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Édito du 30 janvier 2017.Olivier Berruyer

Publié le par Felli Bernard

Le site Les-crises publie des analyses et des articles d’horizons variés afin d’élargir le champ d’information et de réflexion de ses lecteurs, afin de les aider à se faire eux-mêmes leur propre opinion, ce qui est la base de la citoyenneté.

Les publier ne signifie nullement qu’ils reflètent systématiquement notre pensée. Nous ne sommes donc engagés que par les articles que nous rédigeons nous-mêmes, pas par ceux repris, et encore moins par l’intégralité des propos ou pensées des auteurs repris qu’ils auraient exprimés par ailleurs.

Merci de nous signaler si un article ou un auteur repris ou un commentaire vous semble poser un problème – une erreur est toujours possible malgré notre vigilance. Nous l’étudierons, et y répondrons ou supprimerons le contenu éventuellement problématique.

À la recherche de la Vérité entre la propagande des grands médias (souvent involontaire) aboutissant à la “fabrication du consentement” et les délires conspirationnistes du web que nous combattons (ici ou ici ou ici par exemple), nous faisons en effet tout notre possible pour garantir la meilleure qualité possible aux lecteurs et aux contributeurs qui nous honorent de leur confiance.

Nous effectuons cette tâche modestement, car nous n’avons prétention à détenir aucune certitude, ni, surtout, à vous convaincre de quoi que ce soit – nous ne sommes pas des militants.

Il est donc très important pour vous de garder un très grand esprit critique et de lire d’autres sites aux regards différents – ce blog n’étant évidemment pas un “site d’information”…

Olivier Berruyer

P.S. Enfin, n’hésitez pas à réaliser un don pour soutenir l’association animant le site (nous finançons aussi des stagiaires…)

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Voici une vingtaine de citations illustrant notre état d’esprit, et présentant nos inspirateurs :

« L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes. […] Ne soyez jamais absolument certains de quoi que soit. » [Bertrand Russell.]

« Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou. » [Friedrich Nietzsche.]

« Le danger, ce n’est pas ce qu’on ignore, c’est ce que l’on tient pour certain et qui ne l’est pas. » [Mark Twain.]

« La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. »  [Aldous Huxley.]

« Ose savoir. » [Emmanuel Kant.]

« Je suis citoyen des États-Unis et j’ai une part de responsabilité dans ce que fait mon pays. J’aimerais le voir agir selon des critères moraux respectables. Cela n’a pas grande valeur morale de critiquer les crimes de quelqu’un d’autre – même s’il est nécessaire de le faire, et de dire la vérité. Je n’ai aucune influence sur la politique du Soudan, mais j’en ai, jusqu’à un certain point, sur la politique des États-Unis. » [Noam Chomsky, The Guardian, 20 janvier 2001.]

« Méfiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin dans leurs livres des devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux. Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins. »  [Jean-Jacques Rousseau.]

« Comment se fait-il que nous ayons tant d’informations et que nous sachions si peu de choses ? »  [Noam Chomsky.]

« Réfléchir c’est difficile, c’est pourquoi la plupart des gens jugent. » [Carl Gustav Jung.]

« Plus un peuple est éclairé, plus ses suffrages sont difficiles à surprendre. […] Même sous la Constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave. » [Condorcet.]

« On avait parfaitement compris, longtemps avant Georges Orwell, qu’il fallait réprimer la mémoire. Et pas seulement la mémoire, mais aussi la conscience de ce qui se passe sous nos yeux, car, si la population comprend ce qu’on est en train de faire en son nom, il est probable qu’elle ne le permettra pas. » [Noam Chomsky.]

« La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat.» [Hannah Arendt.]

« Si vous ne lisez pas le journal, vous n’êtes pas informé. Si vous lisez le journal, vous êtes mal informé. » [Mark Twain.]

« Un journaliste libre […] ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir. […] En face de la marée montante de la bêtise, il est nécessaire également d’opposer quelques refus. […] Un journal libre se mesure autant à ce qu’il dit qu’à ce qu’il ne dit pas. Cette liberté toute négative est, de loin, la plus importante de toutes, si l’on sait la maintenir. Car elle prépare l’avènement de la vraie liberté. […] Un journal indépendant répudie le bourrage de crâne, supprime les invectives, pallie par des commentaires l’uniformisation des informations et, en bref, sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure, si relative qu’elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu’aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter : servir le mensonge. » [Albert Camus.]

« Les hommes naissent ignorants mais pas stupides. C’est l’éducation qui les rend stupides. » [Bertrand Russell.]

« En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. » [George Orwell.]

« Les guerres naissent du fait que les diplomates mentent aux journalistes et croient ensuite ce qu’ils lisent dans les journaux. » [Karl Kraus.]

« TOUS les gouvernements mentent. Mais c’est particulièrement désastreux dans les pays où les dirigeants finissent par croire aux mensonges qu’ils distillent. » [Isidor Feinstein Stone. – cf. doc Arte]

« Ce sont les choix politiques qui déterminent exclusivement le crédit qu’on accorde ou non aux atrocités. Chacun croit aux atrocités ennemies et refuse de croire à celles de son camp, sans même prendre la peine d’examiner les faits. » [George Orwell.]

« Dans une société bien huilée, on ne dit pas ce que l’on sait, on dit ce qui est utile au pouvoir. »  [Noam Chomsky.]

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. » [Albert Einstein.]

« Le secret du bonheur c’est la liberté, et le secret de la liberté c’est le courage. » [Thucydide.]

« Tout chef sera un détestable tyran si on le laisse faire. » [Alain.]

« Ce que le XXe siècle a montré, c’est que l’ennemi du pouvoir personnel n’est pas le suffrage universel, mais l’information du suffrage universel. » [Jean-François Revel.]

« Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups. » [Agatha Christie.]

« Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise. » [Bertolt Brecht.]

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme les nuages noirs portent l’orage. » [Jean Jaurès.]

« Le mécanisme standard de toutes les sociétés de classes consiste depuis toujours à canaliser vers l’extérieur les tensions internes existantes. La mise en scène de prétendues menaces, les longs préparatifs de guerre, et enfin la guerre elle-même constituent des moyens fiables pour y parvenir. Grâce à l’appareil de manipulation des médias, qui agissent maintenant sans rencontrer le moindre obstacle et sont plus efficaces que jamais, il devient possible d’établir un nouveau consensus général sur la base de ce qu’on pourrait appeler le “patriotisme de conquête”. » [Karl Unger.]

« C’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison. » [Coluche.]

« L’Histoire de notre espèce tout comme l’expérience de chaque individu sont remplies des preuves qu’une Vérité n’est pas difficile à tuer, alors qu’un Mensonge bien présenté est immortel. » [Mark Twain.]

« Plus une société s’éloigne de la vérité, plus elle hait ceux qui la disent. » [George Orwell.]

« La désinformation est devenue une arme de guerre assumée. Avant, on essayait de tromper l’ennemi ; mais aujourd’hui, c’est la population qui est systématiquement et ouvertement induite en erreur. C’est même un désastre quand les propagandistes qui manipulent complètement le paysage médiatique s’empêtrent dans le filet de leurs propres mensonges et obsessions, quand ils deviennent les victimes de leurs propres phantasmes.  » [Peter Scholl-Latour..]

« La culture ce n’est pas avoir le cerveau farci de dates, de noms ou de chiffres, c’est la qualité du jugement, l’exigence logique, l’appétit de la preuve, la notion de la complexité des choses et de l’arduité des problèmes. C’est l’habitude du doute, le discernement dans la méfiance, la modestie d’opinion, la patience d’ignorer, la certitude qu’on n’a jamais tout le vrai en partage; c’est avoir l’esprit ferme sans l’avoir rigide, c’est être armé contre le flou et aussi contre la fausse précision, c’est refuser tous les fanatismes et jusqu’à ceux qui s’autorisent de la raison ; c’est suspecter les dogmatismes officiels mais sans profit pour les charlatans, c’est révérer le génie mais sans en faire une idole, c’est toujours préférer ce qui est à ce qu’on préférerait qui fût. » [Jean Rostand.]

« Je vous souhaite à tous d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux. Quand quelque chose vous indigne, comme j’ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint le courant de l’Histoire et le grand courant de l’Histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Si, aujourd’hui comme alors, une minorité active se dresse, cela suffira, nous aurons le levain pour que la pâte lève. » [Stéphane Hessel.]

« La réponse aux fausses informations, ce n’est pas la censure, c’est plus d’informations, discutées en commun. Trop de gens dépendent d’une seule source, comme Facebook, pour s’informer. Lorsque vous allez sur votre page Facebook, c’est Facebook qui décide quelles nouvelles vous voyez sur votre page. Ils créent plus de silence qu’ils ne créent d’informations. Vous comprenez à quel point il est dangereux qu’une entreprise puisse avoir assez de pouvoir pour remodeler notre façon de penser. Nous devons utiliser et répandre l’idée que la pensée critique importe maintenant plus que jamais, étant donné que les mensonges semblent devenir très populaires. Si les gens utilisaient plus de sources pour s’informer, la vérité l’emporterait. » [Edward Snowden.]

« À l’avenir, on fera aimer aux gens leur servitude, ce qui produira une dictature sans pleurs, une sorte de camp de concentration sans douleur pour des sociétés entières, avec des citoyens privés de leurs libertés mais qui aimeront cette situation, parce qu’ils seront détournés de tout désir de se rebeller par la propagande ou le lavage de cerveau, appuyé ou non par des méthodes pharmacologiques. » [Aldous Huxley, 1961.]

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » [Martin Luther-King.]

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Le Soudan prépare-t-il un conflit frontalier avec l’Egypte ?

Publié le par Felli Bernard

Le Soudan prépare-t-il un conflit frontalier avec l’Egypte ?

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Le ton se durcit entre Khartoum et Le Caire, à propos d’un contentieux territorial sur le triangle de Halaïb. Lors d’un entretien télévisé diffusé dimanche, le président soudanais Omar el-Béchir a menacé de porter l’affaire devant l’ONU et a accusé l’Égypte de soutenir des opposants soudanais.

« Halaïb est soudanais et nous ne ferons pas de concessions » au sujet de ce territoire de 20 000 km2 situé sur la mer Rouge et administré par l’Égypte, a déclaré Omar el-Béchir sur la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya. Khartoum portera l’affaire devant « le Conseil de sécurité de l’ONU » si l’Égypte « refuse (un règlement) par la négociation », a ajouté l’homme qui dirige le Soudan d’une main de fer depuis plus de 25 ans.

L’Égypte revendique la frontière de 1899 correspondant au 22e parallèle ; cette interprétation place le triangle de Halaïb sous contrôle égyptien et le Bir Tawil sous contrôle soudanais.
Le Soudan revendique la frontière de 1902 : dans cette optique, le triangle de Halaïb est situé au Soudan et le Bir Tawil en Égypte. En conséquence, les deux pays revendiquent le triangle de Halaïb, mais aucun ne prétend à la souveraineté sur le Bir Tawil, qui est dix fois plus petit que le triangle et n’a aucun accès à la mer.

L’Égypte envoie des troupes dans la région en février 1958, mais les retire le même mois. Bien que les deux pays la revendiquent, elle reste sous contrôle soudanais jusqu’en 1992, lorsque l’Égypte proteste contre l’autorisation donnée par le Soudan à une compagnie pétrolière canadienne dans les eaux situées au large de Halaïb. Des négociations sont engagées, mais la compagnie se retire avant qu’un accord de souveraineté ne soit conclu. En janvier 2000, le Soudan retire ses troupes de la région, cédant de facto son contrôle à l’Égypte, qui l’occupe depuis.

La dispute au sujet du triangle de Halaïb avait resurgi en 1991 après une détérioration des relations entre Khartoum et Le Caire, qui accusait alors le gouvernement islamiste soudanais de soutenir des intégristes égyptiens armés. Depuis, ce territoire a été le théâtre de violents accrochages entre les deux pays. Khartoum a rappelé son « droit de souveraineté » sur deux territoires frontaliers au bord de la mer Rouge administrés par l’Egypte, mais également revendiqués par Khartoum.

Il s’agit d’un vieux contentieux entre les deux pays voisins: le Soudan s’oppose régulièrement à l’administration de Halaïb et Chalatin par l’Egypte en arguant du fait que les deux localités font partie intégrante du Soudan depuis la fin des années 1950.

Khartoum multiplie depuis avril les revendications alors que son voisin égyptien a accepté de rétrocéder deux îlots de la mer Rouge à l’Arabie Saoudite, une décision qui a suscité un vent de contestation dans les rues de la capitale égyptienne.

« Nous n’allons pas abandonner notre droit de souveraineté sur le triangle de Halaïb », a déclaré lundi au Parlement le ministre des Affaires étrangères Ibrahim Gandour.
« Nous avons adopté des mesures politiques et judiciaires pour revendiquer nos droits dans le triangle de Halaïb », a-t-il ajouté.

M. Gandour a également indiqué que Khartoum cherchait à se procurer une copie de l’accord égypto-saoudien sur la rétrocession des îlots inhabités de Tiran et Sanafir au large de la péninsule du Sinaï.
« Nous avons besoin de mesurer l’impact de cet accord sur nos frontières maritimes », a-t-il dit aux parlementaires.

L’accord entre Ryad et Le Caire a suscité l’ire de nombreux Egyptiens dont des centaines ont manifesté courant avril au Caire.

Le président soudanais a affirmé entretenir « d’excellentes relations » avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, mais pas avec son régime qu’il accuse d’accueillir « des opposants soudanais, soutenus par les services de renseignement égyptiens ». Il a par ailleurs affirmé que le Soudan n’offrait pas l’asile à des dirigeants égyptiens de la confrérie des Frères musulmans, ennemi juré du président Sissi.

Au sujet du récent allègement des sanctions économiques américaines contre son pays, le chef de l’État soudanais a indiqué qu’il existait entre son pays et les États-Unis « une feuille de route en cinq points, dont celui du terrorisme qui a été réglé à 100% de l’aveu des Américains ». Il a dit attendre « une décision du Congrès américain » pour que le Soudan soit retiré « de la liste des pays soutenant le terrorisme ».

À la mi-janvier, l’ex-président américain Barack Obama avait justifié la levée de certaines sanctions économiques contre le Soudan en parlant d’avancées « positives » de Khartoum, en particulier au sujet de sa coopération pour « répondre aux conflits régionaux et à la menace du terrorisme ». Depuis 1997, le Soudan est soumis à un embargo commercial pour son soutien présumé à des groupes islamistes radicaux. Le chef et fondateur d’al-Qaïda Oussama ben Laden avait établi ses quartiers à Khartoum entre 1992 et 1996.

 

Par Bob Woodward
Source : Decryptnewsonline

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Risque imminent de larges opérations militaires dans le Donbass

Publié le par Felli Bernard

Risque imminent de larges opérations militaires dans le Donbass


Saker US

Par The Saker – Le 8 février 2017 – Source thesaker.is

La plupart d’entre vous doivent maintenant avoir entendu divers rapports sur la détérioration rapide de la situation en Ukraine. Beaucoup, cependant, ont pu les rejeter parce que, soyons honnêtes ici, nous avons eu tant de faux avertissements au sujet d’une attaque ukronazie imminente, que nous nous sommes habitués. En fait, il y a eu de nombreux incidents précédemment, mais cette fois-ci, je vois assez d’indicateurs et d’avertissements pour justifier un autre avertissement. Voici les nouveaux éléments :

 

1. Au cours des derniers mois, les Ukrainiens ont progressivement amassé une force très importante, estimée par la plupart des observateurs à 120 000 soldats. Certaines unités ont été déplacées loin de la frontière de Crimée et de la ville de Marioupol et déployées tout au long de la ligne de contact dans le Donbass.

2. Les Ukronazis ont officiellement admis qu’ils mettent en œuvre ce qu’ils appellent une tactique de « saut de grenouille » dans le Donbass qui consiste à prendre lentement mais constamment le contrôle de la zone grise censée séparer les deux côtés et ils ne font pas de rapport sur les territoires qu’ils ont « libérés ».

3. Porochenko n’a, de toute évidence, aucune idée sur la façon de procéder. Cette faiblesse est ressentie par les principaux politiciens ukrainiens, qui ont récemment fait des déclarations fortes à l’appui d’une « solution » militaire. Ces politiciens comprennent Yulia Timochenko et Dmitry Iaroch. Si Porochenko ne fait rien, ils l’appellent un lâche, s’il ordonne une attaque sur le Donbass, ils vont le traiter de perdant. Pour les nazis, c’est une situation gagnant-gagnant.

4. Les experts s’accordent à penser que la junte d’Ukronazis est horrifiée par l’élection de Donald Trump et qu’ils ne voient qu’une option pour lui forcer la main : obliger la Russie à intervenir ouvertement pour défendre les républiques de Novorussie, ce qui aboutira à une défaite militaire pour l’Ukraine, mais aussi à une victoire politique, car les États-Unis et l’UE ne peuvent pas permettre aux Russe de vaincre ouvertement les Ukrainiens sans réagir.

5. Les Ukrainiens ont avancé des systèmes d’artillerie lourde, y compris des missiles balistiques et des lanceurs de fusées à longue portée, qui peuvent frapper le centre-ville de Donetsk. Des chars MBT ukrainiens et des véhicules blindés APC / IFV sont également vus en grand nombre, tout au long de la ligne de contact. Le déploiement de tels systèmes est une violation directe de l’Accord de Minsk-2, mais les Ukronazis ne semblent pas s’en soucier.

6. De plus en plus de politiciens ukrainiens déclarent ouvertement que les Accords de Minsk sont morts et que seule une solution militaire est possible. Certains membres du parlement, la Rada, veulent déclarer la guerre à la Russie.

7. Les Américains surveillent de près la situation, des drones américains ont été détectés tout au long de la ligne de contact, mais Donald Trump semble avoir décidé qu’il n’a aucun intérêt à arrêter les Ukrainiens. Les mauvaises langues diront qu’il n’a pas la sagesse ou la volonté politique pour agir. Ceux qui ont encore espoir en Trump disent qu’il veut laisser les Ukronazis attaquer, uniquement pour placer le blâme sur eux et les diminuer politiquement.

8. Très intéressant, pour la première fois, la plupart des experts russes qui participent aux émissions de débat à la télévision russe disent ouvertement que si les Ukronazis reviennent officiellement sur l’Accord de Minsk et attaquent le Donbass, la Russie devrait unilatéralement lancer une opération de pacification et imposer la fin des hostilités dans le Donbass et ensuite s’occuper des plaintes venant des États-Unis et l’Europe. Ils soulignent que les États-Unis et la Turquie ont de grandes forces déployées en Syrie dans l’illégalité totale et qu’ils ne sont pas en mesure de critiquer la Russie pour avoir imposé une fin à l’opération de combat juste à la frontière russe.

9. Il y a des rapports constants que les forces de Novorussie sont en état d’alerte maximum et qu’elles attendent impatiemment un feu vert pour enfin lancer une contre-offensive contre les Ukronazis. Les forces de Novorussie sont beaucoup plus petites, dans la fourchette de 30 000 à 40 000, mais elles sont beaucoup mieux formées, commandées et équipées, et elles sont sur la défensive. Leur moral est très élevé, en contraste net avec les forces ordinaires ukrainiennes (le moral des bataillons de volontaires nazis est, selon les informations, aussi élevé).

10. Il y a également des rapports que le Vent du Nord et le Voentorg [livraison de matériel par les Russes, NdT] ont beaucoup augmenté. Si tel est effectivement le cas, et je crois que ça l’est, cela me conduit à conclure que les services de renseignements russes anticipent une attaque inévitable.

11. Le ton politique officiel venant de Poutine et de Lavrov est très dédaigneux envers Porochenko, qui est présenté comme un politicien stupide, incompétent, immoral et fondamentalement fini, qui est à la fois réticent et incapable de travailler à une résolution pacifique du conflit. Je suis tout à fait d’accord avec cette caractérisation. Il semble que le Kremlin ait essentiellement renoncé à Porochenko.

12. Les politiciens russophobes de l’UE, qui sont également horrifiés par l’élection de Trump, encouragent les Ukronazis à déclencher une guerre, qu’ils considèrent comme leur dernière chance de créer l’hystérie russophobe en Occident, tout en étant leur dernière chance de rester encore marginalement pertinents sur la scène internationale. Les Allemands et les Britanniques, en particulier, semblent en rajouter sur leur politique consistant à « blâmer la Russie pour n’importe quoi ».

Pour toutes ces raisons, j’estime qu’il y a une forte probabilité qu’une opération de combat à grande échelle entre les Ukronazis et la Novorussie reprendra dans les prochains jours. À ce stade, je ne vois qu’une chose qui pourrait l’empêcher : un ordre fort et déterminé du Président Trump disant aux Ukrainiens de s’arrêter, de se retirer et de revenir à la table des négociations. Hélas, je vois une telle action du président Trump comme très improbable.

Le printemps a toujours été le meilleur moment pour les opérations de combat offensives en Ukraine. Les routes s’améliorent, le feuillage revient aux arbres et aux buissons et les températures commencent très lentement à remonter. Je soupçonne que la junte aurait préféré attaquer plus tard, en avril-mai, mais l’élection de Donald Trump a clairement créé une panique à Kiev et, puisque les Ukronazis n’ont aucune chance de gagner (leur seul objectif est de forcer une intervention russe), une attaque en février pourrait être une option acceptable pour eux.

The Saker

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Des Tu-22 russes à nouveau en Iran ?

Publié le par Felli Bernard

Brèves de crise

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Des Tu-22 russes à nouveau en Iran ?

Les Russes commencent à s’agiter dans l’affaire de la “drôle de crise” iranienne, qui semblerait nous ramener dix ans en arrière, comme si rien ne s’était passé entretemps, sous le prétexte absurde et absolument sans le moindre fondement que l’Iran est le “plus gros producteur de terrorisme” islamiste. Quand on a sous la main d’aussi excellents amis que l’Arabie, le Qatar & Cie, sans compter la CIA, comme l’ont les présidents et les parlementaires US successifs, l’actuelle “crise“ déclenchée par les seuls USA apparaît absolument irréelle et surréaliste. Il faudra d’ailleurs s’habituer à cette espèce d’irréalité et cette sorte de surréalisme également trumpistes, dans nombre d’actions du président Trump ; lequel fait ainsi payer ses actes fondamentalement antiSystème qu’il pose par ailleurs de la façon la plus éclatante.

(Tous les commentateurs antiSystème sont et seront obligés à la pratique de cette gymnastique entre l’approbation extrême et la critique très ferme, comme nous-mêmes d’ailleurs [voir le 7 février et le même 7 février], sans qu’il y faille voir en aucun cas un changement de l’opinion sinon de l'humeur, ou une incertitude du jugement : il suffit d’aligner et de comparer les deux chroniques successives de Justin Raimondi, du  6 février 2017 [applaudissements enthousiastes] et du 8 février 2017 [appréciation très critique].)

Pour l’Iran, donc, les Russes montrent directement et avec des actes qu’il est très loin le temps où les USA parviendront à éloigner la Russie et de l’Iran. Il s’agit non seulement de mots et d’actes concrets, dans le domaine le plus sensible : d’une part, la possible livraison de chasseurs Soukhoi Su-27 à l’Iran, d’autre part, — et là, beaucoup plus important, – l’évocation précise de la possibilité de l’utilisation d’une base aérienne iranienne par les forces aériennes russes. C’est en revenir à la formule étrennée en août 2016 (voir les 16 et 18 août 2016), avec le déploiement temporaire de bombardiers stratégiques Tu-22 russes sur la base d’Hamadan. Ce stationnement avait d’abord été annoncé comme permanent, puis réduit à un simple déploiement de quelques jours, le temps d’une mission stratégique sur la Syrie.

Le pouvoir civil iranien avait du reculer sous la pression des militaires et de ses propres extrêmes, au nom de la protection de la sécurité nationale, et avait abandonné la formule initiale du stationnement permanent. Aujourd’hui que le danger US réapparaît, cet argument n’a plus guère de poids puisqu’un stationnement d’avions russes à Hamadan ou ailleurs en Iran représente une formidable garantie pour l’Iran, du fait que la moindre agression US contre l’Iran toucherait directement la Russie et impliquerait cette puissance dans le conflit. L’excellent businessman qu’est The-Donald va devoir apprendre qu’il a en face de lui de rudes joueurs d’échec, et qu’il faut en tenir compte s’il les veut à ses côtés. (Ci-dessous, extraits du texte d’Alexander Mercouris sur ce sujet, le 9 février dans TheDuran.com.)

« Levan Dzhagaryan, Russia’s ambassador to Iran, has today suddenly floated what looks like the possibility of the Russian air force once again using Shahid Nojed airbase near Hamadan in Iran.

» The Russian air force briefly used this air base to launch strikes against ISIS in eastern Syria back in August.  Following complaints in the Iranian parliament the Russians abruptly pulled out, either because they chose to go or because the Iranians asked them to. Dzhagaryan now seems to be raising the possibility of the Russian air force returning there, and even of Russia selling advanced SU27 fighters to Iran.  Here is how the official Russian news agency TASS is reporting his comments

» “If the leadership of the two countries will consider it necessary to use the Iranian military infrastructure to combat terrorism in Syria or elsewhere, such steps will be taken.  Last year, Russia finished completely the fulfilment of its obligations for the delivery of S-300 air defense systems to Iran.  Cooperation between Russia and Iran proceeds in many fields, including the military-technical sphere.  The two countries’ defense ministries are currently in talks at different levels on many projects of interest to Iran.  It is common knowledge that the Russian aerobatic demonstration team Russian Knights (flying Sukhoi-27 jets) participated in the Iran Airshow-2016 on Kish island last November.  Hossein Dehghan (Iran’s Defence Minister – AM) also visited a static exhibition of Sukhoi-27 fighter jets.”

» It is difficult to see these comments as anything other than a veiled warning by the Russians to the new Trump administration that Russia will stand by Iran in any renewed confrontation with the US.  The talk of the Russian air force returning to Iran to conduct operations from there seems more intended to deter any attacks the US might be considering against Iran rather than to fight ISIS... »

 

Mis en ligne le 9 février 2017 à 11H03

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Panique à bord

Publié le par Felli Bernard

Panique à bord

7 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Moyen-Orient, #Russie, #Ukraine

Quel spectacle, mes aïeux... Le système impérial et ses relais médiatiques sont passés du mode panique au mode hystérique. Il faut dire que le Donald donne jour après jour un bon coup de pied dans la fourmilière, tout en sachant mener sa barque avec habileté. Jusqu'ici, il a louvoyé avec astuce, changeant de cap mais évitant les écueils de la table rase, donnant quelques miettes au Deep State pour que celui-ci ne se dresse pas uniformément contre lui.

En Syrie, une nouvelle est passée totalement inaperçue : il y a deux jours, l'aviation US a effectué un raid sur Idlib, tuant un commandant d'Ahrar al-Cham. On comprend que la presstituée ait préféré garder le silence : ce groupe salafiste était lyriquement considéré comme "modéré" il y a encore deux mois. Autre occupant de la Maison blanche, autres moeurs...

Puisque nous y sommes, restons un instant en Syrie. A Idlib, donc, la division barbue que nous annoncions a eu lieu autour des deux grands pôles rebelles - Al Qaida (dont la fédération s'appelle désormais Hayat Tahrir al-Cham) et Ahrar al-Cham. Si les combats fratricides ont plus ou moins momentanément cessé, le divorce est acté :

Les groupes modérés sont... nulle part ! La MSN occidentale est... muette.

Un peu plus à l'est, Al Bab est en vue. Nous ne parlons pas des Turcs et de leurs alliés qui la contemplent depuis de très longs mois sans pouvoir la prendre et qui rament pour s'imposer dans les villages environnants - le dernier en date s'appelle Bzaah, qui a changé huit fois de main ! Non, c'est l'armée syrienne qui approche à grande vitesse d'Al Bab par le sud :

C'est la dèche pour Daech, les petits hommes en noir al-babiens étant en passe d'être coupés du reste de leur territoire. Mais la question à un million concerne évidemment la "rencontre" entre l'armée loyaliste et le duo ASL-Turcs, mortels ennemis d'hier. Certes, tout cela a forcément été préparé en amont lors des discussions Poutine-Erdogan, mais il y a un monde entre les corridors du pouvoir et la réalité du terrain, et les haines tenaces ne s'effacent pas du jour au lendemain. Les généraux syriens font d'ors et déjà monter la pression, se disant prêts à en découdre avec l'ASL et les Turcs si nécessaire. Ambiance, ambiance...

Plus au sud, Wadi Barada a été libéré fin janvier. Rappelez-vous, le blocage et l'empoisonnement de son eau par les rebelles délicieusement modérés mettait en danger les cinq millions de Damascènes dans le silence assourdissant de nos médias. Le danger de catastrophe humanitaire est désormais écarté. Enfin, après des semaines de combats autour de l'aéroport stratégique T4 et le reflux de l'EI, Palmyre sera bientôt à nouveau en vue et des troupes d'élite sont déployées pour avancer vers la cité antique.

Après cette longue parenthèse syrienne, revenons à Washington où le changement de direction de Trump met le système impérial en émoi. Et ce n'est pas la crise ukrainienne qui le rassurera.

Sous Barack à frites, le schéma était simplissime. S'asseyant sur les accords de Minsk, Kiev lançait une offensive, les séparatistes pro-russes répondaient et le camp occidental accusait invariablement Moscou. Sentant maintenant le vent tourner, la junte ukrainienne a, sans doute conseillée par McCainistan, voulu forcer la main du Donald en faisant brusquement monter la pression fin janvier à Avdeïevka.

Elle a dû être déçue... Si l'ambassadrice américaine à l'ONU a (mollement) sauvé les apparences et donné quelque chose à grignoter au parti de la guerre, le changement de ton ne trompe pas et chacun s'en aperçoit (ici ou ici). Lors de la conversation téléphonique entre Trump et Porochenko, aucune condamnation ni critique de la Russie, rien n'accusant Moscou d'être à l'origine de la flambée de violence comme c'était habituellement le cas. Poroclown en a avalé son chocolat de travers...

Tout cela a évidemment le don d'exaspérer le système impérial, encore plus furibond depuis l'incroyable remarque de Trump :

Neuneu : - Vladimir Poutine est un tueur

Donald : - Pensez-vous que notre pays soit si innocent ?

A ma connaissance, c'est la première fois qu'un président américain se permet cet examen de conscience. Quel gouffre d'avec le nationalisme exacerbé et autres transes sur la nation indispensable des Bush Sr et Jr, Obama ou Clinton... Sans surprise, l'Etat profond a frisé l'attaque d'apoplexie et les cris d'orfraie ont retenti d'un bout à l'autre du pays. Quant à la présentatrice de CNN, elle en avait presque la larme à l'oeil ! Le Figaro, à ma connaissance le seul en France à avoir rapporté intégralement la nouvelle, a pour une fois fait preuve d'un brin d'objectivité. Après avoir évoqué le décalage - doux euphémisme - de Trump avec la classe politique en général et les caciques Républicains en particulier, le canard continue :

Toutefois, une enquête publiée vendredi par le New York Times montre bien qu'il n'est peut-être pas tant que ça en décalage avec l'électorat républicain, pour qui la menace islamique radicale éclipse la menace russe. Interrogé sur l'endroit du monde qui représente pour lui la principale menace pour les États-Unis, l'électorat démocrate place à l'inverse la Corée du Nord en tête, suivie immédiatement par la Russie. Mais l'électorat républicain mentionne après la Corée du Nord une longue liste de pays musulmans, avant de citer la Russie, selon cette enquête.

On fait la même enquête en France en Allemagne ou en Angleterre ? Enième illustration du chiasme entre l'establishment occidental et les peuples qu'il est sensé représenter...

Pas de quoi réfréner le New York Times qui nous pond une histoire sur l'empoisonnement d'un opposant inconnu par le grand méchant Poutine, histoire de mettre le Donald en difficulté sur son commentaire. Le Spiegel allemand tombe dans le scabreux, la journaloperie se déchaîne (notez les nombreuses contre-vérités factuelles d'Amanpour) et Soros est au bord de la crise de nerf. La palme revient toutefois à une obscure membre du Congrès, la désormais inoubliable Maxine Waters pour qui Poutine est en train d'envahir... la Corée ! Eh oui, vous ne le saviez pas, moi non plus, c'est le parti Démocrate qui nous l'apprend :

Bien sûr, mémère Maxine ne semble plus avoir toute sa tête et son entourage, quelque peu embarrassé, a dû la mettre gentiment au lit après cet immortel épisode. Mais c'est symbolique de notre époque où vous pouvez raconter tout et (absolument) n'importe quoi si vous appartenez au camp du Bien. Et plus ce dernier coule, plus il devient hystérique...

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QUI GAGNE LE PLUS ? − MME FILLON, MME BARTOLONE OU MME HAMON ?

Publié le par Felli Bernard

QUI GAGNE LE PLUS ? −
MME FILLON, MME BARTOLONE OU MME HAMON ?
(L’Imprécateur)

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Aujourd’hui (chaque jour, le système socialiste trouve une nouvelle “preuve” de la culpabilité de Pénélope Fillon) c’est une vidéo anglaise dans laquelle Pénélope aurait dit ne jamais avoir travaillé pour son mari qui fait le “buzz”, comme on dit. Précision, cette vidéo date de 2007 ! Il faut dénoncer la malhonnêteté de la presse, notamment celle de Huffington et celle de Libération dont il ne faut jamais oublier qu’ils ne survivent que grâce à l’argent que leur donne le pouvoir socialiste sous forme de généreuses subventions et celui de Patrick Drahi leur propriétaire et grand ami de Macron qui doit « tuer » Fillon s’il veut avoir une petite chance de figurer au second tour de la présidentielle.

Le 1er février, Le Canard enchaîné, qui avait chiffré la somme touchée par Madame Fillon à 500.000 €, publie un nouvel article chiffrant à 831.440 €  la somme perçue par Pénélope Fillon. Cette somme a vite été gonflée à 1 million par des journalistes de gauche peu scrupuleux (excusez le pléonasme). Ce nouveau calcul à 831.440 € inclut les charges sociales calculées sur un brut de 500.000 €, ce que ne précise pas le Canard, mais ça gonfle la somme. Il “oublie” de dire aussi que dans les 500.000 € touchés par Madame Fillon et déclarés au fisc, il y avait un rattrapage justifié par le fait qu’elle n’avait pas pu être payée pour son travail des années précédentes, commencé en 1981. Travail bénévole de 1981 à 1998, rattrapage de 500.000 € entre 1998 et 2002, cela donne une moyenne de 1.984 € bruts par mois ou 1.521 € nets. Où est le scandale ?
Mais la question de fond n’est effectivement pas là : si elle a travaillé, c’est mérité, si elle n’a pas travaillé, son mari François a menti.

Penelope Fillon aurait – toujours selon le Canard enchaîné – été rémunérée comme « conseiller littéraire » de la Revue des deux Mondes de mai 2012 à décembre 2013 à près de 5.000 € mensuels bruts (soit 100.000 € en tout).  Encore une fois, on joue sur les dates et sur les sommes. Selon Wikipedia qui met un point d’honneur a ne publier que des informations vérifiées, « [Pénélope Fillon] a été rémunérée environ 500.000 euros bruts en huit ans pour un emploi d’assistante parlementaire de son mari, de 1998 à 2002 ». Notez qu’ici le chiffre de 500.000 € est “brut”, c’est-à-dire qu’il inclue les charges sociales salariales, et que le Parquet de Paris ne conteste pas cette somme mais le seul fait de savoir s’il y a eu travail effectif ou pas.

Sur ce sujet, je vous renvoie à la déclaration (qui circule beaucoup sur Internet) d’un ancien conseiller parlementaire, V. Gouyet, qui explique comment le travail fourni par les épouses de parlementaires, souvent bénévole, est considérable : « Mais quel travail a donc bien pu réaliser Pénélope Fillon ? Sans doute un travail de petite main pour un grand nombre de courriers reçus au domicile (François Fillon n’avait pas de permanence parlementaire en circonscription). Un soutien logistique également. Un travail de conseil, relecture (c’est ce qui semble ressortir de la bouche de l’avocat de François Fillon). Un travail de représentation, aussi, accompagnant son mari, ou se substituant à lui quand il n’était pas disponible.
 Pénélope Fillon n’aurait-elle pas pu remplir toutes ces tâches sans être rémunérée ? − Si, sans doute. Mais en France, la loi autorise les parlementaires à salarier leurs proches. De très, très nombreux élus le font, ponctuellement ou de façon pérenne. »

Puisque le sujet des « très, très nombreux élus » qui font travailler épouses ou enfants est soulevé, il serait intéressant de connaître la position de Mennucci, député socialiste du Rhône ou de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale qui emploient eux aussi leurs épouses comme assistantes parlementaires avec, dans le cas de Madame Bartolone, non seulement le salaire, mais logement dans un palais de la République, gardes du corps, fonctionnaires-domestiques, voiture et chauffeur… Alors, Le Canard et Libération ? Chiche ! Vous enquêteriez sur ces dames ? Vous calculeriez combien elles coûtent aux contribuables ?

Parlons aussi d’une très discrète épouse qui est payée par une société, comme Pénélope Fillon l’a été pendant quelque mois par La Revue des Deux Mondes à 5.000 € bruts par mois. Il s’agit de Madame Hamon.

Gabrielle Guallar, énarque pacsée à Benoît Hamon, champion de la cause des pauvres et de ceux-qui-pourraient-gagner-leur-vie-en-travaillant-mais-qui-préfèrent-glander, est cadre chez LVMH. Et pas n’importe quel cadre, elle est cadre “supérieur”. Son salaire annuel, tout à fait normal dans ces grandes et très riches sociétés qui recrutent les meilleurs et les paient en conséquence, est estimé à 350.000 € par an, soit 29.000 € par mois. Net ou brut, je ne sais pas. Ce type de calcul estimatif est fait sur la base de l’effectif de cadres divisé par leur nombre ; c’est une moyenne et de plus ces sociétés sont très discrètes sur la rémunération de leur personnel. Demandez donc à la Banque Rothschild combien de millions d’euros elle a, au total, versé à Macron en salaires et primes de trader et vous verrez.

Si l’on ajoute au salaire de Gabrielle les 150.000 € annuels que gagne au minimum Benoît Hamon en tant que député des Yvelines et Conseiller régional d’Ile de France, plus les 180.000 € environ qu’il perçoit pour ses assistants parlementaire (9.500 €/mois) et ses menues dépenses de député qu’il n’a pas à justifier et non fiscalisées (5.000 €/mois), on voit que le couple Hamon, avec grosso-modo 600.000 €/an soit 50.000 €/mois est, en réalité, un joli couple de gros bourges copieusement friqués.

Rien d’illégal à cela, il faut le dire fort : Benoît Hamon est normalement payé pour son travail d’élu, et Gabrielle normalement payée pour son travail de cadre supérieur. Mais le chevalier-blanc-des-pauvres a tout de même une armure en or massif !

À ce propos, on a entendu Benoît Hamon expliquer pourquoi il est si discret sur sa femme : pour ne pas nuire à sa carrière professionnelle. « À part mes potes, personne ne connaît ma femme […] Elle n’est jamais venue dans ma circonscription, elle n’est jamais venue dans mes meetings ».

On le comprend : quand on vit avec la-poule-aux-œufs-d’or, il vaut mieux la cacher. Et on la comprend. Que penseraient ses très riches patrons et clients s’ils apprenaient qu’elle vit avec un ultra-gauchiste qui veut leur mort après les avoir plumés par les impôts ?

Mais elle le mérite, travaillant pour les affaires étrangères du groupe LVMH, elle parle plusieurs langues. « Je suis très fier que ma femme soit cent fois plus diplômée que moi, qu’elle ait un très beau métier » dit Benoît Hamon à C8.

Pas difficile, lui n’a aucun diplôme et n’a jamais travaillé dans une entreprise pour mériter ses salaires.

Après être devenu membre de l’UNEF et président du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), il a obtenu en cadeau-bonus une licence d’histoire sans avoir jamais mis les pieds dans un amphithéâtre autrement que pour appeler les camarades-étudiants à faire grève.

Cette licence d’histoire a suffi à lui procurer d’octobre 2008 à septembre 2009, la qualité de membre du conseil d’administration de l’Université Paris VIII en tant que personnalité extérieure, puis, pendant le quinquennat de Sarkozy, de professeur des Universités pour assurer, paraît-il, un enseignement concernant les organisations internationales et les processus décisionnels dans l’Union Européenne à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII. C’était donc un recasage express et momentané durant la période Sarkozy. Donc, pour être clair : un EMPLOI FICTIF. En effet, devenir professeur d’Université avec une simple licence d’Histoire (bac + 3), alors qu’il faut, au minimum, avoir:rédigé une thèse et passé l’agrégation, soit environ 3 à 4 ans de recherches après une maîtrise et passer un test extrêmement difficile (soit BAC + 8 ou 9) pour enseigner avec le titre de professeur, voilà qui est déjà magnifique.

Mais dans un parti dirigé par Jean Christophe Cambadélis, et une université aussi gauchiste que Paris VIII, on voit qu’avec le bon piston, tout est possible.

Le lynchage de Fillon va-t-il continuer ? C’est très probable et il ne peut et ne doit pas trop compter sur ses “amis” de droite, beaucoup ayant laissé leur honneur au vestiaire de l’Assemblée nationale avec l’espoir que la décision du peuple d’envoyer Fillon à la présidence pourra être contournée par Juppé ou un(e) autre.

C’est donc au Peuple Français de choisir son futur président(e) et pas aux partis politiques qui y ont un intérêt financier et politique trop évident.

64% des Français disent que Fillon doit rester dans la course, c’est cela que n’aime pas la politicaille internationaliste et immigrationniste.

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La vente d’Alstom : histoire d’une guerre économique

Publié le par Felli Bernard

La vente d’Alstom : histoire d’une guerre économique

Comment la classe politique a vendu la souveraineté énergétique et militaire française aux États-Unis

 

Pour stratpol.com, Éric Denécé et Jean-Michel Quatrepoint analysent les enjeux économiques et géopolitiques de la vente d’Alstom, fleuron de l’industrie française, au groupe américain General Electric :

 

Voir aussi, sur E&R :

lefigaro.fr | Janvier 2015 |17

Vente d’Alstom : un scandale d’État

Pour Jean-Michel Quatrepoint, la vente d’Alstom est un « scandale d’État ». Le journaliste et économiste révèle que le gouvernement a délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire. Vendredi 19 décembre, dans un complet silence médiatique, les actionnaires d’Alstom ont approuvé à la quasi-unanimité le passage sous pavillon américain du pôle énergie du fleuron (...)

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Retour des djihadistes en Tunisie : «Une menace pour la sécurité du pays, un péril pour l'Europe»

Publié le par Felli Bernard

Retour des djihadistes en Tunisie : «Une menace pour la sécurité du pays, un péril pour l'Europe»

Retour des djihadistes en Tunisie : «Une menace pour la sécurité du pays, un péril pour l'Europe»© Zoubeir Souissi Source: Reuters
Une manifestation en Tunisie contre le retour au pays des citoyens qui se battent pour des groupes extrémistes.

Le retour en Tunisie des 800 djihadistes partis de Syrie annoncé par le ministre tunisien de l'intérieur est «un phénomène d'une gravité extrême», assure le politologue Mezri Haddad. Explications.

RT France : Selon le ministre tunisien de l’Intérieur Hédi Majdoub, 800 djihadistes seraient revenus en Tunisie de Syrie. A quel point ce phénomène est-il grave ?

Mezri Haddad (M. H.) : Il est d’une gravité extrême parce qu’il expose au terrorisme 11 millions de Tunisiens et qu’il met en danger la pérennité de l’Etat. Il est grave parce qu’il peut transformer la Tunisie en foyer ou base de replis pour des milliers de terroristes islamistes, constituant ainsi une menace pour la sécurité intérieure, un péril pour nos voisins maghrébins et même pour l’Europe, dont certaines capitales sont à deux heures de vol de Tunis.  

Mais permettez-moi d’abord de préciser ce que l’on entend par djihadistes. A mon sens, il s’agit plus exactement de terroristes mercenaires qui, au nom d’une idéologie néo-fasciste et totalitaire, sont partis tuer, détruire et piller un pays souverain, la Syrie. Cela n’a pu se faire sans le laxisme, voire la complicité active de ceux qui ont gouverné le pays entre 2011 et 2014. Cela n’a pu se faire aussi sans l’implication directe du Qatar dans cette vaste entreprise criminelle d’exportation en Syrie de djihadistes freelance.

Maintenant, pour mesurer la gravité du phénomène, il faut d’abord s’interroger sur le nombre total de ces terroristes islamistes. Selon l’étude de Soufan Group, publiée en décembre 2015, le nombre de «djihadistes» présents en Syrie et originaires de 86 pays serait compris entre 27 000 et 31 000. Une année auparavant, en juin 2014, le même institut new-yorkais spécialisé dans le renseignement, estimait leur nombre à 12 000. En une année donc, de 2014 à 2015, le nombre de terroristes a quasiment doublé. On peut par conséquent logiquement déduire que, malgré les derniers revers et pertes subis par les terroristes en Syrie, leur nombre pourrait atteindre aujourd’hui 45 000.      

Or, toujours selon l’étude de Soufan Group sur le nombre total de terroristes massivement présents en Syrie et sporadiquement en mouvement en Irak, 8 240 viennent de pays du Moyen-Orient, dont 2 500 Saoudiens et 8 000 Maghrebins, la Tunisie étant «de loin le premier pays avec 6 000 djihadistes». Mes propres sources, que je tiens d’amis officiels Syriens, estiment que le nombre de terroristes Tunisiens atteindrait 11 000.

Compte tenu de la déstructuration de nos services de sécurité, les autorités tunisiennes ont tout intérêt à dissimuler les véritables chiffres qui font froid au dos

RT France : Cela signifie t-il que vous doutez du nombre avancé par le ministre tunisien de l’Intérieur ?

M. H. : J’y arrive précisément. J’ai lu comme vous la déclaration de mon compatriote à la tête du ministère de l’Intérieur, mais parfaitement bien renseigné sur ce dossier par mes propres sources locales, j’estime que le nombre des terroristes déjà rentrés en Tunisie est nettement plus élevé que les 800 reconnus. Je me demande d’ailleurs sur quelle base de données et sur quels critères tangibles ou méthode de traçabilité fiable se fonde ce ministre pour avancer un tel chiffre. Nous savons tous que le reflux de ces terroristes, de Syrie vers la Tunisie, a commencé il y a plus d’un an, qu’ils sont munis de faux documents d’identité, que leur point départ n’est pas exclusivement les aéroports turcs mais d’autres lieux d’embarquement arabes et européens, qu’ils rentrent surtout clandestinement par les frontières libyennes délaissées et d’où transitent d’ailleurs armes, argent et produits de contrebande. Tout cela me permet d’estimer le nombre de terroristes déjà rentrés en Tunisie à un minimum de 3 500 éléments.

J’ajouterai que, compte tenu de la déstructuration de nos services de sécurité, de renseignement et de surveillance des frontières et de leur noyautage par des éléments appartenant au parti islamiste Ennahdha, qui est encore aujourd’hui au cœur du régime tunisien et qui est impliqué ou en tout cas compromis dans l’envoi en Syrie, entre 2011 et 2014, de ces jeunes terroristes, les autorités tunisiennes ont tout intérêt à dissimuler les véritables chiffres qui font froid au dos. La minoration de ces chiffres a été d’ailleurs publiquement relevée et dénoncée par des syndicalistes sécuritaires.

RT France : Justement, le syndicat national des forces de sécurité intérieure a proposé de déchoir les djihadistes de leur nationalité. Cette mesure pourrait-elle être efficace ? Pourquoi ?

M. H. : Je ne le pense pas, car cette mesure n’est ni réaliste ni légale, à moins de modifier la Constitution. En Tunisie, se pose le même problème qu’en France, qui est, je le mentionne au passage, le principal pays européen pourvoyeur en Syrie de «main d’œuvre islamo-terroriste». A la suite des actions terroristes qui ont frappé la France, le Président François Hollande avait émis la possibilité de déchoir de la nationalité française tout individu coupable de crime terroriste sur son sol, ce qui est d’ailleurs compatible avec le droit français depuis 1791 ! La déchéance de la nationalité est en effet prévue par les articles 25 et suivants du code civil, ainsi que les articles 23-7 et 23-8 du même code. Mais François Hollande a vite reculé, en raison soi-disant de la discrimination entre binationaux et strictement nationaux, ainsi qu’à la contravention au droit international et aux conventions onusiennes qui interdisent de créer des apatrides.

Pour limiter les dégâts, dans le cas de ceux qui sont déjà rentrés, plutôt que de les laisser dans la nature, comme c’est le cas aujourd’hui, il faudrait les repérer et les arrêter

Dans le cas tunisien, la déchéance de la nationalité est un débat sophistique et juridique qui occupe l’opinion et dissimule mal la panique et l’incapacité totale du gouvernement à faire face à cette vague de retour de terroristes sur le sol tunisien. C’est d’ailleurs une mesure pas du tout dissuasive pour des individus qui ne reconnaissent pas la nationalité tunisienne et qui se définissent exclusivement par leur «nationalité panislamique», conformément à l’idéologie des Frères musulmans. Le problème ne relève donc pas du juridisme, mais de la volonté politique d’affronter ce fléau avec une autorité et une détermination impitoyables vis-à-vis de ces criminels.  

RT France : Les autorités tunisiennes affirment justement qu’elles prennent  les dispositions nécessaires pour que les djihadistes soient neutralisés. Pourtant elles affirment qu’il n’y a pas suffisamment de place dans les prisons. Comment donc peut-on lutter contre ces djihadistes qui reviennent en Tunisie ?

M. H. : Empêtrées dans leurs propres contradictions, les autorités tunisiennes ne savent plus sur quel pied danser. Au sujet du retour des terroristes, le chef des Frères musulmans locaux, Rached Ghannouchi, a textuellement déclaré, en paraphrasant un proverbe tunisien : «Lorsque la viande est pourrie, ses fournisseurs sont à même de la récupérer» ! Deux jours après, celui qui fait office de président de la République a déclaré que dans les prisons tunisiennes, il n’y avait «pas suffisamment de places pour contenir tous les terroristes». En reconnaissant implicitement le nombre hallucinant des revenants, il avoue en même temps l’incapacité de la Tunisie à affronter un tel phénomène. Comment peut-on lutter contre ces «dijihadistes» me demandez-vous ?

A supposer l’existence d’une volonté politique réelle, la Tunisie n’a pas du tout les capacités ou les moyens de gérer toute seule le retour de sa «viande pourrie»

Pour limiter les dégâts et dans le cas de ceux qui sont déjà rentrés, plutôt que de les laisser dans la nature, comme c’est le cas aujourd’hui, il faudrait les repérer et les arrêter. Les enfermer dans les prisons déjà existantes, ce serait une erreur et prendre le risque de contaminer d’autres prisonniers de droit commun, l’idéologie de ces individus étant un virus à forte propagation. Il faudrait donc construire dans l’endroit le plus reculé du pays des prisons spécialement conçues pour ce genre de psychopathes qui ont commis en Syrie les crimes les plus abominables ; les y enfermer pour longtemps, car je ne crois pas du tout à la plaisanterie de la «déradicalisation» telle qu'elle est pratiquée notamment en France.

Dans le cas de ceux qui sont encore à l’étranger, c’est-à-dire principalement en Syrie, en Irak, mais aussi en Turquie et en Europe, il faut leur interdire de refouler le sol tunisien. Il faudrait s’arranger avec les Etats qui les combattent en Syrie et en Irak de les éliminer sur place, pour ceux qui n’ont pas jetés les armes, et de juger les autres, pour ceux qui se rendent et font acte de «pénitence». Parce que les crimes ont été commis en Syrie, l’Etat syrien est juridiquement habilité à les juger au nom de ce qu’on appelle en droit international la territorialité des crimes. Reste après à la communauté internationale à se charger d’établir et de garantir une zone spéciale pour les prisonniers coupables de crimes terroristes, à l’instar de Guantanamo, ou pourquoi pas la base de Guantanamo elle-même. Même si des pays ont souffert plus que d’autres de l’islamo-terroriste, comme la Syrie, l’Irak ou la Libye dont on parle peu, je considère que ce fléau est une menace globale, qu’il lui faut donc une réponse internationale et radicale.            

RT France : La Tunisie a-t-elle des capacités matérielles pour gérer toute seule le retour des djihadistes ?

M. H. : La France ou la Belgique ou encore l’Allemagne n’ont pas les capacités techniques et humaines suffisantes pour gérer le retour de leurs «djihadistes républicains». A plus forte raison la Tunisie ! Comme je vous l’ai déjà indiqué, dès janvier 2011, avec ce que certains ont appelé la «révolution du jasmin», toutes nos structures sécuritaires ont été fragilisées, démantelées et recomposées, fragilisant ainsi l’Etat et renforçant les capacités de nuisance des intégristes en général et des Frères musulmans en particulier. Le problème pour les autorités tunisiennes n’est pas de mettre hors d’état de nuire les terroristes revenants, mais de joindre l’utile à l’agréable ! Pour elles, c’est beaucoup moins un problème qu’un dilemme : rapatrier les mercenaires que les gouvernements successifs de 2011 à 2014 ont laissé partir en Syrie via la Libye et la Turquie, et en même temps éviter qu’ils se retournent contre leur propre pays.

Tout cela pour vous dire clairement qu’à supposer l’existence d’une volonté politique réelle, la Tunisie n’a pas du tout les capacités ou les moyens de gérer toute seule le retour de sa «viande pourrie», pour emprunter cette expression à Rached Ghannouchi. La Tunisie, qui est devenue en six ans premier pays exportateur mondial de terroristes, aura besoin de soutien financier, technologique et logistique de pays amis pour faire face à cette situation périlleuse. Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays susceptibles d’aider la Tunisie et qui ont d’ailleurs tout intérêt à le faire pour leur propre sécurité, devraient en contrepartie surveiller de très près les mesures et les applications gouvernementales tunisiennes en matière de gestion des «djihadistes» revenus au bercail et des terroristes en général. Par exemple, créer une instance de veille internationale, composée de juristes, de diplomates, de spécialistes du renseignement et de militaires, pour contraindre le gouvernement tunisien d’appliquer à la lettre un programme résolument anti-terroriste. Il y va de la sécurité de la Tunisie comme de la paix dans la région.

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Le point sur les présidentielles

Publié le par Felli Bernard

Le point sur les présidentielles

Benoît Hamon est donc l’heureux élu primaire, Emmanuel Macron va, court, vole et nous gonfle, Fillon est dans les enquiquinements — que le Canard ait été abreuvé par le Ministère des Finances (mais non, pas par Sapin ! Il y a de tout aux Finances, et surtout pas des gauchistes ! Il y a même des sarkozystes…) ou par une « officine » au service de — de qui ? De Rachida Dati ?
Hmm…

Il y a trois mois, alors que nous ne savions pas si le Président de la république en titre irait ou non à l’abattoir, je disais ma certitude que Macron était le plan B de Hollande, dont l’objectif final est de faire triompher le néo-libéralisme (qu’il soit de droite ou de gauche n’a aucun sens en pratique) et d’annihiler le PS, refuge des Cambadélis et autres Bartolone — tous des petites pointures, si on en croit ce que racontait complaisamment le même Hollande aux deux journalistes invités à ses levers et à ses couchers. J’ajoutais que Mélenchon était le caillou dans la chaussure de ce même Hollande — le miroir impitoyable dans lequel il se reconnaît en homme de droite.
Il fallait donc grignoter le Parti de gauche, qui est le remords personnifié, la preuve vivante que le PS est de droite. D’où l’Opération Hamon, bien parti pour devancer Mélenchon, en donnant à tous les déçus du PS un prétexte pour voter encore une fois pour ce parti de gougnafiers. Cocus de 2012, à vos bulletins ! Il y a du candaulisme chez certains électeurs de gauche… On prostitue la république à un Macron en faisant semblant de soutenir Hamon. Bien joué.

Sans compter que Hamon, l’homme qui justifie le fait qu’il n’y ait pas de femmes visibles dans certains quartiers, est islamo-compatible — ce que n’était pas Valls, dont on peut critiquer bien des points, mais pas son engagement laïc. Avec Hamon, on chasse sur les terres du NPA et du PIR. L’islamo-gauchisme n’est qu’un prétexte : l’essentiel, c’est que la France en tant que nation disparaisse, que les Français en tant que peuple disparaissent, remplacés par une mosaïque de communautés qui se regarderont peut-être en chiens de faïence, qui se tireront peut-être dans le dos, de temps en temps, mais qui consommeront. Et c’est bien l’essentiel.

Soutenir Hamon, mais pas trop. Ce n’est pas lui, l’Elu. On le reçoit à l’Elysée, mais on s’abstient de le raccompagner sur le perron. C’est à ces petits détails que l’on mesure aujourd’hui les grands hommes.Sur la photo, il n’a pas l’air ravi, le ministriculus interruptus comme dit mon ami Antoine Desjardins (140 jours rue de Grenelle — il n’a même pas fait la rentrée, cette année-là !). Benoît, méfie-toi, cet escalier, il faudrait le monter au lieu de le descendre !
Hamon n’est donc qu’un écran de fumée. Le vrai candidat du PS, c’est Macron. L’homme de la loi Travail, d’Uber et compagnie. Un libéral, un vrai.Je ne dois pas fréquenter les bons cercles, mais depuis un mois, je n’ai absolument rencontré personne qui se dise prêt à voter Macron. Les sondages qui lui donnent aujourd’hui plus de 20% des intentions de vote seraient-ils manipulés par des médias complices ? Hypothèse absurde, bien entendu. Qu’importe que L’Express ou Libé, ou BFMTV et RMC, ce soit Patrick Drahi, à qui Macron a rendu un signalé service en lui permettant d’acquérir SFR. Que le Monde, ce soit Pierre Bergé qui vient de signaler son ralliement… Et j’en passe… Comme dit Polony dans le Figaro de ce matin 4 février : « L’élite financière a décidé de s’affranchir de ces politiques devenus inutiles et de faire le boulot directement.  »
Tiens, Causeur n’est pas dans le coup ? Faudra que je me renseigne…
En fait, l’Institut Montaigne avait deux fers au feu — Fillon et Macron. Fillon est dans les embarras ? On tire Macron du sac à malices. Si demain Fillon se remet en selle, ce sera coucouche panier.
Dans les deux cas, il s’agit de se débarrasser de Marine Le Pen, le cauchemar de la droite raisonnable et de la gauche de droite, toutes deux libérales jusqu’au bout des ongles. Marine Le Pen qui, si elle osait, finirait par annoncer que non, la France ne remboursera jamais sa kolossale dette, et que oui, les banques se sont assez gavées comme ça sur notre dos. Ce que chacun sait.
Le plus drôle, c’est que l’un des adversaires les plus convaincus de Macron, c’est Bayrou. Je l’ai rencontré cette semaine : il n’avait pas de mots assez durs pour le candidat du mondialisme et de l’Europe décomplexée. L’homme qui parle anglais aux allemands. L’homme qui ignore tout de la France, hors le trajet fluvial Bercy / Elysée. Qui ignore tout de l’école, sauf le lycée La Providence, noble institution jésuite d’Amiens, et la prépa d’Henri-IV, derrière le Panthéon. Un énarque assez malin pour avoir plu à Jacques Attali, qui depuis la mort de Mitterrand se cherche un roi à couronner. Pour avoir plu à Rothschild. À Alain Minc. Pour avoir plu à tout le monde…Sauf au reste de la France — la France qui n’est passée ni par la rue Saint-Guillaume ni par l’ENA, qui ne connaît de Bercy que les feuilles d’impôt du percepteur, qui ne « lève » pas des millions d’euros en se mettant « en marche », qui n’envoie pas ses enfants dans de grands lycées privés ou publics, qui se lève tôt en espérant avoir encore du boulot, et qui préférerait un CDI aux angoisses des CDD à répétition. La France qui en a jusque là des politichiens de garde du système bancaire — parce que cette France-là, ma France comme chantait Jean Ferrat, a peut-être un compte en banque, mais rien dessus. Ma France qui a le pain quotidien de plus en plus hebdomadaire. Ma France qui ne connaît que deux mots d’arabe — Allah akhbar, claironnés par tous les apprentis-terroristes, et encore aujourd’hui au Louvre. Ma France qui se prépare à l’émeute, demain — parce qu’elle ne voit plus d’autre issue.

Jean-Paul Brighelli

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Nous faisons confiance aux psychopathes

Publié le par Felli Bernard

Nous faisons confiance aux psychopathes


Par Dmitry Orlov – Le 24 Janvier 2016 – Source Club Orlov

Une nouvelle équipe gouvernementale prend la relève à Washington. Certaines personnes voient ce développement avec un optimisme prudent, d’autres trépignent, grincent des dents, déchirent leurs vêtements et se versent des cendres sur la tête dans le style de l’Ancien Testament. Ceux qui s’attendent à ce que les choses soient un peu différentes à Washington peuvent maintenant signaler quelque chose de très spécifique : dans son discours inaugural, Trump a utilisé des mots jamais entendus dans un discours d’investiture, des mots comme saigné, carnage, épuisement, délabrement, déchiré, rouillé, triste, volé et piégé. Ces mots décrivent les États-Unis réels, et non la fausse image des États-Unis concoctée par les politiciens, les médias et les élites riches. Ces faux États-Unis sont proches du plein emploi ; les vrais États-Unis ont mis de côté près de 100 millions de chômeurs. Dans les faux États-Unis, l’économie s’est redressée et se développe bien ; les véritables États-Unis s’enfoncent de plus en plus dans des dettes irréparables, se précipitant vers une faillite nationale inévitable. Il semblerait que Trump s’intéresse à la réalité, alors que son prédécesseur excellait à se tromper lui-même ─ et d’autres. Cela indiquerait que peut-être le nouveau patron ne sera pas le même que l’ancien.

Mais dans un autre sens, le changement de commandement n’est pas un changement du tout, parce que tout ce qui s’est passé, c’est qu’un groupe de psychopathes a été échangé contre un autre groupe de psychopathes. Grâce à une expérience d’élevage sélectif multi-générationnel, les échelons supérieurs de toutes les machines sociales des États-Unis, que ce soient les sociétés, les tribunaux, les agences gouvernementales ou d’autres bureaucraties, sont remplis de psychopathes. Donc mettre sa foi dans un groupe de psychopathes semble  téméraire. Dans Réduire la Technosphere, j’ai écrit :

Les psychopathes ─ individus qui n’ont ni empathie ni sens moral et qui sont forcés de les simuler pour fonctionner en société ─ constituent normalement un petit pourcentage de la population en général. Dans une société saine, ils sont écartés vers les marges et parfois isolés ou bannis définitivement. Parfois, ils peuvent prendre un rôle marginal et intéressant pour lequel le manque total d’empathie ou de conscience est une aubaine : bourreau, assassin, espion…  Dans un environnement où les gens prennent soin l’un de l’autre ─ parce qu’ils ressentent une certaine empathie les uns envers les autres ─, les psychopathes passent rarement inaperçus. Même s’ils peuvent simuler des expressions sincères d’empathie dans une certaine mesure, ils ne peuvent généralement pas les simuler assez pour empêcher les gens autour d’eux de s’en apercevoir et il suffit d’un ou deux épisodes qui démontrent leur indifférence à la souffrance des autres ou une trace de sadisme pour les « repérer » de façon concluante.

Mais ce qui, pour une société saine, ressemble à un terrible défaut de caractère apparaît parfaitement normal, même louable, dans le contexte d’une machine sociale. Le manque d’empathie est perçu comme un détachement froid et professionnel ; un psychopathe ne laisserait jamais l’émotion nuire à son jugement. Les tendances sadiques (les psychopathes blessent les gens pour ressentir quelque chose) sont perçues comme des signes d’une nature incorruptible : les règles sont les règles ! Inversement, alors qu’une personne normale se sent aliénée lorsqu’elle est poussée dans un environnement aliénant, trouve douloureux d’agir comme un robot et souffre de troubles de la conscience lorsqu’elle est forcée d’infliger des dommages à autrui en suivant aveuglément des règles inhumaines, un psychopathe ne ressent rien du tout. Pour cette raison, les machines sociales agissent comme des incubateurs de psychopathes. Les psychopathes ne sont pas les plus sains des spécimens, mais en raison de leur plus grande capacité inclusive dans les machines sociales, ils ont tendance à persister et à prospérer en elles, tandis que les non-psychopathes ne le font pas.

À son tour, dans les sociétés dominées par les machines sociales, la capacité à prospérer au sein d’une machine sociale est un déterminant majeur de sa capacité à créer des résultats positifs pour soi et sa progéniture. Autrement dit, dans ces sociétés, les psychopathes s’en tirent mieux socialement, et sont donc plus susceptibles de se reproduire avec succès. Basée sur une recherche sur les jumeaux, la psychopathie est déterminée à peu près pour moitié par la génétique et pour l’autre par l’environnement. Les sociétés dominées par des machines sociales engendrent sélectivement des psychopathes. Ceci, à son tour, fournit plus de matière première humaine pour les machines sociales, leur permettant de croître et de proliférer. Après un certain nombre de générations d’un tel élevage sélectif, la société franchit un seuil, au-delà duquel elle devient incapable de retrouver la santé, même lorsque ses machines sociales s’effondreront (comme elles le font toutes), jusqu’à ce que suffisamment de psychopathes aient été purgés du pool génétique ─ un processus qui peut également nécessiter quelques générations.

Si avoir certaines tendances psychopathiques est utile pour s’intégrer dans une machine sociale, avoir encore plus de tendances psychopathiques est encore plus utile. Par conséquent, au sein des machines sociales, les psychopathes purs sortent des rangs et se concentrent au sommet. Il ne faut donc pas s’étonner que, lorsque nous examinons les échelons supérieurs des corporations et du gouvernement ─ les chefs et leur coterie, les conseils d’administration, les organes exécutifs, législatures et tribunaux ─, nous constatons qu’ils sont assez bien approvisionnés en psychopathes aboutis. Cela étant, il semble assez difficile pour quiconque de penser qu’une société qui a été dominée, et écœurée, par des machines sociales sur de nombreuses générations, peut en quelque sorte être soignée et guérie par ses dirigeants psychopathes élevés sélectivement. Ces leaders sont les symptômes de la maladie, et les symptômes n’ont jamais guéri personne.

J’espère que cet extrait traduit la nature du problème en termes généraux. Mais dans un travail non fictionnel, il est difficile de donner un sens plus viscéral du problème. Pour y parvenir, voici un extrait du livre Un siège pour Mars de Jason Heppenstall, disponible auprès du Club Orlov Press, dans lequel un agent psychopathe hautement placé effectue un « safari humain », tirant des photos de la souffrance humaine pour les partager avec ses collègues psychopathes.


Extrait :

Le Sikorsky S-76 avait atteint la vitesse de croisière maximale et traçait son chemin vers le nord, à travers une bande de gros nuages s’étirant sur les Pennines. Le passager unique de l’hélicoptère, un homme chauve et mince en costume gris, tenait une paire de jumelles et s’agitait.  – « Peut-on descendre un peu plus bas ? », dit-il dans un embout buccal.

« Bien, monsieur », répondit le pilote avec une réponse déformée. Il y eut une sensation de chute immédiate, alors que l’appareil descendait. Ils descendirent sous le nuage et il fallut un moment ou deux à Ignatius Pope pour balayer les horizons de la terre en dessous et localiser sa cible. Là, juste au-delà du vert sobre des Yorkshire Dales, un flou grisâtre s’étendait à travers le pays. « Quel est cet endroit en avant ? », dit-il dans l’embout.

Qu’est-ce qui est quoi, monsieur ?

Là. À onze heures. Une sorte de ville.

Par la porte du poste de pilotage, Pope pouvait voir le pilote conférer avec son copilote pendant un moment.

–  Ce devait être Leeds, Monsieur. »

L’homme mince serra ses lèvres et leva les jumelles vers son visage pour mieux voir. Des gouttes de pluie traversaient les fenêtres de la cabine alors que Pope tentait de se concentrer sur la ville distante. Après quelques instants, il demanda : « Jusqu’où pouvons-nous aller ?

Jusqu’où voulez-vous aller, Monsieur ? 

Pope réfléchit un moment. Cela faisait six semaines. Maintenant, les bouches inutiles devraient vraiment ressentir des effets. La curiosité brûlait dans sa poitrine lui faisant se sentir légèrement essoufflé. Il se sentait imprudent.

Aussi bas que vous pourrez sans être un danger.

OK, Monsieur », dit le pilote avec son accent chantant.

Pope posa les jumelles et étendit ses mains sur le siège de cuir blanc à côté de lui. Deux nuits chez Big Bear, puis il serait de retour. Une boule se forma dans sa gorge, alors qu’il examinait la nature de leur rencontre. Tous les yeux seraient sur lui. Il faudrait qu’il garde son esprit concentré sur lui. Pope n’aimait pas du tout Big Bear. Il le détestait, en fait. Pouvait-il lui faire confiance ? Non. Ne se fier à personne. Au moins, il serait en mesure d’obtenir quelques passe-droits. Mais ils seraient impressionnés, c’est sûr. Pope était le pionnier de tout cela. Il serait loué. Il avait besoin de quelque chose à leur montrer : une photo.

« Nous y allons, monsieur» L’hélicoptère se déplaçait maintenant furtivement au dessus des banlieues sous la pluie, son assiette s’inclinant vers l’avant alors que l’altitude chutait. Pope reprit les jumelles et balaya les rues pour détecter des signes de vie. Son œil fut attiré par des mouvements le long d’une route principale. Un camion de l’armée en patrouille, rien de plus que ça. L’impatience monta.

« Pouvons-nous accélérer la descente ? Nous ne devons pas être en retard à Aberdeen. »

Le pilote ne répondit pas, mais Pope sentit une accélération sensible. Il regarda par la fenêtre. Là. Cela ressemblait à un groupe de personnes ─ pas assez pour être une foule mais assez grande pour un ordre de dispersion. Ils étaient debout dans un parc, peut-être vingt d’entre eux, regardant l’hélicoptère.

« Approchez-vous de ce groupe , dit Pope.

– À quelle distance, Monsieur ?

Pope les regardait. Ils n’avaient pas l’air dangereux. Il pouvait distinguer une poussette, et était-ce un couple de personnes âgées assis sous des couvertures ?

Emmenez-nous aussi bas que possible, Jimmy. Je veux voir le blanc de leurs yeux ».

L’hélicoptère commença une descente verticale, comme s’il allait atterrir. Pope regardait ces gens à travers ses jumelles, prenant note de leur apparence. Il les étudia comme un biologiste étudie les bactéries sur une boîte de Pétri. Ils ne paraissaient pas aussi dépenaillés qu’il l’aurait imaginé, mais ils étaient clairement dans le besoin. Le groupe était un mélange d’hommes, de femmes et d’enfants. Les deux vieillards étaient en fauteuil roulant sous des couvertures, et ils ne semblaient pas bouger. Il y avait aussi un garçon, le pied posé sur une balle, et à côté de lui une jeune fille vêtue d’une robe sale, sa petite sœur, tenait un chiot et regardait l’hélicoptère.

Pope sentit l’excitation se lever en lui. Il avait été en safari de nombreuses fois chez lui, mais il n’avait jamais été très intéressé par les animaux. Maintenant, pour un safari humain, il pouvait sentir le frisson que d’autres avaient eu avant lui. Il attrapa son appareil photo, qui était assis sur le siège en face de lui, et il l’alluma. En focalisant le zoom de 700mm du Pentax, il centra l’objectif sur le groupe de personnes au-dessous. Ils commencèrent à s’agiter avec enthousiasme en lui faisant des signes comme le courant d’air des pales de l’hélicoptère officiel jouait sauvagement avec leurs cheveux et leurs vêtements. Il entendit l’obturateur de la lentille s’ouvrir.

« Faut-il les ramasser, Monsieur ? », demanda le pilote. Pope l’ignora et appuya de nouveau sur le déclencheur.

− « Tournez autour un petit peu », cria-t-il dans l’interphone. Les gens tournèrent sur eux-mêmes alors que le véhicule manœuvrait au-dessus d’eux. Tout le monde semblait excité ─ tout le monde, sauf la petite fille à la robe sale et le chiot qui regardait tristement. Pope zooma jusqu’à ce que son visage sale strié de larmes remplisse le cadre. Excellent, pensa-t-il. Big Bear va adorer cela.

De cette façon, ils planèrent pendant plusieurs minutes pendant que Pope photographiait à distance. Le groupe fut rejoint par plus de gens sortant des maisons et venant de l’autre côté du parc. Deux personnes portaient une civière avec un homme. Elles le déposèrent à côté de la populace et se joignirent à la foule qui agitait les bras. Pope zooma sur le visage de l’homme dans la civière, pâle et blanc. « Pas mal », se dit-il en passant en revue l’image sur l’écran miniature.

« OK, on peut y aller », dit-il dans l’interphone.

L’hélicoptère se redressa. Pope regarda les gens dans le parc. Ils avaient cessé de s’agiter et se tenaient débout comme avant. « Adios, la vermine ! », murmura Pope par la fenêtre. Il se rendit compte que les poils de ses bras étaient hérissés.

« Comment on se sent maintenant, sans vos Big Macs et vos Xbox ? », dit-il à voix haute. Un sourire narquois se dessinait sur ses lèvres, alors qu’il s’émerveillait de sa propre ruse. Une idée surgit de nulle part dans son esprit. Il s’agissait de Big Macs et de mort au rat. Pourriez-vous ouvrir les fenêtres sur ces choses ? Il serait hilarant de les regarder se battre les uns avec les autres : de les voir s’enfoncer la nourriture empoisonnée dans leur bouche. À quelle vitesse le poison ferait-il son effet ? Peut-être y avait-il quelque chose qui agirait plus vite. Il se demanda alors  si son personnel avait prévu d’inclure quelques restaurants McDonalds dans le plan de protection des infrastructures essentielles. Il le découvrirait dès son retour à Londres.

« Je ne dirais pas non, monsieur, dit le pilote.

Pope revint à la réalité.

− Hein ?

Vous avez dit quelque chose au sujet d’un Big Mac, je crois, Monsieur.

Pope se pinça ses lèvres et garda le silence. Putain de fou de nordiste.

Mais de toute façon, monsieur, vous avez compati aux malheurs de ces gens-là, n’est-ce pas ?, continua le pilote. Je veux dire, on dirait qu’ils sont affamés. »

De nouveau, Pope choisi de ne pas répondre. Au lieu de cela, il éteignit l’interphone et regarda les images qu’il venait de prendre sur le Pentax.

Dmitry Orlov

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