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Koalas, indigènes et mistral.

Publié le par bernard felli

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Koalas, indigènes et mistral.

Publié le par Felli Bernard

le Pére Joseph
le Pére Joseph

16-11- 2014

Koalas, indigènes et mistral.

A l’heure où les crises mondiales se multiplient marquées par une débauche de violences, de troubles, de mouvements d’indépendance nationale, de création de nouvelles alliances et d’éreintement de certains pays, les dirigeants de la planète se retrouvent en Australie pour traiter des grands sujets du moment.

Malgré les déclarations provocatrices d’un président américain en fin de course, malgré les rodomontades annoncées envers le dirigeant russe, malgré les poignées de main et les sourires de façade, l’ambiance n’y est pas.

Sommes-nous entrés dans une guerre qui loin d’être froide devient chaque jour plus chaude ?

Assistons-nous à une mise en adéquation de la géographie politique planétaire avec l’évolution économique dite aussi « mondialisation » ?

D’aucuns évoquent la reconstruction soviétique, d’autres celle du tsarisme, les troisièmes annoncent la fin de l’Europe, les quatrièmes un axe Pékin-Moscou-Prétoria-New-Dehli, les cinquièmes le pilonnage des plus faibles par l’argent et les spéculateurs.

Certains s’érigent en maître d’école d’il y a plus d’un siècle pour, avec le gros porte-plume rouge, donner des mauvaises notes et infliger des punitions.

Les parents boivent, les enfants trinquent a-t-on coutume de dire ce qui peut se traduire, mutatis mutandis, par les dirigeants roulent des mécaniques et les peuples paient l’addition.

Mais en Australie, on est passé aux choses sérieuses : les entretiens en marge entre divers chefs d’Etat dont certains font la soupe à la grimace.

Et pourtant, tout le monde est sur la photo de famille, sans doute par la grâce de ces petits nounours que chacun aura pris dans ses bras en ayant soin de bien le tenir par-dessous pour que le sympathique plantigrade se sente en sécurité. Ce qui doit être le cas quand ces mêmes bras ont une main et un doigt pour appuyer sur le bouton nucléaire.

Les indigènes sollicité par l’hôte pour se livrer à leurs danses tribales fort dénudées auront également contribué à dérider les plus anxieux.

Chacun aura bien compris le message : les Américains amèneront des bisons et des Indiens qui danseront autour de leur totem, les Russes demanderont de serre la patte aux gentils nounours de la taïga, les Français percheront un coq sur les nobles épaules présidentielles et organiseront une partie de french-cancan, les Anglais iront chercher des léopards et feront une démonstration de kilts et cornemuse, les Allemands préféreront les bêtes à corne et les tyroliennes et ainsi de suite.

Gageons que la France l’emportera par son bon goût et le goût du sexe à moins qu’une fiente incongrue n e vienne se déposer sur une veste de haute couture. Mais, si le mistral souffle au bon moment, le pire sera évité.

Le Pére JOSEPH

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Sommet du G20 à Brisbane : Entretien bilatéral avec le président russe Vladimir Poutine

Publié le par Felli Bernard

Sommet du G20 à Brisbane : Entretien bilatéral avec le président russe Vladimir Poutine

Lors du sommet du G20 à Brisbane (Australie), le président de la République François Hollande a eu un entretien bilatéral avec son homologue russe Vladimir Poutine.

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Que faut-il comprendre de la proposition de M. de...

Publié le par Bernard Felli

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Que faut-il comprendre de la proposition de M. de Mistura concernant « les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ?
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Que faut-il comprendre de la proposition de M. de Mistura concernant « les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ?

Publié le par Felli Bernard

 les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ?
les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ?

Que faut-il comprendre de la proposition de M. de Mistura concernant « les zones de gel des combats » dans la ville d’Alep ?

Par Amin Hoteit

Mondialisation.ca, 14 novembre 2014

al-binaa.com

Région : Moyen-Orient et Afrique du Nord

Thème: Guerre USA OTAN

Analyses: SYRIE

Le 30 octobre dernier, l’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, M. Staffan De Mistura a proposé d’instaurer des zones de « gel des combats » à Alep. Sans donner plus de détails, il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un plan de paix mais d’un « plan d’action » [1] pour permettre la distribution de l’aide humanitaire dans cette ville devenue soudainement le centre d’attention de tous les faux amis de la Syrie, maintenant que l’Armée arabe syrienne est en passe de la nettoyer de leurs prétendus rebelles révolutionnaires fort pieux et modérés.

Erdogan menace de la récupérer au sein de son sultanat imaginaire ; Fabius veut la bombarder parce qu’il trouve qu’elle n’a pas subi suffisamment de destructions avant qu’elle ne « tombe » entre les mains des autorités syriennes légitimes ; Michel Kilo, le révolutionnaire surnommé « le Cheikh wahhabite » par les gens d’Alep, le rassure en jurant sur sa tête qu’elle ne tombera pas ; le Qatar, par la voix de « sa déléguée » auprès de l’ONU, appelle la Syrie à suivre son modèle de morale et de démocratie ; l’administration US cherche opposants modérés désespérément… Bref, la sollicitude des humanitaires va-t-en guerre pour cette ville massacrée depuis trois longues années est subitement quasi unanime, presque autant que pour la petite ville de Aïn al-Arab / Kobané.

En réponse, le délégué permanent de la Syrie auprès de l’ONU, M. Bachar al-Jaafari, a immédiatement rappelé qu’il suffirait de tenir compte des résolutions 2170 [2] et 2178 [3], adoptées à l’unanimité par le Conseil de sécurité, pour que le fléau de Daech et ses sœurs, qui s’est abattu sur tout le pays, disparaisse en quelques jours, tout en déclarant « nous étudierons les propositions de M. De Mistura lorsqu’il retournera à Damas pour s’en entretenir avec les responsables politiques et donnerons notre avis sur la question » [4].

M. De Mistura est retourné à Damas et voici le communiqué du 10 Novembre, 13H, de la Présidence de la République arabe syrienne [5] suite à sa rencontre avec le Président Bachar al-Assad :

« Le président Al-Assad, informé par M. de Mistura des principaux points et objectifs de son initiative consistant à geler les combats dans la ville d’Alep, a souligné l’importance de cette ville et le souci de l’État pour la sécurité des civils sur l’ensemble du territoire syrien. Il a considéré que cette initiative méritait d’être étudiée et d’essayer de travailler afin d’atteindre ses objectifs qui versent dans le retour de la paix à la ville d’Alep.

Il a aussi été convenu de l’importance de la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité 2170 – 2178 et de la conjugaison des efforts internationaux visant à lutter contre le terrorisme en Syrie et dans la région, un terrorisme qui constitue une menace pour le monde entier ».

Force est de constater que pratiquement tous les médias ont fait l’impasse sur le 2ème paragraphe de ce communiqué. [NdT].

Certains auront sans doute été surpris par l’initiative de M. de Mistura proposant un « gel local des combats » qui démarrerait dans une zone actuellement sous le feu des terroristes et, au cas où l’expérience serait réussie, s’appliquerait à d’autres zones, pour finalement aboutir à un environnement permettant d’initier le dialogue et d’entamer les négociations à la recherche d’une « solution politique » de la crise syrienne.

Une approche qui pose, en effet, nombre de questions quant à son contexte, son objectif et les conditions de son éventuel succès.

Mais avant de traiter de ces questions, nous devons rappeler que la notion de « gel local des combats » est une notion nouvelle qui n’a jamais été utilisée dans le cadre du droit international et des conflits armés. Par conséquent, elle ne peut être discutée, comprise et appliquée, que sur la base de ce qu’elle pourrait contenir comme concepts qui lui seraient obligatoirement liés.

À notre avis, les notions les plus proches en la matière sont « le cessez-le-feu » et la « trêve », mais M. De Mistura a évité d’user de l’une et de l’autre parce qu’il sait que le gouvernement syrien ne peut les accepter étant donné qu’elles touchent à la souveraineté de l’État et signifient la reconnaissance implicite des groupes terroristes.

En effet, en cas de cessez-le-feu ou de trêve, il faut définir « la ligne de cessez-le- feu » ainsi que les forces et les actes prohibés de part et d’autre de cette ligne, tout en veillant à ce que les deux parties restent sur leurs positions respectives et bénéficient de leur droit à s’approvisionner et à se renforcer pour les garder. Et bien sûr, l’État syrien ne pouvait accepter l’une ou l’autre de ces conditions qui reviendraient à renoncer à sa souveraineté sur son territoire, au profit des terroristes.

Voilà pourquoi M. De Mistura s’est bien gardé d’user de ces deux notions parfaitement comprises, pour en proposer une troisième inédite et dont les implications restent à définir.

Mais c’est bien parce que cette notion est « nouvelle » et que la Syrie se trouve aujourd’hui dans une situation plus confortable, suite à une série de succès sur le terrain depuis quelques mois et, aussi, parce qu’elle tient à la sécurité de ses citoyens ainsi qu’à la sauvegarde de leurs biens, qu’il est naturel qu’elle accepte de prendre en considération toute initiative qui porterait, en elle-même, l’espoir de sauver des vies et de rétablir la paix et la stabilité dans toutes les régions du pays.

D’où la réponse des autorités syriennes déclarant leur disposition de principe à étudier l’initiative de M. De Mistura ainsi que ses mécanismes d’application dans le respect des droits nationaux et dans le but d’accélérer le règlement d’une crise fabriquée à l’étranger et exécutée par des instruments locaux et régionaux, avec une incontestable participation internationale.

D’après ce qui a pu filtrer jusqu’ici, il semble que cette nouvelle notion de « gel local des combats » pourrait aller dans deux directions :

  • La première superposable à l’idée d’un « cessez-le-feu » qui ne dit pas son nom, ce qui revient à la situation décrite plus haut avec une ligne de cessez-le-feu reconnue par l’État syrien et par les organisations de terroristes armées ; ces dernières étant autorisées à se réapprovisionner et à se maintenir durant toute cette période sans que l’État syrien n’ait le droit d’intervenir contre leurs opérations logistiques.
  • La deuxième en rapport avec la déclaration de la Présidence de la République arabe syrienne lors de la visite de M. De Mistura à Damas et qui se fonde sur les résolutions 2170 et 2178 adoptées par le Conseil de sécurité, en vertu du Chapitre VII, afin de lutter contre le terrorisme en commençant par tarir ses sources.

Cette deuxième direction implique que l’État syrien et les terroristes cessent toute opération de combat dans la zone concernée par le « gel », mais aussi que cessent l’afflux des terroristes et toutes sortes d’approvisionnement qui leur sont destinés ; ce qui signifie la fermeture des frontières qu’ils continuent de traverser.

Ainsi, si un tel accord s’appliquait à « Alep », la Turquie se trouverait obligée de fermer tous les passages frontaliers empruntés aussi bien par les terroristes que par leurs fournitures logistiques, car la « communauté internationale » – comme aiment à le répéter l’Administration US – serait responsable de la mise en œuvre de la résolution contraignante, puisqu’adoptée en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Sinon, nous aurions affaire avec une énième arnaque concoctée dans l’intérêt des terroristes.

Nous pensons qu’il ya une énorme différence entre les deux directions quant à leur contenu et à leurs conséquences :

  • La première dissimulerait l’intention d’empêcher l’Armée arabe syrienne de récupérer « les quartiers » d’Alep qui restent aux mains des groupes armés et donnerait aux terroristes l’opportunité de se réorganiser, de se renforcer et de se réarmer en vue de la prochaine bataille.
  • La deuxième permettrait à l’État syrien de récupérer les zones envahies par les terroristes par étapes successives : arrêt des combats et des destructions, tarissement de toutes sortes de soutien aux terroristes, suivi de leur sortie des territoires envahis en association avec la solution politique globale.

Cette deuxième direction pourrait porter à croire que l’initiative de M. De Mistura est venue ouvrir le débat en vue d’une solution pacifique. Néanmoins, il faudrait commencer par définir ce nouveau concept de « gel des combats » à l’échelon international. Ce n’est qu’à la lumière de cette définition que nous pourrons juger des possibilités de son succès ou de son échec.

Quoi qu’il en soit, la Syrie a eu affaire à de multiples manœuvres, certaines beaucoup plus complexes que l’initiative actuelle et qui ont échoué grâce à son professionnalisme diplomatique et politique ainsi qu’au soutien d’une force militaire compétente. Elle ne sera donc pas impuissante aujourd’hui pour désamorcer une nouvelle mine placée sur sa route, d’autant plus qu’elle est actuellement dans une meilleure situation militaire qu’au tout début de l’agression. De plus, cette initiative internationale n’aurait pas été formulée de la sorte, si la balance ne penchait pas de son côté. Ce sont ses performances diplomatiques et sur le terrain qui ont amené « les autres » à revenir vers une solution pacifique, que « le gel des combats » soit local ou au-delà.

Par conséquent, personne ne devrait imaginer que la Syrie gaspillerait dans des négociations et des pourparlers ce qu’elle a récolté sur le terrain et par des moyens militaires

Dr Amin Hoteit

13/11/2014

Source : Al-Binaa

http://al-binaa.com/albinaa/?article=20407

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Notes :

[1] Transcript – Press Stakeout: UN Special Envoy for Syria, Mr. Staffan De Mistura, New York, 30 October 2014

http://reliefweb.int/report/syrian-arab-republic/transcript-press-stakeout-un-special-envoy-syria-mr-staffan-de-mistura

[2] Résolution 2170 (2014) – Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7242ème séance, le 15 août 2014

http://www.refworld.org/cgibin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&docid=53f72d784

[3] Résolution 2178 (2014) – Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7272ème séance, le 24 septembre 2014

http://www.refworld.org/cgibin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&docid=542a8fd04

[4] Le fléau Daech en Syrie et en Irak – Quelque chose ne tourne pas rond au sein de l’ONU !

http://www.mondialisation.ca/le-fleau-daech-en-syrie-et-en-irak-quelque-chose-ne-tourne-pas-rond-au-sein-de-lonu/5411509

[5] Présidence de la République arabe syrienne -10 Novembre 13H

https://www.facebook.com/SyrianPresidency?hc_location=timeline

Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, Général de brigade à la retraite, et Professeur à la faculté de Droit de Beyrouth.

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Vatican : encore une provocation des Femen place...

Publié le par bernard felli

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Vatican : encore une provocation des Femen place Saint-Pierre
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Vatican : encore une provocation des Femen place Saint-Pierre

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Singeries de pucelles
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AccueilBrèves ⁄ Vatican : encore une provocation des Femen place Saint-Pierre

Vatican : encore une provocation des Femen place Saint-Pierre

Le 14 11 2014 avec 11 Commentaires

Voilà longtemps qu’on n’avait pas entendu parler des Femen… Vous dire que cela me manquait, serait un peu exagéré. Toutefois, on n’a pas vu ces “féministes” manifester devant l’ambassade su Pakistan leur soutien à Asia Bibi, une maman chrétienne condamnée à mort pour “blasphème”, ou leur colère pour la jeune chrétienne Shama Bibi, 24 ans et enceinte d’un enfant, humiliée, violée, battue et jetée vivante dans le four d’une briqueterie. On ne les a pas davantage rencontrées devant l’ambassade du Soudan pour protester contre la condamnation à mort pour apostasie de la chrétienne Meriam Yahia Ibrahim. Comme c’est curieux pour des ardentes “féministes”… Non, comme leur fond de commerce c’est l’antichristianisme, elles sont allées s’exhiber ce matin place Saint-Pierre au Vatican !

Trois Femen ont manifesté brièvement vendredi en fin de matinée devant le Vatican pour protester contre la visite que le pape François effectuera le 25 novembre au Parlement européen à Strasbourg, a constaté un photographe de l’AFP. Les militantes entendaient dénoncer, seins nus, la visite du pape comme étant une « attaque à la sécularisation » en Europe. « Pope is not a politician » (le pape n’est pas un homme politique) avait écrit l’une d’entre-elles sur sa poitrine. Les deux autres avaient inscrit sur leur dos « Keep It Inside » (gardez-le dedans) [le “It” est un crucifix…], et se tenaient penchées en avant, une croix posée de manière volontairement provocatrice [“obscène” eût été plus approprié…] sur [entre…] les fesses. La police a, comme d’habitude, réagi très rapidement et a interpellé les trois femmes en les couvrant.

Source : Le Matin (14 novembre)

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Interview du président Poutine à l'agence...

Publié le par Bernard Felli

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Interview du président Poutine à l'agence d'information russe TASS
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Interview du président Poutine à l'agence d'information russe TASS

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iNTERVIEW / V.POUTINE
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Hier, 14:53

Interview du président Poutine à l'agence d'information russe TASS

© Photo: RIA Novosti/Michael Klimentiev

Par La Voix de la Russie | Le sommet du G20 entame ses travaux samedi à Brisbane. A la veille de son départ pour l'Australie, Vladimir Poutine a accordé une interview à l'agence TASS, dont nous publions le texte intégral.

Question : Vous allez à un nouveau sommet du G20. Combien demandé et actuel est le formamt du G20 ? Est-il logique que les pays du G20, tout en cherchant à coopérer et à développer l'économie mondiale, imposent des sanctions à l'un de leurs membres ?

Vladimir Poutine : Le format, est-il demandé ou non ? Je pense qu'il est demandé. Pourquoi ? Parce que le G20 est un forum qui permet de se rencontrer, de discuter aussi bien des relations bilatérales que de problèmes globaux, un forum où l'on peut mettre au point une prise de position commune sur un problème et la façon de le résoudre, indiquer la voie du travail commun. C'est là l'essentiel, parce qu'il est absolument irréel de croire que tout dont on y parle sera exécuté, car les décisions mêmes ne sont pas contraignantes. En plus elles ne sont pas exécutées en partie. Elles ne sont pas exécutées là où cela est manifestement contraire aux intérêts de certains pays, notamment aux intérêts des acteurs mondiaux. Ainsi un sommet du G20 a adopté la décision sur le renforcement du rôle des économies en développement dans l'activité du FMI et sur la redistribution des quotas. Le Congrès des Etats-Unis a bloqué cette décision. Nos partenaires des négociations nous disent qu'ils voudraient bien que la décision adoptée soit appliquée, mais le Congrès l'interdit. En voilà la valeur des décisions du G20.

Néanmoins le fait que la décision ait été formulée et que tous les participants à la vie internationale dans le cadre du G20 l'aient trouvée correcte, juste et conforme aux réalités modèle d'une certaine façon l'opinion publique internationale et la mentalité des experts et oblige à en tenir compte. Le fait que le Congrès des Etats-Unis ait rejeté cette loi indique que ce sont les Etats-Unis qui ne s'inscrivent pas dans le contexte général de la solution des problèmes auxquels est confrontée la communauté mondiale. Hélas, personne ne s'en souvient. On fait taire cette information bénéficiant du monopole des médias mondiaux, comme s'il n'existait pas.

Tous parlent des problèmes d'actualité, les sanctions et la Russie comprises, mais sur le plan global les Etats-Unis n'exécutent pas les décisions. C'est un problème fondamental.

Mais cela ne veut pas dire que le format est inutile. J'ai déjà dit pourquoi. Il est d'une certaine utilité.

Question : Peut-être faut-il rendre ces décisions exécutoires ?

Vladimir Poutine : C'est impossible. Il n'y a pas de tels exemples dans la pratique internationale. Sauf les décisions du Conseil de sécurité dans le domaine de la sécurité internationale. Mais ce mécanisme a été élaboré dans les conditions difficiles d'une guerre meurtrière, de la Seconde guerre mondiale. Il est tout à fait irréel d'imaginer à l'heure actuelle la mise au point de nouveaux mécanismes garantissant l'exécution des décisions, d'autant plus dans le domaine économique. Mais je tiens à répéter que de toute façon cela revêt un caractère politico-économique moral, ce qui est déjà bon.

En ce qui concerne les sanctions imposées à la Russie par quelques-uns des pays du G20, c'est, certes, contraire au principe même de l'activité du G20. Plus encore, c'est contraire non seulement à l'activité du G20 et à ses principes, mais aussi au droit international, parce que les sanctions peuvent être introduites dans le cadre des Nations Unies et de leur Conseil de sécurité. C'est même contraire aux principes de l'OMC et de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, le GATT. A l'époque les Etats-Unis ont créé cette organisation et à présent ils violent grossièrement ces principes. Il va de soi que cela nous cause un certain préjudice, mais c'est aussi préjudiciable pour eux parce qu'au fond cela sape l'ensemble du système des relations économiques internationales. Je pars du fait qu'en fin de compte cela sera compris et cela restera dans le passé. Je l'espère bien.

Question : Avez-vous l'intention de soulever cette question pendant le sommet ? S'il en est question, qu'en direz-vous ?

Vladimir Poutine : S'il en est question, j'en parlerai certes. Mais moi-même je n'ai pas l'intention d'évoquer ces questions : je pense que c'est inutile. Tous comprennent ce qu'ils font, ceux qui introduisent ces sanctions le comprennent aussi. A quoi bon y prêter attention et demander quelque chose ? C'est inutile. Chez eux, les décisions de ce genre sont adoptés au niveau de bloc, au niveau national, en fonction de l'interprétation par nos partenaires de leurs intérêts géopolitiques. Je pense que c'est une erreur, même du point de vue de leurs intérêts géopolitiques.

A notre regret, le monde moderne vit dans le contexte d'une planification à très court terme, surtout dans le domaine de la politique et de la sécurité. La planification se fait pour une période entre deux élections. C'est très court et cela ne permet pas de voir une perspective lointaine. Cela ne va pas. J'espère que nous en parleront. Tout récemment, pendant le sommet de l'APCE nous avons débattu pratiquement avec tous les participants de tous les problèmes internationaux et bilatéraux, tout comme des sanctions que vous venez d'évoquer.

Question : A l'heure actuelle il y a un certain équilibre des forces au sein du G20 : d'une part le G7 et, de l'autre, les BRICS et certains autres Etats qui s'y sont joints. Vous venez de dire que chacun fait valoir ses propres intérêts. Dans cette optique quelle est votre idée de cet équilibre des forces : est-ce une discussion qui fait naître la vérité ou un face-à-face entre deux blocs ?

Vladimir Poutine : D'abord, je trouve que ce serait mal de recommencer à créer des blocs. Ce n'est pas constructif, c'est nuisible pour l'économie mondiale. Nous parlons à présent de l'économie, n'est-ce pas ?

Question : De l'économie dans laquelle la politique s'ingère toujours davantage.

Vladimir Poutine : C'est vrai. Quand même le G20 est en tout premier lieu un forum économique. Je propose de déplacer le centre de gravité de notre entretien dans ce domaine. Je voudrais attirer l'attention sur le problème suivant. J'ai déjà évoqué l'OMC qui avait formulé des règles du jeu. Un mécanisme comme le FMI a été créé. Des débats sont menés sur le perfectionnement des mécanismes financiers internationaux et sur le perfectionnement des rapports commerciaux. Vous savez que le cycle de Doha de négociations sous l’égide de l’OMC se trouve pratiquement dans une impasse. Pourquoi ? En raison de la différence d'approche et de la différence d’intérêts entre les économies émergentes et les économies développées. Nous voyons apparaître un déséquilibre dans le domaine des capitaux, d’une part, et un déséquilibre dans la circulation des marchandises, d’autre part. Les économies développées disposent de quantités assez importantes de capitaux libres et le problème est de placer ces capitaux de manière efficace, fiable et sûre dans les économies et régions du monde qui garantiront la stabilité, protègeront la propriété et génèreront des bénéfices en apportant des recettes aux économies développées. Ainsi, ils exportent des capitaux, alors que les pays émergents forment les flux commerciaux. Les uns veulent être sûrs que leurs capitaux seront placés avec fiabilité. Les autres, les receveurs de ces capitaux, veulent être sûrs que les règles du jeu ne changeront pas selon la volonté de ceux qui exportent leurs capitaux, notamment pour des raisons politiques.

Tout le monde doit comprendre que l’économie mondiale et le secteur des finances sont en dépendance exclusive l’un vis-à-vis de l’autre. Prenons notre cas. Admettons que nos partenaires ont limité l'accès des marchés financiers internationaux à nos institutions financières. En bénéficiant des capitaux provenant des marchés financiers internationaux, nos institutions financières financent nos sociétés qui achètent des produits finis dans les économies développées ce qui y garantit l'emploi, les prestations sociales et la croissance économique. Si nous ne le faisons pas, il y aura des perturbations. Ce sont des choses sous-jacentes, on ne les voit peut-être pas à la surface.

Notre travail conjoint garantit à l'Allemagne 300 000 emplois. Ce sera fini s'il n'y a pas de commandes. Ils se réorienteront évidemment sur quelque chose, mais il faut d'abord comprendre sur quoi, ce qui n'est pas si facile.

C'est pourquoi il faut affronter tous les problèmes et toutes les difficultés, qui sont d'ailleurs nombreuses, en commun. Si nous empruntons une autre voie... Prenons les Etats-Unis. A l'heure actuelle ils parlent de la création de deux alliances : trans-atlantique et trans-pacifique. Si ce sont deux groupes fermés, cela conduira en fin de compte à l'aggravation des déséquilibres dans l'économie mondiale, au lieu de leur élimination. Nous voulons certes que ces déséquilibres n'existent pas, que nous travaillons ensemble. Et c'est seulement en commun que ces questions peuvent être réglées.

Il y a 20, 30 ou 50 ans la situation était différente. Pourquoi dis-je avec tant d'assurance que les problèmes ne peuvent être résolus efficacement qu'en commun ? En termes de capacité d'achat, le PIB cumulé des pays du BRICS est déjà supérieur à celui du G7 : il est, si je me souviens bien, de 37 400 milliards de dollars chez les BRICS contre 34500 milliards du G7. Si quelqu'un dit : « Nous allons tout faire séparément à notre guise et vous, vous faites comme cela vous plaise », cela ne fera qu'à accentuer les déséquilibres. Si nous voulons résoudre un problème, il faut le faire ensemble.

Question : A l'heure actuelle on parle de l'apparition d'un nouveau grand G7, à savoir les BRICS, l'Indonésie, la Turquie et le Mexique. Quel est, à votre avis, son avenir ?

Vladimir Poutine : J'ai déjà dit : i l faut décider ensemble. Parce que tout est interdépendant dans le monde moderne et si l’on décide de créer une structure régionale – comme nous créons la structure régionale, l'Union économique eurasienne, avec la Biélorussie et le Kazakhstan –, c’est uniquement en complément des instruments globaux existants qui doivent fonctionner selon ces règles globales.

Question : Vous avez parlé des déséquilibres dans l'économie mondiale. Le FMI en parle aussi : il prévoit l'apparition possible de nouvelles « bulles de savon ». L'économie russe est-elle prête à affronter une nouvelle vague de crise ?

Vladimir Poutine : Elle y est prête. Nous réfléchissons à tous les scénarios, une baisse catastrophique des prix des vecteurs d'énergie compris. Cela est tout à fait possible et nous l'admettons. Les ministères de l'Economie et des Finances, le gouvernement dans son ensemble, font des calculs concernant l'évolution de l'économie d'après chacun de ces scénarios.

Voyons les déséquilibres entre le capital et les marchandises, dont j'ai parlé. Quand ils apparaissent, notamment pour des raisons politiques, quand ils s'aggravent, les pays, émergeants surtout, se retrouvent dans une situation très difficile. C'est plus facile pour un pays comme le nôtre. Pourquoi ? Nous sommes un pays pétrogazier, nous ménageons nous réserves : aussi bien les réserves de change que les réserves du gouvernement. Elles sont suffisamment importantes ce qui nous permet d'être sûrs de pouvoir honorer tous nos engagements sociaux et de ne pas franchir certaines limites dans les processus budgétaires et dans l'économie dans son ensemble. Les pays qui n'en disposent pas auront du mal à y faire face. Mais je tiens à répéter que j'espère que nous aurons un débat général et que nous adopterons une décision commune sur le changement de la situation et l'élimination des déséquilibres en question.

Question : Vous venez de mentionner les réserves budgétaires, qui ont permis de surmonter la crise de 2008-2009. Aujourd'hui, ne pensez-vous pas qu'il soit à nouveau temps de débloquer ces fonds pour relancer l'économie?

Poutine : Non. En fait, nous étions déjà prêts à les débloquer avant tous les phénomènes négatifs actuels comme les fluctuations du rouble ou la chute du cours du pétrole - nous évoquions l'éventualité d'utiliser l'argent du Fonds du bien-être national. On en parle depuis longtemps. Le sujet a été soulevé il y a deux ans déjà. Dans des situations comme celle de l'économie mondiale aujourd'hui, et de la nôtre aussi, cela se passe toujours de la manière suivante: si les fonds sont dépensés, c'est fait sur plusieurs axes. L'un d'eux est le développement de l'infrastructure. C'est à cet effet qu'on comptait dépenser l'argent du Fonds du bien-être national: il est question d'un périphérique supplémentaire autour de Moscou, du rejointoiement des passages à niveau, de la construction et de l'extension de la circulation des marchandises vers l'Est - je veux parler du Transsibérien et de la BAM (Magistrale Baïkal-Amour) -, du TGV, du développement de l'infrastructure des ports et des aéroports. Tout cela figurait déjà dans nos plans antérieurs et dans la conjoncture actuelle, qui se détériore, c'est précisément ce que nous allons faire. Mais cela ne signifie certainement pas que nous devons gaspiller inconsidérément ces réserves pour régler les affaires courantes, sans attendre un retour économique approprié. Nous ne le ferons pas.

Question : On parle bien de réformes structurelles pour lesquelles on manque toujours d'argent et de temps.

Poutine : Les réformes structurelles ne demandent pas tant d'argent que ça. Elles nécessitent simplement une volonté politique et certaines décisions administratives, cela concerne aussi bien l'économie que les prestations sociales.

Question : Avant de revenir à l'infrastructure, je voudrais terminer avec le Fonds du bien-être national: que pensez-vous de la demande formulée par Rosneft de lui allouer de l'argent du fonds?

Poutine : Je dirais aux responsables de Rosneft que moi aussi, je demanderais de l'argent. Qui ne le fait pas? Tout le monde tente sa chance et espère en obtenir. L'exécutif – je le sais, nous avons parlé à ce sujet avec le gouvernement et la direction de Rosneft – prendra des décisions uniquement en fonction des besoins de la compagnie qui nous est, bien évidemment, précieuse. Nous l'aiderons, bien sûr, mais en fonction de sa gestion, de ses intentions d'investir cet argent et du retour pour toute l'économie nationale en cas d'investissement. Ce sera une estimation réelle. Et je n'exclus pas que Rosneft puisse bénéficier de certaines ressources, mais il faut bien analyser combien, dans quels délais et à quelles conditions. Nous n'allons pas nous presser.

Question : Comme aucune décision n'a été prise pour le moment, peut-on en déduire que le gouvernement n'est pas encore convaincu?

Poutine : Vous savez en ce moment, par exemple au cours de ma visite en Chine, Rosneft s'entend avec nos amis chinois pour qu'une grande compagnie chinoise obtienne 10% des actifs du champ de Vankor. Sachant que les Chinois y obtiendront des sièges au conseil d'administration. Mais on s'entend également pour que le commerce du pétrole exploité à cet endroit - et les réserves sont importantes - soit effectué en yuans. Dans ces conditions, nos partenaires chinois seront prêts à créditer et financer certaines transactions. Deuxièmement, nous échappons au diktat du marché qui libelle tous les flux commerciaux pétroliers en dollars, et nous étendons nos capacités d'utilisation des monnaies nationales, le rouble et le yuan. Troisièmement, cela stabilise davantage la situation financière de la compagnie.

Nous avons récemment vérifié l'état financier de Rosneft: il n'y a tout simplement aucun problème. Je le répète: s'ils ont besoin de fonds supplémentaires, ils doivent prouver qu'en obtenant cet argent ils viseront des objectifs concrets et devront montrer quel sera le retour non seulement pour la compagnie, mais également pour toute l'économie russe.

Question : L'une des propositions de la présidence australienne du G20 concerne la création d'un centre d'investissements dans l'infrastructure. Est-ce un point positif pour la Russie, qui a déjà fait des projets d'infrastructure une priorité? Ou aucune concertation avec notre travail ne sera engagée à cause des sanctions qui frappent la Russie?

Poutine : Il n'y a rien à discuter ni à convenir avec qui que ce soit. Cela montre tout simplement, et il est difficile de contredire la présidence australienne là-dessus, que nous sommes sur la bonne voie, que nous agissons absolument dans ce qu'on appelle le mainstream; que la communauté internationale, économique en l'occurrence, a la même position vis-à-vis des actes des gouvernements dans la situation actuelle de l'économie mondiale et confirme que nous avons raison. C'est toujours agréable et utile.

Question : Pour la Russie, le G20 sera-t-il davantage une aide ou une simple tribune pour partager sa propre expérience?

Poutine : Je pense qu'il s'agit plutôt d'une tribune pour échanger son expérience. Et pour préparer les cadres, ce qui est une bonne chose. Tout le reste est la continuation, dans une certaine mesure, de nos propositions formulées au G20 de Saint-Pétersbourg.

Question : Certains projets d'infrastructure que vous avez énumérés pour la Russie se réalisent, d'autres sont reportés comme le pont sur la Lena à Iakoutsk ou le port de Taman. Ces projets ont-ils un avenir, est-il prévisible ou encore flou?

Poutine : C'est moins une question de visibilité que d'utilité, vous savez. Faut-il construire un pont à Iakoutsk? Oui. Iakoutsk compte 300 000 habitants. Bien sûr, on voudrait que ces gens aient un pont pour se déplacer tranquillement. Et la voie ferrée arrivera directement dans la ville.

Le voudrait-on? Bien sûr. Personnellement, j'aime beaucoup la région de Iakoutie. Les gens sont merveilleux. Et la république est très riche en ressources. Il faut la développer. Mais quand on en parle avec les collègues, ils disent: il ne s'agit pas seulement d'une ville de 300 000 habitants, le pont est nécessaire pour construire une route jusqu'à certains gisements, pour rendre ce projet non seulement social, ce qui est important, mais aussi économiquement justifié et utile. Et ensuite l'avancer pour approvisionner les régions du nord et atteindre certains gisements. Tout cela doit être calculé. C'est uniquement une question d'étude professionnelle approfondie. Et dans l'ensemble, c'est la bonne direction.

Quant à Taman, c'est la même chose: il faut voir l'ensemble des problèmes liés à l'infrastructure portuaire, y compris les investissements privés. Un port moderne y est en cours de construction depuis quelques années par une compagnie privée avec une participation étrangère. Et le partenaire étranger y investit des milliards. Nous devons suivre attentivement ce projet. Allons-nous créer une concurrence? Quels sont les quantités de fret? Est-ce que ces quantités suffisent aujourd'hui pour remplir les deux ports? L'infrastructure ferroviaire sera-t-elle suffisante pour les desservir? Et où est aujourd'hui, à ce moment précis, l'argent pour développer cette infrastructure de manière à desservir les deux sites (sachant que nous devons encore construire un pont en Crimée)? Ce n'est pas faute de volonté. Simplement, tout doit être évalué intelligemment, de manière cohérente et très professionnelle.

Question : Pour revenir au G20. Les sommets, que ce soit le G20, l'APEC ou auparavant le G8, étaient également pour vous l'opportunité de communiquer avec vos collègues en tête-à-tête. Et le sommet qui vient de se dérouler à Pékin était votre premier voyage à l'étranger depuis l'allocution au club Valdaï, un grand discours sur la sécurité globale et l'ordre mondial. Les partenaires occidentaux ont-ils réagi à votre intervention?

Poutine : Non, le club Valdaï est une discussion avec des experts, c'est une sorte de libre débat. Comme cela doit toujours être le cas dans les tribunes de ce genre, la discussion doit être assez active pour donner le ton du débat, voire provoquer les interlocuteurs pour qu'ils s'ouvrent, montrent leur point de vue, cherchent ensemble une solution aux problèmes au niveau d'experts. Quand nous nous réunissons avec les collègues, on évoque davantage les questions pragmatiques.

Question : Autrement dit, vous n'avez pas noté de changement dans leur position?

Poutine : Non, rien n'arrive si vite. Si quelqu'un a voulu entendre ce que je disais, il faut de toute façon un certain temps pour que tout cela soit analysé par les organismes administratifs, gouvernementaux et présidentiels. En parler d'abord au niveau des conseillers et des experts, puis organiser des discussions sans les bruits et sifflements artistiques qui accompagnent généralement les espaces comme Valdaï, mais discuter dans le calme des bureaux avec franchise.

Ces espaces de discussions sont bénéfiques parce qu'on peut parler franchement. Et ensuite, à un autre niveau, comme je l'ai déjà dit, il faut revenir à ces sujets pour en parler tranquillement à huis clos. Cela demande du temps.

Question : Comptez-vous vous entretenir, au sommet du G20, avec quelqu'un en particulier?

Poutine : Oui, nous avons des entretiens prévus avec la chancelière allemande et bien d'autres réunions.

Question : Les observateurs constatent que vos relations avec Angela Merkel sont devenues plus tendues et moins conviviales ces derniers temps. L'avez-vous remarqué?

Poutine : Non, je ne l'ai pas remarqué. Vous savez, nous sommes guidés par les intérêts, et non par des sympathies ou des antipathies personnelles.

Question : Avant, étiez-vous toujours guidé par ces mêmes intérêts?

Poutine : Pas avant, toujours. Et elle est également guidée par les intérêts de son propre pays. Comme tout autre chef d’État ou de gouvernement. Par conséquent, je ne vois aucun changement significatif dans la nature de nos relations.

Russie, Vladimir Poutine, interview, sanctions, Politique
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e: http://french.ruvr.ru/2014_11_14/Interview-du-president-Poutine-a-lagence-dinformation-russe-TASS-5135/

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Publié le par bernard felli

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