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Les enseignants : fossoyeurs de l’Occident

Publié le par Felli Bernard

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Ecole Primaire 1

Les enseignants : fossoyeurs de l’Occident

 
 
 

Colignon, correcteur d’imprimerie

♦ Jean Jaurès disait : quand les hommes ne savent plus changer les choses, ils changent les noms.

C’est ainsi que les institutions consacrées à l’éducation des jeunes enfants et qui portaient autrefois le modeste nom d’écoles primaires alors qu’elles étaient excellentes, portent, depuis qu’elles sont devenues exécrables et impuissantes, le sobriquet d’écoles de l’excellence.

Est-il en effet preuve plus certaine de l’incurie de nos gouvernements que cette hypocrite auto-complaisance ?


Parler d’excellence quand les universitaires font des fautes d’orthographe et éprouvent de grosses difficultés à résoudre une règle de « 3 » ; parler d’excellence quand les universitaires, dépourvu de toute culture générale, ont oublié jusqu’aux notions les plus élémentaires du cursus primaire et secondaire ; parler d’excellence lorsque 12 années passées sur les bancs de l’école n’ont laissé aucune trace ; parler d’excellence lorsque les enseignants eux-mêmes ne maîtrisent plus les notions qu’ils sont censés enseigner est une insulte à la raison.

Pourquoi en sommes-nous là ?
Pourquoi un universitaire en 2016 n’a-t-il plus le niveau d’un titulaire du brevet d’études en 1920.
La réponse est simple.
Parce que les Etats Occidentaux ont utilisé l’enseignement comme outil de propagande et de démagogie. Faire en sorte que tous les enfants aient leur BAC et que la majorité d’entre eux décrochent un diplôme supérieur était un argument politique essentiel pour les partis populistes (et je ne parle évidemment pas du FN).

Comme le montre le graphique[1] ci-dessous, le nombre de diplômés universitaires de premier, second et troisième cycle a augmenté vertigineusement depuis 1948.

Cette augmentation du pourcentage d’universitaires au sein de la population ne procède évidemment pas d’une meilleure éducation de la population, mais au contraire d’un insondable appauvrissement des exigences académiques sans lequel les titres universitaires seraient restés inaccessibles à la majeure partie des citoyens.
Parler de « nivellement par le bas » reviendrait à enfoncer une porte ouverte si cette locution ne cachait une vérité plus déprimante : l’enseignement ne s’est pas seulement dégradé au cours du XXe siècle, il s’est réduit à néant !

Si la diminution drastique des exigences de l’enseignement a abouti à l’augmentation globale du nombre de diplômés, elle a surtout conduit à la diminution du nombre des bons éléments et notamment ceux qui progressant autrefois, à la faveur de la discipline et de la rigueur, sont désormais livrés à eux-mêmes.
Le même diplôme est donc aujourd’hui délivré aux génies et aux imbéciles, ce qui permet à ces derniers d’accéder aux postes clés de la société malgré un très haut niveau d’incompétence.

Etant enseignant de troisième cycle en physique des lasers à Paris, il m’est permis de faire le constat, plus dramatique chaque année, de l’enseignement Européen.
Comment expliquer la formule de Planck ou celle de Beer-Lambert à des étudiants qui peinent à réaliser une opération élémentaire de calcul mental ?

Car enfin, vous qui lisez cet article et qui avez sans nul doute terminé vos études secondaires, avez-vous gardé un souvenir précis du principe d’inertie, de la liaison covalente, du chloroplaste, du théorème de Thales, de l’intégrale des polynômes, de Phèdre de Racine, de Ruy Blas, ou de la pragmatique sanction ?

Et vous messieurs les professeurs de Philosophie d’une prestigieuse institution universitaire belge pourquoi ne mettiez-vous plus de « s » aux « Lettre » de votre Faculté lors d’une prestigieuse proclamation de résultats ?

Qui est responsable de ce carnage ?

En Belgique, les pédagogues élaborent chaque année ce qu’ils ont coutume d’appeler les socles de compétences et ce que les enseignants dénigrent en les affublant du sobriquet de « socles d’incompétences »… mais que font-ils d’autre ?

Les enseignants n’hésitent jamais à manifester pour défendre leurs salaires ou leurs droits à la pension, mais quand il s’agit de défendre une école qu’ils savent à la dérive, on ne voit plus personne ? Quand ont-ils tenté de faire obstacle au détricotage de l’œuvre de Jules Ferry ?
Quand ont-ils fait barrage à une décadence qui appelle de ses vœux tous les extrémismes ?

Pourquoi se comportent-ils en fossoyeurs de notre civilisation ?

Colignon
14/12/2016

[1] Accès à l’enseignement supérieur en France : une démocratisation réelle mais de faible ampleur. Valérie Albouy et Chloé Tavan. ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 410, 2007

Source : Agora Vox

Correspondance Polémia – 14/12/2016

Image : Ecole primaire/Ecole d’excellence : “L’internat d’excellence fait progresser les élèves en maths, pas en français” (Le Monde 14/04/2013)
(voir à ce propos  www.polemia.com/27e/ ; Classement PISA de l’OCDE : la France reste mal classée).

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Vidéo] Alep : la guerre des cinq jours, Bassam Tahhan

Publié le par Felli Bernard

Intéressante interview de Bassam Tahhan, professeur de lettres arabes, islamologue et politologue franco-syrien né en Syrie (interviewé aussi précédemment ici par France info et là par France 24).

N.B. : il présente une vision très pro-gouvernementale, à prendre comme d’habitude avec prudence et recul.

Source : Youtube, Eurasie Express, 10-12-2016

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par Bassam Tahhan, spécialiste de politique internationale et de la Syrie, interviewé par Frédéric Saillot, le 10 décembre 2016

Source : Youtube, Eurasie Express, 10-12-2016

Une réponse à [Vidéo] Alep : la guerre des cinq jours, Bassam Tahhan

Logic Le 17 décembre 2016 à 04h59
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Pas sûr que France info ou France 24 le réinvite. Pourtant la diversité des opinions exprimées est à la sphère médiatique pour l’information ce que la diversité des partis est à la sphère politique pour la démocratie : une condition nécessaire. Les médias occidentaux ne médiatise plus rien sinon la pensée dominante. Le journalisme est mourant, remplacé par la communication.

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MSM News crée #une tempête de fausses nouvelles autour de l’effondrement de la partie rebelle d’Alep

Publié le par Felli Bernard

MSM News crée #une tempête de fausses nouvelles autour de l’effondrement de la partie rebelle d’Alep


Moon of Alabama  Le 13 décembre 2016 – Source Moon of Alabama

C’est la première fois que j’assiste à un pareil assaut #de nouvelles mensongères. Tous les grands médias et toutes les agences semblent avoir perdu toute inhibition et ils présentent n’importe quelles rumeurs concernant la libération d’Alep-Est comme des faits.

Voyez cette annonce de la BBC en ouverture du journal :

Bataille d’Alep: selon l’ONU, 82 civils ont été abattus sur place

Les forces pro-gouvernementales syriennes ont pénétré dans des maisons d’Alep-Est et ont tué ceux qui étaient à l’intérieur, y compris des femmes et des enfants, selon l’ONU.

Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a affirmé avoir des preuves fiables que dans quatre zones 82 civils avaient été abattus à vue.

Il n’y a pas de bureau des droits de l’homme de l’ONU, cela n’existe pas. La BBC veut parler du bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Le commissaire est le prince jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, un hachémite qui a fait ses études au Royaume-Uni et aux États-Unis et qui est un parent du roi dictateur jordanien. C’est intéressant de noter que la Jordanie est fortement impliquée dans le soutien des «rebelles» contre le gouvernement syrien.

  1. Le bureau n’a pas «dit» que «82 civils avaient été abattus», ni rien d’aussi monstrueux. Il a dit qu’il y avait des «sources» qui avaient «rapporté» que cela s’était produit. Voilà un extrait de son communiqué de presse aujourd’hui :

Selon de nombreuses sources, des dizaines de civils ont été abattus hier place al-Ahrar, dans le quartier d’Al-Kallaseh, ainsi qu’à Bustan al-Qasr, par les forces gouvernementales et leurs alliés, dont le groupe irakien al-Nujabaa.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme (HCDH) a affirmé que «de nombreuses sources ont reçu des informations»  de XYZ, sans révéler ni le nom des «sources» ni la provenance des soi-disant «informations» de XYZ.

Je trouve irresponsable que le HCDH mentionne des informations non vérifiées dans ses conférences de presse. Mais c’est encore plus irresponsable de la part de la BBC de titrer «L’ONU dit que…» en ouverture de bulletin d’information à propos de ces rumeurs, surtout sans apporter le moindre élément supplémentaire dans le reste de son «reportage».

Il y a aussi cette info récente sur les chats tués à Alep.

#Flash info – Activistes: Tous les chats résidents et de passage au dernier refuge d’Alep ont été tués dans une attaque au gaz du Hezbollah.

Le porte-parole du Haut-Commissariat a eu connaissance de cette nouvelle. Nous attendons maintenant le titre de la BBC : «L’ONU dit que le Hezbollah a gazé les derniers chats d’Alep.»

La BBC n’est pas la seule à sortir #de fausses nouvelles. En effet, il semble que les agences de presse recherchent la «sécurité du nombre» en rapportant toutes les mêmes sottises partout où elles le peuvent :

Là encore, l’ONU a seulement dit qu’elle avait connaissance de tels rapports. Elle ne les a pas vérifiés et ne s’en porte pas garante. Cela n’empêche pas les influentes organisations «humanitaires» habituelles, comme Amnesty International, de se joindre au chœur de ceux qui brodent sur le thème de «l’ONU a dit que…». Des milliers de sites d’information et de sites Web copient les faux rapports de l’agence et de la presse «humanitaire» et font en sorte de rendre la fausse nouvelle encore plus sensationnelle. La désinformation déraille complètement.

Mais il se passe aussi des merveilles à Alep.

Les vrais habitants et les vrais journalistes d’Alep disent que les connexions internet y sont lentes et instables. Mais les «militants» qui se trouvent sous un feu d’artillerie intense dans l’est semblent avoir des quantités de gigabits de bande passante fiable à leur disposition. C’est un miracle. Photos et vidéos dans des tweets comme celui-ci «sortent d’Alep» à chaque instant.

Bien sûr, une telle quantité de gigabits pourrait être utilisée à meilleur escient que pour des captures d’écran de vieux clips musicaux, mais personne n’est parfait, surtout lorsqu’il subit un feu d’artillerie lourde.

Les agences de presse et les médias grand public considèrent tous les tweets des «militants», les échanges sur la situation, les téléchargements vidéo et les diffusions en direct de Periscope comme la pure vérité sans même savoir d’où ça vient. Ces «militants» pourraient se trouver n’importe où sur terre et les journalistes n’ont aucun moyen de vérifier leur location.

Je suis inquiet pour la sécurité de toutes ces opérations d’information (pdf). Quand les «derniers militants d’Alep» tweetent que l’armée syrienne se rapproche d’eux, veulent-ils dire que les chars d’Assad s’approchent en vrombissant de Vauxhall Cross [le building du MI6, les services secrets britanniques, NdT]?

Mais tant que tout le monde répète les mensonges de ces «militants» sur «les événements sur le terrain», personne ne pourra être tenu pour responsable. «Nous nous sommes tous honnêtement trompés», est l’excuse habituelle, et elle passe comme une lettre à la poste.

Nous devrions essayer, partout où nous le pouvons, d’obliger ces journalistes à se comporter plus honnêtement.

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La Maison Blanche et Clinton interviennent dans le conflit sur les accusations de piratage russe

Publié le par Felli Bernard

La Maison Blanche et Clinton interviennent dans le conflit sur les accusations de piratage russe

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Le conflit au sein du gouvernement américain et de l’appareil de renseignement sur les allégations d’intervention russe dans l’élection américaine s’est intensifié lundi avec l’intervention directe de la Maison Blanche et de la campagne électorale de Clinton.

Depuis que la Maison Blanche a annoncé vendredi avoir commandé une enquête sur des allégations selon lesquelles la Russie aurait piraté les mailsdu Parti démocrate pour manipuler l’élection, les factions opposées de l’État ont pris des positions de plus en plus intransigeantes, liées à des conflits sur la politique étrangère du nouveau gouvernement Trump.

Lors d’une conférence de presse lundi, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a déclaré que la campagne de Trump avait été stimulée par l’intervention du gouvernement russe dans l’élection. « Vous n’aviez pas besoin d’une autorisation de sécurité pour comprendre qui a bénéficié de la cyber-activité malveillante russe », a-t-il déclaré.

Au sujet de Trump, Earnest a ajouté : « Il a fait appel à la Russie pour pirater Clinton. Donc, il avait certainement une bonne idée d’à qui cette cyber-activité allait bénéficier. »

Le président de campagne de Hillary Clinton, John Podesta, a également annoncé lundi son soutien à une demande de dix membres majoritairement démocrates du Collège électoral pour une séance d’information par la CIA sur les affirmations concernant une intervention russe dans l’élection.

« Nous savons maintenant que la CIA a établi que l’ingérence de la Russie dans nos élections était dans le but de faire élire Donald Trump », a déclaré Podesta. « Les Grands électeurs ont une responsabilité solennelle en vertu de la Constitution et nous appuyons leurs efforts pour que leurs questions soient traitées. »

Le caractère frénétique de la campagne dirigée par le Parti démocrate, accusant le président russe Vladimir Poutine de manipuler les élections américaines et de présenter Trump comme son agent, a été résumé par la déclaration de l’ancien directeur intérimaire de la CIA, Michael Morell, qui a qualifié la supposée intervention russe de « l’équivalent politique du 11 septembre. »

Morell, ainsi que de nombreux anciens responsables du renseignement, s’opposa publiquement à Trump et appuya Clinton pendant la campagne électorale.

Trump a réagi à cette offensive renouvelée en réitérant son rejet des affirmations de la CIA concernant le piratage et l’intervention russes pour son compte. « Pouvez-vous imaginer », a-t-il demandé, « si les résultats des élections étaient le contraire et nous avions essayé de jouer la carte Russie / CIA ? On appellerait cela de la théorie du complot ! »

Les divisions au sein de l’État ne sont pas simplement le reflet des lignes de parti. Lundi, des membres républicains du Congrès de premier plan, dont les sénateurs Lindsey Graham et John McCain, ont rejoint les appels des démocrates pour une enquête bipartite sur le piratage présumé. McCain avait auparavant traité Poutine de « voyou, tyran et meurtrier ».

L’escalade du conflit interne est liée à deux développements au cours des derniers jours. Premièrement, il a été annoncé la semaine dernière que Trump allait probablement nommer Rex Tillerson, le PDG d’ExxonMobil, pour être son secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères). Cette nomination a été confirmée lundi soir par l’équipe de transition Trump et devrait être officiellement annoncée mardi matin.

Tillerson a été critiqué par certains républicains, dont McCain et Marco Rubio, le sénateur de Floride, et une flopée de démocrates pour ses relations amicales avec Poutine et ses relations d’affaires importantes avec Moscou. Un certain nombre de républicains, y compris McCain, ont suggéré qu’ils pourraient s’unir avec les démocrates pour bloquer sa confirmation au Sénat.

Les démocrates ne font pas d’objection à l’installation du dirigeant multimillionnaire d’un conglomérat pétrolier à la tête du Département d’État. Ils concentrent entièrement leur opposition sur les relations soi-disant trop étroites de Tillerson avec la Russie.

Le second développement est la déroute imminente des forces d’opposition syriennes soutenues par les États-Unis, qui sont sur le point d’être chassées de leur ancien bastion d’Alep par les forces gouvernementales syriennes soutenues par la Russie. La CIA, en particulier, a investi d’énormes ressources dans l’opération américaine de changement de régime contre le président syrien et l’allié russe Bachar al-Assad. Plusieurs personnes dans l’équipe de Trump, dont son conseiller à la Sécurité nationale, Michael Flynn, ont critiqué l’opération ratée de la CIA.

Dans un éditorial lundi, le New York Times a fait clairement apparaître les objectifs de la faction Clinton. « Hillary Clinton, la candidate démocrate, avait clairement indiqué que son gouvernement aurait redoublé d’efforts pour punir et isoler Moscou pour ses crimes de guerre dans la guerre civile en Syrie et son agression envers l’Ukraine et d’autres voisins », a écrit le journal. Il a cité favorablement les déclarations de Clinton au cours de la campagne qu’elle avait « croisé le fer avec Poutine » et « continuerait à le faire en tant que présidente ».

Tandis que les forces derrière Clinton ont concentré leurs menaces sur la Russie, Trump a indiqué un changement d’axe plus immédiat sur l’intensification de la pression militaire et économique sur la Chine. Plus tôt ce mois-ci, il a passé un appel téléphonique au président de Taïwan et a dit plus tard qu’il serait disposé à réviser la politique de One-China (une seule Chine) qui a été le fondement des relations sino-américaines pendant presque 40 années.

Dans leur campagne intensifiée contre Trump, les démocrates et les médias qui les soutiennent, notamment le New York Times, ne disent pratiquement rien sur le fait que Trump a perdu le vote populaire (par pas moins de trois millions de voix). Ils ne font pas un scandale non plus au sujet du cabinet ministériel d’ultra-droite qu’il met en place, composé de milliardaires, de patrons d’entreprises et d’anciens généraux.

Tout en répétant sans cesse des accusations non fondées de piratage russe, les démocrates ont largement laissé tomber toute référence à l’agence de l’État qui était, elle, clairement intervenue dans un effort pour faciliter l’élection de Trump – le FBI. Au lendemain de l’élection, la campagne de Clinton a cité l’intervention du directeur du FBI James Comey dans le scandale des courriels de Clinton comme un facteur important dans sa défaite. Cela est maintenant minimisé en faveur de la dénonciation de la Russie.

Quelles que soient les tentatives du gouvernement russe d’influencer le résultat des élections américaines, elles ont été éclipsées par les machinations systématiques et secrètes des agences de renseignement américaines telles que le FBI et celles du Parti démocrate. La documentation interne du Parti démocrate publiée par WikiLeaks, que la campagne de Clinton a cherché à étouffer en condamnant la Russie pour les fuites, a révélé un complot entre l’équipe de Clinton et l’establishment du Parti démocrate pour saboter la campagne des primaires de son concurrent Bernie Sanders. Les autres documents comprenaient des transcriptions des discours serviles et généreusement rémunérés de Clinton devant les banquiers de Wall Street.

Ce qui apparaît maintenant, ce sont les problèmes que les deux campagnes ont cherché à cacher au cours de l’élection de 2016 : les préparatifs de grande ampleur pour une escalade de guerre mondiale et les désaccords virulents sur l’orientation de la politique étrangère prédatrice de Washington.

Il n’y a pas une once de contenu démocratique dans les positions de l’une ou l’autre des factions de l’État et des appareils de renseignement. Il n’y a pas à choisir entre l’archi-réactionnaire Trump et la va-t-en-guerre confirmée Clinton. Quelle que soit la manière dont ces conflits se résoudront, le résultat en sera une escalade massive de la guerre à l’étranger et de l’attaque sur la classe ouvrière aux États-Unis. Les événements de ces derniers jours ont vivement fait ressortir la nécessité pour les travailleurs d’avancer sa propre solution politique, opposée aux deux partis et à l’élite dirigeante qu’ils défendent, face à l’aggravation de la crise.

Andre Damon

Article, WSWS, paru le 13 décembre 2016

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Emile Gafirita abandonné à des assassins : inconséquence ou affaire d’Etat dans le bras de fer entre la France et le Rwanda ?

Publié le par Felli Bernard

mercredi 14 décembre 2016

Emile Gafirita abandonné à des assassins : inconséquence ou affaire d’Etat dans le bras de fer entre la France et le Rwanda ?

 
Communiqué
 
Emile Gafirita fut enlevé le 13 novembre 2014 à Nairobi. Il devait s’envoler le lendemain pour la France afin d’y être auditionné par les juges anti-terroristes Trévidic et Poux qui enquêtaient sur l'assassinat de Juvénal Habyarimana, le président du Rwanda. Il n’a pas réapparu depuis.
Selon ses dires, Emile Gafirita aurait été l'un des membres du commando de l’armée de Paul Kagamé qui, depuis la frontière de l'Ouganda jusqu'à Kigali, aurait transporté les deux missiles qui, le 6 avril 1994, abattirent l'avion du président Habyarimana.
 
Comme cet attentat déclencha le génocide du Rwanda, la question de savoir qui en sont les auteurs est donc primordiale. Et pourtant, il n’y eut pas d’enquête internationale sur ce crime qui coûta la vie à deux présidents en exercice, celui du Rwanda et celui du Burundi. Comme si la vie de deux chefs d’Etat africains avait moins de poids que celle d’un Premier ministre libanais (cf. l’affaire Hariri) ou pakistanais (cf. l’affaire Buttho).
Par les énormes pressions qu’ils exercèrent sur le Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, alliés du régime de Kigali, réussirent en effet à interdire au TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), de mener cette enquête. Comme le TPIR vient de terminer ses travaux, les auteurs de ce crime ne seront donc ni identifiés, ni poursuivis par la justice internationale[2].
 
L’enquête française
 
Saisi par les familles de l’équipage français de l’avion présidentiel rwandais, le parquet anti-terroriste français chargea le juge Bruguière d’enquêter sur cette affaire. Ce dernier réussit à obtenir les numéros de série des deux missiles SA 16 IGLA qui abattirent l’avion (respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835). La traçabilité de ces deux missiles a été établie grâce à la coopération judiciaire de la Russie. Nous savons ainsi que ces deux missiles portables SAM 16 faisaient partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés à l’armée ougandaise quelques années auparavant par Moscou. Or, Paul Kagamé et ses principaux adjoints furent officiers supérieurs dans l’armée ougandaise avant la guerre civile rwandaise et, de 1990 à 1994, l’Ouganda fut la base arrière, mais aussi l’arsenal de l’APR (Armée patriotique rwandaise). Sur ce point les travaux du TPIR permettent des certitudes. De plus, comme cela a été établi, toujours devant le TPIR, l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles. Le juge Bruguière identifia également les chauffeurs des véhicules utilisés pour transporter ces deux missiles depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali, et de là, jusqu’au lieu de leur tir qu’il localisa. Il réussit également à mettre des noms sur les deux tireurs et sur les membres de leur escorte.
En 2007, au terme de son enquête, le juge rendit une ordonnance dans laquelle il désigna le général Kagamé -protégé par son immunité de chef d’Etat -, comme étant le commanditaire de l’attentat. En conséquence de quoi, il lança plusieurs mandats d’amener contre des membres de son premier cercle considérés par lui comme étant directement mêlés à cet acte terroriste.
 
En juillet 2013, puis en janvier 2014, le juge Trévidic qui avait succédé au juge Bruguière, interrogea Jean-Marie Micombero. Cet ancien secrétaire général au ministère rwandais de la Défense et qui, le 6 avril 1994, était affecté à une section chargée du renseignement dépendant directement de Paul Kagamé, confirma au juge les noms et les grades des hommes qui, le 6 avril 1994, auraient tiré les deux missiles qui abattirent l’avion présidentiel. Il livra également nombre de détails sur les préparatifs et sur le déroulement de l’attentat[3]. Ces déclarations recoupaient en les confirmant celles qui avaient été recueillies par le juge Bruguière auprès d’autres témoins.
 
La passivité de la justice française devant les assassinats des témoins
 
Si toutefois il n’était pas fantaisiste, le témoignage d’Emile Gafirita allait donc peut-être permettre de faire avancer l’enquête.
Dans la procédure de réouverture d'instruction qui était alors en cours, la teneur de ce que le témoin-acteur allait dire aux juges était accessible à la Défense. Cette dernière informa ses clients de l’existence d’Emile Gafirita et de son prochain témoignage. Avocat de l’Etat rwandais (Afrikarabia, 19 octobre 2016) et de 6 des 7 mis en examen, M° Léon-Lef Forster, dans un entretien avec la journaliste canadienne Judi Rever[4] l’a reconnu:« J’ai informé les mis en examen, un avocat a l’obligation d’indiquer à ses clients où en est la procédure…il est parfaitement légitime que les clients soient informés des raisons pour lesquelles le dossier est ré-ouvert ».
 
A partir de ce moment, Emile Gafirita fut en danger de mort [5]. Dans ces conditions, il est pour le moins « insolite » que les juges français qui allaient l’interroger n’aient pas pris la précaution de le mettre sous protection. D’autant plus qu’Emile Gafirita se savait menacé et que, dans l’attente de sa convocation qui arriva le jour de sa disparition, il avait écrit par mail à son avocat, M° Cantier, qu’il souhaitait être entendu : « le plus vite serait le mieux avant qu’ils ne me fassent taire à jamais ».
 
Emile Gafirita avait demandé à être entendu sous X avec le statut de « témoin protégé », ce qui ne lui fut pas accordé par le juge Trévidic. Et pourtant, comme l’a révélé plus tard Emmanuel Fansten dans Libération du 4 mars 2015, à la même époque, le juge Trévidic qui enquêtait sur l’attentat de la rue Copernic entendit sous X un ancien membre du groupe Abou Nidal.
Pourquoi une telle différence de traitement ? Le juge Trévidic justifia son refus d’entendre anonymement Emile Gafarita « par le nombre conséquent de manipulations constatées dans l’instruction» (Jeune Afrique, 9 décembre 2014). Cette explication laisse pour le moins perplexe car le juge d’instruction a précisément parmi ses missions celle de faire le tri entre les éléments qu’il recueille. Dans tous les cas, ceux qui enlevèrent Emile Gafirita ne partageaient pas ses doutes…
 
Emile Gafirita qui vivait clandestinement depuis quelques semaines à Nairobi sous un nom d'emprunt fut donc laissé seul et sans protection dans une ville où, en 1996 et en 1998, avaient déjà été assassinés le colonel Théoneste Lizinde et Seth Sendashonga, deux très hauts responsables rwandais ayant fait défection. En privé, le premier prétendait avoir indiqué la ferme de Masaka comme le lieu le plus propice pour commettre l’attentat du 6 avril 1994 ; quant au second, ancien ministre de l’Intérieur, il détenait également bien des secrets sur les événements du mois d’avril 1994.
 
Dans cette dramatique affaire, comment qualifier autrement que par « insolite », l’angélisme ou la « légèreté » du juge Trévidic ? D’autant plus qu’après les meurtres « anciens », de Théoneste Lizinde et de Seth Sendashonga, d’autres, plus récents, avaient tragiquement montré que Kigali n’hésitait pas à faire assassiner quiconque était susceptible de parler au sujet de l’attentat du 6 avril 1994.
Le 9 juillet 2013, Sonia Rolley, journaliste à RFI, avait ainsi publié deux entretiens exclusifs avec deux des plus hauts responsables du régime de Kigali ayant fait défection et qui s’étaient réfugiés en Afrique du Sud. Il s’agissait du général Faustin Kayumba Nyamwaza, ancien chef d’état-major de l’APR (Armée patriotique rwandaise) qui, le 6 avril 1994, était le responsable du renseignement militaire, et du colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements extérieurs du Rwanda de 1994 à 2004.
Ces deux très hauts dignitaires accusaient le général Kagamé d’être le donneur d’ordre de l’attentat du 6 avril 1994, et, depuis plusieurs années, ils demandaient, toujours en vain, à parler à la justice française. On se doit de rappeler à ce propos que le général Kayumba Nyamwaza était sous le coup d’un mandat d’amener du juge Bruguière et que refuser de l’entendre était donc « singulier ».
D’autant plus que les autres mis en examen avaient, eux, été entendus à Bujumbura, au Burundi, par les juges Trévidic et Poux du 6 au 14 décembre 2010, et sans que les parties civiles n’en soient semblerait-il prévenues. Le quotidien Le Monde avait, à l’époque, relaté ce déplacement dans les termes suivants : « L’interpellation des personnalités visées s’étant révélée impossible, leurs avocats, Lev Forster et Bernard Maingain, ont négocié avec les juges ce curieux détour par Bujumbura ».
 
Pourquoi les juges Trévidic et Poux ne recueillirent-ils pas les témoignages du colonel Karegeya et du général Nyamwaza ? L’on nous dit que l’Afrique du Sud n’avait pas répondu à la demande française d’aide judiciaire. Certes, mais l’instruction avait tout de même les moyens de savoir s’il s’agissait ou non d’affabulateurs.
Dans tous les cas, pour le régime de Kigali il était clair qu’il ne s’agissait pas de mythomanes puisqu’il lança des escadrons de la mort à leurs trousses.
Le colonel Patrick Karegeya fut ainsi assassiné par strangulation le 31 décembre 2013, dans sa chambre d’hôtel à Johannesburg. Quant au général Nyamwaza, il échappa à trois tentatives d’assassinat dont l’une le laissa quasiment pour mort, avec notamment une balle dans l’estomac.
Page 302 de son livre Charles Onana [6] rapporte des propos tenus par le colonel Karegeya peu avant son assassinat : « (…) Tout ce que fait votre juge (Trévidic) se trouve dans les médias, même les noms des témoins qui peuvent ainsi être retournés par Kigali ou assassinés ».
 
A la suite de l’assassinat du colonel Karegeya, les autorités sud-africaines expulsèrent plusieurs diplomates rwandais qu’elles accusaient d’avoir partie liée à ce meurtre et le 10 septembre 2014, la justice sud-africaine condamna quatre hommes à huit ans de prison chacun pour tentative d’assassinat sur le général Nyamwaza. Dans le jugement, il est écrit que cette tentative d’assassinat politique avait été ourdie au Rwanda.
 
Le 16 janvier 2014, par la voix de Mme Jen Psaki, son porte-parole, le département d’Etat américain s’est dit « troublé par une succession de meurtres d’exilés rwandais qui semblent avoir une motivation politique. Les déclarations récentes du président Kagamé à propos « des conséquences pour ceux qui trahiraient le Rwanda » nous inquiètent au plus haut point ». Quelques jours plus tard, le Foreign Office britannique s’exprima dans des termes voisins.
 
Quant au Quai d’Orsay, le silence du ministre Fabius y fut aussi assourdissant que celui du ministre Taubira à la Chancellerie…
 
L’ultime manœuvre de Kigali
 
Relais constant des thèses du régime de Kigali, la presse française (notamment Libération, et plus récemment Le Monde) est restée étrangement « pudique » sur le scandale judiciaire, humain et peut-être même politique, que constitue l'enlèvement d'Emile Gafirita, venant après le meurtre du colonel Karegeya et les trois tentatives d’assassinat du général Nyamwaza.
 
En revanche, cette même presse s’est récemment et très largement, fait l’écho de la volonté du régime du général Kagamé d’inculper des officiers français dans un dossier fabriqué de toutes pièces par ses services. Mais en cachant toutefois à ses lecteurs qu’il s’agissait là d’une ultime manœuvre destinée à décourager le juge Jean-Marc Herbaut, successeur du juge Trévidic, d’interroger enfin le général Nyamwaza.
 
Un retour en arrière est ici nécessaire. En 2014, M°Lef Forster et Bernard Maingrain avaient assuré leurs clients que l’instruction était terminée et qu’une ordonnance de non-lieu allait être rendue.
Les deux avocats avaient même publié le très aventureux communiqué suivant : « Ce 8 juillet 2014, Mme et M. les juges d’instruction Poux et Trévidic ont décidé de mettre fin à l’instruction concernant l’attentat de l’avion Falcon survenu le 6 avril 1994 » indiquent Mes Léon-Lef Forster et Bernard Maingain (…) La défense qui fut très patiente, attend désormais que le non-lieu soit prononcé au plus vite (…) ajoutent les deux avocats »(Reuters, 8 juillet 2014 et rfi.fr/afrique 09-07-2014).
 
Or, il ne fut pas mis fin à l’instruction et le général Nyamwaza continua à demander à être auditionné par les magistrats français. Comme le juge Jean-Marc Herbault, successeur du juge Trévidic, a lancé une commission rogatoire internationale pour l’entendre, nous saurons donc bientôt si ce que lui aura dit le général permettra de faire avancer le dossier.
 
La décision du juge provoqua la fureur du régime de Kigali et c’est donc clairement pour exercer un nouveau chantage sur l’instruction que fut annoncée l’intention rwandaise d’inculper des officiers français.
Quant à M° Léon Lef Forster, paraissant perdre tout sens de la mesure, il déclara qu’il allait contester cette commission rogatoire vue par lui comme « une tentative de déstabilisation du Rwanda ourdie par un arrière-cabinet occulte négationniste » (sic). Et il posa l’étonnante question suivante : « Pourquoi, plus de vingt ans après les faits, un personnage découvre-t-il qu’il a des informations nouvelles à fournir ? Pourquoi, pendant des années ne l’a-t-il pas fait ? » (rfi.fr/afrique 08-10-2016).
 
La tentative d’enfumage de M° Forster n’abusera personne car :
 
1) Il est trop bien placé dans le dossier pour ignorer que c’est depuis 2010 que le général Nyamwaza demande à être entendu.
 
2) Si le général Nyamwaza est un affabulateur comme le soutient Kigali, et si, comme l’a déclaré M° Forster, son témoignage est « risible » et « absurde » (Jeune Afrique 18 octobre 2016, en ligne), pourquoi, et par trois fois, a t’on voulu le faire taire en tentant de l’assassiner ?


[1] Expert assermenté devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) dans les affaires Emmanuel Ndindabahizi (TPIR-2001-71-T), Théoneste Bagosora (TPIR-98-41-T), Tharcisse Renzaho (TPIR-97-31-I), Protais Zigiranyirazo. (TPIR-2001-73-T), Innocent Sagahutu (TPIR-2000-56-T), et Augustin Bizimungu (TPIR- 2000-56-T). Commissionné dans les affaires Edouard Karemera (TPIR-98-44 I) et J.C Bicamumpaka. (TPIR-99-50-T). La synthèse des rapports remis à l’occasion de ces expertises ainsi que celle des travaux du TPIR et l’état des connaissances sur la question du génocide du Rwanda a été faite dans Bernard Lugan ( 2014 ) Rwanda: un génocide en questions. Le Rocher. Disponible sur Amazon ou directement à l’Afrique Réelle, BP 45, 42360 Panissières, contre un chèque de 30 euros port en colissimo compris. Pour l’étranger 35 euros.
[2] Voir le documentaire de la BBC qui présente une analyse du génocide du Rwanda et des responsabilités concernant son déclenchement : Rwanda's Untold Story http://vimeo.com
[3] Voir à ce sujet l’interview recueillie par Pierre Péan intitulée « J’ai assisté à la préparation de l’attentat qui a déclenché le génocide » (Marianne numéro du 28 mars au 3 avril 2014).
[4] Judi Rever « Witness in French inquiry into 1994 Rwanda plane crash disappears ». 20 novembre 2014 en ligne.
[5] Le 18 novembre 2014, le professeur belge Filip Reyntjens, juriste spécialiste du Rwanda et expert devant le TPIR, écrivit à M° Bernard Maingain, avocat belge des mêmes officiels rwandais mis en examen par le juge Bruguière : « Si vous avez communiqué le nom de M. Gafirita, qu’on ne verra probablement plus, à vos clients rwandais, vous devriez avoir honte et votre conscience devrait être lourde »( cité par Jeune Afrique, 9 décembre 2014).
[6] Charles Onana, La France dans la terreur rwandaise, éditions Duboiris, 2014.

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Alors nous nous battrons dans l’ombre…

Publié le par Felli Bernard

Alors nous nous battrons dans l’ombre…


Un guide pour remporter la guerre des médias


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«Les guerriers victorieux gagnent d'abord et ensuite vont à la guerre, tandis que les guerriers vaincus vont à la guerre d'abord et puis cherchent à gagner.» – Sun Tzu, l'Art de la guerre

Par Michael Krieger – Le 8 décembre 2016 – Source Libertyblitzkrieg

La bataille en cours entre les médias indépendants et alternatifs, et les médias de propagande parrainés par le gouvernement d’entreprise, est en pleine effervescence après la victoire de Donald Trump aux élections de 2016. Bien que je ne sois pas un grand fan de Trump, sa victoire a tellement endommagé émotionnellement le statu quo des États-Unis qu’ils ont commencé à attaquer, d’une manière hystérique et imprudente, tous ceux qu’ils accusent d’avoir empêché son Altesse Hillary Clinton de monter sur le trône.

L’escalade de ce combat, que j’ai qualifié de «Guerre des médias» depuis l’été, était facile à prévoir. Comme je l’ai noté dans l’article intitulé Questionner la santé de Hillary n’est pas de la conspiration :

«En contemplant aujourd’hui le paysage de 2016, je constate des signes émergents que les médias alternatifs ont enfin commencé à prendre le relais des médias de l’héritage traditionnel, quand il s’agit de l’impact et de l’influence. Les médias traditionnels – contrairement à John McCain en 2008 –, avaient décidé que la santé de Hillary Clinton n’était pas un problème et ont choisi de ne pas l’évoquer. Beaucoup dans le monde des médias alternatifs ont pris une position différente et, en raison de l’incapacité des médias traditionnels à informer le public américain depuis des décennies, les médias alternatifs ont conduit cette question en tête des nouvelles. Ça, c’est le pouvoir.

C’est une affaire extrêmement importante, et les médias dominants savent intuitivement ce que cela signifie. Cela signifie une perte totale de légitimité, de prestige et de pouvoir. Tout cela est évidemment bien mérité.

Voici donc la conclusion. 2016 représente le véritable début de ce que j’appellerais la Guerre des Médias. Les médias alternatifs sont maintenant capables de régler le rythme des nouvelles. Les médias traditionnels n’ont maintenant plus d’autre choix que de se battre, et ils le feront. Il vont se défendre, et salement. Cela va devenir très laid, mais au moment où la poussière retombera, je pense qu’une grande partie des médias traditionnels seront abandonnés comme les fossiles de ce qu’ils furent.»

2016 a été l’année où les médias alternatifs indépendants sont passés d’un rôle simplement influent à la possibilité d’affecter le résultat d’une élection présidentielle. Comme cela a été largement commenté, pratiquement tous les journaux de la nation ont soutenu Hillary Clinton pour la présidence. Le fait qu’elle a, malgré tout, perdu a été le plus grand bras d’honneur signifié aux médias – et au statu quo en général – par le public américain depuis au moins une génération.

Alors que de véritables faux sites de nouvelles basés en Macédoine ont certainement recueilli beaucoup de clics – et de revenus – en inventant des histoires ridicules, quiconque pense vraiment que c’est ce qui a conduit à la défaite de Hillary est simplement dans le déni. Nous savons tous que les acteurs décisifs sont les sites Web indépendants qui ont interpellé Hillary, avec des preuves très réelles, la présentant sous l’aspect déplorable d’une menteuse compulsive. Les médias traditionnels le savent, c’est pourquoi ils n’ont pas réellement mis l’accent sur la censure des faux sites d’actualité, mais ont plutôt promu un ordre du jour visant à placer dans la catégorie des fausses nouvelles tout ce qui n’entrait pas dans les perspectives de l’establishment, afin d’éliminer la concurrence et de reprendre la main sur le récit national. Si ceux d’entre nous qui apprécient les médias indépendants veulent contrecarrer ce plan néfaste, ils doivent comprendre pleinement à quoi ces crétins veulent en venir.

À cette fin, je voudrais attirer votre attention sur l’un des meilleurs articles que j’ai lu sur le sujet. Publié sur Counterpunch et intitulé Manufacturing Normality, voici quelques extraits – assurez-vous de lire tout l’extrait :

Vers la mi-novembre, à la suite de la défaite de Hillary Clinton – c’est-à-dire le début de la fin de la démocratie –, les auto-proclamés Gardiens de la réalité, mieux connus sous le nom de médias système, lancèrent une campagne mondiale de marketing contre le fléau perfide des fausses nouvelles. Cette campagne en est maintenant à un stade fiévreux très avancé. Les médias de l’ensemble de l’empire diffusent quotidiennement des avertissements terrifiants au sujet de la menace imminente et existentielle contre notre liberté, représentée par les fausses nouvelles. Ce n’est pas seulement la diffusion de la désinformation, de la propagande, etc., qui dure depuis des milliers d’années… La vérité elle-même est attaquée. Les fondements même de la réalité sont ébranlés.

Qui est derrière cette menace de fausses nouvelles ? Eh bien, Poutine, naturellement, mais pas seulement Poutine. Cela semble être l’œuvre d’une vaste conspiration de type anti-establishment, virulente, ultra-droitière, ultra-gauchiste, des retraités libertaires, des socialistes en chambre, des Sanderistes, des Corbynistes, des terroristes ontologiques, des normalisateurs fascistes, des dingues ignares de l’anti-globalisme, et le cortège de toute la variété haineuse des anti-Clinton.

Comme je l’ai suggéré dans les pages précédentes, ce que nous vivons est la pathologisation – ou l’anormalisation – de la dissidence politique, c’est-à-dire la stigmatisation systématique de toutes les formes de non-respect de la réalité vue par le consensus néolibéral. Les distinctions politiques comme gauche et droite disparaissent et sont remplacées par des distinctions impondérables comme normales et anormales, vraies et fausses, réelles et truquées. Ces distinctions ne se prêtent pas à l’argumentation. Elles nous sont offertes comme des vérités axiomatiques, des faits empiriques qu’aucune personne normale ne songerait jamais à contredire.

Aux philosophies politiques concurrentes, l’intelligentsia néolibérale substitue un choix plus simple, normalité ou anomalie. La nature de l’anomalie varie selon ce qui est stigmatisé. Aujourd’hui, c’est Corbyn l’antisémite, demain, ce sera Sanders, le cinglé raciste, ou Trump le candidat mandchou, ou n’importe qui d’autre. Que les diffamations elles-mêmes soient aveugles – et, dans bien des cas, totalement ridicules – dément l’efficacité d’une stratégie plus large, qui est simplement d’anormaliser la cible et ce qu’elle représente. Il ne fait aucune différence que l’on soit couvert de boue comme raciste, ce qui est arrivé à Sanders pendant les primaires, ou comme antisémite, accusation subie par Corbyn, ou fasciste, qualificatif systématique pour Trump, ou marchands de propagande russe, comme Truthout, CounterPunch, Naked Capitalism, et un certain nombre d’autres publications […] le message est qu’ils ne sont, en quelque sorte, pas normaux.

Pourquoi est-ce différent de la diffamation honteuse utilisée par la presse contre les gens depuis l’invention de celle-ci ? Eh bien, attendez, je vais vous le dire. Cela a essentiellement à voir avec les mots, en particulier des oppositions binaires comme réel et faux, normal et anormal, qui n’ont, bien sûr, aucune signification substantielle… leur valeur étant purement tactique. C’est-à-dire qu’ils ne dénotent rien. Ce sont des armes déployées par un groupe dominant pour faire respecter la réalité du consensus. Voilà comment ils sont utilisés pour le moment.

Les oppositions binaires sans signification que l’intelligentsia néolibérale et les médias système s’emploient à substituer aux philosophies politiques opposées traditionnelles, en plus de stigmatiser une diversité de sources d’information et d’idées non conformes, restructurent également notre consensus sur la réalité comme étant devenu un territoire conceptuel dans lequel toute personne pensant, écrivant ou parlant en dehors du courant dominant est considérée comme une sorte de déviant, d’extrémiste, ou toute autre forme de paria social. Encore une fois, peu importe de quel type, car c’est la déviance en soi qui compte.

En fait, l’important est le contraire de la déviance. Parce que c’est ainsi que la normalité est fabriquée. Et comment le consensus sur la réalité dans son ensemble est fabriqué […] et comment le processus de fabrication est caché.

L’explication qui précède crève les yeux. On comprend alors pourquoi il a fallu deux semaines au Washington Post, pour simplement répondre au fait qu’il avait publié un faux article sur les fausses nouvelles. Voici comment le Washington Post «prend ses responsabilités».

Par Craig Timberg, le 24 novembre 

Note de l'éditeur : Le 24 novembre, le Washington Post a publié un article au sujet du travail de quatre groupes de chercheurs, qui ont examiné ce qu'ils disent être des efforts de propagande russe pour saper la démocratie et les intérêts de l'Amérique. L'un d'eux était PropOrNot, un groupe qui insiste sur son anonymat, et qui a publié un rapport identifiant 200 sites Web qui, selon lui, font écho, volontairement ou non, à la propagande russe. Un certain nombre de ces sites ont contesté leur inclusion dans cette liste, et certains de ces sites, ainsi que d'autres qui ne sont pas sur la liste, ont publiquement mis en cause la méthodologie  et les conclusions du groupe. Le Washington Post, qui ne nomme aucun de ces sites, ne s'engage pas lui-même sur la validité des découvertes de PropOrNot concernant un média quelconque et l'article ne prétend pas non plus à cela. Depuis la publication de notre récit, PropOrNot a supprimé certains sites de sa liste.

Bien que tout à fait pathétique, la note de l’éditeur est tout aussi révélatrice de sa négligence et de son arrogance. L’article était une faute journalistique professionnelle tellement grossière, que le seul acte déontologique honnête du journal eût été de se rétracter complètement et de s’excuser. Pourtant le Washington Post ne l’a pas fait. Pourquoi ?

La raison en est que le journal et ses éditeurs savaient exactement ce qu’ils faisaient, avec la publication et la promotion de ce faux absurde. Bien sûr, ils sont maintenant un peu embarrassés, parce qu’ils ont été interpellés par pratiquement tout le monde, mais l’intention, dès le départ, était de lier à la Russie des sites de médias indépendants qui n’ont absolument aucune connexion avec elle, dans une tentative désespérée de récupérer le récit public via les listes noires et la censure exercée par les entreprises de technologie.

Aparté

Pour des précisions sur la façon dont le statu quo tente d'utiliser les développeurs et les sociétés de médias sociaux, afin de censurer l'opinion alternative sous le couvert de la lutte contre les fausses nouvelles, lisez cet excellent article publié sur Naked Capitalism : Witch Hunt: “Fake News” Software Touted by CBS Smears Naked Capitalism, ShadowProof, TruthDig, Others; Creator Admits He Made Up Who Went on Hit List.

Maintenant que nous savons de quoi ils sont capables, jusqu’à quel point devons-nous nous inquiéter ? Bien que je sois extrêmement optimiste quant à l’avenir des médias décentralisés et indépendants, et à la prolifération des voix individuelles en général, il est tout à fait évident que les gardiens des médias ne lâcheront pas sans combattre. La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont sur la défensive, pas nous. Ce sont eux qui se battent à nos conditions, et non l’inverse. Un bon exemple de cela peut être vu dans la façon dont le mème fausses nouvelles a été tourné, avec beaucoup d’efficacité, contre les médias grand public.

Comme je l’ai tweeté aujourd’hui :

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C’est lorsque vous êtes désespéré, effrayé et paniqué que vous faites les plus grandes erreurs, et les médias système sont actuellement désespérés, effrayés et paniqués. Comme Napoléon Bonaparte l’aurait dit :

«Ne jamais interrompre votre ennemi quand il fait une erreur.»

Qu’il les ait ou non réellement dits, ces mots sonnent toujours vrai. Nous ne devons pas faire obstacle à l’inévitable autodestruction des anciens médias. Mais nous ne devons pas nous détruire nous-mêmes dans le processus. Nous devons tout d’abord reconnaître qu’il y a une raison pour laquelle les médias indépendants et alternatifs gagnent la bataille des idées. Pour tous les parasites et les mauvais acteurs, l’émergence de l’internet est en effet l’équivalent historique de l’invention de la presse, mais sous stéroïdes.

Seul une élite idiote et auto-satisfaite croit en réalité que les gens les plus intelligents et les plus informés en Amérique sont les experts de la télévision et les journalistes employés par les médias traditionnels. En voyant à l’œuvre une poignée d’entreprises et quelques oligarques, il faudrait être l’imbécile le plus naïf de la terre, pour ne pas comprendre que les médias système sont guidés par des récits bien arrangés et que ces récits ne sont pas dans notre intérêt. Le reste d’entre nous comprend que l’internet a servi de contrepoids nécessaire, et a été une bénédiction incroyable pour les connaissances humaines, la connectivité et le marché des idées. Le fait que certaines personnes ne peuvent pas distinguer la vérité de la fiction n’empêche pas les progrès incroyables réalisés dans la diffusion de l’information décentralisée. Ce sont seulement ceux qui ne veulent pas s’engager dans un débat public sur les questions elles-mêmes, qui veulent censurer les choses. Le reste d’entre nous est plus qu’heureux d’avoir une discussion ouverte.

Beaucoup d’entre nous ont passé des années, sinon des décennies, à construire leur réputation en ligne et nous devrions faire attention de ne pas gaspiller tout ce que nous avons gagné. Il y aura des tentatives de cooptation, explicitement ou autrement. Soyez sur vos gardes. Il y aura des frappes et des tentatives de diffamation. Restez cool et attaquez calmement à partir d’une position de force. Cependant, je crois que la plus grande menace vient du danger toujours présent d’erreurs auto-infligées. Une des raisons pour lesquelles les médias indépendants et alternatifs ont si bien réussi est que le comportement agressif, puéril et propagandiste des médias traditionnels a rendu facile de paraître mieux qu’eux. Nous devons continuer à être meilleurs. En tant que tels, nous devons être plus honnêtes dans nos actions, moins hypocrites dans notre analyse des événements, et juste plus éthique dans l’ensemble. Compte tenu de la concurrence, cela ne devrait pas être difficile.

Une autre façon pour le statu quo de se défendre consiste à attaquer nos moyens de survie financière, ce qui signifie que les lecteurs doivent être prêts, plus que jamais, à faire un don à leurs sites favoris – vous pouvez soutenir Liberty Blitzkrieg ici. L’autre façon sera d’empêcher notre contenu d’apparaître sur les sites des médias sociaux ou les moteurs de recherche, ou quand il apparaît, il viendra avec un avertissement. Si c’est la tactique qu’ils choisissent, il sera relativement facile de se battre.

Il y a dix ans, il aurait été difficile de contrer une telle stratégie, mais pas aujourd’hui. Nous en savons déjà beaucoup trop. Beaucoup d’entre nous atteignent beaucoup de gens, et les gens que nous atteignons sont intelligents et influents. Nous avons déjà suffisamment infiltré et influencé le discours public, donc nous refuser la parole n’est plus une option. Si Facebook ou Google commencent à présenter Liberty Blitzkrieg, Zerohedge, ou Naked Capitalism avec des messages d’avertissement, les gens intelligents comprendront immédiatement de quoi il retourne, ce qui accroîtra leur dégoût.

Permettez-moi de terminer ceci avec un avertissement à Facebook, à Google, et à tous les autres mammouths de la technologie. Vous entrez dans ce combat à vos risques et périls. Toute tentative maladroite de diffamer des sites de médias authentiques et indépendants par le biais de listes noires et de censure, finira par vous nuire plus qu’elle ne nous fera du tort. Dans une tentative désespérée de nous détruire, vous vous détruirez vous-mêmes. Agissez prudemment et soyez du bon côté de l’histoire.

Quant à tous les autres, restez forts. Mes écrits seraient sans importance sans vous. Ce ne sont pas les écrivains des médias alternatifs qui infligeront le dernier coup aux médias traditionnels, ce sera vous, les lecteurs. Nous sommes ensemble et dépendants les uns des autres. Ensemble, nous allons gagner.

Pour les articles connexes, voir :

Obama entre dans les guerres des médiasPourquoi son attaque récente contre la liberté d’expression est si dangereuse et radicale

Hillary Clinton entre dans la guerre des médias

La mort des médias traditionnels

Libertyblitzkrieg dans la liste du Washington Post des «sites Web de propagande russe»

Pensées supplémentaires sur les fausses nouvelles, le Washington Post et l’absence de journalisme réel

En toute Liberté,

Michael Krieger

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La diplomatie Trump se tourne vers la Russie

Publié le par Felli Bernard

Rex Tillerson, l’anti-néocons

La diplomatie Trump se tourne vers la Russie

Thomas Flichy de la Neuville
Enseignant à Saint-Cyr.

Publié le 16 décembre 2016 / Monde

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Rex Tillerson, alors PDG d'Exxon Mobil, et Vladimir Poutine, avril 2016. SIPA. AP21208041_000001

S’il est un personnage auquel on peut comparer le nouveau secrétaire d’Etat américain, c’est bien celui de Cincinnatus. A l’image de cette figure romaine du Ve siècle avant Jésus-Christ, Rex Tillerson répugne à se mettre en avant. C’est d’ailleurs cette qualité, qui a prévalu face aux opportunistes se pressant soudain autour du nouveau président. Cincinnatus mena une violente politique anti-plébéienne. A son image, le secrétaire d’Etat ne sera guère un adepte du populisme médiatique qui a soutenu jusqu’à ce jour, la classe politique artificielle des adversaires de M. Trump. Connu pour sa réputation d’incorruptibilité, Tillerson sera un homme difficile à manœuvrer pour les groupements et puissances qui souhaiteraient s’emparer des rênes de l’Empire. Qui plus est, l’ancien patron d’Exxon aime sonder les reins et les cœurs, et sait s’entourer de collaborateurs d’une fiabilité absolue. Il y a fort à parier, par conséquent, que le corps diplomatique connaisse des remaniements importants. Quant aux républicains ambitieux qui se voyaient déjà ambassadeurs des Etats-Unis  et le faisaient savoir à leur entourage, ils devront attendre.

Les règles du jeu ont changé

Les règles du jeu viennent en effet de changer. La politique étrangère des Etats-Unis sera plus modeste et plus pragmatique, plus soucieuse de l’intérêt national que de la chimère d’une domination mondiale. Dans les luttes de pouvoir – au sein même de l’équipe Trump – entre les partisans d’un sursaut néo-conservateur, s’appuyant sur les alliés pétroliers de l’Amérique au Moyen-Orient, et les défendeurs d’un véritable tournant stratégique au profit d’une renaissance diplomatique géo-culturelle soutenue par la Russie, ce sont les seconds qui l’ont emporté. Il leur reste à reconstruire un outil diplomatique dévasté. Si Rex Tillerson – comme on peut l’imaginer – opère un profond renouvellement du personnel diplomatique américain, dont le recrutement est parasité par : les faux diplomates nommés sur un poste afin d’être récompensés d’un service, les idéologues du State Department aveuglés par une vision biaisée de l’histoire, les ambassadeurs-paresseux croyant que la puissance et la richesse américaine pourront les dispenser de penser, alors, il lui faudra beaucoup de temps.

Pendant ce renouvellement silencieux, apparaîtront de nombreux conflits de personnes au sein du département d’Etat. L’effet sera donc d’accroître temporairement la paralysie américaine avant de lui permettre un redressement à plus long terme. Tout se passe comme si Tillerson ne pouvait travailler que pour son successeur. Certains s’étonneront peut être de ce que Rex Tillerson ne soit pas un diplomate de formation. C’est qu’à la Maison Blanche, les qualités humaines semblent désormais plus importantes que l’expertise technique. Cincinnatus n’a t’il pas lâché la charrue pour être avantageusement placé à la tête de l’Etat ? Il ne demandait rien, il gouverna. Rex Tillerson, quant à lui, pourra remplir le vide laissé par la diplomatie d’un Etat devenu trop riche pour exercer son intelligence politique, trop dépendant de ses faux alliés pour mener une politique nationale, et trop faible moralement pour préférer la paix au déclenchement d’un chaos aussi rentable que dévastateur.

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L’UE prévoit un sommet avec la Turquie

Publié le par Felli Bernard

L’UE prévoit un sommet avec la Turquie

Les dirigeants des institutions européennes ont reçu le mandat de planifier un sommet avec la Turquie dans les mois à venir, a expliqué Donald Tusk après le sommet du 15 décembre.

« Nous avons un mandat pour organiser un sommet dans les mois à venir », a annoncé le président du Conseil lors d’une conférence de presse à l‘issue du sommet du 15 décembre.

Ce sont Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, qui représenteront l’UE lors de cette rencontre. Bruxelles a encore beaucoup de choses à discuter avec Recep Tayyip Erdoğan et son gouvernement, a souligné Donald Tusk, notamment en ce qui concerne l’accord UE-Turquie, qui a permis de réduire le nombre de migrants arrivant en Europe.

Les relations entre Bruxelles et Ankara se sont refroidies depuis la tentative de coup d’État de cet été, qui a été suivie par une répression de l’opposition et des médias très critiquée par l’Europe. La Turquie a déclaré en avoir « marre » de la condescendance européenne vis-à-vis de sa possible adhésion au bloc.

Le gouvernement turc a également critiqué l’UE à de nombreuses reprises, l’accusant d’accueillir des « terroristes » kurdes ou sympathisants de Fetullah Gülen.

>> Lire : L’Occident ne comprend pas Gülen, selon Ankara

Les dirigeants européens ne veulent cependant pas rompre leur dialogue avec la Turquie. Selon les diplomates, le sommet décidé par le Conseil se penchera soit sur la conclusion des discussions sur la libéralisation des visas, soit sur un élargissement de l’union douanière.

>> Lire : La CSU met en garde contre la libéralisation des visas pour la Turquie

Une nouvelle alternative pour la Turquie

Jean-Claude Juncker a récemment déclaré qu’une alternative à l’adhésion pourrait être créée pour la Turquie et le Royaume-Uni, qui souhaite graviter le plus près possible de l’UE sans pour autant en faire partie. De leur côté, l’Autriche et les Pays-Bas font pression pour le gel des négociations d’adhésion de la Turquie, mais demeurent isolés sur le sujet au sein des Vingt-huit.

Ankara a pour sa part fait savoir à l’UE qu’il était temps de trancher la question de l’adhésion, puisque le pays a des « alternatives » à un rapprochement avec les Vingt-huit.

Malgré la fermeté des déclarations turques et le peu de goût de l’UE pour cet élargissement, les diplomates estiment que ni Bruxelles ni Ankara n’ont intérêt à exacerber les tensions.

>> Lire : Les eurodéputés réclament un gel des négociations sur l’adhésion de la Turquie


Par : Georgi Gotev | EurActiv.com

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Syrie : le reflux de l’Empire…

Publié le par Felli Bernard

Syrie : le reflux de l’Empire…


Les armées par procuration des États-Unis font face à une défaite décisive à Alep


Photo by yeowatzup | CC BY 2.0

2016-09-24_11h42_10Par Mike Whitney – Le 8 décembre 2016 – Source CounterPunch

Dimanche, les hélicoptères de l’armée syrienne ont lancé des tracts sur des quartiers de l’est d’Alep, demandant aux combattants anti-gouvernementaux de se rendre alors qu’ils en avaient encore l’occasion. Des centaines de djihadistes ont déjà déposé les armes et se sont rendus, alors qu’un groupe de rebelles jusqu’au-boutistes purs et durs continue à repousser l’armée qui avance rapidement.

 

La situation semble de plus en plus désespérée pour le groupe hétéroclite d’insurgés qui ont perdu plus de la moitié du territoire qu’ils détenaient au cours de la semaine dernière. Toutes les tentatives qu’ils ont faites pour briser les lignes de l’armée syrienne ont été repoussées, les laissant à défendre quelques districts en retrait, où ils se rendront ou mourront.

Dimanche, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a adressé un ultimatum aux militants restants, qui a clarifié la position du gouvernement syrien et de ses alliés. Il a dit :

«Les groupes qui refusent de quitter l’est d’Alep seront traités comme des terroristes. En refusant de sortir de l’est d’Alep, ils vont en fait continuer la lutte armée. Nous les traiterons en conséquence, en tant que terroristes et extrémistes, et soutiendrons l’armée syrienne dans son opération contre de telles bandes armées.»

Le secrétaire d’État américain John Kerry a fait tout son possible pour arrêter les combats, afin de protéger les djihadistes soutenus par les États-Unis qui tentent de renverser le président syrien Bachar al-Assad. Malheureusement, une proposition qui avait été acceptée par Kerry et Lavrov, concernant le retrait des combattants à Alep, a été rejetée par les hauts fonctionnaires de l’administration Obama, mettant fin aux perspectives d’un règlement négocié. Lavrov a exprimé sa frustration dans des commentaires aux médias, en disant :

«Ils ont retiré leur document et en ont donné un nouveau. Notre impression initiale est que ce nouveau document est un pas en arrière, c’est une tentative pour faire gagner du temps aux militants, leur permettre de reprendre leur souffle et de se réapprovisionner. La même chose s’est produite avec notre accord du 9 septembre. Il est difficile de comprendre qui prend des décisions là-bas, mais apparemment, il y en a beaucoup qui veulent miner l’autorité et les mesures pratiques de John Kerry.»

Selon Reuters, «La Russie et la Chine ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, appelant lundi à un cessez-le-feu d’une semaine», a déclaré le ministère syrien des Affaires étrangères, qui a déclaré qu’il n’accepterait aucune trêve à Alep. Autrement dit, c’est la fin de la partie pour les terroristes soutenus par les États-Unis, qui ont mis à feu et à sang une grande partie du territoire syrien, et tué plus de 400 000 personnes. Et si Alep n’est peut-être pas le tournant décisif du conflit en cours, il met tous les principaux centres de population et les centres industriels sous contrôle du régime.

Plus important encore, la reprise d’Alep est un revers majeur pour Washington et ses alliés djihadistes : l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar. Les plans des États-Unis pour redessiner la carte du Moyen-Orient, afin d’atteindre leurs objectifs économiques et géopolitiques, ont été défaits par une coalition courageuse et déterminée composée de la Syrie, de l’Iran, de la Russie et du Hezbollah, qui a méthodiquement exterminé l’opposition soutenue par les Occidentaux, rétabli la sécurité de l’État et l’autorité souveraine du gouvernement élu pour contrôler ses propres affaires.

Mardi matin, AMN News a rapporté que l’armée syrienne avait capturé 85 % d’Alep-Est. Des dizaines d’insurgés ont été tués dans des combats sporadiques, tandis que des centaines d’autres se sont rendus. Il semble que la bataille d’Alep soit sur le point de finir et l’armée syrienne est proche d’une victoire totale.

Mike Whitney vit dans l’État de Washington. Il est contributeur à Hopeless : Barack Obama et la politique de Illusion (AK Press). Hopeless est également disponible dans une édition Kindle. Il peut être joint à fergiewhitney@msn.com.

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Les Britanniques commencent à se poser des questions sur leur relation spéciale avec l'Amérique

Publié le par Felli Bernard

Les Britanniques commencent à se poser des questions sur leur relation spéciale avec l'Amérique

 

 
11 décembre, 2016
Note d'actualité
Hajnalka Vincze

 

Illustration parfaite d’un alignement des planètes favorable, comme jamais jusqu’ici, à l’Europe de la défense [1], même les Britanniques commencent à s’inquiéter de leur dépendance. Dans une ambiance européenne générale où, sur le plan rhétorique au moins, les tabous de toujours sont levés l’un après l’autre (tels le concept d’autonomie stratégique, la défense collective, le noyau dur d’Etats membres, le quartier général permanent, ou l’implication de la Commission dans le secteur militaire), un tel début de prise de conscience outre-Manche ne serait pas totalement dénué d’intérêt.

Industrie et contrats d’armement


D’un côté la livre qui, du fait du Brexit, perd de sa valeur face au dollar, de l’autre une série de nouveaux contrats faramineux pour acheter du matériel américain (drones, avions de patrouille maritime, hélicoptères), voilà qui augure mal. Au point que le ministre britannique de la défense exhorte les firmes US à accorder « plus de retours » et de « choisir britannique autant que possible ». [2] Tout en se défendant de souhaiter créer, god forbid!, un système « protectionniste ». Ce ne serait pourtant pas une si mauvaise idée – à en croire une étude minutieusement chiffrée du RUSI (Royal United Services Institute), publiée il y a quatre ans déjà. Il y a été démontré que si un contrat de défense est rempli par l’industrie britannique, il fait retourner 36% de sa valeur au gouvernement sous forme d’impôts et taxes. Par opposition aux contrats qui vont à des firmes domiciliées aux USA.

Le ministre M. Fallon au RUSI

Technologie et capacités

L’élection de Donald Trump doit faire prendre conscience aux Britanniques de leur dépendance stratégique vis-à-vis des Etats-Unis – et c’est le directeur adjoint du même RUSI qui le dit [2]. D’après Malcolm Chalmers, « il pourrait y avoir une divergence fondamentale avec les USA », et « cette possibilité devrait être discutée sans tabous ». Dans sa note d’analyse [3], le professeur Chalmers préconise au Ministère de la défense de répertorier les domaines dans lesquels les capacités britanniques dépendent excessivement du soutien américain, y compris pour les codes sources. Et de s’interroger sur ce qu’un refus de ce soutien US impliquerait pour le Royaume-Uni dans une crise militaire. Sa conclusion : il ne serait pas inutile de revoir le postulat sacro-saint de la planification stratégique britannique selon lequel la défense n’a rien avoir avec l’UE, et tout avec l’Alliance atlantique. Au vu d’un « président US imprévisible », le UK devrait, au contraire, renforcer l’Europe de la défense, pour « créer un back-up institutionnel crédible » face à l’OTAN. Quitte à revoir ses lignes rouges, comme l’interdiction d’un quartier général européen permanent.


[1] Voir la Veille de l’IVERIS: Défense européenne : « c’est parti » ?, 20 septembre 2016.
[2] Fallon: American Companies Must ‘Do More’ for UK Business, Defense News, 5 décembre 2016.
[3] Under Trump, UK Should Reconsider Dependence on US Defense Tech, Says Analyst, Defense News, 18 novembre 2016.
[4] Malcolm Chalmers, Preparing British Defences for a Trumpian World, Royal United Services Institute, 11 novembre 2016.

 

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royaume-uni, europe de la défense

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