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Trump et Taiwan : une pustule dans la politique internationale

Publié le par Felli Bernard

Trump et Taiwan : une pustule dans la politique internationale


PaNorman Pollackr – Le 5 décembre 2016 – Source CounterPunch

Depuis que le sénateur William Knowland de Californie, à partir de la fin des années 1940, a plaidé pour Taiwan, Tchang Kaï-chek et la liquidation de Mao, la Chine, plus encore que la Russie, a été le viatique pour le montage des politiques nationales et étrangères les plus extrêmes de l’Amérique.


«La chute de la Chine» était un thème qui revitalisait la droite américaine, alimentant la HUAC 1, le maccarthysme, et l’impulsion vers la guerre froide elle-même – qui avait peu à voir avec la Chine –, mais a servi de prétexte pour faire reculer les tendances progressistes aux changements à l’intérieur du pays, tandis que les efforts américains de défense basculaient simultanément de plus en plus vers la contre-révolution mondiale.

Sans surprise, Taiwan est de retour sur la scène internationale, non pas simplement à cause de l’élection de Trump et du désormais célèbre appel téléphonique de félicitations de son «président» – entre guillemets, parce que gage de l’indépendance de Taïwan qui s’inscrit dans un scénario plus vaste, style Tchang Kaï-chek, de reconquête de l’ensemble de la Chine, par une formation fasciste militarisée alignée avec l’Amérique pour le contrôle politico-économique de l’Asie –, mais aussi parce que Trump est purement indicatif d’une politique de renforcement de ce qui a duré de la fin de la Seconde Guerre mondiale à nos jours.

L’Amérique a été à la fête pendant les deux tiers d’un siècle, s’appuyant sur une hégémonie mondiale unilatérale, s’emparant de chaque foyer de crise – en fabricant beaucoup d’entre eux – pour obtenir un effet de levier dans la sécurisation de sa position, lui permettant une stabilisation du nouveau statu quo à partir duquel elle pouvait aller de l’avant et se développer. Cuba était le Taiwan de l’Amérique aux Caraïbes et le Chili de même en Amérique du Sud, etc., sur une base mondiale, partout où les forces de gauche menaçaient les intérêts américains. Le résultat, à la maison, de cette pression constante, a été la paralysie de la volonté de démocratiser le système social américain. Les États-Unis sont ce qu’ils sont : la peur y conduit à promouvoir l’embrigadement social du peuple comme condition pour assurer la canalisation de la richesse vers les dépenses militaires. Le Léviathan engloutit la santé universelle dans sa gueule, comme il le fait des mesures environnementales constructives, et d’autres besoins longtemps refusés au peuple.

Trump appuie sur le bouton idéologique de la droite, Taiwan, qui incarne les US : une très mauvaise répartition des richesses, des camps d’internement pour les immigrants, la chasse aux sorcières, le patriotisme forcené, la libération des tendances fascistes chez les travailleurs – vérité désagréable à admettre pour les radicaux, mais amplement confirmée par les résultats des élections –, tout ce qui caractérise la situation actuelle des États-Unis, y compris dans les rangs des deux grands partis. Peut-être un nouveau plateau a-t-il été atteint, sans retour idéologique possible, un changement de plate-forme du crypto-fascisme vers la pleine réalisation de la substance de la chose.

Mais ce serait une erreur de mettre le fardeau sur Trump tout seul : il est une créature du développement historique de l’Amérique, le moulage et la mise en forme du capitalisme monopolistique depuis au moins 1900. Plus récemment, Bill Clinton avait envoyé la flotte dans la mer de Chine et Barack Obama, avec sa stratégie du Pacifique d’abord et son traité Trans-Pacifique, n’a fait aucun mystère – sauf pour le double discours sur le commerce – de l’importance militaire de son soi-disant pivot, pour isoler et affronter la Chine. On se demande si Trump est enhardi à agir maintenant que Obama a déjà mis en place le cadre de la politique et la quincaillerie militaire en rapport avec la Chine.

Au vu de l’annonce des postes clés de l’administration Trump qui ont été pourvus jusqu’ici, il faudrait être stupide et aveugle pour ne pas voir qu’une escalade frappante du militarisme américain est en cours. Ainsi, suivant la tendance précédente, les États-Unis semblent, quoi qu’il arrive, se lancer dans le Grand Bond. Ce genre de politique nihiliste était irrésistible, et, méprisant le politiquement correct de l’establishment en matière de politique étrangère – comme le prouve la question de Taïwan –, aussi mauvaise que cette pensée puisse être, Trump démontre qu’il est capable de bien pire. La stratégie de la corde raide de Dulles est un jeu d’enfant entre ses mains. La quintessence du capitalisme mondial post-moderne découvre ses crocs, montrant ce qui est implicite ou latent dans la politisation d’un tel système. Les jeux sont faits d’une faillite morale, soit par le désir insatiable d’acquérir plus de biens, soit pour afficher la puissance et la force en tant que telles.

L’Amérique est accrochée à son propre piège de la richesse, du statut et de la quête pour la domination, non pas pour la nation en soi, bien que faite en son nom, mais pour ses cercles dirigeants, qui, en plus des élites industrielles commerciales et financières, doivent inclure aussi les militaires, un amalgame d’intérêts déjà historiquement identifié dans les prémisses du fascisme. Taiwan, alors, est plus qu’un blip sur l’écran radar politico-idéologique. La façon dont cette affaire est traitée – par exemple voir Mattis et Flynn en action, tous deux ayant l’oreille de Trump – sera un signe avant-coureur de ce qui nous attend.

Norman Pollack Ph.D. Harvard, Guggenheim Fellow, il écrit sur le populisme américain en tant que mouvement radical, prof, activiste. Ses intérêts sont la théorie sociale et l’analyse structurelle du capitalisme et du fascisme. Il peut être contacté à pollackn@msu.edu.

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

  1. Commission de la Chambre sur les activités antiaméricaines

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Le dollar, l’arme la plus efficace : Donald Trump lance l’assaut contre l’Europe

Publié le par Felli Bernard

Le dollar, l’arme la plus efficace : Donald Trump lance l’assaut contre l’Europe

 

Le programme économique de Trump n’est vague qu’à première vue. Il veut cependant utiliser la domination du dollar pour diriger les flux de capitaux vers les États-Unis. Par son impact, ce plan n’est rien d’autre qu’une attaque contre l’Europe.


Par Michael Bernegger – Le 28 novembre 2016 – Source Deutsche WirtschaftsNachrichten

Donald Trump n’a présenté un programme économique inconsistant qu’en apparence. En effet, Trump veut exploiter sans pitié les difficultés de l’Europe et des économies émergentes.

Sur la base de ses slogans de campagne et de ses premières annonces, le programme de Donald Trump pour le commerce extérieur paraît d’abord confus et contradictoire. Pourtant un froid calcul se cache derrière. S’il est mis en œuvre, les marchés émergents et l’Europe se retrouveront perdants.

 

Plusieurs articles ont exposé les aspects économiques intérieurs du programme de Donald Trump. Le secteur du commerce extérieur a été ignoré jusqu’à présent. Les deux articles suivants mettront l’accent sur cet aspect. Comme en politique intérieure, la politique économique extérieure (et la politique étrangère) d’une administration Trump représenterait une rupture avec le passé. Dans cet article, les bases de la politique monétaire seront exposées. Dans le prochain article, nous traiterons de la politique commerciale.

Le dollar US a augmenté massivement et cela précisément par rapport aux monnaies de ses plus importants partenaires commerciaux, le yuan chinois, l’euro, le peso mexicain, le yen, la livre britannique, etc. Ce n’est en aucun cas seulement une réaction à court terme face à la victoire électorale de Donald Trump, mais une tendance longue, sur plusieurs années, qui a connu une nouvelle escalade avec la victoire de Donald Trump et des Républicains. Si le gouvernement Trump et les Républicains au Congrès mettent effectivement en œuvre une combinaison de programmes d’infrastructures de grande ampleur et de réductions d’impôts massives, cela favorisera le dollar américain dans d’autres régions. Cela raviverait le souvenir de la force du dollar, sous la première administration Reagan en 1985. À l’époque, la combinaison d’une politique budgétaire expansive et d’une politique monétaire tendanciellement plus restrictive avait propulsé le dollar à des sommets. Les taux d’intérêts réels aux États-Unis avaient fortement augmenté grâce à cette combinaison unilatérale de politiques. Si cela se produisait à nouveau, les États-Unis perdraient énormément en compétitivité, l’industrie manufacturière ne reviendrait pas dans le pays comme Trump l’a promis pendant sa campagne, mais se délocaliserait encore plus sur la base de la revalorisation du dollar sur les marchés des changes. C’est exactement ce qui s’est passé du temps de Reagan.

Indice réel effectif du taux de change du dollar US. (Graphique: FRED)

L’indice réel effectif (= pondéré en fonction des échanges commerciaux) du taux de change du dollar est publié par la Réserve fédérale américaine. Il existe sous deux formes, comme indice par rapport aux monnaies principales («majors») et comme indice défini globalement («broad index»), qui contient notamment de nombreuses monnaies de pays émergents. L’indice est déflaté [l’effet de l’inflation a été supprimé, NdT] avec les prix à la consommation, c’est-à-dire qu’il a été purgé des différences dans l’évolution des prix. Un indice croissant du taux de change réel signifie une réévaluation du dollar et par conséquent une détérioration de la compétitivité des prix de l’industrie américaine dans le commerce extérieur. Une dévaluation est au contraire positive pour la compétitivité. Le laps de temps au bout duquel les modifications du taux de change se ressentent habituellement dans les flux commerciaux extérieurs est de trois ans environ. Après un changement, l’effet s’installe en peu de mois et il est généralement le plus fort après la deuxième année. Surtout sur de longues phases, sur plusieurs années, de réévaluation ou de dévaluation entraînent des effets cumulatifs très importants sur la compétitivité de l’industrie.

Depuis le passage à des taux de change flexibles en janvier 1973, le vrai dollar effectif a connu ce genre de longues phases de recul et de montée du dollar, cela autour de la moyenne de 100 (voir graphique précédent). Sur un tableau à long terme, cela représente une stabilité étonnante. Une première phase d’augmentation est intervenue de 1979 à 1985, une deuxième de 1993 à 2001. La troisième et dernière phase de l’augmentation a commencé au point le plus bas en 2011. En comparaison historique, elle n’est pas encore aussi prononcée que les deux précédentes.

Ces cycles d’évolution du dollar sur une longue durée ne sont pas accidentels. Ils se basent sur une modification de la conjoncture fondamentalement différente entre les États-Unis et le reste du monde. Les différences entre les deux indices – Broad et Major Currencies – sont relativement minces. Surtout dans la seconde moitié des années 1990 et au cours des trois dernières années, l’indice général (Broad) est monté un peu plus fortement que celui par rapport aux devises principales. Cela reflète le fait que ce sont surtout les pays émergents qui ont été sous pression pendant ces périodes.

Avec la politique financière et la politique économique générale prévues par Trump, une nouvelle réévaluation de l’indice réel du dollar serait bien préprogrammée. Cela pourrait parfaitement conduire à une flambée du dollar comme au milieu des années 1980 – ou même encore plus.

Qu’y a-t-il derrière la montée actuelle du dollar ? C’est tout simplement une combinaison de facteurs d’attraction et de répulsion. Les États-Unis se trouvent dans un cycle conjoncturel plus avancé que le reste du monde. Depuis 2010, leur économie croît de 2 % environ par an. C’est moins que dans le passé après un important ralentissement économique. C’est cependant beaucoup plus qu’en Europe ou au Japon. En outre, à partir des déclarations de Trump dans sa campagne électorale, une phase de relance budgétaire expansive semble vraisemblable. En premier lieu, il y a l’attente d’un léger resserrement de la politique monétaire américaine. L’économie, selon l’évaluation de la Réserve fédérale, n’est pas formidable, mais pourtant correcte. Les indicateurs du marché du travail fournis par la Fed elle-même [très discutables, NdT] se sont fortement améliorés en comparaison historique. Les indicateurs d’inflation affichent une normalisation, un éloignement des tendances déflationnistes des années passées. La victoire électorale de Donald Trump, avec ses plans de politique budgétaire, devrait donner une impulsion supplémentaire à la conjoncture intérieure, et créer simultanément des besoins de financement. La perspective de hausse des taux par la Réserve fédérale et d’une conjoncture meilleure, liée à des taux d’intérêts plus élevés et une courbe des rendements plus abrupte, sont les principaux stimulants, les facteurs d’incitation.

Indice nominal du dollar pondéré en fonction des échanges commerciaux (DXY) 2011-2016

L’évolution la plus récente sur le marché des devises n’est pas encore apparue dans l’indice de taux de change réel. Ses données couvrent la période allant jusqu’à la fin de septembre 2016, mais pas la hausse intervenue ensuite. Les prix à la consommation, nécessaires pour mesurer un effet déflationniste, sont toujours publiés avec un retard important.

L’indice nominal du dollar pondéré en fonction des échanges commerciaux a atteint, depuis lors, de nouveaux sommets dans la tendance haussière depuis 2011, après s’être consolidé pendant près de deux ans en 2015 et 2016. Dans quelques semaines, les cours de change nominaux et réels concorderont fortement. L’indice réel du dollar devrait donc aussi fortement augmenter. C’est une valeur élargie du dollar, basée sur les devises principales comme l’euro, le yen, la livre, le yuan. Par ailleurs, une faiblesse des devises des pays émergents se cache derrière, toutefois beaucoup plus sélective qu’en 2014. Avant tout, les monnaies de certains pays sont soumises à une pression extrême. Ainsi le bolivar vénézuélien, le peso mexicain, la livre turque, la livre égyptienne, le ringgit malaisien ou le peso philippin. Ce sont des monnaies de pays pris dans des crises politiques, crises intérieures dans la plupart des cas, crise extérieure dans le cas du peso mexicain. D’autres pays, pas vraiment petits, sont menacés aussi, comme la roupie en Inde, où le gouvernement Modi a engagé de manière surprenante une campagne contre la possession d’argent liquide et a étouffé tant les banques que la population avec son coup surprise – entraînant une paralysie presque totale de l’activité économique et une perte générale de confiance dans le gouvernement et la Banque centrale.

Outre le changement de perspective pour les taux d’intérêt réels aux États-Unis il y a par conséquent une crise latente des économies émergentes, qui stimule la force du dollar comme deuxième facteur de poussée. Les dettes en dollars de nombreux pays émergents ont beaucoup augmenté en une décennie. L’octroi de crédits dans ces pays reflétait une période où les prix des matières premières croissaient rapidement, principalement stimulés par le boom des investissements en Chine ainsi que par une régulation bancaire en Europe et ailleurs, apparemment sans limite dopant l’expansion du crédit. Avec le ralentissement de la croissance en Chine et la chute des prix des matières premières depuis 2013, les problèmes ont augmenté. Les recettes de ces pays, libellées en dollars, ont chuté de manière spectaculaire en raison de l’effondrement des prix des matières premières. De nombreux pays ont de graves problèmes de balance des paiements. La combinaison de la hausse des taux d’intérêt et de la force globale du dollar complique encore la situation dans ces économies émergentes. Les secteurs non financier et bancaire sont également touchés par la hausse des taux d’intérêt et du dollar. Le paiement des intérêts, la plupart du temps au taux Libor-plus, devient plus cher et la dette s’accroît. C’est problématique surtout dans les pays dont les recettes d’exportation sont fortement touchées à cause de la baisse des matières premières ou dans ceux qui ont contracté des crédits en dollars pour investir sur le marché intérieur. La hausse des taux d’intérêt aux États-Unis a dans les deux cas agi comme détonateur et a déclenché une activité de couverture frénétique ou une fuite des capitaux.

Dans toute une série de pays émergents il y a déjà une pénurie effective de dollars (dollar-shortage). Cela concerne le Venezuela, l’Égypte, le Nigeria, l’Angola, l’Ouzbékistan, etc. Ces pays n’ont, comme l’Europe immédiatement après la Seconde Guerre mondiale, plus de devises en dollar pour payer les échanges. Dans quelques-uns de ces pays, cela a déjà causé un manque d’approvisionnement critique en denrées alimentaires, parce que celles-ci ne peuvent plus être importées. Le pire pourrait bientôt arriver. L’Arabie saoudite a pu se donner un peu d’air grâce à un énorme placement obligataire. Ce pays hyper riche n’a pas pu honorer non plus ses paiements, notamment aux travailleurs immigrés d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh ou à de grandes entreprises de construction américaines, espagnoles et italiennes.

La crise latente des pays émergents a été habilement tempérée en 2016 par la Fed. Celle-ci a renoncé à une hausse des taux d’intérêts en 2016 et a ainsi permis, voire encouragé, une reprise des marchés émergents et des monnaies liées aux matières premières. Cette reprise a été, ou est encore, largement en panne dans différents pays, par exemple pour le real brésilien, le rand sud-africain ou le rouble russe. Il est important, pour ces monnaies, d’avoir bénéficié d’une flexibilité leur permettant de dévaluer fortement et rapidement en 2014. Les réserves de change ont ainsi pu être protégées. Une certaine récupération des prix des matières premières, surtout du pétrole, y a aussi contribué.

Un troisième facteur, qui pousse le dollar US à la hausse, est une crise latente du système bancaire et financier à l’extérieur des États-Unis, avec une tendance à la fuite des capitaux. Cela aussi est un facteur de poussée. Cela concerne certains pays émergents, l’Europe, avant tout l’eurozone, mais aussi la Chine. Là où cela intervient, le souhait de diversification et de choix des dépôts est raisonnable et justifié. Le système bancaire américain est beaucoup mieux capitalisé, relativement, et incomparablement moins exposé à des prêts irrécouvrables ou à des risques de contreparties que les banques dans les zones économiques mentionnées [allégations très discutables, voir la crise des subprimes en 2008, NdT].

Mais la sous-capitalisation latente du système bancaire se répercute encore d’une manière particulière sur les marchés des changes. La parité des taux intérêts, une relation considérée comme valable depuis le passage aux taux de change flexibles, a été faussée depuis 2010 par l’instauration de primes de risques. La parité des taux intérêts indique que les coûts d’une couverture des devises sont aussi élevés, dans le temps, que la différence entre les taux d’intérêts nationaux et étrangers sur le marché monétaire pour le laps de temps correspondant. Le marché des devises affiche cependant une image différente aujourd’hui. La différence implicite des taux d’intérêts est beaucoup plus élevée que la différence des taux sur le marché monétaire, pour les mêmes échéances. Les frais de couverture de change coûtent donc beaucoup plus que la simple différence sur le marché monétaire. Cela ne concerne pas du tout uniquement les monnaies des pays émergents ou des paires de devises non liquides, mais des devises absolument principales comme l’euro/dollar ou le dollar/yen. Cette anomalie s’est manifestée de manière plus marquée en 2016. L’économiste de la Banque des règlements internationaux attribue cette violation de la parité des taux d’intérêt à un système bancaire sous-capitalisé, qui a pour conséquence des frais de couverture trop élevés. Des taux d’intérêts américains croissants et la hausse du dollar conduisent ainsi à une situation où la couverture des engagements en dollars devient toujours plus coûteuse et fait même d’un dollar US fort, un thermomètre de l’aversion mondiale pour le risque, comme l’a été la volatilité sur le marché boursier jusqu’en 2009.

Ce décor met en scène les principes de ce que projette, à l’évidence, la nouvelle administration. L’idée de base de ce programme a été récemment exposée dans une interview par Steve Bannon, le principal stratège nouvellement nommé de Trump. Trump l’a désigné comme un de ses plus importants conseillers, avec le chef de cabinet Rience. Dans l’interview, Bannon a commencé par expliquer qu’il n’est ni un raciste ni un nationaliste ethnique, mais un «nationaliste économique». Il veut, comme élément central, un immense programme d’infrastructures se montant à 1 000 milliards de dollars. Il veut des routes, des ponts, des écoles, même des chantiers navals, et veut… faire financer tout cela par l’étranger. L’idée de base est d’offrir un rendement du capital raisonnable dans un monde plein d’intérêts négatifs, et d’attirer des capitaux étrangers en masse. Lorsque d’autres zones économiques sont en difficulté – car ce n’est que pour cette raison qu’elles ont des intérêts négatifs – la nouvelle administration veut en profiter et offrir des possibilités de placement attractives aux États-Unis pour les capitaux qui demandent en vain des taux de rentabilité dans leurs propres pays.

Si le président nouvellement élu, qui est le cœur du système monétaire mondial (la monnaie de référence), fait son programme d’un agenda purement intérieur («l’américanisme plutôt que le mondialisme»), cela deviendra tôt ou tard difficile et même inconfortable à long terme pour le système monétaire. Le dollar US reste la monnaie de référence ou de réserve de l’économie mondiale. De nombreuses monnaies d’autres pays sont fixes ou liées au dollar avec une marge de fluctuation. Elles reprennent donc ses taux d’intérêts. Les marchés de capitaux étasuniens sont les plus profonds et les plus liquides au monde, c’est pourquoi leur formation des prix – taux d’intérêts, cours des actions – rayonne aussi sur de grandes monnaies flexibles, comme l’euro. La plus grande partie du commerce mondial est facturée en dollars. Les prêts en dollars dominent l’attribution internationale du crédit. La majorité écrasante des prêts internationaux sont appréciés en dollars US, et notamment en Libor plus.

Ce que Bannon veut exploiter, implicitement, c’est cette dominance du dollar comme monnaie mondiale. Les États-Unis ont un taux d’épargne extrêmement faible en comparaison historique et internationale. Les ménages privés, les entreprises et l’État épargnent beaucoup trop peu et consomment trop.

Néanmoins, le nouveau gouvernement veut une politique de relance très importante. Il veut appliquer un grand programme d’infrastructures et en plus, du moins selon les déclarations faites pendant la campagne électorale, réduire les impôts sur une assiette encore plus large, pour les contribuables privés comme pour les entreprises. Cela paraît une démarche à haut risque. Elle n’est pas simplement comparable à 1982, lorsque le président Reagan a appliqué sa politique budgétaire marquée par les dépenses de défense et les baisses d’impôts. À l’époque, les taux d’intérêt ont baissé considérablement, et maintenant ils doivent monter. À ce moment-là, l’endettement privé et celui de l’État étaient relativement bas par rapport au produit intérieur brut, aujourd’hui les deux sont très élevés. L’administration Trump ne peut cependant que partir de taux d’inflation très faibles, alors que Reagan a commencé avec une inflation à deux chiffres.

Taux d’épargne net des États-Unis. (Source: US Bureau of Economic Analysis, Fredgraph)

Ce n’est que si l’étranger finance un tel programme et si le taux d’épargne intérieur augmente avec le temps que ce calcul risqué peut tomber juste. Mais pour cela, il y a toute une série de conditions impératives. Sinon, les taux d’intérêts aux États-Unis exploseraient rapidement et étoufferaient la consommation privée et les investissements.

Une condition essentielle est que l’inflation aux États-Unis n’augmente pas rapidement, mais reste strictement contrôlée dans le cadre du précédent mandat de la Réserve fédérale américaine. Les chances sont bonnes pour cela tant que la monnaie est tendanciellement consolidée. Cela demande cependant une réorientation tactique de la politique monétaire de la Fed, en particulier la politique des taux d’intérêts. Jusqu’ici, grâce à la conjoncture macro-économique, la Fed a eu une large marge de manœuvre pour maintenir les taux d’intérêts à zéro ou presque pendant des années. La reprise, qui n’est que modérée, le chômage caché, le dollar fort et surtout l’effondrement des prix des matières premières depuis 2014 lui ont donné une très grande latitude. Elle a pu renoncer à des hausses des taux en 2016 pour décrisper la situation tendue des pays émergents. À l’avenir, cette marge de manœuvre dans la politique monétaire sera fortement réduite, au cas où le programme électoral de l’administration Trump devait être mis en œuvre dans ses grandes lignes. Un paquet fiscal substantiel, qui va stimuler la conjoncture intérieure, des coûts salariaux tendanciellement croissants par l’amélioration du marché du travail renforceront la flambée des prix. Pas moyen d’échapper à des hausses successives des taux d’intérêts de la Fed. Le premier devrait déjà intervenir lors de la séance de décembre du FOMC [Federal Open Market Commitee]. Cela ne manque pas de justifications, mais les anticipations d’inflation, exprimées par les marchés à terme, ont cependant pas mal augmenté.

Non seulement la Réserve fédérale américaine, mais aussi le gouvernement et le Congrès auraient la possibilité de freiner les perspectives d’inflation. Le plus grand facteur d’inflation aux États-Unis est constitué par les coûts de la santé. Les sous-composants des frais médicaux augmentent chaque année d’environ 6% ou plus. Un contrôle strict, voire une baisse des prix des médicaments ainsi que des tarifs médicaux et hospitaliers devraient logiquement intervenir. Mais compte tenu du programme des Républicains, cela ne devrait pas se faire – au contraire. Un deuxième point concerne la politique du marché du travail. Trump a annoncé son intention de renvoyer les étrangers illégaux dans leurs pays d’origine. S’il le faisait, il y aurait rapidement pénurie sur le marché du travail dans les centres de croissance – la Californie, New York, d’autres États fédéraux de la côte Est, le Texas. Les hausses de salaires s’accéléreraient de manière importante.

Une deuxième condition essentielle serait que les déficits budgétaires et les finances publiques n’échappent pas à tout contrôle. C’est beaucoup plus difficile, voire absolument irréaliste, surtout avec le programme de Donald Trump. Trump veut combiner un important programme d’infrastructures ainsi qu’une augmentation des dépenses de défense avec des réductions massives de l’impôt sur le revenu et sur le capital pour les personnes privées et des taux d’imposition pour les entreprises. Le tout repose, pour autant qu’on puisse en juger de loin, sur des hypothèses de croissance. Celle-ci doit passer à 4 %, ainsi les recettes fiscales doivent augmenter et financer le programme. La mathématique fiscale ne vaut pas le papier sur lequel elle est écrite. Par la baisse importante des impôts sur le revenu et des taux d’imposition des entreprises, l’assiette fiscale serait considérablement réduite de manière durable. La hausse des taux d’intérêts, même si elle devait rester modeste, va augmenter le coût des intérêts sur la dette existante. La conséquence à long terme en serait une hausse voire une explosion des déficits budgétaires. Une hausse des impôts pour les ménages à hauts et très hauts revenus pour son financement serait beaucoup mieux adaptée au programme d’infrastructures. Pour l’imposition des entreprises aussi, une autre solution que celle proposée par Trump serait plus adéquate.

Mais il y a tout autre chose à craindre. C’est que le programme d’infrastructure soit financé principalement par des partenariats public-privé (PPP). Ceux-ci aident dans un premier temps à masquer les coûts pour les pouvoirs publics, mais ils coûtent souvent beaucoup à long terme. Il y a toutefois de très nombreuses formes de PPP.

Avec les PPP, le financement des infrastructures − des écoles, des ouvrages communaux ou régionaux, des routes, des ports, des aéroports − est confié à des investisseurs privés auxquels on donne également le bail d’exploitation. Ces derniers s’engagent à apporter des investissements et d’autres prestations, conformément au contrat. Les investisseurs privés peuvent, en échange, percevoir les bénéfices en tant qu’exploitants temporaires des infrastructures, cela pendant des périodes prédéfinies, longues la plupart du temps, c’est-à-dire par exemple les frais d’inscription à l’école, les taxes aéroportuaires, routières et portuaires, les tarifs des eaux et de l’électricité, etc. À la fin de la période convenue, l’infrastructure revient généralement à l’État. Celui-ci se retrouve souvent avec un déficit ou même une garantie de bénéfice pour l’exploitant.

L’avantage des PPP réside dans le fait que les investissements peuvent être rapidement stimulés par la mobilisation du capital privé et que ces coûts d’investissement ne doivent pas être comptabilisés comme dépenses dans un premier temps. Le budget et les dettes de l’État ne sont visuellement pas alourdis. Le fonctionnement assuré par des exploitants hautement spécialisés peut effectivement être plus efficace. À l’inverse, sur les périodes suivantes, les recettes font défaut à l’État. Les garanties de déficit et de bénéfice souvent complexes peuvent représenter des charges importantes pour les finances publiques. À la différence du secteur privé, celles-ci ne doivent cependant pas être comptabilisées en continu au titre du passif. La durée prédéfinie du bail est souvent trop longue, donnant lieu à un transfert de bénéfices trop élevé. Enfin, vers la fin de leur contrat de bail, les exploitants privés ne peuvent souvent plus honorer leurs obligations de réparation et de rénovation. Ils peuvent aussi faire faillite, etc.

Le risque des PPP est tout à fait considérable. Les véritables coûts d’investissement disparaissent des finances publiques. En fin de compte, les prestations publiques peuvent être surévaluées et fournies avec des frais d’investissement beaucoup trop élevés. Le bilan des PPP au niveau mondial est assez décevant. Surtout dans les pays à gouvernement faible, ces PPP sont un eldorado pour la corruption et le clientélisme.

Des contrôles des prix serrés dans la santé, la fiscalité et les PPP sont quelques-unes des principales pierres d’achoppement pour le gouvernement. Ces points ont de lourdes répercussions à moyen et à long terme sur les taux d’intérêt si un programme d’infrastructure devait être mis en œuvre comme prévu. Si Trump se décide, conformément à son programme électoral, cela signifie des taux d’intérêts significativement plus élevés et un dollar fort. Les États-Unis ne peuvent pas financer l’ensemble du programme sans courir des risques majeurs. En cas de déficit hors de contrôle, les taux d’intérêts réels augmenteraient fortement à moyen ou à long terme.

Quelle que soit l’alternative que choisit l’administration, ce programme ne signifie rien de bon pour les pays émergents. Nombre d’entre eux ont des créances importantes en dollars US à courtes échéances au moins pour les intérêts. Des taux d’intérêts américains plus élevés et une montée du dollar ont en outre des effets négatifs sur les prix des matières premières, elles les mettent sous pression. De nombreux pays émergents, surtout les exportateurs de matières premières, seraient de ce fait durement frappés. Peut-être pas tout de suite, mais cela se répercuterait plus tard sur les crises des pays émergents. Les pays qui n’ont pas vu de reprise de leurs marchés et de leurs monnaies en 2016 semblent particulièrement menacés. Historiquement les deux cycles précédents de dollar fort ont contribué à de graves crises dans les pays émergents. On ne voit pas pourquoi cela se passerait différemment la troisième fois. D’autant plus que leur situation d’endettement est en partie plus grave que dans le passé.

Le développement monétaire sera un défi aussi pour l’Europe. Les grandes banques européennes ont des créances très substantielles dans les pays émergents. Si de plus grandes pertes de crédit devaient y intervenir, leur sous-capitalisation de toute façon déjà trop importante compromettrait leur capacité à attirer de nouveaux prêts dans leur zone monétaire.

À cela s’ajoute un nouvel environnement pour la politique monétaire de la Banque centrale européenne, et indirectement pour la politique financière en Europe. Jusqu’ici la Banque centrale européenne a fait pression sur les taux d’intérêts avec des taux négatifs et le programme d’achat d’obligations, aplatissant ainsi la courbe des taux d’intérêts. La Banque centrale européenne a ainsi obtenu que les perspectives conjoncturelles à court terme s’améliorent légèrement dans l’eurozone. Mais cela au prix fort. Le système bancaire dans l’eurozone est sous-capitalisé par la compression des bénéfices qui dure depuis des années, et les systèmes de retraites sont affaiblis à long terme. Une poursuite de cette politique ne signifierait rien d’autre que le financement par les épargnants et les actifs européens, et donc les futurs retraités, de la politique budgétaire américaine en expansion. Car les investisseurs institutionnels européens, qui souffrent d’une pénurie de placement – les assureurs, les caisses de pension, les fonds –, se diversifieraient de plus en plus dans des placements en dollars face à des différences croissantes de taux d’intérêts par rapport au dollar. Ils financeraient et payeraient ainsi indirectement le programme d’infrastructures aux États-Unis, mais également les dépenses de défense excessives et les baisses d’impôts pour les riches et les grandes entreprises. Pour la Banque centrale européenne, cela représente la dernière occasion de corriger sa politique monétaire et de sauver la face.

Une lente augmentation du dollar, sans excès, réduirait la compétitivité de l’industrie américaine. Une très forte hausse du dollar nuirait massivement et irréversiblement à l’industrie. C’est l’incohérence du programme économique de Trump. Ce que Donald Trump changera par conséquent dans sa politique commerciale fera l’objet du prochain article.

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Tulsi & Dana font équipe contre la narrative syrienne

Publié le par Felli Bernard

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Tulsi & Dana font équipe contre la narrative syrienne

Il est de bon augure, et peut-être est-ce un effet “collatéral” de l’éventuelle politique du président-élu Trump, de voir les députés Gabbard et Rohrabacher, respectivement démocrate et républicain et tous deux faisant partie de ceux qui ont été mentionnés comme possible secrétaire d’État de l’administration Trump, se rapprocher jusqu’à faire proposition de loi commune, avec quelques compères, dans un projet de loi nommé SATA (Stop Arming Terrorists Act) et promis à introduire un grand trouble dans la représentation nationale de la Chambre tout en renforçant la politique nouvelle que veut développer le président-élu Trump.

(Nul doute, par ailleurs, que cette initiative renforce la position des deux susdits compères, sinon sur la liste des “possibles” pour le département d’État [quoique...], de toutes les façons d’un point de général et national d’une façon qui les met en position remarquable pour être appelés à occuper des fonctions d’importance au sein de l’administration, dans le domaine de la sécurité nationale.)

Parmi les autres cosignataires (Peter Welch, démocrate du Vermont, Barbara Lee, démocrate de Californie, et Thomas Massie, républicain du Kentucky), on note la présence de l’héroïque Barbara Lee, une Africaine-Américaine et la seule parlementaire qui ait eu le courage, – il en fallait à cette époque, – de voter contre la loi immédiatement post-9/11 dite AUMF (Authorization for Use of Military Force Against Terrorists), puis contre la résolution autorisant la guerre contre l’Irak en 2002. Ces prises de position lui valurent d’être mise à l’index, de recevoir nombre de menaces de mort, d’être qualifiée de “traître” et de “communiste” parce qu’elle refusait de cautionner aveuglément la politique de déstructuration par l’agression des neocons. (Barbara Lee avait également voté deux résolutions de 1999 contre l’action militaire au Kosovo, cette fois aux côtés des républicains qui eurent une position isolationniste et non-interventionniste dans cette crise.) Rohrabacher, également de Californie, avait voté la résolution autorisant l’attaque contre l’Irak mais il a depuis répudié son vote comme étant une “erreur” de sa part. Pendant toutes ces péripéties, Gabbard, qui alternait les positions électives à Hawaï même et les déploiements militaires en Irak, ne faisait alors pas partie de la représentation nationale au Congrès, où elle arriva en 2013, à la Chambre.

Ce projet de loi est parfaitement défini dans sa véritable signification, et dans son habileté tactique par rapport à la Chambre, par les déclarations très récentes de la même Gabbard, qui commence à occuper une place de dimension nationale dans le système de la communication. Elle a ainsi été interviewée par CNN le 9 décembre, sur le thème qu’elle a elle-même défini malgré les interventions de l’intervieweur Jake Tapper pour contenir le sens de ses affirmations, de « US Is Funding Terrorists in Syria ». Voici un passage de l’interview, qui vaut bien celui du général Flynn à Aljazeera à la fin juillet 2015

Tapper: « Are you really suggesting that US govt is funding these terrorist groups? »

Gabbard: « Ah, I'm not only “suggesting” it. This is... this is the reality that we're living in. »

Tapper: « Not directly though?? »

Gabbard: « Most Americans... if... if you or I were to provide money, uh weapons, or support or whatever, to a group like Al-Qaeda or ISIS, we would immediately be thrown in jail! Ah. However, the US government has been providing money, weapons, intel assistance and other types of support, through the CIA, directly to these groups that are working with, and are affiliated with Al-Qaeda and ISIS! »

Tapper: « So, you're saying that the CIA is giving money to groups in Syria, and those groups are “working with” Al Nusra and ISIS? »

Gabbard: « There are/there've been numerous reports, from the NYT to the WSJ and other news outlets, who have declared that these “rebel groups” have formed these battlefield alliances with Al-Qaeda... that essentially is Al-Qaeda; groups in charge of every single “rebel group” on the ground, fighting to overthrow the Syrian Govt. »

Tapper: « The US Govt says that they vet the group that they give money to, very closely. And, that you're wrong... and that, there are no alliances between groups that the American taxpayers fund, and these other groups; obviously, they all are fighting Assad. »

Gabbard: « Uh, I beg to differ; evidence has shown, time and time again, that, that is not the case. We are directly and indirectly supporting these groups who are allied with or partnered with al-Qaïda and ISIS, and working to overthrow the Syrian government of Assad. And, we've also been providing that support through countries like Saudi Arabia, Turkey, and Qatar, to do that! »

Il doit être évident par simple logique que Gabbard et Rohrabacher ont été rapprochés par les perspectives de la politique Trump autant que par leurs positions dans la liste des “possibles” pour le département d’État, dans une occurrence où ces sujets leur donnent une notoriété nouvelle, et par  conséquent les ont encouragés à une initiative législative qui doit bénéficier d’une réelle publicité. L’exemplarité, sinon l’exceptionnalité de leurs carrières respectives, constituent également un facteur qui doit encore accroître toutes ces notoriétés.

Dans ces circonstances, le moment est particulièrement bien choisi pour lancer ce projet de loi SATA. Plus encore, SATA représente une excellente initiative tactique en mettant complètement à découvert et et dans une position extrêmement vulnérables la narrative et les lois qui l’accompagnent prônant le soutien armé aux “rebelles modérés” anti-Assad. SATA interdit de livrer des armes et de soutenir les groupes terroristes en Syrie, et il devient difficile de repousser ex abrupto une telle loi ; comment voter contre une loi qui interdit d’armer des terroristes islamistes (en Syrie comme ailleurs), pour des parlementaires qui devraient ensuite s’en expliquer devant leurs mandants, le public US dont ils sollicitent les votes pour les élire ? Mais puisque les “rebelles modérés” ça n’existe pas, et que tout cela aboutit aux seuls terroristes islamistes... Au contraire, les débats qui vont avoir lieu autour de SATA permettront, comme l’a fait Gabbard lors de l’interview à CNN, de pulvériser la narrative des rebelles “modérés” en montrant que cette fantasmagorie enfantée par l’affectivisme et le déterminisme-narrativiste n’existe pas, que tous les “rebelles modérés” anti-Assad sont tous plus ou moins des terroristes islamistes ou sous le contrôle de ces terroristes. Normalement, la seule riposte possible des adversaires de SATA, – et il y en a, – devrait être d’essayer de repousser l’avancement de ce projet, voire de la repousser dans les projets sans suite, pour, surtout surtout, éviter un vote de la Chambre...

Outre de mettre en avant quelques-unes des très rares personnalités du Système dans le corps législatif US à avoir un fort potentiel antiSystème sans crainte d’en faire la démonstration, l’initiative SATA devrait, pourrait avoir le mérite de faire naître un débat sur la politique extérieure des USA (politique-Système) suivie jusqu’ici par l’état général de l’esprit à Washington-sous-influence. (Cela, hors de la prochaine administration, qui démarre sur des bases hors-Système sinon antiSystème à cet égard.) Elle devrait, elle pourrait mettre le Congrès et les divers appendices d’influence qui l’enserrent, devant leurs responsabilités, après la multitude de lois et de résolutions votées selon les impulsions déstructurantes du Système, particulièrement sur les questions type-Syrie, -Ukraine, etc. Les termites sont à l’œuvre, – et encore un peu plus de désordre au sein du Système...

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Pas d’Europe sans la Russie

Publié le par Felli Bernard

Pas d’Europe sans la Russie

 

Tribune de Grégory Gennaro

Il est inconcevable de parler d’Europe si l’on exclut la Russie de l’espace européen. La Russie de par sa culture, son histoire, son peuple, sa géographie, fait partie intégrante de la civilisation européenne. Elle incarne, avec ses spécificités et ses traditions, une forme de Rome antique, et assume ce rôle dans le monde slave.

Les patriotes sociaux, progressistes et républicains sont russophiles. Nous sommes convaincus que l’avenir et l’indépendance de notre continent européen passe par une alliance politique et un partenariat économique solide et privilégié avec la Russie.

Nous considérons que la force de l’Europe est liée à son unité d’une part, mais aussi à l’étendue de son territoire, à sa démographie et à ses ressources d’autre part. L’élargissement de l’Europe vers les étendues de l’Est dans un cadre « eurasiatique », c’est-à-dire une Europe puissance qui s’étend de Reykjavik à Vladivostok, composée d’une population globale d’un milliard de personnes, est seule capable de garantir à notre continent une indépendance énergétique, politique et économique.

Le général De Gaulle exposait déjà à son époque cette nécessité vitale pour l’Europe de se rapprocher de la Russie, car cette voie de l’unité continentale permet à coup sûr de garantir l’indépendance des nations européennes de la sphère d’influence politique et économique de Washington, mais nous permet d’être aussi indépendant militairement du bras armé des Etats-Unis, l’OTAN. Une telle déclaration en plein milieu de la guerre froide était un grave coup porté contre l’hégémonie des Etats-Unis mais aussi et surtout, car c’est bien là l’essentiel, la volonté historique d’affirmer que la Russie était pleinement une nation européenne, et de la sortir ainsi de l’isolement intellectuel et diplomatique orchestré par les Etats-Unis, l’Otan et leurs vassaux.

C’est aussi Jacques Chirac, ancien Président de la République française, qui a exprimé son souhait de voir se former une véritable alliance politique de l’Europe avec la Russie. Une volonté qu’il a exprimée publiquement lors de la venue de Vladimir Poutine à Paris en septembre 2006. Indiscutablement, Jacques Chirac a posé les premières bases, ou du moins l’idée, d’un axe Paris-Berlin-Moscou, projet vite abandonné avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, tous les deux alliés inconditionnels des Etats-Unis.

Les Etats-Unis n’ont pas peur de la France, de l’Allemagne et de la Russie, tant que celles-ci sont désunies. En revanchent, ils redoutent cet axe européen et ils savent qu’une véritable unité européenne représente une grave menace pour leurs intérêts. Faut-il se souvenir que juste après l’intervention en Irak, les Américains ont fait de leur mieux pour démanteler l’axe Paris-Berlin-Moscou ? Il faut dire que la résistance russe et française avait été tellement imposante et fédératrice, qu’au sein de l’Assemblée générale des Nations-Unis les Etats-Unis ont été isolés diplomatiquement. Partout dans le monde les voix de la France et de la Russie retentissaient. Les manifestations contre la guerre en Irak étaient mondiales. C’est dire que le géant impérialiste tremblait sur les positions.

Lorsque l’Europe est unie et parle d’une seule et même voix en faveur des grandes causes planétaires, et qu’elle ne s’aligne pas sur la diplomatie Etats-unienne, elle incarne une force imposante face à l’impérialisme américain, et est capable au-delà de ses propres frontières de faire adhérer à sa vision de l’humanité les peuples et les nations du monde.

Mais au-delà des questions géopolitiques et géostratégiques de l’Europe, la Russie et la France sont par l’histoire et par les liens deux grandes nations sœurs. Elles sont également et avant tout deux alliées naturelles dont les liens ont été scellés par le destin et par la richesse d’un passé historique commun. Le caractère singulier, sacré et spirituel de nos deux pays leur confère un esprit d’universalité capable d’impulser une nouvelle voie pour l’humanité. A nous, peuple français et peuple russe, de construire la véritable Europe !

Grégory Gennaro

Patriote social. Militant politique engagé pour la patrie sociale.

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Brexit, Trump, Fillon ! un fil conducteur?

Publié le par Felli Bernard

Brexit, Trump, Fillon ! un fil conducteur?


Par Emmanuel Leroy − Décembre 2016

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Le gouvernement anglais représenté sous forme d’un monstre avec un corps écorché et la tête d’un démon.

Depuis le vote du Brexit au Royaume-Uni, le 24 juin dernier, tout se passe comme si l’agenda de la mondialisation semblait abandonné ou en tout cas avait du plomb dans l’aile.

En effet, si la perfide Albion elle-même, matrice historique de l’idéologie anglo-saxonne, abandonne le navire européen englué dans la crise migratoire et financière, alors on peut se dire à tout le moins que l’on assiste à un changement stratégique fondamental, de la part de ceux qui visent à la gouvernance globale. En effet, alors que les archives déclassifiées de la CIA en 2000 ont révélé les liens étroits entre les présumés «Pères de l’Europe» Jean Monnet et Robert Schuman avec leurs maîtres anglo-saxons, on peut légitimement se demander quel est l’intérêt des mondialistes de laisser à la dérive un instrument précieux de contrôle et d’asservissement des peuples.

 

Mais si l’oligarchie anglo-saxonne, du moins une partie d’entre elle, a joué la carte du Brexit et la victoire de Trump, nous nous trouvons alors avec ce constat du cas de figure idéal pour aveugler les esprits et tromper les analystes les plus lucides et les plus circonspects.

Et de fait, depuis la sortie – théorique pour l’instant – du Royaume-Uni de l’Union européenne, la victoire de Trump et celle de Fillon, la Toile anticonformiste et la presse alternative chantent les louanges de ce qui apparaît comme un changement radical de paradigme et vis-à-vis duquel je suis beaucoup plus dubitatif.

1. Commençons par le Brexit

Objectivement, le départ des Godons des institutions bruxelloises ne peut que réjouir tout défenseur des patries charnelles, quand on connaît le rôle qu’a joué l’Angleterre dans la majorité des guerres qui ont déchiré l’Europe, et cela, depuis la victoire éclatante des armes françaises sur l’Anglois à la bataille de Castillon le 17 juillet 1453. Je crois, toute plaisanterie mise à part, que la couronne britannique n’a toujours pas accepté cette défaite et plus largement son éviction du continent, et que toute sa géopolitique des siècles ultérieurs a prouvé que non seulement elle entendait reprendre la main sur les destinées de la France et de l’Europe, mais au-delà, lorsqu’elle en eût les moyens après les Grandes découvertes et surtout après la révolution industrielle, sur les affaires du monde lui-même.

Pour ce faire, elle a su combiner la suprématie maritime avec la domination financière, théorisée au XVIe siècle par le navigateur anglais Sir Walter Raleigh qui, le premier, s’était exprimé ainsi : «Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le commerce tient la richesse ; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même.»

Mais revenons au Brexit. Ma conviction est que la pointe de la pyramide de l’oligarchie britannique – pas le lecteur de base du Times – a récemment pris acte de l’échec de la stratégie des néo-conservateurs états-uniens pour achever la prise de contrôle totale du monde, après l’écroulement de l’Union soviétique. En effet, le monde anglo-saxon a eu une fenêtre de tir relativement courte à l’échelle de l’Histoire – 1991/2000 – pour achever la prise de l’Eurasie par la chute définitive de Moscou. Pourtant, entre Gorbatchev et Eltsine, les maîtres de la finance mondiale ne pouvaient rêver meilleurs partenaires pour mettre le dernier pays libre du continent eurasiatique à genoux. Et de fait, entre le pillage des richesses, l’amputation des territoires et l’inoculation à haute dose du poison libéral dans les veines slaves, tout a été mis en œuvre pour achever le rêve fou des adeptes de la gouvernance mondiale.

Mais au tournant du millénaire, la Russie s’est réveillée, lentement, et a commencé très progressivement à prendre conscience du fait que les «partenaires» occidentaux ne souhaitaient pas tant un partenariat, qu’une reddition en bonne et due forme. Certains auteurs anti-conformistes, comme Pierre Hillard, nonobstant la qualité de leurs travaux, pensent toujours que les dirigeants Russes sont de mèche avec le Système. Je pense, quant à moi, que la réalité est plus complexe et plus précisément doit s’analyser dans le temps. Que Vladimir Poutine par exemple – bien qu’avouant une totale aversion pour toute idéologie – ait émergé de l’école «libérale» du KGB ne fait aucun doute.

Mais ma conviction est que la géographie d’abord, l’histoire ensuite, puis la découverte progressive de la volonté irrépressible des Anglo-saxons d’asservir le dernier peuple libre sur le continent eurasiatique, a conduit Vladimir Poutine, et avec lui la majorité du peuple russe, à prendre conscience des véritables enjeux et à commencer à imaginer une alternative à l’idéologie occidentale. Voir à ce sujet le remarquable article d’Alexandre Douguine sur le césarisme.

Ce réveil de la Grande Russie et la formidable modernisation de l’armée russe (voir ici sur le Grand Soir, ou VoltaireNet ou encore sur Réseau international) opérée en l’espace d’une décennie, a sonné le glas des espérances anglo-saxonnes et néo-conservatrices de parachever la conquête militaire du monde dans des délais brefs, en imposant leur présumée supériorité technologique.

Quel rapport toutes ces histoires ont-elles à voir avec le Brexit ? Eh bien, tout simplement que lorsque le Système se heurte à des résistances qu’il ne peut vaincre, il utilise un chemin détourné pour parvenir à ses fins. Ayant pris acte de la supériorité militaire russe sur la technologie occidentale, et notamment étasunienne, il revient à ce qu’il sait faire le mieux, de l’ingénierie financière et c’est ce que la City a commencé à faire avec les DTS.

Pour bien comprendre la logique du Système, il faut garder en permanence à l’esprit que l’oligarchie, le NOM, la super-classe mondiale, les initiés, la haute finance, appelez-les comme vous voulez, poursuivent toujours le même but, et cela depuis des siècles, génération après génération : parvenir au contrôle total de toute l’humanité. Le Brexit doit donc être vu non pas comme une libération d’un peuple des griffes de la mondialisation, mais simplement comme une pause, ou plutôt comme une réorientation de la stratégie des véritables donneurs d’ordres.

On peut pousser les supputations encore plus loin et imaginer par exemple que la sordide affaire Strauss-Kahn, au Sheraton de New-York en 2011, relèverait des prémices de ce que nous voyons éclore aujourd’hui de manière plus nette. On se rappellera que l’ancien directeur du FMI, et en accord avec certains de ses mandants, poursuivait une politique de mise en place des droits de tirages spéciaux, en liaison étroite avec la Chine et la Russie et dans laquelle la Libye devait jouer un rôle initial important, grâce à sa politique africaine et au poids que représentaient ses réserves financières à travers ses fonds souverains. Mais si la mise en place de ces fameux DTS, souhaités part la City, arrangeait la Chine et un certain nombre de pays émergents, qui souhaitaient ainsi sortir de l’emprise du dollar, il est évident que l’oligarchie états-unienne ne pouvait voir d’un bon œil lui échapper la suprématie du dollar, qui lui assure une prédominance sur la finance mondiale.

On peut donc supputer que la chute du patron du FMI relèverait d’un affrontement entre certains cercles de la City et certains cercles de Wall Street, et que DSK serait la première victime d’envergure dans ce qui peut parfaitement s’analyser comme une scission dans le camp de la globalisation, et dans ce combat fratricide, dans tous les sens du terme, c’est Wall Street et le complexe militaro-industriel états-unien qui ont remporté la première manche. Et cette victoire fut suivie d’une autre, à savoir la chute du dictateur libyen, deuxième victime d’envergure de la lutte entre le dollar et ce qui est encore la livre sterling. Autrement dit, l’année 2011 peut encore être considérée comme une année de prédominance mondiale du complexe militaro-industriel états-unien, incarné sur la scène internationale par Hillary Clinton et ses supplétifs européens Cameron et Sarkozy. Et c’est probablement parce qu’elle a remarquablement servi les intérêts d’une partie de l’oligarchie états-unienne, désormais en rupture avec la City, qu’Hillary Clinton a été choisie comme championne du camp démocrate destinée à défendre coûte que coûte, y compris au prix d’une guerre mondiale, la prééminence des États-Unis sur le reste du monde. C’est dans cette perspective que l’on peut donc voir la candidature de Trump comme un contre-feu de la City, destiné à éteindre progressivement les velléités de domination mondiale des USA par la force brute, en faisant rentrer dans le rang la puissance états-unienne et en la soumettant à la seule volonté de la matrice londonienne.

2. Poursuivons avec Donald Trump

Il y a un fait qui a été peu relevé, c’est que le premier homme politique européen qui a rencontré Donald Trump après son élection est M. Brexit en personne, à savoir Nigel Farage himself, ex-patron du UKIP, démontrant par là que les forces qui ont soutenu la sortie du Royaume-Uni de l’UE étaient en phase avec celles qui soutenaient Donald Trump aux USA.

Concernant le personnage très controversé qu’est le nouveau maître de la Maison Blanche, les informations diffusées sont tellement contradictoires, qu’il faudra attendre plusieurs mois avant de voir se dessiner réellement quelle sera véritablement la nouvelle politique intérieure et internationale des États-Unis.

Si l’on s’en tient à ce qui nous a été transmis durant la campagne ou aux propres déclarations de Donald Trump – et l’on ne s’attardera pas sur les questions graveleuses ou les suspicions de viol –, on peut normalement inférer les données suivantes :

En politique intérieure :

a/ Réindustrialisation du pays.

b/ Arrêt de l’immigration (sud-américaine et musulmane).

c/ Mise au pas de Wall Street et de la Fed.

d/ Baisse des impôts pour les entreprises

e/ Relance par une politique de grands travaux

f/ Indépendance énergétique avec les gaz et pétrole de schiste

Si l’on s’en tient aux trois premiers points, et s’ils sont effectivement mis en œuvre à partir de janvier prochain, il s’agira indiscutablement d’une révolution, en rupture totale avec la politique suivie par les États-Unis depuis Jimmy Carter. Si l’on considère que la politique états-unienne à compter des années 1970 a clairement favorisé l’«offshorisation» de la haute finance par les délocalisations industrielles de l’ensemble du monde occidental, au bénéfice de l’Asie et de la Chine en particulier et par le développement simultané des paradis fiscaux, les projets de Donald Trump sont clairement en rupture avec cette politique de péréquation des richesses au niveau mondial.

Pour dire les choses clairement, quand on déménage une usine de Cleveland à Shanghai ou de Detroit à Kuala Lumpur, on aboutit au constat suivant : on a appauvri les classes moyennes et populaires états-uniennes ; on a enrichi des populations asiatiques et par-dessus tout on a augmenté considérablement les marges de profit des sociétés transnationales et des principales banques qui les contrôlent. Donc, si les engagements de campagne de Trump sont tenus, on assistera à une redynamisation de la société états-unienne au détriment de la haute finance internationale. Cette volonté ira-t-elle jusqu’à renverser le pouvoir exorbitant de la Fed et à restaurer un capitalisme d’État tel qu’il régnait aux États-Unis avant 1913, année de création de la Réserve fédérale ? L’avenir nous le dira.

Ce qui est d’ores et déjà acquis, c’est que la victoire de Trump a manifestement libéré certaines consciences dans le monde anglo-saxon, notamment dans le monde des médias, puisque l’on commence à voir des articles dans la presse britannique remettant en cause la version officielle des attentats du 11 septembre. Chose absolument impensable il y a encore seulement un mois.

En politique internationale :

a/ Affichage d’une volonté de coopération avec la Russie.

b/ Amorce de tension avec la Chine en annonçant la remise en place de droits de douane élevés.

c/ Abandon des guerres d’agression et notamment dans le conflit syrien.

d/ Remise en cause des accords internationaux sur le climat.

e/ Remise en cause de la levée des sanctions contre l’Iran.

Dans l’ordre : sur la volonté de coopérer avec la Russie, notamment dans la lutte contre le terrorisme – largement commandité par les États-Unis et leurs alliés –, c’est la meilleure nouvelle que pouvait espérer la Russie et c’est ce qui explique la grande satisfaction exprimée à Moscou après la victoire du candidat républicain. Il est évident qu’à l’inverse, si Hillary Clinton l’avait emporté, les risques d’une troisième guerre mondiale imminente n’étaient pas négligeables, et qu’un certain nombre de signaux alarmants étaient déjà passés au rouge vif ces derniers mois en Europe et en mer de Chine.

Sur le regain de tension avec la Chine, ce serait la première fois depuis la fin des années 1960, que l’on assisterait au réveil de la lutte contre l’Empire du milieu. Depuis Nixon, l’entente cordiale entre la Chine et les USA n’avait quasiment pas connu de hiatus, si l’on excepte les remous créés par la fin de la guerre du Vietnam en 1975. Cette donnée est importante à prendre en compte, car elle est en porte-à-faux avec l’alliance financière que Londres a engagée avec Pékin, à travers la mise en place des DTS et le soutien à la banque asiatique des infrastructures – autrement dit le soutien à la politique stratégique de la Chine : une ceinture, une route.

Sur l’abandon des guerres d’agression, il s’agirait là d’un retournement majeur, s’il est respecté, de la politique étrangère états-unienne depuis 1945. En particulier, l’arrêt du soutien des États-Unis à la politique de déstabilisation des États laïques du Proche et Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, menée par l’Arabie saoudite et le Qatar avec l’appui des Frères musulmans, représenterait un changement fondamental de stratégie de la part du monde anglo-saxon et, là encore, montrerait une séparation nette entre la politique de Londres et celle de Washington.

Ce qu’il est intéressant de noter, dans cette évolution, c’est que le remodelage du Grand Moyen-Orient, élaboré dans les officines néo-conservatrices en liaison vraisemblable avec l’État d’Israël, va probablement subir un coup d’arrêt brutal, déjà esquissé avec le retournement d’alliance que l’Égypte vient de manifester en se ralliant à lutte contre le terrorisme en Syrie.

Si j’étais à la place du Premier ministre israélien, je commencerais à me poser des questions sur l’alliance renouvelée en 1917 entre Lord Balfour et Theodor Herzl .

Sur la remise en cause des engagements états-uniens sur l’accord de la COP 21, il s’agit ici aussi d’une déclaration beaucoup plus importante qu’il n’y paraît. En effet, malgré le battage médiatique de la presse mainstream sur l’unanimité des «experts» et des gouvernements, y compris le pape, sur la question du réchauffement climatique, il est intéressant de voir que le nouveau président états-unien a exprimé son scepticisme sur le prétendu réchauffement de la terre. Après avoir examiné la genèse de cette fumisterie et le matraquage médiatique phénoménal qui l’accompagne, je crois que l’on peut convenir qu’il s’agit là d’une nouvelle escroquerie, planétaire cette fois-ci, destinée à nous faire accepter le fait que dans les prochaines années, il faudra payer de nouvelles taxes – devinez à qui – pour avoir le droit de respirer un air «salubre».

Enfin, quant à la position de Donald Trump sur l’accord avec l’Iran, j’avoue que je me perds en conjectures. A t-il voulu apprivoiser le lobby sioniste dans le cadre de l’élection présidentielle ? Met-il dans le même sac le royaume wahhabite, ISIS/DAESH/EI, les Frères musulmans et la république islamique d’Iran ? Est-il en train d’appliquer la politique d’Israël eu égard à sa grande proximité avec Benjamin Netanyahou? Ce qui est certain, c’est que la géopolitique a ses règles et qu’il me paraît difficile de concilier une politique d’alliance avec la Russie pour éradiquer le terrorisme, notamment sur le théâtre d’opération syrien, avec une politique agressive de remise en cause des accords scellés avec l’Iran, quand ce dernier est un acteur majeur, dans la lutte contre le poison de l’islam intégriste en action en Irak et en Syrie.

Quoi qu’il en soit, et même si nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec ce que nous réserve l’élection de Donald Trump, il est certain que son avènement constitue un changement tectonique majeur, dont nous n’avons pas fini de mesurer les effets, notamment en Europe et plus particulièrement en France.

3. Terminons avec Fillon

Il est probable que la victoire de ce dernier à la primaire de la droite soit en lien direct avec l’élection de Donald Trump, cette dernière étant une conséquence logique du Brexit.

Le point commun qui unit ces trois surprises de ces derniers mois est le plantage complet des instituts de sondage et des médias dominants qui, dans les trois cas de figure, donnaient tous la victoire au camp adverse. Premier constat et qui corrobore l’idée de scission au sein du camp mondialiste, la volonté de changement de stratégie, affichée par une fraction de l’oligarchie, n’est pas prise en compte par les canaux habituels de diffusion de la pensée unique. Cette assertion méritant d’être tempérée par de notables exceptions dans la presse anglo-saxonne, mais hélas pas dans la presse conformiste française, totalement alignée sur les anciens standards de la mondialisation 1.0. Il va falloir leur expliquer qu’on est passé à la version 2.0 et que celle-ci inclut quelques révérences à des personnages aussi atypiques que Trump ou aussi insipides que Fillon.

Deuxième constat : il semblerait que la puissance des réseaux sociaux pour créer des lames de fond ou inverser des tendances commence à produire ses effets. Depuis 2003 et la révolution de couleur ayant provoqué la chute en Géorgie du Président Chevarnadze jusqu’à nos jours, les réseaux sociaux se sont considérablement développés et l’emprise sur les cerveaux par le biais de ces réseaux a considérablement augmenté. L’impact est d’autant plus fort qu’en dehors des réseaux militants du style Avaaz, largement connu pour être financé par M. Soros, il est désormais possible d’investir toute la Toile avec de la désinformation ou de l’information biaisée pour ruiner une candidature (Ali Juppé), y compris en passant par des canaux de l’Internet anticonformiste.

Sur la posture de François Fillon contre l’avortement ou en sa faveur, il est bon de se remémorer les fables de La Fontaine : «Je suis oiseau, voyez mes ailes, je suis souris, vivent les rats…»

Sans entrer dans cette polémique qui ne m’intéresse guère dès lors qu’il s’agit clairement d’une posture, voire d’une imposture, il me semble plus intéressant d’essayer de comprendre pourquoi Fillon l’a emporté contre Juppé, alors que tout semblait indiquer que le Système, dans sa déclinaison française, avait voté pour le Maire de Bordeaux depuis de nombreux mois. Eh bien là encore, le décalque avec le Brexit et l’élection de Trump me semble assez valide et là encore, nous nous trouvons en face de ce qui semble être une rupture au sein du Système, où une fraction que nous appellerons archéo-états-unienne, ou clintonienne si vous préférez, soutient Juppé (vieux Young leader ) tandis qu’une autre que l’on pourrait appeler néo-globaliste a compris – ou a été dûment informée – que l’on avait changé de stratégie et qu’il fallait désormais changer de braquet, voire de direction.

Et c’est ainsi que l’on nous ressert Fillon, falot petit homme politique de province, fils spirituel – et plus si affinités – de Joël Le Theule, ancien député de la Sarthe et qui a introduit au siècle dernier François Fillon dans les charmes et les tourments de la vie politique française.

Et nous voici désormais avec ce quasi désigné futur Président de la république française, ex-gaulliste social, transformé en double ultra libéral et très conservateur de son futur homologue d’outre-Atlantique Donald Trump.

Il est clair maintenant que François Fillon, avec le soutien officiel des milieux catholiques de la Manif pour tous, sauf accident toujours possible, verra l’élection présidentielle de l’an prochain quasiment pliée et que nous aurons un gouvernement ultra-libéral et ultra anti-social en fonction, pour le plus grand plaisir des marionnettistes qui tirent les ficelles. Et pour bien vous prouver qu’il est difficile de s’y retrouver dans ce panier de crabes, mettez-vous un instant à la place d’Alain Juppé, à qui de puissants personnages avaient certainement annoncé depuis au moins deux ou trois ans, que ce serait désormais à son tour de goûter aux délices du pouvoir, et qui brusquement lui annoncent, que non, après tout, ce ne serait pas lui, mais un autre, dont le profil conviendra mieux à la politique que l’on veut mettre en place ou à l’évolution mentale que connaît le pays. Et si vous avez lu attentivement la notice de la French American Foundation placée ci-dessus, vous aurez vu qu’un certain Henri de Castries (PDG d’AXA jusqu’en Septembre 2016) en fut membre (promotion 1994) et qu’il fut donc très proche d’Alain Juppé en tant que co-Young Leader.

Mais Henri de Castries, descendant du marquis de Sade d’après sa notice Wikipédia, est également depuis 2011 patron du groupe Bilderberg et il revendique sans complexe sa grande proximité avec le nouveau patron de la droite républicaine, après avoir soutenu, toujours sans le moindre complexe, la candidature de François Hollande en 2012.

En conclusion, il me paraît important de regarder tous les événements qui surviennent avec la plus extrême circonspection et il convient de ne surtout pas se laisser abuser par des déclarations de circonstance ou par des joueurs de bonneteau destinés à détourner l’attention sur ce qui se passe vraiment. Le Système est passé maître dans l’art de manipuler les esprits.

Il y a clairement un changement de stratégie au sommet de l’élite mondialiste et, vraisemblablement, une lutte mortelle entre la faction archéo-états-unienne et la faction néo-globaliste est en cours. La majorité des élites françaises, notamment médiatiques, n’a pas encore compris les raisons et les enjeux de ce changement. Il convient d’être d’une lucidité extrême dans les mois à venir, car les changements vont être profonds et brutaux. Apparemment, les idées conservatrices, le retour à la tradition, le renforcement des nations et des identités vont être portées aux nues. Mais il conviendra de ne pas oublier que le Système est l’ennemi déclaré des patries, des peuples et des traditions.

Leur but est de parvenir à la domination absolue d’une humanité déracinée, sans mémoire, et à sa mise en esclavage par le contrôle total des cerveaux. Les réseaux «sociaux», l’argent «numérique», le transhumanisme, l’homme bionique… voilà quelques-uns de leurs projets et je ne pense pas que le Brexit, Trump ou Fillon soient de nature à empêcher ce désastre annoncé. A moins que la Sainte Russie ne continue à jouer au petit village gaulois qui résiste encore et toujours à l’envahisseur… Qui sait ?

Emmanuel Leroy

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Chammal : Avec les SCALP on ne coupe pas les cheveux en quatre...

Publié le par Felli Bernard

Chammal : Avec les SCALP on ne coupe pas les cheveux en quatre...

Les Rafale français ont tiré 8 missiles SCALP contre les positions de l’EI à Raqqa.

L’opération Chammal, menée contre l’État islamique (EI ou Daesh) en Irak et en Syrie, aura été marquée par un usage intensif des missiles de croisière SCALP (Système de croisière conventionnel autonome à longue portée).

Depuis le 15 décembre 2015, l’aviation française a effectué près de 10 raids aériens avec cette munition. Le dernier en date a été réalisé le 29 novembre par les Rafale du porte-avions Charles de Gaulle et ceux déployés par l’armée de l’Air en Jordanie contre « d’importantes installations militaires de Daesh au sud-ouest de la ville de Raqqa. »

En tout, 8 missiles SCALP, tirés par 4 Rafale de l’armée de l’Air et 2 Rafale M de l’aéronautique navale, ont détruit une installation de production et de stockage d’armes, notamment chimiques. Cette mission avait été planifiée par le commandement de la force interarmées (CJTF, Combined Joint Task Force), situé au Koweït, et conduite par le centre des opérations aériennes de la coalition (CAOC, combined air operations center) situé à Al Udeïd au Qatar.

Ce n’est pas la première fois que les aviateurs et les marins effectuent ensemble une « frappe dans la profondeur ». Un tel raid avait en effet été déjà mené dans la nuit du 15 au 16 octobre. Là aussi, 8 missiles SCALP furent tirés contre un entrepôt de l’EI, situé à une trentaine de kilomètres au sud de Mossoul.

Sur les 450 missiles SCALP livrés à l’armée de l’Air (et 50 à la Marine nationale), il était seulement prévu d’en moderniser une centaine dans le cadre de Loi de programme militaire (LPM) en cours. Aussi, autant puiser dans le stock, tant qu’ils ne sont pas encore « périmés ».

Cependant, l’État-major des armées (EMA) a donné une autre justification à cet emploi intense des missiles SCALP.

« Les raids Scalp font l’objet d’une planification précise et détaillée, afin d’optimiser les effets de cette arme aux spécificités uniques, sur des objectifs de haute valeur pour le groupe terroriste. À l’effet de surprise offert par l’arme, s’ajoute celui de la maîtrise des coups portés, limitant les dommages collatéraux, optimisant les effets contre Daesh. En choisissant précisément les points d’impact, après une phase de renseignement, ce type de frappe permet de détruire tous les endroits utilisés par le groupe terroriste quasi simultanément », explique-t-il.

Au cours de la semaine écoulée, l’aviation française a effectué 97 sorties au-dessus de l’Irak et de la Syrie, dont 5 de renseignement (ISR), 7 de commandement et de contrôle grâce aux E2C Hawkeye du porte-avions Charles de Gaulle et 85 de reconnaissance armée. En tout, elle a détruit 24 objectifs de l’EI. 

Source : Zone Militaire

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Ukraine - Argent, pouvoir et pillage : la fin honteuse de la carrière politique de Porochenko

Publié le par Felli Bernard

Ukraine - Argent, pouvoir et pillage : la fin honteuse de la carrière politique de Porochenko

Publié par wikistrike.com sur 11 Décembre 2016, 06:58am

Catégories : #Politique internationale

Ukraine - Argent, pouvoir et pillage : la fin honteuse de la carrière politique de Porochenko

Petro Porochenko, président de l'Ukraine, est sur le point de perdre tout son pouvoir. Le scandale avec les matériaux compromettants publiés par Alexandre Onichtchenko, oligarque ukrainien évadé, peut provoquer l'effondrement politique à Kiev. 

Business dans le sang 

Les documents publiés par Onichtchenko témoignent de l'intéressement personnel financier de Petro Porochenko dans l'opération punitive des forces armées ukrainiennes dans la région de Donbass. Selon les documents, ce sont les compagnies possédées par le président ukrainien qui reçoivent des contrats militaires. Autrement dit, Kiev dépense de l'argent reçu du FMI pour la guerre contre son propre peuple, et finalement, cet argent retombe sur les comptes des compagnies qui appartiennent au président du pays. 

Une situation difficile 

Ce scandale et les changements profonds de l'ordre mondial après la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles aux États-Unis ont mis les élites ukrainiennes en état extrêmement nerveux. Vu que les chefs précédents de Kiev - mondialistes et néolibéraux - ont perdu le contrôle de la situation et quittent la scène internationale, une grande délégation des hommes politiques ukrainiens s'est précipitée à Washington. Leur objectif principal est de se garantir le soutien des États-Unis pour continuer à suivre le cours méthodique du pillage de l'Ukraine. 

Les candidats 

Le comportement des élites ukrainiennes montre que le destin de Porochenko est déjà décidé, et sa destitution est l'affaire de quelques semaines. Plusieurs clans autoritaires sont partis pour Washington pour proposer leurs candidats à la présidence. Parmi les délégués sont les milieux de Youlia Timochenko, Oleg Liachko (député de la Rada), Rinat Akhmetov, oligarque ukrainien et même Mikhaïl Saakachvili, ancien président géorgien. Tous sont réunis par le fait, que les représentants de la nouvelle administration refusent de négocier avec eux, tandis que les membres de l'équipe d'Obama mènent des négociations avec eux mais ne peuvent prendre aucune décision, parce que le mandat du président américain actuel expirera dans 40 jours environ.

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La “Stratcom” contre les médias russes et la propagande de l’EI révèle une Union européenne divisée et sur la défensive

Publié le par Felli Bernard

 

 

La “Stratcom” contre les médias russes et la propagande de l’EI révèle une Union européenne divisée et sur la défensive

Alors que les grands groupes médiatiques, CNN, Fox News, Al Jazeera etc. se livrent à une véritable guerre de l’information dans le cadre de la guerre hybride entre Atlantistes et Emergents/Emergés, le gouvernement russe a décidé de créer son propre groupe de presse international multimédia, l’agence de presse Rossia Segodnia, regroupant les chaînes de télévision Russia Today et les radios et sites internet Sputnik. Dans cette guerre hybride, le segment de la communication joue un rôle essentiel, complémentaire du segment militaire de déploiement d’un bouclier antimissile américain au coeur de l’Europe et autour de l’Eurasie ainsi que des conflits régionaux en Ukraine et en Syrie, du segment économique des sanctions, du segment politico-social des ONG et du segment culturel des studios hollywoodiens. Il s’agit de convaincre les électeurs d’adhérer à la vision du monde et aux options stratégiques des Atlantistes, afin d’assurer leur domination universelle, ou bien à ceux des Emergents/Emergés, en voie de constitution d’un nouveau pôle de puissance alternatif, dans le cadre d’un monde multipolaire. Cette guerre hybride a connu une véritable acmé sous les deux présidences Obama, dans une Amérique qui continuait d’être dirigée par le courant néoconservateur et la géopolitique brzezinskienne, qui a fait ses ravages sous les deux présidences Clinton et celles des Bush. Nous verrons dès janvier prochain si elle se poursuit peu ou prou avec l’arrivée au pouvoir du nouveau président Trump, qui semble vouloir faire rupture avec cette option, mais reste néanmoins partisan de faire l’Amérique “à nouveau puissante”.

Le succès de Russia Today en anglo-américain, facile à obtenir étant donnée la débilité de la presse atlantiste déformant l’information et ânonnant sa propagande politiquement correcte comme la Pravda débitait le marxisme-léninisme sous le régime totalitaire soviétique, a inquiété le parlement européen. Cette institution de la très atlantiste Union européenne a donc missionné l’eurodéputée polonaise Anna Fotyga, afin d’élaborer un projet de résolution (1) sur la communication stratégique de l’Union (Stratcom) (2), en collaboration avec celle de l’OTAN (3), afin de contrer la propagande dirigée contre elle par des “tiers”. C’est à dire la Russie, l’Etat islamique et les médias internet. Observons tout d’abord l’amalgame entre la Russie et l’EI, entre une source informationnelle qui donne un autre éclairage sur la situation en Syrie ou en Ukraine par exemple, et une source de propagande et d’appel au meurtre et à la haine, entre un Etat membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et une organisation terroriste interdite par la même ONU. Et il y a une singulière contradiction dans cette résolution entre la façon de traiter la Russie en agresseur et le fait de souligner “que si la propagande et la désinformation contre l’Union en provenance de pays tiers doivent être combattues, cela ne doit pas remettre en cause l’importance d’entretenir des relations constructives avec les pays tiers et d’en faire des partenaires stratégiques pour relever les défis communs” (art. 41).

Une concession peut-être de la rapporteuse Fotyga aux impératifs politiques des membres ouest-européens fondateurs de l’UE. En effet, cette nationaliste polonaise, membre du PiS (4) et proche des Kaczynski, fait partie de cette tendance lourde de l’anti-russisme polonais, au sujet de laquelle le peintre et essayiste Joseph Czapski, émigré polonais et rescapé de Katyn, écrivait en 1957 : “je ne doute pas qu’une étude libre de la Russie (en Pologne) est aujourd’hui hérissée de difficultés innombrables qui n’existaient pas avant la guerre ni même dans l’empire des Tsars. Mais l’obstacle principal n’est-il pas cette animosité organique et profonde à l’égard de la Russie ?” (5) Et il ajoute, citant le philosophe Herzen qui, en 1863, avait pris le parti des Polonais : “Il n’existe pas de nation voisine de la Russie où l’ignorance de la Russie soit plus grande qu’en Pologne. En Occident, on ne connaît pas la Russie tout simplement, mais les Polonais l’ignorent avec préméditation”. Cette ignorante animosité explique sans doute la tonalité générale de la résolution : apeurée, défensive et complotiste. L’élection de Trump, ne cachant pas sa volonté de laisser désormais l’Union européenne assurer sa propre sécurité, effraie les courants politiques des pays d’Europe centrale qui, comme la Pologne, n’ont adhéré à l’Union européenne qu’après avoir adhéré à l’OTAN, comme une condition supplémentaire leur permettant de bénéficier du parapluie américain. Rappelons d’ailleurs à la rapporteuse que toute la politique de son parti PiS est orientée contre l’Union européenne, ses institutions et ses “valeurs”, tombant sous le coup de la condamnation et des mesures qu’elle préconise contre les “tiers” qui les mettraient à mal par leur désinformation et leur propagande.

Car en effet, comme Françoise Thom, cette diplômée d’antirussisme qui, dans un article délirant du Monde, vient de mettre sur le compte de l’influence de la Russie le résultat des récentes élections, notamment en Angleterre et aux Etats-Unis, s’alarmant que “ces derniers mois, les dominos tombent les uns après les autres : presque tous les scrutins tenus dans le monde occidental et l’espace postsoviétique donnent le résultat voulu par le Kremlin”, Fotyga, en bonne démocrate elle aussi, ignore le libre choix des peuples et l’impute au gouvernement russe qui “fait un usage agressif d’un panel étendu d’outils et d’instruments, tels que des groupes de réflexion et des fondations spéciales (Russkyi Mir), des autorités spéciales (Rossotroudnichestvo), des chaînes de télévision multilingues (Russia Today, par exemple), des soi-disant agences d’information et services multimédias (Sputnik, par exemple), (…) des réseaux sociaux et des trolls internet, afin de s’attaquer aux valeurs démocratiques, de diviser l’Europe, de s’assurer du soutien interne et de donner l’impression que les États du voisinage oriental de l’Union européenne sont défaillants”. Et si l’UE est en perte de vitesse auprès de “ses voisins orientaux”, aussi bien les Ukrainiens que les Moldaves ou les Géorgiens, et même les Bulgares ou les Hongrois, et jusqu’aux Tchèques, ce ne peut être bien sûr que la faute du Kremlin. Gageons qu’avec ce type de raisonnement l’UE n’est pas près de résoudre sa crise structurelle et que le débat sur la nécessaire refondation de l’Europe occupera une place importante dans la campagne des présidentielles françaises de 2017, au vu de l’échec patent du projet fédéraliste.

Mais regardons d’un peu plus près ce projet de résolution : il rabâche le terme de désinformation, qui serait pratiquée par les seuls médias russes, sans jamais l’expliquer ni donner le moindre exemple, comme s’il s’agissait d’un vice constitutif desdits médias, dont l’évidence n’exigerait en rien la démonstration. Car “la guerre d’information ciblée contre l’Occident a été largement menée par l’Union soviétique durant la guerre froide et elle fait, depuis, partie intégrante de la guerre hybride moderne, combinaison de mesures militaires et non militaires, secrètes et ouvertes, visant à déstabiliser la situation politique, économique et sociale du pays attaqué, sans déclaration de guerre formelle, qui visent non seulement les partenaires de l’Union, mais aussi l’Union elle-même”. Cqfd. Comme si, depuis la chute de l’URSS, l’Occident, accompagnant l’hubris américaine au Moyen-Orient, en Asie centrale, en Yougoslavie, en Afrique du Nord et en Ukraine, ne l’avait pas pratiqué à une échelle inégalée dans ses médias de masse, instaurant le règne universel du mensonge, des couveuses du Koweit aux fioles d’anthrax irakiennes, du prétendu massacre de Racak au Kosovo (6) aux projets de génocide de Kadhafi en Libye, et jusqu’à l’utilisation d’armes chimiques par Damas à la Goutha en août 2003, que le président Hollande a voulu soutenir sans vergogne jusqu’à récemment.

Le seul exemple que retienne la résolution est celui de “l’annexion russe de la Crimée et de la guerre hybride menée par la Russie dans le Donbass, (où) le Kremlin a intensifié sa confrontation avec l’Union”, précisant “que le Kremlin a intensifié sa guerre de propagande, la Russie jouant un rôle plus actif dans l’environnement médiatique européen, afin de créer dans l’opinion publique européenne un soutien politique en faveur de l’action russe et de nuire à la cohérence de la politique étrangère de l’Union”. Nous n’accablerons pas Fotyga en supposant qu’elle joue ici à son insu le rôle du Bourgeois gentilhomme, pratiquant une désinformation passive en prétendant en citer un exemple : en ignorant le libre choix des Criméens, démocratiquement exprimé par un référendum, et l’insurrection de la population du Donbass, qui ont été provoqués par le putsch du 22 février 2014, dans lequel des Polonais de la famille idéologique de Fotyga n’ont pas joué le moindre rôle, elle masque les commanditaires de cette désinformation à grande échelle. Ceux qui ont voulu détacher l’Ukraine du processus d’intégration eurasiatique en pratiquant une politique agressive à l’égard de la Russie qui en est la cheville ouvrière, refusant de discuter avec elle les conditions de réalisation d’un accord d’association avec l’Ukraine, auquel la Russie était intéressée, étant donnés les liens ténus, économiques, socio-culturels et historiques avec l’Ukraine. Avec les résultats que l’on sait pour des Ukrainiens à qui l’on a fait miroiter des visas et des salaires mirobolants, sur quoi la presse occidentale se garde bien d’informer.

D’autres erreurs témoignent de la mauvais foi de la rapporteuse, comme celle “des groupes sociaux et religieux transfrontaliers (sic)” qui seraient utilisés par le Kremlin dans la guerre hybride qu’elle imagine qu’il mène contre l’UE, “le régime souhaitant se présenter comme le seul défenseur des valeurs chrétiennes traditionnelles”. Il est vrai qu’un idéologue comme Alexandre Douguine opère ce genre de distinction, mais il reste relativement marginal. Et si la Polonaise Fotyga semble elle aussi en être restée au schisme de 1054, elle ignore, comme ses co-rapporteurs, que le patriarche de l’Eglise orthodoxe russe, Cyrille, proche du Kremlin, a signé avec le pape catholique François une déclaration commune au cours d’une rencontre historique à Cuba, laquelle tire un trait définitif sur la séparation des deux églises, unies dans une même foi (7), que les politiques de l’UE feraient bien d’avoir à l’esprit dans leurs relations avec la Fédération de Russie.

Concernant l’autre cible de la résolution, elle prétend “que la crise financière et la progression des nouvelles formes de médias numériques ont posé des défis majeurs pour le journalisme de qualité, en se traduisant par une diminution de la pensée critique du public, ce qui le rend plus sensible à la désinformation et à la manipulation”. Fotyga et ses pairs inversent l’ordre des causes et des conséquences : s’il y a une crise de la presse, c’est que le public n’y trouve plus son compte et s’en détourne, ce qui n’aurait pas lieu si le journalisme des grands médias avec pignon sur rue était comme elle le prétend “de qualité”. C’est au contraire parce que le public reste critique et exigeant qu’il refuse le lavage de cerveau quotidien de la grande presse, pour trouver à mieux s’informer sur internet, où il y a bien sûr à prendre et à laisser, mais où l’on prend moins de risques qu’en achetant un journal 2 euros 40. Et c’est là que la résolution devient inquiétante, attentatoire aux libertés fondamentales, lorsqu’elle proclame en préambule que “l’Union européenne s’est engagée à ce que son action sur la scène internationale repose sur des principes tels que la démocratie, l’état de droit et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que la liberté des médias, l’accès à l’information, la liberté d’expression et le pluralisme des médias”, ajoutant curieusement : “ce dernier principe pouvant cependant être limité dans une certaine mesure, comme le précise le droit international, notamment la convention européenne des droits de l’homme”.

Car elle va, dans ses recommandations, pour faire face à ce qui est présenté comme une agression de la Russie en matière de communication, jusqu’à préconiser “le renforcement de la task force de l’Union sur la communication stratégique (Stratcom) en faisant d’elle une unité à part entière au sein du SEAE (8) qui soit responsable des voisinages oriental et méridional et dotée d’effectifs et de ressources budgétaires adéquats, éventuellement au moyen d’une nouvelle ligne budgétaire spécifique”. En outre elle “demande que soit renforcée la coopération entre les services de renseignement des États membres en vue d’évaluer l’influence exercée par des pays tiers qui tentent de nuire aux fondements et aux valeurs démocratiques de l’Union”. Un pas vers un véritable organe de censure appuyé sur les services secrets, c’est à dire vers une structure totalitaire de l’UE. D’autant plus qu’elle propose un véritable formatage des journalistes par “une éducation et une formation de qualité au journalisme à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe” et la mise en commun de “plateformes de partage de contenus”. Mais la résolution n’est pas que défensive, elle finit par recommander : “l’adoption de mesures visant à fournir à un public cible des informations appropriées et intéressantes sur les activités de l’Union, les valeurs européennes et d’autres questions d’intérêt public”. Lorsque l’on regarde Euronews, l’on se dit qu’il y a encore des progrès à faire pour détourner les Moldaves ou les Géorgiens d’adhérer à l’Union eurasiatique.

Il n’est donc pas étonnant que ce projet de résolution n’ait été adopté le 23 novembre dernier qu’à une courte minorité par 304 députés contre 179, 208 s’étant abstenus, sur un total de 691. Lors de la discussion au parlement européen (9), la Haute représentante Federica Mogherini, en charge de la mise en place de la “task force”, a pris la parole en commençant par citer le dictionnaire Oxford – comme l’avait fait récemment la journaliste Christiane Amanpour, cette propagandiste néocon de CNN, à propos de l’élection de Trump – qui a déclaré “post-truth”, ou post-vérité, le mot de l’année. Expliquant que cela nomme “une situation où les faits objectifs sont moins déterminants pour former l’opinion publique que les émotions”, phénomène amplifié par l’internet, elle a surtout insisté ensuite sur le rôle de la “task force” méridionale, chargée notamment de la surveillance des contenus mis en ligne par les terroristes islamistes, qui via une unité d’Europole, est parvenu à faire supprimer 90% des contenus par les opérateurs. Et après avoir rappelé que “ce rapport parle de la propagande par des tiers”, elle précise : “mais bien entendu cette question devra être examinée au sein même de l’UE en commençant au sein de cette assemblée”, proposant ensuite d’orienter la Stratcom active de l’UE vers la présentation de ses réalisations positives. Et concernant la “task force” orientale, si elle déclare qu'”elle s’adresse également au public russophone qui veut des informations fiables en russe”, il s’agit du projet de lancement d’une chaîne de l’UE en russe, Mogherini propose que cette “task force” travaille en “donnant des conseils, une expertise, avec les gouvernements travaillant dans les diverses régions”. C’est à dire une position plus modérée et moins fermée à une relation constructive avec la Russie que ne le préconise le projet de rapport, dont la formulation définitive n’a toujours pas été publié sur le site du parlement européen.

En effet, après l’échec de l’accord d’association avec l’Ukraine et l’élection de Trump, qui pourrait être moins intrusif en Europe centrale et en Ukraine que l’administration précédente, l’UE est rappelée, outre sa grave crise interne, à la réalité. Et donc être rendue plus méfiante à l’égard des experts autoproclamés de la Russie dans les rangs des eurodéputés et des fonctionnaires européens baltes ou polonais, mais aussi tchèque, comme le commissaire européen à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage Stefan Füle, promoteur de la réalisation à marche forcée de la réalisation de l’accord d’association avec l’Ukraine en 2013, qui a mené à la catastrophe que l’on sait. Entre une unification du continent eurasiatique dans la coopération et le développement, qui prendra certes du temps mais qui exige le dialogue, la patience et des engagements concrets, et la confrontation entre blocs proposée de façon irresponsable par Fotyga et ses pairs, il n’y a pas à hésiter, car c’est un choix qui concerne l’avenir de la civilisation et celui des générations suivantes.

Frédéric Saillot, le 30 novembre 2016

(1) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+REPORT+A8-2016-0290+0+DOC+XML+V0//FR&language=fr
(2) Divisée en Stratcom-Est (dirigée contre la Russie) et Stratcom-Sud (dirigée contre l’EI)
(3) http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2016/586600/EPRS_BRI(2016)586600_EN.pdf
(4) Droit et Justice : parti nationaliste polonais fondé par des membres de l’aile droite de Solidarnosc.
(5) Tumultes et spectres, Les Editions noir sur blanc, 1991, pp. 206-207.
(6) Voir à ce sujet mon livre : Racak, de l’utilité des massacres, tome 2, L’Harmattan, 2010.
(7) http://m.vatican.va/content/francescomobile/fr/speeches/2016/february/documents/papa-francesco_20160212_dichiarazione-comune-kirill.html
(8) SEAE : Service européen pour l’action extérieure, service diplomatique du Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Federica Mogherini.
(9) http://www.europarl.europa.eu/ep-live/en/plenary/video?debate=1479845225324

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En Syrie, la fête est finie pour les charlatans (B. Guigue)

Publié le par Felli Bernard

En Syrie, la fête est finie pour les charlatans (B. Guigue)

En sonnant le glas d’une insurrection télé-guidée de l’étranger, la débâcle d’Alep dissipe une énorme supercherie. Il aura fallu six années de malheur pour que cette tragédie provoquée et entretenue par une avalanche de pétrodollars sur fond de crise régionale apparaisse sous son vrai jour. Ce n’était pas une révolution, mais une opération ratée de « regime change » voulue par Washington et ses alliés. De l’aveu d’Hillary Clinton elle-même, cette opération fut menée en utilisant des organisations terroristes dont la maison-mère (Al-Qaida) était déjà une coproduction saoudo-américaine dans les années 80. Al-Nosra, Daech et consorts, à leur tour, furent mis au service d’une stratégie du chaos qui visait à pulvériser les Etats de la région au profit d’entités ethno-confessionnelles dont la fragmentation garantirait la docilité.

Il en résulta une farce sanglante, désormais ensevelie sous les gravats de cette ville martyrisée par une guerre impitoyable que provoqua l’appétit de domination impérialiste allié au fanatisme sponsorisé de desperados crétinisés jusqu’au dernier centimètre cube de leur cerveau. Le pire n’est jamais sûr, dit-on, mais on eut droit à tout ce qu’il était possible de faire, y compris l’inimaginable ! Des dirigeants occidentaux qui prétendent combattre les terroristes tout en leur procurant des armes au nom des droits de l’homme. Des puissances étrangères qui infligent un embargo sur les médicaments à des populations civiles coupables de ne pas combattre leur gouvernement. Des familles royales sanguinaires et débauchées qui donnent des leçons de démocratie tout en sponsorisant la terreur. Des intellectuels français qui exigent comme un impératif moral le bombardement d’un pays qui ne nous a rien fait. C’est un triste privilège, mais il faut reconnaître que le drame syrien a généré un impressionnant florilège de saloperies.

Qu’on se souvienne seulement avec quels accents enflammés les chantres hexagonaux de cette révolution-bidon nous serinaient depuis six ans qu’une glorieuse insurrection allait mettre à bas l’odieuse tyrannie ! Jour après jour, ils noyaient hypocritement d’un écran de fumée humanitaire la haine que leur inspirait cet Etat syrien dont le seul tort était de rester debout face à la coalition prédatrice des puissances occidentales et des pétromonarchies corrompues. Sans vergogne, ils couvraient de leur clameur mensongère, en les attribuant aux soldats syriens défendant leur patrie menacée, les atrocités commises par des bandes criminelles dont l’ambition monomaniaque était d’imposer la charia wahhabite et de liquider les minorités confessionnelles.

On les a vus, on les a entendus pendant de longues années, ces charlatans. Les Jean-Pierre Filiu, François Burgat, Jean-Paul Chagnollaud, Pascal Boniface, Dominique Vidal, Ziad Majed, Romain Caillet, Bruno Tertrais et consorts intoxiquèrent l’opinion de leurs mensonges en respectant scrupuleusement le cahier des charges atlantiste. Experts en affabulation, ces mythomanes multi-cartes ont craché sur la Syrie, son peuple, son armée et son gouvernement. Ils n’ont cessé de les calomnier, relayés par des journalistes dont l’inculture n’avait d’égale que leur partialité. Niant l’évidence d’un mercenariat international financé par les pétromonarchies, ces pseudo-progressistes se sont rangés, servilement, du côté d’un obscurantisme wahhabite mis au service de l’impérialisme occidental. Prenant des grands airs, ils donnaient des leçons d’humanisme tout en tressant des couronnes aux milices mafieuses et sectaires qui détruisaient la Syrie. Faisant le tri entre les bonnes et les mauvaises victimes, ils brandissaient les droits de l’homme côté cour et soutenaient les tortionnaires takfiris côté jardin.

Pour incriminer le gouvernement syrien et ses alliés, ils voulaient enrôler au service de leur cause frelatée le sort des civils assiégés à Alep, mais en omettant de dire que 80% de ces civils se trouvaient dans les quartiers protégés par le gouvernement, et que les autres, retenus prisonniers par les djihadistes, étaient utilisés par ces glorieux « révolutionnaires » comme boucliers humains. Ils voulaient nous faire croire que l’aviation russe bombardait les hôpitaux d’Alep, mais sans préciser que la majorité des hôpitaux étaient à Alep-Ouest et subissaient le feu incessant et meurtrier des mortiers rebelles. Orchestrant une indignation sélective fondée sur le déni de réalité permanent, ils ont accrédité cette monumentale escroquerie des « Casques Blancs », brillamment démasquée par une courageuse journaliste, Vanessa Beeley, qui administra à ces fumistes une leçon définitive d’honnêteté intellectuelle et de probité professionnelle.

La reconquête de la deuxième ville de Syrie par son armée nationale ne rend pas seulement l’espoir au peuple syrien, qui aperçoit désormais le bout du tunnel après tant de souffrances. Cette victoire d’une armée majoritairement composée de conscrits de confession sunnite (comme l’a récemment rappelé le géographe et excellent analyste Fabrice Balanche) ne dissipe pas seulement le mythe d’une guerre confessionnelle forgé de toutes pièces par les pousse-au-crime du wahhabisme. Cette reconquête balaye aussi d’un grand courant d’air frais, en ce victorieux mois de décembre, les miasmes putrides largués dans l’atmosphère par six années de propagande à grande échelle.

Orchestrée par les larbins de l’impérialisme US et les collabos de l’obscurantisme wahhabite (ce sont souvent les mêmes), cette propagande a diabolisé le gouvernement syrien en lui attribuant la responsabilité des crimes commis par ses adversaires. Elle a aussi diabolisé la Russie, dont l’intervention militaire en Syrie, contrairement à celle des pays de l’OTAN, respecte le droit international et frappe sans lésiner les terroristes de tous poils. Il faut vivre en France, ce pays de masochistes, pour voir la haine de la Russie se déchaîner, avec une rare violence, chaque fois qu’elle fait reculer les terroristes. A chaque défaite infligée sur le terrain aux commanditaires du massacre du Bataclan, nos charlatans hexagonaux, du gouvernement aux médias, se répandent en clameurs indignées !

Le drame syrien est un révélateur chimique. Jamais depuis Vichy notre intelligentsia ne s’était autant vautrée dans la fange, jamais elle n’avait mis un tel point de déshonneur à célébrer l’esprit collabo. Mais voilà, la roue tourne. Que reste-t-il aujourd’hui du dogme interventionniste cher aux néocons, au moment où Donald Trump le dénonce, où Vladimir Poutine mène le bal au Moyen-Orient et où l’Etat syrien expédie les mercenaires de Riyad dans les poubelles de l’histoire ? Doublement orphelins, les charlatans du droit-de-l’hommisme (à géométrie variable) risquent de perdre leur héros yankee, fatigué de mener des guerres stupides, et leur piétaille moyen-orientale, taillée en pièces par cette armée syrienne qu’ils méprisaient. Pour les charlatans, décidément, la fête est finie ».

Bruno Guigue, Arrêts sur info, le 7 décembre 2016

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La tentative de l’État profond de réprimer la demande d’or en Inde

Publié le par Felli Bernard

La tentative de l’État profond de réprimer la demande d’or en Inde


Par Stewart Dougherty – Le 28 novembre 2016 – Source  investmentresearchdynamics.com

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L’objectif premier de la démonétisation de la monnaie indienne était de réduire fortement la demande d’or sur le marché au détail le plus important au monde, l’Inde, contrôlée par l’oligarchie de l’État Profond par l’intermédiaire d’un agent à eux, son Premier ministre [Modi]. La façon dont la démonétisation a été réalisée indique une sorte de désespoir… – Stewart Dougherty

La démonétisation indienne dénote un stress important sur le marché mondial de l’or… – Stewart Dougherty

Il est clair que la démonétisation de la monnaie indienne est en fait une attaque planifiée contre la demande d’or indienne, lancée pour perturber les prix de l’or et discréditer ce métal comme catégorie d’actif. L’attaque a été nécessaire pour atténuer le stress sévère sur le marché mondial de l’or, qui est de plus en plus difficile à contenir pour les contrôleurs du Deep State.

Depuis deux décennies, l’or physique migre de l’ouest vers l’est en quantités croissantes. De nombreux rapports confirment que les principales raffineries du monde fonctionnent à leur maximum de capacité pour convertir l’or occidental en kilos demandés par les acheteurs asiatiques. Les raffineurs confirment également que l’approvisionnement en or de l’Occident est devenu problématique, car les fournitures se raréfient face au monde vorace, et en particulier face à la demande orientale.

Les banquiers centraux de l’Occident et leurs gestionnaires du Deep State ont clairement indiqué qu’ils avaient l’intention de passer à une société sans numéraire. Cependant, ils ne sont pas encore prêts à faire cette transition. Par conséquent, leur objectif actuel est d’entamer le processus en éliminant les devises de forte valeur nominale, telles que les billets de 500 euros et les billets de 50 et de 100 dollars. Dans le même temps, ils travaillent à la numérisation de l’infrastructure de paiement, une condition préalable à l’élimination de la trésorerie.

Leur problème est la constante prise de conscience du peuple, quant aux implications inquiétantes d’une société sans numéraire, et à l’assaut sur les libertés humaines qu’elle représente. Les oligarques de l’État profond doivent mettre en œuvre leur ordre du jour avant que les gens ne se mobilisent pour les empêcher de le leur imposer.

Les oligarques de l’État profond comprennent que les gouvernements occidentaux qu’ils réquisitionnent sont en faillite. Pour continuer leurs opérations, ils doivent tirer parti de la richesse privée du peuple pour le financement. En fait, le FMI a produit un document recommandant un « prélèvement unique sur le capital de 10 % » (un impôt sur la fortune de 10%) pour faire face aux problèmes budgétaires insolubles des gouvernements occidentaux. Les auteurs de cet article affirment que le « prélèvement » doit être imposé de nuit et par surprise totale, pour empêcher les citoyens de prendre des mesures pour l’éviter.

Ce type d’embuscade est exactement ce qui s’est passé en Inde, avec sa démonétisation de choc.

La proposition du FMI ne modifie en rien la trajectoire actuelle des gouvernements en matière de déficits et d’endettement. L’argent recueilli serait simplement utilisé pour le service de la dette existante. Cela signifie que ce prélèvement de capital ne sera d’abord que le premier de nombreux à l’avenir. La seule solution des gouvernements est d’exproprier la richesse privée du peuple, ce qui est exactement ce que le FMI a admis.

Si les gens ont de la trésorerie et d’autres avoirs monétaires privés en dehors du système bancaire lorsque le « prélèvement de capital » sera imposé, les gouvernements vont en perdre une partie. C’est l’une de leurs principales motivations pour éliminer les liquidités : pour maximiser le produit de la taxe sur le capital, ils ont besoin du montant le plus élevé possible dans le système bancaire, sous forme numérisée, non retirable, lorsque le prélèvement sera exécuté.

Ce n’est pas dans l’intérêt des gouvernements que les gens pensent qu’il vaut mieux être leurs propres banquiers, en privatisant leurs avoirs monétaires plutôt que de les remettre aux banquiers commerciaux, qui sont devenus des gardiens et des agents de l’État. Par conséquent, une campagne à grande échelle est en cours pour diaboliser l’argent liquide et rendre les métaux précieux dangereux dans l’imaginaire, en pulvérisant régulièrement leurs prix.

Dans l’intervalle, les réserves de métaux physiques à l’Ouest ont constamment diminué et sont maintenant au plus bas. Cela signifie que les activités de baisse des prix du papier LBMA et Comex des banques de lingots doivent progressivement augmenter, pour qu’elles puissent maintenir le contrôle d’un marché qui sort de leur contrôle. Contrairement aux investisseurs de l’Est, les investisseurs de l’Ouest ont tendance à acheter lors de hausse des prix, car ils recherchent la dynamique. La hausse des prix peut conduire à une ruée d’achat. Si une ruée d’achat devait éclater sur le marché actuel des métaux précieux soumis à l’offre, les prix augmenteraient, ce qui serait contraire à l’ordre du jour des oligarques de l’État profond.

Étant donné que les opérateurs du Deep State ne peuvent rien faire pour augmenter l’offre d’or à l’Ouest, leurs seules options sont de découvrir d’une façon ou d’une autre des fournisseurs ailleurs, et / ou d’écraser la demande d’or.

Le « d’une façon ou d’une autre » est l’Inde, une nation dont le peuple possède une estimation de 20 000 tonnes d’or, et qui achète des centaines de tonnes de plus chaque année. Le Premier ministre Modi, le politicien docile et contrôlé de l’establishment de l’État profond, a été chargé de tenir le contrôle de l’offre et de la demande de l’or en Inde et il a fait des heures supplémentaires pour atteindre les deux objectifs depuis son élection.

Premièrement, Modi a lancé un programme d’or papier, dans lequel les Indiens ont été invités à verser leurs avoirs d’or personnels à l’État, en échange de « billets » et d’« obligations » rapportant des taux d’intérêt inférieurs à l’inflation sur la valeur de l’or qu’ils fourniraient. Les billets ne sont pas remboursables en or pendant au moins cinq ans, au moment où l’or aura depuis longtemps disparu de l’Inde et aura été utilisé sur le marché de gré à gré des banques de lingots et autres opérations à but lucratif. Le schéma de l’or papier de Modi a échoué, parce que les Indiens n’ont pas confiance en lui, et c’est très bien ainsi.

Ensuite, Modi a imposé un droit à l’importation de 10 % sur l’or (l’Inde ne produit presque pas d’or, donc presque tout est importé). Cela s’est traduit par une grève de plusieurs semaines des bijoutiers, ce qui a permis de réduire la demande, l’un des deux objectifs du plan des oligarques de l’État profond.

Mais bientôt, ce système a échoué parce que la contrebande a augmenté, permettant aux Indiens d’obtenir l’or qu’ils souhaitent à des prix d’environ 5% au-dessus du prix mondial, ce qui est raisonnable vu les circonstances.

Dans un effort pour limiter la demande, Modi a promulgué un règlement spécial. Édicté en 2015, il exige que toute personne qui achète des bijoux ou des métaux précieux d’une valeur de 200 000 roupies ou plus (l’équivalent d’environ 2 900 dollars US) présente une carte indienne PAN. PAN signifie Numéro de Compte Permanent, un numéro alphanumérique à dix chiffres, délivré par le Département fiscal de l’Inde aux particuliers et aux entreprises. Le PAN permet au personnel des impôts de suivre toutes les transactions financières d’un détenteur de carte pendant toute leur durée de vie.

Seuls 17% de la population de l’Inde ont obtenu un nombre PAN à ce jour, ce qui signifie que 83% de la population est incapable d’acheter 2 900 dollars ou plus de bijoux ou de lingots en une seule transaction. Sans carte PAN, il est illégal de le faire. Ce règlement a réduit les achats de bijoux et de lingots par les Indiens de haut niveau qui ont un PAN, mais ne veulent pas que leurs transactions personnelles soient enregistrées en permanence. Alternativement, il les a conduits à faire des achats plus petits, qui ne nécessitent pas la présentation d’une carte PAN.

Alors que la réglementation PAN a freiné la demande haut de gamme du marché (les plus de $3 000), elle n’a rien fait pour répondre au marché actif au comptant. Les petits achats de bijoux et de lingots sont traditionnellement payés en espèces, en utilisant des billets de 500 et 1 000 roupies. C’était le talon d’Achille du Deep State en Inde, et ils ont décidé de s’en occuper.

En conséquence, le 8 novembre 2016, Modi a « éteint » toutes les coupures de 500 et 1 000 roupies indiennes. Les détenteurs des anciens billets ont été tenus de les échanger contre de nouveaux, mais le processus a été extrêmement difficile et a pris beaucoup de temps. En outre, il y a des restrictions sévères sur le montant de la nouvelle monnaie que les citoyens peuvent obtenir. Les retraits sont plafonnés à 40 000 roupies par semaine, environ $575. Après avoir payé pour les frais de subsistance (90% des achats indiens sont effectués avec de l’argent), il reste très peu pour les achats discrétionnaires comme les bijoux en or. Étant donné que la démonétisation a été spécifiquement programmée pour se produire au milieu de la saison des noces, la réduction de la demande a été prononcée. Les bijoutiers de Mumbai, le plus grand marché de détail au pays, rapportent des ventes en baisse de 90%.

Nous croyons que l’objectif premier de la démonétisation de la monnaie indienne était de réduire fortement la demande d’or sur le marché de détail le plus important au monde, l’Inde, contrôlée par l’oligarchie de l’État par l’intermédiaire d’un agent docile, son Premier ministre. La manière dont la démonétisation a été réalisée indique une sorte de désespoir, parce qu’elle défie toute prudence économique, toute logique même humanitaire et tout bon sens. L’Inde est le seul pays où ce type d’attaque contre la demande aurait pu être mené à bien, et c’est pourquoi il s’est produit là. Il nous indique que la cabale bancaire est en train de se heurter au mur et que le marché mondial de l’or est en train de devenir très difficile à maîtriser. Des temps désespérés produisent des mesures désespérées de la part des manipulateurs.

Il est essentiel de noter que le gouverneur de la Banque de réserve de l’Inde jusqu’à mi-2016, Raghuram Rajan, a décliné un deuxième mandat de trois ans. Rajan était un ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, un des gars derrière le « prélèvement de capital ». Il est également membre du Groupe des Trente, ainsi que Larry Summers, chef des pom-pom girls pour l’élimination des billets de 100 dollars aux États-Unis, et des espèces en général. Beaucoup plus important encore, Rajan est maintenant devenu vice-président de la Banque des règlements internationaux, la « banque centrale des banques centrales », longtemps considérée comme le principal architecte et facilitateur de la manipulation mondiale de l’or et de l’oppression des prix. Il a été caractérisé dans la presse comme étant « un défenseur pour une coordination accrue entre les banques centrales ». Il est évident qu’un important programme global de l’État profond est maintenant en jeu.

Le Brexit et la victoire de Trump ont démontré que le peuple ne peut être poussé si loin, mais les oligarques de l’État profond sont beaucoup trop accros à l’argent facile et au pouvoir divin pour entendre le message. Ils poussent en avant, comme si rien n’avait changé dans le monde. La conservation par le peuple de sa liberté financière est beaucoup plus importante pour lui que le Brexit ou Trump, et nous croyons qu’il va défendre ce droit, car les peuples sont en train de s’éveiller à l’ensemble des implications de la tyrannie.

À mesure que la demande se rétablit, suite au choc de la réduction de la demande qui s’est produite en Inde, nous croyons que le marché des métaux précieux deviendra plus fort que jamais. Premièrement, l’Inde a discrédité le précieux produit de monopole des gouvernements : la monnaie fiduciaire. Deuxièmement, le choc de la demande d’or dû à la démonétisation en Inde n’a aucun effet sur la demande de la Russie, de la Chine et du reste de l’Asie, qui est plus forte que jamais. Troisièmement, les réalités fiscales et monétaires des gouvernements occidentaux continuent de s’aggraver, renforçant l’idée déjà convaincante en faveur des métaux précieux. Quatrièmement, et comme nous l’avons souligné dans des articles précédents, la fourniture de l’or ne peut résister à un redéploiement même d’une fraction des actifs personnels en liquide dans les métaux, sans que les prix soient forcés d’être beaucoup plus élevés qu’aujourd’hui. Et cinquièmement, les banques de lingots et les intrigants de l’État profond sont à court de coups tordus contre la population. En fait, l’acrobatie qu’ils viennent de faire en Inde pourrait être leur dernière, du moins de cette ampleur. Bien que nous n’excluions rien de leur côté, y compris le dumping désespéré des avoirs de métaux restants des banques centrales de l’Ouest (qui pourraient même ne plus exister à ce stade tardif) et des interdictions que les gens doivent ignorer s’ils veulent avoir une chance de rester financièrement libres. Il semble clair pour nous qu’ils vont être rapidement à court d’options.

Stewart Dougherty

P.S. Une conclusion supplémentaire que nous tirons des événements en Inde est qu’ils prouvent presque certainement que la réserve d’or des États-Unis a disparu. Ce qui s’est passé en Inde indique qu’il existe un déséquilibre essentiel de l’offre et de la demande dans l’or, qui exigeait une «solution» sans précédent, draconienne et imprudente. En fait, cela n’a rien résolu. Cela a juste acheté aux oligarques un peu de temps, mais probablement pas beaucoup. Si des réserves d’or occidentales et surtout américaines étaient disponibles, elles auraient presque certainement été déployées avant qu’une démonétisation monétaire massive et destructrice dans la deuxième nation la plus importante du monde, en terme de population, ait été ordonnée.

Stewart Dougherty est le créateur d’Inferential Analytics (IA), une méthode de prévision qui s’applique à des événements exclusifs, les principes de l’instinct humain, le désir et l’action. À son avis, il est peu probable que les méthodes de prévision fondées sur les principes de l’action humaine soient fiables dans le temps. Il est diplômé de l’Université Tufts (BA) et de la Harvard Business School (MBA). Il est aussi un vétéran de plus de 35 ans dans les tranchées du monde des affaires et a développé en IA sur une période de 15 ans et plus.

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