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Publié le par bernard felli

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Le «fake World» se rebiffe

Publié le par Felli Bernard

Le «fake World» se rebiffe


2016-07-19_11h15_59Le 23 février 2017 – Source entrefilets

C’est la tendance lourde du moment ! La traque aux fake news, ces fausses nouvelles qui inonderaient les réseaux sociaux et tromperaient des citoyens trop crétins pour faire le tri; qui auraient déjà permis l’élection de Trump et menaceraient désormais les bonnes et vertueuses démocraties de la Vieille Europe, la plupart du temps sous l’impulsion coupable de hackeurs ricanant sur des claviers forcément cyrilliques.

 

Toute la volaille médiatique, les géants du web et l’establishment politique ont donc sonné une charge transatlantique de manière parfaitement synchrone (je dis ça je ne dis rien) pour tenter de conserver le monopole de la Vérité. Tout le sel de la chose vient du fait que, globalement, ceux qui jouent ici les vierges outragées sont justement les principaux fournisseurs officiels de fake news planétaires. Le fake World se rebiffe.

Du bottom-up au top-down

En décembre 2012 nous écrivions : « Face à la montée en puissance prévisible de la contestation, la réaction du Système sera sans surprises : guerres pour les ressources à l’extérieur, criminalisation de la contestation à l’intérieur avec développement de technologies sécuritaires et répressives, contrôle accru des individus ; offensive contre la Toile dissidente par la multiplication de lois restrictives ; bunkerisation des élites prédatrices et, bien sûr, offensive généralisée de la machine à enfumer du Système pour reprendre le contrôle de l’information globale. » 

C’est peu dire que de constater aujourd’hui que l’offensive du Système pour reprendre le contrôle de l’information globale bat son plein.

Depuis une bonne décennie, l’accusation de complotisme ou de conspirationnisme de la part de la caste politico-médiatique en place a déjà servi d’anathème ultime pour discréditer tout contradicteur et empêcher toute remise en question des narratives officielles les plus farfelues. De la fable du 11 septembre – dans laquelle deux avions abattent… trois tours – aux fables qui ont justifié l’écrasement de la Libye ou le soutien aux coupeurs de têtes modérés syriens, les fake news sont ainsi devenues une norme absolue dans le paysage audiovisuel atlantiste.

Mais avec l’élection de Trump et le merveilleux conte de l’ingérence russe, cette immense machinerie à écraser toutes les voix discordantes a trouvé un nouveau ressort à même de faire sauter les derniers tabous.

Depuis des mois maintenant, les médias-Système saturent ainsi le paysage de centaines d’articles et d’émissions dédiés aux dangers des fake news, propulsant ce qu’ils estiment être de la désinformation, du complotisme ou du conspirationnisme bien au-dessus de Daesh et Kim Jong-un sur l’échelle Richter des grands périls menaçant l’humanité. C’est que derrière tout cela, il y a la main de Moscou désormais, qui comme chacun le sait a déjà commencé à envahir l’Europe.

Alors bien sûr, les géants du Net, forcément de bons Américains du monde libre, eux, ont répondu présents pour participer à la curée.

Déjà, Google a décrété le blocage de quelque 200 sites accusés de désinformation et, de son côté, Facebook planche sur des algorithmes censés trier le bon grain de l’ivraie. Quant à Apple, son patron s’est immédiatement joint à la meute en annonçant également des mesures pour réaffirmer le caractère indiscutable de la Vérité venue d’en-haut. Une approche top-down assez curieuse pour des entreprises qui font habituellement l’éloge du bottom-up. Mais passons, à la guerre comme à la guerre…

Certains États comme la France profitent même de l’hystérie ambiante pour agir au niveau législatif afin de banaliser la criminalisation des opinions divergentes. 1

L’im-Monde ose le Ministère de la Vérité

Dans ce néo-maccarthysme ambiant, c’est une fois encore l’im-Monde qui aura battu tous les records d’indécence avec son fumeux Décodex, un véritable Ministère de la Vérité censé vous dire désormais qui (et donc quoi) croire.
Le procédé est tellement ahurissant qu’on a, naïfs que nous sommes, encore du mal à y croire. Pensez-donc, un titre-Système connu pour son alignement sans faille aux plus grossières opérations de désinformations atlantistes de ces deux dernières décennies qui ressuscite l’imprimatur ! Il fallait oser. C’est Jacques Sapir qui taille probablement le plus joli costard à cette grossière entreprise dans son billet « Déconnant Décodex ».

Certes, on pensait bien que dans cette grande offensive pour empêcher les peuples de penser en dehors des clous, les merdias d’État se verraient accorder toutes les licences et tous les budgets nécessaires.

On imaginait pourtant que la campagne d’intoxication serait menée avec un peu plus de subtilité, un peu plus de finesse. Mais encore une fois à la guerre comme à la guerre, car le temps presse. Partout dans un vieux monde occidental laminé par l’hystérie d’un capitalisme terminal aux accents de plus en plus totalitaires, la grogne monte et le fossé s’élargit à vue d’œil entre les peuples et l’internationale globaliste-progressiste qui fait semblant de les représenter.

« Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres », disait Antonio Gramsci.

entrefilets.com

  1.  Le cas le plus récent est celui qui touche à l’IVG si chère aux progressistes-sociétaux de notre contre-civilisation. Les députés français viennent en effet d’accepter un projet de loi qui vise à permettre la fermeture de sites Internet qui porteraient « des allégations ou une présentation faussées » pour en réalité dissuader des femmes enceintes de recourir à une IVG. « Une présentation faussée » donc… Fameux critère s’il en est.

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Le véritable but du rapport du gouvernement U.S. sur le prétendu piratage par la Russie

Publié le par Felli Bernard

Source : Truthdig, le 08/01/2017

Publié le 8 janvier 2017

Par Chris Hedges

Détail d’une page du rapport déclassifié (Job Elswick / AP)

Quelques réflexions sur “La campagne d’influence de la Russie visant l’élection présentielle US en 2016”, le rapport récemment déclassifié par le bureau du directeur du renseignement national.

1. L’objectif principal du rapport déclassifié, qui n’apporte aucune preuve pour appuyer ses affirmations selon lesquelles la Russie aurait piraté la campagne présidentielle U.S., est de discréditer Donald Trump. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de piratage russe des emails de John Podesta. Je dis que nous attendons encore les preuves appuyant cette accusation. Celle-ci — le Sénateur John McCain a assimilé les actions supposées de la Russie à un acte de guerre — est la première salve de ce que sera la campagne infatigable de l’Establishment Républicain et Démocrate, avec leurs alliés des grandes entreprises et les médias de masse, pour détruire la crédibilité du président-élu et ouvrir la voie à une procédure de destitution.

Les allégations contenues dans le rapport, amplifiées dans des déclarations à couper le souffle par les medias soumis aux grandes entreprises qui travaillent dans un monde non basé sur des faits et en tout point aussi pernicieux que celui de Trump, ont pour dessein de faire croire que Trump est un “idiot utile” de Poutine. Une campagne orchestrée et soutenue d’insinuations et de dénigrement systématique sera dirigée contre Trump. Quand “l’impeachment”  sera finalement proposé, Trump aura bien peu de soutien du public et bien peu d’alliés, et deviendra une figure ouvertement ridicule dans les medias soumis aux grandes entreprises.

2. La seconde tâche de ce rapport est d’appuyer la campagne de dénigrement maccarthyste contre les medias indépendants, y compris Truthdig, présentés comme des agents conscients ou inconscients du gouvernement russe. La disparition de la programmation anglaise d’Al-Jazeera et de TeleSur, avec l’effondrement des diffusions publiques nationales destinées à donner une voix à ceux qui ne doivent rien aux entreprises ni aux partis, laisse RT America et Democracy Now! de Amy Goodman comme les seuls medias électroniques de portée nationale acceptant de donner un espace à ceux qui critiquent le pouvoir du monde des affaires et de l’impérialisme comme Julian Assange, Edward Snowden, Chelsea Manning, Ralph Nader, Medea Benjamin, Cornel West, Kshama Sawant, moi-même et d’autres.

Sept pages du rapport sont consacrées à RT America, où j’ai un show appelé “On Contact”. Le rapport gonfle énormément la portée et l’influence de cette chaîne câblée. Il comprend aussi quelques erreurs flagrantes, y compris l’affirmation que “RT a introduit deux nouveaux shows (“Breaking the set” le 4 septembre, et “Truthseeker” le 2  novembre) les deux massivement concentrés sur la critique des USA et des gouvernements occidentaux, et aussi sur la promotion d’un mécontentement radical. “Breaking the set”, avec Abby Martin, a été retiré de la diffusion il y a deux ans. On ne peut vraiment pas l’incriminer dans la défaite d’Hillary Clinton. [Truthseeker a aussi été retiré des ondes en 2014, NdT]

La rage à peine contenue du directeur du renseignement national James Clapper au Comité du Sénat sur les Services Armés était évidente durant la séance sur les cyber-menaces étrangères, quand il éructa que RT “promouvait un point de vue particulier, éreintant notre système, notre soi-disant hypocrisie sur les Droits de l’Homme et cetera.” Sa colère donnait un aperçu sur la façon dont l’Establishment bouillonne de haine contre les dissidents. Clapper a menti dans le passé. Il s’est parjuré en mars 2013, trois mois avant les révélations sur la surveillance d’état massive fuitées par Snowden, quand il a assuré au Congrès que la NSA ne collectait “aucun type de données” sur le public américain. Quand le “corporate state” (l’état associé aux grandes entreprises) aura fermé RT, il attaquera Democracy Now! et la poignée de sites progressistes (y compris celui-ci) qui donnent un espace aux dissidents. Le but, c’est la censure.

3. La troisième tâche du rapport est de justifier l’expansion de l’Organisation du Traité Atlantique-Nord au-delà de l’Allemagne, en violation avec la promesse que Ronald Reagan avait faite à Mikhaïl Gorbatchev de l’Union soviétique après la chute du mur de Berlin. L’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est a ouvert un marché des armes pour l’industrie de guerre. Ce business a généré des milliards de dollars. Les nouveaux membres de l’OTAN doivent acheter des armes occidentales qui peuvent être intégrées à l’arsenal de l’OTAN. Ces ventes, qui saignent à mort les budgets serrés de pays comme la Pologne, sont dédiées à de potentielles hostilités avec la Russie. Si la Russie n’est pas une menace, la vente des armes s’effondre. La guerre est un racket.

4. La dernière tâche du rapport est de donner au Parti Démocrate une explication plausible à la défaite catastrophique dont il a souffert  aux élections. Clinton a initialement blâmé le directeur du FBI James Comey pour sa défaite avant de changer pour Poutine, plus facile à diaboliser. L’accusation d’interférence russe se résume essentiellement à l’absurde présomption que, peut-être, des centaines de milliers de supporters de Clinton décidèrent subitement de reporter leurs votes sur Trump quand ils ont lu les emails fuités de Podesta. Soit ça, soit ils ont regardé RT America et décidé de voter pour le parti écologiste.

La direction du Parti Démocrate ne peut pas reconnaitre, et certainement ne peut pas admettre publiquement, que sa trahison impitoyable de la classe moyenne et de la classe ouvrière a déclenché une révolte nationale qui a provoqué l’élection de Trump. Ce parti a été battu de façon répétée depuis que le Président Obama a pris ses fonctions, perdant 68 sièges à l’Assemblée, 12 sièges au Sénat et 10 postes de gouverneur. Il a perdu plus de 1000 élus entre 2008 et 2012 au niveau national. Depuis 2010, les Républicains ont remplacé 900 législateurs Démocrates. Si cela était un vrai parti, le directoire en entier aurait été viré. Mais ce n’est pas un vrai parti, c’est une coquille vide soutenue par l’argent du business et par des medias surexcités.

Le parti Démocrate doit maintenir la fiction du libéralisme exactement comme le parti Républicain doit maintenir la fiction du conservatisme. Ces deux partis, cependant, appartiennent à un seul parti : le parti des grandes entreprises. Ils travailleront de concert, comme on le voit déjà avec l’alliance entre des leaders républicains comme McCain et des leaders Démocrates comme le sénateur Chuck Shumer, pour se débarrasser de Trump, pour faire taire toute dissidence, pour enrichir l’industrie de guerre et promouvoir la farce qu’ils appellent démocratie.

Bienvenue dans notre “annus horribilis” [année horrible, citant la reine Elizabeth II, NdT].

Source : Truthdig, le 08/01/2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

3 réponses à Le véritable but du rapport du gouvernement U.S. sur le prétendu piratage par la Russie, par Chris Hedges

  1. Eric10 Le 05 mars 2017 à 07h12
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    “quand il éructa que RT “promouvait un point de vue particulier, éreintant notre système, notre soi-disant hypocrisie sur les Droits de l’Homme et cetera.” Sa colère donnait un aperçu sur la façon dont l’Establishment bouillonne de haine contre les dissidents.”
    y a que la vérité qui fâche !!!
    votre hypocrisie concernant les droits de l’homme n’est pas “soi-disant”, elle est constatée par tout le monde, vous êtes allés tués par milliers contre le droit international que vous ne respectez jamais, vos actes d’agression ressemblent à s’y méprendre à du terrorisme.

  2. LBSSO Le 05 mars 2017 à 07h13
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    C Hedges écrit:
    “….la campagne infatigable de l’Establishment Républicain et Démocrate, avec leurs alliés des grandes entreprises et les médias de masse, pour détruire la crédibilité du président-élu…”
    Illustration:
    E Chevrillon sur BFM Business reçoit le startuper L Le Meur qui a réussit dans la Net Economie.
    Le début de l’émission concerne D Trump.

    La journaliste: “et ce sont les stars de la Silicon Valley qui financent les avocats qui essaient de contrecarrer notamment le décret anti immigration etc.”

    L L M: “Oui,à chaque fois que..ben sur l’immigration il a été bloqué immédiatement. Ce sont…Ce sont les mêmes ,qui beaucoup sont milliardaires qui financent des armées d’avocats contre ça”

    http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/loic-le-meur-leade-rs-1602-22-915075.html
    à 2mn35

    Au début , vous pourrez également apprendre qu’ils ont eu la tentation de bloquer le compte Tweeter de D Trump .
    ( interview intéressante quant aux relations Etats / Géants de la Net Economie)

  3. Reality Le 05 mars 2017 à 08h19
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    Sans faux cynisme, j’attends la première tentative de destitution de Trump.
    Surarmés comme le sont les “ricains”, il ne sera pas bon d’arpenter les rues des grandes villes US …

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@jpney @totaparte TANT PIS ; AU REVOIR !

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RT @OBerruyer: Le WashPost est généreusement...

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Réflexions inspirées par la Conférence internationale de Téhéran sur la Palestine des 21 et 22 février 2017.

Publié le par Felli Bernard

Réflexions inspirées par la Conférence internationale de Téhéran sur la Palestine des 21 et 22 février 2017.
par Alain Corvez,

jeudi 2 mars 2017, par Comité Valmy

 

Réflexions inspirées par la Conférence internationale de Téhéran sur la Palestine des 21 et 22 février 2017.

Quel état stable, cohérent, paisible et viable
peut s’établir de la Méditerranée au Jourdain ?

Introduction

L’état d’Israël : un état de fait

Nul n’est besoin d’être grand exégète du général de Gaulle pour savoir qu’il considérait comme une erreur la création en 1948 de l’état d’Israël, décidée à New-York après bien des difficultés et des hésitations par les grandes puissantes gagnantes de la guerre mondiale toute récente, fin 1947, création résultant des abominables persécutions que la barbarie nazie avait déployée contre les Juifs- et d’autres minorités considérées elles aussi comme inférieures et nuisibles. Mais cet état de fait regrettable à ses yeux devait être respecté puisque résultant d’une décision de l’ONU, seule instance internationale justifiée, même s’il l’appelait « le machin ».

 

« On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains mêmes redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. »

Lors de cette conférence de presse à l’Elysée du 27 novembre 1967, il dira plus loin qu’il avait dit aux amis arabes de la France qu’ils ne devaient pas remettre en question cet état de fait en attaquant les premiers Israël. Il l’avait dit également aux dirigeants israéliens. «  La France considèrerait comme agresseur celui qui tirerait le premier.  »

Et la guerre est venue par l’attaque israélienne de juin 1967 ; le Général a alors des mots implacables pour dénoncer Israël :

« Israël ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour, il qualifie de terrorisme. »

Rappelons que la résolution 181 de l’ONU décidant la création de l’état d’Israël n’a été acceptée que le 29 novembre 1947 après plusieurs tentatives infructueuses dont la première datait de septembre 1947, les votes favorables des états étant insuffisants. Sous les pressions des Etats-Unis, huit états, dont la France, ont changé leur vote en quatre jours du 25 au 29 novembre.

Une imposante conférence qui fera date

Les 21 et 22 février 2017, 700 responsables politiques et spécialistes de 80 pays d’Amérique du Sud, d’Europe, d’Afrique, d’Inde, de Chine, de Russie, parmi lesquels 22 présidents de parlements ont débattu dans l’immense Centre de conférences internationales de Téhéran du présent et de l’avenir de la lutte pour les droits des Palestiniens à avoir un état sur la terre de leurs ancêtres.

De façon lancinante me revenait la confidence que m’avait faite le général Pierre-Marie Gallois, un des plus grands stratèges d’après-guerre, dans les années 90. Me prenant à part lors d’une réunion sur la question yougoslave, sachant que je revenais d’un voyage au Moyen-Orient, il me dit en substance : «  Il n’y a pas de solution durable à deux états au conflit israélo-arabe, car ils seraient en permanence en belligérance, larvée ou pas ; et pour des raisons démographiques, historiques, géographiques, politiques, cet état ne peut être que l’état palestinien, avec des garanties de sécurité pour les populations juives historiques. »

Introduits par un discours magistral du Guide Suprême de la Révolution Islamique, Ali Khamenei, dirigés par le Président du Parlement iranien, Ali Larijani, conclus par le Président Rouhani accompagné de plusieurs ministres dont le Ministre des AE, M. Zarif, les débats ont été intenses et riches.

Unifier la Résistance et refuser la compromission

Si les différents orateurs ont apporté chacun leur sensibilité sur le sujet, et des propositions pour l’avenir, le sentiment général qui émane des interventions est la nécessité impérieuse d’unifier la Résistance en oubliant les rivalités internes pour s’entendre sur l’essentiel de la stratégie de lutte contre l’ennemi, excluant tout essai d’entente avec l’occupant. L’essai de négociation avec la puissance occupante a montré son inanité depuis les accords d’Oslo qui n’ont fait que faciliter la négation des droits les plus élémentaires des Palestiniens et l’annexion renforcée de terres.

Le discours introductif du Guide a fait ressortir avec une logique implacable les fondements du sujet et comment «  la question de Palestine peut et doit être le pivot de l’unité de tous les pays islamiques. » Il a affirmé que la troisième intifada était fortement réprimée mais remportait des succès en laissant augurer la victoire finale, car l’ennemi devait affronter la réprobation de pays de plus en plus nombreux. Il a stigmatisé la politique de compromis avec l’occupant qui a eu des effets destructeurs sur la Résistance en la divisant. Seule l’intifada est légitime face à l’injustice car le compromis tend à justifier la présence de l’occupant. La Résistance, depuis le début a remporté des victoires grâce à ses alliés comme le Hezbollah libanais, l’Iran et tous les groupes impliqués comme le Jihad Islamique, le Hamas, le Fatah ou le FPLP. La Résistance doit dépasser les divergences entre pays arabes et islamiques, ou les divergences nationales, ethniques ou confessionnelles qui existent dans certains pays. «  Notre position sur la Résistance », a-t-il dit, «  est une position doctrinale qui n’a rien à voir avec un groupe particulier. »

Il indiquait par-là que les divisions instillées par l’ennemi entre chiisme et sunnisme, ou entre tendances religieuses ou culturelles devaient s’effacer devant le but ultime de libération de la Palestine. L’Unité nationale sur la base d’un plan djihadiste est une nécessité nationale pour la Palestine a-t-il martelé.

«  Cette conférence peut-être un modèle pour tous les musulmans et toutes les nations de la région et les aider à contrôler leurs divergences en s’appuyant sur leurs points communs. »

Il serait trop long de rapporter les nombreuses interventions pourtant souvent très enrichissantes car apportant une sensibilité différente venue d’Asie, d’Afrique, des Amériques ou d’Europe, le sentiment général étant pour dénoncer le refus d’Israël de respecter les résolutions internationales et les droits des Palestiniens et d’appeler à l’unité de la Résistance en oubliant les divergences culturelles ou confessionnelles.

Aucun parlementaire français n’avait fait le déplacement.

Le Président du Parlement libanais, Nabih Berri a eu un franc succès du fait de son habituelle aisance oratoire pour convaincre son auditoire, énonçant des propositions concrètes pour donner une suite à ces deux jours de rencontres :


 1. Si les Etats-Unis mettent à exécution leur intention de transférer à Jérusalem leur capitale, que tous les pays qui soutiennent la Résistance ferment leur ambassade à Washington.


 2.Insistant, lui aussi, sur l’impérieuse nécessité de l’unité du front de résistance, il suggère que cette conférence assure le suivi de cette résolution.

Le Président du Parlement iranien, Ali Larijani, le remerciera pour ces suggestions et lui demandera de bien vouloir assurer ce suivi : un centre de coordination pourrait s’installer à Damas ou Beyrouth.

Le président du Parlement irakien, Salim Al Jabouri, insistera sur les crimes commis par Israël contre les Palestiniens et sur le fait que la résistance en Palestine est une cause commune.

Un représentant du Front Démocratique de Libération de la Palestine FDLP insiste à son tour sur la nécessité de l’unité des différents mouvements de résistance et propose d’établir un comité de suivi logistique des prises de décisions de la conférence, dont le secrétariat pourrait être à Téhéran.

Abou Ahmad Fouad, Directeur Général du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), dénoncera particulièrement les accords d’Oslo qui reconnaissaient le gouvernement sioniste.

Ahmed Jibril, du FPLP (CG), Front Populaire de Libération de la Palestine, Commandement Général, remarque qu’un nouveau Front de Résistance réclamé par certains est inutile puisqu’il existe depuis 30 ans, constitué par le Hezbollah et l’Iran et que ceci indique qu’il y a union de destins entre chiites et sunnites. Il propose la création d’un fonds islamique pour empêcher l’achat des terres palestiniennes.

L’Ayatollah Amoli Larijani (frère du Président Ali Larijani), président du pouvoir judiciaire iranien, insiste aussi sur l’universalité de la cause palestinienne, qui concerne en tout cas tout l’islam, et sur l’arrogance de l’Occident qui met partout en avant les droits de l’homme mais soutient Israël qui y contrevient journellement. La Palestine est une cause qui comporte une surface – les territoires occupés- et une profondeur-la confrontation des idéologies, sionisme contre l’islam monothéiste- s’appuyant sur la force des Etats-Unis ; il cite Fukuyama et sa théorie de la fin de l’Histoire avec la fin de l’URSS, qui fait adopter à l’Occident les thèses sionistes contre l’islam. L’Islam appelle à la paix mais en restant vigilant face aux menaces. La République Islamique d’Iran est un exemple de fermeté face à l’outrecuidance de l’Occident qui l’accuse de vouloir fabriquer des armes atomiques alors qu’il soutient les exactions d’Israël qui a l’arme atomique.

Deux rabbins antisionistes étaient parmi les délégués et ont participé aux travaux des commissions de cette conférence.

En conclusion de ces deux jours, Ali Larijani dénoncera les crimes contre l’humanité commis par Israël et affirmera que les débats ont montré que la Palestine est une cause commune à tous les pays musulmans et au-delà, à tous les hommes épris de justice et de liberté.

Conclusion

Les arguties diplomatiques concernant la solution du conflit israélo-palestinien sur un ou deux états me paraissent depuis longtemps hors de propos ; cette conférence internationale m’a convaincu qu’un front puissant se constitue pour orienter les diplomates raisonnables vers la seule création d’un état palestinien sur l’ensemble des territoires concernés qui assurerait des garanties aux populations juives ayant des droits justifiés pour vivre dans cet état.

Il est clair, comme me le disait le général Gallois que la coexistence pacifique de deux états est devenue impossible après 70 ans d’accumulations de haines qui alimentent d’ailleurs l’antisémitisme dans le monde, au grand dam de nombreux de mes amis juifs. Il semble que les extrémistes qui sont au pouvoir à Tel Aviv se permettent depuis l’origine toutes les atteintes aux droits fondamentaux des Palestiniens parce qu’ils ont eu jusqu’ici le soutien de la plus grande puissance du monde, où l’influence de leur diaspora est déterminante.

Mais le monde a changé, les Etats-Unis sont affaiblis pour diverses raisons et de nouvelles puissances mondiales rivalisent avec eux. Ils doivent s’adapter à ce nouveau monde et, bien que le nouveau Président américain reste parfois énigmatique dans ses projets, il a clairement l’idée de sortir du système figé qui dirige les EUA, comme il l’a annoncé dans sa campagne, ce qui l’a fait élire, et veut adapter son pays aux nouvelles donnes internationales. Car c’est un entrepreneur qui n’est pas prisonnier des idéologies mais raisonne sur les réalités : les liens avec Israël que nous lui connaissons, liés à son pragmatisme, peuvent l’aider à prendre des décisions radicalement différentes de ses prédécesseurs, ne serait-ce que pour mettre un terme à l’hostilité récurrente de nombreuses populations du monde qui reprochent aux Etats-Unis de soutenir des tyrans ou des injustices. Les liens de ses services avec DAESH sont désormais de notoriété publique et il arrivera à comprendre que l’Iran qu’il invective n’est pas à confondre avec les terroristes islamistes mais qu’il est au contraire un pays essentiel et au premier rang dans la lutte contre cette plaie mondiale.

Il est possible enfin que de nombreux juifs américains qui ne partagent pas les vues de l’influent AIPAC (American Israëli Public Affairs Committee), qui sont très nombreux et lassés de soutenir une cause qui dessert autant Israël que les Etats-Unis, amènent le Président Trump à comprendre que les intérêts des Etats-Unis ne se confondent pas avec ceux d’un Israël « sûr le lui-même et dominateur » qui développe l’exécration contre eux.

Février 2017

Alain Corvez
Conseiller en stratégie internationale

PS. 1. On peut accéder au texte intégral de la conférence de presse du 27 novembre 1967 à l’Elysée du général de Gaulle sur le site de la Fondation Charles de Gaulle :www.charles-de-gaulle.org/

2. On pourra lire sur Google une analyse de la vision du général de Gaulle sur le sujet telle qu’elle apparaît dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967, que j’ai écrite en 2006 :
De Gaulle et sa vision du Proche-Orient IMPERIALISME-TERRORISME-ISLAMISME, Analyse par Alain Corvez

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OTAN: coup de semonce des États-Unis

Publié le par Felli Bernard

 
 

OTAN: coup de semonce des États-Unis

Quand Trump accule les dirigeants européens

Jean-Claude Allard
est Général de division (2° S).

Publié le 02 mars 2017 / Monde

Mots-clés : , , ,

Trump ne veut plus participer au traitement de toutes les crises. A l’inverse, pour les pays européens, la dimension militaire de l'OTAN importe de plus en plus, car elle est garante de l’existence d’une capacité de défense, à moindre coût, grâce à la puissance américaine. Analyse d'intérêts divergents.

usa europe trump otan defense

D’invitation à faire quelque chose, le mot semonce a changé de sens, jusqu’à désigner une mise en garde ferme. Un glissement sémantique qui se retrouve dans les rapports États-Unis – Europe au sein de l’OTAN.

Alors qu’il était seulement candidat, le président américain a tout au long de l’année 2016, multiplié les déclarations sur sa volonté de faire payer ses alliés, notamment européens, pour la contribution que les États-Unis apportent à leur défense. Il estime que les Européens ne font pas les efforts suffisants pour équilibrer la contribution américaine au sein de l’OTAN, allant même jusqu’à menacer de ne pas remplir ses obligations si les Européens ne remplissait pas les leurs.

Trump accuse le laxisme européen

Ce message a été retransmis le  15 février 2017 aux ministres de la défense européens, lors d’une réunion à Bruxelles, par Jim Mattis, le ministre de la Défense américain. Une intervention vue comme un « ultimatum » par la presse américaine et comme « rassurante » par la presse européenne. Une différence d’analyse qui reflète bien les positions politiques de chaque côté de l’Atlantique. Les Européens estiment avoir besoin de la puissance militaire américaine alors que les États-Unis, qui sont fortement investis militairement depuis 2001 au Proche Orient, veulent, et cela depuis la chute de l’URSS et la montée en puissance de la Chine reporter leurs efforts militaires sur le Pacifique. Les accusations portées par le président Trump contre le laxisme européen en matière de défense ne sont donc pas nouveaux mais la critique contre l’OTAN en tant que telle est un fait nouveau plus surprenant.

Il faut mettre en évidence les lignes de forces structurant la relation transatlantique pour comprendre la portée des multiples déclarations sur la question de la défense de l’Europe et de l’OTAN.

Le traité de Washington (4 avril 1949) scellait, dans son article 5, un pacte de défense entre 12 pays1 pour faire face collectivement à toute attaque contre le territoire de l’un des signataires. Afin de parfaire la capacité à répondre à la menace militaire de l’URSS implicitement désignée comme l’ennemi potentiel, une organisation civilo-militaire fut mise en place.

Une OTAN en plusieurs strates

L’organisation civile, avec notamment le Conseil de l’Atlantique nord (CAN), régule les processus de la décision politique alors que l’organisation militaire intégrée, sous les ordres du SACEUR (Supreme Allied Command in Europe ou Commandant suprême des forces alliées en Europe) constitue une architecture d’états-majors et de troupes prêts à réagir. Cette structure permanente combinée et ses efforts d’harmonisation des procédures et des matériels (interopérabilité) en ont fait une remarquable mécanique d’intégration pour des forces multinationales. C’est pourquoi, après la disparition de l’ennemi soviétique, elle a pu perdurer pour remplir des missions en liens de plus en plus lâches avec son objectif initial de défense du territoire européen des pays membres, qu’il s’agisse d’opérations coercitives (Bosnie Herzégovine – 1992/ ; Kosovo-depuis 1999/ ; Afghanistan-2003/2014, …), de lutte contre le terrorisme islamiste, la piraterie ou de secours aux populations. Elle a été, dans plusieurs de ces opérations, le bras armé du Conseil de sécurité.

Il faut donc d’abord comprendre que « l’organisation » n’est qu’un outil bifide (politique/militaire) de « l’Alliance ». L’administration américaine prend bien en compte cette distinction pour porter ses critiques sur un rééquilibrage entre États membres pour la création et l’entretien de la caisse à outils militaires et non les chantiers sur lesquels les employer (décision politique).

En effet, l’organisation politique (CAN) est la seule instance dans laquelle États-Unis et autres pays occidentaux peuvent se retrouver pour parler de sujets politiques. Et les États-Unis ne veulent pas céder sur cet avantage : les nouvelles autorités américaines se sont rendues au siège de l’OTAN, le président Trump doit rencontrer les dirigeants des pays de l’OTAN en mai 2017. Dans les autres instances internationales sont présents des pays tiers. Quant à l’Union européenne, aucun contact n’a été pris à ce stade. De leurs côtés, les pays membres ont intérêt à conserver cette organisation politique qui leur permet d’avoir un droit de regard sur toute opération de l’OTAN même s’ils n’y participent pas (raisons pour lesquelles, par exemple, les pays membres avaient insisté pour faire conduire les opérations en Libye par l’OTAN).

Pour la Maison blanche, le volet militaire de l’Alliance importait lorsqu’il était vu comme un outil pour renforcer (Afghanistan), voire remplacer (Libye) un engagement direct américain. Mais le nouveau président ne veut plus participer au traitement de toutes les crises, donc l’outil devient moins utile pour lui. A l’inverse, pour les pays européens, la dimension militaire importe de plus en plus, car elle est garante de l’existence d’une capacité de défense, à moindre coût, grâce à la puissance américaine. Ainsi, le budget de défense des États-Unis représente 70% du total des budgets militaires des pays membres. Ils sont quasiment les seuls à appliquer la règle d’affectation de 2 % du PIB à la défense2. C’est bien ce que les États-Unis reprochent depuis la fin de la guerre froide à leurs partenaires européens qui ont glissé vers la facilité de « toucher les dividendes de la paix ». Après les supplications, puis les injonctions, voici maintenant venu le temps des mises en garde, dans le style direct du nouveau président, sur l’idée de « pas d’engagement militaire américain, s’il n’y a pas un meilleur partage du fardeau financier ».

Des Européens conscients mais coincés

Certes, l’on peut supposer que les dirigeants européens sont conscients de la vulnérabilité de leur défense face aux menaces grandissantes. Qu’elles soient sur leurs frontières Est ou résultent du développement d’une idéologie islamiste fortement anti-occidentale en voie de s’installer solidement, si elle n’est pas contrecarrée à temps, sur ses frontières sud, de l’Atlantique jusqu’en Asie centrale. Mais ils sont bloqués par la situation de fait créée par leurs politiques d’augmentation des dépenses publiques corrélées à une diminution des dépenses de défense. Ils savent qu’inverser la tendance pour répondre à l’attente du président Trump, c’est brusquer des opinions publiques bercées par les doux chants de la paix. Comme il s’y ajoute des affinités modérées pour la nouvelle Administration américaine, des incertitudes sur l’avenir politique dans chaque pays européen, une propension à édulcorer les menaces, l’Europe semble saisie d’une lassitude identique à celle qui a saisi la France dans les années 1930.

Il ne s’agit donc pas d’un bras de fer entre un président « imprévisible » et des dirigeants plus enclins aux formes diplomatiques classiques mais de répondre à une question de fond : les Etats-Unis reviendront-ils en Europe, en cas de besoin, au cri de « Lafayette, nous voici » ?

La réponse est dans une appréciation de situation géopolitique partagée sur deux sujets majeurs : la Russie, et les dossiers conflictuels ouverts par la précédente Administration rejointe par de nombreux pays européens ; l’islamisme, comme idéologie conquérante. Sur tous les autres dossiers, et notamment la Chine ou les principes du commerce international, l’administration Trump semblerait avoir fait le choix de ne plus y associer l’Europe. Et elle est ensuite sur la nature de la stratégie à mettre en place face à ces différents sujets.

Et, qu’il s’agisse d’analyse géopolitique ou de stratégie, le président Trump ouvre clairement de nouvelles perspectives, qu’il s’agit désormais d’explorer.

  1. Belgique, Canada, Danemark, États-Unis, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni.
  2. Une règle fixée pour tenter d’enrayer la décroissance des budgets de défense au sein de l’Alliance. Outre les États-Unis avec un taux de 3,6 % représentant 664 058 millions de $, seuls le Royaume uni, la Grèce, l’Estonie et la Pologne dépassent ce seuil pour un total cumulé de 77 656 millions de $.
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Maestria dans le nord syrien

Publié le par Felli Bernard

Maestria dans le nord syrien

3 Mars 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis

Si le conflit syrien n'est pas avare de surprises, les rebondissements de ces deux derniers jours laissent franchement rêveur...

Dans le nord, nous en étions restés aux prémices du conflit entre Kurdes et Turcs, ces derniers étant bloqués dans leur marche vers le sud par l'armée syrienne et les YPG kurdes de Manbij. Affronter ouvertement Damas (donc Moscou) n'étant pas du tout dans les plans du sultan, la solution Manbij s'imposait (flèche verte), faisant d'une pierre deux coups : expulser les Kurdes de l'ouest de l'Euphrate et s'ouvrir une porte vers Raqqa.

Sauf que... Les Kurdes ne l'entendent évidemment pas du tout de cette oreille et, nous avions commencé à en parler, les Américains non plus, qui avaient fait savoir qu'ils continueraient à soutenir le Conseil militaire de Manbij. Nous en étions là quand a débuté une cascade d'événements aux implications extrêmement importantes.

Hier, des vidéos ont commencé à circuler, montrant l'établissement d'une petite base des forces spéciales US à Manbij. Message subliminal : si vous attaquez les Kurdes, vous nous attaquez. Avouez que voir les Américains assaillis par leur allié de l'OTAN et les rebelles "modérés" de l'ASL, pourtant armés et financés par Washington pendant des années, ne manquerait pas de sel...

Quelques heures plus tard, une nouvelle encore plus incroyable tombait : via les bons offices de Moscou, les Kurdes de Manbij ont passé un accord avec Damas, rétrocédant à l'armée syrienne une partie de leur gains territoriaux à l'ouest de l'Euphrate afin de constituer une zone tampon les séparant des Turcs et de leurs proxies.

On le voit, la partie hachurée sur la carte mettrait définitivement les Kurdes à l'abri des menées turques. Erdogan a dû frôler l'attaque cardiaque quand il a appris la nouvelle... Car à moins d'attaquer l'armée syrienne, donc d'entrer ouvertement en guerre contre Damas (et, derrière, Moscou et Téhéran), l'aventure néo-ottomane du sultan est terminée.

Pour Assad, c'est le deal parfait : les loyalistes récupèrent gratuitement et sans combattre une zone sur laquelle il n'auraient pu mettre la main militairement, zone qui les amène haut dans le nord, vers la frontière turque et le Rojava desquels ils avaient été expulsés depuis des années. C'est aussi une reconnaissance tacite par les Kurdes qu'une fois les combats terminés, ils ne demanderont pas l'indépendance mais se contenteront d'une autonomie.

Quant aux Kurdes eux-mêmes, s'ils laissent quelques villages sans importance à l'armée syrienne, leur présence à Manbij est actée et sanctuarisée. Un accord gagnant-gagnant sur le dos d'Erdogan qui doit l'avoir très mauvaise.

L'épisode porte la marque Poutine et ce n'est peut-être pas un hasard si le communiqué du PYD kurde est le suivant : "Pour protéger Manbij, nous avons transféré, après avoir mis sur pied une nouvelle alliance avec la Russie, aux forces armées syriennes toute la zone entre nous et les gangs affiliés à la Turquie [les fameux modérés si chers au système impérial]".

Vlad le judoka a encore frappé. Nous expliquions il y a deux ans :

Plusieurs biographes de Poutine ont montré à quel point le judo est, pour lui, bien plus qu'un sport : une philosophie de vie, qu'il applique dans de nombreux domaines, particulièrement en géopolitique. Utiliser la force et la précipitation de l'adversaire pour mieux le retourner et le mettre à terre. Le maître du Kremlin n'est jamais aussi redoutable que lorsqu'il fait d'abord un pas en arrière ; attendez-vous à vous retrouver assez vite le nez sur le tatami. Ippon.

Le nord syrien est un cas d'école. Utiliser le sultan pour expulser Daech, puis utiliser à nouveau son inévitable agressivité envers les Kurdes pour apparaître comme le sauveur, faisant remettre d'un trait de plume à son protégé de Damas des zones qu'il ne pouvait même pas rêver de reprendre un jour... Comment dit-on maestria en russe ?

Cerise sur le gâteau, ce rebondissement est également le signe évident d'une entente américano-russe, au moins ponctuelle. Le jour où l'on apprend que des forces spéciales US s'établissent à Manbij (voir plus haut) pour soutenir les Kurdes, ceux-ci appellent l'armée syrienne à l'aide. Comme l'écrit le Figaro, seul journal de la MSN à avoir succinctement rapporté l'info :

Cette annonce est une surprise totale car ce serait la première fois que des combattants soutenus par Washington sont d'accord pour rétrocéder des territoires aux forces du président Bachar al-Assad.

Allons plus loin : les troupes syriennes protégeront maintenant de facto les troupes américaines ! Si l'on nous avait dit ça il y a six mois... Evidemment, rien de tout cela n'eut été possible sans le tremblement de terre provoqué par l'élection de Trump et la redirection de la politique extérieure états-unienne subséquente.

Ces incroyables développements nous feraient presque oublier que l'armée syrienne a repris Palmyre...

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Tête chercheuse

Publié le par Felli Bernard

Tête chercheuse

2 Mars 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie

La tête du système impérial continue d'envoyer des signaux contradictoires. A l'ONU, l'ambassadrice US pousse à l'adoption de sanctions à l'égard de la Syrie du fait de l'éventuel usage d'armes chimiques. Quand on connaît la fragilité de ce genre d'accusations occidentales, on ne sera pas surpris que la motion ait été rejetée par un double veto russe et chinois. Signe que Pékin, qui d'habitude préfère s'abstenir, s'engage plus résolument aux côtés de Moscou, Téhéran et Damas. L'Eurasie en marche...

Les pessimistes verront dans la position américaine la preuve que Trump s'est couché devant le parti de la guerre. Tout est perdu, fors l'honneur ! Sauf que... Le Donald ne varie pas d'un iota et continue par exemple à démolir la mafia médiatique à chacune de ses apparitions. Lors de son discours inaugural au Congrès, il a poursuivi sur la même ligne internationale - mais en plus courtois, circonstances obligent. "Je ne suis pas le président du monde, seulement celui des Etats-Unis (...) Nous dépensons des fortunes pour défendre les frontières de nombreux autres pays mais ne le faisons même pas pour nous-mêmes..." De quoi donner une crise d'urticaire aux interventionnistes néo-cons, libtards et autres joyeux drilles.

Le Congrès était divisé comme jamais entre Républicains se levant toutes les trente secondes pour l'applaudir et Démocrates à la mine déconfite. Mais globalement, chacun, y compris la MSN, s'accorde à reconnaître que le Donald a réussi son examen de passage. CNN a avalé sa parabole de travers en admettant que 78% des Américains ont approuvé son discours.

Ainsi va l'empire, dont la démarche sinusoïdale laisse perplexe. Beaucoup d'analystes voient Trump finir par se ranger tout à fait derrière le Deep State et reprendre à son compte sa politique belliciste dans quelques mois. Et si c'était l'inverse ?

Car les choses évoluent également en profondeur, loin des projecteurs et pas dans le sens souhaité par les faucons. Ainsi, une enquête montre que la popularité de Poutine aux Etats-Unis a doublé en un peu plus d'un an, passant de 13% à 22% (32% chez les électeurs Républicains). Certes, tout cela reste encore relativement bas, mais c'est la tendance qui importe et celle-ci est claire.

Le grand avantage de la campagne présidentielle de l'automne est que, pour la première fois, l'Américain de base a entendu parler du monde et de ce qui s'y passe. C'est un frémissement qui avait d'ailleurs déjà commencé quelques années auparavant avec la crise syrienne (rappelons-nous la mini-fronde de certains militaires en 2013) :

Depuis, le récit hollywoodisé du système impérial a volé en éclats, constamment remis en cause par des voix chaque fois plus nombreuses. On ne sera pas surpris de retrouver la délicieuse Tulsi qui, lors de sa dernière interview sur CNN (datant de fin janvier), a plaqué le journaliste sur le thème des "rebelles modérés". Regardez l'air atterré du plumitif de service, ça vaut le détour :

Ceci, de plus en plus d'Américains le voient, l'entendent, le lisent, le ressentent. Et l'idée, qui vient des deux bords du spectre politique, fait son chemin dans les têtes. Dans les plaines de l'Ohio ou les downtown de Chicago, on commence confusément à sentir que ça ne colle pas, que le discours impérial a du plomb dans l'aile, que la presse raconte des cracks.

Nous avions déjà vu il y a quelques mois que la confiance envers les médias US était à son plus bas historique. Et ce n'est pas l'infantile et grossière campagne de diabolisation et même de psychiatrisation de Trump, Poutine ou Trump+Poutine - ce qu'un malicieux observateur appelle le Syndrome de dérangement Poutine - qui arrangera la crédibilité de la MSN. Il est d'ailleurs amusant de constater le peu d'imagination de ses promoteurs : 

Quand on sait que, en Occident plus qu'ailleurs, l'hystérie communicative du système va de pair avec son déclin...

Résumons : population excédée par le terrorisme islamique et même l'islamisme en général, chaque jour plus consciente des évolutions du monde (dans des proportions qu'il ne faut toutefois pas exagérer), chez laquelle la popularité du djihadist's killer Poutine ne peut qu'aller grandissant, surtout chez les électeurs Républicains ; méfiance généralisée envers les médias et l'Etat fédéral (donc, en creux, envers l'Etat profond) ; raz de marée électoral Républicain...

Les prédictions de ce blog se sont si souvent réalisées (Brexit, élection de Trump, libération d'Alep, coup d'Etat en Turquie, désastre saoudien, conflit gelé en Ukraine etc.) que votre serviteur se permet d'en faire une autre.

Pendant quelques mois encore, peut-être un an, le Donald devra louvoyer, donnant du grain à moudre au parti de la guerre, alternant les signaux contradictoires. Concomitamment, le pragmatisme gagnera du terrain. Pragmatisme des élus Républicains au pouvoir, ne souhaitant pas se couper totalement de l'opinion publique ni de leur président ; pragmatisme des militaires sachant bien, eux, qui est leur véritable ennemi. Le système impérial, de bien mauvaise grâce, ira de recul en recul, non sans donner quelques coups de griffe. Il aura suffisamment reflué en 2018 pour que le rapprochement russo-américain s'engage concrètement.

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S’il y a une bataille entre Trump et la Réserve fédérale, qui va vraiment gagner?

Publié le par Felli Bernard

S’il y a une bataille entre Trump et la Réserve fédérale, qui va vraiment gagner?


Par Brandon Smith – Le 23 février 2017 – Source alt-market.com


Dans le cadre de la mise en avant de plus en plus évidente de mouvements conservateurs par les intérêts bancaires internationaux et les think tanks globalistes, j’ai remarqué une campagne de désinformation croissante, qui semble conçue pour laver la Réserve fédérale de toute culpabilité pour le crash de 2008 qui continue à nous faire souffrir jusqu’à ce jour, malgré les nombreuses affirmations de « reprise » économique. Je crois que ce programme est destiné à préparer le terrain pour un conflit à venir entre l’administration Trump et la Fed. Mais quelles seraient les conséquences ultimes d’un tel événement?


Dans mon article intitulé Le faux récit de la reprise économique mourra en 2017, j’ai décrit le piège de la propagande mise en place par des médias détenus et exploités par les globalistes comme Bloomberg, dans lequel ils affirment systématiquement que Donald Trump a « hérité » d’une économie en pleine reprise et en forme ascendante de la part de l’administration Obama. J’ai complètement démystifié leurs positions et leurs « preuves« , en montrant comment chacun de leurs indicateurs fondamentaux est en fait en baisse constante depuis 2008, même face à une intervention monétaire massive et à l’impression par la Fed.

Ma principale préoccupation avant l’élection de 2016 était que Trump serait autorisé à gagner, parce qu’il représente le bouc émissaire parfait pour une crise économique que les banques centrales brassent depuis des années. Que Trump soit ou non au courant de ce plan ne peut pas encore être prouvé, mais comme je l’ai mentionné dans le passé, son cabinet farci d’anciens de Goldman Sachs et d’anciens combattants néocons ne m’inspire guère confiance. Dans le meilleur des cas, Trump est entouré d’ennemis; dans le pire des cas, il est entouré d’amis.

Les loyautés de Trump, cependant, sont une question secondaire pour l’instant. Le principal objectif de cet article est de discerner si oui ou non une bataille entre Trump et la Fed se traduira par un effet net positif ou négatif pour le public. Ma position est que toute action contre la Fed aurait dû se produire il y a des années et qu’aujourd’hui, la Fed n’est rien de plus qu’un appendice sacrificiel d’un agenda globaliste plus grand. Cela signifie que les groupes conservateurs doivent être conscients qu’une victoire sur la Fed n’est pas réellement une victoire sur les globalistes. En fait, les globalistes peuvent très bien vouloir une guerre entre la Fed et la Maison Blanche en ce moment.

Tout d’abord, certains faits doivent être établis pour contrer les allégations de propagande, selon lesquelles la Fed est une sorte de victime innocente d’un président Trump trépidant ou d’une rhétorique conservatrice « erronée ».

L’installation du bouc émissaire se poursuit

Le dernier développement de la propagande de la Fed a été provoqué, bien sûr, par les grands médias et les libéraux en général; vous savez, les mêmes personnes qui applaudissaient les efforts (dans certains cas mal orientés) du mouvement Occupy Wall Street. Avec la contestation de Trump du Dodd-Frank Act, les médias sont à l’affût de toute occasion d’affirmer que Trump agit soit pour enrichir ses amis de la corporocratie, soit qu’il est un idiot infantile quand il s’agit de questions de business et d’économie.

Ceci a mené à quelques critiques par Elizabeth Warren et le témoignage de la présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen, devant le congrès la semaine dernière. L’argument? Que Trump a eu tort ou a « menti », quand il a dit que Dodd-Frank avait gelé les prêts émis par les grandes banques. Vous pouvez voir la joie dans les médias avec cet os à ronger; un article récent de Vanity Fair, qui semblait se concentrer davantage sur des critiques sarcastiques envers Trump plutôt que sur la preuve réelle, en est un parfait exemple.

Maintenant, pour défendre Trump (ou du moins, pour défendre sa position), il faut dire que Yellen est de fait celle qui ment. S’il est vrai que les prêts commerciaux ont augmenté, son allégation selon laquelle les prêts aux petites entreprises se sont améliorés est tout simplement fausse. Même Bloomberg reconnaît à contrecœur que les prêts aux petites entreprises ont chuté d’au moins 6%, depuis le passage du Dodd-Frank Act. Dans le fief libéral préféré d’Obama, à Chicago, les prêts aux petites entreprises de quartier ont diminué de 49% entre 2008 et 2014.

En 2015, Yellen elle-même a fait valoir que les prêts aux petites entreprises étaient en déclin, parce que les propriétaires de petites entreprises « ne veulent plus de prêts« . C’est un peu comme le Bureau of Labor Statistics, soutenant que plus de 95 millions d’Américains sans emploi en âge de travailler ne devraient pas être comptés comme chômeurs dans leurs statistiques, parce qu’ils « ne veulent vraiment pas un emploi ». C’est une tentative pour troubler les eaux sur une question plus importante, celle que l’économie américaine est en danger considérable.

Vous voyez, je ne pense pas que Trump était en train de débattre sur le fait que les grandes sociétés et les banques ne recevaient pas assez de prêts, je pense qu’il a d’abord souligné la disparité entre les prêts aux petites entreprises et les prêts personnels. Yellen et les grands médias ont tenté d’utiliser une donnée, celle des prêts commerciaux, pour miner tout le débat sur la stagnation des prêts.

La Fed est coupable pour notre économie de bulle et essaye d’échapper au blâme avant un effondrement

Le fait est que nous savons tous que les grandes sociétés et les banques ont été inondées de prêts et qu’une grande partie de ce capital a été sorti de nulle part par la Fed elle-même, avec la création de monnaie fiduciaire et avec des taux d’intérêt proches de zéro. Nous le savons, à cause des 16 000 milliards de dollars de prêts accordés à des entreprises du monde entier, exposés par l’audit révélateur (mais limité) du TARP. Nous le savons aussi parce que la plupart de ces prêts ont été utilisés pour gonfler la bulle boursière de ces dernières années, grâce à des rachats d’actions sans fin, que la plupart des entreprises n’auraient jamais été en mesure de se permettre autrement. Nous savons aussi que le monde de l’investissement grand public est conscient de l’importance de ces prêts, parce qu’ils ont commencé à paniquer lorsque la Fed a annoncé son programme en cours de hausse des taux d’intérêt.

Au-delà de cela, nous savons que les prêts à faible taux d’intérêt de la Fed et la culture de prêts circulaires en intraveineuse entre les sociétés et les banques ont contribué à maintenir les marchés surévalués, parce que les fonctionnaires de la Fed ont admis ouvertement que c’est le cas. Comme Richard Fisher de la Fed de Dallas l’a déclaré dans une interview avec CNBC :

Ce que la Fed a fait – et je faisais partie de ce groupe –, c’est que nous avons organisé un énorme rallye sur le marché, débutant en 2009. C’est une sorte de ce que j’appelle de « facteur Whimpy inversé » – donnez-moi deux hamburgers aujourd’hui pour un demain. Je ne suis pas surpris que presque tous les index que vous pouvez regarder […] ont été en baisse significative. [Se référant aux résultats sur le marché boursier après que la Fed a relevé les taux en décembre 2015.]

[…] J’avais prévenu mes collègues, Ne soyez pas surpris si nous avons une correction de 10 à 20% à un moment donné. […] Tout les gens à qui vous parlez […] ont averti que ces marchés sont surpayés.

Ainsi, encore une fois, la question n’est pas de savoir si les banques prêtent ou non, nous savons qu’elles prêtent, elles ne prêtent simplement pas aux gens qui en ont le plus besoin.

Je pense que Fisher a été malhonnête dans son évaluation de l’ampleur des conséquences de la bulle de la Fed et qu’une baisse de 10% à 20% des actions est une sous-estimation absurde. Mais mis à part les « petits mensonges innocents », on sait au moins officiellement que la Réserve fédérale a lancé un prêt gratuit pour tous, sachant que les avantages supposés étaient limités dans leur portée, aussi bien que dans la durée. Ils savent qu’un accident est en train de se produire et ils ne se sont arrêtés qu’après avoir trouvé le bon bouc émissaire pour détourner le blâme. Ce bouc émissaire est Trump et, par association, tous les conservateurs.

En ce qui concerne le Dodd-Frank Act, il était censé être une amorce pour arrêter les comportements destructeurs dans le secteur financier, plus spécifiquement autour des produits dérivés. Pourtant, en dépit du Dodd-Frank Act, les banques comme Citigroup ont encore gonflé avec des dérivés, après avoir reçu au moins 476 milliards de dollars de fonds des contribuables pour les empêcher de faire faillite pour la même irresponsabilité.

Le Dodd-Frank Act n’a absolument rien accompli de ce qu’il devait accomplir et avait été mandaté pour faire. Je crois que le seul vrai but du Dodd-Frank Act était de distraire tout le monde de la demande d’audit de la Fed par Ron Paul, qui avait un grand pouvoir d’influence à l’époque.

Les libéraux et la Fed deviennent-ils associés ?

Alors, pourquoi le fait de voir Trump saper le Dodd-Frank Act importe-t-il ? Comme on l’a dit plus haut, c’est un outil de propagande pour l’establishment, pour perpétuer le récit que Trump est incompétent, que les gens qui le soutiennent sont incompétents, et que lorsque l’économie sera officiellement en crise, ce sera de sa faute et de la faute des conservateurs. C’est aussi un tremplin pour la Réserve fédérale pour attaquer Trump, comme le montre le témoignage de Yellen au Congrès.

Je trouve également intéressant que, grâce à la question sur le Dodd-Frank Act et d’autres, les gauchistes soient galvanisés pour appuyer la Réserve fédérale, ce qu’ils n’auraient probablement pas fait il y a quelques années. Tout cela culmine dans ce qui deviendra, je crois, une bataille titanesque non seulement entre Trump et les gauchistes, mais aussi entre Donald Trump et la Fed. Mais pourquoi l’establishment voudrait-il inciter un conflit entre le président et la banque centrale?

C’est quelque chose que les conservateurs et les activistes de liberté ont voulu depuis des décennies – un président qui serait disposé à s’en prendre à la Réserve fédérale pour exposer ses entrailles. Le problème est que le temps de l’efficacité d’une telle action est révolu depuis longtemps. Auditer la Fed sous Obama (un président ouvertement pro-globaliste) aurait été un désastre pour les puissances aux commandes. Cela aurait jeté leur agenda entier par terre et tué toute chance de finaliser ce qu’ils appellent la « grande réinitialisation économique globale ».  Auditer ou arrêter la Fed sous Trump est une autre affaire.

Comme je l’ai examiné en détail, en apportant des éléments de preuve dans mon article Explications sur la fin du jeu économique, la Réserve fédérale a une durée de vie. Elle a déjà servi son but, qui était de saper l’économie américaine et notre système monétaire. La Fed va maintenant commencer à dégonfler les bulles qu’elle a conçues sur les marchés, les bons du Trésor et le dollar, grâce à la poursuite des hausses de taux d’intérêt et le développement de plus de 4 000 milliards de dollars (montant officiel) de son bilan. Le but ? L’affaiblissement de l’Amérique, pour la ramener au niveau d’un pays du tiers-monde au cours des prochaines années, pour faire place à une centralisation globale de l’administration économique, conduisant éventuellement à une gestion financière mondiale sous le contrôle du FMI et peut-être même de la BRI et avec un système monétaire mondial ; tout en faisant en sorte de blâmer les mouvements conservateurs pour cette crise.

Pour résumer, l’économie des États-Unis et le dollar prévoient de subir une démolition contrôlée. La Fed fera tout ce qui est en son pouvoir pour inciter Trump et les conservateurs à entrer en guerre avec la banque centrale, car la Fed est maintenant prête à être sacrifiée, elle et le statut de réserve mondiale du dollar, afin d’ouvrir la voie à un nouveau système idéologique mondial. La Réserve fédérale est un kamikaze.

Si cela se produit comme je le prédis, les banques internationales et les élites de l’establishment seront capables de jeter le blâme pour la mort du roi dollar, carrément aux pieds de Trump et des conservateurs, et au moins un tiers du pays (les gauchistes) achètera cette narrative, car ils veulent désespérément y croire. Rappelez-vous, l’histoire en cours d’écriture ici, c’est que Trump est un fou furieux qui ne sait pas ce qu’il fait.

Pour être clair, je ne suis pas en faveur de la domination éternelle de la Fed, ou l’existence d’un dollar fiduciaire. Ce que je dis, c’est que les conservateurs peuvent simplement obtenir ce que nous avons souhaité depuis toutes ces années, mais pas de la manière dont nous l’avions espéré.

Pour contrer cette menace, notre liste d’objectifs doit être améliorée pour répondre à la réalité. L’illusion que le problème central est la Réserve fédérale doit cesser. La Fed est un magasin de plus, une franchise dans une chaîne de franchises, rien de plus. Si nous ne tournons pas notre examen et notre agressivité vers les institutions globalistes au sommet, comme le FMI et la BRI, ainsi que vers les banques internationales, nos efforts ne serviront qu’à renforcer l’ennemi que nous essayons de combattre.

Dans une bataille limitée à Trump contre la Fed, seuls les banquiers gagneront.

Brandon Smith

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