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Fillon: Washington embarque l'Europe dans une croisade contre la Russie

Publié le par Felli Bernard

F. FILLON
F. FILLON

© Sputnik. Alexei Druzhinin

International

18:58 10.06.2015(mis à jour 09:40 11.06.2015) URL courte

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François Fillon, député de Paris et ancien premier ministre français, a critiqué mercredi l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis (TTIP) en déclarant que l'Europe a perdu son indépendance, lors du talk-show "Bourdin Direct" sur la chaîne BFM TV.

"Aujourd'hui l'Europe n'est pas indépendante. Les Etats-Unis empiètent en permanence sur la vie des pays européens. Les Etats-Unis font pression sur l'Allemagne pour que l'Allemagne le fasse à son tour sur la Grèce et qu'on trouve un compromis avec la Grèce. Les services de renseignement allemands espionnent la France pas pour son compte, mais pour le compte des Etats-Unis", a déclaré M.Fillon.

"Les Etats-Unis nous embarquent dans une croisade contre la Russie qui est contre les intérêts de l’Europe. Les Etats-Unis mènent une politique au Proche-Orient qui est extraordinairement dangereuse pour nous", a-t-il ajouté.

Selon lui, l'Union européenne donne malgré tout son accord, alors qu'elle devrait au contraire adopter une position indépendante.

Quant au traité de Partenariat transatlantique sur le commerce et l'investissement (TTIP), M. Fillon a affirmé être contre la signature de cet accord dans son état actuel.

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Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150610/1016502231.html#ixzz3ckLwSxaf

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Le Parlement s'écharpe de nouveau sur le TTIP

Publié le par Bernard Felli

Le Parlement s'écharpe de nouveau sur le TTIP

Le Parlement s'écharpe de nouveau sur le TTIP
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Le Parlement s'écharpe de nouveau sur le TTIP

Publié le par Felli Bernard

TRAITE TRANSATLANTIQUEManifestation devant le Parlement europen à Strasbourg, le 10 juin - Photo EA
TRAITE TRANSATLANTIQUEManifestation devant le Parlement europen à Strasbourg, le 10 juin - Photo EA

Le Parlement s'écharpe de nouveau sur le TTIP

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Published: 11/06/2015 - 08:32

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Manifestation devant le Parlement europen à Strasbourg, le 10 juin - Photo EA

Après le report d'un vote par les sociaux-démocrates, le PPE a aussi fait reporter le débat prévu mercredi 10 juin sur le traité transatlantique. Des manoeuvres politiques dont chaque camp se renvoie la responsabilité.

Le psychodrame entre les deux principaux groupes politiques s’est prolongé, mercredi 10 juin au Parlement européen. La veille, le report du vote sur un rapport donnant l’avis de l’institution sur le traité transatlantique avait mis les élus en émoi. La décision du président du Parlement européen, de reporter le vote sur un prétexte fragile, soit le fait que le texte qui devait être voté comportait trop d’amendements, a irrité la droite qui y a vu une prise d’otage du dossier TTIP. Elle a donc décidé de répliquer.

>>Lire : Le TTIP exacerbe les fractures de la grande coalition au Parlement européen

Au terme d'une réunion de groupe animée, mardi soir, le PPE a décidé de tenter le report du débat, tout en s’assurant du soutien d’une partie de la droite britannique, du groupe ECR, notoirement pro-TTIP. Si bien que la demande de report mercredi matin à 8h30 est effectivement passée, de justesse : 183 élus, principalement PPE et ECR ont voté pour, 181 contre.

Grosse déception

L’annulation de ce qui s’annonçait comme le principal débat de la session a fortement déçu.

« Déjà que la Commission ne nous donne pas tellement de travail, c’est déroutant : les deux votes importants de la session ont été annulés » a regretté Pascal Durand, eurodéputé vert, évoquant le rapport Coferatti sur la gouvernance des entreprises, qui devait faire l’objet d’un débat lundi.

La mobilisation anti-TTIP, des extrêmes gauche et droite, mais aussi des Verts, a de son côté crié à la manipulation, et accusé les sociaux-démocrates de frayer avec les libéraux britanniques.

Coopération législative plutôt que grande coalition

« Mais si nous voulons envoyer un signal clair sur le TTIP à la Commission européenne, il nous faut trouver une majorité d’élus qui ne rejettent pas le TTIP quoi qu’il arrive ! » a réagi le chef du groupe S&D au Parlement, l’italien Gianni Pitellla.

Il a aussi clairement évoqué la grande coalition, en estimant qu’elle n’existait pas. « Nous sommes dans une coopération législative, pas une « grande coalition », comme en Allemagne, parce qu’il n’y a pas de gouvernement. Comme il n’y a pas de majorité, nous devons trouver des compromis en permanence » a-t-il assuré.

Les divisions de son groupe ont tellement éclaté au grand jour autour de ces négociations que l’homme politique s’est attiré les foudres de la droite. « Gianni Pitella est un médiocre, c’est un as de la médiocrité » a estimé l’élue Les Républicains Françoise Grossetête, estimant que la faiblesse du chef favorisait l’éclatement des positions au sein du groupe S&D.

Des divisions aussi au PPE

« Je suis très inquiet des divisions chez les socialistes » a renchéri Alain Lamassoure, tout en minimisant les divisions au sein de son propre groupe, qui existent pourtant. Les élus PPE de Pologne, d’Espagne et de France se sont récemment opposés au reste du groupe sur la proposition de répartition de migrants par un système de quotas.

Les fractures au sein du groupe S&D semblent de fait plus profondes. « Certains ne comprennent toujours pas comment le Parlement européen fonctionne en fait, ils ne veulent jamais entendre parler de compromis ; mais sans compromis, on ne va nulle part ici » rappelle un membre du S&D.

Une position fustigée par le rapporteur sur le TTIP, l’Allemand Bernd Lange. « Il faudrait savoir ce qui est le plus important au final : transmettre un avis construit du Parlement européen à la Commission sur le sujet, ou gagner quelques « like » supplémentaires sur Facebook ? » s’est interrogé le député allemand lors d’une conférence de presse, en évoquant le besoin de popularité des socialistes qui ont bloqué sur le vote du TTIP. La question reste ouverte.

EurActiv.fr

Aline Robert

Thèmes:

TTIP

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Mieux vaut tard que jamais...

Publié le par Bernard Felli

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Mieux vaut tard que jamais...

Publié le par Felli Bernard

BERNARD LUGAN
BERNARD LUGAN

Editorial de Bernard Lugan

Mieux vaut tard que jamais...

Le quotidien Le Monde et l'hebdomadaire Jeune Afrique viennent semble-t-il de découvrir ce que les abonnés à l'Afrique Réelle connaissent depuis plusieurs mois, à savoir que l'Algérie est au bord du gouffre et que la « lune de miel » entre la Chine et l'Afrique est terminée. Mieux vaut tard que jamais...

Dans son numéro daté du 26 mai 2015, Le Monde Economie publie ainsi un article intitulé « L'Algérie s'inquiète de la chute des cours du pétrole » dans lequel, l'envoyée spéciale de ce journal à Alger, découvre que la chute des cours met l'Algérie dans une situation intenable et que la baisse de ses réserves de pétrole va conduire le pays dans une impasse. Toutes choses que l'Afrique Réelle explique depuis des mois.

Pour en savoir plus, les lecteurs pourront se reporter à mon communiqué en date du 14 novembre 2014 intitulé « L'Algérie est au bord du gouffre », à l'article publié dans le numéro de février 2015 intitulé « Algérie : l'effondrement des cours du pétrole menace la paix sociale » et à celui du mois de mars 2015 dont le titre est « L'Algérie produira-t-elle encore du pétrole et du gaz en 2030 ? »

Dans son numéro daté du 24 mai 2015, l'hebdomadaire Jeune Afrique consacre quant à lui un dossier à la « Chine-Afrique » dans lequel nous retrouvons, là encore, des analyses « parentes » de celles publiées dans l'Afrique Réelle.

Avec cinq mois de retard, Jeune Afrique semble ainsi découvrir ce qui était écrit dans le numéro de l'Afrique Réelle du mois de janvier 2015 dans un dossier intitulé « La Chine et l’Afrique » et portant en exergue un proverbe africain : « La sagesse du lion n'est pas celle de l'antilope », proverbe illustrant la réalité profonde des relations entre la Chine et l'Afrique.

Dans ce numéro j'écrivais que : « Quasiment inexistants dans les années 1980, les échanges entre la Chine et l'Afrique ont ensuite connu une accélération spectaculaire. Ce mouvement ne doit cependant pas cacher une réalité qui est que la Chine ne va pas « développer » l'Afrique à elle seule. Elle n'en a ni les moyens ni l'intention. De plus, ses méthodes y posant de plus en plus de problèmes, la déception ou même l'hostilité commencent à y devenir réelles ». Suivait un autre article intitulé « La lune de miel est terminée », qui s'ouvrait par les lignes suivantes : « La lune de miel entre Pékin et l'Afrique semble terminée. En réaction à l'agressivité commerciale chinoise en Afrique, de plus en plus nombreuses sont en effet les études qui délivrent un message alarmiste dénonçant un néocolonialisme chinois, un « cauchemar africain », un « pillage du continent », des « liens de dépendance » ou même un « système cleptocratique ».

Dans un troisième article consacré, celui-là, à « La nouvelle politique chinoise », il était écrit : « Après l' « essaimage » qui lui permit de prendre pied en Afrique et d'y faire illusion en hypnotisant en quelque sorte les Africains, la nouvelle politique chinoise consiste désormais à cibler ses secteurs d'intervention. Comme les Etats-Unis, mais sur une échelle plus importante, la Chine va donc pratiquer une économie de comptoir, c'est à dire de pillage des matières premières africaines, loin de toute idée de développement ».

Le Monde et Jeune Afrique venant de faire les mêmes analyses, il est donc « réconfortant » de constater que la « lucidité » finit parfois par s'imposer aux journalistes quand ils disposent de bonnes sources...

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Ukraine: que reste-t-il de Minsk ?, par Jacques Sapir

Publié le par Felli Bernard

Ukraine: que reste-t-il de Minsk ?, par Jacques Sapir
Jacques SAPIR
Jacques SAPIR

11

juin

2015

Ukraine: que reste-t-il de Minsk ?, par Jacques Sapir

La situation en Ukraine et dans les zones insurgées du Donbass se détériore progressivement. Les combats de ces derniers jours, assurément limités, mais qui ont été les plus violents depuis janvier 2015 le prouvent. L’accord « Minsk-2 » est en train de ce dissoudre, et ceci largement du fait du gouvernement de Kiev. Cela était prévisible. Il faut donc revenir sur la situation pour tenter de comprendre comment on en est arrivé là.

Les ruptures du cessez-le-feu

Le cessez-le-feu décrété après les accords de Minsk-2 n’a jamais été parfaitement respecté. Les observateurs de l’OSCE insistent sur le fait que ces violations sont, le plus souvent, le fait des forces de Kiev. Les bombardements de fin mai sont progressivement montés en puissance, provoquant la « contre-offensive » des forces insurgées sur Mariinka. Mais, après avoir pris le contrôle de cette petite ville, d’où des observateurs guidaient les tirs de l’artillerie des forces de Kiev, les forces insurgées n’ont pas poussé plus loin leur avantage.

Le discours tenu le 4 juin par le Président Poroshenko à Kiev, devant le Parlement (laRada) où il évoque les milliers, voire les dizaines de milliers de soldats russes dans le Donbass doit être pris pour ce qu’il est : de la propagande[1]. Kiev a visiblement voulu jouer la carte d’une stratégie de la tension pour tenter de ressouder ses soutiens internationaux qui semble aujourd’hui se déliter. Le moins que l’on puisse dire est que cette tentative s’est plutôt retournée contre ses auteurs.

Ces ruptures du cessez-le-feu ne présagent pas à elles seules d’une possible reprise des combats. Elles ne sont significatives que dans la mesure où elles se situent dans un contexte de non-application de l’accord de Minsk-2. Rappelons que l’accord de Minsk-2 prévoyait un important volet politique en plus du volet militaire (cessez-le-feu, échange de prisonniers). Ce volet politique prévoyait une fédéralisation de fait de l’Ukraine et le respect de l’intégrité territoriale du pays, moyennant une très large autonomie conférée aux régions de Lougansk et Donetsk. D’emblée, le gouvernement de Kiev a montré de fortes réticences a mettre en œuvre le volet politique de l’accord. Or, si l’on ne procède pas à la mise en œuvre du volet politique, la question militaire resurgira nécessairement. C’est bien parce que nous sommes dans une impasse politique qu’il y a un risque de reprise généralisée des combats.

Le camp de la guerre

Il faut ici dire que, des deux côtés, il y a des personnes qui poussent à cette reprise des hostilités. Du côté des forces de Kiev, les différents groupes d’extrême-droite, voire ouvertement fasciste, poussent à l’évidence à une reprise des combats. Outre l’espoir d’obtenir des victoires sur le terrain, ces groupes ont compris qu’ils ne seront importants dans l’espace politique kiévien qu’en raison du maintien d’une atmosphère d’hostilités et de conflits. Que la tension retombe et ces groupes apparaîtront pour ce qu’ils sont, des bandes de dangereux excités et nostalgiques du nazisme. D’autre forces jettent de l’huile sur le feu : ce sont certains des oligarques, qui forment l’épine dorsale du régime de Kiev, et qui cherchent à prospérer sur l’aide militaire (en particulier américaine). Eux aussi ont intérêt à une reprise des combats.

Du côté des insurgés, il y a des groupes et des personnes qui regrettent que les forces de la DNR (Donetsk) et de la LNR (Lougansk) n’aient pu pousser leur avantage en septembre 2014. A ce moment là, l’armée de Kiev était en pleine déroute. Il eut été possible de reprendre Marioupol, voire d’aller vers Kherson. Si l’offensive des forces de la DNR et de la LNR s’est arrêtée là ou elle s’est arrêtée, c’est du fait de l’intervention russe. Le gouvernement russe a clairement fait comprendre aux insurgés qu’ils devaient s’arrêter. Et ici se place l’un des paradoxes de la crise ukrainienne : les pays de l’Union européenne, et les Etats-Unis, auraient dû prendre en compte cette attitude de la Russie. Il n’en a rien été, ce qui n’a pas peu contribué à persuade les dirigeants de Moscou de la mauvaise foi de leurs interlocuteurs. Si les relations sont tellement difficiles aujourd’hui entre ces pays et la Russie, c’est aussi le produit de leur attitude envers la Russie au moment où cette dernière faisait tout pour calmer la situation militaire.

Les relations de Moscou avec la DNR et la LNR sont complexes. Ceux qui veulent ignorer l’existence d’une autonomie de décision de Donetsk (plus que de Lougansk) commettent une grave erreur. Bien entendu, les dirigeants de la DNR et de la LNR cherchent à être dans de bons termes avec la Russie, mais leurs objectifs ne coïncident pas nécessairement.

La vie dans le statuquo

Faute d’une mise en œuvre du volet politique de l’accord de Minsk, la vie tend à s’organiser sur la base d’une indépendance de fait des régions de Lougansk et Donetsk. Et il est clair que cette vie est tout sauf facile. La population totale des zones sous le contrôle des insurgés est d’environ 3 millions d’habitants, dont environ 1 million est réfugié en Russie. La persistance des combats sur la ligne de front empêche tout effort sérieux de reconstruction pour l’instant, à l’exception du rétablissement de la ligne de chemin de fer entre Lougansk et Donetsk. Une des raisons, d’ailleurs, dans le maintien des combats et les violations incessantes du cessez-le-feu par les forces de Kiev, est la volonté ouvertement affichée par les dirigeants de Kiev de maintenir la population du Donbass dans une insécurité importante et dans une atmosphère de terreur.

Le gouvernement de Kiev a suspendu le paiement des retraites et pensions, ce qui équivaut d’une certaine manière à reconnaître qu’il ne considère plus Lougansk et Donetsk comme relevant de sa juridiction. Rappelons d’ailleurs que le gouvernement russe avait toujours maintenu le versement des retraites et des pensions en Tchétchénie dans la période ou Doudaev avait proclamé la soi-disant « indépendance » de cette république. Il n’est pas dit que les dirigeants de Kiev aient mesuré toutes les implications juridiques de leurs actions. L’un des points de l’accord de Minsk-2 était justement de veiller à la reprise de ces versements. Inutile de dire que Kiev continue de s’y opposer. La population est largement tributaire de l’aide humanitaire russe. Une production minimale continue de sortir des mines de charbons et de certaines usines. Cette production était vendue à Kiev jusqu’en décembre. Puis, à la suite de la destruction par les forces de Kiev de la ligne de chemin de fer, ces ventes se sont interrompues et ont été remplacées par des ventes à la Russie.

Insistons sur ce point : il entraine une progressive raréfaction de la Hryvnia dans le Donbass et la montée en puissance du Rouble russe. De plus, compte tenu de la meilleure solidité du Rouble par rapport à la Hryvnia, le Rouble est massivement devenu l’instrument d’épargne et l’unité de compte dans le Donbass. Or, la question de la monnaie qui circule est éminemment politique. Le choix, pour les autorités de la DNR et de la LNR, est donc entre trois solutions : conserver le Hryvnia (et reconnaître que la DNR et la LNR sont des républiques autonomes dans le cadre de l’Ukraine), basculer vers le Rouble, ce qui prendrait la dimension d’une annexion par la Russie, ou créer leur propre monnaie, et revendiquer leur indépendance. Cette dernière solution n’est pas impossible. Les Pays Baltes, avant d’adopter l’Euro, ont eu chacun leur monnaie. Mais, elle soulève des problèmes extrêmement complexes à résoudre. En réalité, autour de la question de la monnaie se déploie la question du futur institutionnel du Donbass. Les autorités de la DNR et de la LNR, pour l’instant, conservent la Hryvnia. Mais, la raréfaction des billets et la disponibilité du Rouble pourraient bien les obliger d’ici quelques mois à changer d’avis. On voit alors ce qui est en cause. Donetsk et Lougansk vont-ils avoir le statut de république autonome au sein de l’Ukraine, dont il faudra alors réviser la Constitution, ou s’oriente-t-on vers une indépendance de fait, qui ne sera pas reconnue par la communauté internationale ? La Russie, pour l’instant, pousse plutôt pour la première solution alors que les dirigeants de la DNR et de la LNR ne cachent pas leur préférence pour la seconde.

La position des occidentaux

Face à cette situation qui dégénère du fait de l’absence de volonté de mettre en œuvre une solution politique, on a noté ces dernières semaines une certaine évolution de la position tant des Etats-Unis que des pays de l’Union européenne.

Les Etats-Unis, par la voix de leur Secrétaire d’Etat, John Kerry, insistent désormais sur la nécessité pour Kiev d’appliquer l’accord de Minsk-2[2]. Très clairement, les Etats-Unis n’entendent pas porter le fardeau de l’Ukraine, dont l’économie se désintègre et qui pourrait dans les jours ou les semaines qui viennent faire défaut sur sa dette, comme semble l’annoncer l’échec des négociations avec les créanciers privés[3].

L’Ukraine, qui connaît depuis ces derniers mois une inflation galopante et dont la production pourrait baisser de -10% en 2015, après une baisse de -6% en 2014, a désespérément besoin d’une aide massive. Or, les Etats-Unis n’ont aucune intention de la lui fournir. Ils se tournent vers l’Union européenne, mais cette dernières est, elle aussi, plus que réticente. Bien sur, le secrétaire d’Etat à la défense, Ash Carter, insiste pour que de nouvelles sanctions soient prises contre la Russie[4]. Mais, ceci est plus à mettre sur le compte de l’inefficacité maintenant constatée des sanctions précédentes.

La position française a commencé à évoluer depuis ces derniers mois. Non seulement on commence à reconnaître au Quai d’Orsay que la question ne peut se résumer en un affrontement entre « démocratie » et « dictature », mais on sent, à certaines déclarations, une réelle fatigue devant les positions du gouvernement de Kiev qui ne fait rien pour appliquer les accords de Minsk. On commence à regretter, mais sans doute trop tard, d’être entré dans une logique diplomatique dominée par les institutions de l’UE, qui donnent de fait un poids hors de toute proportion aux positions des polonais et des baltes sur ce dossier. Le sommet européen des 21-22 mai qui s’est tenu à Riga a, de fait, sonné le glas tant des espoirs ukrainiens que de ceux de certains pays boutefeux au sein de l’UE[5].

L’Allemagne, elle aussi, commence à évoluer sur cette question. Après avoir adopté une position hystériquement anti-russe depuis des mois, elle semble avoir été prise à contre-pied par le changement de position des Etats-Unis. Très clairement, elle perçoit que si ces derniers réussissaient à faire porter le fardeau ukrainien à l’Union européenne, c’est l’Allemagne qui aurait le plus à perdre dans cette logique. Il est extrêmement intéressant de lire dans le compte rendu de la réunion de Riga que l’accord de Libre-Echange ouDeep and Comprehensive Free Trade Agreement (DCFTA) est désormais soumis dans son application à un accord trilatéral. Deux des parties étant évidents (l’UE et l’Ukraine) on ne peut que penser que la troisième partie est la Russie, ce qui revient à reconnaître les intérêts de ce dernier pays dans l’accord devant lier l’Ukraine à l’UE. En fait, on est revenu à la situation que les russes demandaient en 2012 et 2013, mais ceci après un an de guerre civile en Ukraine.

Il semble donc bien que seule la Grande-Bretagne continue de soutenir une position agressive à l’égard de la Russie, alors que dans d’autres capitales c’est bien plutôt la lassitude devant la corruption, l’incompétence et le cynisme politique de Kiev qui domine.

La Russie en position d’arbitre

Les derniers évènements montrent que la Russie est en réalité dans une position d’arbitre sur le dossier ukrainien. La position officielle du gouvernement russe est d’exiger l’application complète des accords de Minsk-2. Mais, d’un autre côté, il sait que le temps joue pour lui et il pourrait être tenté de laisser pourrir la situation.

Incapable de se réformer, en proie à une crise économique dramatique, Kiev est d’ores et déjà en proie à des problèmes de plus en plus graves. La guerre des oligarques qui se poursuit dans l’ombre montre clairement qu’au sein de l’alliance au pouvoir à Kiev existent des divergences importantes. La nomination par le Président Poroshenko de l’ancien président géorgien, Mikhaïl Sakaachvili, l’homme qui fut responsable de la guerre en Ossétie du Sud et 2008 et qui est poursuivi pour abus de pouvoir dans son propre pays, comme gouverneur de la région d’Odessa montre bien que Kiev se méfie comme de la peste des grands féodaux ukrainiens qui sont susceptibles de changer d’allégeance du jour au lendemain. Un sondage réalisé récemment montre que la popularité de Poroshenko reste très différente entre l’Ouest et l’Est du pays. Les événements de ces 18 derniers mois n’ont nullement fait disparaître l’hétérogénéité politique et de population en Ukraine.

La réalité du pays, une nation diverse et fragile, traversée de conflits importants, peut être masquée pour un temps par la répression et la terreur, comme ce fut le cas ces derniers mois. Mais, ces pratiques ne résolvent rien et les problèmes demeurent ?

Mais, surtout, même le gouvernement ukrainien comprend le rôle économique déterminant que jouaient les relations avec la Russie jusqu’en 2013. Sans un accord avec la Russie, l’Ukraine ne peut espérer se relever et se reconstruire. Cela, le gouvernement russe le sait aussi. La Russie sait donc qu’elle va gagner, que ce soit avec un gouvernement de Kiev devenant progressivement plus sensible à ses arguments ou que ce soit du fait de l’éclatement de l’Ukraine. Elle préfèrerait gagner au moindre coût mais, soyons en sur, elle ne mégotera pas le prix à payer pour cette victoire. Rappelons nous ces strophes du poème Les Scythes :

La Russie est un Sphinx. Heureuse et attristée à la fois,

Et couverte de son sang noir,

Elle regarde, regarde à toi

Source : Jacques Sapir, pour son blog RussEurope, le 6 juin 2015.

14 réponses à Ukraine: que reste-t-il de Minsk ?, par Jacques Sapir

pour lire les 14 réponses et VOIR les graphiques acompagnant le texte, cliquez sur le lien : http://www.les-crises.fr/ukraine-que-reste-t-il-de-minsk-par-jacques-sapir/

Ukraine: que reste-t-il de Minsk ?, par Jacques Sapir

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Cyberattaque à TV5 Monde: faute de preuves,...

Publié le par Bernard Felli

Cyberattaque à TV5 Monde: faute de preuves,...

Cyberattaque à TV5 Monde: faute de preuves, accusons les Russes
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Cyberattaque à TV5 Monde: faute de preuves, accusons les Russes

Publié le par Felli Bernard

 faute de preuves, accusons les Russes
faute de preuves, accusons les Russes

Cyberattaque à TV5 Monde: faute de preuves, accusons les Russes

© Sputnik. Feng Yu

International

10:49 10.06.2015(mis à jour 13:19 10.06.2015) URL courte

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Le 8 avril, les émissions de TV5 Monde, diffusée dans plus de 200 pays et territoires dans le monde, ont été coupées, remplacées par un écran noir sur l'ensemble des onze chaînes du groupe. Dans le même temps, la chaîne perdait le contrôle de ses pages Facebook et comptes Twitter, ainsi que de ses sites internet qui affichaient tous des revendications du groupe Etat islamique.

Contre toute attente, l'enquête sur le piratage subi par TV5 Monde s'oriente vers un groupe de hackers russes, a affirmé une source judiciaire à l'hebdomadaire L'Express.

© AFP 2015. PIERRE VERDY

La chaîne TV5 Monde piratée par un groupe djihadiste

© Flickr/ jerseygal2009

#BlameRussia: accuser la Russie, nouvelle discipline sportive

L'autre argument qui pointe la coïncidence de l'attaque avec les heures de bureau à Saint-Pétersbourg et à Moscou, est tout aussi fantaisiste. L'heure de Moscou est l'un des noms du fuseau horaire UTC+3. Les pays utilisant ce fuseau horaire couvrent une zone plus étendue. Il est utilisé comme heure légale par certains pays d'Afrique et du Moyen-Orient, ainsi que par plusieurs pays européens pendant l'heure d'été (la Bulgarie, l'Ukraine, la Biélorussie, l'Estonie, la Finlande, la Moldavie et d'autres).

Il ne s'agit pas de la première histoire de ce genre pointant des "hackers russes" mythiques derrière les attaques contre les sites des médias et des institutions occidentales. Fin avril dernier, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, commentant les rapports sur les attaques de "pirates informatiques russes" contre les réseaux informatiques US, a estimé qu'accuser Moscou de tous les maux "était devenu une sorte de sport".

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États-Unis-Russie : Poutine passe à la seconde...

Publié le par bernard felli

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États-Unis-Russie : Poutine passe à la seconde vitesse

Publié le par Felli Bernard

V.POUTINE
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États-Unis-Russie : Poutine passe à la seconde vitesse

Par Oscar Fortin

Mondialisation.ca, 02 juin 2015

Humanisme

Région : États-Unis, Russie et CEI

Thème: Guerre USA OTAN

Tout semble indiquer qu’a pris fin la période où Poutine expliquait au monde et tout particulièrement à l’Occident les principes et orientations qui fondent les politiques de la Russie face aux défis présents. Finies les palabres, il passe maintenant à la seconde vitesse. Des décisions importantes se prennent, toutes orientées à contrer l’arrogance d’un Occident qui se croit tout permis et à mettre en valeur des actions qui ne laissent place à aucune ambigüité. En un mot, Poutine passe à l’offensive.

Déjà, son ministre des Relations extérieures, M. Lavrov, avait fait savoir à quelques reprises qu’une guerre froide entre deux grandes puissances se disputant le contrôle du monde était du passé. Ce temps est périmé, la Russie ne dispute, d’aucune manière, le contrôle du monde et ne se prêtera pas à une diplomatie visant à conforter la puissance des États-Unis comme l’une des deux puissances pouvant dominer le monde. Dans une déclaration récente du ministre Lavrov, il est clairement dit que les États-Unis ne font même pas partie des priorités de la Russie. Ces priorités portent, d’abord et avant tout, sur l’émergence d’un monde multipolaire qui s’affirme de plus en plus et dont les pôles de décisions sont multicentriques. Dans une entrevue, réalisée le 29 mai , il a dit, entre autres :

« Les relations avec les États-Unis ne sont pas une priorité pour Moscou alors qu’un nouvel ordre mondial est formé … Pour nous, la chose la plus importante est de veiller à ce que tous soient d’accord avec le fait que, aujourd’hui, les problèmes du monde ne peuvent pas être résolus unilatéralement ou bilatéralement »

À une autre occasion, il précise :

«Nous ne renonçons pas à l’interaction (avec Washington). Toutefois, nous acceptons la coopération non pas parce qu’ils veulent coopérer avec nous dans tel ou tel domaine, mais parce que ces contacts sont dans notre intérêt »,

Les choses sont claires et le fait que ça plaise ou pas à Washington ne fait plus partie de l’équation.

Le président Poutine, lors de sa dernière grande conférence de presse, n’a pas hésité à hausser le ton et à donner la réplique en 15 points aux accusations occidentales contre la Russie. Il met en relief l’aspect psychopathique des dirigeants étasuniens.

De toute évidence, la Russie passe à la seconde vitesse.

En février dernier, Poutine menace Obama de livrer des images satellites des attaques du 11 septembre qui prouveraient la complicité du gouvernement des États-Unis dans ces attentats qui ont permis de transformer en terroristes tous ceux et celles qui ne seraient pas d’accord avec les politiques de Washington..

« Selon des experts américains, la Russie se prépare donc à diffuser les preuves du rôle joué par les États-Unis et des services secrets le jour des terribles attentats. »

Tout récemment, Poutine est revenu à la charge, cette fois, en invoquant l’interventionnisme des États-Unis, tout particulièrement au M.O. et en Afrique. Il met en évidence que les informations dont dispose la Russie ne s’alimentent pas des communiqués de presse de la Maison-Blanche ni du Pentagone, mais à des sources privilégiées qui lèvent le voile sur les véritables intentions de Washington et les moyens qu’il utilise pour atteindre ses objectifs.

« Tout ce qui est arrivé sur la scène internationale au cours des deux dernières années doit être réajusté. Il est évident que nos nations sont menacées et cela est dû au fait que le droit international a été violé en combinaison avec la violation de la souveraineté des différents états et de leurs sphères d’influence ».

Et, d’ajouter pour que Washington ne se méprenne pas sur ses propos: « Nous savons ce qui se passe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord » laissant entendre par là le rôle joué par les États-Unis dans la formation, l’armement et l’utilisation des terroristes pour atteindre certains objectifs.

Un article à lire au complet.

S’ajoutent à ces déclarations explosives, des décisions qui en sont tout autant

Déjà Poutine avait avisé l’Occident qu’il y aurait une réponse adaptée à chacune des sanctions visant la sécurité et les intérêts de la Russie. Ce moment semble arrivé.

Il faut d’abord mentionner, cette liste de 89 personnes, soigneusement sélectionnées, portée à la connaissance des consulats et ambassades russes en Europe. Il s’agit de personnalités auxquelles l’entrée en Russie leur est désormais interdite. Une liste qui répond de toute évidence à celle élaborée par l’Europe et les États-Unis contre certaines personnalités russes. Tout semble indiquer que les pays européens, allés des États-Unis, ne la trouvent pas drôles. Pour en savoir plus, lisez ceci.

À remarquer qu’aucun Américain ne figure sur cette liste. Y aurait-il un motif particulier à cela? Si on prend en considération le fait que l’Europe est la première victime à devoir absorber les contrecoups les plus sévères de cette politique des sanctions, on peut penser que les gouvernements et les peuples du Continent européen vont s’éveiller et se demander si le prix que l’Amérique leur demande de payer n’est pas un peu trop élevé. De quoi alimenter des fissures dans cette alliance dont l’Europe paie le gros prix. À ce sujet, un article tout récent, publié en Allemagne, se demande si l’Europe n’est pas le dindon de la farce de l’Amérique. L’Erreur ! Référence de lien hypertexte non valide. se termine par cette observation:

« Lorsque l’économie américaine en a besoin, Washington se permet de négliger les sanctions antirusses, conclut l’hebdomadaire. Dans le même temps, les compagnies allemandes souffrent des conséquences de la politique imposée par les Américains, dont les pertes économiques et la réorientation de l’économie russe vers l’Orient. »

On ne se cachera pas que l’affaiblissement de l’alliance de l’Europe avec les États-Unis serait un gain important pour la Russie. Pourquoi, alors, ne pas en profiter pour en accentuer les divergences?

Il faut également signaler la loi, signée par Poutine, concernant les ONG. Une manière pour la Russie de reprendre en main sa souveraineté, souvent menacée par certains de ces organismes de couverture dont les objectifs sont plus souvent que moins de nature politique

Le 30 mai dernier, des avions russes de la Mer Noire ont forcé un contre-torpilleur américain à rejoindre les eaux neutres. On ne peut plus se permettre de jouer au chat et à la souris avec la Russie. Ses forces armées de terre, de mer et d’air sont en position de répondre à toute infraction en provenance de quelque endroit que ce soit.

Dans l’Arctique, région fort importante pour la Russie, les infrastructures militaires seront complétées d’ici la fin de la présente année.

« Les travaux se déroulent selon le calendrier et sont actuellement achevés à 70%. Nous sommes persuadés de pouvoir aménager l’ensemble des infrastructures pour nos troupes dans la région arctique d’ici la fin de 2015 », a déclaré le général aux journalistes. »

De toute dernière heure, Moscou informe que plus de 18 000 militaires seront en Arctique pour en assurer la défense.

Je ne puis terminer cet article sans parler de ces exercices militaires conjoints, Russie et Chine, en mer méditerranéenne. Ce fut une démonstration de force et d’indépendance. Les liens entre la Chine et la Russie sont là pour résister aux forces de l’OTAN et des États-Unis. Ils ne sont d’ailleurs pas seuls à faire front commun. L’Inde et l’ensemble des pays qui forme la coalition BRICS en font partie. L’alliance pour un monde multipolaire et multicentrique gagne du terrain et se renforce si on la compare à l’Alliance atlantiste, unissant les pays d’Europe et les États-Unis auxquels il faut ajouter le Canada. Dans ce dernier cas, le cordage se fait de moins en moins résistant.

S’il n’y a pas de guerre, la machine de guerre est en marche. Pour un officiel de l’OTAN une guerre éclatera cet été. Chacun peut y aller avec ses prédictions, mais l’élément déclencheur peut être de bien des natures, allant d’une faille technique, d’une erreur humaine à un plan froidement élaboré par ceux qui ont tout à gagner.

Oscar Fortin

Le 1er juin 2015

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