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Peut-on transposer la politique russe en France ? Par Yannick Jaffré

Publié le par Felli Bernard

Yannick Jaffré

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L'Arabie saoudite emprunte un montant record de 17,5 milliards de dollars

Publié le par Felli Bernard

L'Arabie saoudite emprunte un montant record de 17,5 milliards de dollars

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Le montant est supérieur à celui levé par l'Argentine en début d'année qui pour son retour sur le marché de la dette avait atteint 16,5 milliards de dollars .
Le montant est supérieur à celui levé par l'Argentine en début d'année qui pour son retour sur le marché de la dette avait atteint 16,5 milliards de dollars . (Crédits : Reuters)
Pénalisée par des prix du pétrole insuffisamment élevés pour boucler son budget, l'Arabie saoudite a levé 17,5 milliards de dollars sur le marché obligataire international ce mercredi, un montant historique. L'emprunt sur-souscrit va financer un ambitieux programme de réorganisation de l'économie, entre innovation et austérité, pour mettre fin à la dépendance trop étroite à l'or noir .

Les investisseurs internationaux se sont rués sur le premier emprunt obligataire de l'Arabie saoudite. Si le royaume a finalement levé 17,5 milliards de dollars (15,9 milliards d'euros) par le biais des émissions obligataires à 5, 10 et 30 ans, libellées en dollars, la demande globale a atteint 67 milliards de dollars. Le montant est supérieur à celui levé par l'Argentine en début d'année qui pour son retour sur le marché de la dette avait atteint 16,5 milliards de dollars .

Si les émissions atteignent des prix moins élevés qu'attendu par les experts, celle de 30 an a attiré particulièrement les investisseurs qui croient en la stabilité du pays. Dans le détail, la tranche de 5,5 milliards de dollars à cinq ans a été lancée à 135 points de base (pdb) au-dessus des emprunts d'Etat américains, la tranche à dix ans, également de 5,5 milliards, à 165 pdb au-dessus des Treasuries et la tranche à 30 ans, de 6,5 milliards, à 210 pdb au-dessus.

Dépendant à 80% des recettes pétrolières

Cette action, inédite de la part de Riyad, le pays restant faiblement endetté, s'inscrit dans un vaste plan de réorganisation de l'économie du pays trop dépendant des prix du baril de pétrole (à 80%, selon la Banque Mondiale), dont il est le premier producteur mondial (10,58 millions de barils par jour, en septembre selon l'AIE, soit un peu moins du tiers de la production totale de l'Opep).

En effet, même si les prix qui avaient stagné autour de 30 dollars le baril sont remontés en début d'année au-dessus des 52 dollars, ils restent bien loin des 100 dollars de 2014.

Conséquence, la dette publique a été multiplié par 6 en deux ans, et le rythme de croissance ralentit: après avoir progressé de 3,5% en 2015, elle ne devrait s'afficher qu'à +1,2% cette année, selon les prévisions du FMI. En 2015, le pays a affiché un déficit de de 98 milliards de dollars, représentant 15% du PIB.

Réduction des subventions aux carburants

Depuis le début de l'année, plusieurs mesures de rigueur ont été prises dont la réduction des subventions aux carburants et au logement, la baisse des primes et des avantages des fonctionnaires et la suspension de nombre de projets d'infrastructures.

Pour financer la transformation de son économie fondée sur la rente du pétrole vers une société de services et sur l'innovation le royaume fera à nouveau appel au marché pour ce qui devait être la plus importante introduction en Bourse de tous les temps: celle de la première compagnie pétrolière mondiale, l'entreprise publique Aramco.

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USA : la délicate mission d'Adel al-Joubeir

Publié le par Felli Bernard

Sat Nov 19, 2016 3:26PM
Que cherche le ministre saoudien des Affaires étrangères aux États-Unis ? (Photo d'archives)
Que cherche le ministre saoudien des Affaires étrangères aux États-Unis ? (Photo d'archives)

La visite du ministre saoudien des Affaires étrangères à Washington reflète selon les commentateurs la grande préoccupation de Riyad à l'idée de voir les républicains prendre les commandes à Washington. L'Arabie saoudite prépare l'ère post-démocrate au Moyen-Orient, où elle entend visiblement se retirer des grands dossiers régionaux et travailler à la reconstruction de ses relations avec les États-Unis. 

Dans son éditorial, Ray al-Youm revient sur le choc que fut pour Riyad la victoire de Trump, "l'homme qui a prouvé tout au long de sa campagne électorale son antipathie pour l'Arabie saoudite".

"Trump a exigé que les importations du pétrole saoudien aux États-Unis s'arrêtent ou encore qu'un quart des ressources pétrolières saoudiennes soit livré aux États-Unis en échange du soutien qu'assurent ces derniers à Riyad. Une telle perspective a poussé l'Arabie saoudite à opter pour une double démarche, censée limiter la casse. Primo, Riyad vient d'envoyer aux États-Unis son ministre des Affaires étrangères et ancien ambassadeur à Washington. Sa mission "préventive" consiste à négocier avec la nouvelle administration américaine pour prévenir toute restriction à venir et consolider l'alliance, actuellement au point mort mais vieille de 80 ans, entre les États-Unis et l'Arabie saoudite. 

Secundo, signer des contrats avec une douzaine de sociétés et de firmes américaines qui emploient des personnalités influentes et d'anciens ministres et diplomates. Riyad cherche à s'assurer un puissant lobby qui puisse faire avancer ses pions sous l'ère de Donald Trump. 

Ces derniers jours, Adel al-Joubeir s'est entretenu avec le sénateur John McCain et avec le directeur du comité des finances du Sénat américain. Il s'est fait accompagner par le prince Turki al-Fayçal. En ce qui concerne la seconde mission, rappelons que Denis Ross, ancien envoyé de Barack Obama pour le Moyen-Orient, ainsi que Zalmay Khalilzad, ex-ambassadeur américain en Afghanistan, ont été la pointe des flèches anti-saoudiennes décochées par le candidat Trump.

Al-Joubeir a concentré de façon peut-être tardive ses efforts sur les deux chambres, car ce fut le lobby pro-Riyad au Congrès et au Sénat qui a bloqué la loi dite JASTA (Justice Against Sponsors of Terrorisme Act) qui permet aux victimes des attentats du 11 septembre 2001 de se faire indemniser par l'Arabie saoudite. Cela étant dit, la mission d'al-Joubeir s'avère fort délicate. Les républicains détiennent la majorité des deux chambres et ce sont eux qui se sont alignés sur les positions de Trump tout au long de sa campagne. Ces "têtes dures" n'iront certes pas oublier des milliards que l'Arabie saoudite et le Qatar ont dépensés pour que Hillary Clinton l'emporte ! 

Et puis la mission quasi impossible d'al-Joubeir intervient sur fond de dangereuses évolutions dans les dossiers syrien, irakien et yéménite. Les batailles d'Alep et de Mossoul battent leur plein et John Kerry semble vouloir en finir avec la crise yéménite, lui qui, à Mascate, a rencontré la délégation des Houthis. Dans toutes ces évolutions, al-Joubeir, trop silencieux ces derniers temps, brille par son absence. À en croire les analystes, l'Arabie saoudite a déjà commencé son retrait des grands dossiers régionaux. Ce qui importe pour les Saoud de prime abord, c'est d'amorcer "un réchauffement des relations avec Washington". 

Al-Joubeir est un fin connaisseur des États-Unis pour y avoir servi le trône des Saoud comme ambassadeur. Cela dit, l'homme est loin d'être de taille pour produire des miracles. Un Congrès et un Sénat hostiles, plus une Maison Blanche largement anti-saoudienne, réduisent sensiblement les chances d'un diplomate qui, dit-on, ne brille ni par son intelligence ni par sa diligence...

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Vous êtes viré : les autorités russes bloquent LinkedIn

Publié le par Felli Bernard

Vous êtes viré : les autorités russes bloquent LinkedIn

Roskomnadzor affirme que le réseau social recueille et transmet des informations sur des citoyens n’étant pas utilisateurs du site, sans leur accord


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Le 17 novembre, l’agence fédérale chargée de la surveillance des moyens de communication, Roskomnadzor, a procédé au blocage du réseau social LinkedIn sur le territoire russe. C’est la première fois que l’activité d’un grand site international est suspendue en Russie pour infraction à la loi « Sur les données personnelles ».

LinkedIn
Le LinkedIn russe. Crédits : Wikimedia

« L’accès à cette page est interdit. Elle est inscrite au registre des sites prohibés en Russie ». Le réseau social professionnel LinkedIn n’est plus accessible pour les utilisateurs russes depuis vendredi 18 novembre.

Le blocage concerne également l’application mobile LinkedIn. « Elle pourra toujours être téléchargée dans l’avenir, mais tout le trafic en Russie sera limité », a néanmoins précisé à RBC Vadim Ampelonski, représentant de Roskomnadzor.

En août, le réseau LinkedIn, qui fonctionne dans la majorité des pays du monde, a été reconnu coupable d’infraction à la loi russe « Sur les données personnelles », qui oblige, depuis le 1er septembre 2015, à conserver les données personnelles des citoyens russes sur le territoire de la Fédération.

Roskomnadzor affirme que le réseau social recueille et transmet des informations sur des citoyens n’étant pas utilisateurs du site, sans leur accord. En outre, le régulateur reproche à LinkedIn de ne pas avoir transféré ses serveurs en Russie, comme le demande la loi susmentionnée.

L’entreprise américaine a contesté cette décision devant un tribunal de Moscou mais son appel a été rejeté le 10 novembre. Chez LinkedIn, on soutient que le réseau social n’est pas tenu de respecter les exigences de la loi russe, vu que les utilisateurs « en pratique, se trouvent virtuellement hors des frontières de la Fédération, et c’est en ce lieu qu’ils fournissent leurs données personnelles ». Au tribunal, la défense a également souligné que la plate-forme ne portait pas atteinte aux droits des utilisateurs, étant donné que ces derniers fournissent leurs données personnelles de façon volontaire et acceptent les conditions d’utilisation de ces informations au moment de leur inscription.

Enfin, LinkedIn affirme que Roskomnadzor s’est trompée de cible. La plainte a été déposée contre LinkedIn Corporation, alors que c’est LinkedIn Ireland qui répond du traitement des données hors des frontières américaines.

Un réseau qui fuite

LinkedIn devient ainsi le premier réseau social recensant des millions d’inscrits à avoir été bloqué en Russie pour ne pas avoir localisé les informations relatives à ses utilisateurs sur le territoire russe. Pourtant le réseau social professionnel n’est pas le seul dans ce cas. Twitter et Facebook seraient également en situation irrégulière, selon Roskomnadzor.

Toutefois, précise Vadim Ampelonski, à la différence de ses confrères, LinkedIn est le seul à avoir connu plusieurs grandes fuites de données personnelles ces dernières années. « Et c’est suite à cela que nous avons déposé plainte », a expliqué le représentant de Roskomnadzor.

A titre d’exemple, pour le seul mois de mai 2016, les informations relatives à 117 millions d’utilisateurs de LinkedIn se sont retrouvées en vente sur Internet.

Pour Konstantin Botchkarev, directeur du département propriété intellectuelle et technologies du cabinet PwC Legal, LinkedIn a servi à Roskomnadzor de « pierre de touche ». « Le réseau n’a pas énormément d’utilisateurs en Russie. Puis, il n’a pas répondu à temps aux demandes de Roskomnadzor. L’agence essaie largement de travailler avec les entreprises au moment où elle les contrôle. Et si ces dernières présentent un plan précis d’application des exigences de la loi, le service se montre compréhensif quant à telle ou telle faiblesse », a-t-il expliqué à RBC, ajoutant que si LinkedIn continue de se battre en justice, le réseau pourrait rester bloqué, au minimum, encore plusieurs mois.

Le moyen le plus rapide de lever le blocage, pour le réseau social, serait, d’après M. Botchkarev, de rendre compte à Roskomnadzor qu’il a commencé d’appliquer les exigences de la loi. D’autant que vu le nombre relativement faible d’inscrits et les volumes de données peu importants – le réseau ne sert pas à échanger des vidéos, par exemple –, le transfert des informations des utilisateurs russes ne devrait pas se révéler une opération trop compliquée pour LinkedIn, note l’expert.

LinkedIn, dédié à la recherche d’emploi et à l’échange de contacts professionnels, recense plus de 400 millions d’utilisateurs dans le monde. Il entre au top-15 des sites les plus fréquentés du monde selon le classement d’Alexa. Les serveurs de l’entreprise se trouvent en Californie. Selon le groupe d’étude marketing TNS, au mois de septembre, LinkedIn comptait 2,39 millions d’utilisateurs en Russie.

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Matriochkas syriennes et Sun Tzu

Publié le par Felli Bernard

Matriochkas syriennes et Sun Tzu

18 Novembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

La semaine écoulée a vu en Syrie d'importantes évolutions, parfois assez étonnantes. Ces événements prennent place dans une subtile construction à plusieurs niveaux qui, telles les poupées russes, cachent l'échelon suivant. Reste à savoir qui sera le dindon de la farce et qui, à l'inverse, tirera les ficelles de tout ce bel édifice.

Premier niveau : carte blanche universelle

Un feu vert tacite et général semble avoir été donné à tout le monde, résultant en une triple offensive simultanée aux aspects parfois curieux.

  • Alep

Aucune surprise ici. Les Syro-russes ont ouvert les vannes pour reprendre la grande ville du nord et plus rien ne les arrêtera. Poutine avait peut-être fait preuve de retenue durant quelques semaines en attendant l'élection de Trump, comme nous l'envisagions :

Ajoutons pour finir que la modération de Poutine autour d'Alep ces derniers temps (deux semaines sans bombardements russes, y compris au plus fort de l'offensive barbue sur le secteur ouest de la ville) avait peut-être pour but de ne pas prêter le flanc à la propagande de la MSN jusqu'à l'élection présidentielle américaine, dans l'espoir que Trump soit élu et s'entendre ainsi avec lui. Désormais, l'offensive peut reprendre.

Elle a repris et en 3D. L'attaque djihadiste sur Alep-ouest s'est terminée en fiasco et les loyalistes contre-attaquent partout, avançant vers la dernière province encore tenue par les barbus modérément modérés. L'aviation russe est en mode Terminator et l'enfer se déverse du ciel, à Idlib, au sud-ouest d'Alep, au nord-ouest et sur les routes de ravitaillement. Les bombardiers stratégiques et les missiles Kalibr sont également de la partie. A noter que cela intervient après une conversation téléphonique Poutine-Trump au cours de laquelle le Donald n'aurait fait aucune objection à l'opération russe. Et si quelque Folamour du Pentagone aurait l'idée saugrenue de provoquer Moscou, les S-300 ont été redéployés autour d'Alep.

Ces bombardements préparent la grande offensive générale de l'armée syrienne et de ses alliés, sécurisant définitivement Alep et pénétrant le dernier grand fief insurgé :

Que de chemin parcouru depuis 2013...

Les djihadistes ont affecté beaucoup de moyens humains et matériels dans leur offensive de la dernière chance en octobre et leur moral est maintenant indéniablement miné. La débandade peut donc être relativement rapide même s'il convient, comme toujours, de rester prudent.

Quant à l'enclave rebelle d'Alep-est, son tour est venu et les opérations préliminaires ont même déjà commencé. L'on peut toutefois se demander si, tactiquement parlant, il ne serait pas préférable de laisser pourrir la situation jusqu'à ce que l'enclave tombe d'elle-même. Les civils commencent en effet à se révolter contre Al Nosra & Co, chose que vous ne lirez évidemment jamais dans la presstituée occidentale.

Les manifestations ont été durement réprimées (27 morts) tandis que les "modérés" chers à l'Occident saoudisé minent les couloirs d'évacuation humanitaires afin d'empêcher les civils de fuir. Une attaque loyaliste permettra peut-être de ressouder ce panier de crabe barbu et retarder l'inéluctable, mais le sort d'Alep semble de toute façon réglé.

  • Al Bab

C'est la surprise du chef. Nous avions montré l'importance primordiale de cette petite ville perdue au fin fond de nulle part, jamais aussi fameuse qu'à l'heure actuelle :

Tous les chemins mènent à Al Bab. C'est une véritable course poursuite entre les Kurdes d'Efrin et l'ASL sultanisée, qui suivent des routes parallèles et n'hésitent pas à se faire des crocs-en-jambe au passage. L'objectif stratégique kurde est de faire la jonction entre leur partie occidentale (Efrin) et leur partie orientale (région de Manbij, conquise de haute lutte contre Daech et dont ils ne sont finalement pas partis) pour établir leur rêvé Rojava. Le but des Turcs est de les en empêcher à tout prix. Le tout sur fond de reflux daéchique.

Stupeur il y a quelques jours : les Kurdes d'Efrin (ouest, en jaune) se sont inexplicablement arrêtés tandis que l'ASL parrainée par Ankara (en vert) arrivait à 2 km de la ville. Carte au 14 novembre :

Après une série d'attaques et de contre-attaques - au cours desquelles Daech a d'ailleurs, ô délicieuse ironie, détruit quelques tanks turcs à coups de missiles antichars fournis auparavant par... Ankara ! - l'ASL et leur protecteur ottoman sont en passe d'entreprendre le siège d'Al Bab, enfonçant un coin entre les deux enclaves kurdes (en jaune sur la carte), mettant ainsi à mal le rêve d'un Rojava autonome. Nouvelle ironie dans cette guerre qui n'en manque pas : c'est l'offensive des YPG (appelons-les Kurdes orientaux) sur Raqqa, la capitale de l'EI plus à l'est, qui a poussé les petits hommes en noir à dégarnir le front d'Al Bab, permettant l'avancée de l'ASL d'Erdogan.

  • Raqqa

Car cette offensive est bien étrange. Que diable viennent faire les Kurdes en plein sunnistan arabe, dans une région qui ne les concerne aucunement et qui, Daech ou pas, risque de très mal les recevoir ? Si l'EI exagère sans doute les pertes des YPG (198 tués selon eux), il est clair que la campagne est difficile et meurtrière. Et encore longue, puisque les combats ont pour l'instant lieu à une bonne cinquantaine de kilomètres de la capitale califale.

Il n'y a aucun intérêt stratégique pour les Kurdes à aller à Raqqa, sauf à rouler pour les Américains. Il est temps de déboîter notre deuxième matriochka...

Second niveau : les coulisses

C'est souvent là que tout se joue, peut-être encore plus au Moyen-Orient qu'ailleurs. Le formidable jeu de poker menteur syrien permet à peu près toutes les hypothèses : entente russo-turque sur le dos de Washington, américano-russe voire américano-russo-kurde sur le dos d'Erdogan, syro-turque sur le dos des Kurdes ou au contraire syro-kurde sur le dos du sultan. Tout est possible et l'élection du Donald vient encore compliquer la donne...

Quelques éléments tout de même pour y voir plus clair. Premier point : les grands perdants de la triple offensive sur Alep, Al Bab et Raqqa sont respectivement les djihadistes "modérés", les Kurdes d'Efrin et Daech. Par contrecoup, le grand vainqueur est l'axe Damas-Moscou qui voit deux de ses adversaires en mauvaise posture.

C'est d'ailleurs un point à ne pas négliger. Dans les complexes arabesques que nous voyons se dessiner, il y a sans doute un calcul tactique très terre-à-terre, à la Sun Tzu : faire faire le sale boulot par un tiers. En se sacrifiant pour affaiblir l'EI, l'ASL turquisée et les Kurdes orientaux travaillent en réalité pour les Syriens et les Russes. A condition qu'ils n'aillent pas trop loin dans leur offensive et n'atteignent pas le point d'irréversibilité. Compliqué...

L'empire pré-Donald envoyait comme à son habitude des signaux extrêmement contradictoires, par exemple sur le futur de Raqqa libérée (relevons dans ce qui suit l'arrogance au carré des Américains qui considèrent les Kurdes comme leurs créatures et préparent déjà l'après-Daech comme si la campagne allait être une promenade de santé). Le Département d'Etat affirmait que les forces militaires extérieures se retireraient et qu'il n'était pas question d'une zone semi-autonome (en clair, la région reviendrait sous l'égide de Damas). Au même moment, les faucons du Pentagone - notamment l'agité du bocal Joseph Dunford - déclaraient sans ambages :

La coalition et la Turquie travailleront ensemble sur un plan à long terme visant à prendre, tenir et gouverner Raqqa.

Dix jours plus tard (effet Trump ?), les Etats-Unis annoncent qu'ils retirent leur (relatif) soutien à l'ASL d'Erdogan en route vers Al Bab. C'était dans les tuyaux et nous avions été parmi les premiers à rapporter un incident révélateur il y a deux mois :

Dans l'extrême-nord syrien, des soldats US accompagnant l'armée turque se sont vu forcés de quitter un village après avoir été menacés par les rebelles modérément modérés de l'Armée Syrienne Libre. Parmi les joyeusetés entendues : "On va vous massacrer", "Vous êtes des porcs, des infidèles, des croisés". Bien entendu, ne vous attendez pas à en trouver un seul mot dans le marigot journalistique. Cet épisode est toutefois intéressant en ce qu'il pourrait acter le lâchage définitif de la rébellion par Washington.

Nous y voilà... Le mouvement ne pourra que s'accélérer une fois en place Trump et son futur conseiller à la sécurité nationale, le général Michael Flynn dont nous avons plusieurs fois parlé et dont les positions russophiles et djihadistophobes sont la hantise de l'establishment impérial (notez les articles très négatifs de la MSN à cette nomination). Assistera-t-on alors à une entente américano-russe sur le dos d'Erdogan, sommé de quitter la portion du nord syrien qu'il occupe après avoir fait le boulot pour Moscou et Damas ? Pas impossible.

A Riyad, on est déjà en mode panique devant la perspective d'un accord entre Washington et Moscou sur la Syrie et le fameux prince Turki, l'ancien mentor de Ben Laden et chef des services secrets saoudiens au moment du 11 septembre, parle de possible "désastre".

Restent les Kurdes : quelle est leur place dans ce tableau de poupées russes imbriquées ? Sentant la situation sans doute bien trop compliquée pour eux, ils viennent de surprendre tout le monde en marchant droit sur... l'ASL et Al Bab ! On parle ici des Kurdes orientaux, ceux sensés libérer Raqqa.

Quel nouveau retournement de situation ! Par rapport à la carte du 14 novembre (voir plus haut), on constate l'inexorable avancée des YPG (flèche jaune). Les deux mâchoires kurdes sont maintenant sur le point de se refermer sur les protégés du sultan qui pensaient prendre Al Bab sans coup férir. De violents combats ont déjà lieu autour de Qabasin (cercle rouge) devant le regard médusé des petits hommes en noir de l'EI, habitués à être le centre de toutes les attentions.

Comme si cela ne suffisait pas, des centaines de soldats de l'armée syrienne sont arrivés à l'aéroport de Kuwaires (carré rouge sur la carte), portant l'effectif total à 5 500 hommes. Trop loin à l'est d'Alep pour y combattre, c'est donc d'Al Bab qu'il s'agit... Trois scénarios sont possibles :

  1. Rester sur place et attendre de voir ce qui se passe, quitte à intervenir à la toute fin contre le dernier survivant (ASL, YPG ou Daech).
  2. Marcher sur Al Bab (flèche rouge en pointillés vers le nord), afin d'empêcher à la fois la jonction kurde et l'avance de l'ASL. Mais les forces semblent trop peu nombreuses pour cette tâche.
  3. Marcher plus à l'est, laissant les Kurdes stopper l'ASL du sultan et réaliser leur jonction.

Personnellement, je penche pour l'hypothèse 3, qui correspondrait parfaitement aux vues de Poutine : utiliser les Kurdes pour stopper les Turcs sans s'aliéner Ankara (Turk Stream + arrêt du soutien aux barbus d'Idlib) après que les uns et les autres aient fait le travail contre Daech. Matriochkas et Sun Tzu mêlés...

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Janet Yellen veut rester à la Fed malgré les critiques de Trump

Publié le par Felli Bernard

JJanet Yellen veut rester à la Fed malgré les critiques de Trumpanet Yellen veut rester à la Fed malgré les critiques de Trump

La guerre a commencé entre Trump et ce qu’il nomme « l’establishment ». La guerre a commencé avec la presse et le système médiatique qui s’est opposé frontalement à lui pendant la campagne.

« La présidente de la banque centrale des États-Unis (Réserve fédérale, Fed) Janet Yellen, vivement critiquée par Donald Trump durant la campagne, a assuré qu’elle comptait rester jusqu’à la fin de son mandat en 2018 et redit qu’une hausse des taux était pour bientôt.

S’exprimant publiquement pour la première fois depuis l’élection présidentielle, Mme Yellen a répété devant une commission du Congrès qu’un resserrement du crédit « pourrait bien être approprié relativement rapidement si les données économiques continuaient de montrer des progrès ».

Mais elle s’est montrée prudente, insistant plusieurs fois sur le fait que l’économie américaine avait encore une marge d’appréciation. La Fed tiendra une réunion monétaire les 13 et 14 décembre et les analystes s’attendent à un relèvement des taux d’intérêt, pour la première fois depuis un an. »

 

Vers la menace de la nationalisation de la FED par le président élu des États-Unis d’Amérique !

« Elle a aussi insisté sur « l’importance cruciale » de l’indépendance de la banque centrale qui doit garder « une vue d’ensemble » et ne pas réagir aux pressions à court terme pour fixer la politique monétaire, alors que plusieurs projets de loi républicains au Congrès veulent réformer la structure, voire les mandats de la Réserve fédérale.

Sur l’état de l’activité économique, Mme Yellen a affirmé que la première économie mondiale faisait « de très bons progrès » vers les deux cibles de la Fed, qui sont le plein emploi et une inflation de 2 %. Mais elle estime qu’il y a encore une marge d’amélioration, notamment sur le front de l’emploi. »

Ce combat va être terrible, et la FED a elle aussi des marges de manœuvres réduites. Pousser les taux pour provoquer un effondrement en rendant coupable Trump inciterait ce dernier par « executive order » (décret présidentiel) à nationaliser la FED et reprendre en main la souveraineté monétaire.

D’ailleurs, il l’a certainement en tête. La seule question qui vaille est : aura-t-il le courage de la faire et suffisamment de soutien et d’appuis politiques pour le réussir ?

Depuis plus d’un siècle, tous les présidents qui se sont attaqués à ce sujet ont échoué.

Charles SANNAT

Source Boursorama ici

Janet Yellen veut rester à la Fed malgré les critiques de Trump

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Un Fillon , sinon rien !

Publié le par Felli Bernard

Un Fillon , sinon rien !

18 Novembre 2016 , Rédigé par New Dawn

Un Fillon , sinon rien !

J'ai regardé le débat des Républicains , hier soir , et ce matin François Fillon était l'invité de Bourdin sur RMC ... C'est à mon sens le seul candidat valable qui pourrait arriver à nous sortir de cette spire infernale qui absorbe la France et l'empêche de respirer ... Nous sommes dominés  par la violence , une violence que nous n'avons pas générée mais que d'autres ont organisée sciemment pour nous faire basculer dans un monde artificiel et sans respect des valeurs humaines dans le but de servir leurs intérêts financiers , nous avilir et nous bestialiser ... Je n'en veux pour preuve que cette horrible campagne électorale américaine  où sont ressortis tous les vieux poncifs du Nouveaux Monde que l'on croyait oubliés ... L'insulte , la violence , le machisme , le fric !De l'autre côté nous avons l'Orient et le Moyen Orient qui se déchirent et ruinent leurs peuples à grands renforts de missiles , tandis que d'éphémères alliances entre puissants se nouent et se dénouent ...Ils semblent n'être jamais sortis  des temps maudits où l'être humain n'était que de la chair à canon  puisque les alliances ne se réalisent qu'à proportion de la taille de ces États ... Iran , Inde ... Chine ...!

Enfin , et gâteau sur la cerise , l'Europe germanisée s'est chargée d'introduire chez elle les germes d'une violence débridée en ouvrant les bras à des peuples arriérés , peu ou pas instruits , qui n'agissent qu'au gré de leur sexe et du Coran , pensant que ces deux éléments combinés en feront les maîtres du monde ...

Ce qu'il y a de comique dans tout cela c'est que les medias s'en mêlent et s'emmêlent en reprenant la liturgie des vieux Rambo et des Rocky Balboa pour nous obliger à trouver cette violence mortifère normale et de bon aloi ... Tous les soirs sur Canal , c'est le triomphe de la viande sur le cerveau ... Puisqu'intellectuellement tu es voué au déclin , muscle ta bidoche et prépare-toi au corps à corps ! ... Ce qui revient là aussi à ne considérer l'être humain que sous l'angle de la chair à canon ! Alors après la violence  d'un quinquennat pendant lequel ont régné l'arbitraire d'un Valls et la coercition d'un Cazeneuve on te propose de répondre à la violence par la violence mais cette fois enrobée dans du sucre et du papier bonbon ... 

Honnêtement , j'en ai ras la frange ! Nous sommes un vieux peuple d'intellectuels , philosophes et poètes , hédonistes mais cartésiens ... panthéistes car ce n'est pas pour rien que la culture druidique s'est répandue dans tout l'Ouest de l'Hexagone... contemplatifs , ce pourquoi des criminels nous attaquent lorsque nous sommes en admiration  devant un feu d'artifices , un jour de 14 juillet sur les rivages méditerranéens ou pendant un concert ... et nous , nous autres provençaux , nous sommes des bergers , des gens de la Terre et de l'animalité qui ont reçu assez de sang des forçats du bagne de Toulon, ayant ensemencé les femmes au fil du temps, pour avoir le courage et la volonté de devenir des marins et  braver les dieux gréco-latins qui  gisent et  hantent Mare nostrum et aller de l'autre côté de son rivage , apporter un message d'amour aux autres peuples ...

Notre peuple est beau dans sa diversité historique , il ne faut pas en avoir honte même si nous sommes taxés de populisme ... sauvons ce qui peut l'être de notre civilisation , nous n'avons besoin ni de guêtres ni d'inféodés aux pouvoirs étrangers  

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Trump : la défaite de l’Empire des Mensonges

Publié le par Felli Bernard

Trump : la défaite de l’Empire des Mensonges


Par Ugo Bardi – Le 12 novembre 2016 – Source Cassandra Legacy

En 2003, les médias occidentaux ont pu convaincre presque tout le monde que le mauvais dictateur Saddam Hussein stockait des armes de destruction massive en Irak. Le succès de cette opération de propagande a été si spectaculaire qu’il a mené l’un des aides de George W. Bush à déclarer que «maintenant nous créons notre propre réalité» [Voir aussi l’analyse de dedefensa, NdT]. C’était la véritable déclaration fondatrice de l’Empire des Mensonges.

Mais le pouvoir de la création ne réside pas dans les êtres humains et il se peut fort bien que les dieux prennent ombrage à cette manifestation de l’orgueil. 1 Lors de la dernière campagne présidentielle américaine, Donald Trump et Vladimir Poutine ont été regroupés et soumis au même traitement de diabolisation que celui qui avait été réservé à Saddam Hussein. Mais ça n’a pas marché, tout simplement. Toute la campagne a salement échoué. L’ampleur de la défaite subie par l’Empire des Mensonges est stupéfiante.
Malheureusement, le fait que Donald Trump a été élu en grande partie comme une réaction contre des mensonges antérieurs ne fait pas de lui un bon président et pas même quelqu’un à qui nous pouvons faire confiance. Nous avons peut-être appris à reconnaître les mensonges, mais il semble que nous n’avons pas encore appris à reconnaître la vérité. Le pendule peut se balancer trop loin et nous dénonçons maintenant des théories parfaitement correctes comme canulars et conspirations. C’est le cas du changement climatique, que Donald Trump a défini comme un canular. L’ampleur des dommages que la présidence Trump pourrait faire à l’humanité par des politiques qui ignorent la menace climatique est stupéfiante aussi.

Alors, allons-nous jamais apprendre à trouver notre chemin dans l’univers des mensonges dans lequel nous vivons ? Difficile à dire, mais nous vivons une situation à laquelle les anciens Romains ont déjà été confronté il y a longtemps. Le message ci-dessous, publié au début de cette année, peut nous aider à comprendre le problème.

Ugo Bardi


L’Empire des Mensonges

Par Ugo Bardi – le 8 février 2016 – Source CassandraLegacy

[…]

À l’époque d’Augustin, l’Empire romain était devenu un Empire du Mensonge. Il faisait encore semblant de respecter la primauté du droit, de protéger la population contre les envahisseurs barbares, de maintenir l’ordre social. Mais tout cela était devenu une plaisanterie de mauvais goût pour les citoyens d’un empire réduit à rien de plus qu’une machine militaire géante dédiée à l’oppression des pauvres afin de maintenir le privilège de quelques-uns. L’Empire lui-même était devenu un mensonge : il n’existerait que grâce à la faveur des dieux qui auraient récompensé les Romains en raison de leurs vertus morales. Personne ne pouvait plus y croire : c’était la destruction de la structure même de la société ; la perte de ce que les Anciens appelaient l’auctoritas, la confiance que les citoyens ont envers leurs dirigeants et les institutions de l’État.

[…]

Ugo Bardi

Note du Saker Francophone

Prenez d'abord le temps de relire l'article L'empire des mensonges. Ensuite, il est étonnant et presque rassurant de voir Ugo Bardi converger vers les mêmes conclusions que Philippe Grasset marqué par cette phrase de Karl Rove d'où il lancera le fil du virtualisme. Le voile est peut-être en train de se déchirer et la force du système capable de nous vendre ses narratives est en train de se dissoudre sans que les élites-système ne puissent rien y faire, noyées qu'elles sont dans leur propre mensonges et n'ayant pas la force morale de retourner à la source de ceux-ci et ayant même fini par y croire.
  1. A croire que l’auteur lit aussi dedefensa dont la citation favorite reste : «On dit même que le diable, quand il veut, est fort bon théologien ; il est vrai, pourtant, qu’il ne peut s’empêcher de laisser échapper toujours quelque sottise, qui est comme sa signature…» Réné Guénon

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Les Etats-Unis favorables aux exportations pétrolières libyennes

Publié le par Felli Bernard

Les Etats-Unis favorables aux exportations pétrolières libyennes

Les Etats-Unis favorables aux exportations pétrolières libyennes

Pour l’émissaire américain en Libye, la communauté internationale est prête à intervenir si le GNA lui demandait de bloquer une cargaison de pétrole.

L'émissaire américain en Libye Jonathan Winer a déclaré que son pays est favorable aux exportations pétrolières depuis les terminaux perdus par le gouvernement d'union nationale (GNA) tant que les recettes reviennent exclusivement à ce dernier, dans une interview à l'AFP.

M. Winer, joint mercredi soir au téléphone à Washington, a dans le même temps affirmé que la communauté internationale était prête à intervenir si le GNA lui demandait de bloquer une cargaison de pétrole.

Les forces du général Khalifa Haftar, liées aux autorités libyennes non reconnues basées à Bayda dans l'est du pays, se sont emparées entre dimanche et lundi des quatre terminaux de la région du Croissant pétrolier (nord-est), et la Compagnie nationale du pétrole (NOC) a ensuite annoncé la reprise imminente des exportations.

"Les recettes (pétrolières) doivent être versées à la Banque centrale" qui est sous l'autorité du GNA à Tripoli, a affirmé l'émissaire américain, soulignant qu'elles devaient être utilisées "pour payer les salaires et assurer les services" publics.

M. Winer a toutefois averti que si "le pétrole prenait le chemin d'un tout autre groupe, que de nouveaux comptes bancaires apparaissaient, ou qu'il était vendu à des parties ne possédant pas de contrats légaux (...), les Etats-Unis s'efforceraient d'appliquer les décisions du Conseil de sécurité de l'ONU".

Il a par ailleurs assuré que "la communauté internationale interviendrait pour soutenir le gouvernement" d'union nationale si ce dernier lui demandait de bloquer une cargaison de pétrole.

"L'important est que le pétrole ne soit utilisé par aucune autre partie", a-t-il affirmé, en référence au GNA, reconnu par la communauté internationale.

Il a appelé au retrait des forces militaires des zones autour des terminaux pétroliers, insistant sur la "nécessité du dialogue" car le conflit n'est "dans l'intérêt" de personne.

Le chef du GNA Fayez al-Sarraj a lui aussi cherché l'apaisement, appelant "toutes les parties" à "se réunir d'urgence pour discuter d'un mécanisme permettant de sortir le pays de la crise".

Dans une Libye sous la coupe de puissantes milices formées d'ex-rebelles, qui obéissent à leurs propres intérêts -qu'ils soient d'ordre idéologique, tribal ou financier-, les alliances peuvent basculer, et les terminaux pétroliers sont depuis 2011 au centre des luttes de pouvoir.

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Schizobama

Publié le par Felli Bernard

Schizobama

17 Novembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Etats-Unis

Rapide passage ce soir pour relever ce merveilleux exemple de schizophrénie obamesque. Au cours d'une conférence de presse tenue lors de sa visite d'adieu à Berlin, l'inénarrable Barack à frites a osé déclarer, tenez-vous bien :

La Russie est une superpuissance militaire, bénéficiant d'une influence régionale et globale [tiens, il disait tout le contraire il y a quelques mois]. Coopérer avec la Russie est dans notre intérêt.

A pleurer de rire... Jamais à court de retournement de veste, la grosse Bertha en a rajouté une couche :

La Russie est notre voisine et nous souhaitons bien évidemment maintenir de bonnes relations avec elle.

N'est-ce pas elle qui, dans un grand accès de délirium russophobicus tremens, avait pourtant crié au loup il y a quelques jours, accusant par anticipation Moscou de manipuler les prochaines élections allemandes ?

Girouette, gentille girouette, girouette, je te plumerai. Cameron et Obama cette année, Flamby et sans doute Merkel l'année prochaine ; les quatre Dalton de l'empire plient les gaules et font leur valise après quelques pathétiques tentatives de sauver la face. Adieu veau, vache, cochon...

 

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