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Réflexions inspirées par la Conférence internationale de Téhéran sur la Palestine des 21 et 22 février 2017.

Publié le par Felli Bernard

Réflexions inspirées par la Conférence internationale de Téhéran sur la Palestine des 21 et 22 février 2017.
par Alain Corvez,

jeudi 2 mars 2017, par Comité Valmy

 

Réflexions inspirées par la Conférence internationale de Téhéran sur la Palestine des 21 et 22 février 2017.

Quel état stable, cohérent, paisible et viable
peut s’établir de la Méditerranée au Jourdain ?

Introduction

L’état d’Israël : un état de fait

Nul n’est besoin d’être grand exégète du général de Gaulle pour savoir qu’il considérait comme une erreur la création en 1948 de l’état d’Israël, décidée à New-York après bien des difficultés et des hésitations par les grandes puissantes gagnantes de la guerre mondiale toute récente, fin 1947, création résultant des abominables persécutions que la barbarie nazie avait déployée contre les Juifs- et d’autres minorités considérées elles aussi comme inférieures et nuisibles. Mais cet état de fait regrettable à ses yeux devait être respecté puisque résultant d’une décision de l’ONU, seule instance internationale justifiée, même s’il l’appelait « le machin ».

 

« On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains mêmes redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. »

Lors de cette conférence de presse à l’Elysée du 27 novembre 1967, il dira plus loin qu’il avait dit aux amis arabes de la France qu’ils ne devaient pas remettre en question cet état de fait en attaquant les premiers Israël. Il l’avait dit également aux dirigeants israéliens. «  La France considèrerait comme agresseur celui qui tirerait le premier.  »

Et la guerre est venue par l’attaque israélienne de juin 1967 ; le Général a alors des mots implacables pour dénoncer Israël :

« Israël ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour, il qualifie de terrorisme. »

Rappelons que la résolution 181 de l’ONU décidant la création de l’état d’Israël n’a été acceptée que le 29 novembre 1947 après plusieurs tentatives infructueuses dont la première datait de septembre 1947, les votes favorables des états étant insuffisants. Sous les pressions des Etats-Unis, huit états, dont la France, ont changé leur vote en quatre jours du 25 au 29 novembre.

Une imposante conférence qui fera date

Les 21 et 22 février 2017, 700 responsables politiques et spécialistes de 80 pays d’Amérique du Sud, d’Europe, d’Afrique, d’Inde, de Chine, de Russie, parmi lesquels 22 présidents de parlements ont débattu dans l’immense Centre de conférences internationales de Téhéran du présent et de l’avenir de la lutte pour les droits des Palestiniens à avoir un état sur la terre de leurs ancêtres.

De façon lancinante me revenait la confidence que m’avait faite le général Pierre-Marie Gallois, un des plus grands stratèges d’après-guerre, dans les années 90. Me prenant à part lors d’une réunion sur la question yougoslave, sachant que je revenais d’un voyage au Moyen-Orient, il me dit en substance : «  Il n’y a pas de solution durable à deux états au conflit israélo-arabe, car ils seraient en permanence en belligérance, larvée ou pas ; et pour des raisons démographiques, historiques, géographiques, politiques, cet état ne peut être que l’état palestinien, avec des garanties de sécurité pour les populations juives historiques. »

Introduits par un discours magistral du Guide Suprême de la Révolution Islamique, Ali Khamenei, dirigés par le Président du Parlement iranien, Ali Larijani, conclus par le Président Rouhani accompagné de plusieurs ministres dont le Ministre des AE, M. Zarif, les débats ont été intenses et riches.

Unifier la Résistance et refuser la compromission

Si les différents orateurs ont apporté chacun leur sensibilité sur le sujet, et des propositions pour l’avenir, le sentiment général qui émane des interventions est la nécessité impérieuse d’unifier la Résistance en oubliant les rivalités internes pour s’entendre sur l’essentiel de la stratégie de lutte contre l’ennemi, excluant tout essai d’entente avec l’occupant. L’essai de négociation avec la puissance occupante a montré son inanité depuis les accords d’Oslo qui n’ont fait que faciliter la négation des droits les plus élémentaires des Palestiniens et l’annexion renforcée de terres.

Le discours introductif du Guide a fait ressortir avec une logique implacable les fondements du sujet et comment «  la question de Palestine peut et doit être le pivot de l’unité de tous les pays islamiques. » Il a affirmé que la troisième intifada était fortement réprimée mais remportait des succès en laissant augurer la victoire finale, car l’ennemi devait affronter la réprobation de pays de plus en plus nombreux. Il a stigmatisé la politique de compromis avec l’occupant qui a eu des effets destructeurs sur la Résistance en la divisant. Seule l’intifada est légitime face à l’injustice car le compromis tend à justifier la présence de l’occupant. La Résistance, depuis le début a remporté des victoires grâce à ses alliés comme le Hezbollah libanais, l’Iran et tous les groupes impliqués comme le Jihad Islamique, le Hamas, le Fatah ou le FPLP. La Résistance doit dépasser les divergences entre pays arabes et islamiques, ou les divergences nationales, ethniques ou confessionnelles qui existent dans certains pays. «  Notre position sur la Résistance », a-t-il dit, «  est une position doctrinale qui n’a rien à voir avec un groupe particulier. »

Il indiquait par-là que les divisions instillées par l’ennemi entre chiisme et sunnisme, ou entre tendances religieuses ou culturelles devaient s’effacer devant le but ultime de libération de la Palestine. L’Unité nationale sur la base d’un plan djihadiste est une nécessité nationale pour la Palestine a-t-il martelé.

«  Cette conférence peut-être un modèle pour tous les musulmans et toutes les nations de la région et les aider à contrôler leurs divergences en s’appuyant sur leurs points communs. »

Il serait trop long de rapporter les nombreuses interventions pourtant souvent très enrichissantes car apportant une sensibilité différente venue d’Asie, d’Afrique, des Amériques ou d’Europe, le sentiment général étant pour dénoncer le refus d’Israël de respecter les résolutions internationales et les droits des Palestiniens et d’appeler à l’unité de la Résistance en oubliant les divergences culturelles ou confessionnelles.

Aucun parlementaire français n’avait fait le déplacement.

Le Président du Parlement libanais, Nabih Berri a eu un franc succès du fait de son habituelle aisance oratoire pour convaincre son auditoire, énonçant des propositions concrètes pour donner une suite à ces deux jours de rencontres :


 1. Si les Etats-Unis mettent à exécution leur intention de transférer à Jérusalem leur capitale, que tous les pays qui soutiennent la Résistance ferment leur ambassade à Washington.


 2.Insistant, lui aussi, sur l’impérieuse nécessité de l’unité du front de résistance, il suggère que cette conférence assure le suivi de cette résolution.

Le Président du Parlement iranien, Ali Larijani, le remerciera pour ces suggestions et lui demandera de bien vouloir assurer ce suivi : un centre de coordination pourrait s’installer à Damas ou Beyrouth.

Le président du Parlement irakien, Salim Al Jabouri, insistera sur les crimes commis par Israël contre les Palestiniens et sur le fait que la résistance en Palestine est une cause commune.

Un représentant du Front Démocratique de Libération de la Palestine FDLP insiste à son tour sur la nécessité de l’unité des différents mouvements de résistance et propose d’établir un comité de suivi logistique des prises de décisions de la conférence, dont le secrétariat pourrait être à Téhéran.

Abou Ahmad Fouad, Directeur Général du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), dénoncera particulièrement les accords d’Oslo qui reconnaissaient le gouvernement sioniste.

Ahmed Jibril, du FPLP (CG), Front Populaire de Libération de la Palestine, Commandement Général, remarque qu’un nouveau Front de Résistance réclamé par certains est inutile puisqu’il existe depuis 30 ans, constitué par le Hezbollah et l’Iran et que ceci indique qu’il y a union de destins entre chiites et sunnites. Il propose la création d’un fonds islamique pour empêcher l’achat des terres palestiniennes.

L’Ayatollah Amoli Larijani (frère du Président Ali Larijani), président du pouvoir judiciaire iranien, insiste aussi sur l’universalité de la cause palestinienne, qui concerne en tout cas tout l’islam, et sur l’arrogance de l’Occident qui met partout en avant les droits de l’homme mais soutient Israël qui y contrevient journellement. La Palestine est une cause qui comporte une surface – les territoires occupés- et une profondeur-la confrontation des idéologies, sionisme contre l’islam monothéiste- s’appuyant sur la force des Etats-Unis ; il cite Fukuyama et sa théorie de la fin de l’Histoire avec la fin de l’URSS, qui fait adopter à l’Occident les thèses sionistes contre l’islam. L’Islam appelle à la paix mais en restant vigilant face aux menaces. La République Islamique d’Iran est un exemple de fermeté face à l’outrecuidance de l’Occident qui l’accuse de vouloir fabriquer des armes atomiques alors qu’il soutient les exactions d’Israël qui a l’arme atomique.

Deux rabbins antisionistes étaient parmi les délégués et ont participé aux travaux des commissions de cette conférence.

En conclusion de ces deux jours, Ali Larijani dénoncera les crimes contre l’humanité commis par Israël et affirmera que les débats ont montré que la Palestine est une cause commune à tous les pays musulmans et au-delà, à tous les hommes épris de justice et de liberté.

Conclusion

Les arguties diplomatiques concernant la solution du conflit israélo-palestinien sur un ou deux états me paraissent depuis longtemps hors de propos ; cette conférence internationale m’a convaincu qu’un front puissant se constitue pour orienter les diplomates raisonnables vers la seule création d’un état palestinien sur l’ensemble des territoires concernés qui assurerait des garanties aux populations juives ayant des droits justifiés pour vivre dans cet état.

Il est clair, comme me le disait le général Gallois que la coexistence pacifique de deux états est devenue impossible après 70 ans d’accumulations de haines qui alimentent d’ailleurs l’antisémitisme dans le monde, au grand dam de nombreux de mes amis juifs. Il semble que les extrémistes qui sont au pouvoir à Tel Aviv se permettent depuis l’origine toutes les atteintes aux droits fondamentaux des Palestiniens parce qu’ils ont eu jusqu’ici le soutien de la plus grande puissance du monde, où l’influence de leur diaspora est déterminante.

Mais le monde a changé, les Etats-Unis sont affaiblis pour diverses raisons et de nouvelles puissances mondiales rivalisent avec eux. Ils doivent s’adapter à ce nouveau monde et, bien que le nouveau Président américain reste parfois énigmatique dans ses projets, il a clairement l’idée de sortir du système figé qui dirige les EUA, comme il l’a annoncé dans sa campagne, ce qui l’a fait élire, et veut adapter son pays aux nouvelles donnes internationales. Car c’est un entrepreneur qui n’est pas prisonnier des idéologies mais raisonne sur les réalités : les liens avec Israël que nous lui connaissons, liés à son pragmatisme, peuvent l’aider à prendre des décisions radicalement différentes de ses prédécesseurs, ne serait-ce que pour mettre un terme à l’hostilité récurrente de nombreuses populations du monde qui reprochent aux Etats-Unis de soutenir des tyrans ou des injustices. Les liens de ses services avec DAESH sont désormais de notoriété publique et il arrivera à comprendre que l’Iran qu’il invective n’est pas à confondre avec les terroristes islamistes mais qu’il est au contraire un pays essentiel et au premier rang dans la lutte contre cette plaie mondiale.

Il est possible enfin que de nombreux juifs américains qui ne partagent pas les vues de l’influent AIPAC (American Israëli Public Affairs Committee), qui sont très nombreux et lassés de soutenir une cause qui dessert autant Israël que les Etats-Unis, amènent le Président Trump à comprendre que les intérêts des Etats-Unis ne se confondent pas avec ceux d’un Israël « sûr le lui-même et dominateur » qui développe l’exécration contre eux.

Février 2017

Alain Corvez
Conseiller en stratégie internationale

PS. 1. On peut accéder au texte intégral de la conférence de presse du 27 novembre 1967 à l’Elysée du général de Gaulle sur le site de la Fondation Charles de Gaulle :www.charles-de-gaulle.org/

2. On pourra lire sur Google une analyse de la vision du général de Gaulle sur le sujet telle qu’elle apparaît dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967, que j’ai écrite en 2006 :
De Gaulle et sa vision du Proche-Orient IMPERIALISME-TERRORISME-ISLAMISME, Analyse par Alain Corvez

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OTAN: coup de semonce des États-Unis

Publié le par Felli Bernard

 
 

OTAN: coup de semonce des États-Unis

Quand Trump accule les dirigeants européens

Jean-Claude Allard
est Général de division (2° S).

Publié le 02 mars 2017 / Monde

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Trump ne veut plus participer au traitement de toutes les crises. A l’inverse, pour les pays européens, la dimension militaire de l'OTAN importe de plus en plus, car elle est garante de l’existence d’une capacité de défense, à moindre coût, grâce à la puissance américaine. Analyse d'intérêts divergents.

usa europe trump otan defense

D’invitation à faire quelque chose, le mot semonce a changé de sens, jusqu’à désigner une mise en garde ferme. Un glissement sémantique qui se retrouve dans les rapports États-Unis – Europe au sein de l’OTAN.

Alors qu’il était seulement candidat, le président américain a tout au long de l’année 2016, multiplié les déclarations sur sa volonté de faire payer ses alliés, notamment européens, pour la contribution que les États-Unis apportent à leur défense. Il estime que les Européens ne font pas les efforts suffisants pour équilibrer la contribution américaine au sein de l’OTAN, allant même jusqu’à menacer de ne pas remplir ses obligations si les Européens ne remplissait pas les leurs.

Trump accuse le laxisme européen

Ce message a été retransmis le  15 février 2017 aux ministres de la défense européens, lors d’une réunion à Bruxelles, par Jim Mattis, le ministre de la Défense américain. Une intervention vue comme un « ultimatum » par la presse américaine et comme « rassurante » par la presse européenne. Une différence d’analyse qui reflète bien les positions politiques de chaque côté de l’Atlantique. Les Européens estiment avoir besoin de la puissance militaire américaine alors que les États-Unis, qui sont fortement investis militairement depuis 2001 au Proche Orient, veulent, et cela depuis la chute de l’URSS et la montée en puissance de la Chine reporter leurs efforts militaires sur le Pacifique. Les accusations portées par le président Trump contre le laxisme européen en matière de défense ne sont donc pas nouveaux mais la critique contre l’OTAN en tant que telle est un fait nouveau plus surprenant.

Il faut mettre en évidence les lignes de forces structurant la relation transatlantique pour comprendre la portée des multiples déclarations sur la question de la défense de l’Europe et de l’OTAN.

Le traité de Washington (4 avril 1949) scellait, dans son article 5, un pacte de défense entre 12 pays1 pour faire face collectivement à toute attaque contre le territoire de l’un des signataires. Afin de parfaire la capacité à répondre à la menace militaire de l’URSS implicitement désignée comme l’ennemi potentiel, une organisation civilo-militaire fut mise en place.

Une OTAN en plusieurs strates

L’organisation civile, avec notamment le Conseil de l’Atlantique nord (CAN), régule les processus de la décision politique alors que l’organisation militaire intégrée, sous les ordres du SACEUR (Supreme Allied Command in Europe ou Commandant suprême des forces alliées en Europe) constitue une architecture d’états-majors et de troupes prêts à réagir. Cette structure permanente combinée et ses efforts d’harmonisation des procédures et des matériels (interopérabilité) en ont fait une remarquable mécanique d’intégration pour des forces multinationales. C’est pourquoi, après la disparition de l’ennemi soviétique, elle a pu perdurer pour remplir des missions en liens de plus en plus lâches avec son objectif initial de défense du territoire européen des pays membres, qu’il s’agisse d’opérations coercitives (Bosnie Herzégovine – 1992/ ; Kosovo-depuis 1999/ ; Afghanistan-2003/2014, …), de lutte contre le terrorisme islamiste, la piraterie ou de secours aux populations. Elle a été, dans plusieurs de ces opérations, le bras armé du Conseil de sécurité.

Il faut donc d’abord comprendre que « l’organisation » n’est qu’un outil bifide (politique/militaire) de « l’Alliance ». L’administration américaine prend bien en compte cette distinction pour porter ses critiques sur un rééquilibrage entre États membres pour la création et l’entretien de la caisse à outils militaires et non les chantiers sur lesquels les employer (décision politique).

En effet, l’organisation politique (CAN) est la seule instance dans laquelle États-Unis et autres pays occidentaux peuvent se retrouver pour parler de sujets politiques. Et les États-Unis ne veulent pas céder sur cet avantage : les nouvelles autorités américaines se sont rendues au siège de l’OTAN, le président Trump doit rencontrer les dirigeants des pays de l’OTAN en mai 2017. Dans les autres instances internationales sont présents des pays tiers. Quant à l’Union européenne, aucun contact n’a été pris à ce stade. De leurs côtés, les pays membres ont intérêt à conserver cette organisation politique qui leur permet d’avoir un droit de regard sur toute opération de l’OTAN même s’ils n’y participent pas (raisons pour lesquelles, par exemple, les pays membres avaient insisté pour faire conduire les opérations en Libye par l’OTAN).

Pour la Maison blanche, le volet militaire de l’Alliance importait lorsqu’il était vu comme un outil pour renforcer (Afghanistan), voire remplacer (Libye) un engagement direct américain. Mais le nouveau président ne veut plus participer au traitement de toutes les crises, donc l’outil devient moins utile pour lui. A l’inverse, pour les pays européens, la dimension militaire importe de plus en plus, car elle est garante de l’existence d’une capacité de défense, à moindre coût, grâce à la puissance américaine. Ainsi, le budget de défense des États-Unis représente 70% du total des budgets militaires des pays membres. Ils sont quasiment les seuls à appliquer la règle d’affectation de 2 % du PIB à la défense2. C’est bien ce que les États-Unis reprochent depuis la fin de la guerre froide à leurs partenaires européens qui ont glissé vers la facilité de « toucher les dividendes de la paix ». Après les supplications, puis les injonctions, voici maintenant venu le temps des mises en garde, dans le style direct du nouveau président, sur l’idée de « pas d’engagement militaire américain, s’il n’y a pas un meilleur partage du fardeau financier ».

Des Européens conscients mais coincés

Certes, l’on peut supposer que les dirigeants européens sont conscients de la vulnérabilité de leur défense face aux menaces grandissantes. Qu’elles soient sur leurs frontières Est ou résultent du développement d’une idéologie islamiste fortement anti-occidentale en voie de s’installer solidement, si elle n’est pas contrecarrée à temps, sur ses frontières sud, de l’Atlantique jusqu’en Asie centrale. Mais ils sont bloqués par la situation de fait créée par leurs politiques d’augmentation des dépenses publiques corrélées à une diminution des dépenses de défense. Ils savent qu’inverser la tendance pour répondre à l’attente du président Trump, c’est brusquer des opinions publiques bercées par les doux chants de la paix. Comme il s’y ajoute des affinités modérées pour la nouvelle Administration américaine, des incertitudes sur l’avenir politique dans chaque pays européen, une propension à édulcorer les menaces, l’Europe semble saisie d’une lassitude identique à celle qui a saisi la France dans les années 1930.

Il ne s’agit donc pas d’un bras de fer entre un président « imprévisible » et des dirigeants plus enclins aux formes diplomatiques classiques mais de répondre à une question de fond : les Etats-Unis reviendront-ils en Europe, en cas de besoin, au cri de « Lafayette, nous voici » ?

La réponse est dans une appréciation de situation géopolitique partagée sur deux sujets majeurs : la Russie, et les dossiers conflictuels ouverts par la précédente Administration rejointe par de nombreux pays européens ; l’islamisme, comme idéologie conquérante. Sur tous les autres dossiers, et notamment la Chine ou les principes du commerce international, l’administration Trump semblerait avoir fait le choix de ne plus y associer l’Europe. Et elle est ensuite sur la nature de la stratégie à mettre en place face à ces différents sujets.

Et, qu’il s’agisse d’analyse géopolitique ou de stratégie, le président Trump ouvre clairement de nouvelles perspectives, qu’il s’agit désormais d’explorer.

  1. Belgique, Canada, Danemark, États-Unis, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni.
  2. Une règle fixée pour tenter d’enrayer la décroissance des budgets de défense au sein de l’Alliance. Outre les États-Unis avec un taux de 3,6 % représentant 664 058 millions de $, seuls le Royaume uni, la Grèce, l’Estonie et la Pologne dépassent ce seuil pour un total cumulé de 77 656 millions de $.
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Maestria dans le nord syrien

Publié le par Felli Bernard

Maestria dans le nord syrien

3 Mars 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis

Si le conflit syrien n'est pas avare de surprises, les rebondissements de ces deux derniers jours laissent franchement rêveur...

Dans le nord, nous en étions restés aux prémices du conflit entre Kurdes et Turcs, ces derniers étant bloqués dans leur marche vers le sud par l'armée syrienne et les YPG kurdes de Manbij. Affronter ouvertement Damas (donc Moscou) n'étant pas du tout dans les plans du sultan, la solution Manbij s'imposait (flèche verte), faisant d'une pierre deux coups : expulser les Kurdes de l'ouest de l'Euphrate et s'ouvrir une porte vers Raqqa.

Sauf que... Les Kurdes ne l'entendent évidemment pas du tout de cette oreille et, nous avions commencé à en parler, les Américains non plus, qui avaient fait savoir qu'ils continueraient à soutenir le Conseil militaire de Manbij. Nous en étions là quand a débuté une cascade d'événements aux implications extrêmement importantes.

Hier, des vidéos ont commencé à circuler, montrant l'établissement d'une petite base des forces spéciales US à Manbij. Message subliminal : si vous attaquez les Kurdes, vous nous attaquez. Avouez que voir les Américains assaillis par leur allié de l'OTAN et les rebelles "modérés" de l'ASL, pourtant armés et financés par Washington pendant des années, ne manquerait pas de sel...

Quelques heures plus tard, une nouvelle encore plus incroyable tombait : via les bons offices de Moscou, les Kurdes de Manbij ont passé un accord avec Damas, rétrocédant à l'armée syrienne une partie de leur gains territoriaux à l'ouest de l'Euphrate afin de constituer une zone tampon les séparant des Turcs et de leurs proxies.

On le voit, la partie hachurée sur la carte mettrait définitivement les Kurdes à l'abri des menées turques. Erdogan a dû frôler l'attaque cardiaque quand il a appris la nouvelle... Car à moins d'attaquer l'armée syrienne, donc d'entrer ouvertement en guerre contre Damas (et, derrière, Moscou et Téhéran), l'aventure néo-ottomane du sultan est terminée.

Pour Assad, c'est le deal parfait : les loyalistes récupèrent gratuitement et sans combattre une zone sur laquelle il n'auraient pu mettre la main militairement, zone qui les amène haut dans le nord, vers la frontière turque et le Rojava desquels ils avaient été expulsés depuis des années. C'est aussi une reconnaissance tacite par les Kurdes qu'une fois les combats terminés, ils ne demanderont pas l'indépendance mais se contenteront d'une autonomie.

Quant aux Kurdes eux-mêmes, s'ils laissent quelques villages sans importance à l'armée syrienne, leur présence à Manbij est actée et sanctuarisée. Un accord gagnant-gagnant sur le dos d'Erdogan qui doit l'avoir très mauvaise.

L'épisode porte la marque Poutine et ce n'est peut-être pas un hasard si le communiqué du PYD kurde est le suivant : "Pour protéger Manbij, nous avons transféré, après avoir mis sur pied une nouvelle alliance avec la Russie, aux forces armées syriennes toute la zone entre nous et les gangs affiliés à la Turquie [les fameux modérés si chers au système impérial]".

Vlad le judoka a encore frappé. Nous expliquions il y a deux ans :

Plusieurs biographes de Poutine ont montré à quel point le judo est, pour lui, bien plus qu'un sport : une philosophie de vie, qu'il applique dans de nombreux domaines, particulièrement en géopolitique. Utiliser la force et la précipitation de l'adversaire pour mieux le retourner et le mettre à terre. Le maître du Kremlin n'est jamais aussi redoutable que lorsqu'il fait d'abord un pas en arrière ; attendez-vous à vous retrouver assez vite le nez sur le tatami. Ippon.

Le nord syrien est un cas d'école. Utiliser le sultan pour expulser Daech, puis utiliser à nouveau son inévitable agressivité envers les Kurdes pour apparaître comme le sauveur, faisant remettre d'un trait de plume à son protégé de Damas des zones qu'il ne pouvait même pas rêver de reprendre un jour... Comment dit-on maestria en russe ?

Cerise sur le gâteau, ce rebondissement est également le signe évident d'une entente américano-russe, au moins ponctuelle. Le jour où l'on apprend que des forces spéciales US s'établissent à Manbij (voir plus haut) pour soutenir les Kurdes, ceux-ci appellent l'armée syrienne à l'aide. Comme l'écrit le Figaro, seul journal de la MSN à avoir succinctement rapporté l'info :

Cette annonce est une surprise totale car ce serait la première fois que des combattants soutenus par Washington sont d'accord pour rétrocéder des territoires aux forces du président Bachar al-Assad.

Allons plus loin : les troupes syriennes protégeront maintenant de facto les troupes américaines ! Si l'on nous avait dit ça il y a six mois... Evidemment, rien de tout cela n'eut été possible sans le tremblement de terre provoqué par l'élection de Trump et la redirection de la politique extérieure états-unienne subséquente.

Ces incroyables développements nous feraient presque oublier que l'armée syrienne a repris Palmyre...

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Tête chercheuse

Publié le par Felli Bernard

Tête chercheuse

2 Mars 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie

La tête du système impérial continue d'envoyer des signaux contradictoires. A l'ONU, l'ambassadrice US pousse à l'adoption de sanctions à l'égard de la Syrie du fait de l'éventuel usage d'armes chimiques. Quand on connaît la fragilité de ce genre d'accusations occidentales, on ne sera pas surpris que la motion ait été rejetée par un double veto russe et chinois. Signe que Pékin, qui d'habitude préfère s'abstenir, s'engage plus résolument aux côtés de Moscou, Téhéran et Damas. L'Eurasie en marche...

Les pessimistes verront dans la position américaine la preuve que Trump s'est couché devant le parti de la guerre. Tout est perdu, fors l'honneur ! Sauf que... Le Donald ne varie pas d'un iota et continue par exemple à démolir la mafia médiatique à chacune de ses apparitions. Lors de son discours inaugural au Congrès, il a poursuivi sur la même ligne internationale - mais en plus courtois, circonstances obligent. "Je ne suis pas le président du monde, seulement celui des Etats-Unis (...) Nous dépensons des fortunes pour défendre les frontières de nombreux autres pays mais ne le faisons même pas pour nous-mêmes..." De quoi donner une crise d'urticaire aux interventionnistes néo-cons, libtards et autres joyeux drilles.

Le Congrès était divisé comme jamais entre Républicains se levant toutes les trente secondes pour l'applaudir et Démocrates à la mine déconfite. Mais globalement, chacun, y compris la MSN, s'accorde à reconnaître que le Donald a réussi son examen de passage. CNN a avalé sa parabole de travers en admettant que 78% des Américains ont approuvé son discours.

Ainsi va l'empire, dont la démarche sinusoïdale laisse perplexe. Beaucoup d'analystes voient Trump finir par se ranger tout à fait derrière le Deep State et reprendre à son compte sa politique belliciste dans quelques mois. Et si c'était l'inverse ?

Car les choses évoluent également en profondeur, loin des projecteurs et pas dans le sens souhaité par les faucons. Ainsi, une enquête montre que la popularité de Poutine aux Etats-Unis a doublé en un peu plus d'un an, passant de 13% à 22% (32% chez les électeurs Républicains). Certes, tout cela reste encore relativement bas, mais c'est la tendance qui importe et celle-ci est claire.

Le grand avantage de la campagne présidentielle de l'automne est que, pour la première fois, l'Américain de base a entendu parler du monde et de ce qui s'y passe. C'est un frémissement qui avait d'ailleurs déjà commencé quelques années auparavant avec la crise syrienne (rappelons-nous la mini-fronde de certains militaires en 2013) :

Depuis, le récit hollywoodisé du système impérial a volé en éclats, constamment remis en cause par des voix chaque fois plus nombreuses. On ne sera pas surpris de retrouver la délicieuse Tulsi qui, lors de sa dernière interview sur CNN (datant de fin janvier), a plaqué le journaliste sur le thème des "rebelles modérés". Regardez l'air atterré du plumitif de service, ça vaut le détour :

Ceci, de plus en plus d'Américains le voient, l'entendent, le lisent, le ressentent. Et l'idée, qui vient des deux bords du spectre politique, fait son chemin dans les têtes. Dans les plaines de l'Ohio ou les downtown de Chicago, on commence confusément à sentir que ça ne colle pas, que le discours impérial a du plomb dans l'aile, que la presse raconte des cracks.

Nous avions déjà vu il y a quelques mois que la confiance envers les médias US était à son plus bas historique. Et ce n'est pas l'infantile et grossière campagne de diabolisation et même de psychiatrisation de Trump, Poutine ou Trump+Poutine - ce qu'un malicieux observateur appelle le Syndrome de dérangement Poutine - qui arrangera la crédibilité de la MSN. Il est d'ailleurs amusant de constater le peu d'imagination de ses promoteurs : 

Quand on sait que, en Occident plus qu'ailleurs, l'hystérie communicative du système va de pair avec son déclin...

Résumons : population excédée par le terrorisme islamique et même l'islamisme en général, chaque jour plus consciente des évolutions du monde (dans des proportions qu'il ne faut toutefois pas exagérer), chez laquelle la popularité du djihadist's killer Poutine ne peut qu'aller grandissant, surtout chez les électeurs Républicains ; méfiance généralisée envers les médias et l'Etat fédéral (donc, en creux, envers l'Etat profond) ; raz de marée électoral Républicain...

Les prédictions de ce blog se sont si souvent réalisées (Brexit, élection de Trump, libération d'Alep, coup d'Etat en Turquie, désastre saoudien, conflit gelé en Ukraine etc.) que votre serviteur se permet d'en faire une autre.

Pendant quelques mois encore, peut-être un an, le Donald devra louvoyer, donnant du grain à moudre au parti de la guerre, alternant les signaux contradictoires. Concomitamment, le pragmatisme gagnera du terrain. Pragmatisme des élus Républicains au pouvoir, ne souhaitant pas se couper totalement de l'opinion publique ni de leur président ; pragmatisme des militaires sachant bien, eux, qui est leur véritable ennemi. Le système impérial, de bien mauvaise grâce, ira de recul en recul, non sans donner quelques coups de griffe. Il aura suffisamment reflué en 2018 pour que le rapprochement russo-américain s'engage concrètement.

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S’il y a une bataille entre Trump et la Réserve fédérale, qui va vraiment gagner?

Publié le par Felli Bernard

S’il y a une bataille entre Trump et la Réserve fédérale, qui va vraiment gagner?


Par Brandon Smith – Le 23 février 2017 – Source alt-market.com


Dans le cadre de la mise en avant de plus en plus évidente de mouvements conservateurs par les intérêts bancaires internationaux et les think tanks globalistes, j’ai remarqué une campagne de désinformation croissante, qui semble conçue pour laver la Réserve fédérale de toute culpabilité pour le crash de 2008 qui continue à nous faire souffrir jusqu’à ce jour, malgré les nombreuses affirmations de « reprise » économique. Je crois que ce programme est destiné à préparer le terrain pour un conflit à venir entre l’administration Trump et la Fed. Mais quelles seraient les conséquences ultimes d’un tel événement?


Dans mon article intitulé Le faux récit de la reprise économique mourra en 2017, j’ai décrit le piège de la propagande mise en place par des médias détenus et exploités par les globalistes comme Bloomberg, dans lequel ils affirment systématiquement que Donald Trump a « hérité » d’une économie en pleine reprise et en forme ascendante de la part de l’administration Obama. J’ai complètement démystifié leurs positions et leurs « preuves« , en montrant comment chacun de leurs indicateurs fondamentaux est en fait en baisse constante depuis 2008, même face à une intervention monétaire massive et à l’impression par la Fed.

Ma principale préoccupation avant l’élection de 2016 était que Trump serait autorisé à gagner, parce qu’il représente le bouc émissaire parfait pour une crise économique que les banques centrales brassent depuis des années. Que Trump soit ou non au courant de ce plan ne peut pas encore être prouvé, mais comme je l’ai mentionné dans le passé, son cabinet farci d’anciens de Goldman Sachs et d’anciens combattants néocons ne m’inspire guère confiance. Dans le meilleur des cas, Trump est entouré d’ennemis; dans le pire des cas, il est entouré d’amis.

Les loyautés de Trump, cependant, sont une question secondaire pour l’instant. Le principal objectif de cet article est de discerner si oui ou non une bataille entre Trump et la Fed se traduira par un effet net positif ou négatif pour le public. Ma position est que toute action contre la Fed aurait dû se produire il y a des années et qu’aujourd’hui, la Fed n’est rien de plus qu’un appendice sacrificiel d’un agenda globaliste plus grand. Cela signifie que les groupes conservateurs doivent être conscients qu’une victoire sur la Fed n’est pas réellement une victoire sur les globalistes. En fait, les globalistes peuvent très bien vouloir une guerre entre la Fed et la Maison Blanche en ce moment.

Tout d’abord, certains faits doivent être établis pour contrer les allégations de propagande, selon lesquelles la Fed est une sorte de victime innocente d’un président Trump trépidant ou d’une rhétorique conservatrice « erronée ».

L’installation du bouc émissaire se poursuit

Le dernier développement de la propagande de la Fed a été provoqué, bien sûr, par les grands médias et les libéraux en général; vous savez, les mêmes personnes qui applaudissaient les efforts (dans certains cas mal orientés) du mouvement Occupy Wall Street. Avec la contestation de Trump du Dodd-Frank Act, les médias sont à l’affût de toute occasion d’affirmer que Trump agit soit pour enrichir ses amis de la corporocratie, soit qu’il est un idiot infantile quand il s’agit de questions de business et d’économie.

Ceci a mené à quelques critiques par Elizabeth Warren et le témoignage de la présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen, devant le congrès la semaine dernière. L’argument? Que Trump a eu tort ou a « menti », quand il a dit que Dodd-Frank avait gelé les prêts émis par les grandes banques. Vous pouvez voir la joie dans les médias avec cet os à ronger; un article récent de Vanity Fair, qui semblait se concentrer davantage sur des critiques sarcastiques envers Trump plutôt que sur la preuve réelle, en est un parfait exemple.

Maintenant, pour défendre Trump (ou du moins, pour défendre sa position), il faut dire que Yellen est de fait celle qui ment. S’il est vrai que les prêts commerciaux ont augmenté, son allégation selon laquelle les prêts aux petites entreprises se sont améliorés est tout simplement fausse. Même Bloomberg reconnaît à contrecœur que les prêts aux petites entreprises ont chuté d’au moins 6%, depuis le passage du Dodd-Frank Act. Dans le fief libéral préféré d’Obama, à Chicago, les prêts aux petites entreprises de quartier ont diminué de 49% entre 2008 et 2014.

En 2015, Yellen elle-même a fait valoir que les prêts aux petites entreprises étaient en déclin, parce que les propriétaires de petites entreprises « ne veulent plus de prêts« . C’est un peu comme le Bureau of Labor Statistics, soutenant que plus de 95 millions d’Américains sans emploi en âge de travailler ne devraient pas être comptés comme chômeurs dans leurs statistiques, parce qu’ils « ne veulent vraiment pas un emploi ». C’est une tentative pour troubler les eaux sur une question plus importante, celle que l’économie américaine est en danger considérable.

Vous voyez, je ne pense pas que Trump était en train de débattre sur le fait que les grandes sociétés et les banques ne recevaient pas assez de prêts, je pense qu’il a d’abord souligné la disparité entre les prêts aux petites entreprises et les prêts personnels. Yellen et les grands médias ont tenté d’utiliser une donnée, celle des prêts commerciaux, pour miner tout le débat sur la stagnation des prêts.

La Fed est coupable pour notre économie de bulle et essaye d’échapper au blâme avant un effondrement

Le fait est que nous savons tous que les grandes sociétés et les banques ont été inondées de prêts et qu’une grande partie de ce capital a été sorti de nulle part par la Fed elle-même, avec la création de monnaie fiduciaire et avec des taux d’intérêt proches de zéro. Nous le savons, à cause des 16 000 milliards de dollars de prêts accordés à des entreprises du monde entier, exposés par l’audit révélateur (mais limité) du TARP. Nous le savons aussi parce que la plupart de ces prêts ont été utilisés pour gonfler la bulle boursière de ces dernières années, grâce à des rachats d’actions sans fin, que la plupart des entreprises n’auraient jamais été en mesure de se permettre autrement. Nous savons aussi que le monde de l’investissement grand public est conscient de l’importance de ces prêts, parce qu’ils ont commencé à paniquer lorsque la Fed a annoncé son programme en cours de hausse des taux d’intérêt.

Au-delà de cela, nous savons que les prêts à faible taux d’intérêt de la Fed et la culture de prêts circulaires en intraveineuse entre les sociétés et les banques ont contribué à maintenir les marchés surévalués, parce que les fonctionnaires de la Fed ont admis ouvertement que c’est le cas. Comme Richard Fisher de la Fed de Dallas l’a déclaré dans une interview avec CNBC :

Ce que la Fed a fait – et je faisais partie de ce groupe –, c’est que nous avons organisé un énorme rallye sur le marché, débutant en 2009. C’est une sorte de ce que j’appelle de « facteur Whimpy inversé » – donnez-moi deux hamburgers aujourd’hui pour un demain. Je ne suis pas surpris que presque tous les index que vous pouvez regarder […] ont été en baisse significative. [Se référant aux résultats sur le marché boursier après que la Fed a relevé les taux en décembre 2015.]

[…] J’avais prévenu mes collègues, Ne soyez pas surpris si nous avons une correction de 10 à 20% à un moment donné. […] Tout les gens à qui vous parlez […] ont averti que ces marchés sont surpayés.

Ainsi, encore une fois, la question n’est pas de savoir si les banques prêtent ou non, nous savons qu’elles prêtent, elles ne prêtent simplement pas aux gens qui en ont le plus besoin.

Je pense que Fisher a été malhonnête dans son évaluation de l’ampleur des conséquences de la bulle de la Fed et qu’une baisse de 10% à 20% des actions est une sous-estimation absurde. Mais mis à part les « petits mensonges innocents », on sait au moins officiellement que la Réserve fédérale a lancé un prêt gratuit pour tous, sachant que les avantages supposés étaient limités dans leur portée, aussi bien que dans la durée. Ils savent qu’un accident est en train de se produire et ils ne se sont arrêtés qu’après avoir trouvé le bon bouc émissaire pour détourner le blâme. Ce bouc émissaire est Trump et, par association, tous les conservateurs.

En ce qui concerne le Dodd-Frank Act, il était censé être une amorce pour arrêter les comportements destructeurs dans le secteur financier, plus spécifiquement autour des produits dérivés. Pourtant, en dépit du Dodd-Frank Act, les banques comme Citigroup ont encore gonflé avec des dérivés, après avoir reçu au moins 476 milliards de dollars de fonds des contribuables pour les empêcher de faire faillite pour la même irresponsabilité.

Le Dodd-Frank Act n’a absolument rien accompli de ce qu’il devait accomplir et avait été mandaté pour faire. Je crois que le seul vrai but du Dodd-Frank Act était de distraire tout le monde de la demande d’audit de la Fed par Ron Paul, qui avait un grand pouvoir d’influence à l’époque.

Les libéraux et la Fed deviennent-ils associés ?

Alors, pourquoi le fait de voir Trump saper le Dodd-Frank Act importe-t-il ? Comme on l’a dit plus haut, c’est un outil de propagande pour l’establishment, pour perpétuer le récit que Trump est incompétent, que les gens qui le soutiennent sont incompétents, et que lorsque l’économie sera officiellement en crise, ce sera de sa faute et de la faute des conservateurs. C’est aussi un tremplin pour la Réserve fédérale pour attaquer Trump, comme le montre le témoignage de Yellen au Congrès.

Je trouve également intéressant que, grâce à la question sur le Dodd-Frank Act et d’autres, les gauchistes soient galvanisés pour appuyer la Réserve fédérale, ce qu’ils n’auraient probablement pas fait il y a quelques années. Tout cela culmine dans ce qui deviendra, je crois, une bataille titanesque non seulement entre Trump et les gauchistes, mais aussi entre Donald Trump et la Fed. Mais pourquoi l’establishment voudrait-il inciter un conflit entre le président et la banque centrale?

C’est quelque chose que les conservateurs et les activistes de liberté ont voulu depuis des décennies – un président qui serait disposé à s’en prendre à la Réserve fédérale pour exposer ses entrailles. Le problème est que le temps de l’efficacité d’une telle action est révolu depuis longtemps. Auditer la Fed sous Obama (un président ouvertement pro-globaliste) aurait été un désastre pour les puissances aux commandes. Cela aurait jeté leur agenda entier par terre et tué toute chance de finaliser ce qu’ils appellent la « grande réinitialisation économique globale ».  Auditer ou arrêter la Fed sous Trump est une autre affaire.

Comme je l’ai examiné en détail, en apportant des éléments de preuve dans mon article Explications sur la fin du jeu économique, la Réserve fédérale a une durée de vie. Elle a déjà servi son but, qui était de saper l’économie américaine et notre système monétaire. La Fed va maintenant commencer à dégonfler les bulles qu’elle a conçues sur les marchés, les bons du Trésor et le dollar, grâce à la poursuite des hausses de taux d’intérêt et le développement de plus de 4 000 milliards de dollars (montant officiel) de son bilan. Le but ? L’affaiblissement de l’Amérique, pour la ramener au niveau d’un pays du tiers-monde au cours des prochaines années, pour faire place à une centralisation globale de l’administration économique, conduisant éventuellement à une gestion financière mondiale sous le contrôle du FMI et peut-être même de la BRI et avec un système monétaire mondial ; tout en faisant en sorte de blâmer les mouvements conservateurs pour cette crise.

Pour résumer, l’économie des États-Unis et le dollar prévoient de subir une démolition contrôlée. La Fed fera tout ce qui est en son pouvoir pour inciter Trump et les conservateurs à entrer en guerre avec la banque centrale, car la Fed est maintenant prête à être sacrifiée, elle et le statut de réserve mondiale du dollar, afin d’ouvrir la voie à un nouveau système idéologique mondial. La Réserve fédérale est un kamikaze.

Si cela se produit comme je le prédis, les banques internationales et les élites de l’establishment seront capables de jeter le blâme pour la mort du roi dollar, carrément aux pieds de Trump et des conservateurs, et au moins un tiers du pays (les gauchistes) achètera cette narrative, car ils veulent désespérément y croire. Rappelez-vous, l’histoire en cours d’écriture ici, c’est que Trump est un fou furieux qui ne sait pas ce qu’il fait.

Pour être clair, je ne suis pas en faveur de la domination éternelle de la Fed, ou l’existence d’un dollar fiduciaire. Ce que je dis, c’est que les conservateurs peuvent simplement obtenir ce que nous avons souhaité depuis toutes ces années, mais pas de la manière dont nous l’avions espéré.

Pour contrer cette menace, notre liste d’objectifs doit être améliorée pour répondre à la réalité. L’illusion que le problème central est la Réserve fédérale doit cesser. La Fed est un magasin de plus, une franchise dans une chaîne de franchises, rien de plus. Si nous ne tournons pas notre examen et notre agressivité vers les institutions globalistes au sommet, comme le FMI et la BRI, ainsi que vers les banques internationales, nos efforts ne serviront qu’à renforcer l’ennemi que nous essayons de combattre.

Dans une bataille limitée à Trump contre la Fed, seuls les banquiers gagneront.

Brandon Smith

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L’action de déstabilisation conduite depuis fin janvier contre François Fillon

Publié le par Felli Bernard

les Républicains
 

 


Chères amies, Chers amis,

L’action de déstabilisation conduite depuis fin janvier contre François Fillon, visant à l’empêcher par tous les moyens d’être candidat à l’élection présidentielle et à priver des millions d’électeurs de la droite et du centre de représentant, vient de connaître un énième épisode.

Une nouvelle fois, les règles de droit dont bénéficie tout citoyen ont été ignorées pour chercher à écarter notre candidat.

Comme François Fillon l’a réaffirmé, c’est au peuple français qu’il reviendra de trancher démocratiquement et de faire prévaloir sa volonté.

Face à cette entreprise de déstabilisation, la mobilisation, la résistance et l’engagement de notre mouvement, de ses cadres et de ses militants ont été exemplaires. Aujourd’hui dans l’adversité, nous devons redoubler d’efforts pour présenter et défendre, auprès des électeurs, le projet et les propositions de notre candidat.  

François Fillon et nos candidats investis pour les législatives sont les seuls à même de concrétiser le souhait de millions de Français de rompre enfin avec cinq ans de politique socialiste sans céder aux sirènes du populisme.

François Fillon a réaffirmé qu’il irait jusqu’au bout et vous convie à un grand rassemblement populaire ce dimanche 5 mars, à 15 heures, au Trocadéro (Parvis des droits de l’Homme – Paris).

Je vous invite, par ailleurs, à multiplier les actions militantes de terrain pour faire vivre le débat de fond et convaincre les électeurs de se mobiliser en faveur de notre candidat et du projet ambitieux qu’il défend pour la France.

Je vous remercie pour votre engagement. Je sais pouvoir compter sur vous.

Bien fidèlement,

Bernard Accoyer,
Sécrétaire général des Républicains

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ANALYSE DES RELATIONS ETATS-UNIS/ RUSSIE/ ISRAEL Général (2S) Dominique DELAWARDE

Publié le par Felli Bernard

ANALYSE DES RELATIONS ETATS-UNIS/ RUSSIE/ ISRAEL
Général (2S) Dominique DELAWARDE

jeudi 2 mars 2017, par Comité Valmy

 

ANALYSE DES RELATIONS
ETATS-UNIS/ RUSSIE/ ISRAEL

Général (2S) Dominique DELAWARDE
(Ancien chef du bureau Situation-Renseignement-Guerre Électronique » de l’État major Interarmées de Planification Opérationnelle).

L’étude des relations bilatérales de ces trois pays, pris deux à deux, est très intéressante car ces relations conditionnent et expliquent bon nombre d’événements géopolitiques majeurs qui agitent la planète aujourd’hui.

On connaît les excellentes relations USA-Israël sans en connaître tous les ressorts, les relations très froides teintées d’hostilité entre les USA et la Russie sans en connaître non plus toutes les raisons, mais ce dont on a moins conscience, c’est que ces relations USA-Russie découlent pour une large part des relations Israël-Russie dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont, malgré les apparences, tout sauf cordiales.

Examinons donc ces relations très particulières Israël-Russie et voyons comment elles conditionnent largement les relations USA-Russie, et pourquoi, malgré la volonté affichée de Trump, ces relations USA-Russie auront beaucoup de difficultés à s’améliorer.

* * *

I - RELATIONS RUSSIE-ISRAEL

Derrière les poignées de main et les sourires de circonstance lors des rencontres bilatérales entre Poutine et Netanyahu, la relation entre la Russie et Israël, ne peut pas être bonne pour au moins dix raisons.

1 – La Russie a reconnu, dès novembre 1988, l’état de Palestine dans ses frontières de 1967 à l’ONU en entraînant derrière elle tous ses alliés des BRICS et de l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et de très nombreux états indécis (137 pays au total à ce jour).*

2 – La Russie milite inlassablement, avec ses alliés BRICS et OCS, pour la reconnaissance par le reste de la communauté internationale (56 pays) du droit des Palestiniens à un État. Ce point est régulièrement évoqué dans les déclarations finales des congrès annuels des BRICS.

3 – La Russie a toujours voté à l’ONU pour les palestiniens, contre l’état hébreux sur tous les projets de résolutions opposant les deux parties, et notamment sur la résolution 2334 du 23 décembre 2016 dans le vote unanime du conseil de sécurité de l’ONU (14 à 0, abstention US)condamnant la poursuite des implantations israéliennes en Palestine occupée.

4 – La Russie est un allié fidèle et solide de la Syrie de Bachar el Assad, ennemi déclaré d’Israël. Son intervention militaire, en soutien des forces armées du seul gouvernement légal de Syrie, a entraîné l’échec d’un démembrement programmé de ce pays dont Israël espérait tirer profit (en annexant, entre autre, le Golan, château d’eau de la région).

5 – La Russie est un allié solide de l’Iran, principal ennemi déclaré d’Israël, auquel il livre de l’armement défensif (missiles S-300, commande iranienne de 9,3 milliards de $ d’armement en Novembre 2016 pour des chars T 90 et des avions).

Vladimir Poutine soutient aussi la candidature de Téhéran qui souhaite être membre à part entière de l’OCS (l’Iran en est « membre observateur » depuis plusieurs années). Une appartenance de l’Iran à l’OCS et les livraisons d’armes et de technologies russes pourraient rendre plus délicate, voire plus coûteuse, une intervention militaire préemptive du binôme israélo-US. Quant à la remise en place, contre l’Iran, de sanctions approuvées par l’ONU, elle est peu probable car la Russie, elle même objet de sanctions USA-UE, appliquerait son droit de veto et serait probablement suivie par la Chine).

6- La Russie entretient de bonnes, voire d’excellentes relations avec la Turquie et l’Irak, l’Égypte et la Libye, qui ne sont pas vraiment de grands amis d’Israël.

7 – La Russie a toujours condamné, avec ses alliés des BRICS et de l’OCS, la politique de colonisation, d’apartheid, de répression brutale et disproportionnée de l’état hébreu en Palestine, notamment à Gaza.

8 – La Russie a été, historiquement, terre de très forte présence juive et surtout terre de pogroms, notamment au XIXème et au début du XXème siècle. Une émigration récente et considérable des juifs de Russie (près d’un million depuis 1990) vers Israël ou vers les pays de la coalition occidentale a pu, à tort ou à raison, être perçue comme une forme de désertion par les autorités russes. Elle a considérablement réduit l’effectif et donc le poids politique de la communauté juive en Russie. En 1960 il y avait encore 2,3 millions de juifs en URSS (sur 212 millions d’habitants). Ils ne sont plus que 200 000 aujourd’hui dans la Russie de Poutine (sur 145 millions d’habitants).

9 – Pour assurer son pouvoir, Poutine a dû affronter une nomenklatura et une oligarchie ayant une très forte composante issue de la communauté juive (25% sur les 200 principaux oligarques, beaucoup plus sur la nomenklatura héritée de Eltsine). Pour éliminer ses principaux opposants membres de cette oligarchie, Poutine a dû frapper fort et faire des exemples (Berezovski, Goussinski, Mikhaïl Khodorkovski,Vladimir Yevtushenkov…..). S’agissant de la nomenklatura, il aremplacé progressivement les proches de Eltsine par des hommes à lui à tous les postes clefs.
L’influence du Congrès juif de Russie s’en est trouvé, peu à peu, considérablement réduite.

10- Poutine sait depuis longtemps qui a monté, contre les intérêts russes, le coup d’État de Maidan en Ukraine alors qu’il préparait et tentait de réussir ses jeux olympiques de Sotchi. Il sait que Victoria Nulland, maître d’oeuvre US de ce coup d’état, est une néoconservatrice pure et dure d’ascendance ashkénaze. Il connaît les liens très étroits qui lient les néoconservateurs US à l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Commitee) et l’AIPAC à Israël. Il connaît ceux qui, au Congrès US, s’opposent aujourd’hui à toute amélioration des relations USA-Russie, pourtant souhaitée par Trump. Il sait l’influence qu’exerce Benjamin Netanyahu sur ces « néocons » duCongrès US.

Au total, le simple examen des faits ci dessus évoqués montre que la Russie de Poutine et l’État Hébreu de Benjamin Netanyahu ne peuvent être que des adversaires irréductibles.

Ces deux hommes qui ne respectent que la force et les chefs d’état forts qui leur ressemblent, ne peuvent que se respecter, voire s’estimer, tout en s’opposant farouchement et froidement l’un à l’autre.

Tous les moyens vont être utilisés par les deux partis pour isoler, affaiblir, neutraliser l’adversaire. S’agissant d’Israël ces moyens utilisés vont inclure l’action conjointe de tous les lobbies qui le soutiennent dans de grands pays (USA, France, GB, Canada, Australie, mais aussi Russie, Brésil, Argentine). Ces lobbies qui lui sont attachés sont particulièrement actifs dans la politique, les médias , les affaires et chez les people.

Le russian bashing dans les médias occidentaux et l’attaque systématique dans ces mêmes médias de tous ceux qui, de près ou de loin, soutiennent la Russie ou veulent simplement dialoguer avec, ou avec tout autre adversaire d’Israël, peuvent facilement se comprendre ainsi.

* * *

II - RELATIONS USA-ISRAEL

La relation « fusionnelle » entre les États Unis et Israël est mieux connue, plus ouverte, mais rares sont ceux qui en identifient tous les ressorts et connaissent la véritable ampleur de l’influence de l’état hébreu sur la politique étrangère US.

Il faut se souvenir que le vote de la résolution 181 des Nations Unies sur le plan de partage de la Palestine et la reconnaissance d’un État juif n’a été obtenu le 29 novembre 1947 qu’après plusieurs tentatives infructueuses dont la première datait de septembre 1947. Les votes favorables n’étant pas suffisants en septembre et toujours pas le 25 novembre, le Yichouv représentant le mouvement sioniste en Palestine, a fait appel à la riche communauté juive américaine et en particulier à la « Zionist Organization of America (ZOA) » pour faire pression sur le gouvernement US afin qu’il incite certains états, en situation de dépendance, à changer leur vote.

Cet appel a porté ses fruits puisque 8 états (dont la France, fortement dépendante du plan Marshall) ont changé leur vote en 4 jours, entre le 25 et le 29 novembre 1947 permettant enfin la reconnaissance de l’état d’Israël. Notons, pour l’anecdote, que Staline, croyant que Ben Gourion allait faire du nouvel état un état communiste, a fait voter en faveur du plan de partage.

A la suite de cette première réussite dans l’instrumentalisation de la communauté juive américaine, l’état hébreu a compris tout l’intérêt d’organiser et de cultiver sa relation avec les États Unis, pays surpuissant, membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU avec droit de veto.

Dès 1951, l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Comittee), principal outil d’influence d’Israël sur le gouvernement des États-Unis, est créé. Il se donne six objectifs principaux :

• Faire du lobbying auprès du Congrès américain et de la Maison Blanche pour préserver lesintérêts israéliens,

• S’assurer du veto des États-Unis contre toute résolution de l’ONU condamnant les actions israéliennes,

• Assurer une aide financière et militaire généreuse envers Israël,

• Préparer la future génération de leaders US pro-Israéliens,

• Surveiller les votes et les propos des élus américains concernant les affaires liées de près ou de loin à Israël,

• Coordonner et orienter les donations des juifs américains pour les candidats auxélections, notamment présidentielles.

Il est important de noter que ce puissant lobby est riche, bipartisan et plutôt transparent.
Après plus de 65 ans d’existence, il est particulièrement efficace tant chez les Démocrates que chez les Républicains. Il ne cache pas grand-chose de ses objectifs et de ses méthodes.
C’est peut être, en partie, ce qui fait sa force.

Il est également important de noter qu’au travers des donations aux candidats aux élections, l’AIPAC « achète » évidemment le vote du parlementaire élu grâce à son aide, ou la position de politique étrangère du Président des États-Unis élu grâce aux donations de ses membres, ou des postes clefs de conseillers dans la haute administration US, notamment dans la politique étrangère, dans le secteur de la défense et dans le renseignement.

L’AIPAC peut évidemment compter sur une très forte majorité des médias qu’il contrôle et qui lui est dévouée et sur de nombreux « people » qu’il a contribué à promouvoir.

A noter que ce système qui fonctionne de manière ouverte aux USA, existe aussi, mais de manière plus occulte, dans certains autres pays de la « coalition occidentale ».

Pour compléter ce dispositif, le Mossad a mis en place, principalement aux USA mais aussi ailleurs, un dispositif très efficace facilitant le renseignement et l’action directe. Il s’agit du système unique des sayanims, individus de bon niveau et bien placés dans la société, membres de la diaspora et acceptant d’aider Israël. . Ce système est parfaitement décrit par Jacob Cohen dans sa courte conférence consultable sur You Tube : https://www.youtube.com/watch ?v=2FYAHjkTyKU Selon lui, ils seraient environ 15 000 aux USA.

Ce dispositif est également évoqué par Victor Ostrovsky, ancien agent du Mossad ayant fait défection, ou par Gordon Thomas, dans son livre : « l’histoire secrète du Mossad ».

Enfin l’AIPAC, outil d’influence d’Israël au coeur de la gouvernance US, est très lié à l’idéologie néoconservatrice. Ce lien apparaît clairement dans l’article de Laurent Guyenot de mars 2013.

extrait : « Le néoconservatisme, qui est généralement perçu comme une droite républicaine extrême, est en réalité un mouvement intellectuel né à la fin des années 1960 au sein de la rédaction de la revue mensuelle Commentary, l’organe de presse de l’American Jewish Committee qui a remplacé le Contemporary Jewish Record en 1945.

The Forward, le plus ancien quotidien juif américain, écrit dans un article de 2006 : « S’ily a un mouvement intellectuel en Amérique dont les juifs peuvent revendiquer l’invention, c’est bien le néoconservatisme. Cette pensée horrifiera sans doute la plupart des juifs américains, majoritairement libéraux.

Et pourtant c’est un fait qu’en tant que philosophie politique, le néoconservatisme est né parmi les enfants des immigrants juifs et qu’il est actuellement le domaine particulier des petits-enfants de ces immigrants ». L’apologiste du néoconservatisme Murray Friedman explique cela par la bénéficience inhérente au judaïsme, « l’idée que les juifs ont été placés sur terre pour en faire un monde meilleur, peut-être même plus sacré. »

On peut effectivement constater que les principaux néoconservateurs américains qui ont fondé le PNAC ( Project for a New American Century ) en 1997, et rédigé son texte de référence « Rebuilding America’s Defenses » en 2000, sont d’ascendance juive Krauthammer, Kristol, Podhoretz, Perle, Kagan, Horowitz, Wolfowitz, etc.)

Depuis septembre 2001, ce sont bien les néoconservateurs qui ont initié la politique d’ingérence US tous azimuts et tous prétextes de Bush (Irak, Afghanistan), et qui ont continué, à un moindre degré sous Obama, à influencer la politique étrangère (printemps arabes, Libye, Syrie, Yémen, Ukraine). Si le PNAC est bien mort en 2006 suite au conflit irakien, l’idéologie néoconservatrice, elle, imprègne encore les esprits dans la politique et la haute administration US.

Obama n’a réussi à échapper à cette influence « néoconservatrice-AIPAC » qu’à troisoccasions, lors de son second mandat, alors qu’il ne cherchait plus la réélection :


 le refus d’appliquer des frappes sur les forces du régime syrien du 30 août 2013,

 l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet 2015,

 l’abstention US lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la poursuite des implantations israéliennes en Palestine occupée du 23 décembre 2016.

L’influence incontournable et la puissance de l’AIPAC se sont clairement exprimées lorsque Benjamin Netanyahu a pu se faire inviter par le président du Congrès US à prononcer un discours, devant les parlementaires, le 3 mars 2015, contre la volonté du Président Obama, cequ’aucun autre chef d’état au monde n’est capable de faire, et ce qu’il a probablement payé le 23décembre 2016.

Quid de la relation entre l’AIPAC et Trump aujourd’hui ?

Le 21 Mars 2016, Hillary Clinton et Trump ont effectué leur « grand oral » à la conférence annuelle de l’AIPAC. Le flamboyant Trump a fait un tabac auprès des congressistes mais pourtant, c’est la prévisible et plus « docile » Hillary qui a été adoubée par la direction de l’AIPAC au grand dam de ses militants.

Notons au passage un élément important de ce choix : H. Clinton affichait son hostilité, voire une véritable agressivité à l’égard de la Russie tandis que Trump proclamait qu’il fallait s’entendre avec les russes et coopérer avec eux dans la lutte contre le terrorisme.

La position de Trump sur la Russie ne pouvait qu’indisposer l’AIPAC, représentant les intérêts d’Israël, adversaire de la Russie, et les néoconservateurs (liés à l’AIPAC), partisan d’une suprématie sans partage des USA et donc d’une lutte sans merci contre tout « challenger » pouvant contester leur monopole de superpuissance.

Conformément aux objectifs qu’il s’est fixé, l’AIPAC a orienté les donateurs vers les deux candidats, en privilégiant très fortement H. Clinton. Dans les dix derniers jours de campagne, anticipant une possible victoire de Trump, l’AIPAC a fait un petit effort en sa faveur pour faire valoir son image bipartisane et surtout pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Bien lui en a pris.

Plusieurs journaux de l’état hébreu tel Haaretz, le Jerusalem Post, JSS News, se sont réjouis du niveau des donations de la communauté juive américaine aux deux candidats : Selon JSS News et le Jérusalem Post, 50% des donateurs de Clinton et 25% des donateurs de Trump étaient juifs.
Selon Haaretz qui nous a livré leurs noms, les 5 plus gros donateurs de Clinton étaient également juifs. Cela donne une idée du niveau de l’investissement de l’AIPAC, représentant les intérêts d’Israël, dans la campagne présidentielle US. Cela donne aussi une idée du niveau des retours sur investissement attendus par l’AIPAC.

Quels ont été ces retours jusqu’à présent ? Ils semblent à la hauteur de l’investissement mais sans plus. Il y a :


 La promesse de campagne de transférer l’ambassade US de Tel Aviv à Jérusalem, dont nul ne sait si Trump la tiendra,

 Le projet de décret présidentiel contre l’ONU qui a osé défier Israël par une condamnation de la politique d’implantation en Palestine occupée, à l’unanimité du conseil de sécurité (14 à 0, abstention US). Nul ne sait encore si Trump va signer ce décret.,

 La nomination comme ambassadeur en Israël de David Friedman, soutien de la colonisation israélienne en Cisjordanie et adversaire déclaré d’une solution à deux Etats,

 La nomination comme conseiller spécial sur les affaires du Proche et Moyen orient de Jared Kushner, 36 ans, gendre de Trump et mari d’Ivanka, juif orthodoxe, soutien assumé d’IDF (Israeli Defense Forces), sayan dont l’impartialité sur le problème israélo-palestinien est loin d’être évidente.

 La nomination de quelques membres du cabinet : Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, Gary Cohn, directeur au budget entre autres.

Mais Trump a également mis en place de puissants contre-pouvoirs en nommant Steve Bannon, haut conseiller à la stratégie. Directeur de campagne de Trump mais trop indépendant de l’AIPAC, Bannon dérange au point qu’une campagne est organisée contre lui pour obtenir son départ. Il est qualifié de raciste, de suppôt de l’extrême droite et d’antisémite par ses opposants dont il n’est pas très compliqué de savoir qui les instrumentalise en sous-main.

Trump a également nommé au département d’État (ministère des affaires étrangères) Rex W Tillerson, un proche de Vladimir Poutine, décoré par lui de l’ordre russe de l’amitié en 2013. Ceci ne fait les affaires ni de l’AIPAC, ni d’Israël. Lors de son audition par la commission des affaires étrangères, Tillerson a dû simuler une prise de distance suffisante avec la Russie pour pouvoir obtenir sa confirmation mais il a du aussi promettre de prendre Elliot Abrams, candidat de l’AIPAC, comme adjoint.

Sur le conseil de Steve Bannon, Trump a refusé d’attribuer le poste d’adjoint de Tillerson à Elliot Abrams, néoconservateur pur et dur, gendre de Norman Podhoretz, gourou de l’idéologie néoconservatrice et membre éminent du lobby pro-israélien. C’est un échec de l’AIPAC qui tentait d’infiltrer l’un des siens au plus haut niveau de la politique étrangère US. Les choses sont parfaitement claires : Trump et Bannon ne veulent pas d’une politique étrangère inspirée par les néocons et par l’AIPAC.

Enfin Trump a nommé à des poste clefs 4 généraux (un record) qui ne semblent pas avoir de liens avec l’AIPAC. Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale ; Mattis, secrétaire à la Défense ; Kelly, secrétaire à la sécurité du territoire ; Zinke, secrétaire à l’intérieur.

Lors de la période de transition et alors que Trump était en conflit avec la CIA sur l’ingérence présumée des russes dans la campagne électorale US, c’est le directeur du MOSSAD Yossi Cohen qui est venu, le 17 décembre 2016, exposer à l’équipe de Trump sa vision de la situation internationale, notamment au Proche et Moyen Orient et sur le conflit israélo-palestinien, en présence de Yaakov Nagel, chef du conseil de sécurité national israélien et de Ron Dermer, ambassadeur israélien aux États Unis. C’est encore Israël qui a lancé la première invitation pour une visite d’État au nouveau président US.

Ceux qui souhaitent creuser le sujet des relations USA-Israël peuvent se référer à l’excellent ouvrage de John Mearsheimer et Stephen Walt, deux universitaires de très haut niveau en science politique des l’universités de Chicago et d’Harvard : The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine ». (résumé en français sur :
http://republique-des-lettres.fr/10050-mearsheimer-walt.php

Les deux universitaires ont évidemment perdu leur poste et leur carrière (la liberté d’expression a des limites aux USA et les vérités ne sont pas toutes bonnes à dire), mais cela donne de la crédibilité à l’ouvrage qui est intéressant et très argumenté.

Compte tenu de ce qui vient d’être dit, examinons maintenant où en sont les relations USA Russie et leur possible évolution.

* * *

III- RELATIONS USA-RUSSIE.

Sous l’influence des néoconservateurs US, démocrates et républicains, liés à l’AIPAC, et avec l’appui quasi unanime des médias états-uniens dont on sait qui les contrôle, le Russian Bashing (dénigrement systématique de la Russie), est devenu très à la mode Outre-Atlantique. Dans ces conditions, les relations USA-Russie ne peuvent être bonnes et auront bien du mal à s’améliorer.

Il y a, bien sûr, l’héritage lointain de la guerre froide dont on laisse entendre aux populationsoccidentale qu’elle est de retour en raison de la volonté et des actions du « dictateur ( ?) » Poutine ;

Il y a « ce méchant Poutine, allié de Bachar, qui ne combat pas DAESH ???, mais qui massacre les pauvres « terroristes modérés » qui veulent promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Syrie » ; « Ce méchant Poutine qui écrase ALEP sous les bombes, et qu’il faudrait juger au TPO (Tribunal Pénal Occidental) pour crime de guerre et crime contre l’humanité ; »

Il y a « ce méchant Poutine qui agresse la pauvre Ukraine et annexe la Crimée (on n’ose pas ajouter contre la volonté de sa population) » ; et qui soutient les deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk contre le gouvernement légitime ( ?), issu du coup d’état de Maidan ; »

Il y a « ce méchant Poutine qui provoque l’OTAN et menace l’occident tout entier par ses actions en Ukraine et au Proche orient ; » et qui ose faire transiter sa flotte par la Manche.

Il y a aussi« ce méchant Poutine qui vient perturber les élections US en favorisant l’élection de Trump » et qui, avec Wikileaks et Julien Assange complote contre les États-Unis ; »

Il y a, encore et toujours, « ce méchant Poutine, qui envoie 100 hooligans, super entraînés au combat, rosser 2 000 supporters (et hooligans) anglais lors de la coupe du monde de football ; »

Il y a ce méchant Poutine qui dope ses athlètes et dont le pays doit être interdit de JO, alors que nous, gentils occidentaux, ne dopons jamais nos sportifs (sauf exceptionnellement tout de même : Lance Armstrong et beaucoup d’autres).

Il y a enfin « ce méchant Poutine qui, à l’ONU, met son veto, avec la Chine, à toutes les excellentes résolutions que nous proposons pour favoriser la paix dans le monde et l’instauration de la démocratie ; »

Il y a même, pour les météorologues, ces vagues de froid désagréables qui nous viennent de Sibérie, pays du méchant Poutine.

Depuis que Trump a exprimé sa volonté d’améliorer la relation USA-Russie ..., l’hystérie russophobe a véritablement explosé dans tous les milieux sous forte influence AIPAC (camp démocrate, néocons, médias, sayanims, people).

Qu’on en ait eu conscience ou non, Israël a certainement indiqué sa préférence à la direction de l’AIPAC, son relais aux États-Unis, pour qu’il soutienne prioritairement la russophobe Clinton dans l’élection présidentielle. L’AIPAC l’a fait de manière très officielle en mars 2016. Si Tel Aviv ne l’avait pas voulu, il ne l’aurait pas fait.

Aujourd’hui, Israël n’a pas changé d’avis. Trump, le russophile, élu malgré tous les efforts consentis pour le faire battre, avec 95% des médias contre lui, un budget de campagne de 800millions de $, très inférieur à celui de Clinton (1,3 milliard de $) n’est pas le Président espéré parTel Aviv et il faut donc le mettre dans une situation telle qu ’ il ne puisse pas réaliser un rapprochement avec la Russie, préjudiciable aux intérêts israéliens.

Soutenus par l’AIPAC, les néoconservateurs et les sayanims de tous les secteurs, les médias et les people sont à la manoeuvre. Le milliardaire SOROS, 87 ans, d’ascendance ashkénaze, bien connu pour avoir financé toutes les « révolutions colorées » dans le monde, expert de classe mondiale dans la création du chaos, fervent soutien et second principal donateur de la campagned’Hillary, dirige la dissidence en finançant très ouvertement les manifestations anti-Trump dans quelques grandes villes à forte majorité démocrate. Ces manifestations sont évidemment relayées et leur ampleur fortement exagérée par des médias complices, y compris en Europe.

Du côté du Congrès, Netanyahu et l’AIPAC comptent aussi sur l’appui de leurs nombreux soutiens néocons démocrates mais aussi républicains.

Dans le propre camp du Président élu, le sénateur Mc Cain, président de la commission de la défense, et le sénateur Lindsay Graham, président de la commission des affaires étrangères, ont déjà déclaré leur opposition déterminée à toute levée par Trump des sanctions contre la Russie.
Ils ont même menacé Trump de passer par la voie législative pour interdire tout rapprochement jugé contraire aux intérêts des États Unis et à la sécurité nationale.

Les jeunes sénateurs Rubio et Cruz, anciens concurrents de Trump à la primaire républicaine, qui souhaitent évidemment poursuivre une brillante carrière politique, se sont prononcés, eux aussi, contre tout rapprochement avec « l’ennemi » Russe.

Dans de telles conditions, Trump aura du mal à faire valoir son point de vue et à tenir ses promesses de campagne. Il rencontrera beaucoup d’obstacles sur le chemin de la normalisation des relations avec la Russie. Il n’a pas la majorité au Congrès sur tous les sujets si l’on tient compte des parlementaires néocons de son propre camp qui travaillent directement pour l’état hébreu.

Pour conclure, sur les relations USA-Israël, le seul homme qui dispose vraiment de la majorité absolue au Congrès US aujourd’hui est bien Benjamin Netanyahu.

Mais Trump est un homme fort, déterminé et malin qui sait parler au peuple américain.
Contre toute attente, il a gagné les primaires républicaine. Contre toute attente, contre 95% desmédias et des instituts de sondage, et avec moitié moins de dépenses que son adversaire, il a gagné la présidentielle. Il ne renoncera peut être pas à la normalisation des relations avec la Russie. Son Secrétaire d’État Tillerson est populaire. Il peut, à petit pas, y parvenir en obtenant, par exemple, un nouvel accord sur le désarmement.

* * *

En conclusion, on peut vraiment se demander si l’action bipartisane et combinée de l’AIPAC,des néoconservateurs et des sayanims US, tous étroitement unis dans la défense des intérêts de l’état hébreu, ne décide pas souvent de la politique étrangère des États Unis et donc de la paix ou de la guerre dans telle ou telle partie du monde.

Il est aussi fascinant de constater qu’Israël, petit État de 22 000 km² (2 fois le département de la Gironde), peuplé de 8,6 millions d’habitants (30% de moins que l’Île De France) puisse exercer une telle influence au niveau planétaire.

Ce système « pro-Israël » qui fonctionne parfaitement aux États Unis existe-t-il à l’identique dans d’autres pays ? La réponse est oui.

Un tel système existe, mais plus opaque, dans une bonne dizaine de pays au moins, parmi lesquels la France, la Grande Bretagne, le Canada, l’Australie mais aussi le Brésil, l’Argentine et même la Russie où il est, aujourd’hui, maîtrisé par Poutine.

En France, il existe bien un lobby dont l’influence a été évoquée par François Mitterand. Il existe bien des néocons qui influencent les décisions de politique étrangère et de défense. Le journaliste d’investigation Vincent Jauvert en a débusqué tout un groupe qui contrôlerait le Quai d’Orsay et serait gentiment surnommé par leurs collègues : « la secte ».

Quant aux sayanims, ils seraient environ 2000 en France selon Jacob Cohen. On les trouve évidemment dans le gouvernement et la haute administration, au parlement (60 députés francoisraéliens), aux Affaires Étrangères, à la Défense, dans le renseignement, dans la presse, dans l’audiovisuel, à la culture, dans les affaires et chez les people.

Ceci explique que notre politique étrangère soit strictement alignée sur celle des USA depuis 2007. Ceci explique aussi que notre presse se soit strictement alignée sur la presse US pour porter la candidature d’Hillary, la russophobe, contre Trump le russophile. Ceci explique enfin pourquoi nos médias poursuivent le dénigrement systématique de Trump avec leurs partenaires US.

On peut aussi se demander si le « système » décrit ci dessus, en essayant de promouvoir, pour les prochaines présidentielles française, un candidat à sa botte, ne fait pas payer à Mr François Fillon sa volonté affichée de dialogue avec Poutine et Bachar el Assad, deux adversaires d’Israël.

Le simple examen des noms, des CV et des entreprises des patrons des médias les plus agressifs envers Mr Fillon est, en effet, assez révélateur.

Il y a le groupe Le Monde avec Louis Dreyfus, Pierre Berge, et Niel (Le Monde, La Vie, Le Huffington Post, Le courrier international, le Nouvel observateur, rue 89, …etc….)

Mais il y a surtout les médias du franco-israélien DRAHI, sayan émérite, qui a reçu le prix Scopus de l’université hébraïque de Jérusalem le 18 mars 2015 : (L’Express, L’Expansion, L’Étudiant, Libération, BFMTV, RMC, I24 …etc... ),

Le nombre et la notoriété des titres coalisés autour de la candidature de Mr Macron, donc contre celle de François Fillon, sont impressionnants. Le bon peuple sera-t-il dupe ? Rien n’est moins sûr.

A noter, pour l’anecdote, quatre faits incontestables :

1 - Mr Macron , ministre des finances, a aidé Mr Drahi, en lui accordant un feu vert de Bercy le 28 octobre 2014 pour racheter SFR. Ce feu vert avait été refusé par son prédécesseur parce qu’il posait des problèmes importants de surendettement, de fiscalité, et de concurrence. Mr Montebourg, ministre précédant Mr Macron, disait de Mr Drahi : « Il a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey, dans un paradis fiscal, et lui-même est résident suisse ».

2 – L’empire Drahi a aujourd’hui une dette colossale de 50 milliards d’euros, plus élevée que celle de Madoff au moment de sa faillite. Il va avoir besoin de soutien dans les années à venir , pour sortir du surendettement dans lequel il se trouve, d’autant que la valeur de ses actifs ne cessent de chuter en bourse. A moins que l’épilogue de cette aventure Drahi ne ressemble à celle des affaires Stavisky ou Madoff.

3 – Le banquier de Mr Drahi, Bernard Mourad, ancien de la banque Morgan Stanley, devenu patron de Altice média (du Groupe Drahi), a démissionné de ses fonction en Octobre 2016 pour devenir conseiller spécial d’Emmanuel Macron.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/10/04/bernard-mourad-ancien-banquier-de-patrickdrahi-rejoint-emmanuel-macron_5008158_823448.html

4 – L’empire médiatique de Drahi soutient aujourd’hui avec une énergie farouche la candidature de Mr Macron en tentant d’écraser Mr Fillon. Il ne s’agit peut être que de coïncidence, mais cela ressemble furieusement à un renvoi d’ascenseur pour le feu vert d’octobre 2014 et à nouvel investissement de l’empire Drahi pour les années à venir. Une campagne électorale coûte cher. Qui donc finance celle de Mr Macron ?

Les médias de Drahi et de Bergé décideront-ils, à eux seuls, de l’issue du scrutin d’avril prochain , en « travaillant » quotidiennement au corps les électeurs français ?

Les français auront-ils un sursaut de lucidité en rejetant cette forte incitation médiatique à voter selon le plan des Drahi, Bergé et consorts, et en faisant mentir les sondages comme ils l’ont fait en novembre et janvier dernier ?

L’avenir nous le dira.

Général (2S) Dominique DELAWARDE

Mise en ligne CV : 20 février 2017

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Qui utilise la presse et la Justice contre Trump & Fillon ?

Publié le par Felli Bernard

Qui utilise la presse et la Justice contre Trump & Fillon ?

Comment ne pas être frappé par la ressemblance entre les campagnes visant à abattre Donald Trump et François Fillon ? Comment ne pas observer que ces deux hommes, à la personnalité et à l’idéologie fort différentes, menacent les mêmes intérêts ?

| Damas (Syrie)
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Simultanément de très vastes campagnes de presse se développent dans le monde occidental à la fois contre le président états-unien Donald Trump et, à une moindre échelle, contre un candidat à l’élection présidentielle française, François Fillon. Le premier est accusé d’être un suprémacisme blanc irresponsable ; le second est accusé d’avoir commis ce qui est décrit comme une faute morale non sanctionnée par la loi.

Jamais, il y a seulement un an, on aurait pu imaginer de telles campagnes contre un ancien Premier ministre français et plus encore contre le président en exercice des États-Unis d’Amérique.

Ces campagnes déclinent les dix arguments traditionnels de la propagande de guerre, tels qu’observés en 1928 par Lord Arthur Ponsonby (Falsehood in Wartime) puis précisés par le professeur Anne Morelli (Principes élémentaires de propagande de guerre) :
 Nous déplorons cet affrontement avec un président en exercice (USA) et durant une campagne présidentielle (France).
 MM. Trump & Fillon sont les seuls responsables de ce qui arrive.
 MM. Trump & Fillon sont des personnalités dangereuses.
 Nous défendons une noble cause, celle des principes de notre Constitution (USA) et celle de l’égalité (France), tandis que MM. Trump & Fillon ne se préoccupent que de leur fortune personnelle.
 MM. Trump & Fillon se comportent très mal. Le premier s’en prend aux musulmans, le second est un voleur. Certes, nous avons nous aussi commis des erreurs, mais pas du tout à la même échelle.
 MM. Trump & Fillon utilisent des méthodes non orthodoxes.
 MM. Trump & Fillon sont en déroute. Le premier vient d’être désavoué par les tribunaux fédéraux, le second par les sondages.
 Les artistes et intellectuels partagent notre indignation.
 Notre cause a un caractère sacré.
 Ceux qui mettent en doute nos médias ne sont ni de vrais « Américains », ni de vrais Français.

Dans les deux cas, cette campagne s’accompagne d’actions judiciaires vouées à l’échec. La première vise à invalider un décret relatif à l’immigration bien que celui-ci soit parfaitement légal et constitutionnel, la seconde à justifier des investigations policières alors que la cible n’est suspectée d’aucun manquement à la loi. Ces actions prospèrent contre toute logique.

Qui est en mesure d’actionner à la fois les médias et la Justice ?

Compte-tenu du caractère international de ces campagnes, il est clair que leurs commanditaires ne réagissent pas à des enjeux nationaux et ne sont pas eux-mêmes de simples États-uniens ou Français.

Dans les années précédentes, de telles campagnes ont eu lieu à l’instigation de l’Otan. Les plus récentes visaient la République arabe syrienne. Cependant rien ne permet d’accuser cette fois l’Otan d’agir contre la Maison-Blanche, ni de perturber l’élection présidentielle française.

Outre l’hypothèse de l’Otan comme donneur d’ordre, on peut imaginer une coalition d’intérêts financiers transnationaux capable d’influer sur les quelques magnats de la presse ; l’effet grégaire provoquant le reste pour entraîner les autres médias.

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Le New York Times sonne l’halali : Donald Trump s’apprête à interdire les Frères musulmans

Quels intérêts se sentent-ils menacés par ces deux hommes au point d’organiser de telles campagnes ?

Le seul point commun entre MM. Trump et Fillon est de vouloir mettre fin à l’impérialisme en substituant, partout où cela est possible, de la coopération à de l’affrontement. Si bien d’autres responsables politiques dans le monde défendent cet objectif, MM. Trump et Fillon sont les seuls à aller au bout de cette logique. Selon eux, il ne sera pas possible de restaurer la paix et la prospérité sans en finir d’abord avec l’instrumentation du terrorisme islamique, sans libérer le monde musulman de l’emprise des jihadistes, et sans aller jusqu’à attaquer la matrice du terrorisme : les Frères musulmans.

 

Discours du candidat à l’élection présidentielle française d’avril 2017, François Fillon (extrait)

Mes amis, disons les choses. L’islam radical est en train de gangrener une partie de nos concitoyens musulmans. Cet islam radical nous défie. Il défie nos valeurs communes. Président de la République, je ne le laisserai pas faire.

Je veux… (Applaudissements)

Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République ne sera pas achevé. Je veux la dissolution de tous les mouvements qui se réclament du salafisme, mais aussi des Frères musulmans. (Applaudissements)

Je veux… (Ovation)

Je veux la clarification de nos relations avec l’Arabie saoudite et le Qatar, qui abritent les penseurs de l’islam radical. (Ovation)

Moi, je ne parle pas de « lutte contre les communautarismes » pour ne pas avoir à nommer le problème que nous avons avec l’islam radical. Le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme ne dénoncent pas les valeurs de la République. Cessons donc de faire croire qu’il faut durcir les règles de la laïcité au prix d’atteintes inacceptables à la liberté religieuse, alors que seule la poussée intégriste qui enflamme le monde musulman est une menace pour notre société. (Applaudissements)

Depuis longtemps, vous me l’accorderez, je dis qu’il faut faire face au risque d’une guerre mondiale provoquée par le totalitarisme islamique. Ce totalitarisme est comparable au nazisme. Il étend son ombre sur des territoires de plus en plus vastes, du Sud-est asiatique jusqu’à l’Afrique occidentale.

Et bien, pour gagner cette guerre, il va nous falloir beaucoup d’efforts et il va nous falloir beaucoup d’alliés. Et, parmi ces alliés, la Russie, que l’on continue à sanctionner alors que c’est l’Etat islamique [Daesh] que nous devons terrasser ensemble. (Applaudissements)

J’entends… j’entends les amis de mon concurrent me soupçonner de vouloir renouer avec la Russie une relation normale, faite de franchise et de coopération. Et bien, je les laisse à leurs circonvolutions. Moi, je prendrai tous les moyens pour protéger les Français et j’utiliserai tous les pays volontaires pour abattre l’Etat islamique. (Applaudissements et cris de « Fillon, Fillon ! »)

Plus nous attendons, plus la guerre dure – avec ses massacres –, plus les Russes agissent en solo, plus les métastases du totalitarisme s’étend, plus les réfugiés prennent la mer et plus les chrétiens d’Orient sont décimés. (Applaudissements)

Et je profite d’être à Lyon pour saluer les Lyonnais, qui se sont beaucoup engagés dans la bataille pour sauver les chrétiens d’Orient (Applaudissements). Et je pense en particulier à Alain Mérieux et à la Fondation Mérieux, qui m’ont donné la possibilité d’aller dans les camps de réfugiés, au Kurdistan irakien, apporter ces médicaments qui sont le strict minimum pour permettre à ces hommes et ces femmes, chassés de leurs domiciles et de leurs territoires, de survivre.

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