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De l’insoutenable légèreté du Français

Publié le par Felli Bernard

De l’insoutenable légèreté du Français

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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De l’insoutenable légèreté du Français

08 mai 2017 – Regardant hier soir quelques secondes, pas plus, cet océan en carton-pâte d’enthousiasme et de drapeaux français, je crois que c’était sur l’esplanade du Louvre, – que Dieu me pardonne mais la seule image qui me vint fut celle de Daladier, le grincheux et taciturne Taureau du Vaucluse, rentrant de Munich-38 et s’attendant à être conspué pour l’affreux accord qu’on sait, et devant cet océan semblable d’enthousiasme, qui marmonna : « Ah les cons ! » Eh oui, ils sont légers et, par conséquent, ils peuvent aisément être ce que Daladier a vu en eux, – sauf que, et là j’insiste en poursuivant l’analogie mais en l’inversant décisivement, comme font les déconstructeurs (Deleuze avec Platon), – sauf que Macron, face à cet océan d’enthousiasme n’a en aucune façon pensé du Daladier façon Munich-38, mais plutôt dans le genre “Ah, les braves mecs !”, comme l’on dit devant une téléréalité réussie. (Décidément, Macron a beaucoup du The-Donald en lui. Leurs rencontres vaudront leur pesant de peanuts et de barbe-à-papa.)

Oui, le Français est léger, et ce fut une de ses vertus, lorsque la légèreté était celle de ses superbes arrangements architecturaux ou celle de la rectitude sublime de se grands Jardins, mais il avait pour faire l’équilibre qui est harmonie, – il avait aussi le sens du tragique, comme il y a dans la franche gaieté de la camaraderie des Mousquetaires de Dumas toujours ce coin sombre prêt à distinguer et à affronter la tragédie du monde. Le Français d’aujourd’hui est léger comme une bulle, et il n’est que cela derrière son charabia postmoderne, et cela me déchire l’âme de penser un instant qu’on ne peut émettre d’autre jugement que ceci qu’il a le président qu’il mérite.

On me dira : voyez les candidats, quel choix leur était offert ! Je n’en disconviens pas, mais il est vrai que l’on a les candidats qu’on mérite, avec lesquels on s’accorde et d’ailleurs ils ont été aussitôt au pire d’entre eux ; mais encore, il est vrai que le Français léger s’il avait eu sa part de tragique, il n’aurait pas eu ce besoin morbide de souligner un tel choix qui est absolument catastrophique, de cet enthousiasme de carton-pâte comme un décor théâtral. Sinon, pourquoi ai-je également pensé hier, en plus de Daladier et Munich-38, à la Fête de l’Être Suprême de la Grande Révolution Française dans ses ablutions initiales ? Fête célébrée et sanctifiée par le ci-devant évêque d’Autun, Talleyrand certes, qui fit son office riant sous cape, avec une légère et énigmatique grimace de mépris et de dérision devant une telle polissonnade...

Hier, sur ce qui doit être l’esplanade du Louvre, en plus de l’absence de Daladier il n’y avait pas de Talleyrand pour rire sous cape. Il n’y avait, planant au-dessus de tout cela, que ce que le professeur Segatori, psychiatre italien qui me semble être de bon renom (*), nous décrit le 3 mai 2017 du Macron, originalement caractérisé comme un psychopathe narcissique et dangereux bloqué en l’état depuis l’âge de 15 ans, marié avec sa violeuse implacable et représentant le monde comme simulacre à son image, avec le seul souci stratégique de la théâtralité de la sorte qu’il nous a montrée tout au long de la campagne. Segatori ne rit pas sous cape, lui, il est inquiet et mesure très sérieusement « ...à quel point de danger se trouve un pays comme la France face à un [président] de ce genre ».

Le président Coty, accueillant de Gaulle en 1958 pour l’instituer premier président de la Vème République, lui disait « Vous étiez le premier des Français, vous êtes désormais le premier en France ». Daladier était un peu sans nuances avec son exclamation Munich-38 et je crois qu’il faut catégoriser le domaine et aller au détail, et observer notamment qu’il y a les cons sinistres et les cons flamboyants, et que c’est la première catégorie qui accueillera la seconde, dans quelques jours à l’Elysée, et qui lui dira avec cette solennité notariale qui est sa caractéristique : “Vous étiez le plus léger des Français légers, vous êtes désormais le premier à l’Elysée”.

D’une façon qu’on comprendra aisément, j’avais cette humeur d’encre et le sentiment un peu nihiliste lors de l’annonce, hier soir, des résultats qu’on sait. Le professeur Segatori, avec d’autres signes ici et là qui pourraient bien se multiplier, m’a en un sens requinqué. Nous commençons un quinquennat catastrophique qui, à l’inverse des autres du même type, ne se cachera pas de l’être et se fait même vertu de l’être avant que de commencer. A côté de ce qui nous attend, la jument de Caligula aura l’allure d’un temple de sagesse, – ce qui est rendre un juste hommage au noble animal ; or, nous savons bien qu’il faut en passer par toutes les catastrophes nécessaires et visibles pour en venir au point de l’explication finale.

Peut-être, sans doute même ne savent-ils pas ce qu’ils ont fait, tous ses divers sponsors et parrains, en lançant la chose sur orbite. Mon idée est qu’ils n’ont pas lancé une marionnette comme ils le croient, sauf à admettre comme ce devrait être le cas qu’aujourd’hui ce sont les marionnettes qui manipulent les manipulateurs et non le contraire ; mais en plus d’une marionnette, c’est une bombe à retardement qu’ils ont mis sur orbite, qui vendra la mèche et découvrira le pot-aux-roses par la grâce de ses incontinences diverses. Ses divers sponsors et parrains finiront un jour assez proche par être traités comme bien moins que des juments de Caligula par le Macron ingrat du professeur Segatori et les Français eux-mêmes conduits à reconnaître et même à douloureusement ressentir le poids insupportable de leur “insoutenable légèreté”. Ce jour-là, tous ils regretteront sans vraiment le réaliser, inconsciemment en un sens, Talleyrand pour sa grimace énigmatique de mépris et de dérision et Daladier pour son instant de lucidité.

 

Note

(*) Intervention à nous signalée par signalé par l’article d’Alexis Toulet. On n’a pas chômé, du côté des internautes, avec depuis le 3 mai 667.104 visions aujourd’hui à 06H00 et 669.423 à 09H00. Bref, pressez-vous d’aller écouter l’insolent avant que la Garde Prétorienne ne crie à l’interférence des Russes dans la campagne post-électorale. 

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MacronLeaks : L’équipe d’En Marche ! dénonce un «piratage massif» de ses données, Hollande réagit ..

Publié le par Felli Bernard

MacronLeaks : L’équipe d’En Marche ! dénonce un «piratage massif» de ses données, Hollande réagit ..

MacronLeaks

L’équipe de campagne d’Emmanuel Macron a dénoncé une «action de piratage massive et coordonnée» après la diffusion sur les réseaux sociaux d’informations internes comme des courriels ou des documents comptables.

Dans la soirée du vendredi 5 mai, quelques minutes avant la fin de campagne, plusieurs gigas de documents internes (mails, documents comptables, contrats…) de l’équipe d’Emmanuel Macron ont été publiés sur les réseaux sociaux, via un lien diffusé par le site WikiLeaks sur Twitter. WikiLeaks a assuré ne pas être à l’origine de cette opération qu’il a baptisée «MacronLeaks».

En Marche! dénonce une «tentative de déstabilisation massive»

L’équipe du candidat a dans la foulée dénoncé une «action de piratage massive et coordonnée», y voyant une «opération de déstabilisation» à la veille du second tour.

«Les fichiers qui circulent ont été obtenus il y a plusieurs semaines grâce au hacking de boîtes mail personnelles et professionnelles de plusieurs responsables du mouvement», a fait savoir En Marche! dans un communiqué, ajoutant que ces documents sont tous «légaux».

«Le mouvement En Marche! a été victime d’une action de piratage massive et coordonnée donnant lieu ce soir à la diffusion sur les réseaux sociaux d’informations internes de nature diverse. Ceux qui font circuler ces documents ajoutent à des documents authentiques nombre de faux documents afin de semer le doute et la désinformation», a affirmé l’équipe d’Emmanuel Macron en soulignant que cette opération, «intervenant dans la dernière heure de la campagne officielle», relevait manifestement de la déstabilisation démocratique, «comme cela s’est déjà vu aux Etats-Unis pendant la dernière campagne présidentielle».

La commission électorale exhorte la presse de ne pas publier les documents ayant fuités

La Commission nationale de contrôle de la campagne présidentielle (CNCCEP) a recommandé aux médias de ne pas rendre compte du contenu des données internes issues de cette «attaque informatique» visant l’équipe Macron, rappelant que «la diffusion de fausses informations est susceptible de tomber sous le coup de la loi».

https://twitter.com/cnccep/status/860636738116608005/photo/1

La commission a été saisie dans la soirée du 5 mai par l’équipe d’Emmanuel Macron «à la suite d’une attaque informatique dont son mouvement a été l’objet, et qui avait donné lieu à la diffusion sur les réseaux sociaux de données présentées comme issues des systèmes d’information du candidat, mais dont une partie était probablement constituée de faux», ajoute le communiqué de la CNCCEP.

Wikileaks doute de la nature «fausse» des documents

Malgré les déclarations du mouvement En Marche! qui assure que la majorité des documents ayant fuité sont des faux, le site lanceur d’alerte a émis des doutes sur ces affirmations. Dans un tweet, Wikileaks explique :

«Pour notre part, nous n’avons pas encore découvert de « faux » parmi ces documents du #Macronleaks et sommes particulièrement sceptiques à l’idée que l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron ait été plus rapide que nous dans cette analyse».

En effet, selon Wikileaks, le nombre de documents fuités est tellement important (plusieurs dizaines de milliers d’emails, photos, pièces jointes jusqu’au 24 avril 2017 – environ 9 giga au total) que «d’un point de vue économique il n’y a pas d’intérêt à « fabriquer » toutes ces données», laissant entendre que les informations ayant fuité sur les réseaux sociaux seraient donc authentiques.

Le site lanceur d’alerte s’interroge par ailleurs du but de ces fuites : «Qui va finalement bénéficier [de cette opération] ? Les fuites arrivent trop tard pour pouvoir atteindre l’élection, mais seront très vraisemblablement utilisées pour stimuler une hostilité envers la Russie et justifier une hausse des dépenses dans le domaine du renseignement», a expliqué Wikileaks dans un tweet.

La campagne officielle a pris fin le 5/6 mai à minuit, ce qui interdit aux médias de publier des sondages ou des déclarations de candidats jusqu’à la fin du vote, dimanche 7 mai à 20h, heure à laquelle les premiers résultats seront connus.

Source 

Le piratage de documents de l’équipe de Macron ne restera pas «sans réponse», prévient Hollande

Après que neuf gigas de documents confidentiels de l’entourage du candidat sont apparus sur la toile quelques minutes avant la fin de la campagne présidentielle, le chef de l’Etat a assuré que les autorités étaient sur le qui-vive.

«S’il y a eu effectivement un certain nombre de parasitages ou de captations, il y aura des procédures qui vont entrer en vigueur», a déclaré François Hollande à l’AFP le 6 mai au sujet de la fuite de dizaines de milliers de documents confidentiels de l’équipe du mouvement En Marche!.

«On savait qu’il y aurait ces risques-là durant la campagne présidentielle puisque ça s’était produit ailleurs. Rien ne sera laissé sans réponse», a poursuivi le président sortant, sans fournir davantage de précisions.

Appelant à «laisser les enquêtes se faire», il a assuré que les pouvoirs publics étaient «d’une très grande vigilance».

Tandis que les journalistes lui demandaient s’il voyait dans le piratage une tentative de «déstabilisation», comme l’avait déclaré l’équipe du candidat En Marche!, François Hollande a répondu : «Je n’y vois rien du tout.»

Le 5 mai, quelques minutes avant la fin de la campagne, environ neuf gigas de documents fuités de l’équipe d’Emmanuel Macron ont été diffusés sur les réseaux sociaux, via un lien publié par WikiLeaks sur Twitter. Le site de Julian Assange a toutefois précisé qu’il n’était pas à l’origine de l’opération, baptisée MacronLeaks.

 

De son côté, En Marche! a dénoncé une «action de piratage massive et coordonnée» visant à déstabiliser le candidat à la veille du second tour de la présidentielle.

 
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Publié par le 7 mai 2017 dans général, Politique

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Macron, Présidentielle 2017

Publié le par Felli Bernard

Créé par Olivier Berruyer

208 réponses à 07/05/2017

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Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

Publié le par Felli Bernard

Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

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Deux chasseurs F-35 étasuniens sont arrivés le 25 avril dans la base aérienne d’Ämari, en Estonie, pour leur « premier déploiement d’entraînement en Europe » », c’est-à-dire pour leur premier exercice de guerre en Europe. Peu après, le 28 avril, deux autres chasseurs sont arrivés avec le même objectif dans la base aérienne de Graf Ignatievo en Bulgarie. Ils font partie du groupe de six F-35A Lightning II transférés le 15 avril des Etats-Unis à la base anglaise de Lakenheat.

C’est le premier « déploiement d’entraînement » de F-35 étasuniens outre-mer, communique la U.S. Air Force, en soulignant qu’il « renforce la sécurité de nos alliés Otan et partenaires européens et démontre notre engagement pour la sécurité régionale et mondiale ». Le ministre estonien de la défense Tsahkna a déclaré, à la cérémonie de bienvenue, qu’ « héberger un avion aussi avancé constitue une reconnaissance de l’important rôle joué par cette base ». Ämari est en effet la principale base de la mission Otan de « surveillance aérienne » de la Baltique, où des chasseurs-bombardiers fournis par roulement par les membres de l’Alliance (Italie comprise) sont prêts au décollage vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour « réagir rapidement aux violations de l’espace aérien ». La base se trouve à environ 200km du territoire russe et à environ 400km de l’enclave russe de Kaliningrad, qu’un chasseur peut rejoindre en quelques minutes. Stratégiquement importante aussi Graf Ignatievo, une des quatre bases USA en Bulgarie, à à peine plus de 500km du territoire russe.

Le choix de ces bases pour le premier exercice des F-35 en-dehors du territoire étasunien a de multiples objectifs. Avant tout celui de renforcer la « European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les Etats-Unis en 2014 pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens face à « une Russie qui veut de plus en plus s’imposer avec ses actions agressives ». Pour cette opération, dans laquelle entre le déploiement de la 3ème Brigade blindée US en Pologne, ont été attribués 3,4 milliards de dollars pour l’année fiscale 2017.

L’exercice des F-35 sert en même temps à « intégrer le nouveau chasseur de 5ème génération dans l’infrastructure Otan ». Pour le moment, communique la U.S. Air Force, on ne prévoit pas d’utiliser le F-35 dans la « surveillance aérienne » de la Baltique, mais « si nécessaire, le chasseur pourrait être utilisé au combat ».

Un autre objectif de l’exercice, effectué aux frontières de la Russie, est celui de tester la capacité du F-35 d’échapper aux radars russes. C’est en substance un essai d’attaque nucléaire : le nouveau chasseur est de fait destiné à être le principal vecteur de la nouvelle bombe nucléaire B61-12 par laquelle les USA vont remplacer les actuelles B-61 à partir de 2020. L’Italie disposera à la fois des F-35 et des B61-12, utilisables dans des opérations sous commandement USA.

Un objectif ultérieur de l’exercice est de démontrer que le nouveau chasseur de Lokheed Martin, malgré les nombreux problèmes techniques, est désormais « combat ready » (prêt au combat), en démentant les prévisions de ceux qui pensaient qu’il ne volerait jamais. Le 26 avril, Lokheed Martin a reçu un contrat de 109 millions de dollars pour l’upgrade (modernisation) d’un des nombreux software du chasseur. Le 1er mai, la société a reçu un autre contrat d’une valeur de 1,4 milliards de dollars, pour la production initiale de 130 F-35 Lightning II du lot 12, destinés aux Etats-Unis et à d’autres pays.

Il est maintenant essentiel que le chasseur « combat ready » soit utilisé dans une guerre pour être déclaré « combat proven », testé au combat. Dans l’attente, il est envoyé en Estonie et Bulgarie combattre la nouvelle guerre froide contre la Russie pour nous « rassurer », nous Européens.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Caccia Usa F-35 in Estonia e Bulgaria. Schierati nelle basi a pochi minuti di volo dalla Russia

Edition de jeudi 4 mai 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/cacciabombardieri-usa-f-35-schierati-in-estonia-e-bulgaria/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Editorial de Bernard Lugan

Publié le par Felli Bernard

 
Editorial de Bernard Lugan
 
Dans les pays de l'hémisphère nord, la vie politique repose sur des convictions communes et sur des programmes politiques transcendant les différences culturelles, sociales ou régionales. L'addition des suffrages individuels y fonde la légitimité politique.
Dans les Afriques où les sociétés sont communautaires, hiérarchisées et solidaires, l'ordre social et politique ne repose pas sur les individus, mais sur les groupes. Voilà pourquoi le principe démocratique du « one man, one vote » y conduit à l’impasse et au chaos.
 
La question de la redéfinition de l'Etat, donc de la place des ethnies dans la société, constitue le principal problème politique et institutionnel que l'Afrique doit résoudre. Mais, pour cela, il ne faut pas commencer par nier la réalité ethnique. Or, tout à son universalisme, l’africanisme français et plus largement francophone, a décidé de bannir le fait ethnique car jugé trop « identitaire ». Ses grands prêtres, à l’image de Jean-Pierre Chrétien, de Jean-Loup Amselle, de Catherine Coquery-Vidrovitch, d’Elikia M'Bokolo et de leurs disciples, vont même jusqu’à soutenir, certes avec des nuances, que les ethnies ont une origine coloniale. Une telle arrogance doctrinale sous-entend donc que les peuples africains ont reçu des colonisateurs jusqu’à leur nom et leur identité. Jean-Pierre Chrétien est tout à fait clair à ce sujet quand il ose écrire que : « L’ethnicité se réfère moins à des traditions locales qu’à des fantasmes plaqués par l’ethnographie occidentale sur le monde dit coutumier ». Or, comme l’a remarqué avec justesse Axel Eric Augé, un sociologue français d’origine gabonaise : « En somme, les Africains étaient une masse indifférenciée et attendaient les Européens pour ressentir des phénomènes identitaires ! ».
Certes, l'ethnie n'explique pas tout…, mais rien ne peut être expliqué sans elle. L’histoire contemporaine de l’Afrique s’écrit ainsi autour des ethnies, comme l’actualité le montre quotidiennement, et de manière souvent dramatique.
La question des frontières étant figée car il n’est pas raisonnable de penser vouloir donner un territoire à chacune des 1500 ethnies africaines, comment faire pour pondérer l’ethno-mathématique électorale dans les pays où les populations sont juxtaposées ou enchevêtrées ?
Au Nigeria, les Britanniques avaient trouvé la solution consistant à définir des grandes zones administratives autour des trois grandes ethnies régionalement dominantes, à savoir les Haoussa-Peul-Kanouri au nord, les Yoruba et les Ibo au sud. Le « one man one vote » a ruiné cette politique de coagulation régionale et a au contraire provoqué l’émiettement administratif autour de 36 Etats, ce qui rend le pays ingérable.
Au Mali, l’alternative à l’éclatement du pays se trouve dans un large fédéralisme ethno-régional avec la région de Kidal dirigée par les Touareg, celle de Tombouctou par les Arabes et alliés, celle de Bamako par les Bambara et alliés, celle de Mopti par les Peul, etc. Toute autre solution est vouée à l'échec car les élections au « one man one vote » donneront toujours le pouvoir aux plus nombreux. Ceci fait que le problème du Nord ne sera jamais réglé. En définitive, le vote serait individuel au seul niveau régional, entre populations apparentées qui éliraient un nombre égal de députés, nonobstant leur poids démographique. Au niveau national, le pouvoir serait l’émanation de cette représentation. Mais ne rêvons pas. Les plus nombreux n’accepteront jamais cette évolution constitutionnelle marquant la fin de leur domination ethno-mathématique. La solution des problèmes politiques africains n’est donc pas pour demain…

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Goldfinger versus Pétrodollar

Publié le par Felli Bernard

 

 

Goldfinger versus Pétrodollar

5 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Pétrole, #Economie, #Moyen-Orient, #Etats-Unis, #Russie, #Chine

Lorsqu'en 2012-2013, les Etats-Unis édictèrent une série de sanctions contre la banque centrale iranienne à propos du supposé programme nucléaire, Téhéran contourna le piège en recourant à l'or. L'Inde, qui achetait du pétrole iranien et ne pouvait le payer en dollars, passa par l'intermédiaire de la Turquie, principal marché de l'or au Moyen-Orient : Ankara recevait les paiements en monnaie fiduciaire et transférait le précieux métal jaune à Téhéran.

On voit d'ailleurs que les importations d'or turques ont explosé en 2013, pour pouvoir réaliser ce tour de passe-passe :

Notons au passage que les encouragements depuis quelques mois des autorités turques à vendre du dollar pour acheter de l'or ou de la lire et la presque confiscation de l'or des particuliers visent certes à enrayer la dégringolade de la monnaie (attaques des fonds spéculatifs US ?) mais s'inscrit plus généralement dans un vaste plan de dédollarisation et de constitution d'un axe de l'or.

Quand Erdogan déclare récemment vouloir commercer en monnaies nationales avec la Russie, la Chine et l'Iran, il ne fait que reprendre une antienne bien plus ancienne ; en 2012 déjà, il suggérait au FMI de remplacer le dollar par l'or pour ses prêts. Ce qui doit expliquer la mansuétude répétée de Moscou envers le sultan...

Le triangle Iran-Inde-Turquie vu plus haut n'est qu'un des nombreux exemples de la vague de dédollarisation qui touche lentement mais sûrement la planète et met en péril l'empire américain. A ce titre, la lune de miel aurifère sino-russe est éclairante. Le mois dernier, nous écrivions :

Une nouvelle est passée à peu près inaperçue quelques semaines avant le false flag chimique de Khan Cheikhoun. La banque centrale russe a ouvert son premier bureau à l'étranger à Pékin le 14 mars, à un moment où la Russie va pour la première fois de son histoire lancer un emprunt en yuans chinois.

Fin mars, le dragon renvoyait la pareille en ouvrant une banque de compensation à Moscou afin gérer les transactions en yuans et de créer en Russie un pool de liquidités en RMB facilitant le commerce bilatéral en monnaies nationales. Ce centre pourrait devenir un important hub financier dans le cadre de l'Union Economique Eurasienne et les nouvelles routes de la Soie chinoises.

Mais surtout, les discussions avancent sur l'établissement d'un étalon-or commun aux deux pays au moment où les monnaies occidentales deviennent chaque jour un peu plus des monnaies de singe. Il est même évoqué l'éventualité de paiements commerciaux en or !

Cela fait un certain temps que l'ours et le dragon nous mijotent quelque chose avec le métal précieux.

De fait, le mariage aurifère est déjà assez poussé. La Chine paye en yuans le pétrole russe qu'elle importe. Avec ces yuans, Moscou se précipite... à Shanghai pour acheter de l'or ! Circuit autarcique dont le dollar est totalement absent.

Assistera-t-on bientôt à un échange direct pétrole contre or ? Pas impossible vu ce que nous évoquions précédemment. Mais alors pourquoi Pékin continue de pousser à l'acceptation de contrats à terme sur le pétrole en yuans dans l'optique de rendre la monnaie chinoise indispensable sur le marché de l'or noir - ce que d'aucuns nomment le pétroyuan ? Peut-être bien pour embarquer les Saoudiens dans l'aventure.

Le fidèle lecteur du blog à ses débuts avait été prévenu :

[...] Une chose demeurait, stoïque et inébranlable : le pétrodollar. Saddam avait bien tenté de monter une bourse pétrolière en euros mais il fut immédiatement tomahawkisé. Kadhafi avait lancé l'idée mais les bombes libératrices de l'OTAN tombaient déjà sur Tripoli avant qu'il ait eu le temps de passer un coup de fil. Les stratèges américains pouvaient dormir du sommeil du juste, leurs charmants alliés pétromonarchiques du Golfe resteraient le doigt sur la couture du pantalon.

Sauf que... Une info extrêmement importante, donc passée inaperçue dans la presse française, est sortie il y a quelques jours. La Russie et l'Angola ont dépassé l'Arabie saoudite comme premiers fournisseurs de pétrole à la Chine. Chose intéressante d'après les observateurs, c'est le fait que la Russie (encore ce diable de Poutine !) accepte désormais les paiements en yuans chinois qui a motivé ce changement tectonique. D'après un analyste, si l'Arabie veut reprendre sa part de marché, il faudrait qu'elle commence à songer sérieusement à accepter elle aussi les paiements en yuans... c'est-à-dire mettre fin au pétrodollar.

Et là, cela risque de poser un sérieux dilemme aux Saoudiens : faire une croix sur leur prééminence pétrolière mondiale ou faire une croix sur le pétrodollar au risque de voir les Américains le prendre très mal et éventuellement fomenter un changement de régime.

Si - et cela reste encore un gros si pour le moment - les Saoudiens franchissent le Rubicon, une kyrielle d'autres pays suivront, dans et en dehors de l'OPEP, entraînant dans leur sillage la chute du pétrodollar et de la puissance impériale.

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La “victimisation” des médias grand public, par Robert Parry

Publié le par Felli Bernard

Créé par Olivier Berruyer

Source : Consortium News, le 28/02/2016

Le 28 février 2017

Exclusif: Il y a quelques semaines, les médias grand public (MSM) américains décriaient les “fausses nouvelles” et soutenaient une liste noire de sites indépendants catalogués comme “propagande russe”. Aujourd’hui, sous le feu de Donald Trump, les MSM aiment une presse libre, écrit Robert Parry.

Par Robert Parry

Il est réconfortant que The New York Times et The Washington Post soient inquiets que le Président Trump répande des accusations de “fausses nouvelles” à la légère. Il est bien qu’ils réalisent aujourd’hui que la vérité ne vient pas avec fiabilité de la bouche de tout officiel haut placé du gouvernement ou de tous les rapports officiels.

The Washington Post building in downtown Washington, D.C. (Photo credit: Washington Post)

Le Times sort même des publicités en pleine page pour offrir des truismes sur la vérité : “La vérité est difficile. La vérité est cachée. La vérité doit être recherchée. La vérité est dure à entendre. La vérité est rarement simple. La vérité n’est pas si évidente…” Dimanche, ces truismes sur la vérité prenaient la direction opposée avec une colonne alarmiste de Jim Rutenberg intitulée : “Les amoureux de la vraie démocratie peuvent-ils se faire entendre s’il vous plait ?” Pendant ce temps, The Washington Post lançait son propre slogan mélodramatique : “La démocratie meurt dans les ténèbres.”

Pourtant, il y a quelques semaines de cela, le Post et le Times promouvaient avec ferveur des plans pour faire taire ou exclure des sites d’information indépendants qui ne suivaient pas la ligne jugée comme vraie par le gouvernement américain et ses alliés.

Le 20 novembre, le Times publiait un éditorial appelant Facebook et d’autres géants de la technologie à concevoir des algorithmes qui pourraient éliminer ce que le Times condamne comme étant “faux”. Le Times et d’autres médias grand public – aux côtés de quelques sites internet privilégiés – ont rejoint un groupe spécial sponsorisé par Google, appelé la First Draft Coalition (ébauche de Coalition), pour décider de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est pas. Si les recommandations de la rédaction du Times étaient suivies, les histoires mal vues et les sites les publiant ne seraient plus accessibles via les moteurs de recherche et plateformes populaires, ce qui reviendrait à en bloquer l’accès au public. [Voir l’article sur Consortiumnews.com “What to Do About ‘Fake News.’”]

Le jour de Thanksgiving, le Post a publié une histoire en première page citant un groupe anonyme, appelé ProporNot, blacklistant 200 sites internet, y compris Consortiumnews.com et d’autres importantes sources du journalisme indépendant, parce que nous promouvions soi-disant la “propagande russe”.

Bien que ProporNot et le Post ne se soient pas ennuyés à citer des exemples concrets ou demander des commentaires aux accusés, la chose était claire : si vous ne marchez pas en collaboration étroite avec le Discours officiel, à savoir, sur la crise en Ukraine ou la guerre en Syrie, vous serez isolés, diabolisés et réduits au silence. Dans cet article, le Post brouille les lignes entre “fausses nouvelles” – histoires tout simplement fabriquées – et ce qui est jugé comme de la “propagande”, en fait, une information qui ne colle pas avec ce que le département d’État américain a dit.

À ce moment-là, en novembre, les grands journaux pensaient que la vérité était facile, simple, évidente, et requérait seulement l’accès à quelques membres du gouvernement bien placés, ou à une lecture rapide des résumés des rapports officiels. Durant plus ou moins le dernier quart de siècle, le Times, en particulier, a élevé au rang de fétichisme la pratique consistant à faire sien à peu près tout ce que le monde Officiel déclarait comme étant vrai. Après tout, de telles personnes si bien habillées et aux titres ronflants ne pouvaient pas mentir.

L’ancien journaliste de New York Times Judith Miller, qui a cosigné l’article de New York Times tristement célèbre en 2002 de l’Irak achetant des tubes d’acier pour construire des bombes nucléaires.

Cette crédulité est allée du sérieux, comme rejeter des preuves accablantes que les rebelles Contra nicaraguayens de Ronald Reagan étaient largement impliqués dans le trafic de drogue, au stupide, comme croire aux allégations absurdes du ‘Deflategate’ de la NFL contre Tom Brady. Durant ces temps “anciens”, qui apparemment se sont terminés il y a quelques semaines, le Times aurait pu remplir des pleines pages de publicités disant “La vérité est tout ce que l’autorité dit être.”

En 2002, lorsque l’administration de George W. Bush a prêté foi à un groupe bigarré de “transfuges” irakiens décrivant les armes cachées de destruction massive de Saddam Hussein, l’achat par l’Irak de plusieurs “tubes d’aluminium” devait être pour construire des bombes nucléaires. En 2003, lorsque le secrétaire d’État Colin Powell montrait quelques dessins d’artiste de “laboratoires mobiles d’armes chimiques”, ils devaient exister – et quiconque doutait du témoignage spectaculaire de Colin Powell ne méritait que mépris et ridicule.

Lorsque l’administration Obama a produit une “analyse gouvernementale” blâmant l’armée syrienne de l’attaque au gaz sarin dans la périphérie de Damas le 21 août 2013, il n’était aucunement nécessaire de regarder de plus prêt ses affirmations douteuses ou de demander des preuves réelles. Le faire faisait de vous un “défenseur d’Assad”.

Lorsqu’un petit groupe d’alliés américains, sous le contrôle effectif des services secrets ukrainiens de la peu ragoûtante SBU, présentait quelques vidéos comprenant des graphiques générés par ordinateur et montrant les Russes approvisionner des missiles Buk qui avaient abattu le vol 17 de la Malaysia Airlines dans l’est de l’Ukraine le 17 juillet 2014, il n’était aucunement nécessaire d’examiner les éléments obscurs de la démonstration ou de noter que les graphiques réalistes n’en étaient pas moins fictionnels et basés sur des suppositions douteuses. Faire cela faisait de vous un “laquais russe”.

En d’autres termes, lorsque le gouvernement américain collait l’étiquette d’ennemis à certains et d’alliés à d’autres, le Times ne semblait jamais objecter. Pas plus que la plupart des autres médias grand public. Personne ne semblait noter que généralement les deux camps méritent une étiquette plus nuancée. A quelques exceptions près – lorsque le département d’État ou d’autres agences américaines émettaient des accusations – le Times et ses acolytes cessaient tout simplement de faire preuve d’un scepticisme journalistique responsable.

Bien sûr, il existe un problème avec les “fausses nouvelles”, i.e. des histoires qui sont intentionnellement fabriquées pour faire de l’argent en générant des clics. Il y a également des théories conspirationnistes dénuées de toute réalité qui opèrent sans preuve ou en les contredisant. Personne ne déteste ces histoires bidons plus que moi – et elles ont de longue date été un fléau pour le journalisme, depuis des siècles, et non juste depuis les dernières élections.

Mais ce que le Times, le Post et les autres médias grand public ont généralement ignoré est qu’il y a beaucoup de situations dans lesquelles les faits ne sont pas clairs, ou dans lesquelles il existe des explications alternatives qui pourraient raisonnablement expliquer un ensemble de faits. Il existe même des cas où les preuves vont clairement à l’encontre de ce qu’affirme le gouvernement américain. Face à cela, le scepticisme et le courage sont nécessaires pour remettre en cause des discours officiels faux ou douteux. Vous pourriez même dire : “La vérité est rarement simple. La vérité n’est pas évidente…”

Une difficile transition

Durant la transition de l’administration Obama à l’équipe de Trump, le Times, le Post et d’autres grands organes de presse se sont faits prendre à leur propre transition à croire tout ce que les officiels sortant disaient pour décrédibiliser tout ce que disaient les officiels arrivant. Durant les derniers jours, les grands médias acceptèrent ce qu’affirmèrent les agences de renseignement du président Obama au sujet de la Russie interférant supposément dans les élections américaines, et ce malgré l’absence de preuves publiquement disponibles pouvant être analysées et vérifiées.

Bâtiment du New York Times à New York. (Photo de Wikipédia)

Même quelque chose d’aussi étrange que les attaques contre le conseiller de Trump pour la sécurité nationale, Michael Flynn – avec le reliquat de l’administration Obama citant le Logan Act de 1799, jamais appliqué, comme prétexte pour gonfler une pseudo affaire au vague air criminel effrayant Trump au point qu’il vire Flynn – furent traitées comme valables, sans qu’aucune question sérieuse ne soit posée. Etant donné que c’étaient les membres de l’administration Obama qui l’affirmaient, la règle du zéro-scepticisme s’appliquait. Peu importe les déclarations venant de Trump, et même ses quelques moments de lucidité lorsqu’il expliquait pourquoi une guerre nucléaire avec la Russie n’était pas vraiment une bonne idée, elles étaient toutes traitées comme de dangereux non-sens.

Lorsque Trump réprimanda la presse grand public pour sa participation aux “fausses nouvelles” et qu’il utilisa la phrase “ennemi du peuple”, le Times, le Post et les autres entrèrent dans un mode de victimisation. Lorsque certains médias furent exclus du briefing de la Maison-Blanche, ils ruèrent tous dans les brancards pour défendre la liberté de la presse. Puis, Trump alla encore plus loin – il rejeta son invitation au dîner des correspondants de la Maison-Blanche, l’évènement robe de soirée/cravate noire où les stars des médias grand public se font la concurrence pour inviter les célébrités les plus en vue et frayer avec les membres du Gouvernement, une soirée incarnant le conflit d’intérêt, une orgie de suffisance.

Donc, le Times, le Post et leurs amis des médias grand public se sentent aujourd’hui attaqués. Alors qu’il y a quelques semaines de cela ils demandaient à Google, Facebook et aux autres puissantes plateformes d’information de mettre à l’arrêt ceux d’entre nous qui montraient un scepticisme professionnel face aux affirmations douteuses du gouvernement américain, maintenant le Times, le Post et les autres insistent pour que l’on s’unisse tous autour d’eux, pour défendre la liberté journalistique. Dans une autre pleine page publicitaire de dimanche, le Times a écrit : “La vérité. C’est plus important que jamais.”

J’avancerai l’argument que la vérité est toujours importante, mais surtout lorsque les membres du gouvernement mènent des pays à la guerre, lorsque des vies sont en jeu, que ce soit en Irak, en Syrie, en Ukraine ou dans les nombreux autres points chauds du monde. Durant cette période récente, le Times n’a pas du tout traité la vérité – dans toutes ses subtilités et nuances – comme importante.

J’avancerai également l’argument que les enjeux sont encore plus élevés lorsque les propagandistes et les idéologues risquent une guerre nucléaire qui pourrait tuer des milliards de personnes et réellement mettre fin à l’humanité. Cependant, dans ce cas précis, le peuple américain a vu peu de vrai journalisme professionnel ni un réel engagement pour la vérité. Au contraire, il était beaucoup plus attrayant de diaboliser le président russe Vladimir Poutine et de dépeindre une image en noir et blanc des méchants russes.

En de telles occasions, les truismes du New York Times sur la vérité sont oubliés : “La vérité est rarement simple. La vérité est rarement si évidente…”

Le journaliste d’investigation Robert Parry a révélé un grand nombre d’affaires de l’Irangate à Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source : Consortium News, le 28/02/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

15 réponses à La “victimisation” des médias grand public, par Robert Parry

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Syriebambelles

Publié le par Felli Bernard

Syriebambelles

4 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Au nord de Hama, le front s'est plus ou moins stabilisé. L'aviation syro-russe poursuit son travail de sape avant d'avancer plus au nord tandis que les rares contre-attaques barbues se soldent par des fiascos.

Plus au nord, les zones kurdes sont le témoin d'évolutions intéressantes. Nous avions vu la semaine dernière que Russes et Américains avaient déployé des troupes pour servir de bouclier aux YPG et empêcher les Turcs de les bombarder. Des photos ont abondé sur le net pour bien montrer au sultan que l'affaire était sérieuse.

La réaction d'Ankara ne manque pas de sel et ce sont de véritables menaces à mots couverts contre tonton Sam qu'un collaborateur d'Erdogan a brandies :

Si les milices kurdes vont trop loin, nos forces armées les bombarderont, peu importe si des soldats américains s'y trouvent. Un accident est si vite arrivé...

Oups. OTAN contre OTAN et l'on ne sait pas qui emportera le vent. Cette brusque poussée de fièvre est à comparer avec la bienveillance affichée vis-à-vis des Russes qui font pourtant la même chose. Erdogan a été tout miel à Sochi lors de sa rencontre avec Vladimirovitch et les deux ont décidé, avec l'Iran, de "zones de désescalade" - seulement si les rebelles luttent contre Daech et Al Qaeda, précision importante - immédiatement actées à Astana.

Il est vrai que l'économie turque est au bord du gouffre et que la Russie est l'une de ses seules planches de salut. Comme de bien entendu, le Kremlin en profite pour commencer la construction du Turk Stream. Pas de nouvelles par contre des S400, dont il se pourrait d'ailleurs que ce soit un simple moyen pour les Turcs de faire monter les enchères dans leurs négociations avec les Américains.

Mais revenons en Syrie...

A l'est de Damas, les loyalistes dansent la bamba. La poche de Qaboun devrait bientôt être résorbée étant donnée l'inexorable avancée gouvernementale. Restera le gros morceau : la fameuse Ghouta orientale, lieu de la vrai-fausse attaque chimique de 2013. Et là, Assad n'a qu'à attendre tranquillement que le fruit pourrisse.

La guerre civile inter-barbue s'amplifie depuis la dernière fois que nous en avons parlé. Pas un jour ne passe sans qu'une attaque ou une contre-attaque n'ait lieu, qu'un commandant ou un autre ne soit abattu. Des dizaines, peut-être des centaines de djihadistes ont trouvé la mort depuis une semaine. Ce qui s'est passé à Idlib se répète, la machine à saucissonner la rébellion marche à plein régime même si, en l'occurrence, les intéressés se saucissonnent eux-mêmes.

Quant à Palmyre, l'expansion loyaliste a les traits d'une fleur à trois pétales. Un kotel se profile déjà à l'est d'Homs où l'armée syrienne avance aussi :

Tout irait donc pour le mieux si, au sud, l'avancée des rebelles "Al Tanaf" ne commençait à changer la donne. Il est vrai qu'ils s'enfoncent dans du beurre désertique, profitant du retrait de Daech vers des fronts plus importants. Mais ils ont maintenant doublé les loyalistes de Palmyre :

Va-t-on vers une jonction sur l'Euphrate avec les forces kurdes, donc un contrôle de la frontière syro-irakienne par les Américains dans le but de couper l'arc chiite ? Les Kurdes ont pour l'instant trop à faire à Raqqa et contre les Turcs, mais à l'avenir ? Les milices chiites irakiennes empêcheront-elles cette évolution en intervenant à leur tour ? Nous reviendrons plus en détail sur cette question dans un prochain billet car elle a des implications aussi bien en Irak que dans l'histoire récente.

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« Pas ça ! »

Publié le par Felli Bernard

Énormité et sidération

« Pas ça ! »

La campagne électorale présidentielle française s’est transformée en un exercice de propagande. Les électeurs sont bombardés de messages abscons qu’ils n’ont pas le temps d’analyser, mais qui les imprègnent.
À titre d’exemple, lors de son meeting d’Amiens, Emmanuel Macron a accusé Marine Le Pen de s’être réfugiée auprès des Prussiens lors du siège de Paris… en 1870, puis d’avoir partagé l’idéologie destructrice de l’Allemagne… en 1914. Sur ce, il s’est exclamé avec exaltation : « Pas ça !, Pas ça !, Pas ça ! ». Bien sûr, vous n’avez pas écouté ce message, mais vous l’avez entendu : Marine Le Pen ne serait pas l’incarnation de la Nation qu’elle prétend être, mais de la Trahison. Vous devriez lui faire barrage et donc voter Macron.
Le sociologue Jean-Claude Paye nous explique pourquoi personne n’a réagit à ce délire soigneusement préparé et retransmis sans broncher par toutes les chaînes de télévision.

| Bruxelles (Belgique)
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Écoutez très attentivement cette vidéo : brandissant la médaille commémorative de la nécropole de Notre-Dame-de-Lorette où reposent 45 000 combattants de la Première Guerre mondiale, Emmanuel Macron y affirme que celle-ci avait été déclarée par des dirigeants qui pensaient : « Nous allons mieux que le voisin, alors allons le détruire ». Puis, il accuse Marine Le Pen et ses amis, « réfugiés au château de Montretout », de partager la même idéologie que l’agresseur et de vouloir précipiter la France dans une guerre identique. Avec véhémence, il s’exclame : « Pas ça !, Pas ça !, Pas ça ! »
Le château de Montretout, où Marine Le Pen a été élevée, avait été pris par les Prussiens lors du siège de Paris, en… 1870. L’expression « réfugiés au château de Montretout » évoque donc un lien entre Marine Le Pen enfant et le roi de Prusse et empereur d’Allemagne Guillaume Ier.
Les héros de Notre-Dame-de Lorette sont tombés au champ d’honneur en… 1914-18. Et le but de guerre de l’empereur Guillaume II n’était certainement pas de détruire la France .
C’est la première fois que l’on invente un lien de causalité entre la guerre de 1870, la Première Guerre mondiale et le Front National. Marine Le Pen est née en 1968.

Lors d’un meeting à Arras, le 26 avril 2017, Emmanuel Macron a réutilisé une procédure habituelle, fonctionnant comme une compulsion de répétition. Il a fermement condamné le Front National comme un parti incarnant la guerre, la vraie : celle de 1914-18 et, dans un élan exalté, s’est emporté contre la perspective d’une venue au pouvoir de Marine Le Pen en s’écriant : « Pas ça !, Pas ça !, Pas ça ! ». Cette opposition à l’image de la guerre, dont le Front National serait l’incarnation, contraste avec sa volonté proclamée de s’engager dans la guerre actuelle, d’intervenir en Syrie, même sans mandat de l’Onu, en violation du droit international, pour renverser le président élu Bachar el Assad [1]. Ainsi, Macron propose la guerre réelle comme programme électoral, afin de conjurer le danger de l’image de la guerre.

Un effet de sidération

Ce double discours a un effet de pétrification, car la raison et les structures logiques, tel le principe de non-contradiction, y sont absentes. Le malaise est encore renforcé par les images données à voir. Elles montrent quelque chose d’obscène qui relève, à la fois, des mouvements hystériques du corps de l’orateur et de l’attitude sidérée des personnes que l’on a placé derrière, afin qu’elles soient au centre de l’image. L’effroi résulte de la « grimace du réel », de la vision de leur exaltation compulsive, orchestrée et mécanique. Ces personnes incarnent un message que le pouvoir nous adresse : « Vous êtes cela ! », « Vous n’êtes que cela ! », faisant ainsi preuve d’un savoir absolu en ce qui concerne l’être des citoyens. Alors, « l’obscène a à voir avec l’explicite absolu [2] » qui est accompli aux seules fins d’être montré. La monstration devient capture du sujet.

Le discours des médias est un paradiscours, « un faire voir » une exhibition pour obtenir l’abandon des populations à l’injonction surmoïque. Ici, ce n’est pas seulement la représentation qui est attaquée, mais la capacité même de penser. La conscience n’est pas modifiée, mais anéantie. C’est le processus même de la formation d’une conscience qui est démantelé, afin d’annuler le possible et de nous enfermer dans la sidération. Ainsi, l’obscène n’est plus ce qui « se représente, mais ce qui se présente absolument ».

La procédure délivre un nouveau réel, dont on peut décrypter l’enjeu grâce à une phrase de Jacques Lacan : « Tu veux regarder ? Eh bien, vois donc ! Il donne quelque chose en pâture à l’œil, mais il invite celui auquel le tableau est présenté à déposer là son regard comme on dépose les armes [3] ».

Un « déjà-vu », un « déjà-su »

Les résultats, plaçant Macron en tête du premier tour, ne sont pas une surprise. Ils étaient déjà donnés depuis longtemps par les sondages. Ils se sont réalisés au pourcentage près. La pré-science du pouvoir nous pétrifie. Ils nous détournent de la vision, afin de laisser la place au regard intérieur, à la remémoration d’un déjà su. Alors, le chemin qui mène au questionnement et à la parole est supprimé.

La sidération vient de la perte de la capacité d’être étonné. Elle se constitue en donnant toujours l’impression d’un « déjà-vu » ou d’un « déjà-su ». Elle résulte de l’action sur surmoi qui « est précisément cette instance qui, tendant à dépouiller l’homme de son aptitude à l’étonnement, le laisse déchoir dans le déjà connu [4] ».

À travers leur passage en boucles, les images du 11-Septembre fonctionnaient déjà comme une reconnaissance d’un déjà vu. Elles faisaient obstacle à la perception même des objets, selon un mécanisme déjà mis en évidence par le théoricien de la littérature Victor Chklovski qui a construit sa procédure de « défamiliarisation », en mettant l’accent sur une distinction entre vision et reconnaissance. La psychanalyse parlerait de différence entre l’œil et le regard. Il avait indiqué que les objets régulièrement vus, le sont par un dispositif de reconnaissance et que, de fait, ils ne sont pas entièrement perçus. Pour lui, afin de libérer la perception de l’automatisme, la vision doit être construite de manière à ce que « la perception s’arrête sur elle et arrive au maximum de sa force et de sa durée [5] ». Au contraire du « procédé de l’art » mis en avant par Chklovski, les images du 11/9 et le paradiscours construit par les médias sur l’élection présidentielle, par leur répétition organisée, enferment la vision dans un automatisme, annulant toute perception et ainsi toute possibilité de s’étonner, de saisir ce qui est nouveau.

L’œuvre d’un surmoi archaïque

L’injonction de voter Macron repose sur la diabolisation d’un parti politique, le Front National, devenu pourtant semblable aux autres, depuis son aggiornamento de parti fasciste en organe du meilleur des mondes. Tout candidat, battu au premier tour, se doit impérativement de lancer un appel à voter, contre le FN et en faveur de Macron, c’est-à-dire contre le fascisme et pour la démocratie. Il s’agit là de la répétition d’un scénario bien connu. Cet impératif catégorique est l’œuvre d’un surmoi archaïque qui apparaît en particulier quand l’individu est amené à s’énoncer ou à poser un choix. Il s’agit d’une injonction absolue, à laquelle il ne peut s’opposer. Ainsi, l’obscène consisterait à renvoyer au spectateur une image de son regard dans laquelle il ne peut que refuser de se reconnaître, mais dans laquelle il est contraint temporairement d’adhérer.

À quel surmoi a-t-on affaire dans l’injonction de voter Macron ? Il ne s’agit pas du surmoi d’ordre paternel, héritier de l’œdipe, et ce malgré l’insistance du commandement à se présenter comme un devoir, comme une conscience morale. Il ne s’agit là que d’un faux-semblant, car aucune alternative n’est posée. Alors, l’impossibilité de dire « non » au vote utile pour Macron n’est pas un véritable « oui », étant l’impossibilité de contester ce qui est dit. Une nette majorité des électeurs, ayant l’intention de voter pour lui, déclarent le faire par défaut et non par adhésion. En fait, l’impératif de voter Macron, surtout en ce qui concerne le deuxième tour, n’entraîne généralement ni véritable « oui », ni véritable « non ». Cela semble répondre à un fonctionnement de structure psychotique, dans laquelle aucune contestation ne peut faire face à la voix.

Prisonnier du regard

Le candidat Macron dit tout et son contraire [6]. C’est la structure même du langage qui est bouleversée. George Orwell a déjà décrit dans 1984, à travers la « novlangue », le dispositif de « double pensée » destiné à empêcher la représentation d’une chose. Cette procédure est nommée « clivage » par la psychanalyse. Elle interdit tout jugement et entraîne une indifférenciation des éléments de la réalité. Le pouvoir séparateur du langage est annihilé par le caractère englobant et d’indifférenciation de l’image. Le langage ne fait plus qu’attester de la vérité de l’image.

Il ne s’agit plus de modifier notre perception des faits afin d’obtenir notre adhésion, mais de nous enfermer dans le spectacle de la toute puissance du pouvoir. Cette procédure ne porte pas sur la capacité de percevoir et de représenter une chose. Elle est installation d’un surmoi ordonnant de jouir de ce qui est « donné à voir ». Elle est enfermement dans le regard, dans la pulsion scopique.

La psychanalyse distingue le regard de la vision. Si la vision est de l’ordre de la perception des objets de la réalité ; l’objet-regard n’est pas soumis à l’observation du sujet, ce dernier est au contraire agit par l’objet pulsionnel. Le regard est appréhendé par Lacan comme l’objet propre de la pulsion scopique. Il est immatériel, en dehors de tout sensible. En tant qu’objet lié à la jouissance, insaisissable par la conscience, il est l’envers de celle-ci [7]

L’affaire Macron à travers le déroulement d’élections présidentielles sans véritable affrontement, nous permet de réactiver le questionnement du psychanalyste Jean-Paul Hiltenbrand : « Comment se fait-il et pour quelle raison le regard est venu progressivement à se substituer au politique ? » [8]. L’interrogation a aussi une perspective historique liant passé et avenir : « Si l’on sait avec la majorité des historiens, que le régime fasciste, nazi, s’est installé et maintenu au pouvoir grâce à la représentation imagée et la voix, à quel nouvel ordre de fer nous préparons nous sous le règne du regard ? [9] ».

Que nous prépare l’ère Macron ? L’omniprésence, de la pulsion invocante et de son objet la voix, a exercé, dans les régimes fasciste et nazi, un effet mobilisateur sur les populations en les transformant en troupeaux. Le règne actuel de la pulsion scopique a un effet démobilisateur, d’enfermement de l’individu dans son intériorité en le séparant des autres. Elle a un effet désintégrateur de tout rapport social. Cette domination correspond ainsi à une société monadique dans laquelle l’individu n’a plus d’autre et devient son propre référent. Nous entrons dans un capitalisme pur, tel que Leibniz l’avait anticipé.

« Tu n’es que ça ! »

Ce surmoi maternel primordial qui vient en amont du surmoi d’essence paternelle, issu du complexe d’œdipe et que Jacques Lacan qualifie « d’obscène et de féroce », commande du dedans. Il ne dit pas « Sois ceci !, Ne sois pas cela ! » ou « Fais ceci !, Ne fais pas cela ! » Le surmoi commande « Jouis ! » [10]. Il ordonne de jouir de la fusion avec le pouvoir et de la toute puissance de ce dernier. Cette toute puissance est à rechercher dans « la complétude de l’autre maternel primordial, avec lequel le Moi tend alors à se confondre dans un rapport illusoire d’aliénation foncière [11]. Ainsi, il y a dans cette injonction surmoïque quelque chose comme un inceste par ordonnance.

Comme dans l’affaire Charlie, l’impératif absolu de la puissance surmoïque place le sujet dans une impossibilité radicale de dire « non » à l’injonction qui lui signifie : « ‘Tu n’es que ça !’, c’est-à-dire ‘rien d’autre que ça !’ [12] » L’impossibilité de contredire le dire surmoïque se donne comme un savoir absolu sur l’être du sujet. Comme nous le confirme le résultat de l’élection présidentielle ou la revendication « Je suis Charlie », c’est dans cette mesure que le « sujet peut vouer sa vie à la jouissance mortifère d’incarner ‘l’être’ d’une telle déchéance [13] ».

Un acte de ré-engendrement

L’impératif de voter Macron nous confirme que le surmoi a bien une double exigence, d’une part il commande la chute dans le rien, il enjoint à la déchéance, d’autre part, il commande « un acte de ré-engendrement » [14]. D’un côté, il opère une fusion avec la toute puissance du lobby Macron, de l’autre, il suscite une reconstruction de l’image de soi à travers la « lutte antifasciste ». Le mot d’ordre : « D’abord battre Le Pen, puis s’occuper de Macron », répond à cette double injonction, la fusion avec la toute puissance de l’Autre, puis l’expression d’une maîtrise de soi, celle « d’un ‘’dense et sûr Moi’’ renvoyant le sujet à la culpabilité et à la honte de ne pas être plus consistant » [15]. Cette inconsistance tient à l’image, celle d’une lutte contre un fascisme du passé, permettant d’accepter le meilleur des mondes présent, afin de « s’assurer d’une maîtrise de soi et de son image pour conjurer la dépendance à l’égard de l’Autre. »

L’acte de soumission à la double exigence du surmoi, à la fois l’impossibilité de s’opposer et le renoncement volontaire à tout acte résistance comme choix d’un « fort et sûr Moi », a pour conséquence la « liquidité » du sujet [16], son abandon aux exigences de la machine économico-politique. Il s’agit d’un acte de servitude volontaire à la structure perverse du double discours du pouvoir : il n’y a pas d’autre choix, mais celui-ci doit être fait volontairement !

[1] « J’ai été très clair sur le sujet depuis le début. Je condamne avec la plus grande fermeté l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad. Cela contrevient d’une part au Droit International et d’autre part aux accords de 2013. Et donc si je suis élu président de la République, je prendrai les dispositions en lien avec la coalition et, si possible sous mandat de l’ONU mais même sans mandat de l’ONU pour neutraliser ses capacités chimiques du régime de Bachar el-Assad », Emmanuel Macron, Chambre de Commerce d’Amiens, 26 avril 2017. Propos cités par Olivier Demeulenaere in Emmanuel Macron, candidat à la guerre en Syrie.

[2] « L’obscène publicité de nos jours », Nolo Rizka,Araucaria de Chile, le 2 mai 2006.

[3] Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Livre XI, Jacques Lacan, Seuil Essais Points, p. 113.

[4] Les trois temps de la loi, Alain Didier Weill, Seuil, 1995, p. 26.

[5] Pour Chklovski, « le procédé de l’art [...] consiste à obscurcir la forme, à augmenter la difficulté et la durée de la perception », ce qui a pour effet d’engendrer un sentiment d’étrangeté (« ostranénie »). L’art comme procédé est nécessaire car "L’automatisation de la perception avale les objets, les habits, les meubles, la femme et la peur de la guerre". Ainsi, "les objets perçus plusieurs fois commencent à être perçus par une reconnaissance : l’objet se trouve devant nous, nous le savons mais nous ne le voyons plus". Le but de l’art est donc "de donner une sensation de l’objet comme vision et non pas une reconnaissance" » In Théorie de la littérature, Textes des Formalistes russes (réunis, présentés et traduits par Tzvetan Todorov, Préface Roman Jakobson,) Seuil, "Tel Quel", 1965(1925), pp. 76, 83 et 84.

[6] « Macron le candidat qui dit tout et son contraire avec le même aplomb », Alain Marsauguy, Riposte laïque, 19 avril 2017.

[7] Jacques Lacan, Op. Cit., p.97.

[8] Ibidem.

[9] « Editorial : Le Regard », Jean-Paul Hiltenbrand, Journal Français de Psychanalyse n°16, 2002.

[10] « La surmoitié », Nicole Bousseroux, Intervention au séminaire du Champ lacanien, 28 janvier 2010.

[11] « L’insistance du surmoi dans les écrits de J. Lacan, B. Penot, in Surmoi II, édit. RFP, 1995, p. 71.

[12] « Les trois temps de la loi, les trois surmois », Alain Didier Weil, Apertura, Congrès Surmoi.

[13] Ibidem.

[14] « Dansez sur, dansez surmoi », Martine Coenen, Le Bulletin Freudien n° 45, janvier 2005, p. 4.

[15] Ibidem.

[16] « La fin du système des partis », Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 20 avril 2017.

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Sultanpête dans un verre d'arak

Publié le par Felli Bernard

Sultanpête dans un verre d'arak

29 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Décidément, le sultan ne peut tenir en place. Il est vrai que les continuelles claques géostratégiques reçues ces dernières années (Syrie, Kurdes, Europe) n'ont pas d'effet apaisant sur un caractère comme le sien, qui de surcroît dépend entièrement de sa popularité intérieure. Or, avec la crise financière et les impasses extérieures, celle-ci commence à sérieusement tanguer.

Ainsi donc a-t-il décidé de bombarder à nouveau, mais de manière plus sévère, sa Némésis kurde dans le nord syrien et irakien. Dans le collimateur : le PKK bien sûr, mais aussi les YPG syriennes soeurs. A noter tout de même qu'à Sinjar, au nord-ouest de Mossoul, les Turcs se sont lamentablement plantés et ont tué six peshmergas de leur ami Barzani au lieu des ""terroristes"" visés... Quant aux bombardements sur Qandil, base arrière du PKK dans les montagnes kurdes irakiennes, ils sont monnaie courante et ne s'arrêtent jamais vraiment.

Ce coup de menton sultanesque laisse les Américains perplexes et gênés, mais des soldats US patrouillent maintenant la frontière syro-turque. Message subliminal : ne bombardez plus les Kurdes. Si Erdogan passe outre, il risque de provoquer une conflagration au sein même de l'OTAN, ce qui ne manquerait pas de piment.

Le ton est très sec à Bagdad, à Damas mais aussi à Moscou où l'on juge "inacceptables" les frappes turques. On se rappelle que les Russes avaient eux aussi déployé des troupes dans le canton kurde d'Efrin, en guise d'avertissement à Ankara. Si l'entente américano-russe en Syrie a connu des hauts et des bas ces dernières semaines, il semble qu'elle reste tout de même suffisamment solide au nord pour bloquer le sultan.

Le déploiement ou l'exhibition même symbolique de troupes (bleu marine pour les Américains, bleu ciel pour les Russes) sont une mise en garde aux velléités ottomanes :

Que peut faire Erdogan ? Rien. Il est bloqué, "cornérisé". Il s'est fait rouler dans la farine par Poutine qui, comme nous l'avions prévu, a utilisé les Turcs pour repousser Daech d'Al Bab avant de leur fermer la porte au nez. La rencontre entre les deux hommes à Sochi le 3 mai vaudra son pesant de loukoums.

Un mot cependant sur l'incompréhension qui frappe les observateurs, dont votre serviteur, devant une incongruité absolue. Ce blog a suffisamment démontré les talents stratégiques de Poutine pour ne pas relever l'énorme connerie - désolé, il n'y a pas d'autre mot - qu'il s'apprête à faire en autorisant semble-t-il la livraison de S-400 à la Turquie !

Certes la vente n'est pas encore faite, certes il y a des protocoles, certes la Syrie pourrait aussi en bénéficier, mais enfin... Comment avoir une seule seconde confiance en Erdogan ? Comment être sûr qu'il ne refilera pas certains secrets à l'OTAN ou n'utilisera pas les S-400 contre des alliés de Moscou ? Comme oser placer la Turquie du führerinho sur le même pied que des alliés stratégiques comme la Chine ou l'Inde, seuls pays avec l'Algérie à avoir reçu ces systèmes ? Ca nous dépasse...

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Ailleurs en Syrie, les loyalistes sont partout à l'offensive. A l'est de Damas, la poche de Qaboun devrait bientôt tomber et la Ghouta s'enfonce dans la guerre civile inter-barbue, même si prendre ce dernier abcès ne sera pas une promenade de santé. La zone gouvernementale s'étend autour de Palmyre où Daech recule assez fortement. Au nord de Hama, les djihadistes ont réussi à enrayer la débandade et stabilisé temporairement le front, mais leurs contre-attaques stériles leur coûtent, l'une après l'autre, de nombreuses pertes. Après une petite pause, l'attention loyaliste se tourne maintenant vers Lataminah, prochain objectif de l'armée. Plus au nord, à Idlib, dernier fief rebelle, les assassinats/attentats continuent de miner la grande fraternité barbue.

Avant-hier, Israël a fait sa petite sortie mensuelle en bombardant un dépôt d'armes du Hezbollah sur l'aéroport de Damas. Chose intéressante et qui a été peu relevée : il s'agissait d'un missile tiré à partir d'Israël et non d'un bombardement aérien avec survol du territoire. Cela semble indiquer que l'avertissement irano-russe au lendemain de l'affaire des Tomahawks a été pris au sérieux à Tel Aviv : plus d'avions israéliens dans le ciel syrien. Justement grâce aux S-400 que Moscou s'entête à négocier avec le sultan...

Puisqu'on parle du pays de Goliath David, ajoutons cet aveu de l'ex-ministre de la Défense qui explique que Daech, qui occupe une petite poche sur le Golan, s'est excusé après avoir ouvert le feu sur une patrouille israélienne. Il se peut qu'il s'agisse d'un accrochage ayant eu lieu en novembre et qui s'est terminé par des salves israéliennes tuant quatre petits hommes en noir. Pourquoi ces excuses : peur des représailles, "alliance" ponctuelle et locale ? La presse israélienne s'interroge en tout cas sur le canal de communication utilisé avec l'entité terroriste, ce qui pourrait constituer une grave violation de la loi.

Golan vers lequel se dirigera une nouvelle unité formée par les Russes pour reprendre le terrain aux djihadistes. Gageons qu'à ce moment, les lignes téléphoniques entre Moscou et tel Aviv seront très occupées pour éviter tout dérapage.

En vrac, le président russe est plus populaire que jamais en Syrie et beaucoup de bébés appelés "Poutine" ou "Vladimir" ont vu le jour ces derniers temps. A Alep libérée, une femme a été nommée maire d'un district. Les Occidentaux, si soucieux de féminisme, sont... silencieux. Il est vrai que les euronouilles (au minimum six d'entre eux) préfèrent élire sans rire l'Arabie saoudite à la Commission des femmes de l'ONU ! Pour l'instant, seule la Belgique a avoué. Le gouvernement finissant de Flamby, lui, tient à garder son vote secret...

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