Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le «fake World» se rebiffe

Publié le par Felli Bernard

Le «fake World» se rebiffe

3/02/2017 C’est la tendance lourde du moment ! La traque aux «fake news», ces «fausses nouvelles» qui inonderaient les réseaux sociaux et tromperaient des citoyens trop crétins pour faire le tri; qui auraient déjà permis l’élection de Trump et menaceraient désormais les bonnes et vertueuses démocraties de la Vieille Europe, la plupart du temps sous l’impulsion coupable de hackeurs ricanant sur des claviers forcément cyrilliques. Toute la volaille médiatique, les géants du web et l’establishment politique ont donc sonné une charge transatlantique de manière parfaitement synchrone (je dis ça je ne dis rien) pour tenter de conserver le monopole de la Vérité. Tout le sel de la chose vient du fait que, globalement, ceux qui jouent ici les vierges outragées sont justement les principaux fournisseurs officiels de fake news planétaires. Le «fake World» se rebiffe.

Du bottom-up au top-down
En décembre 2012 nous écrivions : «Face à la montée en puissance prévisible de la contestation, la réaction du Système sera sans surprises: guerres pour les ressources à l’extérieur, criminalisation de la contestation à l’intérieur avec développement de technologies sécuritaires et répressives, contrôle accru des individus ; offensive contre la Toile dissidente par la multiplication de lois restrictives ; bunkerisation des élites prédatrices et, bien sûr, offensive généralisée de la machine à enfumer du Système pour reprendre le contrôle de l’information globale.» (1)
C’est peu dire que de constater aujourd’hui que l’offensive du Système pour reprendre le contrôle de l’information globale bat son plein.

Depuis une bonne décennie, l’accusation de complotisme ou de conspirationnisme de la part de la caste politico-médiatique en place a déjà servi d’anathème ultime pour discréditer tout contradicteur et empêcher toute remise en question des narratives officielles les plus farfelues. De la fable du 11 Septembre (deux avions qui abattent... trois tours) aux fables qui ont justifié l’écrasement de la Lybie ou le soutien aux coupeurs de têtes «modérés» syriens, les fake news sont ainsi devenues une norme absolue dans le paysage audiovisuel atlantiste.

Mais avec l’élection de Trump et le merveilleux conte de l’ingérence russe, cette immense machinerie à écraser toutes les voix discordantes a trouvé un nouveau ressort à même de faire sauter les derniers tabous.
Depuis des mois maintenant, les médias-Système saturent ainsi le paysage de centaines d’articles et d’émissions dédiés aux dangers des fake news, propulsant ce qu’ils estiment être de la «désinformation», du «complotisme» ou du «conspirationnisme» bien au-dessus de Daesh et Kim-Jong-Un sur l’échelle Richter des grands périls menaçant l’humanité. C’est que derrière tout cela, il y a la main de Moscou désormais, qui comme chacun le sait a déjà commencé à envahir l’Europe.

Alors bien sûr, les géants du Net, forcément de bons américains du monde libre, eux, ont répondu présents pour participer à la curée.
Déjà, Google a décrété le blocage de quelque 200 sites accusés de «désinformation» (2) et, de son côté, Facebook planche sur des algorithmes censés trier le bon grain de l’ivraie (3). Quant à Apple, son patron s’est immédiatement joint à la meute en annonçant également des mesures pour réaffirmer le caractère indiscutable de la Vérité venue d’en-haut (4). Une approche top-down assez curieuse pour des entreprises qui font habituellement l’éloge du bottom-up. Mais passons, à la guerre comme à la guerre...

Certains Etats comme la France profitent même de l’hystérie ambiante pour agir au niveau législatif afin de banaliser la criminalisation des opinions «divergentes» (5).

L’im-Monde ose le Ministère de la Vérité
Dans ce néo-maccarthysme ambiant, c’est une fois encore l’im-Monde qui aura battu tous les records d’indécence avec son fumeux «Décodex», un véritable Ministère de la Vérité sensé vous dire désormais qui (et donc quoi) croire.
Le procédé est tellement ahurissant qu’on a, naïfs que nous sommes, encore du mal à y croire. Pensez-donc, un titre-Système connu pour son alignement sans faille aux plus grossières opérations de désinformations atlantistes de ces deux dernières décennies qui ressuscite l’imprimatur ! Il fallait oser. C’est Jacques Sapir qui taille probablement le plus joli costard à cette grossière entreprise dans son billet «Déconnant Décodex» (6).
Certes, on pensait bien que dans cette grande offensive pour empêcher les peuples de penser en dehors des clous, les merdias d’Etat se verraient accorder toutes les licences et tous les budgets nécessaires.

On imaginait pourtant que la campagne d’intoxication serait menée avec un peu plus de subtilité, un peu plus de finesse. Mais encore une fois à la guerre comme à la guerre, car le temps presse. Partout dans un vieux monde occidental laminé par l’hystérie d’un capitalisme terminal aux accents de plus en plus totalitaire, la grogne monte et le fossé s’élargit à vue d’œil entre les peuples et l’internationale globaliste-progressiste qui fait semblant de les représenter.
«Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres», disait Antonio Cramsci. (7)

Mis en ligne par entrefilets.com le 23 février 2017

1 2013, l’éveil et la confrontation

2 Google bloque 200 sites diffusant des fausses informations

3 Facebook annonce des mesures pour lutter contre la désinformation

4 Le PDG d’Apple veut lancer des outils pour lutter contre les «Fake News»

5 Le cas le plus récent est celui qui touche à l’IVG si chère aux progressistes-sociétaux de notre contre-civilisation. Les députés français viennent en effet d’accepter un projet de loi qui vise à permettre la fermeture de sites Internet qui porteraient «des allégations ou une présentation faussées» pour en réalité dissuader des femmes enceintes de recourir à une IVG. «Une présentation faussée» donc..., fameux critère s’il en est.

6 Déconnant «Dédodex»

7 Antonio Cramsci

Voir les commentaires

Débat Sapir / Levy / Berruyer sur le Décodex et les Fake News

Publié le par Felli Bernard

26
Fév
2017

Enfin, un peu de débat…

P.S.  Soutenez-nous sur Twitter en vous abonnant à @OBerruyer . Je vous signale que je vais régulièrement sortir sur Twitter des informations et mises à jour sur nos dossiers Macron et Le Monde, qui ne seront pas annoncées sur le blog. Et pas plus tard qu’aujourd’hui… 😉 Merci à toutes et à tous !

7 réponses à Débat Sapir / Levy / Berruyer sur le Décodex et les Fake News

  1. R. GUILLOT Le 26 février 2017 à 11h04
    Afficher/Masquer

    Une retranscription de ce débat est-elle prévue ?

    Apparemment le débat entre les econoclastes a été retranscrit par Catalina et malheureusement, elle se fait attendre.

    Merci de votre contribution.

    Signé : tombé dans l’oreille d’un sourd… : )

    • christian gedeon Le 26 février 2017 à 11h22
      Afficher/Masquer

      Moi,j’aime beaucoup Mme Lévy…fichu caractère,esprit tranchant et absence de langue de bois. Le tout appuyé sur une logique sans faille(ou presque). Comparaison n’est pas raison,mais elle me fait penser à Marie France Garaud,injustement oubliée,même si l’époque est différente. Rien d’étonnant à ce qu’après une période de grâce,elle ait pratiquement disparu des médias dominants. Nous avons vraiment besoin de voix comme la sienne.Ses vérités déplaisent,décidément. Merci qui? merci Olivier.

  2. Catherine Le 26 février 2017 à 11h36
    Afficher/Masquer

    Olivier, on vous attribue d’avoir supprimé 600 articles de votre blog dans les suites des attaques du Décortex.

    http://arretsurinfo.ch/autocensure-la-peur-mauvaise-conseillere/

    Merci de démentir.

  3. Duracuir Le 26 février 2017 à 11h40
    Afficher/Masquer

    Heuuuuu, je croyais qu’un débat c’était une confrontation d’avis contradictoires argumentés. Là, c’est un peu comme “C dans l’air” , mais à l’envers. C dans l’air a inventé le concept du débat entre “pour” et très pour” ou “contre” et “très contre”, là, c’est un peu pareil.
    Ce qui serait sympa, c’est un débat Lévy/ Samuel Laurent arbitré par deux arbitres choisit par chaque débatteur et validé par l’autre, sur la base de règles consensuelles.

    Olivier, toi qui révolutionne les canons du métier journalistique, te serait-il possible d’organiser un tel débat qui présenterait des garanties maximales de débat sérieux, posé et sans coup bas dialectique et astuces réthoriques, de ces artifices qui pourrissent et rendent insupportables et ennuyeux les débats actuels.

    Je trouve ça pas mal comme principe: on définit deux debatteurs, chacun choisit un arbitre, validé par l’autre pour cautionner la tenue et la régularité du débat. Ces arbitres pourraient s’appuyer sur une équipe de “documentalistes” en temps réel pour vérifier l’authenticité des arguments. Définition d’un cadre et de règles, validés par tous. Et en route Simone.

  4. tchoo Le 26 février 2017 à 11h43
    Afficher/Masquer

    Ne craignez vous pas que toutes ces démarches aboutissent finalement à légitimer l’existence d’un tel truc, même si on dénonce l’utilisation qui en est faite.
    Pour ma part je refuse catégoriquement et sans discussion possible que quelqu’un s’arroge le droit de me dire ce je peux lire, voir ou entendre.
    Nous avons tous sufisament de conscience pour être maitre de nous-mêmes sauf pathologie particulière que notre société doit et sait traiter.
    Donc tous les médias qui se veulent sérieux, professionnels ont bien plus à faire en informant vraiment de la réalité plutôt que de courir après les émetteurs de fake news ( les premiers étant souvent les états eux mêmes)

  5. Eric Le 26 février 2017 à 11h45
    Afficher/Masquer

    Cf. Ingrid Riocreux
    La question sous-jacente est celle de la Norme
    Son institution, sa défense et son maintien
    L’implicite du Decodex est la mise en place de normes, d’un contrôle de la pensée, des médias
    Que le monde a tenté de rattacher à sa marque
    En profitant de son historique compassé de “journal de reference”.
    C’est une opération effrayante, pensée et planifiée; de reprise en main du réel des médias clés.

Voir les commentaires

100 % Ruffin

Publié le par Felli Bernard

26
Fév
2017

100 % Ruffin

 

Sous les applaudissements de la salle, il monte sur scène en arborant non plus comme à l’accoutumée son fameux t-shirt “I love Bernard” mais un t-shirt à l’effigie de Vincent Bolloré “I love Vincent”. La cérémonie est, en effet diffusée sur Canal +, propriété de l’industriel breton.

“Mon film, il parle d’une usine qui part en Pologne et qui laisse derrière un paquet de misère et un paquet de détresse. Et au moment où je vous parle, c’est une usine d’Amiens, qui s’appelle Whirlpool, qui fabrique des sèche-linges, qui subit la même histoire puisque maintenant ça part là aussi en Pologne (…)  Ça fait maintenant trente ans que ça dure dans l’ameublement, dans le textile, dans la chimie, dans la métallurgie, ainsi de suite. Pourquoi ça dure depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés, et donc on n’en a rien à foutre. Si c’étaient des acteurs qui étaient mis en concurrence de la même manière avec des acteurs roumains, ça poserait problème immédiatement. Si c’étaient des journalistes, quand on touche à l’avance fiscale des journalistes, ça fait des débats, il y’a des tribunes dans les journaux. Mais imaginons que ce soient les députés, qu’on dise que les députés ne sont pas assez compétitifs. Un député français coûte 7610 euros par mois, un député polonais coûte 2000 euros par mois (…) Mais imaginons qu’on dise : demain, il faut délocaliser l’hémicycle à Varsovie.

Donc dans ce pays, il y’a peut-être des sans-dents, il y’a surtout des dirigeants sans cran. Donc François Hollande, maintenant, il a l’occasion de montrer sur le dernier fil que son adversaire, c’est la finance, qu’il peut faire des réquisitions, qu’il peut interdire les produits Whirlpool sur le territoire français. Qu’il puisse sortir de l’impuissance et se bouger le cul.”

Lors de ce discours, le caméraman de Canal finit par ne plus faire de plan large sur le rédacteur en chef de “Fakir” mais se contente d’un plan resserré afin de cacher son t-shirt.

Vidéo ouverte à mes élus pleurnicheurs : crétins ou hypocrites ? (8 février)

49 réponses à 100 % Ruffin

Commentaires recommandés

pour lire les 49 réponses ,cliquez sur le lien

Voir les commentaires

La gauche patchwork ...

Publié le par Felli Bernard

La gauche patchwork ...

24 Février 2017 , Rédigé par New Dawn

La gauche patchwork ...

Elle s'était levée ce matin aux premières lueurs du jours ... ses deux chattes , bien trop obèses,  avachies comme des chaufferettes sur ses pieds découverts ... Aux premiers mouvements qu'elle fit  , les deux poilues se mirent à grogner comme de petits chiens , et enfoncèrent leurs griffes dans ses chevilles ... Shit , elle allait garder des marques !

Tout cela était bel et beau , mais il fallait s'extraire  de ces étreintes animales pour commencer à vivre sa journée ... au fond , il n'y avait jamais rien de changé dans la vie , si ce n'est qu'un animal chassait parfois l'autre ... 

Elle descendit les escaliers vers la cuisine , la plus jeune de ses félines en porte-étendard et la plus âgée fermant la marche ... un ennemi pouvant toujours arriver par derrière ... 

Elle tourna la molette de son vieux transistor où Macron  macronisait à tout va dans un vide existentiel , secoué parfois par la voix tonitruante de Bourdin , pour tenter de lui donner de l'épaisseur et du vécu ... 

Elle ouvrit les volets de la cuisine et constata que contrairement aux attentes météorologiques et , conformément aux sondages de l'IFOP qui se trompait régulièrement , le soleil avait mis les bouts et la pluie pointait à l'horizon de Barbera ... Elle aurait pu titrer son bulletin du jour d'une "Journée de merde " , si elle n'avait pas déjà employé le titre ... Les merveilles qu'elle avait achetées , hier , ailleurs que chez son boulanger unique et attitré , puisqu'il était fermé le jeudi , aux fins de fêter comme il se devait le mardi gras de la fin de semaine , étaient rassies ... Elle regretta un instant de ne pas les avoir faites elle-même , mais cela ne dura qu'un instant ... Elle avait décidé de ne pas céder aux exigences alimentaires du savoir-vivre qu'elle jugeait comparables au savoir-mourir !

La seule question à l'ordre du jour :

 Allons-nous tomber dans le panneau  de ces élections contre nature organisées pour que la gauche moribonde ne disparaisse pas , entrainant avec elle une Europe grabataire ? ... Oui ! ...Et les gens sont tout prêts à se faire avoir ... 

Pour deux raisons : 

La France pense que la lutte des classes est toujours d'actualité ...il faut la comprendre , cela justifie son combat  ancestral ...

Certains et non des moindres puisque ,les femmes en premier sont misogynes  ,accepteront que la grosse Bertha domine le monde mais refuseront ce statut à Marine 

Nous allons donc avoir un ramassis de propositions hétéroclites , sans queue ni tête , faites de bric et de broc par des alliances improbables , unions de la carpe et du lapin ... (le lapin , on le connait déjà  avec Macron qui court plus vite que son ombre et la carpe en la personne de Bay ... Bay... Bayrou qui a déja offert son cul à la totalité des partis politiques traditionnels) mais destinées à sauver quelques carrières qui n'ont jamais travaillé vraiment , autrement que dans les chiottes du pouvoir , nous noyer sous des vagues de migrants incultes  mais effrayants par leur nombre et leur pouvoir coercitif  , souhaité par les puissances financières qui ne se contentent plus de posséder le fric mais veulent confisquer le pouvoir en transformant les peuples en troupeaux d'errants sans feu ni lieu...

Vous en avez trop fait et certains ne  marchent plus ! Pourquoi le père Macron s'accoquine-t-il avec  Bayrou le traître qui tuerait père et mère pour une place à la table des puissants ... petit fonctionnaire laborieux , médiocre et sans génie ,, lèche botte par goût personnel du cuir admininistratif , qui pense arriver au sommet de l'Etat par avancement à l'ancienneté ? Hamon , qui veut enfin sortir de son trou ,  en compromettant l'incorruptible Méluche   dans des combinazzione  contre nature ...pour s'arroger des fidèles susceptibles de servir ses ambitions de con qui trouve que quelques blacks feraient bien dans le décor brestois ...

Mais vous vous foutez de qui ? Les gens ne sont pas des potiches et en faisant miroiter l'Eldorado à ces populations africaines vous dévitalisez l'Afrique , bandes de glands ... Ne croyez-vous pas qu'elles seraient plus utiles à fertiliser ces terres arides mais vierges au lieu de venir sucer la moelle d'une Europe à bout de souffle ? Quand comprendrez-vous que Merkel n'est qu'une salope , illuminée par la pensée nazie de son illustre prédécesseur... si elle avait voulu faire quelque chose  d'utile pour l'Afrique, elle aurait déjà raqué du pognon pour les aider à construire des puits et des routes , lutté contre la propagation du Sida, ( dont mystérieusement les medias ne parlent plus sachant que tous les jours des femmes se font violer par ces hordes de brutes sauvages ), organisé des campagnes de vaccination ...

Mais l'Allemagne est ce qu'elle a toujours été , seuls comptent le fric et ses petits intérêts  personnels... Si elle était capable d'altruisme , ça se saurait , non ? ...depuis le temps qu'elle fait chier le monde parce qu'elle se trouve à l'étroit chez elle ...

La Teutonne a pris des migrants , mais elle n'en veut plus parce qu'elle s'est rendue compte de sa connerie ... est-ce qu'elle les renvoie chez eux ... Non bien sûr ... elle les laisse bien gentiment divaguer dans les pays européens , confiant aux autres le soin de nettoyer la merde qu'elle a fait dans sa culotte ...Et vous badez cette grosse vache tandis que vous vous bouchez le nez pour parler de Marine Le Pen ... juste pour vous donner bonne conscience , pour faire savoir que vous n'êtes pas des fachos ou des collabos alors que vos pères servaient peut-être la soupe à tonton Adolf et que vos mères ouvraient leurs cuisses aux SS pour un morceau de lard...

Avez-vous donc perdu la tête ? 

 

PS : J'ai dû ré-écrire trois fois mon article pour que notre censure accepte de le publier ... Excusez-moi des défauts ... Il faut tenir !

 

l

Voir les commentaires

Bande de blaireaux ...

Publié le par Felli Bernard

Bande de blaireaux ...

25 Février 2017 , Rédigé par New Dawn

Bande de blaireaux ...

Ce matin , je suis encore remontée comme un coucou suisse... vous me direz que ce n'est pas fait pour me déplaire puisque cela alimente mon petit blog que j'ai été dernièrement obligée de modifier en  expliquant qu'il n'était que politiquement caricatural...

Alors , ceci étant dit , j'ai appris que pour complaire à une communauté dont l'intolérance frise à l'hystérie et se ménager les voix électorales d'iceux qui la composent , il avait été décidé d'enlever le crucifix d'un hosto , qui y résidait depuis toujours , mais qui , subitement , devenait intolérable à voir trôner les bras en croix , nu et offert à la souffrance de la chair blessée ... Ne doutons pas un seul instant que nos scientifiques qui sévissent et opèrent dans ce genre d'établissement ont été soulagés de se débarrasser de cette présence symbolique du corps en déchirure ...

Bien que laïcarde convaincue , je demeure persuadée que ce corps molesté y avait sa place , comme d'ailleurs toutes les manifestations ostentatoires des autres religions ... Cela vous choque ? Permettez-moi de vous expliquer les cheminements tordus de ma pensée ... D'abord , il y a des hôpitaux publics  et des cliniques privées qui durent leur existence à de généreux et riches donateurs qui en firent profiter leur ville ... C'est ce qui arriva au frère aîné de mon grand père qui , après avoir ouvert des routes en Afrique noire pour désenclaver la population vint s'installer à Marseille sur ses vieux jours et y fit bâtir une clinique à laquelle il donna le nom de son saint Patron  et dans laquelle , toute chambre avait son crucifix  , libre à ses occupants de le faire décrocher du mur si l'objet choquait leurs convictions ... 

Les hôpitaux publics qui se sentent dépositaires d'une neutralité scientifique que je comprends et j'approuve  doivent cependant se souvenir que dans leurs établissements , on y souffre toujours et on y meurt parfois ... et que les corps meurtris dans leur chair et dans leur âme éprouvent souvent le besoin de se raccrocher à une spiritualité qui les transcende ... Perso , chaque fois que je m'y suis trouvée , j'attendais le chant des oiseaux qui filtrait par ma fenêtre ouverte sur le parc pour me persuader que je n'étais pas un simple morceau de barbaque mais une créature de Dieu qui m'aimait comme il aimait sa création ... 

Petite anecdote , j'ai été opérée de l'appendicite assez tard , mais le chirurgien qui n'avait guère plus que mon âge , m'a assénée un claque sur les fesses pour m'encourager lorsque je partais nue et douchée pour la salle d'opération ... Une tentation transgressive , sans doute ... mais ses  mains étaient froides et glacées , j'ai compris à ce contact que j'étais peut-être la première à être exécutée par ses soins et j'ai eu de la compassion pour lui ... Il est devenu depuis un grand manitou du scalpel ... Ouf , j'ai eu chaud mes lapins ... il est maintenant chirurgien esthéticien tant il a des doigts de fée ... et vous perdriez votre temps à chercher un quelconque stigmate de son intervention sur mon ventre... c'est beau la science invisible  ! ... Toujours regarder les doigts de celui qui va vous opérer ... s'ils sont gros et  boudinés  , prétextez une migraine et rentrez chez vous  , votre petit corps de rêve va être mutilé par le passage de ses grosses papattes ... Que Dieu nous garde de la science médicale !

Voir les commentaires

Les colombes armées de l’Europe

Publié le par Felli Bernard

Les colombes armées de l’Europe

L'art de la guerre

 44
 
 5  0
 
 50
Capture d’écran 2017-02-21 à 10.57.52

De nouveaux pas dans le « renforcement de l’Alliance » ont été décidés par les ministres de la Défense de l’Otan, réunis à Bruxelles dans la Conseil Atlantique Nord. Avant tout sur le front oriental, avec le déploiement de nouvelles « forces de dissuasion » en Estonie, Lettonie, Lituanie et Pologne, conjoint à une présence Otan accrue dans toute l’Europe orientale avec exercices terrestres et navals. En juin seront pleinement opérationnels quatre bataillons multinationaux à déployer dans la région.

En même temps sera accrue la présence navale Otan en Mer Noire. En outre est lancée la création d’un commandement multinational des forces spéciales, formé au départ de forces belges, danoises et hollandaises. Enfin, le Conseil Atlantique Nord félicite la Georgie pour ses progrès dans le parcours qui la fera entrer dans l’Alliance, devenant le troisième pays Otan (avec l’Estonie et la Lettonie) directement frontalier avec la Russie.
Sur le front méridional, directement lié à l’oriental en particulier à travers la confrontation Russie-Otan en Syrie, le Conseil Atlantique Nord annonce une série de mesures pour « contrecarrer les menaces provenant du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord et pour projeter une stabilité au-delà de nos frontières ».

Auprès du Commandement de la force conjointe alliée à Naples, est constitué le Hub pour le Sud, avec un personnel d’environ 100 militaires. Il aura la mission d’ « évaluer les menaces provenant de la région et de les affronter ensemble avec des nations et organisations partenaires ». Il disposera d’avions-espions Awacs et de drones qui deviendront rapidement opérationnels à Sigonella (Sicile).

Pour les opérations militaires est déjà prête la « Force de riposte » Otan de 40 mille soldats, en particulier sa « Force de pointe à très haute rapidité opérationnelle ».

Le Hub pour le Sud -explique le secrétaire général Stoltenberg- accroîtra la capacité de l’Otan à « prévoir et prévenir les crises ». En d’autres termes, dès que le Hub aura « prévu » une crise au Moyen-Orient, en Afrique du Nord ou ailleurs, l’Otan pourra effectuer une intervention militaire « préventive ». L’Alliance Atlantique au complet adopte, de cette façon, la doctrine du « faucon » Bush sur la guerre préventive.

Les premiers à vouloir un renforcement de l’Otan, avant tout en fonction anti-russe, sont en ce moment les gouvernements européens de l’Alliance, ceux qui en général se présentent en habit de « colombes ». Ils redoutent en fait d’être dépassés ou marginalisés si l’administration Trump ouvrait des négociations directes avec Moscou.

Les gouvernements de l’Est sont particulièrement actifs. Varsovie, ne se contentant pas de la 3ème Brigade blindée envoyée en Pologne par l’administration Obama, demande maintenant à Washington, par la bouche de l’influent Kaczynski, d’être couverte par le « parapluie nucléaire » étasunien, c’est-à-dire d’avoir sur son sol des armes nucléaires étasuniennes pointées sur la Russie.

Kiev a relancé l’offensive dans le Donbass contre les Russes d’Ukraine, soit à travers de lourds bombardements, soit à travers l’assassinat systématique de chefs de la résistance dans des attentats derrière lesquels se trouvent aussi des services secrets occidentaux. En même temps, le président Porochenko a annoncé un référendum pour l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan.

Et c’est le premier ministre grec Alexis Tsipras qui est allé lui prêter main forte : en visite officielle à Kiev les 8-9 février, il a exprimé au président Porochenko « le ferme appui de la Grèce à la souveraineté, intégrité territoriale et indépendance de l’Ukraine » et, en consé
quence, la non-reconnaissance de ce que Kiev appelle « l’illégale annexion russe de la Crimée ». La rencontre, a déclaré Tsipras, jetant les bases pour « des années d’étroite collaboration entre Grèce et Ukraine », contribuera à « atteindre la paix dans la région ».

Manlio Dinucci 

 

Article original en italien :

Capture d’écran 2017-02-21 à 10.57.52

Le colombe armate dell’Europa

Edition de mardi 21 février 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/le-colombe-armate-delleuropa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Voir les commentaires

Syrie : Le nouveau Pacte de Bagdad et le nouveau Plan de Trump en prévision de Genève 4

Publié le par Felli Bernard

Syrie : Le nouveau Pacte de Bagdad et
le nouveau Plan de Trump en prévision de Genève 4
Par B. Chaabane ; A. Hoteit ; N. Kandil

vendredi 24 février 2017, par Comité Valmy

 

Syrie : Le nouveau Pacte de Bagdad et le nouveau
Plan de Trump en prévision de Genève 4

 

Par B. Chaabane ; A. Hoteit ; N. Kandil

I. Une journée qui commence mal :

Ce 20 février est une journée qui commence mal, très mal, par la nouvelle du décès de Monsieur Vitali Tchourkine, délégué permanent de la Russie auprès des Nations Unies. Une perte certainement terrible pour la Fédération de Russie. Une perte tout aussi terrible pour la Syrie. Qu’il repose en paix, ainsi que tous les soldats, médecins, infirmiers, volontaires et experts russes tombés en Syrie. Sacrifices qui ajoutent de la peine à la peine de tout un peuple reconnaissant pour toutes les fois où les amis russes sont intervenus afin de le soutenir contre des agresseurs sans foi ni loi.

II. Des agresseurs qui s’emploient à ressusciter « le Pacte de Bagdad » comme l’explique Madame Bouthaïna Chaabane, conseillère politique du Président Bachar al-Assad, dans son article de ce 20 février, publié par le quotidien syrien Al-watan :

Un rapport confidentiel établi en 1983, et déclassifié le 20 janvier 2017 [1], révèle que les États-Unis ont encouragé Saddam Hussein à attaquer la Syrie dans l’objectif d’occuper les deux pays par une guerre sanglante qui épuiserait leurs forces.

Ce rapport s’appuie sur les déclarations de Graham Fuller, un ex haut fonctionnaire de la CIA, lequel affirme que les États-Unis ont fortement cherché à convaincre Saddam Hussein d’attaquer la Syrie, sous un prétexte ou un autre, dans le but de frapper les deux plus importantes forces du Moyen-Orient arabe et de les éloigner du front de lutte israélo-arabe. Mais vu que Saddam était engagé dans la guerre contre l’Iran, il fallait lui offrir de quoi le tenter avec le soutien de la plupart des États régionaux inféodés aux États-Unis, comme l’Arabie saoudite et d’autres Pays du Golfe, lesquels auraient financé cette guerre afin d’affaiblir la Syrie en tant que force régionale en plein développement. D’où la fourniture d’équipements modernes à Saddam afin de boucler la boucle des pays voisins menaçant la Syrie : la Jordanie, la Turquie et Israël.

Ainsi, et selon les prédictions de ce rapport datant de 1983, la Syrie menacée de trois côtés et peut-être plus, pouvait être contrainte à faire des concessions dans le conflit avec Israël. Par ailleurs, le rapport affirme que convaincre Saddam d’adopter ce scénario était crucial car il devait rompre le rang des arabes et dissimuler le fait qu’Israël et les États-Unis avaient intérêt à ce que cette guerre ait lieu.

Raison pour laquelle les États-Unis ont travaillé à obtenir le consensus des Pays arabes inféodés en faveur de Saddam dans cette affaire, tandis que les études israéliennes de l’époque saluaient l’idée de créer des tensions sur les frontières syro-irakienne, syro-libanaise, syro-jordanienne et syro-turque ; Israël estimant que son problème était la Syrie, non Saddam.

Or, trente ans auparavant, une alliance colonialiste s’est formée en pleine Guerre froide et fut indûment qualifiée de « Pacte de Bagdab » :

[

Le Pacte de Bagdad, dont le nom officiel est « Traité d’organisation du Moyen-Orient », a été fondé le 24 février 1955 entre l’Irak, la Turquie, le Pakistan, l’Iran et le Royaume-Uni, rejoints par les États-Unis en 1958. Il sera rebaptisé « Organisation du Traité central » (Central Treaty Organisation) ou CenTO, après le retrait irakien le 24 mars 1959.
Le Pacte de Bagdad -et le Cento après lui- fait partie des alliances internationales du camp occidental dans le contexte de la Guerre froide. Son but était de « contenir » (politique américaine du containment) le communisme et l’Union soviétique en ayant une ligne d’États alliés à sa frontière sud et sud-ouest ; Ndt]

[2].

Une alliance regroupant donc la Turquie, l’Iran du Chah, l’Irak sous contrôle du Royaume-Uni, avec le soutien des Pays du Golfe œuvrant contre Jamal Abdel Nasser, afin d’empêcher la propagation des idées nationalistes dans les pays arabes et d’arrêter le soutien de l’Égypte aux mouvements de libération en Afrique et en Asie. Mais la révolution de 1958 en Irak a brisé ce pacte, suivie de l’union de l’Égypte et de la Syrie en République arabe unie [1958-1961], rejointe par l’Irak après dissolution, mais l’union tripartite n’a pas eu lieu.

Ici, il nous faut remarquer que la Turquie a toujours été l’ennemie du nationalisme arabe et particulièrement de la Syrie et de l’Irak, comme si elle ne leur pardonnait toujours pas l’effondrement de l’Empire ottoman et la perte de ses colonies arabes.

Quant aux gouvernants de l’Arabie saoudite et des Pays du Golfe, une lecture attentive de l’Histoire révèle la légèreté qui caractérise leur comportement face à leurs propres causes. D’ailleurs, dans les années 1962 et 1963, le Président Nasser avait souligné le danger des réactionnaires arabes incapables de soutenir la Palestine pour la bonne raison que ceux qui les armaient, armaient Israël. Et donc, qu’ils ne pouvaient que se tenir sur la ligne israélienne ; sinon, que faisaient les bases militaires américaines sur leurs territoires ?

Autrement dit, les Pays du Golfe étaient déjà secrètement engagés dans une réelle et véritable alliance avec Israël. Aujourd’hui, cette alliance est devenue publique. Et le lecteur de l’Histoire observant les événements actuels peut se dire : « Qu’hier ressemble à aujourd’hui ! ».

Car, voici que la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar s’allient de nouveau, et ouvertement, avec les États-Unis et Israël pour financer la guerre enragée menée depuis six ans contre la Syrie, la Libye, l’Égypte, le Liban, le Yémen et l’Irak, avec destruction de leurs infrastructures, de leurs économies, de leurs institutions, de leurs armées, de leurs statuts au niveau international, de leurs monuments historiques et de leur identité culturelle.

Voici que sous la pression des États-Unis, les dirigeants arabes se comportent en associés ou en spectateurs de la « Guerre du printemps arabe », déclenchée grâce au rôle essentiel joué par la Ligue arabe dirigée par le Qatar.

Et voici que la Turquie ottomane d’Erdogan tissent des liens d’alliance avec l’Arabie saoudite et des Pays du Golfe, soutenue en cela par une décision israélo-américaine, afin que la guerre continue à embraser la Syrie sous le slogan « isoler et affaiblir l’Iran », alors que le but israélo-américain est de détruire l’ensemble des arabes, y compris ceux qui les suivent à la trace et financent leurs guerres contre d’autres arabes.

Ce qui signifie que depuis les années cinquante du siècle dernier et jusqu’à ce jour, les outils utilisés contre des arabes, sont des frères arabes inféodés à Israël et aux États-Unis, secrètement ou publiquement. Sauf qu’à chaque fois, sont créés les scénarios appropriés pour qu’ils bondissent sur leurs frères par l’Histoire, l’arabité, la civilisation et la religion, sans que cela n’empêche qu’ils soient eux-mêmes dépossédés de toutes leurs ressources. Et le résultat est bien l’affaiblissement de tous les arabes qu’ils soient complices de l’ennemi, résistants ou la cible du même ennemi.

Certes, la réaction arabe contre le Pacte de Bagdad fut bonne, en théorie, puisqu’elle a mené à renforcer l’union entre l’Égypte et la Syrie, mais elle n’a pas abouti à la mise place des mécanismes pouvant lui assurer force et pérennité.

Ce que les arabes perdent toujours c’est le temps. Ils endurent depuis soixante-dix ans des réactionnaires fidèles aux ennemis de la nation, desquels ils sont complices et dont ils accueillent les bases assurant la sécurité d’Israël, tout en finançant leurs guerres.

Malgré cela, il n’y a toujours pas de vrai projet pour contrer le dernier projet réactionnaire israélo-turc travaillant à leur effondrement et à l’épuisement de leurs énergies afin de les transformer tous en une nation faible et vaincue.

Combien de fois faut-il que les événements prouvent que l’Occident et Israël mettent à exécution leurs plans par l’intermédiaire de leurs agents, des Frères Musulmans et des oppositions manipulées par leurs services du renseignement ? N’est-il pas venu le temps de mettre en place notre propre alliance arabe, forte et résistante, sur des bases solides et selon des mécanismes avancés, quitte à apprendre de nos ennemis ?

N’est-il pas venu le temps de réaliser qu’aujourd’hui Erdogan, Israël et les États-Unis pompent l’argent des Pays du Golfe pour financer leur guerre terroriste contre la Syrie, l’Irak, le Yémen et l’Egypte, exactement comme lorsque l’Occident et les dirigeants du Golfe pro-occidentaux ont encouragé Saddam à s’embourber dans la guerre irako-iranienne ? À l’époque ils l’avaient désignée par le « double endiguement » dans l’espoir d’affaiblir l’Irak et l’Iran à la fois. Finalement, l’Irak a été détruit et mis sous occupation, tandis que l’Iran est devenu une puissance nucléaire.

Par conséquent, une coopération arabe sincère est désormais une exigence existentielle pour nous préparer à faire face à l’ennemi qui planifie pour une longue bataille à venir, mais dont les termes et les objectifs ne seront probablement pas divulgués d’ici une trentaine d’années !

III. Un pacte élargi bien au-delà du premier d’après l’analyse du Général Amin Hoteit qui revient, toujours ce 20 février, sur le nouveau plan américain visant la partition de la Syrie et sinon, la prolongation d’une guerre d’usure au bénéfice d’Israël :

Les premières déclarations de Trump concernant la « crise syrienne » portaient sur deux points : l’établissement de zones de sécurité pour la protection des déplacés et la guerre contre Daech. Et alors que le premier point a soulevé des problèmes complexes d’ordre pratique et juridique, le second a paru acceptable car initialement interprété dans le cadre d’un comportement contraire à celui d’Obama, avec modification des priorités, des méthodes et des objectifs stratégiques essentiels.

Mais, au bout d’un mois à la Maison Blanche, il est clair que les paroles et les promesses de Trump ne correspondent qu’à une modification linguistique, les objectifs stratégiques américains en Syrie restant inchangés. En effet, dès les premiers jours suivant son investiture, il s’est employé à réorganiser le camp des agresseurs et à redistribuer les missions futures aux partenaires anciens et à ceux nouvellement recrutés pour rejoindre ce camp sur le terrain.

Un nouveau plan américain est donc sur les rails. Bien que ses détails ne soient pas encore clairement précisés, nous pensons que les États-Unis travaillent à ce qu’il repose sur quatre piliers essentiels qui sont la Turquie, la Jordanie, les Émirats arabes unis et lesdites Forces Démocratiques Syriennes [FDS].

Ce faisant, il ne s’agit évidemment pas d’écarter l’Arabie saoudite et le Qatar, mais de répartir les missions entre les financiers propagandistes et les guerriers sur le terrain, avec la possibilité d’intégrer plus tard des forces militaires saoudiennes si les circonstances le permettent.

Avant de répondre à la question de savoir quelles sont les missions attribuées à chacun et leurs objectifs cachés, il nous faut rappeler que les « zones de sécurité », voulues par Trump pour de prétendues raisons humanitaires, sont en réalité destinées à poursuivre l’objectif premier de partition de la Syrie, contrarié par les victoires retentissantes de l’Armée arabe syrienne les semaines précédant son investiture. Et aussi, que sa volonté de « combattre Daech » s’est accompagnée du refus des États-Unis de toute coopération militaire avec les forces qui le combattent effectivement et efficacement sur le terrain syrien, que ce soit l’Armée arabe syrienne, que ce soit le camp des défenseurs de la Syrie, tout en suggérant l’envoi de troupes au sol, alors que des forces américaines sont déjà présentes dans plusieurs bases militaires récentes au nord de la Syrie.

Partant de ces réalités et du refus de l’OTAN de coopérer avec la Russie, nous pouvons dire que Trump brandit le slogan de la lutte contre Daech, mais dissimule l’intention d’une intervention militaire directe, ou indirecte par l’intermédiaire de ses alliés, et qu’en cela il répond aux attentes d’Israël qui lui donne le choix entre résoudre le conflit par une action militaire directe au bénéfice du camp des agresseurs ou le prolonger en poursuivant la logique des guerres par procuration à des acteurs locaux ou régionaux afin de torpiller toute chance de solution politique.

C’est pourquoi, il ne nous faudra pas trop compter sur la réunion de Genève 4, ce 23 février, en dépit des dispositions apparemment favorables des États-Unis, lesquels ne voient pas d’intérêt à négocier une solution politique de la crise syrienne alors que les réalités du terrain ne sont pas à leur avantage. Ils préfèrent miser sur une escalade militaire, probablement sur une période minimum de trois mois, en ameutant de nouvelles forces qui pourraient modifier la situation et les amener aux négociations dans des conditions plus confortables.

Ceci étant dit, revenons aux missions attribuées aux nouvelles forces censées pouvoir concrétiser les objectifs américains.

D’abord la Jordanie, pays qui subit des pressions contraires :


 • Pression russe qui l’invite à la réunion d’Astana 2 censée consolider et définir les modalités du processus de cessation des hostilités décidé à la réunion d’Astana 1, alors qu’il s’était soustrait à son engagement de fermer ses frontières aux terroristes en raison de pressions américaine et saoudienne à la fois.

 • Pression américaine qui le pousse à prendre en charge la création d’une dite « zone de sécurité » dans le sud syrien, aux frais des Pays du Golfe et en coordination avec Israël, conformément à ses exigences.

 • Pression saoudienne qui le somme de soutenir les groupes terroristes attaquant la ville de Daraa par une dernière opération intitulée « Plutôt la mort que l’humiliation », laquelle a échoué jusqu’ici du fait de la bravoure des défenses syriennes dans la région.

Ensuite, les Émirats arabe unis, pays pour la première fois directement plongé par les États-Unis en territoire syrien, et qui semble avoir été choisi pour les raisons suivantes :


 • D’une part, rassurer les tribus arabes de la région nord-est dont les habitants hésitent à combattre sous la bannière desdites « Forces Démocratiques Syriennes » dominées par les Kurdes et soutenues par les USA, l’animosité des Émiratis pour les Frères Musulmans [dont Erdogan est le chef de file, NdT] pouvant compenser cette hésitation.

 • D’autre part, atténuer les angoisses des Turcs qui craignent la création d’une entité indépendante kurde dans cette région nord-est de la Syrie, laquelle serait gérée par les Émirats, justement là où les USA cherchent à installer leur nouvelle base militaire.

Quant à la Turquie, troisième volet essentiel du plan américain qu’il faut absolument éloigner de la Russie, elle aura les mains libres dans le centre de la Syrie pour couper entre l’Est et l’Ouest par la création d’une prétendue « zone de sécurité » de 5000 Kms2, laquelle atténuera encore plus ses angoisses face aux Kurdes, servira ses intérêts et, du même coup, empêchera l’État syrien de restaurer son unité territoriale et démographique.

La mise en œuvre de ce énième plan américain nécessite le report de toute solution politique, à Genève ou ailleurs, et la non-consolidation du processus de cessation des hostilités, sauf dans un sens compatible avec les objectifs américains.

C’est ce qui explique le comportement négatif de la Turquie et de la Jordanie à la réunion d’Astana 2. Et c’est aussi ce qui explique les déclarations de Staffan Mistura destinées à torpiller Genève 4 par la proposition d’un ordre du jour qui n’est pas de son ressort, mais de celui de la Constitution adoptée par le peuple syrien.

Pour finir, nous pensons que les espoirs fondés sur un changement de la politique américaine, notamment son abandon de l’exploitation du terrorisme pour se mettre à le combattre, sont sans doute déplacés, et que les objectifs visant la partition de la Syrie paraissent inchangés.

Reste l’hypothèse qu’en tentant de modifier l’équilibre actuel des forces sur le terrain, Trump ne cherche qu’à gagner des cartes exploitables à la table des négociations ; auquel cas, il nous faut rester concentrés sur le terrain militaire, tout en restant nécessairement disponibles sur le terrain politique.

IV. Pour conclure, il n’est pas interdit de partager l’optimisme de Monsieur Nasser Kandil dans une brève de ce 19 février :


 • Tout observateur de la guerre sur la Syrie sait que l’opposition et les factions armées sont des façades syriennes complètement contrôlées par des volontés étrangères du fait d’une dépendance inchangeable financière, militaire, géographique et politique.

 • Washington, la Turquie et l’Arabie saoudite se partagent la gestion de ces façades.

 • Genève et Astana sont des stations de fructification des résultats militaires de la guerre en Syrie par des accords politiques entre une station et la suivante.

 • Au début, Genève était une occasion de tester le degré de maturité de l’État syrien et de ses alliés pour accepter l’idée de la défaite et accorder les concessions qui remettraient la Syrie au camp adverse, contre l’arrêt de la guerre. Les termes désignant une telle reddition ont varié, mais leur sens est resté invariable avec Lakhdar Brahimi et Staffan de Mistura.

 • Suite aux victoires de l’Armée syrienne, depuis le positionnement russe jusqu’aux batailles d’Alep, la situation s’est inversée et Genève est devenue une station d’évaluation du degré de maturité du camp guerrier adverse pour reconnaître sa défaite et obtenir de quoi sauver la face sous le titre de « la guerre contre le terrorisme ».

 • Astana est destinée à tester la séparation entre le Front al-Nosra et les autres factions armées, et Genève est destinée à ôter l’exclusivité de la représentation de l’opposition au « Groupe de Riyad », en attendant l’émergence d’une opposition compatible avec la dernière station.

 • La Turquie n’a pas encore mûri parce que les États-Unis ne sont toujours pas mûrs.

 • Cette fois-ci, Genève, ce sera pour la « photo souvenir ».

Traduction par Mouna Alno-Nakhal
20/02/2017

Sources : Al-Watan / Elnashra / Top News Nasser Kandil
[Par Bouthaïna Chaabane : حلف بغداد الجديد]
[Par Amin Hoteit : خطة ترامب ظاهرا وباطنا... وتأثيرها على جنيف4]
[Par Nasser Kandil : جنيف صور تذكارية – كتب ناصر قنديل]

Notes :

[1] BRINGING REAL MUSCLE TO BEAR AGAINST SYRIA
https://www.cia.gov/library/readingroom/docs/CIA-RDP88B00443R001404090133-0.pdf

[2] Pacte de Bagdad
https://www.monde-diplomatique.fr/index/sujet/pactedebagdad

Voir les commentaires

Politique dangereuse : Trump déclare la guerre à la Russie, la nouvelle guerre froide continuera jusqu’à ce que Moscou se conforme …

Publié le par Felli Bernard

Politique dangereuse : Trump déclare la guerre à la Russie, la nouvelle guerre froide continuera jusqu’à ce que Moscou se conforme …

 1847
 
 25  0
 
 1878
Trump Poutine 2

Depuis que Donald Trump a remporté la présidence, l’aristocratie américaine − qui contrôle totalement toutes les sociétés internationales basées aux États-Unis et surtout les compagnies d’armes comme Lockheed Martin dont les volumes de vente dépendent de l’augmentation des dépenses de défense de la nation, ce qui nécessite le rétablissement de la guerre froide − a tenté d’avorter sa présidence de toutes les manières possibles.

Ils ont surtout essayé de présenter Trump comme un agent secret russe, un traître. Le 14 février, ils l’ont clairement dompté et l’ont remis complètement au pas – et pas seulement en façade comme ils l’avaient fait auparavant, par exemple en abolissant les réglementations environnementales et autres qui réduisent leurs bénéfices.

Mais est-ce arrivé parce qu’il est lâche, ou plutôt parce qu’il est un imbécile ? Comment l’ont-ils vaincu ? À l’heure actuelle, cela ne peut être déterminé que par un examen attentif de la manière dont il a capitulé. Ainsi, l’événement du 14 février sera examiné ici, en détail.

Trump a clairement fait savoir, le 14 février, que la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie continuera jusqu’à ce que la Russie se conforme à deux conditions qui seraient non seulement humiliantes pour elle – et pour la grande majorité de ses citoyens –, mais serait profondément immorales. Une de ces deux conditions serait réellement impossible, même si elle n’était pas, en outre, immorale. Pour Vladimir Poutine d’accepter l’une ou l’autre de ces deux conditions, serait non seulement une violation de son point de vue souvent exprimé, mais ce serait également pour la grande majorité des Russes une raison de le mépriser – parce qu’ils le respectent pour la fermeté de ce point de vue. Il n’a jamais hésité. Le soutien des Russes à ce sujet est pratiquement universel. Cet article expliquera le point de vue en question.

LA DEMANDE DE TRUMP Numéro 1 : « Rendez la Crimée »

Pour comprendre la perspective russe sur la première de ces deux questions, que doit connaître tout Américain s’il veut comprendre la stupidité étonnante de la position de M. Trump dans cette affaire, qui est celle de la Crimée. Cette région qui avait, pendant des centaines d’années, appartenu à la Russie, avait été soudainement et arbitrairement transférée, en 1954,  d’une république soviétique à une autre, l’Ukraine, par le dirigeant soviétique de l’époque [Khrouchtchev]. Les États-Unis exigent maintenant que ce diktat concernant la Crimée soit rétabli.

Il est essentiel de prendre connaissance de deux vidéos, sous-titrées en anglais, mais se passant de commentaires, les voici :

La première vidéo – vous devriez  regarder au moins les douze premières minutes, car c’est crucial – montre le coup d’État américain qui a violemment renversé le président démocratiquement élu de l’Ukraine en février 2014, sous couvert de « révolution démocratique », qui n’était en fait rien de tel. Le coup d’État avait été planifié par le Département d’État américain en 2011 et fut ensuite organisé dans les locaux de l’ambassade des États-Unis à Kiev à partir du 1er mars 2013, au plus tard. Le directeur de Stratfor, organisme privé et cercle de réflexion proche de la CIA, l’a à juste titre qualifié de « coup d’État le plus flagrant de l’histoire ».

La seconde vidéo montre le massacre de Criméens qui s’échappaient de Kiev lors du coup d’État ukrainien, le 20 février 2014. Cette tragédie est connue en Crimée comme « le Pogrom de Korsun », la ville où les fascistes, que le régime d’Obama avait embauchés, ont pu piéger les échappés et tuer beaucoup d’entre eux. C’est l’incident qui, survenu lors du coup d’État en Ukraine, a suscité chez les Criméens une crainte énorme de la haine farouche que leur vouait le régime installé par les États-Unis.

Enfin, sur la question de la Crimée, tous les sondages organisés par les Occidentaux en Crimée, avant et après le plébiscite du 16 mars 2014, soit quelques semaines seulement après que Obama eut renversé le président ukrainien pour lequel 75% des Criméens avaient voté, plus de 90% de ces derniers ont voté pour le retour de la Crimée à la Russie. Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il y avait largement plus de la moitié de soutien à cet égard, parmi les Criméens. En outre, même Barack Obama a accepté le principe universel du droit à l’autodétermination des peuples quand cela concernait les Catalans en Espagne et les Écossais au Royaume-Uni, et ni lui ni personne n’a jamais été en mesure d’avancer un seul argument crédible pour que ce droit soit appliqué partout sauf en Crimée – surtout dans ces circonstances.

Ainsi, la première demande de Trump, que Poutine restitue les résidents de Crimée à la juridiction du régime du coup d’État qu’Obama vient d’établir en Ukraine, n’aura pas de suite – et elle ne DOIT PAS en avoir. Obama a imposé les sanctions contre la Russie sur la base de ce qu’il a qualifié de « conquête territoriale » par Poutine en se référant à la Crimée, mais les Russes considèrent plutôt cela comme un soutien et une protection – dans ce qui était historiquement et culturellement une partie de la Russie et non de l’Ukraine – du droit à l’autodétermination, en particulier après que le pays, dont la Crimée dépendait depuis 60 ans, a été conquis trois semaines plus tôt par un coup d’État sanglant mené par une puissance étrangère, que la Crimée détestait par ailleurs. Poutine ne devrait pas accepter la demande de Trump, et ne l’acceptera pas.

LA DEMANDE DE TRUMP Numéro 2 : « La Russie doit arrêter la guerre contre l’Ukraine dans le Donbass »

La façon dont cette demande a été formulée le 14 février, à savoir que « la Russie devait stopper l’escalade de la violence en Ukraine », se réfère aux invasions par l’Ukraine de sa propre région du Donbass. Celle-ci avait rompu avec le régime ukrainien, installé par Obama, peu de temps après la sécession de la Crimée. Mais Poutine, qui avait déjà tant souffert – sanctions, etc. – en permettant aux Criméens de redevenir Russes, a refuséd’autoriser l’adhésion du Donbass à la Fédération de Russie et a seulement apporté une aide militaire et humanitaire pour se protéger de la ruée des quelque cinq millions de résidents à travers la frontière russe.

Le Donbass avait voté à 90% pour le président ukrainien qu’Obama a remplacé illégalement par son coup d’État.

François Hollande, Angela Merkel, et Vladimir Poutine avaient entamé les négociations et signé les accords de Minsk pour mettre fin à la phase la plus chaude de la guerre, provoquée par Obama, entre l’Ukraine et le Donbass. Une disposition cruciale de l’accord de Minsk-2 était que l’Ukraine donnerait aux résidents du Donbass un certain degré d’autonomie au sein de l’Ukraine, dans le cadre d’une nouvelle fédération ukrainienne, mais la Rada, le parlement de l’Ukraine, a refusé d’exécuter cette disposition. Les États-Unis et leurs alliés blâment les résidents du Donbass pour ce refus de l’Ukraine, et accusent les habitants de la région de la prolongation de la guerre ou, comme le secrétaire de presse de Trump l’a mentionné le 14 février, de « la violence en Ukraine ».

Trump demande que le Donbass arrête la guerre, alors qu’il est constamment bombardé par un régime ukrainien qui refuse de remplir une disposition fondamentale de l’accord de paix que Hollande, Merkel et Poutine avaient négocié, et que l’Ukraine et le Donbass ont signé. Remarque : ni Hollande, ni Merkel n’ont été en mesure d’obtenir du prix Nobel de la paix, Obama, qu’il participe à cet effort pour la paix.

Une demande comme celle-là, demander à la victime d’arrêter le combat, est impossible à satisfaire. C’était comme si, pendant la Seconde Guerre mondiale, on avait blâmé les États-Unis, l’Union soviétique et le Royaume-Uni pour leur guerre contre l’Allemagne, l’Italie et le Japon. C’est une demande tordue, qui ne peut être prise au sérieux que par des tordus.

La façon dont Sean Spicer, le porte-parole du président Trump pour la presse, a exprimé cette exigence lors de sa conférence de presse du 14 février, était la suivante :

« Le président Trump a très clairement exprimé qu’il s’attendait à ce que le gouvernement russe désescalade la violence en Ukraine et restitue la Crimée. Dans le même temps, il s’attend absolument à une entente avec la Russie et veut être en mesure d’y arriver. » 

Pour certaines personnes, cette combinaison semble idiote. En tout cas, ce n’est pas simplement irréaliste ; c’est carrément impossible. Il ne cherche pas la paix avec la Russie ; au contraire il réaffirme une posture guerrière contre la Russie

Spicer a dit, avec une fierté évidente : « Le Président a été très dur avec la Russie. »

Un reporter à la conférence de presse a contesté cette déclaration : « Pour moi, et je pense aussi pour beaucoup d’Américains, il semble que ce président n’ait pas été dur avec la Russie. » Spicer a répondu en se référant à la déclaration que la nouvelle représentante américaine à l’ONU, Nikki Haley, avait faite. Elle a dit à l’ONU, le 2 février :

« Je dois condamner les actions agressives de la Russie. […] Les États-Unis sont avec le peuple de l’Ukraine, qui a souffert pendant près de trois ans sous l’occupation russe et l’intervention militaire. Jusqu’à ce que la Russie et les séparatistes qu’elle soutient respectent la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, cette crise se poursuivra. […] Les États-Unis continuent de condamner et d’appeler à la fin immédiate de l’occupation russe de la Crimée. La Crimée fait partie de l’Ukraine. Nos sanctions liées à la Crimée resteront en vigueur jusqu’à ce que la Russie rende le contrôle de la péninsule à l’Ukraine. » 

Ainsi, Spicer a poursuivi,

Spicer : « En ce qui concerne la Russie, les propos que l’ambassadeur Haley a formulés à l’ONU étaient très forts et très clairs, 

Question : C’était une annonce de Haley, pas du président.

Spicer :  Elle parle pour le président. Je parle pour le président, comme nous tous dans cette administration. Et donc, toutes les actions et tous les mots de cette administration sont au nom et sous la direction de ce président. Donc, je ne pense pas que nous pourrions être plus clairs sur l’engagement du président. »

Trump poursuit la guerre d’Obama contre la Russie, bien qu’il n’ait pas donné aux électeurs américains, avant les élections,  un signe permettant d’attendre quoi que ce soit de ce genre. Certains électeurs – dont moi – ont voté pour lui parce qu’il prétendait être fortement en désaccord avec son adversaire Hillary Clinton à ce sujet – il a menti purement et simplement aux électeurs, sur la chose la plus importante de toutes. Il a appliqué la coercition mentale – la tromperie – pour gagner. Mais comme on le voit, il n’est pas vraiment opposé au coup d’Obama en Ukraine. Peut-être est-il si stupide qu’il n’est même pas conscient que c’était un coup d’État, au lieu de la « révolution démocratique » prétextée. Peut-être qu’il est assez stupide pour croire les mensonges d’Obama.

Au moins Hillary Clinton a été assez honnête pour dire clairement qu’elle allait continuer les politiques d’Obama – mais en pire. Mais elle était si idiote qu’elle ne pouvait même pas battre Donald Trump.

De toute façon, tout cela est maintenant à l’eau.

Initialement, il avait semblé que la seule façon pour Trump de satisfaire l’aristocratie américaine propriétaire du complexe militaro-industriel, entre autre, concernant l’augmentation du budget de la défense, allait être une action contre l’Iran, mais, maintenant, cette guerre ne devrait jouer qu’un rôle secondaire.

La guerre avec la Russie ne peut que s’intensifier, à moins que le Président Trump ne recule et ne dénonce publiquement la perfidie de son prédécesseur, en fournissant au peuple américain et au monde la preuve évidente, tant en Ukraine qu’en Syrie. Au moins et jusqu’à ce qu’il soit honnête et admette que le problème entre les États-Unis et la Russie n’est pas Poutine, mais plutôt Obama, il continuera l’escalade jusqu’à la troisième guerre mondiale.

Voici pourquoi.

Quand s’intensifiera une guerre chaude traditionnelle, soit en Ukraine ou en Syrie, le côté qui perdra cette guerre traditionnelle n’aura qu’une seule façon d’éviter la défaite : une guerre éclair nucléaire totale contre l’autre partie. Cette guerre durera moins de 30 minutes. Le côté qui attaquera le premier souffrira le moins de dégâts, parce qu’il aura détruit certains des missiles et des bombes de l’autre côté. Si Donald Trump était intelligent, on pourrait supposer qu’il le sait. Il ne l’est pas, alors il ne le sait pas. Il avance vers l’anéantissement nucléaire mutuel. Peut-être, comme Hillary Clinton, croit-il que les États-Unis ont la « primauté nucléaire » et ainsi gagneront.

Tout cela est si stupide. Mais, pire encore, c’est mal. Et je ne parle pas ici de la Russie ou de Poutine. Le véritable problème – sur cette question ultime, d’éviter un hiver nucléaire – est mon propre pays : les États-Unis d’Amérique. Appeler cela une « démocratie » n’est pas seulement un mensonge, c’est une mauvaise blague. Le public américain n’est pas à blâmer pour ce mal. L’aristocratie américaine, par contre, l’est. C’est une oligarchie devenue folle.

Trump n’a jamais été une personne avec des principes. Il n’a jamais vraiment résisté. Il a cédé après seulement trois semaines de boulot. Alors, il n’est pas seulement un psychopathe, il est fou.

Trump avait promis de « drainer le marécage ». Au lieu de cela, il nourrit les alligators.

Eric Zuesse

 

Article original en anglais :

160721_POL_trump-putin.jpg.CROP.promo-xlarge2

Dangerous Crossroads: Trump Declares War on Russia, New Cold War will Continue Until Moscow Complies…, 14 février 2017

Traduit et édité par jj, relu par xxx pour le Saker Francophone

Voir les commentaires

RT @GilbertCollard: Le mufti du Liban se dévoile...

Publié le par bernard felli

Voir les commentaires

« Laissez le monde en paix » : vie et mort de Vitali Tchourkine

Publié le par Felli Bernard

« Laissez le monde en paix » : vie et mort de Vitali Tchourkine

Vitali Tchourkine, ambassadeur de Russie à l’ONU, est mort à New York d’une crise cardiaque, le 20 février, à son poste de travail, à la veille de son 65e anniversaire.


favorite 336

« Cessez de vous mêler des affaires des autres États souverains, renoncez donc à vos habitudes coloniales, laissez le monde en paix – et la situation s’assainira dans de très nombreuses régions de notre planète. » C’est ainsi que Vitali Tchourkine, ambassadeur de Russie à l’ONU, s’est adressé le 8 octobre dernier à son collègue britannique. Et c’est le message que le diplomate russe s’est efforcé de transmettre à ses homologues américains et européens dix ans durant, tout au long de son service aux Nations Unies. A-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr.

Vitali Tchourkine
L’ambassadeur de la Russie à l’ONU, Vitali Tchourkine, en 2015. Crédits : Xinhua/Niu Xiaolei/ZUMA Wire

Non, le monde n’est pas un mécanisme prévisible et facile à manier, martelait Tchourkine. Interférer dans ses processus est dangereux : guidés par la volonté d’en améliorer le fonctionnement, nous risquons, au lieu d’en réparer les éléments défaillants, de les briser définitivement, de semer des guerres et des catastrophes humanitaires. « Pourquoi pensez-vous qu’un coup d’État armé dans un pays entraîne nécessairement l’arrivée au pouvoir de forces démocratiques ?, demandait-il à ses collègues en avril 2014, après le changement de pouvoir en Ukraine. Pourquoi imaginez-vous toujours Thomas Jefferson se battant contre les oppresseurs ? Avez-vous vu ceux que vous appelez les représentants des forces démocratiques en Ukraine ? Avez-vous la moindre idée de leur réputation ? Il y a seulement un an, vous ne leur auriez même pas serré la main ! »

Non, renverser le chef d’un État n’améliore pas toujours la situation de ses citoyens, et non – ce ne sont souvent pas d’authentiques démocrates qui viennent remplacer le gouvernant déchu, mais des éléments radicaux, peu aptes au dialogue et au compromis. C’est ce que Tchourkine a tenté de faire comprendre à ses collègues lors de l’intervention occidentale en Libye et en Irak. En vain. Lors de la guerre de Géorgie, en 2008, il l’a dit franchement : « Les forces géorgiennes ont frappé l’Ossétie du Sud. Ils ont eu recours à des systèmes d’artillerie Grad, causant des victimes très lourdes parmi les civils. Comment caractériser ces actes ? Certains refusent que l’on parle de nettoyage ethnique. Mais en quelques jours, sur les 120 000 habitants que compte l’Ossétie du Sud, 30 000 ont fui vers la Russie – comment doit-on appeler cela ? Certains doutent encore que l’on puisse parler de génocide. 2 000 civils ossètes ont péri dès le premier jour de l’attaque géorgienne : n’est-ce pas un génocide ? Combien faudra-t-il encore de morts pour que l’on ose le mot ? »

Ces propos ont été raillés. Quelques années plus tard, les dépêches diplomatiques dévoilées par Wikileaks et les enquêtes internationales ont révélé que Tchourkine avait raison. C’est bien la Géorgie qui a attaqué l’Ossétie du Sud la première – et pas la Russie qui a lancé une attaque contre la Géorgie, comme l’affirmait Tbilissi à l’époque. Et comme le reprenaient en chœur la plupart des responsables politiques occidentaux.

Tchourkine défendait une vérité que certains ne peuvent – ne veulent ? – toujours pas admettre. Dans un monde où l’Occident se prétend seul détenteur des valeurs universelles et croit de son devoir de les imposer – par la force s’il le faut – à la terre entière, il existe en réalité d’autres pôles d’attraction, d’autres modèles de civilisations. Et la Russie en fait partie. Malgré tous les efforts de Washington pour détacher les pays de l’ex-URSS de la Russie, leurs habitants, en grand nombre, continuent d’éprouver de l’amitié envers l’ancien puissant allié. Pour certains, tels les Ossètes, les Abkhazes ou encore les Criméens, la Russie est aujourd’hui un havre de paix, un bastion à même de les protéger de voisins belliqueux. La Russie les a mis à l’abri de la guerre et leur a offert la possibilité de vivre dans le respect de leur identité, de leur religion et de leurs traditions. En Russie, personne ne demande – et encore moins n’impose ! – aux Abkhazes de devenir géorgiens, ni aux Criméens de délaisser le russe pour apprendre l’ukrainien.

Et c’est précisément pour rester qui ils sont que les habitants du Donbass ont voté leur rattachement à la Russie en mai 2014. C’est pour réaffirmer leur identité russe qu’ils se battent en ce moment contre l’armée ukrainienne. « Des dizaines des milliers d’hommes ont pris les armes pour défendre leurs droits à l’est de l’Ukraine. Et non, la Russie ne les y a pas forcés. Il est impossible de forcer quiconque à aller se battre », affirmait Tchourkine en mars 2015. Encore un fragment de réalité que l’Occident a tant de peine à admettre…

Malgré ses contradictions internes, la Russie offre toujours un modèle de cohabitation aux représentants des ethnies et religions les plus diverses. C’est en Russie que vivent en paix des musulmans, des bouddhistes, des païens du Nord et des chrétiens, en Russie que le fameux « vivre-ensemble » n’est pas un fade slogan mais une réalité quotidienne. Et le monde n’est ni sourd ni aveugle. La capacité des Russes à écouter l’autre et à le respecter dans son adversité est remarquée et saluée au Proche-Orient, en Afrique, en Amérique latine.

C’est un monde aux multiples facettes, aux goûts et aux couleurs divers, un monde à l’image de la Russie elle-même que Vitali Tchourkine défendait aux Nations Unies. Il a mené de rudes batailles – et son cœur a lâché. Vitali Tchourkine est mort à New York d’une crise cardiaque, le 20 février, à son poste de travail, à la veille de son 65e anniversaire. Ses efforts ont été appréciés à leur juste valeur. Son décès a provoqué un profond chagrin au sein de la population russe. Nous pleurons aujourd’hui un ambassadeur brillant, un homme qui incarnait le meilleur de l’école diplomatique russe et soviétique : des connaissances encyclopédiques en politique internationale, la maîtrise de plusieurs langues étrangères, le charme, la délicatesse, la classe mais aussi le courage, la force, le franc-parler. Nous pleurons un grand professionnel, mais aussi et surtout un homme qui a transformé sa vie en la plaçant au service de quelque chose qui le dépassait. De son peuple et de sa patrie.

Voir les commentaires