Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Forces spéciales russes pour contrecarrer le mouvement de Trump en Syrie du Sud

Publié le par Felli Bernard

lundi 22 mai 2017

Forces spéciales russes pour contrecarrer le mouvement de Trump en Syrie du Sud

 


 

Une source militaire a confirmé qu'un groupe de parachutistes russes et des forces spéciales spetsnaz sont arrivés dans la province méridionale de Sweida, après que les avions de combat la coalition sous commandement américain aient lourdement ciblés un convoi militaire des forces pro-gouvernementales syriennes près de la ville d'al-Tanf à la frontière avec l'Irak.

La source dit que les militaires russes sont dans la région pour conseiller les troupes du gouvernement syrien en Syrie du sud, tout en contribuant à dissuader toute réaction éventuelle des forces américaines et jordaniennes qui ont taillé une niche dans les provinces Sweida et Homs.
Selon certains activistes des médias, les forces russes projettent de construire une base le long de la frontière de la province de Sweida avec la Jordanie.
Russian Special Forces Arrive in Southern Syria after Recent US Air Raid on Army Convoy
D'autres médias ont laissé entendre qu'ils seraient destinés à s’engager contre les forces ennemies envahissant la Syrie (dont celles des États-Unis qui veulent contrôler l'autostrade Damas-Bagdad) et aider les troupes gouvernementales à capturer le passage frontalier avec l'Irak.
Le général d'armée libanais, John Abi Nader, expert en stratégie militaire au Moyen-Orient, a déclaré samedi à l’agence TASS que les États-Unis ont effectué une intervention militaire directe en Syrie pour empêcher la mise en place du contrôle de l'armée syrienne sur la frontière avec l'Irak.
« Il n'y a pas d'autre explication aux frappes de l'US Air Force contre les forces syriennes et les unités qui les soutiennent », dit le général.
Il a ajouté que la zone frontalière en Syrie orientale, où les unités de l'armée mènent l'offensive aujourd'hui, ont une plus grande importance stratégique.
« C’est le seul poste frontalier, à travers lequel on peut se rendre à Bagdad maintenant, en prenant en considération le fait que la route Rutbah-Ramadi a été débarrassée des terroristes daé-chiens, » dit l'expert.
« L'objectif des États-Unis est évident : empêcher la restauration des liaisons de transport entre la Syrie et l'Irak, ainsi qu’avec l'Iran, qui est l'allié de Damas, » a-t-il souligné.
L'expert a noté qu'une intervention similaire de la Force aérienne des États-Unis a eu lieu en Septembre 2016 à la périphérie de Deir Ezzour. Ce qui a permis aux terroristes islamistes d’utiliser ce raid aérien de l'aviation américaine pour saisir une position défensive sur le mont Jebel-Sarda, à proximité d'un aérodrome militaire, qui sert de base principale aux forces gouvernementales.
Le quartier général de la coalition dirigée par les Américains a déclaré, le 18 mai, que son aviation a frappé les forces gouvernementales pro-syriennes opérant dans la zone de non conflit, établie par la Russie, au Nord-Ouest d'al-Tanf. La déclaration a affirmé que ces unités constituaient une menace pour les forces des États-Unis et ses partenaires (les « terroristes modérés). Plusieurs militaires syriens ont été tués dans la frappe.

L’Armée syrienne de contrôle la région stratégique près de la frontière avec la Jordanie

Syrian Army Retakes Control of Strategic Region near Border with JordanTéhéran (FNA) - Les troupes de l'armée syrienne ont poursuivi leur opération antiterroriste vers la région frontalière près de passage al-Tanf et ont réussi à recontrôler une région clé dans la province de Sweida près de la frontière avec la Jordanie.
Les hommes de l'armée engagés dans une rude bataille avec les terroristes islamistes pro américains, « Jeish al-Hor » dans l'est Sweida et ont réussi à reprendre le contrôle sur la région stratégique du barrage d'al-Zalaf à la frontière Sweida-Jordanie.
Les hommes de l'armée ont également chassé les terroristes Al-Zahra Oum-Salasel et d’al-Eiseh.
Des sources bien informées ont dit, entre-temps, que les unités de l'armée ont également pris le contrôle de plus de 50 km² de Sweida Badiyeh (désert) qui était sous le contrôle des terroristes de Jeish al-Abra al-Achayer et Jeish al-Aswad al-Sharqiyeh .
Les rapports pertinents ont déclaré samedi que l'armée et les forces populaires ont repris une grande partie des territoires contrôlés par le terrorisme de la province Sweida dans les régions du sud du pays.
« L'armée syrienne et ses alliés ont saisi plus de 60 kilomètres carrés de terres dans la région dans la province al-Zalfa Sweida, » les médias de langue arabe, citant une source militaire, samedi.
La source militaire a noté que après avoir obtenu plancher al-Zalfa, les troupes de l'armée syrienne pousserait plus à l'Est afin de sécuriser la frontière provinciale et le siège de l'armée syrienne libre (FSA) près de l'al-Tanf passage de la frontière en Irak. Vidéo
 
Hannibal GENSERIC

Source : http://www.veteranstoday.com/

Voir les commentaires

La Côte d'Ivoire face à ses démons

Publié le par Felli Bernard

La Côte d'Ivoire face à ses démons

 
 
 
 
 
Partager sur
 
19 mai, 2017
Note d'analyse
Leslie Varenne

 

Pour la quatrième fois en six ans, des mutins ont tenu la Côte d’Ivoire au bout de leurs kalachnikovs. Pendant quatre jours, une grande partie d’Abidjan et presque toutes les villes de l’intérieur ont été sous leur contrôle. Ce dernier accès de fièvre, n’est en réalité rien d’autre que le énième soubresaut de la guerre de 2011 qui n’en finit pas de livrer ses spasmes. Si cette guerre n’a pas produit des effets aussi visibles et délétères que celle qui a eu lieu en Libye, elle a néanmoins engendré une crise systémique qui secoue le pays à intervalles réguliers. Le Président Alassane Ouattara est un des premiers responsables de cette situation, mais il en est aussi le prisonnier. Comme en Irak en 2003, l’armée républicaine de Côte d’Ivoire a été totalement déstructurée par cette guerre. Depuis son accession au pouvoir, il est un chef sans armée, dépendant des commandants de l’ex-rébellion qui l’ont aidé à s’installer. En six ans d’exercice, il n’a pas su, pas pu ou pas voulu remédier à cette situation. Il n’a donc pas eu d’autre solution que de plier, de satisfaire les exigences des soldats insoumis et de payer les 7 millions de CFA réclamés par chacun des 8400 insurgés, quitte à sortir de cette séquence très affaibli (1). De toute évidence, il n’y avait pas d’alternative, puisque l’armée « loyaliste » ne montrait aucune velléité d’aller mater les mutins.

 

Les supplétifs de 2011 au coeur de la crise

Qui sont les hommes qui se sont soulevés ? Pendant la crise postélectorale, une époque où les deux Présidents se disputaient le pouvoir, le clan d’Alassane Ouattara a multiplié les appels envers les militaires pour que ces derniers rejoignent son camp. Mais, il y a eu très peu de désertions. Lorsqu’en janvier 2011, il a été décidé par les US, la France, l’ONU et Alassane Ouattara de déloger Laurent Gbagbo de la présidence par la force, Il a fallu créer une armée de toutes pièces pour combattre l’armée républicaine. Le camp Ouattara disposait déjà des soldats rebelles des Forces Nouvelles (FAFN) qui occupaient le Nord du pays depuis 2002 mais le compte n’y était pas, à peine 9000 hommes en intégrant tous les corps, armée, police, gendarmerie. Ils ont alors recruté environ 30 000 jeunes désœuvrés, quelques-uns étaient des Ivoiriens du Nord du pays mais la majorité était composée de ressortissants des Etats de la sous-région, tous musulmans. Ces recrues ont bénéficié d’une formation très sommaire de deux mois, de la fin janvier à la fin mars 2011. Cet entraînement a eu lieu à Bouaké deuxième ville du pays contrôlée, à l’époque, par les Forces Nouvelles dirigées par Guillaume Soro. Le 17 mars 2011, Alassane Ouattara signait une ordonnance et créait les FRCI (Forces Armées de Côte d’Ivoire) pour officialiser cette armée de bric et de broc composée des anciens rebelles, des nouvelles recrues et des quelques déserteurs de l’armée de Laurent Gbagbo. Pour participer à ce conflit des promesses de dons, 12 millions de CFA plus une maison, ont été faites à ces jeunes gens. A la fin de la guerre, certains ont bénéficié du programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR). D’autres ont été intégrés dans l’armée. Ce sont ces derniers qui ont manifesté, kalachnikov à la main. Lors de leur dernière mutinerie en janvier 2017, ils avaient obtenu un premier versement de 5 millions de CFA, le solde devant être mensualisé sur sept mois. Mais aucun argent n’était arrivé sur leur compte. Maintenant que le paiement a été effectué, il serait logique de penser que la guerre de 2011 est enfin soldée. Il n’en est rien. D’une part, il reste la maison promise ; d’autre part, tous les démobilisés à qui Alassane Ouattara avait également promis monts et merveilles pourraient également réclamer ce qu’ils pensent être leur dû. A ce groupe, il faut ajouter également les anciens rebelles des FAFN qui n’ont pas eu le privilège d’être intégrés dans l’armée. En tout, combien sont-ils exactement ? Lors d’une table ronde sur le DDR à l’Institut Français de Relations Internationales (IFRI), où intervenait le général Bruno Clément-Bollée, le nombre de 69 506 ex-combattants a été avancé (2). Ce chiffre paraît très élevé, s’il s’avérait réel, compte tenu, en prime, des quantités d’armes en circulation dans ce pays, la Côte d’Ivoire n’est pas au bout de ses peines (3)… 

Le Far-West

D’autant que ce ne sont pas les seuls à pouvoir demander des primes. Après la mutinerie de janvier, les Forces spéciales avaient, elles aussi, revendiqué bruyamment et elles avaient obtenu un bonus de 17 millions CFA (4). Puis les doléances s’étaient étendues aux gendarmes, à la pénitentiaire etc. Les ex-FDS, ceux qui étaient en poste sous Laurent Gbagbo, avaient également fait valoir leur cause, mais il leur avait été répondu qu’aucune prime ne leur avait été promise, et que par conséquent, aucun montant ne leur serait versé ! Les Dozos, chasseurs traditionnels qui ont également participé au conflit dans le camp Ouattara pourraient revendiquer à leur tour...

Avant-guerre, l’armée ivoirienne, restructurée sous le Général Gueï, (1999-2000), composée d’environ 60 000 hommes, gendarmerie comprise, était républicaine, bien formée et intégrait toutes les ethnies qui composent ce pays. A la fin de la guerre, de nombreux soldats loyaux à Laurent Gbagbo ont déserté par crainte de représailles. Ceux qui sont restés ont été souvent méprisés, ils ont été placés sous les ordres des anciens commandants de zone de la rébellion qui avaient des méthodes peu orthodoxes et assez éloignées de la rigueur militaire. Ils se sont retrouvés dans des situations où des analphabètes donnaient des ordres aux Saint-Cyriens. En outre, pour ces soldats comme pour la majorité de la population, il est difficile d’admettre que ces recrues de 2011 soient récompensées sur le budget de l’Etat alors qu’ils se sont livrés à des massacres, notamment dans l’Ouest du pays, à des pillages et à de multiples exactions. Pour autant ces ex-FDS n’ont pas envie d’aller risquer leur vie pour éviter au Président Alassane Ouattara de payer une promesse qu’ils considèrent comme une dette privée. Les ex-soldats des FAFN reversés dans l’armée ne se montrent pas plus enthousiastes pour aller frapper « leurs frères du Nord ». Les ex- commandants de zone de la rébellion, devenus milliardaires, aspirent à profiter de leur vie luxueuse et n’ont pas plus envie de retourner au charbon. Quant à Guillaume Soro, l’ex-chef rebelle devenu honorable Président de l’Assemblée Nationale, il joue ses propres cartes et son avenir politique. Le camp Ouattara le surveille et le soupçonne d’avoir été plus pyromane que pompier dans l’affaire de la mutinerie. Des armes auraient été retrouvées dans la maison de la mère de son porte-parole à Bouaké. Vrai ou faux ? Que Guillaume Soro détienne des armes n’est pas un scoop. En avril 2016, le groupe d’experts de l’ONU l’avait accusé de disposer d’un arsenal impressionnant acquis en violation de l’embargo sur les armes (5). Au passage, avec cette déclaration les Nations Unies s’étaient ridiculisées, puisque ce sont elles qui étaient chargées de faire respecter cet embargo en place depuis 2002. Par ailleurs, personne ne sait ce qu’est devenu cet arsenal.

Le roi est nu 

Que pourra faire le Président ivoirien si d’autres soulèvements enflamment le pays ? La poignée de fidèles sur laquelle il peut encore s’appuyer n’y suffira pas. Depuis fin 2015, il a embauché un bataillon de mercenaires, 400 à 500 Centrafricains appartenant au groupe des rebelles musulmans de la Séléka. Cantonnés à Séguéla dans le Nord du pays, ces hommes ont été rapatriés sur Abidjan dernièrement, mais là encore le compte n’y est pas. D’autant qu’un malheur n’arrivant jamais seul, la force de maintien de la paix des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) présente dans ce pays depuis 2002 a retiré ses soldats cette année (6). Son sous-secrétaire général, El Ghassim Wane a déclaré, sans rire, en octobre 2016 « Nous sommes aujourd’hui dans un pays en paix et réconcilié avec lui-même ». Reste l’armée française, avec les 900 hommes des Forces Françaises de Côte d’Ivoire (FFCI) qui pourront seulement sécuriser les entreprises et les ressortissants français et européens, sauf à demander, bien entendu, une résolution des Nations Unies et des renforts extérieurs.

Le poison lent…

Mais si la situation de l’armée est par la force des choses et des armes, la plus visible, un venin insidieux se diffuse souterrainement : celui de la division ethnique. Le procès de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui ne juge qu’un seul camp, la justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire, la politique de « rattrapage ethnique » mise en place par Alassane Ouattara commencent à produire leurs effets délétères. De part et d’autre, les positions se radicalisent, cela se sent dans les échanges avec les Ivoiriens et sur les réseaux sociaux. Les appels aux mutins ont été fait en Malinké ce qui est tout de même fort curieux pour une armée qui devrait être républicaine. Le ministre, Amadou Soumahoro, s’est lui aussi adressé à des militants du RDR, parti d’Alassane Ouattara, dans cette langue et les a harangués sur le thème « il y a dix ans, tu n’avais pas le droit de porter un boubou ou d’afficher tes convictions religieuses » (7). Plus grave encore, dans l’Ouest du pays, on assiste à un remplacement de populations. Les autochtones catholiques et animistes voient leurs plantations séquestrées par des ressortissants musulmans de la sous-région. Sans moyen de survie, les expulsés de force sont dans l’obligation de quitter leurs villages et viennent grossir les banlieues populaires surpeuplées d'Abidjan. Par ailleurs, depuis six longues années, des milliers de réfugiés croupissent toujours dans des camps au Ghana, au Libéria et au Togo. Ils ne peuvent toujours pas rentrer chez eux, leurs maisons étant le plus souvent occupées par les Maliens et les Burkinabés qui se sont dès la rebellion de 2002 lancés à la conquête des terres fertiles de l'Ouest.  

Les stratégies aveugle et inconséquente des US, de la France, des Nations unies et d’Alassane Ouattara qui ont conduit à cette guerre de 2011, n’en finissent pas de produire leurs effets toxiques. Mais pour éviter d’avoir à assumer un nouvel échec retentissant après une intervention militaire désastreuse, ils continuent de soutenir un pouvoir moribond et honni par la majorité de la population. L’histoire est réécrite, les problèmes du pays sont cachés sous le tapis et masqués par un taux de croissance à deux chiffres qui, au passage, ne bénéficie qu’à un très faible pourcentage de la population. Pour autant, les maux ne disparaissent pas, au contraire ils s’aggravent au fil des années et mettent le pays en péril alors que le risque djihadiste est aux portes de la Côte d’Ivoire… C'est un stratégie de très courte vue, à court et moyen terme le soutien extérieur apporté à Alassane Ouattara s'avère parfaitement contreproductif. En prime, il nuit à l'image de la France en Afrique qui est rendue responsable de tous les malheurs ivoiriens puisque c'est son armée qui a installé le Président ivoirien au pouvoir.  

Leslie Varenne

 

(1) Le budget de la Côte d’Ivoire est dans le rouge, suite à la gestion désastreuse de la filière café-cacao et à la chute des cours. La Lettre du Continent affirme que le Maroc aurait aidé à résoudre cette crise en apportant son aide financière. Le porte-parole du gouvernement Bruno Koné, dément et déclare « l’Etat avait la capacité de payer » https://www.eventnewstv.tv/c-i-le-gouvernement-a-propos-du-paiement-des-mutins-on-sait-trouve-les-moyens

(2) https://www.ifri.org/fr/debats/securite-cote-divoire-un-bilan-ddr 

(3) https://www.facebook.com/yenewsvideo/videos/689303857937948/ 

(4) http://www.afrique-sur7.fr/40694/cote-divoire-mutinerie-les-forces-speciales-obtiennent-17-millions-chacun/

(5) http://www.afrique-sur7.fr/22194/cote-divoire-lonu-accuse-guillaume-soro-de-disposer-de-300-tonnes-darmes/  

(6) http://www.bbc.com/afrique/region-37683306 et http://www.rfi.fr/afrique/20170217-casques-bleus-onuci-ont-quitte-cote-ivoire 

(7) http://www.rfi.fr/afrique/20170217-casques-bleus-onuci-ont-quitte-cote-ivoire

Tags:
afrique, afrique de l'ouest;, côte d'ivoire

Voir les commentaires

Pourquoi les entreprises françaises sont les préférées de nos étudiants ?

Publié le par Felli Bernard



 

Pourquoi les entreprises françaises sont les préférées de nos étudiants ?

 

 

Publié par Jean-Côme TIHY le 24 Avril 2017

 

Les Palmarès Trendence et Universum soulignent une tendance qui s’accentue depuis quelques années : les entreprises françaises ont la cote chez les étudiants. Quête de sens, dimension éthique, considérations sociales, autant de caractéristiques de la RSE qui font mouches chez les futurs cadres tricolores.


 

Les entreprises préférées des étudiants sont françaises

Depuis quelques années, les entreprises françaises sont à l’honneur. Le baromètre de l’institut allemand Trendence ou encore celui de Universum répertoriant les grands groupes préférés des jeunes diplômés français indiquent que, pour les jeunes ingénieurs, 18 des 20 premières entreprises sont françaises contre 14 pour les futurs managers.

Pour les scientifiques, l’aéronautique fait rêver. Les firmes convoitées sont Airbus (1er), Safran (3ème), Thalès (4ème) ou encore Dassault Aviation (5ème). Tandis que chez les étudiants en business, le luxe attire toujours : LVMH, l’Oréal, Chanel occupent encore cette année, les premières places.

Ce classement n’est pas un hasard. Comme le souligne Diego de Brisoult, fondateur de Geojobs.fr, « ces entreprises sont le fleuron de l’économie française et, qui plus est, investissent à tour de bras dans la marque employeur. Elles tissent des liens étroits avec les grandes écoles et déploient des trésors d’ingéniosité pour attirer les futurs talents (1) ». Emilie Duquenne, Directrice Recrutement France chez L’Oréal Group le reconnait : « Plus que l’employeur idéal, nous cherchons avant tout à être l’entreprise que les candidats choisiront en priorité pour postuler. […] Notre véritable enjeu est de transformer cet intérêt en acte de candidature afin d’élargir notre vivier de candidats car nous recrutons plus de 200 jeunes diplômés en CDI chaque année (2). »

Pourquoi les entreprises françaises sont-elles autant prisées ?

Certains « coups » marketing favorisent parfois la bonne réputation d’un groupe et l’envie d’intégrer ses bureaux. Certaines enseignes en passent par exemple, par le changement de nom et la refonte de l'identité corporate. GDF Suez ayant choisi de s’appeler ENGIE, l’entreprise a gagné en visibilité. C’est « un nom simple et fort qui évoque l’énergie pour tous et dans toutes les cultures, un nom qui incarne l’ensemble de nos valeurs et activités et qui porte une vision optimiste et nouvelle de la transition énergétique. C’est ce que nous voulons véhiculer à travers ENGIE », décrit Karine Rachmann, Directeur de l’image externe ENGIE.

Pour autant, l’efficacité réputationnelle s’appuie sur une démarche structurelle et une réflexion de long terme. Aussi, la sélection des entreprises faite par les étudiants semble assez largement liée à l’investissement RSE de celles-ci. En effet, les étudiants saluent en particulier les dimensions sociales et éthiques des entreprises : deux composantes clés de la politique RSE.

Les réussites de La RSE des entreprises françaises

Le 29 mars 2017, l’étude EcoVadis mettait en lumière, les performances des entreprises françaises en matière de RSE. Plus largement, elle démontrait « que la responsabilité sociale des entreprises a progressé dans le monde depuis 2015 [et que] les performances des entreprises françaises progressent de 10 %. [Soit] une amélioration plus importante que la moyenne des pays de l’OCDE (7 %) et des BRICS (4 %) (3) ».

La recherche de la dimension éthique sociale

Liée à un corpus de valeurs et de principes fondamentaux, l’éthique des affaires s’articule principalement autour de trois thèmes : la corruption, les pratiques concurrentielles et la gestion responsable de l’information. En deux ans, « le pourcentage des entreprises ayant une démarche adaptée ou exemplaire est passé de 29% à 43% (5) ».

En ce qui concerne la dimension sociale, les entreprises françaises sont à la pointe. Toujours selon le sondage publié par EcoVadis, « avec un score de 50,7 sur 100, elles sont en 3ème position derrière la Grande-Bretagne et la Suède. Là encore, la progression est importante : en deux ans, le nombre d’entreprises dont la politique sociale satisfait les critères du cabinet d’évaluation sociale a augmenté de 15 points (6) ».

Ces évolutions positives des entreprises peuvent être mises en relation avec l’attraction qu’elles suscitent chez les jeunes. En effet, selon Gontran Lejeune, directeur associé du cabinet de recrutement Bienfait et Associés, les nouveaux modes de gouvernance provoquent un fort engouement auprès des jeunes diplômés. Les entreprises « impliquent davantage leurs collaborateurs dans le fonctionnement de l’entreprise, quand les sociétés anglo-saxonnes sont, elles, restées figées à l’heure du reporting et de la division nette du travail (7) ».

La quête de sens est également devenue, pour les étudiants, un critère essentiel dans la sélection d’entreprises. Aussi, selon Aurélie Roberter, directrice d’Universum France et Benelux, « depuis trois ans, on observe que les profils « idéalistes » sont de plus en plus nombreux. Pour eux, l’objectif principal est d’être utile à la société. Ils représentent désormais 32% des étudiants en business, 40% des futurs ingénieurs (8) ».

Il y a une recherche de stabilité face à une modernité trop souvent inconstante et parfois déraisonnable. Une quête de finalités et de significations plutôt que la soif de bénéfices, au sens large, à court terme. Une envie d’idéal face l’urgence étouffante d’objectifs conjoncturels. Comme le rappelle l’express.fr, en reprenant Saint Exupéry, il y a la nécessité « que le temps qui s'écoule ne nous paraisse pas nous user et nous perdre, mais nous accomplir. Il est bon que le temps soit une construction (9) ».
 

  1. http://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/palmares-trendence-2016-les-entreprises-preferees-des-etudiants-sont-francaises.html
  2. http://www.mondedesgrandesecoles.fr/classementuniversum16/
  3. http://www.la-croix.com/Economie/Social/Responsabilite-sociale-entreprises-francaises-progressent-vite-2017-03-31-1200836251
  4. http://www.la-croix.com/Economie/Social/Responsabilite-sociale-entreprises-francaises-progressent-vite-2017-03-31-1200836251
  5. http://www.la-croix.com/Economie/Social/Responsabilite-sociale-entreprises-francaises-progressent-vite-2017-03-31-1200836251
  6. http://www.la-croix.com/Economie/Social/Responsabilite-sociale-entreprises-francaises-progressent-vite-2017-03-31-1200836251
  7. http://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/palmares-trendence-2016-les-entreprises-preferees-des-etudiants-sont-francaises.html
  8. https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/0211941768946-les-employeurs-tricolores-attirent-de-plus-en-plus-les-etudiants-2077292.php
  9. http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/management/management-d-equipe-six-lecons-de-saint-exupery_1540878.html

Voir les commentaires

Trump et la parallèle Nixon

Publié le par Felli Bernard

Trump et la parallèle Nixon

Bloc-Notes

   Forum

Il n'y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

Trump et la parallèle Nixon

Nous avons pu voir hier une émission de CNN parmi d’autres sur le discours annoncé comme très important de Trump en Arabie Saoudite, concernant le terrorisme (et éventuellement l’Islam), sur un écran dont le titre général était « Crisis at the White House ». La meneuse de jeu avait deux interlocuteurs en ligne, l’un à Ankara, l’autre à New York. On s’intéressa un peu, vraiment du bout des lèvres, au contenu du discours et à son retentissement éventuel, et beaucoup, énormément, aux effets attendus sur la situation intérieure de Trump. Julian Zelizer, analyste de CNN parlant de New York, jugea que les effets du discours à Washington D.C. seraient négligeables « à cause de la gravité du scandale [Russiagate] » qui est l’unique réoccupation de Washington D.C. ; puis on passa au sujet suivant, beaucoup plus long, sur la poursuite des auditions, à la Chambre, de la commission sur le renseignement qui enquête sur Russiagate. Autre exemple, cette fois d’un média qui n’est pas hostile à Trump, cela pour signifier que nous n’exposons pas une critique d’une orientation mais que nous énonçons le constat d’un état de fait sur l’orientation de la communication... Hier 21 mai 2017, ZeroHedge.com consacrait deux nouvelles au discours de Trump en Arabie et neuf sur la situation intérieure de Trump par rapport au Russiagate et aux attaques lancées en faveur de sa destitution. On voit où se situe l’importance des affaires...

Parmi ces neuf nouvelles de ZeroHedge.com, l’une d’elles était la reprise d’un court texte de Gary Evans de Global Macro Monitor faisant un parallèle entre la situation de Trump dans l’actuelle crise et celle de Nixon dans le Watergate du point de vue des répercussions sur la situation extérieure et la politique US en fonction de l’état du président à conduire cette politique.

« We just found this tidbit of history from Politico of how during the Watergate scandal the Nixon administration was melting down and the President retreated to self-medication:

» “The Nixon administration began disintegrating—the president unable to play his role as the leader of the nation and the free world—at 7:55 p.m. on October 11, 1973. The newly appointed secretary of state, Henry Kissinger, picked up his telephone. His trusted aide at the National Security Council, Brent Scowcroft, was on the line from the White House. The Arab-Israeli war of 1973 was in its fifth day, escalating toward a global crisis and a potential nuclear conflict.

 » Scowcroft: ‘The switchboard just got a call from 10 Downing Street to inquire whether the president would be available for a call within 30 minutes from the prime minister. The subject would be the Middle East.’

» Kissinger: ‘Can we tell them no? When I talked to the president he was loaded.’

» President Richard Nixon—ravaged by more than four years of war in Vietnam, 15 months of Watergate investigations and countless nights of intense insomnia—was incapacitated...” »

Ce compte-rendu est encore extrêmement vague et optimiste quant à la réalité du pouvoir de Nixon durant le Watergate. On trouve beaucoup plus de précisions dans les mémoires (On Watch, 1976) de l’amiral Elmo R. Zumwalt, qui fut de 1970 à 1974 Chief of Naval Operations (CNO, équivalent du chef d’état-major pour l’U.S. Navy). Zumwalt fut l’un des esprits les plus vifs et les plus intéressés par la politique (quoique s’abstenant complètement de s’y impliquer) de la période. Il était tenu comme une belle intelligence, donc un homme très dangereux, par Kissinger qui ne souffrait aucune concurrence éventuelle. Son livre est certainement la meilleure source interne objective pour la conduite du pouvoir US dans ces années, parce qu’il mêle la précision des réunions, des concertations de la sécurité nationale au niveau le plus haut auxquelles Zumwalt participait en tant que CNO (avec ses notes personnelles prises en temps réel), et la connaissance des intrigues du pouvoir pendant cette période sans implication partisane.

Pour Zumwalt, Nixon contrôla la politique US jusqu’aux démissions de Ehrlichman et Haldeman, ses deux conseillers les plus proches, à cause du Watergate, début mai 1973. Encore, ce contrôle était-il déjà erratique, et Zumwalt décrit un homme plus affecté encore par une tension nerveuse permanente et incroyablement forte que par sa tendance à boire qui en était devenue le symptôme le plus popularisé. C’est lors d'une réunion de juin 1973 du Conseil National de Sécurité (NSC) que Zumwalt note pour la première fois le décrochage complet du président ... Alors que l’on discute de l’état des négociations stratégiques (SALT), sujet d'une importnce fondamentale :

« ... [L]’accord SALT sera réalisé avant que les chefs d’état-major et le secrétaire à la défense puissent [réellement être impliqués dans la négociation] ... le président n’est pas vraiment intéressé [par ces problèmes], toutes ses pensées vont au Watergate... personne ne parvient plus à le voir [à avoir une audience] ... quelques-uns de ses plus vieux conseillers politiques ont tenté de le rencontrer mais il refuse de les recevoir... à l’intérieur de la Maison-Blanche, il y a cinq tentatives de “coup d’État” par jour parce que les différents centres de pouvoir tentent d’acquérir la prééminence... »

Durant la crise du 25 octobre 1973 (l’URSS envisageant une intervention en Égypte suite à une rupture israélienne du cessez-le feu au terme de la “guerre d’Octobre”, les USA mirent leurs forces armées en DefCon-3 [préparation à l’état de guerre] pendant 18 heures), Zumwalt détaille sur quatre pages la nuée de rencontres, de réunions, de messages, de décisions, etc. Pas une fois n’apparaît le nom de Nixon (la décision de mise en alerte avait été prise par Kissinger, puis ensuite contestée par le secrétaire à la défense Schlesinger, – les deux hommes s’opposant constamment). Les seules fois où Nixon eut quelque répit et parut reprendre conscience des grands enjeux fut dans certaines occasions de politique étrangère, notamment lors de son voyage en URSS de la fin du printemps 1974, lorsque Brejnev l’invita à passer deux jours dans sa résidence de Crimée. Les Soviétiques soutinrent Nixon jusqu’au bout, se gardant bien de tenter de profiter de cette vacance du pouvoir à Washington, – circonstance où l’on retrouve le goût russe permanent pour la stabilité. Le 4 février 2013, nous écrivions :

« En plein Watergate (1973-1974), suite directe d’un “coup d’État” bureaucratique des chefs militaires camouflé, dans son issue, en monument à la gloire libérale et médiatique de la Grande Amérique, Nixon se tourna vers Brejnev, qui le soutenait de toutes ses forces de l’extérieur. (Cette interprétation de l’affaire du Watergate lumineuse par son enchaînement, et par conséquent systématiquement ignorée, est signalée dans un texte du 3 février 2010 et analysée dans dde.crisis du 25 janvier 2010.) L’ambassadeur de l’URSS à Washington Dobrynine a témoigné dans ses mémoires que les deux hommes ont travaillé conjointement pour tenter de trouver une solution commune décisive à l’affrontement de la guerre froide ; il fait lui-même allusion à l’action du président du Joint Chiefs of Staff (l’amiral Moorer) contre Nixon, que le KGB avait suivi de près. Dobrynine signale justement qu’une entente entre les deux hommes aurait pu déboucher sur une opération type-glasnost liquidant la puissance de leurs CMI respectifs. »

Bien entendu, les situations structurelles respectives de Nixon et de Trump sont fondamentalement différentes. Il est vrai que le Watergate introduisit un élément d’affaiblissement de la politique extérieure US, mais dans le sens qu’on a vu dans l’extrait ci-dessus, en coupant court à des initiatives révolutionnaires qui auraient pu être lancées par Nixon et Brejnev. D’un point de vue structurel, l’exécutif autour de Nixon était puissamment constitué et fonctionnait de lui-même en suivant une ligne de sécurité nationale assez bien définie selon les normes de la bureaucratie de la Guerre Froide (mais absolument contre les intuitions nixoniennes, certes), avec quelques manipulateurs remarquables, dont Kissinger en premier. Cela évitait tout désordre significatif du fonctionnement de la machine même si cela entravait décisivement une certaine forme de politique envisagée par le président.

L’environnement washingtonien était également plus apaisé et plus cohérent, là aussi loin du désordre et des excès actuels. La presse était en général et sans aucun doute anti-Nixon (avec bien entendu le Washington Post, tout de même dans un rôle plus honorable que l’actuelle démarche complètement FakeNews), mais dans cette affaire du Watergate elle s’appuyait sur des faits précis (une vérité-de-situation, même si l’on peut en discuter et l’origine et l’importance) et non sur un simulacre comme l’est le Russiagate. Le Congrès fit son travail, et même d’une façon déterminante, mais sans la hargne et la haine dépassant en intensité le McCarthysme, dans la situation qu’on voit aujourd’hui. Là aussi, le point fondamental était qu’il y avait une vérité juridique du Watergate (le cambriolage initial au siège du parti démocrate, dans l’immeuble dit-Watergate, acté par la justice), alors que le Russiagate n’est que simulacre.

D'un point de vue conjoncturel et les conditions étant ce qu’elles sont, on peut discuter avec bien des arguments que le Russiagate, que d’autres nomment déjà Trumpgate, ait une influence déterminante sur la position d’influence des USA à l’extérieur. La cause en est complètement paradoxale : il s’agit simplement du constat que cette position d’influence est au plus bas, depuis au moins deux années déjà, essentiellement depuis l’intervention soviétique en Syrie (septembre 2015), et qu’elle s’est encore abaissée avec la campagne présidentielle et la victoire de Trump, puis les conditions de l’installation de Trump à la Maison-Blanche et les attaques dont il fait l’objet. Le Russiagate/Trumpgate ne fait que confirmer et éventuellement accélérer cette tendance à l’effacement, sinon à l’influence des USA en mettant à nu et en plein jour la crise profonde où sont plongés le pouvoir et les élites-Système de Washington D.C. depuis plusieurs années, autour de 2010-2011 pour la phase actuelle. Nous sommes beaucoup plus bas, et sans un régime complètement affirmé d’une surpuissance négative qu’au temps du Watergate.

Surtout, nous sommes dans une logique complètement différente, sinon tout simplement invertie. Le Watergate est venu interrompre brutalement une dynamique de sécurité nationale prometteuse, dans le chef d’une grande politique étrangère de Nixon et, surtout, de la réalisation par ce président de la nécessité de tenter de briser l’emprise du complexe militaro-industrielle sur la politique US. Ce point, bien souvent ignoré parce que Nixon est classé définitivement dans le camp du Diable par la pensée progressiste-sociétale dominante, se trouvait symboliquement résumé par ceci, que nous observions le 28 décembre 2009 :

« Nous rappellerons cette phrase étonnante, que nous citons souvent, du metteur en scène Oliver Stone dans son film ‘Nixon’; la scène montrant Nixon allant rencontrer, impromptu, avec son chef de cabinet Haldeman et deux gardes du corps, des étudiants contestataires au Mémorial Lincoln, lors d’une soirée en 1971, à Washington D.C.; un cercle d’étudiants incrédules se formant autour du président, le pressant, l’interpellant, et soudain une jeune fille de 19 ans (l’âge est précisé) lui demandant pourquoi il ne fait pas tout de suite la paix au Vietnam, lui qui est président, qui a tous les pouvoirs et qui affirme vouloir faire la paix; Nixon répondant par des généralités qui laissent pourtant entendre une expression de sincérité, disant qu’il essaie, que c’est difficile, parlant d’une voix presque oppressée… La jeune fille s’exclame soudain : “Mais on dirait que vous parlez d’une bête que vous n’arrivez pas à dompter!” Nixon repart, s’installe dans la voiture officielle, reste songeur puis, soudain, à l’intention d’Haldeman: “Bob, c’est incroyable, cette gamine de 19 ans, bon Dieu, elle a tout compris !” »

... Au contraire du Watergate, le Russiagate/Trumpgate n’est pas une rupture, ni dans la situation interne de Washington D.C., ni dans la politique intérieure et la situation d’influence des USA. Notamment et paradoxalement, Trump n’est pas venu au pouvoir pour liquider le CMI (voir sa tournée de marchand de tapis à Ryad) mais pour éventuellement (et notamment) tenter, si l’on parle symboliquement, de réconcilier la classe moyenne massacrée des USA et le CMI. Le Watergate est un accident monstrueux (qui et quelle qu’en soient la cause), le Russiagate/Trumpgate est le fruit pourri d’une monstrueuse logique.

 

Mis en ligne le 22 mai 2017 à 10H15

Voir les commentaires

À Riyad, Donald Trump parle du terrorisme, pas de l’islam

Publié le par Felli Bernard

À Riyad, Donald Trump parle du terrorisme, pas de l’islam

+

Contrairement à ce que rapportent les agences de presse occidentales et à ce qu’avait fait le président Obama en Égypte il y a huit ans, le président Donald Trump n’a pas prononcé de discours sur l’islam lors de son voyage en Arabie saoudite.

Rappelant que son voyage qui débutait en Arabie saoudite, terre des lieux saints de l’islam, se poursuivrait à Jérusalem, Bethléem et au Vatican, il a appelé à la pratique de la tolérance et du respect entre les trois religions abrahamiques.

Centrant son discours sur la lutte contre le terrorisme, il a fait appel aux sentiments religieux et humanistes des responsables musulmans présents pour les enjoindre à ne plus coopérer avec ceux qui sèment la mort. Il les a invités à participer au Global Center for Combating Extremist Ideology (Centre global pour combattre l’idéologie extrémiste). En voici les principaux extraits :

« Nous ne sommes pas ici pour donner des conférences, nous ne sommes pas ici pour dire aux autres comment ils doivent vivre, agir, apprendre ou adorer. Au lieu de cela, nous sommes ici pour offrir un partenariat - basé sur des intérêts et des valeurs partagés - afin de poursuivre un avenir meilleur pour nous tous.

(…) C’est un choix entre deux futurs - et c’est un choix que l’Amérique ne peut pas faire pour vous. Un meilleur avenir n’est possible que si vos nations rejettent les terroristes et les extrémistes. Mettez les dehors. Mettez les hors de vos lieux de culte. Mettez les hors de vos communautés. Mettez les hors de votre terre sainte. Mettez les hors de notre terre.

Pour notre part, l’Amérique s’est engagée à ajuster ses stratégies pour faire face à l’évolution des menaces et aux faits nouveaux. Nous éliminerons les stratégies qui n’ont pas fonctionné et nous appliquerons de nouvelles approches éclairées par l’expérience et le jugement. Nous adoptons un réalisme de principe, ancré dans des valeurs communes et des intérêts partagés.

(…) Les responsables religieux doivent rendre cela absolument clair : la barbarie ne vous délivrera aucune gloire - la dévotion envers le mal ne vous apportera aucune dignité. Si vous choisissez le chemin de la terreur, votre vie sera vide, votre vie sera brève, et votre âme sera condamnée.

(…) Avec l’aide de Dieu, ce sommet marquera le début de la fin pour ceux qui pratiquent la terreur et répandent leur vil credo. Dans le même temps, nous prions pour qu’on puisse se souvenir un jour de ce rassemblement comme le début de la paix au Moyen-Orient - et peut-être même dans le monde entier.

(…) Je vous demande de vous joindre à moi, de vous joindre à moi, de travailler ensemble, et de lutter ensemble - Unis, nous ne faillirons pas. Je vous remercie. Dieu vous bénisse. Dieu bénisse vos pays. Et Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique ».

Donald Trump’s Speech to the Arab Islamic American Summit”, by Donald Trump, Voltaire Network, 21 May 2017.

Voir les commentaires

Le X-37B de l’US Air Force: une nouvelle menace dans l’équilibre de la terreur ?

Publié le par Felli Bernard



 

Le X-37B de l’US Air Force: une nouvelle menace dans l’équilibre de la terreur ?

 

 

Publié par Jean-Côme TIHY le 15 Mai 2017

 

Le 7 mai 2017, après 718 jours passés en orbite, la navette X-37B de l’US Air Force a atterri au centre spatial Kennedy en Floride. Son usage réel demeure un secret savamment gardé par les autorités américaines : banc d'essais de technologies spatiales ? drones de surveillance ? arme anti-satellites ? Quoi qu'il soit, son retour sur terre relance, une fois de plus, la question de la militarisation de l’espace, un sujet propre à rompre l’équilibre de la terreur, concept toujours en vigueur depuis la fin de la guerre froide.

 

 
Retour sur les faits
 
Ce vaisseau, dont la construction a été lancée en 1999 dans le cadre d’un programme de la NASA, a ensuite été confié à l’agence de recherche militaire américaine (DARPA) puis plus récemment à l’armée de l’air américaine. Depuis sa première mission en 2010, l’appareil suscite de nombreuses interrogations et les spéculations vont bon train. Pour certains, X-37B ferait parti de la course à l’armement spatial engagé depuis la Guerre froide entre les USA et la Russie et maintenant la Chine. D’après le site Atlantico « le gouvernement russe accus[e même] les États-Unis de militariser l'espace en y envoyant le X-37B, une version réduite de la navette spatiale, agile et modulable, contrôlée à distance ».
 
Quelques éléments sur la course à l’armement dans l’espace
 
Le terme de militarisation de l’espace apparaît dans les années 1960 dans le cadre de la Guerre froide et de la course à l’espace. Dès cette époque, les Etats-Unis et l’URSS développèrent des satellites d’observations dans un cadre parfaitement licite puisqu’au-delà de 80 kilomètres d’altitude, les frontières n’ont plus d’existence légale.
 
A l’origine, les satellites n’avaient qu’une utilité de renseignement et d’observation. Mais la question de "l’arsenalisation" de l’espace s’est vite posée lorsqu’en 1962, les Etats-Unis réalisèrent un essai nucléaire à 400 km d’altitude appelé Starfish Prime. Tandis que de 1968 à 1982, l’URSS testa ses « Isterbitel » c’est-à-dire les « satellites tueurs » : il ne s'agissait plus d'une simple utilisation de l'espace à des fins militaires (l'observation et les communications), mais de l'envoi d'armes dans l'espace.
 
Plus récemment, certains observateurs ont noté que le développement d'armes spatiales se poursuit. D’après certains spécialistes comme Venance Journé ou encore Hans Martin Blix, plusieurs équipements de pointe appelés « armes spatiales de frappe (1) » sont à l’étude. Ces armes lasers et à rayon X permettraient de viser avec précision depuis l’espace des cibles pour aveugler et détruire des satellites ennemis.
 
L’équilibre de la terreur remis en question
 
Dans les consciences collectives, rien ne symbolise mieux la terreur et la destruction qu’un champignon nucléaire, depuis qu’Enola gay largua Little Boy sur Hiroshima en 1945. L’apparition du feu nucléaire a, à partir de cette époque, profondément modifié le rapport des Etats et des sociétés à la guerre : avant l'ère nucléaire, une guerre restait une épreuve temporaire difficile mais surmontable. Avec des armes nucléaires dans chaque camp, une guerre atomique aurait désormais des airs d'apocalypse.
Il est à noter que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et les deux largages sur le Japon, la force atomique n’a jamais trouvé à s’exprimer en dehors des applications civiles. Mieux, deux nations atomiques ne sont jamais entrées en conflit en plus de 70 ans. Si cette situation doit plus à la notion d’équilibre qu’à celle de la terreur, il est néanmoins paradoxal que cette dernière puisse apporter à l’homme une stabilité et qu’une arme particulièrement dévastatrice ait pu favoriser une certaine paix à l’histoire.
 
La dissuasion nucléaire repose sur un principe assez simple : faire, savoir-faire et faire-savoir. Elle constitue, dans l'esprit des dirigeants détenteurs, le dernier rempart de la souveraineté. La légitime défense qui est reconnue par les Nations-Unis comme un droit naturel perd de son utilité puisque la guerre est de plus en plus incertaine. Cependant, il n’en reste pas moins que l’on assiste, à l’heure actuelle, à une régression de la sécurité collective vers la défense collective.
 
La militarisation de l’espace, une menace pour la sécurité collective
 
Si l’équilibre de la terreur, avec une multiplication des Etats détenteurs de l’atome, avait permis de construire une forme de pax comuna, la militarisation de l’espace risque, au moins en partie, de bousculer cette stabilité, remettant en question les facteurs de la sécurité collective.
 
Ce mécanisme de garantie de paix internationale repose sur l’analyse politique fondamentale qu’il existe une indivisibilité et une solidarité de la paix entre Etats. Cette idée qui a trouvé avec la SDN puis l’ONU une traduction concrète semble être, une nouvelle fois, fragilisée. Et pour cause, en disposant de plus de 70% (2) du budget spatial mondial civil et militaire, les Etats-Unis disposent toujours, en 2017, du monopole de l’espace (3).
 
Dans cette course à l’armement, les Russes sont loin d’être inactifs. Toujours d’après le journal en ligne Atlantico, le Kremlin serait en mesure d’ici 2020 de détenir un bombardier orbital offrant au plus grand pays du monde une force de frappe nucléaire inédite. Si les déclarations doivent être prises avec précaution, il est cependant intéressant de lire les déclarations d’Aleksei Solodovnikov, instructeur en fuséologie à l’Académie stratégique des forces armées russes reprises dans le journal gouvernemental russe Sputnik, « l'idée est que le bombardier décolle d'un aérodrome national pour contrôler l'espace aérien russe » et « sur commande, il pourra aller dans l'espace, frapper une cible avec des têtes nucléaires et revenir à sa base. »
 
Devant cette escalade, il restera à rappeler le cadre juridique organisant l’utilisation de l’espace stipulant que les armes de destruction massive sont illégales en orbite terrestre. Le bureau des affaires spatiales des Nations unies (UNOOSA) dont la charge est de veiller au respect dudit traité risque de voir son rôle renforcé dans les prochaines années.
 
  1. Venance Journé et Hans Martin Blix, Armes de terreur : Débarrasser le monde des armes nucléaires, biologiques et chimiques [« Weapons of terror : freeing the world of nuclear, biological and chemical arms »], Paris, Harmattan, 2010, 247 pages
  2. L'Espace à l'horizon 2030, Quel avenir pour les applications spatiales ? Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) - janvier 2006
  3. https://takiyovo.wordpress.com/2011/02/07/la-guerre-de-lespace-un-nouveau-duel-sino-americain/


 

Voir les commentaires

Pourquoi l’Arabie saoudite préfère payer une rançon à Trump plutôt que soutenir son propre peuple

Publié le par Felli Bernard

Pourquoi l’Arabie saoudite préfère payer une rançon à Trump plutôt que soutenir son propre peuple

Arabie saoudite Etats-Unis Hégémonie
 
 
 

Le président américain Donald Trump a rencontré le roi d’Arabie saoudite à Riyad –  Crédit photo Jonathan Ernst /Reuters


Si l’Arabie saoudite avait soutenu l’organisation d’élections après le Printemps arabe plutôt que les contre-révolutions, le royaume ne serait pas contraint aujourd’hui de verser à Trump le prix du sang

Le prix d’une audience avec Donald Trump est élevé et continue de monter. Selon les estimations, l’Arabie saoudite a déjà promis 300 milliards de dollars de contrats de défense pour la prochaine décennie et 40 milliards de dollars d’investissements dans des infrastructures. Le chiffre final, selon certains initiés de Wall Street, pourrait encore grimper à 1 000 millions de dollars d’investissements dans l’économie américaine.

Au moment où il a atterri à Riyad ce vendredi, Trump avait dans ses bagages le plus gros contrat d’armement de l’histoire américaine. Il a ainsi rempli sa promesse de faire payer la maison des Saoud, même pour des roquettes qu’elle n’utilisera jamais.

S’il y a une guerre avec l’Iran, ce seront les États-Unis qui la livreront. La Corée du Sud, un pays beaucoup plus proche d’escarmouches avec son voisin, s’avère être un acheteur plus difficile de systèmes de défense antimissiles américains. Le pays rechigne à payer 1 milliard de dollars pour le système THAAD. Pas Riyad.

La Maison Blanche était en liesse devant l’effet que cet argent saoudien tombé du ciel pourrait avoir sur les emplois à l’intérieur du pays. D’après le compte-rendu officiel de la rencontre qui a eu lieu le mois dernier entre le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane et Trump, jusqu’à un million d’emplois pouvaient être créés directement à l’intérieur du pays et des millions d’autres pouvaient l’être dans la chaîne d’approvisionnement.

La question que se posent les Saoudiens qui, contrairement au prince de 31 ans, n’ont pas les moyens de s’acheter sur un coup de tête le yacht d’un milliardaire russe ou un archipel dans les Maldives, est la suivante : « Comment, pour l’amour de Dieu, pouvez-vous inonder les Américains de tant d’argent alors que vous êtes si réticents à le faire pour votre propre peuple ? »

Le taux de chômage officiel est de 12 % et le pourcentage réel est beaucoup plus élevé. Alors que les hôpitaux ont du mal à trouver des médecins, le plus grand fonds du royaume, la General Retirement Foundation, qui verse les retraites des travailleurs du secteur public et de l’armée, a annoncé la semaine dernière que ses réserves étaient épuisées.

À quelle déclaration du ministre adjoint de l’Économie Mohammed al-Tuwaijri la plupart des Saoudiens croient-ils le plus ? Celle où il a annoncé que le royaume avait réduit de plus de moitié son déficit au premier trimestre en raison de mesures d’austérité, ou la déclaration antérieure lors de laquelle il a prévenu que le royaume serait en faillite en quatre ans si le prix du baril de pétrole restait entre 40 et 45 dollars ? Il n’était pas le seul. Le FMI aussi a averti le royaume qu’il risquait la faillite. Quel Saoudien ne se dit pas qu’une intensification des mesures d’austérité et de nouvelles taxes sur la TVA se profilent à l’horizon ?

Les jours révolus des bureaux et des fauteuils roulants

Il existe deux raisons possibles pour lesquelles le royaume est prêt à inonder ses riches cousins américains de plus de richesses.

La première est personnelle. Mohammed ben Salmane paie une rançon de roi ou, du moins, l’espère sincèrement. Il est loin le temps où les cadeaux offerts par les États étaient modestes. Une des pièces exposées à Riyad dans le musée du fondateur du royaume, le roi Ibn Saoud, est un modeste bureau que le président Franklin D. Roosevelt lui a offert après leur première rencontre à bord d’un destroyer américain. Il a également reçu l’un des deux fauteuils roulants du président américain. Ces jours-ci, un bureau ou un fauteuil roulant serait une insulte, comparé à un dessous-de-table pour un contrat d’armement.

La seconde raison est collective. Le royaume a subi un tel choc de la part d’une administration Obama qui a fait de la paix avec l’Iran son objectif principal qu’il souhaite ne plus jamais se sentir exposé aux vents du désert. L’Arabie saoudite paie pour se protéger, même pour des armes qu’elle pourrait ne jamais utiliser.

Il serait toutefois prématuré de prendre les affirmations de Ben Salmane pour argent comptant. Même si c’est son ambition, Ben Salmane parle-t-il toutefois au nom de son pays ou même de la famille royale ? Il est toujours écarté de la succession au trône et son cousin plus âgé – et certains diraient plus sage – Mohammed ben Nayef n’a pas l’intention de céder la pole position en tant que prince héritier.

Une brouille au Yémen

Tous les princes héritiers font profil bas et gardent le silence. Ben Nayef est toujours responsable d’une des trois forces militaires du royaume, le puissant ministère de l’Intérieur qui contrôle les frontières. Il n’est pas rare pour les visiteurs étrangers invités par Ben Salmane de passer des moments gênants d’interrogatoires pratiqués par les services de contrôle aux frontières de Ben Nayef dans le simple but d’envoyer un message. En privé, Ben Nayef reste calme et confiant.

Ben Nayef a tout d’abord soutenu la campagne aérienne lancée par son jeune cousin et ministre de la Défense contre les Houthis au Yémen. La rumeur court que ce n’est plus le cas aujourd’hui. La dernière catastrophe qui est arrivée à Ben Salmane a été la brouille entre le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi dont il protège la légitimité et le principal allié militaire des Saoudiens, le prince héritier émirati d’Abou Dhabi Mohammed ben Zayed.

Après un échange de piques entre Hadi et Ben Zayed en février sur le contrôle de l’aéroport d’Aden, les alliés yéménites de Ben Zayed se sont séparés de la sphère de contrôle du président exilé, divisant ainsi les forces qui tentent de reprendre le Yémen aux Houthis en au moins deux factions. La politique de Ben Salmane est en proie au chaos. Il dépend de Hadi comme source de légitimité pour ses attaques aériennes mais doit l’empêcher de s’envoler pour le sud libéré du Yémen.

Ben Zayed, pour sa part, n’est pas prêt à céder. Il a toujours eu au Yémen une mise plus importante que les Houthis soutenus par l’Iran. En effet, comme je l’ai signalé auparavant, il a tout d’abord encouragé les Houthis à se soulever contre Hadi jusqu’à ce que leur insurrection échappe à tout contrôle. Son objectif est l’éradication du mouvement al-Islah affilié aux Frères musulmans.

Par l’intermédiaire du fils de l’ancien dictateur Ali Abdallah Saleh, Ben Zayed poursuit des négociations actives avec le principal partenaire militaire des Houthis. Et à travers ses représentants, Ben Zayed est déterminé à poursuivre ses objectifs originels.

Ben Zayed est tout sauf incohérent.

Et si…

Jouons à un petit jeu de réflexion. Imaginons qu’au lieu de s’opposer au Printemps arabe et aux soulèvements populaires de 2011, l’Arabie saoudite ait décidé d’investir dans le développement du monde arabe. Imaginons que la Maison des Saoud ait versé 340 milliards de dollars pour soutenir les résultats d’élections libres en Égypte, en Libye et au Yémen au lieu de soutenir des coups d’État militaires et des contre-révolutions.

Où en seraient aujourd’hui la Maison des Saoud et le monde arabe ? Les choses ne seraient pas de tout repos. Les premiers dirigeants arrivés au pouvoir après la dictature auraient été évincés depuis longtemps mais, au moins, la tradition du recours aux urnes plutôt qu’aux armes pour y parvenir serait établie.

Les économies seraient bien sur la voie de la transition. Le monde arabe serait rempli de touristes occidentaux. Les plages de Tunisie et les pyramides d’Égypte ne seraient pas vides aujourd’hui. Il pourrait y avoir un mouvement de sécession au Sinaï, mais l’État islamique n’y jouirait d’aucune présence. Les djihadistes seraient retournés depuis longtemps dans leurs grottes en Afghanistan. Ils auraient considéré leur mission comme un échec.

Les membres de la maison des Saoud, alors banquiers du changement pacifique, seraient maintenant salués comme des héros. Ils pourraient avoir autant de yachts de luxe ou d’îles qu’ils le souhaitent. Ils n’auraient pas à verser le prix du sang à Trump. Leur monde serait tellement plus sûr s’ils s’étaient déjà lancés dans le seul voyage qu’il leur reste : d’une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle.

Ce qui se passe dans la région aujourd’hui est une leçon d’histoire pour ceux qui sont lents à apprendre. Trump attend avec impatience l’accueil chaleureux qu’il recevra à Riyad, ce qui le distraira des nuages d’orage qui s’accumulent dans son pays. Mais son administration est prise dans une spirale descendante, même aux yeux des républicains. Dans l’état actuel des choses, 56 dirigeants musulmans et arabes vont se réunir à Riyad pour écouter Trump leur donner une leçon de démocratie et prêcher devant eux au sujet de l’islam. Nous vivons dans un monde étrange.

David Hearst | 17 mai 2017

David Hearst est rédacteur en chef de Middle East Eye. Il a été éditorialiste en chef de la rubrique Étranger du journal The Guardian, où il a précédemment occupé les postes de rédacteur associé pour la rubrique Étranger, rédacteur pour la rubrique Europe, chef du bureau de Moscou et correspondant européen et irlandais. Avant de rejoindre The Guardian, David Hearst était correspondant pour la rubrique Éducation au journal The Scotsman.

Traduit de l’anglais (original) par MEE

print
 
 

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

Vous pouvez reproduire les articles d’Arrêt sur Info à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales.

Voir les commentaires

Bombardera bien qui bombardera le dernier

Publié le par Felli Bernard

Bombardera bien qui bombardera le dernier

19 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Reste à savoir qui sera le rieur final... Dans le dernier billet sur la Syrie, notre interrogation ne pouvait être plus appropriée :

Se dirige-t-on vers un choc entre forces spéciales russes et américaines vers Al Tanaf ou, au contraire, une entente secrète sur le dos de tout le monde ? Mystère, mystère...

La coalition US est donc venu apporter son écot au maelstrom ambiant en bombardant hier, dans le sud, une colonne loyaliste en direction d'Al Tanaf. Premier sujet de discorde : la cible. Si tout le monde s'accorde à dire que c'était une milice chiite pro-gouvernementale, les avis divergent ensuite assez sérieusement.

La position de Washington :

Une source au Pentagone, citée par l'AFP, a précisé qu'il s'agissait d'une milice chiite, armée par le gouvernement de Damas mais agissant de manière indépendante. Toujours selon la même source, le convoi n'aurait pas répondu aux avertissements visant à l'empêcher de s'approcher trop près de forces de la coalition à At-Tanf, un camp de rebelles syriens soutenus par les Etats-Unis et leurs alliés. Dans cette région les forces spéciales américaines forment et entraînent des rebelles pour lutter contre Daech.

L'insistance sur la supposée "indépendance" de cette milice, qui plus est prévenue au préalable, semble révéler en creux que Washington ne cherche pas à s'en prendre à l'armée syrienne et le fait savoir.

Mais à Damas, on n'est pas de cet avis. Le groupe en question, Saraya al-Areen, milice alaouite de Lataquié, faisait partie d'un convoi "officiel" en compagnie de l'armée et des Forces de défense nationale. Moscou n'est pas amusée et considère l'attaque comme "inacceptable". Lavrov va plus loin et accuse tacitement les Américains d'aider les djihadistes, ce qui est une évidence depuis longtemps pour le lecteur de ce blog.

La grande question est de savoir si les Russes vont désormais activer les systèmes anti-aérien contre les avions de la coalition. L'on se rappelle que, après l'affaire des Tomahawks le mois dernier, la rupture par Moscou du canal de communication visant à éviter les incidents aériens avait fortement troublé le Pentagone. Bis repetita dans les jours à venir ? Pas sûr, car on verra plus bas que c'est surtout l'Iran qui pousse à cette offensive en direction de la frontière irakienne.

L'autre question est de savoir si Trump est lui-même au courant de ce qui se passe ou si l'Etat profond a voulu lui forcer la main. On se souvient qu'il y a huit mois, des éléments insubordonnés de l'appareil militaire avaient vraisemblablement torpillé l'entente Kerry-Lavrov en bombardant "par erreur" l'armée syrienne à Deir ez-Zoor. Le parallèle avec la récente visite du ministre russe à Washington et l'hystérie qui en a découlé est assez frappant. On voudrait saboter le rapprochement russo-américain qu'on ne s'y prendrait pas autrement...

D'un autre côté, empêcher la jonction chiite à la frontière syro-irakienne a toujours été le grand but des principaux alliés de l'empire - Israël, Saoudie, Turquie, Jordanie même - et le Donald n'a jamais caché sa sympathie pour au moins l'un d'entre eux (le premier cité). Il n'aura également échappé à personne que cette attaque intervient deux jours après la rencontre Trump-Erdogan, même si celui-ci est plus préoccupé par le soutien US aux YPG kurdes.

Quoi qu'il en soit, la course pour le contrôle de la frontière syro-irakienne est le nouveau chapitre important du grand et interminable livre de la guerre syrienne et c'est évidemment dans ce contexte qu'il faut replacer ce bombardement. Et peut-être un autre d'ailleurs, si l'info est confirmée : des avions américains auraient attaqué des Unités de Mobilisation Populaire irakiennes chiites de l'autre côté de la frontière.

Le conditionnel reste de mise car, pour l'instant, un seul média irakien en parle ; de plus, le lieu évoqué ("près d'Al Boukhamal") est difficilement possible, Daech contrôlant la zone. Toutefois, cela collerait parfaitement avec le tableau général : empêcher Bagdad et Damas de reconstituer l'arc terrestre chiite. Coïncidence, cela intervient au moment même où un envoyé irakien discute avec Assad de "coopération dans la lutte anti-terroriste", c'est-à-dire évidemment de la reprise du territoire de l'EI qui sépare encore les deux pays.

Si les Américains persistent à vouloir remplacer Daech par leurs hommes de paille et couper l'axe Damas-Bagdad, ils prennent le risque d'entrer en collision directe avec l'Iran, ce dont s'inquiète jusqu'à The Atlantic. C'est en effet la politique de Téhéran, non de Moscou, de reconstituer l'arc chiite et la poussée loyaliste vers la frontière est plus d'obédience perse que russe.

Que fera Poutine ? On a vaguement l'impression que les chiites lui ont un peu forcé la main sur ce coup (c'est aussi ce que laissent entendre des officiels US qui n'ont peut-être pas tout à fait tort pour une fois). Le Kremlin doit être pris dans un certain dilemme : impossibilité de lâcher ses alliés mais risque sérieux d'escalade.

Les Américains ne sont pas mieux lotis. Les groupes rebelles soutenus par Washington restent ce qu'ils sont ; personne n'a oublié le fiasco de 2015 et il n'y a guère de raisons de croire que la cuvée 2017 soit beaucoup plus efficace... Face à une attaque résolue des forces loyalistes, la survie de ces groupes dépendra entièrement de la protection aérienne dispensée par les Etats-Uniens. Au risque de pour ces derniers d'être happés, de s'impliquer bien plus avant dans le conflit syrien (ce que la nouvelle administration avait juré de ne pas faire) et de se heurter de plein fouet aux Russes.

Cruel dilemme qu'on a visiblement compris à Damas et à Téhéran. Loin d'être découragée par le bombardement d'hier, l'armée syrienne envoie des renforts dans la zone et continue d'avancer en direction d'Al Tanaf. Quant au Hezbollah, il y aurait redéployé 3000 de ses combattants. Chaud...

 

Partager cet article

Voir les commentaires

Syrie: la coalition américaine bombarde les alliés de Assad luttant contre Daesh

Publié le par Felli Bernard

Syrie: la coalition américaine bombarde les alliés de Assad luttant contre Daesh

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/05/Mattis-strikes-Assad-s-military-806568-1728x800_c.jpg

Syrie: la coalition américaine bombarde les alliés de Assad luttant contre Daesh

La coalition américaine reconnait avoir bombardé des forces pro-Assad luttant contre Daesh. Elle reconnait l’avoir fait sciemment. Car elles présentaient un danger. Voici ce qui se passe lorsque l’on n’a pas le même ennemi: certains utilisent les terroristes dans un but politique pour garder le contrôle sur un territoire, d’autres luttent contre ces terroristes.

Le 18 mai, la coalition américaine, après avoir soi-disant prévenu les « intrus » et leur avoir demandé de sortir de la zone contrôlée par la coalition américaine, après avoir soi-disant prévenu la Russie par le canal officiel, a bombardé une colonne de chars T 62 qui se dirigeait vers At Tanf en Syrie. Tout cela, parce que cette colonne de 5 chars présentait un danger et qu’il fallait bien se défendre.

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/05/%D0%A1%D0%BD%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D0%BA-%D1%8D%D0%BA%D1%80%D0%B0%D0%BD%D0%B0-112.png

Снимок экрана (112)

 

La question étant: se défendre contre qui? Car les Etats Unis affirment entrainer là-bas des forces d’opposition. L’affirmation du Pentagone selon laquelle la politique américaine dans la région n’a pas changé est on ne peut plus vrai: les Etats Unis continuent à défendre leurs groupes armés contre les forces de Assad.

La seconde excuse avancée concerne ces fameuses zones de désescalades. Or, comme le fait remarquer le Pentagone un peu plus tard, il ne s’agit pas tout à fait d’une zone de désescalades faisant partie de celles convenues à Astana, mais ce territoire aurait été visé par un ancien memorandum passé entre les Etats Unis et la Russie … Si l’explication est assez floue, en revanche, la démarche féodale est évidente: nous sommes chez nous et faisons ce que nous voulons.

Autrement dit, soit Trump a lui-même donné l’ordre, comme ce fut le cas lors de la dernière attaque de la base aérienne syrienne et les discussions avec la Russie ne lui servent qu’à gagner du temps pour reprendre la main en Syrie et affaiblir Assad, en utilisant les armées constituées sur place par la coalition américaine. Soit la guerre des clans aux Etats Unis se radicalise après que Trump ait relevé la tête dernièrement et le maximum est fait pour compliquer sa tournée au Moyen Orient et en Europe.

Un sénateur russe estime que cet acte doit être considéré à l’ONU comme un acte d’agression. Mais la Russie sera bien seule à défendre cette position, pourtant rationnelle. Dans tous les cas, il est extrêmement difficile de coopérer avec un pays dont le pouvoir le maîtrise pas le processus de décision politique. Situation encore compliquée par cette manie des guerres modernes de jouer sur l’apparence, car le niveau d’armement mondial ne permet plus les guerres traditionnelles. Les avancées militaires sont utilisées dans des processus politiques de négociation sans fin. Et ces conflits n’en finissent pas.

Karine Bechet-Golovko

 source: http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/05/syrie-la-coalition-americaine-bombarde.html


En savoir plus sur http://reseauinternational.net/syrie-la-coalition-americaine-bombarde-les-allies-de-assad-luttant-contre-daesh/#HAL5RJ0DOKi5brFC.99

Voir les commentaires

D.C. : la chasse au Trump est ouverte

Publié le par Felli Bernard

D.C. : la chasse au Trump est ouverte

Ouverture libre

   Forum

Un commentaire est associé à cet article. Vous pouvez le consulter et réagir à votre tour.

   Imprimer

D.C. : la chasse au Trump est ouverte

Il apparaît désormais évident que l’on peut dire avec la prudence d’usage devant le chaos qu’“il semble bien” que l’attaque lancée contre Trump pour une procédure de destitution prend un tour très sérieux. D’une façon générale, cette dynamique se développe dans une atmosphère chaotique générale, qui affecte aussi bien l’administration et les alliés de Trump qui dénoncent cette tentative, que le Congrès avec les ennemis de Trump qui travaillent dans le sens d’une procédure de destitution.

C’est bien cela, d’abord et essentiellement cette atmosphère chaotique, ce chaos de communication, qui constituent le facteur le plus remarquable à Washington D.C. actuellement. Ce n’est pas nouveau, dira-t-on, et c’est bien le fait qui met en évidence l’exceptionnalité de la situation. Il n’y a aucun indice, aucun signe qui puisse laisser prévoir un apaisement, ce qui conduit au constat que le désordre général peut être considéré avec de plus en plus de certitude comme structurel dans la capitale des USA. La machinerie du pouvoir (que ce soit à la Maison-Blanche, au Congrès, etc.) en est profondément perturbée, et chaque jour davantage affaiblie.

La crise du pouvoir de l’américanisme, qui est la pointe la plus acérée de la crise générale des USA jusqu’alors rampante et qui s’est révélée à ciel ouvert depuis désormais près de deux ans (l’annonce de la candidature de Trump pourrait en être le démarrage symbolique), cette crise-là ne donne aucun signe d’essoufflement. C’en est au point où l’on peut parler désormais d’une situation crisique structurelle à Washington D.C. et l’on ne voit guère ce qui pourrait conduire à un apaisement, cette absence et ce vide conduisant alors à une déconstruction de cette structure.

Il apparaît désormais évident, là aussi, que c’est impérativement dans ce climat général qu’il faut placer la question d’une éventuelle procédure de destitution : à la fois conséquence de ce climat structurel, à la fois cause de l’aggravation de ce climat, etc., tout est étroitement mêlé, transformé, transmuté et intégré dans l’énorme situation crisique structurelle... Il s’agit certes d’une énorme structure crisique à Washington D.C., comme si une nouvelle architectonique événementielle s’était constituée pour présenter une nouvelle forme catastrophique du centre du pouvoir de l’américanisme.

(On notera que cette “nouvelle forme”, dans le chaos et les infamies réciproques, dans les affrontements et la guérilla permanente, ne peut être qu’une forme in-forme. On ne peut être surpris d’un tel constat, à l’ère de la déconstruction accélérée et dans tous les sens, touchant même les structures du Système, cela rappelant l’extrême de la logique des déconstructeurs, comme l'impliquait Jacques Derrida convenant que, dans « une époque de l’être en déconstruction », « l’on ne peut échapper à cette fatalité qui frappe même le terme de déconstruction qui doit, à son tour, être déconstruit » [Mattei, L’homme dévasté].)

Cette structure crisique se nourrit notamment et gloutonnement, bien entendu, du fait paradoxal mais développé sans la moindre hésitation ni prudence que la principale attaque contre Trump se fait en s’appuyant sur un énorme dossier pour l’instant complètement vide... (La référence du Watergate est dans tous les esprits alors que les actions entreprises contre Nixon vers une destitution, – que Nixon court-circuita en démissionnant, – ne furent entamées qu'après que de très nombreux indices, sinon des preuves de sa culpabilité eussent été mis à jour.) Un commentateur comme Robert Parry, qui est pourtant loin, vraiment très loin d’être un ami de Trump et qui émet sur lui des jugements très sévères, observe avec une certaine stupéfaction le développement de cette tentative de mise en accusation jusqu’à la destitution qui est poursuivie avec une alacrité sans pareille avant que la moindre preuve du délit ait été mise à jour :

« L’affaire du Russiagate a pris un tour étrange avec cette position de ceux qui réclament la destitution du président Trump en arguant que cette décision devrait précéder la conduite à bien de l’enquête en cours pour voir exactement ce qu’il y a et s’il y a quelque chose contre lui, – alors que l’un des objectifs de ces enquêtes exige que le gouvernement mette, lui, toutes ses cartes sur la table. [...] Quelque incompétent et inepte que soit Donald Trump, il a été élu, – et personne ne devrait sous-estimer combien il serait dangereux pour les gens de Washington et l’establishment d’annuler ce choix électoral par un procédé élaboré en secret. »

Car il s’agit en effet tout d’abord du Russiagate, cet énorme montage effectué à partir de juillet 2016 à propos des fuites de WikiLeaks sur l’extrême corruption du parti démocrate dans la corruption de sa propre campagne, et effectué justement pour écarter toute attention possible sur cette corruption interne. La mise à pied brutale du directeur du FBI Comey est venue s’ajouter à l’affaire du Russiagate et constitue en soi, selon les mêmes adversaires acharnés de Trump, un motif pour une procédure de destitution. L’interprétation de cette “décision inepte” de Trump (selon Perry, partageant une opinion répandue) est qu’il s’agit d’une tentative d’étouffer (cover-up) le cas du Russiagate, avec l’idée que “le remède est pire que le mal” ou, selon l’adage en cours à Washington, “the cover-up is worse than the crime”.

En d’autres mots, l’affaire est très sérieuse, peut-être pire que le Watergate, mais surtout beaucoup plus complexe et improbable dans son issue que le Watergate parce que l’accusation contre Trump affirme de façon si curieuse qu’on en reste rêveur, que la culpabilité du candidat-Trump (avant l'élection) est si évidente comme le serait un article de foi qu’elle n’a nul besoin d’être prouvée, et qu’il n’est nullement nécessaire que des “preuves” de cette culpabilité soient rendues publiques, y compris et surtout avant le verdict, la condamnation et l’exécution. Mais l’affaire est très sérieuse aussi du côté de l’opposition, démocrates, progressistes-sociétaux, divers éléments du Deep State, etc., parce qu’il s’agit là aussi d’une démarche faite par des gens qui sont eux-mêmes impliqués dans diverses affaires hautement contestables, y compris des montages divers pour camoufler leurs propres actes répréhensibles

Les personnes raisonnables, – il en reste quelques-unes, – avertissent qu’un tel comportement comporte des risques graves. Parmi ces “personnes raisonnables”, Parry auquel nous revenons. Décidément peu amène pour Trump, Parry n’en reste pas moins assez mesuré pour insister sur sa démarche consistantà apprécier combien l’attaque qui réclame une destitution sans preuves, une condamnation sans jugement, une inversion du concept juridique en un “présumé coupable avant d’avoir prouvé son innocence”, comporte de risques, si elle était menée à son terme, de graves troubles dans le public :

« Alors que le professeur Tribe et d’autres partisans de la destitution de Trump ne se soucient en aucune façon que la moindre preuve concernent le Russiagate soit jamais rendue publique, ils devraient reconnaître que, – pour le meilleur ou pour le pire, – près de 63 millions d’Américains ont voté pour Trump et que, – selon le processus électoral US, – il a gagné les élections (bien que Clinton ait reçu plus de 3 millions de votes populaires de plus sur le total national).

» Durant ces derniers jours, j’ai beaucoup voyagé dans “le pays de Trump” de la Virginie Occidentale, la Pennsylvanie et l’Ohio, et beaucoup parlé avec de nombre de gens qui ont voté pour Trump. Nombre d’entre eux ont précisé qu’ils avaient voté plus contre Clinton et “les élites” que par enthousiasme pour Trump. Certains d’entre eux critiquent Trump pour ses excès égocentriques. Mais ils veulent qu’on lui donne loyalement une chance de pouvoir gouverner. Il est difficile de savoir à quel point ces gens seraient furieux si leurs jugements étaient ignorés par ces mêmes “élites” qui les ont enfermés dans ce choix impossible entre Clinton contre Trump... »

Il y a enfin un autre “parti” : ceux qui sont d’une tendance plutôt favorable à Trump, et surtout adversaire des démocrates et d’Hillary Clinton, mais qui critiquent Trump pour l’épouvantable désordre qu’il laisserait se développer dans son gouvernement, et surtout pour sa décision de chasser le directeur du FBI. Dans ce cas, c’est la forme même de la décision qui est critiquée, plus que sa justification de fond car il y a beaucoup de ces commentateurs qui jugent que Comey méritait son sort pour avoir interféré dans la campagne électorale comme il l’a fait. On lira dans ce sens un texte de Publius Tacitus, collaborateur du colonel Lang sur son site Sic Semper Tyrannis, qui affirme que le président, dans tous les cas, et pour quelque raison que ce soit mais qui viendrait évidemment de son incompétence dans l’exercice de sa charge, que Trump ne terminera pas son mandat.

Là aussi, il importe de mettre en évidence combien une telle issue, notamment compte tenu du caractère de Trump, cette marionnette incontrôlable, porte d’aggravation considérable dans la situation washingtonienne, de germe de “crise dans la crise” du pouvoir de l’américanisme et de Washington D.C., ou plutôt d’un nouveau paroxysme de la crise du pouvoir et de Washington D.C. nous amenant encore plus près d’une rupture dramatique, voire suscitant cette rupture jusqu’à un déferlement crisique qui frapperait les USA eux-mêmes jusqu’à la décomposition et à la destruction.

Voici le texte de Publius Tacitus du 15 mai 2017, en notant par ailleurs le grand nombre de commentaires, pour la plupart en désaccord avec cette idée que Trump ne terminera pas son mandat. Là aussi, chez les commentateurs et commentateurs des commentateurs, règne le désordre...

dedefensa.org

______________________

 

 

Donald Trump Will Not Survive

I have a bet with an old friend and mentor. Both of us believe that Donald Trump will not serve his full four year term. We differ, however, on how long he will survive. My friend thinks he will have been impeached by he House by Labor Day. While I don't dismiss that as an possibility, I'm betting he will get to 2018 but become so toxic by then that Republicans will abandon him in droves. The winner of this bet buys the other dinner at s fine restaurant in Washington, DC. 

The agitprop designed to destroy Trump is alive and well and more Republicans appear to be signing on with anti-Trump memes pushed by the Democrats. But this is not a one-sided affair in terms of the effort to take Trump down. Donald Trump himself is busy shooting his own foot off with his uncontrollable mouth. 

I think a good number of voters chose Trump over Hillary in the hopes that he was actually a businessman who had the organizational skill and vision to get things done. Those voters are starting to turn on Trump. Instead of good organization the nation is being treated to a petulant display of boorish immaturity. What manager in their right mind fires the head of the FBI in such a cavalier, reckless fashion. Please understand--I believe that Comey needed to go. He needed to be fired. But there is a right way and a wrong way.

What did Trump do? He chose the wrong way and further damaged his image. 

Instead of calling Comey in for a meeting and giving him a chance to resign, Trump opted to blindside him. In doing so Trump gave the Democrats ammunition for attacking him as someone who was trying to interfere with an on-going investigation. Trump compounded the chaos by issuing a veiled threat against Comey by raising the specter that Comey's previous conversations with the President had been recorded. That has piqued the interest of Congress and we now have a bipartisan request for such tapes (if they exist). 

I personally am sick and tired of listening to the whining of people like Kelly Anne Conway, who was on Howard Kurtz's show today (Sunday) kvetching about the media's failure to focus on the trade deal with China or health care. Sorry Kelly Anne, but the media did not fire Comey and the media did not produce competing explanations about why Trump did what he did.

There is simply no excuse for this kind of impromptu decision making. Unfortunately, Trump has made a habit of this during the campaign. It did not prove fatal then. That is not likely to be the case going forward. Trump will not run for a second term. Trump will not finish his first term. The only question is when will he be forced out or call it quits. The only winners from this sad affair will be my friend and me--but we will share a great meal together.

Publius Tacitus

Voir les commentaires