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RT @tprincedelamour: Un jeune musulman quitte la...

Publié le par bernard felli

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Un groupe d’anciens officiers des services de renseignements américains recommande au président Obama de désamorcer les tensions croissantes avec la Russie

Publié le par Felli Bernard

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Un groupe d’anciens officiers des services de renseignements américains recommande au président Obama de désamorcer les tensions croissantes avec la Russie

 
 
 
 
 
 
 
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Un groupe d’anciens officiers des services de renseignements américains recommande au président Obama de désamorcer les tensions croissantes avec la Russie au sujet de la Syrie, en freinant la diabolisation du président Poutine, et en renforçant le pouvoir civil de la Maison Blanche sur le Pentagone.
Actuellement, c’est la Syrie qui nous préoccupe. Nous espérons que votre briefing présidentiel de demain accordera une attention particulière à l’avertissement du porte-parole de la diplomatie russe Mme Maria Zakharova du 1/10/16: «Une attaque américaine visant directement Damas et l’armée syrienne, apporterait un terrible changement tectonique, pas seulement dans ce pays, mais aussi dans l’ensemble de la région.»

A la télévision russe, elle a dénoncé ceux dont «la logique se restreint au ‹pourquoi aurions-nous besoin de la diplomatie› … alors qu’il y a la puissance armée … et des méthodes pour résoudre les problèmes par la force. Nous connaissons cette logique; il n’y a rien de nouveau à ce sujet. Elle aboutit toujours au même résultat: la guerre à grande échelle.» […]
Il ne faut pas attribuer à la paranoïa de la partie russe, le fait qu’ils soupçonnent que les attaques aériennes du 17 septembre perpétrées par les forces américaines et australiennes sur les troupes syriennes – faisant 62 morts et 100 blessés – n’étaient pas une «erreur», mais plutôt une tentative délibérée de saborder le cessez-le-feu partiel signé par Kerry et Lavrov, avec votre approbation et celle du Président Poutine, et entré en vigueur juste cinq jours auparavant.

S’exprimant en public de manière frisant l’insubordination, les officiers seniors du Pentagone ont montré ouvertement et de manière inhabituelle leur scepticisme face au traité Kerry-Lavrov. Nous pouvons en déduire que ce que Lavrov a dit en aparté à son supérieur, correspondait plus ou moins aux paroles inhabituellement directes exprimées à la télévision russe NTV le 26 septembre:
«Notre bon ami John Kerry … est soumis à de sévères critiques de la part de la machine de guerre américaine. Ceci malgré le fait que, comme d’habitude, le chef suprême de l’armée Barack Obama le soutient dans ses contacts avec la Russie (il l’a même confirmé pendant sa rencontre avec le Président Vladimir Poutine), alors qu’apparemment les militaires n’écoutent pas vraiment leur commandant-en-chef.

Les paroles de Lavrov ne sont pas que de la rhétorique. Il a également critiqué le Joint Chief of Staff Joseph Dunford qui disait au Congrès américain qu’il était opposé à la pratique de partager les informations (en matière d’espionnage) avec la Russie «… et cela après les accords conclus sur les ordres directs du Président Vladimir Poutine et du Président Barack Obama confirmant leur souhait de partager les informations (en matière d’espionnage) avec nous … C’est difficile de travailler avec de tels partenaires.» […]

Pour de nouvelles négociations, la porte reste entrouverte. Ces derniers jours, les fonctionnaires du ministère de la Défense et du Département d’Etat russes, ainsi que le porte-parole du Président Poutine, ont soigneusement évité de fermer entièrement cette porte. Nous y voyons un bon signe que le Secrétaire d’Etat Kerry ait parlé au téléphone avec le ministre des Affaires étrangères Lavrov. Les Russes, de leur part, ont réaffirmé la volonté de Moscou d’honorer les accords signés auparavant sur la Syrie.

Du point de vue du Kremlin, la Russie encourt de beaucoup plus grands dangers que les Etats-Unis. Des milliers de dissidents terroristes russes sont partis en Syrie, où ils récoltent des armes, des fonds, et un savoir-faire pour organiser des révoltes accompagnées de violence. Il est facile de comprendre que Moscou est alarmé par le danger que ceux-ci représenteront quand ils rentreront au pays. De plus, il est très probable que le Président Poutine est comme vous, sous pression de la part des militaires pour liquider «une fois pour toutes» ce chaos «syrien», indépendamment des conséquences sinistres qu’une solution militaire aurait sur les parties en Syrie.

Nous sommes conscients que le Congrès américain et les médias alignés vous invitent à faire chauffer la situation et à réagir en Syrie avec davantage de violence – ouverte ou cachée ou les deux à la fois. […]
A ce sujet, il serait utile […] si l’un de vos collaborateurs pouvait suggérer aux médias alignés de baisser le ton de leur campagne puérile et haineuse de diabolisation du Président Poutine qu’ils attaquent personnellement et trop souvent de manière injuste et contre-productive.

En effet, il serait plus constructif de renouer le dialogue direct avec le Président Poutine. Ce serait la meilleure possibilité pour terminer tout «blocage» involontaire. Nous sommes d’avis que John Kerry a raison d’insister sur la situation syrienne absolument chaotique suite à la complexité des intérêts et des nombreux groupes qui s’y concurrencent. Toutefois, il a déjà fait un important travail préliminaire et a trouvé en Lavrov un partenaire utile dans la plupart des cas.

Cependant, au vu du scepticisme russe (et pas seulement russe) persistant quant à l’intensité de votre soutien à votre Secrétaire d’Etat, nous sommes convaincus que des négociations au plus haut niveau seraient la meilleure manière de prévenir tout débordement incontrôlable des têtes brulées des deux côtés, risquant de mener à une confrontation armée que personne ne peut vouloir.
Par conséquent, nous vous recommandons instamment d’inviter le Président Poutine à vous rencontrer dans un lieu à convenir entre les deux parties, afin de tenter de faire table rase et d’empêcher tout aggravation supplémentaire de la situation du peuple syrien.

A la fin du carnage de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill a fait une remarque qui ne manque pas d’actualité au XXIe siècle: «To jaw, jaw, jaw is better than to war, war, war.» [Traduction libre: «Il est préférable de se parler plutôt que de se faire la guerre.»]
* * *
Au nom du comité de direction des «Veteran Intelligence Professionals for Sanity» [Anciens professionnels du renseignement pour un comportement raisonnable]:

William Binney, former Technical Director, World Geopolitical & Military Analysis, NSA; co-founder, SIGINT Automation Research Center (ret.)
Fred Costello, Former Russian Linguist, USAF
Mike Gravel, former Adjutant, top secret control officer, Communications Intelligence Service; special agent of the Counter Intelligence Corps and former United States Senator
Matthew Hoh, former Capt., USMC, Iraq & Foreign Service Officer, Afghanistan (associate VIPS)
Larry C. Johnson, CIA & State Department (ret.)
John Kiriakou, former CIA counter­terrorism officer and former senior investigator, Senate Foreign Relations Committee
Linda Lewis, WMD preparedness policy analyst, USDA (ret.) (associate VIPS)
Edward Loomis, NSA, Cryptologic Computer Scientist (ret.)
Ray McGovern, former US Army infantry/intelligence officer & CIA analyst (ret.)
Elizabeth Murray, Deputy National Intelligence Officer for Middle East, CIA (ret.)
Todd Pierce, MAJ, US Army Judge Advocate (ret.)
Coleen Rowley, Division Counsel & Special Agent, FBI (ret.)
Kirk Wiebe, former Senior Analyst, SIGINT Automation Research Center, NSA, (ret.)
Robert Wing, former Foreign Service Officer
Ann Wright, U.S. Army Reserve Colonel (ret) and former U.S. Diplomat
* Veteran

Intelligence Professionals for Sanity (VIPS) [Anciens professionnels du renseignement pour un comportement raisonnable] est un groupe de fonctionnaires actifs ou retraités des Services secrets américains, dont certains de la CIA, du bureau des services de renseignements du Secrétariat d’Etat (INR) et des services de renseignements militaires (DIA). Ils se sont organisés au niveau national en janvier 2003 pour protester contre l’utilisation d’informations falsifiées des services secrets pour justifier l’invasion de l’Irak par les troupes américaines et britanniques. Avant le début de l’invasion, le groupe a publié une lettre, décrivant que les analystes des divers services de renseignements n’avaient pas été entendus par les responsables politiques. En août 2010, ils ont rédigé un mémorandum adressé à la Maison Blanche, mettant en garde contre une attaque imminente de l’armée israélienne contre l’Iran.

Source: http://www.consortiumnews.com, 2/10/16
(Traduction Horizons et débats)

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RT @RMCinfo: Un policier: "Nos ordres? On doit...

Publié le par bernard felli

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Ex-agent de Clinton : «Elle est complètement incompétente et ne devrait jamais devenir présidente»

Publié le par Felli Bernard

 

Ex-agent de Clinton : «Elle est complètement incompétente et ne devrait jamais devenir présidente»

© Lucy Nicholson Source: Reuters

Alors que l’élection américaine approche, des républicains rejoignent le camp d'Hillary. Mais la vraie Clinton ne serait-elle pas très différente de l'image qu'elle s'est créée ? Gary Byrne, qui a travaillé avec la famille Clinton, se confie à RT.

RT : Selon les sondages, Hillary Clinton est sortie gagnante du deuxième débat présidentiel. Est-ce une surprise ?

G. B. :  D'après l'expérience que j'ai accumulée, pendant huit ans, en assurant la protection de la famille Clinton, la campagne de l'ancien président Bill Clinton et de madame Clinton se sont basées sur des mensonges et des accusations contre d'autres candidats. Hillary Clinton n'a pas de crédibilité, elle est donc obligé à s'attaquer aux défauts des autres. Et tout le monde a des défauts.

Avec son expérience de première dame du pays, de sénateur et de secrétaire d’Etat, elle devrait, mieux que personne, savoir à quel point il est important de respecter les loi concernant les informations classées

RT : Hillary Clinton est accusée d'avoir violé les règles de transparence, en utilisant ses mails privés pour les affaires publics. Pourquoi le FBI n'a-t-il trouvé aucune raison de la poursuivre ?

G. B. : Le directeur de FBI a dit qu'Hillary Clinton avait menti au peuple américain cinq fois et qu'elle était soit incompétente, soit stupide. Avec son expérience de première dame du pays, de sénateur et ensuite de secrétaire d’Etat, elle devrait, mieux que personne, savoir à quel point il est important de respecter les loi concernant les informations classifiées. Le nombre de détails qu'il faut connaître, au sein du gouvernement américain, est incroyable - lorsque vous avez pour la première fois affaire à ce genre d'information, vous apprenez qu'il existe des règles pour tout. Le fait qu'elle ne les connaisse pas nous laisse penser qu'elle n'est pas compétente.

La famille Clinton essaie de détourner votre attention de la vérité

RT :  Pour sa défense, Hillary Clinton accuse la Russie de tous les maux. L'élection présidentielle aux Etats-Unis a-t-elle quelque chose à voir avec la Russie ?

G. B. :  Hillary Clinton essaie de distraire le peuple américain, le poussant à croire que Donald Trump aurait certains liens avec Vladimir Poutine ou avec la Russie. C'est toujours la même idée selon laquelle «les Russes font quelque chose de mal». Mais, ayant combattu pendant la guerre froide, je peux dire que cette dernière finie. Elle est finie depuis un certain moment. On ne sait pas exactement qui a piraté ces mails, si c'était quelqu'un en Russie, ou un gamin en Angleterre depuis le sous-sol de sa mère. Ce que je peux dire, c'est que la famille Clinton essaie de détourner votre attention de la vérité, et la vérité est que Hillary Clinton est complètement incompétente et ne devrait jamais devenir présidente.

RT : Certains mails d'Hillary Clinton ont révélé qu'elle et Bill auraient accordé des faveurs à travers leur fondation Clinton pendant leur mandat. Parmi les donateurs de la fondation figuraient les riches monarchies du Golfe et des sociétés pétrolières... Doit-on s'attendre à ce que, si Hillary devient présidente, n'importe quelle société ou pays riche puisse acheter la place qu'il veut dans la politique américaine ?

G. B. :  Certainement. Pour être honnête, je pense que c'est déjà le cas. Il est au minimum difficile de ne pas croire que tout cela est obscène et obscure. Ils ont mis en place cette fondation, puis, en quelques années, ils ont obtenu 200 millions de dollars. Beaucoup de ces donateurs sont des pays étrangers, certains de ces pays étrangers traitent leurs citoyens de manière contraire aux valeurs américaines. On se demande pourquoi les Clinton acceptent leur argent. Maintenant ils prétendent que c'est à des fins de «charité». Mais seuls alors 10% sont en effet envoyés à des organismes caritatifs.

Elle promet d'embaucher son mari, parce qu'elle sait qu'une grande partie de la population américaine l'appréciait

RT : Hillary a promis de charger son mari Bill des affaires économiques au cas ou elle serait élue. Peut-on dire que c'est sa campagne à elle, ou bien ce serait un troisième mandat présidentiel de Bill Clinton ?

G. B. : Si elle est un aussi grand leader, pourquoi aurait-elle besoin de son mari pour gérer l’économie ? Elle est censé être le leader supérieur, que tout le monde doit considérer comme une personne compétente. C'est encore en moyen de détourner votre attention. Elle promet d'engager son mari, parce qu'elle sait qu'une grande partie de la population américaine appréciait son mari.

RT :  Nous avons donc, d'un côté, les Clinton avec des rumeurs d’abus de femmes et, de l'autre, Donald Trump qui se permet des propos racicstes et sexistes.  Pourquoi y-a-t-il dans cette campagne présidentielle autant de mesquineries plutôt que d'éléments qui comptent vraiment  ?

G. B. :  Dans le cas de Clinton, c'est parce qu'elle ne peut pas s'appuyer sur son propre bilan. De quoi peut-elle se vanter ? «Je n'ai tué que quatre personnes à Benghazi ! C'est super ! J'aurais pu en tuer beaucoup plus !» De quoi peut-elle se vanter ? «Vous savez, j'ai humilié et insulté ces femmes par erreur.» Mais elle a commis la même erreur au moins plusieurs fois. Elle n'a rien sur quoi fonder sa campagne. 

Lire aussi : Débat Trump-Clinton : «Cette campagne brise tous les records de vulgarité et de coups bas»

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Raconter l'actualité

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Aux portes de la guerre: Le site d'infos russe Sputnik déclaré site terroriste par l'UE

Publié le par Felli Bernard

20 octobre 2016

Les députés européens mettent Sputnik et Daesh sur le même plan Dans une proposition de résolution hallucinante, la présidente polonaise de la sous-commission défense et sécurité du parlement européen réclame le soutien des centre de communication de l'Otan pour mettre fin aux activités subversives des agences publiques de presse russes... et des terroristes de l'Etat Islamique.

La rotation des responsabilités au Parlement européen a ça de particulier qu'elle permet à des phénomènes russophobes tels que l'Eurodéputé polonaise Anna Fotyga, de faire voter des résolutions dangereuses pour la diversité de la presse voire pour certains journalistes. 

Le texte original, dont Sputnik s'est procuré une copie, évoque pêle-mêle Russia Today, Sputnik, Daesh, le Kremlin, les « trolls » ou l'Eglise orthodoxe comme autant de moyen de propagande contre lesquels il faut lutter.
Il a depuis été largement amendé, même si Sputnik reste nommément visé et figure dans le même document qu'un mouvement terroriste mondialement combattu. 

Vous pouvez lire le texte du rapport 
ici 

Le bureau de Mme Fotyga n'a évidemment pas souhaité répondre à nos questions, nous renvoyant à la lecture du texte. En revanche, l'eurodéputé européen Javier Couso Permuy, rapporteur du rapport minoritaire sur ce texte, a bien voulu nous fournir quelques explications sur l'origine de ce pamphlet anti russe et anti journalistes russes :

« Le cas de Mme Fotyga relève de la pathologie politique russophobe. Ils disent que vous à Sputnik êtes au service de la politique agressive et militaire de la Russie contre l'Union Européenne et que vous interférez avec le travail de l'UE. C'est extrêmement grave, mais cela participe d'une campagne agressive qui pourrait aboutir à des attaques contre vos médias, comme cela est arrivé en Espagne avec Ispan TV dont le signal satellite a été coupé par arrêté ministériel ».
 

Alors que nos confrères de la presse française se plaignent régulièrement de l'incroyable concentration des pouvoirs qui fait que 95 % des médias se trouvent entre les mains de sept familles de milliardaires, voilà que le parlement européen prie les citoyens de se méfier de tout point de vue alternatif.

C'est une attaque en règle contre la liberté de la presse, à la limite de la légalité selon M. Couso : « Je pense que considérer des medias publics russes comme RT ou Sputnik, qui travaillent ouvertement avec une déontologie professionnelle, avec une ligne éditoriale marquée comme les autres médias, avec une organisation terroriste qui égorge qui assassine et qui pose des bombes, c'est quelque chose qui est illégal.

C'est gravissime et je pense que la communauté des journalistes internationaux devrait réagir car il faut défendre la diversité de la presse, aussi bien la Fox que Sputnik. »

Source.

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Tiens, on a coupé la connexion internet d’Assange…

Publié le par Felli Bernard

Tiens, Assange n’a plus Internet à l’ambassade d’Équateur (dont on saluera le courage dans l’aide apportée à Assange, bien peu de pays peuvent en dire autant). Par chance, il n’est pas seul… 🙂

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Pas cool son logeur…

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Mais pourquoi a-t-il fait ça ?

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C’est confirmé :

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Rions un peu :

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Ben oui, on ne va quand même pas dire la vérité sur Clinton (je recommande la série des Podesta Emails, c’est effarant, et nos médias n’en parlent presque pas…)

Donc :

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Quelque chose me dit que si Wikileaks avait sorti les emails de Trump, on oui aurait offert la Fibre avec la 5G… Non ?

 

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Bases et arobases

Publié le par Felli Bernard

Bases et arobases

19 Octobre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis, #Europe, #Extrême-Orient, #Amérique latine, #Histoire

La Guerre froide 2.0 bat son plein. L'empire recule, s'accroche, glisse encore, s'hystérise, perd des pions, tente de les rattraper. L'ours le regarde, goguenard et gourmand, avançant ses pièces sous forme de bases, d'alliances, de manœuvres militaires, de retournements diplomatiques.

En Syrie, la semaine écoulée a vu deux décisions importantes : les bases aérienne de Hmeimim et navale de Tartous deviennent permanentes, à durée quasi perpétuelle. Les décrets ont été signés et ratifiés il y a quelques jours. Et comme les Russes ne font jamais les choses à moitié, ces installations seront étendues et largement améliorées - trois rangées de défense anti-aérienne à Hmeimim, systèmes anti-aérien et anti-sous-marins à Tartous - les rendant pratiquement inexpugnables. Pour Moscou, c'est une avancée décisive dans cette nouvelle région stratégique qu'est la Méditerranée orientale.

Comme si ça ne suffisait pas, des photos satellite montrent qu'une nouvelle base aérienne (sans doute temporaire) est en train d'être aménagée dans le centre du pays, spécifiquement destinée à bombarder l'EI. Car la bataille de Mossoul actuellement en cours - et où il se passe d'ailleurs des choses amusantes, nous y reviendrons dans un prochain billet - repoussera les petits hommes en noir vers la Syrie, au grand dam de Damas. Cela a déjà commencé si l'on en juge par les intenses bombardements syro-russes sur l'est du pays la nuit dernière.

Toujours au Moyen-Orient, nous avions évoqué l'utilisation de la base iranienne d'Hamadan par les bombardiers mastodontes TU-22m3 et le fait que Téhéran ne s'opposait pas à l'emploi d'autres pistes d'envol. Depuis, quelques bisbilles sont apparues, non pas sur le fond mais sur la forme ; des députés iraniens ont blâmé le ministère russe de la Défense pour avoir divulgué l'information, véritable coup de tonnerre puisque aucun pays ne s'était jamais vu accorder ce privilège depuis la Révolution khomeïniste de 1979. Le Perse est fier et, officiellement, l'ours n'utilise plus cette base. Derrière ce sauvetage de face, difficile d'imaginer toutefois que l'activité n'a pas repris depuis, mais ça, on ne le saura pas...

Partir d'Iran permet de réduire la distance donc le temps de vol, non seulement pour des raisons d'économie et d'efficacité militaire (moins de fuel donc plus de bombes embarquées) mais aussi et peut-être surtout afin d'échapper à l'espionnage satellite. Chose intéressante, un journal russe accusait alors un "pays tiers" disposant de satellites (vous devinez qui) de fournir des informations en temps réel aux djihadistes sur les vols des bombardiers stratégiques décollant du territoire russe à destination de la Syrie, donnant aux barbus le temps de se déplacer ou de se cacher.

Incidemment, puisqu'on parle de Téhéran, relevons l'étonnante coopération navale italo-iranienne. Un accord a été signé le 29 septembre entre les amiraux des deux pays et des manœuvres conjointes ont été menées près du détroit d'Ormuz, l'un des endroits les plus stratégiques du monde, au sortir du Golfe persique. L'accord stipule en outre que des navires iraniens pourront faire relâche dans des port italiens ! Si l'on nous avait dit ça il y a ne serait-ce que cinq ans... La toujours excellente Caroline Galactéros nous en donne l'une des raisons :

Les Italiens sont favorables à ce que la marine iranienne utilise leurs bases méditerranéennes. Cette décision a pu être motivée par la réduction du nombre de navires de guerre américains amarrés dans les ports italiens. Cela fait presque un an qu’aucun navire américain n’a jeté l’ancre dans un port italien. Rome craint sans doute que Washington ne poursuive sa politique de retrait des forces américaines au Moyen-Orient et par conséquence en Méditerranée, ce qui engendrerait une sous-utilisation des bases navales italiennes.

Ici comme ailleurs, retraite de l'empire qui n'a plus tout à fait les moyens d'entretenir son réseau mondial de bases. La nature ayant horreur du vide, la place est reprise par l'ennemi d'hier et presque encore d'aujourd'hui...

L'on a vu qu'Erdogan, dans une pique toute sultanesque en direction de Washington, avait proposé et reproposé à Poutine d'utiliser la base de l'OTAN d'Incirlik, ce qui n'aurait d'ailleurs pas manqué de sel. Déjà que les F16 turcs en décollent pour bombarder les Kurdes syriens tandis que les avions US partent du même endroit pour les protéger ; si en plus les Sukhois décollent de Turquie pour matraquer l'ASL soutenue par Ankara, imaginez le maelstrom... Pas fou, le Kremlin a décliné.

Il est par contre tout sourire devant les exercices militaires conjoints russo-égyptiens, là encore une première du genre. Sans remonter à Nasser, Le Caire et Moscou sont en harmonie depuis plusieurs années (on se rappelle la visite pharaonesque de Poutine début 2015) et partagent la même position sur le dossier syrien. Le net rafraîchissement des relations entre l'Egypte et les Etats-Unis après 2013 a, loi des vases communicants oblige, pleinement profité à Moscou et l'on parle même maintenant d'une possible base russe en Egypte (Sisi a démenti mais...)

Le Yémen s'y met lui. L'ancien président Saleh, désormais allié aux Houthis chiites pro-iraniens, a proposé en août à la Russie d'utiliser ses ports et aéroports ! Dire qu'il n'y a pas si longtemps, ce même personnage était l'allié de Washington dans la "guerre contre le terrorisme"... L'empire voit un à un ses dominos tomber, que l'ours ramasse avec gourmandise... ou pas en l'occurrence. Chaque chose en son temps semble penser Moscou : d'abord la Syrie, ensuite on verra. Voir un affrontement saoudo-russe dans le ciel yéménite vaudrait pourtant son pesant de loukoums.

En parlant de domino, les Philippines semblent atteindre un point de non-retour. Depuis notre dernier billet, la situation s'est encore envenimée : Duterte a défié la CIA de l'assassiner et s'est félicité que "la Chine et la Russie contrôlent l'arrogance américaine". De violentes manifestations anti-américaines ont eu lieu aujourd'hui à Manille devant l'ambassade US, qui apporteront de l'eau au moulin de l'exalté président philippin :

Celui-ci n'était pas présent : il est en visite officielle en Chine (sa première en dehors de l'ASEAN depuis qu'il a pris ses fonctions en juin), trop occupé à se rapprocher de son nouvel ami Xi, ce dont Pékin se félicite. Il n'est d'ailleurs pas seul puisque pas moins de 250 hommes d'affaires/entreprises l'accompagnent. Changement tectonique de la géopolitique mondiale, la "nation indispensable" cédant inexorablement son emprise face au duopole russo-chinois.

Revenons aux Russes justement. Syrie, Egypte, Iran, Yémen, Turquie... ça ne leur suffit apparemment pas : Moscou est en train d'étudier sérieusement la possibilité de rétablir ses bases de l'ère soviétique à Cuba et au Vietnam, avec évidemment l'accord des pays intéressés.

Hasta la putinación siempre ! semblent penser les Castro, apparemment peu émus par le rétablissement des relations américano-cubaines. La réouverture du centre d'espionnage électronique de Lourdes était dans les tuyaux depuis quelques temps. S'il n'est pas question de présence militaire, sa capacité d'écoute serait une grosse épine dans le pied impérial. Rappelons que grâce à ce centre, l'URSS, alors dans ses ultimes soubresauts, avait tout de même intercepté et connu à l'avance les plans US pour la première guerre du Golfe.

Quant à la base navale de Cam Ranh, il n'est pas impossible que ce soit une demande des Vietnamiens eux-mêmes, inquiets de la flambée de tension en mer de Chine méridionale et comptant sur l'ami russe pour calmer les ardeurs de son allié le dragon.

Le Grand jeu se déroule sous nos yeux, sur le grand échiquier géographique du globe où l'empire recule toujours un peu plus. Il a également lieu sur les ondes, câbles électriques et autres réseaux informatiques de la guerre de l'information.

Le vice Biden, Joe l'Indien pour les intimes, a déclaré la cyber-guerre à la Russie, rien que ça. Venant d'un pays de plus en plus virtuel, il est somme toute assez pratique de ne pas se mouiller sur le terrain réel, mais il n'en reste pas moins que ces menaces sont sans précédent. Le prétexte est toujours le même, éculé jusqu'à la corde : l'agression russe. Tremblez jeunes gens, l'ours aiguise ses canines électroniques, pirate le vénérable et pacifique Parti démocrate, encourage Assange à dévoiler toujours plus le caniveau sur lequel est assise l'hilarante, menace la sécurité de l'élection américaine etc. D'ici à ce que Poutine soit responsable de la disparition des dinosaures... Moscou a en tout cas répondu assez vivement, ridiculisant les accusations états-uniennes.

Et puisqu'on parle d'Assange et de ses révélations, le site Wikileaks a été bloqué afin de sauver le soldat Clinton. Et là, chers amis, ça posera un petit problème métaphysique à certains... L'on apprend en effet que c'est l'ambassade d'Equateur à Londres, dans laquelle est réfugié le Suédois depuis des années, qui lui a coupé l'accès internet. Comment ?!? Correa, l'anti-impérialiste qui ne mâche pas ses mots contre les menées de Washington et les dénonce souvent avec courage... Que vient-il faire dans cette galère ?

Là, je voudrais tout de suite préciser une chose à l'intention du lecteur. Votre serviteur n'a strictement aucune idéologie ni affiliation politique et, de surcroît, ne vote jamais, ce qui lui permet de poser un œil totalement libre sur le monde. Si ce qui suivra embarrassera peut-être certains, ce n'est en aucun cas un appel politique, mais un simple regard, lucide, sur notre époque.

J'ai plusieurs fois abordé dans les commentaires la véritable division de la politique française et, partant, européenne, depuis un demi-siècle et qui transcende la fausse opposition droite-gauche : BO-BO vs LI-LI. D'un côté, la droite bonapartiste et la gauche "bolchévik", qui prend sa naissance dans l'alliance de facto entre De Gaulle et le PCF et court jusqu'à l'actuel duo Le Pen-Mélenchon. Ce courant indéniablement patriote a depuis plus de cinquante ans une certaine idée de l'indépendance nationale et de l'équilibre international, étant très critique vis-à-vis du système impérial américain et de ses alliances pétromonarchiques, préconisant un rapprochement avec la Russie, plus récemment avec l'Iran, Assad etc. Dans les années 60, le grand Charles et les communistes ont fait partir l'OTAN ; en 1991, Georges Marchais et Le Pen père s'opposaient à la guerre du Golfe, rebelote en 1999 et la guerre du Kossovo, jusqu'au copié-collé actuel des positions du FN et du FG sur toutes les questions internationales. Ce qui est vrai en France l'est également en Europe : sur la Syrie, l'Ukraine, la Russie ou le Moyen-Orient, UKIP, Podemos, Syriza, La Ligue du nord, Wildeers disent exactement la même chose. Jamais à court de mépris, la mafia médiatique parle d'alliance, populiste forcément, "rouge-brune".

Car les médias appartiennent tous à l'autre bord, le système LI-LI (droite libérale et gauche libertaire) qui a pris le pouvoir au tournant des années 70 (Giscard + soixante-huitards) et ne l'a plus lâché depuis (UMPS). Ce courant est marqué par un tropisme pro-américain évident - est-ce un hasard si les maoïstes de Mai 68, peut-être d'ailleurs l'une des premières révolution de couleur de l'histoire de la CIA, sont aujourd'hui les plus fervents supporters des guerres néo-conservatrices (BHL, Cohn-Bendit, Glucksman, Barroso) ? Les LI-LI vouent une admiration béate pour l'UE, l'OTAN et la pax americana, une haine féroce envers Poutine et le monde multipolaire etc. Au fil des décennies, ce système est devenu un tout à peu près cohérent, unifié. Union européenne = médias = OTAN = UMPS = alliance saoudienne = TAFTA = soutien au Maidan ou aux djihadistes syriens...

Jusqu'ici, c'est assez simple et linéaire. Mais les choses se compliquent très vite car l'anti-système a un petit problème : il boite. Si les "bonapartistes" sont prêts à tendre la main aux "bolchéviks" pour faire tomber le système (soutien à Syriza lors de la crise grecque par exemple), la réciproque ne se vérifie jamais. Prisonnière de certaines contradictions idéologiques inhérentes et intensément travaillée par le politiquement correct créé par le système, la gauche de l'anti-système est incapable de faire un pas vers sa droite. C'est assurément ce qui explique la réaction de Correa aux pressions obamesques et la déconnexion de Wikileaks qui a suivi. Vous comprenez, Tump... racisme... xénophobie... les z'heures les plus sombres... Et hop, le tour est joué ! Voilà comment on retourne un pourfendeur pourtant sincère du système impérial US et qu'on l'amène à indirectement supporter l'hilarante candidate néo-conservatrice de ce même système.

Il s'est peu ou prou passé la même chose avec Bernie Sanders qui a finalement appelé sans rire à voter pour Clinton. Avec Syriza, qui ne voulait pas sortir de l'euro ni de l'UE ("un beau symbole de la fraternité des peuples" lol) et est vite revenu dans le rang. Avec Podemos, Mélenchon ou le travailliste anglais Corbyn, tous très critiques vis-à-vis de l'OTAN et de la politique américaine mais ne voulant pas non plus sortir de l'UE (qui est pourtant un projet américain) ou partageant avec Soros la même position sur les immigrants, servant ainsi les banksters sur un plateau d'argent... Bref, une partie de l'anti-système qui ne l'est pas vraiment au final, susceptible de s'aligner sagement sur le système quand on lui agite certains chiffons rouges.

Ainsi va le courant BO-BO, en pleine bourre actuellement et qui rêve de reprendre le pouvoir perdu à la fin des années 60, mais dont la marche en avant est pour le moins claudicante sur son pied droit et son pied bot. Fin de la digression qui n'appellera, j'espère, aucun commentaire politicien.

Aux toutes dernières nouvelles, et malgré la collaboration schizophrène de Correa, Washington n'a pas réussi à bloquer Wikileaks qui vient de sortir un douzième jet des e-mails piratés de l'inénarrable hilarante.

Enfin, comment ne pas mentionner le nouveau coup bas de Londres dans la guerre de l'information. Avant-hier, les comptes bancaires de RT au Royaume-Uni ont été fermés sans plus d'information. Ceux-là mêmes qui déblatèrent à longueur de journée sur la sacro-sainte liberté de la presse sont en réalité les premiers à la ligoter. Fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais, c'est vieux comme le monde... Par contre, en Argentine, où la licence de diffusion de RT avait été révoquée peu après l'élection du petit soldat Macri, il semble que l'on soit revenus à de meilleurs sentiments. Symbole que les révolutions colorées et autres coups d'Etat constitutionnels ne tiennent pas la route devant l'inexorable force des réalités économiques et stratégiques ? Le futur nous le dira...

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UNE LOI FASCISTE, DICTATORIALE, LIBERTICIDE, , INACCEPTABLE : LA LOI "EGALITE ET CITOYENNETE "!

Publié le par Felli Bernard

19 octobre 2016

http://www.bvoltaire.fr/jeanmichelleost/loi-egalite-et-citoyennete-une-loi-liberticide,289297?mc_cid=ac4b5dd27e&mc_eid=58ff097ba7

 

Loi « Égalité et Citoyenneté » : une loi liberticide ?

 Aujourd'hui

 

Si elle était adoptée, cette loi pourrait paradoxalement porter atteinte à l’égalité et à la liberté.

 

Jean-Michel Léost

Professeur honoraire

 

 

 

L’exposé des motifs de ce projet de loi, qui porte le nom respectable d’« Égalité et Citoyenneté », est déjà instructif : « Les attentats de 2015 ont mis à jour, avec encore davantage d’intensité, des fractures anciennes de la société française qui continuent de se creuser. Elles se traduisent par la montée des racismes, des intolérances, de la tentation du repli sur soi, des communautarismes et de la peur de l’autre […]. Avec ce projet de loi, c’est une France plus fraternelle que nous voulons dessiner. » Cette loi serait une réponse à la crise révélée par les attentats. L’islamisme ? Connaît pas. Ce sont ceux qui le dénoncent qui sont condamnables.

Le projet comporte trois grandes parties, respectivement intitulées « Citoyenneté et émancipation des jeunes », « Mixité sociale et égalité des chances dans l’habitat » et « Pour l’égalité réelle ». Pas de quoi fouetter un chat, direz-vous ? Sans doute. Mais comme nos dirigeants sont experts dans la fabrication de lois fourre-tout, mêlant l’acceptable, le discutable et l’intolérable, mieux vaut y regarder de plus près.

Si elle était adoptée, cette loi pourrait paradoxalement porter atteinte à l’égalité et à la liberté. Quelques exemples : contrôles d’identité systématiquement filmés pendant un an « à titre expérimental » (les policiers sont plus dangereux que les délinquants, c’est bien connu !) ; discrimination positive dans les établissements d’enseignement supérieur sélectifs, à l’instar des conventions ZEP de Sciences Po ; délit d’entrave numérique à l’IVG (on a le droit de faire de la publicité pour l’avortement, non de proposer d’autres solutions)… La pensée unique continue de se mettre en place.

Le plus inquiétant, c’est sans doute ce qui a trait à la liberté d’expression.

Le communiqué du Conseil des ministres du 13 avril 2016 évoquait le « durcissement de la répression des délits de provocation, de diffamation, d’injures et d’actes racistes face aux actes de racisme et de discriminations pour agir plus efficacement sur les discriminations et [l’]élargissement de la circonstance aggravante ». Certes, il faut combattre la provocation à la haine et la discrimination, mais l’expérience prouve que nos dirigeants ont un peu trop tendance, dans ces domaines, à chausser des lunettes de borgne.

Des articles de cette loi pourraient bien être détournés pour sanctionner tous ceux qui refuseraient d’être les propagandistes de la bien-pensance. Ainsi, tout auteur d’un texte sur un sujet sensible, comme l’immigration ou l’islam, aurait intérêt à y réfléchir à deux fois s’il ne veut être poursuivi pénalement par des associations militantes ou par l’État. Incitation à l’autocensure, intimidation, répression : à quand l’autocritique publique, chère aux totalitaires ? Vous êtes contre le mariage pour tous et contre la GPA ? Vous êtes homophobe. Pour la sélection à l’université ? Vous êtes contre la démocratisation de l’enseignement. Vous préférez les migrants chrétiens aux autres ? Halte au racisme et à l’islamophobie !

Cette loi, si elle était adoptée et appliquée, permettrait à tout gouvernement d’imposer son idéologie et d’instaurer peu à peu une société totalitaire. L’opposition ferait bien de s’intéresser à cette question si elle veut être crédible. La vérité objective existe, ce n’est pas quelque chose à fabriquer selon les besoins du moment : notre devoir est de la rechercher, pour essayer, au moins, de l’approcher. « À une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire », écrivait George Orwell. Soyons révolutionnaires !

 

 
 
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Hillary. Courriels et extraits choisis: le plus intéressant sur Wikileaks

Publié le par Felli Bernard

 

Hillary. Courriels et extraits choisis: le plus intéressant sur Wikileaks

 
 
 
 
 
 
 
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Hillary. Courriels et extraits choisis: le plus intéressant sur Wikileaks

 

Le site Wikileaks a déjà publié onze parties de la correspondance de John Podesta, directeur de campagne d’Hillary Clinton. On y trouve des informations sur le mauvais caractère de la candidate démocrate, sa coopération avec George Soros et son penchant pour la chasse aux OVNIs.

L’essentiel est que Soros soit content

Le secret principal dévoilé dans la 10e partie de la correspondance de M. Podesta portait sur l’attention qu’Hillary Clinton et son équipe de campagne portent aux conseils du fameux financier George Soros.

Un échange d’emails entre Robby Mook, chef de campagne, et Huma Abedin, assistante et conseillère politique d’Hillary Clinton, est consacré à la coopération avec l’organisation America Votes, une fondation politique de George Soros.« Je le ferai pour des raisons politiques (pour que Soros soit content). Pour l’instant, il n’est pas clair de savoir comment America Votes influera sur la course électorale », note M. Mook.

America Votes se propose comme mission de « promouvoir des décisions politiques progressistes, de remporter les élections et de défendre le droit de vote de chaque Américain ». Le candidat républicain Donald Trump s’est attiré des critiques après avoir déclaré que l’équipe de campagne d’Hillary Clinton collaborait avec les ONG qui représentent M. Soros.

Contre Wall Street, mais pour Goldman Sachs

Depuis le début de sa campagne électorale, l’ancienne secrétaire d’État cherche à persuader ses partisans qu’elle défend les intérêts de tous les Américains face aux pressions des banques multinationales d’investissement de Wall Street dont beaucoup sont impliquées dans la crise financière de 2008.

Toutefois, la première partie des révélations de Wikileaks publiée le 8 octobre dernier contenait des courriels d’où il ressort que Mme Clinton avait reçu des sommes importantes de Goldman Sachs, de la Deutsche Bank, de Morgan Stanley et des groupes d’intérêt de Wall Street.

Travailler avec les Clinton est suicidaire

Laura Graham, ancienne responsable de la Fondation Clinton, était proche du suicide en raison de problèmes professionnels liés à la famille Clinton. L’information à ce sujet provient de la deuxième partie des emails de John Podesta, publiée par Wikileaks le 10 octobre.

« La nuit dernière, Laura Graham m’a téléphoné parce qu’elle n’arrivait pas à joindre son psychanalyste. Elle était sur Staten Island dans sa voiture, garée près de l’eau, son pied était sur la pédale d’accélération. Elle m’a appelé pour parler du stress au travail lié à WJC et CVC (Bill Clinton et Chelsea Clinton, ndlr.). Elle était à bout, elle ne pouvait plus le supporter », indique un email du juriste Doug Band, ancien conseiller de Bill Clinton.

Selon M. Band, cette tentative de suicide n’était pas la seule. Le travail au sein de la Fondation Clinton a également « nui à l’état de santé » de son président, Brice Lindsey.

« Des extraterrestres dans un univers voisin »

Une révélation de Wikileaks montre que le président de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton s’intéresse aux extraterrestres. En témoigne une lettre datée du 18 août 2015 qui a été envoyée à M. Podesta par l’astronaute américain Edgar Mitchell, un ufologue connu pour ses déclarations extraordinaires. M. Mitchell parle à M. Podesta de l’imminence d’une « guerre spatiale » et de l’existence « d’extraterrestres dans un univers voisin ».

« Cher John. Alors que la guerre dans l’espace est proche, j’ai voulu te prévenir par rapport à certains faits avant notre conversation sur Skype. Souviens-toi que des extraterrestres non-hostiles provenant d’un univers voisin sont prêts à nous aider avec les technologies de l’énergie du point zéro sur Terre. Ils ne supporteront aucune action de guerre ni sur Terre, ni dans l’espace », lit-on dans la lettre publiée sur le portail de Wikileaks.

En 2002, John Podesta s’est prononcé pour la publication des documents classés secrets sur le crash d’un OVNI en Pennsylvanie en 1965.

Mauvaise intuition et sale caractère

Les extraits les plus frappants de la correspondance publiée par Wikileaks sont consacrés aux mauvais traits de caractère d’Hillary Clinton et à son manque de logique évoqués par ses assistants.

John Podesta se déclare notamment préoccupé par le fait que Hillary Clinton n’éprouve aucun remord suite au scandale des courriels, ce qui peut porter un coup dur à sa campagne électorale. Il note également que l’ancienne secrétaire d’État a des traits de caractère qui l’empêchent de bien exprimer ses émotions.

« Cette histoire avec les courriels a eu un mauvais effet sur elle. Je le comprends clairement. Je crains que son refus de se produire à la télévision pour exprimer ses regrets et faire part de ses remords reflète un défaut de caractère », lit-on dans une lettre publiée par Wikileaks.

Arabie saoudite : assez de fonds pour Clinton et pour Daech ?

Hillary Clinton a écrit à John Podesta que le Qatar et l’Arabie saoudite versaient secrètement des fonds au groupe terroriste État islamique. Malgré cette « découverte », les responsables de la Fondation Clinton envisagent d’attirer des fonds de toutes les sources, y compris de Riyad, dans une lettre consacrée aux sources de financement de la campagne électorale.

« Prenons l’argent, si on nous attaque à ce sujet, on se débrouille plus tard », écrit notamment le chef de campagne Robby Mook qui avait antérieurement proposé d’accepter le soutien des fondations de George Soros.

 

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201610181028259957-clinton-wikileaks-le-plus-interessant/

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Poutine interviewé par Bloomberg [3/4]

Publié le par Felli Bernard

Poutine interviewé par Bloomberg [3/4]


Avenir de l’euro – Politique de change – Politique budgétaire – Élections US – Relations avec la Grande-Bretagne


Russia’s President Vladimir Putin Interview to Bloomberg. Parts I, II, and III


Saker US

Le 3 septembre 2016 – Source bloomberg

Le 1er Septembre, Vladimir Poutine a donné, à Vladivostok, une interview au rédacteur en chef de la société internationale de médias Bloomberg. [Imaginez une seconde Obama acceptant une interview de Russia Today, NdT]

Cet entretien est publié en quatre parties :

  • Première partie : développement de l’Extrême-Orient russe – litiges territoriaux avec le Japon
  • Deuxième partie : relations avec la Chine – politique énergétique – cyberguerre
  • Troisième partie : avenir de l’euro – politique de change – politique budgétaire – élections US – relations avec la Grande-Bretagne
  • Quatrième partie : relations avec la Turquie – état des lieux en Syrie – confiance Est-Ouest – guerre en Tchétchénie – politique étrangère – héritage et réflexions sur le système politique – succession et réflexions sur les difficultés du pouvoir

 

John Micklethwait :

Vous venez de parler de l’économie russe, nous y reviendrons et je vous questionne au sujet des réserves dans une seconde. Mais cela a frappé lorsque que vous avez parlé en détail de toutes les façons dont la Russie est devenue plus forte. Vous êtes sur le point d’aller au G-20 et vous avez souvent étudié et surveillé l’Ouest. Vous avez, pour le moment, été au G-20 plus que tout autre dirigeant. Avez-vous déjà été à un G-20 où l’Ouest est vu, comme aujourd’hui, plus divisé, plus dubitatif, et plus méfiant de lui-même ? Regardez toutes ces choses qui se passent en Europe – la migration, le Brexit –, regardez l’Amérique avec les élections et tous les problèmes associés. Est-ce que l’Occident vous semble particulièrement désuni en ce moment ? Comment expliquez-vous cela ?

Vladimir Poutine :

– Il y a beaucoup de problèmes dans l’économie mondiale en général et dans l’économie de l’Ouest aussi : le vieillissement de la population, la baisse des taux de croissance et de la productivité du travail. Cela est évident. La situation démographique globale est très compliquée.

Ensuite, les spécialistes eux-mêmes, et vous êtes l’un des meilleurs spécialistes dans ce domaine, croient probablement que dans le cadre de l’expansion de l’UE, par exemple, des éléments concernant l’état de préparation de certaines économies pour entrer dans la zone euro n’ont pas été pris en compte.

Il est très difficile d’entrer dans une zone de monnaie unique ayant des paramètres économiques assez faibles et de maintenir un état favorable de l’économie, pour ne pas mentionner les taux de croissance positifs. Nous en avons été témoins non seulement en Europe, mais aussi, par exemple, en Argentine – il y a près de dix ans ou plus – quand ils ont attaché la monnaie nationale au dollar et ensuite n’ont pas su quoi faire à ce sujet. Il en est de même pour l’entrée dans la zone euro…

Vous attendez-vous à voir l’euro survivre ?

Je l’espère, parce que nous croyons dans les principes fondamentaux de l’économie européenne. Nous voyons que les dirigeants de l’Europe occidentale – il y a des débats bien sûr, nous voyons et analysons aussi cela – collent à des approches très pragmatiques pour résoudre les problèmes économiques, dont je ne peux pas dire si elles sont bonnes ou mauvaises, cela dépend toujours de l’avis de chacun.

Ils ne détournent pas les instruments financiers, les injections financières, mais tentent, tout d’abord, d’obtenir un changement structurel. Ceci est urgent pour notre économie aussi bien, et peut-être même plus urgent si on garde à l’esprit les problèmes que nous ne pouvons pas encore traiter [seuls, NdT], à savoir la prédominance du secteur du pétrole et du gaz dans la Fédération de Russie et, en conséquence, la dépendance aux revenus du pétrole et du gaz.

Cela se manifeste également en Europe, non pas la dépendance au pétrole et au gaz, mais le fait que les réformes structurelles sont attendues depuis longtemps, et je pense que les principales économies sont très pragmatiques et efficaces pour faire face aux enjeux de l’économie européenne. Voilà pourquoi nous continuons à conserver environ 40% de nos devises de réserve en euros et en or.

Vous attendez-vous à ce que l’Europe ne garde pas les membres existants, et qu’elle en perde d’autres, comme elle a perdu la Grande-Bretagne ?

Vous savez, je ne veux pas répondre à votre question provocatrice, même si je comprends qu’elle puisse être intéressante.

Allons donc ! Vous avez très souvent critiqué l’Europe…

Eh bien, oui, je l’ai critiquée, mais je le répète : nous gardons 40% de nos devises de réserve en euros, nous ne sommes pas intéressés par l’effondrement de la zone euro, mais je ne peux pas exclure la possibilité de décisions qui regrouperaient des pays égaux dans leur développement économique, ce qui, à mon avis, conduirait à une consolidation de l’euro. Mais il peut aussi y avoir des décisions provisoires afin de maintenir le nombre actuel de membres de la zone euro inchangé. Cela n’est pas notre travail, mais nous suivons toujours étroitement les actions de nos partenaires européens et nous leur souhaitons bonne chance.

Maintenant, en ce qui concerne ces critiques dont vous avez parlé. J’ai critiqué la politique étrangère, mais cela ne veut pas dire que nous devrions être d’accord sur tout. En effet, nous critiquons beaucoup de choses, nous pensons que nos partenaires font beaucoup d’erreurs – nous pouvons aussi faire des erreurs, personne n’est à l’abri de faire des erreurs –, mais en ce qui concerne l’économie, je le répète, à mon avis, la Commission européenne et les principales économies européennes agissent de manière très pragmatique et sont sur la bonne voie.

Peut-on parler de l’économie russe ? Je sais que vous allez dire que le taux de change dépend beaucoup de la Banque centrale et qu’il est fixé par le marché. J’ai regardé en juillet, le 19, lorsque le rouble était à 62,9 pour un dollar, vous avez dit qu’il était trop fort, vous avez critiqué cela. Et le rouble est maintenant descendu à 65 pour un dollar. Est-il assez affaibli pour vous rendre heureux ? Ou voulez-vous le voir faiblir davantage ?

Je n’ai pas critiqué la position de la Banque centrale. J’ai toujours pensé et je pense toujours que la Banque centrale doit agir de façon indépendante. En effet, c’est vrai, vous pouvez me croire sur parole. Je ne me mêle pas des décisions de la Banque centrale et je ne donne pas d’instruction à la direction de la Banque ou à sa présidente.

La Banque centrale observe la situation économique et, bien sûr, je reste en contact aussi bien avec la direction qu’avec la présidente de la Banque centrale, mais je ne donne jamais d’instructions. Si j’ai dit que le rouble était devenu trop fort, je ne dis pas que la position de la Banque centrale était erronée, je dis que cela a mis la pression sur les secteurs de l’économie orientés vers l’exportation. Nous comprenons tous que cela est vrai. Lorsque le rouble est plus faible, il est plus facile de vendre, de produire ici pour un rouble pas cher et de vendre pour un dollar coûteux, obtenir des entrées en dollars puis les échanger contre des roubles et obtenir un revenu plus élevé. C’est simple.

Mais si nous parlons de choses fondamentales, la régulation du taux est en fait la fonction du régulateur principal, à savoir la Banque centrale. Et elle devrait penser à la façon dont l’économie et l’industrie réagissent, mais aussi à sa tâche fondamentale d’assurer la stabilité du taux. La stabilité du taux est la question principale et la Banque centrale agit pour l’assurer d’une façon ou d’une autre. Cela a finalement été atteint après que la Banque centrale est passée à un taux de change flottant pour la monnaie nationale.

La Banque centrale devrait prendre en compte d’autres choses aussi : la stabilité du système bancaire dans le pays, l’augmentation ou la diminution de la masse monétaire dans l’économie, son influence sur l’inflation. La Banque centrale a beaucoup à gérer et il est préférable de ne pas interférer avec sa compétence.

Vous personnellement, aimeriez-vous voir rouble un peu plus faible encore, avec leur aide ? Je sais que ce n’est pas votre travail mais vous aviez fait un commentaire avant. Que dites-vous maintenant ?

Vous savez, ma position est que le taux devrait s’aligner sur le niveau du développement économique. Parce que ce taux résulte toujours d’un équilibre, un équilibre des intérêts, et il devrait refléter cet équilibre. Un équilibre entre ceux qui exportent et qui bénéficient d’un taux faible, et ceux qui achètent, qui ont besoin d’un taux plus élevé. Un équilibre entre les producteurs nationaux, par exemple les producteurs agricoles, qui sont intéressés. Ici, nous avons 40 millions de citoyens russes impliqués dans le domaine de l’agriculture d’une manière ou d’une autre. C’est très important. Il ne faut pas oublier non plus les intérêts des consommateurs ordinaires qui ont besoin de prix un peu plus bas dans les supermarchés.

Par conséquent, permettez-moi de rappeler que le taux ne devrait pas répondre aux intérêts d’un groupe spécifique ou deux, il doit répondre aux intérêts fondamentaux du développement de l’économie elle-même.

Donc, vous ne vous plaignez plus. Je suppose que vous n’êtes pas trop malheureux avec le taux où il est ?

Je n’ai pas exprimé de désaccord, je ne me plaignais pas. J’ai simplement noté que l’un des groupes, en particulier les exportateurs, préférerait voir un affaiblissement du rouble.

Vous avez mentionné précédemment que la Russie a normalement $500 milliards [de réserves, NdT]. Maintenant, c’est $400 milliards. Avez-vous l’objectif de revenir à $500 milliards. Pensez-vous cette cible réaliste ? Quelle est votre opinion : la Banque centrale devrait-elle acheter plus de dollars dans le but de remonter vers $500 milliards ?

La Banque centrale achète et vend constamment – c’est son travail. Je crois qu’au cours des six derniers mois les réserves en or et en devises ont augmenté de 14%.

Les réserves ont remonté un peu, mais les achats de dollars n’ont pas été aussi systématiques qu’auparavant.

– Vous et moi connaissons très bien le niveau nécessaire des réserves de la Banque centrale, ainsi que leur but. Nous pouvons dire au grand public que l’or et les réserves de change en devises de la Banque centrale ne sont pas conçus pour financer l’économie, mais plutôt pour assurer le chiffre d’affaires du commerce extérieur. Par conséquent, nous avons besoin de ce niveau pour atteindre le montant du commerce extérieur nécessaire à une économie telle que celle de la Russie pour une période d’au moins trois mois. Si tout s’arrête, ce niveau sera en mesure d’assurer notre chiffre d’affaires du commerce extérieur en utilisant les réserves d’or et de devises étrangères pendant au moins six mois ou plus, ce qui est largement suffisant.

Par conséquent, nous avons aujourd’hui un niveau absolument correct de réserves en or et en devises étrangères afin d’assurer durablement la stabilité économique et le niveau du commerce extérieur. Toutes les autres questions – achat et vente de devises – sont liées à la régulation du marché de la monnaie nationale. Cependant, il est encore difficile de dire quelle sera la réaction de la Banque centrale et si elle conduira à augmenter les réserves. Il ne faut pas oublier que nous avons deux fonds de réserves gouvernementaux: le Fonds de réserve et le Fonds national de bien-être qui représentent ensemble $100 milliards.

Je veux revenir en arrière – toutes ces choses affectent le budget. Vous avez un déficit budgétaire, vous venez de donner plus d’argent que précédemment prévu pour les retraités. Vous devrez emprunter depuis quelque temps. Vous êtes susceptible de le faire cette année ? Et irez-vous sur le marché intérieur ou sur le marché international pour emprunter de l’argent ?

Il n’y a pas de besoin pour le moment. Nous ne devons pas emprunter sur le marché extérieur, mais nous avons utilisé et utilisons toujours  cet instrument traditionnel dans les relations financières internationales. Nous avons émis des instruments financiers dans le passé, et il y a une forte demande pour eux, c’est tout simplement inutile maintenant. Compte tenu du coût des emprunts et des $100 milliards de réserves du gouvernement, il n’y a aucune raison pour que nous empruntions. Nous devrions examiner la situation attentivement. En outre, les emprunts sont possibles, mais nous devons comprendre ce qui est le plus rentable à ce stade. C’est un premier point.

La deuxième. Le déficit. L’an dernier, le déficit du budget fédéral a été de 2,6%. Je pense que vous conviendrez que c’est un niveau assez acceptable. Cette année, nous nous attendons à un déficit légèrement plus élevé d’environ 3%, peut-être un peu plus. C’est toujours un niveau tout à fait acceptable. Mais que cherchons nous à atteindre ? Nous cherchons à optimiser les dépenses du budget. Je crois que même en ces temps difficiles, nous employons une approche très pragmatique envers les questions économiques et sociales. Nous traitons les problèmes sociaux majeurs et tenons les promesses faites à notre peuple.

Le gouvernement vient d’annoncer une indexation des pensions de 4%. Il n’y a eu aucune indexation dans la seconde moitié de l’année, mais l’année prochaine, nous allons faire un paiement unique de 5 000 roubles pour chaque retraité, qui est en fait comparable à une indexation. Nous agissons de manière pragmatique et prudente. Nous réduisons les dépenses sur les postes budgétaires qui ne constituent pas une priorité. On ne va pas gaspiller nos réserves et les brûler pour toutes les ambitions politiques. Nous allons agir très soigneusement.

J’espère qu’il n’y aura pas de besoin particulier nécessitant des financements extérieurs. Il est intéressant de noter que, malgré le fait que le PIB soit plus petit maintenant, nous maintenons toujours un excédent commercial. Je crois que nous avons maintenant un excédent commercial de $45 milliards pour la première moitié de l’année. En terme annuel, l’inflation a baissé plusieurs fois. Plusieurs fois ! D’une année sur l’autre, elle était d’environ 10% par rapport à août dernier, mais maintenant elle est seulement un peu plus de 3%. Le taux de 5,7% pour le chômage est également acceptable. Nos indicateurs microéconomiques sont stables et ils me donnent des raisons de croire que nous allons calmement et régulièrement passer cette période difficile de notre économie, qui s’est sans doute déjà adaptée à la situation actuelle.

Ce G-20 sera le dernier où vous verrez Barack Obama. Et comme vous le savez il y a l’élection américaine et, comme vous le savez aussi, il y a un choix entre Hillary Clinton et Donald Trump. Qui préféreriez-vous avoir à l’autre bout du téléphone s’il y a situation géopolitique – Donald Trump ou Hillary Clinton ? Avez-vous seulement un sentiment ?

Je voudrais faire face à une personne qui est en mesure de prendre des décisions responsables et de mettre en œuvre les accords conclus. Son nom n’a pas d’importance. Bien sûr, cette personne doit avoir la confiance du peuple américain, puis il ou elle ne devra pas seulement en avoir le désir mais aussi disposer d’un soutien politique ayant la volonté de mettre en œuvre les accords.

Nous n’avons jamais interféré dans les affaires intérieures d’un État et nous ne le ferons jamais. Nous gardons un œil sur ce qui se passe et attendons le résultat des élections et après cela nous serons prêts à travailler avec toute administration qui voudra travailler avec nous.

Puis-je vous pousser, juste sur ce sujet ? En 2011 vous avez accusé Hillary Clinton de soutenir les protestations auxquelles vous avez été confronté en Russie à l’époque [tentative de coup d’État, NdT]. Et par contraste, je regarde certaines des choses que Donald Trump a dites à votre sujet en 2007, que Poutine faisait un excellent travail, en 2011 il a loué votre chemin raisonnable, l’année suivante, il a dit que vous étiez son nouveau meilleur ami, l’année d’après, il a dit que vous êtes meilleur que les Américains, il a dit que vous méritez de bonnes notes… Et je peux continuer comme ça. Et vous pouvez vraiment me dire que si vous avez le choix entre une femme, dont vous pensez qu’elle peut avoir tenté de se débarrasser de vous, et un homme, qui semble avoir cette sorte de grande affection pour vous, presque à la limité de l’homoérotisme, vous n’allez pas choisir entre les deux, parce que l’un d’entre eux semble être plus favorable envers vous ?

Vous savez, en fait j’ai déjà répondu à votre question, mais je peux le dire autrement, le dire en d’autres termes : nous sommes prêts à faire face à un président, mais bien sûr, et je l’ai mentionné, cela dépend de l’état de préparation de l’administration à venir. Nous accueillons toujours quelqu’un qui se dit prêt à travailler avec la Russie. Mais si quelqu’un, comme vous l’avez dit, veut se débarrasser de nous, alors il s’agit d’une approche différente. Cependant, nous allons passer au-dessus de ça, vous ne savez jamais qui va perdre le plus avec une telle approche.

Voilà l’important : j’ai vu à plusieurs reprises que la carte anti-russe est jouée lors des campagnes nationales aux États-Unis. Je trouve cette approche de très courte vue.

Dans le même temps, nous recevons des signaux différents tout autour de nous montrant que, en fait, tout va bien. La même situation se produit avec les administrations précédentes pendant les campagnes électorales, elles affirment que tout sera rétabli plus tard. Je ne pense pas que cette attitude corresponde au niveau de responsabilité qui pèse sur les États-Unis. Je suppose que cela devrait être plus sain, calme et équilibré.

Quant aux critiques que nous recevons, vous savez, même l’équipe de M. Trump nous critique. Par exemple, l’un des participants ou des membres de son équipe a affirmé que la Russie donne de l’argent aux Clinton par certains fonds et que, en fait, la Russie contrôle la famille Clinton. Ça n’a pas de sens. Je ne sais même pas où Bill Clinton a prononcé son discours et je ne sais rien à propos de tous ces fonds. Les deux parties utilisent cela simplement comme un outil dans leur affirmation politique interne, et je suis sûr que c’est une mauvaise chose. Mais encore une fois, nous nous félicitons du fait que quelqu’un se déclare prêt à travailler avec la Russie quel que soit le nom de cette personne.

Puis-je poser une dernière question sur Donald Trump ? Certaines personnes disent qu’il est trop imprévisible pour être un président américain. Seriez-vous heureux avec lui comme président américain de la même manière que vous seriez heureux avec Hillary Clinton dans ce rôle ?

Nous ne pouvons pas décider pour le peuple américain. Après tout, malgré le comportement scandaleux de l’un et, en passant, de l’autre candidat – chacun est scandaleux à sa manière –, ils sont intelligents, ils sont vraiment intelligents et ils sont conscients des leviers qu’ils doivent utiliser pour se faire comprendre par les électeurs des États-Unis, les sentir et les entendre. Donald Trump vise les électeurs républicains traditionnels, la personne moyenne avec un revenu moyen, la classe ouvrière, un certain groupe d’entrepreneurs et ceux qui embrassent les valeurs traditionnelles. Mme Clinton se concentre sur une autre partie des électeurs et tente aussi de les influencer à sa manière. Alors ils s’attaquent l’un l’autre et, en tout état de cause, je ne voudrais pas que nous suivions leur modèle. Je ne crois pas qu’ils donnent le meilleur exemple. Mais ceci est la culture politique des États-Unis, que l’on doit prendre comme elle est. Les États-Unis sont un grand pays et ils ne méritent pas l’ingérence ou les commentaire des tiers.

Répondant à votre question pour la troisième fois, je peux vous dire que nous travaillerons avec toute administration et tout président qui a la confiance du peuple américain. Ceci dit, bien sûr, s’ils souhaitent coopérer avec la Russie.

Permettez-moi de vous poser des questions sur d’autres pays. Une autre personne que vous allez rencontrer au G-20 est Theresa May. La Grande-Bretagne a fini dans la même situation que la Russie, elle est en Europe, mais non membre de l’Union européenne après le Brexit. Voulez-vous les aborder avec un accord de libre-échange ?

Eh bien, je voudrais terminer ma réponse à la question précédente. Vous avez travaillé comme journaliste pendant une longue période. Vous êtes tout à fait compétent et vous comprenez toutes les menaces qui peuvent surgir d’un environnement international tendu, n’est-ce-pas ? Surtout s’il y a des tensions entre les grandes puissances nucléaires du monde. Nous comprenons tous cela.

Bien sûr, vous êtes celui qui me pose des questions. Vous êtes l’intervieweur, pas moi. Toutefois, permettez-moi de vous poser une question : voulez-vous une autre crise des missiles de Cuba ? Ou non ?

Non, personne n’en veut.

Bien sûr, personne n’en veut.

John Micklethwait :

Mais c’était l’une des raisons de la question que j’ai posée à propos de Donald Trump, qui est considéré comme une force plus imprévisible que Hillary Clinton.

Et vous aussi, vous préféreriez que la Russie maintienne de bonnes relations tant avec le Royaume-Uni qu’avec les États-Unis, non ? Je préférerais aussi. Si quelqu’un aux États-Unis ou au Royaume-Uni dit : «Je voudrais établir de bonnes relations de partenariat avec la Russie», tous les deux, vous et moi, nous nous en féliciterions. Et les gens comme vous et les gens comme moi également. Cependant, nous ne savons pas encore ce qui arrivera vraiment après les élections. Voilà pourquoi je vous dis que nous allons travailler avec un président désigné comme tel par le public américain.

Quant au Royaume-Uni, nous avons une réunion prévue avec le Premier ministre en Chine en marge du G-20. Nous avons eu une conversation téléphonique. Malheureusement, les relations entre le Royaume-Uni et la Russie ne se sont pas développées de la meilleure façon possible. Mais cela n’a jamais été de notre faute. Ce n’est pas nous qui avons décidé de mettre fin aux relations avec le Royaume-Uni ; c’est lui qui a préféré geler nos contacts bilatéraux dans divers domaines. Si le Royaume-Uni estime qu’il est nécessaire d’entamer un dialogue sur certaines questions, nous sommes prêts pour cela, on ne va pas faire la moue ou bouder. Nous adoptons une approche très pragmatique de la coopération avec nos partenaires et nous pensons que ce serait bénéfique pour nos deux pays.

Nous parlions de notre plus grande compagnie pétrolière Rosneft, et j’ai rappelé au début que près de 20% de celui-ci (19,7) appartient à BP. Qui est cette entreprise ? British Petroleum, n’est-ce pas ? Je suppose que ce n’est pas mal. Je dois vous dire que le capital de British Petroleum est significativement lié au fait qu’il possède plus de 19% de Rosneft, qui possède de vastes réserves de pétrole en Russie et à l’étranger. Cela a aussi un impact sur la stabilité de l’entreprise.

Ainsi, BP se trouvait dans une situation difficile après les événements tragiques dans le Golfe du Mexique. Nous avons fait tout notre possible pour la soutenir. La Grande-Bretagne est intéressée par cela, non ? Je pense qu’elle l’est. La même chose est vraie pour d’autres domaines.

Nous célébrons l’anniversaire des convois arctiques. Vous connaissez ce sujet, non ? Nous considérons vraiment les membres du convoi Arctique comme des héros. C’est vrai. Je ne dis pas cela comme une façon de parler. En effet, c’est exactement ce qu’ils étaient. Nous savons que les conditions dans lesquelles ils ont combattu étaient épouvantables. Maintes et maintes fois, face à la mort au nom d’une victoire commune et nous nous en souvenons.

Pensez-vous que la Grande-Bretagne pourrait être plus conforme ou plus susceptible de faire un accord avec la Russie maintenant qu’elle est à l’extérieur ou va quitter l’Union européenne ?

– La Grande-Bretagne quitte – et a de facto quitté – l’Union européenne ; cependant, elle n’a pas changé sa relation spéciale avec les États-Unis, et je crois que les relations du Royaume-Uni avec la Russie dépendent de la relation particulière de la Grande-Bretagne avec les États-Unis plutôt que de sa présence ou non dans l’Union européenne. Si la Grande-Bretagne poursuivait une politique étrangère plus indépendante, ce serait alors possible. Et si elle est guidée par des engagements envers ses alliés et qu’elle considère que c’est meilleur pour son intérêt national que sa coopération avec la Russie, ainsi soit-il.

Après tout, ce n’est pas notre choix ; c’est le choix de nos partenaires britanniques, le choix des priorités. Quoi qu’il en soit, nous comprenons évidemment que, étant l’allié des États-Unis et ayant une relation spéciale avec eux, le Royaume-Uni dans ses relations avec la Russie doit tenir compte de l’avis de son partenaire – les États-Unis. Nous prenons cette réalité comme un fait, mais permettez-moi de souligner encore une fois que nous serons prêts à faire autant que la Grande-Bretagne sera prête à faire pour reprendre notre coopération mutuelle. Cela ne dépend pas de nous.

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