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Commedia dell'arte

Publié le par Felli Bernard

Commedia dell'arte

20 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie, #Pétrole, #Moyen-Orient, #Ukraine

Si les temps que nous vivons sont exaltants et dangereux, ils comprennent aussi leur lot d'invraisemblables pitreries et de retournements saugrenus.

A tout seigneur (saigneur ?) tout honneur, Trump semble véritablement avoir appris l'art de la pirouette chez le sultan. Plutôt que d'enquêter sur de supposées relations avec le Kremlin, il faudrait vérifier si le Donald n'a pas fait un petit séjour du côté d'Ankara avant son élection... Quel tournis, mes aïeux ! Dans la continuité de ses déjà nombreuses trahisons de promesses électorales, le blond occupant de la Maison blanche nous a sorti deux as, pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs.

Rappelez-vous, il s'était lâché pendant des mois contre l'Iran diabolique et le "désastreux" accord sur le nucléaire ("le plus mauvais jamais signé"). Et hop, je retourne ma veste. Dans une note au Congrès, la nouvelle administration a précisé que Téhéran respectait les clauses de l'accord et qu'un nouvel allègement des sanctions avait été décidé. C'est Bibi qui doit l'avoir mauvaise...

Moins encourageant, un ponte Républicain (Ryan pour ne pas le nommer) a déclaré que le TTIP, l'accord de libre-échange trans-atlantique, était "bon pour l'ordre mondial". On imagine l'intense pression de la libéralo-démente Frau Milka et de la clique otanienne. Certes, Donaldinho n'a encore rien dit mais l'histoire récente de ses volte-faces ne plaide pas en sa faveur.

L'administration Trump semble être complètement à la rue, se berçant d'illusions puériles sur un fantasmé refroidissement sino-russe en Syrie - y croient-ils seulement ? Pire, la fameuse flotte aéronavale se dirigeant à toute vapeur vers la Corée du Nord n'est en réalité jamais partie :

L'"armada" américaine promise il y a dix jours en réponse à la menace de Pyongyang n'a pas commencé à naviguer vers la péninsule coréenne, elle est même partie dans la direction opposée, a reconnu mardi 19 avril un responsable américain de la Défense.

Selon ce responsable, les bateaux se trouvent toujours au large de la côte nord-ouest de l'Australie. Le groupe aéronaval comprend le porte-avions Carl Vinson, de la classe des porte-avions Nimitz, son escadron aérien, deux destroyers lanceurs de missiles et un croiseur lanceur de missiles. Une photo de la marine américaine prise ce week-end montre le porte-avions au large de l'île de Java.

Le 8 avril, un porte-parole du commandement américain dans le Pacifique avait pourtant annoncé que le porte-avions et sa flotte faisaient route vers la péninsule coréenne, par "mesure de précaution". Donald Trump avait ensuite déclaré le 12 avril sur la chaîne Fox Business : "Nous sommes en train d'envoyer une armada. Très puissante".

Plusieurs médias avaient alors affirmé qu'il faisait route vers la Corée du Nord depuis Singapour, alors qu'en fait il avançait dans la direction opposée. La flotte américaine a de fait participé ces derniers jours à des exercices militaires avec la marine australienne, selon le responsable américain.

Avec le Donald, la croisière s'amuse et fait bien rire les observateurs. Grillé, le Pentagone se croit maintenant obligé d'envoyer, vraiment cette fois, la flotte mouiller en mer du Japon. Fake news, fausse armada, palinodies, bombardements factices, poudre aux yeux, grotesque opérations de com'... les Etats-Unis seraient-ils en train de devenir un fake country ?

Ce n'est certes pas la CIA qui contredira la chose, elle qui crie régulièrement au piratage russo-chinois avec des trémolos dans la voix. Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de la rage, c'est bien connu. En réalité, les récentes révélations sur la NSA montrent que les agences US ont allègrement piraté des sites russes et iraniens, notamment le site de la présidence à Téhéran ou celui du ministère russe de l'Energie atomique. Comment dit-on l'hôpital qui se fout de la charité en Langley ?

Une qui, par contre, ne sourit point est Exxon, désespérée de faire lever les sanctions contre la Russie ou, du moins, de bénéficier d'une exemption. Nous avions déjà vu que les sanctions lui avaient coûté 1 milliards de $ en 2015. Aujourd'hui, elle risque de perdre au profit de l'italienne ENI tous ses droits d'exploration en mer Noire si elle ne commence pas des forages avant la fin de l'année.

L'ironie de l'histoire est que son ancien PDG est maintenant secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et qu'il s'est lancé dans de curieuses diatribes anti-russes depuis quelques semaines. Trahison vis-à-vis du lobby pétrolier américain ou, au contraire, volonté de donner des gages à l'Etat profond pour mieux adoucir les sanctions par la suite et aider Exxon ? Comédie et théâtre d'ombres, encore une fois...

La Russie, elle, regarde tout cela d'un oeil goguenard. Ce que nous prédisions il y a deux ans se réalise : les sanctions lui ont permis de diversifier son économie et ses sources de revenu. Ainsi, les hydrocarbures qui représentaient 50% des recettes de l'Etat sont tombés à 36%. Certes, la baisse des cours du pétrole et du gaz ont eu une influence mais pas seulement.

Et puisque l'on parle d'or noir, depuis quelques mois, la grande sitcom s'appelle Citgo. Cette compagnie pétrolière possédant oléoducs et raffineries aux Etats-Unis pourrait tomber dans l'escarcelle de... Rosneft ! Pour résumer l'imbroglio, Citgo est détenue par Petroleos de Venezuela qui devait rembourser un emprunt à Rosneft. Vu la situation au pays de Maduro, c'est pour le moins compromis et le géant russe a maintenant le droit légal de mettre la main sur la filiale américaine.

Inutile de dire que les sénateurs US sont paniqués, Rubio en tête : " Nous sommes extrêmement inquiets du contrôle de Citgo par Rosneft qui pourrait représenter une grave menace pour la sécurité énergétique américaine et rendre vulnérables des infrastructures critiques de notre pays."

Le flamby élyséen, lui, est plutôt adepte des Précieuses ridicules. On se rappelle son coup de double menton dans le jabot à propos des Mistrals, annulant la livraison à la Russie et les redirigeant vers l'Egypte. Seul petit problème : Le Caire et Moscou discutent maintenant l'achat par les Russes des systèmes de contrôle et de communication des navires. Toumou Ier roulé une fois de plus...

Le grand cirque ne serait point complet sans ces autres fameux valets du système impérial que sont Porochenko et les inénarrables rebelles "modérés". A Londres, le premier a affirmé sans rire que l'héroïque armée ukrainienne avait sauvé l'Europe d'une invasion de tanks russes. Question à un kopeck : y a-t-il encore quelqu'un dans la salle pour prendre au sérieux Poroclown ?

En Syrie, une nouvelle formation rebelle est apparue... sur le net. Elle déclare, tenez-vous bien, vouloir reprendre Hassaké, Raqqa, Deir ez-Zoor et Qamishli. C'est-à-dire mener la guerre à la fois contre les Kurdes, Daech et l'armée syrienne, rien que ça. Aux dernières nouvelles, les "rebelles" sont une vingtaine et représentent un énième aboiement du sultan pour sauver la face.

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Trump : deux pas en avant, un pas en arrière

Publié le par Felli Bernard

Trump : deux pas en avant, un pas en arrière

Alors que la presse internationale décrit le grand retournement de Donald Trump, Thierry Meyssan montre qu’il n’en est rien : loin d’avoir abandonné son idéal de paix, le président des États-Unis hurle et bombarde, tout en faisant attention à ne rien commettre d’irréversible.

| Damas (Syrie)
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Le changement radical de rhétorique du président Trump sur l’ensemble de sa politique extérieure s’est accompagné du bombardement de la base syrienne de Cheyrat et de celui d’une montagne afghane.

Le monde a tremblé devant ce déploiement de force : 59 missiles Tomahawks en Syrie et une méga-bombe GBU-4/B3 en Afghanistan. Pourtant, la base de Cheyrat était à nouveau opérationnelle dès le lendemain, tandis que « la mère de toutes bombes » a certes provoqué l’effondrement de trois sorties d’un tunnel naturel, mais n’a pas détruit les kilomètres de passages souterrains creusés avec le temps par les rivières dans la montagne. Bref, beaucoup de bruit pour rien.

Ces deux opérations étaient manifestement destinées à convaincre l’État profond US que la Maison-Blanche soutenait à nouveau la politique impériale. Elles ont eu l’effet escompté sur l’Allemagne et la France. La chancelière Angela Merkel et le président François Hollande ont applaudi leur suzerain et appelé à en finir avec la Syrie. La surprise est venue d’ailleurs.

Le Royaume-Uni ne s’est pas contenté de suivre le mouvement. Son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, a proposé de prendre des sanctions contre la Russie, complice selon lui des « crimes » syriens, et responsable d’une manière ou d’une autre de la résistance afghane et de bien d’autres choses.

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, Johnson a annoncé l’annulation de son déplacement à Moscou et a invité tous ses partenaires à rompre leurs relations politiques et commerciales avec la Russie. Ces derniers, tout en approuvant l’initiative britannique, se sont prudemment tenus en retrait. Rex Tillerson, le secrétaire d’État états-unien, a quant à lui, clairement écarté cette folle proposition et a maintenu son voyage à Moscou. Avec aplomb, Johnson a alors déclaré que les Européens auraient mandaté Tillerson pour faire entendre raison aux Russes.

Alors que le protocole international prévoit la réception d’un ministre par son homologue et non par le chef d’État local, la presse atlantiste présentait l’accueil de Tillerson par Lavrov comme un refroidissement des relations américano-russes. Avant qu’il ait eu le temps de saluer son hôte, Sergey Lavrov fut interrompu par une journaliste de Washington qui le prit à partie. La rappelant à la politesse, le ministre russe refusa de lui répondre et écourta les présentations.

L’entretien, à huis clos, dura plus de quatre heures, ce qui paraît bien long pour des gens qui n’auraient rien à se dire. En définitive, les deux hommes demandèrent audience au président Poutine qui les reçut deux heures supplémentaires.

À l’issue de ces rencontres, les ministres délivrèrent une conférence de presse. Ils assurèrent sans rire avoir exclusivement pris note de leurs divergences. Sergey Lavrov mit en garde les journalistes devant le danger que cette rupture faisait courir au monde.

Cependant le lendemain, le même Lavrov, s’adressant à la presse russe, indiquait avoir conclu un accord avec son hôte. Washington se serait engagé à ne plus attaquer l’armée arabe syrienne et la coordination militaire entre le Pentagone et l’armée russe pour la circulation aérienne dans le ciel syrien aurait été rétablie.

En apparence, l’administration Trump hurle sa puissance et bombarde, mais en réalité, elle veille à ne rien commettre d’irréparable. Le pire et le meilleur sont donc possibles.

Source
Al-Watan (Syrie)

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François Fillon: «la Crimée est un territoire russe»

Publié le par Felli Bernard

François Fillon: «la Crimée est un territoire russe»

© REUTERS/ Pierre Constant
France
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La Crimée est à tous les points de vue un territoire russe, a déclaré le candidat au poste présidentiel français François Fillon.

Le candidat de la droite française au poste présidentiel François Fillon a déclaré dans une interview accordée au Figaro qu'il « ne sert à rien de s'entêter à dire que la Russie doit quitter la Crimée, ça n'arrivera jamais ».

Selon l'ancien premier ministre français, « personne ne peut nier que la Crimée est un territoire historiquement, culturellement, linguistiquement russe. »

L'homme politique français a également souligné qu'il fallait « respecter deux principes fondamentaux et contradictoires: le respect des frontières et du droit international et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. »

Selon le candidat, la seule façon de sortir de cette crise est d'organiser une conférence sur l'avenir de la Crimée pilotée par les Nations unies afin de trouver une solution.

Par ailleurs, François Fillon a estimé que les pays occidentaux ne devaient pas refuser de coopérer avec la Russie dans la lutte contre le terrorisme.

« On ne peut pas non plus combattre le totalitarisme islamique en Syrie sans ses forces et sans son régime (du président Assad, ndlr). Considérer que la présence de Bachar el-Assad nous empêche de travailler avec la Russie et l'Iran à l'éradication du totalitarisme islamique est une impasse », a-t-il souligné.

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FIER DE NOTRE NATION

Publié le par Felli Bernard

FIER DE NOTRE NATION
Par Armand Legay

mardi 18 avril 2017, par Comité Valmy

 

FIER DE NOTRE NATION

Une historiographie récente, masochiste et réductrice travaille à rabaisser la Nation française. Ce texte ne veut pas faire une apologie de celle-ci, mais rappeler quelques éléments clés qui la constitue et dont nous devons être fiers.

La Nation ou communauté de citoyen.nes

D’après le Dictionnaire Larousse, la Nation est un ensemble d’êtres humains vivants dans un même territoire, ayant une communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant une communauté politique. C’est une entité abstraite, collective et indivisible, distincte des individus qui la composent et titulaire de la souveraineté.

Selon le dictionnaire en ligne du CNRS ATILF, la Nation peut recouvrir plusieurs sens :


  Cela peut être un « groupe d’hommes dont les membres sont unis par une origine réelle ou supposée commune et qui sont organisés primitivement sur un territoire.

  Pour Joseph de Maistre, 1810, c’est un groupe humain, généralement assez vaste, dont les membres sont liés par des affinités tenant à un ensemble d’éléments communs ethniques, sociaux (langue, religion, etc.) et subjectifs (traditions historiques, culturelles, etc.) dont la cohérence repose sur une aspiration à former ou à maintenir une communauté.

  Cela peut être aussi un groupe humain stable, établi sur un territoire défini constituant une unité économique, caractérisé par une auto-conscience ethnique (marquée par l’idée de la communauté d’origine et de destinée historique), une langue et une culture communes, formant une communauté politique personnifiée par une autorité souveraine et correspondant à un stade évolué du mode et des rapports de production. Selon Jaurès «  Aucune [personne humaine] ne doit être privée des moyens positifs de travailler librement, sans dépendance servile à l’égard de qui que ce soit. C’est donc dans la Nation que le droit de tous les individus, aujourd’hui, demain et toujours, trouve sa garantie » (JAURÈS, Ét. soc., 1901, p.132) :

  Ou encore selon Roger MARTELLI, dans son livre La Nation, Paris, Éd. soc., 1979, p.22, la nation ne put apparaître, en tant que telle, à la surface des rapports sociaux, qu’au moment où se cristallisèrent les contradictions de classes, où elles nécessitèrent l’intervention directe des masses populaires. Pendant la Révolution française c’est un ensemble des personnes formant le Tiers État.

La définition de la nation donnée par Staline, à la demande de Lénine, dans le Marxisme et la question nationale est très souvent retenue :
"La nation est une communauté de personnes, stable, historiquement constituée, née sur la base d’une communauté de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique qui se traduit par une communauté de culture".
Staline : "Le marxisme et la question nationale". (Fin 1912 / début 1913) Dans cette analyse Staline respecte les principes du parti bolchevik du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et des nations à leur indépendance. Il convient de faire la part des choses entre les principes énoncés par Staline et sa pratique à la tête de l’Union Soviétique. Dans cette période trouble d’agression du premier Etat socialiste naissant, de conflit mondial et de guerre froide, pouvait-il faire autrement ?

Ma définition personnelle est la suivante : « La Nation est une forme collective d’individuation 1) humaine regroupant des populations de mêmes origines ou distinctes faisant une même société reconnue par l’ensemble des membres du peuple souverain sur un même territoire et ses frontières et ayant construit une constitution comprise par toutes et tous pour autorité incontestée. »

Origine de la Nation française

À partir de la Révolution, le terme Nation prend un sens politique précis et désigne une forme d’organisation sociale spécifique. Conjointement à cette acception, ce terme s’applique encore à cette époque à des groupes humains ayant eu des expériences d’organisation politique autonome, groupes qui ont en partie survécu à leur intégration dans le royaume de France avant 1789.
Plus tard, en 1882, niant l’importance de la géographie, de la race ou de la langue, Renan définit la Nation comme un « plébiscite de tous les instants ». Michelet, quant à lui, dans la préface de 1869 à son Histoire de France écrivait : «  La France a fait la France, et l’élément fatal de race m’y semble secondaire. Elle est fille de sa liberté. Dans le progrès humain, la part essentielle est à la force vive, qu’on appelle homme. L’homme est son propre Prométhée. »
Pour Fustel de Coulanges, 1870, « ce qui distingue les nations, ce n’est ni la race, ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances. Voilà ce qui fait la patrie. Voilà pourquoi les hommes veulent marcher ensemble, ensemble travailler, ensemble combattre, vivre et mourir les uns pour les autres. La patrie, c’est ce qu’on aime. Il se peut que l’Alsace soit allemande par la race et par le langage ; mais par la nationalité et le sentiment de la patrie elle est française. »
Il ouvre la voie au Renan de 1882 dans sa conférence à la Sorbonne “Qu’est-ce qu’une nation ?” Pour lui, l’essentiel de « Qu’est-ce qu’une Nation ? » réside dans la définition double que Renan formule à l’issue de sa conférence : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. L’homme, Messieurs, ne s’improvise pas. La nation, comme l’individu, est l’aboutissant d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont fait ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet. Le chant spartiate : « Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes » est dans sa simplicité l’hymne abrégé de toute patrie. » (p.50)

La volonté fédéraliste et atlantique
de destruction de la Nation française

À partir de ces définitions, qui montrent la Nation française comme le corps d’un être complexe, elle n’est plus telle que nous l’avons connue et vécue. Elle est en voie de disparition. Un dé-tricotage s’est opéré subrepticement dans toutes les structures de la société depuis la libération. Cela depuis le plan Marchal en Europe en passant par la CEE et l’ensemble des traités depuis 1951 2) qui nous ont conduits à Maastricht en 1992 et Lisbonne en 2005. Il est à rappeler ici que de Gaulle et Adenauer en 1962 parlaient de coopération et d’Europe confédérale. L’idéologie, la politique, la philosophie, l’économie du capitalisme a fait son œuvre sur nos territoires en collusion avec presque l’ensemble de tous les partis politiques pour déconstruire notre Nation et en faire une entité faite de 13 régions sans l’avis du peuple, avec cet étrange mot subsidiarité et son principe , 3)incompréhensible pour la majorité, tels que le veulent les fédéralistes européens et mondialistes. L’on peut aussi appliquer cette subsidiarité à l’ensemble des éditoriaux médiatiques et politiques qui fabriquent l’opinion. Ainsi, nous déléguons à ces faiseurs d’opinions virtuelles nos idéaux, nos révoltes, nos peurs, notre inquiétude du devenir.

Cela nourrit la servitude volontaire inconsciente et conforte l’absence de prise de responsabilité citoyenne. Cette Europe au service de la finance, couplée à une technique numérique éminemment politique au service du capital international, avec ses dirigeants fédéralistes a dépouillé nécessairement la France des ses valeurs et de son économie pour nous conduire sur le marché global. Pour perdurer, le capitalisme à toujours pratiqué la destruction créatrice. Pour lui, combattre les Nations pour se les asservir en y prenant le pouvoir par l’extrémisme, l’intervention militaire et la guerre est nécessaire.

En France, ce que l’on a connu de la Nation, de la souveraineté, de la République, de la laïcité, de l’égalité, a été mis en pâture, une soupe exquise pour les extrémismes politiques et religieux. Si les symboles de la Nation, de la patrie ont été repris de façon dévoyée après les attentats de Charlie Hebdo, eux aussi ont été abandonnés pendant des décennies. Le drapeau et l’hymne national et ce qui est écrit au fronton des mairies, sur les monuments aux morts ont été et sont toujours mis en pâture aux extrémismes. Comme on peut le penser, cela permet au capitalisme quand il ne peut pas contrôler les Nations, de créer les conditions d’un autre asservissement de celle-ci avec ses outils pervers que sont les jusqu’au-boutismes, les fascismes pour plus tard les contrôler face à tous systèmes ou idées politiques antagonistes a contrario des siennes.

De l’abandon des valeurs de la Nation
au profit du nationalisme xénophobe

Le tournant décisif est pris en mars 1983, avec la politique de rigueur. Le Président Mitterrand revient sur ses engagements économiques. Il ouvre la voie à un processus de privatisations après les nationalisations de début de mandat. Les marchés financiers sont partiellement dérégulés. La plupart des entreprises qui ont été nationalisées entre 1981 et 1984 seront privatisées sous le gouvernement Jacques Chirac entre 1986 et 1988 ; on peut considérer qu’à partir de 1984, la France quitte un fonctionnement économique étatisé (le capitalisme monopoliste d’état mis en place par De Gaulle) et adopte davantage un fonctionnement d’économie de marché au service de la finance. En même temps, Mitterrand permet au Front national d’avoir pignon sur la place politique lui qui était à 0,2 % :
« Sur les conseils de Michel Charasse, François Mitterrand signe, le 22 juin, une réponse écrite à Jean-Marie Le Pen : « Il est regrettable que le congrès d’un parti soit ignoré par Radio-Télévision. [...] Elle ne saurait méconnaître l’obligation de pluralisme qui lui incombe [...]. L’incident que vous signalez ne devrait donc plus se reproduire. Mais d’ores et déjà, je demande à Monsieur le Ministre de la Communication d’appeler l’attention des responsables des sociétés Radio-Télévision sur le manquement dont vous m’avez saisi. »

Au cours d’un point de presse organisé peu après, Michel Collinot salue, au nom du Front national, la « courtoisie du chef de l’État » qui a bien voulu répondre à la missive de Jean-Marie Le Pen. » (Enquête sur François Mitterand et l’extrême droite Emmanuel Faux, Thomas Legrand, Gilles Perez Le Seuil, Sept. 1994 extraits : pages 18 à 31)

Cette politique du gouvernement Fabius est voulue. En effet, favoriser les courants extrémistes est utile, comme l’a déclaré Pierre Berégovoy en 1984 avant son suicide en 1993 : « Au parti socialiste, on a tout intérêt à pousser le front national, (…) Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattable. C’est la chance historique des socialistes ».4)

Cette manipulation politique n’a pas servi ce nationalisme ouvert cité plus haut issu de la philosophie des lumières et de la Révolution que nous avons connu et qui est en voie de disparition. Par contre, elle a permis la progression extraordinaire de l’autre nationalisme fermé, xénophobe, raciste, fondé sur un monde en décadence et qui croit en l’obligation de préserver le peuple contre tous les agents de corruption. Cela va de paire en coopération entre ethnies et races de chaque nation, pourvu que ces communautés ne quittent pas leurs frontières. Cette vision extrémiste et pessimiste de la nation, ce recentrage sur un espace géographique fermé est la résultante de cette politique de la sociale démocratie française fédéraliste et européenne incluant l’ensemble des nations européennes dans un brouilly commun d’économie libérale. Ce sont ses dirigeants qui ont fait le lit aux fascismes en Europe hier (en 1933 en Allemagne avec la République de Weimar combattant le peuple et laissant le capitalisme nourrir le national socialisme contre l’URSS), et aujourd’hui dans le monde avec l’extrémisme pseudo religieux et en France avec la montée du FN.

Un renouveau politique, éducatif et culturel
pour sauver la Nation

Aujourd’hui, pour sortir du piège de la dette et de la vassalisation de la France à cette Europe fédéraliste germano-américaine et à l’OTAN, à la finance internationale sous hégémonie états-unienne, il nous faut rétablir l’indépendance politique et économique de notre Nation. Dans cette perspective, je pense que la réforme de notre constitution actuelle est nécessaire. Personnellement, j’opte pour la mise en place d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel avec des délégué.es issue.es du peuple, sans exclure la politique, mais les professionnels de la politique qui pour la plupart ont sabordé notre Nation depuis 60 ans. Pour amorcer et développer une réflexion et une dynamique vers cette constituante pour une Nation et une République inédite, un compromis historique et l’Union du Peuple de France dans son arc républicain, au-delà des clivages, doivent être recherchés. Malgré que selon des études le quotient moyen ait baissé de 14% en Angleterre depuis la seconde révolution industrielle et baissé de 4 points en France en 10 ans (les échos du 27 janvier 2017), il nous faut à coup sûr une éducation populaire performante du XXIe siècle associée au symbolisme national par un combat éducatif laïc et social. Former des citoyen.nes du futur et construire un large consensus est un enjeu majeur en ce qui concerne l’élaboration et la transformation par les citoyen.nes, des institutions de la République et de leurs contenus et ainsi réinventer une véritable démocratie nationale, un devoir pour que notre Nation telle que définie à l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme de 1789 perdure : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » L’hérédité royale est devenue ainsi par cet article l’hérédité du Peuple ! Cet héritage nous appartient !

Armand Legay
avril 2017

Notes :
1) L’individuation, (au contraire de l’individualisme), est synonyme d’un accomplissement meilleur et plus complet des tâches collectives d’un être, une prise en considération suffisante de particularités permettant d’attendre de lui qu’il soit dans l’édifice social une pierre mieux appropriée et mieux insérée que si ces mêmes particularités demeurait négligées ou réprimées. (C. G. Jung, 1963, p. 199, L’Ame et la Vie, livre de poche, Buchet/Chastel Paris 415 p.)
2) Le 18 avril 1951, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) est créée, pour une période de 50 ans, avec la signature du traité de Paris par six pays : la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la République fédérale d’Allemagne (RFA). (Wikipédia)
3) Le principe de subsidiarité est consacré par le traité de Lisbonne comme principe fondamental de l’Union, aux côtés des principes d’attribution et de proportionnalité (art. 5 TUE). Il consiste à réserver uniquement à l’échelon supérieur – ici l’Union européenne (UE) – uniquement ce que l’échelon inférieur – les États membres de l’UE – ne pourrait effectuer que de manière moins efficace. Ce principe a été introduit dans le droit européen par le traité de Maastricht (1992). Cependant, son existence est beaucoup plus ancienne : on en retrouve déjà l’esprit chez Aristote ou Saint Thomas d’Aquin. Il régit également les rapports entre l’État et les Länder en Allemagne. (http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/fonctionnement/france-ue/qu-est-ce-que-principe-subsidiarite.html)
4) Entretien avec Franz-olivier Giesbert, 1984, Le Président, Edition du Seuil, 1990, p.15

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Souvenir et nostalgie

Publié le par Felli Bernard

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Le Donbass dans l’attente d’une offensive de l’armée ukrainienne pendant que l’Ukraine poursuit sa descente aux enfers

Publié le par Felli Bernard

Le Donbass dans l’attente d’une offensive de l’armée ukrainienne pendant que l’Ukraine poursuit sa descente aux enfers


Par Christelle Néant – Le 12 avril 2017 – Source DONI press

Dans le Donbass, la tension est palpable alors que beaucoup guettent le moment où l’armée ukrainienne lancera une nouvelle  grande offensive sur fond d’effondrement total de l’Ukraine.

Les autorités russes ont elles-mêmes déclaré officiellement, via le porte-parole du Kremlin, que la mise en application des accords de Minsk était un fiasco. Après avoir fait preuve d’une patience et d’une capacité de conciliation diplomatique hors norme, la Russie a bien du finir par admettre que le plan de résolution pacifique du conflit est impossible à mettre en œuvre à cause de l’attitude de Kiev. C’est une façon diplomatique de déclarer ces accords comme étant morts. Ni plus, ni moins.

 

De leur côté, les États-Unis, pourtant toujours aussi acharnés dans leur russophobie chronique, semblent refuser de payer les pots cassés de leur politique interventionniste. En effet, lors d’une réunion du G7, Rex Tillerson, le secrétaire d’État américain, a demandé ni plus ni moins pourquoi les contribuables américains devraient se soucier du problème ukrainien. En clair : pourquoi devraient-il payer l’addition ?

En lisant cette déclaration, on se frotte les yeux, et on se pince, tant celle-ci semble surréaliste. Les États-Unis ont déstabilisé un pays démocratique, provoqué un coup d’État, et mis à sa tête des autorités illégitimes soutenues par des groupes nazis, et maintenant ils osent dire publiquement que ce n’est pas à eux de payer les pots cassés. On croit rêver. Audiard disait que les cons ça ose tout et c’est même à çà qu’on les reconnaît, mais là on se croirait dans un épisode de la quatrième dimension…

Les États-Unis se comportent comme un sale gosse, qui casse le jouet du voisin, et vient ensuite demander au nom de quoi il devrait rembourser le dit-jouet. Sauf que là il s’agit du sort de plusieurs dizaines de millions de personnes dont il est question. Des gens qui n’avaient rien demandé à personne et surtout pas aux États-Unis.

Et si les États-Unis commencent à devenir de plus en plus frileux concernant l’aspect financier de la question ukrainienne, c’est que les autorités américaines voient bien devant l’accumulation de catastrophes en cours, que l’Ukraine est en plein plongeon vers le fond de l’abîme.

Car le moins que l’on puisse dire, c’est que, comme on pouvait s’y attendre, la situation en Ukraine dégénère de plus en plus et de plus en plus vite.

Énergétiquement d’abord, les autorités ukrainiennes ont dû prolonger l’état d’urgence énergétique faute d’approvisionnement suffisant en anthracite dont les centrales électriques ukrainiennes à charbon ont absolument besoin pour tourner.

Des autorités qui se veulent rassurantes en parlant de futur approvisionnement via l’Afrique du Sud, sans dire publiquement que cela ne suffira pas. Car les quantités de charbon nécessaires sont énormes, et les faire transiter par bateau est un vrai casse-tête (l’acheminement par voie ferroviaire est le plus simple).

Un problème que le gouvernement ukrainien a intérêt à résoudre, s’il ne veut pas continuer la série de fermetures de centrales électriques du pays qui a lieu depuis une semaine faute de charbon (on en est maintenant à quatre centrales à charbon fermées).

Sans parler de l’aspect financier de la chose (l’Afrique du Sud étant à mon avis peu encline à envoyer son charbon en Ukraine sans être sûre d’être payée), car de ce côté là aussi, l’Ukraine va très mal.

Après la condamnation de l’Ukraine devant la haute cour de Londres concernant sa dette de 3 milliards de dollars envers la Russie (dette qu’elle devra payer très bientôt si elle ne veut pas se retrouver officiellement en défaut de paiement), les mauvaises nouvelles économiques s’accumulent en effet pour Kiev.

Ainsi, une étude menée par la société Ipsos MORI à la demande de l’entreprise Ernst & Young a révélé que l’Ukraine est le pays où les milieux d’affaire sont les plus corrompus au monde (sic). Au vu du résultat, le moins que l’on puisse dire c’est que la « révolution de la dignité » qui était censée lutter contre la corruption a lourdement échoué, pour ne pas dire plus.

Car niveau dignité, les Ukrainiens en ont de moins en moins, comme le révèle cette sordide affaire criminelle de trafic d’organes. Suite au Maïdan qui leur promettait monts et merveilles, les Ukrainiens se sont tellement appauvris qu’ils en sont maintenant réduits à vendre leurs organes à des trafiquants pour s’en sortir. Un business lucratif si on en croit le SBU et la police ukrainienne, puisque ce réseau envoyait 4 à 5 Ukrainiens par mois se faire enlever un rein à l’étranger contre de l’argent, dont 80 000 à 100 000 dollars par rein pour les trafiquants.

Et il ne s’agit que d’un seul réseau démantelé. Combien d’autres y en-a-t-il qui continuent d’officier en Ukraine, envoyant leurs concitoyens se faire charcuter pour quelques billets ? Rien que d’imaginer les chiffres on en a la nausée.

Et en terme de nausée, on est servi en Ukraine, avec la condamnation, somme toute très légère, des soldats et ex-soldats du bataillon Tornado à Kiev. Après des mois de procès, souvent interrompu par les nazis ukrainiens qui voulaient obtenir la libération des accusés, la cour du quartier d’Obolon à Kiev a en effet rendu son jugement dans le dossier de ce bataillon nazi, qui avait violé, torturé et tué des habitants du Donbass (y compris des femmes et des enfants).

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’au vu de l’atrocité des crimes commis, et des preuves indiscutables des faits présentes sur les téléphones portables des accusés, les 8 à 11 ans de prison ferme prononcés contre les accusés font à peine office de tape sur la main. Car on parle là de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre : kidnappings, torture, viols (y compris sur des enfants), et exécutions sommaires (en clair meurtres).

Les condamnés comme le Parquet ont fait appel pour des raisons opposées, mais le moins que l’on puisse dire c’est que la justice ukrainienne a été bien complaisante avec ce bataillon nazi. À Nuremberg de tels faits auraient valu la pendaison pure et simple à leurs auteurs.

Et il n’y a pas que la justice qui part à vau-l’eau en Ukraine. L’armée ukrainienne continue de se décomposer sur place dans le Donbass, comme le montre cette nouvelle explosion d’un entrepôt de stockage de munitions, face à Yassinovataya cette fois. Pour l’instant deux hypothèses sont envisagées : un non respect des règles de sécurité, ou une énième tentative de masquer les vols et reventes d’armes par les soldats ukrainiens, qui essayent ainsi de se faire de l’argent facile.

Les autorités ukrainiennes, de leur côté, envisagent de régler leur problème insoluble de gestion des ordures, en envoyant ces dernières dans la zone interdite de Tchernobyl, alors que celle-ci est devenue une réserve naturelle. Plutôt que d’investir pour régler le problème, la junte de Kiev essaye de cacher les ordures sous le tapis, en transformant cette zone en décharge géante radioactive à ciel ouvert. C’est vrai quoi, quitte à faire une connerie, autant la faire à fond…

Et puis détruire ce qui est à la surface ne suffisant pas, l’incurie des autorités de Kiev finit aussi par toucher le sous-sol. Ainsi, les représentants des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) à Minsk, ont révélé l’ampleur du désastre dans les mines inactives qui se trouvent dans la zone du Donbass occupée par l’armée ukrainienne.

Depuis le début de la guerre, un certain nombre de mines sont à l’arrêt, souvent pour cause d’infrastructures détruites que Kiev n’a jamais cherché à réparer. Résultat ces mines qui ne sont plus entretenues, et dont les pompes ont cessé de fonctionner, se remplissent d’eau, et sont pour beaucoup désormais inondées.

Ce qui pose deux problèmes : le premier est que cette eau qui part dans les mines est perdue, alors qu’une bonne partie devrait normalement alimenter la République Populaire de Lougansk par exemple ; le deuxième est encore plus grave, puisque l’eau qui a envahi ces mines les a profondément fragilisées, risquant de provoquer des effondrements des galeries, et donc du sol à la surface, avec toutes les conséquences tragiques que l’on peut imaginer.

L’Ukraine est à l’image de ces mines : à l’abandon, gravement fragilisée par les conséquences de ce dernier, et elle risque de s’effondrer à tout instant, en essayant d’entraîner le Donbass avec elle.

Christelle Néant

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Kubrick et la démence des élites américaines

Publié le par Felli Bernard

Kubrick et la démence des élites américaines

Les carnets de Nicolas Bonnal

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Kubrick et la démence des élites américaines

L’Armageddon se rapproche et on citera Lincoln qui évoque « la fin des Etats-Unis qui ne peut être que sous la forme d’un suicide ». Ce suicide avait bien commencé avec la guerre civile qui tua 2% des Américains et en un sens mit fin à la grande civilisation nord-américaine (j’écrirai un jour là-dessus), celle des Edgar Poe, Melville, Thoreau, mais celle aussi des Thomas Cole et des Albert Bierstadt (découvrez ces peintres, Cole surtout qui peignit la dégénérescence des empires). A la même époque un certain Jules Verne sent cette violence monstrueuse dans son livre De la terre à la lune. Je cite ce maître (Le Gun-Club, chapitre un) :

« On sait avec quelle énergie l’instinct militaire se développa chez ce peuple d’armateurs, de marchands et de mécaniciens (…)

Le premier qui inventa un nouveau canon s’associa avec le premier qui le fondit et le premier qui le fora. Tel fut le noyau du Gun- Club. Un mois après sa formation, il comptait dix-huit cent trente-trois membres effectifs et trente mille cinq cent soixante-quinze membres correspondants ».

Tout cela pour dire qu’on n’a pas attendu les néocons ni Trump. On a affaire à un pays de fous adorant les armes, et massacrant pour son plaisir le plus grand nombre. Avis aux bisons, aux russes et aux chinois. En Amérique, le génocide indien fut un sport, comme la chasse aux esclaves qui horrifiait Dickens dans ses notes américaines.

Tout le monde connaît Folamour et a vu Eyes Wide Shut. En écrivant mon livre sur Kubrick, j’ai relevé une constante dans cette œuvre généralement incomprise : une critique radicale, sarcastique et constante des élites.

• Dans le Baiser du tueur, on est face à un tenancier de « zoo humain » qui a des pulsions sexuelles incontrôlées et des tendances homicides. Il finira tué.

• Dans Spartacus, on est face à une élite romaine dépravée. Acteurs britanniques contre acteurs américains, comme le relevait avec humour Michel Ciment. L’écrivain communiste Howard Fast avait reconnu avoir ciblé les élites US de son temps maccarthyste.

• Dans Lolita, on est face à un certain as de la télé nommé Quilt (quilt, le matelas, qui veut aussi désigner le guilt, la culpabilité. Le jeu de mots n’est pas de moi mais de Nabokov) qui viole mère et fille avant de ses voir concurrencer par l’universitaire européen yéyé qui épouse la mère et viole la fille.

• Dans Folamour, on a un florilège de la culture US, basée sur le meurtre de masse et l’obsession sexuelle. Von Neumann inspira Folamour, Curtis Le May le général Turgidson (turgescent) sur qui mon ami Raico nous a tout dit. Le tueur de masse est incarné par un certain Jack Ripper, d’inspiration londonienne si l’on peut dire –on sait que c’était un chirurgien haut placé mais intouchable. Le film de Kubrick compare libération sexuelle (années play-boy) et adoration nucléaire. Les Barbie qui passent en boucle ces jours-ci sur les chaînes US jouissent en annonçant les explosions.

• 2001 est – quand on se frotte enfin les yeux – une histoire de conspiration. Les responsables de la NASA (le filet en espagnol)  masquent une info à leurs rivaux russes et cachent leur découverte du monolithe en nous faisant le coup d’une épidémie (une attaque bactériologique ? Chimique ? quels grands enfants de tout même !). A la fin on découvre que l’ordinateur avait en réalité tout loisir pour exterminer l’équipage. Il en savait plus que lui. Ridley Scott s’en souvient dans Alien : expendable crew, l’équipage est consommable et éliminable, comme les peuples d’aujourd’hui sous la houlette de Wall Street et de Bruxelles. Il est vrai qu’ils hibernent…

Je passe sur les films suivants de Kubrick pour ne pas consacrer ce texte qu’à lui et j’en arrive à Eyes Wide Shut qui filme les tendances des années Clinton : obsession sexuelle (pour Clinton comme pour Trump et ses modèles), spéculation financière, messagerie Illuminati (découvrez Texe Marrs), culte des sociétés secrètes et goût surtout des sacrifices humains. Le film était inspiré par Schnitzler et sa Traumnovelle. L’Autriche-Hongrie, empire à l’agonie, déclencha la troisième guerre mondiale avec sa cible serbe –  et nous laissa Hitler en paquet-cadeau.

Chez Kubrick les élites anglaises (Barry Lyndon, Orange mécanique où on s’aide des voyous pour tenir les populations) ou française (les sentiers de la gloire) ne valent guère mieux.  Il y a, pour reprendre le bon mot de Clint Eastwood, ceux qui creusent et ceux qui tiennent le pistolet. Il y a maintenant ceux qui tiennent la planche à billets et ceux qui triment. Ceux qui triment risquent de bientôt crever pour permettre à l’élite écolo US, qui trouve cette terre trop peuplée, de respirer (voyez mon texte sur la Nouvelle-Zélande).

C’est quoi le Donald ? Avic en fait un acteur, Philippe (Grasset) un homme de télé-réalité. Moi j’en ai fait dans mon livre un associé du diable puisque c’est ce qu’il est dans le film éponyme. Il a prêté son appartement à un acteur qui joue le promoteur immobilier le plus assassin de l’histoire ! The Donald est présent aussi dans le thriller comique Zoolander (un top model mind-programmé doit tuer le président malais) et dans Célébrité de Woody Allen. Woody Allen a précisé que Trump était un excellent homme de spectacle. Cela pourrait nous rassurer si nous croyions comme Thierry Meyssan que Donald n’a pas changé et qu’il ne fait que gesticuler militairement pour rassurer les médias néocons, en Amérique et à Paris.

J’en reviens à Kubrick. On a dit qu’il avait tourné les fausses images de l’alunissage (il aurait certainement fait mieux), qu’il avait dû fuir l’Amérique, et que même il fut peut-être assassiné, 666 jours avant le premier janvier 2001. Dans mon livre je ne conclue pas sur ce sujet (la bêtise revient souvent à conclure, disait Flaubert) mais je persiste dans cette affirmation : depuis au moins Lincoln et sa guerre de folie à un million de morts (l’esclavage fut aboli partout, et sans massacre), les élites US sont folles. Elles aiment le détonateur, le déclencheur, l’accélérateur, elles ont la gâchette facile. Après, disait le colonel Kurz d’Apocalypse now, elles adorent passer des pansements humanitaires.

Quant à la presse américaine, elle a toujours été aussi criminelle et abrutie. Tocqueville ne cesse de souligner sa nullité bavarde (« le seul moyen de neutraliser les effets des journaux est d'en multiplier le nombre »), et Jules Verne écrit :

« Donc, pendant cette terrible lutte des Nordistes et des Sudistes, les artilleurs tinrent le haut du pavé ; les journaux de l’Union célébraient leurs inventions avec enthousiasme, et il n’était si mince marchand, si naïf « booby », qui ne se cassât jour et nuit la tête à calculer des trajectoires insensées. »

 

Bibliographie

Nicolas Bonnal – Stanley Kubrick et le génie du cinéma (Kindle_Amazon) ; Trump et la rébellion américaine

Thomas J. Di Lorenzo – The real Lincoln (Mises.org)

Ralph Raico - Great wars and great leaders: a libertarian rebuttal (Mises.org)

Jules Verne – De la terre à la lune (ebooksgratuits.com)

Bert Yaeger - The Hudson River School – New Line Book Limited

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Dernières nouvelles syriennes

Publié le par Felli Bernard

Dernières nouvelles syriennes

17 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Si la vraie-fausse frappe donaldienne avait pour but de galvaniser les djihadistes modérés, c'est pour le moins raté. Le momentum est du côté des loyalistes et l'on sent comme une froide détermination du côté de l'alliance russo-syro-iranienne.

Au nord de Hama, front le plus important actuellement, les barbus ont perdu tous les gains si chèrement engrangés durant leur offensive de mars et l'armée syrienne est en mode attaque.

Les qaédistes se font vaporiser (en musique)...

... et l'aviation russe s'en donne à coeur joie lors de passages répétés avec des bombes massives (apparemment jamais utilisées jusqu'ici sur l'Idlibistan) ou des bombinettes-parachute :

Ce déluge de feu affaiblit sérieusement les défenses djihadistes, déjà passablement mises à mal, ouvrant la voie à l'armée syrienne. Depuis 72 heures, les villes tombent les unes après les autres dans le saillant de Hama. Pour libérer la pression, les rebelles ont tenté d'ouvrir un second front au sud, dans une petite poche qu'ils contrôlent entre Hama et Homs, mais elle a tourné court.

De leur côté, les forces loyalistes sises à Alep rongent leur frein en attendant de passer à l'attaque, au moins sur certains points. En filigrane, la grande offensive sur l'Idlibistan qui commence à se faire attendre...

Certes, prendre la dernière province rebelle (hors EI) sera tout sauf une partie de plaisir car s'y sont réfugiés à peu près tout ce que la Syrie compte de djihadistes. Mais cela signifierait également la fin de la guerre - cas Daech mis à part. Les barbus de l'Idlibistan avaient raclé les fonts de tiroir pour présenter 10 000 combattants lors l'offensive de mars sur Hama et celle-ci s'est terminée en eau de boudin. Une conclusion s'impose : ils ne sont plus capables de lancer de grandes offensives comme en 2013 ou 2015.

Ailleurs, les poches insurgées se comptent sur les doigts de la main et seront réduites tôt ou tard. Ainsi celle de l'est damascène où les combats font rage. Là comme ailleurs, les loyalistes avancent lentement, durement mais sûrement.

Tout au sud du pays, le front de Deraa s'est réveillé avec une offensive surprise d'un mix d'Al Qaida et d'ASL. L'aviation russe est très vite intervenue (une cinquantaine de bombardements) tandis que l'armée syrienne vient de recevoir d'importants renforts.

Rappelons que Deraa (cercle rouge) est toute proche des frontières jordanienne et israélienne et que les Sukhois évitaient généralement de vraiment bombarder la zone afin de ne pas effrayer Amman et Tel Aviv. Ce n'est apparemment plus le cas... Message subliminal : nous n'hésiterons pas à bombarder chaque centimètre de sol syrien si des djihadistes s'y trouvent, y compris à votre frontière.

Notons que dans la même région, Daech - qui occupe une poche bordant le Golan occupé par Israël - a fait des misères à l'alliance Al Qaeda-ASL.

Chose intéressante, un raid aérien syrien aurait été effectué très à l'est, à la frontière irakienne (triangle rouge-noir sur la carte), sur des cibles de l'EI. Or nous sommes ici comme qui dirait en "zone américaine". Si l'info se confirme, de deux choses l'une :

  • ou les canaux de communication entre les QG russe et US ont été rétablis et l'on assiste à une nouvelle "tolérance" de Washington vis-à-vis d'Assad
  • ou les Syriens sont sûrs d'eux (réception des systèmes anti-aérien ?) et marquent leur territoire (cf. démonstration de force russe à Deraa)

Dans les deux cas, c'est plutôt une mauvaise nouvelle pour les barbus...

C'est dans ce contexte qu'un kamikaze "modéré" a tué 130 civils dont 68 enfants près d'Alep il y a deux jours, lors d'un échange d'évacués. S'en est suivi une insurmontable réticence de la clique politico-médiatique occidentale à s'indigner. Que n'avait-on entendu sur le "boucher de Damas" après le false flag chimique de Khan Cheikhoun...

Là, les faits sont rapportés mais sans passion, sans hauts cris. Les condamnations des chancelleries occidentales sont sobres (doux euphémisme !) et tardives. Bref, le minimum syndical. Mais d'autres ne s'embarrassent même pas de ces scrupules, la palme de l'ignoble revenant sans doute à la BBC saoudisée qui a osé :

It happened when a vehicle loaded with food arrived and started distributing crisps, attracting many children, the BBC's Middle East correspondent Lina Sinjab said. Another vehicle then exploded.

She said it was not clear how the vehicle could have reached the area without government permission.

But there is also no evidence that rebels were involved in the attack, as the government claims.

Traduction : on ne peut savoir comment le véhicule est arrivé dans la zone sans permission du gouvernement (alors que c'était en plein territoire rebelle !) et il n'y a aucune preuve que les rebelles soient impliqués.

Quand on sait ce qu'était la vénérable BBC et quand on voit l'immondice qu'elle est devenue...

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Etats-Unis: la NSA surveillait des banques du Moyen-Orient, selon des hackers

Publié le par Felli Bernard

Des documents publiés par le mystérieux groupe de hackers "Shadow Brokers" laissent penser que la NSA, l'agence américaine de renseignement, a pu pénétrer le réseau interbancaire SWIFT et placer sous surveillance des banques du Moyen-Orient © AFP/Archives PAUL J. RICHARDS

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Etats-Unis: la NSA surveillait des banques du Moyen-Orient, selon des hackers

le 15 avril 2017

 

 

Washington – Des documents publiés vendredi par le mystérieux groupe de hackers « Shadow Brokers » (« courtiers de l’ombre ») laissent penser que l’agence américaine de renseignement (NSA) a pu pénétrer le réseau interbancaire SWIFT et placer sous surveillance plusieurs banques du Moyen-Orient.

Selon des experts en sécurité informatique, ces documents montrent également que la NSA a trouvé et exploité de nombreuses failles dans une gamme de produits Microsoft, largement utilisés sur les ordinateurs à travers le monde.

Ces documents sont présumés provenir d’une unité de piratage ultra-secrète nommée « Equation Group » au sein de la NSA.

« Les outils et les programmes révélés aujourd’hui ont été spécifiquement conçus pour cibler les versions antérieures du système d’exploitation Windows », a expliqué Pierluigi Paganini, spécialiste de la sécurité sur le site internet Security Affairs.

Ils « suggèrent que la NSA visait le système interbancaire SWIFT de plusieurs banques à travers le monde », a-t-il ajouté.

Les documents semblent indiquer que la NSA avait infiltré deux des bureaux du réseau SWIFT, basé en Belgique, y compris EastNets qui lui fournit des services technologiques au Moyen-Orient.

Via ce point d’entrée, la NSA semble avoir suivi les transactions impliquant plusieurs banques et institutions financières au Koweït, à Dubaï, à Bahreïn, en Jordanie, au Yémen et au Qatar.

EastNets a rejeté ces allégations dans un communiqué sur son site.

« Les informations sur un piratage présumé du réseau des bureaux de services EastNets sont totalement fausses et sans fondement », assure le groupe.

« Nous pouvons confirmer qu’aucune des données des clients d’EastNets n’ont été compromises de quelque manière que ce soit », ajoute le communiqué.

SWIFT a quant à lui affirmé que ces allégations de piratage ne portaient pas sur son propre réseau.

« Il n’y a aucun impact sur l’infrastructure ou les données du réseau SWIFT, mais nous comprenons que les communications entre ces bureaux de services et leurs clients ont été précédemment accessibles par des parties non autorisées », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le groupe « Shadow Brokers » est apparu l’année dernière en offrant à la vente une série d’outils d’espionnage utilisés par la NSA. Il n’y avait pas eu de preneurs au prix demandé de dizaines de millions de dollars et depuis lors, les pirates en ont dévoilé gratuitement une partie.

Les analystes estiment que beaucoup des programmes ainsi révélés ont déjà trois ans ou plus, mais qu’ils comportent des vulnérabilités encore inconnues qui pourraient encore être utilisées par d’autres pirates informatiques.

LNT avec AFP

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