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9 millions de retraités, à partir de 1200€ de pension, vont voir leur CSG augmenter !

Publié le par Felli Bernard

9 millions de retraités, à partir de 1200€ de pension, vont voir leur CSG augmenter !

A partir de 1200€ de revenu mensuel, des millions de retraités vont voir leur CSG augmenter. Avec 1200€ de retraite, vous allez payer 245€ de CSG en plus par an, avec 1500€ ce sera 306€, pour 1700€ 346€ supplémentaires et pour 2000€ le montant à payer en plus sera de 408€. Cette mesure servira à financer la baisse des cotisations chômage et maladie destinées aux actifs. Les employés vont payer plus de CSG et voir leurs cotisations diminuer c’est bien mais qu’en est-il des retraités? Les seniors vont payer plein pot la CSG mais ne vont pas voir leur pension augmenter. Finalement, les retraités seront les seuls perdants ….Et il faut arrêter de dire que seuls les retraités privilégiés seront concernés car avec 1199€ de retraite on n’est pas milliardaire, non? Cette mesure est destinée à renforcer la solidarité entre les seniors “aisés” et les actifs…Drôle d’argument, non?

Quand nous lisons ces quelques lignes tirés d’un journal économique “Les seuls perdants seront les 60 % de retraités qui paient une CSG à taux plein, c’est-à-dire ceux dont le revenu annuel est supérieur à 14.375 euros” “Je leur demanderai cet effort pour avoir un système plus intelligent” défend Emmanuel Macron.

Pour info 14375€ de revenu annuel c’est…1197€ par mois. C’est pas le Pérou ! 

Les seuls perdants seront encore et toujours les retraités…C’est incroyable comme les dirigeants aiment taxer les retraités. C’est vrai que nous ne manifestons pas, nous ne faisons pas de grandes manifestations, bref nous sommes incapables de nous faire entendre.

On veut bien que l’on demande des efforts à des retraités avec 2000€ de pension mensuelle, mais avec 1200€ de retraite, il faudra un jour faire comprendre à nos dirigeants que l’on est pas un retraité “riche”.

Ensuite, il est prévu que la suppression que la taxe d’habitation compense la hausse de la CSG. Mais comme la fin de la taxe d’habitation est prévue dans 3 ans, les retraités vont d’abord payer la CSG pour être éventuellement exonéré de taxe d’habitation dans 36 mois…

Et si la hausse de la CSG pour les retraités n’intervenait qu’en même temps que la fin de la taxe d’habitation soit dans trois ans ? Cela voudrait dire que le nouveau président entend les justes revendications des retraités.

Alors mobilisons nous !

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De grands scientifiques étasuniens confirment un plan américain de conquête de la Russie

Publié le par Felli Bernard

De grands scientifiques étasuniens confirment un plan américain de conquête de la Russie

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Le Bulletin des scientifiques atomiques a publié une étude, le 1er mars 2017, qui commence ainsi :

« Le programme de modernisation des forces nucléaires des États-Unis a été présenté au public, comme un effort pour assurer la fiabilité et la sécurité des têtes nucléaires de l’arsenal nucléaire américain, plutôt que pour améliorer leurs capacités techniques. En réalité, ce programme va utiliser de nouvelles technologies révolutionnaires, qui augmenteront considérablement la capacité de ciblage de l’arsenal américain de missiles balistiques. Cette augmentation de capacité est étonnante. Elle augmente d’un facteur d’environ trois, le pouvoir global de destruction des forces existantes des missiles balistiques américains et cela crée exactement ce à quoi l’on s’attend, si un État possédant le nucléaire prévoyait d’avoir la capacité de combattre et de gagner une guerre nucléaire, en désarmant les ennemis grâce à une première frappe surprise.

L’étude continue ainsi :

Parce que les innovations dans les super-fuze apparaissent aux yeux des non-techniciens comme mineures, les décideurs politiques hors du gouvernement des États-Unis (et probablement à l’intérieur du gouvernement) ont complètement négligé leur impact révolutionnaire sur les capacités militaires et leurs importantes implications pour la sécurité mondiale. »

Cette étude a été coécrite par trois grands scientifiques américains spécialisés dans l’analyse des armes et surtout dans l’équilibre géostratégique entre les pays : Hans Kristensen, Matthew McKinzie et Theodore Postol [Le même chercheur qui a démonté le rapport officiel étasunien sur l’attaque au sarin à Khan Shaykhun, NdT]. Leur rapport se poursuit ainsi :

« Cette vaste augmentation de la capacité de ciblage nucléaire aux États-Unis, largement dissimulée au grand public, a de sérieuses implications pour la stabilité stratégique et pour la perception par les adversaires de la stratégie et des intentions nucléaires américaines.

Les planificateurs russes considéreront presque certainement cette avancée de la capacité de ciblage, comme augmentant le risque d’une frappe nucléaire préventive de la part des États-Unis – un risque qui obligerait la Russie à préparer des contre-mesures, qui accroîtraient encore le niveau d’alerte, déjà dangereusement élevé, des forces nucléaires russes. Les postures nucléaires tendues, basées sur des hypothèses de planification déjà les plus défavorables, entraînent la possibilité d’une réponse nucléaire à un faux signal d’attaque. La nouvelle capacité de destruction engendrée par le super-fuze augmente la tension et le risque que les forces nucléaires américaines ou russes soient utilisées en réponse à l’alerte précoce d’une attaque, même si l’attaque ne s’est pas réellement produite. »

Les auteurs expliquent ensuite pourquoi le départ accidentel de la troisième guerre mondiale, c’est-à-dire un anéantissement mondial, serait plus probable de la part de la Russie que des États-Unis :

« La Russie ne dispose pas d’un système d’alerte précoce satellite fonctionnel, mais repose principalement sur des radars d’alerte précoce, posés au sol pour détecter une attaque de missiles américains. Comme ces radars ne peuvent pas voir plus loin que l’horizon, la Russie dispose de deux fois moins de temps d’alerte précoce que les États-Unis. (Les États-Unis  disposent environ de 30 minutes, la Russie 15 minutes ou moins).

En d’autres termes : alors que Trump disposerait d’environ 30 minutes pour déterminer si Poutine a lancé une frappe préventive, Poutine aurait moins de 15 minutes pour déterminer si Trump l’a fait. Et si, au bout de cette période, de chaque côté, il n’y a aucune certitude qu’aucune attaque nucléaire préventive n’a été lancée par l’autre, alors cette personne serait obligée de riposter contre l’autre, en supposant que ne pas le faire aurait non seulement pour résultat une planète toxique condamnée à un hiver nucléaire et une famine universelle, mais aussi une humiliante et scandaleuse absence de représailles contre l’auteur d’un tel acte. Ce qui serait une humiliation en plus d’un anéantissement, et donc un partage de la faute avec le vrai criminel, qui résultera, quelque soit le temps d’existence qui pourrait rester à le vivre, en une honte insupportable et se traduira rapidement en suicide, si les compatriotes survivants de ce pays ne l’exécutent pas avant que lui ne se tue.

Inévitablement, la moralité personnelle et l’image de soi du dirigeant de la nation, dans ce type de situation, sont des facteurs différents des conséquences mondiales très publiques qui détermineront la décision de la personne. Mais, avec seulement (au plus) 15 minutes pour décider du côté russe, et 30 minutes pour décider du côté américain, il y a une chance fortement élevée maintenant, qu’une guerre nucléaire mette fin à la vie de tous ceux qui existent actuellement et qui ne mourront pas rapidement de causes ordinaires avant le drame. Même les projections les plus désastreuses des dangers dus au réchauffement climatique sont loin du danger nucléaire.

La question, maintenant, est : comment le monde en est-il arrivé à ce niveau extraordinairement sinistre ? Les co-auteurs se réfèrent à plusieurs reprises au secret, gardé par le gouvernement américain comme une source essentielle, telle que « … qui a été largement dissimulé au public en général… » et « … que les décideurs politiques en dehors du gouvernement américain (et probablement à l’intérieur du gouvernement ont complètement négligé… ». Ces passages se réfèrent à un phénomène ordinaire dans les conspirations au sommet de grandes opérations criminelles comme la criminalité du monde des affaires, où seul un très petit cercle d’individus, communément une demi-douzaine ou même moins, sont conscients de l’objectif stratégique principal de l’opération et des principaux moyens tactiques qui sont mis en place afin d’exécuter le plan. Dans ce cas particulier, il n’inclurait pas le chef de chaque cabinet ministériel, ni rien de si large que cela. Mais il est clair que puisque la décision clé, la mise en œuvre des « super-fuze » sur « toutes les ogives placées dans les sous-marins balistiques américains » a été prise par Obama, il est la principale personne responsable de cette situation.

Cependant, Trump, en tant que personne qui a hérité cette situation de son prédécesseur, n’a toujours pas montré de signe comme quoi il désirait abandonner l’objectif stratégique américain actuel de conquête de la Russie. Plus le temps passe sans que Trump annonce au public qu’il a hérité de cette opération moralement répugnante de son prédécesseur et qu’il retire tous les super-fuzes, plus cela indique que Trump a décidé de poursuivre le plan d’Obama. Habituellement, dans une telle situation, le dirigeant qui a hérité d’un tel plan serait assassiné, s’il donnait une indication claire de son intention de changer de plan ou de l’annuler (les initiés clés sont généralement obsédés par le « succès », en particulier à une étape aussi tardive ). Et donc, si Trump essayait de le faire, il tenterait presque certainement de cacher ce fait, jusqu’à ce que le plan hérité soit déjà désactivé et ne soit plus une menace.

Le point tournant clé qui a mené à la crise actuelle a été l’acceptation progressive et croissante, du côté américain, de la possibilité d’utiliser l’arme nucléaire pour conquérir, plutôt que seulement pour la dissuasion – le système antérieur, celui de la dissuasion, ayant été appelé « MAD » [fou, NdT], acronyme de Mutually Assured Destruction (destruction mutuelle assurée), exprimant l’idée que si les deux superpuissances nucléaires se déclaraient la guerre, le monde entier serait détruit de manière catastrophique et rendrait l’idée d’un « gagnant » et d’un « perdant » du conflit une distorsion grotesque de la réalité. La seule réalité étant l’anéantissement mutuel et une planète invivable. Un événement historique, dans le processus de re-conceptualisation qu’une telle guerre peut être considérée comme étant « gagnable », a été la publication, en 2006, de deux articles dans les deux revues les plus prestigieuses de relations internationales, Foreign Affairs et International Security, introduisant officiellement le concept de « Primauté nucléaire »,c’est-à-dire  la (prétendue) opportunité  pour les États-Unis de planifier une conquête nucléaire de la Russie. Jusqu’à ces deux articles (tous deux co-écrits par les deux mêmes auteurs), une telle idée était considérée comme farfelue, mais depuis lors, elle est devenue populaire. Comme l’explique le dernier lien ci-dessus (l’article en lien précédent), l’origine, avant même George W. Bush, remonte au 24 février 1990 lorsque son père, alors également président américain, a secrètement lancé une opération dont le but final est de conquérir la Russie. Dans cet article, se trouvent les liens aux documents-sources sur les origines d’un plan qui nous mènera à une guerre nucléaire de fin du monde. Remonter aux causes originelles de la progression régulière, après le 24 février 1990, dans la direction d’une conquête de la Russie par les États-Unis (assisté de ses alliés) peut maintenant être fait par les historiens, même si ce n’est que maintenant que l’information est finalement révélée au public, 27 ans après la très fatale décision de George Herbert Walker Bush, qui a déjà coûté aux contribuables américains des milliards de dollars, un vrai gaspillage, et dont le résultat risque d’être un anéantissement total.

Cet article est soumis gratuitement à tous les médias, pour publication, dans l’espoir que le président actuel des États-Unis va le commenter publiquement, même si c’est pour s’en moquer afin d’éviter d’être assassiné pour y avoir fait référence. Nous sommes à un moment extrêmement dangereux dans l’Histoire, et Donald Trump est maintenant sur un siège très chaud, ce que toute personne intelligente et bien informée reconnaît être le cas. Si jamais le monde avait besoin d’un grand dirigeant courageux, c’est maintenant ; parce que, sans cela, nous pourrions entrer bientôt en enfer. L’éviter, 27 ans après que le gouvernement américain s’est lancé sur cette pente savonneuse, sera extrêmement difficile, mais pas encore totalement impossible. C’est là que nous en sommes à l’heure actuelle et, depuis le coup d’État en Ukraine en 2014, les achats de bunkers « à l’épreuve du nucléaire » ont augmenté de façon conséquente.

Ce danger extrême est la nouvelle réalité mondiale. Si l’élimination de la menace ne vient pas de la Maison Blanche, l’apothéose de la menace viendra, qui que ce soit qui frappera le premier. La décision – soit d’envahir la Russie, soit d’annuler et de condamner la préparation des États-Unis à le faire depuis plus d’une décennie – ne peut être prise que par le président américain. S’il reste silencieux sur la question, Poutine peut raisonnablement continuer à supposer qu’il devra être le premier à frapper. Il ne s’est pas placé lui-même dans cette position ; le régime étasunien l’aura  forcé. Espérons que les États-Unis vont diminuer la menace, dès maintenant.

Eric Zuesse

 

Article original en anglais:

America’s Top Scientists Confirm: U.S. Goal Now Is to Conquer Russia. “Disarming Enemies with a Surprise Nuclear First Strike”

Traduit par Wayan, relu par Michèle pour le Saker Francophone

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HALTE A L' ASSASSINAT PROGRAMME DE LA LANGUE FRANCAISE !

Publié le par Felli Bernard

http://www.bvoltaire.fr/halte-a-lassassinat-programme-de-langue-francaise/?mc_cid=b434e16369&mc_eid=58ff097ba7

 

Halte à l’assassinat

 

programmé de la langue

 

française !

 

 

L’Union européenne marginalise d’une façon constante, en petites étapes, les langues officielles autres que l’anglais.

 

Marc Rousset

Économiste

 

 

Trente-deux associations qui défendent la langue française se sont réunies, le 9 mai 2017, au François Coppée à Paris sur le thème « Halte à l’assassinat programmé du français ! » Ce coup de gueule « populaire » à la Zola adressé à nos pseudo-élites politiques et à nos traîtres, lâches et vendus de hauts fonctionnaires – énarques pour la plupart – est tout à fait justifié.

On assiste à la démolition du français et de la francophonie.

C’est ainsi que l’Union européenne marginalise d’une façon constante, en petites étapes, les langues officielles autres que l’anglais, devenu aujourd’hui quasi monopolistique dans la production de textes ; étranglement croissant de la traduction en d’autres langues ; obligation faite aux administrations des Etats membres de répondre en anglais ; obligation faite aux pays francophones du Sud souhaitant obtenir des aides du FED (Fonds européen de développement) de présenter leurs dossiers uniquement en anglais. Or, dans la stricte logique du Brexit, l’anglais ne sera plus la langue officiellement déposée auprès de Bruxelles d’aucun État membre de l’Union européenne.

Il importe donc de :

1) Pour le français en France :
– remettre à sa due place la langue française dans nos écoles ;
– imposer une part importante en français dans toutes les formations diplômantes des universités et grandes écoles françaises ;
– proposer une loi Toubon renforcée de protection du français et de la faire appliquer ;
– promouvoir la communication scientifique internationale en français ;
– veiller à la diversité des langues enseignées ;
– enjoindre aux administrations publiques de ne pas traiter les documents de travail reçus uniquement en langue étrangère et de ne répondre qu’en français ;
– contrôler les médias et la publicité afin qu’ils respectent les lois et règlements ;
– imposer une connaissance suffisante du français à tous les candidats à l’immigration et au regroupement familial.

2) Pour l’action culturelle française hors de France :
– rétablir le niveau de financement de l’activité culturelle (Alliances françaises, écoles…) ;
– augmenter l’aide française au développement vers les pays francophones et d’Afrique.

3) Pour la francophonie institutionnelle mondiale :
– faire respecter le français comme langue officielle et de travail dans les institutions internationales et à l’Office européen des brevets ;
– contester officiellement au Conseil européen le statut de l’anglais langue officielle des institutions ;
– favoriser les échanges économiques avec nos partenaires de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ainsi qu’avec les départements d’outre-mer de notre vaste espace maritime, le deuxième du monde.

 

 
 
 
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Published by marcrousset

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L’affaire du Lufy : un trafic d’armes intralibyen ? un problème européen ?

Publié le par Felli Bernard

L’affaire du Lufy : un trafic d’armes intralibyen ? un problème européen ?

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(B2) A l’Union européenne, on ne tient pas trop à commenter la « bavure » de l’opération Sophia. Le fait d’avoir laisser un navire repartir avec des armes, sans les arrêter parait, en effet, difficilement explicable.

Interrogé récemment par un confrère, un haut diplomate européen a répondu de façon elliptique : « [L’opération] Sophia a un mandat. Nous travaillons dans le cadre de ce mandat […] Nous avons demandé des informations à plusieurs navires et cela a donné lieu à deux inspections ».

Cela mérite quelques explications. Et à l’aide de mes modestes connaissances, j’ai essayé de faire aussi pédagogique que possible pour éclairer nos lecteurs.

Qu’est-ce qu’une inspection ?

Une « inspection » n’est pas une simple visite « amicale ». Il s’agit d’une réelle inspection (au niveau terrestre, on pourrait parler plutôt d’une « perquisition »).

Concernant l’opération Sophia, elle s’exerce dans un cadre précis : l’embargo sur les armes dicté par la résolution 2292 des Nations-Unies. Elle répond ainsi à des conditions précises, visant : 1° les navires « à destination ou en provenance de Libye » ; 2° lorsqu’il existe des motifs « raisonnables de penser que de tels navires transportent des armes ou du matériel connexe » ; 3° cette cargaison étant « à destination ou en provenance de Libye, directement ou indirectement » ; 4° « en violation de l’embargo sur les armes ».

Combien d’inspections ont été faites ?

Deux inspections ont effectivement été faites (chiffre officiel). L’une d’elle, sur le Lufy (ou al Luffy) n’a donné lieu à aucun communiqué de presse ni aucune saisie. (NB : Selon les informations de B2, le navire qui allait de Misrata à Benghazi, a simplement été renvoyé à son point de départ : Misrata). Aucune explication publique n’a été donnée ni sur l’existence d’armes ni sur la nature des armes ni sur le motif de la relaxe, même si ces informations ont fuité dans la presse (Lire : Le gouvernement libyen contourne l’embargo sur les armes. Avec l’assentiment de Sophia ?).

La seconde inspection, quelques jours plus tard, sur le El Mukthar, a donné lieu à saisie et communication. Difficile de faire autrement. Entretemps, une (petite) explication de gravure avait eu lieu, dans une réunion discrète du COPS (lire :  Des armes à bord d’un navire libyen. Une première saisie pour Sophia (V2)).

D’autres « découvertes » ont-elles été faites sans inspection ?

Ce sujet est très « touchy » (pour parler franglais). Et aucun de nos interlocuteurs habituels n’est vraiment loquace sur le sujet, la plupart lèvent les yeux au ciel ou changent de conversation. Mais il semble bien que d’autres découvertes d’armes aient eu lieu, depuis février, sur des navires « libyens » sans donner lieu ni à poursuite ni à inspection formelle. Ce qui ne peut que susciter des questions et une certaine impatience de plusieurs pays (notamment France et Royaume-Uni) de voir ainsi l’embargo sur les armes contourné.

Si on trouve des armes sur un navire, est-ce toujours contraire à l’embargo ?

Certaines armes peuvent ne pas être en violation de l’embargo sur les armes. Il s’agissait d’armes clairement destinées à l’autodéfense d’un navire (pistolet, voire kalachnikov…). Mais, dans ce cas, il faut le justifier clairement. Et le nombre ne doit pas être extraordinaire. Des mitrailleuses ou lance-roquettes pourraient-elles tomber dans cette catégorie ? On peut en douter. Mais c’est une question d’interprétation…

Les Européens ont-ils un pouvoir général d’inspecter ou de visiter tous les navires et de saisir toutes les armes ?

Non. Certains navires jouissent « de l’immunité souveraine en vertu du droit international » comme le prévoit la résolution 2292 des Nations Unies (§7) interdisant les « perquisitions » sur certains navires : navires de guerre, navires appartenant à l’Etat, ou affrétés par l’Etat. Cette règle suppose de reconnaître aux éléments du Gouvernement d’unité nationale libyens et aux navires portant une « lettre de patente », le droit d’acquérir des armes. Cela suppose surtout que les navires concernés puissent exciper un document officiel, tamponné, attestant de cet exercice. Cela suppose également que ce document émane du gouvernement et non pas seulement d’une des entités du gouvernement (sans aval des autres, question plus que difficile en Libye). Cela peut supposer, enfin, que cette liste soit communiquée au préalable aux autorités chargées de veiller à l’embargo (donc à l’opération européenne ou au secrétariat de l’ONU), pour éviter toute méprise. Là encore, c’est une question d’interprétation.

Que se passe-t-il quand il y a l’immunité ?

Une visite ou une inspection ne peut avoir lieu à bord. Le navire bénéficie d’un privilège diplomatique. Toute « découverte » devient alors (normalement) nulle et non avenue.

Y-a-t-il place à l’interprétation de l’opportunité ?

C’est toute la question qui semble posée dans cette affaire. D’une part, il semble bien y avoir eu des armes sur des navires, « en marge » de l’embargo sur les armes, dont l’évidence d’appartenance aux autorités libyennes n’étaient pas évidentes. D’autre part, l’immunité ne parait pas vraiment solide au plan juridique. Elle a plutôt une nature « politique ». Ainsi la prise peut être considérée comme « trop faible » pour être significative ou jouer un rôle fondamental dans la guerre civile en Libye. Elle pourrait, en revanche, compliquer des relations déjà complexes avec le gouvernement d’unité nationale libyen.

En clair, si ce gouvernement affirme aux autorités européennes que ce navire appartient bien aux autorités libyennes, et qu’il bénéficie de ce fait de l’immunité, se pose la question pour l’autorité militaire de jouer la rigueur et de saisir les armes ou de jouer une partie plus politique en « fermant les yeux » en échange d’une action plus déterminée sur certains points (la formation des garde-côtes, etc.). On est là dans une question d’opportunité. « Il y a des divergences d’appréciation sur ce point entre les États membres » analyse un fin connaisseur de ces questions militaires.

Qui décide des suites ?

En aucun cas, ce ne sont les marins qui effectuent l’inspection ou la reconnaissance (Français, Allemands, Lituaniens) qui peuvent prendre, eux-mêmes, la décision de laisser passer ou d’arrêter un navire. Toute fouille et découverte d’armes sont immédiatement signalées au FHQ, le quartier général de force, un navire italien (l’ITS Garibaldi jusqu’à début avril, le LPD San Giusto ensuite. Lire Relais italien à la tête de la force maritime EUNAVFOR Med). L’information remonte très vite à l’OHQ à Rome, placé sous l’autorité du contre-amiral Credendino qui commande l’opération. Au surplus, la fouille est parfois filmée pour éviter toute méprise.

Le commandant d’opération peut-il prendre une décision seule ?

Le commandant d’opération a une certaine marge d’appréciation fixée à la fois par son mandat – la décision du Conseil – mais aussi par le plan d’opération et les règles d’engagement. Au-delà de ces règles d’engagement (où il a une certaine autonomie), il doit en référer à ses autorités politiques et militaires. D’un coté, la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini (avec le comité militaire de l’UE et le comité politique et de sécurité), de l’autre, son autorité hiérarchique nationale (le chef de la marine nationale, et le ministre italien de la Défense). Le problème pour les militaires est d’avoir un avis politique le plus vite possible. Que faire en pleine nuit quand un incident arrive ? Est-il possible d’obtenir une réponse rapide… à supposer qu’il y en ait une ?

NB : Dans tous les cas, le commandant d’opération doit faire remonter un rapport d’incident à ses autorités hiérarchiques qui sont ainsi tenues au courant (de la nature de l’incident et des mesures prises). Et un rapport doit être dressé et adressé au Conseil de sécurité des Nations-Unies.

S’agit-il de cas isolés ou d’un réseau bien organisé ?

Ces hommes ou ce réseau ont-ils un lien avec les garde-côtes libyens ? Selon nos informations, au moins un marin du Lufy était à bord d’un autre navire abordé. Ce qui suppose au minimum l’existence d’une organisation. Et les relations entre ces navires et les autorités libyennes de Tripoli laissent à supposer que ces navires qui transportent des armes le font avec l’assentiment, voire l’ordre, de certains membres du Gouvernement d’unité nationale (sans doute pas de tous).

Une explication est-elle nécessaire, publique ?

Oui. Dans tous les cas, les faits sont suffisamment graves, et les informations précises, pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. L’Union européenne qui entend voir considérer sa politique de défense comme fondamentale, et défendre ses valeurs, doit s’expliquer clairement. Et tous les faits doivent être établis précisément. Soit il n’y a pas eu d’armes, et il faut le dire clairement. En l’état des informations obtenues par B2 comme le Spiegel, cela semble être très délicat à défendre. Soit ces armes avaient une justification quelconque. On ne peut se réfugier, en matière de violation (ou non) d’un embargo sur les armes, derrière une règle de secret défense. C’est une question de crédibilité…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Cette immunité concerne les « navires de guerre et navires auxiliaires [et] autres navires dont un État est le propriétaire ou l’exploitant et qui sont […] utilisés exclusivement, pour un service public non commercial » et leur cargaison si celle-ci est « utilisée exclusivement à des fins de service public non commerciales ».

 

Rédacteur en chef de B2 - Bruxelles2. Egalement correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest et La Lettre de l'expansion. Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense nationale). © B2. Merci de citer "B2" ou "Bruxelles2" en cas de reprise

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La guerre des internets fait rage en Ukraine

Publié le par Felli Bernard

18
Mai
2017

Source : Le Temps, Stéphane Siohan, 16-05-2017

Les autorités de Kiev viennent d’interdire sur leur territoire des géants de l’internet russe, parmi les sites les plus visités en Ukraine. Au motif de se protéger de l’agression du Kremlin

L’internet a violemment sursauté en Ukraine mardi matin, lorsque s’est répandue à la vitesse de l’éclair l’information selon laquelle le gouvernement avait décidé d’interdire plusieurs des plus grands sites internet russes, et notamment le fameux VKontakte (VK), le grand rival russe de Facebook. La fréquentation de certains des sites incriminés a même ralenti, sous le poids des internautes ukrainiens incrédules voulant vérifier la véracité de l’information.

Facebook et Google russes bloqués

Dans la matinée, plusieurs sites d’information en ligne ont en effet révélé simultanément que la présidence ukrainienne avait décidé de bloquer les grands noms du web russe. En première ligne, donc VKontakte, mais également en ligne de mire, le site «Odnoklassniki», un vaste réseau social (5 millions d’utilisateurs) permettant de retrouver ses anciens camarades de classe. Les sanctions seraient aussi renforcées contre le fabricant d’antivirus Kaspersky.

Les sanctions concerneraient également le moteur de recherche Yandex, leader en Russie, mais extrêmement bien implanté en Ukraine, où il s’est également imposé au côté de Uber sur le marché des taxis à Kiev. Le service de messagerie populaire mail.ru pourrait également se retrouver bloqué, tandis que les utilisateurs du logiciel de gestion d’entreprise «1C», leader sur le marché ukrainien, ne pourront plus installer de mises à jour.

Décision prise en toute discrétion

Cette décision, aux confins du civil et du militaire, a été confirmée au Temps par une source au sein de l’administration présidentielle. le 28 avril dernier, le Conseil national de sécurité et de défense (NSDC) a adopté une «décision collective» afin d’élargir les sanctions contre un certain nombre de compagnies russes (NDR, au nombre de 468 très exactement) «accusées de soutenir l’annexion de la Crimée et le séparatisme à l’est de l’Ukraine.»

Selon cette source, l’interdiction ne viserait pas à pénaliser les contenus postés, mais à s’attaquer «aux propriétaires, ceux-là même qui sont impliqués dans des actions anti-ukrainiennes». Lundi, discrètement, et en l’absence de tout débat public, le président Petro Porochenko a signé le décret renforçant les interdictions. Ce faisant, il a fait entrer son pays dans le club restreint des 30 seuls Etats au monde qui interdisent des réseaux sociaux…

La mesure laisse encore certains observateurs circonspects. «Il n’y a aucune explication sur le modus operandi et pour le moment rien n’est effectif», commente Natalya Gumenyuk, rédactrice en chef du média en ligne Hromadske. «Cela demandera d’énormes capacités techniques pour les fournisseurs d’accès pour bloquer tous les sites indiqués dans le décret», estime quant à lui Vitalii Moroz, expert en nouveaux médias à l’ONG Internews Ukraine.

Forte fréquentation des sites

Quoi qu’il en soit, le décret présidentiel ukrainien, signé moins d’une semaine après que l’UE ait supprimé le régime des visas pour les Ukrainiens, constitue un coup de semonce dans un pays de 42 millions d’habitants et un nouvel épisode de la guerre psychologique et informationnelle que se livrent Kiev et Moscou. En effet, trois des sites visés, VKontakte, Yandex et mail.ru font partie du top 5 des sites internet les plus visités en Ukraine.

Ils surpassent même en fréquentation Facebook, sixième, mais dont l’implantation est plus récente. Selon des données Katar TNS datant d’avril, 78% des internautes ukrainiens utilisent VK, soit plus de 20 millions d’individus. Près de 11 millions d’internautes utilisent les services en ligne du moteur de recherche Yandex. Mais alors que quatre civils ont encore été tués samedi dans un bombardement pro-russe à Avdiivka (est), les internets sont au coeur de la guerre tout court.

Ces sites russes sont contrôlés par le FSB, par conséquent ils constituent une menace pour la sécurité ukrainienne

Vitalii Moroz, expert en nouveaux médias à l’ONG Internews Ukraine

«Ces sites russes sont contrôlés par le FSB, par conséquent ils constituent une menace pour la sécurité ukrainienne», indique Vitalii Moroz, qui ajoute qu’«un grand nombre d’officiels utilisent des réseaux russes pour échanger des informations sensibles, ils sont à la merci de cyberattaques.» La menace est particulièrement prise au sérieuse sur le plan militaire. «Beaucoup de soldats utilisent VK sur le front sans savoir que cela les met en danger de mort», ajoute Vitalii Moroz.

En effet, selon un rapport datant de décembre 2016, le réseau social VK, massivement utilisé par les militaires des deux camps, pourrait être utilisé comme cheval de Troie par le groupe de hackers «Fancy Bear» (considéré comme relevant du renseignement militaire russe, NDR) pour introduire des malwares indiquant aux forces pro-russes à la fois les mouvements de troupes et les positions de l’armée ukrainienne lors des combats.

40% de la population touchée

A l’arrière du front, les prochaines semaines risquent d’être assez agitées. On estime que 40% de la population ukrainienne utilise des sites russes dans sa vie quotidienne, notamment les quinquagénaires et sexagénaires qui se sont mis au web avant l’enracinement du mastodonte Facebook sur le marché, et les populations russophiles des grandes villes de l’est du pays. La réaction des experts sur la question est très contradictoire.

«Si la mesure s’applique, ce sera la meilleure protection possible à la protection de la souveraineté informationnelle de l’Ukraine», estime Yevhen Fedchenko, responsable du site StopFake et directeur de l’école de journalisme de l’académie Mohyla, à Kiev. La position du politologue Mykhailo Minakov diffère: «voilà les leçons que le gouvernement tire des printemps arabes et de la révolution de Maïdan, interdire le réseau social, où il y a le plus d’Ukrainiens.»

Les conséquences de ce protectionnisme informationnel pourraient être très dangereuses à l’est du pays, déjà déstabilisé. «Dans l’est, les attitudes anti-ukrainiennes pourraient encore se renforcer ainsi que la résistance à toute action entreprise par le gouvernement et le manque de confiance dans l’Etat tout court», craint Olena Gorochko, professeur au département médias et communications de l’université de Kharkiv, la plus grande ville russophone du pays.

Dans l’immédiat, des milliers d’internautes sont dans l’expectative. Ce mardi, lorsqu’elle a allumé son smartphone, Tasia Pugach n’en a pas cru ses yeux. «Je me suis endormie dans une Ukraine où les visas avec l’Europe venaient d’être supprimés, et là je me réveille en Corée du Nord», témoigne, incrédule, la jeune femme, qui dirige la communication du Théâtre des Déplacés, une troupe expérimentale réputée qui met en scène les drames de la guerre.

En Ukraine, pays où les médias jouissent d’une confiance minimale, en raison de leur contrôle oligarchique, l’information circule énormément par les réseaux sociaux, qui modulent l’opinion. «Je suis furieuse, cette décision est une violation de mes droits, explique Tasia. Dans mon travail, je fais la promotion de nos pièces sur VK car notre public s’y trouve. J’y ai aussi mes amis, mes photos, ma mémoire.»

Source : Le Temps, Stéphane Siohan, 16-05-2017

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L’Est syrien, enjeu véritable des quatrièmes négociations d’Astana pour la paix en Syrie

Publié le par Felli Bernard

Source : Caroline Galactéros, 11-05-2017

Signature du mémorandum établissant les zones de désescalade lors du quatrième cycle des négociations pour la paix en Syrie, à Astana, Kazakhstan, le 4 mai 2017. Aliia Raimbekova/Anadolu Agency/Getty Images.

Les 3 et 4 mai 2017 se sont tenues les quatrièmes rencontres internationales d’Astana sur la Syrieentre les délégations syrienne, russe, iranienne, turque et celle de « l’opposition armée », cette dernière étant représentée par le groupe salafiste Jaysh al-Islam. Etaient également présents l’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan da Mistura, et pour la première fois les États-Unis, en la personne de Stuart Jones, Secrétaire d’Etat pour les affaires proche-orientales. Dans le même temps, Vladimir Poutine recevait Recep Tayyip Erdogan à sa résidence estivale de Botcharov Routcheï à Sotchi.

Mise en place de zones de désescalade

Un memorandum mettant en place quatre « zones de désescalade » fut signé par les trois pays garants des parties en conflit : la Russie et l’Iran pour la Syrie, la Turquie pour les « rebelles ». Ce mémorandum instaure un cessez-le-feu, poursuit l’évacuation des enclaves rebelles assiégées (notamment ceux de Damas), et permet retour des réfugiés volontaires dans leur région d’origine. Il fut toutefois dénoncé par l’opposition elle-même, pourtant partie aux négociations, notamment en raison de la présence de l’Iran. Selon Le Monde, Yasser abd ar-Rahim, membre de la délégation rebelle, aurait interrompu la séance en invectivant violemment la délégation iranienne : « Les Iraniens tentent de se présenter et d’agir en tant que garants. C’est quelque chose que nous ne pouvons accepter. Depuis le premier jour, ils tuent des civils sur le terrain », avant de « spectaculairement claquer la porte des négociations devant les caméras. »

Outre le fait que Yasser abd ar-Rahim a été en fait invité à évacuer la salle plus qu’il n’en a « claqué la porte », Le Monde oublie de rapporter que ce personnage est surtout connu pour être l’ancien commandant du groupe islamiste Fatah Halab (« Conquête d’Alep »), actif à Alep lors de l’offensive gouvernementale en 2016, et qui fit, en août de la même année : « le serment que la coalition des groupes armés se “vengerait” des Kurdes à Cheik Maqsoud [quartier d’Alep tenu par les Kurdes], précisant que ces derniers ne “trouveraient plus de place où enterrer leurs morts à Alep” », comme le rapporte les Nations Unies dans le Rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne de février 2017 (pp. 17-18). Déclarations hélas suivies d’effets envers les populations civiles, exactions considérées comme des crimes de guerre par l’ONU. La persistance occidentale à vouloir voir des rebelles modérés là où se déchainent des combattants islamistes ou salafistes ultra-radicaux, notamment au seine de la « veine » de Jaysh al-Islam, est une cécité volontaire très lourde de conséquences humaines.

Ce texte prévoit donc d’établir quatre zones de désescalade. Il s’agit des quatre enclaves rebelles dans l’ouest du pays : région d’Idlib au Nord de la Syrie, poche de Homs-nord, poche de Damas-est (ou Ghouta orientale), et enfin zone au sud de la Syrie, le long de la frontière syro-jordanienne et du Golan syrien occupé par Israël.

En gris clair : les zones de désescalade du mémorandum contrôlées par les rebelles ; en violet : la zone contrôlée par les rebelles pro-turcs ; en bleu : les zones rebelles non concernées par le mémorandum d’Astana ; en noir : les zones contrôlées par l’Etat islamique ; en vert : les zones contrôlées par les FDS ; en rouge : les zones contrôlées par les forces gouvernementales ; en marron le Golan israélien occupé par Israël et les forces de l’ONU. Al-Masdar News, modifiée.

A noter que les zones tenues par les rebelles le long de la frontière syro-jordanienne et syro-irakienne (en bleu sur la carte), soutenus par les Etats-Unis, et récemment actifs dans ce secteur (nous y reviendrons), ne sont pas comprises dans cet accord que les Etats-Unis ont salué tout en exprimant naturellement des réserves à l’égard de son « patronage» par l’Iran. Enfin, les forces aériennes de la coalition internationale ont interdiction de pénétrer dans l’espace aérien de ces zones.

Situation militaire en Syrie au 11 mai 2017

Pour saisir les enjeux de cet accord, il convient d’effectuer un rapide tour d’horizon de la situation militaire en Syrie à jour (12/05/2017).

Les contres-offensives gouvernementales de mars-avril-mai 2017

A la veille de la signature du memorandum, les forces gouvernementales et pro-gouvernementales poursuivaient avec succès leur contre-offensive au nord de Hama, répondant à une offensive lancée le 21 mars dernier par le Hayat Tahrir al-Cham (HTS), alliance principalement constituée du Jabhat Fatah al-Cham (ex Jabhat al-Nosra, Al-Qaida en Syrie), Ahrar al-Cham, ainsi que de plusieurs autres groupes salafistes ou islamistes affiliés à l’Armée syrienne libre (ASL). C’est dans le cadre de cette contre-offensive que s’est inscrite l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, le 4 avril dernier.

Situation militaire au nord de Hama le 23/03 et 02/05/2017. En rouge : les forces gouvernementales ; en vert : les rebelles (cliquez pour agrandir).

Parallèlement, une autre offensive était lancée le même jour depuis la Ghouta orientale, principalement dans le quartier de Jobar et la zone industrielle de Qaboun, menée par le Faylaq al-Rahman, HTS et Ahrar al-Cham. Cette offensive fut toutefois rapidement circonscrite par les forces gouvernementales, avant que ces dernières ne gagnent du terrain sur les rebelles.

Les quartiers rebelles de Qaboun, Jobar et Zamalka à l’est de Damas au 22/03 et 05/05/2017 (cliquez pour agrandir).

Depuis, l’alliance entre les groupes rebelles de la Ghouta orientale a volé en éclats et de violentes confrontations ont eu lieu entre le Faylaq al-Rahman et les salafistes du Jaysh al-Islam (ceux-là même qui représentent la « rebellion » à Astana), entraînant de nombreuses pertes des deux côtés.

Progression pour la reprise de Raqqa par les Forces démocratiques syriennes

Comme nous l’évoquions en mars dernier, la reprise de Raqqa par la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les Etats-Unis s’est poursuivie par la reprise du « verrou stratégique » de Taqba à l’Etat Islamique (EI), mercredi 10 mai. Dans la nuit du 21 au 22 mars dernier – coïncidence ou calcul tactique victorieux permis par la « fixation » des forces syriennes pour répondre aux assauts rebelles à Hama et Damas -, des troupes des FDS et des forces spéciales américaines ont été héliportées 15 km à l’ouest de Taqba, depuis l’autre rive du Lac Assad. Celles-ci libérèrent plusieurs localités avant de reprendre l’aéroport au sud de Taqba et d’encercler la ville, tandis que les FDS sur l’autre rive de l’Euphrate encerclaient la ville par le nord.

Carte des opérations de la bataille de Taqba (2017) du 22/03 au 10/05/2017. En noir : l’EI ; en jaune : les FDS. Wikipedia.

C’est la première fois que la coalition arabo-kurde franchit l’Euphrate, signe que Washington compte désormais s’appuyer pleinement sur cette force. Le contrôle de Taqba est triplement stratégique pour les FDS et les Etats-Unis, car il permet de :

  • couper la route ouest de Raqqa, accentuant la pression sur l’EI pour la reprise de la ville.
  • tenir le barrage de Taqba, important pour le contrôle de l’eau dans le pays.
  • bloquer la route reliant Alep à Raqqa aux forces gouvernementales syriennes qui pouvaient progresser depuis Alep.

Reste à savoir si les FDS vont désormais couper la route reliant Ithriya à Raqqa, au sud de cette dernière, encerclant complètement la ville et empêchant toute participation de Damas à cette opération, ce qui aurait évidemment d’importantes incidences politiques quant aux partage des zones d’influence qui se dessine et au rapport de force plus global américano-russe.

Carte des mouvements bloqués des forces gouvernementales pour reprendre Raqqa après la capture de Taqba par les FDS. SouthFront, modifiée.

Fin de l’opération turque en Syrie

Le 29 mars dernier, Binali Yildrim, Premier ministre turc, annonçait la fin de l’intervention turque en Syrie (opération « Bouclier de l’Euphrate »). Nous étions revenus sur le fait qu’après la reprise d’al-Bab à l’EI par l’ASL pro-turque, la Turquie se retrouvait bloquée par les forces gouvernementales syriennes au sud, mais aussi, à l’ouest (Afrin) et à l’est (Manbij), par les FDS sous double et concurrente protection russe et américaine.

Au grand dam de R.T. Erdogan, la Turquie et l’ASL furent également exclues de la reprise de Raqqa par les Etats-Unis qui préférèrent s’appuyer sur les FDS arabo-kurdes, insupportable avanie aux yeux du président turc, puisqu’elles sont majoritairement composées des YPG kurdes, branche armée du PYD, organisation terroriste selon Ankara. Cela explique probablement les récentes frappes turques sur le territoire tenu par les FDS depuis deux semaines, et le rassemblement de troupes le long de la frontière turco-syrienne, menaçant d’une nouvelle intervention turque en Syrie, cette fois-ci dirigée directement contre les Kurdes. Tout comme ce fut le cas pour Manbij, qu’Erdogan menaça d’attaquer après la reprise d’al-Bab, les Etats-Unis déployèrent des patrouilles le long de la frontière syro-turque tenue par les FDS pour dissuader les velléités turques, tandis que Russes et forces gouvernementales se déployaient ostensiblement du côté d’Afrin.

Il s’agit une nouvelle fois pour Erdogan de faire pression sur ses alliés pour s’imposer à la table des négociations politiques. En forçant les YPG à se redéployer au nord pour anticiper la menace turque, les opérations pour la reprise de Raqqa ralentissent. Peine perdue puisque les Américains ont affirmé leur soutien au YPG en se rendant sur le lieu des frappes. Plus significatif encore, Jeff Davis, porte parole du Département de la Défense, a annoncé ce 9 mai que les Etats-Unis vont armer les FDS, « seule force capable de prendre Raqqa dans un futur proche » (lire l’article de Georges Malbrunot dans Le Figaro du 11 mai 2017), conformément à leur demande depuis des années. Washington prend toutefois la précaution de rappeler que ce soutien sera limité à « des mitraillettes, des armes légères, des munitions et des véhicules blindés ». Décidément sans aucun scrupule, R.T. Erdogan déclara que le combat contre l’EI « ne devait pas être mené en aidant une autre organisation terroriste ».

Il faut remarquer que la Russie, qui soutient aussi  les YPG plus ou moins directement selon les circonstances, trouve son intérêt dans ces bombardements turcs. Comme nous l’avons dit, ceux-ci ralentissent les opérations kurdo-américaines dans l’est syrien, ce qui permettra, nous allons le voir, aux forces gouvernementales et pro-gouvernementales syriennes de progresser dans la course pour l’Est syrien. Mais l’effet pourrait surtout être politique. Ces bombardements poussent en effet les Kurdes à revenir dans le giron de Damas et à renoncer à leur désir d’une possible autonomie territoriale que la Turquie n’accepterait de toute façon jamais et qui pourrait raidir en conséquence la relation russo-turque importante aux yeux de Moscou à plus d’un titre. C’est la tactique que perçoit et dénonce Riza Altrun, membre du conseil exécutif du KCK, émanation politique kurde du PKK turc.

La course pour l’Est syrien, entre entente et concurrence russo-américaine

Maintenant que le front occidental contre les rebelles se trouve stabilisé grâce au memorandum, Damas peut redéployer ses forces sur le front oriental contre l’EI et se consacrer à la reprise d’une autre partie du territoire national .

Une carte publiée le 5 mai sur le compte Twitter de Syrian Generation montre quels pourraient être les prochains mouvements du gouvernement syrien. Les faits ont depuis démontré la justesse de ces prédictions.

Mouvements potentiels des forces gouvernementales. En bleu : la première phase des opérations ; en rouge foncé : la deuxième ; en violet : la troisième potentielle. Syrian Generation.

L’enjeu prioritaire pour Damas est tout d’abord de consolider son flanc oriental, notamment la mince bande sous leur contrôle reliant Hama à Alep, ainsi que la route reliant Homs à Palmyre, sur laquelle se trouve la base aérienne T4 (stratégique pour le ravitaillement iranien). L’objectif principal serait à terme la reprise de la ville de Deir ez-Zoor.

Comme nous le rappelions dans notre billet de mars dernier, la reprise des villes de Raqqa et Deir ez-Zor, et plus largement de tout l’est syrien sous domination de l’Etat islamique, est l’enjeu actuel de l’entente russo-américaine en Syrie. Il s’agit à la fois d’une entente et d’une concurrence dans la mesure où Russes comme Américains entendent, via leurs « proxies » respectifs, avancer leurs pions qui vont déterminer le sort de la future Syrie mais aussi celui de l’équilibre des rapports de force au Moyen-Orient dans son ensemble, avec les incidences énergétiques, sécuritaires et économiques considérables. Cette entente-concurrence a été comparée avec justesse par Elijah J. Magnier pour le journal koweïtien Al Rai (“The US-Russia race in Syria: towards a military confrontation?” disponible en anglais sur son blog) avec la course pour Berlin en 1945 entre les Alliés et l’URSS, course qui allait délimiter les zones d’influence future une fois l’Allemagne nazie anéantie. C’est également la première fois depuis 1945 que des troupes russes et américaines affrontent le même ennemi au sol.

La course pour l’Est syrien entre les forces gouvernementales et pro-gouvernementales (soutenues par la Russie et l’Iran) et les FDS et groupes « rebelles » (soutenus par les Etats-Unis et la Coalition) est en réalité le véritable enjeu de ces accords de cessez-le feu. Ainsi, les zones urbaines de Raqqa et Deir ez-Zor, ainsi que les passages d’Al-Tanf et Al Boukamal (respectivement Al Walid et Al Qaim pour les Irakiens) – situés le long de la frontière syro-irakienne – sont les quatre points que vont se disputer toutes les forces en présences dans un futur proche.

Situation militaire en Syrie au 11/05/2017. En rouge : les forces gouvernementales ; en vert : les rebelles ; en jaune : les FDS ; en noir : l’EI. Les cercles bleus indiquent les zones stratégiques disputées pour le contrôle de l’Est syrien. SouthFront, modifiée.

Nous l’avons vu la reprise de Raqqa est en bonne voie par les FDS, malgré les bombardements turcs.

Concernant Deir ez Zor, la ville est contrôlée majoritairement par l’EI qui en  a chassé le Front al-Nosra (ex Al-Qaida en Syrie) à l’été 2014, mais n’a pu reprendre deux zones restées aux forces gouvernementales et qui demeurent assiégées depuis, résistant grâce aux ravitaillements aériens en hommes et en matériels. Ces deux poches aux mains de Damas sont situées d’une part à l’ouest de la ville, autour d’une base de l’Armée syrienne, et d’autre part à l’est, autour de l’aéroport de la ville.

Situation militaire à Deir ez-Zor le 05/05/2017. En noir : l’Etat islamique ; en rouge : les forces gouvernementales ; en bleu : les avancées des forces gouvernementales ; en violet : les zones de combat. Les deux poches ont depuis fait jonction.

Ces derniers jours, Russes et Syriens concentrent leurs frappes sur la ville tenue par l’EI. La Garde républicaine syrienne a été déployée dans les zones assiégées, tandis que les Tiger Forces ont été redéployées depuis Hama et Alep vers l’ouest de Palmyre. Le déploiement de ces deux unités d’élites de l’armée syrienne indique qu’une large offensive pourrait être en préparation prochainement depuis Palmyre via la route « Homs – Deir ez-Zor » reliant les deux villes à travers le désert syrien. La ville pourrait donc retourner dans le giron de l’Etat Syrien, lui permettant de couper en deux le territoire encore sous contrôle de l’EI et de l’encercler au nord .

Lutte pour le contrôle de la frontière syro-irakienne et l’avenir de l’arc chiite

Mais, au delà de ces manoeuvres tactiques d’ampleur, le véritable enjeu de cette course à l’est est celui du contrôle des frontières syro-jordanienne et syro-irakienne, et à terme, celui de la continuité ou non du fameux « arc chiite ».

Au début de cet article nous mentionnons le fait qu’une importante zone rebelle au sud-est de la Syrie est exclue du mémorandum signé à Astana. Longeant la frontière syro-iakienne, cette zone est sous le contrôle de la seule frange de l’ASL qui soit à dominante séculière dans toute la Syrie. Les rebelles de cette zone sont soutenus par la Jordanie et les Etats-Unis. Le principal point stratégique est le passage d’Al-Tanf à la frontière syro-irakienne, une des trois routes officielles reliant la Syrie à l’Irak servant de base aux rebelles entraînés par les Etats-Unis. Les forces spéciales US n’avaient d’ailleurs pas hésité à apporter leur soutien au Jaysh Ossoud al-Charkiya pour contrer plusieurs offensives de l’EI visant à reprendre ce lieu. Une avancée significative a été faite fin-avril début-mai dans cette région par les rebelles.

Situations militaires en Syrie au 27/04 et 11/05/2017. On voit distinctement l’important gain territorial rebelle le long de la frontière syro-irakienne (cliquez pour agrandir).

Outre le fait de s’implanter dans le sud-est syrien en lieu et place de l’EI, l’objectif de cette avancée est de prendre le contrôle du passage d’Al Boukamal situé le long de l’Euphrate, au sud de Deir ez-Zor.

Ce regain d’activité expliquerait le renforcement de la présence militaire américaine en Jordanie. La branche média du Hezbollah présent en Syrie aurait géolocalisé, grâce à des drones, une base américaine utilisée par la Jordanie et les Etats-unis pour leurs opérations en Syrie, et constaté un renforcement significatif de leur nombre.

Carte de la base américaine supposée en Jordanie. En bleu : les zones contrôlées par les rebelles ; en rouge : les zones contrôlées par les forces gouvernementales (cliquez pour faire défiler).

Ces deux points pour le contrôle de la frontière syro-irakienne pourraient être le lieu d’affrontements futurs entre les forces gouvernementales et pro-gouvernementales et les « rebelles », une confrontation par proxies interposés pour Moscou et Washington. Il faudra également compter avec l’EI qui, avec la perte prochaine de Raqqa et Mossoul, joue désormais sa survie territoriale. De nombreux renforts ont d’ailleurs été récemment observés le long de l’Euphrate entre Al Boukamal et Deir ez-Zor.

Cartes des mouvements potentiels à venir pour le contrôle de l’Est syrien. En rouge : les forces gouvernementales ; en vert : les rebelles ; en orange : les FDS ; en noir : l’EI ; en violet : les forces gouvernementales irakiennes. SouthFront, modifiée.

Selon Elijah J. Magnier (article cité), la récente activité « rebelle » sous supervision américaine dans le sud Syrien expliquerait également pourquoi Bagdad aurait également multiplié ses forts le long de la frontière irako-syrienne.

Toujours de même source, ce serait Faleh al-Fayad, Conseiller à la Sécurité nationale du gouvernement irakien, chef des Unités de mobilisation populaires, milices chiites irakiennes formées en 2014 pour combattre l’EI, qui aurait informé Damas et le Hezbollah des plans « suggérés » avec insistance par les Américains à Bagdad. C’est pourquoi la reprise rapide de Deir ez-Zor est un enjeu crucial pour l’avenir de la Syrie et de la région.

Au-delà de l’intégrité territoriale de la Syrie, c’est donc la continuité territoriale de « l’arc chiite » qui se joue actuellement. Si l’est syrien devait tomber aux mains des FDS et des groupuscules « rebelles » sunnites salafistes soutenus par les Américains, l’arc s’en trouverait brisé.

Conclusion

Les prochaines semaines vont être riches en rebondissements. Au-delà de certaines postures ou déclarations et en dépit de la persistance d’un courant idéologique radicalement opposé à toute amélioration de leur relation, Moscou et Washington font montre d’une volonté de s’entendre sur le terrain pour mettre un terme à cette guerre. C’est ce qu’atteste la visite de Sergueï Lavrov à Washington mercredi 10 mai, une première depuis 2013 pour le ministre russe des Affaires étrangères, au cours de laquelle ce dernier a pu s’entretenir avec son homologue Rex Tillerson et le président Donald Trump. Une telle rencontre montre bien que les frappes américaines du 7 avril dernier en Syrie n’ont pas constitué de rupture, s’agissant peut-être même d’un moyen pour le président américain de desserrer l’étreinte politique interne qui l’empêche toujours d’enclencher le reset voulu originellement dans la relation américano-russe. Ces frappes n’ont pas vraiment affecté le rapprochement tactique observé précédemment, même si la rivalité globale demeure évidemment vive ; rivalité dont les enjeux sont lourds et touchent l’équilibre des puissances et des influences sur un monde de plus en plus difficile à contrôler ou à inspirer.

Sur le théâtre syrien, ce sont néanmoins les puissances régionales qui risquent de faire déraper cette fragile entente. L’Iran voudra à coup sûr préserver cet  « axe chiite », tandis que les monarchies du Golfe feront tout pour qu’il soit brisé. Si Israël peut trouver son compte dans les zones de désescalade dans au sud de la Syrie et le redéploiement du Hezbollah sur un autre front, elle voit aussi d’un bon oeil l’avancé des rebelles dans le sud-est syrien pour briser l’arc chiite et l’influence iranienne dans la région. Quant à la Turquie d’Erdogan, vexée que ses intérêts soient parfois négligés au plan militaire ou politique, elle pourrait exercer, ici ou là la capacité de nuisance ou de paralysie de certains mouvements militaires. C’est ce qu’atteste la récente création du First Corps dans la zone rebelle pro-turc au nord de la Syrie. Il s’agit d’une coalition rebelle en vue de combattre le YPG, PKK. Tout cela risque de retarder d’autant la maturation d’une consensus politique viable qui puisse augurer pour le malheureux peuple syrien de la fin d’un trop long martyr.

Source : Caroline Galactéros, 11-05-2017

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Afghanistan : Le siège de la télévision publique attaqué à Jalalabad

Publié le par Felli Bernard

nternational

Afghanistan : Le siège de la télévision publique attaqué à Jalalabad

le 17 mai 2017

 

 

 

Des assaillants armés ont attaqué mercredi le siège de la Radio-Télévision afghane (RTA) en plein centre de Jalalabad, capitale de la province instable du Nangarhar où sont basés de nombreux combattants insurgés, un premier bilan faisant état d’au moins deux tués.

Les échanges de tirs se poursuivaient plus de deux heures après le début de l’assaut contre le siège de la RTA, proche du quartier général de la police.

Le porte-parole du gouverneur, Attaullah Khogyani, a évoqué un groupe de quatre assaillants, mais leur nombre est encore confus et l’opération n’a pas été revendiquée dans un premier temps.

« Au moins deux civils ont été tués et six blessés jusqu’à présent. Les combats se poursuivent », a déclaré M. Khogyani à l’AFP, précisant qu’il entendait toujours distinctement les tirs. « Quatre assaillants sont entrés à l’intérieur du bâtiment dont deux se sont fait exploser et deux résistent toujours », a-t-il précisé.

Le patron des services de santé, le Dr Najibullah Kamawala, a pour sa part cité « 14 blessés acheminés vers les hôpitaux » de Jalalabad.

Le siège de la Radio-Télévision Afghane (RTA) est situé face aux bureaux du gouverneur provincial et du quartier général de la police à Jalalabad. Toutes les routes menant vers cette zone ont été fermées.

Des témoins, dont un correspondant de l’AFP, ont indiqué avoir entendu deux fortes explosions, probablement lorsque les kamikazes ont déclenché leur charge.

– Daech et Talibans –

« Dès que j’ai entendu des tirs, j’ai pris la fuite mais mes collègues sont toujours coincés à l’intérieur, » a rapporté un photographe de la RTA sous couvert de l’anonymat.

Le porte-parole de la police, Hazarat Hussain Mashreqiwal, dont les locaux sont situés à moins de 300 mètres du site attaqué, a confirmé l’irruption des attaquants. « Nous ne savons pas quelle est leur cible exacte, mais nous sommes en train de riposter » a-t-il dit.

Les organisations de presse et les journalistes, en particulier afghans, ont payé un lourd tribut ces dernières années au conflit: treize d’entre eux ont été tués en 2016 selon leur Comité de protection (AJSF).

 

 

 

La province du Nangarhar, frontalière du Pakistan, abrite de nombreux combattants insurgés talibans, qui ont lancé fin avril leur offensive de printemps, ainsi que des membres du groupe Etat Islamique qui a fait de cette zone sa base-arrière en Afghanistan.

Plusieurs opérations destinées à déloger l’EI y ont été conduites ces dernières semaines par les troupes afghanes, épaulées par les forces américaines qui ont perdu trois de leurs hommes dans ces combats.

Le Pentagone a juré de chasser l’EI du pays d’ici la fin de l’année.

L’armée américaine a largué début avril la plus puissante de ses bombes conventionnelles sur le district d’Achin, dans le sud du Nangarhar, visant un réseau de grottes et tunnels utilisé par l’EI.

La méga-bombe a tué 96 combattants jihadistes de sources officielles. Mais cette opération a été critiquée par de nombreux observateurs pour qui les talibans, et non l’EI, constituent la principale menace à la stabilité et à la paix en Afghanistan.

Les talibans contrôlent ou disputent désormais près de la moitié du territoire aux forces gouvernementales, poussant la Maison Blanche et l’Otan à envisager de renforcer les forces occidentales présentes – 13.200 actuellement, dont 8.400 Américains.

Selon le coordonnateur national du renseignement américain Dan Coats, « la situation politique et sécuritaire de l’Afghanistan va presque certainement se détériorer (jusqu’en) 2018 ».

« Les talibans continueront probablement à enregistrer des gains, spécialement dans les zones rurales », estimait-il récemment.

LNT avec Afp

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Les Néerlandais et Allemands en mission « touristique » au Mali ?

Publié le par Felli Bernard

Les Néerlandais et Allemands en mission « touristique » au Mali ?

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Deux hélicoptères allemands engagés dans la Minusma (crédit : Bundeswehr/Marc Tessensohn)

(B2) Les Allemands et Néerlandais sont assez engagés au Mali au sein de la force des Nations unies (MINUSMA) (1). La présence des Européens dans la MINUSMA a un côté rassurant mais en matière de stabilisation réelle et de lutte anti-terroriste, l’engagement parait plutôt limité si on en croit certains témoignages.

Une force de présence plutôt qu’une force stabilisatrice

Cet engagement ressemble davantage à de la force de présence qu’à une réelle action stabilisatrice. Les militaires européens ne sortent que très peu du camp pour patrouiller…. Trop dangereux. L’essentiel de l’action semble être de briquer les locaux impeccables pour recevoir leurs visiteurs, et de faire des selfies dans une posture guerrière, qui n’effraient personne, à part les destinataires de ces selfies et sont, sans risque aucun, puisqu’ils sont pris… à l’intérieur de la base, ironise un spécialiste des questions militaires.

Surprotégés

Le haut fait d’arme de ces casques bleus est d’avoir, avec les bulldozers du génie, travailler à renforcer la protection du campement pour éviter toute incursion des rebelles ou toute action par explosif improvisé (IED). Une super-protection très efficace … mais qui coûte cher à leurs voisins. Les troupes bangalis (par exemple) ou maliennes, bien moins protégées, sont régulièrement attaquées par les rebelles, qui trouvent ainsi des proies plus faciles.

Du renseignement sans vecteurs de renseignement

Du côté néerlandais, la présence ne semble pas avoir été beaucoup plus efficace. Officiellement, les Bataves venaient pour faire du renseignement pour le compte des Nations unies. Seul hic, ils comptent très peu de francophones dans leurs rangs. Donc pour faire du renseignement humain, autant dire que c’est plutôt difficile… Du côté électronique, on ne peut pas dire que la ville de Gao soit un haut lieu de la connexion globale. Alors pour s’occuper, ils dressent la cartographie des lieux …

Dresser des cartes déjà connues

Il s’agit – comme le précise le ministère néerlandais de la Défense de « rassembler des informations » pour les unités de soutien néerlandaises au sol. Objectif : notamment dresser la carte des lieux, des lieux stratégiques (puits, etc.). C’est-à-dire en fait refaire le travail, déjà accompli par les « gars » de la Coloniale qui ont arpenté ces différents lieux à de multiples reprises depuis quelques dizaines d’années. Mais, apparemment, les Néerlandais ne semblaient pas au courant de l’existence de ces cartes.

Des hélicoptères de combat… pour la gloire

Quant aux quatre hélicoptères Apache, aujourd’hui rentrés au pays, ils étaient sensés faire du renseignement et de la dissuasion, notamment en assurant une posture combative. Selon nos informations, ils sont sortis une fois en un an sur une réelle action ! Un peu cher pour un piètre résultat.

(Nicolas Gros-Verheyde)


L’engagement germano-néerlandais

Berlin l’avait promis à Paris après les attentats de novembre 2015. Ils ont tenu parole, renforçant au fur et à mesure, leur engagement. L’autorisation, renouvelée en janvier 2017, du Bundestag permet d’engager 1000 soldats, ainsi que des hélicoptères de transport de type NH-90 – pour notamment faire les évacuations médicales – et des hélicoptères d’attaque Tigre pour remplacer les Néerlandais. Le contingent allemand comprend également une compagnie de reconnaissance mixte renforcée, équipée de drones et des véhicules de reconnaissance Fennek.

Pour les Pays-Bas, il s’agit plutôt d’un engagement international, entrant dans le cadre de la campagne pour s’assurer d’une place au Conseil de sécurité, et d’un engagement personnel du ministre des Affaires étrangères, Bert Koenders, qui a été le chef de la MINUSMA. L’engagement néerlandais a d’ailleurs baissé de façon importante en 2017. L’effectif a été ramené à 300 militaires et 25 policiers. Les 4 hélicoptères d’attaque Apache (chargés de la reconnaissance) sont, eux, rentrés au pays en 2016, ainsi que les trois hélicoptères de transport Chinook, remplacés par des hélicoptères allemands.

 

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- Les Bootcamps, facilitateurs d’innovation du secteur nucléaire américain

Publié le par Felli Bernard

DOSSIER « L’industrie nucléaire se réinvente »

1/9 - Les Bootcamps, facilitateurs d’innovation du secteur nucléaire américain

 

Le modèle actuel utilisé par l'industrie nucléaire pour innover n'est plus adapté à l'amplitude des changements nécessaires pour rendre les technologies nucléaires attractives. Et s'il était possible de réinventer les méthodes d'innovation ? Zoom sur le Nuclear Innovation Bootcamp de l’Université de Berkeley.

 

  EN DIRECT

Etats-Unis : l’industrie demande un soutien fédéral pour les nouveaux réacteurs nucléaires

 

Les développeurs de nouvelles technologies de réacteurs demandent à l'administration fédérale un soutien financier renforcé et un accès à du combustible enrichi.

 

 
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2/9 - Panorama mondial des systèmes de Génération IV

 

Dix-sept ans après la création du Forum international Génération IV : quelles sont les avancées réalisées dans le développement des réacteurs du futur ? 

 

 
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3/9 - NuScale, l’avant-garde des SMR américains

 

En déposant sa demande de certification auprès du régulateur, NuScale confirme sa position à l’avant-garde du développement des Small Modular Reactors aux États-Unis.

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La composition du nouveau gouvernement officiellement annoncée, Gerard Collomb à l'Intérieur

Publié le par Felli Bernard

La composition du nouveau gouvernement officiellement annoncée, Gerard Collomb à l'Intérieur

La composition du nouveau gouvernement officiellement annoncée, Gerard Collomb à l'Intérieur© Stéphane de Sakutin / AFP
Le porte-parole du gouvernement a annoncé le nom des 22 ministres

L'identité des 22 membres du gouvernement d'Edouard Philippe a été annoncée le 17 mai au palais de l'Elysée, avec un jour de retard. Si deux ministres de François Hollande restent, des personnalités de droite comme Bruno Le Maire font leur entrée.

Les noms des ministres du président Emmanuel Macron et de son Premier ministre Edouard Philippe ont été annoncés par le porte-parole du gouvernement le 17 mai. La composition est la suivante : 

  • Gerard Collomb : ministre de l'Intérieur
  • François Bayrou : ministre de la Justice
  • Bruno Le Maire : ministre de l'Economie
  • Jean-Yves Le Drian : ministre de l'Europe et Affaires étrangères
  • Nicolas Hulot : ministre de la Transition écologique et solidaire
  • Sylvie Goulard : ministre des Armées
  • Richard Ferrand : ministre de la Cohésion des territoires
  • Agnès Buzyn : ministre de la Santé
  • Françoise Nyssen : ministre de la Culture
  • Muriel Pénicaud : ministre du Travail
  • Laura Flessel : ministre des Sports
  • Jean-Michel Blanquer : ministre de l'Education nationale
  • Jacques Mézard : ministre de l'Agriculture
  • Annick Girardin : ministre des Outre-mer
  • Marielle de Sarnez : ministre des Affaires européennes
  • Gérald Darmanin : ministre de l'Action et des Comptes publics
  • Frédérique Vidal : ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation

  • Elisabeth Borne : ministre chargée des Transports auprès de Nicolas Hulot

Le gouvernement dirigé par Edouard Philippe compte également quatre secrétaires d'Etat rattachés à Matignon, parmi lesquels Christophe Castaner (secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement), Marlène Schiappa (secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité hommes-femmes), Sophie Cluzel (secrétaire d'Etat chargée du handicap) et Mounir Mahjoubi (secrétaire d'Etat chargé du numérique).

Parmi les noms annoncés, deux ministres étaient déjà membres du gouvernement de François Hollande : Jean-Yves Le Drian et Annick Girardin.

Le gouvernement compte 11 hommes et autant de femmes.

Auteur: RT France

La composition du nouveau gouvernement devait initialement être dévoilée le 16 mai, mais elle avait été repoussée de 24 heures, le président et son Premier ministre expliquant vouloir disposer d'un «temps de vérification» des situations fiscales des candidats aux postes et d'éventuels conflits d'intérêt.

Lire aussi : Après l'annonce de la composition du gouvernement d'Edouard Philippe, les politiques réagissent

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