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Les #Panama Papers sont un moyen de chantage idéal

Publié le par Felli Bernard

Les #Panama Papers sont un moyen de chantage idéal

Les #Panama Papers sont un moyen de chantage idéal

Le 3 mars 2016 – Source Moon of Alabama

Une vraie fuite de données d’un cabinet d’avocats au Panama serait très intéressante. Beaucoup de gens riches et/ou des politiciens cachent de l’argent dans les sociétés fictives que ces firmes panaméennes fournissent. Mais les fuites actuelles de données, diffusées, à grand renfort de publicité, par plusieurs empires de presse qui soutiennent l’OTAN et par une organisation non gouvernementale financée par le gouvernement américain, ont simplement pour but inavouable de salir des personnalités que l’empire américain n’aime pas. Elles offrent aussi une belle occasion d’en faire chanter d’autres en promettant de ne pas publier des informations en échange d’une faveur ou d’une autre.

Il y a déjà 16 mois, Ken Silverstein a publié un reportage sur Vice à propos de Mossak Fonseca, un gros fournisseur véreux de sociétés fictives du Panama. (L’Intercept de Pierre Omidyar, pour lequel Silverstein travaillait alors, avait refusé de publier le reportage.) Yves Smith a publié plusieurs longs articles sur le business du blanchiment d’argent de Mossak Fonseca. Silverstein a également redit une chose bien connue, à savoir que Rami Makhlouf, un riche cousin du président syrien Assad, avait de l’argent caché dans des sociétés fictives de Mossak Fonseca. Il a écrit:

Pour pouvoir fonctionner, les sociétés fictives comme Drex ont besoin d’un agent agréé, parfois un homme de loi, qui dépose les documents d’enregistrement nécessaires et dont le bureau sert habituellement d’adresse à la société fictive. Cela crée un intermédiaire entre la société fictive et son propriétaire, surtout si l’entreprise fictive est enregistrée dans un paradis fiscal où l’information sur la propriété est protégée par un mur impénétrable de lois et de règlements. Dans le cas de Makhlouf – et, comme je l’ai découvert, dans le cas aussi d’hommes d’affaires véreux et de gangsters du monde entier – l’organisation internationale qui a permis d’enregistrer sa compagnie fictive et de la protéger contre la surveillance internationale était un cabinet d’avocats appelé Mossack Fonseca, qui a fait office d’agent agréé de Drex du 4 juillet 2000 à la fin de 2011.

L’année dernière, quelqu’un a fourni des tonnes de données de Mossak Fonseca à un journal allemand, le Süddeutsche Zeitung. Le quotidien munichois est politiquement au centre droit et résolument pro-OTAN. Il coopère avec le Guardian, la BBC, Le Monde, le Consortium international des journalistes d’investigation et d’autres organes de presse qui sont tous des partisans avérés de l’Establishment.

Le Süddeutsche affirme que les données fuitées concernent quelques 214 000 sociétés fictives et 14 000 clients de Mossak Fonseca. Il y a sûrement beaucoup de boue cachée là-dedans. Combien de sénateurs des États-Unis sont impliqués dans ces sociétés ? Quels politiciens de l’Union européenne ? Quelles sont les grandes banques de Wall Street et les fonds spéculatifs qui se cachent au Panama ? Oh pardon. Le Süddeutsche et ses partenaires ne répondront pas à ces questions. Voici comment ils analysent les données:

Les journalistes ont réuni des listes des politiciens importants, de criminels internationaux, d’athlètes professionnels bien connus, etc. Le traitement numérique a permis de rechercher ensuite si des noms de ces listes figuraient dans les fuites. La liste «scandale des dons au parti» contenait 130 noms, et la liste des sanctions de l’ONU plus de 600. En quelques minutes, le puissant algorithme de recherche a comparé les listes avec les 11,5 millions de documents.

Pour chaque nom trouvé, un processus de recherche détaillé a été lancé au moyen des questions suivantes: quel est le rôle de cette personne dans le réseau des entreprises ? D’où vient l’argent ? Où va-t-il ? La structure est-elle légale ?

En d’autres termes, le Süddeutsche a pris des listes de criminels célèbres, de personnalités et d’organisations connues que les Étasuniens n’aiment pas et a vérifié s’ils étaient dans les données fuitées. Les résultats obtenus ont ensuite été évalués. Comme résultat, il y a l’éternel retour annuel de la campagne de diffamation contre le président russe Vladimir Poutine, qui n’est pas même mentionné dans les données de Mossak Fonseca, des accusations contre diverses personnes de la fédération de football de la FIFA, fort détestée des États-Unis, et la mention de quelques autres mécréants de moindre importance.

Il n’y a rien sur aucun Étasunien, rien du tout, ni sur aucun politicien important de l’OTAN. La victime la plus politique est bizarrement, à ce jour, le Premier ministre de l’Islande, Sigmundur David Gunnlaugsson, qui possédait, avec sa femme, une des sociétés fictives. Il n’y a aucune preuve que la propriété ou que l’argent détenu par cette société soient illégaux.

Alors, que faut-il déduire de tout ceci ?

Comme l’écrit l’ancien ambassadeur britannique, Craig Murray, pour comprendre le sens (s’il y en a un) de tout ça, il faut se pencher sur ce qui est caché par les organisations qui gèrent la fuite:

Le filtrage des informations de Mossack Fonseca par les médias est le reflet direct de l’agenda gouvernemental occidental. Bien qu’ils soient leurs principaux clients. aucune grande société occidentale, aucun milliardaire occidental n’est mentionné parmi ceux qui ont utilisé les services de Mossack Fonseca, Et le Guardian se dépêche de les rassurer en disant que «la plus grande partie des informations fuitées ne sera pas divulguée».

A quoi vous attendiez-vous ? La fuite est gérée par un organisme qui porte le nom grandiose, mais qui prête à rire quand on connaît l’oiseau, de Consortium international des journalistes d’investigation. Il est entièrement financé et géré par le Centre des États-Unis pour l’intégrité publique. Leurs bailleurs de fonds comprennent :

La fondation Ford

La fondation Carnegie

La fondation de la famille Rockefeller

La Fondation W K Kellogg

La Fondation pour une société ouverte (Soros)

Le Consortium International des journalistes d’investigation (ICIJ) fait partie du Projet de rapport sur le crime organisé et la corruption (OCCRP) qui est financé par le gouvernement américain à travers l’USAID.

La fuite consiste en un ensemble de données sélectionnées par des organisations amies des États-Unis à partir d’une base de données, probablement obtenue par les services secrets américains, qui contient sans aucun doute beaucoup d’informations fort compromettantes sur des personnes et des organisations occidentales.

La publication d’informations triées sur le volet à partir des données fuitées a deux objectifs:

  • Elle salit divers ennemis de l’empire, même si c’est seulement par personne interposée comme les présidents Poutine et Assad.
  • Elle prévient d’autres personnalités, celles qui figurent dans la base de données, mais dont les noms n’ont pas encore été révélés, que les États-Unis ou leurs partenaires médiatiques peuvent, à tout moment, exposer leur linge sale en public. C’est donc un moyen de chantage idéal.

La fuite des Panama Papers a été orchestrée par une petite coterie pour incriminer quelques personnes et quelques organisations qui ne plaisent pas aux États-Unis. Cela permet aussi de montrer les instruments de torture dont ils disposent aux personnes qui ont fait affaires avec Mossak Fonseca, mais dont les noms n’ont pas (encore) été publiés. Ces personnalités sont maintenant entre les mains de ceux qui contrôlent la base de données. Elles devront faire ce qu’on leur dit, sinon…

Traduction : Dominique Muselet

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France et Allemagne tergiversent sur l’avenir de la zone euro

Publié le par Felli Bernard

France et Allemagne tergiversent sur l’avenir de la zone euro

France et Allemagne tergiversent sur l’avenir de la zone euro

Par : Cécile Barbière | EurActiv.fr

9:39 (mis à jour: 10:21)

Angela Merkel et François Hollande vont se retrouver le 7 avril à Metz pour un nouveau conseil franco-allemand, mais sans proposition sur l'avenir de la zone euro.

[Reuters]

France et Allemagne espèrent présenter une position commune sur l’approfondissement de la zone euro d’ici fin 2016. Mais le dossier peine à avancer, à la veille du conseil franco-allemand du 7 avril.

Les multiples crises qui ont secoué l’UE en 2015 et le spectre du Brexit ont relégué le projet franco-allemand sur la zone euro à plus tard.

Les dirigeants des deux pays doivent se retrouver à Metz le 7 avril pour un 18ème conseil des ministres franco-allemand, accompagnés d’une quinzaine de ministres des deux pays.

Un rendez-vous annuel au cours duquel on attendait la présentation des propositions communes des deux pays en matière d’approfondissement de la zone euro. Un chantier sur lequel Angela Merkel et François Hollande ont promis une position commune d’ici la fin de l’année 2016.

>>Lire : Le budget de la zone euro, une bonne idée qui stagne

« La zone euro doit continuer à être approfondie. Il y a aujourd’hui une volonté de la France et de l’Allemagne de porter de nouvelles propositions institutionnelles pour permettre un approfondissement. Mais ce travail viendra un peu plus tard » explique une source proche de l’Élysée.

Pour l’heure, les deux chefs d’État ont soumis une proposition commune visant à renforcer la zone euro, mais à traités constants en mai dernier.

Dans cette contribution commune , les deux principales économies de la zone euro avaient notamment proposé de mettre en place une véritable gouvernance de la zone euro via l’organisation de sommets dédiés, ainsi que la mise en place d’instrument de convergences des politiques fiscales et sociales, etc.

>>Lire : France et Allemagne poussent pour plus d’intégration économique en UE

La délicate question d’un changement de traité permettant un renforcement plus important de la zone euro avait été renvoyé à 2016. Mais peine à avancer, malgré le consensus des deux pays sur le besoin sur la nécessité d’approfondir l’Union économique et monétaire.

Le frein du Royaume-Uni

Une des raisons de la lenteur des débats relève du Royaume-Uni. Le référendum sur le Brexit qui doit se tenir au mois de juin devrait libérer la voix de la France et de l’Allemagne pour formuler des propositions qui intègreront la nouvelle situation du Royaume-Uni.

« Le choix que fera le peuple britannique aura un impact évident sur l’avenir de l’UE et de la zone euro, même s’il décide de rester » explique un proche de l’Élysée.

>>Lire : Approfondir la zone euro, le débat qui fait pshitt

Le renforcement de la zone euro fait en effet parti des bêtes noires de Londres, qui craint qu’un intégration renforcée de la gouvernance de l’UE ne l’exclût un peu plus du centre de décision de l’UE.

Au-delà de l’impact économique d’une sortie du Royaume-Uni de l’UE, un Brexit signerait aussi la disparition de la principale opposition au renforcement de la zone euro.

« La zone euro n’a pas achevé son intégration complète, elle a vocation à devenir le cœur de l’Union européenne » explique une source.

Multiplication des crises

Autre frein, la multiplication des crises au sein de l’UE a laissé peu de temps en 2015 à Angela Merkel et François Hollande pour se pencher sur les sujets de fonds.

Le Conseil franco-allemand doit d’ailleurs lui aussi se pencher sur une ribambelle de sujets dont l’urgence est évidente.

La question de la crise des réfugiés va occuper une partie des décisions, mais aussi la question de la lutte contre le terrorisme et de la sécurité. La situation économique de l’UE, notamment sur les fronts de la croissance et l’emploi doit aussi s’inviter à la table des débats.

>>Lire : Hollande et Merkel planchent sur une proposition pour la zone euro

Les révélations du nouveau scandale d’évasion fiscale, les Panama Papers, doivent aussi faire l’objet de discussion entre les ministres des Finances des deux pays.

« Il y a eu beaucoup de dossiers urgents dans l’actualité des derniers mois qui ont occupé Angela Merkel et François Hollande » reconnait une source.

Divergences

Pour autant t, la position franco-allemande n’est pas seulement victime d’un manque de temps, mais aussi de divergences de fonds sur lesquelles les deux pays vont avoir des difficultés à s’accorder.

La question de la création d’un budget spécifique à la zone euro fait encore débat entre les deux pays. « Les propositions ne sont pas encore prêtes, il leur faut un temps de maturation » explique une source.

>>Lire : Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel veulent réparer les défauts de l’euro

De son côté François Hollande a régulièrement plaidé pour la création d’un véritable budget de la zone euro, adossé à un Parlement de la zone euro, tandis qu’Angela Merkel demeure plus prudente sur le sujet.

Parmi les quelques sujets à faire consensus, la question de la représentation extérieure de la zone par le président de l’Eurogroupe, proposée par la Commission, fait l’unanimité contre elle. En grande partie, car France et Allemagne sont les deux seuls pays de la zone euro à posséder un siège à part entière au sein du FMI.

La réflexion autour d’un budget propre à la zone euro, qui permettrait d’amortir les chocs cycliques, progresse rapidement ces derniers mois. Le Parlement européen peaufine ses propositions, et deux conseils européens se pencheront sur le sujet d’ici la fin de l’année.

Eurodéputée, Pervenche Berès est à la tête de la délégation socialiste française et membre de la délégation …

EurActiv.fr

Lors du sommet de l'euro du 24 octobre 2014, le président de la Commission européenne, le président du sommet de l'euro, le président de l'Eurogroupe et le président de la Banque centrale européenne ont été invité à collaborer pour « préparer les prochaines étapes d'une meilleure gouvernance économique de la zone euro ».

Le Conseil européen du 18 décembre 2014 a confirmé le mandat donné aux quatre présidents. La première étape de cette collaboration a été la rédaction d'une note d'analyse servant de base à une discussion lors du Conseil européen informel du 12 février 2015.

La poursuite de la discussion sur l'avenir de la zone euro est maintenant suspendue à la position des Etats membres sur le sujet, en particulier de la France et de l'Allemagne qui ont prmis de présenter une position commune sur le sujet avant la fin de l'année 2016.

  • 7 avril 2016: Conseil franco-allemand - Metz (France)

Par : Cécile Barbière | EurActiv.fr

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Pour WikiLeaks, les «Panama Papers» ont été financés par les Etats-Unis pour attaquer Poutine

Publié le par Felli Bernard

Pour WikiLeaks, les «Panama Papers» ont été financés par les Etats-Unis pour attaquer Poutine

Pour WikiLeaks, les «Panama Papers» ont été financés par les Etats-Unis pour attaquer Poutine

6 avr. 2016, 14:24

Source: Reuters

Le logo de WikiLeaks

L'organisation fondée par Julian Assange a remis en question sur Twitter l'intégrité de la fuite des «Panama Papers», estimant que celle-ci était utilisée pour attaquer la Russie et son président, avec des fonds – publics et privés – américains.

Pour l'organisation à l'origine de la plus grande diffusion de documents classifiés de l'histoire, le fait que le gouvernement américain ait «directement financé les Panama Papers pour attaquer Poutine sape gravement l'intégrité de l'OCCRP [Projet de Dénonciation du Crime Organisé et de la Corruption]». En effet, une simple visite sur le site de l'organisation permet de constater que ces deux organisations sont ses sources de financement.


Ces attaques se sont notamment traduites par des Unes de journaux mettant directement en avant le président russe Vladimir Poutine, à l'instar de celle du Guardian, sans que son nom ne soit pourtant directement cité. De plus, le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio, a confié à France Inter que la méthode de travail de ses équipes consistait à «chercher les noms qui pouvaient correspondre à des milieux où l'on sait qu'il existe de la corruption». Un journalisme du «ctrl+f» qui a permis de retrouver des proches de Vladimir Poutine, liés «d’une manière ou d’une autre» à cette affaire, pour son implication supposée dans la vente de biens d'Etat qui aurait conduit à l'enrichissement de ses amis.

© Guardian

Capture d'écran du site du Guardian

Lire aussi

L’USAID est une agence gouvernementale américaine dépendant du département d’Etat. Ses objectifs visent notamment à promouvoir «la politique étrangère états-unienne en soutenant […] la démocratie». WikiLeaks avait déjà révélé que cette organisation avait joué un rôle proéminent, en 2002, dans la tentative de coup d’Etat contre le leader vénézuélien Hugo Chavez, connu pour son opposition à l’hégémonie américaine. Consciente des activités de cette organisation, Moscou avait décidé de faire fermer ses représentations en Russie dès 2012.

Mais le pays a décidé d'aller plus loin l'année dernière, et a provoqué un tollé international en décidant d’expulser certaines ONG «jugées menaçantes pour l’ordre constitutionnel, la défense ou la sécurité de la Russie». La fondation Prometheus avait alors consacré une étude aux soutiens financiers de ces organisations, constatant notamment qu'Open Society et USAID se trouvaient derrière certaines d’entre elles.

© Fondation Prometheus

Les ONG expulsées de Russie

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Open Society s’est notamment récemment illustrée en Ukraine lors de la «Révolution de Maïdan». Son fondateur George Soros, avait notamment reconnu dans une interview donnée à CNN, que sa «fondation en Ukraine a joué un rôle important dans ces évènements». Le pays est aujourd'hui toujours en proie à une guerre civile entre russophones rebelles des républiques du Donbass et le régime de Kiev soutenu par les occidentaux.

Le journal Le Monde, mis en cause pour appartenir au consortium de «journalistes d’investigation» ayant diffusé ces «Panama Papers», a qualifié «d’intox» tout rôle joué par USAID ou George Soros dans cette enquête. En effet, pour le quotidien du soir, George Soros «n’est qu’un des nombreux donateurs» de l’ICIJ ; occultant par-là le partenariat avec l’OCCRP, dont les deux principales sources de financement sont le millionnaire et le département d’Etat américain.

International

Pour WikiLeaks, les «Panama Papers» ont été financés par les Etats-Unis pour attaquer Poutine

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L’Histoire vue par le Commandement central US : «2014 – Le groupe terroriste syrien ISIS envahit l’Irak»

Publié le par Felli Bernard

L’Histoire vue par le Commandement central US : «2014 – Le groupe terroriste syrien ISIS envahit l’Irak»

L’Histoire vue par le Commandement central US : «2014 – Le groupe terroriste syrien ISIS envahit l’Irak»

Le 2 avril 2016 – Source Moon of Alabama

Une grande partie de l’armée, des services secrets et des politiciens des États-Unis veulent se dédouaner de la création d’État islamique en Irak et en Syrie. Et pour cela ils ont recours à une falsification sans précédent des faits historiques. Ils inventent des récits fantaisistes qui gomment complètement leurs propres erreurs.

Le Commandement central (CentCom) des États-Unis a mis en place une coalition militaire de plusieurs pays pour se battre contre ISIS. L’opération est connue sous le nom de Résolution inhérente. CentCom a créé un site web pour promouvoir l’opération. Sur la page À propos de ce site, nous trouvons les renseignements historiques suivants sur ISIS:

Pour agrandir l’image

HISTOIRE

À l’été 2014, un nouveau groupe terroriste, né à la faveur du chaos engendré par la guerre civile en Syrie, a traversé la frontière syro-irakienne et s’est emparé de grandes pans du territoire irakien dans la vallée de l’Euphrate et au nord de l’Irak. Plusieurs villes irakiennes sont tombées aux mains des envahisseurs qui avaient pris le nom d’État islamique. A la fin de l’été, Bagdad lui-même paraissait menacé par EI.

Ceci n’est pas seulement très éloigné de la vérité, mais c’est un ramassis d’inventions scandaleuses dont le but est de nier et de déformer ce qui est réellement arrivé. ISIS n’a pas été créé en Syrie, mais en Irak ; le groupe existait bien avant 2014 et son existence n’a rien à voir avec la guerre contre la Syrie. Dire qu’ISIS est venu de Syrie, en 2014, et a envahi l’Irak est comme affirmer qu’Hitler a envahi l’Allemagne en 1944.

ISIS s’est créé en Irak à cause de la guerre des États-Unis contre ce pays. Les membres dirigeants d’ISIS, des anciens combattants d’al-Qaïda en Irak, se sont retrouvés, en 2006, dans le Camp Bucca, un camp américain de prisonniers en Irak, et y ont planifié la création du Califat d’ISIS.

Selon une enquête de CBS News, au moins 12 des principaux dirigeants d’ISIS sont passés par le Camp Bucca, y compris l’homme qui allait devenir le leader du groupe, Abou Bakr al Baghdadi. CBS News a des photos de 10 d’entre eux vêtus des combinaisons de prison jaunes de Bucca.

[…]

«Je pense qu’il est indéniable que l’une des principales causes de la croissance explosive d’ISIS après 2010 a été Bucca. C’est là qu’ils se sont rencontrés et c’est là qu’ils ont tout planifié», a affirmé Patrick Skinner.

Skinner fait partie du groupe Soufan et est un ancien agent de la CIA qui a passé pas mal de temps en Irak.

Il est indéniable qu’ISIS est né en Irak des années avant la guerre contre la Syrie:

Octobre 2006 – Le leader d’AQI, Abu Ayyub al-Masri , annonce la création d’État islamique d’Irak (ISI), et nomme Abou Omar al-Bagdadi comme leader.

Avril 2010 – Abu Bakr al-Bagdadi devient leader d’ISI après Abou Omar al-Bagdadi et Abou Ayyoub al-Masri tués dans une opération conjointe des États-Unis et de l’Irak.

Avril 2013 – ISI annonce avoir absorbé un groupe syrien soutenu par al-Qaïda, Jabhat al-Nusra, aussi connu sous le nom de Front al-Nusra. Al-Baghdadi dit que son groupe se fera désormais appeler État islamique en Irak et au Levant (ISIS). Le leader du Front al-Nusra, Abu Mohammed al-Jawlani, s’oppose aux efforts d’ISIS pour fusionner avec son groupe.

Là, CNN saute 2011 dans sa chronologie, l’année où le chef d’al-Nusra, Abu Mohammed al-Jawlani, a été envoyé par al-Baghdadi en Syrie, depuis l’Irak, pour réorganiser les cellules d’al-Qaïda qui avaient été secrètement créées en Syrie bien avant que les premières manifestations y aient lieu. Al-Jawlani, qui avait également été emprisonné dans le Camp Bucca, est arrivé en Syrie en mars 2011 au moment où les premières manifestations contre le gouvernement syrien venaient de commencer:

Selon un leader du mouvement jordanien salafiste et ultra-orthodoxe interdit, al-Bagdadi a envoyé al-Golani et Abu Jleibeen, un haut responsable d’al-Qaïda lié par son mariage à al-Zarqawi, se battre en Syrie …

Comme pour Ahrar al-Shams, les cellules de Jabhat Al-Nusra ont été secrètement créées avant même que la révolution en Syrie ne commence:

Le groupe Ahrar a commencé à former des brigades «après la révolution égyptienne», a affirmé Abu Zayd, bien avant le 15 mars 2011, date à laquelle la révolution syrienne a débuté avec les manifestations de la ville agricole du sud de Daraa.

Prétendre qu’État islamique est né en Syrie, comme CentCom le fait, c’est dire exactement le contraire de ce qui est vraiment arrivé. État islamique sous Baghdadi a envoyé des combattants et des dirigeants en Syrie pour déclencher et intensifier la révolution contre l’État syrien. Les racines religieuses et philosophiques d’ISIS sont ancrées dans le wahhabisme et sont d’origine saoudienne, et non syrienne ou irakienne.

Voilà, ci-dessous, un autre récit mensonger élaboré par les éléments de la CIA et les politiciens américains qui ont lancé la guerre contre la Syrie sous forme de révolution de couleur. Voyez ce grand titre de CBS, tellement faux qu’on en reste coi : Obama a rejeté le plan de la CIA qui aurait pu stopper ISIS : Officiels

La CIA, en 2012, a présenté un plan détaillé d’une opération secrète visant à éliminer le président syrien Bachar al-Assad du pouvoir, mais le président Obama a refusé de l’approuver, ont confié à NBC News des officiels américains dont certains sont encore en fonction.

[…]

Petraeus [le chef de la CIA], et d’autres responsables qui soutenaient le plan pensent qu’il aurait pu empêcher la montée d’ISIS, l’utilisation d’armes chimiques par Assad, la crise européenne des réfugiés et les dizaines de milliers de morts civils qui ont eu lieu depuis, selon d’anciens officiels.

Renverser le gouvernement syrien aurait créé plus de chaos en Syrie, ce que État islamique, déjà établi en Syrie à l’époque sous la forme de Jabhat al-Nusra, aurait très probablement utilisé pour se saisir Damas et prendre le pouvoir en Syrie. Tout le reste n’est qu’une vue de l’esprit qui ne tient aucun compte de la supériorité militaire que des groupes takfiri comme Ahrar, Nusra et ISIS ont toujours eu par rapport aux rebelles modérés djihadistes qui ont le soutien direct des États-Unis. L’article de CBS parle aussi de l’ancien agent de la CIA qui fut à l’original du plan d’action secrète. Il semble être en désaccord avec ce que le grand titre de CBS affirme:

Doug Laux dit que rétrospectivement, il ne croit plus que son plan secret, ni n’importe quel autre plan, aurait pu arrêter la progression d’ISIS ni mettre fin à la sanglante guerre civile en Syrie. Selon lui, «il n’y avait pas de modérés».

C’est effrayant de penser que le Commandement central, qui est censé combattre État islamique, puisse croire à sa propre propagande, à savoir qu’ISIS est venu de Syrie. On ne peut pas lutter avec succès contre ISIS si on ne connaît pas son origine réelle : la guerre des États-Unis en Irak et la performance insignifiante, pour ne pas dire carrément nulle, de CentCom au cours de cette guerre.

Traduction : Dominique Muselet

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Aucun chevalier blanc occidental ne viendra au secours de l’Ukraine

Publié le par Felli Bernard

Aucun chevalier blanc occidental ne viendra au secours de l’Ukraine

Aucun chevalier blanc occidental ne viendra au secours de l’Ukraine

Un article paru dans Forbes reconnaît que les dirigeants occidentaux ne courront pas au secours de l’Ukraine dans un conflit où la Russie a toutes les cartes en main

Par Alexander Mercouris – Le 28 mars 2016 – Source Russia Insider

Tandis que la crise politique continue à Kiev, Forbes vient de publier une des analyses les plus franchement brutales et réalistes du conflit ukrainien, à paraître dans les médias occidentaux.

(Voir ci-dessous, en fin d’article, la traduction de l’analyse de Forbes)

Qu’un tel article apparaisse dans un magazine américain, qui s’adresse surtout aux hommes d’affaires, n’est pas une surprise. Le degré d’alignement idéologique en Europe aujourd’hui est tel, qu’il est toutefois difficile d’imaginer un papier de ce genre dans l’un des journaux majeurs d’Allemagne, de France ou de Grande-Bretagne.

Cet article au fond, ne fait que reprendre l’analyse que nous avons toujours faite : dans le cas d’un affrontement géopolitique en Ukraine, entre Occident et Russie, ce sera toujours la Russie qui l’emportera en dernier ressort, car c’est la Russie qui conserve toutes les cartes majeures en main.

Tout simplement parce que de profonds liens géographiques, économiques, culturels, religieux, linguistiques et historiques, font que l’Ukraine compte bien davantage pour la Russie que pour les Occidentaux, et que la Russie peut agir et agira effectivement pour défendre ses intérêts de telle manière qu’aucun État occidental – pas même les États-Unis – ne le fera jamais.

Ceci a désormais été admis par le Président Obama lui-même. Voici comment le périodique The Atlantic rapporte ce point de vue : «La théorie d’Obama est simple : l’Ukraine est un enjeu vital pour la Russie mais pas pour les USA ; par conséquent la Russie dominera toujours l’affrontement et sa montée en puissance.»

Et d’ajouter : «Le fait est que l’Ukraine, qui n’est pas un pays membre de l’Otan, sera toujours vulnérable à une domination militaire russe, quoi que nous fassions.»

Ceci recoupe et confirme l’analyse de Forbes. C’est aussi celle que nous avons faite nous-même. Non seulement un Donald Trump dit la même chose – sans en souffrir politiquement – mais comme Forbes le dit justement : le conflit ukrainien a à peine effleuré les débats de la campagne présidentielle, montrant ainsi le peu d’intérêt porté par le public américain à ce sujet.

Bien qu’aucun dirigeant européen n’ait souhaité dire la même chose ouvertement, les points de vue énoncés par l’article de Forbes rencontrent discrètement un consensus croissant en Europe, dont les dirigeants se trouvent de plus en plus exaspérés par l’intransigeance ukrainienne (voir notre discussion ici et le même débat dans un autre article dans Forbes).

En effet, il est clair depuis quelques temps que c’est uniquement l’implication personnelle d’Angela Merkel dans la politique des sanctions, qui a permis à celles-ci de durer. Les craintes croissantes des milieux néoconservateurs et anti-russes face à la montée des pressions politiques exercées sur Merkel – illustrées par l’allégation que Poutine inonderait l’Europe de réfugiés afin de miner Merkel – montrent combien la politique des sanctions dépend d’elle.

En ce qui concerne l’Ukraine elle-même, le fait qu’aucun chevalier blanc ne viendra à son secours – comme l’énonce l’article de Forbes – aurait dû apparaître évident quand les Occidentaux ont refusé d’intervenir pour empêcher l’échec militaire de l’été 2014. Le comportement de Merkel durant les négociations de Minsk 2 en février 2015, aurait dû dissiper le moindre doute à cet égard.

Malheureusement – suivant le chemin tracé depuis l’indépendance ukrainienne – le réalisme n’a jamais été la caractéristique des politiques ukrainiennes. Pire, il y a une tendance certaine et croissante à fuir les réalités.

La révolte s’est enracinée dans le Donbass – provoquée par les politiques menées depuis Kiev – tandis que le désastre économique consécutif à la coupure des liens avec la Russie répand ses calamités, assez bien détaillées par Nicolai Petro, et chiffrées par Andréi Fomine dans Oriental Review.

Par contraste, un autre article de Jon Hellevig met en évidence le boom économique en cours en Crimée depuis la restauration des liens et des échanges avec la Russie.

Le fait est que les synergies économiques et culturelles construites entre l’Ukraine et la Russie durant 400 ans sont simplement trop puissantes pour ne pas causer de dommages massifs et irréparables en Ukraine si elles sont brutalement interrompues.

C’est la réalité que les dirigeants ukrainiens refusent de voir, alors que leur pays approche l’année zéro et qu’ils attendent un hypothétique chevalier blanc qui ne viendra jamais.

Alexander Mercouris

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Publié le par Felli Bernard

Cardinal BARBARIN
Cardinal BARBARIN

L’affaire Barbarin est-elle un règlement de comptes élyséen?

2 avril 2016

L’affaire Barbarin est-elle un règlement de comptes élyséen?

Ce texte a été lu4116fois

Le cardinal Barbarin est sur la sellette depuis plusieurs semaines dans les medias subventionnés. Cette mise en cause à rebondissements finit quand même par interroger: l’extrême précision et concentration des attaques portées contre ce cardinal français a tout de l’opération de déstabilisation parfaitement concertée et orchestrée. Tôt ou tard, trop, c’est trop: cette façon de maintenir un bruit de fond médiatique pour obtenir la tête d’un ecclésiastique est une méthode de gouvernement répugnante.

Barbarin, au coeur d’un feuilleton médiatique

Rappelons d’abord la chronologie des attaques.

L’affaire commence le 12 février 2016, lorsqu’une association de victimes d’attouchements pédophiles (La Parole Libérée) met en cause la passivité de Barbarin dans ce dossier antérieur à son arrivée à l’archevêché. Il lui est reproché de ne pas avoir dénoncé des faits imputables au père Preynat entre 1986 et 1991, soit plus de dix ans avant sa nomination à Lyon.

Le 4 mars 2016, un dominicain (qui ne dépend donc pas de l’autorité hiérarchique de Barbarin) installé dans le Rhône est à son tour mis en examen pour des faits de pédophilie.

Le 11 mars 2016, deux nouvelles plaintes dans le cadre du dossier Preynat sont déposées et rendues publiques.

Le 15 mars 2016, Manuel Valls appelle à la démission de l’archevêque, qui se place sous l’autorité du pape. Le même jour, on apprend, de façon floue, qu’un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur a porté plainte en février contre Barbarin pour non-dénonciation de faits liés à la pédophilie. Le prêtre auteur des faits est Jérôme Billioud.

Le 16 mars 2016, le Parisien reproche à Barbarin d’avoir accordé une promotion à un prêtre condamné pour des faits d’attouchements sexuels dans le diocèse de Rodez.

Le 30 mars 2016, la police judiciaire mène une perquisition à l’archevêché de Lyon.

Le 31 mars 2016, la justice réactive une enquête pour pédophilie sur un autre prêtre du diocèse, accusé d’exhibitionnisme et d’attouchements.

Le 1er avril 2016, la rumeur médiatique est nourrie par l’annonce d’une nouvelle plainte, dont plus personne ne sait si elle diffère ou non de la plainte déposée par le haut fonctionnaire du ministère.

Cette petite chronologie montre que, depuis le mois de février, le cardinal Barbarin est soumis à une véritable pression judiciaire et médiatique, dont l’une entretient l’autre d’ailleurs…

Le gouvernement à l’origine de la pression

En dehors des plaintes déposées par les militants de l’association « la parole libérée », la presse subventionnée évite de faire remarquer que le dossier judiciaire est quasi-vide. En revanche, les multiples actes de procédure ordonnés par le pouvoir ou par ses proches permettent de donner l’illusion d’une montagne de plaintes à répétition contre le cardinal. À y regarder de près, aucun des faits évoqués dans les dossiers ne s’est produit avec la complicité de Barbarin. Le reproche fait à l’intéressé se limite simplement à n’avoir pas suffisamment condamné des faits antérieurs à son arrivée.

Cela ne signifie bien entendu pas que l’attitude de l’Eglise est exemplaire dans ce dossier. Simplement, la nature des reproches adressés à Barbarin ne justifie pas la pression qui est mise sur lui ni l’entretien d’un feuilleton quasi-quotidien dans certains médias.

À ce titre, la complaisance des journaux subventionnés dans le Barbarin bashing devient de plus en plus suspecte.

L’interminable plainte déposée par un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur

L’exemple de la plainte déposée par « Pierre » le montre abondamment. Ce haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, qui est aussi, rappelons-le, le ministère des Cultes, décide d’attaquer Barbarin quelques jours après la campagne lancée par l’association « la parole libérée ». Si l’Etat était impartial dans cette affaire, il ferait le choix de différer les procédures pour éviter toute interférence entre son rôle de « tutelle » et son rôle d’accusateur. Dans le dossier Barbarin, c’est le contraire qui se produit. Chaque semaine, l’information est en effet réutilisée comme si elle était nouvelle.

Ainsi, le 15 mars, elle est révélée par le Figaro, qui assure que la plainte avait déjà été déposée en 2009 (et classée sans suite) et vise le prêtre Jérome Billioud.

Il affirme qu’à 16 ans, il a été victime des attouchements d’un prêtre lyonnais. À 42 ans aujourd’hui, il occupe un poste de premier plan dans un ministère. Avec calme et émotion, il raconte comment il a été abusé par le père Jérôme Billioud, de l’ensemble paroissial La Croix Rousse. Le prêtre est notamment connu pour avoir célébré une messe le 21 janvier 2011 pour la mort de Louis XVI avec l’Action française. Pierre soutient que le cardinal Barbarin «n’a rien fait pour éloigner ce prêtre des autres enfants ».

Un fonctionnaire qui occupe un poste de premier plan dans un ministère (mains on ne dit pas lequel…), victime d’un curé royaliste protégé par Barbarin: comment ne pas bondir de son fauteuil à cette annonce.

La même affaire est présentée le même jour un peu différemment sur le site de France 24:

« Ce sont des points très troubles de la vie d’un prêtre mais qui n’ont plus rien à voir avec de la pédophilie », a jugé l’archevêque de Lyon, d’après lequel les actes ont été commis sur un jeune âgé de 16 puis 19 ans au moment des faits, dans les années 1990. (…)

« Une plainte est déposée contre moi pour incitation au suicide par un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. De quoi s’agit-il ? Qui ai-je incité au suicide ? C’est inimaginable, cette affaire-là », s’est insurgé Mgr Barbarin (…).

Là encore, on s’étonnera que le jour même où Manuel Valls appelle Barbarin à démissionner, un haut fonctionnaire du ministère annonce une plainte contre le même Barbarin pour incitation au suicide. Dans la pratique, les faits sont les suivants:

Pierre explique avoir été victime d’attouchements lorsqu’il avait 16 ans au début des années 90. Les faits se seraient déroulés à l’hôtel Miramar de Biarritz au retour d’un pèlerinage à Lourdes. Il accuse le père Jérôme Billioud, alors prêtre de l’ensemble paroissial La Croix-Rousse.

En 2009, sur les conseils d’un médecin, il dit avoir rencontré le cardinal Barbarin. « Le cardinal m’a dit qu’il était parfaitement au courant et que ce prêtre avait déjà eu maille à partir avec la justice (pour une exhibition en pleine rue ndlr) et qu’il reconnaissait les faits me concernant. Le cardinal m’a demandé pardon au nom du prêtre »

Ainsi, le haut fonctionnaire (anonyme) du ministère de l’Intérieur aurait eu des pulsions suicidaires à cause de Barbarin à qui il s’est confié en 2009 sur des faits d’attouchements remontant à 1990. Et comme par hasard, c’est le jour où l’ancien ministre de l’Intérieur devenu Premier Ministre demande la démission du cardinal que la plainte est révélée…

L’intérêt de l’information est qu’à partir du 15 mars, le prêtre Jérôme Billioud est aussi accusé d’exhibitionnisme par la presse (reprenant des propos prêtés à Barbarin). Un patchwork commence alors à être fabriqué, dont on ne sait plus sur quoi il repose.

Ainsi, le 1er avril, le prêtre David G., qui officie dans le 2è arrondissement, semble, selon M6, accusé d’exhibitionnisme. Mais l’affaire est très floue et ressemble à l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours.

Ce dernier avait déjà été ciblé par une enquête il y a plusieurs années mais celle-ci avait été classée sans suite. De nouveaux témoignages seraient parvenus à la justice, selon nos informations. Selon une source proche du dossier, les faits d’agressions mis en cause concernent «une fille», dont l’âge n’a pas été précisé. Il s’agirait d’une adolescente, selon une autre source.

Ces plaintes sont révélées le vendredi 1er avril, alors que le mercredi 30 mars, la presse a confirmé l’information déjà donnée sur le Pierre, le haut fonctionnaire:

Les ennuis judiciaires s’accumulent pour Mgr Philippe Barbarin. Selon nos informations, l’archevêque de Lyon est désormais visé par cinq plaintes pour «non dénonciation» d’agressions sexuelles et «mise en danger de la vie d’autrui».

La dernière a été formellement déposée mardi à la sûreté départementale de Lyon par Pierre, cadre dans un ministère. Il reproche au Primat des Gaules d’avoir maintenu en fonction un prêtre, Jérôme Billioud, qui aurait abusé de lui au début des années 1990 alors qu’il était adolescent, puis jeune majeur. Il a expliqué avoir alerté Mgr Barbarin en 2009. Le curé n’a été suspendu qu’il y a deux semaines. Pierre avait signalé l’absence de réaction de l’archevêque au parquet, par un courrier au procureur, en février dernier. Mais ce n’est que mardi qu’il a formellement déposé plainte contre le prélat dans le cadre de son audition.

Voilà comment une seule plainte et une rumeur permettent de nourrir trois semaines de feuilleton judiciaire contre un homme dont l’opinion publique entend parler artificiellement. La plainte du haut fonctionnaire annoncée comme effective le 15 mars est finalement déposée le 30 mars et permet de repasser les plats, agrémentées de « nouveaux témoignages » sur un prêtre qui s’en serait pris cette fois à une jeune fille. Mais on n’en sait pas beaucoup plus. De toutes ces fumées, une chose est sûre: elles doivent bien cacher un feu.

Barbarin, l’homme à abattre

L’ensemble de ces affaires est évidemment traité avec un leit-motiv: Barbarin est un homme à abattre, et d’ailleurs personne n’aime ce personnage conservateur, limite intégriste. Un article de Libération concentre en quelques lignes toutes les bonnes raisons d’envoyer l’archevêque de Lyon aux oubliettes. J’en cite ici le meilleur:

Le prélat s’accroche en tout cas à son siège comme une bernique à son rocher. Et il y met les moyens. Pour sa gestion de crise, Barbarin, homme de «coups» et de com, s’est offert les services de l’influent Guillaume Didier, du réputé cabinet Vae Solis. Le montant des émoluments est gardé secret. (…)

Judiciairement, le temps joue pour Barbarin, un évêque de la génération Jean Paul II, très «wojtylien» dans la forme comme dans le fond : faux moderne et vrai réac. (…) Pour lui, l’enjeu est de conserver, contre vents et marées, son siège épiscopal de Lyon, l’un des plus prestigieux de France. (…) De là, le cardinal lyonnais a pu mener ses virulents combats contre ce que Jean Paul II appelait en son temps la «culture de mort». Ces dix dernières années, on l’a vu en tête des défilés contre l’avortement, l’euthanasie et, bien sûr, le mariage pour tous. Quitte à agacer parfois, même ses collègues évêques.

L’été dernier, le prélat est ainsi intervenu dans l’affaire Vincent Lambert, en diffusant une lettre qu’il avait fait signer aux évêques de sa région. Barbarin se rangeait du côté des parents – des intégristes catholiques, violemment opposés à tout arrêt des traitements. (…)

«Ses positions extrémistes sur le mariage pour tous avaient également mécontenté de larges franges du catholicisme français», soutient Christian Terras, le fondateur et patron de Golias, le journal contestataire catholique, installé à Lyon. «Barbarin est très arc-bouté sur ses certitudes et ne supporte pas les critiques. Pour lui, seule l’Eglise est dépositaire de sens et de transcendance. Il est pratiquement le seul évêque à avoir relayé à l’époque le thème de la laïcité positive de Nicolas Sarkozy», poursuit Terras. De fait, Barbarin a une vision politique à l’ancienne, d’ancien régime presque, une sorte d’alliance du trône et de l’autel où l’Eglise est la gardienne des vraies valeurs.

Garder Lyon, donc, est essentiel pour Barbarin. Pour conserver son aura, une capacité de se faire entendre, jouer un rôle en somme. (…)

A Lyon, «la greffe n’a jamais vraiment pris», lâche un jésuite de la ville. Ici, le clergé, fait de fortes personnalités, est frondeur. Finalement, l’archevêque laisse aller à vau-l’eau les affaires internes de son diocèse. Surtout, ces dernières années, depuis qu’il n’a plus à ses côtés d’évêques auxiliaires dignes de ce nom. Son destin, le prélat «électron libre» le bâtit sur ses combats. Depuis deux ans, il s’est fortement investi dans la défense des chrétiens d’Orient. «Barbarin n’a pas réussi non plus à fédérer autour de lui la frange conservatrice de l’épiscopat, comme l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, ou celui de Fréjus, Dominique Rey», remarque un fin observateur de la scène religieuse française.

A Rome non plus, Barbarin n’est guère en cour. (…) «Arriviste et courtisan», comme le définissent ses plus féroces adversaires, l’archevêque de Lyon a tenté, ces dernières années, un retour en grâce plus ou moins réussi auprès du pape argentin.

On le voit, la chasse à l’homme ne recule devant rien, et toutes les techniques de barbouzes sont à l’oeuvre pour discréditer le personnage et tapé là où ça fait mal.

Barbarin est-il victime de ses propos sur le mariage gay?

Face à ce déferlement de haine, la communauté catholique de Lyon croit volontiers (toutes les conversations à Lyon permettent de le vérifier) à un effet de boomerang après la ligne dure de Barbarin sur le mariage gay. Pour beaucoup, il est victime d’un complot et l’acharnement médiatique qui s’abat sur lui en est la preuve.

Mais qui seraient les complotistes?

Pour les uns, les francs-maçons sont au coeur de la vengeance et de la reprise en main. De façon irrationnelle et sans aucune preuve, la maçonnerie, force lige du mariage homosexuel, est accusée d’être l’épicentre du séisme qui ébranle le colline de Fourvière.

Pour les autres, le complot part de Matignon, et le rôle de Manuel Valls est au coeur des conjectures. C’est lui qui intriguerait pour abattre un gêneur, une tête qui dépasse dans l’église.

L’étrange emploi du temps de Barbarin

Derrière ces rumeurs, certains faits amusent.

Ainsi, le 19 janvier 2016, Libération révélait que Barbarin a secrètement dîné avec François Hollande chez la journaliste de Paris Match spécialiste du Vatican Caroline Pigozzi.

c’est un joli coup pour Caroline Pigozzi. Même si l’hypothèse de sa nomination comme ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, qui a brièvement couru fin 2015, n’a pas pris corps pour autant. A Rome, elle laisse perplexe (voire provoque les sourires) jusque dans le bureau du secrétaire d’Etat (le Premier ministre du pape), le cardinal Pietro Parolin.

A-t-on discuté, ce soir-là, de la nomination de l’ambassadeur de France au Saint-Siège, toujours en carafe depuis 2015? On se souvient que le Vatican a bloqué la nomination de Laurent Stefanini à ce poste, compte tenu des moeurs avouées de l’intéressé. Pour François Hollande, la pilule est difficile à digérer: même une humiliation diplomatique infligée par le Vatican est devenue insurmontable pour une France affaiblie sur la scène mondiale.

La piste de la nomination d’une femme de consensus avec le Vatican (Caroline Pigozzi en l’occurrence) devait justement être approfondie début 2016. Elle aurait permis à François Hollande se sortir par le haut du bourbier où la France se trouve.

Le soir du dîner chez Pigozzi, Barbarin s’est-il montré mauvais coucheur avec le président de la République et a-t-il indiqué son opposition à la nomination de leur hôtesse commune? En a-t-il remis une couche sur le mariage gay? S’est-il fait fort de contrer la volonté élyséenne grâce à ses bonnes relations avec le pape François?

Toujours est-il qu’il est saisissant de voir qu’un mois après, à peine, la question de la pédophilie des prêtres dans le diocèse de Lyon est mise sur le tapis dans une campagne de déstabilisation qui rappelle les vieilles méthodes barbouzes. Et, à ce jour, l’ambassadeur au Vatican n’est toujours pas accrédité.

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Publié le par Felli Bernard

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2 avril 2016

L’affaire Barbarin est-elle un règlement de comptes élyséen?

Ce texte a été lu4016fois

Le cardinal Barbarin est sur la sellette depuis plusieurs semaines dans les medias subventionnés. Cette mise en cause à rebondissements finit quand même par interroger: l’extrême précision et concentration des attaques portées contre ce cardinal français a tout de l’opération de déstabilisation parfaitement concertée et orchestrée. Tôt ou tard, trop, c’est trop: cette façon de maintenir un bruit de fond médiatique pour obtenir la tête d’un ecclésiastique est une méthode de gouvernement répugnante.

Barbarin, au coeur d’un feuilleton médiatique

Rappelons d’abord la chronologie des attaques.

L’affaire commence le 12 février 2016, lorsqu’une association de victimes d’attouchements pédophiles (La Parole Libérée) met en cause la passivité de Barbarin dans ce dossier antérieur à son arrivée à l’archevêché. Il lui est reproché de ne pas avoir dénoncé des faits imputables au père Preynat entre 1986 et 1991, soit plus de dix ans avant sa nomination à Lyon.

Le 4 mars 2016, un dominicain (qui ne dépend donc pas de l’autorité hiérarchique de Barbarin) installé dans le Rhône est à son tour mis en examen pour des faits de pédophilie.

Le 11 mars 2016, deux nouvelles plaintes dans le cadre du dossier Preynat sont déposées et rendues publiques.

Le 15 mars 2016, Manuel Valls appelle à la démission de l’archevêque, qui se place sous l’autorité du pape. Le même jour, on apprend, de façon floue, qu’un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur a porté plainte en février contre Barbarin pour non-dénonciation de faits liés à la pédophilie. Le prêtre auteur des faits est Jérôme Billioud.

Le 16 mars 2016, le Parisien reproche à Barbarin d’avoir accordé une promotion à un prêtre condamné pour des faits d’attouchements sexuels dans le diocèse de Rodez.

Le 30 mars 2016, la police judiciaire mène une perquisition à l’archevêché de Lyon.

Le 31 mars 2016, la justice réactive une enquête pour pédophilie sur un autre prêtre du diocèse, accusé d’exhibitionnisme et d’attouchements.

Le 1er avril 2016, la rumeur médiatique est nourrie par l’annonce d’une nouvelle plainte, dont plus personne ne sait si elle diffère ou non de la plainte déposée par le haut fonctionnaire du ministère.

Cette petite chronologie montre que, depuis le mois de février, le cardinal Barbarin est soumis à une véritable pression judiciaire et médiatique, dont l’une entretient l’autre d’ailleurs…

Le gouvernement à l’origine de la pression

En dehors des plaintes déposées par les militants de l’association « la parole libérée », la presse subventionnée évite de faire remarquer que le dossier judiciaire est quasi-vide. En revanche, les multiples actes de procédure ordonnés par le pouvoir ou par ses proches permettent de donner l’illusion d’une montagne de plaintes à répétition contre le cardinal. À y regarder de près, aucun des faits évoqués dans les dossiers ne s’est produit avec la complicité de Barbarin. Le reproche fait à l’intéressé se limite simplement à n’avoir pas suffisamment condamné des faits antérieurs à son arrivée.

Cela ne signifie bien entendu pas que l’attitude de l’Eglise est exemplaire dans ce dossier. Simplement, la nature des reproches adressés à Barbarin ne justifie pas la pression qui est mise sur lui ni l’entretien d’un feuilleton quasi-quotidien dans certains médias.

À ce titre, la complaisance des journaux subventionnés dans le Barbarin bashing devient de plus en plus suspecte.

L’interminable plainte déposée par un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur

L’exemple de la plainte déposée par « Pierre » le montre abondamment. Ce haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, qui est aussi, rappelons-le, le ministère des Cultes, décide d’attaquer Barbarin quelques jours après la campagne lancée par l’association « la parole libérée ». Si l’Etat était impartial dans cette affaire, il ferait le choix de différer les procédures pour éviter toute interférence entre son rôle de « tutelle » et son rôle d’accusateur. Dans le dossier Barbarin, c’est le contraire qui se produit. Chaque semaine, l’information est en effet réutilisée comme si elle était nouvelle.

Ainsi, le 15 mars, elle est révélée par le Figaro, qui assure que la plainte avait déjà été déposée en 2009 (et classée sans suite) et vise le prêtre Jérome Billioud.

Il affirme qu’à 16 ans, il a été victime des attouchements d’un prêtre lyonnais. À 42 ans aujourd’hui, il occupe un poste de premier plan dans un ministère. Avec calme et émotion, il raconte comment il a été abusé par le père Jérôme Billioud, de l’ensemble paroissial La Croix Rousse. Le prêtre est notamment connu pour avoir célébré une messe le 21 janvier 2011 pour la mort de Louis XVI avec l’Action française. Pierre soutient que le cardinal Barbarin «n’a rien fait pour éloigner ce prêtre des autres enfants ».

Un fonctionnaire qui occupe un poste de premier plan dans un ministère (mains on ne dit pas lequel…), victime d’un curé royaliste protégé par Barbarin: comment ne pas bondir de son fauteuil à cette annonce.

La même affaire est présentée le même jour un peu différemment sur le site de France 24:

« Ce sont des points très troubles de la vie d’un prêtre mais qui n’ont plus rien à voir avec de la pédophilie », a jugé l’archevêque de Lyon, d’après lequel les actes ont été commis sur un jeune âgé de 16 puis 19 ans au moment des faits, dans les années 1990. (…)

« Une plainte est déposée contre moi pour incitation au suicide par un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. De quoi s’agit-il ? Qui ai-je incité au suicide ? C’est inimaginable, cette affaire-là », s’est insurgé Mgr Barbarin (…).

Là encore, on s’étonnera que le jour même où Manuel Valls appelle Barbarin à démissionner, un haut fonctionnaire du ministère annonce une plainte contre le même Barbarin pour incitation au suicide. Dans la pratique, les faits sont les suivants:

Pierre explique avoir été victime d’attouchements lorsqu’il avait 16 ans au début des années 90. Les faits se seraient déroulés à l’hôtel Miramar de Biarritz au retour d’un pèlerinage à Lourdes. Il accuse le père Jérôme Billioud, alors prêtre de l’ensemble paroissial La Croix-Rousse.

En 2009, sur les conseils d’un médecin, il dit avoir rencontré le cardinal Barbarin. « Le cardinal m’a dit qu’il était parfaitement au courant et que ce prêtre avait déjà eu maille à partir avec la justice (pour une exhibition en pleine rue ndlr) et qu’il reconnaissait les faits me concernant. Le cardinal m’a demandé pardon au nom du prêtre »

Ainsi, le haut fonctionnaire (anonyme) du ministère de l’Intérieur aurait eu des pulsions suicidaires à cause de Barbarin à qui il s’est confié en 2009 sur des faits d’attouchements remontant à 1990. Et comme par hasard, c’est le jour où l’ancien ministre de l’Intérieur devenu Premier Ministre demande la démission du cardinal que la plainte est révélée…

L’intérêt de l’information est qu’à partir du 15 mars, le prêtre Jérôme Billioud est aussi accusé d’exhibitionnisme par la presse (reprenant des propos prêtés à Barbarin). Un patchwork commence alors à être fabriqué, dont on ne sait plus sur quoi il repose.

Ainsi, le 1er avril, le prêtre David G., qui officie dans le 2è arrondissement, semble, selon M6, accusé d’exhibitionnisme. Mais l’affaire est très floue et ressemble à l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours.

Ce dernier avait déjà été ciblé par une enquête il y a plusieurs années mais celle-ci avait été classée sans suite. De nouveaux témoignages seraient parvenus à la justice, selon nos informations. Selon une source proche du dossier, les faits d’agressions mis en cause concernent «une fille», dont l’âge n’a pas été précisé. Il s’agirait d’une adolescente, selon une autre source.

Ces plaintes sont révélées le vendredi 1er avril, alors que le mercredi 30 mars, la presse a confirmé l’information déjà donnée sur le Pierre, le haut fonctionnaire:

Les ennuis judiciaires s’accumulent pour Mgr Philippe Barbarin. Selon nos informations, l’archevêque de Lyon est désormais visé par cinq plaintes pour «non dénonciation» d’agressions sexuelles et «mise en danger de la vie d’autrui».

La dernière a été formellement déposée mardi à la sûreté départementale de Lyon par Pierre, cadre dans un ministère. Il reproche au Primat des Gaules d’avoir maintenu en fonction un prêtre, Jérôme Billioud, qui aurait abusé de lui au début des années 1990 alors qu’il était adolescent, puis jeune majeur. Il a expliqué avoir alerté Mgr Barbarin en 2009. Le curé n’a été suspendu qu’il y a deux semaines. Pierre avait signalé l’absence de réaction de l’archevêque au parquet, par un courrier au procureur, en février dernier. Mais ce n’est que mardi qu’il a formellement déposé plainte contre le prélat dans le cadre de son audition.

Voilà comment une seule plainte et une rumeur permettent de nourrir trois semaines de feuilleton judiciaire contre un homme dont l’opinion publique entend parler artificiellement. La plainte du haut fonctionnaire annoncée comme effective le 15 mars est finalement déposée le 30 mars et permet de repasser les plats, agrémentées de « nouveaux témoignages » sur un prêtre qui s’en serait pris cette fois à une jeune fille. Mais on n’en sait pas beaucoup plus. De toutes ces fumées, une chose est sûre: elles doivent bien cacher un feu.

Barbarin, l’homme à abattre

L’ensemble de ces affaires est évidemment traité avec un leit-motiv: Barbarin est un homme à abattre, et d’ailleurs personne n’aime ce personnage conservateur, limite intégriste. Un article de Libération concentre en quelques lignes toutes les bonnes raisons d’envoyer l’archevêque de Lyon aux oubliettes. J’en cite ici le meilleur:

Le prélat s’accroche en tout cas à son siège comme une bernique à son rocher. Et il y met les moyens. Pour sa gestion de crise, Barbarin, homme de «coups» et de com, s’est offert les services de l’influent Guillaume Didier, du réputé cabinet Vae Solis. Le montant des émoluments est gardé secret. (…)

Judiciairement, le temps joue pour Barbarin, un évêque de la génération Jean Paul II, très «wojtylien» dans la forme comme dans le fond : faux moderne et vrai réac. (…) Pour lui, l’enjeu est de conserver, contre vents et marées, son siège épiscopal de Lyon, l’un des plus prestigieux de France. (…) De là, le cardinal lyonnais a pu mener ses virulents combats contre ce que Jean Paul II appelait en son temps la «culture de mort». Ces dix dernières années, on l’a vu en tête des défilés contre l’avortement, l’euthanasie et, bien sûr, le mariage pour tous. Quitte à agacer parfois, même ses collègues évêques.

L’été dernier, le prélat est ainsi intervenu dans l’affaire Vincent Lambert, en diffusant une lettre qu’il avait fait signer aux évêques de sa région. Barbarin se rangeait du côté des parents – des intégristes catholiques, violemment opposés à tout arrêt des traitements. (…)

«Ses positions extrémistes sur le mariage pour tous avaient également mécontenté de larges franges du catholicisme français», soutient Christian Terras, le fondateur et patron de Golias, le journal contestataire catholique, installé à Lyon. «Barbarin est très arc-bouté sur ses certitudes et ne supporte pas les critiques. Pour lui, seule l’Eglise est dépositaire de sens et de transcendance. Il est pratiquement le seul évêque à avoir relayé à l’époque le thème de la laïcité positive de Nicolas Sarkozy», poursuit Terras. De fait, Barbarin a une vision politique à l’ancienne, d’ancien régime presque, une sorte d’alliance du trône et de l’autel où l’Eglise est la gardienne des vraies valeurs.

Garder Lyon, donc, est essentiel pour Barbarin. Pour conserver son aura, une capacité de se faire entendre, jouer un rôle en somme. (…)

A Lyon, «la greffe n’a jamais vraiment pris», lâche un jésuite de la ville. Ici, le clergé, fait de fortes personnalités, est frondeur. Finalement, l’archevêque laisse aller à vau-l’eau les affaires internes de son diocèse. Surtout, ces dernières années, depuis qu’il n’a plus à ses côtés d’évêques auxiliaires dignes de ce nom. Son destin, le prélat «électron libre» le bâtit sur ses combats. Depuis deux ans, il s’est fortement investi dans la défense des chrétiens d’Orient. «Barbarin n’a pas réussi non plus à fédérer autour de lui la frange conservatrice de l’épiscopat, comme l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, ou celui de Fréjus, Dominique Rey», remarque un fin observateur de la scène religieuse française.

A Rome non plus, Barbarin n’est guère en cour. (…) «Arriviste et courtisan», comme le définissent ses plus féroces adversaires, l’archevêque de Lyon a tenté, ces dernières années, un retour en grâce plus ou moins réussi auprès du pape argentin.

On le voit, la chasse à l’homme ne recule devant rien, et toutes les techniques de barbouzes sont à l’oeuvre pour discréditer le personnage et tapé là où ça fait mal.

Barbarin est-il victime de ses propos sur le mariage gay?

Face à ce déferlement de haine, la communauté catholique de Lyon croit volontiers (toutes les conversations à Lyon permettent de le vérifier) à un effet de boomerang après la ligne dure de Barbarin sur le mariage gay. Pour beaucoup, il est victime d’un complot et l’acharnement médiatique qui s’abat sur lui en est la preuve.

Mais qui seraient les complotistes?

Pour les uns, les francs-maçons sont au coeur de la vengeance et de la reprise en main. De façon irrationnelle et sans aucune preuve, la maçonnerie, force lige du mariage homosexuel, est accusée d’être l’épicentre du séisme qui ébranle le colline de Fourvière.

Pour les autres, le complot part de Matignon, et le rôle de Manuel Valls est au coeur des conjectures. C’est lui qui intriguerait pour abattre un gêneur, une tête qui dépasse dans l’église.

L’étrange emploi du temps de Barbarin

Derrière ces rumeurs, certains faits amusent.

Ainsi, le 19 janvier 2016, Libération révélait que Barbarin a secrètement dîné avec François Hollande chez la journaliste de Paris Match spécialiste du Vatican Caroline Pigozzi.

c’est un joli coup pour Caroline Pigozzi. Même si l’hypothèse de sa nomination comme ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, qui a brièvement couru fin 2015, n’a pas pris corps pour autant. A Rome, elle laisse perplexe (voire provoque les sourires) jusque dans le bureau du secrétaire d’Etat (le Premier ministre du pape), le cardinal Pietro Parolin.

A-t-on discuté, ce soir-là, de la nomination de l’ambassadeur de France au Saint-Siège, toujours en carafe depuis 2015? On se souvient que le Vatican a bloqué la nomination de Laurent Stefanini à ce poste, compte tenu des moeurs avouées de l’intéressé. Pour François Hollande, la pilule est difficile à digérer: même une humiliation diplomatique infligée par le Vatican est devenue insurmontable pour une France affaiblie sur la scène mondiale.

La piste de la nomination d’une femme de consensus avec le Vatican (Caroline Pigozzi en l’occurrence) devait justement être approfondie début 2016. Elle aurait permis à François Hollande se sortir par le haut du bourbier où la France se trouve.

Le soir du dîner chez Pigozzi, Barbarin s’est-il montré mauvais coucheur avec le président de la République et a-t-il indiqué son opposition à la nomination de leur hôtesse commune? En a-t-il remis une couche sur le mariage gay? S’est-il fait fort de contrer la volonté élyséenne grâce à ses bonnes relations avec le pape François?

Toujours est-il qu’il est saisissant de voir qu’un mois après, à peine, la question de la pédophilie des prêtres dans le diocèse de Lyon est mise sur le tapis dans une campagne de déstabilisation qui rappelle les vieilles méthodes barbouzes. Et, à ce jour, l’ambassadeur au Vatican n’est toujours pas accrédité.

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« Debout et avec vous, je me bats pour des convictions en regardant l’horizon »

Publié le par Felli Bernard

« Debout et avec vous, je me bats pour des convictions en regardant l’horizon »

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« Debout et avec vous, je me bats pour des convictions en regardant l’horizon » – Discours de François Fillon du 2 avril #Fillon2017

2 avril 2016

Mes amis,

Vous venez de toute la France : parlementaires, élus locaux, citoyens, vous avez décidé de vous engager à mes côtés. Merci de tout cœur, merci pour cette confiance qui redouble ma force de vaincre.

Il sera dit que vous étiez les premiers compagnons d’une aventure qui mobilisera 100% de notre énergie ; les premiers à avoir relevé le défi de la victoire. Une victoire qu’il faudra tracer à travers les doutes, les vents contraires, les attaques.

Notre route ne fait que commencer : n’ayez pas peur.

Je vous entraine dans une bataille franche, sans artifice, une bataille d’intérêt national, mais c’est la bataille gagnante de celles et ceux qui sont fiers de pouvoir dire « je suis Français ». Ces mots, je veux que nous et nos enfants puissions toujours les dire aux oreilles du monde. Oui, nous sommes Français, héritiers d’une nation qui est montée sur les barricades pour la justice et qui est sortie des tranchées pour sa souveraineté.

Nous sommes Français, avec nos villes et nos paysages, avec notre langue belle et riche de ses accents circonflexes…

Désolé madame le ministre, mais notre âme (accent circonflexe !), n’est pas faite de plâtre (accent circonflexe !).

Nous sommes Français, les pieds dans cette terre mais l’esprit toujours tendu vers les plus surprenantes inventions industrielles, technologiques, artistiques.

Nous entrons dans un siècle où les racines de la tradition et les fulgurances du progrès devront être mariées, alors qu’avons-nous à craindre d’être millénaires et futuristes à la fois ? Oui, Français, parfois querelleurs et râleurs, mais du moins cet esprit rebelle nous épargnera-t-il d’être traités comme les algorithmes d’un monde anonyme et mécanique.

Querelleurs certes, mais généreux et fraternels lorsque l’essentiel est en jeu car notre individualisme s’arrête là où l’on touche à notre Nation, là où l’injustice nous blesse. Français, Européens et Universels nous le sommes aussi, puisque nos idéaux résonnent au- delà de nos frontières, là où des femmes et des hommes sont martyrisés, là où les chrétiens d’Orient sont chassés, là où les fanatiques plantent leur drapeau noir.

Nous ne capitulerons jamais !

Ni contre les fanatiques, ni contre ces immenses forces économiques et démographiques qui nous défient.
Nous ne représentons qu’1% de la planète, mais je veux que la France reste l’un des points ardents du monde.

« La politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c’est d’être petit ». Petit, n’est pas Français ! Est-ce de l’orgueil ? Est-ce de la folie ? Non, c’est notre manuel de survie.
Mais la grandeur a ses exigences et le bonheur aussi. Ils ont pour noms, courage, travail, inventivité, fraternité, fierté nationale.

Ils ont pour devise : Liberté, liberté chérie, liberté de réussir par ses mérites, liberté d’entreprendre, de prendre sa vie en mains, liberté d’aller au bout de ses rêves.

Qu’est-ce que la condition humaine, si ce n’est cette éternelle bagarre entre la liberté et la fatalité ?

La grandeur a son prix mais elle a aussi ses adversaires: conservateurs, populistes, illusionnistes. Je les vois venir avec leurs promesses en bandoulière, leurs coups de menton, leurs accusations : « Fillon -disent-ils- c’est le sang et les larmes ».

Mais le sang et les larmes, c’est maintenant !

Le sang, c’est le Bataclan et c’est Bruxelles, ce n’est pas de travailler quelques heures de plus par semaine.

Les larmes, ce n’est pas réduire nos déficits, non, les larmes, c’est pour nos enfants qui devront rembourser nos dettes si nous ne réagissons pas.

Les larmes, ce n’est pas d’assouplir le marché de l’emploi, non, les larmes c’est maintenant, pour les 6 millions de chômeurs qui pointent à Pôle emploi, faute d’avoir réformé de fond en comble notre marché du travail.

J’entends dire que l’Allemagne et le Royaume Uni, qui connaissent le plein emploi, ont créé des « jobs précaires » … Nous, on a la précarité et pas les jobs et, pire que cela, lorsqu’il y a du travail il n‘y a pas toujours preneur.

Alors, cessons de voir la paille dans l’œil du voisin pour ne pas voir la poutre qui est dans le nôtre, et arrêtons d’apeurer et d’emmerder les Français qui sont prêts à se retrousser les manches.

Ceux qui disent qu’on peut leur redonner de l’espérance avec des tisanes sont des bonimenteurs. Notre modèle économique et social est usé jusqu’à la corde et s’il tient encore, c’est parce que la Banque Centrale Européenne fait tourner la planche à billets.

A la moindre défaillance tout peut basculer, et la France se retrouver au banc des nations défaites, sommée d’accepter la potion amère que d’autres entreprendront de lui faire avaler sous la contrainte de Francfort et de Wall Street.

Le jour où la BCE arrêtera d’inonder les marchés, nos taux d’intérêts remonteront et le peuple se souviendra alors du mot « faillite » que j’avais prononcé sous les lazzis de mes propres amis.

Celui qui dit la vérité doit-il, comme le prétend la chanson, « être exécuté » ? Non, je n’ai pas l’intention de plier ! Debout et avec vous, je me bats pour des convictions en regardant l’horizon. Jeune député, seul contre beaucoup, j’ai défendu le passage à l’armée de métier et lorsque je vois nos forces engagées dans les conflits du Moyen-Orient ou d’Afrique, j’avais raison.

Ministre des télécommunications, j’ai enclenché la libéralisation du marché des communications qui a favorisé notre révolution numérique.

Devant la poussée des technologies, qui était dans l’avenir ? Moi ou les cerbères du passé qui pensaient qu’internet n’était qu’une mode et France Télécom un monopole intouchable ?

Je crois à la recherche, à la science, aux progrès qu’elles peuvent apporter dans la résolution du défi de l’environnement, du défi alimentaire, du défi du développement partagé : avec 10 milliards d’habitants en 2050, notre planète doit miser sur l’intelligence si elle veut éviter le pire.

Qui est dans l’avenir et assurera la solidarité sociale ? Moi qui ai réformé les retraites, qui propose maintenant d’aller vers les 65 ans et d’aligner tous les régimes spéciaux, ou ceux qui tergiversent et tremblent à l’idée de dire aux Français ce qui doit être impérativement fait pour assurer la solidarité intergénérationnelle ?

Solidarité ! Que d’erreurs a-t-on commis en ton nom en t’opposant à la productivité et à la création de richesses sans lesquelles il n’y a que des miettes à partager.

Qui est dans l’avenir et qui le construira ? Moi qui affirme qu’il faut travailler davantage, autrement, en négociant le temps de travail entreprise par entreprise ou ceux qui pensent encore que tout doit être codifié comme si les individus n’étaient que des pions sur l’échiquier de leurs vieilles idéologies ?

Je dénonce ceux qui sanglotent devant la fermeture de nos usines alors qu’ils les ont privés des armes de la compétitivité.

Le projet de loi de monsieur Valls sur le marché du travail n’est qu’une soupe tiède que je n’ai pas l’intention de boire.

Ceux qui manifestent contre cette loi sont moins contre elle que contre un pouvoir qui les a trompés en 2012. Bonne leçon pour la gauche ; utile enseignement pour ceux qui dans l’opposition seraient tentés une nouvelle fois de ruser avec les français …

Qui est dans l’avenir et le construira ? Moi, qui veux un capitalisme français pour investir en France ou ceux qui haïssent le capital et l’ont taxé à 75% mais qui se roulent par terre devant le Qatar et les fonds de pension américains ?

Oui, je signe et persiste : je veux que la France soit la terre des investisseurs, des capitaux et des capitaines d’industrie ; oui je supprimerai le stupide ISF, j’allégerai les charges qui pèsent sur nos entreprises ; oui je ferai tout pour que ceux qui s’enrichissent enrichissent la France, ses entreprises, ses start-up, et ce faisant je ferai tout cela pour gagner la bataille du plein emploi.
Qui est dans l’avenir européen et saura le construire ? Moi qui ai voté contre le traité de Maastricht parce que l’Europe est une civilisation et pas une bureaucratie, ou ceux qui aujourd’hui, accusent lâchement Bruxelles de tous nos maux pour ne pas avoir à les traiter comme toute nation digne de ses propres responsabilités ?

Croissance molle, chômage de masse, dette abyssale, impôts en cascade : il faut rendre à François Hollande ce qui est Hollande, car chez nos principaux voisins tout va mieux…

Ceux qui pensent que l’Union européenne est notre bouée de sauvetage sont aussi lâches que ceux en font un bouc émissaire et qui veulent revenir au franc.

Dans la mondialisation, la seule option, c’est l’Europe mais l’Europe avec la France en tête.

Je n’ai rien oublié de mes combats avec Philippe Séguin.

Je veux la souveraineté française au service de l’indépendance européenne et pour ce faire, je milite pour une Europe qui se concentre sur des priorités stratégiques, une Europe qui défend ses intérêts économiques, ses emplois, son art de vivre, sa sécurité.

Qui est dans l’avenir des réalités géopolitiques : moi qui affirme depuis trois ans que pour abattre l’Etat islamique il faut une coalition internationale, intégrant la Russie, ou tous ces stratèges en chambre qui pensent que l’Histoire s’écrit à l’encre des bons sentiments.

On m’a accusé de dire qu’il fallait discuter avec Poutine. De Gaulle discutait bien avec Staline.

Mais non, la main sur le cœur la diplomatie française est allée dans le mur. Et maintenant que les Russes agissent et que la ville de Palmyre est libérée, on se demande à mi-voix : « Fillon avait-il raison ? ».
J’aurais aimé que mon pays ait raison avant moi !

Qui est dans l’avenir et insensible aux intimidations des terroristes : moi, qui depuis trois mois, affirme que la Constitution française n’est pas un outil de communication, ou ceux qui font du tintouin sur l’état d’urgence et la déchéance de nationalité qui existent déjà dans notre droit. Depuis le début, je dis que cette réforme constitutionnelle voulue par François Hollande n’est qu’une parodie d’autorité. Depuis le début, j’invite mes amis à ne pas le suivre dans cette impasse.

« Que diront les Français si l’opposition s’oppose à cette réforme ? », me rétorquait-on… A force de suivre ce qu’ils croient être les Français, certains politiques perdent le cap.

Être un homme d’Etat, ce n’est pas subir l’opinion du jour, c’est la guider avec sang-froid et convictions.
Maintenant qu’on en a fini avec ces bavardages constitutionnels, attaquons-nous au fond du problème : la destruction de l’Etat islamique avec une vraie coalition internationale ; la traque des réseaux terroristes ; la modernisation de l’Islam de France et la défense de la laïcité ; la sécurité et l’immigration contrôlée pour assurer la cohésion nationale.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui violent son pacte républicain.

Moi, je n’ai pas attendu d’entendre parler de Molenbeeck, pour dire que notre patrie doit être soudée et protégée. Des Molenbeek sur notre territoire ? C’est-à-dire des concentrés explosifs de trafiquants, de replis identitaires, d’entrisme salafiste, de chômage : oui, cela existe chez nous, et il est temps d’assumer fermement la République partout et pour tous. Dans bien des cités, les familles n’en peuvent plus: elles demandent de l’ordre, de l’éducation, du travail pour les enfants. Ces familles, je parlerai pour elles et je réformerai pour elles.

Comme je parlerai pour ces deux millions de jeunes qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni en emploi.
J’agirai pour ces jeunes et ces chômeurs qui se cassent les dents sur notre marché du travail ; ce marché barricadé que vénèrent ceux qui défendent les syndiqués plutôt que les sans emploi, les sans voix, les perdus du code du travail.

Pour eux, je veux faire tomber toutes ces bastilles qui verrouillent le risque, le mérite, la liberté d’oser.
Cette liberté que je réclame et ces réformes que je propose se confondent avec l’égalité des chances, avec la justice, la vraie justice : celle qui récompense les cœurs courageux.

Non, je n’ai pas l’intention de faire campagne en racontant des fables !

Je vaincrai les mensonges, je vaincrai François Hollande qui prétendait ré enchanter la France à coups de pipos, je débusquerai mes concurrents qui veulent continuer la chanson moderato.

On prétend que la démocratie est l’art d’endormir les électeurs, et il se dit qu’aux Etats Unis il suffit de faire du catch pour les impressionner…

Faisons ensemble le pari que la vérité, la raison, le courage du sursaut, seront plus forts que les tarasconnades habituelles.

Mon projet a été longuement muri, avec la participation d’élus, de professionnels, de citoyens engagés, avec les témoignages de tous les Français que j’ai rencontrés.

Mon programme est très précis. C’est un contrat de vérité et d’action avec les Français. Il est est radical parce que la situation est radicalement bloquée depuis des décennies.

Ma méthode d’action est claire: j’agirai très vite et très fort pour enclencher la transformation de notre pays, y compris par référendum.

Les principaux projets de loi seront préparés avant l’élection présidentielle : le jour de l’action, pas une minute ne sera perdue.

Je m’entourerai d’un gouvernement commando, avec des ministres compétents, immédiatement opérationnels, avec des personnalités extérieures qui, dans leurs secteurs, auront prouvé leurs talents.

Pour notre redressement national, je réunirai une équipe de France professionnelle et combattive.

La franchise de mon projet et de ma méthode est au cœur du contrat démocratique que je veux nouer avec mes concitoyens.

Je sais que la fin des 35 heures, les 39 heures dans la fonction publique, la réduction des dépenses publiques, la dégressivité des allocations chômage, la retraite à 65 ans constituent un effort pour nous tous.

Mais tout cela est réaliste, tout cela est dans nos cordes, tout cela nous permettra de relancer notre pays : en deux ans, on peut atteindre les 2% de croissance, en trois ans on peut revenir à l’équilibre de nos comptes publics, en quatre ans on doit pouvoir viser les 7% de chômeurs contre 10% aujourd’hui, en cinq ans, on peut vraiment redresser le pays et dans moins de dix ans, figurer parmi les leaders européens.

Voilà mes objectifs !

Ceux qui pensent que notre peuple est à bout de course ont tort ; c’est notre système qui est à bout de souffle, or, un système ça se change.

En 1958, la France l’a fait ; le Royaume Uni l’a fait dans les années 80 ; le Canada et la Suède l’ont fait dans les années 1990 ; l’Allemagne l’a fait à partir de 2002. A nous maintenant de mettre le pied sur l’accélérateur !

Les Français ne sont plus dupes.

Ils sont en attente d’un projet puissant, crédible, ils sont aussi en quête d’honnêteté, de dignité politique car le pouvoir doit avoir sa noblesse.

Je ne suis pas une star, je refuse les plateaux de télévision où l’on se moque de tout…

Je n’ai pas été éduqué ainsi, je n’ai pas été élu pour cela, je représente des femmes et des hommes qui sont à la peine, je suis un Français, né dans la Sarthe, d’une famille où le mot « valeurs » a du sens.

Je suis candidat à l’élection présidentielle par devoir et pour faire, pas pour mon image, pas pour les honneurs.

L’actualité politique peut tourbillonner, les candidats et leurs sondeurs s’agiter pour trouver la martingale qui séduira les électeurs, moi, je n’ai pas changé et je ne changerai pas !

Je dis et répète que la situation est grave et qu’on s’en sortira par une transformation de notre modèle économique et social. Tout le reste n’est que ficelles, dérobade et démission. Sur le terrain, lorsqu’on vous demandera « qu’est-ce qui distingue Fillon » ? Vous répondrez : le goût de la vérité et la volonté absolue de faire ce qu’il est nécessaire de faire sans plus tarder.

A l’automne, les primaires vont bousculer les scénarios que l’on croit écrits d’avance. Les sondages actuels ne doivent pas vous impressionner : on interroge au débotté des Français qui n’ont pas encore la tête dans la présidentielle, qui ne savent pas qui seront les candidats, quels seront leurs programmes, et qui ne savent le plus souvent même pas s’ils iront voter aux primaires.

Tout va se cristalliser à l’automne.

Des millions d’électeurs vont alors se presser vers ce rendez-vous démocratique : ils ne voudront pas rééditer le match de 2012 et il faudra davantage que des postures tranquilles pour les convaincre.

Moi, je ne suis pas le candidat de la revanche, je ne suis pas celui du consensus. Je viens sérieusement casser la baraque pour la reconstruire autrement.

Dans cette entreprise, j’ai besoin de vous tous.

Vous devez occuper le terrain !

Dans vos départements, vos villes, vous devez multiplier les initiatives, les contacts, les réunions. N’attendez pas le feu vert d’en haut, agissez comme si j’étais avec vous.

La priorité des priorités est d’aller expliquer aux Français l’importance des primaires et de les inviter à y participer massivement et personnellement, car il n’y aura ni procuration, ni vote électronique.

Et le jour du scrutin, je compte sur vous pour être mes assesseurs dans les 10.000 bureaux de vote.

Nombreux sont nos concitoyens qui ne savent pas encore que cette élection leur est ouverte et qu’ils auront le pouvoir de désigner, pour la 1ère fois, le candidat de la droite et du centre. Leur choix sera crucial pour préparer l’alternance car le vainqueur des primaires a toutes les chances de pouvoir être le vainqueur des présidentielles, car, à mon sens, le peuple ne voudra ni Hollande, ni Le Pen.

Parmi vos familles, vos amis, vos collègues de bureaux, votre mission est de relayer notre projet. Et sur les réseaux sociaux, j’attends que vous soyez partout où la bataille des arguments se joue.

Là où les internautes doutent de la France, défendez-là avec passion ! Là où ils nous critiquent, répondez! Là où ils m’assaillent, ripostez! Là où ils cherchent des solutions, puisez dans mon programme nos propositions !

Vous êtes mille dans cette salle : dans trois mois, chacune et chacun de vous doit pouvoir s’appuyer sur 100 autres relais crédibles et motivés.

Votre rôle est de fédérer les forces de notre pays.

Allez vers la jeunesse qui se détourne de la politique, mais qui ne demande qu’à y croire. Mêlez vous à ces entrepreneurs qui ne sont pas écoutés.

Redonnez confiance aux agriculteurs qui ne sont pas les derniers vestiges de la France.

Allez convaincre les ouvriers si souvent trompés.

Réveillez l’espoir déçu de ces fonctionnaires qui servent l’Etat.

Soyez aux côtés des familles qui veulent un pouvoir sérieux et audacieux : je leur garantis les deux.

Allez vers les abstentionnistes qui sont le premier parti de France. Dites leurs que mon projet est suffisamment précis pour ne pas être hypocrite.

Allez vers les électeurs du Front national qui pensent que la France est fichue, et dites-leur qu’on peut réagir sans leur mentir.

Allez aussi vers ces électeurs socialistes qui se mordent les doigts, et dites-leur que le redressement économique et social n’a pas d’étiquette partisane : on est efficace ou on ne l’est pas !

Ecoutez, convainquez, rassemblez car il faut que la vague du redressement vienne des Français eux-mêmes, et c’est votre rôle d’en être les aiguillons.

Il n’y a pas de sauveur suprême, pas de baguette magique, au « moi président », j’oppose le « nous, peuple français ». Ce peuple, je suis prêt à le présider mais je refuse de l’infantiliser. Le retour de notre croissance et l’objectif du plein emploi ne se jouent pas en Chine, aux Etats-Unis ou à Bruxelles mais en nous tous !

Les Français auront le destin pour lequel ils sont prêts à se mobiliser ensemble. Et cet élan collectif est d’autant plus nécessaire que mon projet heurte des conservatismes.

J’ai contre moi tous ceux qui prétendent qu’on peut continuer comme avant, tous ceux qui espèrent amadouer les électeurs plutôt que les alerter.

J’ai contre moi les ricaneurs, les prestidigitateurs.

J’ai contre moi les cyniques qui ne croient pas un mot de ce qu’ils vous disent parce qu’ils ne pensent qu’à leur carrière.

Je m’attaque à un vieux mur, et il ne pourra vraiment tomber que si mon projet dépasse ma personne.

Lorsque le peuple s’engage pour la vérité, la vérité s’impose.

Lorsqu’il exige des vraies réformes, on arrête les réformettes.

Voilà pourquoi, votre mission est de mobiliser un corps de volontaires, qui de volontaire en volontaire, feront une armée pour transformer la France à mes côtés.

Alors bien sûr, pour cette primaire, je vois les candidatures fleurir et les clichés aussi.

Il y a les expérimentés ! Il me semble que j’en suis…
Il y a les jeunes ! Enfin, les jeunes … façon de parler.
Il y a les femmes. Là j’avoue, je m’incline, mais il y en a suffisamment dans mon équipe pour accorder le féminin au masculin.

Et puis restent tous les autres qui cherchent l’œil de la caméra.

Stop, couper la scène ! Cette primaire n’est pas un jeu, pas un tour de chauffe pour s’assurer une place ministérielle.

Cette primaire, c’est la première étape de l’élection présidentielle, une élection pour désigner celui ou celle qui présidera la 6ème puissance du monde, avec en toile de fond une crise économique et identitaire, une extrême droite qui grimpe, des menaces terroristes, une Europe qui s’effrite dans un monde en surchauffe.

Les temps sont à la gravité pas au critérium politique.

Mes amis,

Je parcours la France et j’y ai vu des gens admirables de cran et d’optimisme à toute épreuve. Mais j’ai aussi rencontré tant de Français qui m’ont confié leurs galères, leur scepticisme, leurs espoirs trahis…

Sous leurs regards, il m’arrive d’avoir la gorge nouée. J’ai mal pour mon pays, je pense à l’avenir de mes enfants, je pense à ma responsabilité, et tout cela forme une révolte en moi. Nos concitoyens traversent des heures difficiles, ils sont furieux, dégoutés, mais, paradoxalement, je sais qu’ils peuvent se révéler d’une très grande audace.

Alors, sans trembler, je vous demande une mobilisation sans faille, je vous demande de tendre vos forces, je vous demande d’être aux avant-postes pour dire que notre pays peut se relever.

Vous serez ainsi au service d’un idéal qui dépasse chacun d’entre nous. Cet idéal s’appelle tout simplement, la France !

Vive la France et vive notre République.

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Laïcité et démocratie

Publié le par Felli Bernard

Jacques Sapir
Jacques Sapir

Laïcité et démocratie

par Jacques Sapir · 2 avril 2016

Le débat lancé par la proposition d’Elizabeth Badinter de boycotter les firmes de prêt-à-porter qui se plient à la supposée « loi islamique », les revendications du personnel féminin d’Air-France qui refusent de porter le voile sur les vols Paris-Téhéran, enfin, le problème posé par l’introduction des pratiques religieuses dans la loi « El Khomri », montrent que la question de la laïcité est réellement aujourd’hui fondamentale. La laïcité ne peut avoir qu’un sens, celui du renvoi des croyances non testables à la sphère du privé, s’avère tout autant nécessaire pour la construction du Bien Commun, ce « Res Publica » dont le mot République est issu[1]. C’est pourquoi l’introduction de la question religieuse dans le débat publique a toujours abouti à la division, et doit donc être proscrite.

Laïcité et République

En effet, il ne peut y avoir de peuple, c’est à dire de base à construction politique de la souveraineté populaire, que par la laïcité qui renvoie à la sphère privée des divergences sur lesquelles in ne peut y avoir de discussions. La prise en compte de l’hétérogénéité radicale des individus implique, si l’on veut pouvoir construire une forme d’unité, qui soit reconnue comme séparée et distincte la sphère privée. En cela, la distinction entre sphère privée et sphère publique est fondamentale à l’exercice de la démocratie. Ce principe fondamental est inclut d’ailleurs dans notre Constitution : la République ne reconnaît nulle religion et nulle race.

Tel est le sens de l’article premier du préambule de notre Constitution, repris du préambule de la Constitution de 1946, et écrit au sortir de la guerre contre le nazisme[2]. La laïcité n’est donc pas un supplément d’âme à la République : elle en est en réalité le ciment[3]. Il n’est pas anodin que l’un des grand penseur de la souveraineté, Jean Bodin, qui écrivit au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit à la fois un traité sur la souveraineté[4] et un traité sur la laïcité[5].

Les attaques actuelles contre la laïcité doivent être identifiées pour ce qu’elles sont réellement : des attaques contre la démocratie. En défendant la laïcité, c’est un principe fondamental d’organisation politique que l’on défend en réalité.

Le piège des fanatiques

Il convient donc d’éviter le piège que nous tendent les fanatiques de toutes obédiences. En voulant nous obliger à nous définir selon des croyances religieuses, ou des signes d’appartenances, ils aboutissent en réalité à briser le « peuple ». Et c’est cela qu’ils veulent. C’est donc très précisément le piège que nous tendent les terroristes qui veulent nous ramener au temps des communautés religieuses se combattant et s’entre-tuant. Or, si nous cédons sur ce point nous nous engageons vers un chemin conduisant à la pire des barbaries. La confusion dans laquelle se complet une grande partie de l’élite politique française, est ici tragique et lourde de conséquences. Les attaques contre les musulmans (comme celles contre les juifs, les chrétiens, les bouddhistes, etc…) sont inqualifiables et insupportables. Mais, on a le droit de critiquer, de rire, de tourner en dérision, et même de détester TOUTES les religions. Et si l’on est choqué par des caricatures, on n’achète pas le journal dans lesquelles elles sont publiées, un point c’est tout.

La notion de laïcité ne doit pas être conçue non comme une « guerre aux religions », ce qui est l’un des contre-sens actuels, mais comme tout à la fois reconnaissance de la distinction entre sphère publique et sphère privée et reconnaissance de l’obligation de chacun et de tous à considérer que la religion fasse partie uniquement de la sphère privée. La laïcité est en fait nécessaire pour comprendre les racines de l’ordre politique. Mais on doit impérativement éviter de transformer cette laïcité en une nouvelle religion. Or, c’est une tendance d’autant plus forte que l’on vit dans le mythe d’une grande communauté humaine dépourvue de conflits. En réalités, le conflit est permanent et l’un des taches du politique consiste justement à en utiliser les éléments positifs tout en évitant qu’il détruise la société humaine. De ce point de vue, le contraire de la « guerre de tous contre tous » n’est pas l’harmonie naturelle, qui est un mythe dangereux mais une forme organisation qui permette la gestion de ces conflits. C’est d’ailleurs la raison de l’importance de la Souveraineté. Si le peuple était homogène, la souveraineté ne serait pas nécessaire. Il est tragique que des intellectuels comme Michel Wieviorka fassent ainsi l’erreur d’assimiler la souveraineté à l’homogénéité alors que la lecture de Bodin, pour ne pas citer d’autres auteurs, démontre que c’est au contraire l’hétérogénéité du peuple qui impose la notion de souveraineté.

Il nous faut alors considérer la Souveraineté dans son articulation avec la Nation, et cette dernière comme un forme d’organisation politique du peuple. Encore faut-il retirer de l’espace publique ce qui ne peut être tranché par la raison. Et l’on revient inévitablement à la question de la laïcité. Dès lors qu’une population, quelle qu’elle soit, désire faire en commun quelque chose, il y a de la souveraineté. Mais, du moment où cette population est hétérogène, il convient de retirer de l’espace public certaines questions. C’est pourquoi, depuis plusieurs siècles, souveraineté et laïcité ont passé un pacte de nécessaire alliance.

Les racines de la laïcité

Les racines de la laïcité sont donc bien plus profondes que le débat actuel, ou elle est interprétée comme un obstacle à une religion particulière, ou même que la question de la séparation entre l’Eglise et l’Etat, qui constitua l’un des débats importants de la IIIème République. Il est donc faux de faire remonter la laïcité aux affrontements de 1904-1905, et à la séparation de l’Eglise et de l’État, même si cette dernière est un moment incontestablement important de notre histoire politique.

En fait, dans le principe de laïcité se cachent deux notions qui sont l’une et l’autre absolument essentielle. La première est celle de la séparation entre sphère privée et sphère publique. Cette distinction est fondatrice en réalité de l’existence même d’une démocratie, car il ne peut y avoir de démocratie sans conflit, mais aussi sans compromis éteignant pour un temps, ce dit conflit[6]. Sans cette distinction, la démocratie n’est qu’une coquille vide. Mais, et c’est là toute la force du travail de Bodin, cette distinction ne prend réellement sens que parce que des individus aux fois différentes acceptent de travailler ensemble. Cela pose la laïcité non pas simplement comme un principe de tolérance, et de ce point de vue la tolérance est une forme inférieure à la laïcité[7], mais comme une forme d’organisation où la conviction personnelle se plie à l’existence de Res Publica, de choses communes qui nécessitent et impliquent un travail en commun.

Mais il faut comprendre qu’elle impose à tous un devoir de réserve, qu’elle interdit le prosélytisme outrancier, et en particulier les tenues vestimentaires qui constituent des formes de prosélytismes, et qu’elle impose de distinguer les valeurs dans lesquelles on croit, qui ne peuvent être que personnelles et relèvent alors de la sphère privée, des principes qui sont des règles qui régissent l’action publique. Telle est la ligne rouge de la laïcité.

[1] Voir Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon, 2016.

[2] Le texte est le suivant : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ». http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

[3] Poulat E. Notre Laïcité, ou les religions dans l’espace public, Bruxelles, Desclées de Bouwer, 2014.

[4] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993.

[5] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591, désormais Heptaplomeres.

[6] A. Przeworski, « Democracy as a contingent outcome of conflicts », in J. Elster & R. Slagstad, (eds.), Constitutionalism and Democracy, Cambridge University Press, Cambridge, 1993, pp. 59-80.

[7] On trouvera un commentaire éclairant de sa contribution aux idées de tolérance et de laïcité dans: J. Lecler, Histoire de la Tolérance au siècle de la réforme, Aubier Montaigne, Paris, 1955, 2 vol; vol. 2; pp. 153-159.

Mots-clés : démocratieLaïcitéRépubliquesouveraineté

Jacques Sapir

Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s'est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

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En Syrie, des milices armées par le Pentagone combattent celles armées par la CIA .

Publié le par Felli Bernard

En Syrie, des milices armées par le Pentagone combattent celles armées par la CIA  .

En Syrie, des milices armées par le Pentagone combattent celles armées par la CIA

Publié par Gilles Munier sur 2 Avril 2016, 06:59am

Catégories : #Syrie

Carte et version originale : Los Angeles Times

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