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Nice : une information a ressurgi sur le dispositif de sécurité du 14 juillet

Publié le par Felli Bernard

 

Nice : une information a ressurgi sur le dispositif de sécurité du 14 juillet

 

https://youtu.be/qYpmeXU90n4

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Syrie : Réponse à un historien auto-proclamé, par Richard Labévière

Publié le par Felli Bernard

Richard Labévière est un journaliste et écrivain français qui a été rédacteur en chef à la Télévision suisse romande (TSR) et à Radio France internationale (RFI), et Rédacteur en chef de Défense, la revue de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) de 2003 à 2011

Source : Proche et Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-08-2016

Avec la reconquête annoncée d’Alep par l’armée nationale syrienne, Jean-Pierre Filiu – l’égérie des « révolutions arabes » – perd ses nerfs et remet le couvert1 : « la non-intervention des démocraties occidentales et de l’ONU dans le conflit syrien, depuis 2011, résonne en écho historique de la non-intervention prônée par les mêmes démocraties occidentales et la Société des Nations (SDN) lors de la guerre d’Espagne, de 1936 à 1939. Pas plus alors qu’aujourd’hui cette politique de passive complicité n’aura réussi à épargner à l’Europe des vagues de réfugiés et une violence sans précédent pour chaque époque respective. Je persiste et signe comme historien dans ce parallèle que beaucoup rejettent ». Diantre !

Cette imprudente persistance couronne cinq années d’une propagande échevelée, déformante et particulièrement désinformante quant à la situation qui prévaut en Syrie et dans la sous-région. Multirécidiviste acharné, Jean-Pierre Filiu nous répète inlassablement depuis l’été 2011 quatre himalayennes bêtises :

  • Bachar al-Assad est l’unique responsable de la guerre civile et par conséquent de ses quelques 300 000 victimes (oubliant un peu vite qu’environ 90 000 soldats de l’armée gouvernementale sont tombés au champ d’honneur pour défendre leur pays contre les hordes jihadistes) ;
  • c’est le même Bachar qui a inventé Dae’ch et les autres factions terroristes qui détruisent la région (même si les meilleurs analystes expliquent que ce terrorisme est le produit du démantèlement de l’Irak en 2003 par l’armée anglo-américaine) ;
  • les démocraties occidentales doivent aider la « rébellion modérée » (on la cherche depuis cinq ans sans l’avoir trouvée ou plutôt si… dans l’imagination de quelques poètes grassement rémunérés) ;
  • enfin, Bachar al-Assad doit partir (comme si cette décision dépendait des vapeurs d’un universitaire de quatrième zone, voire des proclamations du président de la République française ou du sultan de la grande Turquie démocratique).

Disons humblement que l’avenir de la Syrie dépend d’abord des Syriens qui se prononceront eux-mêmes lorsque leur pays sera débarrassé des dizaines de milliers de mercenaires tchétchènes, chinois, maghrébins et européens payés par l’Arabie, le Qatar et les autres démocraties les plus exemplaires du monde. Voilà restitué en quelques traits le bêtisier de celui qui ose se présenter comme un « historien » alors que ses humeurs militantes répondent termes à termes à l’agenda stratégique de ses commanditaires dont l’ultime finalité est le démantèlement de la Syrie nationale. Rien de très scientifique là-dedans, sinon trois postures récurrentes comme autant de figures imposées d’un patinage idéologique mortifère.

Durant l’été 2006, Bernard-Henri Lévy « couvrant » l’agression israélienne contre le Liban depuis… Haïfa osait déjà comparer (en première page du Monde) la soldatesque israélienne avec les joyeuses bandes des Brigades internationales engagées contre le fascisme dans l’Espagne de 1936. En l’occurrence, les bombardiers de Tel-Aviv étaient en train de détruire la quasi-totalité des infrastructures du Pays du cèdre en causant la mort de plus d’un millier de civils. Mais bon… BHL poussait l’inadmissible comparaison dans Le Monde sans que personne n’ait la possibilité de lui répondre. Le petit commissaire politique des pages « débats-opinions » du Monde – Nicolas Truong – veillait au grain, censurant toute tentative de réponse à cette infamie2. Ayant dû se retourner plusieurs fois dans sa tombe, George Orwell nous avait pourtant prévenu dans son 1984 : « la guerre c’est la paix ; la liberté c’est l’esclavage ; l’ignorance c’est la force ».

L’ANACHRONISME HISTORIQUE

Pour un historien, même auto-proclamé, l’anachronisme constitue, sans doute, une faute professionnelle, sinon l’égarement le plus rédhibitoire. Définissant l’opération historiographique, le grand médiéviste Michel de Certeau l’articule autour de trois dimensions inséparables et interactives. En premier lieu, elle est le produit du lieu social dont elle émane à la manière dont les biens de consommation sont produits dans des entreprises. A cet égard, il insiste sur le terme même de fabrication afin de souligner sa dimension la plus instrumentale. L’oeuvre historienne est alors conçue comme le produit d’un lieu institutionnel qui le surdétermine en tant que relation au corps social, tout en étant le plus souvent purement implicite, le non-dit du dire historien : « Est abstraite, en histoire, toute « doctrine » qui  refoule son rapport à la société… Le discours « scientifique » qui ne parle pas de sa relation au « corps » social ne saurait articuler une pratique.

En second lieu, l’histoire est une pratique, justement. Elle n’est pas simple parole noble d’une interprétation désincarnée et désintéressée. Au contraire, elle est toujours médiatisée par la technique et sa frontière se déplace constamment entre le donné et le créé, entre le document et sa construction, entre le supposé réel et les mille et une manières de le dire. A cet égard, l’historien est celui qui maîtrise un certain nombre de techniques depuis l’établissement des sources, leur classement jusqu’à leur redistribution en fonction d’un autre espace en utilisant un certain nombre d’opérateurs. L’historien est alors autant tributaire de l’archivistique de son époque que du degré de technicité des moyens mis en oeuvre pour la prospecter. Sur ce plan, la révolution informatique modifie substantiellement les procédures et démultiplie les potentialités d’analyse.

En troisième lieu, et cela fait le titre même de son ouvrage d’épistémologie historique de 1975, l’histoire est écriture. L’attention que porte Michel de Certeau au mode d’écriture de l’histoire ne signifie nullement qu’il limiterait cette discipline à sa seule dimension discursive : « En fait, l’écriture historienne – ou historiographie – reste contrôlée par les pratiques dont elle résulte ; bien plus, elle est elle-même une pratique sociale »3. Ainsi, en continuant à comparer indûment les jihadistes syriens aux Brigades internationales et les démocraties actuelles à celles de la SDN, Filiu remplit clairement un rôle social et une fonction idéologique précise. Son anachronisme (du grec ana : en arrière et khronos : le temps), son erreur inlassablement répétée n’est pas fortuite mais sert délibérément les intérêts des puissances régionales et internationales qui cherchent à faire de la Syrie ce qu’elles ont déjà fait de l’Afghanistan, de l’Irak de la Libye du Liban et de l’Europe.

L’anachronisme se retrouvent dans la littérature à vocation historique où l’auteur insère un fait, un personnage ou un objet qui ne correspond pas à l’époque relatée. C’est souvent le cas de la littérature de science-fiction mais aussi de romans historiques comme Da Vinci code ou Les rois maudits, par exemple, où les guerres médiévales sont présentées sous des formes que la guerre ne prendra que bien plus tard. En l’occurrence, les fous furieux du Front Fatah Al-Cham qui utilisent la population d’Alep comme bouclier humain n’ont rien… mais alors rien à voir avec Buenaventura Durruti, Isaac Puente, Ciprinano Mera et leurs partisans qui défendaient Madrid contre les hordes fascistes de Franco ! Indépendamment du respect minimal que l’on doit à ces combattants de la liberté et compte tenu de ces quelques rappels méthodologiques, on ne saurait que trop conseiller à notre « historien » une lecture sérieuse de Michel de Certeau et aussi celle de L’esprit scientifique de Gaston Bachelard. Cet effort l’amènerait certainement à corriger les nombreuses erreurs factuelles et les contresens qui ponctuent les différentes brochures qu’il a consacrées au phénomène jihadiste et à l’histoire complexe des Proche et Moyen-Orient.

IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION

Le deuxième registre préféré de Jean-Pierre Filiu est… LA REVOLUTION ! « Il était une fois la révolution » est un film italien de Sergio Leone, sorti en 1971. L’histoire se passe en 1913 au Mexique. Deux personnages font connaissance : un pilleur de diligences, Juan Miranda (Rod Steiger) et un Irlandais, ex-membre de l’IRA en fuite, spécialiste en explosifs, John Mallory (James Coburn). Juan voit en John le complice idéal pour braquer la banque de Mesa Verde qui se révélera plus riche en prisonniers politiques qu’en lingots d’or. Juan et John vont alors se trouver plongés en plein cœur des tourmentes de la révolution mexicaine, et ce bien malgré eux. Entre autres vertus, ce beau western spaghetti nous ramène à la relativité opérationnelle et morale de toute espèce de processus révolutionnaire.

L’auteur de ces lignes se souvient d’un plateau agité sur TV5-Monde avec une autre égérie de la « révolution syrienne ». Echarpe rouge autour du cou, le brave homme n’avait que le mot de « révolution » à la bouche jusqu’à ce que je lui fasse remarquer qu’il était peut-être un peu tôt pour qualifier les événements syriens de « révolution ». Réponse courroucée de mon interlocuteur : « mais Monsieur, vu votre jeune âge que savez-vous des révolutions ? Avec une certaine délectation j’expliquai alors qu’effectivement, « jeune reporter » j’avais eu la chance de couvrir la chute de Somoza et la victoire de la révolution sandiniste au Nicaragua. Celle-ci rétorquai-je arrêta trois décisions pour le coup fondamentalement révolutionnaires : une ambitieuse réforme agraire, la nationalisation des compagnies agro-alimentaires américaines (United Fruit Company) et la promotion des femmes. A quoi j’ajoutai : « à part violer les femmes des villages chrétiens et kurdes des heures durant, vos « révolutionnaires jihadistes » ont-ils adopté des décisions similaires ou approchantes ? » Notre révolutionnaire de plateau faillit avaler sa belle écharpe rouge.

On se souvient aussi d’un livre à quatre mains de Benjamin Stora (qui n’a aucune légitimité particulière concernant la Syrie) et d’Edwy Plenel (le chevalier blanc de toutes les investigations), deux rescapés du trotskisme de leur jeunesse vantant les progrès des « révolutions arabes » et n’hésitant pas à proclamer l’avènement prochain d’un « 1789 arabe » ! A mourir de rire, si les événements n’étaient pas aussi tragiques, mais en tout cas, lecture à conseiller dans la série Harry Potter comme remède au désenchantement du monde cruel.

Enfin de la même veine, on a gardé au coffre un papier de Jean-Pierre Filiu publié par Le Monde, daté du mois d’août 2011, où – substantiellement – il qualifie les « révolutions arabes » de tsunami démocratique submergeant le monde arabo-musulman et, surtout provoquant une panique générale parmi les groupes jihadistes, annonçant leur défaite prochaine, sinon leur définitive disparition. Bien vu et encore bravo !

Pour la révolution française, la joute des historiens est loin d’être terminée. Après les classiques d’Albert Soboul, d’Albert Mathiez, de Maurice Agulhon et de Boris Porchnev vint l’entreprise révisionniste de François Furet appuyée par ses copains « nouveaux philosophes » affirmant que Robespierre et Staline : c’est la même chose… A prochetmoyen-orient.ch, on recommande régulièrement la lecture du livre magnifique d’Eric Hazan Une histoire de la révolution française4.

Pour la révolution russe, et en hommage aux Brigades internationales d’Espagne, La révolution inconnue de l’historien anarchiste Voline demeure incontournable. Sans anachronisme aucun, l’ouvrage décrit scientifiquement les différences, les confrontations et les luttes entre les conceptions autoritaires et libertaires de la révolution, annonçant la fin tragique de Durruti et de ses amis sacrifiés durant le siège de Madrid. Alors, face à la « révolution syrienne » – dont Jean-Pierre Filiu continue à penser qu’elle produira l’homme nouveau après le départ de Bachar al-Assad – calmons-nous, parce que l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et Israël poussent d’autres pions qui n’ont vraiment rien à voir avec l’homme nouveau de notre historien pressé… Et c’est, plus ou moins consciemment mais en convergence militante et assumée avec ses ex-collègues du Quai d’Orsay, que l’« historien » Filiu monte aux barricades en nous servant toutes les fadaises d’une rébellion modérée, laïque, voire démocratique.

L’IDIOT UTILE

Même Le Monde, qui annonce la chute imminente de Bachar al-Assad depuis juillet 2011, commence à s’interroger sur la vraie nature des « révolutionnaires » syriens. Sur une pleine page5, le quotidien découvre dernièrement « le nouveau visage de l’insurrection d’Alep » : « appelés en renfort par les rebelles modérés, les jihadistes de l’ex-franchise d’Al-Qaïda tirent profit de la bataille »… On croit rêver ! Et le plus sérieusement du monde, le quotidien conclut que le groupe jihadiste qui occupe Alep « n’a pas signalé qu’il comptait modifier ses objectifs de long terme : l’établissement d’un émirat islamique en Syrie et l’imposition de la charia comme législation ». Ouf ! Cela fait plus de quatre ans qu’on leur explique, mais… mieux vaut tard que jamais !

Jean-Pierre Filiu, à qui les colonnes du Monde restent largement ouvertes, persiste et signe pourtant, accroché à une troisième posture/imposture qui ressurgit immanquablement dès que sa chère rébellion modérée est en difficulté : celle de « l’idiot utile ». Historiquement, l’expression a désigné des sympathisants communistes tel Jean-Paul Sartre qui soutenaient inconditionnellement l’URSS. Sartre expliquait alors à ses proches qu’il ne fallait surtout pas dire la vérité sur les purges et le goulag afin de « ne pas désespérer Billancourt »… « La liberté de critique est totale en URSS et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle », écrivait alors la coqueluche de Saint-Germain-des-Prés dans « Retour d’URSS »6. Bien-sûr, c’était la Guerre froide, dans les têtes aussi…

Certains historiens confirmés attribuent l’expression « idiot utile » à Lénine, même si on n’en trouve cependant pas trace dans ses ouvrages publiés. D’autres l’ont utilisée pour désigner et stigmatiser les intellectuels égarés dont la défense enthousiaste et naïve du régime soviétique exempte de toute critique. L’un des premiers « idiots utiles » serait le libéral hongrois Benkert, homme de lettres signant du pseudonyme de Karl-Maria Kertbeny. Personnalité excentrique, il était connu de Karl Marx et de Friedrich Engels qui le considéraient effectivement comme un « idiot » pouvant être utile. On trouve dans la Correspondance Marx-Engels, ces remarques : « cet âne de Kertbeny » (lettre de Marx, 3 juin 1864), « voyons s’il peut nous servir à quelque chose » (lettre de Engels, 2 février 1868).

L’expression « Useful Idiot » apparut aux États-Unis pour la première fois en 1948. Elle fut alors utilisée dans un article du New York Times à propos de la politique italienne. L’expression semble n’avoir plus été usitée dans la presse écrite jusqu’en 1961. Depuis, l’idiot utile est considéré comme étant naïf, parfois de bonne foi mais en plein déni de réalité à cause de son aveuglante fidélité. « L’expression est maintenant utilisée pour décrire une personne qui se laisse manipuler par un mouvement politique, un groupe terroriste ou un gouvernement hostile et ne s’applique plus uniquement aux communistes », nous disent les encyclopédies…

Retournement de la fin de la Guerre froide, le terme d’idiot utile est aujourd’hui réveillé par les néo-conservateurs américains pour qualifier amicalement les intellectuels de gauche européens – comme notre cher « historien » – souvent invités par les think-tanks américains afin de soutenir la « politique sunnite » de Washington, de Tel-Aviv et de Paris… En effet, les idiots utiles d’aujourd’hui sont littéralement fascinés par les Etats-Unis et leurs coups tordus démocratiques. Mais ces nouveaux idiots utiles sont dangereux.

Un jour, ils devront, sans doute, assumer leur responsabilité active dans le départ des gamins paumés de nos banlieues vers les jihad syriens, irakiens et africains, dans l’expansion du terrorisme contemporain et dans le soutien complice des pétromonarchies dictatoriales du Golfe. A force de décrire une rébellion syrienne comparable aux joyeuses bandes romantiques des Brigades internationales de la Guerre d’Espagne, il ne faut pas s’étonner de voir des gosses en rupture d’identité culturelle, familiale et sociale faire le serment des Brigands de Schiller : « voyez, mes yeux sont dessillés ! Quel fou j’étais de vouloir retourner à ma cage ! Mon esprit a soif d’action, j’aspire à la liberté de tout mon souffle ! Brigands, meurtriers ! Ce mot seul suffisait à mettre la loi sous mes pieds. Les hommes m’ont caché l’humanité au moment où j’en appelais à l’humanité. Loin de moi sympathie et ménagements humains ! Je n’ai plus de père, je n’ai plus d’amour, le sang et la mort m’apprendront à oublier que quelque chose ait jamais pu m’être cher. Venez, venez ! Oh ! Je vais me donner à la distraction d’une manière effroyable ! »7. Aujourd’hui, ces brigands devenus terroristes et assassins n’ont pas grand-chose à voir avec les Brigades internationales.

Malgré tout, Jean-Pierre Filiu « persiste et signe » sa comparaison stupide et indigne, il continue de nourrir sa haine viscérale du « régime de Bachar al-Assad » qui, pourtant ne menace pas la France, ni ses habitants, ni ses intérêts. Les psychiatres peuvent-ils expliquer une telle fixation obsessionnelle, un tel transfert d’émotions ? Qu’est-il arrivé à notre « historien » lorsqu’il n’était encore que diplomate de seconde zone en poste à Damas et à Tunis ? Historien peau de lapin… Jean-Pierre Filiu est un peu à l’histoire ce que BHL est à la philosophie : une imposture grossière, envahissante et dangereuse. Que notre homme ne donne-t-il l’exemple en partant combattre les armes à la main l’ignoble Bachar ! A défaut d’être pertinent, cela aurait au moins du panache !

Richard Labévière
15 août 2016
(Depuis l’Echo des montagnes d’Armoy – Haute-Savoie)


1 Médiapart, 7 août 2016. 
2 A l’époque, avec l’écrivain Philippe de Saint-Robert et une dizaine d’autres plumes reconnues, nous adressâmes au Monde une « réponse à Bernard-Henri Lévy » en expliquant les causes de cette guerre et ses conséquences désastreuses, évitant toute attaque polémique et, surtout en nous limitant au même nombre de mots et de signes que ceux de la diatribe de BHL. Notre censeur – Nicolas Truong – nous répondit que le quotidien n’avait pas la place de publier une telle tribune. Ce qui était possible pour BHL ne l’était pas pour une dizaine de journalistes et d’experts reconnus des Proche et Moyen-Orient. Après les attentats de janvier 2016, Nicolas Truong a été l’un des premiers à se proclamer « Je suis Charlie » et, bien-sûr, défenseur de la liberté de la presse.  
3 Michel de Certeau, L’écriture de l’histoire. Editions Gallimard, 1975. 
4 Eric Hazan : Une histoire de la révolution française. Edition La Fabrique, 2012. 
5 Le Monde du 10 août 2016. 
6 Libération du 15 juillet 1954. 
7 Schiller : Les Brigands. Editions bilingue Aubier, 1968.

Source : Proche et Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-08-2016

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3 réponses à Syrie : Réponse à un historien auto-proclamé, par Richard Labévière

  1. blue rider Le 18 octobre 2016 à 01h35
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    Jean Pierre Filiu l’aspic, mais aussi par exemple le général Benoit Puga conseiller des Borgias Sarkozy puis Hollande, ou feu l’ex diplomate Wladimir Glasman alias “Ignace Leverrier” et son blog infâme sur le site non moins infâme du Monde… un triumvirat parmi d’autres en France, responsable du brouillard médiatique entre les intrigues du pouvoir français, et le peuple français rendu incapable de comprendre ces intrigues. Il faudra vite enquêter sur les liens de ces apparatchiks là, avec le vrai pouvoir décisionnaire sur le cas syrien en France, c’est à dire les réseaux de TOTAL et de QATAR PETROLEUM, eux-mêmes influencant les réseaux financiers, monétaires, bancaires, fiduciaires et politiques (commissions ?) français impliqués dans les flux d’argent générés par les profits de l’exploitation du gaz qatari dans le Golfe Persique… là oui, là on avancera et la brillante description de M. Labévière retrouvera toute sa place dans notre Histoire et notre diplomatie. En l’état, c’est “une bouteille à l’amer”…

  2. Pegaz Le 18 octobre 2016 à 03h45
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    Cité dans le texte :
    « Durant l’été 2006, Bernard-Henri Lévy « couvrant » l’agression israélienne contre le Liban depuis… Haïfa osait déjà comparer (en première page du Monde) la soldatesque israélienne avec les joyeuses bandes des Brigades internationales engagées contre le fascisme dans l’Espagne de 1936. »

    Reprise par Jean Marc Ayrault et le nouvel obs, nouvelle analogie à la mode :
    Pourquoi on peut comparer Alep à Guernica ? L’histoire pour comprendre par François Reynaert.
    OU « l’histoire en deux coup de cuillère à pot depuis ma cuisine » à comparer sans modération avec le témoignage de l’archevêque d’Alep proposer par les Crises le 16 octobre 2016

    http://tempsreel.nouvelobs.com/video/20161014.OBS9848/video-pourquoi-on-peut-comparer-alep-a-guernica.html

  3. Pegaz Le 18 octobre 2016 à 04h18
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    Petit rappel sur le licenciement de Richard Labévière… une interview de Bachar al-Assad, quelques analyses et positions non conformes et une mise au pas de l’Audiovisuel extérieur de la France, RFI et TV5 Monde – à France 24.
    https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-09-04-RFI

    La pertinence de sa critique à l’égard de Jean-Pierre Filiu est d’autant mise en relief par cette interview réalisé par médiapart, notamment par les analyses de Myriam Benraad et celle de Patrick Haimzadeh.
    https://www.youtube.com/watch?v=p7n5uCbEkxg

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RT @Maaanick: @tritriva je suis d'accord avec vous...

Publié le par bernard felli

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La «Principauté salafiste» – ISIS a-t-il été payé pour quitter Mossoul et prendre Deir Ezzor ?

Publié le par Felli Bernard

La «Principauté salafiste» – ISIS a-t-il été payé pour quitter Mossoul et prendre Deir Ezzor ?


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Le 12 octobre 2016 – Source Moon of Alabama

J’ai parlé, le 20 septembre, de la raison probable de l’attaque volontaire américaine sur une position cruciale de l’armée syrienne à Deir Ezzor.

Deux attaques récentes contre l’armée arabe syrienne dans l’est de la Syrie laissent penser que les Américains tentent d’éliminer toute présence du gouvernement syrien à l’est de Palmyre. Cela permettrait aux États-Unis et à leurs alliés de créer une «entité sunnite» dans l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak qui serait une épine permanente dans le flanc de la Syrie et de ses alliés.

[…]

Le plan américain est de prendre éventuellement Raqqa en utilisant des mercenaires turcs ou kurdes. Il prévoit également de laisser l’armée irakienne reprendre Mossoul en Irak. Deir Ezzor est la seule grande ville qui reste entre les deux sur le territoire d’État islamique. Si l’EI réussit à la prendre à la garnison de l’armée syrienne retranchée, il aura une bonne base pour survivre. (En plus, il y a de riches puits de pétrole à proximité.) Personne, à part l’État syrien affaibli, n’aurait un intérêt immédiat à le chasser de là.

Il y a de nouvelles indications que cette analyse était correcte.

Hier, le président turc Erdogan a fait une remarque qui pointe dans cette direction. Comme le journaliste britannique Elijah Magnier l’a résumé :

Elijah J. Magnier @EjmAlrai

Erdogan: «La #Turquie participera à #Mossoul exactement comme elle l’a fait à #Jarablus. L’armée n’obéit pas au Premier ministre d’#Irak qui devrait connaître ses limites.»

04:06 – 11 octobre 2016

«Comme Jarablus» : la comparaison est intéressante. Les Turcs et leurs mercenaires ont pris Jarablus, dans le centre-nord de la Syrie, à État islamique, sans combat et sans faire de victimes. ISIS était sorti de la ville avant que les Turcs n’arrivent. Tout cela avait forcément été organisé à l’avance.

C’est pourquoi j’ai répondu ceci au tweet de Magnier :

Moon of Alabama @MoonofA

Les Turcs vont-ils payer ISIS pour quitter Mossoul comme ils l’ont fait à Jarablus ?

05:58 – 12 octobre 2016

Trois heures plus tard, ce tweet d’un historien syrien bien informé qui est journaliste à Londres a répondu à ma question :

Nizar Nayyouf @nizarnayouf

Dernières nouvelles : des sources à #Londres disent : «#États-Unis & #Arabie-saoudite ont conclu un accord pour laisser #ISIS quitter #Mossoul secrètement et en toute sécurité, et passer en #Syrie» !

09:28 – 12 octobre 2016

Erdogan prédit que ses troupes et ses forces par procuration vont prendre Mossoul comme ils ont pris Jarablus, où ils sont entrés pacifiquement, sans combattre, dans la ville que les djihadistes avaient quittée.

Les Saoudiens et les États-Unis avaient organisé tout cela.

Les États-Unis ont bombardé la position la plus importante de l’Armée syrienne à Deir Ezzor pour qu’ISIS, qui bénéficie maintenant de l’aide de ses cadres de Mossoul, puisse prendre la ville. Un bel endroit pour garder ISIS bien au chaud dans l’est de la Syrie jusqu’à ce qu’il puisse être utilisé plus tard dans une nouvelle entreprise impériale.

Un bon plan lorsque votre objectif global est de créer un mini-état mercenaire à vos ordres au centre du Moyen-Orient. Comme l’a écrit la Defense Intelligence Agency des États-Unis en 2012 :

IL EST POSSIBLE D’ÉTABLIR UNE PRINCIPAUTÉ SALAFISTE, OFFICIELLE OU NON, DANS L’EST DE LA SYRIE (HASAKA ET DER ZOR), ET C’EST EXACTEMENT CE QUE LES PUISSANCES QUI SOUTIENNENT L’OPPOSITION VEULENT, AFIN D’ISOLER LE RÉGIME SYRIEN.

Mais ce plan suppose de se battre contre les forces aériennes syriennes et russes qui feront de leur mieux pour défendre la petite coalition de l’armée syrienne et les 100 000 à 200 000 civils syriens assiégés par ISIS à Deir Ezzor. Les États-Unis et leurs alliés y sont peut-être prêts. Un célèbre membre britannique du Parlement Tory a déjà déclaré que les avions de chasse britanniques devraient avoir le droit d’abattre les avions russes en Syrie. Les États-Unis avaient affirmé que des avions britanniques avaient pris part à l’attaque traîtresse de Deir Ezzor.

Le camp qui défend Deir Ezzor manque de défenses aériennes. La couverture des systèmes russes de la côte ouest syrienne ne s’étend pas aussi loin à l’est. Le système syrien est surtout destiné à défendre Damas et d’autres villes contre les attaques d’Israël.

La Russie a récemment parlé de livrer 10 nouveaux systèmes de défense aérienne Pantsyr-S1 à courte et à moyenne portée à la Syrie. Au moins deux d’entre eux devraient être transportés par avion à Deir Ezzor, dès que possible.

MISE À JOUR : On vient de porter à ma connaissance un récent discours de Nasrallah le chef du Hezbollah, qui a flairé la même boule puante que moi :

Sayyed Nasrallah a dit que les Américains avaient l’intention de refaire ce qu’ils ont fait à Fallujah quand ils ont ouvert une voie aux terroristes d’ISIL pour qu’ils s’échappent vers l’est de la Syrie avant que les avions de guerre irakiens ne ciblent leur convoi, et il a prévenu que le même stratagème pourrait bien être utilisé à Mossoul.

Traduction : Dominique Muselet

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À recourir à la fraude, vous perdrez votre Empire

Publié le par Felli Bernard

À recourir à la fraude, vous perdrez votre Empire


«Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour.» – Évangile selon saint Luc (8:17)

«Il y a un vieux dicton au Tennessee – je sais qu’il existe au Texas, et probablement au Tennessee – qui dit trompe-moi une fois, honte sur… – honte à toi. Trompe-moi – tu ne peux pas me tromper à nouveau.» – George W Bush


Saker US
Saker US

Par The Saker – Le 13 octobre 2016 – Source The Saker

En avril 2014, j’ai écrit un article intitulé How the Ukrainian crisis will eventually bring down the AngloZionist Empire [Comment la crise ukrainienne finira par faire tomber l’Empire anglosioniste] dans lequel j’établissais une liste des similitudes entre l’Union soviétique des années 1980 et les États-Unis d’Obama, et j’écrivais ce qui suit.

Ce que les Anglosionistes défendent ouvertement et publiquement en Ukraine est l’opposé de ce qu’ils sont censés défendre. C’est une chose extrêmement dangereuse à faire pour n’importe quel régime et l’Empire anglosioniste ne fait pas exception à cette règle. Les Empires s’écroulent souvent lorsque leur propre peuple est désillusionné et dégoûté par l’énorme écart entre ce que les élites dirigeantes disent et ce qu’elles font. Le résultat n’est pas tant que l’Empire affronte des ennemis redoutables mais le fait que personne ne veut se lever – sans même parler de mourir – pour le défendre.

Plus de deux ans après, à regarder la course pour la présidence entre Trump et Hillary, je suis étonné de voir combien l’habitude de mentir, de nier l’évidence, de tromper et de dénaturer a profondément et clairement imprégné le discours politique américain.

Tout d’abord, il y a la manière absolument éhontée dont les médias sionistes commerciaux cognent sur Trump sans même prétexter l’objectivité ou la véracité. Bien sûr, j’ai toujours su que la machine de propagande étasunienne mentait et que les médias étaient possédés par l’État profond, mais au moins il y avait ce mince vernis de pseudo-objectivité d’avoir entendu les «deux côtés». Aujourd’hui, c’est fini. Quand ils ont affaire à Trump, nous avons les «deux minutes de la haine» d’Orwell, mais diffusées 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Non que Trump ne mérite pas certaines d’entre elles, mais comparé à la manière dont de vraies ordures comme les Clinton sont traitées, le lynchage de Trump est, je crois, sans précédent et unique. Pourquoi est-ce important ? Parce que maintenant, les masques sont tombés, les prétextes sont évacués, et ce que vous voyez est le vrai visage des médias dominants tel qu’ils ont toujours été : haineux, hypocrites et totalement corrompus. Et puisque des médias véritablement libres et indépendants sont centraux pour une démocratie qui fonctionne, la corruption totale des médias aux États-Unis est aussi la preuve que ce pays ne dispose pas d’une démocratie qui fonctionne.

Deuxièmement, il y a les événement totalement surréalistes qui se déroulent en Syrie : la trahison par les États-Unis de l’accord signé avec la Russie, les menaces étasuniennes d’attaquer la Syrie (en toute illégalité), les larmes de crocodile sur la situation humanitaire à Alep (et les yeux fermés sur le Yémen), l’hypocrisie hallucinante des États-Unis qui veulent traduire les Syriens et les Russes devant un tribunal pénal international pour crimes de guerre, le soutien maintenant absolument ouvert à al-Qaïda (c’est-à-dire al-Nusra, c’est-à-dire Jabhat Fateh al-Sham, c’est-à-dire Daesh) et les menaces de les armer, les menaces ouvertes de l’Amiral Kirby d’abattre des avions russes, de bombarder des villes russes et de renvoyer des soldats russes dans des sacs mortuaires – nous voyons maintenant une administration qui est devenue complètement «folle» à propos de la Syrie et qui ne sait même pas ce qu’elle fait. Dire que les 1 000 à 4 000 militaires et contractants américains déployés en Syrie «servent leur pays», «défendent la démocratie» ou «notre mode de vie» est tout simplement risible et tout le monde le sait. Mais personne ne dit un mot à ce sujet. En fait, leur présence est rarement évoquée.

Cette posture kafkaïenne à l’égard de la guerre avec la Russie n’est tout simplement jamais débattue par un expert ou un organe de presse. C’est comme si cela n’existait pas, mais bien sûr que ça se passe, juste sous nos yeux. Les responsables russes en parlent tous les jours, ainsi que les médias russes, c’est l’un des sujets les plus débattus à la télévision, et pourtant sur «la terre des braves et de la liberté», c’est une sorte de «non-sujet» orwellien qui, par consensus, n’a ni existence, ni réalité, ni pertinence : la politique des fous néocons risque de transformer les États-Unis en un immense tas de cendres radioactives, mais le sujet qui préoccupe tout le monde, c’est le propos de pot de chambre de Trump au sujet des femmes.

Pour vous, je ne sais pas, mais je vois plus de noblesse dans l’orchestre de chambre du Titanic jouant la valse Songe d’Automne tant que le navire peut encore flotter que dans le spectacle pathétique que l’Empire anglosioniste (qui fait également naufrage) nous offre aujourd’hui.

Sur le front extérieur, l’empire redouble ses mensonges. Ci-dessous, quelques titres récemment vus dans des articles de membres de la cinquième colonne en Russie et de leur collègues à l’étranger :

TitreRéalité
Le patriarche Kirill interdit les avortements en RussieLe patriarche Kirill, avec d’autres chefs religieux, a signé une déclaration selon laquelle les avortements ne devraient pas être payés par l’État.
Les femmes russes seront forcées d’accoucher
Les employés seront licenciés s’ils utilisent Whatsapp ou des services de messagerie similaires Les employés de l’État ont l’interdiction d’utiliser des services de messages pour diffuser des informations en relation avec leur travail ou classifiées.
Tolstoï et Dostoïevski sont maintenant interdits dans les écoles Divers responsables discutent du degré scolaire auquel les auteurs classiques russes devraient être étudiés.

Ce ne sont que quelques exemples récents. De telles ordures sont publiées presque quotidiennement par la presse «jaune» pro-occidentale en Russie et par les médias commerciaux occidentaux.

Bien sûr, les néocons ont toujours gouverné «par la fraude», comme l’ont fait les dirigeants anglais de l’Empire britannique, mais dans la Russie moderne, ils se heurtent aujourd’hui à un grand nombre d’obstacles qui compliquent grandement leur travail :

1) Poutine a fait un excellent travail, lentement mais sûrement, en expulsant les pires russophobes des principales chaînes de télévision et de radio russes. Bien sûr, certains ont été laissés là, très délibérément (j’en explique la raison en détail ici), mais ils ne contrôlent sûrement pas les médias comme ils le faisaient pendant les années 1990.

2) À l’âge d’Internet, il suffit de quelques jours pour démonter les mensonges d’Oncle Sam, des néocons ou de la cinquième colonne russe (pour le dernier exemple, voir ici).

3) Les Russes se souviennent des années 1990 et ils suivent de très près ce qui se passe de l’autre côté de la frontière dans l’Ukraine occupée par les nazis, et ils réalisent que ce que subit l’Ukraine est ce que la Russie a enduré dans les années 1990 et qu’elle devrait revivre si les forces pro-occidentales revenaient au pouvoir. D’une certaine manière, vous pourriez dire que les Russes ont été «vaccinés» contre la propagande anglosioniste.

Je pense que tandis que la situation est encore bien pire aux États-Unis, il y a aussi quelques signes encourageants que les mensonges commencent à s’user. Alors que des millions croient encore la boîte à idioties ou n’ont simplement plus l’énergie de penser, il y en a aussi des millions qui sont totalement désillusionnés, cyniques, dégoûtés et fâchés des élites parasites qui les gouvernent. En gros, les grands médias suscitent une profonde méfiance. Quant aux journalistes, ils sont à peu près aussi respectés que les avocats et les médecins (intéressant combien ces deux nobles professions ont été complètement discréditées par leurs praticiens en quelques décennies !). Nous pouvons spéculer pendant des heures pour savoir si Trump a encore une chance de gagner la prochaine élection ou non, mais je soutiens qu’à en juger par leurs actions paniquées, les néocons croient vraiment qu’il le pourrait. Et cela les terrifie. Ils craignent clairement que ceux qu’ils considèrent comme leurs esclaves stupides puissent se révolter contre leur domination (comme cela s’est passé si souvent dans l’Histoire).

Je sais qu’il y en a beaucoup qui ne font pas confiance à Trump. Et je suis d’accord avec eux. Je ne lui fais pas non plus confiance. Cependant, alors que je ne fais pas «confiance» à Trump, j’admets qu’il soit possible qu’il puisse vraiment être un président qui mettrait les intérêts du peuple américain au premier plan, et les intérêts de l’Empire anglosioniste en second, loin derrière. L’histoire des empires est pleine de situations où une partie de la classe dirigeante s’est tournée contre l’autre (les SA et les SS, les trotskystes et les staliniens, etc.). Il n’y a aucune raison de rejeter à priori la possibilité d’un schisme au sein de l’État profond étasunien, qu’une partie veuille sauver l’Empire aux dépens des États-Unis (les néocons) et qu’une autre veuille sauver les États-Unis aux dépens de l’Empire (les partisans de Trump). De nouveau, je ne dis pas que c’est probable, j’admets seulement que c’est possible. Et si c’est réellement une possibilité, ne serait-ce pas aussi possible que la population américaine vote délibérément contre ses propres médias de masse et ses élites politiques, exactement comme le peuple britannique a choisi le Brexit au mépris total de la doxa officielle ? Que tout le dénigrement de Trump puisse effectivement l’aider à se faire élire ?

Se pourrait-il qu’après avoir perdu contre la Russie à cause de leurs mensonges, les néocons perdent les États-Unis à cause de leur propension apparemment incurable à gouverner par la fraude ?

Pendant des années, j’ai eu l’habitude d’écarter les élections présidentielles américaines comme une plaisanterie, une fraude et un exercice de lavage de cerveau collectif. Cette fois-ci, et pour la première fois, je pense qu’il y a une possibilité, bien que mince, que quelque chose d’important soit décidé le 8 novembre. Le fait même qu’une telle possibilité soit apparue est en elle-même tout à fait remarquable et est encore un nouveau signe de la profondeur que la crise systémique a atteinte. Quant aux parasites qui forment le 1% qui gouverne cet Empire, ils sont clairement en mode panique, probablement parce qu’ils sont beaucoup mieux informés que la plupart d’entre nous sur la situation qui est vraiment catastrophique.

Une victoire d’Hillary ne changera rien à tout cela. Elle ne le rendra que beaucoup, beaucoup plus dangereux. Avec Trump, il y a au moins une possibilité de retrait graduel, plus ou moins organisé, un retrait de toutes sortes, une transition où les États-Unis passent de l’aspiration à l’hégémonie mondiale à des États-Unis comme pays important, mais «normal». Très semblable à la Russie aujourd’hui, j’espère.

Avec Hillary nous pouvons être sûrs que l’Empire mettra les bouchées doubles, continuera à se mentir à lui-même et au reste de la planète, et le niera totalement, rendant inévitablement la fin très violente, éventuellement catastrophique. Je ne serais pas surpris que les «fous dans la cave» préfèrent un holocauste nucléaire (leur sujet favori !) à une libération des États-Unis et du reste de la planète de leur pouvoir diabolique. C’est donc notre devoir de les empêcher de réussir à détruire notre planète.

The Saker

L’article original est paru sur The Unz Review

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Que peuvent les Russes face à une attaque américaine en Syrie ?

Publié le par Felli Bernard

 
 
 
 
 
 
 
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Aux dernières nouvelles, la Russie alancé un ultimatum passif aux États-Unis sur la Syrie.

Les tensions entre la Russie et les États-Unis ont atteint un niveau sans précédent. Je suis totalement d’accord avec les participants à l’émissionCrossTalk, la situation est même pire et plus dangereuse que pendant la crise des missiles cubains. Les deux camps se dirigent maintenant vers ce qu’on appelle un Plan B  qui, pour le dire simplement, représente au mieux « pas de négociations » et, au pire, « une guerre entre la Russie et les États-Unis ».

L’essentiel à comprendre dans la position russe, dans d’autres conflits récents avec les États-Unis, est que la Russie est toujours beaucoup plus faible qu’eux et qu’elle ne veut par conséquent pas la guerre. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle ne s’y prépare pas activement. En réalité, elle le fait intensément et activement. Tout cela signifie que si un conflit éclatait, la Russie essaierait, autant qu’elle le peut, de le maintenir aussi limité que possible.

Théoriquement, les niveaux possibles de confrontation sont, en gros, les suivants :

  1. Une impasse militaire du genre Berlin 1961. On pourrait dire que c’est déjà en cours en ce moment, quoique à distance et de manière moins visible.
  2. Un incident militaire unique, comme ce qui est s’est passé récemment lorsque la Turquie a abattu un SU-24 russe et que la Russie a choisi de ne pas riposter.
  3. Une série d’affrontements localisés semblables à ce qui se passe actuellement entre l’Inde et le Pakistan.
  4. Un conflit limité au théâtre de guerre syrien (disons comme une guerre entre le Royaume-Uni et l’Argentine à propos des îles Malouines).
  5. Une confrontation régionale ou mondiale entre les États-Unis et la Russie.
  6. Une guerre thermonucléaire totale entre les États-Unis et la Russie.

Pendant mes années d’études en stratégie militaire, j’ai participé à de nombreux exercices d’escalade et de désescalade, et je peux attester que s’il est très facile de trouver des scénarios d’escalade, j’attends encore de voir un scénario de désescalade crédible. Ce qui est possible, cependant, c’est l’«escalade horizontale» ou «escalade asymétrique», dans laquelle un camp choisit de ne pas faire monter les enchères ou de pratiquer directement l’escalade, mais choisit plutôt une autre cible de représailles, pas nécessairement plus utile, seulement différente, mais de même niveau d’importance conceptuelle (aux États-Unis,Joshua M. Epstein et Spencer D. Bakich ont fait la plus grande partie du travail novateur à ce sujet).

La principale raison pour laquelle nous pouvons nous attendre à ce que le Kremlin tente de trouver des options asymétriques pour répondre à une attaque des États-Unis est que dans le contexte syrien, la Russie est désespérément sous-armée par rapport aux États-Unis/OTAN, du moins quantitativement. La solution logique pour les Russes est d’utiliser leur avantage qualitatif ou de chercher des «cibles horizontales» comme options possibles pour des représailles. Cette semaine, quelque chose de très intéressant et de très inhabituel s’est produit : le major-général Igor Konachenkov, le chef de la Direction du service de presse et d’information du ministère de la Défense de la Fédération de Russie, a ouvertement mentionné l’une de ces options. Voici ce qu’il a dit :

«En ce qui concerne les menaces de Kirby [porte-parole du Département d’État] sur de possibles pertes d’avions russes et le renvoi de soldats russes en Russie dans des sacs mortuaires, je voudrais dire que nous savons exactement où et comment de nombreux «spécialistes non officiels» opèrent en Syrie et dans la province d’Alep, et nous savons qu’ils sont impliqués dans la planification opérationnelle et supervisent les interventions des militants. Bien sûr, on peut continuer à insister sur le fait qu’ils sont impliqués sans succès dans la tentative de séparer les terroristes d’al-Nosra des forces de l’«opposition». Mais si quelqu’un tente de mettre ces menaces à exécution, il n’est pas du tout certain que ces militants auront le temps de se sortir de là.»

Sympathique, non ? Konachenkov semble menacer les «militants», mais il est sûr de mentionner qu’il y a beaucoup de «spécialistes non officiels» parmi ceux-ci et que la Russie sait exactement où ils sont et combien il y en a. Bien sûr, officiellement Obama a déclaré qu’il y a quelques centaines de conseillers spéciaux en Syrie. Une source russe bien informée suggère qu’il y a plus de 5 000 conseillers étrangers auprès des Takfiris, y compris environ 4 000 Américains. Je suppose que la vérité est quelque part entre ces deux chiffres.

Donc la menace russe est simple : vous nous attaquez et nous attaquerons les forces étasuniennes en Syrie. Bien sûr, la Russie niera farouchement viser les militaires américains et insistera pour dire que l’attaque n’était dirigée que contre des terroristes, mais les deux camps comprendront ce qui se passe ici. Fait intéressant, la semaine dernière, l’agence de presse iranienne Fars a rapporté qu’une telle attaque russe avait déjà eu lieu :

30 agents israéliens du renseignement extérieur tués dans une attaque de missile Kalibr russe à Alep :

«Les navires de guerre russes ont tiré trois missiles Kalibr sur la salle des opérations de coordination d’officiers étrangers dans la région de Dar Ezza dans la partie ouest d’Alep, près de la montagne Sam’an, tuant 30 officiers israéliens et étrangers», a annoncé le service en arabe de l’agence de presse russe Spoutnik, citant une source du champ de bataille d’Alep qui l’a dit mercredi. La salle des opérations était située dans la partie occidentale de la province d’Alep au milieu de la haute montagne Sam’an et d’anciennes grottes. La région est profondément insérée dans une chaîne montagneuse. Plusieurs officiers américains, turcs, saoudiens, qataris et britanniques ont aussi été tués en même temps que les officiers israéliens. Les officiers étrangers qui ont été tués dans la salle des opérations d’Alep dirigeaient les attaques des terroristes à Alep et Idlib.»

Que cela se soit vraiment passé ou que les Russes diffusent de telles histoires pour indiquer que cela pourrait arriver, le fait reste que les forces étasuniennes en Syrie pourraient devenir une cible évidente pour une riposte russe, par missile de croisière, bombes traditionnelles ou opération directe par les forces spéciales russes. Les États-Unis ont aussi plusieurs installations militaires secrètes en Syrie, y compris au moins un aérodrome avec des avions à rotors basculants à mission multiple V-22.

Un autre développement intéressant a été l’information rapportée par Fox News selon laquelle les Russes déploient des S-300V (c’est-à-dire des systèmes anti-missiles et anti-aériens SA-23 Gladiator) en Syrie. Lisez cet excellent article pour une analyse détaillée des capacités de ce système anti-missile. Je le résumerai en disant que les S-300V peuvent contrer des missiles balistiques, des missiles de croisière, des avions radar à très basse altitude (furtifs) et des avions AWACS. C’est un système de défense aérienne au niveau d’une armée ou d’un corps d’armée, tout à fait capable de défendre la plus grande partie de l’espace aérien syrien, mais aussi d’atteindre la Turquie, Chypre, la Méditerranée orientale et le Liban. Les radars puissants de ce système pourraient non seulement détecter et accrocher des avions américains (y compris furtifs) à longue distance, mais ils pourraient aussi fournir une aide énorme aux quelques avions de combat russes assurant la supériorité aérienne en leur fournissant une image claire du ciel et de l’aviation ennemie en utilisant des liaisons cryptées. Enfin, la doctrine aérienne étasunienne est extrêmement dépendante de l’usage des avions AWACS pour guider et soutenir les combattants américains. Les S-300V contraindront les AWACS des USA/OTAN à opérer à des distances très inconfortables. Entre les radars à longue portée des Sukhoi russes, les radars sur les croiseurs russes au large de la côte syrienne et les radars des S-300 et S-300V au sol, les Russes auront une bien meilleure vision de la situation que leurs homologues américains.

Il semble que les Russes s’efforcent de compenser leur infériorité numérique en déployant des systèmes haut de gamme pour lesquels les États-Unis n’ont pas de véritable équivalent ni de bonnes contre-mesures.

Il y a essentiellement deux possibilités de dissuasion : le déni, lorsque vous empêchez votre ennemi de frapper ses cibles, et la riposte, lorsque vous rendez les coûts d’une attaque ennemie inacceptables pour lui. Les Russes semblent suivre les deux pistes à la fois. Nous pouvons donc résumer l’approche russe de la manière suivante :

  1. Retarder autant que possible une confrontation en gagnant du temps.
  2. Tenter de maintenir toute confrontation au niveau d’escalade le plus bas possible.
  3. Si possible, répliquer avec des escalades asymétriques/horizontales.
  4. Plutôt que de l’«emporter» contre les USA/OTAN, rendre les coûts de l’attaque trop élevés.
  5. Essayer de faire pression sur les «alliés» des États-Unis dans le but de créer des tensions au sein de l’Empire.
  6. Essayer de paralyser les États-Unis au niveau politique en rendant les coûts d’une attaque politiquement trop onéreux.
  7. Essayer de créer progressivement les conditions sur le terrain (Alep) qui rendent futile une attaque des États-Unis.

Pour ceux qui ont grandi avec les films de Hollywood et qui continuent à regarder la télévision, ce genre de stratégie ne suscitera que frustration et condamnation. Il y a des millions de stratèges en chambre qui sont sûrs qu’ils pourraient faire un bien meilleur travail que Poutine pour contrer l’Empire US. Ces gens nous ont dit depuis des années maintenant que Poutine a «vendu» les Syriens (et les Novorusses) et que les Russes devraient faire ceci ou cela pour vaincre l’Empire anglosioniste. La bonne nouvelle est qu’aucun de ces stratèges en chambre n’est au Kremlin et que les Russes s’en sont tenus à leur stratégie ces dernières années, un jour après l’autre, même lorsqu’ils étaient critiqués par ceux qui veulent des solutions rapides et «faciles». Mais la principale bonne nouvelle est que la stratégie russe fonctionne. Non seulement l’Ukraine occupée par les nazis est en train de s’effondrer, mais les États-Unis sont fondamentalement à court d’options en Syrie (voir cette excellente analyse de mon ami Alexander Mercouris dans The Duran).

La seule étape logique qui reste pour les États-Unis en Syrie est d’accepter les conditions de la Russie ou de s’en aller. Le problème est que je ne suis pas convaincu que les néocons, qui dirigent la Maison Blanche, le Congrès et les médias dominants américains, soient «rationnels». C’est pourquoi les Russes ont recouru à tant de tactiques dilatoires et pourquoi ils ont agi avec une aussi grande prudence : ils affrontent des idéologues professionnels incompétents qui ne se conforment tout simplement pas aux règles non écrites, mais claires, qui président à des relations internationales civilisées. C’est ce qui rend la crise actuelle encore beaucoup plus grave que la crise des missiles cubains : une superpuissance est clairement devenue folle.

Les Américains sont-ils assez fous pour risquer une Troisième Guerre mondiale à cause d’Alep ?

Peut-être que oui, peut-être que non. Mais qu’en est-il si nous reformulons les questions et demandons…

Les Américains sont-ils assez fous pour risquer une Troisième Guerre mondiale afin de maintenir leur statut de «nation indispensable dans le monde», de «dirigeant du ‘monde libre’», de «Cité sur la colline» et tout le reste de leur non-sens impérialiste ?

Là, je suggérerais que oui, ils en sont potentiellement capables.

Après tout, les néocons ont raison lorsqu’ils ont le sentiment que si la Russie se met à défier ouvertement les États-Unis et à les vaincre en Syrie, personne ne prendra plus jamais les anglosionistes au sérieux [dans leur posture exceptionnaliste, NdT].

Que croyez-vous que pensent les néocons lorsqu’ils voient le président des Philippines qualifier publiquement Obama de «fils de pute» et puis dit à l’Union européenne d’«aller se faire foutre» ?

Bien sûr, les néocons peuvent encore trouver un certain réconfort dans la soumission abjecte des élites politiques européennes, mais ils savent que l’inscription est sur le mur 1et que leur Empire tombe rapidement en ruines, non seulement en Syrie, en Ukraine ou en Asie mais même aux États-Unis. Le plus grand danger ici est que les néocons puissent tenter de rassembler la nation autour de son drapeau, soit en mettant en scène une nouvelle action sous fausse bannière soit en déclenchant une véritable crise internationale.

En ce moment précis, tout ce que nous pouvons faire est d’attendre en espérant qu’il y ait suffisamment de résistance au sein du gouvernement pour empêcher une attaque des États-Unis sur la Syrie avant que la nouvelle administration entre en fonction. Et tandis que je ne suis pas un partisan de Trump, je serais d’accord que Hillary et sa méchante cabale de néocons russophobes est si mauvaise que Trump me donne quelque espoir, du moins par rapport à Hillary.

Donc si Trump l’emporte, la stratégie de la Russie sera fondamentalement justifiée. Une fois que Trump est à la Maison Blanche, il y a au moins la possibilité d’une redéfinition complète des relations entre les États-Unis et la Russie, qui commenceraient évidemment par une désescalade en Syrie. Alors qu’Obama/Hillary refusent catégoriquement de se débarrasser de Daesh (par là, je veux dire al-Nosra, al-Qaïda et toutes leurs diverses dénominations), Trump semble déterminé à les combattre sérieusement, même si cela signifie qu’Assad reste au pouvoir. Il y a très certainement une base pour un dialogue ici. Si Hillary gagne, alors les Russes devront faire un choix absolument crucial : quelle est l’importance de la Syrie dans le contexte de leur objectif de rendre à nouveau la Russie souveraine et faire tomber l’Empire anglosioniste ? Une autre manière de formuler la même question est : «La Russie préférerait-elle une confrontation avec l’Empire en Syrie ou en Ukraine ?»

Une façon d’évaluer l’état d’esprit en Russie est d’examiner le langage d’une loi récente proposée par le président Poutine et adoptée par la Douma et relative à l’Accord entre la Russie et les États-Unis sur la gestion et l’élimination du Plutonium (PMDA dans son sigle anglais), qui, de nouveau, a vu les États-Unis échouer encore une fois à remplir leurs obligations, et que la Russie a maintenant suspendu. Ce qui est intéressant est le langage choisi par les Russes pour énumérer les conditions auxquelles ils recommenceraient à participer à cet accord et, fondamentalement, seraient d’accord pour reprendre tout type de négociations sur l’armement :

  1. Une réduction de l’infrastructure militaire et du nombre de troupes américaines stationnées sur le territoire des États membres de l’OTAN qui ont rejoint l’alliance après le 1er septembre 2000, aux niveaux où ils étaient au moment où l’accord original est entré en vigueur.
  2. L’abandon de la politique hostile des États-Unis à l’égard de la Russie, ce qui exigerait l’abolition de la Loi Magnitsky de 2012 et des conditions de la Loi sur le soutien à la liberté de l’Ukraine de 2014, qui étaient dirigées contre la Russie.
  3. L’abolition de toutes les sanctions imposées par les États-Unis sur certains ressortissants de la Fédération de Russie, individus et entités légales russes.
  4. La compensation de tous les dommages subis par la Russie en raison de l’imposition de sanctions.
  5. Les États-Unis sont aussi tenus de soumettre un plan clair pour l’élimination irréversible du plutonium couvert par le PMDA.

Non, les Russes ne délirent pas. Ils savent très bien que les États-Unis n’accepteront jamais de telles conditions. Donc de quoi s’agit-il réellement ? C’est une façon diplomatique mais sans ambiguïté de leur dire exactement la même chose que le président philippin Duterte (et Victoria Nuland) a dit à l’Union européenne.

Les Américains devraient commencer à faire attention.

The Saker

Article original paru sur The Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par jj pour le Saker francophone

  1.  « L’inscription sur le mur », un idiotisme, est un présage de destin douloureux ou de malheur. Il est tiré du Livre de Daniel où un écrit surnaturel prédit la chute de Babylone. La version anglaise « The writing on the wall » est très utilisée dans la littérature. Wikipédia

http://lesakerfrancophone.fr/que-peuvent-les-russes-face-a-une-attaque-americaine-en-syrie

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t's over !

Publié le par Felli Bernard

t's over !

17 Octobre 2016 , Rédigé par New Dawn

It's over !

Je prie platement les lecteurs d'avoir à supporter l'indigence de mes décorations d'article , mais je suis dans l'oeil du cyclone Anastasia et mes ordinateurs ayant froidement été flingués par des virus malveillants , je fais avec les moyens du bord  pour continuer à pousser les goualantes des pauvres gens ...

Alors , ce matin , toujours levée tard , je descends en cuisine petit déjeuner de deux modestes tartines , l'une beurrée , l'autre confiturée de fraise ... Sur RMC  , que j'allume en premier , Marine est là , invitée par Bourdinos qui se tient coit  sous sa chaise , comme un petit chien vilipendé par Maman parce qu'il a fait pipi sur la moquette ...  La dramaturgie est en place et il n'a pas besoin de la ramener ... les bigophones sont déjà occupés par une bande de furies qui portent le doux prénom de Malicka ... Kenza ou Fatima , toutes voilées de pieds en cape , bien décidées à exprimer qu'elles ne sont pas les instruments d'un misogynisme aveugle de la part de leur mari , ou , s'il a foutu le camp , de leur fils aîné ... Du pur Mozart , accompagné à l'aoud en version revue et corrigée...

On lance un innocent Didier , marseillais , comme on lance la boulette au babyfoot pour que chacun puisse lui taper dessus ... Didier n'est pas un primaire , il esquive les coups , renvoie la balle dans les pieds des petits soldats footeux , arguant qu'il en a marre qu'icelles justifient par leur pudeur le port du voile , comme si nos mémères mini-jupées et bikinisés étaient des roulures , tout juste bonnes  se faire mettre ...

Cuti réaction ! Elles commencent à voir rouge , l'oeil sanglant et la babine haineuse , si tu vois ce que je veux dire ...

1° - Il semblerait que les François "soyent" pas toujours aussi regardant .. quand ils les envoyaient dans les usines automobiles pour redresser la France ... Mutisme du connard interrogateur ... Non mes louloutes , ce n'étaient pas vous ,mais les Yougoslaves qui émigraient alors ... je le sais , j'en ai eus dans ma famille qui ont épousé de jolies filles bien françaises qui faisaient partie de notre parentèle , au sens large  et leur ont fait de beaux enfants... mes cousins en somme ... Ils étaient par ailleurs absolument charmants , et il n'y a que les familles qui les ont accueillis qui peuvent en parler...

2° - Ce port du voile n'est absolument ni politique , ni religieux , mais seulement l'expression de la liberté de chacun... Après tout , nous sommes en démocratie et donc libres de nous vếtir comme on le souhaite ... Bien sûr , mes Chéries , et moi , j'ai toujours eu envie de vivre à poil ... ou avec le minimum minimorus ( je n'inclus pas mon choupinet qui était plutôt rigide sur la question  , en outre , ...le désir d'occulter son bien de la convoitise des autres sans doute !), or l'Etat français me jetterait dans un cul de basse fosse si je m'y risquais ...

Seulement , même si cela ne gêne personne , il existe des lois , dans la Raie publique , auxquelles chacun doit se soumettre pour éviter la gabegie ... Je vais vous confier un truc , mes beautés .. dans les familles françaises , il y a plein d'enfants qui foutent le camp à l'éranger parce qu'ils étouffent dans l'hexagone de leurs parents et vont voir ailleurs si l'herbe est plus verte ...Pourquoi n'en feriez-vous pas autant , au lieu d'attendre qu'un pays aux traditions si ancestrales accepte de bouger dans l'heure ?

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La Russie interprète les rodomontades états-uniennes comme un signe de guerre

Publié le par Felli Bernard

La Russie interprète les rodomontades états-uniennes comme un signe de guerre


Exclusif : Pendant que les politiciens et les experts américains prennent plaisir à parler en mal de la Russie et à diaboliser le président Poutine, il y a des signes qui montrent que Moscou ne rigole plus et  qu’elle se prépare à un conflit réel, écrit l'ex-analyste de la CIA Ray McGovern.

Par Ray McGovern – Le 11 octobre 2016 – Source Consortiumnews

À l’époque de l’administration Reagan, j’étais l’un des analystes de la CIA assigné à présenter aux fonctionnaires de la Maison Blanche le Rapport quotidien au Président, qui résume le point de vue de la CIA sur les questions pressantes du jour concernant la sécurité nationale. Si je devais faire encore ce travail – et en supposant que les analystes de la CIA puissent encore dire la vérité au pouvoir – je serais obligé d’annoncer des nouvelles alarmantes quant au potentiel d’un affrontement militaire entre les États-Unis et la Russie.

 

Nous, les analystes, étions responsables de collecter les avertissements venant de Moscou ou d’autres capitales clés que les médias américains ignoraient ou minimisaient souvent, comme les grands médias d’aujourd’hui ignorent l’escalade des avertissements de la Russie à propos de la Syrie.

Par exemple, le porte-parole de la défense russe, le Major Général Igor Konachenkov, a prévenu, le 6 octobre, que la Russie est prête à abattre des avions non identifiés – y compris les avions furtifs – sur la Syrie. C’est un avertissement qui, je pense, devrait être pris au sérieux.

Il est vrai que les experts divergent quant à savoir si les systèmes avancés de défense aérienne russes déjà en Syrie peuvent abattre les avions furtifs, mais ce serait une erreur de rejeter cet avertissement d’un revers de main. D’ailleurs, Konachenkov a ajouté que la défense aérienne russe «n’aura pas le temps d’identifier l’origine» de l’avion.

En d’autres termes, les avions états-uniens, qui patrouillent le ciel syrien sans l’approbation du gouvernement syrien, pourraient être vulnérables à une attaque, avec le gouvernement russe avertissant de façon préventive qu’un tel incident ne sera pas de la faute de Moscou.

En ce qui concerne les perspectives de relance de la négociation sur la Syrie, leur disparition n’a jamais été plus clairement énoncée que dans les remarques du ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans une longue interview avec Channel One Russian, ce dimanche. Il a terminé par un commentaire acéré : «La diplomatie a plusieurs alliés dans cette affaire [syrienne], les forces militaires de l’aérospatiale, de l’Armée et de la Marine russes.»

Lavrov reconnaît que le secrétaire d’État John Kerry a échoué dans ses efforts pour obtenir que les rebelles dit «modérés» soutenus par les américains se séparent de la filiale syrienne d’al-Qaïda. Avec cette condition clé du cessez-le-feu parti en fumée, Lavrov dit que la force militaire est le seul moyen de chasser les djihadistes de leur bastion dans l’est d’Alep et de rétablir le contrôle du gouvernement.

Le président Vladimir Poutine et ses conseillers semblent prêts à assumer le risque d’escalade dans l’espoir que toute confrontation armée reste limitée à la Syrie. Il semble qu’il y ait aussi un élément important de synchronisation dans le comportement actuel de la Russie, considérant qu’il vaut mieux prendre ce risque maintenant, car elle pense qu’elle risque de faire face à un président plus belliciste encore le 20 janvier.

De même, il semble qu’un nouveau sentiment de confiance règne au Kremlin, même si la «balance des forces», au niveau mondial et au Moyen-Orient, reste en faveur des États-Unis. La Russie a gagné un allié clé avec la Chine, et les médias chinois ont fait preuve de compréhension et même de sympathie pour le comportement de la Russie en Syrie.

Souvent négligé est le fait que la Chine a minimisé son insistance de longue date sur l’inviolabilité des frontières souveraines et a évité de critiquer l’annexion russe de la Crimée en 2014, suite à ce qui a été largement considéré comme un coup d’État soutenu par les Américains en Ukraine, quand le président élu, Viktor Ianoukovitch, a été renversé. Les Chinois n’adhèrent pas aux «changements de régime» – que ce soit à Kiev ou à Damas – et regardent de travers l’insistance des États-Unis à vouloir renverser le président Assad.

Plus important encore, la coopération militaire entre la Russie et la Chine n’a jamais été aussi proche. Si la Russie se trouve dans une escalade majeure des hostilités au Moyen-Orient et / ou en Europe, les problèmes peuvent ne pas s’arrêter là. Les États-Unis doivent s’attendre à de significatifs bruits de bottes chinois en mer de Chine méridionale.

Tous ces signes pointent vers des jours très dangereux, mais il y a eu peu de discussions intelligentes à propos de ces risques dans les grands médias américains ou même, apparemment, dans les salles du pouvoir à Washington. On dirait un somnambule marchant vers un abîme.

Ray McGovern

Article original publié dans Consortiumnews.

Traduit par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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Poutine interviewé par Bloomberg [1/4]

Publié le par Felli Bernard

Poutine interviewé par Bloomberg [1/4]


Développement de l’Extrême-Orient russe – Litiges territoriaux avec le Japon


Russia’s President Vladimir Putin Interview to Bloomberg. Parts I, II, and III


Saker US

Le 3 septembre 2016 – Source bloomberg

Le 1er septembre, Vladimir Poutine a donné, à Vladivostok, une interview au rédacteur en chef de la société internationale de médias Bloomberg. [Imaginez une seconde Obama acceptant une interview de Russia Today, NdT]

Cet entretien est publié en quatre parties :

  • Première partie : développement de l’Extrême-Orient russe – litiges territoriaux avec le Japon
  • Deuxième partie : relations avec la Chine – politique énergétique – cyberguerre
  • Troisième partie : avenir de l’euro – politique de change – politique budgétaire – élections US – relations avec la Grande-Bretagne
  • Quatrième partie : relations avec la Turquie – état des lieux en Syrie – confiance Est-Ouest – guerre en Tchétchénie – politique étrangère – héritage et réflexions sur le système politique – succession et réflexions sur les difficultés du pouvoir

 

John Micklethwait :

Monsieur le Président, je vous remercie beaucoup de parler à Bloomberg. Nous sommes à Vladivostok, à la frontière de la Russie, pratiquement sur sa frontière à la côte du Pacifique, le deuxième Forum économique de l’Est est sur le point de commencer. Quels résultats attendez-vous de ce Forum ?

Le Président de la Russie Vladimir Poutine :

– Nous tenons à attirer l’attention de nos partenaires, des investisseurs potentiels dans l’Extrême-Orient russe. En ce sens, le Forum, comme événement, est similaire à d’autres instances régionales de ce genre. La Russie accueille un grand nombre de ces forums, y compris le Forum économique international de Saint-Pétersbourg, habituellement au début de l’été, ainsi que le Forum économique à Sotchi.

L’Extrême-Orient est d’une importance particulière pour nous en terme de développement prioritaire de cette région. Au cours des dernières années, disons même au cours des dernières décennies, nous avons été confrontés à de nombreux problèmes ici. Nous avons accordé peu d’attention à ce territoire bien qu’il mérite beaucoup mieux, car il concentre une grande richesse ainsi que des chances pour le développement futur de la Russie. Non seulement pour la seule Russie, mais aussi pour le développement de toute la région Asie-Pacifique, parce que ce pays est très riche en ressources naturelles et minérales.

Lorsque nous parlons de l’Extrême-Orient, nous entendons généralement l’Extrême-Orient lui-même, y compris le Territoire de Primorye, le Territoire de Khabarovsk, le Kamtchatka et la Tchoukotka, ainsi que la Sibérie orientale. Toute cette zone contient des ressources énormes, y compris du pétrole et du gaz, 90% de l’étain en Russie, 30% de l’or russe, 35% des forêts, 70% des poissons russes sont pêchés dans les eaux locales.

Cette région a une infrastructure de transport et de chemin de fer sensiblement développée. Au cours des dernières années, nous avons travaillé activement à la connexion des routes. Il y a aussi un énorme potentiel pour le développement des industries de l’aviation et de l’espace. Comme vous l’avez remarqué, nous avons lancé un nouveau centre spatial russe dans l’une des régions d’Extrême-Orient. Comme je l’ai déjà dit, l’industrie de l’aviation, y compris la force aérienne de combat, a été traditionnellement développée ici. C’est en Extrême-Orient russe que l’avion SU [Sukhoï], bien connu dans le monde entier, est fabriqué.

Enfin, nous reprenons ici aussi la fabrication de navires de haute mer, tout d’abord à des fins civiles. Un peu plus tôt aujourd’hui, j’ai été témoin de la mise en service de l’un des sites les plus prometteurs de ce genre.

Il s’agit aussi là d’une bonne occasion pour les échanges humanitaires avec nos voisins. Notre intention est de développer ici des activités musicales, théâtrales et des expositions. Tout récemment, M. Gergiev, un musicien et chef d’orchestre russe distingué, y a tenu ses concerts. Nous allons mettre en place, ici, une annexe du St-Petersbourg Mariinsky Theatre. Nous prévoyons également d’ouvrir des succursales locales du Musée de l’Ermitage et de l’Académie du ballet russe Vaganova.

Comme vous pouvez le voir, nous sommes en ce moment dans le bâtiment de l’Université fédérale d’Extrême-Orient. Je suis sûr que vous aussi vous avez eu l’occasion d’évaluer la taille de l’Université – il y a déjà environ un millier d’étudiants étrangers qui étudient ; il y a aussi un grand nombre de professeurs étrangers. Nous aimerions voir se développer ici la science et l’enseignement supérieur, de sorte que cette université pourrait devenir l’un des principaux centres de recherche dans l’ensemble de la région Asie-Pacifique.

Sans doute reste-t-il encore beaucoup à faire, mais compte tenu de la demande du marché du travail, la pertinence d’une telle université est indéniable.

En plus de tout ce que j’ai déjà mentionné, il y a un autre domaine auquel nous attachons de l’importance de par ses bonnes perspectives – la biologie marine. Pendant de nombreuses années, cette région a été le foyer de l’un des principaux instituts de l’Académie des sciences de Russie, l’Institut de biologie marine. Vous savez, nous lançons un nouveau centre ici ; nous avons construit un marinarium dans ses locaux, qui sont censés être non seulement un lieu public où les gens, je suis sûr, vont profiter de la faune, mais aussi une partie de l’Institut de biologie marine. Un groupe très intéressant et prometteur s’est formé ici, et nous serions heureux si nos investisseurs potentiels, nos homologues de l’étranger, tout d’abord ceux de la région Asie-Pacifique, en savaient plus à ce sujet.

L’un des invités [du forum] est le Premier ministre du Japon M. Abe. Il vient à Vladivostok et il semblerait qu’un accord politique, pour ainsi dire, est en préparation. Peut-être que pourriez troquer l’une des îles Kouriles en échange d’une coopération économique sérieuse en expansion. Êtes-vous prêt pour un tel accord ?

Nous ne négocions pas des territoires bien que la conclusion d’un traité de paix avec le Japon soit certainement une question majeure et nous aimerions trouver une solution à ce problème en collaboration avec nos amis japonais. En 1956, nous avons signé un traité, et étrangement, il a été ratifié à la fois par le Soviet suprême de l’Union soviétique et le Parlement japonais. Mais le Japon a refusé de le mettre en œuvre et ensuite l’Union soviétique a aussi, pour ainsi dire, annulé tous les accords conclus dans le cadre du traité.

Il y a quelques années, nos homologues japonais nous ont demandé de reprendre les discussions sur la question et nous les avons rencontrés à mi-chemin. Au cours des deux années passées les contacts ont été pratiquement gelés à l’initiative de la partie japonaise, pas la nôtre. Dans le même temps, actuellement nos partenaires ont exprimé leur désir de reprendre les discussions sur cette question. Cela n’a rien à voir avec tout type de troc ou de vente. Il s’agit de la recherche d’une solution qui ne désavantage aucune des deux parties, et où personne ne se perçoit comme vainqueur ou vaincu.

À quel point êtes-vous maintenant proches d’un tel accord ? Plus près qu’en 1956 ?

Je ne pense pas que nous sommes plus près qu’en 1956, mais de toute façon, nous avons repris notre dialogue et sommes convenus que nos ministres des Affaires étrangères et les experts compétents au niveau des sous-ministères vont intensifier ce travail. Naturellement, cette question a toujours été un sujet de discussions entre le président russe et le Premier ministre du Japon. Je suis sûr que lors de la réunion avec M. Abe, ici à Vladivostok, cette question sera également discutée, mais pour trouver une solution il faut que tout soit bien pensé et préparé et, je le répète, une solution qui ne repose pas sur l’idée de causer des dommages, mais, au contraire, sur le principe de créer les conditions pour le développement de relations à long terme entre les deux pays.

En effet, le territoire à l’Est, n’est pas, me semble-t-il, une préoccupation pour vous. En 2004, par exemple, vous avez remis l’île Tarabarov à la Chine, pourriez-vous faire la même chose, disons, à Kaliningrad ?

Nous n’avons rien remis, ces territoires ont été contestés et nous avons négocié cette question avec la République populaire de Chine – je tiens à souligner que cela a duré quarante ans – et nous avons finalement réussi à trouver un accord. Une partie du territoire a été affectée à la Russie, et une autre à la République populaire de Chine.

Il est très important de noter que cela été possible en raison du niveau élevé de confiance entre la Russie et la Chine atteint à ce moment-là. Si nous atteignons le même niveau de confiance avec le Japon, nous serons en mesure d’arriver à certains compromis.

Cependant, il y a une différence fondamentale entre la question liée à l’histoire du Japon et nos négociations avec la Chine. C’est quoi ? La question japonaise a résulté de la Seconde Guerre mondiale et elle est stipulée dans les dispositions internationales sur les conséquences de la Seconde Guerre mondiale, alors que les discussions sur les questions frontalières avec nos homologues chinois n’ont rien à voir avec la Seconde Guerre mondiale ou d’autres conflits militaires. Ceci est le premier, ou plutôt, devrais-je dire, le deuxième point.

En troisième lieu, en ce qui concerne la partie occidentale. Vous avez mentionné Kaliningrad.

Je plaisantais.

Toute plaisanterie mise à part, si quelqu’un est prêt à reconsidérer les résultats de la Seconde Guerre mondiale, nous en discuterons. Mais alors nous devrons discuter non seulement de Kaliningrad, mais aussi des pays de l’Est de l’Allemagne, de la ville de Lvov, une ancienne partie de la Pologne, et ainsi de suite, ainsi de suite… Il y a aussi la Hongrie et la Roumanie sur la liste. Si quelqu’un veut ouvrir la boîte de Pandore et s’en occuper, alors d’accord, qu’il hisse l’étendard et qu’il y aille.

Suite…

Traduit et édité par jj, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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«Le temps de la victoire est venu» : l’Irak lance une opération pour reprendre Mossoul à Daesh

Publié le par Felli Bernard

«Le temps de la victoire est venu» : l’Irak lance une opération pour reprendre Mossoul à Daesh

© Azad Lashkari Source: Reuters

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé le début de l’opération militaire à Mossoul, principal bastion de l'organisation terroriste en Irak, et où se trouvent plus de 1,5 million d'habitants.

 

«J'annonce aujourd'hui le début de victorieuses opérations pour vous libérer de la violence et du terrorisme de Daesh. […] Le temps de la victoire est venu et les opérations pour libérer Mossoul ont commencé», a déclaré le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, dans une allocution à la télévision irakienne à destination des habitants de la région de Mossoul, la deuxième plus grande ville d'Irak.

L'offensive sur Mossoul a été planifiée pendant des mois. Les forces irakiennes ont récemment repris des positions clés près de Qayyarah, une ville située à environ 60 kilomètres au sud de Mossoul. Cette dernière est entre les mains des terroristes depuis plus de deux ans. En juin 2014, le leader de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi, y avait proclamé la création du califat.

Le Premier ministre a précisé que seules l'armée et la police irakiennes entreraient dans Mossoul, mais de nombreuses autres forces seraient déployées à l'occasion de cette offensive, dont des combattants peshmergas kurdes et des milices sunnites et chiites. «La force qui mène les opérations de libération est la courageuse armée irakienne avec la police nationale, et ce sont elles qui entreront dans Mossoul, personne d'autre», a-t-il ainsi affimé.

Des dizaines d’ambulances ont été envoyées sur la ligne de front pour aider les potentielles victimes. Le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires et l'aide d'urgence, Stephen O'Brien, a exprimé sa préoccupation «pour la sécurité de quelque 1,5 million de personnes vivant à Mossoul qui pourraient être affectées par les opérations militaires». Selon lui, «les familles sont exposées au risque extrême d'être prises entre deux feux ou prises pour cibles par des snipers

Bagdad déclare avoir dispersé par avion des dizaines de milliers de tracts, prévenant les résidents de la ville du début de l’offensive. La veille du lancement de l'opération, l’émissaire spécial américain pour la coalition de la lutte contre Daeh, Brett McGurk, a prévenu que l'issue de la bataille à Mossoul était «imprévisible».

«Il s’agit d’une opération d'envergure, dont la fin est incertaine et imprévisible. Nous ne savons pas ce que les terroristes vont faire à Mossoul», a-t-il précisé.

Lire aussi : Irak : au moins 34 morts dans un attentat de l'EI contre la communauté chiite

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