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Les Kagan sont de retour, des guerres vont suivre

Publié le par Felli Bernard

Les Kagan sont de retour, des guerres vont suivre


Par Robert Parry – Le 19 mars 2017 – Source Strategic Culture

Victoria Nuland, l’ancienne secrétaire d’Etat adjointe pour les affaires européennes qui a poussé au coup d’Etat en Ukraine et aidé à choisir les dirigeants post-coup d’Etat. (Elle est la femme du théoricien néocon Robert Kagan.)

La famille Kagan, l’aristocratie néoconservatrice de l’Amérique, a resurgi après avoir surmonté la déception de n’avoir pas regagné l’influence qu’elle attendait de l’élection de Hillary Clinton et la perte de son pouvoir officiel au début de la présidence de Trump.

Pontifiant sur d’éminentes pages d’opinion, la famille Kagan pousse maintenant à une invasion américaine intensifiée de la Syrie et attaque les Républicains pour ne pas se joindre avec plus d’enthousiasme à la chasse aux sorcières anti-russe à propos de la prétendue aide de Moscou à l’élection de Donald Trump.

Dans une tribune libre parue le 7 mars dernier dans le Washington Post, Robert Kagan, cofondateur du Project for the New American Century (Projet pour le nouveau siècle américain) et architecte majeur de la guerre d’Irak, a attaqué les Républicains pour servir de « complices après coup de la Russie » en n’enquêtant pas plus agressivement.

Ensuite, Frederick Kagan, directeur du Critical Threats Project (Projet pour les menaces critiques) à l’Institut de l’entreprise américaine (néocon), et son épouse, Kimberly Kagan, présidente de son propre think tank, l’Institut pour l’étude de la guerre, a vendu l’idée d’une invasion américaine plus importante de la Syrie dans une tribune libre parue le 15 mars dernier dans le Wall Street Journal.

Pourtant, même si les Kagan gardent leur position dans le monde des think tanks du Washington officiel et dans la publication de tribunes libres, ils restent pour l’essentiel extérieurs aux nouveaux centres de pouvoir de l’ère Trump, bien qu’ils semblent avoir détecté une porte ouverte de force.

Il y a un an, leurs perspectives semblaient beaucoup plus brillantes. Ils pouvaient choisir parmi un grand nombre de candidats républicains d’orientation néocon à la présidence ou – comme Robert Kagan – ils pouvaient soutenir la candidate démocrate de l’establishment, Hillary Clinton, dont l’« interventionnisme libéral » correspondait exactement au néoconservatisme, n’en différant que légèrement dans les rationalisations utilisées pour justifier guerres et encore plus de guerres.

L’ancienne secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires européennes, Victoria Nuland, a plaidé pour le coup d’État ukrainien et a aidé à choisir les dirigeants de l’après-coup. (Elle est l’épouse du théoricien du néocentre Robert Kagan.)

Il y avait aussi l’espoir qu’une présidence Hillary Clinton reconnaîtrait combien sympathiques étaient les faucons libéraux et les néocons en faisant passer l’épouse néocon de Robert Kagan, Victoria Nuland, de secrétaire d’État adjointe aux affaires européennes à secrétaire d’État.

Ensuite, il y aurait un puissant élan pour accroître l’intervention militaire américaine en Syrie et faire mousser la Nouvelle Guerre froide avec la Russie, remettant à l’ordre du jour un « regime change »  pour ces deux pays. Ainsi, au début de l’année dernière, les possibilités semblaient infinies pour la famille Kagan de bander leurs muscles et de se faire un tas d’argent.

Une entreprise familiale

Comme je l’ai noté il y a deux ans dans un article intitulé A Family Business of Perpetual War (Le business-modèle familial de la guerre éternelle), « L’expert néoconservateur Robert Kagan et sa femme, la secrétaire d’État ajointe Victoria Nuland, dirigent une entreprise familiale remarquable : elle a provoqué une guerre chaude en Ukraine et aidé à déclencher la Nouvelle Guerre froide avec la Russie et lui intervient pour demander que le Congrès augmente les dépenses militaires afin que l’Amérique puisse faire face aux nouvelles menaces à sa sécurité. »

L’éminent intellectuel néocon Robert Kagan (Crédit photo Mariusz Kubik – http://www.mariuszkubik.pl)

 « Cet extraordinaire duo mari et femme fait quasiment d’une pierre deux coups pour le complexe militaro-industriel, une équipe interne-externe qui crée le besoin de plus de dépenses militaires, exerce des pressions politiques pour assurer des crédits plus élevés et s’assure que les fabricants d’armes reconnaissants prodiguent des subventions généreuses aux groupes de réflexion bellicistes partageant la même opinion qu’eux à Washington.

Non seulement la communauté plus large des néoconservateurs en bénéficie, mais d’autres membres du clan Kagan aussi, y compris le frère de Robert, Frederick, qui émarge à l’American Enterprise Institute, et sa femme Kimberly, qui dirige sa propre affaire, l’Institute for the Study of War. »

Mais les choses ne se sont pas tout à fait passées comme les Kagan l’avaient prévu. Les Républicains néocons ont trébuché sur les primaires du GOP [le « grand vieux parti », le Parti républicain, NdT], perdant en faveur de Donald Trump, et ensuite – après que Hillary Clinton eut jeté dehors le sénateur Bernie Sanders pour revendiquer l’investiture démocrate – elle a perdu l’élection générale devant Trump.

Après sa victoire surprise, Trump – malgré tous ses nombreux défauts – a reconnu que les néocons n’étaient pas ses amis et surtout, il les a laissés dehors dans le froid. Nuland a non seulement perdu son poste politique de secrétaire d’État adjointe, mais a aussi démissionné du Service des Affaires Étrangères.

Avec Trump à la Maison Blanche, le milieu de la politique étrangère dominé par les néocons du Washington officiel en a pris un coup, mais il est loin d’être éliminé. Les néocons se sont fait lancer une bouée de sauvetage par les Démocrates et les libéraux, qui détestent tellement Trump qu’ils ont été heureux de relever l’étendard tombé à terre de Nuland et de la Nouvelle Guerre froide avec la Russie. Dans le cadre d’un plan douteux pour chasser Trump, les Démocrates et les libéraux ont exagéré les accusations sans preuve que la Russie avait comploté avec l’équipe de Trump pour truquer les élections américaines.

Le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman a parlé pour une bonne partie de ce groupe lorsqu’il a comparé la prétendue « intrusion » de la Russie au bombardement japonais de Pearl Harbor et aux attentats terroristes du 9/11 par al-Qaïda.

Dans l’émission Morning Joe de MSNBC, Friedman a demandé que les allégations de hacking de la Russie soient traitées comme un casus belli : « C’est un événement de la dimension du 9/11. Ils ont attaqué le cœur de notre démocratie. C’était un événement à l’échelle de Pearl Harbour. » Tant Pearl Harbour que le 9/11 ont conduit à des guerres.

Ainsi, avec de nombreux libéraux aveuglés par leur haine de Trump, la voie était ouverte aux néocons pour se réaffirmer.

Provoquer les Républicains

Robert Kagan a pris la très réputée page de libre opinion du Washington Post pour provoquer des Républicains importants tels que Devin Nunes, président de la Commission du renseignement, qui était en photo au dessus de l’article et du titre du journal, L’ingérence de la Russie.

Le général Petraeus posant devant le Capitole avec Kimberley Kagan, fondatrice et présidente de l’Institut pour l’étude de la guerre. (Photo: ISW’s 2011 Annual Report)

Kagan écrit : « Il aurait été impossible d’imaginer, il y a un an, que les dirigeants du Parti républicain serviraient de fait de facilitateurs à l’ingérence russe dans le système politique de ce pays. Pourtant, étonnamment, c’est le rôle que joue le Parti républicain. »

Kagan reprend ensuite l’opinion commune du Washington officiel, qui a accepté sans scepticisme les affirmations des chefs du renseignement sortants de la présidence Obama, selon lesquelles la Russie avait « hacké » des e-mails démocrates et les avait diffusés via WikiLeaks pour nuire à la campagne de Clinton.

Bien que les responsables du renseignement d’Obama n’aient apporté aucune preuve vérifiable pour étayer leurs affirmations – et que WikiLeaks nie avoir obtenu les deux séries d’e-mails des Russes – celles-ci sont largement acceptées par le Washington officiel, comme raisons pour discréditer Trump et éventuellement chercher à le faire renoncer à son mandat.

Ignorant le conflit d’intérêt des personnes nommées par Obama, Kagan a jugé qu’« étant donné la signification de cette découverte particulière [sur l’ingérence russe], la preuve doit être convaincante » et a justifié « une enquête sérieuse, large et ouverte ».

Mais Kagan a aussi dû reconnaître le potentiel pour les néocons de se frayer un chemin vers le pouvoir derrière l’écran de fumée d’une Nouvelle Guerre froide avec la Russie.

Il a déclaré :

« La question la plus importante concerne la capacité de la Russie à manipuler les élections américaines. Ce n’est pas un problème politique. C’est un problème de sécurité nationale. Si le gouvernement russe a interféré dans le processus électoral aux États-Unis l’an dernier, il a la capacité de le faire dans toutes les élections à venir. C’est une arme puissante et dangereuse, plus dangereuse que des navires de guerre, des chars ou des bombardiers.

Ni la Russie ni aucun adversaire potentiel n’a le pouvoir de porter atteinte au système politique américain avec des armes de guerre. Mais en créant des doutes sur la validité, l’intégrité et la fiabilité des élections américaines, il peut ébranler ce système jusque dans ses fondations. »

Une réalité différente

Si alarmiste qu’ait été la tribune libre de Kagan, la réalité est très différente. Même si les Russes avaient hacké les e-mails démocrates et passé d’une manière ou d’une autre l’information à WikiLeaks – un argument non fondé et contesté – ces deux vagues de divulgation d’e-mails n’ont pas été si importantes pour le résultat de l’élection.

L’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton et le sénateur Bernie Sanders. (NBC photo)

Hillary Clinton a accusé le directeur du FBI James Comey de sa défaite surprise, pour avoir brièvement réouvert l’enquête sur son utilisation d’un serveur privé pour ses e-mails, alors qu’elle était secrétaire d’État.

En outre, de toute évidence, les e-mails diffusés par WikiLeaks étaient réels et révélaient des actes répréhensibles commis par des Démocrates de premier plan comme le Comité national démocrate, infléchissant les primaires contre le sénateur Bernie Sanders en faveur de Clinton. Les e-mails du directeur de campagne de Clinton, John Podesta, ont révélé le contenu des conférences payées de Clinton à Wall Street, qu’elle essayait de cacher aux électeurs, ainsi que certains dispositifs de pay-to-play (payer pour jouer) de la Fondation Clinton.

En d’autres termes, les communiqués de WikiLeaks ont aidé à informer les électeurs américains sur les abus commis dans le processus démocratique étasunien. Les e-mails n’étaient pas de la « désinformation » ou des « fausses nouvelles ». C’était de vraies informations.

Une révélation semblable s’est produite avant l’élection et cette semaine, lorsque quelqu’un a fait fuiter des détails sur les déclarations d’impôt de Trump, qui sont protégées par la loi. Cependant, à part dans le camp Trump, presque personne n’a pensé que cet acte, publier les déclarations d’impôts d’un citoyen, était en quelque sorte une menace pour la démocratie américaine.

Le sentiment général était que les Américains ont le droit de connaître ce genre de détails sur quelqu’un cherchant à entrer à la Maison Blanche. Je suis d’accord, mais cela ne signifie-t-il pas également que nous avions le droit d’être au courant des abus de pouvoir du DNC qui a huilé les rouages pour la nomination de Clinton, du contenu des discours de Clinton aux banquiers de Wall Street et sur les gouvernements étrangers recherchant de l’influence en contribuant à la Fondation Clinton ?

Pourtant, parce que les représentants politiques nommés par Obama dans la communauté américaine du renseignement « estiment » que la Russie était la source des e-mails de WikiLeaks, l’attaque contre la démocratie étasunienne est une raison pour déclencher la Troisième Guerre mondiale.

Encore plus de propos grossiers

Mais Kagan n’était pas satisfait des accusations non étayées sur la Russie sapant la démocratie américaine. Il a affirmé, comme un « fait » – bien que sans présenter de preuve, de nouveau –, que la Russie « interfère dans les élections à venir en France et en Allemagne, et elle s’est déjà immiscée dans le récent référendum en Italie et dans de nombreuses autres élections dans toute l’Europe. La Russie déploie ses armes contre le plus de démocraties possibles, pour saper la confiance du public dans les institutions démocratiques. »

Le secrétaire d’État américain John Kerry, flanqué de la secrétaire d’État adjointe pour les affaires européennes et eurasiennes Victoria « Toria » Nuland, s’adresse au président russe Vladimir Poutine lors d’une rencontre au Kremlin à Moscou, en Russie, le 14 juillet 2016. (State Department Photo)

Il y a eu beaucoup de contorsions dans le Washington officiel et les médias dominants à propos de l’ère de la « post-vérité », mais ces prétendus avatars de la vérité sont aussi coupables que n’importe qui, agissant comme si répéter constamment une affirmation sans relation avec un fait était la même chose que de prouver celui-ci.

Mais ce que Kagan et d’autres néocons ont en tête est clair, une escalade des hostilités avec la Russie et une augmentation substantielle des dépenses américaines en matériel militaire et de la propagande occidentale pour « contrer » ce qui est considéré comme de la « propagande russe ».

Kagan reconnaît qu’il a déjà beaucoup de Démocrates et de libéraux importants de son côté. Donc il se tourne vers les Républicains pour les forcer à rejoindre le dénigrement retentissant de la Russie. Il écrit :

« Mais ce sont les Républicains qui couvrent l’affaire. L’actuel dirigeant du parti, le président, met en question les découvertes, les motifs et l’intégrité de la communauté du renseignement. Les chefs républicains au Congrès se sont opposés à toute création d’une commission d’enquête spéciale, interne ou externe au Congrès. Ils ont insisté pour que les enquêtes soient menées par les deux commissions du renseignement.

Pourtant le président républicain de la commission de la Chambre a indiqué qu’il ne voit pas d’urgence à l’enquête et a même mis en question le sérieux et la validité des accusations. Le président républicain de la commission du Congrès a abordé la tâche à contrecœur.

Le résultat est que les enquêtes semblent destinées à avancer lentement, produisent peu d’information et en fournissent encore moins au public. Il est difficile de ne pas en conclure que c’est précisément l’intention de la direction du Parti républicain, tant à la Maison Blanche qu’au Congrès. […]

Lorsque des Républicains s’opposent à des enquêtes approfondies, ouvertes et immédiates, ils deviennent les complices de la Russie après coup. »

Mentir avec les néocons

Beaucoup de Démocrates et de libéraux peuvent trouver encourageant qu’un néocon important, qui a contribué à ouvrir la voie à la guerre en Irak, soit maintenant de leur côté, en coulant les Républicains pour ne pas se joindre avec enthousiasme à la dernière chasse aux sorcières russes. Mais ils pourraient aussi faire une pause pour se demander comment ils ont laissé leur haine pour Trump les mener à une alliance avec les néocons.

Le président russe Vladimir Poutine après son discours à l’Assemblée générale de l’ONU le 28 septembre 2015. (UN photo)

Mercredi [15 mars], dans le Wall Street Journal, Frederick, le frère de Robert Kagan, et son épouse ont fait tomber un domino supplémentaire, exposant le vieux rêve néocon d’une invasion américaine totale de la Syrie, un projet mis en suspens en 2004 à cause des revers subis par les États-Unis en Irak.

Mais les néocons désiraient depuis longtemps un « changement de régime » en Syrie et n’était pas satisfaits de l’armement des rebelles anti-gouvernementaux par Obama et de l’infiltration limitée des Forces spéciales US au nord de la Syrie pour aider la reprise de Raqqa, la « capitale » de l’État islamique.

Dans leur tribune du Wall Street Journal, Frederick et Kimberly Kagan appellent à ouvrir un nouveau front militaire dans le sud-est de la Syrie :

« Les forces armées américaines seront nécessaires. Mais les États-Unis peuvent recruter de nouveaux partenaires sunnites arabes en combattant à leurs côtés sur leurs terres. L’objectif, au début, doit être ISIS, parce qu’il contrôle les dernières zones en Syrie où les États-Unis peuvent raisonnablement espérer des alliés sunnites pas encore sous l’influence d’al-Qaïda. Mais l’objectif, après avoir évincé ISIS, doit être de lever une armée arabe sunnite qui puisse finalement vaincre al-Qaïda et aider à négocier un règlement de la guerre.

« Les États-Unis devront faire pression sur le régime d’Assad, l’Iran et la Russie pour mettre fin au conflit dans des termes que les Arabes sunnites accepteront. Ce sera plus facile à faire avec l’indépendance et le levier offert par une base sûre en Syrie. […] Le président Trump pourrait rompre avec la logique bancale et la mauvaise planification qu’il a hérité de son prédécesseur. Il peut transformer cette bataille, mais seulement en transformant l’approche de l’Amérique à son endroit. »

Un nouveau projet pour la Syrie

Autrement dit, les néocons sont revenus à leurs jeux de mots intelligents et à leurs manœuvres stratégiques pour attirer l’armée américaine dans un projet de « changement de régime » en Syrie.

Les néocons ont pensé qu’ils avaient presque atteint ce but, en collant au gouvernement syrien une mystérieuse attaque au gaz sarin près de Damas, le 21 août 2013, et en forçant Obama à lancer une attaque aérienne importante sur l’armée syrienne.

Mais le président russe Vladimir Poutine s’est interposé pour faire en sorte que le président syrien Bachar al-Assad abandonne toutes ses armes chimiques, même s’il continuait à nier toute implication dans l’attaque au gaz sarin.

L’interférence de Poutine contrecarrant le rêve des néocons d’une guerre de « changement de régime » en Syrie a fait passer Poutine tout en haut de la liste de leurs ennemis. Déjà, des néocons importants, comme le président du National Endowment for Democracy, Carl Gershman, visaient l’Ukraine, que Gershman estimait être « le plus grand trophée » et un tremplin pour finalement évincer Poutine à Moscou.

Il a appartenu à la secrétaire d’État adjointe Victoria « Toria » Nuland de superviser le « changement de régime » en Ukraine. Elle a été attrapée sur une ligne téléphonique non sécurisée, à la fin de janvier ou au début de février 2014, en train de discuter avec l’ambassadeur américain en Ukraine, Geoffrey Pyatt, de comment « coller » ou « faire accoucher » le changement du gouvernement ukrainien élu du président Victor Ianoukovitch.

Quelques semaines plus tard, des combattants néo-nazis et ultranationalistes ont mené une violente attaque sur les bâtiments du gouvernement, forçant Ianoukovitch et d’autres personnages officiels à fuir pour sauver leur vie, tandis que le gouvernement américain qualifiait rapidement de « légitime » le régime issu du coup d’État.

Mais le putsch en Ukraine a mené à la sécession de la Crimée et à une guerre civile sanglante avec des Russes ethniques dans l’est de l’Ukraine, des événements que le Département d’État et les médias occidentaux dominants ont qualifiés d’« agression russe » ou d’« invasion russe ».

Ainsi, pendant les dernières années de l’administration Obama, la scène était prête pour que les néocons et la famille Kagan dirigent l’étape suivante de la stratégie, consistant à coincer la Russie et à instaurer un « changement de régime » en Syrie.

Tout ce qu’il leur fallait était que Hillary Clinton soit élue à la présidence. Mais ces plans bien conçus se sont envolés. Malgré son inaptitude totale à la présidence, Trump a battu Clinton, une déception amère pour les néocons et leurs collègues interventionnistes libéraux.

Pourtant, la soi-disant « #Resistance » à la présidence de Trump et l’utilisation sans précédent par le président Obama de ses agences de renseignement pour dépeindre Trump comme un « candidat mandchou » russe, ont donné de nouveaux espoirs aux néocons et à leur programme.

Il leur a fallu quelques mois pour se réorganiser et se regrouper, mais maintenant ils ont l’espoir de faire tellement pression sur Trump à propos de la Russie, qu’il n’aura pas d’autre choix que d’entrer dans leurs plans bellicistes.

Comme c’est souvent le cas, la famille Kagan a tracé le plan d’action – battre les Républicains pour qu’ils se joignent au dénigrement général de la Russie, puis convaincre un Trump adouci de lancer une invasion à large échelle en Syrie. Dans cette entreprise, les Kagan ont les Démocrates et les libéraux comme fantassins.

Robert Parry

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par M pour le Saker francophone

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La Christianophobie, "c'est réel et ça passe complètement inaperçu en France"

Publié le par Felli Bernard

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Eglise de Saint-Etienne-du-Rouvray

La Christianophobie, "c'est réel et ça passe complètement inaperçu en France"

© REUTERS/ Pascal Rossignol
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Prise d'otages dans une église de Haute-Normandie (23)
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"Tout sera fait pour protéger nos églises", a déclaré François Hollande après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray. La France a-t-elle réellement les moyens de protéger toutes ses paroisses, alors que le territoire français compte plus de 50.000 lieux de culte?

On compte en France quelques 45.000 églises catholiques et 3.000 temples protestants. 700 écoles juives et synagogues et plus de 1.000 des 2.500 mosquées de l'Hexagone font déjà l'objet de mesures de protection dans le cadre de l'opération Sentinelle. 1.200 églises bénéficient aussi d'une protection. Pour autant, il apparaît impossible de protéger toutes les paroisses.

Pour Samir Amghar, de l'European Foundation for Democracy de Bruxelles, auteur de l'ouvrage "Le Salafisme d'aujourd'hui", ce n'est qu'une déclaration pour rassurer la population.

"Les forces de l'ordre et de sécurité en France ne sont pas extensibles à l'infini. Non seulement ces forces doivent protéger les lieux stratégiques dans la capitale: aéroports, gares, etc., où il peut y avoir des attentats, mais ils doivent également protéger les lieux de culte dont le nombre s'élève à 50.000 sur le territoire français. Vous ne pouvez pas mettre un gendarme ou un soldat à tous les lieux de culte", a indiqué à Sputnik M.Amghar.

En 2015, selon le ministère de l'Intérieur, on dénombre 810 atteintes ou profanations de lieux de culte et cimetières chrétiens, un chiffre en progression de 20 %. C'est un peu plus que les agressions antisémites (806, en baisse de 5 %) et nettement plus que les actes antimusulmans (429), même s'il est vrai que ces derniers ont triplé en un an.

Selon Samir Amghar, il y a une mobilisation très forte de la classe politique lorsque les lieux de culte juifs sont touchés, dans une moindre mesure lorsque les mosquées sont touchées, il y a une quasi absence de mobilisation lorsque les lieux de culte chrétiens sont touchés.

"La christianophobie, qui existe, qui est réelle, passe complètement inaperçue, comme si on avait affaire à un phénomène banal. Cela ne surprend plus, une église taguée. Cela ne surprend plus de voir un crucifix brisé. Pourquoi? Parce que vous êtes dans une société hyper-sécularisée qui a fondé une partie de son existence politique sur une forme d'anticléricalisme", a-t-il fait valoir.

Charles De Meyer, président de l'Association "SOS Chrétiens d'Orient", partage le même point de vue sur le phénomène de christianophobie qui existe dans l'Hexagone.

"En France, la conjonctions des facteurs, c'est depuis longtemps une discrimination, une véritable christianophobie d'Etat", a souligné M.De Meyer.

Selon lui, la réaffirmation du rôle de l'Eglise et du christianisme est la seule solution pour combattre la barbarie islamiste.

On se rappelle que le Pape François a proposé à chaque paroisse d'"adopter une famille de migrants", François Hollande a pour sa part promis au Pape de protéger les chrétiens. Mais qui doit-on protéger, et contre qui?

Charles De Meyer note qu'en France, la migration officielle est très importante, les chiffres s'élèvent facilement à 300.000 personnes arrivant dans l'Hexagone chaque année, ce qui empêche de conserver l'identité française. Cependant, il ne faut pas oublier les gens qui vraiment dans le besoin, qui sont forcés de quitter leur territoire.

"Les Français doivent d'abord défendre les gens ici, les paroisses — leurs familles. Pour ce qui est des réfugiés, il faut arrêter de mentir, aujourd'hui la France ne peut pas les accueillir, elle ne sait plus le faire, elle n'a plus les éléments pour le faire, elle doit laisser à d'autres pays la charge de le faire, et surtout elle doit tout faire pour cesser les guerres au Proche-Orient qui déracinent ces gens, qui seraient bien plus heureux chez eux", a expliqué M.De Meyer.

En guise de conclusion, Samir Amghar a fait remarquer qu'il faut éviter d'inscrire cette guerre contre la barbarie islamiste dans une sorte de guerre religieuse et de répondre d'une façon symétrique à ce que fait Daech. L'Etat islamique, en commettant un attentat dans une église, veut inscrire son combat dans le combat religieux. Lorsque l'acte est porté dans un lieu de culte, lorsque les attentats sont commis dans un lieu de rassemblement très symbolique, le 14 juillet, ils signifient la volonté d'en découdre avec les valeurs européennes.

"Il faut s'opposer aux idées de Daech, mais de façon à éviter que les sociétés occidentales se fractionnent. Le Président de la République dit: +Je suis là pour protéger tous les chrétiens+ Oui. Mais, avant tout, il doit protéger l'ensemble des citoyens quelle que ça soit leur confession et les athées", a conclu M.Amgha

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« La très inquiétante débâcle du nucléaire mondial. Faillite de Westinghouse ? » L’édito de Charles SANNAT

Publié le par Felli Bernard

« La très inquiétante débâcle du nucléaire mondial. Faillite de Westinghouse ? » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je voulais revenir sur une information qui peut sembler sans trop grande importance, noyée dans le flot ininterrompu de nouvelles, pourtant c’est une information majeure qu’il faut sortir du brouhaha ambiant.

Westinghouse (rachetée il y a quelques années par le géant japonais Toshiba) se place en faillite avec 9,8 milliards de dollars de dette cumulée.

Si cela vous fait penser aux difficultés du groupe Areva c’est normal, car c’est à peu de chose près exactement la même histoire, et nous allons détailler tout cela un peu plus tard !

Petit historique rapide

Westinghouse Electric Company est une bien vieille dame âgée de largement plus d’un siècle. C’est une entreprise américaine, fondée par George Westinghouse en 1886 sous le nom de Westinghouse Electric Company. Elle a été rachetée en 2006 par la firme japonaise Toshiba et s’est spécialisée dans le nucléaire.

Westinghouse fut l’un des plus gros constructeurs de centrales nucléaires au monde en général et aux États-Unis en particulier. Les USA ont réussi à développer un important parc de nucléaire de 99 réacteurs mais un coup d’arrêt définitif a été donné à cette énergie après l’accident de Three Mile Island en Pennsylvanie en 1979. À la suite d’une chaîne d’événements accidentels, le cœur d’un des réacteurs avait en partie fondu. Une faible quantité de radioactivité avait alors été relâchée dans l’environnement. Depuis cet incident, aucune centrale n’a été raccordée au réseau. Désormais, quatre réacteurs doivent entrer en service dans les prochaines années.

Westinghouse doit achever deux d’entre eux, l’un en Caroline du sud et l’autre dans l’État voisin de Géorgie.

Le problème c’est que, comme pour Areva, Westinghouse n’a pas construit de centrale nucléaire depuis plus de 40 ans et que quand pendant 40 ans on ne pratique pas une spécialité, eh bien le savoir-faire, tout simplement, disparaît !

Il faut donc, pour Areva comme pour Westinghouse, tout réapprendre de zéro dans un contexte de prix tirés, d’où les dépassements incessants des prévisions budgétaires. Des dépassements qui sont même sans fin.

À tel point que Westinghouse se retrouve aujourd’hui en faillite comme Areva d’ailleurs qui ne doit sa survie qu’à l’intervention de l’État.

« Construire une centrale nucléaire est une entreprise très complexe et, historiquement, ce genre de projets a subi des changements en cours de réalisation, y compris des dépôts de bilan », souligne Maria Korsnick, la présidente du Nuclear Energy Institute, le lobby nucléaire aux États-Unis.

Les réacteurs français sont en réalité construits sous licence Westinghouse

Là également où cela vous concerne beaucoup plus directement que ce que vous pouvez penser au premier abord, c’est que Westinghouse a cédé en 1974 sa licence concernant les réacteurs nucléaires à eau pressurisée à Framatome (devenue entre-temps Areva), ce qui a permis de construire le parc nucléaire français actuel…

Votre énergie nucléaire, notre parc de centrales repose sur des brevets d’une entreprise en faillite (Westinghouse), exploités par une autre entreprise en faillite (Areva), pour le compte d’un énergéticien (EDF) qui n’a pas provisionné la « queue d’un rond » nécessaire à la réparation de nos centrales et encore moins au démantèlement des anciennes qu’il faudra remplacer par des nouvelles que nous sommes incapables techniquement de construire puisque plus personne ne sait le faire !

On vous vante la France pays riche, pays moderne. Voilà pour le discours rassurant et lénifiant qu’il est rassurant d’entendre.

La triste réalité c’est que notre pays se tiers-mondise à grande vitesse et que nous sommes incapables en 2017 de faire ce que nous avons su faire dans les années 60 !

Nous avons construit une usine marée-motrice sur la Rance… Incapable de le faire maintenant !

Nous avons construit le Concorde, la fusée Ariane, ou les centrales nucléaires françaises. Nous ne savons plus rien faire de tout cela.

Nous ne savons plus le faire, mais les Américains sont dans la même situation.

Et vous savez pourquoi ?

Parce qu’un « éco-système » scientifique, technique, industriel c’est bien un « éco-système ».

Nous nous sommes désindustrialisés.

Nous avons donc perdu des pans entiers de savoir-faire. De nos soudeurs à nos tourneurs, de nos ingénieurs à nos chefs de projets, nous ne savons plus rien faire.

Le seul pays qui désormais dispose d’un véritable « éco-système » industriel c’est la Chine, et ne me parlez pas l’Europe qui serait censée nous aider à faire ensemble ce que nous ne savons plus faire seul…

28 manches à balai ne feront jamais une équipe de champions du monde.

Et la sécurité dans tout cela ?

À l’image de tout le reste.

Vous découvrirez, un jour, effarés, que nous ne sommes pas plus capables de construire une nouvelle centrale que d’entretenir celles qui nous restent, encore moins de les démanteler, et enfin, pour finir, que la sécurité de nos centrales est tout simplement déplorable !

Lamentable.

Ce pays, notre pays, part à vau-l’eau et aucune vision ne nous est proposée pour construire un avenir enthousiasmant.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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Game over, sultan

Publié le par Felli Bernard

Game over, sultan

30 Mars 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Sans surprise, la Turquie a annoncé la fin de son opération Bouclier de l'Euphrate en Syrie :

Istanbul - La Turquie a annoncé mercredi la fin de son opération militaire dans le nord de la Syrie, sans préciser si elle allait en retirer ses troupes.

Le conseil de sécurité national dirigé par le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé que l'offensive de six mois avait été "couronnée de succès", mais le Premier ministre Binali Yildirim, tout en confirmant la fin de l'opération, n'a pas exclu d'autres campagnes en Syrie.

La Turquie a lancé en août dernier une opération baptisée "Bouclier de l'Euphrate" visant le groupe jihadiste Etat islamique (EI) mais également les FDS, dominées par les Kurdes, qu'Ankara considère comme des "terroristes".

Dans le cadre de cette opération, les rebelles syriens appuyés par la Turquie ont repris aux jihadistes plusieurs villes dont Jarabulus, Al-Rai, Dabiq et enfin Al-Bab, où l'armée turque a subi de lourdes pertes.

Quelques formules pour sauver la face fleurissent ça et là mais, en réalité, cette opération fut un bide. Six mois pour mettre difficilement la main sur quelques arpents de sable au prix de pertes relativement lourdes. Certes, cela a empêché la jonction des cantons kurdes mais ces derniers n'en bordent pas moins la Turquie sur des centaines de kilomètres : parfaite base arrière pour le PKK.

Depuis le grand rapprochement américano-russo-syro-kurde sur le dos d'Erdogan, les options d'Ankara s'étaient réduites à peau de chagrin. Le sultan n'a fait qu'entériner ce que nous avons montré à plusieurs reprises : l'aventure néo-ottomane en Syrie est terminée. La goutte qui a sans doute fait déborder le vase a été l'établissement d'une base russe dans le canton kurde d'Afrin comme nous l'avions rapporté il y a une dizaine de jours.

Un pertinent article d'Al Monitor revient sur cette affaire et interroge divers officiels kurdes. Il en ressort plusieurs points très intéressants :

- D'après un commandant YPG, Ankara devait, au terme d'un accord turco-russe, rendre Al Bab à l'armée syrienne mais ne l'a pas fait, d'où le coup de semonce russe matérialisé par l'implantation de la base protégeant les Kurdes d'Afrin.

- Les Américains n'ont rien trouvé à redire à l'alliance russo-kurde.

- Les Kurdes sont plus que disposés à participer à une offensive générale contre l'Idlibistan ("les gangs d'Idlib"). Leur ennemi n'est pas seulement Al Qaeda mais aussi Ahrar al-Cham. Ils l'ont même proposé dans le passé à Moscou qui a botté en touche, le temps de voir si Ankara pourrait convaincre le groupe de participer aux pourparlers d'Astana.

- Les YPG ont fermement rejeté une proposition américaine d'inclure les peshmergas de Barzani ("traître à la solde des Turcs") aux opérations contre Raqqa. [Aucune surprise : il n'y a jamais eu d'amour débordant entre les Kurdes syriens et le président de la Région autonome du Kurdistan irakien].

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Record pour l’armement français, les coulisses du « contrat du siècle ».

Publié le par Felli Bernard



 

Record pour l’armement français, les coulisses du « contrat du siècle ».

 

 

Publié par Flore Jammet le 23 Mars 2017

 

Les chiffres sont connus : l’année 2016 fût un véritable succès pour l’armement français. Le bilan s’élèverait à plus de 20 milliards d’euros de prises de commandes. Parmi celles-ci, deux contrats représentent plus des trois quarts du montant : 36 avions de combats Rafale pour l’Inde, et 12 sous-marins Shortfin Barracuda à destination de l’Australie, chacun estimé à 8 milliards d’euros. Ce dernier, surnommé le « contrat du siècle », illustre la spécificité des décisions stratégiques prises en matière d’armement. Retour sur une négociation aux enjeux multiples.

 

 
 
 
Afin de fournir à la Royal Australian Navy 12 sous-marins à propulsion diesel électrique ayant des capacités océaniques, le gouvernement australien lançait un appel d’offres auquel avaient répondu l’Allemand ThyssenKrupp Marine System (TKMS), le français DCNS, et, profitant de l’assouplissement récent des règles d’exportation de matériel militaire, les industriels japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Kawazaki Heavy Industriels (KHI).  

Le 20 décembre 2016 à Adelaïde, Jean Yves Le Drian et Malcolm Turnbull, le premier ministre australien, signent finalement un accord intergouvernemental qui valide cette commande auprès du Français DCNS. Alors que les Japonais étaient initialement pressentis, pour quelles raisons l’Australie a-t-elle choisi la France pour ce « contrat du siècle » ?

Depuis deux ans, les dépenses militaires mondiales sont reparties à la hausse pour plusieurs raisons : la guerre contre l’organisation Etat Islamique, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, mais aussi en réaction aux tensions en mer de Chine et à la menace nucléaire nord-coréenne. Dans le cas du programme australien Sea 1000 (officialisé en 2007 pour remplacer toute la classe Collins, soit 6 sous-marins de près de 3300 tonnes en plongée), la commande des 12 sous-marins représentait un enjeu à la fois technique et financier. Dès le début, Canberra avait précisé que le système d’arme serait attribué aux Etats-Unis, seule la coque et la propulsion resteraient à la charge du vendeur. Il a donc fallu que les candidats se différencient sur d’autres critères.
 
L’Allemagne, le Japon ou la France ?

L’Allemagne a rapidement été évincée de la course pour plusieurs raisons. Les navires français de plus de 4000 tonnes de déplacement très adaptés à la haute mer et aux franchissements océaniques répondaient tout à fait à la demande Australienne alors que les Allemands proposaient un modèle deux fois plus petit. Par ailleurs, l’excellence technique française était déjà reconnue notamment grâce aux différents transferts de savoir-faire au Pakistan, à l’Inde, et au Brésil, et a pesé dans la décision face à la proposition du constructeur allemand qui n’était encore qu’à l’état de projet.

Concernant le Japon, pour Shinzo Abe, premier ministre et complice de l’ancien Premier ministre australien Tony Abbott, la partie semblait gagnée d’avance. En procurant des sous-marins de type Soryu, il pensait asseoir la grande alliance stratégique entre Tokyo et Canberra dans la région Asie-Pacifique, de plus en plus concernée par l’expansion territoriale de Pékin en Mer de Chine. C’était sans compter l’arrivée du successeur de Tony Abbott, Malcolm Turnbull, du Parti libéral pour qui les contreparties proposées par la France eurent davantage de valeur.
 
Le choix français

Ainsi, pour la construction du modèle Shortfin, version raccourcie hybride (diesel – électrique) du sous-marin à propulsion nucléaire Barracuda, qui débutera en 2023, des infrastructures dédiées seront construites sur le chantier naval d’Adelaïde, où des travailleurs australiens assembleront de l'acier australien. Cette option représente une opportunité pour la capitale de l’Australie Méridionale qui connait alors le plus fort taux de chômage du pays. Ainsi, grâce à la création de près de 2800 emplois, Malcolm Turnbull s’assurait les voix d’une large partie de son électorat.

D’un point de vue politique également, signer avec le français représentait un compromis acceptable face à une équation stratégique complexe : ne froisser ni les Etats-Unis, ni la Chine. En effet, si la construction, la maintenance et la formation sont les affaires du partenariat France-Australie, l’armement des sous-marins est bien, quant à lui, confié aux Etats-Unis. Concernant la Chine, l’Australie aurait eu peur de braquer Pékin en offrant au Japon un contrat très important et à forte charge symbolique. Dans la rivalité entre la Chine et le Japon, la question de la suprématie maritime est extrêmement sensible. Un tel contrat remporté par Tokyo aurait très certainement contribué à la montée en puissance de la marine nippone dans le contexte d'une révision constitutionnelle lui autorisant notamment une posture nettement plus "expéditionnaire". 

La conclusion de cet appel d’offres et le revirement de situation dépeignent la complexité des marchés de l’armement. Si les qualités des produits français sont universellement reconnus, il n’est pas toujours question de technologie ou de rapport qualité/prix, en matière d'armements, il convient aussi, voire surtout, d’étudier le contexte géopolitique dans lequel se déroule le marché. 


 

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Xi Jinping, la Grande Muraille de fer et la nouvelle Route de la soie

Publié le par Felli Bernard

Xi Jinping, la Grande Muraille de fer et la nouvelle Route de la soie


Le recours à des mesures extrêmes contre la contagion islamiste dans la région autonome du Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, pourrait entraver l’initiative One Belt, One road (la nouvelle Route de la soie).


Par Pepe Escobar – Le 16 mars 2017 – Source Asia Times via entelekheia.fr

Paramilitary policemen stand in formation as they take part in an anti-terrorism oath-taking rally, in Kashgar, Xinjiang Uighur Autonomous Region, China, February 27, 2017. Photo: Reuters.
Des policiers paramilitaires sont en formation alors qu’ils prennent part à un rassemblement anti-terroriste, à Kachgar, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, en Chine, le 27 février 2017. Photo: Reuters.

 

Quand le battage médiatique sur la rencontre au sommet Trump–Xi prévue à Mar-a-Lago se transformera en fait de terrain, le mois prochain, les deux présidents devront bien se mettre d’accord sur au moins une question : le « terrorisme islamiste radical » – comme le désigne la terminologie de Trump.

Donald Trump s’est appuyé sur une interdiction d’entrer dans le territoire des USA adressée aux ressortissants de certains pays musulmans ; une décision controversée, destinée – en théorie – à restreindre l’afflux de radicaux islamistes potentiels dans le pays ; son homologue chinois, Xi Jinping, avec des députés du Xinjiang rencontrés en marge du congrès de l’Assemblée nationale populaire à Pékin, a annoncé une « Grande Muraille de fer » métaphorique pour protéger le Far West de la Chine.

 

L’affaire concerne principalement le Mouvement d’indépendance du Turkestan oriental (MITO), actif dans le Xinjiang, que Cheng Guoping, Commissionnaire d’État pour le contre-terrorisme et la sécurité, décrit comme « le plus grand défi à la stabilité sociale, au développement économique et à la sécurité nationale de la Chine ».

Le Mouvement d’indépendance du Turkestan oriental est une organisation terroriste séparatiste, qui selon Cheng, vise à « l’indépendance du Xinjiang. »

Il a été désigné organisation terroriste par l’UE, les USA, la Russie, la Chine, les EAU, le Pakistan, le Kazakhstan et le Kirghizistan, entre autres. Il est discutable que le mouvement soit réellement un groupe séparatiste unifié, mais les services de renseignement chinois le voient comme tel.

L’affaire concerne aussi, comme c’était à prévoir, ISIS/ISIL/Daech.

Daech a récemment sorti une vidéo en ouïgour, le langage turcique écrit en caractères arabes parlé par les musulmans du Xinjiang, qui montrait des djihadistes à l’entraînement quelque part en Irak, avant de trancher la gorge à un informateur supposé.

Mais le point essentiel de la vidéo est un segment de 30 secondes qui contient la première menace directe de Daech adressée à Pékin. Quelques instants avant l’exécution, un combattant – dans la traduction qu’en a fait le SITE Intelligence Group, une compagnie américaine qui suit les activités en ligne des organisations terroristes – s’exclame :

Oh, vous les Chinois qui ne comprenez pas ce que dit le peuple ! Nous sommes les soldats du califat, et nous viendrons clarifier notre message envers vous avec la langues de nos armes, faire couler des rivières de sang et venger les opprimés.

Les services de renseignement chinois surveillent de près les Ouïgours qui se sont métastasés en djihadistes dans le « Syrak », après avoir fait le voyage illégalement via l’Asie du Sud-Est et la Turquie. Pékin est aussi alarmé à l’idée de leur retour sur le sol chinois que Moscou à propos du retour des djihadistes tchétchènes ou d’autres djihadistes issus du sud du Caucase.

Et puis il y a un troisième élément surprenant. La vidéo de Daech signale l’excommunication formelle du Parti islamique du Turkestan (PIT), qui est essentiellement al-Qaïda au Xinjiang.

Les leaders et le noyau dur des combattants du PIT, basés dans les zones tribales du Pakistan et protégés par les Tehrik-e-Taliban (les Talibans du Pakistan), ont lancé plusieurs attaques transfrontalières au cours de ces dernières années. Leur but déclaré est d’installer un califat en Asie centrale, mais soumis au chef actuel d’al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, et non au calife autoproclamé de Daech, al-Baghdadi.

Une question-clé consiste à savoir si le Mouvement d’indépendance du Turkestan oriental et le Parti islamique du Turkestan sont une seule et même entité. Les djihadistes ouïgours sont notoirement secrets et fuyants. J’en avais rencontré quelques-uns dans les prisons du commandant Massoud, le « lion du Pandjchir », dans le nord de l’Afghanistan, seulement trois semaines avant les attentats du 11 septembre – et ils n’admettaient même pas l’existence du Mouvement d’indépendance du Turkestan oriental. Ils niaient aussi tout lien avec al-Qaïda, suivant en cela l’exemple du leader de l’époque du MITO, Hasan Mahsum. Ils insistaient seulement sur leur but principal déclaré, l’indépendance envers la Chine.

Pékin considère essentiellement le PIT comme une nouvelle forme du MITO ; les hauts officiels comme Cheng Guoping continuent à se référer à tous les djihadistes ouïgours sous le nom de MITO. Comme il s’agit d’un mouvement fluide qui concentre des visions multiples dérivées du séparatisme, il est plus sûr de dire que le « MITO » désignait les quelques centaines de combattants ouïgours actifs avant l’annonce officielle de la création du PIT en 2006.

L’histoire se complique de connotations supplémentaires. Le MITO était auparavant connecté au Mouvement islamique d’Ouzbékistan (MIO), co-fondé par le célèbre djihadiste Juma Namangani, un ex-parachutiste soviétique mort en Afghanistan en 2001. Le MIO, pour sa part, était connecté aux Talibans afghans. Puis, au milieu des années 2000, il y a eu une séparation ; et la connexion/protection du MITO est passé aux Talibans pakistanais.

La vidéo de Daech choisit de se référer au PIT, pas au MITO. Bien qu’il ne soit pas aussi sophistiqué que Daech, le PIT possède aussi sa propre opération médiatique multilingue, Sawt al-Islam (la Voix de l’Islam), qui comprend même la publication d’un magazine du Turkestan islamique.

Au delà du bourbier de la terminologie, les services de renseignement chinois devront peut-être finir par élever une Grande Muraille de fer sur deux fronts : contre Daech et les djihadistes ouïgours combattant à ses côtés en Syrie et en Irak, qui peuvent revenir au Xinjiang ou au Pakistan, et contre les ramifications/variantes d’al-Qaïda dénommées PIT. Selon Michael Clarke, un expert du Xinjiang au National Security College de l’université nationale australienne, les suggestions d’un éclatement des factions ouïgoures pourrait « intensifier la menace envers la Chine » parce qu’elles indiquent que les terroristes ouïgours pourraient à l’avenir accéder aux moyens d’al-Qaïda aussi bien que de Daech.

Daech s’est donné pour but de séduire des meutes de chiens de réserve non seulement en Afrique du Nord, mais aussi en Indonésie, au Pakistan et dans le nord-ouest de la Chine. Il y a au bas mot 23 millions de musulmans, pour la plupart des sunnites, en Chine – quand nous y ajoutons les Ouïgours principalement basés au Xinjiang et les Huis, une minorité ethnique résidant dans les provinces de Gansu, Qinghai et Ningxia, c’est deux fois la population de la Tunisie, un terrain de recrutement fertile. Depuis 2014, al-Baghdadi a désigné la Chine comme cible du djihadisme. Daech a décapité un otage chinois en novembre 2015. Daech a sorti des vidéos en mandarin pour séduire les Huis.

Entre le marteau séparatiste et l’enclume djihadiste

La vidéo de Daech, produite par l’unité de la province d’al-Furat du groupe, dans l’ouest de l’Irak, dans laquelle des djihadistes ouïgours promettent de revenir à la maison et de « faire couler des rivières de sang », est sortie le dernier jour (27 février) d’une série de démonstrations de masse de forces de police militaire, dans le Xinjiang, destinées à souligner l’engagement du gouvernement contre les menaces à la sécurité.

Une coïncidence ? Peut-être. Mais il y a peu de doutes sur la détermination de Daech à étendre le djihad jusqu’à des endroits lointains, à mesure de sa perte de terrain en Syrie et en Irak, ou de la Chine à empêcher les doléances des Ouïgours de se transformer en djihadisme dans sa plus grande province, et qui plus est, sur le chemin de la nouvelle Route de la soie.

La province du Xinjiang est cruciale pour le projet One Belt, One Road. Population : 20 millions d’habitants subdivisés en 47 groupes ethniques, dont 9 millions de Ouïgours.

One Belt, One Road, la désignation officielle de la nouvelle Route de la soie, est l’entreprise la plus importante du président Xi, que ce soit au plan des affaires étrangères ou de l’économie. Le Xinjiang, une province du centre de l’Asie, grande comme la Mongolie, la France, l’Italie et le Royaume-Uni réunis, est un maillon géographique crucial, bordé par la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde. Assis sur de vastes réserves d’énergie et de minéraux, il produit la majeure partie du gaz chinois et deviendra le centre de la connexion entre la Chine et l’Asie centrale et de l’Ouest, le cœur du dédale prévu de voies ferroviaires à haute vitesse, de pipelines et de fibres optiques. Sa capitale, Ürümqi, est en passe d’être transformée en plateforme technologique. Les troubles dans le Xinjiang signalent d’énormes problèmes pour l’initiative One Belt, One Road. On peut parier en toute certitude que Pékin ne le tolérera pas.

Depuis août 2016, la région autonome du Xinjiang ouïgour, comme elle est officiellement appelée, est dirigée par Chen Quanguo, Secrétaire du Parti communiste de la région, membre du 18e Comité central du PCC et candidat prometteur au 19e politburo, où il doit être élu en octobre prochain.

Avant de prendre son poste au Xinjiang, Chen était Secrétaire du Parti communiste de la région autonome du Tibet. Il a l’expérience des troubles dans les régions frontalières multi-ethniques, Pékin lui fait confiance, et il se tenait aux côtés de Xi Jinping lors de l’annonce de la politique de la Grande Muraille de fer.

Lors de son mandat à la tête du Tibet, Chen a repris des méthodes de contrôle social héritées des anciennes dynasties chinoises, le système baojia de groupes de voisins se surveillant mutuellement appelé aujourd’hui « système en grille de gestion sociale », avec des myriades de postes de police à Lhassa et dans les plus petites villes, et des réseaux de citoyens installés dans tous les pâtés de maisons pour se surveiller les uns les autres, imposer des comportements corrects et identifier les étrangers suspects et les fauteurs de troubles potentiels.

Ces méthodes sont aujourd’hui reprises de la capitale Ürümqi jusqu’à Korla, Aksu, Kachgar et Hetian. Et si le contrôle social et la surveillance en grille s’avéraient insuffisants, Chen pourrait avoir recours aux forces de la Police armée du peuple – la police dont les unités ont défilé à la vue de tous à la fin février.

Les enjeux sont élevés. Il y a un compromis à trouver entre des contrôles sociaux judicieusement administrés, et acceptés d’assez bonne grâce pour satisfaire à leurs buts, et des contrôles trop restrictifs, qui seraient vécus comme une répression et finiraient par déclencher des réactions violentes. Il reste à voir si la Grande Muraille de fer de Chen et Xi suffira à endiguer le séparatisme et le djihadisme, ou si une application disproportionnée de fer portera un coup sérieux à l’entreprise d’infrastructures la plus ambitieuse du siècle.

Pepe Escobar

Note du traducteur

Selon un article de janvier 2016 de Seymour Hersch dans la London Review of Books, les djihadistes ouïgours entraînés en Syrie et en Irak par les multiples groupes terroristes qui opèrent dans la région auraient été acheminés jusqu’au Moyen-Orient par la Turquie, qui leur aurait fourni le transport, les moyens, des passeports, etc. La guerre en Syrie sert-elle de plateforme d’entraînement pour ensuite mener des actions contre la Russie et la Chine ?

Par ailleurs, sur le site de l’une des ONG de « droits de l’homme » dédiées au Ouïgours, la Uyghur American Association (association en partie financée par les USA via le NED), un rapport intitulé End of the Road: One Belt, One Road and the Cumulative Economic Marginalization of the Uyghurs en date du 6 mars 2017 indique que l’initiative One Belt, One Road « imposera la domination de la Chine sur le Turkestan oriental » (autrement dit le Xinjiang) au détriment des droits des Ouïgours, qui seront « marginalisés » (sic)...

Traduction Entelekheia

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Présidentielle 2017: retour de Fillon en tête des sondages

Publié le par Felli Bernard

Présidentielle 2017: retour de Fillon en tête des sondages

© AFP 2017 Bertrand Guay
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Tandis que la plupart des sondages assurent que Marine Le Pen et Emmanuel Macron s’affronteront au second tour de la présidentielle, prévu le 7 mai, une étude réalisée par la société Brand Analytics et basée sur l’analyse des réseaux sociaux donne François Fillon en tête des sondages.

À moins de quatre semaines du premier tour du scrutin, le candidat du parti Les Républicains (LR), François Fillon, est repassé en tête des intentions de vote, révèlent les résultats d'une enquête organisée sur les réseaux sociaux par Brand Analytics.

Selon les données fournies par cette société, qui se spécialise dans l'étude de l'opinion publique et dans l'analyse des réseaux sociaux à l'échelle internationale, après deux semaines de recul au deuxième rang du classement des candidats pressentis, François Fillon est à nouveau en tête.

Sur la période comprise entre le 14 et le 28 mars, l'ex-Premier ministre mène la course avec 23,6 %, devançant Emmanuel Macron de 0,5 %, indiquent les résultats de l'étude. Or, selon les données précédentes couvrant la période allant du 1er au 21 mars, c'est l'ex-ministre de l'Économie qui se classait premier avec 25,9 %, soit 4 points de plus que M. Fillon.

Marine Le Pen clôt le peloton de tête avec 20,9 %. Viennent ensuite loin derrière Jean-Luc Mélenchon (13,5 %) et Benoît Hamon (11,9 %).

Si on suit la dynamique de ces six dernières semaines, on constate que, d'après Brand Analytics, le candidat LR s'est maintenu en tête des sondages jusque fin février-début mars, lorsqu'il s'est vu dépasser par Emmanuel Macron (23,9 % contre 27,8 %). Au cours des deux semaines qui ont suivi, il a cédé encore du terrain, mais l'écart entre lui et son principal rival est resté presque inchangé (21,9 % contre 25,9 %).

Les résultats de l'étude montrent en outre que la candidate du FN stagne depuis le début du mois de mars autour de 20 % et que Jean-Luc Mélenchon bénéficie d'un certain regain de popularité (13,5 % contre 4,4 % il y a six semaines).

La société Brand Analytics est un leader en termes de monitorage des réseaux sociaux, selon le classement AdIndex 2016. Elle recueille les données sur les compagnies, produits, données, personnes ou événements sur les réseaux sociaux et dans les médias, définit la tonalité des messages et détermine les tendances.

Popularité des candidats à la présidentielle

Ifop
Ipsos
OpinionWay
Brand Analytics
Pour quel candidat voteriez-vous au premier tour de l’élection présidentielle 2017?

Les valeurs ci-dessous sont indiquées en pourcentage

1
 
Emmanuel Macron
En marche !
25,5
2
 
Marine Le Pen
Front National
25
3
 
François Fillon
Les Républicains
17,5
4
 
Jean-Luc Mélenchon
Parti de gauche
14
5
 
Benoît Hamon
Parti socialiste
10,5
6
 
Nicolas Dupont-Aignan
Debout la France
4,5

Date de publication 28.03.2017

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RT @valerieboyer13: Le trio se reforme #Hollande...

Publié le par bernard felli

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RT @MetairieJacques: .

Publié le par bernard felli

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Le nouveau visage d’AREVA

Publié le par Felli Bernard

Le nouveau visage d’AREVA

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Par Boris Le Ngoc (SFEN)

La restructuration d’AREVA est entrée dans sa phase finale et l’organisation future est désormais fixée. À terme, le nouvel AREVA (baptisé provisoirement New AREVA) se concentrera sur les activités du cycle du combustible. Les activités de conception de réacteurs et les services associés seront repris par EDF. Enfin, la holding, AREVA SA, regroupera les activités liées au contrat de l’EPR d’Olkiluoto 3 en Finlande et celles destinées à être cédées.

New AREVA, AREVA NP, AREVA SA : trois entités distinctes

Dans le cadre de son plan de transformation visant à se recentrer sur les activités du cycle du combustible nucléaire, AREVA a cédé plusieurs de ses activités, notamment dans les énergies renouvelables et dans les mesures nucléaires. AREVA TA, en charge de la propulsion nucléaire, va être cédée à un consortium où l’État est majoritaire.

D’ici la fin de l’année, l’activité réacteurs portée par AREVA NP rejoindra EDF. L’électricien et AREVA ont signé un accord en novembre 2016 fixant le montant de la cession à 2,5 milliards d’euros. AREVA NP, reconnu internationalement comme un acteur de référence pour la conception de réacteurs, la fabrication de composants et de combustible, et les services à la base installée sera donc adossé à EDF afin de poursuivre son développement.

AREVA a parallèlement mené une réorganisation de grande ampleur en interne avec une simplification des organisations (deux niveaux : central et Business Unit), un plan de performance ambitieux (plus d’un milliard d’euros d’économies d’ici 2018) réalisé à plus de 70 % tout en optimisant les effectifs.

Hors de France, les partenaires étrangers connaissent la qualité du savoir-faire d’AREVA

La Commission européenne a donné son feu vert à cette réorganisation créant trois entités distinctes – New AREVA, AREVA NP et AREVA SA – en précisant que cette décision « ouvre la voie à un avenir durable pour AREVA. La compétitivité d’AREVA contribuera à garantir la sécurité d’approvisionnement en uranium de l’Europe ». Deux conditions préalables ont néanmoins été fixées par Bruxelles afin de finaliser la réorganisation : d’une part l’accord de la Commission pour le rachat d’AREVA NP, puisqu’il s’agit d’une opération de concentration ; d’autre part, la conclusion favorable par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) concernant le sujet de la ségrégation carbone dans les pièces de la cuve du réacteur EPR de Flamanville 3. Un dossier a été remis par AREVA et EDF à l’ASN montrant que les résultats des essais sont conformes à l’attendu, la décision finale revenant à l’ASN dans les mois à venir.
 

L'Etat investit dans une entreprise stratégique

Par-delà le soutien de l’État à une entreprise dont il est actionnaire majoritaire (86 %), la recapitalisation d’AREVA montre que l’entreprise se situe au cœur de la stratégie énergétique et industrielle de l’Hexagone. Les difficultés financières actuelles ne doivent pas masquer le fait que l’entreprise dispose d’un savoir-faire technologique inégalé, notamment dans les mines d’uranium et l’aval du cycle, lui permettant de disposer d’un carnet de commandes important (8 ans de visibilité) et d’un chiffre d’affaires à plus de 60 % réalisé à l’international.

La recapitalisation n’est donc pas une mise sous perfusion de l’entreprise mais un investissement sur l’avenir pour un groupe dont les principales plateformes industrielles sont situées en France (Tricastin, La Hague, MELOX) et dont les activités se positionnent à chaque fois dans le Top 3 mondial. L’engagement de l’État pour son fleuron comprend deux augmentations de capital : l’une de 2 milliards d’euros destinée à AREVA SA, et l’autre de 2,5 milliards d’euros maximum destinée à New AREVA et qui sera complétée par l’entrée de partenaires stratégiques minoritaires pour atteindre un total de 3 milliards d’euros.

En attendant l’augmentation de capital, l’État a accordé un prêt d’actionnaire de 3,3 milliards d’euros, sous la forme d’avances en comptes courants d’actionnaire à valoir sur la part des augmentations de capital réservée à l’État. Ces avances permettront à AREVA de faire face à ses échéances en attendant la réalisation des augmentations de capital.

Les partenaires étrangers connaissent la valeur d'AREVA

Hors de France, les partenaires étrangers connaissent la qualité du savoir-faire d’AREVA. C’est d’ailleurs pour cette raison que plusieurs d’entre eux ont fait connaître leur intérêt pour entrer dans le capital de New AREVA.

À ce stade, les négociations ont abouti avec deux sociétés japonaises : le conglomérat MHI et la société spécialiste du cycle du combustible nucléaire, JNFL. Le Japon est un partenaire historique du nucléaire français, qui a choisi également de développer les technologies de traitement et de recyclage des combustibles usés. En apportant 500 millions d’euros, les deux entreprises nippones représenteront 10 % du capital de la nouvelle société.

« J’espère que par le biais de futurs investissements, MHI et le groupe AREVA vont non seulement consolider un partenariat fort entre les industries nucléaires de nos deux pays mais aussi contribuer fortement au développement d’une énergie nucléaire encore plus sûre et fiable », a expliqué Shunichi Miyanaga, le PDG de MHI.

L’État a également salué, le 3 février 2017, l’accord avec MHI et JNFL, « deux industriels japonais de renommée internationale » et dont l’entrée au capital « confirme les perspectives de croissance et de rentabilité des activités de New AREVA, centrées sur le cycle du combustible ».

La Chine, qui développe un programme nucléaire ambitieux (plus de 20 réacteurs en construction) a également manifesté son intérêt pour New AREVA, à l’image de CNNC. Les discussions n’ont pas abouti à ce stade mais « la porte reste ouverte ». Des négociations commerciales sont engagées entre AREVA et CNNC pour la construction en Chine d’une usine de traitement et recyclage sur le modèle des usines de La Hague (Manche) et MELOX (Gard).

Concernant AREVA NP, dont le cœur de métier restera la conception de réacteurs, la fabrication de composants et de combustible, les services à la base installée, des discussions sont engagées pour l’entrée au capital de partenaires stratégiques minoritaires.

Crédit photo : DR

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