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Mort imminente du Traité Trans-Pacifique (TTP)…

Publié le par Felli Bernard

Mort imminente du Traité Trans-Pacifique (TTP)…


La Chine prend le relais des États-Unis 

Préambule de l'auteur 

La bataille pour la domination du commerce mondial penche en faveur de la Chine. Face aux menaces de Donald Trump d'imposer des barrières tarifaires et de supprimer les accords de libre-échange, dont le TPP, Beijing tisse des liens avec divers partenaires importants de Washington. Lors du XXIVe sommet de l'APEC, il est apparu clairement que la mort imminente du TPP est devenue une excellente occasion pour la Chine qui, étonnamment, avait proposé aux pays qui ont signé le TPP en février de cette année, l'établissement d'une grande zone de libre-échange... mais sans les États-Unis.

Ariel Noyola Rodriguez

Par Noyola Ariel Rodriguez – Le 21 novembre 2016 – Source Russia Today

L’influence des États-Unis dans le commerce mondial se dilue. Quelques heures après la victoire électorale de Donald Trump sur Hillary Clinton, l’équipe du président Barack Obama a surpris ses propres amis en leur demandant d’abandonner, soudainement, la campagne de lobbying intense qu’ils menaient au Congrès pour la ratification de l’Accord trans-pacifique de coopération économique (TPP).

La mort du TPP est imminente. Selon ses dispositions, pour entrer en vigueur, il faut l’approbation législative d’au moins six pays et, en plus, ceux-ci doivent totaliser 85% du produit intérieur brut (PIB) des douze membres. L’économie américaine en représente à elle seule plus de 60%. Par conséquent, une fois que Obama aura laissé la ratification du TPP entre les mains de Trump, il est presque certain qu’il sera enterré par le prochain Congrès des États-Unis.

Michael Froman, représentant au Commerce pour les États-Unis, avait déjà averti en juillet de cette année que si les législateurs de son pays échouaient à ratifier le TPP, les «clés du château» de la globalisation des échanges passeraient entre les mains de la Chine. Ses paroles étaient prophétiques. Les aspirations impériales d’Obama ont capoté. L’Amérique ne dictera plus les règles du jeu.

Actuellement, l’essentiel du commerce est concentré en Asie, avec la Chine en tête. Les dirigeants de Pékin ont travaillé pendant un certain temps sur diverses initiatives de libre-échange de caractère multilatéral en vue de consolider leur influence aux niveaux régional et mondial : le partenariat économique global régional (RCEP) et le libre commerce en Asie-Pacifique (FTAAP).

El presidente chino, Xi Jinping y su mujer, Peng Liyuan, a su llegada al aeropuerto internacional en Lima, Perú, con motivo de la cumbre de APEC, el 18 de noviembre de 2016.
La Chine va-t-elle remplacer les US en Amérique latine après la victoire de Trump ?

Lors du XXIVe sommet  de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), tenu à Lima (Pérou), le Président de la Chine, Xi Jinping, a proposé aux pays signataires du TPP, tant d’Amérique – Chili, Mexique et Pérou – que d’Océanie – Australie et Nouvelle-Zélande – de rejoindre les accords de libre-échange promus par son gouvernement et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Mais laquelle des deux initiatives de libre-échange promues par la Chine est-elle vraiment de nature à supplanter le TPP ?

Il sera très difficile pour Beijing de faire fonctionner le FTAAP – traité de libre-échange entre les membres de l’APEC, créé en 2014, qui inclut les États-Unis… et la Chine – parce que si Donald Trump, à ce jour, a été catégoriquement opposé au TPP, il est clair qu’il ne soutiendra jamais une initiative de libre-échange menée par la Chine. Rappelez-vous aussi que Trump a promis à ses électeurs d’abandonner ou, dans le meilleur des cas, de renégocier les accords de libre-échange signés par les États-Unis au cours des dernières décennies. À leur avis, les accords tels que l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) sont un désastre.

Selon ce scénario, la Chine cherche à rallier à sa cause les principaux partenaires commerciaux des États-Unis en vertu de l’engagement de continuer à encourager la libre circulation des marchandises. De mon point de vue, le RCEP est l’initiative de libre-échange qui donne à la Chine la possibilité de combler le vide laissé par Washington après son abandon du TPP . «La Chine devrait mettre en place un nouvel accord qui réponde aux attentes de l’industrie et maintienne la dynamique de la mise en place d’une zone de libre-échange», a dit au début de novembre Li Baodong, le vice-ministre des Affaires étrangères de la Chine.

Le RCEP est composé de tous les pays membres du TPP, à l’exception du Canada, du Chili, du Mexique, du Pérou et, bien sûr, des États-Unis. Avec un total de plus de 3 milliards d’habitants, le RCEP inclut également d’autres pays d’Asie ayant un grand dynamisme économique : Cambodge, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Philippines, Laos, Myanmar et Thaïlande. La question se pose alors de savoir si le RCEP serait une sorte de TPP élargi, avec la Chine remplaçant les États-Unis.

Pas exactement.

L’envergure de la RCEP n’est pas la même que celle du TPP. Jusqu’à présent, les objectifs de la RCEP sont limités à l’élimination des barrières tarifaires. Le TPP, pour sa part, est beaucoup plus qu’un accord de libre-échange, parce que, entre autres choses, il met à la disposition des grandes sociétés des droits à la propriété intellectuelle, menace la protection de l’environnement, viole les droits des travailleurs et, comme si ça ne suffisait pas, laisse aux mains de tribunaux internationaux d’arbitrage [mis en place par les multinationales, NdT] le règlement des différends entre les gouvernements et les entreprises.

Par conséquent, plusieurs dirigeants considèrent favorablement le plan B proposé par les Chinois. Parmi eux, le président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski, qui considère qu’un accord de libre-échange alternatif au TPP est nécessaire. Bien que les pays de l’Alliance du Pacifique – composée des trois membres du TPP d’origine latino-américaine, plus la Colombie – soient intéressés à continuer d’entretenir d’excellentes relations avec les États-Unis, en même temps, plusieurs d’entre eux veulent construire des accords avec la Chine et la Russie.

Sans aucun doute, l’incertitude politique qui afflige les États-Unis depuis les élections du 8 novembre dernier est magistralement exploitée par le dragon chinois. Face à la menace de Trump d’ouvrir une nouvelle ère de protectionnisme, la réponse de Xi est très énergique : la globalisation des échanges menée par Pékin continuera, avec ou sans le soutien de Washington.

Ariel Noyola Rodríguez est économiste, il a fait ses études supérieures à l’Université nationale autonome du Mexique. Contact : noyolara@gmail.com. Twitter :@noyola_ariel.

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On ne va quand même pas en faire tout un fromage ...

Publié le par Felli Bernard

On ne va quand même pas en faire tout un fromage ...

28 Novembre 2016 , Rédigé par New Dawn Publié dans #Humour

On ne va quand même pas en faire tout un fromage ...

Hier se déroulait un match de la plus haute importance  puisque se tenaient , à bulletins secrets , les éliminatoires décisives en vue de l'occupation de l'Elysée, entre les amateurs de rillettes sarthoises et les inconditionnels du terroir des vins de Bordeaux , rouge de préférence , puisque le cru classé 72 ans d'âge , était largement soutenu par une gauche décidée qui entendait ne pas faire que de la figuration dans ce combat fratricide  et amener leur vieux canasson  jusqu'à la victoire ...

Notre gauche socialiste et boboïsante a toujours eu la main heureuse pour choisir ses candidats les plus volontaires et les porter jusqu'au trône de France , où , tels nos anciens rois fénéants , ils pourront se la couler douce pendant cinq ans aux frais de la princesse !

Perso , je n'aime pas le Bordeaux , lui préférant largement un petit rosé de Bandol , bien frais ... quant aux rillettes , je n'en consomme jamais , sans toutefois avoir de motifs religieux pour m'en excommunier ...

Le soir-même , tout était terminé et les deux candidats qui sont issus du même groupe à l'Assemblée et présentaient donc à peu près le même programme , se tartinèrent copieusement de compliments sur la loyauté de leur combat artificiel  qui n'avait pour but que de faire sortir de table la candidate du FN pour l'envoyer dans les choux se faire cuire un œuf ...

Les journaux télévisés des chaînes de désinformation publique  immortalisèrent leur rude poignée de mains sous la forme d'un pot de rillettes que l'on baptisa du nom de "Bordeaux-Chesnel" pour ne vexer personne et dans une atmosphère de détente et de joyeuse camaraderie ...

Quel beau moment de fraternité paisible retrouvée ! Laurent de la Housse , qui a le bonheur d'officier le ouikinde , et , de ce fait , se trouve toujours là pour délivrer les résultats électoraux , buvait du petit lait et semblait avoir  fait greffer des roulettes sur ses orteils tant il patinait gracieusement de l'un à l'autre de ses invités ... Le seul a être vraiment chonchon restait Monsieur Mélenchon que je promets de ne plus appeler Jean-Cul , même par affection , car il s'est durement fâché avec Dany-le-rouge , devenu gros comme un poisson-lune , et l'a sommé de ne plus le tutoyer inconsidérément ... C'est vrai quoi , on ne mélange pas les torchons avec les serviettes lorsque l'on prépare un pick-nick aux rillettes !

Et maintenant , la fête ne serait pas complète si l'on n'analysait pas rigoureusement les retombées de cette lutte finale au niveau de la population ... Quelques chiffres d'abord :

- 4 millions d'électeurs se sont sorti les doigts du cul pour aller voter ... avec pour résultat , en gros , 70% pour les rillettes et 30% pour le Bordeaux  ... Sur ce dernier score , il faut retirer à ce que disent les médias , 10% de socialistes qui n'ayant pas reçu suffisamment de coups de fouet de la gauche-caviar , ont opté pour le Bordeaux mais recommenceront à voter Hollande en 2017... ce qui fait si mes souvenirs de Maths sont bons :

( 4M x 90 ) : 100 = 3 Millions et 600 000 connards qui vont décider du prochain président de la République française  sur une population d'environ 66Millions d'habitants , dont , je vous l'accorde , une grande partie ne sera pas en âge de voter  ... mais quand même , mes Loulous , cela fait peur non ?

En plus , dans la campagne des deux Ravis de la crèche , personne n'a parlé de ce qui interpelle actuellement les Français ... Le chômage , certes , mais personne n'a remis en question la souveraineté de l'Europe  sur celle de la Nation ... rien sur la participation à l'entreprise de déstabilisation du monde incarnée par l'OTAN , rien sur l'Euro , rien sur la réhabilitation de nos frontières pour assécher les flux migratoires ,  rien sur la Turquie qui fait du chantage pour entrer dans l'Europe , rien sur ce que nous allons faire de ces migrants qui viennent nous envahir , comment allons-nous les loger , leur apprendre la civilité et l'altérité entre les hommes et les femmes , les instruire , les forger au respect des autres , de la République , de nos Institutions comme la Police , la Gendarmerie , le Corps Médical , les Pompiers ... Leur apprendre à être propres et à ne pas se laver le derrière en pleine rue , respecter nos lieux de culte , nos cimetières ... Rien , nib , nada , ...zob ! comme si tous ces problèmes n'existaient pas  dans notre pays ! ... et si Marine Le Pen était élue dès le premier tour ?

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L’offensive de charme de Trump : la Russie sur ses gardes

Publié le par Felli Bernard

L’offensive de charme de Trump : la Russie sur ses gardes


Bhadrakumar

Par MK Bhadrakumar – Le 24 novembre 2016 – Source Indian Punchline

Ironie du sort, c’est maintenant au tour du président russe Vladimir Poutine de reprendre ce que feu Ronald Reagan avait un jour conseillé à propos des relations soviéto-américaines : «Faire confiance, mais vérifier». Poutine pourrait cependant introduire une légère modification : «Faire confiance, mais prudemment». Reagan a prononcé ces mots célèbres après avoir décidé qu’il pouvait faire des affaires avec Mikhaïl Gorbatchev – en fait pour insister spécifiquement auprès de ce dernier sur les procédures étendues de vérification qui permettraient aux deux parties de surveiller la conformité du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé le 8 décembre 1987.

 

Gorbatchev aurait répondu : «Vous répétez cela à chaque rencontre», à quoi Reagan a répliqué : «J’aime ça.» Poutine doit avoir un échange jovial de ce genre avec le président élu américain Donald Trump, mais l’ambiance est frappante.

Poutine doit jauger que Trump fait juste des déclarations correctes à propos des liens avec la Russie, la dernière étant son interview avec le New York Times jeudi, où il a dit :

«J’aimerais pouvoir bien m’entendre avec la Russie et je pense qu’ils aimeraient bien s’entendre avec nous. C’est dans notre intérêt mutuel. Et je n’y vais pas avec une idée préconçue, mais je vous dirai, je dirais – quand on disait pendant la campagne que Donald Trump aime Poutine, et Poutine aime Donald Trump, j’ai dit, ouais, ce serait bien, je l’ai dit face à des milliers de gens, ne serait-ce pas bien que cela se passe vraiment comme on l’a dit, ne serait-ce pas bien si nous nous entendions effectivement avec la Russie, ne serait-ce pas bien si nous nous attaquions ensemble à ISIS, qui en plus d’être dangereux, coûte très cher, et d’ailleurs, ISIS n’aurait jamais dû être autorisé à exister, et que les gens se lèvent et me donnent un coup de main massif. Vous savez qu’on pensait que c’était mal que je m’entende avec Poutine ou que je croie fermement ce serait positif si nous pouvions nous entendre avec la Russie. C’est une grande chose que nous puissions nous entendre non seulement avec la Russie mais avec d’autres pays.»

Mais ensuite, Trump n’a pas osé appeler cela une saine remise à zéro, plaidant que la réticence est admise «après ce qui s’est passé auparavant» (sous l’administration Obama). Trump a réussi à donner une impression de bonhomie, d’alchimie personnelle et de lutte contre ISIS – rien de plus, rien de moins.

En tout cas, Moscou vient de faire deux annonces importantes, qui vont dans le sens de renforcer la dissuasion stratégique de la Russie contre tout mouvement militaire belliciste des États-Unis. Premièrement, Moscou a annoncé mardi dernier le déploiement de missiles sol-air de pointe S-400 et de missiles nucléaires Iskander à Kaliningrad en réponse au renforcement des capacités militaires de l’OTAN aux frontières occidentales de la Russie.

Les analystes militaires considèrent le système Iskander comme supérieur à tous ses analogues américains ou étrangers en termes de mobilité stratégique, de furtivité, de mission de vol et de capacité à remplir des missions de combat sous le feu et les contre-mesures électroniques. Effectivement, toute l’Europe devient maintenant une cible facile. La durée de vol d’un Iskander de Kaliningrad à Berlin sera à peu près de trois minutes.

Sur le plan politique, la Russie surveille l’OTAN, ce qui signifie surveiller l’administration étasunienne. Poutine a laissé entendre récemment dans une interview avec Oliver Stone que les décisions de l’OTAN sont prises à Washington.

Deuxièmement, mardi, les médias russes ont révélé le déploiement de systèmes de missiles côtiers sol-mer dernier modèle, dénommés Bal et Bastion dans les îles Kouriles contestées de l’Extrême-Orient. Le Bal a une portée de 130 kilomètres et le Bastion de 300 kilomètres.

Moscou maintient que le déploiement ne devrait pas nuire aux pourparlers avec Tokyo pour la signature d’un traité de paix. En effet, le déploiement aux Kouriles doit être vu dans le contexte de l’essai par les États-Unis d’un missile intercepteur conçu avec l’aide de la technologie japonaise, ainsi que de l’essai du missile standard SM-3 américain et du système de défense antimissile AEGIS.

La coopération américano-japonaise dans la défense antimissile est censée être uniquement dirigée contre Pyongyang, mais Moscou rejette cet argument comme spécieux. Bien sûr, le déploiement dans les Kouriles est une rebuffade pour le Japon et un signal à Tokyo que Moscou ne fera aucune concession territoriale, mais sur le plan stratégique, c’est le positionnement américain dans l’Extrême-Orient russe – sous le prétexte de la menace nord-coréenne – et l’alliance du Japon et des États-Unis qui préoccupe la Russie. (Lire un commentaire russe : Russia-Japan Territorial Dispute: Security, Defense Missile Issue Come First.)

Fait intéressant, le Kremlin s’est empressé de rechercher la compréhension du Japon. Poutine doit s’y rendre le 15 décembre.

Ces déploiements russes dans ses zones frontières occidentales et orientales ont été mis en place même avant que Poutine et Trump ne se rencontrent. À l’évidence, Moscou s’attend à ce que la normalisation des liens avec les États-Unis prenne du temps. Le porte-parole du Kremlin a dit mercredi : «Nos relations bilatérales sont au plus bas donc il est difficile de les rendre pires, mais nous espérons assurément la reprise d’un dialogue (avec la présidence de Trump) et nous allons entamer un processus lent et difficile pour faire reprendre un cours constructif à nos relations.»

L’élément important est que Moscou sera prudent. Malgré les signes prometteurs émis par Trump jusqu’à présent – y compris son interview au Times –, il doit vaincre la résistance acharnée des milieux de l’establishment américain dans la politique étrangère et stratégique et dans l’idée même d’améliorer les relations avec la Russie. La timidité de Trump à utiliser le mot de «remise à zéro» pour caractériser ce qu’il a à l’esprit, sera remarquée à Moscou.

MK Bhadrakumar

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Guerre hybride 8. Stratégies de guerre hybride contre l’Afrique (1B)

Publié le par Felli Bernard

Guerre hybride 8. Stratégies de guerre hybride contre l’Afrique (1B)


andrew-korybkoPar Andrew Korybko – Le 18 novembre 2016 – Source OrientalReview

Institutions financières, douanières et économiques

Outre la perspective de division de la sécurité militaire et les prévisions de «scénarios sombres» appliqués jusque-là pour comprendre la géopolitique africaine, il y a aussi l’approche plus unificatrice et positive de l’analyse des institutions financières, économiques et augmentant l’intégration du continent.

 

Institutions financières

Hybrid Wars 8. Strategies Against Africa – Introduction

L’Afrique abrite deux unions monétaires distinctes, mais étroitement liées, le Franc de l’Afrique de l’Ouest et le Franc de l’Afrique Centrale, qui sont institutionnalisés sous l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), qui comprennent les anciennes colonies françaises (à l’exception de la Guinée équatoriale d’autrefois tenue par l’Espagne), dont l’unité économique du commerce est encore directement contrôlée par Paris. L’Institut monétaire Ouest Africain (WAMI) intègre les autres pays de la région sous la Zone monétaire ouest-africaine (WAMZ) et prévoit de dévoiler sa propre monnaie unifiée, l’Eco, d’ici 2020, et à l’exception de la colonie française de Guinée d’autrefois, elle est entièrement constituée par des États qui ont été colonisés par le Royaume-Uni.

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  • Rose: UEMOA
  • Violet: CEMAC
  • Jaune: WAMZ

Institutions douanières

Outre les trois institutions financières qui viennent d’être décrites (dont deux ont déjà leur propre monnaie partagée, mais qui sont toutes des unions douanières), deux autres institutions douanières doivent également être mentionnées : la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et l’Union douanière d’Afrique australe (SACU). Elles peuvent être identifiées avec les trois autres organisations précitées sur la carte ci-dessous et il est utile de souligner que l’EAC est formée par un noyau à deux, Kenya-Tanzanie (excluant sensiblement l’Éthiopie), qui viennent d’intégrer le Sud-Soudan et prévoient de s’intégrer dans une organisation politique sous le nom de Fédération de l’Afrique de l’Est (EAF), alors que la SACU est évidemment la manifestation institutionnelle de la domination régionale de l’Afrique du Sud et n’a pas de plans à venir pour une expansion future.

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  • Orange: EAC
  • Rouge: SACU

Institutions économiques

Les dernières catégories institutionnelles augmentant l’intégration en Afrique sont les groupements économiques qui se sont développés à travers le continent. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS) rassemble l’UEMOA et la WAMZ dans un cadre économique vaguement coordonné. Au nord, les États de Libye, de Tunisie, d’Algérie, du Maroc (y compris le Sahara occidental contesté) et la Mauritanie ont tenté de former l’Union arabe du Maghreb pour resserrer les liens entre eux, mais ont largement échoué, en raison de différences profondément enracinées entre Alger et Rabat. Plus concrètement, le Conseil de l’unité économique arabe, un mécanisme au sein du cadre plus large de la Ligue arabe, a tenté de promouvoir la zone de libre-échange arabe élargie (GAFTA) entre ses membres, avec un succès mitigé, et certains d’entre eux (Algérie, Djibouti, Les Comores et la Mauritanie) ont, pour le moment, diminué leur participation.

Le Marché commun de l’Afrique de l’Est et du Sud (COMESA) est une importante organisation interrégionale qui regroupe une vaste aire allant de la Libye au Zimbabwe et qui contient l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) entre le Soudan, le Sud-Soudan, l’Érythrée, Djibouti, l’Éthiopie, la Somalie, le Kenya et l’Ouganda dans sa zone de responsabilité. La Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), dont certains membres (Sud-Soudan, Ouganda et Kenya) ont une coopération qui se chevauchera avec le COMESA / IGAD, alors que la Tanzanie est dans une autre position vis-à-vis de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), version plus lâche et plus étendue de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU). Il serait très difficile d’élaborer une carte simple désignant les superpositions complexes entre certains des États africains en ce qui concerne cette constellation d’organisations augmentant l’intégration, mais heureusement il existe l’Accord tripartite de libre-échange (TFTA) qui vient d’être signé (mais reste à ratifier) par tous les membres du COMESA, de l’EAC et de la SADC et qui vise à établir une zone de libre-échange unifiée, de l’Égypte à l’Afrique du Sud.

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  • Marron: GAFTA
  • Jaune: CEDEAO
  • Violet: CEMAC
  • Rouge: TFTA

Connecter le continent

Imperfections

La conclusion la plus importante que l’on peut tirer de la carte précédente est que l’ensemble du continent est divisé en quatre zones de libre-échange (que ce soit en pratique ou en théorie), dont le TFTA est la plus significative à l’échelle mondiale. La vision commune des signataires est d’établir une zone économique globale d’intégration nord-sud avec divers couloirs de développement et, en principe, l’idée de relier «Le Cap au Caire» découle des ambitions non réalisées du Royaume-Uni de construire la ligne rouge, un chemin de fer reliant les deux villes datant de l’âge impérial. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, avant que ce rêve lointain et inachevé ne devienne une réalité économique et les principaux obstacles logistiques et infrastructurels sont :

  • Les liaisons ferroviaires non reliées entre l’Égypte, le Soudan et le Sud-Soudan;
  • La nécessité de relier le Sud-Soudan et l’Éthiopie à leurs voisins du Sud (le Corridor LAPSSET dont on parlera bientôt);
  • Le défi de construire des projets de transport (route, rail) à travers la jungle de la RDC;
  • L’absence de réseaux ferroviaires intégrés multiples entre le Kenya et la Tanzanie;
  • Et la nécessité de relier plus étroitement la Tanzanie et la Zambie au Mozambique, ainsi qu’au réseau ferroviaire existant dans la SACU.

Solutions

Pour tenter de résoudre certains de ces problèmes, la Chine va de l’avant en aidant à financer et / ou à construire trois corridors clés dans le cadre du Plan directeur des chemins de fer de l’Afrique de l’Est, le corridor de transport Lamu Port-Sud-Soudan-Ethiopie (LAPSSET), le Chemin de fer dit de Standard Gauge au Kenya (SGR) et le corridor central de la Tanzanie. Le SGR fait partie d’un plus grand réseau de lignes de transport appelé le Corridor Nord, qui comprend des routes s’étendant jusqu’à la ville de Kisangani, au nord-est de la RDC. Bien qu’il n’ait pas encore été officiellement planifié, il est possible que le SGR puisse être étendu jusqu’à ce lieu, si la volonté politique et le financement approprié étaient disponibles. En outre, bien qu’il n’y ait pas de nom officiel pour le projet, il existe aussi un lien préexistant entre le Kenya et la Tanzanie, et il faudrait aussi examiner la plus grande pertinence de la reconstruction du chemin de fer transnational TAZARA, construit par la Chine dans les années 1970 entre la Tanzanie et la Zambie. Alors que tout cela et un peu plus a été écrit plus tôt dans un article du même auteur, sur la façon dont les Problèmes de l’Afrique de l’Est pourraient étouffer les rêves de Route de la soie de la Chine, pour sa pertinence et pour aider le lecteur à visualiser les plans de pékin, voici la carte ci-dessous:

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  • Rouge: TFTA
  • Marron: Chemin de fer Addis-Abeba-Djibouti
  • Jaune: LAPSSET
  • Bleu: SGR (les lignes en pointillé indiquent la possibilité de l’étendre à Kisangani)
  • Vert foncé: interconnexion Kenya-Tanzanie
  • Rose: Corridor central
  • Vert clair: TAZARA

La carte ci-dessus démontre le rôle primordial que joue la Communauté de l’Afrique de l’Est (qui compte s’intégrer un jour dans la Fédération de l’Afrique de l’Est) pour s’intégrer à l’avenir à la zone économique Nord-Sud de l’ALETA (TFTA), avec évidemment l’idée que les couloirs de transport reliant la côte méditerranéenne de l’Égypte aux côtes de l’océan Austral de l’Afrique du Sud, sont absolument essentiels. Il convient de noter que la carte ne montre pas que TAZARA se connecte également indirectement au Zimbabwe, via le passage frontalier de Livingstone, et qu’à partir de là, le fret qui le traverse a la possibilité de se diriger vers le réseau ferroviaire sud-africain, qui intègre la plus grande partie du cône sud. Par conséquent, si les projets énumérés ci-dessus sont pleinement achevés comme prévu, la seule construction supplémentaire qui devrait alors être entreprise est la modernisation du réseau TAZARA et de certains de ses réseaux reliés au cône Sud et la création d’un réseau fiable Égypte-Soudan relié au Sud-Soudan et l’Éthiopie.

Vers une interconnexion Est-Ouest

Aussi importante que cette route de transport bidirectionnelle puisse potentiellement devenir, il est utile de parler de la possibilité de l’étendre, pour devenir un réseau historiquement sans précédent entre l’océan Indien et l’océan Atlantique. Pour rappeler la première carte qui a été présentée dans cette partie de l’étude, il y a essentiellement cinq régions en Afrique, qui ont leur propre leader existant ou possible (comme dans le cas de la RDC).

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La connectivité nord-sud prévue de l’ALETA (TFTA) ne fait qu’intégrer trois d’entre eux – l’Égypte, l’Éthiopie et l’Afrique du Sud – tout en laissant une grande partie du potentiel de la RDC à l’extérieur de la construction économique et en évitant complètement le Nigeria. En outre, bien que tous ces nœuds de pouvoir puissent théoriquement échanger entre eux par des itinéraires maritimes, cela serait beaucoup plus efficace s’ils étaient également reliés par des chemins de fer continentaux, en particulier si cela pouvait se dérouler entre l’Éthiopie et le Nigeria. Malheureusement, la ceinture d’états faillis du Soudan du Sud et de la République centrafricaine ne permet pas à ce projet de devenir une réalité. La meilleure alternative à moyen terme est de relier l’Éthiopie aux puissances économiques émergentes et aux leaders sous-régionaux de la Tanzanie et de l’Angola. Le premier pourrait être réalisé par l’intermédiaire du réseau de transport examiné plus tôt qui prend racine dans la Communauté de l’Afrique de l’Est, mais il n’y a pas encore de possibilité de le faire avec l’Angola, ni de solution viable pour intégrer la RDC dans le cadre plus large. Quant à l’établissement d’un couloir continental entre le Nigeria et l’Angola, il n’y a aucune motivation pressante à le faire, car l’espace littoral atlantique ne vaut pas l’investissement économique en raison de la très petite taille cumulative de son marché (environ 6,5 millions de personnes), la configuration chaotique du terrain, la concentration des ressources recherchées au niveau international le long de la côte et le fait que les voies d’accès maritimes existantes sont rentables et fonctionnent très bien.

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L’auteur a soigneusement observé qu’il n’est pas impossible d’atteindre l’objectif de transport logistique pour relier l’Éthiopie et la Tanzanie à l’Atlantique et que la solution réside dans l’improvisation de deux corridors de transport supplémentaires, l’un par la RDC, le long du fleuve Congo, l’autre comme une voie ferrée qui part de TAZARA et est reliée à l’Angola. En ce qui concerne la première proposition, il est possible d’expédier des marchandises sur le fleuve Congo depuis Kisangani, ce qui deviendrait encore plus important et pratique, si la ville devait un jour être reliée au projet SGR du Kenya. De la capitale Kinshasa, après avoir ramassé diverses ressources en cours de route, il ne s’agit que d’un autre court trajet en train vers Matadi et au-delà des rapides incontournables du Congo pour atteindre la côte atlantique. En ce qui concerne l’Angola, TAZARA peut soit être relié au réseau ferroviaire existant mais très délabré de la province du Katanga, soit passer par la région de Barotseland en Zambie occidentale, par le biais du projet ferroviaire du Nord-Ouest afin d’atteindre le terminal ferroviaire angolais de Luau. Le chemin de fer de Benguela, qui a été récemment rénové avec l’aide chinoise, relie cette ville au port atlantique de Lobito et a également la possibilité de s’intégrer avec la RDC, si les chemins de fer voisins du Katanga étaient modernisés et remis sur les rails.

Les correspondances possibles Angola-TAZARA par le biais du projet ferroviaire du Nord-Ouest et l’itinéraire suggéré par la province du Katanga sont conceptualisées dans la carte ci-dessous, à côté du corridor de transport proposé du fleuve Congo.

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  • Bleu clair: Route du fleuve Congo
  • Gris: liaison TAZARA-Benguela, via le projet ferroviaire du Nord-Ouest et transit par la province du Katanga.

Cette dernière carte représente la vision de la Route de la Soie chinoise pour l’Afrique et servira de base au reste de l’étude de l’auteur, sur les plans américains de guerre hybride pour saboter ce réseau transocéanique. Ayant acquis une appréciation des plans de Pékin à travers le continent, il est maintenant pertinent de rappeler au lecteur le concept antérieur qui a été exprimé sur la menace trilatérale que les conflits au Burundi, dans la province du Katanga et au Malawi peuvent poser pour la viabilité du Corridor transocéanique africain. Si un, deux ou trois d’entre eux éclataient avec une violence à grande échelle, cela pourrait créer suffisamment de complications militaires et stratégiques pour diviser le TFTA en deux zones distinctes nord-sud

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  • Rouge: TFTA
  • Noir: Zones potentielles de conflit
  • Flèches: Trajectoires de déstabilisation attendues

Compte tenu de la violence existante au Sud-Soudan, qui rend les projets LAPSSET et SGR irréalisables pour le moment, il est facile de voir que les plans de grande envergure de la Chine font face à un défi formidable dans leur application. Même si seulement des segments partiels de LAPSSET, de SGR et du Corridor central sont créés, ce serait encore une victoire impressionnante pour la grande puissance asiatique, parce que les deux économies d’ancrage du Kenya et de la Tanzanie sont assez importantes pour justifier les investissements et le risque inhérent. Pourtant, il serait préférable qu’une plus grande part du réseau soit créée, d’autant qu’il fournit la garantie la plus sûre de la souveraineté multipolaire de la région et une plus grande promesse de libérer le reste de l’Afrique de l’influence unipolaire directe.

Avant de passer à la première analyse régionale africaine de cette étude, il est utile de revoir l’ordre des recherches et de rappeler exactement ce qui est étudié. Il est déjà établi, à partir des cartes les plus récentes, que les menaces de guerre hybride dans la Corne de l’Afrique, l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale et australe font l’objet d’études. Mais pour le Nigeria, la simple taille de la plus grande économie d’Afrique signifie qu’il est impossible d’exclure ce pays, en dépit de l’existence de la ceinture d’États défaillants empêchant indéfiniment l’émergence d’une route fiable Éthiopie-Nigeria sur le continent. En outre, en raison de l’inclusion du Nigeria dans ce travail, il est également nécessaire d’aborder les menaces de guerre hybride liées à ses voisins les plus pertinents, Niger, Tchad et Cameroun, surtout qu’ils sont tous confrontés au même ennemi, Boko Haram.

Pour rappeler au lecteur la catégorie particulière dans laquelle chaque pays tombe et dans quelle section de la recherche il sera abordé, il est utile de revisiter la carte du début de l’introduction

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  • Vert – Corne de l’Afrique
  • Jaune – Afrique de l’Est / Fédération de l’Afrique de l’Est
  • Bleu – Centre-Afrique australe
  • Noir – Ceinture d’États faillis
  • Rouge – Région du lac Tchad
  • Lignes hachurées – Pays qui seront inévitablement impliqués par la déstabilisation dues aux guerres hybrides, que ce soit comme acteur agressif, victime passive, ou un mélange des deux.

La recherche se poursuivra avec un ordre de présentation suivant les catégories de cette carte, ce qui signifie que la corne de l’Afrique sera examinée en premier et que la région du lac Tchad sera couverte en dernier. Chaque section catégorisée peut se concentrer soit sur la région en général, soit être divisée en différentes parties qui étudient plus globalement certains ou tous les pays affiliés.

Le style variera en fonction de ce que l’auteur pense nécessaire pour transmettre correctement les points pertinents, de sorte que le lecteur n’a pas à avoir d’attentes particulières sur le formatage et la longueur. Des études de pays seront sans doute commencées, mais il est peu probable qu’elles soient réalisées sur une échelle aussi étendue que celle de l’ASEAN. Cette différence est justifiée par l’importance économique accrue de tous les pays asiatiques du sud-est dans l’économie mondiale et leur importance géopolitique première occupant un espace stratégique entre la Chine et l’Inde, où se chevauchent leurs domaines d’intérêt, ainsi que leur statut de «gardien» contrôlant l’accès continental et maritime aux océans Indien et Pacifique.

Les analyses africaines à venir visent à remédier pleinement à toutes les menaces de guerre hybride auxquelles sont confrontés chaque pays et leur région, en exposant de manière préventive les divers mécanismes que les États-Unis peuvent exploiter; espérant ainsi donner aux populations ciblées et à leurs gouvernements, suffisamment de temps pour préparer des contre-mesures adéquates.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Spoutnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

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Europe de la défense, ou défense sans Europe (Vincent Desportes)

Publié le par Felli Bernard

Europe de la défense, ou défense sans Europe (Vincent Desportes)

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generalvincentdesportes(BRUXELLES2) Le processus de construction de la défense européenne, « cela ne fonctionne pas ». Faisant le constat d’une nouvelle réalité, tout est à reprendre depuis zéro, en commençant par le bas, c’est-à-dire par un renforcement des capacités nationales. C’est le message d’alerte lancé par le général Vincent Desportes, dans le cadre des Journées européennes de Strasbourg… Fidèle à lui-même l’ancien officier de la cavalerie blindée, qui a dirigé le Centre de doctrine et d’emploi des forces puis le Collège interarmées de défense (l’école de guerre) ne mâche pas ses mots.

Déciller les yeux

Même aux plus aveugles, la réalité doit déciller les yeux : le monde a pris feu autour de nous et la guerre y est revenue en force. Au nord-est, avec l’Ukraine, à l’est avec l’incendie qui ravage le Moyen-Orient, au sud, en Libye, au Nigeria puis au Sahel jusqu’au Mali.

Une seule évidence : contrairement à nos schémas parfois « simplistes » d’occidentaux chrétiens, le monde ne progresse pas de manière linaire du mal vers le bien. Le monde post-moderne est une utopie de nantis et notre perception du monde, née des rêves de San Francisco en octobre 1945, était une illusion du monde.

Le retour de la guerre et de la force brute

Il y a, et il y aura toujours des retours en arrière brutaux et nos manières de guerre devront pouvoir retrouver leurs caractéristiques les plus brutales lorsqu’aucun compromis n’est possible. Monsieur Poutine nous a rappelé que la force brute est un atout autant stratégique que tactique pour celui qui la possède et ne craint pas de s’en servir. Il nous a montré, en creux, que notre force, sans volonté, sans vision, n’avait rien à voir avec la puissance.

A cela, s’ajoutent deux coups de semonce récents : le Brexit et l’élection de Donald Trump. Prenons-les pour ce qu’ils sont : de véritables opportunités à saisir mais, également, de nouvelles exigences, à court terme.

Le fait est que : le monde a pris feu autour de l’Europe. L’Europe, et la France d’ailleurs, n’en tirent que des conclusions trop lentes et trop modestes quant au nécessaire renforcement de leur défense.

L’Europe doit reconstruire l’esprit de défense

Le problème de l’Europe est qu’elle a tué l’esprit de défense en même temps qu’elle a tué la guerre. Elle a retiré de l’esprit des jeunes générations d’Européens toute légitimité à la guerre comme outil de consolidation ou de défense d’un projet politique ; donc aussi, une grande part de légitimité aux dépenses de défense.

Une Europe trop lente, trop modeste…

Le grand problème de la défense européenne c’est qu’elle s’est fondée sur l’idée que la guerre était illégitime. Les processus européens freinent les progrès et empêchent, dans les faits, les interventions. L’Europe intervient moins vite que l’ONU ! Belle performance.

Personne n’est venu aider la France dans sa phase offensive lorsqu’elle s’est engagée au Mali défendre la sécurité des Européens. La mission européenne de formation de l’armée malienne a été difficile à mettre sur pied. La constitution de l’EUFOR RCA (en Centrafrique) a relevé du feuilleton. Et la force n’a été constituée qu’avec un apport massif de la France d’une part et d’États non membres d’autre part.

… et peu visible

Dans la lutte contre l’État islamique — qui concerne pourtant tous les Européens —, l’Europe, en tant que telle, est absente et les Européens presque autant … de la même manière qu’en Afghanistan, l’Europe a conduit sa plus longue et sa plus massive opération sans jamais y exister. Plus que beaucoup d’autres, les Français ont été Européens, en matière militaire en particulier.

Urgence à re-investir dans la défense

La succession des désillusions nous contraint au réalisme. La première conclusion relève du principe de précaution. Allons vers l’Europe ! Mais arrêtons de nous départir des moyens nécessaires à l’exercice de nos responsabilités et à la protection de nos intérêts. L’Europe elle-même en a besoin pour que soient remplies les missions dont seules les armées françaises sont capables. Les réinvestissements rapides et massifs de l’État français et des États européens dans leur défense sont aujourd’hui d’une cruciale urgence.

Construire une vision et des intérêts communs 

Cependant, la défense ne peut être que la défense d’une vision partagée et d’intérêts stratégiques communs. Force est de constater que l’un et l’autre font défaut. Tant qu’il n’y aura pas de vision stratégique commune, d’intérêt stratégique commun, il n’y aura pas de défense commune car, dans chaque État membre, le sentiment de solidarité européen n’est pas assez fort pour imposer le risque politique national. Plus même, tant qu’il n’y aura pas de vision opérationnelle partagée, il n’y aura pas de forces mutualisées.

Prenons l’exemple des équipements blindés. Quand l’Allemagne parle de blindés légers, elle pense à la classe 30 tonnes alors que la France rêve à des véhicules inférieurs à 10 tonnes

Les interventions au sol : une prérogative qui reste nationale

Pour longtemps encore, ne pourront être partagées que les capacités, aériennes et navales, dont l’engagement ne constitue justement pas un risque politique. Le « pooling and sharing » ne fonctionne que quand il n’y a pas de risque politique.

[Pour les forces terrestres, c’est une autre question] L’intervention de troupes au sol est trop dangereuse pour dépasser les égoïsmes nationaux. Si nous voulons maîtriser notre action extérieure, nous devons augmenter les nôtres.

On peut mutualiser des capacités mais pas des forces. Le temps n’est plus aux chimères dangereuses, au rêve longtemps caressé mais visiblement vain. Le temps est d’abord celui du retour à la dure réalité du monde et donc à celui de la restauration de nos capacités nationales de défense.

Être réaliste : tout recommencer depuis le bas

Aujourd’hui, il faut juste être réaliste. La démarche « bottom up » ne fonctionne pas : en soixante ans, l’accumulation de petits morceaux de défense européenne n’a jamais permis de créer la vision espérée. Il faut donc reprendre totalement la démarche, en repartant du bas, en exigeant la communauté de vues. Il faut cesser d’ériger l’argument de l’Europe de la défense comme excuse recevable pour la stagnation des budgets de défense.

Le temps est ensuite au sacrifice de nos vaches sacrées, à la prise de conscience du paradoxe de la Reine Rouge de Lewis Carol. Cela fait soixante ans que le processus de construction de la défense européenne ne fonctionne pas, que dans un monde qui va très vite la politique des petits pas nous fait reculer. Cela fait soixante ans que nous touillons l’Europe de la défense, et il ne se passe rien.

Ma grand-mère me disait : si au bout d’une demi-heure ta mayonnaise n’a pas pris, jette l’ensemble, reprend un nouvel œuf et de la moutarde nouvelle et mets toi sérieusement au travail. Cela relève désormais de l’urgence vitale

Général de division Vincent Desportes

Ingénieur, docteur en histoire, diplômé d’études supérieures en administration d’entreprise et en sociologie, Vincent Desportes cumule une carrière opérationnelle qui l’a conduit à exercer des commandements multiples. Depuis 2008, il commande l’Ecole supérieure de guerre. Il est aujourd’hui conseiller spécial du président de Panhard General Defense. Il publie en octobre 2015, un « cri d’alarme » chez Gallimard, avec un essai intitulé « La dernière bataille de France. Lettre aux Français qui croient encore être défendus« . 

 

Leonor Hubaut

Journaliste. Diplômée en relations internationales de l'Université Libre de Bruxelles (mention mondialisation). Mémoire sur les politiques européennes au Sahel. Je suis pour B2 de près le travail du Parlement européen, les missions de la PSDC et les questions africaines

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Débandade barbue

Publié le par Felli Bernard

Débandade barbue

27 Novembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

C'est une véritable Bérézina pour les coupeurs de tête modérés d'Alep... Chaque heure apporte son lot de nouvelles et elles sont mauvaises pour les protégés du camp du Bien ; les quartiers rebelles tombent les uns après les autres.

Après la prise d'Hanano, l'armée syrienne et ses alliés ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Les districts adjacents, notamment l'important Jabal Badro, ont été pris d'assaut. Le patient travail de renseignement russe durant la "trêve humanitaire" ainsi que les drones ont permis aux Sukhois et autres Mig de vaporiser les barbus :

La partie nord de l'enclave s'écroule comme un château de cartes et les djihadistes sont en train de l'abandonner. Celle-ci se réduit à peau de chagrin et, chose intéressante, les Kurdes d'Alep participent à la curée.

Pour pouvoir rejoindre leurs compères du sud de l'enclave, les rebelles doivent passer par le goulot d'Al Sakhur, sous le feu des loyalistes. Pire ! selon des rapports non encore confirmés, l'armée aurait déjà pris ce point stratégique et coupé l'enclave en deux :

Après des mois de relatif statu quo, le ciel est tombé sur la tête des modérément modérés en quelques dizaines d'heures. Le fidèle lecteur ne sera pas surpris, nous avions à plusieurs reprises annoncé que l'échec de la tentative de la dernière chance fin octobre avait porté un rude coup au moral barbu. Mais avouons que nous n'anticipions pas une débâcle aussi rapide.

Prudence tout de même : restera encore la partie sud de l'enclave où les loyalistes commencent aussi à avancer. Mais le sort d'Alep est scellé : la ville reviendra intégralement dans le giron gouvernemental, la seule incertitude demeurant le facteur temps. Cadeau de Noël pour Bachar ?

La prise d'Alep, incontestable tournant de la guerre, libérera des dizaines de milliers de soldats qui iront renforcer les autres fronts, chaque fois moins nombreux d'ailleurs et libérant à leurs tour des milliers de combattants. Resteront alors deux gros morceaux :

  1. la province d'Idlib où Al Qaeda, Ahrar al-Cham & Co, en relatif état de faiblesse après les pilonnages russes, sont d'ailleurs en train de se dévorer entre eux.
  2. l'Etat islamique.

Dans ces deux cas, un délicieux retour à l'envoyeur se profile. Pressés de tous côtés, les djihadistes d'Idlib n'auront qu'une échappatoire : la Turquie, où tonton Erdogollum aura toutes les peines du monde à les contrôler. Quant à Daech, nous évoquions l'année dernière le scénario rêvé :

Il existe une possibilité formidable à tous les sens du terme, bien que très hypothétique pour l'instant. C'est une idée qui avait traversé l'esprit de votre serviteur il y a quelques semaines mais qu'il avait chassée tellement elle lui paraissait énorme... jusqu'à ce qu'elle réapparaisse dans la conclusion d'un article passionnant du site spécialisé Oil Price. L'article lui-même s'attache aux causes énergétiques du conflit syrien, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises ici. Les pays du Golfe (dont le Qatar et son projet de méga-gazoduc) voulaient faire transiter leurs fabuleuses ressources en hydrocarbures vers l'Europe, le tout sous contrôle américain, ce qui aurait eu pour effet de marginaliser considérablement la Russie. Passer par l'Irak saddamique puis chiite étant impossible, la seule voie pour les pipelines du Golfe était la Syrie, pays à majorité sunnite qui ne ferait aucune difficulté une fois Bachar renversé.

Assad ne l'entendait pas de cette oreille, qui mettait une contre-proposition sur la table : un tube "chiite" Iran-Iraq-Syrie. De quoi donner une crise d'urticaire aux cheikhs du Golfe et à leur allié américain. Quatre ans après, Riyad, Doha et Washington n'ont pas abandonné l'idée bien que le projet paraisse maintenant bien compromis (même si Assad perdait finalement, l'EI est devenu totalement incontrôlable).

Mais revenons à notre idée, géniale, diabolique, colossale en réalité. Nous avons vu il y a quelques jours comment la coalition irano-irako-syro-russe pourrait, avec l'aide des Kurdes au nord, mettre fin à l'EI. Notons d'ailleurs au passage qu'à l'est, les Irakiens commencent à avancer et ont quasiment réussi à tuer le calife grâce au centre de renseignement commun mis sur pied avec Téhéran, Moscou et Damas (ce n'est certes pas sur les Américains que Bagdad pouvait compter pour trouver les cibles de l'EI...)

Cher lecteur, que voyez-vous sur cette carte ? Entre la poussée Syrie-Iran-Hezbollah à l'ouest, kurde au nord et Irak-Iran à l'est, le tout soutenu par l'aviation russe, l'Etat Islamique serait cerné et n'aurait plus qu'une échappatoire : vers le sud, vers... l'Arabie Saoudite !

Ô divin retour à l'envoyeur, renvoi du monstre à son créateur... Riyad prend les choses suffisamment au sérieux pour ériger une frontière électronique. Mais si cet amusant gadget peut stopper quelques djihadistes égarés dans le désert, que fera-t-il face à des (dizaines de) milliers de fanatiques surarmés et désespérés ? Gageons que les bombes US retrouveront soudain toute leur efficacité mais sera-ce suffisant ?

Si l'EI entre en Arabie Saoudite, c'est tout le fragile édifice de la monarchie moyenâgeuse wahhabite qui explose. Et avec elle les prix du pétrole. Pour Poutine, ce serait un incroyable triple coup : s'allier aux Kurdes et ravaler la Turquie au rang de faire-valoir, détruire la maison des Seoud et enfin faire grimper les prix du pétrole à des niveaux jamais atteints. Nous n'en sommes pas (encore ?) là...

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Les États-Unis fournissent des missiles sol-air aux islamistes syriens

Publié le par Felli Bernard

Les États-Unis fournissent des missiles sol-air aux islamistes syriens

 
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Une milice islamiste soutenue par les États-Unis dans le sud de la Syrie a été fournie en missiles sol-air portatifs, les fameux « manpads ». Ces armes sont capables d’abattre les avions du gouvernement syrien ainsi que les avions de guerre russes, qui ont joué un rôle de premier plan en fournissant un soutien aérien à l’armée syrienne contre les « rebelles » liés à Al-Qaïda.

Le groupe, le Front Ansar al-Islam, a exposé les armes, des missiles SA-7 Strela-2, dans une vidéo qu’il a postée dimanche, affirmant qu’il en avait « un bon nombre » en sa possession. La vidéo, produite par un réseau de propagande de l’opposition syrienne basée à Dubaï, montre les islamistes en train de sortir les manpads de leur caisson, les assembler et les tester.

« Nous, dans le Front Ansar al-Islam, avons équipé plusieurs points de défense aérienne pour contrer toute tentative des avions de guerre syriens ou des hélicoptères, qui bombardent des cibles dans la province de Quneitra. Nous avons un bon nombre de ces missiles », a déclaré l’un des islamistes dans la vidéo, selon une traduction publiée par le site Web Middle East Eye.

Un deuxième individu qui s’identifie comme Abu Bilal explique au journaliste que : « Nous, le Front Ansar al-Islam et les factions de la ASL, envoyons du matériel et des soldats vers Tal al-Hara, Mashara, Sandaniya et Jabata. Et dans les prochains jours, vous entendrez de bonnes nouvelles de Quneitra et ses environs ».

L’envoie de ces missiles antiaériens portables vers la Syrie marque une escalade majeure de la guerre soutenue par les États-Unis pour le changement de régime qui a dévasté le pays depuis cinq ans, entraînant la mort de quelque 300 000 Syriens.

En septembre, des responsables américains ont déclaré à l’agence de presse Reuters que, après l’échec d’une brève cessation des hostilités négociée par les américains et les russes, et suite à la reprise des combats autour de la ville d’Alep, au nord de la Syrie, Washington pourrait recourir à un « plan B » donnant le feu vert à l’Arabie saoudite et au Qatar d’envoyer les missiles antiaériens portables aux islamistes syriens. À l’époque, cependant, le Département d’État et les porte-parole officiels de l’administration ont nié l’information.

Il est impossible de dire si la livraison des manpads a été ordonnée par la Maison Blanche d’Obama, la CIA, le Pentagone ou une autre faction au sein du vaste appareil militaire et de renseignement américain. Ce qui est clair, cependant, c’est que ces armes sont destinées à établir de nouveaux « faits sur le terrain » en Syrie avant qu’un gouvernement Trump ne prenne ses fonctions en janvier.

La pression pour une escalade des États-Unis en Syrie est montée depuis que Trump a donné une interview au Wall Street Journal le 11 novembre dans laquelle le président nouvellement élu a remis en question les opérations de la CIA et du Pentagone pour armer les soi-disant « rebelles modérés » en Syrie, en disant « Nous ne savons pas qui sont ces gens ».

Dans une déclaration décousue et incohérente au Journal, Trump a dit qu’il avait « une vue en opposition à beaucoup de gens en ce qui concerne la Syrie », ajoutant : « Mon attitude était que vous combattez la Syrie, la Syrie se bat contre l’État islamique, et il faut se débarrasser de l’État islamique. La Russie s’aligne totalement sur la Syrie, et maintenant il y a l’Iran, qui devient puissant, à cause de nous, et qui s’aligne sur la Syrie ».

La déclaration a déclenché des alarmes au sein de l’establishment politique américain, dont les couches prédominantes sont engagées dans une stratégie d’escalade de la confrontation avec la Russie dans le but d’affirmer militairement l’hégémonie américaine sur le Moyen-Orient et, plus largement, la masse continentale eurasienne.

Le New York Times a répondu avec un éditorial « Le danger de prendre des gants avec la Russie », dans lequel il a accusé Trump d’agir comme « l’apologiste de Poutine » et a insisté, « Puisque M. Trump a refusé de critiquer le Kremlin, il est important que M. Obama trouve la solution, avant qu’il ne quitte ses fonctions, de savoir comment punir la Russie […] ».

Il semblerait que le fait d’envoyer des missiles sol-air en Syrie, ce qui soulève la perspective que des forces appuyées par les américains abattent des avions russes et déclenchent un conflit beaucoup plus large et plus dangereux, fasse partie de cette « punition ».

Pour l’instant, Trump n’a pas énoncé de politique claire en ce qui concerne le conflit en Syrie, en dehors des vœux pendant la campagne électorale de vouloir « étriper l’État islamique ». En même temps, cependant, beaucoup de ceux dans son entourage, y compris son vice-président Mike Pence et son candidat pour devenir le directeur de la CIA, Mike Pompeo, ont fortement préconisé une intervention militaire directe des États-Unis contre le gouvernement syrien de Bashar al-Assad.

Le groupe qui a reçu ces armes antiaériennes, Ansar al-Islam, alors que Washington l’a apparemment compté comme faisant partie de l’opposition « modérée » en Syrie, était auparavant désigné comme une organisation terroriste par les États-Unis, les Nations Unies, et nombre d’autres pays, en raison de ses liens avec le réseau d’Al-Qaïda.

Il avait d’abord émergé comme un groupe armé à la suite de l’invasion américaine de l’Irak en 2003, se battant contre les troupes d’occupation américaines et plus tard les forces du régime imposé par les États-Unis à Bagdad. Avec la fomentation de la guerre pour le changement de régime en Syrie, il a envoyé ses membres dans ce pays pour lutter contre le gouvernement d’Assad, gagnant ainsi le soutien américain.

Il y a deux ans, la majorité des dirigeants du groupe annonçait son adhésion à l’État islamique, qui est censé être l’objectif principal de l’intervention militaire de Washington en cours en Irak et en Syrie. Certains éléments, comprenant apparemment ceux qui sont maintenant armés de manpads, ont rejeté la fusion, malgré leur idéologie et leurs objectifs partagés.

Auparavant, les autorités américaines avaient mis en garde contre la fourniture de telles armes aux « rebelles » syriens de peur qu’elles ne terminent entre les mains des combattants affiliés à Al-Qaïda et pourraient être utilisées non seulement contre les avions de guerre syriens et russes, mais aussi contre les avions de lignes occidentaux. Dans le passé, les armes acheminées aux soi-disant « rebelles modérés » par la CIA sont tombées rapidement entre les mains du Front Al Nosra, l’affilié syrien d’Al Qaïda. Il semble maintenant que de telles préoccupations soient écartées et que les missiles ont été fournis directement aux forces liées à Al-Qaïda.

L’introduction de ces armes dans le conflit en Syrie en violation flagrante du droit international est révélatrice du désespoir grandissant au sein des cercles dirigeants américains face à la débâcle de leur opération de changement de régime. Les forces gouvernementales syriennes ont fait des avancées progressives ces derniers jours à l’est d’Alep, le dernier bastion des islamistes soutenus par les États-Unis, reprenant au moins un tiers de la zone précédemment occupée par ces forces.

L’hystérie croissante a trouvé une expression consommée dans un discours prononcé lundi aux Nations Unies par l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Samantha Power, le plus grand porte-drapeau de l’impérialisme des « droits de l’homme ». Power a lu les noms d’une douzaine de commandants militaires syriens accusés d’avoir attaqué des civils ou d’avoir supervisé la torture dans les prisons syriennes, avertissant : « Ceux qui sont derrière de telles attaques doivent savoir que nous, dans la communauté internationale, surveillons leurs actions et documentons leurs abus et qu’un jour on les tiendra pour responsables ».

Power n’a fait aucune mention des crimes de guerre commis par les « rebelles » soutenus par les États-Unis, qui font également l’objet d’une enquête de la Cour pénale internationale, ni du récent reportage sur une enquête de cette même Cour sur les tortures pratiquées par l’armée américaine et la CIA en Afghanistan et dans les « sites noirs » partout dans le monde sur une dizaine d’années. On pourrait facilement dresser la liste d’une douzaine de commandants américains qui ont mené des attaques conduisant au massacre de civils, depuis les sièges brutaux de la ville irakienne de Falloujah en 2004 jusqu’à l’assaut contre l’hôpital de Médecins sans frontières à Kunduz, en Afghanistan, il y a tout juste un an.

Alors même que Power s’exprimait, un reportage en provenance de Syrie indiquait que des avions de guerre américains ont bombardé une usine de coton dans le village de Salhiyeh dans le nord-est du pays, tuant 10 civils, dont des enfants. Parmi les morts, trois travailleurs de l’usine, une famille de six personnes qui s’étaient réfugiés là-bas après avoir fui une offensive soutenue par les États-Unis dans la région, et un passant. Selon des estimations indépendantes, le nombre de civils tués par les frappes aériennes américaines dans le pays dépasse largement les 1000.

Bill Van Auken

Article paru en anglais, WSWS, le 23 novembre 2016

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De la démocratie-spectacle à la démocratie-tramway

Publié le par Felli Bernard

     

De la démocratie-spectacle à la démocratie-tramway

22/11/2016 Le Système a peur. Depuis quelques semaines, sa petite machinerie à dominer pourtant si bien huilée se ramasse des pelletées de sable à travers les rouages. Pensez donc ! Le peuple à l’outrecuidance de se torcher ouvertement avec le papier à musique de sa démocratie-spectacle, votant soudain pour des gens «déplorables» pas prévus dans la partition, déjouant ses pronostics, ridiculisant ses hérauts. Et voilà que tout l’édifice menace dès lors de partir en sucette, «Brexisé» et «Trumpisé» jusqu’à la garde, avec menace de paix, de retour à la souveraineté des nations et tout le toutim. Or le Système peut tout tolérer, sauf de voir sa sainte direction remise en cause, surtout par des sans-dents. Alors il montre les siennes de dents, qu’il a fort longues et belles avec l’haleine glacée qui va avec, en décrétant la mobilisation générale pour rappeler qu’il ne peut y avoir d’alternative au paradis néolibéral globalisé où flottent ses troupeaux de bobos nomades, cool, hype et augmentés. Et surtout pour prévenir que la démocratie comme la patience du Système a ses limites, qui pourraient bien avoir été atteintes désormais.

La déclinaison Erdogan
L’autre soir, l’une des chaînes clonées du Système proposait un reportage sur le sultan Erdogan pour nous raconter l’ascension de l’homme jusqu’à la folie totalitaire, rappelant un discours désormais célèbre dans lequel il disait que la démocratie est «comme un tramway. Il va jusqu’où vous voulez aller et là, vous descendez».
L’anecdote était évidemment destinée à faire frémir d’horreur le spectateur démocrate. Avec raison d’ailleurs. Sauf qu’il semble que cette conception de la démocratie-tramway ne soit finalement pas propre à Erdogan.

La mobilisation générale du Système jusqu’à l’outrance contre Trump, puis pour signifier le rejet de son élection, de même que ses attaques désormais massives contre les voix dissidentes qui osent en contester la narrative, tout cela montre en effet que le Système et ses zélateurs ne sont pas du tout prêts à accepter le verdict des urnes dès lors qu'il pointe un autre chemin que celui qu'ils ont balisés.
C’est d’ailleurs très précisément le message qu’est venu délivrer à Berlin Obama devant l’habituel parterre rampant européen, en rappelant en substance et sous le regard humide du Kaiser Merkel «qu’il n’y aurait pas de retour au monde d’avant la [vertueuse] globalisation, que l’OTAN devait avoir un avenir radieux tout comme le libre-échange, et que bien sûr la Russie devait coûte que coûte rester le méchant de l’Histoire.» (1)
Guy Debord avait très bien résumé l’essence de ce crypto-totalitarisme du Système en affirmant que dans les démocraties libérales, «les droits dont nous disposons sont essentiellement des droits de spectateurs», c’est-à-dire qui nous laissent libres de critiquer le film qu’a décidé de nous projeter le Système, mais en aucun cas d’en modifier le scénario.

La «bonne» et la «mauvaise» information
La contre-offensive est donc officiellement lancée, et le Système a bien évidemment mobilisé ses bobos-utiles et son immense machine de propagande.
Depuis l’élection du «Grand Déplorable», la presse «
de référence» multiplie ainsi les articles, opinions et autres savantes études attestant que la mise en doute de sa pensée unique relève désormais pour ainsi dire d’une forme des plus sournoises de criminalité, puisqu’elle induit le peuple dans l’erreur, une erreur qui le jette dès lors dans les bras du plus abject des populismes, source de tous les maux du Système comme chacun le sait (en effet la racine du mot populisme est «peuple»).

Les réseaux sociaux que la caste médiatique encensait hier lors des so called «printemps arabes» sont ainsi devenus un danger pernicieux, tout comme les sites dissidents et autres blogs forcément complotistes qui propagent impunément (pour l’instant) une «mauvaise information» qui contredit «la bonne information», c’est-à-dire l’information ayant l’imprimatur du Système.
En Suisse, par exemple, une étude sur la qualité des médias estime qu’un tiers des Helvètes sont désormais des «indigents médiatiques», terme désignant les adeptes de l’information gratuite sur internet. Or ce lectorat présenterait «un risque de développer une vision du monde simpliste, d’être abusé par des informations mensongères ou par la propagande, et de voter pour des mouvements populistes». (2)
Dans cette étude, ces «indigents médiatiques» sont donc implicitement considérés comme aux limites de la débilité et incapables de discernement, et les «abonnés de journaux de qualité» (SIC), eux, comme intelligents et bien informés, donc peu enclins à voter populiste...

Dans un autre monument de manichéisme intitulé «La bonne information chassera-t-elle la mauvaise?», l’auteur trie là encore doctement le bon grain de l’ivraie, avec d’un côté une presse de qualité qui «respecte les règles du journalisme » (reSIC), et de l’autre des réseaux d’information «incontrôlables» produisant «les mensonges les plus éhontés, des informations créées de toutes pièces». (3)
Ces derniers mois des centaines de productions de ce genre ont fleurit dans les médias-Système, jusqu’à la repentance publique d’un Zuckeberg accusé d’avoir favorisé l’élection du Grand Déplorable grâce aux intox circulant sur son Facebook (4).
Mais la palme revient bien évidemment au fer de lance de la presse bobo-Système, l’aberrant Libération, qui nous a pondu un tonitruant «L’ère du complotisme, le mensonge comme seule vérité» (5) qui flingue Descartes sans sommation en dénonçant «un système de pensée basé sur le doute systématique qui emprunte à l’idéologie des régimes totalitaires». Ça ne s’invente pas. L’article met dans le même sac complotisme, antisionisme, anti-impérialisme et.... les sites russes d’information Russia Today et Sputnik (régulièrement menacés de fermeture en Europe (6). Là encore, il fallait oser.

Bien sûr, aucune de ces doctes études ni aucun de ces savants articles ne remet jamais en cause cette «qualité» des médias officiels qui irait donc nécessairement de soi, alors même que depuis des années ils alignent tous à l’unisson les mêmes «mensonges les plus éhontés et les informations créées de toutes pièces» s’agissant notamment de l'Irak, de la Lybie, de la Syrie (7) ou de l’Ukraine (8), et propagent hystériquement et sans vérification aucune toute info, même totalement bidon, qui peut alimenter la russophobie voulue par le Système justement.

On l’a bien compris, toute cette bouillie pour les chats ne vise donc qu’à une chose: préparer les esprits aux douloureuses mais nécessaires mesures de censure à venir pour le Salut de la «bonne» information nécessaire à la «bonne» démocratie bien sûr.
Et si ça ne suffit pas, il y a fort à parier que, soutenus par toute la force de frappe politico-médiatique de la caste-Système, les bobos-utiles et autres happy-few prendront au besoin le relais dans la rue pour empêcher de nouveaux «déplorables» de jouer les empêcheurs de dominer en rond, bref, pour passer de la démocratie-spectacle à la démocratie-tramway.
Nous voilà prévenus.


Mis en ligne par entrefilets.com le 22 novembre 2016

1 EU Leaders Meet Obama to Snub Trump and Praise Globalisation

2 Un tiers des Suisses sont devenus des «indigents médiatiques»

3 La bonne information chassera-t-elle la mauvaise?

4 Comment Mark Zuckerberg veut stopper l’intox sur Facebook

5 «L’ère du complotisme, le mensonge comme seule vérité»

6 L’Occident se dirige vers l’interdiction des médias russes (Strategic Culture Foundation)

7 Depuis le début de la guerre en Syrie, la quasi unique source «d’information » des médias-Système est le fameux Observatoire Syrien des droits de l’homme, une vulgaire officine de propagande liée au MI6.

8 Ukraine-Russie: quand l’Empire tombe le masque

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Islam/christianisme. Cardinal Tauran : « Ou c’est le dialogue, ou c’est la guerre »

Publié le par Felli Bernard

26 novembre 2016

En marge de son intervention devant les évêques de France réunis en assemblée à Lourdes le 8 novembre, le cardinal français de la Curie romaine, Jean-Louis Tauran, s’est entretenu avec une poignée de journalistes sur les relations entre chrétiens et musulmans. Extraits.

Nous avons essayé de voir les difficultés. Mais j’ai aussi insisté sur les signes d’espérance. Car il y a quand même des choses qui sont positives. En 2015, les chiites d’Iran ont pris spontanément l’initiative de traduire en langue farsie le Catéchisme de l’Église catholique pour mieux nous connaître. [...]

Il n’y a malheureusement pas que des expériences positives…

Tout cela est évidemment fragilisé par le terrorisme. Il ne faut pas se faire d’illusion, le terrorisme mine un peu le dialogue.
 J’ai raconté cet épisode d’une religieuse à Versailles qui faisait ses courses dans un supermarché. Elle a heurté le Caddie d’une femme musulmane voilée. Elle lui a dit : « Pardon Madame, excusez-moi. » La femme musulmane lui a répondu : « La prochaine fois… », et elle a fait ce geste [le cardinal, de la main, fait le signe de l’égorgement, Ndlr].
C’est cela que les gens voient et retiennent. 
Ce n’est pas ce que nous disions lors de nos dialogues et de nos réunions. C’est cela qu’il faut absolument éradiquer de toute part : cette violence, ce caractère primitif. Nous sommes condamnés au dialogue.
Condamnés au dialogue, n’est-ce pas un peu fort ?

Ou c’est le dialogue, ou c’est la guerre.  L’autre jour, un professeur à l’Université de Tunis disait à ses étudiants : « Faites attention à ne pas casser vos crayons car si vous n’avez plus de crayons, qu’aurez-vous dans la main ? Vos couteaux. » C’est une très belle image, pleine de vérité.
[...]

Je me souviens d’avoir rendu visite à l’archevêque de Rennes qui avait organisé une rencontre avec des musulmans. Il y avait tous les représentants des communautés musulmanes. L’intéressant, c’est que la plupart étaient professeurs dans des collèges catholiques, ils enseignaient les mathématiques, les sciences physiques… 
Et le représentant de la communauté turque m’a dit ceci : nous n’avons pas de problème d’intégration, nous sommes très heureux, nous travaillons. Mais avec les Français, dès qu’on parle de religion, ils sont embarrassés…

Pourquoi ? Parce que pour les Français, la religion, c’est du domaine du privé. Alors que pour les musulmans, cette privatisation de la religion, ça n’a évidemment pas de sens. Pour eux, la religion englobe tout. Y compris le politique.

Famille chrétienne

via http://www.fdesouche.com/793923-islamchristianisme-cardinal-tauran-ou-cest-le-dialogue-ou-cest-la-guerre

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LE DOS AU MUR, JUPPÉ ENVOIE SES SCUDS (l’Imprécateur)

Publié le par Felli Bernard

LE DOS AU MUR, JUPPÉ ENVOIE SES SCUDS (l’Imprécateur)

 

Le regard critique que jettent les observateurs étrangers sur l’élection de François Fillon confirme le bon choix des Français. Aucun, par exemple, ne conteste le fait que Fillon soit de « la droite extrême ». Ils ne la confondent pas avec l’extrême-droite qui reste incarnée par Marine Le Pen, ils veulent dire que Fillon n’hésitera pas à mettre en œuvre son programme de droite, ne reculera pas, comme on l’a reproché à Sarkozy, l’appliquera avec brutalité s’il le faut pour casser l’opposition conservatrice des syndicats et de la fonction publique. Ils sont peu nombreux d’ailleurs à le qualifier de libéral.

Pour le magazine économique russe Expert, grâce à l’“effet domino”, l’élection d’un candidat de la “droite extrême”  devrait augmenter les chances de ses homologues dans d’autres pays européens. “Le temps nous indiquera le degré de solidité de la sympathie des leaders de la nouvelle génération à l’égard de la Russie« . Ce sont déjà trois points d’acquis que souhaitent la majorité des Français : Fillon est de droite, modérément libéral, et peut discuter avec Marine Le Pen et Poutine sans les considérer comme des monstres avec les œillères de la guerre froide américaine type Obama-Clinton. Tout le contraire de Juppé dont une majorité des medias étrangers se demandent s’il est de droite ou de gauche, socialiste ou pas, et qui se veut un ennemi résolu de Poutine et de Marine Le Pen.

Par contre, quand on connaît la langue française et le sens du mot « conservateur », « qui aime garder les choses en l’état, ne pas s’en dessaisir, inspiré par un esprit de conservation, de statuquo » (Larousse), on est surpris de voir que la presse étrangère reprend souvent le qualificatif utilisé par Valls pour désigner Fillon comme un « ultraconservateur ». Par contre, ce terme désigne parfaitement la gauche syndicale accrochée comme une tique à ses « acquis sociaux », les politiciens de gauche accrochés comme des ventouses à leurs privilèges sociaux (retraites à 100 %), fiscaux, salariaux et financiers, et la gauche politique toujours accrochée au modèle social soviétique des années 30. Il ne convient pas à Fillon qui propose les réformes difficiles mais indispensables qui vont bouleverser le train-train syndical et social dans l’objectif de remettre en route une France anesthésiée par quarante années de politiques plus ou moins socialistes, celles auxquelles Pappy-Juppé-les-charentaises ne veut rien changer.

Juppé est un conservateur-type, son programme est bien moins réformateur que celui de Fillon. Juppé s’en vante d’ailleurs en disant que son programme rassemblera les Français « de droite, du centre et de gauche« . Juppé n’a toujours pas compris que les Français rejettent en majorité tout ce qui est qualifié de « réforme » du centre et surtout de gauche, qui les a entrainés dans le marasme actuel : chômage de masse, exportations en berne, industrie en déshérence, acquis sociaux en retrait (non remboursement des soins et des médicaments, etc.), valorisation des SDF étrangers au détriment des SDF français, immigration musulmane de masse, fuite des riches et des cerveaux à l’étranger, déconstruction de la famille… Juppé n’a pas encore compris que les Français veulent une rupture avec la gauche et tout ce qu’elle représente.

Les commentateurs étrangers disent aussi que le combat Fillon-Le Pen sera incertain. Allgemeine Zeitung n’est pas certain de l’issue : “ce qui est un bon présage pour la présidentielle : aucun candidat, Marine Le Pen incluse, ne devrait prendre la victoire comme acquise”. Encore faut-il que Fillon parvienne à battre Juppé au second tour de la primaire, ce n’est pas acquis quand on voit le déferlement de haine gauchiste qui, de Mélenchon à Juppé en passant par Valls et Raffarin, s’abat sur lui. Leurs cerveaux reptiliens ne sont toujours pas imprégnés de l’évidence : les Français ne veulent plus de la gauche, de son modèle économique appauvrissant les familles par le chômage et l’impôt, de son appétence pour un état obèse de toujours plus de fonctionnaires et de dépenses publiques dont beaucoup sont inutiles, excessives ou mal gérées.

Un point où la mauvaise foi l’emporte, c’est quand Valls dit que le programme de réduction de 500 000 fonctionnaires de Fillon, « c’est des infirmières en moins, des policiers en moins, des gendarmes en moins, de services de proximité en moins« , etc.

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Où a-t-il vu, le Valls, que la réduction doive porter sur ces catégories professionnelles utiles à la société ? Ce n’est pas là qu’il y a trop de fonctionnaires, mais dans les ministères, tous les ministres français ont trop de personnel à leurs service, chauffeurs, domestiques, secrétaires, sécurité intérieure, conseillers, là on peut tailler à la hache. Les ministères, dans la plupart des pays étrangers, fonctionnent parfaitement avec des effectifs bien moindres.

Dans les commissions, ces centaines de commissions inutiles, listées et dénoncées par la Cour des Comptes, qui mobilisent à chaque fois une cinquantaine de fonctionnaires et produisent des rapports que personne ne lit.

Dans certains services techniques comme ceux des ministères et des mairies qui emploient souvent deux ou trois fois plus de personnel que les entreprises privées qui font le même travail à moindre coût et rendement meilleur.

Dans les syndicats à qui les ministres socialistes prêtent des milliers de fonctionnaires, emplois fictifs  pour faire le travail, y compris gonfler les effectifs des manifestants dans les mouvements de grève.

Mais il est aussi possible de diminuer le nombre de fonctionnaires nécessaires par le réalignement sur le secteur privé des horaires et du nombre de jours de vacances et de congés maladie, en exigeant d’eux des résultats dans un temps donné, comme dans n’importe quelle entreprise.

Oui, trouver 500 000 fonctionnaires à virer comme Cuba l’a fait et s’en porte mieux, mais aussi le Canada, l’Allemagne, l’Islande, l’Irlande et bien d’autres pays, ou ne pas remplacer ceux qui sont inutiles, c’est possible sans toucher au service public utile : policiers, gendarmes, infirmières, pompiers, services de proximité, etc. Et cela sans créer de chômage comme en menace Valls en prenant par exemple (puisque manquant d’imagination il a besoin de modèles), celui de Cuba où 600 000 fonctionnaires ont quitté la fonction publique après des formations leur permettant de retrouver du travail dans le secteur privé. Ils s’y disent plus heureux, ont retrouvé le goût du travail en gagnant plus, sans les chefaillons pointilleux et vicieux, que l’on trouve trop souvent aux échelons intermédiaires dans les administrations, les françaises entre autres, qui lient par exemple l’avancement et les primes de leurs subordonnés à leur appartenance syndicale.

Tout cela, Fillon veut le faire et avec son expérience il peut le faire. Réunir la droite, toute la droite, y compris celle de Marine Le Pen si elle réussit à se décoincer du gauchiste Philippot, il le peut aussi.

Depuis quelques jours Juppé et sa milice juppéiste ont trouvé une nouvelle attaque : il y aurait un accord secret entre Fillon et Sarkozy, du genre Poutine-Medvedev, avec le soutien d’une partie des élites de l’extrême droite frontiste. Même le très gauchiste L’Obs s’en moque. « Les hommes d’Alain Juppé ont encore des « questions à poser ». Comme s’ils perdaient leur sang-froid face à un François Fillon qui veut, et qui pourrait, « casser la baraque ». « Y a-t-il un accord entre les deux hommes [Fillon et Sarkozy] ? Un accord type Poutine-Medvedev ? », fait mine de s’interroger un proche du maire de Bordeaux dans « le Monde ». Un raisonnement un rien complotiste !Il n’a pas d’autre option. Comprendre : Alain Juppé, qui est arrivé bien loin derrière l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy au premier tour, est dos au mur. Il n’hésite donc pas à utiliser toutes les cartouches disponibles. Quitte à accentuer la fracture dans sa propre famille politique« . Dans le même numéro, L’Obs s’inquiète du mauvais état de la gauche. À vrai dire, que la gauche continue sa lente agonie, on s’en fout puisque les premières larmes passées, elle bénéficiera elle aussi de la prospérité retrouvée dans une nation réunie pour un avenir d’où l’espoir ne sera plus tué par les socialistes.

L’Imprécateur

LE DOS AU MUR, JUPPÉ ENVOIE SES SCUDS (l’Imprécateur)

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