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Primaire de la droite : SOS Éducation passe les candidats au crible

Publié le par Felli Bernard

Primaire de la droite : SOS Éducation passe les candidats au crible

Entretien avec Jean-Paul Mongin, délégué général de SOS Éducation.

Primaire de la droite : SOS Éducation passe les candidats au crible
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Aleteia : À la veille du premier tour de la primaire de la droite et du centre, quelle est la position de SOS Éducation ?
Jean-Paul Mongin : SOS Éducation rassemble 60 000 parents d’élèves, grands-parents et professeurs qui militent pour que l’école transmette à chaque enfant les savoirs fondamentaux, et le goût de l’excellence. Bien entendu, ce souci est partagé par des personnes de sensibilités politiques très diverses ! Aussi l’association, en quinze ans d’existence, s’est-elle toujours abstenue de se ranger derrière un candidat, préférant publier des analyses et des comparatifs sur les propositions des politiques en matière d’éducation, celles-ci n’étant bien entendu qu’une dimension de leur programme électoral. C’est dans cette perspective que nous avons, depuis la rentrée, interrogé l’ensemble des candidats à cette primaire sous la forme du « Grand Oral SOS Éducation ».

Si le conseil d’administration a décidé de faire un pas de plus et d’appeler nos membres et sympathisants à se mobiliser dimanche, c’est en raison du contexte très particulier de cette élection. En effet, le vainqueur de cette primaire, quel qu’il soit, aura un poids considérable dans l’élection présidentielle. Même si nous ne faisons pas le choix de le soutenir en 2017, nous avons donc tous intérêt à ce que que le meilleur programme éducatif reste sur la table.

Y a-t-il donc de vraies différences entre les programmes éducatifs des candidats ?
Elles sont considérables ! Plusieurs acteurs de cette primaire ont fait des propositions extrêmement fortes pour l’école, je vous invite à télécharger sur notre site le comparatif que nous en avons fait. Mais concrètement, que va-t-il se passer dimanche ? Deux candidats vont être élus, parmi ces trois : Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon.
Or les deux premiers ne remettront pas notre système scolaire sur les rails. Alain Juppé parce qu’il ne le veut pas, ses propositions, comme j’ai eu l’occasion de l’expliquer ici, étant tout à fait insuffisantes au regard des immenses enjeux éducatifs de notre pays. Nicolas Sarkozy parce qu’il ne le pourra pas, tant le rejet qu’il inspire au sein de la communauté enseignante est viscéral ; et du reste, son programme à ce stade n’est qu’un toilettage de celui de 2007, dont on a vu le peu de résultats malgré quelques initiatives intéressantes.
Vous appelez donc à voter pour François Fillon ?
En face effectivement, il y a François Fillon, qui a une expérience de ministre de l’Éducation, qui a assumé les limites de son action à ce poste, et qui a défini un vrai programme de rupture : autonomie des établissements jusque dans le recrutement des professeurs, évaluation transparente et indépendante des résultats, ouverture à des initiatives venues de la société civile. Il est le seul à avoir, par exemple, visité et soutenu les écoles Espérance Banlieues, ces établissements hors contrat qui sont en train de réconcilier les jeunes de certains quartiers difficiles avec leur scolarité… J’ajoute que pour avoir échangé à plusieurs reprises avec son équipe en charge du projet, François Fillon est extrêmement bien conseillé, il dispose assurément des compétences pour mettre en œuvre son programme.
Il faut donc être pragmatique : si on estime, et c’est notre cas à SOS Éducation, que l’avenir de l’école est une question absolument décisive pour notre pays, que l’on soit de droite, de gauche, du centre ou du Front national, il faut l’exprimer dimanche en allant voter pour François Fillon. C’est la raison pour laquelle Claire Polin, notre présidente, a lancé un appel dans cette tribune historique pour l’association, qui a été envoyée à nos 200 000 sympathisants et partagée des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux. C’est véritablement l’avenir de nos enfants qui se joue dimanche.
Propos recueillis par Thomas Renaud

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Erdogan en a marre de l’UE, il veut adhérer au “Shangai Five”

Publié le par Felli Bernard

Erdogan en a marre de l’UE, il veut adhérer au “Shangai Five”

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« Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche que son pays ne voulait pas adhérer à tout prix à l’Union européenne et qu’il considérait aussi la possibilité que son pays rejoigne le “Shanghai Five”, un bloc dominé par la Chine, la Russie et un certain nombre de pays d’Asie centrale.

Membre de l’OTAN, la Turquie négocie depuis 11 ans son adhésion à l’UE, mais le leadership européen se montre de plus en plus rétif face à l’attitude d’Ankara à l’égard des libertés démocratiques, ce qui est interprété par Erdogan comme une forme de «condescendance ». « L’UE fait traîner le processus d’adhésion depuis 53 ans », a déclaré le président turc.

« La Turquie doit se sentir à l’aise, elle ne doit pas dire « Pour nous, c’est l’UE à tout prix », a déclaré Erdogan au journal Hurriyet à son retour d’une visite au Pakistan et en Ouzbékistan.

« Pourquoi la Turquie ne ferait-elle pas partie du Shanghai Five ? J’ai dit cela à M. Poutine (le président russe) et à M. Nazarbayev (le président kazakh), à ceux qui sont dans le Shanghai Five aujourd’hui. J’espère qu’il y aura des développements positifs dans ce sens. Je pense si la Turquie rejoignait le Shanghai Five, cela nous permettrait d’agir avec plus d’aisance ».

Les 5 du « Shanghai Five » sont en fait 8

Le Shanghai Five comprend en fait 8 membres. En 2001, la Chine, la Russie et quatre pays d’Asie centrale – le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan – se sont regroupés pour former l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dans le but d’améliorer la sécurité de ces pays et de former un bloc contre l’islam radical et le trafic de drogue de l’Afghanistan voisin.

Cette année, elle a admis deux nouveaux membres : l’Inde et le Pakistan.

La Turquie est l’un des partenaires de discussion de l’OCS, tandis que la Biélorussie, la Mongolie, l’Iran, et l’Afghanistan sont des Etats observateurs. Les partenaires de discussion peuvent participer aux réunions de l’OCS, mais ils ne disposent pas de droits de vote.

L’OTAN

L’adhésion de la Turquie à l’OCS enverrait probablement un signal d’alarme au siège bruxellois de l’OTAN. Erdogan a demandé aux Turcs la semaine dernière de rester patients à l’égard de l’Europe jusqu’à la fin de cette année, mais il a également indiqué qu’il envisageait la possibilité d’organiser un référendum sur l’adhésion de l’UE. Ce dernier serait organisé en 2017″.

Express live, le 21 novembre 2016

Rappels :

Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale

La nouvelle politique étrangère britannique (Th. Meyssan)

 

A propos Olivier Demeulenaere

Olivier Demeulenaere, 51 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières

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Poutine purge (enfin) le gouvernement Medvedev

Publié le par Felli Bernard

Poutine purge (enfin) le gouvernement Medvedev


Saker US
Saker US

Par The Saker – Le 17 novembre 2016 – Source The Saker

Alors que le monde portait une attention soutenue au résultat de l’élection présidentielle des États-Unis, Vladimir Poutine a fait quelque chose de tout à fait surprenant – il a arrêté Alexei Uliukaev, le ministre de l’Économie du gouvernement Medvedev, sur des accusations d’extorsion et de corruption. Uliukaev, dont le téléphone avait été mis sur écoute par les services russes de sécurité depuis cet été, a été arrêté au milieu de la nuit en possession de 2 millions de dollars. Poutine l’a officiellement démis de ses fonctions le lendemain matin.

 

Des sources officielles russes disent que Uliukaev a extorqué des pots de vin à hauteur de $2 millions pour une évaluation qui a conduit à l’acquisition par Rosneft (un géant pétrolier russe géré par l’État) d’une participation de 50% dans Bashneft (un autre géant pétrolier). Apparemment, Uliukaev a essayé de menacer Igor Setchine, le président de Rosneft, une personne considérée comme proche de Vladimir Poutine et des services de sécurité et de renseignement russes.

Oui, vous avez bien lu : selon la version officielle, une société propriété de l’État a donné un pot de vin à un membre du gouvernement. Est-ce que ça a un sens pour vous ? Comment comprendre qu’un membre important du gouvernement dont le téléphone était sur écoute et qui était sous surveillance étroite du Service fédéral de sécurité depuis plus d’un an [se fasse piéger] – est-ce que cela paraît crédible ?

Cela n’a aucun sens et les autorités russes le réalisent tout à fait. Mais c’est la version officielle. Donc que se passe-il ? Pensez-vous qu’il y a là un message de Poutine ?

Bien sûr !

Vous vous souvenez du ministre de la Défense corrompu Anatoli Serdioukov ? Il a été d’abord démis de sa fonction, puis arrêté. Mais cette fois, c’est un membre du gouvernement qui est interpellé au milieu de la nuit. Pendant quelques heures, ses subordonnés ne pouvaient même pas le joindre – ils n’avaient aucune idée de ce qui lui était arrivé. Était-ce une erreur ? Pas vraiment.

La manière dont Uliukaev a été arrêté avait été soigneusement chorégraphiée pour provoquer une peur maximale chez tous les autres membres de la cinquième colonne encore au pouvoir, parce que Uliukaev était à de très nombreux égards un symbole pour tous les «intégrationnistes atlantiques» (ceux au Kremlin qui veulent intégrer la Russie au système international de sécurité contrôlé par les États-Unis) : Uliukaev était un libéral connu, exactement comme Nikita Belykh, gouverneur de la région de Kirov, qui a fait l’objet d’une arrestation très médiatisée, en juin, pour avoir reçu un pot de vin de 300 000 euros. Je dirais même que Uliukaev pourrait être considéré comme l’ultime symbole des intégrationnistes atlantiques et un membre fidèle de la secte «libérale» russe (ce qui veut dire du type «consensus de Washington»), qui avait travaillé autrefois avec Egor Gaidar et Alexei Koudrine et qui a été maintenant cassé par les «siloviki» russes, les premiers responsables de ce qu’on appelle les «ministères puissants» (Défense, Sécurité d’État, Renseignement).

Sergei Korolev, le chef du Service de la sécurité économique au FSB

Tout le monde l’a immédiatement reconnu et le gros titre principal du site populaire Gazeta.ru n’aurait pu être plus clair. Il disait : «Les siloviki ont fait tomber Uliukaev» et présentait une photo des acteurs principaux de ce drame, y compris l’homme au regard dur censé avoir fait tomber Uliukaev, Sergei Korolev, le chef du Service de sécurité économique du FSB (sur la photo ci-contre) [beau gosse, en effet, NdT].

En avril, j’ai prédit qu’une purge du gouvernement se produirait. Je dois admettre que je pensais que cela arriverait plus tôt. Apparemment, Poutine a décidé d’agir tandis qu’Oncle Sam était occupé par ses propres problèmes internes. Si c’est en effet la raison de la date tardive, cela en dit beaucoup sur le pouvoir que les États-Unis exercent encore en Russie. Certains observateurs ont relevé que l’arrestation d’Uliukaev a eu lieu après la conversation téléphonique entre Trump et Poutine, sous-entendant que Trump pourrait avoir donné à Poutine le feu vert pour l’arrestation. C’est évidemment une absurdité totale, mais si cela peut faire paraître Poutine comme mauvais – c’est assez bon pour les membres de la cinquième colonne.

La liste des «candidats potentiels» à la purge prochaine est encore longue et comprend des noms comme le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch, le premier vice-Premier ministre Igor Chouvalov, la gouverneure de la Banque centrale russe Elvira Nabiullina, le ministre des Finances Anton Silouanov et, bien sûr, le Premier ministre Dmitri Medvedev. Uliukaev n’était qu’un parmi beaucoup d’autres. Pourtant, il était indubitablement une cible de niveau supérieur et la manière dont il a été arrêté doit avoir provoqué un frisson dans l’échine de tous les autres membres de la cinquième colonne au Kremlin. Rien que le fait que son téléphone ait été sur écoute depuis si longtemps est proprement impensable et indique clairement que personne n’est à l’abri des purges de Poutine. Et cela, en soi, est vraiment un changement tout à fait bienvenu. Chaque membre du gouvernement Medvedev a maintenant été averti que sa vie est désormais passée sous l’étroite surveillance du FSB.

Ce qui arrivera par la suite à Uliukaev n’a vraiment aucune importance. Il a été formellement mis en accusation, ensuite son cas fera l’objet d’une enquête puis il aura sa séance au tribunal (pour le moment, il est seulement détenu et il restera maintenu en résidence surveillée ces deux prochains mois). Il risque potentiellement 15 ans de prison et une amende équivalant à 70 fois le montant du pot de vin qu’il a touché. Si l’on en juge d’après le cas de Serdioukov, qui a réussi à échapper à toute peine de prison grâce à une amnistie présidentielle pour les 20 ans de la Constitution russe, Poutine semble réticent à infliger une quelconque forme de châtiment à ses ennemis. Mais même si Uliukaev n’a pas la chance de jouir de l’air frais de la taïga sibérienne, il est déjà fini comme courtier du pouvoir et c’est tout ce qui importe vraiment à Poutine.

Ce qui importe ici est qu’en une nuit, un ministre russe de haut niveau est passé de ses bureaux ministériels à une cellule de détention et qu’absolument personne ne l’avait vu venir ou n’a pu l’empêcher. Encore une fois, nous avons un style à 100% Poutine : pas d’avertissement d’aucune sorte, seulement un acte spectaculaire soudain, avec un résultat immédiat. Sa «signature» est partout dans cette affaire.

Uliukaev ne rira plus…

En Russie, la réaction à cette arrestation était prévisible, en particulier après que des sources dans les services de sécurité ont dit à la presse russe que Arkadii Dvorkovich et Andrei Belousov étaient aussi sous enquête. Anatolii Chubais, par exemple, a déclaré qu’il était «tout à fait choqué». Mieux encore, la réaction du Premier ministre Medvedev qui a dit que ce développement était «à la limite de sa compréhension».

Il sera intéressant d’observer l’inévitable réaction des intégrationnistes atlantiques : s’ils se sentent vraiment vaincus, ils approuveront du bout des lèvres la nécessité de «combattre la corruption à tous les niveaux» et feront en général profil bas. S’ils ont encore un peu de combativité, ils dénonceront une répression «stalinienne», le retour des «purges des années 1930» et «une nouvelle campagne de terreur» contre la démocratie. Les médias dominants occidentaux, dont la seule «valeur» est l’argent, s’épancheront sur la manière dont la «police secrète» russe réprime «les entrepreneurs» et comment cela finira par nuire à l’économie russe. Fondamentalement, une répétition des pleurnicheries que nous avons tous entendues lorsque Poutine a démantelé la tristement célèbre semibankirshchina. Comme dirait Elton John, «nous avons aussi vu ce film»…

Quant aux nationalistes enragés qui haïssent Poutine, ils diront que c’est trop peu et trop tard. Pendant des années, ils se sont plaints de la corruption et de la manière dont des responsables de haut niveau ne faisaient jamais l’objet d’enquêtes, et maintenant qu’ils semblent voir leurs vœux comblés, c’est «trop peu et trop tard». Mais cela ne compte pas vraiment, vu qu’ils ont à peu près aussi peu de crédibilité auprès de l’opinion publique russe que les partis pro-occidentaux comme Iabloko ou Parnas.

Les principaux organes de presse et commentateurs politiques font une ovation debout à Poutine en ce moment. C’est peu surprenant puisque ce sont eux qui, depuis des mois, se sont plaints bruyamment et constamment à propos du «bloc économique gouvernemental», voulant parler des membres de la cinquième colonne au sein du gouvernement Medvedev. Littéralement, tous les commentateurs politiques principaux ont quémandé et exigé une purge de ce «bloc économique» et un changement radical dans la politique économique de la Russie. Eh bien, ils ont obtenu la purge d’un méchant, ce qui est un bon départ, mais il n’y a aucun signe que davantage de têtes vont rouler ou que le cours économique de la Russie va rompre avec les politiques du type consensus de Washington pour les remplacer par une indispensable politique de croissance intérieure. Mais connaissant Poutine, nous ne devrions attendre aucun signal, seulement des actes.

En Russie, exactement comme aux États-Unis, changer le peuple est beaucoup plus facile que changer le système, tandis que la seule manière de réaliser un véritable changement est précisément de changer de système, pas de peuple. Jusqu’à présent, Poutine a seulement réussi à virer quelques personnes parmi les pires et, à son crédit, à en faire entrer quelques unes parmi les meilleures. Maintenant qu’une menace de guerre avec les États-Unis est très substantiellement réduite et qu’Oncle Sam sera occupé par ses propres luttes internes, j’espère que Poutine prendra enfin des mesures très fermes pour libérer la Russie des types du consensus de Washington pour les remplacer par de véritables patriotes qui permettront enfin à la Russie de devenir un pays vraiment souverain, même dans le sens économique.

The Saker

Article original paru sur Unz Review

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L’Organisation de coopération de Shanghai mène la grande transformation de l’Eurasie

Publié le par Felli Bernard

L’Organisation de coopération de Shanghai mène la grande transformation de l’Eurasie

Préambule de l'auteur 

L'Organisation de coopération de Shanghaï est en voie de passer de la coopération en matière de sécurité et de défense à un effort supplémentaire dans les domaines économiques et financiers. Durant son quinzième sommet, tenu début novembre, le premier ministre chinois, Li Keqiang, a proposé aux membres de ce groupe l'établissement d'une zone de libre échange commercial et la création une banque régionale de développement, qui augmentera l'influence de Beijing et de Moscou sur une région qui, de l'avis des principaux stratèges géopolitiques des États-Unis, définira finalement le futur de l'hégémonie globale.

Ariel Noyola Rodriguez

Par Noyola Ariel Rodriguez – Le 14 novembre, 2016 – Source Russia Today

Zbigniew Brzezinski, qui était conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, a déclaré en 1997 dans son livre Le grand échiquier : la primauté américaine et ses impératifs géostratégiques (The Grand Chessboard : American Primacy and Its Geostrategic Imperatives), que l’une des conditions pour que les États-Unis conservent leur hégémonie mondiale était d’empêcher, à tout prix, l’émergence d’une puissance concurrente dans la région de l’Eurasie.

 

Aujourd’hui, non seulement Washington n’a plus de contrôle sur cette zone, mais les Chinois mènent, avec les Russes, la construction d’un réseau économique et financier majeur concernant tous les pays de la région.

Presque tous les médias occidentaux ont occulté que, début novembre, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a visité plusieurs pays d’Asie centrale. Li a atterri à Bichkek (Kirghizistan) pour participer au quinzième sommet des chefs de gouvernement de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). L’OCS, qui couvre environ 300 millions de kilomètres carrés, 60% de toute l’ Eurasie et abrite un quart de la population mondiale, est composée de la Chine, de la Russie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan. L’Inde et le Pakistan sont dans un processus d’adhésion qui devrait se conclure au sommet d’Astana, qui se tiendra en juin 2017. Bien que conçue à l’origine dans une perspective militaire et de sécurité, l’OCS s’engage maintenant également dans la coopération économique et financière. Juste au moment où le commerce international des pays de l’OCS a enregistré sa pire performance depuis le début de la crise financière de 2008, il est devenu urgent de renforcer les liens, tant en termes d’échanges commerciaux que d’investissements. Pour faire face au ralentissement économique mondial, il est impératif que les pays émergents renforcent leurs relations Sud-Sud (entre pays périphériques) afin de réduire leur dépendance à l’égard des pays industrialisés, aujourd’hui embourbés dans la stagnation.

La proposition du Premier ministre de la Chine d’établir une zone de libre-échange entre les membres de l’OCS a précisément pour but l’intégration horizontale des chaînes de production de la région eurasienne. À une époque où la Chine accélère la réorientation de son économie vers son marché intérieur, en vue de réduire la prévalence des investissements massifs et du commerce extérieur dans son modèle de croissance, c’est une question de premier ordre pour les autres pays de l’OCS de faire le saut vers la production de produits à haute valeur ajoutée.

D’un autre côté, je crois que l’OCS devrait étudier la possibilité d’unir ses forces dans d’autres projets d’intégration qui tentent de se consolider aujourd’hui. L’élimination des barrières tarifaires pourrait bien permettre aux pays de l’OCS d’augmenter les flux commerciaux et les investissements, de façon substantielle, avec les blocs régionaux constitués par les économies émergentes ; par exemple, l’Union eurasienne économique (EEU, composée de la Russie, de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l’Arménie et du Kirghizistan) ou même l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN, son sigle en anglais).

En parallèle, il est essentiel que les stratégies régionales d’intégration économique impulsées par l’OCS et l’UEE cherchent à établir, dès que possible, des alliances avec les zones de libre-échange que la Chine pousse en Asie ; à savoir les points de convergence, par exemple, avec l’Accord économique complet régional (RCEP). À mon avis, le rôle de la Chine dans les flux commerciaux mondiaux offre d’énormes avantages pour les pays situés en Eurasie. Cependant, il ne s’agit pas seulement de vendre des marchandises dans l’un des marchés les plus dynamiques du monde, mais aussi d’acheter des biens à des prix beaucoup plus bas.

En outre, au cours de la réunion avec ses homologues de l’OCS, Li a promu la mise en service d’une banque régionale de développement, et un fonds de crédit spécial. À son avis, ces instruments seront en mesure de répondre aux besoins de financement de la région eurasienne. Si elles se concrétisent, ces institutions ajouteraient aux institutions financières menées par la Chine qui ont été lancées ces dernières années : la Nouvelle Banque de développement des BRICS et la Banque asiatique d’investissement dans l’infrastructure (AIIB).

Il est important de noter que toutes ces initiatives participent à l’objectif principal de canalisation de l’épargne des pays émergents vers le financement de l’initiative économique et géopolitique la plus ambitieuse, entreprise par la Chine au cours des dernières années, la Nouvelle Route de la Soie : «Une Ceinture, une Route», un vaste réseau de transport reliant les pays de l’Est, du Sud, et et du Sud-Est asiatique avec le Moyen-Orient et l’Afrique du nord jusqu’à l’Europe.

La Chine confirme encore une fois que l’intégration économique de l’Asie est l’une de ses priorités stratégiques. Bien que l’administration Obama a lancé la doctrine du pivot vers l’Asie en 2011, une stratégie de défense qui avait pour mission de contenir la montée de la Chine en tant que superpuissance, les dirigeants de Beijing ont réussi, avec de nombreux succès, à consolider leur leadership régional. Maintenant, il semble que l’avertissement, prodigué par  Brzezinski il y a près de deux décennies, soit devenu une réalité douloureuse pour les États-Unis : l’OCS, soutenue majoritairement par la Chine et la Russie, a conduit à la grande transformation de l’Eurasie.

Ariel Noyola Rodríguez est économiste, il a fait ses études supérieures à l’Université nationale autonome du Mexique. Contact : noyolara@gmail.com. Twitter:@noyola_ariel.

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Bosnie : Un futur conflit dans les Balkans ?

Publié le par Felli Bernard

Une vision russe sur un sujet à suivre…

Source : Joaquin Flores – Fort Russ News – 26 septembre 2016

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitalede facto de la Republika Srpska

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitalede facto de la Republika Srpska

La Républika Srpska – l’état serbe autonome enchâssé dans la Bosnie-Herzégovine – a tenu hier [25 septembre, NdT] un référendum qui change la donne. Ce référendum portait théoriquement sur la reconnaissance d’un jour férié : le Jour de l’Indépendance. Il a été publiquement approuvé et soutenu par le Premier ministre de la Republika Srpska, Milorad Dodik.

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Dans la soirée d’hier, les derniers bulletins ont été dépouillés et le résultat a été publié : 99,8% des votants se sont prononcés pour la reconnaissance d’un Jour de l’Indépendance.

Mais les uns et les autres, des deux côtés, sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agissait d’un galop d’essai pour un autre référendum, qui porterait, celui-là, sur une réelle déclaration d’indépendance, c’est-à-dire une volonté de séparation d’avec la Bosnie-Herzégovine et la possibilité d’une réunion avec la République de Serbie et sa capitale, Belgrade. Cette aspiration a le soutien la Russie.

Ce qui veut dire qu’un référendum portant sur la question d’une véritable indépendance pourrait bien se tenir à n’importe quel moment entre aujourd’hui et l’année 2018, qui a déjà été publiquement évoquée. En fait, la date précise dépendra de la rapidité avec laquelle l’OTAN poussera le fragile état multi-ethnique et multi-confessionnel vers une intégration à l’Alliance et exigera de lui des réformes constitutionnelles grosses d’orages.

Le référendum d’hier était une réplique aux avertissements officiels – et même aux menaces de violences – de l’OTAN, interdisant la tenue d’un référendum dans la capitale sous domination bosniaque de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo.

Ces menaces n’ont pas laissé indifférent le gouvernement, siégeant à Belgrade, de la République de Serbie, état indépendant reconnu par l’ONU, à l’est de la Republika Srpska et de la Bosnie-Herzégovine.

La République de Serbie (à ne pas confondre avec la Republika Srpska) ne fait partie ni de l’Union Européenne ni de l’OTAN. La Bosnie-Herzégovine, qui comprend la Republika Srpska, ne fait pas non plus partie de l’OTAN, mais l’équipe au pouvoir à Sarajevo a multiplié ces dernières années les démarches pour y être admise.

Au départ, le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić, respectant les normes diplomatiques de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres états, avait exprimé une position neutre vis-à-vis du référendum bosniaque.

Mais, suite aux menaces de violence contre la population ethnico-religieusement différente de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dačić, après un échange de vues avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, a été forcé de se prononcer plus clairement, en déclarant que les forces de sécurité serbes ne resteraient pas les bras croisés, si un référendum, dans la Republika Srpska voisine, était en butte à des violences de la part des forces de Sarajevo.

On n’avait pas entendu des discours de ce genre au niveau officiel depuis la guerre « civile » de Yougoslavie, qui a fait rage de 1991 à 2001. Les intellectuels occidentaux qui se sont exprimés sur le sujet – y compris Noam Chomsky – ont démontré que le démantèlement de la Yougoslavie avait résulté d’un projet dirigé par les États-Unis et l’Allemagne, l’Albanie et la Croatie étant les premiers bénéficiaires ex-yougoslaves de l’entreprise.

Il y a peu de chances pour que les USA et la Russie trouvent un terrain d’entente sur ce problème, vu son parallélisme avec d’autres guerres où s’affrontent actuellement les deux puissances. Le désir des Russes de construire un gazoduc à travers les Balkans et la volonté de l’OTAN de s’y opposer augmentent considérablement les chances d’un nouveau conflit dans les Balkans.

Ce qui a déclenché le mouvement du référendum.

Depuis 2013, l’OTAN a organisé plusieurs rencontres au sommet avec l’équipe au pouvoir à Sarajevo, en vue d’accélérer l’entrée de la Bosnie-Herzégovine dans l’Alliance.

Ces tractations ont été synchronisées, en 2014, avec un mouvement de revendications sociales  portant apparemment sur les droits du travail et les problèmes de chômage à Tuzla, l’ancienne capitale industrielle de la Bosnie, que l’auteur de ces lignes et notre collègue russe Andrew Korybko ont signalé à l’époque comme un stratagème de l’UE et de l’OTAN[ébauche de révolution colorée en somme, NdT]. Leur conviction s’était fondée alors sur le fait que les manifestants réclamaient des changements de la Constitution qui auraient court-circuité son état actuel, lequel reconnaît à la Republika Srpska un important degré d’autonomie. Cet état présent de la Constitution accorde à la Republika Srpska le droit d’entretenir une force de sécurité ethnique dotée d’une autonomie équivalente à la force de sécurité ethnique bosniaque, à la frontière séparant les deux états associés.

La frontière entre la Republika Srpska et la République de Serbie est plutôt poreuse, avec un contrôle des frontières qui ressemble beaucoup plus à un péage qu’à une frontière nationale entre deux états distincts.

Là-dessus,vient se greffer un mouvement social bosniaque, vendu au public occidental comme une initiative syndicale laïque de centre-gauche, qui est en réalité un mouvement salafiste djihadiste lié à Al Qaïda, utilisant les procédés d’agitation des Frères Musulmans, dont le but est de consolider le contrôle de Sarajevo sur la Republika Srpska actuellement autonome, en conformité avec les intentions publiquement affichées de l’UE et de l’OTAN de réformer la Constitution.

Dans un document intitulé « Réformer les institutions de la Défense de Bosnie-Herzégovine » publié par le journal officiel de l’OTAN, NATO Review, James R. Locher III et Michael Donley analysent les progrès accomplis par la Bosnie-Herzégovine dans le domaine de la réforme de son armée.

Ils écrivent :

La Bosnie-Herzégovine a réussi à satisfaire presque toutes les attentes de l’OTAN. Succédant à une intense période de recherche de consensus (consensus building) et de négociations entre mai et septembre 2003, la Commission de Réforme de la Défense est arrivée à un accord unanime qui a fait l’objet d’un rapport de 293 pages, fixant la voie à suivre. Ce rapport comportait le brouillon des changements à apporter aux constitutions des deux entités, trois lois de niveau-entité et deux lois de niveau-état, ainsi que deux propositions de lois comprenant une loi sur la défense au niveau de l’état.

L’OTAN a planté profondément ses crocs dans la Bosnie (aussi appelée Bosnie-Herzégovine dans cet article) et elle n’est pas du tout disposée à lâcher prise. Les réformes sur la sécurité impliquent la centralisation du commandement et l’élimination de toutes les forces de sécurité autonomes de la Republika Srpska, qui sont déjà en sous-effectifs, du fait de la signature forcée d’accords léonins.

Une autre preuve que la situation, dans la région, est instable, c’est que la principale menace envers les forces de sécurité serbes est constituée par l’armée bosniaque elle-même.

En février dernier, la Fédération de Russie a annoncé qu’elle allait entraîner les forces de sécurité de la Republika Srpska, dans le cadre d’un projet d’entraînement commun.

L’OTAN et les Monarchies du Golfe ont, de leur côté, préparé leurs propres forces paramilitaires en parallèle avec l’armée officielle. Ces forces font, pour l’essentiel, partie des brigades d’ISIS et d’Al-Nosra, mais les centres de recrutement et d’entraînement sont en Bosnie.

Le plus grand camp d’entraînement des troupes d’ISIS et d’Al Qaïda à l’ouest d’Istamboul se trouve en Bosnie. Les plus grands groupes ethnico-religieux indigènes à l’Europe actuellement engagés dans les guerres de Syrie et de Libye sont bosniaques. Les Bosniaques, à l’origine, étaient des Serbes qui, pour différentes raisons, au temps de la domination ottomane, ont adopté la religion musulmane. La langue parlée par les Bosniaques, aujourd’hui encore, est le serbe. Ils restent, en général, d’un point de vue phénotypique, indiscernables des Serbes, les deux principales différences entre les deux communautés étant religieuses et historiques.

Mais les liens historiques entre les musulmans de Bosnie et la Turquie existent encore. Les médias occidentaux qui ont rendu compte des manifestations de Tuzla se sont bien gardés de jamais faire allusion au fait que les groupes organisateurs étaient soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Pourtant, l’essentiel du travail d’organisation  a été fait par le plus grand parti « islamiste modéré » de  Bosnie, le SDA (Parti d’Action Démocratique).

Financé significativement par les monarchies du Golfe et par le Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker (dont il fait partie), le SDA, est un parti conservateur de droite (Chari’a) pro-Union Européenne et islamiste, qui est aussi le parti politique le plus important de Bosnie.

Candidats du SDA

Candidats du SDA

En ce sens, ce croisement de mouvements pro-OTAN, pro-UE et islamistes se faisant passer pour des progressistes de centre gauche, répète à l’identique la stratégie politico-médiatique utilisée en Libye avec le CNT ou Conseil national de transition, et en Syrie avec le CNS ou Conseil national syrien et l’ASL ou  Armée syrienne libre.

En conséquence des avertissements sans équivoque de Sarajevo quant à sa volonté d’abolir le statut autonome de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères russe Lavrov a prévenu très clairement en 2014 que si Sarajevo mettait à exécution sa menace de changer la Constitution, la Russie serait en position de « reconnaître le droit à l’autodétermination des deux peuples composant l’État » de la République à trois peuples de Bosnie-Herzégovine, se référant ainsi non moins clairement au précédent historique des Croates et des Serbes, bien que sa remarque concernât surtout la Serbie, puisque les Serbes de Bosnie ont ouvertement exprimé leur volonté de faire sécession en cas de crise constitutionnelle.

Toutes ces circonstances rassemblées font de la consultation d’hier un « référendum-test » sur l’indépendance de la Republika Srpska.

Contexte

La structure actuelle de la Bosnie-Herzégovine résulte de deux déterminants historiques : la structure d’origine de la République socialiste fédérale de Yougoslavie et les accords de Dayton. Les accords de Dayton ont été négociés et signés en 1995, lors de la guerre civile (sic) de Yougoslavie, quatre ans avant le bombardement de la Serbie en général et de Belgrade en particulier, par l’aviation de l’OTAN. Les institutions et les réalités politiques créées par les accords de Dayton sont, pour l’essentiel, le point de convergence de la dispute.

La République actuelle de Bosnie-Herségovine est composée de la Republika Srpska d’une part, et de la Fédération de Bosnie et d’Herzégovine d’autre part, celle-ci ayant été auparavant nommée Fédération bosniaco-croate, parce qu’elle était elle-même composée de deux groupes religieux distincts.

Comme l’auteur de ces lignes l’a écrit dans le passé, la période qui s’annonce et la crise qu’elle amène vont offrir à la Republika Srpska l’occasion rêvée de s’unir à la Serbie.

La Serbie est dans la position délicate de pouvoir soit récupérer la Republika Srpska et le Kosovo, tout en conservant des régions comme la Voïvodine, soit d’éclater davantage, en prenant part à un véritable conflit entre des pouvoir locaux aspirant au transfert et des états régionaux hostiles.

Un des rédacteurs de Fort-Russ et directeur de projets spéciaux du Centre d’Études Syncrétiques, Jafe Arnold, a écrit une étude fouillée et prémonitoire sur le sujet pour Global Independent Analytics, au début de cette année. Il y disait notamment :

Au cours des derniers mois, on a constaté un accroissement des tensions entre les deux entités politiques formant la Bosnie-Herzégovine – la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska – au point que la bouilloire sur le feu qu’est l’arrangement géopolitique de cet espace de l’ex-Yougoslavie a failli déborder.

Tandis que les événements continuaient leur escalade et que l’axe OTAN/islamistes apparaissait au grand jour, la situation, dans les pays de l’ex-Yougoslavie est devenue plus instable qu’elle ne l’a jamais été depuis 2001.

Des ONG serbes pour éduquer et tenter de stabiliser.

Le Centre pour les Études Syncrétiques (Center for Syncretic Studies) a été fondé en 2013 à Belgrade, comme une réponse spécifique au spectre grandissant d’un nouveau conflit majeur dans la région. En tant qu’organisation éducative à but non lucratif, il a travaillé à disséminer l’information accessible au public, à l’intention à la fois des publics anglophones et serbes, pour aider à comprendre ce que signifient les Balkans occidentaux et  en particulier la Serbie, dans la crise mondiale en cours.

Fort-Russ News a plusieurs rédacteurs, qui sont aussi des chercheurs, et des directeurs au sein du CSS. Le CSS travaille en partie sur des questions relatives aux efforts de déstabilisation de l’OTAN dans la région, et il étudie les outils de mobilisation politique et idéologique capables de s’y opposer. Le CSS a travaillé en collaboration avec le consulat de Syrie et avec des dirigeants politiques serbes, afin d’être mieux préparé aux événements que de nombreux analystes considèrent comme inéluctables.

Les événements de Syrie et d’Ukraine ont confirmé plusieurs des thèses opératoires du CSS sur l’idéologie syncrétique, les tactiques de printemps colorés dans le contexte de la 4GW (« Fourth Generation Warfare ») ou  Guerre de Quatrième Génération* et la guerre des nouveaux médias, qu’il peut s’avérer utile de bien connaître, au fur et à mesure que surgiront des problèmes similaires dans les mois ou les années qui viennent, dans ce qui fut la Yougoslavie.

Joaquin Flores – Fort Russ News – 26 septembre 2016

Article original : http://www.fort-russ.com/2016/09/new-balkans-conflict-ser…

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Europe centrale – Immigration : le groupe de Visegrád ne cède pas aux injonctions de Bruxelles

Publié le par Felli Bernard

 

visegrad_groupA l’issue d’une réunion devant débatte de la politique immigrationniste de l’Union européenne, les ministres de l’Intérieur du Groupe de Visegrád, le V4 (Pologne, Slovaquie, Tchéquie, Hongrie), ont conjointement rejeté le système obligatoire de quotas de réfugiés prôné par Bruxelles.

Ce lundi à Varsovie, ils ont opté pour une assistance aux réfugiés se trouvant en dehors de l’Union européenne, avec la création d’un centre de coordination des crises migratoires.

Le ministre polonais Mariusz Blaszczak a déclaré que tous les participants avaient accepté d’«employer les bonnes pratiques d’aides aux migrants ayant fui la guerre» qui se sont réfugiés dans des camps, au Liban et en Jordanie.

Blaszczak a également réaffirmé que le V4 était contre le système de relocalisation des réfugiés dans l’UE, car «nous croyons qu’il est inefficace». «Ce sont les faits qui le prouvent. Sur 160.000 personnes qui devaient être réparties dans les pays de l’UE, seules 6.000 personnes l’ont été à ce jour», a commenté le ministre. Et d’ajouter que les pays du V4 ont estimé qu’il était important de verrouiller les frontières de l’UE.

Le Groupe de Visegrád a fait valoir son opposition au système de réinstallation des réfugiés et d’amendes aux pays qui refusent de les accepter. Selon la proposition de l’UE, ces derniers pourraient échapper à la relocalisation pendant un an à condition de payer une amende de 250.000€ par réfugié!

«La politique de l’UE doit être modifiée afin de rétablir le contrôle total des mouvements migratoires actuels en Europe, afin d’éviter les effets négatifs d’une augmentation brutale de la pression migratoire au cours des prochaines années», a lancé le ministre polonais.

Le centre sera dirigé par la Pologne, qui assume cette année la présidence tournante du V4. Dans cette réunion élargie ont également participé des délégations autrichienne, belge, bulgare, croate et slovène.

Les petits pays de l’UE se coalisent et nous montrent la voie à suivre en affirmant leur volonté de se réapproprier les compétences des Etats-nations que Bruxelles leur a confisquées.

Sources :

http://news.xinhuanet.com/english/2016-11/22/c_135847535.htm

http://www.auslandsdienst.pl/3/21/Artykul/281024,V4-gr%C3%BCnden-Zentrum-zur-Hilfe-f%C3%BCr-Fl%C3%BCchtlinge

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Zemmour : « Face à Fillon, la gauche va ressortir les minorités sexuelles qu’elle confond désormais avec le progrès social »

Publié le par Felli Bernard

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La question des officiers turcs mine l’OTAN

Publié le par Felli Bernard

La question des officiers turcs mine l’OTAN

 

(B2) La répression qui a suivi le coup d’État raté en Turquie en juillet a des conséquences certaines sur les structures de l’Alliance atlantique. Ce fait a longtemps été tu. Il était tabou. C’est de notoriété publique aujourd’hui.

Des disparitions…

Le bruit courait depuis plusieurs jours déjà et il était parvenu à nos oreilles. Certains officiers — parfois de haut niveau — ont « disparu » des structures de commandement où ils étaient insérés. Certains ont été rapatriés sur ordre en Turquie par le pouvoir turc (des diplomates comme des officiers semble-t-il). D’autres ont choisi de prendre la poudre d’escampette. Quand nous avions rencontré Jens Stoltenberg, au lendemain des élections américaines (1), nous lui avions posé la question, au terme de notre rencontre. Mais il avait préféré esquisser, estimant qu’elle n’était pas fondée. Le fait est aujourd’hui confirmé. Des officiers turcs, en poste dans les structures de l’OTAN ont préféré demandé l’asile plutôt que d’être arrêtés.

Réfugié plutôt qu’arrêté

Vendredi (18 novembre), lors d’une conférence de presse, le secrétaire général de l’OTAN a reconnu ce qui — dans les couloirs — se disait déjà. « Il est exact que des officiers turcs employés dans la structure de commandement ont sollicité l’asile dans les pays où ils travaillent », a-t-il déclaré. Il n’a cependant pas voulu en dire plus ni quant au nombre d’officiers concernés ni des pays où ils ont été affectés.

Des demandes d’asile en Allemagne… et en Belgique ?

D’après nos informations, il ne s’agirait pas d’une ou deux personnes isolées mais de plusieurs, sans qu’on puisse estimer exactement le nombre. Plusieurs pays seraient concernés. En Allemagne, l’information est désormais publique. La presse allemande avait indiqué, mercredi dernier, que des soldats de la base aérienne de Rammstein et leur famille avaient demandé l’asile. En Belgique — qui abrite le siège de l’Alliance (à Bruxelles) comme le commandement suprême Shape, à Mons, ce pourrait être aussi le cas, selon nos informations…

Les deux tiers des effectifs turcs concernés

Selon notre confrère du Monde Nathalie Guibert qui a publié un papier ce matin et donne des chiffres précis. « Quelque 70 officiers et sous-officiers turcs, sur la centaine que comptait le pays, ont été victimes de la purge. Soit les deux tiers de l’effectif » présent « à Bruxelles, dans les quartiers généraux opérationnels ». Une information puisée à bonne source puisqu’elle provient du président du comité militaire de l’Alliance, le général tchèque Petr Pavel. A Norfolk, aux Etats-Unis, où est installé le second commandement suprême de l’OTAN, celui de la « transformation », dirigé par un Français, la razzia est importante également : « 36 des 46 militaires turcs ont été forcés à lâcher leur job ». Dans les deux cas, les Turcs occupaient des postes-clés. Ce qui implique que « des projets vont être mis en sommeil » au moins le temps de trouver des remplaçants, parmi les Turcs, ou d’autres nations de l’Alliance. « La vacance signifie que certains de nos projets vont être retardés car il manque le personnel nécessaire » reconnait Petr Pavel.

(NGV)

(1) Le double avertissement du chef de l’OTAN à Donald Trump et aux Européens (entretien exclusif avec Jens Stoltenberg)

 

Rédacteur en chef de B2 - Bruxelles2. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Ouest-France, Sud-Ouest et Lettre de l'expansion. Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense nationale). © B2. Merci de citer "B2" ou "Bruxelles2" en cas de reprise

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Michael T. Flynn et l’islam

Publié le par Felli Bernard

Michael T. Flynn et l’islam

Le prochain conseiller de Sécurité nationale des États-Unis, le général Michael T. Flynn, a été successivement encensé comme l’un des plus brillants officiers de renseignement de sa génération, puis conspué comme un islamophobe et un tortionnaire. Entre temps, il s’était opposé au président Barack Obama et a rejoint le candidat Donald Trump.

| Damas (Syrie)
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L’année dernière, le général Flynn était invité à l’anniversaire de la chaîne de télévision internationale, « Russia Today ». Sa participation a été violemment critiquée par la Maison-Blanche pour qui cette chaîne est un « organe de propagande de Vladimir Poutine » (sic).

Avec beaucoup de mauvaise foi, la presse clintonnienne décrit Michael T. Flynn, le prochain conseiller de sécurité des États-Unis, comme islamophobe et partisan de la torture. Qu’en est-il vraiment ?

C’est un catholique d’origine irlandaise, attaché à la stabilité de sa famille. Très sportif, il pratique à la fois des sports d’équipe et des sports individuels, mais préfère les sports de mouvement (water polo, surf) aux sports de force.

Considéré comme un des plus brillants officiers de renseignement de sa génération —il a commandé l’Agence de Renseignement militaire (DIA) de juillet 2012 à août 2014— , il a mis en cause les méthode de travail de son service. Selon lui, le recours systématique à des appareils sophistiqués d’espionnage ne vaut pas la qualité du renseignement humain. Et la tendance à rendre des rapports sous forme d’exposé bien illustré ne permet pas de rendre compte de situations complexes. Il vaut mieux une analyse écrite que de belles planches et photos. Enfin, la qualité du Renseignement dépend de sa confrontation avec celui d’autres analystes. Contrairement aux habitudes états-uniennes, il est donc très important de coopérer et d’échanger avec les autres services du pays et des nations alliées. Des positions sommes toute très classiques, mais en totale contradiction avec les us et coutumes de son pays.

Concernant le jihadisme, sur lequel il s’est concentré depuis une quinzaine d’années, il est arrivé à la conclusion que l’islamisme n’a rien à voir avec une religion même s’il en utilise le vocabulaire et cite le Coran. C’est exclusivement une idéologie politique. Plus gênant, mais tout aussi vrai, il affirme que le soutien dont les jihadistes bénéficient dans une partie de la population musulmane trouve ses racines dans l’islam lui-même. S’il n’a pas exprimé de position sur la religion musulmane, il a fait entrer dans l’équipe de Donal Trump le professeur d’origine libanaise Gabriel Sawma. Ce dernier est l’auteur d’un ouvrage sur les origines syriaques du Coran qui le conduit à une interprétation très tolérante de l’islam.

Le clash entre Michael Flynn d’une part et Hillary Clinton et Barack Obama de l’autre est intervenu en août 2012, lors de la diffusion d’une note secrète sur les jihadistes au Levant. Dans la partie du document qui a été déclassifiée, il observait qu’ils étaient en guerre contre la République arabe syrienne et étaient soutenus par les populations tribales vivant à cheval entre la Syrie et l’Irak. Cette situation pouvait les conduire à créer un émirat au Nord-Est de la Syrie, ce qui correspondrait aux intérêts stratégiques de leurs sponsors, Arabie saoudite, Qatar et Turquie. Il a expliqué qu’il avait écrit ce document —juste après la relance de la guerre contre la Syrie par la France— pour tenter de s’opposer au soutien de l’administration Obama à la création de Daesh.

À propos de la torture, il a plusieurs fois expliqué que ses propres déclarations ne doivent pas être comprises comme un encouragement à sa généralisation. S’il combat les jihadistes parce qu’ils torturent et tuent, il importe qu’ils sachent qu’il ne se désolidarisera pas de ses compagnons d’armes qui ont torturé et qu’il n’hésitera pas à torturer et à tuer lui aussi si nécessaire. Mais ce n’est pas son intention et en Afghanistan, il était intervenu contre cette pratique.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitter officiel.

Source
Al-Watan (Syrie)

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Syrie : les assassins effacent leurs traces en éliminant les témoins…

Publié le par Felli Bernard

Syrie : les assassins effacent leurs traces en éliminant les témoins…


Finian Cunningham

Finian Cunningham – Le 14 novembre 2016 – Source Strategic Culture

Le président américain Barack Obama vient de donner l’ordre au Pentagone d’assassiner les commandants du réseau terroriste al-Nusra en Syrie. Les médias américains ont commenté au cours du weekend, en disant que la nouvelle urgence découlait des craintes du renseignement américain que les groupes affiliés à al-Qaïda ne s’apprêtent à monter des attaques terroristes contre des cibles occidentales, à partir de leurs forteresses en Syrie.

 

La prétendue kill list des États-Unis sera mise en œuvre par le biais de frappes de drones et d’agents de renseignement. Ces derniers se réfèrent vraisemblablement aux forces spéciales américaines qui opèrent déjà dans le nord de la Syrie aux côtés de l’armée turque.

La semaine dernière, la presse britannique a annoncé que des troupes d’élite britanniques avaient reçu l’ordre de tuer jusqu’à 200 volontaires djihadistes britanniques soupçonnés d’être actifs en Syrie et en Irak. Encore une fois, le même raisonnement a été invoqué dans le dernier plan américain. Que le but du programme d’assassinat était de préempter les attaques terroristes se retournant contre les États occidentaux.

Un responsable britannique de la défense aurait déclaré que la mission pourrait être la plus importante jamais entreprise par le SAS, au cours de ses soixante-quinze années d’histoire. «La chasse est lancée, a déclaré le fonctionnaire, pour éliminer de très mauvaises personnes.»

Il est également significatif que les opérations de destruction des SAS britanniques en Syrie se déroulent dans le cadre d’un «effort multinational». Cela suggère que l’initiative du Pentagone commentée ce week-end est coordonnée avec les Britanniques.

Cependant, il y a quelque chose de vraiment étrange, dans cette détermination soudaine des Américains et des Britanniques d’éliminer les terroristes en Syrie.

Depuis le déclenchement de la guerre syrienne en 2011, les forces américaines, britanniques, et d’autres forces de l’OTAN, ont eu peu de succès dans la lutte contre les groupes terroristes liés à al-Qaïda, tels que État islamique (IS, ISIS ou Daesh) et Jabhat al-Nusra (également connu sous le nom de Jabhat al Fatal al Sham).

Une explication simple de cette anomalie apparente est que les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN travaillent en secret avec ces réseaux de terroristes, en tant que mercenaires pour le changement du régime de Assad en Syrie – allié de longue date de la Russie et de l’Iran. Ceux que Washington qualifie de «rebelles modérés» et qu’elle soutient, sont en réalité des intermédiaires pour livrer des armes et des fonds à des groupes terroristes connus. Dans ce contexte, les groupes terroristes ont été des atouts occidentaux dans la guerre pour le changement de régime. Par conséquent, il n’y avait aucune incitation à liquider ces mercenaires – jusqu’à présent. Pourquoi maintenant ? Voilà la question révélatrice.

Les récentes débâcles du cessez-le-feu sur le champ de bataille de la ville d’Alep ont mis au jour le lien systématique de l’Occident avec le terrorisme. L’échec de Washington à honorer son engagement de séparer les soi-disant modérés des extrémistes est une preuve évidente que la prétendue dichotomie est un canular. Le fait est que les rebelles soutenus par les États-Unis sont pleinement intégrés aux groupes terroristes. C’est-à-dire que les États-Unis et leurs alliés sont des commanditaires du terrorisme en Syrie.

Cela a conduit à une mise en cause raisonnable, par le gouvernement russe, selon laquelle les États-Unis appuient al-Nusra, bien que ce dernier soit une organisation internationalement proscrite, au cœur de la soi-disant «guerre contre le terrorisme». Cette accusation a été corroborée par des déclarations de commandants de Nusra qui disent qu’ils ont reçu des fournitures d’armes secrètes des Américains. Elle est également étayée par des découvertes récentes d’armements américains dans les tanières terroristes qui ont été prises par l’armée arabe syrienne.

Donc, la question est : qu’y a-t-il derrière cette urgence soudaine du Pentagone à éliminer la direction d’al Nusra en Syrie ?

Tout d’abord, notons que la précision des kill lists terroristes, sur lesquelles les Américains et les Britanniques travaillent soudainement, semble incongrue étant donné que ces puissances de l’OTAN n’ont apparemment, jusqu’à présent, pas été en mesure de fournir à la Russie les coordonnées des bases extrémistes en Syrie.

Le ministère russe de la Défense a révélé, la semaine dernière, que les Américains n’ont pas fourni une seule bribe d’information sur l’emplacement des groupes terroristes en Syrie. Les États-Unis devaient partager des renseignements sur des positions extrémistes, dans le cadre des plans de cessez-le-feu décidés en septembre par le secrétaire d’État John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Cela marque alors un changement curieux. Après ne pas avoir été en mesure de fournir des renseignements sur les groupes terroristes, on nous dit maintenant, dans un contexte différent, que les États-Unis et leur homologue britannique sont en train d’entreprendre d’urgence des frappes pour décapiter le commandement d’al Nusra et d’ISIS.

Du côté britannique, les rapports indiquaient qu’une liste de centaines de djihadistes britanniques avait été établie par les services de renseignement du MI5, du MI6 et du GCHQ. Pourquoi cette information n’a-t-elle pas été partagée auparavant avec la Russie, dans le cadre de l’accord Kerry-Lavrov ?

Le calendrier est également un autre facteur révélateur. Obama a donné l’ordre au Pentagone d’organiser l’assassinat des dirigeants d’al Nusra dans le sillage du coup de tonnerre de la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle. L’élection de Trump la semaine dernière a eu pour résultat d’aveugler totalement la Maison Blanche et l’establishment de Washington, qui pensait que la démocrate Hillary Clinton était un pari sûr.

L’impulsion américaine brutale, pour neutraliser les cadres d’al Nusra, vient aussi au moment où la flottille de la marine russe prend position en Méditerranée au large de la Syrie. La flottille est conduite par le porte-avion Amiral Kouznetsov, avec des destroyers équipés de missiles de croisière Kalibr. La formation navale a été décrite comme le plus grand déploiement russe depuis la fin de la guerre froide il y a 25 ans. Il renforcera considérablement la puissance aérienne de la Russie, qui a déjà transformé la guerre syrienne en une éminente défaite pour les insurgés soutenus par l’Occident.

Maintenant que près de trois semaines après le début de la cessation unilatérale des frappes aériennes russes sur les cibles terroristes en Syrie, les insurgés ne se sont toujours pas rendus, on s’attend à ce que la force aérienne russe et les forces syriennes sur le terrain mènent une offensive finale et décisive, pour terminer la guerre par procuration soutenue par l’Occident.

Le président élu Trump a déclaré à plusieurs reprises son approbation des efforts antiterroristes russes et syriens, contrairement à l’administration Obama, qui a cherché à les entraver en accusant Moscou et Damas de «crimes de guerre» contre des civils. La Russie a rejeté ces fausses allégations. Elle souligne les récentes initiatives visant à mettre en place des corridors humanitaires à Alep, comme preuve qu’elle essaie de minimiser les pertes civiles. Ce sont les militants soutenus par les États-Unis qui ont saboté les efforts humanitaires.

En tout cas, on peut s’attendre à ce que l’accession de Trump à la Maison Blanche donne à la Russie une plus grande liberté pour mettre fin à la guerre syrienne. Et comme on l’a noté, les forces militaires russes augmentées semblent être prêtes pour cette poussée finale.

C’est peut-être là que l’on trouve la véritable signification du dernier programme du Pentagone et du terrorisme britannique. Si nous acceptons la prémisse plausible et prouvée, que les Américains et leurs alliés de l’OTAN ont secrètement financé, armé et dirigé des sbires terroristes djihadistes, alors on peut s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup de preuves, dans les rangs terroristes, de telles connexions criminelles étatiques.

À mesure que les forces russes et syriennes éradiquent les restes terroristes, on peut anticiper qu’une foule d’informations hautement inculpantes seront dévoilées, ce qui affecterait gravement Washington, Londres, Paris et d’autres dans la sale guerre en Syrie. Parmi les témoins se trouveront aussi des centaines d’al Nusra et d’autres agents terroristes, qui pourraient être disposés à dévoiler qui étaient leurs trafiquants. Le panier de crabe attend d’être ouvert.

Pour anticiper ces preuves dévastatrices de la culpabilité occidentale dans la guerre criminelle secrète en Syrie, le Pentagone et son partenaire britannique semblent envoyer leurs troupes d’élite pour effectuer un peu de «nettoyage dans la maison». Ce nettoyage pourrait concerner des djihadistes qui en savent trop.

Pas étonnant qu’un fonctionnaire britannique ait déclaré que cela pourrait être la mission la plus importante pour le SAS au cours de ses 75 ans d’histoire.

Washington et Londres sont dans le collimateur.

Finian Cunningham

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