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L’Organisation de coopération de Shanghai mène la grande transformation de l’Eurasie

Publié le par Felli Bernard

L’Organisation de coopération de Shanghai mène la grande transformation de l’Eurasie

Préambule de l'auteur 

L'Organisation de coopération de Shanghaï est en voie de passer de la coopération en matière de sécurité et de défense à un effort supplémentaire dans les domaines économiques et financiers. Durant son quinzième sommet, tenu début novembre, le premier ministre chinois, Li Keqiang, a proposé aux membres de ce groupe l'établissement d'une zone de libre échange commercial et la création une banque régionale de développement, qui augmentera l'influence de Beijing et de Moscou sur une région qui, de l'avis des principaux stratèges géopolitiques des États-Unis, définira finalement le futur de l'hégémonie globale.

Ariel Noyola Rodriguez

Par Noyola Ariel Rodriguez – Le 14 novembre, 2016 – Source Russia Today

Zbigniew Brzezinski, qui était conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, a déclaré en 1997 dans son livre Le grand échiquier : la primauté américaine et ses impératifs géostratégiques (The Grand Chessboard : American Primacy and Its Geostrategic Imperatives), que l’une des conditions pour que les États-Unis conservent leur hégémonie mondiale était d’empêcher, à tout prix, l’émergence d’une puissance concurrente dans la région de l’Eurasie.

 

Aujourd’hui, non seulement Washington n’a plus de contrôle sur cette zone, mais les Chinois mènent, avec les Russes, la construction d’un réseau économique et financier majeur concernant tous les pays de la région.

Presque tous les médias occidentaux ont occulté que, début novembre, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a visité plusieurs pays d’Asie centrale. Li a atterri à Bichkek (Kirghizistan) pour participer au quinzième sommet des chefs de gouvernement de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). L’OCS, qui couvre environ 300 millions de kilomètres carrés, 60% de toute l’ Eurasie et abrite un quart de la population mondiale, est composée de la Chine, de la Russie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan. L’Inde et le Pakistan sont dans un processus d’adhésion qui devrait se conclure au sommet d’Astana, qui se tiendra en juin 2017. Bien que conçue à l’origine dans une perspective militaire et de sécurité, l’OCS s’engage maintenant également dans la coopération économique et financière. Juste au moment où le commerce international des pays de l’OCS a enregistré sa pire performance depuis le début de la crise financière de 2008, il est devenu urgent de renforcer les liens, tant en termes d’échanges commerciaux que d’investissements. Pour faire face au ralentissement économique mondial, il est impératif que les pays émergents renforcent leurs relations Sud-Sud (entre pays périphériques) afin de réduire leur dépendance à l’égard des pays industrialisés, aujourd’hui embourbés dans la stagnation.

La proposition du Premier ministre de la Chine d’établir une zone de libre-échange entre les membres de l’OCS a précisément pour but l’intégration horizontale des chaînes de production de la région eurasienne. À une époque où la Chine accélère la réorientation de son économie vers son marché intérieur, en vue de réduire la prévalence des investissements massifs et du commerce extérieur dans son modèle de croissance, c’est une question de premier ordre pour les autres pays de l’OCS de faire le saut vers la production de produits à haute valeur ajoutée.

D’un autre côté, je crois que l’OCS devrait étudier la possibilité d’unir ses forces dans d’autres projets d’intégration qui tentent de se consolider aujourd’hui. L’élimination des barrières tarifaires pourrait bien permettre aux pays de l’OCS d’augmenter les flux commerciaux et les investissements, de façon substantielle, avec les blocs régionaux constitués par les économies émergentes ; par exemple, l’Union eurasienne économique (EEU, composée de la Russie, de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l’Arménie et du Kirghizistan) ou même l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN, son sigle en anglais).

En parallèle, il est essentiel que les stratégies régionales d’intégration économique impulsées par l’OCS et l’UEE cherchent à établir, dès que possible, des alliances avec les zones de libre-échange que la Chine pousse en Asie ; à savoir les points de convergence, par exemple, avec l’Accord économique complet régional (RCEP). À mon avis, le rôle de la Chine dans les flux commerciaux mondiaux offre d’énormes avantages pour les pays situés en Eurasie. Cependant, il ne s’agit pas seulement de vendre des marchandises dans l’un des marchés les plus dynamiques du monde, mais aussi d’acheter des biens à des prix beaucoup plus bas.

En outre, au cours de la réunion avec ses homologues de l’OCS, Li a promu la mise en service d’une banque régionale de développement, et un fonds de crédit spécial. À son avis, ces instruments seront en mesure de répondre aux besoins de financement de la région eurasienne. Si elles se concrétisent, ces institutions ajouteraient aux institutions financières menées par la Chine qui ont été lancées ces dernières années : la Nouvelle Banque de développement des BRICS et la Banque asiatique d’investissement dans l’infrastructure (AIIB).

Il est important de noter que toutes ces initiatives participent à l’objectif principal de canalisation de l’épargne des pays émergents vers le financement de l’initiative économique et géopolitique la plus ambitieuse, entreprise par la Chine au cours des dernières années, la Nouvelle Route de la Soie : «Une Ceinture, une Route», un vaste réseau de transport reliant les pays de l’Est, du Sud, et et du Sud-Est asiatique avec le Moyen-Orient et l’Afrique du nord jusqu’à l’Europe.

La Chine confirme encore une fois que l’intégration économique de l’Asie est l’une de ses priorités stratégiques. Bien que l’administration Obama a lancé la doctrine du pivot vers l’Asie en 2011, une stratégie de défense qui avait pour mission de contenir la montée de la Chine en tant que superpuissance, les dirigeants de Beijing ont réussi, avec de nombreux succès, à consolider leur leadership régional. Maintenant, il semble que l’avertissement, prodigué par  Brzezinski il y a près de deux décennies, soit devenu une réalité douloureuse pour les États-Unis : l’OCS, soutenue majoritairement par la Chine et la Russie, a conduit à la grande transformation de l’Eurasie.

Ariel Noyola Rodríguez est économiste, il a fait ses études supérieures à l’Université nationale autonome du Mexique. Contact : noyolara@gmail.com. Twitter:@noyola_ariel.

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Bosnie : Un futur conflit dans les Balkans ?

Publié le par Felli Bernard

Une vision russe sur un sujet à suivre…

Source : Joaquin Flores – Fort Russ News – 26 septembre 2016

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitalede facto de la Republika Srpska

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitalede facto de la Republika Srpska

La Républika Srpska – l’état serbe autonome enchâssé dans la Bosnie-Herzégovine – a tenu hier [25 septembre, NdT] un référendum qui change la donne. Ce référendum portait théoriquement sur la reconnaissance d’un jour férié : le Jour de l’Indépendance. Il a été publiquement approuvé et soutenu par le Premier ministre de la Republika Srpska, Milorad Dodik.

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Dans la soirée d’hier, les derniers bulletins ont été dépouillés et le résultat a été publié : 99,8% des votants se sont prononcés pour la reconnaissance d’un Jour de l’Indépendance.

Mais les uns et les autres, des deux côtés, sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agissait d’un galop d’essai pour un autre référendum, qui porterait, celui-là, sur une réelle déclaration d’indépendance, c’est-à-dire une volonté de séparation d’avec la Bosnie-Herzégovine et la possibilité d’une réunion avec la République de Serbie et sa capitale, Belgrade. Cette aspiration a le soutien la Russie.

Ce qui veut dire qu’un référendum portant sur la question d’une véritable indépendance pourrait bien se tenir à n’importe quel moment entre aujourd’hui et l’année 2018, qui a déjà été publiquement évoquée. En fait, la date précise dépendra de la rapidité avec laquelle l’OTAN poussera le fragile état multi-ethnique et multi-confessionnel vers une intégration à l’Alliance et exigera de lui des réformes constitutionnelles grosses d’orages.

Le référendum d’hier était une réplique aux avertissements officiels – et même aux menaces de violences – de l’OTAN, interdisant la tenue d’un référendum dans la capitale sous domination bosniaque de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo.

Ces menaces n’ont pas laissé indifférent le gouvernement, siégeant à Belgrade, de la République de Serbie, état indépendant reconnu par l’ONU, à l’est de la Republika Srpska et de la Bosnie-Herzégovine.

La République de Serbie (à ne pas confondre avec la Republika Srpska) ne fait partie ni de l’Union Européenne ni de l’OTAN. La Bosnie-Herzégovine, qui comprend la Republika Srpska, ne fait pas non plus partie de l’OTAN, mais l’équipe au pouvoir à Sarajevo a multiplié ces dernières années les démarches pour y être admise.

Au départ, le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić, respectant les normes diplomatiques de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres états, avait exprimé une position neutre vis-à-vis du référendum bosniaque.

Mais, suite aux menaces de violence contre la population ethnico-religieusement différente de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dačić, après un échange de vues avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, a été forcé de se prononcer plus clairement, en déclarant que les forces de sécurité serbes ne resteraient pas les bras croisés, si un référendum, dans la Republika Srpska voisine, était en butte à des violences de la part des forces de Sarajevo.

On n’avait pas entendu des discours de ce genre au niveau officiel depuis la guerre « civile » de Yougoslavie, qui a fait rage de 1991 à 2001. Les intellectuels occidentaux qui se sont exprimés sur le sujet – y compris Noam Chomsky – ont démontré que le démantèlement de la Yougoslavie avait résulté d’un projet dirigé par les États-Unis et l’Allemagne, l’Albanie et la Croatie étant les premiers bénéficiaires ex-yougoslaves de l’entreprise.

Il y a peu de chances pour que les USA et la Russie trouvent un terrain d’entente sur ce problème, vu son parallélisme avec d’autres guerres où s’affrontent actuellement les deux puissances. Le désir des Russes de construire un gazoduc à travers les Balkans et la volonté de l’OTAN de s’y opposer augmentent considérablement les chances d’un nouveau conflit dans les Balkans.

Ce qui a déclenché le mouvement du référendum.

Depuis 2013, l’OTAN a organisé plusieurs rencontres au sommet avec l’équipe au pouvoir à Sarajevo, en vue d’accélérer l’entrée de la Bosnie-Herzégovine dans l’Alliance.

Ces tractations ont été synchronisées, en 2014, avec un mouvement de revendications sociales  portant apparemment sur les droits du travail et les problèmes de chômage à Tuzla, l’ancienne capitale industrielle de la Bosnie, que l’auteur de ces lignes et notre collègue russe Andrew Korybko ont signalé à l’époque comme un stratagème de l’UE et de l’OTAN[ébauche de révolution colorée en somme, NdT]. Leur conviction s’était fondée alors sur le fait que les manifestants réclamaient des changements de la Constitution qui auraient court-circuité son état actuel, lequel reconnaît à la Republika Srpska un important degré d’autonomie. Cet état présent de la Constitution accorde à la Republika Srpska le droit d’entretenir une force de sécurité ethnique dotée d’une autonomie équivalente à la force de sécurité ethnique bosniaque, à la frontière séparant les deux états associés.

La frontière entre la Republika Srpska et la République de Serbie est plutôt poreuse, avec un contrôle des frontières qui ressemble beaucoup plus à un péage qu’à une frontière nationale entre deux états distincts.

Là-dessus,vient se greffer un mouvement social bosniaque, vendu au public occidental comme une initiative syndicale laïque de centre-gauche, qui est en réalité un mouvement salafiste djihadiste lié à Al Qaïda, utilisant les procédés d’agitation des Frères Musulmans, dont le but est de consolider le contrôle de Sarajevo sur la Republika Srpska actuellement autonome, en conformité avec les intentions publiquement affichées de l’UE et de l’OTAN de réformer la Constitution.

Dans un document intitulé « Réformer les institutions de la Défense de Bosnie-Herzégovine » publié par le journal officiel de l’OTAN, NATO Review, James R. Locher III et Michael Donley analysent les progrès accomplis par la Bosnie-Herzégovine dans le domaine de la réforme de son armée.

Ils écrivent :

La Bosnie-Herzégovine a réussi à satisfaire presque toutes les attentes de l’OTAN. Succédant à une intense période de recherche de consensus (consensus building) et de négociations entre mai et septembre 2003, la Commission de Réforme de la Défense est arrivée à un accord unanime qui a fait l’objet d’un rapport de 293 pages, fixant la voie à suivre. Ce rapport comportait le brouillon des changements à apporter aux constitutions des deux entités, trois lois de niveau-entité et deux lois de niveau-état, ainsi que deux propositions de lois comprenant une loi sur la défense au niveau de l’état.

L’OTAN a planté profondément ses crocs dans la Bosnie (aussi appelée Bosnie-Herzégovine dans cet article) et elle n’est pas du tout disposée à lâcher prise. Les réformes sur la sécurité impliquent la centralisation du commandement et l’élimination de toutes les forces de sécurité autonomes de la Republika Srpska, qui sont déjà en sous-effectifs, du fait de la signature forcée d’accords léonins.

Une autre preuve que la situation, dans la région, est instable, c’est que la principale menace envers les forces de sécurité serbes est constituée par l’armée bosniaque elle-même.

En février dernier, la Fédération de Russie a annoncé qu’elle allait entraîner les forces de sécurité de la Republika Srpska, dans le cadre d’un projet d’entraînement commun.

L’OTAN et les Monarchies du Golfe ont, de leur côté, préparé leurs propres forces paramilitaires en parallèle avec l’armée officielle. Ces forces font, pour l’essentiel, partie des brigades d’ISIS et d’Al-Nosra, mais les centres de recrutement et d’entraînement sont en Bosnie.

Le plus grand camp d’entraînement des troupes d’ISIS et d’Al Qaïda à l’ouest d’Istamboul se trouve en Bosnie. Les plus grands groupes ethnico-religieux indigènes à l’Europe actuellement engagés dans les guerres de Syrie et de Libye sont bosniaques. Les Bosniaques, à l’origine, étaient des Serbes qui, pour différentes raisons, au temps de la domination ottomane, ont adopté la religion musulmane. La langue parlée par les Bosniaques, aujourd’hui encore, est le serbe. Ils restent, en général, d’un point de vue phénotypique, indiscernables des Serbes, les deux principales différences entre les deux communautés étant religieuses et historiques.

Mais les liens historiques entre les musulmans de Bosnie et la Turquie existent encore. Les médias occidentaux qui ont rendu compte des manifestations de Tuzla se sont bien gardés de jamais faire allusion au fait que les groupes organisateurs étaient soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Pourtant, l’essentiel du travail d’organisation  a été fait par le plus grand parti « islamiste modéré » de  Bosnie, le SDA (Parti d’Action Démocratique).

Financé significativement par les monarchies du Golfe et par le Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker (dont il fait partie), le SDA, est un parti conservateur de droite (Chari’a) pro-Union Européenne et islamiste, qui est aussi le parti politique le plus important de Bosnie.

Candidats du SDA

Candidats du SDA

En ce sens, ce croisement de mouvements pro-OTAN, pro-UE et islamistes se faisant passer pour des progressistes de centre gauche, répète à l’identique la stratégie politico-médiatique utilisée en Libye avec le CNT ou Conseil national de transition, et en Syrie avec le CNS ou Conseil national syrien et l’ASL ou  Armée syrienne libre.

En conséquence des avertissements sans équivoque de Sarajevo quant à sa volonté d’abolir le statut autonome de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères russe Lavrov a prévenu très clairement en 2014 que si Sarajevo mettait à exécution sa menace de changer la Constitution, la Russie serait en position de « reconnaître le droit à l’autodétermination des deux peuples composant l’État » de la République à trois peuples de Bosnie-Herzégovine, se référant ainsi non moins clairement au précédent historique des Croates et des Serbes, bien que sa remarque concernât surtout la Serbie, puisque les Serbes de Bosnie ont ouvertement exprimé leur volonté de faire sécession en cas de crise constitutionnelle.

Toutes ces circonstances rassemblées font de la consultation d’hier un « référendum-test » sur l’indépendance de la Republika Srpska.

Contexte

La structure actuelle de la Bosnie-Herzégovine résulte de deux déterminants historiques : la structure d’origine de la République socialiste fédérale de Yougoslavie et les accords de Dayton. Les accords de Dayton ont été négociés et signés en 1995, lors de la guerre civile (sic) de Yougoslavie, quatre ans avant le bombardement de la Serbie en général et de Belgrade en particulier, par l’aviation de l’OTAN. Les institutions et les réalités politiques créées par les accords de Dayton sont, pour l’essentiel, le point de convergence de la dispute.

La République actuelle de Bosnie-Herségovine est composée de la Republika Srpska d’une part, et de la Fédération de Bosnie et d’Herzégovine d’autre part, celle-ci ayant été auparavant nommée Fédération bosniaco-croate, parce qu’elle était elle-même composée de deux groupes religieux distincts.

Comme l’auteur de ces lignes l’a écrit dans le passé, la période qui s’annonce et la crise qu’elle amène vont offrir à la Republika Srpska l’occasion rêvée de s’unir à la Serbie.

La Serbie est dans la position délicate de pouvoir soit récupérer la Republika Srpska et le Kosovo, tout en conservant des régions comme la Voïvodine, soit d’éclater davantage, en prenant part à un véritable conflit entre des pouvoir locaux aspirant au transfert et des états régionaux hostiles.

Un des rédacteurs de Fort-Russ et directeur de projets spéciaux du Centre d’Études Syncrétiques, Jafe Arnold, a écrit une étude fouillée et prémonitoire sur le sujet pour Global Independent Analytics, au début de cette année. Il y disait notamment :

Au cours des derniers mois, on a constaté un accroissement des tensions entre les deux entités politiques formant la Bosnie-Herzégovine – la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska – au point que la bouilloire sur le feu qu’est l’arrangement géopolitique de cet espace de l’ex-Yougoslavie a failli déborder.

Tandis que les événements continuaient leur escalade et que l’axe OTAN/islamistes apparaissait au grand jour, la situation, dans les pays de l’ex-Yougoslavie est devenue plus instable qu’elle ne l’a jamais été depuis 2001.

Des ONG serbes pour éduquer et tenter de stabiliser.

Le Centre pour les Études Syncrétiques (Center for Syncretic Studies) a été fondé en 2013 à Belgrade, comme une réponse spécifique au spectre grandissant d’un nouveau conflit majeur dans la région. En tant qu’organisation éducative à but non lucratif, il a travaillé à disséminer l’information accessible au public, à l’intention à la fois des publics anglophones et serbes, pour aider à comprendre ce que signifient les Balkans occidentaux et  en particulier la Serbie, dans la crise mondiale en cours.

Fort-Russ News a plusieurs rédacteurs, qui sont aussi des chercheurs, et des directeurs au sein du CSS. Le CSS travaille en partie sur des questions relatives aux efforts de déstabilisation de l’OTAN dans la région, et il étudie les outils de mobilisation politique et idéologique capables de s’y opposer. Le CSS a travaillé en collaboration avec le consulat de Syrie et avec des dirigeants politiques serbes, afin d’être mieux préparé aux événements que de nombreux analystes considèrent comme inéluctables.

Les événements de Syrie et d’Ukraine ont confirmé plusieurs des thèses opératoires du CSS sur l’idéologie syncrétique, les tactiques de printemps colorés dans le contexte de la 4GW (« Fourth Generation Warfare ») ou  Guerre de Quatrième Génération* et la guerre des nouveaux médias, qu’il peut s’avérer utile de bien connaître, au fur et à mesure que surgiront des problèmes similaires dans les mois ou les années qui viennent, dans ce qui fut la Yougoslavie.

Joaquin Flores – Fort Russ News – 26 septembre 2016

Article original : http://www.fort-russ.com/2016/09/new-balkans-conflict-ser…

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Europe centrale – Immigration : le groupe de Visegrád ne cède pas aux injonctions de Bruxelles

Publié le par Felli Bernard

 

visegrad_groupA l’issue d’une réunion devant débatte de la politique immigrationniste de l’Union européenne, les ministres de l’Intérieur du Groupe de Visegrád, le V4 (Pologne, Slovaquie, Tchéquie, Hongrie), ont conjointement rejeté le système obligatoire de quotas de réfugiés prôné par Bruxelles.

Ce lundi à Varsovie, ils ont opté pour une assistance aux réfugiés se trouvant en dehors de l’Union européenne, avec la création d’un centre de coordination des crises migratoires.

Le ministre polonais Mariusz Blaszczak a déclaré que tous les participants avaient accepté d’«employer les bonnes pratiques d’aides aux migrants ayant fui la guerre» qui se sont réfugiés dans des camps, au Liban et en Jordanie.

Blaszczak a également réaffirmé que le V4 était contre le système de relocalisation des réfugiés dans l’UE, car «nous croyons qu’il est inefficace». «Ce sont les faits qui le prouvent. Sur 160.000 personnes qui devaient être réparties dans les pays de l’UE, seules 6.000 personnes l’ont été à ce jour», a commenté le ministre. Et d’ajouter que les pays du V4 ont estimé qu’il était important de verrouiller les frontières de l’UE.

Le Groupe de Visegrád a fait valoir son opposition au système de réinstallation des réfugiés et d’amendes aux pays qui refusent de les accepter. Selon la proposition de l’UE, ces derniers pourraient échapper à la relocalisation pendant un an à condition de payer une amende de 250.000€ par réfugié!

«La politique de l’UE doit être modifiée afin de rétablir le contrôle total des mouvements migratoires actuels en Europe, afin d’éviter les effets négatifs d’une augmentation brutale de la pression migratoire au cours des prochaines années», a lancé le ministre polonais.

Le centre sera dirigé par la Pologne, qui assume cette année la présidence tournante du V4. Dans cette réunion élargie ont également participé des délégations autrichienne, belge, bulgare, croate et slovène.

Les petits pays de l’UE se coalisent et nous montrent la voie à suivre en affirmant leur volonté de se réapproprier les compétences des Etats-nations que Bruxelles leur a confisquées.

Sources :

http://news.xinhuanet.com/english/2016-11/22/c_135847535.htm

http://www.auslandsdienst.pl/3/21/Artykul/281024,V4-gr%C3%BCnden-Zentrum-zur-Hilfe-f%C3%BCr-Fl%C3%BCchtlinge

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Zemmour : « Face à Fillon, la gauche va ressortir les minorités sexuelles qu’elle confond désormais avec le progrès social »

Publié le par Felli Bernard

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La question des officiers turcs mine l’OTAN

Publié le par Felli Bernard

La question des officiers turcs mine l’OTAN

 

(B2) La répression qui a suivi le coup d’État raté en Turquie en juillet a des conséquences certaines sur les structures de l’Alliance atlantique. Ce fait a longtemps été tu. Il était tabou. C’est de notoriété publique aujourd’hui.

Des disparitions…

Le bruit courait depuis plusieurs jours déjà et il était parvenu à nos oreilles. Certains officiers — parfois de haut niveau — ont « disparu » des structures de commandement où ils étaient insérés. Certains ont été rapatriés sur ordre en Turquie par le pouvoir turc (des diplomates comme des officiers semble-t-il). D’autres ont choisi de prendre la poudre d’escampette. Quand nous avions rencontré Jens Stoltenberg, au lendemain des élections américaines (1), nous lui avions posé la question, au terme de notre rencontre. Mais il avait préféré esquisser, estimant qu’elle n’était pas fondée. Le fait est aujourd’hui confirmé. Des officiers turcs, en poste dans les structures de l’OTAN ont préféré demandé l’asile plutôt que d’être arrêtés.

Réfugié plutôt qu’arrêté

Vendredi (18 novembre), lors d’une conférence de presse, le secrétaire général de l’OTAN a reconnu ce qui — dans les couloirs — se disait déjà. « Il est exact que des officiers turcs employés dans la structure de commandement ont sollicité l’asile dans les pays où ils travaillent », a-t-il déclaré. Il n’a cependant pas voulu en dire plus ni quant au nombre d’officiers concernés ni des pays où ils ont été affectés.

Des demandes d’asile en Allemagne… et en Belgique ?

D’après nos informations, il ne s’agirait pas d’une ou deux personnes isolées mais de plusieurs, sans qu’on puisse estimer exactement le nombre. Plusieurs pays seraient concernés. En Allemagne, l’information est désormais publique. La presse allemande avait indiqué, mercredi dernier, que des soldats de la base aérienne de Rammstein et leur famille avaient demandé l’asile. En Belgique — qui abrite le siège de l’Alliance (à Bruxelles) comme le commandement suprême Shape, à Mons, ce pourrait être aussi le cas, selon nos informations…

Les deux tiers des effectifs turcs concernés

Selon notre confrère du Monde Nathalie Guibert qui a publié un papier ce matin et donne des chiffres précis. « Quelque 70 officiers et sous-officiers turcs, sur la centaine que comptait le pays, ont été victimes de la purge. Soit les deux tiers de l’effectif » présent « à Bruxelles, dans les quartiers généraux opérationnels ». Une information puisée à bonne source puisqu’elle provient du président du comité militaire de l’Alliance, le général tchèque Petr Pavel. A Norfolk, aux Etats-Unis, où est installé le second commandement suprême de l’OTAN, celui de la « transformation », dirigé par un Français, la razzia est importante également : « 36 des 46 militaires turcs ont été forcés à lâcher leur job ». Dans les deux cas, les Turcs occupaient des postes-clés. Ce qui implique que « des projets vont être mis en sommeil » au moins le temps de trouver des remplaçants, parmi les Turcs, ou d’autres nations de l’Alliance. « La vacance signifie que certains de nos projets vont être retardés car il manque le personnel nécessaire » reconnait Petr Pavel.

(NGV)

(1) Le double avertissement du chef de l’OTAN à Donald Trump et aux Européens (entretien exclusif avec Jens Stoltenberg)

 

Rédacteur en chef de B2 - Bruxelles2. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Ouest-France, Sud-Ouest et Lettre de l'expansion. Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense nationale). © B2. Merci de citer "B2" ou "Bruxelles2" en cas de reprise

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Michael T. Flynn et l’islam

Publié le par Felli Bernard

Michael T. Flynn et l’islam

Le prochain conseiller de Sécurité nationale des États-Unis, le général Michael T. Flynn, a été successivement encensé comme l’un des plus brillants officiers de renseignement de sa génération, puis conspué comme un islamophobe et un tortionnaire. Entre temps, il s’était opposé au président Barack Obama et a rejoint le candidat Donald Trump.

| Damas (Syrie)
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L’année dernière, le général Flynn était invité à l’anniversaire de la chaîne de télévision internationale, « Russia Today ». Sa participation a été violemment critiquée par la Maison-Blanche pour qui cette chaîne est un « organe de propagande de Vladimir Poutine » (sic).

Avec beaucoup de mauvaise foi, la presse clintonnienne décrit Michael T. Flynn, le prochain conseiller de sécurité des États-Unis, comme islamophobe et partisan de la torture. Qu’en est-il vraiment ?

C’est un catholique d’origine irlandaise, attaché à la stabilité de sa famille. Très sportif, il pratique à la fois des sports d’équipe et des sports individuels, mais préfère les sports de mouvement (water polo, surf) aux sports de force.

Considéré comme un des plus brillants officiers de renseignement de sa génération —il a commandé l’Agence de Renseignement militaire (DIA) de juillet 2012 à août 2014— , il a mis en cause les méthode de travail de son service. Selon lui, le recours systématique à des appareils sophistiqués d’espionnage ne vaut pas la qualité du renseignement humain. Et la tendance à rendre des rapports sous forme d’exposé bien illustré ne permet pas de rendre compte de situations complexes. Il vaut mieux une analyse écrite que de belles planches et photos. Enfin, la qualité du Renseignement dépend de sa confrontation avec celui d’autres analystes. Contrairement aux habitudes états-uniennes, il est donc très important de coopérer et d’échanger avec les autres services du pays et des nations alliées. Des positions sommes toute très classiques, mais en totale contradiction avec les us et coutumes de son pays.

Concernant le jihadisme, sur lequel il s’est concentré depuis une quinzaine d’années, il est arrivé à la conclusion que l’islamisme n’a rien à voir avec une religion même s’il en utilise le vocabulaire et cite le Coran. C’est exclusivement une idéologie politique. Plus gênant, mais tout aussi vrai, il affirme que le soutien dont les jihadistes bénéficient dans une partie de la population musulmane trouve ses racines dans l’islam lui-même. S’il n’a pas exprimé de position sur la religion musulmane, il a fait entrer dans l’équipe de Donal Trump le professeur d’origine libanaise Gabriel Sawma. Ce dernier est l’auteur d’un ouvrage sur les origines syriaques du Coran qui le conduit à une interprétation très tolérante de l’islam.

Le clash entre Michael Flynn d’une part et Hillary Clinton et Barack Obama de l’autre est intervenu en août 2012, lors de la diffusion d’une note secrète sur les jihadistes au Levant. Dans la partie du document qui a été déclassifiée, il observait qu’ils étaient en guerre contre la République arabe syrienne et étaient soutenus par les populations tribales vivant à cheval entre la Syrie et l’Irak. Cette situation pouvait les conduire à créer un émirat au Nord-Est de la Syrie, ce qui correspondrait aux intérêts stratégiques de leurs sponsors, Arabie saoudite, Qatar et Turquie. Il a expliqué qu’il avait écrit ce document —juste après la relance de la guerre contre la Syrie par la France— pour tenter de s’opposer au soutien de l’administration Obama à la création de Daesh.

À propos de la torture, il a plusieurs fois expliqué que ses propres déclarations ne doivent pas être comprises comme un encouragement à sa généralisation. S’il combat les jihadistes parce qu’ils torturent et tuent, il importe qu’ils sachent qu’il ne se désolidarisera pas de ses compagnons d’armes qui ont torturé et qu’il n’hésitera pas à torturer et à tuer lui aussi si nécessaire. Mais ce n’est pas son intention et en Afghanistan, il était intervenu contre cette pratique.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitter officiel.

Source
Al-Watan (Syrie)

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Syrie : les assassins effacent leurs traces en éliminant les témoins…

Publié le par Felli Bernard

Syrie : les assassins effacent leurs traces en éliminant les témoins…


Finian Cunningham

Finian Cunningham – Le 14 novembre 2016 – Source Strategic Culture

Le président américain Barack Obama vient de donner l’ordre au Pentagone d’assassiner les commandants du réseau terroriste al-Nusra en Syrie. Les médias américains ont commenté au cours du weekend, en disant que la nouvelle urgence découlait des craintes du renseignement américain que les groupes affiliés à al-Qaïda ne s’apprêtent à monter des attaques terroristes contre des cibles occidentales, à partir de leurs forteresses en Syrie.

 

La prétendue kill list des États-Unis sera mise en œuvre par le biais de frappes de drones et d’agents de renseignement. Ces derniers se réfèrent vraisemblablement aux forces spéciales américaines qui opèrent déjà dans le nord de la Syrie aux côtés de l’armée turque.

La semaine dernière, la presse britannique a annoncé que des troupes d’élite britanniques avaient reçu l’ordre de tuer jusqu’à 200 volontaires djihadistes britanniques soupçonnés d’être actifs en Syrie et en Irak. Encore une fois, le même raisonnement a été invoqué dans le dernier plan américain. Que le but du programme d’assassinat était de préempter les attaques terroristes se retournant contre les États occidentaux.

Un responsable britannique de la défense aurait déclaré que la mission pourrait être la plus importante jamais entreprise par le SAS, au cours de ses soixante-quinze années d’histoire. «La chasse est lancée, a déclaré le fonctionnaire, pour éliminer de très mauvaises personnes.»

Il est également significatif que les opérations de destruction des SAS britanniques en Syrie se déroulent dans le cadre d’un «effort multinational». Cela suggère que l’initiative du Pentagone commentée ce week-end est coordonnée avec les Britanniques.

Cependant, il y a quelque chose de vraiment étrange, dans cette détermination soudaine des Américains et des Britanniques d’éliminer les terroristes en Syrie.

Depuis le déclenchement de la guerre syrienne en 2011, les forces américaines, britanniques, et d’autres forces de l’OTAN, ont eu peu de succès dans la lutte contre les groupes terroristes liés à al-Qaïda, tels que État islamique (IS, ISIS ou Daesh) et Jabhat al-Nusra (également connu sous le nom de Jabhat al Fatal al Sham).

Une explication simple de cette anomalie apparente est que les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN travaillent en secret avec ces réseaux de terroristes, en tant que mercenaires pour le changement du régime de Assad en Syrie – allié de longue date de la Russie et de l’Iran. Ceux que Washington qualifie de «rebelles modérés» et qu’elle soutient, sont en réalité des intermédiaires pour livrer des armes et des fonds à des groupes terroristes connus. Dans ce contexte, les groupes terroristes ont été des atouts occidentaux dans la guerre pour le changement de régime. Par conséquent, il n’y avait aucune incitation à liquider ces mercenaires – jusqu’à présent. Pourquoi maintenant ? Voilà la question révélatrice.

Les récentes débâcles du cessez-le-feu sur le champ de bataille de la ville d’Alep ont mis au jour le lien systématique de l’Occident avec le terrorisme. L’échec de Washington à honorer son engagement de séparer les soi-disant modérés des extrémistes est une preuve évidente que la prétendue dichotomie est un canular. Le fait est que les rebelles soutenus par les États-Unis sont pleinement intégrés aux groupes terroristes. C’est-à-dire que les États-Unis et leurs alliés sont des commanditaires du terrorisme en Syrie.

Cela a conduit à une mise en cause raisonnable, par le gouvernement russe, selon laquelle les États-Unis appuient al-Nusra, bien que ce dernier soit une organisation internationalement proscrite, au cœur de la soi-disant «guerre contre le terrorisme». Cette accusation a été corroborée par des déclarations de commandants de Nusra qui disent qu’ils ont reçu des fournitures d’armes secrètes des Américains. Elle est également étayée par des découvertes récentes d’armements américains dans les tanières terroristes qui ont été prises par l’armée arabe syrienne.

Donc, la question est : qu’y a-t-il derrière cette urgence soudaine du Pentagone à éliminer la direction d’al Nusra en Syrie ?

Tout d’abord, notons que la précision des kill lists terroristes, sur lesquelles les Américains et les Britanniques travaillent soudainement, semble incongrue étant donné que ces puissances de l’OTAN n’ont apparemment, jusqu’à présent, pas été en mesure de fournir à la Russie les coordonnées des bases extrémistes en Syrie.

Le ministère russe de la Défense a révélé, la semaine dernière, que les Américains n’ont pas fourni une seule bribe d’information sur l’emplacement des groupes terroristes en Syrie. Les États-Unis devaient partager des renseignements sur des positions extrémistes, dans le cadre des plans de cessez-le-feu décidés en septembre par le secrétaire d’État John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Cela marque alors un changement curieux. Après ne pas avoir été en mesure de fournir des renseignements sur les groupes terroristes, on nous dit maintenant, dans un contexte différent, que les États-Unis et leur homologue britannique sont en train d’entreprendre d’urgence des frappes pour décapiter le commandement d’al Nusra et d’ISIS.

Du côté britannique, les rapports indiquaient qu’une liste de centaines de djihadistes britanniques avait été établie par les services de renseignement du MI5, du MI6 et du GCHQ. Pourquoi cette information n’a-t-elle pas été partagée auparavant avec la Russie, dans le cadre de l’accord Kerry-Lavrov ?

Le calendrier est également un autre facteur révélateur. Obama a donné l’ordre au Pentagone d’organiser l’assassinat des dirigeants d’al Nusra dans le sillage du coup de tonnerre de la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle. L’élection de Trump la semaine dernière a eu pour résultat d’aveugler totalement la Maison Blanche et l’establishment de Washington, qui pensait que la démocrate Hillary Clinton était un pari sûr.

L’impulsion américaine brutale, pour neutraliser les cadres d’al Nusra, vient aussi au moment où la flottille de la marine russe prend position en Méditerranée au large de la Syrie. La flottille est conduite par le porte-avion Amiral Kouznetsov, avec des destroyers équipés de missiles de croisière Kalibr. La formation navale a été décrite comme le plus grand déploiement russe depuis la fin de la guerre froide il y a 25 ans. Il renforcera considérablement la puissance aérienne de la Russie, qui a déjà transformé la guerre syrienne en une éminente défaite pour les insurgés soutenus par l’Occident.

Maintenant que près de trois semaines après le début de la cessation unilatérale des frappes aériennes russes sur les cibles terroristes en Syrie, les insurgés ne se sont toujours pas rendus, on s’attend à ce que la force aérienne russe et les forces syriennes sur le terrain mènent une offensive finale et décisive, pour terminer la guerre par procuration soutenue par l’Occident.

Le président élu Trump a déclaré à plusieurs reprises son approbation des efforts antiterroristes russes et syriens, contrairement à l’administration Obama, qui a cherché à les entraver en accusant Moscou et Damas de «crimes de guerre» contre des civils. La Russie a rejeté ces fausses allégations. Elle souligne les récentes initiatives visant à mettre en place des corridors humanitaires à Alep, comme preuve qu’elle essaie de minimiser les pertes civiles. Ce sont les militants soutenus par les États-Unis qui ont saboté les efforts humanitaires.

En tout cas, on peut s’attendre à ce que l’accession de Trump à la Maison Blanche donne à la Russie une plus grande liberté pour mettre fin à la guerre syrienne. Et comme on l’a noté, les forces militaires russes augmentées semblent être prêtes pour cette poussée finale.

C’est peut-être là que l’on trouve la véritable signification du dernier programme du Pentagone et du terrorisme britannique. Si nous acceptons la prémisse plausible et prouvée, que les Américains et leurs alliés de l’OTAN ont secrètement financé, armé et dirigé des sbires terroristes djihadistes, alors on peut s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup de preuves, dans les rangs terroristes, de telles connexions criminelles étatiques.

À mesure que les forces russes et syriennes éradiquent les restes terroristes, on peut anticiper qu’une foule d’informations hautement inculpantes seront dévoilées, ce qui affecterait gravement Washington, Londres, Paris et d’autres dans la sale guerre en Syrie. Parmi les témoins se trouveront aussi des centaines d’al Nusra et d’autres agents terroristes, qui pourraient être disposés à dévoiler qui étaient leurs trafiquants. Le panier de crabe attend d’être ouvert.

Pour anticiper ces preuves dévastatrices de la culpabilité occidentale dans la guerre criminelle secrète en Syrie, le Pentagone et son partenaire britannique semblent envoyer leurs troupes d’élite pour effectuer un peu de «nettoyage dans la maison». Ce nettoyage pourrait concerner des djihadistes qui en savent trop.

Pas étonnant qu’un fonctionnaire britannique ait déclaré que cela pourrait être la mission la plus importante pour le SAS au cours de ses 75 ans d’histoire.

Washington et Londres sont dans le collimateur.

Finian Cunningham

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POUR EVITER LE PIRE, UNE SEULE SOLUTION : VOTER FRANCOIS FILLON ! (l’Imprécateur)

Publié le par Felli Bernard

POUR EVITER LE PIRE, UNE SEULE SOLUTION :
VOTER FRANCOIS FILLON ! (l’Imprécateur)

Arrivé largement en tête de la primaire « de la droite et du centre », et ridiculisant les instituts de sondages, François Fillon a 62 ans. Fils d’une historienne basque et d’un notaire vendéen, il a passé sa jeunesse dans les communes sarthoises, donc éminemment paysannes, de Cérans-Fouilletourte et Parigné-le-Pôlin, puis au collège Notre-Dame de Sainte-Croix au Mans où il a eu un bac philo, avant d’acquérir un DEA de droit public à l’université du Mans. Il a commencé sa carrière politique dans la Sarthe en tant que maire de Sablé-sur-Sarthe et député gaulliste du département lors des législatives de 1981, puis sénateur. Il a ensuite été plusieurs fois ministre notamment à l’Education nationale, l’Enseignement supérieur, au Travail et aux Affaires sociales, ainsi qu’aux Technologies de l’Information et de la Poste (1995), ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l’Espace et président de la Commission de la Défense nationale. Une expérience solide et variée. 2007 fait de lui le Premier ministre de Sarkozy pour cinq ans. Il est ensuite élu député de Paris en juin 2012.
Sur le plan familial : après son service militaire il a épousé en 1980 une anglaise, Pénélope Clarke, à qui il a fait cinq enfants et à laquelle il est resté fidèle.

Pendant la campagne des primaires, il s’est présenté comme un gaulliste authentique, ancré à droite sur les valeurs, et libéral en économie. Il propose ainsi des mesures choc : baisse de 110 milliards d’euros dans les dépenses publiques, diminution du nombre des fonctionnaires, retraite à 65 ans, fusion des retraites du public et du privé pour les mettre à niveau identique, retour aux 39 heures…
Sur le plan « sociétal », François Fillon n’envisage pas de remettre en cause la loi Taubira sur le mariage des homosexuels, mais procédera à sa réécriture pour réserver l’adoption plénière aux hétérosexuels et interdire la GPA, forme moderne d’esclavage sexuel des femmes pauvres.
Il est également opposé à la discrimination positive en faveur des tarés, des paresseux et des musulmans, car elle est « techniquement, juridiquement et politiquement inconcevable ».

Reste à savoir s’il réussira à imposer ces mesures face à une gauche qui montre déjà les dents alors qu’elle ne représente plus grand-chose dans le pays, excepté sa capacité de nuisance, toujours forte. Mais Fillon est alpiniste de bon niveau et pilote de course automobile, on le sait donc doté de nerfs solides, de bons réflexes et capable de prendre des risques par des décisions rapides.
Reste aussi à voir de quel gouvernement il va s’entourer. Espérons qu’il choisira les plus compétents et non ceux qui vont exercer les plus fortes pressions sur lui pour se recaser dans un ministère où, comme l’on fait les socialistes, ils feraient ensuite venir autour d’eux amis et copains d’école.

On peut résumer le résultat de cette primaire en disant que la France a choisi un Français de souche, aux racines paysannes et chrétiennes, sportif et solide à tous points de vue, y compris intellectuel, qui n’est ni énarque, ni Sciences po, un homme politique expérimenté, ami de Philippe Séguin et de Charles Pasqua, dont les relations avec Balladur, Chirac, Raffarin et Sarkozy ont été médiocres, qui veut une France forte et indépendante.

Mais la primaire se joue à deux tours. Fillon se trouve devoir affronter au second tour un pur produit de la technocratie ploutocrate qui mène la France à l’abattoir depuis quarante ans : Alain Juppé, chouchou des médias et de la gauche. C’est un fils de propriétaires terriens de Mont-de-Marsan, repris de Justice, même s’il se dit « droit dans ses bottes » et victime de conspirations pour l’abattre. En 1968 il a manifesté avec la gauche contre Pompidou et de Gaulle, puis voté pour Alain Krivine, le trotskiste membre de l’organisation Communiste Internationale en 1969. Il a une bonne expérience du gouvernement, mais moins variée querelle de Fillon. Il a adopté la politique canadienne des « accommodements raisonnables » avec l’islam, une religion qu’il admire, même dans sa version guerrière et islamiste. « L’islamisme est compatible avec la République » a-t-il déclaré un jour.

Avez-vous bien écouté l’exposé de Tarek Obrou, l’imam de Bordeaux et grand ami de Juppé, qui lui a obtenu la légion d’honneur en 2013, exposant qu’un califat islamique serait une bonne chose en France et que seul l’islam salafiste et djihadiste des wahhabites saoudiens doit être enseigné ?
Et le porte-parole de Juppé, Benoit apparu, homo notoire et probable ministre de Juppé si celui-ci était élu, dire qu’il faut plus de mosquées et un financement public des mosquées ? Sinon réécoutez cette vidéo en la mettant en plein écran !

Qu’est-ce qu’un « accommodement raisonnable » ? (*) C’est ce que font Stéphane Gatignon, maire de Sevran, ex-communiste, passé écolo depuis 2015, et son adjoint Gilles Boitte, ex-communiste passé Front de Gauche. Ils louent « gratuitement » des salles de la mairie pour des cours de Coran, louent pour 300 euros par mois un vaste terrain juste en face pour une école privée musulmane salafiste où les fillettes sont, cela va de soi, voilées. Il faut bien que les futures femmes du pays islamisé que veulent la gauche et Juppé apprennent à rester à leur place : à la chambre et à la cuisine. Si elles n’étaient pas scolarisées dans une école salafiste, explique le maire, « leurs parents refuseraient de les scolariser », ce qui est pourtant encore obligatoire dans la République française, de moins en moins républicaine depuis 1981. Salles de cours et école ont été offerts aux musulmans de la commune dix jours avant le premier tour de l’élection municipale qui a permis à Séphane Gatignon de devenir maire.
Comment appelle-t-on cela déjà ? Clientélisme religieux ?

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Juppé essaie de modifier son image de psychorigide depuis le début de la campagne en flattant la jeunesse des cités (« J’aime Péju », « j’emmerde ceux qui se font chier avec moi », c’est-à-dire les gens de droite, etc.), la gauche et le Centre de Bayrou se sont ralliés à lui.

* (voir en replay l’excellent documentaire de Bernard de la Villardière « Dossier Tabou » diffusé sur M6 début octobre)

L’Imprécateur

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On évoquait beaucoup un vote « de gauche » aux primaires, en faveur de Juppé.
Il a eu lieu : le vote écolo-socialiste a été évalué à 15 % des votants (environ 600 000 personnes).
Ce vote de gauche a-t-il favorisé Juppé, comme on l’annonçait un peu trop bruyamment avant le scrutin ?
Je crois que non, car…

La motivation première de ces votants de gauche était d’éliminer Sarkozy

Or, les sondages donnaient Sarkozy 2ème et Fillon 3ème

Il était donc bien plus efficace, pour ces « calculateurs de gauche », de propulser Fillon de la 3ème à la 2ème place, afin d’éliminer Sarkozy, plutôt que voter Juppé que tous les instituts donnaient largement vainqueur du scrutin.

D’où, peut-être, une explication partielle à ce vote massif pour Fillon, que personne ne semble comprendre…

Si c’est le cas, leur coup a réussi : Sarkozy est tombé.

Mais ça signifie également qu’une bonne partie de ces voix « artificielles » qui se sont portées sur Fillon pour éliminer Sarkozy pourraient bien lui manquer la semaine prochaine… ET SE REPORTER SUR JUPPE (qui reste LE candidat de droite préféré de la gauche) !
Ainsi, l’avance de Fillon pourrait bien n’être qu’un leurre…

D’où cet appel à la mobilisation générale de tous les patriotes – même ceux qui n’ont pas voté au 1er tour – pour ériger dimanche prochain 27 novembre un barrage massif contre Alain Juppé en portant massivement leurs voix sur François Fillon !

MLS

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LA LUTTE DE CLASSE A PRIS UN CARACTERE NATIONAL

Publié le par Felli Bernard

Le Capital n’a pas de patrie

LA LUTTE DE CLASSE A PRIS UN CARACTERE NATIONAL
Claude Beaulieu

La voie du peuple : c’est la Nation républicaine laïque, démocratique et sociale

lundi 21 novembre 2016, par Claude Beaulieu

 

 

Lorsque Cohn-Bendit, Négri, Strauss-Kahn, Rocard, Giscard et les autres fédéralistes européens expriment leur haine de la nation, c’est en réalité une haine du peuple et de la République qu’ils manifestent. C’est une haine de classe au service de l’Europe supranationale, qui n’est qu’un instrument destiné à pérenniser la dictature d’une globalisation capitaliste, menée par la finance mondialisée. Une haine de classe car de nos jours, l’oligarchie financière n’ayant plus de patrie, les Etats-Nations sont devenus, au service de la classe ouvrière et des peuples, les principaux obstacles à la domination de cette tyranie sous hégémonie germano-américaine, qui entend bien les détruire.

Pourtant, la réalité nationale est bien vivante. En France, avec la République, la laïcité et la question sociale, desquelles elle est indissociable, la nation reste au cœur du combat populaire pour la liberté, la paix, la démocratie, le progrès et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Longtemps, le PCF a défendu une stratégie politique qui était naturellement à la fois internationaliste et nationale. Le rôle éminemment patriotique des communistes, notamment dans la Résistance et, un peu plus tard, contre la CED, en témoigne.

En septembre 1952, lors d’une réunion du Comité Central à Montreuil, Jacques Duclos lançait même un appel "Pour un puissant Front National Uni" contre la CED, projet d’Europe supranationale de la « Défense » et relais déjà, de la menace américaine et atlantiste.

Cette permanence de la soumission de cette Europe supranationale à l’impérialisme américain ainsi qu’à sa politique d’agression et de guerre, n’a jamais été démentie. Elle se trouvait encore confirmée, dans le projet fédéraliste de « Constitution européenne », ultra-libéral, totalitaire et toujours atlantiste. Il serait utile d’étudier cela d’un point de vue historique...

A une autre époque, pour ces mêmes raisons, Georges Marchais et d’autres responsables du PCF furent tentés par un changement d’alliance et de stratégie, symbolisée par le mot d’ordre d’Union du peuple de France. Je suis de ceux qui pensent que si cette ligne politique n’était pas restée velléitaire, si elle avait été développée, elle seule aurait pu permettre de résister efficacement et, à la mobilisation populaire, d’avancer sur des objectifs conformes à la réalité concrète.

C’est le contraire qui s’est produit en conséquence de la stratégie délétère d’"union de la gauche" qui a placé les forces populaires sous la direction des dirigeants atlantistes d’un parti socialiste, social libéral, antinational et maastrichtien.

Cette stratégie inspirée de la Résistance, tentée par Jacques Duclos en 1952 et envisagée plus tard par Georges Marchais, reste aujourd’hui pertinente. Elle seule peut ouvrir le chemin d’un rassemblement populaire majoritaire.

Pendant longtemps sur des positions de principe, lorsque les partisans du nihilisme national insistaient sur la phrase tronquée de Marx "les prolétaires n’ont pas de patrie", les communistes répliquaient que la classe ouvrière n’était pas hostile à la nation, mais qu’elle devait avoir pour objectif d’y conquérir le pouvoir politique accaparé par la bourgeoisie dominante. Marx et Engels prévoyaient lucidement que le moment viendrait où la classe ouvrière devrait s’ériger en classe nationalement dirigeante, « devenir elle-même la nation. »

Aujourd’hui, prenons-en conscience, en Europe particulièrement, ce sont les capitalistes financiers qui n’ont plus de patrie.

Les dirigeants américains, tout en étant eux-mêmes des nationalistes bellicistes, entendent détruire les Etats-Nations, qui sont pour les peuples les bases de leur résistance et deviennent le cadre privilégié du combat démocratique.

La lutte de classe a pris un caractère national.

Le peuple laborieux, dans le combat actuel, doit s’unir et reconquérir la souveraineté populaire et nationale, rétablir la République et la démocratie. C’est le seul chemin vers le progrès social et l’émancipation.

Par opposition aux pratiques de soumission de la social-démocratie maastrichtienne, le moment est venu d’une rupture franche. Celui de la construction d’une alternative populaire, démocratique, anti-impérialiste, patriotique, républicaine et sociale. L’internationalisme passe par la résistance populaire des nations et des peuples, par leur alliance.

Toute Europe supranationale est incompatible avec le progrès social comme avec le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Un rassemblement pluraliste, du type de celui de la Résistance, est à l’ordre du jour.

Claude Beaulieu, militant communiste, président du Comité Valmy. janvier 2006

Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot. ...Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’antagonisme des classes à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles
(Marx et Engels, le Manifeste du Parti communiste.)

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Qui gagnera la bataille de la politique étrangère ? Trump ou les néocons ?

Publié le par Felli Bernard

Qui gagnera la bataille de la politique étrangère ? Trump ou les néocons ?

«Trump et sa famille ont intérêt à apprendre rapidement de la réalité et des détracteurs de mythes, parce que dans le peu de temps qu'ils ont pour commencer à diriger le gouvernement américain, il y a beaucoup de propagande américaine qu'ils devront désapprendre, et beaucoup d'histoire cachée qu'ils auront besoin d'apprendre à la place.» Eric Zuesse

Eric Zuesse

Par Eric Zuesse – Le 17 novembre 2016 – Source Russia Insider

La première grande bataille de la transition Trump à la Maison Blanche concerne la question fondamentale qui avait causé la répudiation de Donald Trump par l’establishment : à quelle guerre l’Amérique donnera-t-elle la priorité : celle contre les djihadistes, ou contre la Russie et toute nation prétendant à un leadership et amicale envers la Russie – y compris l’Iran ?

 

Une guerre clandestine domestique fait rage depuis longtemps entre Trump et les néocons – ceux qui veulent maintenant transformer la guerre froide contre la Russie en guerre chaude par le renversement de tous les gouvernements favorables à la Russie : Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Viktor Ianoukovitch, Bashar al -Assad. La rage des néocons contre Trump est devenue furieuse lorsque ce dernier a clairement précisé cette année qu’il voulait arrêter la guerre d’Obama en Syrie contre Assad et Poutine, et commencer la vraie guerre contre les nombreux groupes djihadistes qui essaient de renverser le laïc Assad, ainsi qu’éliminer les djihadistes dans tous les pays, sauf dans ceux qui les hébergent, qui deviennent alors des commanditaires étatiques du djihadisme et donc des ennemis des États-Unis. C’est une guerre contre la guerre.

Cette guerre s’annonce avec la rupture, le mardi 15 novembre, des efforts de conciliation de Trump pour gagner la coopération des néocons, le groupe qui comprend pratiquement tout l’establishment des Affaires étrangères du Parti républicain et du Parti démocrate, à la fois militaire et diplomatique. Ces deux establishments sont en réalité deux équipes d’une même idéologie et sont maintenant, après trois présidents américains néocons successifs – Bush, Clinton et Obama – presque tous des néocons, surtout du côté républicain (Bush).

Le néoconservatisme a commencé sérieusement le 24 février 1990 quand le président américain George Herbert Walker Bush a dit à ses agents que si la guerre froide se terminait du côté russe, elle ne serait pas vraiment finie du côté américain, même s’ils avaient tous promis à l’ancien président soviétique et futur président russe Mikhaïl Gorbatchev qu’elle le serait. Le prochain président, Bill Clinton, a suivi et étendu l’OTAN, et ses successeurs, G.W. Bush et Barack Obama, l’ont élargie encore plus, et nous encerclons maintenant la Russie avec nos missiles. Nous avons également renversé les amis et les alliés de Moscou – Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et Viktor Ianoukovitch, et essayons toujours de le faire en Syrie – afin d’affaiblir encore plus la Russie, et d’y aller pour la curée finale.

Si Trump essaie d’ignorer les lignes du Parti afin de récupérer le petit segment de l’establishment des Affaires étrangères du Parti démocrate qui n’est pas néocon, il devra faire face à une forte opposition des républicains au Sénat et à la Chambre, lors de la validation d’une partie significative des initiatives du Département de la Défense et du Département d’État. Sa présidence sera alors paralysée par le refus de l’establishment de Washington (les néocons) de fournir l’information et la coopération essentielles pour que l’administration Trump ait un succès majeur dans le domaine des affaires étrangères. L’establishment dispose d’un grand nombre d’informations essentielles et de contacts avec les gouvernements étrangers, sans lesquels rien ne peut se faire dans les relations internationales. La présidence de Trump serait alors mort-née.

L’homme qui avait organisé la révolte néocon contre la candidature de Trump et qui récemment, mais brièvement, a tendu un rameau d’olivier pour aider l’équipe Trump à sélectionner des gens pour s’occuper des relations internationales américaines, Eliot A. Cohen, a tweeté le 15 novembre : «Après quelques échanges avec l’équipe de Trump, j’ai modifié ma recommandation : ‘restez à l’écart’. Ils sont en colère, arrogants, et crient ‘vous avez perdu !’. Ce sera moche.»

L’effort des néocons pour saboter la Présidence de Trump sera une guerre totale.

Un autre leader néocon, Daniel W. Drezner, a tweeté plus tard le même jour : «À propos, la phrase la plus effrayante dans ce tweet est ‘Flynn et Kushner contrôlent maintenant l’attribution des postes de base’».

Il s’agit du lieutenant général à la retraite Michael Flynn, que Obama a congédié en tant que directeur de l’Agence de renseignement de la défense parce qu’il s’est opposé à la priorité donnée par Obama à la guerre anti-russe plutôt qu’à la guerre anti-djihad : Flynn aurait préféré travailler avec Assad contre tous les djihadistes, pas seulement contre ISIS (comme Obama l’exigeait).

Et c’est aussi Jared Kushner, le gendre juif sioniste anti-palestinien et anti-iranien de Trump, qui vient juste d’apprendre que tout le terrorisme qui a été perpétré contre les États-Unis et l’Europe vient presque à 100% non pas des anti-sionistes, mais plutôt de l’ennemi existentiel auto-déclaré de l’Iran, la famille saoudienne qui possède l’Arabie saoudite et qui a des liens profonds avec l’establishment américain, ou l’aristocratie, en particulier les milliardaires américains, depuis la Seconde Guerre mondiale, et qui restent déterminée, avec l’aide des États-Unis, à conquérir la Russie, qui – plus que l’Iran – est leur principal concurrent sur les marchés du pétrole et du gaz. Voici ce que l’équipe Trump ne sait pas [au sujet du conflit entre les aristocraties US]. Et, surtout, ils ne savent pas que la famille royale qui possède l’Arabie saoudite était le principal bailleur de fonds d’al-Qaïda et du 11 septembre. Le gouvernement des États-Unis est dans la position inconfortable d’être allié aux ennemis non seulement de la population américaine, mais de toutes les nations qui ne sont pas dirigées par les fondamentalistes sunnites et la charia. Nous les armons. Nous les défendons. Et, à l’occasion, ils nous font sauter.

Trump et sa famille ont intérêt à apprendre rapidement de la réalité et des détracteurs de mythes, parce que dans le peu de temps qu’ils ont pour commencer à diriger le gouvernement américain, il y a beaucoup de propagande américaine qu’ils devront désapprendre, et beaucoup d’histoires cachées qu’ils auront besoin d’apprendre à la place.

Ils disent vouloir nettoyer le marais à Washington, mais le marais inclut des milliers de personnes qui refusent d’aider à informer et à former leurs propres remplaçants. Les néocons, depuis George W. Bush – dont voici 450 des plus éminents, seulement du côté républicain – ont eu un quasi-monopole sur la politique étrangère des États-Unis et ne veulent pas y renoncer.

Eric Zuesse

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