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Comment le Mercosur et l’Union eurasiatique...

Publié le par Bernard Felli

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Comment le Mercosur et l’Union eurasiatique défient les États-Unis et l’hégémonie du dollar
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Comment le Mercosur et l’Union eurasiatique défient les États-Unis et l’hégémonie du dollar

Publié le par Felli Bernard

MERCOSUR
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Comment le Mercosur et l’Union eurasiatique défient les États-Unis et l’hégémonie du dollar

25mar

Face à l’offensive impériale menée par Washington contre la Russie et des gouvernements élus démocratiquement en Amérique latine, le partenariat stratégique entre le Mercosur et l’Union eurasiatique apparaît comme un moyen essentiel pour défendre la souveraineté et la construction d’un ordre mondial multipolaire, s’éloignant un peu plus de la sphère d’influence du dollar et moins centré sur l’économie des États-Unis.

Les stratégies de retenue économique préconisées par Washington contre Moscou et Caracas ont accéléré la réorganisation des alliances dans le système mondial. En effet, bien que la Russie se situe géographiquement au nord de l’hémisphère, son programme diplomatique est plus largement tourné vers les économies des pays émergents. C’est également le cas des pays d’Amérique latine, région qui selon le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est appelée à devenir l’un des piliers de la construction d’un ordre mondial multipolaire.

Il va sans dire que les liens de la Russie avec l’Amérique latine sont en train de se renforcer très rapidement. D’après la base de données concernant le commerce des marchandises des Nations Unies (en anglais désignée sous le sigle UN Comtrade), les échanges entre Moscou et l’Amérique latine ont atteint un chiffre record de 18,832 millions de dollars en 2013. Ce montant est trois fois supérieur à celui de 2004 (le Brésil, le Venezuela, l’Argentine, le Mexique et l’Équateur sont les 5 partenaires les plus importants de l’ours russe en Amérique latine).

Sur les sujets les plus importants, on observe une complémentarité économique. Les exportations russes vers l’Amérique latine concernent à plus de 50 % des fertilisants, des minéraux et des combustibles. Entretemps, Moscou achète principalement aux pays latino-américains des produits agricoles, de viandes et des composants électroniques. Selon les projections faites par l’Institut de l’Amérique latine de l’Académie des sciences de Russie, le commerce bilatéral atteindra les 100 milliards de dollars en 2030, soit une augmentation de plus de 500 %.

Cependant, il reste encore bien des défis à l’horizon. Le contexte de récession de l’économie mondiale, la tendance à la déflation (chute des prix) sur le marché des matières premières (tout particulièrement le pétrole), le ralentissement sur le continent asiatique et les sanctions économiques imposées par les États-Unis et l’Union européenne, révèlent un besoin urgent d’améliorer les termes de la relation diplomatique entre le Russie et les pays d’Amérique latine.

Puisque le commerce entre la Russie et l’Union européenne est en déclin, l’Amérique latine apparaît d’une certaine façon comme un marché de substitution, et en même temps, elle est une bonne terre d’accueil pour les investissements dans le domaine de la haute technologie. En ce sens, on peut mettre en relief les projets d’investissement du Consortium pétrolier national (formé par Rosneft, Gazprom Neft, LUKoil, TNK-BP et Surgutneftgas) engagés entre autre avec des entreprises du Brésil de l’Argentine, du Venezuela, du Guyana et de Cuba.

De plus, il existe un large éventail de possibilités pour la construction d’alliances scientifico-technologiques qui d’un côté, favorisent le développement industriel de l’Amérique latine, et qui en outre contribuent à diversifier les exportations de Moscou, actuellement polarisées sur les hydrocarbures.

L’importante stagnation de l’activité économique mondiale, ainsi que l’augmentation des conflits interétatiques portant sur les problèmes d’approvisionnement en matières premières essentielles (pétrole, gaz, métaux, minéraux, terres rares, etc…) à l’accroissement du capital, favorisent la construction d’alliances stratégiques par le biais d’accords préférentiels de commerce, d’investissements conjoints dans le secteur de l’énergie, de transferts de technologie, de coopération technico-militaire, etc…

Dans cette même perspective, sur le plan bilatéral, il existe une tentative de développement de la relation stratégique de la Russie avec plusieurs pays latino-américains (Argentine, Brésil, Cuba, Équateur, Nicaragua, Venezuela, etc…) en Amérique latine avec l’Union eurasiatique (formée par la Russie, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizstan) en tête de pont.

En effet, même si le président Vladimir Poutine a proposé en 2011 (dans un article publié dans le journal Izvestia) de transformer l’Union eurasiatique en un pont entre la région Asie-Pacifique et l’Union européenne, l’encadrement imposé contre la Fédération de Russie par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), a momentanément annulé cette possibilité.

Par conséquent, l’Union eurasiatique a rompu ses frontières continentales en créant des zones de libre-échange avec sur le continent asiatique, la Chine, au nord de l’Afrique, l’Égypte, et dans le Marché commun du sud (en espagnol désigné sous le sigle Mercosur, formé par l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela) en Amérique latine.

Depuis les dernières années, la relation stratégique entre l’Union eurasiatique et le Mercosur, représente le meilleur enjeu de la Russie en Amérique du sud, en matière d’intégration régionale : les deux blocs possèdent une extension territoriale de 33 millions de kilomètres carrés, une population de 450 millions d’habitants et un PIB combiné s’élevant à plus de 8,5 milliards de dollars (11,6% du PIB mondial mesuré en valeur nominale). Cette relation stratégique poursuit deux objectifs généraux. Le premier est de diminuer la présence des États-Unis et de l’Union européenne dans les flux commerciaux et les investissements extra-régionaux. Le second est d’accélérer le processus mondial de dé-dollarisation en utilisant les monnaies nationales comme moyen de liquidation.

L’élaboration d’un système de paiement différent du fournisseur mondial de services de messagerie financière sécurisés (en anglais désigné sous le sigle SWIFT) par la Russie (la Chine a récemment annoncé le lancement d’un système de paiement propre, qui pourrait commencer à fonctionner dès le mois de septembre prochain), ainsi que l’expérience de l’Amérique latine avec le Système unitaire de compensation régionale (SUCRE) pour atténuer les chocs externes sur l’ensemble de la région, prouvent que les deux parties sont de plus engagées dans la création d’institutions et de nouveaux mécanismes financiers abandonnant la sphère d’influence du dollar.

Il est indéniable que face à l’attaque économique et géopolitique entreprise par l’impérialisme nord-américain, les économies émergentes éludent des confrontations directes par le biais de la régionalisation. Succinctement, l’Union eurasiatique et le Mercosur devront concentrer leurs efforts en direction d’une meilleure coopération financière et en parallèle, organiser un front commun de défense de la souveraineté nationale et des principes du droit international.

En conclusion, la relation stratégique entre l’Union eurasiatique et le Mercosur a une grande occasion pour présenter au monde une partie de la réponse efficace des deux blocs à l’approfondissement de la crise économique actuelle et ainsi, contribuer de manière décisive à l’affaiblissement des fondements de l’hégémonie du dollar.

Ariel Noyola Rodríguez

Traduction
Jean-François Rey
Traducteur professionnel. Master de traduction de l’Université d’Orléans. Maîtrise en civilisation hispano-américaine de l’Université de la Sorbonne.

Source
Russia Today (Russie) – http://www.voltairenet.org/article187089.html

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Publié par Z le 25 mars 2015 dans économie, général, International, Politique

Mots-clés : Comment, défient, du dollar, et l’hégémonie, et l’Union eurasiatique, le Mercosur, les États-Unis

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Israël doit cesser l’occupation des Territoires...

Publié le par Bernard Felli

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Israël doit cesser l’occupation des Territoires palestiniens (Maison-Blanche)
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Israël doit cesser l’occupation des Territoires palestiniens (Maison-Blanche)

Publié le par Felli Bernard

Le directeur de cabinet du président Obama, Denis McDonough
Le directeur de cabinet du président Obama, Denis McDonough

Israël doit cesser l’occupation des Territoires palestiniens (Maison-Blanche)

Réseau Voltaire International | 24 mars 2015

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Le directeur de cabinet du président Obama, Denis McDonough, a déclaré lors de l’assemblée annuelle de J Street (le lobby sioniste modéré) qu’Israël devait cesser l’occupation des Territoires palestiniens.

M. McDonough a précisé que la Maison-Blanche continuerait à œuvrer pour la « solution à deux États » et que, en cas d’échec des négociations, les juifs israéliens devaient malheureusement s’attendre à être expulsés de leur terre.

Sur le même sujet : « Netanyahu sonne la fin de la "solution à deux États" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 mars 2015.

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Complot d’Israël contre les États-Unis (Wall...

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Complot d’Israël contre les États-Unis (Wall Street Journal)
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Complot d’Israël contre les États-Unis (Wall Street Journal)

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. Netanyahu
. Netanyahu

Complot d’Israël contre les États-Unis (Wall Street Journal)

Réseau Voltaire International | 24 mars 2015

Español

Selon le Wall Street Journal, Israël a espionné les négociations des États-Unis avec l’Iran, que ce soit les 5+1 ou les rencontres bilatérales, et a utilisé ces renseignements pour attaquer le président Obama et saboter l’accord.

Le journal atteste qu’Israël a communiqué une partie de ces renseignements à des parlementaires d’opposition au Congrès.

Le gouvernement israélien a immédiatement démenti les allégations du quotidien new-yorkais. Depuis l’affaire Jonathan Polard, en 1987, Tel-Aviv s’est engagé à ne plus jamais espionner les États-Unis. Selon le ministre sortant des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, ces allégations sans fondement visent à discréditer M. Netanyahu. Israël dispose effectivement d’informations sur ces négociations, mais les aurait obtenues par des diplomates de pays tiers, a affirmé le ministre de la Défense sortant, Moshé Yaalon.

Venant au renfort de M. Netanyahu, le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner —qui avait invité M. Netanyahu à s’exprimer devant le Congrès durant sa campagne électorale—, s’est déclaré choqué par l’article du WSJ. Selon lui, aucun parlementaire n’aurait reçu d’information confidentielle.

Le quotidien souligne qu’Israël a posé des micros dans les salles de conférence et a recueilli les confidences de plusieurs diplomates avant de manipuler des parlementaires. L’opération aurait été conduite sous la responsabilité de Ron Dermer, le principal conseiller de M. Netanyahu et actuel ambassadeur à Washington.

Israel Spied on Iran Nuclear Talks With U.S.”, by Adam Entous, The Wall Street Journal, March 23, 2015.

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Source : « Complot d’Israël contre les États-Unis (Wall Street Journal) », Réseau Voltaire, 24 mars 2015, www.voltairenet.org/article187135.html

Réseau Voltaire International

Voltaire, édition internationale

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Les houthistes s'emparent de la base Al-Anad, dans...

Publié le par Bernard Felli

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Les houthistes s'emparent de la base Al-Anad, dans le sud du Yémen
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Les houthistes s'emparent de la base Al-Anad, dans le sud du Yémen

Publié le par Felli Bernard

YEMEN
YEMEN

25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 12:30

Les houthistes s'emparent de la base Al-Anad, dans le sud du Yémen

25 Mars 2015 par Sanaa ALAHYAN - Ileri

Les forces houthistes se sont emparées mercredi 25 mars de la base aérienne Al-Anad, la plus importante du sud du Yémen, se rapprochant davantage d'Aden, où est retranché le chef de l'Etat, selon une source militaire. Les militaires américains qui y étaient stationnés et menaient des frappes contre Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA) en avaient été évacués la semaine dernière en raison de l'aggravation de la situation.

La chaîne satellitaire Al-Masirah (favorable aux houtistes) a indiqué que la base avait été pillée par les combattants d'Al-Qaida et par celle du président Abed Rabbo Mansour Hadi.

Après s'être assurées du contrôle d'Al-Anad, les forces houthistes ont ensuite avancé vers le sud et se trouvaient à environ trois kilomètres d'Al-Houta, chef-lieu de la province de Lahej, limitrophe de celle d'Aden, selon une source militaire.

Appel au Conseil de sécurité de l'ONU

Le président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, a exhorté une nouvelle fois mardi le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies à adopter une « résolution contraignante » afin de stopper l'avancée des miliciens houthistes vers Aden.

Dans sa lettre, le président Hadi confirme aussi avoir sollicité les Etats du Conseil de coopération du Golfe pour obtenir une « intervention militaire » contre les miliciens chiites.

L'Arabie saoudite masse des troupes

L'Arabie saoudite est en train de regrouper du matériel militaire lourd, notamment de l'artillerie, dans des zones situées près de sa frontière avec le Yémen, ont annoncé mardi des responsables américains.

L'Arabie saoudite accuse l'Iran de semer la discorde entre les communautés au Yémen en soutenant les rebelles houtistes. Le conflit risque de dégénérer en une guerre par procuration entre l'Iran chiite et l'Arabie saoudite et d'autres monarchies sunnites de la région, favorables au président Hadi.

source Le Monde.fr

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Published by RP Defense - dans Gulf & Middle East Yemen Al-Anad Défense Defence Houthis AQPA Terrorisme

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La tentative des néocons US de réviser...

Publié le par Bernard Felli

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La tentative des néocons US de réviser l’histoire de la Seconde Guerre mondiale
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La tentative des néocons US de réviser l’histoire de la Seconde Guerre mondiale

Publié le par Felli Bernard

 Wayne Madsen
Wayne Madsen

La tentative des néocons US de réviser l’histoire de la Seconde Guerre mondiale

Par Wayne Madsen – Le 23 mars 2015 – Source strategic-culture

Après la chute de l’Union soviétique, l’ancien président des États-Unis et un jour combattant de la guerre froide, a consacré les quelques années qui lui restaient à vivre à veiller à ce que la Russie prenne sa place dans la communauté internationale. Nixon a conseillé Bill Clinton, alors président, sur la bonne manière de traiter avec la Fédération de Russie, l’État reconnu à l’échelle internationale qui avait succédé à l’Union des républiques socialistes soviétiques.

Une chose que Nixon n’aurait jamais tolérée est la tendance conservatrice actuelle à dénier à la Russie un rôle majeur dans la Seconde Guerre mondiale – connue en Russie comme la Grande guerre patriotique – et dans la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie. Les dirigeants actuels des États-Unis et leurs compagnons de route en Grande-Bretagne, en Europe de l’Est et dans d’autres pays se feraient admonester par Nixon pour leur refus de participer à la cérémonie annuelle du 9 mai, ou Jour de la victoire, à Moscou.

Nixon, qui avait critiqué l’administration de George H. W. Bush pour l’aide pathétiquement inadéquate fournie à la Russie après l’effondrement de l’Union soviétique, aurait peu de temps à perdre avec les cercles politiques américains qui veulent maintenant faire dépérir la Russie et la mettre à genoux.

Parmi ceux qui font pression pour un renforcement des sanctions contre la Russie et ignorent son rôle significatif dans la victoire de la Seconde Guerre mondiale, il y a les fils et les filles des émigrés fascistes et nazis d’Europe de l’Est, qui sont arrivés au États-Unis au cours des années qui ont suivi la guerre, la plupart grâce à l’ Operation Paperclip de la Central Intelligence Agency, la CIA, afin d’échapper à des procès pour avoir soutenu la cause nazie dans leurs pays d’origine. Ces émigrés ont contribué à former divers groupes d’extrême-droite qui tournaient autour de Captive Nations, l’organisation fédératrice encouragée par l’administration Eisenhower et celles qui lui ont succédé. De cette constellation d’organisations fascistes a émergé le sioniste ukraino-américain Lev Dobriansky et sa fille, ancienne responsable au Département d’État de George W. Bush, Paula Dobriansky, ainsi que l’ancien soutien de la Gestapo allemande en Hongrie, Gyorgy Schwartz, qui s’est plus tard baptisé lui-même George Soros. Aujourd’hui, on trouve leur progéniture idéologique dans les gouvernements de toute l’Europe centrale et de l’Est.

Les groupes gravitant autour des milieux émigrés aux États-Unis, par exemple la Fondation Heritage, l’American Enterprise Institute (AEI) et la Brookings Institution, tout comme Human Rights Watch fondé par George Soros, poussent à une réécriture de l’histoire après la guerre. Il semble que beaucoup de ces groupes néocons et historiquement révisionnistes préféreraient des commémorations affligées de la défaite des régimes fantoches nazis dans les pays baltes, l’Ukraine, la Biélorussie et la Bessarabie plutôt que de reconnaître la victoire de l’Union soviétique sur le nazisme.

Les marionnettes de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) dans divers pays de l’Europe centrale et de l’Est sont impliquées dans une guerre de propagande contre la Russie visant à assurer que la célébration du 9 mai à Moscou ne rassemble qu’une maigre participation internationale officielle. Les effets de cette guerre de la propagande sont perceptibles dans la récente déclaration du général tchèque Andor Šándor, le chef des renseignements militaires tchèques, qui a pris sa retraite en 2002, en se plaignant de l’espionnage à large échelle des Russes à Prague. Cette histoire a fuité dans le but d’exercer une nouvelle pression sur le président tchèque Milos Zeman, qui avait dit qu’il ignorerait un prétendu consensus de l’Otan pour boycotter les célébrations du 9 mai, et s’est envolé pour Moscou. L’opposition tchèque a déjà annoncé qu’elle essayerait de faire revenir le parlement sur le financement du voyage de Zeman à Moscou. Prague est, par nature, un point sensible dans les relations de la Russie avec l’Ouest. La République tchèque refuse toujours d’autoriser les troupes de l’Otan à se baser sur son sol, même si Prague continue à héberger des activités anti-russes comme Radio Free Europe/Radio Liberty et diverses organisations non gouvernementales (ONG) soutenues par Soros. Les interlocuteurs de Soros au Parlement européen exercent aussi des pressions sur le président serbe Tomislav Nikolic pour qu’il annule ses projets d’aller à Moscou mettant en jeu l’adhésion de la Serbie à l’Union européenne.

Trois anciens ambassadeurs états-uniens en Ukraine, Steven Pifer, John Herbst, et William Taylor, ont exhorté de manière scandaleuse les dirigeants occidentaux comme le Premier ministre britannique David Cameron, le président français Francois Hollande, et la chancelière allemande Angela Merkel (elle devrait s’envoler pour Moscou le 10 mai pour y déposer une gerbe lors d’une cérémonie) – qui ont annoncé leur décision de boycotter la cérémonie du 9 mai et la parade militaire à Moscou – à assister à la place à une célébration du Jour de la victoire en Europe à Kiev. Ces trois larbins ont écrit dans une chronique libre dans le Los Angeles Times que «même si les présidents Clinton et George W. Bush s’étaient rendus à Moscou en 1995 et en 2005 pour d’autres anniversaires de la Victoire», le président Barack Obama ne célébrerait pas l’événement à Moscou, mais à Kiev. Les ambassadeurs refusent de reconnaître que si les dirigeants occidentaux devaient observer cette célébration à Kiev, ils se tiendraient aux côtés de néo-nazis et de paléo-nazis de toutes obédiences, y compris des partisans d’Adolf Hitler et du chef nazi ukrainien et membre de la SS allemande, Stepan Bandera.

Les trois ex-ambassadeurs US, Pifer, Herbst, et Taylor sont loin d’être les seuls à appeler à ce que le sacrifice de 27 millions de citoyens soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale soit célébré dans une ville où les néo-nazis et les mercenaires skinheads de toute l’Europe jouissent du pouvoir politique et militaire. Pifer travaille pour la Brookings Institution, un centre important de l’actuelle agit-prop anti-russe, tandis que Herbst était un entremetteur militant au soutien de l’Agence pour le développement international, de la CIA et des médias grand public pro-occidentaux en Ukraine pour la révolution orange à Kiev. Taylor, en tant que coordinateur en chef de l’aide gouvernementale états-unienne à l’ancienne Union soviétique et à l’Europe de l’Est, a travaillé étroitement avec l’organisation de Soros et le National Endowment for Democracy (NED) pour récolter des fonds au profit de groupes d’extrême-droite pro-américains dans la région.

Tandis qu’Obama et ses amis dans l’Otan ne seront pas à Moscou, le Premier ministre grec Alexis Tsipras, qui a demandé des réparations de guerre à l’Allemagne pour son pays, dédaignera le boycott de l’Otan et se joindra à Zeman pour assister à la cérémonie sur la place Rouge. Les dirigeants de l’Islande, de la Norvège, des Pays-Bas, de la Slovaquie et de la Hongrie pourraient aussi rompre les rangs de l’Otan et s’envoler vers Moscou pour la cérémonie du 9 mai.

Dans ce qui ne peut qu’être considéré comme un camouflet diplomatique pour le régime de Kiev et ses soutiens occidentaux, les dirigeants des Républiques populaires de Donetsk et Lugansk, en Ukraine de l’est, seront présents sur la place Rouge, aux mêmes tribunes que les dirigeants de 30 autres pays, dont la Chine, l’Inde, la Serbie, la Macédoine, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Égypte et l’Afrique du Sud, une situation qui conférera un semblant de reconnaissance de facto de leur statut. En plus, les dirigeants des républiques d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie devraient aussi être présents, ce qui constitue une défaite diplomatique pour les autorités de Géorgie, qui voient ces républiques comme parties intégrantes de leur État.

Pendant ce temps, tandis qu’ils appellent à boycotter le Jour de la victoire le 9 mai à Moscou, les dirigeants des États baltes sont les hôtes de diverses commémorations nazies dans leurs capitales. La présidente de la Lituanie, Dalia Grybauskaitė, une diplômée du Foreign Service School [département de politique étrangère, NdT] de l’université Georgetown à Washington, un des terrains de recrutement favoris de la CIA, ne fait rien pour empêcher les cérémonies annuelles devant la tombe de la marionnette nazie lituanienne et constructeur de camps de concentration Juozas Ambrazevicius Brazaitis, dont le corps a été rapatrié il y a quelques années de Putnam, au Connecticut, en Lituanie, et ré-inhumé à Kaunas avec tous les honneurs militaires. Le président d’Estonie, Toomas Hendrik Ilves, un ancien chef du bureau estonien de Radio Free Europe, financée par la CIA, a soutenu la décision du gouvernement estonien en 2007 de déplacer une statue soviétique de la victoire de Talinn vers une base militaire à la périphérie de la ville, où elle siège dorénavant tout près du centre de cyberguerre de l’Otan. Pendant que les dirigeants de Lettonie rejoignaient leurs partenaires baltes dans la compétition pour le boycott de la cérémonie de Moscou, des vétérans et des partisans de la Légion lettone, Division de la Waffen SS allemande pendant la guerre, paradaient fièrement dans les rues de Riga lors d’une cérémonie organisée chaque année depuis 1991. Le président letton Andris Bērziņš n’a rien fait pour contrecarrer la cérémonie nazie en Lettonie, bien qu’il trouve abominable qu’un dirigeant occidental reconnaisse le rôle de la Russie en célébrant le jour de la victoire sur Hitler. Bērziņš a été longtemps associé à la Stockholms Enskilda Bank, propriété de la famille suédoise Wallenberg, accusée de collaboration avec l’Allemagne nazie pendant la guerre, ce qui lui vaut une place sur une liste de blocus du gouvernement états-unien.

Donald Tusk, président du Conseil européen, et le président de la Pologne Bronislaw Komorowski ont rejoint leurs amis baltes pour essayer de revoir le rôle de la Russie dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Le ministre polonais des Affaires étrangères Grzegorz Schetyna a tenté de ré-écrire l’histoire en affirmant que ce sont les Ukrainiens, et non les Russes, qui ont libéré Auschwitz. Le ministre russe des Affaires étrangères a répondu à Schetyna en lui disant que «chacun sait qu’Auschwitz a été libéré par l’Armée rouge, dans laquelle toutes les nationalités ont héroïquement servi», ajoutant que la Pologne «dénaturait» l’Histoire.

Se livrer à une parodie de l’Histoire, c’est exactement ce que font les dirigeants de l’Otan en exerçant des pressions sur les dirigeants de pays qui vont de la Corée du Sud et du Japon à la Bulgarie et à l’Autriche pour qu’ils n’envoient pas de représentants officiels à Moscou.

Cette action rappelle vraiment le boycott des jeux Olympiques d’été de Moscou, en 1980, lancé sous l’égide des États-Unis et diplomatiquement immature; un choix réputé pour avoir causé plus de tort à long terme au mouvement olympique qu’un dommage à court terme à l’URSS.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone.

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