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Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes .

Publié le par Felli Bernard

Rony Brauman est un ancien président de Médecins sans frontières, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris.
Rony Brauman est un ancien président de Médecins sans frontières, professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris.

Non, antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes

Publié par Gilles Munier sur 30 Mars 2016, 07:59am

Catégories : #Sionisme

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BOMBE: Le capitaine Barril, ancien commandant du GIGN : « J’ai la preuve de qui a tué Litvinenko – Ce n’est pas la Russie »

Publié le par Felli Bernard

Le capitaine Barril
Le capitaine Barril

BOMBE: Le capitaine Barril, ancien commandant du GIGN : « J’ai la preuve de qui a tué Litvinenko – Ce n’est pas la Russie »

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On ne présente plus le capitaine Barril, qui fut au cœur de toutes les opérations secrètes menées par la France à une certaine époque. Parce qu’il a parlé un jour, les foudres du ciel lui sont tombées sur la tête à maintes reprises, parfois avec l’aide et la complicité des médias. RI

***

Un ancien fonctionnaire français qui a occupé des postes importants dans la sécurité intérieure et le contre-terrorisme vient de faire une déclaration spectaculaire en annonçant qu’il détient des documents prouvant qu’Alexandre Litvinenko, l’espion russe qui est mort d’un empoisonnement au polonium, a été tué par les services spéciaux américains et britanniques.

Dans une longue interview qui sera publiée bientôt, il va plus loin, en disant que l’assassinat de Litvinenko était une opération des services spéciaux conçue pour diffamer la Russie et Vladimir Poutine, à laquelle le fameux oligarque russe Boris Berezovsky a participé, et a été tué lui-même par le MI6 quand il est devenu gênant. Il dit même qu’il connaît le nom de code de l’opération: « Beluga ».

Découvrez la

Oped News, lundi 27 Mars :

Opération Beluga: Un complot anglo-américain pour discréditer Poutine et déstabiliser la Fédération de Russie

Le célèbre expert en sécurité français Paul Barril vient de lâcher une bombe : l’existence de l’Opération Beluga, une opération secrète du système de renseignement occidental destinée à saper la Russie et ses dirigeants.

Est-ce la cause d’une grande partie de la rhétorique de menaces, devenue maintenant réciproque, entre les Etats-Unis et la Russie?

Barril a révélé l’Opération Beluga dans une récente interview avec l’homme d’affaires suisse Pascal Najadi au sujet de la mort d’Alexander Litvinenko en 2006. Litvinenko était connu comme un ancien espion dont beaucoup (en Occident : NDT) croient qu’il a été assassiné avec du polonium radioactif sur les ordres de Vladimir Poutine.

Najadi dit que l’entrevue parle de la révélation selon laquelle Litvinenko aurait été effectivement tué par « un Italien qui aurait administré le mortel polonium 210 « . Encore plus étonnant, il affirme que l’opération a été réalisée sous les auspices des États-Unis et au Royaume-Uni.

Dans mes livres, The Phony Litvinenko Murder et Litvinenko Murder Case Solved, j’ai écrit au sujet d’une connexion italienne. Mais je ne peux pas confirmer que Barril parle de la même personne.

Les allégations de Barril devraient être prises au sérieux. C’est un personnage de renom du renseignement français, connu en France comme le « Superflic ». Aux yeux du public français, il est une sorte de combinaison d’Eliot Ness, James Bond, et William Bratton. Pendant de nombreuses années, il a été le commandant en second du GIGN, la légendaire unité d’élite française des forces spéciales, placé en tête du classement » de badass » des forces spéciales dans le monde, et a occupé d’autres postes de haut rang dans la sécurité intérieure en France.

Depuis qu’il a quitté les services gouvernementaux, il s’est occupé de questions de sécurité comme entrepreneur privé pour les chefs d’Etat du Moyen-Orient, en Amérique latine et en Afrique. Il a été au centre de plusieurs controverses au fil des ans, et est un auteur très connu. Il ne fait aucun doute qu’il a accès à des renseignements au niveau de l’Etat qui lui donnerait une certaine perspective de cette affaire.

Dans l’interview, Barril affirme que Berezovsky a travaillé en étroite collaboration avec le MI6 et la CIA pour discréditer la Russie et Poutine, et que des sommes importantes de ces organismes sont passées par les mains de Berezovsky à destination de personnes participant à ces efforts. Barril dit Litvinenko a été l’un des porteurs de valises de Berezovsky, pour porter les fonds aux destinataire.

Extrait de l’interview:

«La Russie n’a rien à voir avec (l’assassinat de Litvinenko). L’affaire a été fabriquée depuis le début. Le Polonium a été choisi comme poison parce que, en raison de sa production en Russie, il impliquerait la Russie. L’objectif de l’ensemble de l’opération était de discréditer le président Poutine et le FSB. Cela a été fait parce que la Russie bloque les intérêts américains dans le monde entier, en particulier en Syrie. Ce fut une tentative d’affaiblir l’emprise de Poutine sur le pouvoir, de déstabiliser la Russie « .

Dans l’interview, Barril mentionne celui qui s’affiche ouvertement comme l’ennemi de Poutine, le financier William Browder, comme étant en étroite collaboration avec Berezovsky dans les efforts de discréditation. Il affirme aussi qu’il est sûr que Berezovsky a été assassiné par ses commanditaires des services secrets après que ceux-ci aient réalisé qu’il se comportait de façon erratique et qu’il fallait le réduire au silence avant qu’il n’aille tout balancer.

Enfin, il dit qu’il mettra ses preuves à la disposition d’une enquête publique sur l’affaire si elle est menée par une personne crédible. Il suggère Carla del Ponte comme un bon choix pour le faire, parce qu’il est convaincu qu’elle n’est pas sous le contrôle de la CIA.

Les allégations de Barril ne manqueront pas de soulever d’autres questions autour de l’assassinat de Litvinenko en 2006, qui a à nouveau fait la une des journaux en Janvier 2016, quand une enquête publique menée au Royaume-Uni dans cette affaire n’a pas réussi à rendre un verdict concluant.

Le cas date d’il y a 10 ans, mais suscite toujours un très large intérêt du public en raison des ingrédients de mort mystérieuse sur fond d’espionnage : barbouzerie d’espions – contre-espions, empoisonnements radioactifs, accusations (qui ont été définitivement démystifiées) selon lesquelles Poutine lui-même aurait «probablement» ordonné l’assassinat, discothèques minables, un oligarque en disgrâce qui finit mort mystérieusement dans sa salle de bains, veuves éplorées mises en vedette, d’absurdes « show » de procès politisés, grandes postures de politiciens, et bien plus encore.

Un auteur accompli dans le domaine des assassinats mystérieux aurait du mal à écrire quelque chose d’aussi surréaliste.

Traduction Avic – Réseau International

Source:http://russia-insider.com/en/politics/bombshell-french-counter-terror-boss-i-have-proof-who-killed-litvinenko-it-wasnt-russia

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Pour redresser la Syrie, Damas s'appuie sur la Russie, la Chine et l'Iran

Publié le par Felli Bernard

Pour redresser la Syrie, Damas s'appuie sur la Russie, la Chine et l'Iran

Pour redresser la Syrie, Damas s'appuie sur la Russie, la Chine et l'Iran

© REUTERS/ SANA

International

15:57 30.03.2016(mis à jour 16:03 30.03.2016) URL courte

Dossier:

Situation en Syrie (808)

81745270

Dans une interview accordée au directeur général de l'agence Sputnik, Bachar el-Assad a désigné la Russie comme un partenaire-clé dans le redressement du pays.

Selon le président syrien, Damas veut offrir aux entreprises russes un large espace dans le redressement de la Syrie.

"Le processus de redressement sera avantageux pour les entreprises qui y participeront, surtout si elles sont en mesure d'obtenir des prêts des pays qui les soutiennent. Bien sûr, nous nous attendons à ce que ce processus soit basé sur les trois principaux États qui ont soutenu la Syrie au cours de cette crise, à savoir la Russie, la Chine et l'Iran," a déclaré M.Assad dans un entretien à Dmitri Kisselev, directeur général de Sputnik.

© AFP 2016 Joseph Eid

Assad: Paris, Ankara, Riyad et Londres misent sur la défaite de l'armée syrienne

Selon M.Assad, la réponse de tout citoyen syrien, qu'elle soit politique ou émotionnelle, est que "nous accueillerons avant tout les entreprises de ces trois pays, principalement de Russie".

"Si on parle de l'infrastructure, elle couvre, non des dizaines, mais des centaines de différents domaines et spécialisations. C'est pourquoi, je pense que les entreprises russes auront un très large espace afin de contribuer au redressement de la Syrie", a conclu M.Assad.

La Syrie est depuis 2011 en proie à une guerre civile opposant gouvernement, groupes armés d'opposition et groupes djihadistes, qui a fait des milliers de morts et plusieurs millions de réfugiés.

© AFP 2016 SANA

Assad: la coopération avec la Russie sauvera la Syrie

Au cours de l'opération en Syrie les avions russes ont effectué près de 9.000 sorties et détruit des dizaines de milliers de sites de Daech (Etat islamique) et d'autres groupes extrémistes

Grâce à l'assistance russe, les troupes gouvernementales syriennes ont réussi à reprendre aux terroristes plus de 10.000 kilomètres carrés de territoire, y compris des localités d'importance stratégique, et à réduire l'envergure du trafic de pétrole réalisé par Daech.

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Syrie – La victoire de Palmyre change le discours occidental

Publié le par Felli Bernard

Syrie – La victoire de Palmyre change le discours occidental

Syrie – La victoire de Palmyre
change le discours occidental
par Moon of Alabama

mardi 29 mars 2016, par Comité Valmy

Syrie – La victoire de Palmyre
change le discours occidental

La libération de Palmyre est un tournant décisif dans la guerre contre la Syrie. Bien que l’armée arabe syrienne et ses alliés aient auparavant remporté des succès militaires, la publicité autour de la sécurisation des célèbres ruines romaines de Palmyre est d’une valeur bien supérieure à toutes les victoires antérieures. Elle va mettre fin en partie aux récits mensongers du conflit.

Le gouvernement syrien n’est plus « le régime d’Assad » et l’armée arabe syrienne n’est plus appelée les « forces d’Assad ». Ban Ki Moon, le chef de l’Organisation des Nations Unies, a félicité le gouvernement syrien de son succès :

Dans une conférence de presse en Jordanie, Ban a dit qu’il se sentait « encouragé » par le fait que le site du patrimoine mondial de l’UNESCO n’était plus aux mains des extrémistes et que le gouvernement syrien « soit maintenant en mesure de préserver et de protéger ce patrimoine culturel commun de l’humanité ».

Les équipements de guerre électroniques russes capables de brouiller les signaux électromagnétiques autour de Palmyre ont joué un grand rôle dans sa libération. L’État islamique a miné les ruines avec des engins explosifs improvisés, mais n’a pas réussi à les faire exploser à distance.

Le mythe selon lequel les gouvernements syrien et russe sont de mèche avec l’Etat islamique, répandu par divers propagandistes ainsi que par les gouvernements britannique et étasunien, ne tient plus. Mais on continue à lire d’autres mensonges :

Une discussion sur la façon dont Palmyre était tombé en premier lieu a été recouverte par les célébrations. Lorsque l’État islamique a capturé la ville en mai, les djihadistes ont rencontré peu de résistance de la part des troupes syriennes. A l’époque, les habitants ont dit que les officiers et les miliciens s’étaient enfuis dans les vergers en dehors de la ville, laissant les conscrits et les habitants seuls avec l’ennemi.

Cette description de la bataille n’a aucun sens. L’offensive de l’Etat islamique qui lui a permis de prendre Palmyre a pris treize jours, du 13 au 26 mai 2015. Il y a eu des combats intenses et plusieurs contre-offensives de l’armée syrienne au cours de ces journées. Après que l’Etat islamique ait finalement capturé la ville, l’armée syrienne s’est immédiatement préparée pour une opération plus importante pour reprendre la ville. Elle a été lancée avec succès en juillet 2015, mais, par manque de soutien aérien, les gains réalisés ont à nouveau été perdus, une semaine plus tard.

Pendant tous les combats autour de Palmyre de l’année 2015, l’armée de l’air des Etats-Unis, qui prétendait combattre l’Etat islamique en Irak et en Syrie, n’est pas du tout intervenue. ISIS était libre de se ravitailler à travers le désert ouvert de l’est de la Syrie.

Si l’État islamique a réussi à prendre Palmyre, c’est uniquement parce que les forces du gouvernement syrien devaient faire face, au même moment, à une très grande attaque d’Al-Qaïda et des forces djihadistes mercenaires de la CIA, dans le gouvernorat d’Idlib. L’armée syrienne a été obligée de retirer des troupes de Palmyre pour défendre Idlib et Latakia et les forces laissées derrière n’étaient plus assez nombreuses pour repousser l’attaque de l’État islamique.

L’attaque sur Idlib, pour laquelle la CIA a permis à ses forces de procuration de coopérer directement avec Al-Qaïda, a été soutenue par la guerre électronique de la Turquie qui a perturbé les communications militaires syriennes. Cette attaque où s’est illustrée la collaboration entre les djihadistes et les services secrets turcs et américains a décidé la Russie et l’Iran à d’intervenir dans le conflit avec leurs propres forces. Pour ces deux pays, la ligne rouge avait été franchie.

Ils se sont donc mis à laminer tous les « rebelles » qui représentaient un danger immédiat pour le gouvernement syrien. Après que la Turquie ait pris en embuscade un jet russe, toutes les forces « rebelles » soutenues par la Turquie sont devenus des cibles prioritaires. Lorsque le succès de des offensives à grande échelle à Latakia et autour d’Alep a été confirmé, la Russie a imposé un cessez-le feu aux forces soutenues par les Etats-Unis et au gouvernement syrien. Ce cessez-le feu a libéré les forces syriennes, iraniennes et russes nécessaires pour reprendre Palmyre. De là, l’attaque va progresser vers Deir Ezzor, à l’est, et ensuite vers Raqqa.

La victoire de Palmyre est la plus grande défaite de l’État islamique à ce jour. Cela pose un problème à l’administration Obama :

Washington a essayé de prétendre que la bataille contre l’État islamique était le projet des États-Unis et de ses alliés, tout en accusant Moscou d’attaquer les rebelles « modérés » au lieu des extrémistes. Palmyre semble personnifier une toute autre réalité.

Des félicitations, bien que toujours chargées de l’obligatoire rhétorique anti-Assad, arrivent maintenant d’horizons inattendus, comme le maire conservateur de Londres :

Je ne peux pas cacher ma joie à la nouvelle que Palmyre est reprise et que l’armée syrienne a vraiment repris le contrôle de tout le site de l’Unesco.

Les ruines ont peut-être été minées, mais les terroristes sont en fuite. Alors je dis Hourra ! Bravo ! Continuez comme ça !

Je me joins à lui.

Moon of Alabama
28 mars 2016

Traduction : Dominique Muselet

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Déchéance de nationalité : politiques et internautes raillent la «reculade» de François Hollande

Publié le par Felli Bernard

F.HOLLANDE
F.HOLLANDE

Déchéance de nationalité : politiques et internautes raillent la «reculade» de François Hollande

30 mars 2016, 15:43

Source: AFP

François Hollande

Alors que le président François Hollande a annoncé ce 30 mars l'abandon de la réforme constitutionnelle dont la mesure la plus polémique était la déchéance de la nationalité, les critiques des hommes politiques de tout bord et des internautes fusent.

Après avoir annoncé ce retrait, le président de la République a tenté de rassurer les français concernant les engagements pris contre le terrorisme.

Les critiques sont venues de toute part sur Twitter. Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, qui était justement favorable à cette déchéance de la nationalité à l'image de son parti a été un des premiers à s'exprimer. «A force de promettre tout et son contraire, François Hollande a créé les conditions de l'échec», a-t-il déclaré.

Un des cadres du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet a même évoqué une «déchéance de l'autorité présidentielle».

Autre cadre et candidat à la primaire Les Républicains en vue de l'élection présidentielle de 2017, Bruno Le Maire, a qualifié cette reculade de «tout ce qu'on ne veut plus voir en politique».

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a voulu remettre les choses au clair concernant les mauvaises langues qui critiquaient l'attitude du Sénat qui avait réclamé des modifications dans cette réforme avant de la voter.

Une «déchéance de la fonction présidentielle»

Pendant ce temps le Front National n'a pas manqué de réagir notamment par l'intermédaire du vice-président du parti, Florian Philippot.

Le député européen frontiste Bruno Gollnisch a également évoqué une «déchéance de la fonction présidentielle». «C’est la fin d’une manœuvre politicienne par laquelle M. Hollande essayait d’une part de faire croire qu’il faisait quelque chose de sérieux contre le terrorisme et d’autre part de diviser son opposition de droite parlementaire. Et en réalité il a réussi qu’à diviser son propre camp», a-t-il déclaré à RT France.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon qui est déjà candidat à la prochaine Présidentielle, n'a pas caché sa satisfaction.

Le Parti de Gauche qualifie ce renoncement de «défaite salutaire».

«Et maintenant, la loi Travail ?»

De nombreux internautes se sont insurgés contre l'abandon de cette réforme.

Certains appellent également de leurs voeux un retrait de la loi travail.

D'autres rejettent les «politiciens» dans leur intégralité.


Des internautes préfèrent se rappeler de l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira qui avait démissionné du gouvernement en janvier dernier à cause de l'annonce de la déchéance de la nationalité dans le projet de loi.

Lire aussi : François Hollande sur la déchéance de nationalité : «J'ai décidé de clore le débat constitutionnel»

France

Déchéance de nationalité : politiques et internautes raillent la «reculade» de François Hollande

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Y a-t-il une "main invisible" derrière le chaos mondial actuel?

Publié le par Felli Bernard

Y a-t-il une "main invisible" derrière le chaos mondial actuel?

La guerre civile qui divise la Syrie a depuis longtemps débordé des frontières nationales: elle affecte aujourd'hui la stabilité du Liban, de la Turquie, de l'Irak, de la Libye et du Yémen, renforce les contradictions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, et ses répercussions atteignent de plus en plus souvent l'Europe.

La Belgique, jusqu'ici considérée comme sûre, s'est transformée en arène de la guerre terroriste. Il semblerait même parfois qu'une "main invisible" pousse l'Union européenne — d'abord Paris et maintenant Bruxelles, deux capitales de la bureaucratie européenne — à participer au partage des sphères d'influence au Moyen-Orient. Et la liste des pays subissant les conséquences directes ou indirectes du conflit continuera de s'allonger tant que l'incendie de la guerre mondiale ne se répandra pas sur le reste du continent.

Il suffit de prendre l'exemple du Liban, confronté aujourd'hui à un choix injuste mais fatidique — entre le Hezbollah et l'Arabie saoudite — qui aspire Beyrouth dans les sables mouvants de la lutte interconfessionnelle. Étant donné que les sunnites et les chiites représentent près de 60% de la population du pays (et ce, à part égale), miser sur l'une des communautés risquerait de provoquer une guerre civile comme en 1975-1990. La rupture avec le Hezbollah, qui serait en soi une démarche positive dans les relations avec les chiites libanais et les catholiques, reviendrait à un suicide étatique: il serait alors impossible de régler la crise gouvernementale dans un avenir prévisible. Riyad joue aujourd'hui le rôle de détonateur politique: en février, les Saoudiens ont suspendu leur assistance militaire à l'armée et à la police libanaises (soit 3 milliards de dollars), et en mars, à leur initiative, la Ligue arabe a proclamé le parti au pouvoir Hezbollah "organisation terroriste", rompant immédiatement les liens économiques et politiques qui reliaient Beyrouth aux capitales des monarchies arabiques.

Sans oublier l'histoire difficile des relations libano-syriennes: le conflit libanais pourrait être relancé par la moindre petite étincelle comme en avril 1975, après l'assassinat des gardes du corps du leader du parti chrétien Kataëb Pierre Gemayel qui avait provoqué l'attaque d'un bus transportant des Palestiniens. Résultat: une guerre civile de 15 ans. Ironie du sort, la Syrie faisait entrer et sortir ses troupes au Liban avec l'accord des USA — l'armée syrienne y a ainsi stationné d'avril 1976 à avril 2005. C'est seulement avec l'assassinat du premier ministre Rafiq Hariri (février 2005) et les grandes manifestations qui s'en sont suivies que Washington a pu enterrer le projet de Grande Syrie, préparé pendant de longues années par Damas. Néanmoins, les Américains ont préservé une influence indirecte sur le Liban, à laquelle a contribué la guerre de juillet 2006 contre Israël. Cinq ans plus tard, la Syrie se transformait en principal théâtre des opérations, remplaçant l'Irak de Saddam Hussein mis en pièces.

Pourquoi les USA ont-ils ainsi saboté le Moyen-Orient? Question de géographie. Le Liban et la Syrie sont les portes orientales de la Méditerranée, la principale artère commerciale qui relie depuis les siècles l'Europe à la Chine. Au XXIe siècle, les Américains s'y battront pour une nouvelle histoire en détruisant les vestiges du pouvoir colonial européen. La Grande émeute prendra la place de la Grande Syrie.

Source: Sputnik

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François Hollande sur la déchéance de nationalité : «j'ai décidé de clore le débat constitutionnel »

Publié le par Felli Bernard

François Hollande sur la déchéance de nationalité : «j'ai décidé de clore le débat constitutionnel »

François Hollande sur la déchéance de nationalité : «j'ai décidé de clore le débat constitutionnel »

30 mars 2016, 12:18

- Avec AFP

François Hollande s'exprimait à l'issue du Conseil des ministres sur la réforme constitutionnelle décidée après les attentats du 13 novembre, dont l'extension de la déchéance de nationalité.

Lire aussi

Assemblée nationale puis Sénat ont voté le projet de révision annoncé par François Hollande après les attentats du 13 novembre, mais chacun en réécrivant le volet sur la déchéance. Or les deux chambres devaient parvenir à une version identique avant toute réunion du Congrès, où le texte devait être approuvé à une majorité des 3/5e.

Aurélie Filippetti, députée PS de Moselle, s'est exprimée avant que le président donne sa décision : « Je pense que tout ça ressemble à une pantalonnade sur un sujet pourtant essentiel. (...) Nous avions dit à plusieurs dès le début qu’il fallait arrêter ce débat sur la déchéance de nationalité, que c’est une mauvaise idée, que n’était pas conforme à nos valeurs ni à l’idéal républicain, ni à l’esprit du 11 janvier dernier. Et on voit que, voilà, ça va se terminer vraiment d’une manière lamentable, avec ces petites négociations, dans un bureau, avec le président du Sénat. Pour moi c’est lamentable».

France

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Contre la molenbeekisation des quartiers

Publié le par Felli Bernard

Contre la molenbeekisation des quartiers

L'édito

par Valérie Toranian

La République a-t-elle nourri en son sein des centaines de Molenbeek ? C’est ce qu’affirme Patrick Kanner, ministre de la Ville, qui assure qu’une centaine de quartiers en France présente « des similitudes potentielles » avec le fief djihadiste de Bruxelles, car « ils cumulent des difficultés en termes d’urbanisme, de chômage, de services publics défaillants » mais aussi « concentration extrême de problèmes sociaux, ultra-communautarisme, économie souterraine », et qu’il existe une « volonté claire de salafistes de prendre le pouvoir dans certains de ces quartiers ».

Ces paroles lucides d’un ministre du gouvernement auraient dû provoquer un large consensus tant elles semblent être le reflet du bon sens. D’ailleurs Manuel Valls n’a-t-il pas déclaré qu’on avait pêché par trop de négligence et d’angélisme et que le temps du zéro tolérance était arrivé ? Que nenni ! Voilà notre ministre attaqué par les édiles du Parti socialiste toujours soucieux du « pas d’amalgame » et prêts à dégainer sur tout contrevenant. Ainsi, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis s’est désolidarisé des propos du ministre de la Ville, et préfère parler de « poches », « d’immeubles » et de « rues » plutôt que de quartiers. La différence méritait d’être soulignée et les habitants qui vivent aux abords de ces « rues », « immeubles » et « poches » vont surement être rassurés…

Julien Dray, quant à lui, a fait une mise au point de taille en précisant que « la majorité de la population en a assez d’être désignée à la vindicte populaire. » À titre d’information, c’est exactement ce que Françoise Schepmans, bourgmestre de Molenbeek, expliquait devant les caméras, le jour de l’arrestation de Salah Abdelslam, quarante-huit heures avant les attentats de Bruxelles, précisant que le quartier était majoritairement composé de citoyens n’ayant rien à voir avec le terrorisme et que le problème résidait dans la « radicalisation de voyous ».

« La peur d’une grande partie des élus de gauche qu’on leur demande des comptes sur des dizaines d’années de gestion des banlieues. »

Les propos courroucés de Julien Dray et Jean-Christophe Cambadélis camouflent autre chose : la peur d’une grande partie des élus de gauche qu’on leur demande des comptes sur des dizaines d’années de gestion des banlieues, sur le système clientéliste et la compromission avec les représentants religieux pour « gérer la paix sociale », sur le renoncement aux principes de laïcité et l’essentialisation des populations musulmanes. Que de subventions pour les associations sportives non-mixtes, pour les cours de couscous, les associations cultuelles déguisées en associations culturelles… Tout cela en échange de l’assurance de « bien voter » aux prochaines élections…

Bien sûr, le ministre de la Ville ne manque pas de préciser dans son interview que cette dégradation a vu le jour après les émeutes de 2005 et que le grand responsable en est Sarkozy qui a supprimé 12 500 postes de policiers, 80 000 postes d’enseignants et réduit drastiquement les crédits du secteur associatif. Une façon pour les socialistes de s’exonérer de leur gestion de nombreuses villes de banlieues depuis trente ans. Et pourtant la faute leur incombe au moins autant qu’aux élus de droite.

Pour comprendre jusqu’à quel point a dérivé le système, il faut lire le livre coup de poing de Nadia Remadna, fondatrice de la Brigade des mères en 2014 à Sevran : Comment j’ai sauvé mes enfants, au sous-titre explicite, « Avant on craignait que nos enfants tombent dans la délinquance. Maintenant on a peur qu’ils deviennent terroristes. »

C’est le réquisitoire poignant, sans concession, souvent bouleversant, parfois cocasse, d’une mère de famille de Sevran, qui accuse pêle-mêle de non-assistance l’État, les collectivités territoriales, la municipalité, les partis politiques. Sevran dont la mosquée Tawid de l’association AMPM a été murée la semaine dernière, accusée par les parents d’un jeune de la ville de favoriser l’embrigadement pour Daech. Sevran dont sont originaires une douzaine de jeunes, partis faire le jihad en Syrie parmi lesquels six d’entre eux au moins seraient déjà morts.

Nadia Remadna, « référente famille » en Seine-Saint-Denis après avoir fait une carrière dans le social, se bat avec son association pour résoudre les situations d’urgence. Comme toutes les mères de son entourage, « elle se lève chaque matin avec la boule au ventre, se couche chaque soir avec la boule au ventre et entre les deux, on ne court pas on cavale. » Mais, dit-elle « je n’ai jamais vu de mères démissionnaires. Par contre j’ai vu des mères usées, épuisées ».

Elle dénonce l’incurie du système des « adultes-relais » qui a fleuri en Île-de-France avec Bartolone, ces jeunes chargés d’être des médiateurs de quartier et dont la principale caractéristique est de n’être formés à rien et incompétents sur tout. Nadia Remadna a le sens de la formule : « À Sevran, ils construisent une “mission locale” mais en fait leur mission c’est juste de construire un local. » À l’entrée du collège, un jeune « relai » surveillant demande aux élèves s’ils suivent bien le ramadan. « À Sevran si tu dis “je suis laïque”, on te répond que tu provoques… »

Elle raconte ces jeunes qui se voient uniquement comme les victimes d’une France raciste et islamophobe qui les discrimine. « Quand tu as 4/20 en français, tu dis que le prof est raciste ». D’ailleurs ils en ont confirmation tous les jours à la télé par des politiques qui leur martèlent qu’ils sont des victimes. « Au lieu de supprimer le service militaire, il aurait mieux valu faire un partenariat entre l’armée et l’école. En tout cas c’aurait été mieux que le partenariat d’aujourd’hui entre l’école et la prison », écrit-elle encore.

« Nadia Remadna et ses amies se battent comme des diables contre l’inertie des services publics, le clientélisme obscène, le gangrénage salafiste, l’islamisation politique. »

Le maire de Sevran, Stéphane Gatignon, élu écologiste, s’est défendu récemment dans les médias d’avoir laissé faire la radicalisation. Ce n’est pas l’avis de Nadia Remadna qui l’accuse d’avoir laissé s’installer les mouvances religieuses dans les quartiers. Elle a voté blanc aux dernières élections après avoir été candidate sur la liste de Clémentine Autain (Front de gauche) aux municipales de 2012. Mais Autain, dénonce-t-elle, « a fait alliance avec un candidat qui passe ses journées à jurer sur le Coran et à expliquer qu’une femme doit se soumettre à Dieu et à son mari ! Gatignon ou Clémentine ça change quoi ? Que ce soit l’un ou l’autre, les subventions, ils les donneront à Kader, à Farid ou Saïd juste pour avoir des voix et pour avoir la paix. »

Nadia et ses amies se battent comme des diables contre l’inertie des services publics, le clientélisme obscène, le gangrénage salafiste, l’islamisation politique. Et dénoncent la trahison envers les jeunes.

Ce sont les mères courage de la République qui luttent chaque jour contre la molenbeekisation des quartiers. Les politiques ne doivent pas les laisser tomber.

(Photo : HLM / Flickr)

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Directrice de la Revue des Deux Mondes.

Valérie Toranian   Directrice de la Revue des Deux Mondes

Valérie Toranian Directrice de la Revue des Deux Mondes

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Est-il temps que les USA quittent l'Otan?

Publié le par Felli Bernard

Est-il temps que les USA quittent l'Otan?

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Est-il temps que les USA quittent l'Otan?

© Photo. US Marine Corps / Paul Peterson

International

15:43 29.03.2016URL courte

232255383

Depuis que l'environnement politique international a changé, la politique des Etats-Unis dans l'Otan se révèle dépassée. Il faut qu'ils admettent que l'ingérence dans la politique intérieure d'autres pays est dépourvue de sens, et qu'ils envisagent sérieusement de quitter l'alliance Atlantique.

© Flickr/ Adm. Jonathan Greenert, Chief of Naval Operations

Amiral US: réviser la stratégie navale de l'Otan pour "contenir la Russie"

L'Otan s'apprête à célébrer son 67e anniversaire en avril mais au lieu d'être l'occasion de se complimenter pour son importance dans un contexte de sécurité tant mondiale qu'américaine tourmenté, ce jour devrait pousser l'alliance à réfléchir. Sur quoi? L'organisation a bien des questions auxquelles elle doit répondre, dont la principale est de savoir si les activités des Etats-Unis dans l'Otan restent toujours utiles et viables.

L'évidence montre que ce n'est pas le cas.

Dans le monde d'aujourd'hui, il n'existe plus l'équilibre des pouvoirs établi après la Seconde Guerre mondiale. Les Etats-Unis sont persuadés que la politique internationale a besoin de leur rôle de chef de file pendant encore de longues années. Cependant, la plupart des pays européens ne sont plus des petits enfants de rues traumatisés par la guerre, indique The National Interest. Désormais sous l'aile de l'UE, ils sont capables de résoudre leurs problèmes eux-mêmes.

© AP Photo/ Virginia Mayo

L’Otan accuse la Russie de semer la division dans ses rangs

Initialement, l'alliance Atlantique avait été créée pour être un instrument de coopération avec les acteurs clés de la politique européenne. Il ne s'agissait pas à l'époque d'une expansion incessante. Mais après l'effondrement de l'Union soviétique, les dirigeants américains ont voulu que les pays de l'Europe centrale et orientale soient eux aussi membres de l'alliance. Ils invitaient ces nouveaux alliés à la légère, comme s'il s'agissait d'amis dans les réseaux sociaux.

Mais à la différence de Facebook, les alliances militaires sont des organisations sérieuses. L'article numéro cinq de la charte de l'Otan affirme qu'une attaque contre l'un des alliés doit être considérée comme une attaque contre tous. Par conséquent, Washington se trouve sans cesse impliqué dans des conflits armés avec lesquels il n'a rien à voir.

© Photo. Russian Defence Ministry

L'Otan admet l'efficacité des forces aériennes russes en Syrie

L'absurdité de l'alliance a atteint son paroxysme en février 2016 où ses rangs ont été grossis (à l'initiative de Washington) par un nouveau membre, le Monténégro. Dieu merci, ce pays n'a pas d'ennemis parmi les grandes puissances mondiales! Mais ici, comme dans le cas des pays baltes, Washington a mis en danger non seulement sa réputation, mais aussi la sécurité de l'Etat américain tout entier puisqu'une telle expansion vers les frontières russes nuit aux relations américano-russes, déjà plus que froides.

Ainsi, les partisans de l'alliance semblent ne pas se rendre compte que les temps changent dans le concert des nations. Le cap américain dans l'Otan ne satisfait plus, encore et encore, à des vérifications élémentaires d'utilité et de viabilité. C'est pourquoi il est temps d'analyser cette politique en profondeur et de considérer la variante la plus radicale: que les Etats-Unis quittent l'alliance.

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Le mobile des attentats de Paris et de Bruxelles

Publié le par Felli Bernard

En 2011, Alain Juppé pour la France et Ahmet Davutoğlu pour la Turquie convenaient secrètement de faire créer un Sunnistan à cheval sur l’Irak et la Syrie (ce sera la fonction de Daesh) et un pseudo-Kurdistan afin d’y expulser les Kurdes de Turquie. Leur projet était soutenu par Israël et le Royaume-Uni.
En 2011, Alain Juppé pour la France et Ahmet Davutoğlu pour la Turquie convenaient secrètement de faire créer un Sunnistan à cheval sur l’Irak et la Syrie (ce sera la fonction de Daesh) et un pseudo-Kurdistan afin d’y expulser les Kurdes de Turquie. Leur projet était soutenu par Israël et le Royaume-Uni.

Le mobile des attentats de Paris et de Bruxelles

par Thierry Meyssan

On ne sait pour le moment qui a commandité les attentats de Paris et de Bruxelles. Plusieurs pistes ont été énoncées. Cependant, seule l’hypothèse d’une opération décidée par la Turquie est aujourd’hui étayée. Thierry Meyssan relate le conflit secret qui hante les relations entre l’Union européenne, la France et la Turquie depuis cinq ans.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 28 mars 2016

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Il est trop tôt pour désigner avec certitude le commanditaire des attentats qui ont frappé Paris, le 13 novembre 2015, et Bruxelles, le 22 mars 2016. Cependant, pour le moment, seuls les éléments que nous allons exposer en fournissent une explication raisonnable.

* * *

Juste après la mort du fondateur de l’islamisme turc, Necmettin Erbakan, et alors que venait de débuter le « printemps arabe », le gouvernement Erdoğan conclut un accord secret avec la France. Selon un diplomate qui a étudié ce document, il fixe les conditions de participation de la Turquie aux guerres contre la Libye (qui venait de commencer) et contre la Syrie (qui allait suivre). La France, représentée par son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, s’engage notamment à régler la « question kurde » sans « porter atteinte à l’intégrité du territoire turc » ; une formule alambiquée pour signifier que l’on créera ailleurs un pseudo-Kurdistan et que l’on y expulsera les membres du PKK. Ce projet de nettoyage ethnique, qui n’est pas nouveau, avait été jusque-là exclusivement évoqué dans la littérature militaire israélienne qui décrivait le nouvel État à cheval sur la Syrie et l’Irak.

Le 31 octobre 2014, le président François Hollande profite d’une visite officielle de Recep Tayyip Erdoğan à Paris pour organiser une rencontre secrète, à l’Élysée, avec le co-président des Kurdes de Syrie, Salih Muslim. Ce dernier, trahissant les Kurdes de Turquie et leur leader Abdullah Öcalan, accepte de devenir le président du pseudo-Kurdistan qui devrait être créé à l’occasion du renversement du président démocratiquement élu Bachar el-Assad.

C’est le moment de la bataille de Kobané. Durant plusieurs mois, les Kurdes syriens défendent la ville face à Daesh. Leur victoire sur les jihadistes va renverser l’échiquier politique : si l’on veut vraiment combattre les jihadistes, il faut s’allier aux Kurdes. Or, les Kurdes syriens n’ont obtenus la nationalité qu’au début de la guerre, jusque-là ils étaient réfugiés politiques turcs en Syrie, chassés de leur pays lors de la répression des années 80. Les États membres de l’Otan considéraient alors le PKK, principale formation kurde de Turquie, comme une organisation terroriste. Désormais, ils vont distinguer le mauvais PKK turc du bon YPG syrien, bien que les deux organisations soient sœurs.

Coup de théâtre, le 8 février 2015, la France revient sur son engagement antérieur. François Hollande reçoit à l’Élysée, officiellement cette fois, la co-présidente des Kurdes de Syrie fidèle à Öcalan, Asya Abdullah, et la commandante Nesrin Abdullah en uniforme léopard. Salih Muslim est absent de la réunion.

Recep Tayyip Erdoğan réagit en commanditant un attentat de Daesh à Suruç contre une manifestation pro-Kurdes, le 20 juillet 2015. S’emparant de la rhétorique occidentale anti-terroriste, il déclare alors la guerre à la fois à Daesh et aux Kurdes, mais n’utilise ses moyens militaires que contre les derniers. Ce faisant, il met fin au cessez-le-feu et relance la guerre civile dans son propre pays. À défaut d’un pseudo-Kurdistan en Syrie, il provoquera l’exode des Kurdes vers l’Europe.

Le 3 septembre 2015, la publication de la photographie d’un enfant kurde noyé marque le début d’une vaste vague de migration depuis la Turquie, vers l’Union européenne, principalement vers l’Allemagne. Durant les premières semaines, les dirigeants allemands se félicitent de cet afflux massifs de nouveaux travailleurs dont leur industrie lourde a grand besoin, tandis que les médias expriment leur compassion pour les réfugiés qui fuiraient la dictature syrienne. Plus encore, le 29 septembre, les dirigeants français et allemands se saisissent de l’empathie envers les migrants pour étudier la possibilité de subventionner la poursuite de la guerre en versant 3 milliards d’euros à la Turquie ; un don que l’on présentera à l’opinion publique comme une aide humanitaire pour les réfugiés.

Fin septembre 2015, la Russie débute son opération militaire contre les jihadistes de tous poils. Recep Tayyip Erdoğan voit ainsi s’évanouir son projet. Il pousse alors Salih Muslim à lancer une opération de kurdisation forcée du Nord de la Syrie. Des brigades kurdes expulsent les professeurs arabes et assyriens des écoles et les remplacent par des enseignants kurdes. Les Syriens se révoltent et en appellent aux Russes qui calment la situation, non sans évoquer une possible fédéralisation ultérieure de la Syrie. La France est aux abonnés absents.

Le 13 novembre, la Turquie exaspérée des revirements de François Hollande prend la France en otage et commandite des attentats à Paris, faisant 130 morts et 413 blessés.

j’écrivais alors : « Les gouvernements français successifs ont noué des alliances avec des États dont les valeurs sont à l’opposé de celles de la République. Ils se sont progressivement engagés à livrer des guerres secrètes pour eux, avant de se rétracter. Le président Hollande, son chef d’état-major particulier le général Benoit Puga, son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et son prédécesseur Alain Juppé font aujourd’hui l’objet d’un chantage dont ils ne pourront sortir qu’en révélant dans quoi ils ont fourvoyé le pays. » [1].

Terrorisé, Paris revient précipitamment au plan Juppé de 2011. Avec Londres, il fait adopter le 20 novembre la résolution 2249 par le Conseil de sécurité. Sous couvert de lutte contre Daesh, il s’agit de justifier la conquête du Nord de la Syrie pour y créer, enfin, ce pseudo-Kurdistan où Recep Tayyip Erdoğan pourra expulser « ses » Kurdes. Mais les États-Unis et la Russie retoquent légèrement le texte de sorte que la France et le Royaume-Uni ne peuvent intervenir sans y être invités par la Syrie ; une situation qui n’est pas sans rappeler l’opération coloniale manquée de 1956, lorsque les troupes franco-britanniques tentèrent d’occuper le Canal de Suez avec le soutien d’Israël et de la Turquie, mais durent se retirer face aux froncements de sourcils des États-Unis et de l’URSS.

Durant les cinq mois et demi de l’intervention russe en Syrie, les relations turco-russes ne cessent de se dégrader. L’attentat contre le Vol 9268 Metrojet dans le Sinaï, les accusations de Vladimir Poutine au sommet du G20 à Antalya, la destruction du Sukhoï-24 et les sanctions russes contre la Turquie, la publication des photographies aériennes de la noria de camion-citernes acheminant le pétrole volé par Daesh à travers la Turquie, etc. Après avoir envisagé d’entrer en guerre contre la Turquie, la Russie décide finalement de jouer plus subtilement et de soutenir le PKK contre l’administration Erdoğan. Sergeï Lavrov parvient à convaincre son partenaire états-unien de profiter de la déstabilisation à venir de la Turquie pour organiser un renversement du dictateur Erdoğan. Le régime turc, qui se sait menacé à la fois par la Russie et les USA, tente de se refaire des alliés. Le Premier ministre Ahmet Davutoğlu se rend le 5 mars à Téhéran, tandis que le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, se déplace à Ankara, le 18 mars. Mais la République islamique n’entend pas se brouiller avec les deux Grands.

Le 14 mars, Vladimir Poutine annonce le retrait des bombardiers russes, le projet du pseudo-Kurdistan redevient donc possible. Mais Moscou et Washington prennent un coup d’avance : ils commencent à livrer indirectement des armes au PKK.

Manque de chance, cette fois, c’est l’Union européenne qui ne veut plus entendre parler de colonisation du Nord de la Syrie. La majorité des États-membres suit la politique étrangère imposée par Paris depuis cinq ans, avec l’absence de succès que l’on connaît. Pour marquer leur énervement, plusieurs États, dont la Belgique, ont accordé l’asile politique à des leaders kurdes turcs. Ils manifestent leur mauvaise humeur lors du sommet UE-Turquie des 17 et 18 mars au cours duquel ils sont contraints d’adopter définitivement la subvention de 3 milliards d’euros annuels à Ankara.

Je dénonçais alors le comportement des élites européennes qui, aveuglées par leur obsession anti-syrienne, reproduisaient la même erreur qu’en 1938. À l’époque, obsédées par leur anti-communisme, elles avaient soutenu le chancelier Hitler lors de l’annexion de l’Autriche et lors de la crise des Sudètes (accords de Munich), sans se rendre compte qu’elles armaient le bras qui allait les frapper [2].

Durant le sommet UE-Turquie, et donc indépendamment des décisions qui y furent prises, le président Erdoğan prononce un discours télévisé à l’occasion du 101ème anniversaire de la bataille de Çanakkale (« la bataille des Dardanelles » ; la victoire de l’Empire ottoman sur les Alliés) et en mémoire des victimes de l’attentat perpétré à Ankara quelques jours plus tôt. Il déclare :
« Il n’y a aucune raison que la bombe qui a explosé à Ankara, n’explose pas à Bruxelles ou dans une autre ville européenne (…) Là, je lance un appel aux États qui leur ouvrent les bras qui, directement ou indirectement, soutiennent les organisations terroristes. Vous nourrissez un serpent dans votre lit. Et ce serpent que vous nourrissez peut à tout moment vous mordre. Peut-être que regarder des bombes qui explosent en Turquie sur vos écrans de télévision ne signifie rien pour vous ; mais quand les bombes commenceront à exploser dans vos villes, vous comprendrez certainement ce que nous ressentons. Mais alors, il sera trop tard. Arrêtez de soutenir des activités que vous ne tolérez jamais dans votre propre pays, sauf lorsqu’elles sont contre la Turquie. » [3].

Quatre jours plus tard, des attentats frappent Bruxelles, faisant 34 morts et 260 blessés. Et pour que l’on ne pense pas à une coïncidence, mais bien à un acte délibéré, la presse turque du lendemain se réjouit de la punition infligée à la Belgique [4].

Depuis que le président Erdoğan a relancé la guerre civile, elle a coûté la vie à plus de 3 500 personnes en Turquie.

Dernière heure : « Le roi de Jordanie accuse la Turquie de préparer le jihad en Europe », Réseau Voltaire, 26 mars 2016.

Thierry Meyssan

[1] « La République française prise en otage », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 novembre 2015.

[2] « Le suicide européen face à la Turquie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 mars 2016.

[3] Lire un extrait du discours : « Erdoğan menace l’Union européenne », par Recep Tayyip Erdoğan, Réseau Voltaire, 25 mars 2016.

[4] « La Turquie revendique le bain de sang de Bruxelles », par Savvas Kalèdéridès, Traduction Christian, Réseau Voltaire, 24 mars 2016.

Le 31 octobre 2014, François Hollande raccompagne Recep Tayyip Erdoğan sur le perron de l’Élysée. Un autre invité vient de sortir discrètement par la petite porte, le Kurde Salih Muslim.

Le 31 octobre 2014, François Hollande raccompagne Recep Tayyip Erdoğan sur le perron de l’Élysée. Un autre invité vient de sortir discrètement par la petite porte, le Kurde Salih Muslim.

À l’issue de la bataille de Kobané, François Hollande change de camp et marque son soutien aux Kurdes en recevant à l’Élysée, le 8 février 2015, une délégation du YPG.

À l’issue de la bataille de Kobané, François Hollande change de camp et marque son soutien aux Kurdes en recevant à l’Élysée, le 8 février 2015, une délégation du YPG.

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