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C’est la journée #infobidon, au sujet de la Corée du Nord, de la Syrie et du président étatsunien.

Publié le par Felli Bernard

C’est la journée #infobidon, au sujet de la Corée du Nord, de la Syrie et du président étatsunien.


Par Moon of Alabama – le 16 mai 2017

C’est la journée #infobidon. Trois histoires font la ronde dans les médias et toutes reposent sur une interprétation d’informations fausses ou largement exagérées. La Corée du Nord, la Syrie et le président états-unien en sont les cibles.

  1. Le Wall Street Journal affirme avec un titre #infobidon que des morceaux de code informatique du récent virus d’extorsion WannaCry sont identiques à ceux du programme qui aurait été utilisé dans un hack de Sony, en 2014. (L’attaque contre Sony a été faussement attribuée à la Corée du Nord.)

 

Les chercheurs identifient des indices liant l’attaque informatique à un groupe en relation avec la Corée du Nord

Neel Mehta, un chercheur en sécurité de l’unité Google d’Alphabet Inc., a souligné lundi des similitudes entre cette variante de WannaCry et le code utilisé dans une série d’attaques que les spécialistes de la sécurité ont attribuées au groupe Lazarus.

Le « groupe Lazarus » (qui n’existe probablement pas du tout) a été relié aux agences gouvernementales de Corée du Nord. Mais six paragraphes plus loin, nous apprenons :

Les résultats ne démontrent pas nécessairement que Lazarus ou la Corée du Nord soient impliqués dans l’attaque de WannaCry, ont indiqué des chercheurs. Les coupables de la dernière attaque, qui n’ont pas été identifiés, auraient pu copier le code en question, par exemple.

[…]

La connexion trouvée dans l’ancienne version se trouve dans un logiciel que les deux programmes utilisent pour se connecter de manière sécurisée à d’autres systèmes sur Internet, a déclaré Kurt Baumgartner, un chercheur de Kaspersky Lab.

Ce code commun se retrouve dans presque tous les logiciels qui établissent une connexion Internet. La raison en est assez simple. Plus personne n’écrit un tel code. Il existe des exemples bien testés de tels extraits de programme, largement disponibles au public dans des logiciels open source. « Copier/coller » va plus vite que réinventer la roue. Encore pire, l’extrait de code en question est tellement simple que n’importe quel programmeur l’écrirait de la même manière (un appel à la fonction Time () pour obtenir une valeur de départ faisant appel à la fonction Random () suivante). Il n’y a que X moyens raisonnables d’additionner 1 et 1. Deux personnes qui le font de la même manière ne prouvent rien du tout. Cela ne prouve pas que le code de deux hacks différents ait été écrit par les mêmes personnes. Cela n’indique rien ayant quelque chose à voir avec la Corée du Nord. C’est une info qui ne repose donc sur aucun fait réel.

  1. En février dernier, Amnesty International (qui soutient les interventions de l’OTAN) a publié un piètre rapport sur des meurtres présumés dans les prisons syriennes. Comme nous l’avons écrit à l’époque :

Un nouveau rapport d’Amnesty International prétend que le gouvernement syrien a pendu entre 5 000 et 13 000 prisonniers dans une prison militaire syrienne. La preuve soutenant cette accusation est fragile, fondée sur les ouï-dire de personnes anonymes, vivant hors de Syrie. Les chiffres eux-mêmes sont des extrapolations qu’aucun scientifique ou tribunal n’accepterait. C’est un rapport de niveau tabloïd, écrit dans un style fiction, de son titre «L’abattoir à humains» jusqu’au dernier paragraphe.

Le Département d’État états-unien réutilise maintenant ce faux rapport, ainsi que des images satellites sciemment mal interprétées, pour calomnier de nouveau le gouvernement syrien :

États-Unis: la Syrie brûle les corps pour effacer la preuve des massacres.

Dans ses dernières accusations contre les abus syriens, le Département d’État a déclaré qu’il estimait qu’une cinquantaine de détenus sont pendus chaque jour dans la prison militaire de Saydnaya, à environ 45 minutes au nord de Damas. Beaucoup de corps sont ensuite brûlés dans le crématorium « pour couvrir l’ampleur des meurtres de masse qui s’y déroule », a déclaré Stuart Jones, le meilleur diplomate américain du Moyen-Orient, accusant le gouvernement d’Assad de tomber « encore plus bas dans la dépravation ».

Le département d’État a publié des photographies satellites commerciales, montrant ce qu’il a décrit comme un bâtiment du complexe carcéral qui aurait été modifié pour accueillir le crématorium. Les photographies, prises au cours de plusieurs années depuis 2013, ne prouvent pas que le bâtiment soit un crématorium, mais montrent une construction qui pourrait en contenir un.

S’il y a bien un crématorium dans la prison de Saydnaya, comment se fait-il qu’aucun témoin d’Amnesty n’en ait parlé dans le dernier rapport de cette organisation ? Ces témoins, selon Amnesty, ont été dans cette prison et ont observé toutes sortes de détails. Ils prétendent que les morts étaient enterrés dans des fosses communes.

Un expert militaire néerlandais a examiné les images satellites du département d’État et l’interprétation qu’il en fait et demande :

Ian Grant @Gjoene – 18:02 – 15 mai 2017

Est-ce une blague @StateDept ? Avant même le 27 août 13, ces « cheminées » étaient présentes. Voir les vidéos de Terraserver en lien (03 avril ’13) #Sednaya

Un autre spécialiste, professionnel de la reconnaissance militaire, ajoute :

Aldin Abazović @CT_operative – 5:33 PM – 15 mai 2017

Ces images montrent le soi-disant crématorium de la prison de Saidnaya, #Damascus #Syria. Autant je déteste m’impliquer dans cette affaire, autant les images ne prouvent rien du tout.

#1Ce bâtiment pourrait être une simple salle de chauffage / buanderie pour le complexe pénitentiaire. À moins de le visiter, vous ne pourrez rien prouver.

#2 Il est facile de manipuler avec l’imagerie satellitaire. Vous mettez juste la bonne étiquette sur l’objet et voilà.

#3 Je ne peux pas confirmer de quelle partie de la prison il s’agit, ni ce pour quoi elle est utilisée.

Le Département d’État jette de la poussière sur le gouvernement syrien, dans l’espoir qu’une partie y collera. Cette publication de vide fera les grands titres des journaux à scandale « occidentaux ». Il se pourrait que cela soit en préparation d’une guerre plus intense contre la Syrie.

  1. L’État profond fait ce qu’il peut pour évincer Trump. Hier, une nouvelle campagne contre lui, bien préparée et coordonnée, a été lancée. Des dépositions anonymes au Washington Post ont été « confirmées » par des déclarations similaires, venant (probablement) des mêmes sources, à Buzzfeed. Ces déclarations peuvent avoir une certaine réalité en elles-mêmes, mais les faits, même décrits par des mots forts, sont inoffensifs. Le Washington Post :

Trump a révélé des informations hautement classifiées au ministre des Affaires étrangères et à l’ambassadeur russes.

Le président Trump a révélé des informations hautement classifiées au ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une réunion à la Maison Blanche la semaine dernière, selon des responsables américains, anciens et en place, qui ont déclaré que les informations de Trump compromettaient une importante source d’informations sur État islamique.

Hmm – comment des « anciens fonctionnaires américains » savaient-ils ce qui s’est dit au bureau ovale et quelles en sont les conséquences ? Il faut six paragraphes d’une telle calomnie pour apprendre ce que Trump a effectivement divulgué :

Trump a commencé à décrire les détails d’une menace terroriste par État islamique, liée à l’utilisation d’ordinateurs portables dans les avions.

Hmm – « menace terroriste liée à l’utilisation d’ordinateurs portables dans les avions » est une méthode bien connue d’al-Qaïda dans la péninsule arabe. Si EI en Syrie a copié ce modus operandi, c’est intéressant, mais cela n’a rien de sensationnel.

Le conseiller à la sécurité nationale, McMaster, qui était dans la salle avec Trump et Lavrov, est cité dans ce compte rendu (au huitième paragraphe !), infirmant que des sources ou des méthodes aient été révélées.

Trump a donné son avis à Lavrov sur la menace terroriste.

Si Poutine apprenait qu’une attaque potentielle d’EI sur un avion de ligne américain était en projet, voudriez-vous qu’il partage cette information secrète avec le gouvernement états-unien? Bien sûr que vous le voudriez.

Mais Buzzfeed et les autres médias anti-Trump exagèrent largement ces déclarations et les blogueurs de Lawfare perdent alors tout contrôle d’eux-mêmes :

Si le président a donné cette information par négligence ou maladresse, il a manifestement violé son serment de président.

Grosse foutaise. Trump aurait pu offrir cette information par simple courtoisie, dans le cadre de son accord avec le gouvernement russe. L’échange d’informations sur les menaces est une activité régulière, même entre des parties qui ne s’aiment pas vraiment. C’est dans l’intérêt de tous de le faire. Qu’un tel échange soit arrivé n’est pas spécialement intéressant, même s’il a abordé certains détails.

C’est plutôt la publication de l’échange qui pourrait aider les terroristes. Comme Emptywheel le dit :

Ces sources si scandalisées ne font que […] partager l’information qu’elles trouvent si scandaleux de partager.

Si le partage d’informations de Trump est scandaleux, pourquoi les sources ont-elles fourni cette information aux médias ? Pourquoi le Washington Post et d’autres médias la publient-elle ?

Trump a été élu avec le soutien de l’armée américaine. Clinton a été soutenue par les deux autres côtés du triangle de pouvoir que sont le monde des affaires et celui des renseignements. Trump a gagné. Maintenant, l’État profond, avec la partie vendue du parti Démocrate, fait tout ce qu’il peut pour le faire destituer. Le dribble sensationnaliste et constant d’informations fausses ou peu pertinentes à son sujet prépare le terrain pour cela.

Les trois exemples d’#infobidons ci-dessus ne contiennent aucune information. Les déclarations qui y sont exposées n’ont pas de valeur informative. Leur seul but est d’influencer les lecteurs, en les exagérant de façon extravagante, même si elles sont basées sur des faits d’importance mineure.

Cette propagande tonitruante faite sur tous les canaux, sans aucune voix critique contestant les faits fondamentaux, met en danger le fonctionnement de la démocratie. Le quatrième pouvoir n’est plus qu’un outil d’influence. Il ne peut plus prétendre avoir une valeur intrinsèque.

Pour la personne moyenne, une façon de sortir de cette attaque de propagande est de rechercher, d’utiliser et de favoriser les sources de nouvelles alternatives les plus exigeantes. L’autre est de laisser tomber les informations.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone

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«La diplomatie au péril des valeurs» – 3 questions à Jean de Gliniasty, par Pascal Boniface

Publié le par Felli Bernard

Source : Le Blog Mediapart, Pascal Boniface, 18-05-2017

Jean de Gliniasty est directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste des questions russes. Ancien ambassadeur de France au Sénégal, au Brésil et en Russie, il répond à mes questions à l’occasion de la parution de l’ouvrage : « La diplomatie au péril des valeurs : pourquoi nous avons eu tout faux avec Trump, Poutine et d’autres », aux éditions l’Inventaire.

En quoi l’invocation des valeurs est-elle incompatible avec la défense de nos intérêts géopolitiques ?

Nos valeurs constituent le socle de la société française et une base, à peu près partagée par tous en Europe Occidentale, sur laquelle s’édifie l’Union européenne. Mais cet héritage commun, condition de la construction européenne (les principes de Copenhague), ne permet pas pour autant une action efficace pour la paix et la stabilité dans le monde et plus particulièrement dans notre voisinage. Au contraire l’invocation permanente de nos valeurs dans notre action extérieure est perçue comme une immense hypocrisie camouflant des intérêts de puissance et nous conduit souvent à des erreurs d’analyse, sources d’affaiblissement de notre politique étrangère et de nouveaux troubles dans notre environnement géopolitique (Libye, Syrie, Ukraine…). C’est une véritable idéologie des relations internationales que l’on a appelée « néo-conservatisme » aux États-Unis et qui s’oppose à une vision raisonnée des rapports de force internationaux, des buts que nous devons poursuivre et des moyens pour y parvenir. Le droit d’ingérence, devenu la responsabilité de protéger, est une invention française qui a souvent été perçue, dans le monde arabe notamment, comme un nouvel esprit de croisade dès lors qu’il court-circuitait les processus intergouvernementaux, à l’ONU ou ailleurs, communément admis comme le seul moyen légal de régler les problèmes internationaux. La méfiance qu’il suscite affaiblit le message et risque de discréditer notre politique extérieure car nous sommes souvent obligés d’agir selon l’adage « deux poids, deux mesures » et d’épargner les puissants.

Cette invocation des valeurs peut-elle être le masque d’une politique de puissance ?

C’était sans doute le cas des États-Unis sous Georges W. Bush en Irak, qui voulait remodeler le Moyen-Orient au profit de son pays. Cela a été aussi le cas pour la France sous Napoléon où l’idéologie révolutionnaire coïncidait presque totalement avec les intérêts de puissance de la France. À l’heure actuelle, c’est plus ambigu. L’idéologie de l’interventionnisme au nom des droits de l’homme et de la démocratie, exacerbée par l’immédiateté de l’information et par les réactions émotionnelles de l’opinion publique, peut inspirer des actions irréfléchies. C’est aussi que la notion d’intérêt national a perdu de sa clarté : doit-on raisonner en Occidentaux, en Européens, en Français ? Dans l’incertitude, les « valeurs » font office de boussole : la politique qu’elles induisent est défendable devant l’opinion et suscite le consensus auprès de nos alliés. Donc, paradoxalement, l’invocation des « valeurs » peut aussi camoufler une démission, une renonciation par le gouvernement à son autonomie d’analyse et d’action.

Vous mettez en lumière un danger potentiel de la réintégration dans l’OTAN qui passe inaperçu, « distraire les meilleurs cadres de notre armée d’un théâtre majeur pour la France : l’Afrique ». Pouvez-vous développer ?

L’Afrique est un des derniers théâtres où les intérêts spécifiques de la France sont évidents et où notre pays a encore les « moyens de sa politique ». La stabilité et le développement de ce continent sont des facteurs importants pour l’avenir de notre pays (terrorisme, francophonie, migrations, relations commerciales…). Nos meilleurs soldats y ont été formés sur le terrain dans la connaissance des réalités locales et souvent dans l’expérience du combat. Traditionnellement, ils constituaient les hauts cadres de l’armée française et le « cursus » africain se retrouvait dans les parcours de nos chefs d’État-Major et de la plupart des titulaires de grands commandements. Il est à craindre que l’immense machine bureaucratique de l’OTAN ne suscite une nouvelle génération de cadres, imprégnés d’une pensée militaire formatée, auréolés d’une prétendue technicité et d’une expérience multilatérale assez standardisée et promis aux carrières les plus brillantes. Cette situation que connaissent la plupart de nos alliés risque de se produire en France. Elle marquerait une étape supplémentaire dans l’uniformisation de notre armée et, contrairement à ce que pensent ceux qui se réjouissent de cette évolution, un obstacle à la construction d’une défense européenne autonome.

Source : Le Blog Mediapart, Pascal Boniface, 18-05-2017

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20 réponses à «La diplomatie au péril des valeurs» – 3 questions à Jean de Gliniasty, par Pascal Boniface 

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Revue de presse internationale du 20/05/2017

Publié le par Felli Bernard

Revue internationale, le retour, avec des articles récoltés au cours des semaines passées.

CRISE BANCAIRE

Des banques britanniques ont géré de vastes sommes d'argent sale "blanchi"

"Exclusif : des milliards de dollars ont été sortis de Russie dans l'opération "Global Laundromat", dans laquelle des société anonymes britanniques ont joué un rôle majeur."

Source : Guardian

DÉMOCRATIE

La première femme maire d'Alep nommée par le gouvernement

"Née à Alep, Gange (42 ans) a eu une longue carrière en politique, y compris plusieurs rôles dans le gouvernement municipal d'Alep."

Source : Almasdar News

Le Brésil est paralisé par une grève nationale justifiée par la dynamique mondiale familière de la corruption et de l'impunité des élites

"Il y a un peu plus d'un an, la présidente élue du Brésil, Dilma Rousseff, a été mise en accusation - officiellement en raison de non respect de la loi sur le budget - et remplacée par son vice-président centriste, Michel Temer. Depuis lors, pratiquement tous les aspects de la crise politique et économique de la nation - en particulier la corruption - ont empiré." La cote de popularité de Temer s'est effondrée à un seul chiffre. Ses alliés politiques les plus proches - les mêmes fonctionnaires qui ont conçu le procès de Dilma et l'ont installé à la présidence - sont devenus récemment les cibles officielles d'une vaste enquête criminelle. Le président lui-même a été impliqué par de nouvelles révélations, sauvé uniquement par l'immunité juridique dont il jouit. Il est presque impossible d'imaginer une présidence implosant plus complètement et plus rapidement que l'élu non élu imposé par les élites à la population brésilienne à la suite de l'impeachment de Dilma."

Source : Intercept

ENVIRONNEMENT

Des milliers d'enfants britanniques exposés à des niveaux illégaux de pollution de l'air

"Une étude conjointe du Guardian et de Greenpeace révèle que plus de 2000 écoles et garderies sont situées près de routes qui ont un niveau de pollution diesel dangereux pour la santé."

Source : Guardian

Comment un négationniste professionnel du changement climatique a découvert le mensonge et décidé de se battre pour la science

"La partie la plus difficile pour inverser le réchauffement de la planète est peut-être de convaincre les sceptiques du changement climatique de la nécessité de l'inversion. Bien que les scientifiques qui étudient le problème soutiennent très largement le fait que la terre subit des changements climatiques rapides et profonds en raison de la combustion des combustibles fossiles, une minorité du public reste obstinément résistante à ce fait. Avec la hausse des températures et les calottes glaciaires - et cette petite minorité en contrôle du Congrès et de la Maison Blanche - il n'y a plus de projet plus urgent que de persuader les deniers négationnistes du changement climatique de reconsidérer leurs points de vue. Nous avons donc contacté Jerry Taylor, dont le poste de président du Centre Niskanen implique de transformer les sceptiques climatiques en activistes du climat."

Source : Intercept

EUROPE

Abandonnés en mer

"L'Union Européenne maintient ses vaisseaux de sauvetage loin des côtes de Lybie, là où des milliers de réfugiés se sont noyés."

Source : Intercept

GÉOPOLITIQUE

La "Guerre contre la terreur" de Trump est rapidement devenue aussi barbare et sauvage qu'il l'avait promis

"Dès le début de sa présidence, la "guerre contre la terreur" de Trump a impliqué le massacre apparemment indiscriminé de personnes innocentes dans le but de tuer des terroristes. En d'autres termes, Trump a monté d'un cran la docrine de politique étrangère américaine vieille de 16 ans - celle qui veut que les États-Unis ont le droit de bombarder n'importe quel pays du monde où des personnes qu'ils considèrent terroristes se trouvent - et ce faisant, il a exaucé les promesses de campagne tordues qu'il avait exprimé."

Source : Intercept

La police métropolitaine de Londres analyse les allégations de crimes de guerre par l'Arabie Saoudite au Yemen

"La démarche de Scotland Yard risque de créer un incident diplomatique, alors que Theresa May se prépare à visiter l'état arabe dans le but de renforcer les liens commerciaux."

Source : Guardian

INEGALITES

Le coût élevé des soins de santé vole des années d'espérance de vie aux américains pauvres

"Une nouvelle étude révèle l'impact dévastateur du "piège santé-pauvreté du 21ème siècle"."

Source : Mother Jones

LIBERTÉS

Des personnalités haut-placé avaient averti du risque d'apartheid en Israël, alors pourquoi un tel scandale à propos du rapport de l'ONU ?

"La semaine dernière, le Comité Économique et Social des Nations Unies pour l'Asie Occidentale est devenue la première agence de l'ONU à publier un rapport officiel qui décrit comment "Israël a établi un régime d'apartheid qui domine les palestiniens en tant que population", et ceci a provoqué une fureur qui a amené le secrétariat de l'ONU à retirer le rapport de son site web, et Rima Khalef, le jordanien à la tête du Comité, à quitter son poste en signe de protestation. Bon débarras, disent les partisans de l'état juif. Mentionner le crime grotesque d'apartheid dans la même phrase que l'état démocratique d'Israël, prétendent-ils, est une "calomnie", une "diffamation", "abject", un "mensonge éhonté", un acte honteux d'"Israël-bashing" et "une nouvelle forme d'antisémitisme". Dans ce cas, je me demande que penser de Ben Gurion ? Malhonnête, abject ? Et que dire d'Yitzhak Rabin, qui a déclaré la télévision en 1976 durant le premier de ses deux mandats comme premier ministre d'Israël, "Je ne crois pas qu'il soit possible de maîtriser [NdT: "contain"] dans le long terme, si nous ne voulons pas devenir un apartheid, un million et demi d'arabes à l'intérieur d'un état juif." Était-il aussi engagé dans une campagne de calomnie contre la nation qu'il a dirigée ? Plus récemment, deux autres anciens premiers ministres, Ehud Olmert et Ehud Barak, ont répété les avertissements de leurs illustres prédécesseurs."

Source : Intercept

MATIÈRES PREMIÈRES

Le Salvador écrit l'Histoire en devenant la première nation à bannir totalement l'exploitation minière de métal

"Les militants célèbrent la victoire "de l'eau sur l'or", après que le pays se dirige unanimement vers une loi historique qui en finit avec toutes les formes d'exploitation minière de métal. La décision fait suite à une longue et amère lutte pour protéger les ressources en eau en cours d'appauvrissement du pays d'Amérique Centrale contre la pollution des projets miniers."

Source : Guardian

ÉTATS-UNIS

Le Sénat des États-Unis vient de vous vendre aux publicitaires

"Dans un vote 50-48, le Sénat a décidé de tuer les règles de la FCC [NdT: Federal Communications Commision, organisme de contrôle dédié aux télécommunications] qui empêchaient votre fournisseur d'accès à Internet de vendre l'historique des sites que vous visitez à l'industrie publicitaire sans votre permission. Si le changement est entériné par le Parlement, comme attendu, les compagnies telles que Comcast et Verizon auront la possibilité de faire de l'argent en révélant ce que vous achetez, où vous allez sur Internet, et ce que vous cherchez depuis votre maison, tout cela sans avoir à demander votre permission."

Source : Intercept

Un ancien procureur du Texas a probablement envoyé à la mort un innocent - Il est désormais poursuivi pour faute

"Le palais de justice de Corsicana, au Texas, à environ 60 milles au sud-est de Dallas, a été méticuleusement restauré à sa gloire originelle de 1905, un moment où le comté était inondé d'argent pétrolier. Sa principale salle d'audience présente des murs roses de deux étages et des détails architecturaux à l'or qui encadrent le banc du juge, le stand des témoins et le box du jury. Pendant plus de trois décennies, John Jackson a travaillé dans cette salle (bien que pendant ces années, il s'agissait d'un espace beaucoup plus utilitaire), d'abord comme procureur du bureau du procureur du district de Navarro et plus tard comme juge élu, jusqu'à sa retraite en 2012."

Source : Intercept

Une firme de Wall Street payant Obama 400,000$ fait face à une controverse interne après avoir empoché d'énormes règlements suite au 11 septembre

"Barack Obama prononcera un discours en septembre lors d'une conférence sur les soins de santé pour les investisseurs dirigés par Cantor Fitzgerald. Comme Fox Business News l'a déclaré pour la première fois lundi, l'entreprise lui versera 400 000 $. La critique d'Obama qui a suivi de monnayer ainsi sa présidence a été saisissante - mais a négligé la provenance de l'argent perçu. Cantor Fitzgerald, une importante maison de courtage de Wall Street, a perdu 658 de ses 960 employés lorsque le World Trade Center a été détruit lors des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Mais quand il a gagné un procès de longue durée contre American Airlines pour 135 millions de dollars en 2013, le produit n'a pas été versé aux familles des personnes décédées."

Source : Intercept

 

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Entre effondrement du prix du cacao et mutineries militaires, le « miracle » ivoirien ressemble de plus en plus à un mirage

Publié le par Felli Bernard

lundi 15 mai 2017

Entre effondrement du prix du cacao et mutineries militaires, le « miracle » ivoirien ressemble de plus en plus à un mirage

 
En Côte d’Ivoire, à l’effondrement du prix de la noix de cacao, vient de s’ajouter une nouvelle mutinerie militaire, la seconde depuis le début de l’année. Le plus grave pour le régime est que ce mouvement émane de ceux qui portèrent le président Ouattara au pouvoir.
 
Retour en arrière : début janvier 2017, une première mutinerie affecta le noyau dur des fidèles du président, ceux qui avaient combattu pour le hisser au pouvoir et qui, en récompense, avaient été intégrés à l’armée nationale. Ne se satisfaisant pas de ces « embauches », les mutins exigeaient non seulement le versement de primes, mais encore l’équivalent de 7500 euros… plus une maison. Des prétentions insensées dans un pays où la moitié de la population survit avec un euro par jour. Et pourtant, paniqué et impuissant, le gouvernement céda immédiatement à ces demandes exorbitantes. Or, loin d’apaiser la situation, cette capitulation provoqua une réaction en chaîne de la part de tous les « corps habillés », à savoir les policiers, les gendarmes, les douaniers et les pompiers.
 
Respectant sa promesse, le gouvernement versa 5 millions de francs CFA, soit 7620 euros à chacun des 8400 hommes concernés, le reste devant l’être en plusieurs termes. Or, les responsables de la mutinerie du mois de janvier négocièrent avec le gouvernement dans le dos de leurs mandants et, à l’issue d’un marchandage complexe, ils renoncèrent officiellement au versement du reste des sommes promises, à savoir environ 7 millions de francs CFA par mutin. La « base » n’ayant pas accepté ce geste « patriotique », elle a accusé ses leaders d’avoir été achetés…Voilà pourquoi, le 12 mai, une nouvelle mutinerie a éclaté à Bouaké, puis à Abidjan. Une mutinerie d’hommes de base livrés à leur bon vouloir et n’ayant plus de cadres pour les contrôler…
 
Pour encore compliquer l’affaire, ceux des « anciens combattants » ayant porté Alasssane Ouattara au pouvoir et qui n’ont pas été intégrés dans l’armée, réclament eux aussi ce qu’ils estiment être leur dû. Or, en raison de l’effondrement du prix de la noix de cacao, les caisses de l’Etat sont vides.
 
Le président Ouattara se trouve donc face à un choix douloureux :
 
1) Soit céder une nouvelle fois en confirmant ainsi que son pouvoir est d’une extrême faiblesse, avec pour conséquence que sa survie politique pourrait ne pas durer jusqu’à la fin de son mandat prévu en 2020.
 
2) Soit faire preuve d’autorité et tenter de mettre au pas des mutins avec pour résultat d’entrer en confrontation directe avec le cœur de ses partisans. Pour le plus grand profit de ses opposants…
 
Dans le numéro du mois de juin 2013 de l’Afrique Réelle, j’écrivais :
« Hissé au pouvoir par le président Sarkozy, Alassane Ouattara n’a toujours pas réussi à se dégager de l’image de fondé de pouvoir du nouvel ordre économique mondial qui lui colle à la peau. Arrivé à la présidence dans les fourgons des forces spéciales de l’ancien colonisateur, son prestige est limité ; c’est pourquoi il n’a pas réussi à prendre ses marques, prisonnier qu’il est d’une histoire politique dont il ne parvient pas à s’extraire ».
 
A moins d’une rapide et spectaculaire reprise en main, l’avenir de la Côte d’Ivoire s’annonce donc difficile. Or, avec le Nigeria et l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire est l’une des trois « locomotives » de l’Afrique sud-saharienne… Mais le Nigeria est en récession et en proie à de très graves problèmes régionaux dont, mais pas exclusivement, celui de Boko Haram ; l’Afrique du Sud a une croissance de 0,1% et traverse une très grave crise politique, économique et morale. Quant à la Côte d’Ivoire…Au-delà de leur portée régionale, les évènements de Bouaké et d’Abidjan illustrent la faillite d’un continent auquel « experts » et « spécialistes » mentent depuis l’époque des indépendances. Un « pieux » mensonge fondé sur l’approche économique, l’illusion universaliste et la juteuse escroquerie qui a pour nom développement [1].
 
Bernard Lugan
15/05/2017
 
[1] Voir à ce sujet mon livre « Osons dire la vérité à l’Afrique ». Pour le commander, cliquer ici.

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Les pays occidentaux complices de crimes contre l’humanité au Yémen.

Publié le par Felli Bernard

Les pays occidentaux complices de crimes contre l’humanité au Yémen.

 

 
 
 
 
 
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07 mai, 2017
Tribune libre

Alain Corvez

 

La sauvage agression du Yémen par l’Arabie Séoudite se déroule depuis mars 2015 dans l’indifférence générale des pays occidentaux pourtant ardents à donner des leçons de morale au monde entier pour dénoncer les crimes des Etats auxquels ils sont hostiles, voire dont ils veulent changer les dirigeants, qui ne répondent pas à leurs critères, par la force des armes, en dehors de toute légalité internationale. Une hypocrisie odieuse marque leur politique qui n’est, en fait, que celle décidée à Washington.

 

 

Les crimes contre l’humanité commis par la coalition menée par l’Arabie Séoudite au Yémen pour remettre au pouvoir son candidat ont détruit toutes les infrastructures vitales du pays : barrages, eaux, hôpitaux, électricité, infrastructures routières, aériennes et  portuaire, et tué des milliers de civils dont de nombreux enfants car leurs frappes semblent vouloir non seulement détruire le pays berceau de l’arabisme et de ses cultures séculaires, mais aussi atteindre le moral des habitants à la manière nazie. Tous les experts militaires savent que les combattants yéménites ont montré depuis toujours qu’ils sont bien plus expérimentés, patriotes et courageux que les mercenaires de l’alliance séoudienne qui accumulent les échecs tactiques sur le terrain. L’ Arabie désormais frappée sur son propre sol par des représailles yéménites ne peut gagner cette guerre mais continue à déverser chaque jour des tonnes de bombes par des frappes aériennes pour détruire un pays qui est le symbole de l’inverse de sa brutalité, de son sectarisme religieux et de sa barbarie.

Donald Trump qui avait promis tout au long de sa campagne de mettre un terme à l’interventionnisme militaire américain en se rapprochant de la Russie et de la Syrie notamment, fait exactement le contraire depuis son intronisation, sans doute repris en main de force par l’oligarchie qui gouverne en réalité les Etats-Unis. Il a frappé la Syrie sans avoir attendu qu’une enquête se déroule sur les accusations infondées d’emploi de l’arme chimique à Khan Cheikhoune, envoyé une escadre en mer de Chine comme pour attaquer la Corée du Nord au risque de déclencher une guerre nucléaire mondiale.

Ces rodomontades dangereuses s’accompagnent au Yémen d’un renforcement du soutien militaire à l’Arabie Séoudite et de l’augmentation des frappes de drones, soi-disant contre Al Qaïda mais qui touchent souvent des Yéménites qui n’en sont pas membres. Il accomplit ainsi les promesses qu’il a faites au roi Salmane, venu le rencontrer à Washington, de continuer et même de renforcer l’alliance du Pacte du Quincy.

La Grande-Bretagne et la France, si promptes à donner des leçons de morale au monde, non seulement ne dénoncent pas ces crimes dont pâtit atrocement la malheureuse population civile du Yémen, mais participent au soutien en armement de la monarchie wahhabite.

Le Yémen est un pays dont les richesses culturelles et patrimoniales ont été vantées au cours des siècles par tous les voyageurs et les orientalistes français et britanniques. Les historiens comme le Français, Jacques Benoist-Méchin, ont décrit avec émotion le raffinement qui a toujours marqué la culture yéménite qui est, en fait, le berceau de toute la culture arabe et l’origine des migrations qui peuplèrent la péninsule. Ce patrimoine exceptionnel est en train d’être détruit par la barbarie séoudienne, avec l’appui de l’Amérique et de ses valets. C’est un scandale qui restera dans l’Histoire.

La nomination récente de l’Arabie Séoudite à la Commission de la condition féminine à l’ONU est une insulte totale, un déni de bon sens, et ridiculise l’organisation internationale.

Alain Corvez
Conseiller en stratégie internationale

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Communiqué du Ministère russe des Affaires étrangères concernant l’enquête française sur l’usage présumé de l’arme chimique à Khan Cheikhoun

Publié le par Felli Bernard

Communiqué du Ministère russe des Affaires étrangères concernant l’enquête française sur l’usage présumé de l’arme chimique à Khan Cheikhoun

 
| Moscou (Russie)
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Paris a publié un rapport des renseignements français présentant l’appréciation du pays quant à l’usage présumé de l’arme chimique près de la ville de Khan Cheikhoun dans la province syrienne d’Idleb. Il s’agit déjà de la troisième enquête menée par un membre de la communauté internationale après la Turquie et le Royaume-Uni. On a l’impression que soit ces États ne font pas confiance à l’OIAC, soit ils cherchent à influencer son travail dans la direction qu’ils souhaiteraient.

Une première analyse du document français de cinq pages soulève déjà de nombreuses questions, notamment concernant les circonstances dans lesquelles la partie française a obtenu les échantillons qui, affirme-t-on, ont été prélevés directement sur les lieux des faits. Si les renseignements français les ont prélevés eux-mêmes, cela signifie qu’ils ont accès à la zone contrôlée par des groupes armés d’opposition syrienne liés à Al-Qaïda. Si les échantillons ont été obtenus dans un autre endroit, disons dans un pays voisin de la Syrie, alors la véracité de l’analyse effectuée est immédiatement remise en question.

Il convient de rappeler que conformément aux règles internationales, les échantillons analysés doivent rester intacts sur tout le trajet entre le lieu des faits et le laboratoire.

Pour prouver que le sarin soi-disant utilisé à Khan Cheikhoun a été produit par la Syrie, les auteurs du rapport indiquent que sa "recette" témoigne de l’usage de méthodes élaborées par les laboratoires syriens. On ignore d’où vient cette certitude, étant donné que le sarin sous forme "prête" n’a jamais existé en Syrie : il n’y avait que ses précurseurs qui ont été entièrement évacués du pays en 2014. Par ailleurs les dispositifs mobiles permettant de synthétiser le sarin ont été détruits, comme l’a confirmé l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

L’unique "accroche" des auteurs du rapport est la prétendue correspondance des résultats de l’analyse récente avec l’étude d’échantillons reçus par la France en 2013 à partir des lieux d’un autre incident qui pourrait également être lié à l’usage de sarin. C’est peu convaincant car la Mission de l’Onu, en 2013 déjà, n’avait pas pu confirmer indépendamment l’information du rapport français sur le prétendu incident à Saraqib et le respect de la procédure de préservation des preuves, y compris pendant le transport des échantillons prélevés. L’unique preuve matérielle à laquelle se réfèrent les auteurs du rapport est, à en juger par la photo, une grenade à main contenant du sarin qui aurait été lancé à partir d’un hélicoptère syrien. L’usage d’une grenade avec du sarin – c’est nouveau. C’est un cas sans précédent dans toute l’histoire des armes chimiques, à ce que l’on sache. Une munition chimique aussi "exotique" n’est pas très sûre pour son utilisateur.

En d’autres termes, de nombreuses incohérences témoignent de la mauvaise qualité de l’enquête. La seule possibilité réelle d’établir la vérité serait d’envoyer à Khan Cheikhoun et à la base aérienne de Chayrat, où se trouvait soi-disant le sarin utilisé à Khan Cheikhoun, la Mission de l’OIAC d’établissement des faits en utilisant toutes les méthodes prévues par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques et par le mandat de cette Mission. Il est également important que sa composition respecte le paragraphe 8 de ce mandat, qui exige la formation d’un groupe d’experts sur la base géographique la plus large possible. C’est seulement dans ce cas que les résultats de l’enquête internationale pourront être admis avec confiance par tous les pays.

C’était précisément l’objectif du projet récemment soumis par la Russie et l’Iran pendant la session spéciale du Conseil exécutif de l’OIAC. Malheureusement, il a été bloqué essentiellement par les pays occidentaux, dont la France, qui à titre d’alternative à une enquête internationale impartiale a entrepris sa propre enquête très ratée d’un point de vue professionnel.

Nous appelons à nouveau à cesser les "jeux politiques" indécents autour du dossier chimique syrien et d’entreprendre les démarches sur lesquelles la Russie insiste depuis trois semaines : envoyer à Khan Cheikhoun et à Chayrat un groupe de spécialistes dont feraient également partie des représentants de pays qui ne sont pas aveuglés par la haine envers le gouvernement légitime syrien.

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Europe de la défense, Syrie : avec Le Drian et Goulard, quelle diplomatie pour la France ?

Publié le par Felli Bernard

Europe de la défense, Syrie : avec Le Drian et Goulard, quelle diplomatie pour la France ?

Europe de la défense, Syrie : avec Le Drian et Goulard, quelle diplomatie pour la France ?© Thomas SAMSON Source: AFP
Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, et Sylvie Goulard, ministre des Armées, à l'Elysée le 18 mai 2017.

Les nouveaux ministres des Affaires étrangères et des Armées seront-ils les héritiers de la politique extérieure menée sous le quinquennat Hollande ? Pour l'expert militaire Philippe Migault, la réponse ne laisse pas de place au doute. Analyse.

RT France : Jean-Yves Le Drian a été nommé ministre de l'Europe et des affaires étrangères. La diplomatie française sous Emmanuel Macron sera-t-elle, selon vous, la continuité de celle qui a prévalu lors du quinquennat Hollande ?

Philippe Migault (P. M.) : Oui sans aucun doute ! Simplement parce que, indépendamment, des trois ministres de droite qui sont entrés dans ce gouvernement, il se situe majoritairement - si ce n'est très majoritairement - dans une sensibilité de gauche. Il va vraisemblablement poursuivre la politique de François Hollande vis-à-vis de l'Union européenne mais également des Etats-Unis, de la Russie et d'autres grandes puissances. On aura sans doute la même diplomatie. Seul le style devrait changer car Jean-Yves Le Drian n'est pas Jean-Marc Ayrault, mais grosso modo les orientations seront les mêmes.

Concrètement, nous sommes en guerre en permanence

RT France : Jean-Yves le Drian possède une certaine aura auprès des états-majors français. Doit-on s'attendre à voir avec lui un style diplomatique tourné vers la Défense et les interventions militaires ?

P. M. : La diplomatie française est déjà extrêmement tournée vers la défense et les interventions extérieures. Je rappelle qu'en 2013 nous Français étions prêts à aller frapper en Syrie. Si nous ne l'avons pas fait, c'est parce que les Américains nous ont laissés seuls en première ligne. Je rappelle également que la diplomatie française est à l'origine de la guerre en Libye et que concrètement nous sommes en guerre en permanence. De ce point de vue là, il n'y aura pas de changement majeur. Je pense néanmoins qu'en ce qui concerne l'aura de Jean-Yves Le Drian au sein des états-majors, c'est un point qu'il faut relativiser.

L'Europe de la défense sera certainement un chantier, mais un chantier vite abandonné

RT France : Sylvie Goulard, nouvelle ministre des Armées, est une ardente partisane de l'UE et du fédéralisme. L'Europe de la défense sera-t-elle selon vous l'objectif majeur de son action ?

P. M. : On peut sans aucun doute parier sur Sylvie Goulard pour essayer, notamment avec son homologue allemande Ursula von der Leyen, d'initier un certain nombre de chantiers de ce type. Il s'agira néanmoins certainement d'un affichage politique. Vous savez, il n'y a que la France qui veuille de cette Europe de la défense. Les Allemands et les autres alliés de la France au sein de l'OTAN n'en veulent pas. Nous pourrons toujours – comme le disait le Général de Gaulle –sautiller comme des cabris en criant «l'Europe, l'Europe, l'Europe», l'Europe de la défense, il n'y a que nous qui souhaitons la faire. Ce sera donc certainement un chantier, mais un chantier vite abandonné.

Les armées se battent sur les budgets que l'on veut bien leur allouer mais sur les orientations politiques de leur gouvernement, on ne les entend jamais

RT France : La volonté de Sylvie Goulard de créer plus d'interconnexions entre les armées des différents pays européens risque-t-elle d'entraîner des réactions négatives au sein de la défense française ?

P. M. : Les armées françaises sont légitimistes et légalistes. Elles obéissent à leur ministre de tutelle. J'ai rarement vu un général ou un amiral en exercice aller frontalement contre les orientations politiques de son ministère. Les armées se battent sur les budgets que l'on veut bien leur allouer. Sur les orientations politiques de leur gouvernement, on ne les entend jamais.

La France est une puissance moyenne, régionale, qui n'a plus les moyens de ses ambitions au Moyen-Orient.

RT France : Emmanuel Macron s'est déclaré favorable en avril dernier à une intervention militaire française en Syrie. Une intervention renforcée est-elle à prévoir ?

P. M. : Comme je vous l'ai dit plus haut, la France a voulu agir en Syrie en 2013 et s'est retrouvée bien seule. Agir d'accord, mais agir comment ? Dans quel but ? Et surtout agir avec quels moyens ? Ce sont les questions qui comptent. Concrètement en Syrie nous avons perdu la main. L'initiative diplomatique et stratégique appartient à la Russie, à la Turquie, à l'Iran et à Bachar el-Assad mais elle n'appartient plus ni à la France ni aux Etats-Unis. On peut peut-être s'attendre au Moyen-Orient à une présence française plus importante au sein de la coalition internationale contre l'Etat islamique – même si je pense que nous sommes vraiment à la limite de ce que nos moyens militaires nous permettent de faire. Au delà des incantations déclaratoires disant que la France est prête à faire davantage, il faut se rendre compte que la France est une puissance moyenne, régionale, qui n'a plus les moyens de ses ambitions au Moyen-Orient.

Lire aussi : Première conversation téléphonique entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron

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Vladimir Poutine ironise sur les secrets d’Etat prétendument révélés par Trump à Lavrov – Exclusivité

Publié le par Felli Bernard

 

Vladimir Poutine et le Premier ministre italien, Paolo Gentiloni, reçu au Kremlin, ont donné une brève conférence de presse à l’issue de leur rencontre, le mercredi 17 mai. C’est dans ce cadre que Vladimir Poutine a ironisé sur les prétendus secrets d’État qu’aurait révélés Donald Trump à Sergeï Lavrov et qui ont provoqué les prémices d’une procédure de destitution du président américain:

Question au président Poutine: Je vois que M. Lavrov est ici, et je voudrais vous demander s’il vous a informé de sa récente rencontre avec le président Trump? De plus, comment évaluez-vous l’action de Trump en ce qui concerne le président américain?

Vladimir Poutine:

En ce qui concerne les résultats de la visite du ministre des Affaires étrangères Lavrov aux États-Unis et sa rencontre avec le président Trump, nous évaluons les résultats de manière très positive. C’était la première visite, une visite de retour de notre ministre des Affaires étrangères, après avoir reçu le secrétaire d’État américain Tillerson à Moscou.

C’est une pratique internationale normale et naturelle. Dans le même temps, cependant, nous voyons la schizophrénie politique croitre aux États-Unis. Je n’ai pas d’autre moyen pour expliquer les accusations contre le président actuel selon lesquelles il aurait remis des secrets à Lavrov.

Incidemment, j‘ai parlé avec Lavrov aujourd’hui de cette question, et je devrais lui asséner une bonne correction pour ne pas avoir partagé ces secrets avec moi. Pas avec moi, ni avec nos responsables du renseignement. Cela n’est vraiment pas bon du tout pour lui.

Au premier rang des spectateurs dans la salle de conférence, Sergeï Lavrov a été écroulé de rire du début à la fin, ainsi que le montrait une vidéo.

De plus, poursuit le Président russe, si l’administration américaine n’a pas d’objection, nous sommes prêts à fournir une transcription de la conversation de Lavrov avec Trump au Sénat et au Congrès américain. Bien sûr, nous ne le ferons que si l’administration américaine le désire.

Au début, lorsque nous avons regardé les premiers développements de cette lutte politique interne, nous nous sommes amusés. Mais maintenant, le spectacle devient tout simplement affligeant, et cela ne manque pas de nous causer des inquiétudes, tant il est difficile de simplement imaginer jusqu’où ces gens sont disposés à aller dans ce genre de non-sens et de stupidité. Tout cela est porté jusqu’au paroxisme par une vague anti-russe.

Cela ne me surprend pas. Ils utilisent des slogans russophobes pour déstabiliser la situation politique interne aux États-Unis, mais probablement ne se rendent-ils pas compte qu’ils nuisent à leur propre pays. Si tel est le cas, alors ils sont tout simplement stupides. S’ils comprennent ce qu’ils font, ce sont des gens dangereux et peu scrupuleux. En tout état de cause, c’est l’affaire des États-Unis et nous n’avons pas l’intention de nous impliquer là-dedans.

En ce qui concerne les évaluations des actions du président Trump jusqu’ici dans son office, ce n’est pas non plus notre affaire. C’est l’affaire du peuple américain, des électeurs américains, à eux de faire leur évaluation. Bien sûr, cela ne sera possible qu’une fois que le président américain sera entièrement autorisé à travailler…

Traduction: Emilie Defresne  – Source : Le Kremlin

L’Etat profond et les perdants des élections américaines s’activent plus que jamais au point d’en être à déclencher la procédure de destitution du président Donald Trump en prenant appui sur la russophobie qui fait rage dans le pays à force de propagande. En effet cette oligarchie mondialiste ne pardonne pas à Donald Trump d’avoir reçu Sergeï Lavrov, le ministre des Affaires Étrangères russe à Washington. Or faire de la Russie l’ennemie est indispensable à la bonne marche des affaires et aux marchés boursiers, car il faut justifier devant l’opinion publique les guerres qui leur sont si profitables à tout point-de-vue, que ce soit au profit des marchands d’armes, du contrôle des ressources d’énergie, ou encore de la mise en branle des vastes flux migratoires, principalement en direction de l’Europe, qui permettent de contrôler une main d’œuvre précaire et aux abois, en la dépréciant. C’est aussi le moyen de tenir les pays membres de l’OTAN sous une étroite dépendance et sous le règne du dollar, empêchant ainsi les pays de l’Union européenne, déstabilisés chroniquement, d’être en mesure de faire une trop grande concurrence à la puissance mère et modèle que représentent les USA. La Paix est donc l’ennemie des affairistes, des banques et des Bourses. Et pour justifier la guerre il faut un ennemi désigné. La Russie joue ce rôle depuis la Révolution de 1917 et plus encore depuis la fin de la Seconde guerre mondiale sans désemparer, sauf durant une dizaine d’années lorsqu’elle était au fond du trou à la chute de l’empire soviétique. Mais qu’elle soit communiste ou bien qu’elle ait réussi sa contre-révolution anti-communiste, pour les oligarques, elle fait une ennemie héréditaire très convenable; dommage que les russes ne jouent pas le jeu.

On comprend dans ces conditions que tous les moyens ont été mis en œuvre par le camp mondialiste des oligarques pour empêcher Marine Le Pen d’arriver au pouvoir.

emiliedefresne@medias-presse.info

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La Slovaquie va-t-elle quitter l'Otan?

Publié le par Felli Bernard

La Slovaquie va-t-elle quitter l'Otan?

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Plus de 150 000 personnes ont déjà signé la pétition appelant le gouvernement slovaque à organiser un référendum sur la sortie de l'Otan.

C'est ce qu'a annoncé le parti parlementaire Kotleba — Parti populaire "Notre Slovaquie" qui a lancé la pétition en question. De plus, les habitants du pays comptent exprimer leur colère contre le déploiement de bases otaniennes sur le territoire slovaque lors d'une manifestation le 18 mai. Le soutien de l'Otan par la population est en chute libre et dans ce contexte, la Slovaquie pourrait être le premier pays à annoncer sa sortie de l'Otan d'ici 2020.

La Slovaquie a rejoint l'Otan avec la République tchèque, la Hongrie et la Pologne en 1999 sans avoir organisé de référendum à ce sujet. Les sondages indiquaient qu'à l'époque déjà la majorité des Slovaques avaient une attitude négative envers les actions de l'Alliance. Par exemple, plus de 62% de la population étaient opposés aux bombardements de l'Otan en Yougoslavie en 1999. Le scepticisme des Slovaques vis-à-vis de l'Alliance perdure. Selon les dernières informations de l'agence de presse slovaque Globsek, depuis fin 2016 47% des Slovaques préfèrent la neutralité du pays à la présence au sein de l'Otan.

Le parti Kotleba a donc lancé une pétition pour appeler à organiser un référendum sur la sortie du pays de l'Otan qui, selon les militants du parti, pourrait être organisé d'ici un an ou deux.

Conformément à la Constitution slovaque, 350 000 signatures sont nécessaires pour organiser un référendum.

Les Slovaques expriment également leur désapprobation de l'Otan en organisant des manifestations partout dans le pays contre l'installation de bases militaires et de soldats étrangers sur le territoire national. Cette année a été ouvert un nouvel état-major de l'Otan à Bratislava et le territoire slovaque se transforme en centre de transit des forces de l'Alliance pour renforcer le flanc est de l'organisation.

Selon Branislav Fabri de l'université Comenius de Bratislava, le mythe imposé et propagé par l'Occident de la "menace russe" ne suscite pas de sympathies pour l'Alliance auprès des citoyens.

"Les interventions militaires de l'Otan ont déstabilisé le Moyen-Orient et provoqué une crise migratoire qui a submergé l'Europe. Enfin, les citoyens sont en colère par rapport à la situation politique dans le pays", explique l'expert.

Aujourd'hui, la Slovaquie est prise en otage du conflit artificiellement créé entre l'Occident et la Russie. De plus en plus d'habitants d'Europe de l'Est prennent conscience du fait que la présence au sein de l'Otan est en totale contradiction avec leurs intérêts nationaux.

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Delphine Ernotte explique pourquoi David Pujadas ne présentera plus le 20 Heures sur France 2.

Publié le par Felli Bernard

Publié par Pascal 18/05 6h42

Delphine Ernotte explique pourquoi David Pujadas ne présentera plus le 20 Heures sur France 2.

« Le temps est venu d’un nouvel élan » annonce Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, dans les colonnes du Parisien au lendemain de l'éviction de David Pujadas.

Ce dernier, dont elle salue le professionnalisme et la rigueur, est quelqu’un qu'elle apprécie. Mais ajoute-t-elle, cela fait seize ans qu’il présente le 20 Heures. "Il a couvert quatre présidentielles. J’ai estimé que le temps était venu de donner un nouvel élan. Il est inutile d’attendre que les choses aillent mal pour changer."

Tout changement comporte sa part de risque, mais ce n’est pas un saut dans l’inconnu, car la rédaction est là, souligne Delphine Ernotte. "Et c’est une rédaction exceptionnelle : on l’a encore vu récemment dans le traitement des grandes séquences d’actualité. Il n’y a aucune raison que cette belle rédaction ne poursuive pas son travail. Toute l’équipe du 20 Heures reste. Le changement de présentateur interviendra en septembre. On se donne le temps".

Et, comme révélé par Pure Médias, c'est bien Anne-Sophie Lapix qui présentera le 20H à la rentrée. La meilleure candidate possible pour ce poste selon la présidente de France Télévisions.

Crédit photo © Pierre Morel.

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