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La prévisible défaite de la France au Moyen-Orient

Publié le par Felli Bernard

Le 6 juillet 2012, le criminel de guerre Abou Saleh (Brigade Farouk) était l’invité spécial du président François Hollande (le jeune homme de face, assis sur le côté de la tribune, à la droite de la photo). Il avait dirigé l’Émirat islamique de Baba Amr et fait égorger en public plus de 150 personnes.
Le 6 juillet 2012, le criminel de guerre Abou Saleh (Brigade Farouk) était l’invité spécial du président François Hollande (le jeune homme de face, assis sur le côté de la tribune, à la droite de la photo). Il avait dirigé l’Émirat islamique de Baba Amr et fait égorger en public plus de 150 personnes.

La prévisible défaite de la France au Moyen-Orient

par Thierry Meyssan

Alors que la signature de l’accord entre Washington et Téhéran se rapproche, Thierry Meyssan retrace et analyse la politique de François Hollande au Proche-Orient de soutien aux monarchies du Golfe et à l’apartheid israélien. De manière incontestable, il montre que cette politique, contraire aux valeurs de la République et aux intérêts de la Nation, sert exclusivement les ambitions personnelles de quelques individus et du groupe social qu’ils représentent.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 8 juin 2015

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Élu en mai 2012 président de la République française, François Hollande aura imposé à son pays une orientation de politique étrangère entièrement nouvelle. Le fait qu’il se soit présenté comme un homme de gauche a masqué aux yeux de ses concitoyens que ce haut-fonctionnaire tournait le dos aux intérêts de la Nation, à son histoire et à sa culture, et plaçait l’État au service d’un groupuscule de grands bourgeois néo-conservateurs.

Le changement du printemps 2012

Alors que durant sa campagne électorale, il avait semblé ouvert à toutes les analyses, s’entourant de plusieurs groupes de réflexion concurrents, il devait mettre bas son masque dès sa prise de fonction, le 15 mai. Ainsi plaçait-il son mandat sous les auspices de Jules Ferry. Avec subtilité, il affirmait honorer le fondateur de l’école laïque et obligatoire et non pas le théoricien socialiste de la colonisation. Pourtant, la laïcité de Ferry ne visait pas à garantir la liberté de conscience, mais à extirper les enfants des mains de l’Église catholique et à les former, sous l’autorité des « hussards noirs », pour en faire la chair à canon de ses expéditions coloniales.

Le 6 juillet, il réunissait à Paris une coalition d’États auto-proclamés « Amis de la Syrie », pour saboter l’accord de Genève et relancer la guerre contre la Syrie. Symboliquement, il saluait les « démocrates » (sic) du Conseil national syrien, une organisation fantoche composée par le Qatar en s’appuyant sur la société secrète des Frères musulmans. Il se pavanait aux côtés du criminel de guerre Abou Saleh qui avait dirigé l’Émirat islamique de Baba Amr et fait décapiter plus de 150 de ses compatriotes. Il prononçait alors un discours, écrit en anglais par ses mentors, puis traduit en français.

Dans la foulée, le 22 juillet, il affirmait solennellement que la France était comptable des crimes commis par le gouvernement illégitime de Philippe Pétain envers les citoyens juifs. En d’autres termes, le haut-fonctionnaire Hollande posait la supériorité de l’État sur la République.

J’écrivais alors que François Hollande, prenant la succession de Philippe Pétain, avait offert la France aux puissants du moment et renouait avec la politique coloniale [1]. Considérant que mon exil politique m’avait fait perdre le sens de la mesure, beaucoup décidèrent d’ignorer ce qu’ils considéraient comme une outrance.

Aussi ai-je été soulagé en lisant le dernier ouvrage du démographe Emmanuel Todd, Qui est Charlie ?, dans lequel il s’emploie à analyser comment et pourquoi l’électorat actuel du Parti socialiste est l’héritier des « Maréchalistes » [2]. J’ai toujours éprouvé une forte admiration pour cet intellectuel qui est parvenu à montrer l’impact inconscient des systèmes familiaux sur l’histoire. Étant étudiant en sciences politiques, j’avais dévoré sa thèse montrant que la division du monde durant la Guerre froide correspondait en réalité aux structures familiales des peuples. Cartes à l’appui, il observe qu’aujourd’hui, l’électorat du Parti socialiste, largement déchristianisé, a perdu ses repères et se replie sur lui-même. Il avait déjà analysé le ralliement de la classe dirigeante autour du culte de l’euro, c’est-à-dire de la loi du plus fort dans l’espace européen. Il conclue que le Parti socialiste a vendu le pays à l’étranger avec l’approbation d’un électorat de possédants.

L’équipe de François Hollande

Le changement de politique étrangère voulu par le président de la République s’appuie sur une analyse simple : les États-Unis ayant moins besoin du pétrole du Golfe ont annoncé leur intention de faire pivoter leur dispositif militaire vers l’Extrême-Orient. En soutenant Washington à la manière d’un Tony Blair sur la scène internationale, François Hollande pourrait prendre la place que les États-Unis laissent vacante dans le Golfe et bénéficier d’argent facile.

C’est en toute logique que le Qatar —c’est-à-dire Exxon-Mobil, la société des Rockefeller— a largement financé la campagne électorale de François Hollande [3]. Ce don illégal au regard du droit français ayant été négocié par Laurent Fabius, M. Hollande, une fois élu, le désigna ministre des Affaires étrangères malgré leur vieille rivalité.

La cour effectuée par François Hollande auprès de ses généreux mécènes du Golfe s’accompagne d’un soutien appuyé à l’État d’Israël. On se souvient que le président Charles De Gaulle avait rompu avec cet État colonial, en 1967, affirmant que la France, qui s’était alliée avec lui pour contrôler le Canal de Suez et lutter contre l’indépendance de l’Algérie, ne pouvait plus le faire une fois qu’elle avait renoncé à son Empire. Le président Hollande choisit, au contraire, de déclarer en hébreu lors de son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv, en novembre 2013 : « Tamid écha-èr ravèr chèl Israël, je suis votre ami et je le serai toujours » [4].

Pour mettre en œuvre son virage, le président a constitué une équipe autour de deux personnalités d’extrême-droite : son chef d’état-major privé, le général Benoît Puga, et son conseiller diplomatique, Jacques Audibert.

Le général Benoît Puga est un ancien de « la coloniale » (infanterie de Marine). Chrétien lefebvriste, il ne fait pas mystère de son admiration de l’ancien archevêque de Dakar et de sa détestation de la Révolution française. Entre deux messes à Saint Nicolas-du-Chardonnet, il a dirigé les Opérations spéciales et le Renseignement militaire. Il avait été nommé à l’Élysée par le président Nicolas Sarkozy et, fait sans précédent pour cette fonction, a été incorporé dans son cabinet par son successeur.

Jacques Audibert est souvent qualifié par ses anciens collaborateurs d’« Américain avec un passeport français », sa dévotion à l’impérialisme états-unien et au colonialisme israélien étant bien plus grande que son respect pour la République française. Il a joué un rôle central dans le blocage durant des années des négociations 5+1 avec l’Iran. Il espérait être nommé représentant permanent de la France à l’Onu, mais a finalement rejoint le président Hollande à l’Élysée.

Lorsqu’il était directeur des Affaires politiques au Quai d’Orsay, Jacques Audibert a systématiquement éliminé les diplomates arabisants en commençant par les plus compétents. Les plus prestigieux ont été exilés en Amérique latine. Il s’agissait certes d’éliminer tout soutien aux Palestiniens pour satisfaire les colons israéliens, mais aussi et surtout d’en terminer avec des siècles de « politique arabe de la France » de manière à laisser tomber les alliés traditionnels et à se rapprocher des milliardaires du Golfe, malgré leurs dictatures et leur fanatisme religieux.

Cette évolution, aussi surprenante soit elle, correspond à ce que François Hollande avait annoncé, il y a plusieurs années. Reçu le 30 novembre 2005 par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), il avait alors déclaré, selon le procès-verbal de séance : « Il y a une tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie. Il y a un problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA et ce recrutement devrait être réorganisé » [5].

Le fond de la pensée Hollande

François Hollande a exprimé le fond de sa pensée en évoquant la Résistance. Il a défini ce concept lors de la panthéonisation de quatre grandes figures de la Résistance française, le 27 mai dernier, en excluant les communistes de son hommage.

La Résistance française a inspiré des États et des milices qui, aujourd’hui, disent non à l’occupation de leur terre et à la soumission à un régime d’apartheid. En hommage à leurs prédécesseurs français, ils ont défini leur alliance comme l’« Axe de la Résistance ».

Mais aux Palestiniens, François Hollande a dénié le droit de résister et, dans la droite ligne de l’armistice de 1940 les a enjoints de « négocier » (sic). Il a fait qualifier le Hezbollah de « terroristes » par l’Union européenne, comme Philippe Pétain fit condamner Charles De Gaulle à mort pour « terrorisme » [6]. Il a livré la guerre aux Syriens et a imposé un siège économique aux Iraniens.

François Hollande et les dictateurs du Golfe

Durant les trois dernières années, la France a bénéficié du soutien d’Hillary Clinton et du général David Petraeus pour les États-Unis, d’Exxon-Mobil et de son État privé le Qatar, et enfin de la famille des Séoud et de l’État privé auquel elle a donné son nom d’« Arabie saoudite ».

La France a pu ainsi lancer une seconde guerre contre la Syrie et l’Irak en déplaçant des dizaines de milliers de mercenaires venus du monde entier, dont quelques milliers de Français. Elle porte ainsi une responsabilité primordiale dans les centaines de milliers de morts qui ont endeuillé le Levant. Bien sûr, tout cela a été fait sous couvert d’aide humanitaire à des populations martyrisées.

Officiellement, cette politique n’a pas encore donné ses fruits. La Syrie est toujours en guerre et il est impossible d’en exploiter le gaz, bien que les « Amis de la Syrie » (sic) se le soient déjà répartis, en juin 2012 [7]. Par contre,
la France a reçu une commande de 3 milliards de dollars en armement de l’Arabie saoudite pour l’Armée libanaise. Il s’agissait de remercier les Libanais de ne pas avoir enregistré les aveux de Majed el-Majed, l’agent de liaison entre l’Arabie saoudite et al-Qaïda et de remercier les Français de mener la guerre contre la Syrie [8].
la France a vendu 24 Rafale au Qatar pour 6,3 milliards d’euros.

Mais ces méga-contrats ne profiteront pas à la France :
les Israéliens ont opposé un veto à la vente au Liban d’armes capables de leur résister. La France n’a donc été autorisée qu’à fournir pour 700 millions de dollars d’uniformes, de véhicules de service et d’armes de poing. Les 2,3 milliards restants seront des armes dépassées fabriquées en Allemagne de l’Est.
le Qatar a certes acheté des Rafales, mais a exigé en échange que le gouvernement contraigne Air-France a abandonner certaines de ses lignes les plus profitables à Qatar Airways.

De toute manière, même si ces contrats avaient été honnêtes, ils n’auraient jamais remplacé ceux qui ont été perdus par l’acharnement de Jacques Audibert contre toutes sociétés françaises travaillant avec l’Iran, tel Peugeot ou Total, ni par celui du général Benoît Puga pour faire détruire toutes les usines françaises installées en Syrie.

L’accord Washington-Téhéran

Malgré les efforts de l’équipe Hollande en général et de Jacques Audibert en particulier, l’accord négocié entre les États-Unis et l’Iran devrait être signé le 30 juin 2015. On se reportera à mes articles antérieurs sur les conséquences de ce texte [9]. D’ores et déjà, il apparaît que les deux grands perdants seront le peuple palestinien et la France. Le premier parce que plus personne ne défendra son droit inaliénable au retour et la seconde parce qu’elle aura associé son nom à trois ans d’injustice et de massacres dans cette région.

Cette semaine, le 2 juin, le secrétaire d’État adjoint, Antony Blinken, est venu co-présider à Paris une réunion des 22 États membres de la Coalition internationale anti-Daesh. Contrairement à ce qu’en a dit la presse française, il ne s’agissait pas d’organiser la riposte militaire aux chutes de Ramadi et de Palmyre ; le Pentagone n’a pas besoin de réunir ses alliés pour savoir ce qu’il doit faire. Non, le sujet était de faire avaler son chapeau au ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et de lui faire accepter l’accord irano-états-unien. Ce qu’il a été contraint de faire.

La signature de l’accord était menacée par la chute de Palmyre qui coupe la « route de la soie », c’est-à-dire la voie de communication entre l’Iran d’un côté, la Syrie et le Hezbollah de l’autre [10]. Dans le cas où Palmyre resterait aux mains des jihadistes (c’est-à-dire des mercenaires luttant contre l’« Axe de la Résistance » [11]), Téhéran ne pourrait pas transporter son gaz et l’exporter vers l’Europe et n’aurait donc aucun intérêt à s’entendre avec Washington.

Le secrétaire d’État adjoint Antony Blinken a donc informé l’assistance qu’il avait autorisé l’« Axe de la Résistance » à amener en Syrie des troupes fraîches pour vaincre Daesh. Il s’agit en l’occurrence de 10 000 Gardiens de la Révolution, qui viendront renforcer l’Armée arabe syrienne avant le 30 juin. Jusqu’ici les Syriens se défendaient seuls, uniquement avec le Hezbollah libanais et le PKK turc, mais sans troupes russes ou iraniennes, ni milices irakiennes.

Antony Blinken a également informé ses interlocuteurs qu’il avait été conclu avec la Russie un accord autorisant la tenue d’une conférence de paix sur la Syrie, sous les auspices des Nations unies au Kazakhstan. Il a exigé que Laurent Fabius signe une déclaration finale acceptant le principe d’un gouvernement syrien désigné par « consentement mutuel » entre l’actuelle coalition au pouvoir (Baas et PSNS) et ses différentes oppositions, qu’elles soient à Paris ou à Damas.

Après s’être fait remonter les bretelles, M. Fabius a ravalé son slogan « Bachar doit partir », a admis que le président el-Assad terminerait le mandat pour lequel son peuple l’a largement élu, et s’est piteusement rabattu sur un « Monsieur Bachar (sic) ne sera pas l’avenir de la Syrie ».

Dans trois semaines, le roi devrait être nu. En signant ensemble, Washington et Téhéran réduiront à néant les calculs de François Hollande, du néoconservateur Jacques Audibert et du néo-fasciste Benoît Puga.

Thierry Meyssan

[1] « La France selon François Hollande », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juillet 2012.

[2] La majorité des Français qui soutinrent l’armistice de Philippe Pétain n’étaient pas des fascistes, mais des « Maréchalistes ». Traumatisés par la boucherie de 14-18, ils se réfugiaient derrière l’autorité du vainqueur de Verdun pour justifier leur refus de combattre l’envahisseur nazi.

[3] « François Hollande négocie avec l’émir de Qatar », Réseau Voltaire, 31 janvier 2012.

[4] « Déclaration de François Hollande à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv », par François Hollande, Réseau Voltaire, 17 novembre 2013.

[5] « France : le Parti socialiste s’engage à éliminer les diplomates pro-arabes », par Ossama Lotfy, Réseau Voltaire, 9 janvier 2006.

[6] « L’UE assimile la Résistance libanaise à du terrorisme », Réseau Voltaire, 22 juillet 2013.

[7] « Les « Amis de la Syrie » se partagent l’économie syrienne avant de l’avoir conquise », par German Foreign Policy, Horizons et débats (Suisse), Réseau Voltaire, 14 juin 2012.

[8] « Le silence et la trahison qui valaient 3 milliards de dollars », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 janvier 2014.

[9] Voir notamment : « Que deviendra le Proche-Orient après l’accord entre Washington et Téhéran ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 mai 2015.

[10] « La chute de Palmyre renverse l’équilibre géopolitique au Levant », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 mai 2015.

[11] « Les jihadistes au service de l’impérialisme », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er juin 2015.

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Revue de presse internationale du 08/06/2015

Publié le par Felli Bernard

 Revue de presse internationale du 08/06/2015
Revue de presse internationale du 08/06/2015

8/06/2015

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juin

2015

Revue de presse internationale du 08/06/2015

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La revue internationale où il sera notamment question de l’éocène, des eaux chinoises, de la dette mondiale ou des balles policières tragiques aux USA. Merci à nos contributeurs pour ces articles et bonne lecture.

CRISE FINANCIÈRE

La dette mondiale atteint 286% du PIB de la planète (VF)

"Le monde aurait besoin de tout ce qu’il produit pendant plus de deux ans pour régler toutes ses dettes, montre un rapport de l'Institut McKinsey, intitulé «Debt and (not much) deleveraging », qui conclut que la dette totale mondiale atteint désormais 199.000 milliards de dollars, soit 28.000 dollars par être humain, un montant record dans l’histoire. En 2007, le total des dettes se montait à 142.000 trillions de dollars, et ces chiffres montrent donc que nous sommes dans une situation bien pire que celle dans laquelle nous nous trouvions juste avant la crise financière."

Source : The economic collapse (traduction express.be)

ENVIRONNEMENT

Shell accusée de stratégie risquant un changement climatique catastrophique

"La Royal Dutch Shell a été accusée de poursuivre une stratégie pouvant mener à un changement climatique catastrophique, après qu'un document interne ait pris comme hypothèse une montée des températures globales à 4°C, suite à l'échec du contrôle des émissions de CO2 permettant de maintenir la montée globale de température à 2°C. Le document "New Lens Scenarios" fait référence à une prévision par l'agence indépendante IEA (International Energy Agency) qui indique une montée des températures de 4°C à court terme, augmentant ensuite à 6°C."

Source : The Guardian

60% de l'eau souterraine chinoise est impropre au contact humain

"60% de l'eau souterraine chinoise et le tiers de son eau de surface a été classée impropre au contact humain en 2014, d'après le ministère de l'Environnement à Pékin. Le ministère a indiqué dans une déclaration que la qualité de l'eau mesurée sur 5000 stations de suivi est en baisse. "Impropre au contact humain" signifie que l'eau ne peut être utilisée que pour l'industrie ou l'irrigation. La Chine a mis en place une campagne de guerre contre la pollution afin de s'occuper des questions environnementales."

Source : RT

Une chaleur quasi-tropicale en Antarctique pendant l’Éocène

"Les climats mondiaux les plus chauds des 65 millions dernières années ont eu lieu pendant le début de l’Éocène (-55 à -48 millions d'années)(Éocène : -55 à -34m) alors que les gradients de température entre les pôles et l'équateur étaient bien plus faibles qu'aujourd'hui et les taux de CO2 atmosphériques étaient au-dessus de 1000 ppm (actuellement : 400ppm). L’Éocène est une époque intéressante parce qu'elle peut apporter des informations intéressantes sur le climat et la biosphère terrestre avec des taux importants de CO2 atmosphérique, qui sont prévus dans le futur proche en raison des émissions anthropogènes. Les hivers antarctiques étaient extrêmement doux (au-dessus de +10°C) et dénués de gel malgré l'obscurité polaire."

Source : Nature

EUROPE

La Grèce manque un autre remboursement au FMI

"Après avoir manqué une échéance en Mai, la Grèce a demandé un délai de grâce d'un mois au FMI. La Grèce a manqué une autre échéance début Juin et a demandé de 'grouper' les remboursements le 30 Juin. La Troïka négocie depuis des mois avec la Grèce le déblocage de 7 milliards d'euros à condition d'accepter une politique d'austérité. Cependant même si ces négociations aboutissent, il semble clair que les 7 milliards d'euros seront rapidement insuffisants et un nouveau 'plan de sauvetage' ou un défaut semblent inévitables."

Source : Zero hedge

Le gouvernent grec pourrait appliquer la recette chypriote et confisquer l'argent sur les comptes des déposants

"Vous rappelez-vous ce qui est arrivé lorsque Chypre a décidé de défier l'UE ? En fin de compte, l'ensemble du système bancaire de la nation s'est effondré et l'argent a été confisqué sur des comptes bancaires privés. Eh bien, la nation de la Grèce se rapproche maintenant d'une fin similaire. À ce stade, le gouvernement grec n'a pas reçu d'argent de l'UE ou le FMI depuis août 2014."

Source : The Economic Collapse

TAFTA : l'UE abandonne des lois contre les pesticides sous la pression des USA

"Des travaux législatifs prévoyaient la prohibition de 31 pesticides contenant des perturbateurs endocriniens, mais ont été remisés au placard à la suite d’une campagne intensive de lobbying américain et de menaces de "conséquences d’ampleur", comme le révèlent des documents auxquels a eu accès l’ONG Corporate Europe Observatory."

Source : The Guardian

GÉOPOLITIQUE

Les États-Unis s'apprêtent à défier la Chine en Mer de Chine Sud, alors que les locaux espèrent un boom de richesse avec le retour des marins américains

"Alors que la Chine cherche à étendre son pouvoir, les États-Unis se préparent à aider les pays de la région à défier leur voisin dominateur. Le Sénat philippin, qui avait voté en 1991 contre le renouvellement du bail des bases américaines, a laissé tomber son opposition au retour des US dans les eaux menacées par l'insistance chinoise à son droit à régenter presque toute la Mer de Chine Sud, y compris les îles Spratlys revendiquées par les Philippines, le Vietnam, la Malaisie et Brunei."

Source : The Independent

LIBERTÉS

La réforme de la NSA aux USA ne fait que commencer

"Edward Snowden a salué les changements historiques au Congrès et les tribunaux américains sur la surveillance de la NSA, mais a averti que beaucoup plus devait être fait pour rétablir l'équilibre en faveur de la vie privée. Il a également averti qu'il s'agissait seulement le début de la réforme de la NSA, disant qu'il y avait encore de nombreux programmes de collecte en vrac "encore plus intrusif", mais a exprimé l'espoir que le Sénat agirait pour freiner la NSA, qualifiant le maintien du statu quo comme intenable. Dans un entretien d'une heure avec le Guardian à Moscou, le dénonciateur de la NSA a déclaré que les initiatives prises par la Cour fédérale et la Chambre des représentants ont marqué pour la première fois depuis les années 1970 une réduction plutôt qu'une expansion dans les pouvoirs des organismes de surveillance."

Source : The Guardian

MARCHÉS FINANCIERS

Un investisseur Chinois peu perspicace

"Stephen Qin est un employé de bureau chinois qui comme beaucoup d'autres souhaite se lancer en bourse. En un an l' indice de Shanghai a été multiplié par 2.5, ce n'est donc peut être pas le meilleur moment pour investir. Cependant Stephen souhaite aller de l'avant car le marché est 'chaud', au lieu d'investir sur son ordinateur, il a fait un séjour à Hong Kong à 1500 km de chez lui pour ouvrir un compte chez un courtier. En plus de son dépôt initial Stephen a demandé un prêt à son courtier pour investir plus. La législation étant plus souple à Hong Kong, Stephen peut ainsi utiliser un plus grand effet de levier pour multiplier ses gains (et ses pertes). Certaines des actions achetées par Stephen bénéficient d'un statut privilégié pour les Chinois continentaux. Cependant ayant acheté ses actions sur le marché ouvert de Hong Kong, il a du les payé 7% plus cher. Ces petites histoires rappellent un peu la bulle internet."

Source : wolfstreet

US : Les entreprises gonflent la bulle

"Les rachats d'actions (buyback en anglais) aux US en 2015 pourraient battre nettement le record de 2007. On prévoit actuellement 1200 milliards de dollars de rachat d'actions contre 860 en 2007. Les entreprises américaines utilisent leurs fonds pour racheter leurs propres actions, en général pour les faire disparaître. Les bénéfices futurs seront ainsi distribués sur un plus petit nombre d'actions, ce qui augmentera le dividende par action. Ces rachats d'actions se font souvent au détriment des investissements ou de la solvabilité des entreprises."

Source : David stockman's contracorner

SOCIETÉ

Les éditeurs des revues médicales les plus prestigieuses au monde : "La plupart de la littérature scientifique, peut-être la moitié, est peut-être tout simplement fausse".

Les éditeurs en chef du Lancet et du New England Journal of Medicine ont tous les deux affirmé publiquement que la corruption endommage la science. Richard Horton du Lancet a écrit le mois précédent : "La plupart de la littérature scientifique, peut-être la moitié, est peut-être tout simplement fausse". Affligée par des études avec échantillons trop petits, des effets minuscules, des analyses exploratoires invalides, des conflits d'intérêt flagrants et une obsession pour la poursuite de tendances à la mode, la science a pris un tournant vers le côté obscur.

Source : Zero Hedge

Quand on vous demande de l'argent les mots sont importants

"Des scientifiques américains ont étudié 18 000 annonces de demande de prêts sur un site internet de prêts entre particuliers. Ils ont essayé de déterminer si certaines expressions étaient plus souvent utilisées par les emprunteurs ayant fait défaut. Le mot Dieu est souvent prononcé par les emprunteurs ne remboursant par leurs dettes et plus généralement des mots chargés émotionnellement (mauvais, mère, donner une chance, erreur,...), par ailleurs ils utilisent plus souvent le futur."

Source : qz

ÉCONOMIE

Le Vietnam signe un accord de libre-échange avec le bloc économique de l'UEE (Union Économique Eurasienne)

"L'accord entre le Vietnam et l'UEE est le premier document international signé entre cette organisation et un tiers. Les premiers ministres des deux pays ont aussi signé un accord stipulant que le Vietnam fournira aux investisseurs et aux prestataires de services russes le traitement le plus favorable. Selon Medvedev, plus de 40 États poursuivent des discussions pour établir des accords de libre-échange similaires avec l'UEE."

Source : RT

Steve Keen sur les politiques d'austérité

"Steve Keen est l'un des deux seuls économistes ayant prévu la crise de 2000 et la crise de 2008. Il est très critique sur les politiques d'austérité et sur la comparaison naïve entre la gestion des finances d'un pays et celle d'un foyer où 'on ne doit pas dépenser plus que ce qu'on gagne'. Si un gouvernement gagne plus que ce qu'il dépense pendant une longue période, ceci implique très probablement que les gens donnent plus d'argent à l'état qu'il n'en reçoive. Ceci à son tour va vraisemblablement se traduire par plus d'emprunts privés, un risque sur la dette publique se transforme ainsi en un risque sur la dette privée plus difficile à contrôler."

Source : Everyinvestor

ÉTATS-UNIS

400 tirs mortels de la police en 2015 dans tout le pays

"Dans une allée de Denver, un policier a abattu une jeune fille de 17 ans en ballade dans une voiture volée. Dans l'arrière-pays de la Caroline du Nord, la police a ouvert le feu sur un fabricant illégal d'alcool brandissant une arme à feu. Et dans un appartement de grande hauteur à Birmingham, en Alabama, la police a tiré un homme âgé après que son fils leur ait demandé de vérifier s'il allait bien. Douglas Harris, 77 ans, a ouvert la porte avec un pistolet."

Source : Washinton post

Les travailleurs à plein-temps au salaire minimum n'ont pas les moyens de se payer un logement quel que soit l'État des États-Unis

"Selon une récente étude de la National Low-Income Housing Coalition, il n'y a pas un seul État américain ou un travailleur a plein temps (40h par semaine) peut se permettre un logement dans un appartement d'une seule pièce. La moyenne nationale pour louer 1h d'un appartement d'1 pièce en 2015 est de 15.50 dollars, alors que le salaire minimum stagne à 7.25 dollars de l'heure depuis 2009."

Source : Xinhua

Les ménages américains sous pression : revenus qui stagnent, montée des dépenses de base

"Comment soutenir une économie de consommation alors que les revenus stagnent pour les 90% du bas, que les dépenses basiques augmentent et que l'emploi s'effondre pour les 25-54 ans? Réponse : ce n'est pas possible. La plupart des revenus partent en taxes, en logement, en nourriture, en transport, tandis que assurances santé et les contributions retraites assurent les gros postes budgétaires. La seule manière pour les entreprises de maintenir leurs marges est de délester leur coût en employés, avec leur charge importante en assurances santé, retraite, incapacité, et leur fardeau en droit du travail et autres régulations."

Source : Max Keiser

11 réponses à Revue de presse internationale du 08/06/2015

POUR LIRE LES 11 REPONSES, cliquez sur le lien :http://www.les-crises.fr/revue-de-presse-internationale-du-08062015/

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POUR COMPRENDRE LE CONFLIT SYRIEN (par Maurice D.)...

Publié le par Bernard Felli

POUR COMPRENDRE LE CONFLIT SYRIEN (par Maurice D.)...

POUR COMPRENDRE LE CONFLIT SYRIEN (par Maurice D.)
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POUR COMPRENDRE LE CONFLIT SYRIEN (par Maurice D.)

Publié le par Felli Bernard

« Des djihadistes décapitent des miliciens pro-régime »
« Des djihadistes décapitent des miliciens pro-régime »

POUR COMPRENDRE LE CONFLIT SYRIEN (par Maurice D.)

Publié le 8 juin 2015 par Maurice D.

« Ne parlez pas trop de Daesch, ça fait peur aux gens et ça développe l’islamophobie« . C’est en substance ce qu’a fait savoir le gouvernement aux médias qu’il paie pour pouvoir leur dicter ce qu’ils ont à dire.
Alors parlons-en !
Car l’Etat Islamique progresse partout où il s’est implanté : Syrie et Irak, Nigeria et Libye d’où il annonce ouvertement son intention de conquérir le ventre mou et riche du monde, l’Europe, en commençant par l’Espagne, l’Italie et la France. Le cœur de cet Etat Islamique qui nous menace, c’est le califat irako-syrien en train de se construire. C’est là qu’il faudrait frapper fort pour le détruire, et assécher du même coup les métastases islamiques qui prolifèrent ailleurs sous l’œil hébété de la « communauté internationale » que constituent quelques pays occidentaux, sous la coupe américaine, et leurs alliés douteux.

Chaque conquête nouvelle de l’E.I. donne lieu à une « réunion d’urgence » onusienne ou européenne où l’on se lamente et prononce des phrases martiales, sans tirer les conclusions d’une analyse réaliste de la situation, où l’on soutient que l’action des pseudo « alliés » est efficace, que l’Etat Islamique est une marionnette créée par Bachar El-Assad, qui s’effondrera dès que celui-ci aura été supprimé ce qui est la seule urgence.

Où est la source d’information objective qui permettrait à nos dirigeants de prendre la bonne décision d’action ? Pas chez les pantins « modérés » syriens réfugiés en France, qui racontent aux fonctionnaires du Quai d’Orsay ce que ceux-ci ont envie d’entendre et colle avec la théorie fumeuse sur le monstre Assad qu’ils ont élaborée et vendue à leur ministre Fabius et au chef de l’État. Le reste vient de pseudo spécialistes du monde arabe et de reportages de journalistes, prudemment restés du côté turc de la frontière turco-syrienne, qui élaborent leurs théories et dictent leurs articles sur la base de rumeurs circulant dans la région et de communiqués orientés du Pentagone ou d’ailleurs.

Si une voix discordante s’élève, on ne l’écoute pas, comme celle de cette syrienne d’un institut d’études politiques qui expliquait récemment à C dans l’air que les musulmans modérés et laïcs sur lesquels les occidentaux croient pouvoir s’appuyer en Syrie pour remplacer Bachar El-Assad sont une fiction : « Il n’y a pas de laïcs sur le terrain, que des djihadistes« . Samuel Laurent, journaliste à Valeurs Actuelles, aidé par de vieux amis syriens a, malgré leurs avertissements, pénétré en Syrie pour y circuler sous la protection d’amis d’une milice de l’Armée Syrienne Libre. Il confirme cette affirmation dans son article « Plongée dans le chaudron syrien » : les Syriens qui se présentent aux occidentaux comme « démocrates », « modérés », « laïcs », sont des leurres créés pour obtenir de l’argent et des armes.

Pourquoi personne de crédible n’ose-t-il pénétrer en Syrie ? Parce que la peau d’un non musulman y vaut très cher, mais sa vie pas grand-chose. E.I. paie jusqu’à 500 000 $ un journaliste ou un diplomate occidental pour en faire ensuite un trophée qui sera égorgé pour la propagande islamiste, ou revendu à son pays d’origine pour le double ou le quadruple de son prix d’achat. Dans un pays en ruines où tout manque, où une femme est vendue entre 50 et 200 $ au marché, où l’argent fait cruellement défaut, toute somme à cinq zéros est une aubaine inespérée, même pour les brigades djihadistes soi-disant « modérées » de l’ASL. Les journalistes ont raison de rester à l’abri en Turquie ou au Liban, car ils savent, mais le disent peu, que derrière les étiquettes politiques et religieuses des djihadistes, il y a avant tout des trafiquants prêts à vendre au plus offrant otages, nourriture de l’aide internationale, médicaments et armes.
Or qui a de l’argent à profusion ? Les émissaires de l’Etat Islamique et Al Qaïda, les deux étant financés par les Arabes du Golfe, les alliés des Américains et des Français.

C’est ainsi que l’on retrouve des fusils, des munitions, des missiles français et américains, des produits de l’aide occidentale, et même des papiers d’attribution de RSA appartenant à des djihadistes français, dans les caches de djihadistes d’E.I. découvertes lors des rares avancées des « alliés », à Kobané par exemple, reprise par les Kurdes.

Ensuite, il y a la complexité de la situation sur le terrain, car il n’y a pas, en Syrie comme en Irak ou en Libye, un bon musulman démocrate opposé à un méchant musulman intégriste et à l’armée d’un dictateur, mais plusieurs groupes islamistes aux contours fluctuants en fonction d’alliances durables ou passagères.

Les « loyalistes » sont l’Armée syrienne légale et fidèle au gouvernement, et les milices chrétiennes, druzes, kurdes, alaouites, yézédies, soufies, chiites et même certaines milices sunnites, qui s’opposent au totalitarisme musulman. Les loyalistes, c’est la société multiculturelle et multi religieuse qui vivait autrefois dans une paix relative mais prospère sous la poigne de fer du clan Assad. Leurs soutiens principaux sont l’Iran et la Russie, par réalisme géostratégique et géopolitique. Et aussi l’Irak qui aide à l’approvisionnement militaire de l’armée syrienne loyaliste depuis l’Iran, et des pays comme l’Algérie et l’Egypte qui jugent avec bon sens que plutôt que de le persécuter, iil vaudrait mieux laisser Assad exterminer les syriens fondamentalistes soi-disant « modérés » et « démocrates » de l’ASL alliés à Al Qaïda, ainsi que l’Etat Islamique.

Les « rebelles », ce sont officiellement l’Armée Syrienne Libre. L’ASL n’a rien de « modéré » ni de « démocratique », beaucoup de ses unités sont islamistes, les autres ont plutôt à voir avec le grand banditisme et pillent pour revendre à E.I. ce qu’elles n’ont pu obtenir en quantité suffisante des naïfs occidentaux, essentiellement des armes et des munitions. C’est ainsi que des missiles Milan français sont utilisés par E.I.
L’ASL « démocrate et musulmane modérée » est en réalité une composante du Front islamique, lui même filiale d’Al Qaïda qui agit en Syrie sous l’étiquette Al Nosra. Pour obtenir argent et armes des Occidentaux, ASL-Al-Qaïda-Al-Nosra, qui selon Fabius « fait du bon boulot« , combat les loyalistes de Bachar El-Assad, mais en même temps combat aussi E.I. son concurrent religieux direct pour la construction d’un califat qui sera soit sous la coupe d’E.I. si E.I. l’emporte, soit celle d’Al Qaïda si ASL-Al Nosra l’emportent, mais toujours un califat islamiste fondamentaliste et esclavagiste.

Les « alliés » des rebelles sont « Les Alliés » anti-Daesch, occidentaux et sunnites des pays du golfe. Mais ASL-Al-Nosra constate que les djihadistes d’E.I. « sont mieux équipés que nous. Ils disposent d’une quantité impressionnante d’hommes et d’armes lourdes et de beaucoup d’argent… Les Saoudiens ne nous donnent presque rien comparé à ce que reçoit l’E.I. ». C’est là le témoignage rapporté par Samuel Laurent d’une réalité que l’on veut ignorer au Quai d’Orsay et à la Maison Blanche : l’Arabie saoudite, Qatar et la Turquie jouent sur les deux tableaux, alliés des Occidentaux, mais aussi alliés discrets mais généreux d’E.I.

Car Saoudiens et Turcs ont un plan qui n’est pas celui des Occidentaux auxquels ils sont alliés, c’est de se partager la Syrie une fois qu’elle sera débarrassée du gêneur El Assad. Alors ils aident beaucoup E.I. et un peu ASL-Al-Nosra-Al-Qaïda avec le Front islamiste. Idéologiquement, l’ASL leur est acquise, salafiste et pro-charia, mais d’un côté elle croit qu’elle pourra gagner son indépendance, de l’autre elle n’a aucune intention d’instaurer démocratie et laïcité : « Le Syriens veulent la charia, pas la démocratie » déclare à Samuel Laurent Abou Zuheer, chef d’une milice ASL alliée du Front islamique.

Les « Syriens« pour l’ASL et le Front islamique, ce sont les sunnites salafistes fondamentalistes. Les autres musulmans, sunnites de tendance soufie, chiite, alaouite, druze, kurde, malékite ou yézidie, ainsi que les chrétiens coptes, araméens et autres, sont des mécréants et de surcroît des races inférieures juste bonnes à être tuées ou mises en esclavage, comme le prescrit la charia, comme le fait déjà E.I.

Légende : « Des djihadistes décapitent des miliciens pro-régime »

En ajoutant la milice sunnite Ahrar-Al-Sham qui tient partiellement la côte syrienne méditerranéenne, vous avez « les alliés » où chacun ayant son plan il est impossible d’avoir une stratégie cohérente, ce qui fait le bonheur d’E.I qui en profite pour avancer ses pions. La prise de Ramadi en Irak et de Palmyre en Syrie est symbolique de ce foutoir occidental : deux centres névralgiques, des champs pétrolifères et gaziers, plus au total 500 000 habitants livrés à E.I. par incompréhension, incompétence et calculs cyniques.

Les chefs militaires disent qu’attaquer des petites unités de djihadistes E.I. éparpillées coûte trop cher, mais où étaient leurs avions, hélicoptères et drones quand pour attaquer massivement Palmyre E.I. à du masser des troupes en plein désert ?
Pourquoi ne bombardent-ils pas les oléoducs qui permettent à E.I. de s’enrichir en exportant pétrole et gaz ?
En réalité la volonté politique occidentale de détruire E.I. fait défaut et E.I. le sait. « Laissons d’abord E.I. régler son compte à Bachar qui est trop fort pour nous, on se débarrassera ensuite d’E.I. » C’est le calcul franco-américain des Alliés. C’est le même calcul stupide que celui déjà fait en Afghanistan où les Etats-Unis ont financé l’Al Qaïda de Ben Laden et les talibans pour faire partir les Russes, puis ont du se battre pour essayer sans succès de se débarrasser des talibans qui sont de fait au pouvoir en Afghanistan aujourd’hui, et d’Al Qaïda qui prospère en Syrie et au Maghreb, financée en sous-main par les alliés des États-Unis, l’Arabie et le Qatar.

Le Maroc était favorable à une intervention de l’ONU.
Les pays en rouge sont hostiles à l’intervention des alliés, ils voulaient qu’on laisse Assad régler le problème de l’opposition de sunnites fondamentalistes et celui de l’E.I.
Les pays en verts ont été favorables à une intervention pour tuer Assad et dépecer la Syrie, les Turcs souhaitant y étendre un protectorat de type ottoman, les Arabes et Qatar ne voulant que prendre le contrôle des richesses pétrolières et gaziè
res.

4 000 frappes aériennes et 2,5 milliards ont été dépensés par les occidentaux pour rien. « C’est un échec à tous les niveaux. Au niveau tactique, clairement, puisque l’État islamique a toujours les moyens de conduire des opérations offensives majeures…
C’est aussi un échec pour la stratégie américai
ne » a déclaré le général américain Michael Barbero.

Pourtant la solution n’est pas d’aller sur le terrain comme certains le préconisent, bien qu’ils aient théoriquement raison car les seules victoires durables sont celles des fantassins au sol. Pour gagner au sol, il faut le soutien majoritaire de la population, comme ce fut le cas en France et dans d’autres pays pour en chasser les nazis.
Or, en Syrie, les sunnites fondamentalistes sont majoritaires et même de plus en plus majoritaires puisque les autres, musulmans non salafistes et chrétiens fuient le pays s’ils n’ont pas été massacrés. Une intervention au sol des alliés sous la bannière américaine produirait une alliance de toutes les vipères miliciennes sunnites qui aujourd’hui s’entre-tuent, pour empêcher les mécréants d’établir un pouvoir démocratique, multiconfessionnel et multiethnique.

Deux autres solutions sont parfois suggérées qui consisteraient soit à recoloniser pour administrer et imposer la paix et le « vivre-ensemble », soit à dire « sacrifions chrétiens et musulmans non-sunnites, laissons les sunnites fondamentalistes s’entre-tuer pour le pouvoir en Syrie et en Irak et replions nos forces et nos moyens pour défendre notre pré-carré européen ».
Elles sont inapplicables.
La seule solution actuellement viable serait d’aider massivement Bachar-El-Assad. Lui seul aurait les stratégies et les méthodes nécessairement violentes qui permettraient d’éradiquer l’E.I.

Ce n’est pas de l’homéopathie militaire, du bisou-nounours humanitaire et des ruses pseudo-stratégiques de gamins qui viendront à bout d’Al-Baghdadi, c’est une grosse opération chirurgicale avec amputation des djihadistes salafistes. Il y aura beaucoup de sang versé, il faudra mettre ensuite Syrie et Irak sous perfusion, mais c’est le seul espoir de les revoir un jour en pays libres, prospères, débarrassés de la charia et des vampires ottomans et saoudiens.

Au fait, saviez-vous que la France a aidé les Saoudiens à bombarder les chiites houthis soutenus par l’Iran au Yémen ? Tiens, Hollande n’aurait donc pas fait de discours d’autosatisfaction sur le sujet ?

Maurice D.

 Maroc était favorable à une intervention de l’ONU.Les pays en rouge sont hostiles à l’intervention des alliés, ils voulaient qu’on laisse Assad régler le problème de l’opposition de sunnites fondamentalistes et celui de l’E.I.Les pays en verts ont été favorables à une intervention pour tuer Assad et dépecer la Syrie, les Turcs souhaitant y étendre un protectorat de type ottoman, les Arabes et Qatar ne voulant que prendre le contrôle des richesses pétrolières et gazières.

Maroc était favorable à une intervention de l’ONU.Les pays en rouge sont hostiles à l’intervention des alliés, ils voulaient qu’on laisse Assad régler le problème de l’opposition de sunnites fondamentalistes et celui de l’E.I.Les pays en verts ont été favorables à une intervention pour tuer Assad et dépecer la Syrie, les Turcs souhaitant y étendre un protectorat de type ottoman, les Arabes et Qatar ne voulant que prendre le contrôle des richesses pétrolières et gazières.

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La raison délirante de l’Europe, un nouveau...

Publié le par Bernard Felli

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La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ? par Laurent de Sutter

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La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ? par Laurent de Sutter

Publié le par Felli Bernard

Laurent de Sutter
Laurent de Sutter

8

juin

2015

La raison délirante de l’Europe, un nouveau fascisme mou ? par Laurent de Sutter

39

Il est temps d’ouvrir les yeux : les autorités qui se trouvent à la tête de l’Europe incarnent un fascisme nouveau. Ce fascisme, ce n’est plus celui, manifeste et assumé, qui a fait du XXe siècle l’un des grands siècles de la laideur politique ; il s’agit plutôt d’un fascisme mou et retors, dissimulant ses intentions mauvaises derrière un langage qui se voudrait de raison. Mais la raison que manifestent tous ceux qui, aujourd’hui, se trouvent forcés de discuter avec le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, est en réalité une raison délirante. Elle l’est sur plusieurs plans.

Premièrement, la raison européenne est délirante sur le plan politique : chaque nouveau geste posé par les autorités de l’Europe (ainsi, en dernier lieu, celui du directeur de la Banque centrale, Mario Draghi) affiche davantage le mépris des principes sur lesquels elle se prétend fondée par ailleurs. En proclamant que les traités européens sont soustraits à tout vote démocratique, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne l’avait pas caché : la démocratie, en Europe, n’est qu’un mot vide. Qu’il ait pointé une réalité juridique (il est vrai que les traités sont négociés entre Etats et non entre populations) n’empêchait pas moins qu’il s’agissait là d’une déclaration de renégat. Non, l’Europe ne vous appartient pas, peuples d’Europe – pas plus qu’elle n’appartient aux gouvernements que vous avez élus, si ceux-ci ne marchent pas au rythme que nous souhaitons lui voir adopter. Tel était le message que Juncker souhaitait faire passer – et qui a été entendu.

Deuxièmement, la raison européenne est délirante du point de vue économique : ce que les autorités européennes sont en train de réaliser, c’est tout simplement la ruine d’un continent entier. Ou, plutôt : la ruine de la population d’un continent entier – à l’heure où la richesse globale de l’Europe, en tant qu’entité économique, ne cesse de croître. Les autorités économiques européennes, en tentant de tuer dans l’œuf le programme grec, pourtant d’une impeccable rationalité économique, de Yánis Varoufákis, le disent là aussi sans ambages. Ce qui les intéresse, c’est la perpétuation d’un statu quo financier permettant au capitalisme, dans son caractère le plus désincarné et le plus maniaque, de continuer à produire une richesse abstraite. Il n’est pas important que la richesse en Europe profite aux personnes ; en revanche, il est d’une importance croissante qu’elle puisse continuer à circuler – et toujours davantage. Pourtant, qu’en déséquilibrant de manière aussi radicale le système économique européen, les autorités en question risquent d’aboutir à la destruction du système capitaliste lui-même, comme ne cessent de le souligner les analystes financiers, ne leur traverse même pas l’esprit. Car, au bout du compte, il ne s’agit pas vraiment de capitalisme, ni même d’économie ; il s’agit de pouvoir, et de sa pure imposition.

Troisièmement, la raison européenne est délirante du point de vue de la raison elle-même. Derrière les différents appels au «raisonnable», que le nouveau gouvernement grec devrait adopter, se dissimule en réalité la soumission à la folie la plus complète. Car la raison à laquelle se réfèrent les politiciens européens (par exemple, pour justifier les mesures d’austérité débiles qu’ils imposent à leur population) repose sur un ensemble d’axiomes pouvant tout aussi bien définir la folie. Ces axiomes sont, tout d’abord, le refus du principe de réalité – le fait que la raison des autorités européennes tourne dans le vide, sans contact aucun avec ce qui peut se produire dans le monde concret. C’est, ensuite, le refus du principe de consistance – le fait que les arguments utilisés pour fonder leurs décisions sont toujours des arguments qui ne tiennent pas debout, et sont précisément avancées pour cela (voir, à nouveau, l’exemple de l’austérité, présentée comme rationnelle du point de vue économique alors que tout le monde sait que ce n’est pas le cas). C’est, enfin, le refus du principe de contradiction – le fait que l’on puisse remonter aux fondements mêmes des décisions qui sont prises, et les discuter, possibilité suscitant aussitôt des réactions hystériques de la part des autorités.

Ce délire généralisé, que manifestent les autorités européennes, doit être interrogé. Pourquoi se déploie-t-il de manière si impudique sous nos yeux ? Pourquoi continue-t-il à faire semblant de se trouver des raisons, lorsque ces raisons n’ont plus aucun sens – ne sont que des mots vides, des slogans creux et des logiques inconsistantes ? La réponse est simple : il s’agit bien de fascisme. Il s’agit de se donner une couverture idéologique de pure convention, un discours auquel on fait semblant d’adhérer, pour, en vérité, réaliser une autre opération. Comme je l’ai suggéré plus haut, cette autre opération est une opération d’ordre : il s’agit de s’assurer de la domestication toujours plus dure des populations européennes – de ce qu’elles ne réagiront pas aux mesures de plus en plus violentes prises à leur encontre. Des gouvernements qui se prétendent démocratiques ont été élus par les différentes populations européennes – mais ce sont des gouvernements dont le programme caché est tout le contraire : ce sont des gouvernements qui souhaitent la fin de la démocratie, car la démocratie ne les arrange pas. Tout le reste n’est que prétexte. Or, ce que le nouveau gouvernement grec tente de réaliser, c’est réintroduire un peu de réalisme au milieu de l’invraisemblable délire politique, économique et rationnel dans lequel baigne l’Europe – donc un peu de démocratie. Mais, ce faisant, il rend apparent l’ampleur de la crapulerie régnant dans les autres pays du continent – et, cela, on ne le lui pardonnera pas.

Laurent de SUTTER Professeur de théorie du droit, à la Vrije Universiteit de Bruxelles et directeur de la collection «Perspectives critiques» aux Presses universitaires de France

Source : Laurent de Sutter, pour Libération, le 10 février 2015.

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François Hollande décore le PDG de Qatar Airways en catimini

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Pourquoi l’Occident déteste-t-il Poutine ? La...

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Pourquoi l’Occident déteste-t-il Poutine ? La raison secrète
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Pourquoi l’Occident déteste-t-il Poutine ? La raison secrète

Publié le par Felli Bernard

 flottes alliées face à la Syrie
flottes alliées face à la Syrie

Amis blogueurs ,je vous invite à lire cet article.IL SITUE BIEN LA SITUATION internationale de la fin août 2013 jusqu'à la SITUATION nouvelle de la " ROUTE de la SOIE...

bernard FELLI . Administrateur du blog " http://ombre43.over-blog.com

Pourquoi l’Occident déteste-t-il Poutine ? La raison secrète

7 juin 2015 | Polémia

« Cela signifie que les Etats-Unis et leur petit groupe d’amis en Europe de l’Ouest et au Japon devront reconnaître qu’ils ne pourront pas prendre seuls toutes les décisions importantes du monde ».
Les raisons officielles

Nous savons tous que les gouvernements occidentaux, emmenés par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, se sont retournés contre la Russie. Les raisons données par les médias sont nombreuses: la Russie a essayé d’empêcher l’Ukraine de rejoindre l’Union européenne ; la Russie a aidé les « rebelles pro-russes » à abattre le MH-17 ; la Russie a « envahi » illégalement la Crimée ; des milliers de troupes et de tanks russes combattent en Ukraine. Certains d’entre nous pensent que ces affirmations sont de la propagande de guerre à l’intention des citoyens de l’Ouest dans le but de justifier des sanctions contre la Russie et de faire monter les tensions militaires.

Les raisons géopolitiques

Beaucoup moins largement débattues, mais beaucoup plus importantes, il y a les raisons géopolitiques qui considèrent les zones de conflit entre les intérêts économiques des Etats-Unis et ceux de la Russie et de la Chine. Pour le moment, l’Union européenne est très dépendante de l’énergie russe. Les Etats-Unis aimeraient faire cesser cela. Le conflit en Ukraine est un élément important du processus visant à séparer économiquement l’UE de la Russie. Mais il y a aussi un programme plus vaste. La Chine et la Russie dirigent les BRICS, ce groupe de pays rassemblant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Les pays des BRICS veulent développer un système économique mondial qui ne dépende pas du dollar américain. Ils veulent être indépendants du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. La Chine a aussi suggéré à l’Europe qu’elle se joigne à elle et à la Russie dans ce qu’elles appellent la Nouvelle Route de la soie, qui s’étend dans toute l’Eurasie, de Lisbonne à Shanghai. Inutile de dire qu’il n’y a pas de place pour les Etats-Unis dans ce plan, ce qui donne une autre raison de couper les liens économiques entre la Russie et l’Union européenne.

La raison secrète : la guerre qui n’a pas eu lieu

Tous ces facteurs sont importants, mais il y en a encore un autre, qui n’est jamais débattu dans les médias occidentaux. L’élément déclencheur de la soudaine hostilité contre la Russie et Poutine peut être trouvé dans presque tous les événements non déclarés qui se sont déroulés entre la fin août et le début de septembre 2013. Ce qui est arrivé dans cette période cruciale est qu’une attaque surprise de l’Otan contre la Syrie a été stoppée par la Russie. C’était probablement la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale qu’une attaque militaire planifiée par l’Occident se trouvait confrontée à une force suffisante pour exiger son annulation. On ne le dira pas aux gens en Occident parce que leurs dirigeants bellicistes, au discours martial, ont « fermé les yeux ». Ils ont reculé et ont décidé de changer leur plan, le nouveau plan étant de démolir l’Ukraine et de s’emparer de la Crimée au profit de l’Otan. Cela, à l’évidence, n’a pas marché non plus ; le désordre qu’ils ont créé est toujours là.

L’attaque US/France prévue sur la Syrie

Tôt le matin du samedi 31 août 2013, un officiel américain a téléphoné au cabinet du président Hollande pour lui dire de s’attendre à un appel d’Obama plus tard dans la journée.
« Présumant que cet appel téléphonique du soir annoncerait le début des frappes aériennes états-uniennes (contre la Syrie), Hollande a donné l’ordre à son état-major de mettre au point son propre plan d’attaque. Les avions de combat Rafale ont été chargés de missiles de croisière Scalp et ordre a été donné aux pilotes de lancer leurs munitions d’une portée de 250 miles quand ils se trouveraient sur la Méditerranée. » (1)

Autrement dit, à ce moment-là, les pilotes français et les troupes états-uniennes attendaient seulement l’ordre final du président Obama pour lancer leur attaque. Toutefois, plus tard le même jour, à 18h15, Obama a appelé le président français pour lui dire que l’attaque programmée le 1er septembre à 3h du matin n’aurait pas lieu comme prévu. Il lui fallait consulter le Congrès. (2)
Trois jours plus tard, à 6 h 16 GMT mardi 3 septembre, deux missiles dirigés vers la côte syrienne étaient lancés « depuis la partie centrale de la Méditerranée », mais ils n’ont pas atteint la Syrie.(3) « Les deux missiles se sont écrasés en mer. » (4)

Il existe différentes versions de ce qui s’est produit. Selon Israël Shamir: « Un journal libanais, citant des sources diplomatiques, a affirmé que les missiles étaient lancés depuis une base aérienne de l’Otan en Espagne et qu’ils ont été abattus depuis un navire par le système de défense russe mer-air. Une autre explication proposée par Asia Times soutient que les Russes ont utilisé leurs brouilleurs GPS, puissants et bon marché, pour rendre impuissants les Tomahawks, très chers, en les désorientant et en les poussant à l’échec. Il y a encore une autre version, qui a attribué le lancement aux Israéliens ; soit qu’ils étaient prêts à abattre les missiles, soit qu’ils observaient les nuages comme ils le prétendent. » (5)

Les navires de guerre étaient prêts

Il est difficile de savoir ce qu’il y a derrière ce lancement de missiles raté, mais cela n’a pas déclenché de guerre. Nous pouvons tous en être reconnaissants. Sur la carte ci-dessous, nous pouvons voir l’impressionnante armada de navires de guerre en position au large de la Syrie à l’époque. (6) Un article dans Global Research a parlé d’un « déploiement naval massif des Etats-Unis et de leurs alliés en Méditerranée orientale au large de la côte syrienne ainsi que dans la mer Rouge et dans le golfe Persique. » (7)

A ce moment-là, il semblait presque certain que les Etats-Unis et leurs alliés lanceraient une attaque contre la Syrie. Au lieu de quoi, l’attaque prévue a été reportée sine die. Comme le dit Israël Shamir, « les volontés de fer de l’Amérique et de l’Eurasie se sont croisées en Méditerranée orientale » et les Etats-Unis ont subitement décidé de reculer devant ce grave conflit militaire.

Un commentateur a plaisanté en disant qu’après tout Obama avait finalement mérité son prix Nobel de la paix. Voici comment The Saker, un opposant véhément à ce qu’il appelle l’Empire anglo-sioniste, évalue la situation – de par sa vie antérieure, The Saker possède une connaissance intime du fonctionnement des affaires militaires de l’Otan :
« Moins remarqué, il y a eu l’envoi par la Russie d’une force navale opérationnelle, assemblée à la hâte mais compétente, sur la côte syrienne. Pas une force suffisamment importante pour battre la marine US, mais une force capable de fournir à l’armée syrienne une vision complète du ciel au-dessus et au-delà de la Syrie. Autrement dit, pour la première fois, les Etats-Unis ne pouvaient pas réaliser une attaque surprise sur la Syrie, ni avec des missiles de croisière, ni avec leur puissance aérienne. Pire, la Russie, l’Iran et le Hezbollah se sont lancés dans un programme, manifeste ou secret, d’assistance matérielle et technique à la Syrie qui a fini par vaincre l’insurrection wahhabite. » (8)

Pourquoi les Etats-Unis ont-ils modifié leurs plans ?

Il nous est difficile de connaître toutes les manœuvres qui se sont déroulées en coulisses en août et en septembre 2013, mais le résultat final est clair. Après des années de tensions croissantes et de menaces, les Etats-Unis et leurs alliés ont décidé de ne pas attaquer la Syrie comme ils l’avaient prévu. Etant donné que la rhétorique et le déploiement militaire contre la Syrie semblaient suivre le scénario utilisé pour l’Irak et la Libye, il y a eu peu de débats en Occident sur les raisons pour lesquelles les Etats-Unis et leurs amis ont subitement changé leurs plans. A présent, avec le recul, on peut voir que cette attaque directe ratée a mené à une attaque indirecte croissante et à la montée de ce qui est maintenant connu comme l’ISIS [l’Etat islamique].

Deux des raisons évidentes que je peux déceler à ce changement soudain ne sont pas la sorte de choses dont veulent débattre les dirigeants politiques occidentaux :

– L’une est le fait que ces guerres sont très impopulaires. Comme résultat des mensonges et des échecs innombrables révélés sur les guerres sauvages et inutiles en Afghanistan, en Irak et en Libye, il semble que certains politiciens écoutent leurs citoyens. Comment expliquer autrement la décision inattendue du Parlement britannique, le jeudi 29 août, de voter contre la participation du Royaume-Uni à des frappes contre la Syrie?

– L’autre raison est l’étendue des concentrations de troupes de la Syrie, de la Russie et même de la Chine. (9) Les Russes et les Chinois n’ont pas seulement bloqué les Etats-Unis au Conseil de sécurité. Ils ont « voté » avec leur matériel militaire. Ils n’apprécient pas ce que les Etats-Unis ont projeté pour la Syrie et ont fait clairement savoir qu’ils recourraient à la force pour les arrêter. Quand les Chinois ont-ils envoyé pour la dernière fois des navires de guerre en Méditerranée? La Russie et la Chine n’approuvent visiblement pas la manière dont les Etats-Unis décident d’envahir un pays après l’autre.

Qu’est-ce que cela veut dire

Pour des raisons qui ne sont pas difficiles à imaginer, il y a eu peu de discussions sur la signification plus large de ces événements dans les médias occidentaux. Cependant, des commentateurs comme Israël Shamir et Pepe Escobar croient que ces événements signalent un changement important dans l’équilibre des pouvoirs dans le monde. Ce qui suit est tiré d’une intervention d’Israël Shamir au Forum de Rhodes le 5 octobre 2013 :

« Tout d’abord, la bonne nouvelle. L’hégémonie américaine, c’est du passé. La brute a été maîtrisée.
Nous avons dégagé le Cap de Bonne-Espérance, symboliquement parlant, en septembre 2013. Avec la crise syrienne, le monde a opéré un virage essentiel de l’Histoire moderne. C’était un quitte ou double presque aussi risqué que la crise des missiles cubains de 1962.
Les risques d’une guerre totale étaient élevés, car les volontés de fer de l’Amérique et de l’Eurasie s’étaient croisées en Méditerranée orientale. Il faudra un certain temps pour que ce que nous avons vécu fasse son chemin dans les consciences: c’est normal pour des événements d’une telle ampleur. » (10)

Par « Eurasie », il faut entendre la Russie et la Chine. En termes crus, ces deux pays ont simplement contraint les Etats-Unis à reculer et à annuler leurs plans de guerre. Généralement, les gens ordinaires aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans beaucoup d’autres pays étaient tout aussi opposés à l’attaque que le peuple syrien lui-même.
Pepe Escobar est encore plus brutal. Dans un article du 17 octobre, après le recul du gouvernement de Washington sur la Syrie, il explique qu’il y a eu un changement de politique à Pékin. Maintenant, pour la Chine, fini de mettre des gants diplomatiques. Il est temps de construire un monde « désaméricanisé ». Le temps est venu d’une monnaie de réserve internationale qui remplace le dollar US. (11) Cette nouvelle approche est présentée dans un éditorial de Xinhua. (12) La dernière goutte qui a fait déborder le vase a été l’arrêt des Etats-Unis [faillite budgétaire bureaucratique, NdT] venant s’ajouter à la crise financière provoquée par les banques de Wall Street.

Cet éditorial cite ce qui est peut-être le paragraphe le plus important :
« Au lieu de remplir ses obligations comme une puissance dirigeante responsable, un Washington égocentrique a abusé de son statut de superpuissance et a même introduit davantage de chaos dans le monde en transférant ses risques financiers à l’étranger, provoquant des tensions régionales dans des conflits territoriaux, et menant des guerres injustifiées couvertes par des mensonges éhontés. » (13)
Dans cette nouvelle stratégie la Chine s’appuie sur au moins trois principes. Le premier est de stopper les aventures militaires des Etats-Unis. Toutes les nations doivent respecter le droit international et régler les conflits dans le cadre des Nations unies. Le deuxième est d’élargir l’adhésion à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international pour inclure des pays émergents et en développement. Le troisième est de travailler à une « nouvelle monnaie de réserve internationale qui doit être créée pour remplacer la domination du dollar américain ». (14)

Peut-être est-ce pour cette raison que les dirigeants occidentaux ne célèbrent pas cette guerre qui n’a pas eu lieu. Les Russes et les Chinois ont forcé l’Occident à respecter le droit international et à éviter une guerre illégale. De plus, les Chinois voient cela comme le commencement d’une nouvelle ère dans la politique mondiale. Ils veulent « désaméricaniser » le monde. Cela signifie que les Etats-Unis et leur petit groupe d’amis en Europe de l’Ouest et au Japon devront reconnaître qu’ils ne pourront pas prendre seuls toutes les décisions importantes du monde.

Australianvoice
1/03/2015

Titre original : WHY DOES THE WEST HATE PUTIN? THE SECRET REASON
(1/03/2015)

Traduit par Diane Gilliard pour Arrêt sur Info

Notes:

1. Cité d’après un article de David Axe, « Les bombardiers français étaient chargés, les rebelles syriens étaient déployés – Tous attendaient le OK d’Obama pour attaquer »; https://medium.com/war-is-boring/69247c24253f(en anglais)

2. http://israelmatzav.blogspot.com.au/2013/09/france-was-ready-to-strike-syria-obama.html

3. http/::beforeitsnews.com:middle-east:2013:09:two-missiles-launched-toward-syria-fall-into-the-sea-2454030.html

4. http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/10282788/Missiles-launched-in-Mediterranean-towards-Syrian-coast-claims-Russian-defence-ministry.html

5. http://www.globalresearch.ca/the-war-on-syria-the-september-2013-military-stand-off-between-five-us-destroyers-and-the-russian-flotilla-in-the-eastern-mediterranean/5355644

6. https://fbcdn-sphotos-b-a.akamaihd.net/hphotos-akash3/1176205_566256046755921_1140583716_n.jpg

7. http://www.globalresearch.ca/massive-naval-deployment-us-and-allied-warships-deployed-to-syrian-coastline-before-the-august-21-chemical-weapons-attack/5347766

8. http://thesaker.is/submarines-in-the-desert-as-my-deepest-gratitude-to-you/

9. http://www.redflagnews.com/headlines/alert-china-sends-warships-to-syria-joining-russian-warships-in-mediterranean-sea

10. http://www.globalresearch.ca/the-war-on-syria-the-september-2013-military-stand-off-between-five-us-destroyers-and-the-russian-flotilla-in-the-eastern-mediterranean/5355644

11. http://www.alternet.org/world/de-americanized-world-and-china

12. http://news.xinhuanet.com/english/indepth/2013-10/13/c_132794246.htm
Cela semble être le même éditorial important analysé par Jeff J. Brown dans le post de Wikileaks « Baba Beijing’s Belly Laugh Felt Round the World »,
http://www.wikileaksparty.org.au/baba-beijings-belly-laugh-felt-round-the-world-2/.
La seule différence que je voie est que Jeff Brown se réfère à un auteur nommé Tang Danlu, tandis que le site web de Xinhua se réfère à Liu Chang comme auteur de l’article.

13. http://news.xinhuanet.com/english/indepth/2013-10/13/c_132794246.htm

14. http://www.alternet.org/world/de-americanized-world-and-china

Source : Réveil français

Correspondance Polémia – 7/06/2015

Image : flottes alliées face à la Syrie

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Publié le par Bernard Felli

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