafic d’organes. Suite au Maïdan qui leur promettait monts et merveilles, les Ukrainiens se sont tellement appauvris qu’ils en sont maintenant réduits à vendre leurs organes à des trafiquants pour s’en sortir. Un business lucratif si on en croit le SBU et la police ukrainienne, puisque ce réseau envoyait 4 à 5 Ukrainiens par mois se faire enlever un rein à l’étranger contre de l’argent, dont 80 000 à 100 000 dollars par rein pour les trafiquants.

Et il ne s’agit que d’un seul réseau démantelé. Combien d’autres y en-a-t-il qui continuent d’officier en Ukraine, envoyant leurs concitoyens se faire charcuter pour quelques billets ? Rien que d’imaginer les chiffres on en a la nausée.

Et en terme de nausée, on est servi en Ukraine, avec la condamnation, somme toute très légère, des soldats et ex-soldats du bataillon Tornado à Kiev. Après des mois de procès, souvent interrompu par les nazis ukrainiens qui voulaient obtenir la libération des accusés, la cour du quartier d’Obolon à Kiev a en effet rendu son jugement dans le dossier de ce bataillon nazi, qui avait violé, torturé et tué des habitants du Donbass (y compris des femmes et des enfants).

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’au vu de l’atrocité des crimes commis, et des preuves indiscutables des faits présentes sur les téléphones portables des accusés, les 8 à 11 ans de prison ferme prononcés contre les accusés font à peine office de tape sur la main. Car on parle là de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre : kidnappings, torture, viols (y compris sur des enfants), et exécutions sommaires (en clair meurtres).

Les condamnés comme le Parquet ont fait appel pour des raisons opposées, mais le moins que l’on puisse dire c’est que la justice ukrainienne a été bien complaisante avec ce bataillon nazi. À Nuremberg de tels faits auraient valu la pendaison pure et simple à leurs auteurs.

Et il n’y a pas que la justice qui part à vau-l’eau en Ukraine. L’armée ukrainienne continue de se décomposer sur place dans le Donbass, comme le montre cette nouvelle explosion d’un entrepôt de stockage de munitions, face à Yassinovataya cette fois. Pour l’instant deux hypothèses sont envisagées : un non respect des règles de sécurité, ou une énième tentative de masquer les vols et reventes d’armes par les soldats ukrainiens, qui essayent ainsi de se faire de l’argent facile.

Les autorités ukrainiennes, de leur côté, envisagent de régler leur problème insoluble de gestion des ordures, en envoyant ces dernières dans la zone interdite de Tchernobyl, alors que celle-ci est devenue une réserve naturelle. Plutôt que d’investir pour régler le problème, la junte de Kiev essaye de cacher les ordures sous le tapis, en transformant cette zone en décharge géante radioactive à ciel ouvert. C’est vrai quoi, quitte à faire une connerie, autant la faire à fond…

Et puis détruire ce qui est à la surface ne suffisant pas, l’incurie des autorités de Kiev finit aussi par toucher le sous-sol. Ainsi, les représentants des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) à Minsk, ont révélé l’ampleur du désastre dans les mines inactives qui se trouvent dans la zone du Donbass occupée par l’armée ukrainienne.

Depuis le début de la guerre, un certain nombre de mines sont à l’arrêt, souvent pour cause d’infrastructures détruites que Kiev n’a jamais cherché à réparer. Résultat ces mines qui ne sont plus entretenues, et dont les pompes ont cessé de fonctionner, se remplissent d’eau, et sont pour beaucoup désormais inondées.

Ce qui pose deux problèmes : le premier est que cette eau qui part dans les mines est perdue, alors qu’une bonne partie devrait normalement alimenter la République Populaire de Lougansk par exemple ; le deuxième est encore plus grave, puisque l’eau qui a envahi ces mines les a profondément fragilisées, risquant de provoquer des effondrements des galeries, et donc du sol à la surface, avec toutes les conséquences tragiques que l’on peut imaginer.

L’Ukraine est à l’image de ces mines : à l’abandon, gravement fragilisée par les conséquences de ce dernier, et elle risque de s’effondrer à tout instant, en essayant d’entraîner le Donbass avec elle.

Christelle Néant

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Kubrick et la démence des élites américaines

Publié le par Felli Bernard

Kubrick et la démence des élites américaines

Les carnets de Nicolas Bonnal

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Kubrick et la démence des élites américaines

L’Armageddon se rapproche et on citera Lincoln qui évoque « la fin des Etats-Unis qui ne peut être que sous la forme d’un suicide ». Ce suicide avait bien commencé avec la guerre civile qui tua 2% des Américains et en un sens mit fin à la grande civilisation nord-américaine (j’écrirai un jour là-dessus), celle des Edgar Poe, Melville, Thoreau, mais celle aussi des Thomas Cole et des Albert Bierstadt (découvrez ces peintres, Cole surtout qui peignit la dégénérescence des empires). A la même époque un certain Jules Verne sent cette violence monstrueuse dans son livre De la terre à la lune. Je cite ce maître (Le Gun-Club, chapitre un) :

« On sait avec quelle énergie l’instinct militaire se développa chez ce peuple d’armateurs, de marchands et de mécaniciens (…)

Le premier qui inventa un nouveau canon s’associa avec le premier qui le fondit et le premier qui le fora. Tel fut le noyau du Gun- Club. Un mois après sa formation, il comptait dix-huit cent trente-trois membres effectifs et trente mille cinq cent soixante-quinze membres correspondants ».

Tout cela pour dire qu’on n’a pas attendu les néocons ni Trump. On a affaire à un pays de fous adorant les armes, et massacrant pour son plaisir le plus grand nombre. Avis aux bisons, aux russes et aux chinois. En Amérique, le génocide indien fut un sport, comme la chasse aux esclaves qui horrifiait Dickens dans ses notes américaines.

Tout le monde connaît Folamour et a vu Eyes Wide Shut. En écrivant mon livre sur Kubrick, j’ai relevé une constante dans cette œuvre généralement incomprise : une critique radicale, sarcastique et constante des élites.

• Dans le Baiser du tueur, on est face à un tenancier de « zoo humain » qui a des pulsions sexuelles incontrôlées et des tendances homicides. Il finira tué.

• Dans Spartacus, on est face à une élite romaine dépravée. Acteurs britanniques contre acteurs américains, comme le relevait avec humour Michel Ciment. L’écrivain communiste Howard Fast avait reconnu avoir ciblé les élites US de son temps maccarthyste.

• Dans Lolita, on est face à un certain as de la télé nommé Quilt (quilt, le matelas, qui veut aussi désigner le guilt, la culpabilité. Le jeu de mots n’est pas de moi mais de Nabokov) qui viole mère et fille avant de ses voir concurrencer par l’universitaire européen yéyé qui épouse la mère et viole la fille.

• Dans Folamour, on a un florilège de la culture US, basée sur le meurtre de masse et l’obsession sexuelle. Von Neumann inspira Folamour, Curtis Le May le général Turgidson (turgescent) sur qui mon ami Raico nous a tout dit. Le tueur de masse est incarné par un certain Jack Ripper, d’inspiration londonienne si l’on peut dire –on sait que c’était un chirurgien haut placé mais intouchable. Le film de Kubrick compare libération sexuelle (années play-boy) et adoration nucléaire. Les Barbie qui passent en boucle ces jours-ci sur les chaînes US jouissent en annonçant les explosions.

• 2001 est – quand on se frotte enfin les yeux – une histoire de conspiration. Les responsables de la NASA (le filet en espagnol)  masquent une info à leurs rivaux russes et cachent leur découverte du monolithe en nous faisant le coup d’une épidémie (une attaque bactériologique ? Chimique ? quels grands enfants de tout même !). A la fin on découvre que l’ordinateur avait en réalité tout loisir pour exterminer l’équipage. Il en savait plus que lui. Ridley Scott s’en souvient dans Alien : expendable crew, l’équipage est consommable et éliminable, comme les peuples d’aujourd’hui sous la houlette de Wall Street et de Bruxelles. Il est vrai qu’ils hibernent…

Je passe sur les films suivants de Kubrick pour ne pas consacrer ce texte qu’à lui et j’en arrive à Eyes Wide Shut qui filme les tendances des années Clinton : obsession sexuelle (pour Clinton comme pour Trump et ses modèles), spéculation financière, messagerie Illuminati (découvrez Texe Marrs), culte des sociétés secrètes et goût surtout des sacrifices humains. Le film était inspiré par Schnitzler et sa Traumnovelle. L’Autriche-Hongrie, empire à l’agonie, déclencha la troisième guerre mondiale avec sa cible serbe –  et nous laissa Hitler en paquet-cadeau.

Chez Kubrick les élites anglaises (Barry Lyndon, Orange mécanique où on s’aide des voyous pour tenir les populations) ou française (les sentiers de la gloire) ne valent guère mieux.  Il y a, pour reprendre le bon mot de Clint Eastwood, ceux qui creusent et ceux qui tiennent le pistolet. Il y a maintenant ceux qui tiennent la planche à billets et ceux qui triment. Ceux qui triment risquent de bientôt crever pour permettre à l’élite écolo US, qui trouve cette terre trop peuplée, de respirer (voyez mon texte sur la Nouvelle-Zélande).

C’est quoi le Donald ? Avic en fait un acteur, Philippe (Grasset) un homme de télé-réalité. Moi j’en ai fait dans mon livre un associé du diable puisque c’est ce qu’il est dans le film éponyme. Il a prêté son appartement à un acteur qui joue le promoteur immobilier le plus assassin de l’histoire ! The Donald est présent aussi dans le thriller comique Zoolander (un top model mind-programmé doit tuer le président malais) et dans Célébrité de Woody Allen. Woody Allen a précisé que Trump était un excellent homme de spectacle. Cela pourrait nous rassurer si nous croyions comme Thierry Meyssan que Donald n’a pas changé et qu’il ne fait que gesticuler militairement pour rassurer les médias néocons, en Amérique et à Paris.

J’en reviens à Kubrick. On a dit qu’il avait tourné les fausses images de l’alunissage (il aurait certainement fait mieux), qu’il avait dû fuir l’Amérique, et que même il fut peut-être assassiné, 666 jours avant le premier janvier 2001. Dans mon livre je ne conclue pas sur ce sujet (la bêtise revient souvent à conclure, disait Flaubert) mais je persiste dans cette affirmation : depuis au moins Lincoln et sa guerre de folie à un million de morts (l’esclavage fut aboli partout, et sans massacre), les élites US sont folles. Elles aiment le détonateur, le déclencheur, l’accélérateur, elles ont la gâchette facile. Après, disait le colonel Kurz d’Apocalypse now, elles adorent passer des pansements humanitaires.

Quant à la presse américaine, elle a toujours été aussi criminelle et abrutie. Tocqueville ne cesse de souligner sa nullité bavarde (« le seul moyen de neutraliser les effets des journaux est d'en multiplier le nombre »), et Jules Verne écrit :

« Donc, pendant cette terrible lutte des Nordistes et des Sudistes, les artilleurs tinrent le haut du pavé ; les journaux de l’Union célébraient leurs inventions avec enthousiasme, et il n’était si mince marchand, si naïf « booby », qui ne se cassât jour et nuit la tête à calculer des trajectoires insensées. »

 

Bibliographie

Nicolas Bonnal – Stanley Kubrick et le génie du cinéma (Kindle_Amazon) ; Trump et la rébellion américaine

Thomas J. Di Lorenzo – The real Lincoln (Mises.org)

Ralph Raico - Great wars and great leaders: a libertarian rebuttal (Mises.org)

Jules Verne – De la terre à la lune (ebooksgratuits.com)

Bert Yaeger - The Hudson River School – New Line Book Limited

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Dernières nouvelles syriennes

Publié le par Felli Bernard

Dernières nouvelles syriennes

17 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Si la vraie-fausse frappe donaldienne avait pour but de galvaniser les djihadistes modérés, c'est pour le moins raté. Le momentum est du côté des loyalistes et l'on sent comme une froide détermination du côté de l'alliance russo-syro-iranienne.

Au nord de Hama, front le plus important actuellement, les barbus ont perdu tous les gains si chèrement engrangés durant leur offensive de mars et l'armée syrienne est en mode attaque.

Les qaédistes se font vaporiser (en musique)...

... et l'aviation russe s'en donne à coeur joie lors de passages répétés avec des bombes massives (apparemment jamais utilisées jusqu'ici sur l'Idlibistan) ou des bombinettes-parachute :

Ce déluge de feu affaiblit sérieusement les défenses djihadistes, déjà passablement mises à mal, ouvrant la voie à l'armée syrienne. Depuis 72 heures, les villes tombent les unes après les autres dans le saillant de Hama. Pour libérer la pression, les rebelles ont tenté d'ouvrir un second front au sud, dans une petite poche qu'ils contrôlent entre Hama et Homs, mais elle a tourné court.

De leur côté, les forces loyalistes sises à Alep rongent leur frein en attendant de passer à l'attaque, au moins sur certains points. En filigrane, la grande offensive sur l'Idlibistan qui commence à se faire attendre...

Certes, prendre la dernière province rebelle (hors EI) sera tout sauf une partie de plaisir car s'y sont réfugiés à peu près tout ce que la Syrie compte de djihadistes. Mais cela signifierait également la fin de la guerre - cas Daech mis à part. Les barbus de l'Idlibistan avaient raclé les fonts de tiroir pour présenter 10 000 combattants lors l'offensive de mars sur Hama et celle-ci s'est terminée en eau de boudin. Une conclusion s'impose : ils ne sont plus capables de lancer de grandes offensives comme en 2013 ou 2015.

Ailleurs, les poches insurgées se comptent sur les doigts de la main et seront réduites tôt ou tard. Ainsi celle de l'est damascène où les combats font rage. Là comme ailleurs, les loyalistes avancent lentement, durement mais sûrement.

Tout au sud du pays, le front de Deraa s'est réveillé avec une offensive surprise d'un mix d'Al Qaida et d'ASL. L'aviation russe est très vite intervenue (une cinquantaine de bombardements) tandis que l'armée syrienne vient de recevoir d'importants renforts.

Rappelons que Deraa (cercle rouge) est toute proche des frontières jordanienne et israélienne et que les Sukhois évitaient généralement de vraiment bombarder la zone afin de ne pas effrayer Amman et Tel Aviv. Ce n'est apparemment plus le cas... Message subliminal : nous n'hésiterons pas à bombarder chaque centimètre de sol syrien si des djihadistes s'y trouvent, y compris à votre frontière.

Notons que dans la même région, Daech - qui occupe une poche bordant le Golan occupé par Israël - a fait des misères à l'alliance Al Qaeda-ASL.

Chose intéressante, un raid aérien syrien aurait été effectué très à l'est, à la frontière irakienne (triangle rouge-noir sur la carte), sur des cibles de l'EI. Or nous sommes ici comme qui dirait en "zone américaine". Si l'info se confirme, de deux choses l'une :

  • ou les canaux de communication entre les QG russe et US ont été rétablis et l'on assiste à une nouvelle "tolérance" de Washington vis-à-vis d'Assad
  • ou les Syriens sont sûrs d'eux (réception des systèmes anti-aérien ?) et marquent leur territoire (cf. démonstration de force russe à Deraa)

Dans les deux cas, c'est plutôt une mauvaise nouvelle pour les barbus...

C'est dans ce contexte qu'un kamikaze "modéré" a tué 130 civils dont 68 enfants près d'Alep il y a deux jours, lors d'un échange d'évacués. S'en est suivi une insurmontable réticence de la clique politico-médiatique occidentale à s'indigner. Que n'avait-on entendu sur le "boucher de Damas" après le false flag chimique de Khan Cheikhoun...

Là, les faits sont rapportés mais sans passion, sans hauts cris. Les condamnations des chancelleries occidentales sont sobres (doux euphémisme !) et tardives. Bref, le minimum syndical. Mais d'autres ne s'embarrassent même pas de ces scrupules, la palme de l'ignoble revenant sans doute à la BBC saoudisée qui a osé :

It happened when a vehicle loaded with food arrived and started distributing crisps, attracting many children, the BBC's Middle East correspondent Lina Sinjab said. Another vehicle then exploded.

She said it was not clear how the vehicle could have reached the area without government permission.

But there is also no evidence that rebels were involved in the attack, as the government claims.

Traduction : on ne peut savoir comment le véhicule est arrivé dans la zone sans permission du gouvernement (alors que c'était en plein territoire rebelle !) et il n'y a aucune preuve que les rebelles soient impliqués.

Quand on sait ce qu'était la vénérable BBC et quand on voit l'immondice qu'elle est devenue...

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Etats-Unis: la NSA surveillait des banques du Moyen-Orient, selon des hackers

Publié le par Felli Bernard

Des documents publiés par le mystérieux groupe de hackers "Shadow Brokers" laissent penser que la NSA, l'agence américaine de renseignement, a pu pénétrer le réseau interbancaire SWIFT et placer sous surveillance des banques du Moyen-Orient © AFP/Archives PAUL J. RICHARDS

Tech

Etats-Unis: la NSA surveillait des banques du Moyen-Orient, selon des hackers

le 15 avril 2017

 

 

Washington – Des documents publiés vendredi par le mystérieux groupe de hackers « Shadow Brokers » (« courtiers de l’ombre ») laissent penser que l’agence américaine de renseignement (NSA) a pu pénétrer le réseau interbancaire SWIFT et placer sous surveillance plusieurs banques du Moyen-Orient.

Selon des experts en sécurité informatique, ces documents montrent également que la NSA a trouvé et exploité de nombreuses failles dans une gamme de produits Microsoft, largement utilisés sur les ordinateurs à travers le monde.

Ces documents sont présumés provenir d’une unité de piratage ultra-secrète nommée « Equation Group » au sein de la NSA.

« Les outils et les programmes révélés aujourd’hui ont été spécifiquement conçus pour cibler les versions antérieures du système d’exploitation Windows », a expliqué Pierluigi Paganini, spécialiste de la sécurité sur le site internet Security Affairs.

Ils « suggèrent que la NSA visait le système interbancaire SWIFT de plusieurs banques à travers le monde », a-t-il ajouté.

Les documents semblent indiquer que la NSA avait infiltré deux des bureaux du réseau SWIFT, basé en Belgique, y compris EastNets qui lui fournit des services technologiques au Moyen-Orient.

Via ce point d’entrée, la NSA semble avoir suivi les transactions impliquant plusieurs banques et institutions financières au Koweït, à Dubaï, à Bahreïn, en Jordanie, au Yémen et au Qatar.

EastNets a rejeté ces allégations dans un communiqué sur son site.

« Les informations sur un piratage présumé du réseau des bureaux de services EastNets sont totalement fausses et sans fondement », assure le groupe.

« Nous pouvons confirmer qu’aucune des données des clients d’EastNets n’ont été compromises de quelque manière que ce soit », ajoute le communiqué.

SWIFT a quant à lui affirmé que ces allégations de piratage ne portaient pas sur son propre réseau.

« Il n’y a aucun impact sur l’infrastructure ou les données du réseau SWIFT, mais nous comprenons que les communications entre ces bureaux de services et leurs clients ont été précédemment accessibles par des parties non autorisées », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le groupe « Shadow Brokers » est apparu l’année dernière en offrant à la vente une série d’outils d’espionnage utilisés par la NSA. Il n’y avait pas eu de preneurs au prix demandé de dizaines de millions de dollars et depuis lors, les pirates en ont dévoilé gratuitement une partie.

Les analystes estiment que beaucoup des programmes ainsi révélés ont déjà trois ans ou plus, mais qu’ils comportent des vulnérabilités encore inconnues qui pourraient encore être utilisées par d’autres pirates informatiques.

LNT avec AFP

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Général Mattis : “La Russie est la principale menace pour la sécurité des USA”

Publié le par Felli Bernard

Créé par Olivier Berruyer

Traduction un peu tardive – mais on voit qu’elle reste bien d’actualité…

Source : ZeroHedge, le 12/01/2017

Le 12 janvier 2017

La guerre froide fait officiellement son retour.

Le “Comité des forces armées du Sénat des États-Unis” auditionne actuellement le général à la retraite James Mattis, choisi par Donald Trump pour diriger le Département de la Défense.

Mattis a pris sa retraite du corps des Marines en 2013 après avoir servi comme 11ème commandant de “l’US Central Command” en remplacement du général David Petraeus comme responsable des opérations américaines pour le Moyen-Orient et l’Afghanistan. Sa nomination nécessite une dérogation du Congrès parce que la loi fédérale stipule que les membres des services armés doivent attendre sept ans minimum après avoir quitté leur service actif avant de pouvoir occuper des postes supérieurs civils au Département de la Défense.

Comme le souligne le WSJ, “jusqu’à présent, il n’y a aucun signe d’une résistance à venir du Sénat pour sa confirmation. Il a fait l’objet d’un bon nombre d’éloges de la part des Démocrates. Si cela continue, il pourrait avoir l’un des votes de confirmation les plus aisés de tous les candidats à l’administration Trump.”

“Nos forces armées doivent rester les mieux dirigées, les mieux équipées et les plus réactives au monde,” a dit Mattis au Sénat. “Nous devons également consolider nos alliances internationales et nos partenariats en matière de sécurité. L’histoire est claire : les nations avec des alliés forts survivent et celles qui n’en ont pas périclitent.”

“Mes maîtres mots seront solvabilité et sécurisation pour l’exercice de la protection de notre peuple et la survie de nos libertés,” a déclaré Mattis. “L’Amérique a deux pouvoirs fondamentaux. L’un est l’intimidation,” a déclaré Mattis au sénateur Gary Peters (Démocrate-Michigan). “L’autre pouvoir, que nous avons négligé dans les 20 dernières années, est la puissance de l’inspiration créatrice. Les États-Unis ne devraient pas voir le pouvoir militaire comme la réponse à toutes ses préoccupations dans le monde, a ajouté le général des Marines à la retraite.

Voici certains des points clés à ce jour :

La Russie est la “principale menace” à la sécurité des USA.

Bien que la plus grande partie de l’audition se soit passée jusqu’à présent sans controverse, le moment le plus frappant jusqu’ici fut lorsque Mattis a déclaré au Comité des services armés du Sénat que la Russie est la “principale menace” pour la sécurité des États-Unis. Disant que c’est en raison de ses actions et efforts pour “intimider” d’autres pays.

Le sénateur John McCain a questionné Mattis pour savoir à quel point, à son avis, la Russie représente une menace. La réponse de Mattis a été que “l’ordre mondial subit les plus grandes attaques depuis la Deuxième Guerre mondiale de la part de la Russie, des groupes terroristes et des actions de la Chine dans la mer de Chine méridionale.” Mattis étant de plus en accord avec le sénateur néoconservateur que la Russie tente de briser l’OTAN.

“Je suis complètement pour l’opposition” à la Russie, “mais nous devons également reconnaître la réalité de ce à quoi la Russie est prête,” a déclaré Mattis au sénateur Jack Reed (Démocrate-Rhodes Island).

Le sénateur Martin Heinrich (Démocrate-Nouveau-Mexique), citant la crise des missiles cubains et évoquant le surnom « Mad Dog » du général, a demandé si Mattis pourrait s’opposer aux généraux si nécessaire. “Ce surnom m’a été donné par la presse,” a déclaré Mattis, ajoutant que son approche serait “La paix par la force” doctrine souvent invoquée par Trump, établie par le premier président américain George Washington.

Appelé par Heinrich à énumérer les principales menaces pour les États-Unis, Mattis a déclaré qu’il “commencerait par la Russie”, il a poursuivi avec les États agressifs et les groupes terroristes.

* * *

Dépenses de défense et le F-35

Mattis a été sondé sur les problèmes de coupures budgétaires de défense en raison de la législation introduite par le président Barack Obama en 2011. Mattis a déclaré à Claire McCaskill (Démocrate-Missouri), “Je n’ai pas de solution pour … l’automutilation induite par la Loi sur le contrôle budgétaire,” mais il a promis qu’il dépenserait le budget du Pentagone là où il doit l’être.

“Si je ne peux pas vous expliquer pourquoi nous avons besoin d’un programme militaire en particulier, c’est que je suis disposé à le perdre,” a déclaré Mattis au sénateur Mike Rounds (Républicain-Dakota du Sud), expliquant que les coupures budgétaires automatiques retirent cette décision au Congrès et imposent des réductions transversales.

Mattis a également défendu la construction du chasseur F-35 que Trump a qualifié de coûteux et inefficace. “Beaucoup de nos alliés ont parié sur le programme F-35 pour leur supériorité aérienne,” a déclaré Mattis au sénateur Richard Blumenthal (Démocrate-Connecticut).

Contrairement à Hirono jugeant inappropriés les tweets de Trump au sujet des acquisitions militaires, Mattis a dit qu’ils “montrent son implication” pour obtenir le meilleur de chaque dollar dépensé pour la défense. Il a également soutenu la position du président-élu concernant la juste part que les alliés des États-Unis doivent y apporter. La sénatrice Joni Ernst (Républicaine-Iowa) a mis en avant sa carrière militaire passée pour critiquer “les armes légères et les munitions périmées”, incriminant le pistolet M9 et le fusil d’assaut M-16.

Comme rapporté par le WSJ, Mattis soutient entièrement l’approche du président-élu Donald Trump de fustiger les entreprises du secteur de la défense concernant leurs coûts. Le général Mattis déclare que cela montre que M. Trump est “sérieux au sujet d’obtenir le meilleur pour chaque dollar quand il s’agit de dollars pour la défense.”

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Les amis et alliés des États-Unis

En premier lieu, Mattis a établi Israël comme l’un des principaux alliés des États-Unis : “Israël est une démocratie sœur et je pense que la sécurité d’Israël est très importante pour les États-Unis,” a déclaré Mattis au sénateur Roger Wicker (Républicain-Mississippi).

“Y-a-t-il d’autres démocraties au Moyen-Orient ?” a demandé Wicker. “Non,” a répliqué Mattis.

La sénatrice Jeanne Shaheen (Démocrate-New Hampshire) a posé des questions sur les troupes américaines en Pologne dans le contexte des États-Unis “rassurant” les alliés de l’OTAN. “L’OTAN est l’alliance militaire probablement la plus réussie dans l’histoire du monde moderne, voire depuis toujours,” a déclaré Mattis, se trompant par ailleurs en avançant que c’est après les attaques terroristes du 11-Septembre que “l’OTAN est entrée en combat pour la première fois.”

Le général des Marines à la retraite a rassuré la sénatrice Mazie Hirono (Démocrate-Hawaii) : “Le théâtre d’opération du Pacifique demeure une priorité dans mon esprit.” “Nous avons des responsabilités à l’échelle mondiale et certainement le Pacifique y tient une grande part.”

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Sur la dette nationale américaine

Dans un des échanges les plus remarquables, le sénateur David Perdue demanda à Mattis de donner son avis sur la dette nationale. Le général Mattis dit que la dette est le défi principal auquel les États-Unis doivent faire face. “Nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes d’endettement sur le dos des seuls militaires,” dit de plus le général Mattis. Il rajouta que c’est au Congrès de “déterminer les priorités de dépense.” Il conclut qu’il ne devrait pas y avoir une transmission “d’une dette de cette taille à nos enfants.”

* * *

Source : ZeroHedge, le 12/01/2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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La Syrie, Rex Tillerson et le cortège d’absurdités occidentales

Publié le par Felli Bernard

Créé par Olivier Berruyer

Source : Philippe Migault, 12-04-2017

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson et le président Donald Trump
© Carlos Barria Source: Reuters

L’Occident songe à de nouvelles sanctions contre la Russie et le secrétaire d’Etat américain propose à Moscou de choisir entre Assad et Washington. Le gendarme américain est-il de retour ? L’expert militaire Philippe Migault examine la question.

Un parfum de lâche soulagement. C’est ce qu’inspirent les déclarations des principaux responsables de l’Union européenne depuis la frappe conduite par les Etats-Unis vendredi dernier [le 7 avril] sur une base aérienne syrienne, en guise de rétorsion après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun attribuée au régime de Damas.

Déconcertés par l’élection de Donald Trump en novembre 2016, alors qu’ils avaient tous misé sur Hilary Clinton, la plupart des chefs d’Etat de l’UE se comportaient depuis comme une section de jeunes conscrits brutalement privée de leur officier bienveillant et confiée à un – mauvais – clone de Clint Eastwood. Les déclarations de Donald Trump se félicitant du Brexit, sa critique de la politique migratoire d’Angela Merkel – et par extension automatique de l’UE – ses attaques contre l’OTAN ont suscité un pitoyable tollé de protestations affolées. Soudain le grand frère américain avait cessé d’être bienveillant. Soudain le guide de la «communauté internationale» soutenait des positions allant à l’encontre des prétendues «valeurs occidentales». Grande peur chez les bien-pensants. Confronté à l’Etat profond américain en rébellion ouverte contre lui et bloquant chacune de ses tentatives de réforme, le président américain est fort heureusement contraint au compromis en termes de politique intérieure comme de diplomatie. Exit Michael Flynn, jugé trop proche de la Russie. Retour vers la guerre froide tendance Obama et la traditionnelle morgue américaine. Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, qui doit rencontrer demain son homologue russe Sergueï Lavrov, a adressé aujourd’hui [11 avril] au Kremlin un avertissement d’une finesse toute texane : «Rejoignez la cause des Etats-Unis et de ses alliés sur le dossier syrien, ou soutenez l’Iran, le Hezbollah et le leader syrien Bachar al-Assad», a-t-il déclaré. En clair : «Choisis ton camp camarade.»

Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir-es-Zor

Bien entendu, tous les responsables européens sont aussitôt montés au créneau pour surenchérir. Le gendarme du monde brusquement ressuscité – comme l’ont titré la quasi-totalité des médias occidentaux – l’UE, rassérénée, peut de nouveau adopter la posture de puissance majeure qu’elle affectionne et bander des muscles dont elle ne sait, ni ne veut, se servir. Dans la foulée des Américains, chacun est prêt à présent à prendre de nouvelles sanctions vis-à-vis de la Russie. Contre certains hauts responsables militaires russes –ceux là-mêmes avec lesquels on souhaite soi-disant collaborer pour sauvegarder la paix – ou contre la Russie elle-même si nécessaire.

Lâche soulagement, oui.

Mais ce n’est pas cela le pire. Ce qui est dramatique, c’est de constater qu’une fois de plus il a suffi d’un drame – dont les responsables restent à identifier – pour que la diplomatie de la première puissance mondiale s’infléchisse. Politique de l’émotion une fois de plus. Avec, bien entendu, le même cortège d’absurdités.

Rex Tillerson connaît bien la Russie. Sa nomination a même été critiquée compte tenu de sa proximité supposée avec Vladimir Poutine. S’imagine-t-il une seule seconde qu’il peut arriver à Moscou comme dans un saloon en sommant Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine de choisir leur camp ? En Russie, ce genre de rhétorique bolchévique n’impressionne plus personne…

Quant aux Européens, fébrilement rassemblés derrière leur leader, s’imaginent-ils réellement qu’ils pèseront une seule seconde dans les débats quand Américains et Russes décideront éventuellement de conclure un compromis ?

S’imaginent-ils qu’ils peuvent renouer, sans conséquences graves, avec la désastreuse politique d’alliance, qui a été la leur dans le dossier syrien depuis 2011, en s’associant à des Etats-voyous ? Oui, si l’on s’en réfère à la récente décision du ministre des affaires étrangères italien, Angelino Alfano. Ce dernier, qui reçoit cette semaine le G7, veut tenter de relancer un processus politique de sortie de crise en Syrie avec la Turquie, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Une kyrielle de dictatures islamistes qui – hormis la Jordanie – ont soutenu l’Etat islamique, Al Qaïda et les cellules terroristes opérant sur le sol européen. Rex Tillerson a martialement déclaré que son pays ferait en sorte que «quiconque» s’en prend à des innocents en paie le prix. On peut se demander si les Etats avec lesquels l’Italie entend collaborer dans le dossier syrien, partisans de la peine de mort par décapitation, de la lapidation ou de la flagellation des femmes en public, tous complices de crimes ou de discriminations contre les chrétiens, seront ou non sur la liste.

A défaut de rentrer en guerre, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar

Enfin l’essentiel demeure : le rapport de forces sur le terrain syro-irakien.

Américains et Européens peuvent toujours taper du poing sur la table. Malgré les moyens engagés contre l’Etat islamique, le sort de Mossoul et de Raqqa n’est pas encore réglé et exigera de leur part un surcroît d’efforts. Peuvent-ils, dans ces conditions, prendre le risque militaire et diplomatique d’instaurer par exemple une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Syrie ? Vraisemblablement pas.

Car pour l’heure les forces de Bachar el-Assad conservent l’initiative. Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir es Zor. Et on imagine mal Vladimir Poutine céder à une quelconque forme de pression et lâcher maintenant Assad, qu’il a soutenu depuis une demi-douzaine d’années dans des circonstances bien plus périlleuses.

A défaut de rentrer en guerre contre les troupes syriennes et leurs alliés russes, iraniens et libanais, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar.

C’est du reste ce qui se profilait jusqu’à la tragédie de Khan Cheikhoun. Qui tombe décidément à point nommé pour les partisans de l’intransigeance.

Source : Philippe Migault, 12-04-2017

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La rencontre entre Trump et Xi Jinping.

Publié le par Felli Bernard

La rencontre entre Trump et Xi Jinping.


Donald charme Xi pour essayer de briser le partenariat Moscou-Pékin.


Par Sputiknews – Le 9 avril 2017

La semaine dernière, [au cours de leur rencontre à la résidence de Trump, Mar a Lago, NdT]  le président Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, se sont accordés sur une série de points, y compris un nouveau plan commercial de 100 jours. Les observateurs disent que Washington travaille activement à tenter de briser le partenariat stratégique russo-chinois, mais ajoutent que la division internationale du travail rend ces plans voués à l’échec.

 

Vendredi, Trump a déclaré que les États-Unis avaient fait « des progrès considérables » dans ses relations avec Pékin après le sommet historique de jeudi et vendredi entre Xi Jinping et lui.

Les deux pays ont convenu d’établir un nouveau canal pour la communication militaire de haut rang afin d’éviter les incidents et de renforcer la coopération existante entre militaires, à tous les niveaux. Ils ont également conclu un plan de 100 jours de négociations commerciales visant à accroître les exportations des États-Unis et à réduire leur déficit commercial avec la Chine. Enfin, les responsables américains ont signalé que les deux parties avaient convenu de la nécessité de coopérer pour que Pyongyang abandonne ses ambitions nucléaires.

La réunion de Mar-a-Lago a coïncidé avec les frappes de missile de croisière américaines contre la Syrie, jeudi soir. Le président Trump a informé son homologue chinois de l’attaque lors de leur dîner ensemble. Dans cette ambiance, la petite-fille de Trump a chanté pour le dirigeant chinois et a récité un poème en chinois.

Des observateurs russes ont suggéré qu’une telle utilisation démonstrative de la « carotte et du bâton » dans les négociations démontre l’extrême importance que les États-Unis accordent à leurs relations avec la Chine. Cela contraste fortement avec la rhétorique du président lors de la campagne électorale, lorsqu’il affirmait que Pékin était un « manipulateur de devises », qu’il avait « violé » l’économie américaine et que l’argent et les emplois volés aux États-Unis par la Chine étaient « le plus grand vol de l’histoire du monde ». Maintenant, disent les analystes, le comportement de Trump témoigne du désir d’établir des liens plus étroits avec Pékin, aux dépens de Moscou.

Cependant, tout le monde n’est pas convaincu du succès de la tactique étasunienne, en particulier en ce qui concerne l’affaiblissement des liens russo-chinois. Sergei Sudakov, politologue et professeur à l’Académie des sciences militaires, estime que tout effort de Washington pour séparer Pékin de Moscou échouera.

« Le plus grand problème pour les États-Unis en ce moment est que Donald Trump n’a pas encore décidé de sa politique étrangère, a déclaré M. Sudakov. C’est pour cette raison que sa rencontre avec Xi Jinping a eu lieu dans le contexte d’événements dans la province de Homs (où les États-Unis ont lancé des missiles de croisière contre le gouvernement syrien). Bien sûr, Trump voulait impressionner le dirigeant chinois et montrer qu’il considère que sa tâche est de déchirer le lien entre la Chine et la Russie. »

Au cours des dernières années, rappelle l’expert, un triangle de grandes puissances s’est formé, dont les États-Unis, la Chine et la Russie constituent les trois angles. « Il vaut la peine de rappeler ce que Xi Jinping a déclaré lors du dernier forum de Davos. Il a déclaré que le monde change et que les États-Unis ne pouvaient plus dicter au monde la manière d’agir et qu’ils ne pouvaient plus être l’hégémonie mondiale unique. » Le système mondial, a-t-il dit, a besoin d’équilibre.

« En retour, suggère Sudakov l’objectif de Trump a été de montrer que les États-Unis restent le leader [mondial] […] Cependant, la question clé est celle du commerce entre les États-Unis et la Chine. Aujourd’hui, la Chine a un excédent commercial de 200 milliards de dollars. La tâche du président américain est d’accroître les échanges entre les deux pays d’environ mille milliards de dollars. »

Le président Xi, pour sa part, « n’a pas été inspiré par sa rencontre avec Trump, estime Sudakov. Il n’a pas entendu les propositions qu’il s’attendait à entendre du dirigeant de la puissance mondiale. Il y a eu beaucoup de platitudes et de bons vœux mutuels, mais la Russie reste plus proche de la Chine que les États-Unis », mis à part le coté commercial. « En d’autres termes, remarque l’expert, l’expansion des relations bilatérales entre Washington et Pékin peut être appelée une politique d’’amis assermentés’… »

Le politologue et expert de l’Eurasie, Leonid Krutakov, est d’accord avec son collègue. Selon lui, la Russie et la Chine sont destinées à une coopération stratégique, en raison des particularités de la division internationale du travail et de la répartition inégale des ressources à travers la planète.

Les États-Unis, dit-il, peuvent être classés comme une économie transactionnelle, la politique de la Réserve fédérale la transformant consciemment en prestataire de services institutionnels pour toutes les autres économies, d’où la concentration de banques, de compagnies d’assurance, de la R & D, etc. qu’on trouve aux États-Unis. Ceci, cependant, a entraîné des effets secondaires majeurs, y compris la mort de l’industrie américaine, qui a déménagé en masse en Chine, créant ainsi des problèmes de chômage généralisé et de dégradation régionale.

« L’Allemagne est également importante en tant que puissance de haute technologie, mais elle n’est pas perçue comme dangereuse pour les États-Unis, car il s’agit effectivement d’un territoire occupé. Le troisième secteur, en dehors des services et de la production, est celui des ressources. Cela inclut le Moyen-Orient et la Russie. »

Krutakov a souligné que « lorsque le groupe de pays constituant les BRICS est apparu, il devint clair que les pays du secteur des ressources, dont la Russie et le Brésil, essayaient de s’unir aux économies industrielles que sont l’Inde et la Chine d’une manière nouvelle. Pour les États-Unis, c’est une menace, car si une partie du marché mondial de cette taille devait abandonner la zone dollar, alors peu d’autres pays auraient encore besoin des services transactionnels américains. Washington ne servirait que l’Europe et les Amériques, alors que les principaux centres de production industrielle et de ressources, se situent à l’extérieur de cette zone. »

La Russie et la Chine, possédant des ressources d’une part et une base industrielle développée de l’autre, ont besoin l’une de l’autre, selon l’analyste. « D’où la politique de convergence. »

« L’orientation de la Russie vers l’Est n’a pas eu lieu soudainement – seulement en 2014. En 2008, toutes les revendications territoriales [entre Moscou et Pékin] ont été réglées. La base a été établie pour que les accords stratégiques puissent suivre. Nos initiatives dans l’Arctique, le renouvellement de la route Northen Sea comme elle est appelée, le développement de la région Caspienne – tout cela prépare un avenir commun », une stratégie économique et géopolitique commune.

Selon Krutakov, Washington a déjà calculé qu’en 2025-2030, la croissance économique de la Chine dépendra à 90% de l’accès du pays aux ressources énergétiques. En conséquence, si les États-Unis sont en mesure de mettre le Moyen-Orient et la Russie de leur coté, ils pourront continuer à assurer leur position hégémonique. « Dans ce cas, la Chine ne pourra pas tenir la compétition. Par conséquent, pour Pékin, l’alignement sur Moscou a un caractère stratégique. Le maintien de la parité avec les États-Unis contredit tout conflit futur éventuel dans l’espoir d’avoir suffisamment de temps pour devenir autosuffisant avec ses alliés. »

Par conséquent, note Krutakov, comme ils sont incapables de lutter à la fois pour les bases industrielles et énergétiques du monde, l’objectif stratégique des États-Unis est d’empêcher Moscou et Pékin de quitter la zone dollar et de créer leur propre système de règlement des paiements, ce qui les rapprocherait encore plus.

« D’où la politique de la carotte et du bâton. Trump utilisera toutes les méthodes possibles pour y parvenir : la menace, le tir de Tomahawks et courtiser la Chine. Mais tout rapprochement à grande échelle entre les États-Unis et la Chine est [en fin de compte] peu probable », a conclu l’analyste.

Sputniknews

Traduit par Wayan, relu par M pour le Saker francophone.

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