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Des groupes armés imposent leur autorité à Tripoli

Publié le par Felli Bernard

Crise libyenne

Des groupes armés imposent leur autorité à Tripoli

 

le 12.02.17 | 10h00 Réagissez

 
	Arrivée de groupes armés à Misrata se proclamant des forces de sécurité nationale

 
Arrivée de groupes armés à Misrata se proclamant des...

 

Des groupes armés, notamment de la ville libyenne de Misrata (ouest), sont arrivés cette semaine à Tripoli où ils ont annoncé la création d’une force armée «indépendante», rapporte l’AFP.

Une source proche du gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et soutenu par l’ONU et les pays occidentaux, a précisé hier que la plupart des groupes armés arrivés dans la capitale faisaient partie des forces qui ont chassé l’an dernier le groupe Etat islamique (EI) de Syrte. «Ils se sentent maintenant marginalisés et sont à la recherche d’un appui», a ajouté cette source.

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Les Etats-Unis ont remarqué vendredi «avec inquiétude l’entrée à Tripoli de nombreux véhicules armés d’une organisation prétendant être la ‘‘Garde nationale libyenne’’». «Ce déploiement risque de déstabiliser davantage la sécurité déjà fragile à Tripoli», a souligné le département d’Etat dans un communiqué, appelant à la construction d’une «force militaire nationale unifiée sous commandement civil capable d’assurer la sécurité à tous les Libyens et de lutter contre les groupes terroristes».

Mahmoud Zagal, un commandant militaire de Misrata, a annoncé jeudi la création d’une «Garde nationale libyenne sans appartenance politique» qui aura pour mission de combattre l’EI, de sécuriser les institutions de l’Etat et les missions diplomatiques. Néanmoins, il n’a pas précisé si cette «Garde nationale» appuie ou non le GNA. Mais selon des sources locales, plusieurs des milices qui la composent sont loyales à Khalifa Ghweil, un ancien dirigeant qui a autoproclamé en 2014 à Tripoli un «gouvernement de salut national» et n’a ensuite pas voulu reconnaître le GNA quand ce dernier s’est installé dans la capitale en 2016. L’annonce de la création de «la Garde nationale» affaiblit encore plus le GNA, qui s’apprête à lancer avec l’appui de l’ONU une «Garde présidentielle» pour sécuriser les institutions de l’Etat et les missions diplomatiques. Près d’un an après son installation, le GNA n’arrive toujours pas à asseoir son autorité dans l’ensemble du pays, ni même dans la capitale. Il fait face notamment à l’hostilité d’une autorité rivale basée dans l’est du pays et qui refuse de le reconnaître.

Outre les factions armées issues de l’insurrection de 2011 et les groupes djihadistes, le pays est embourbé dans une crise politique marquée par la rivalité de deux gouvernements, chacun se considérant légitime : celui de Tobrouk, où s’est replié le Parlement issu des élections législatives de 2014, et celui du GNA, soutenu par les Nations unies et la communauté internationale. En plus, le général Haftar, autoproclamé chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), s’impose comme un des acteurs incontournables de l’échiquier politique libyen.

L’autre autorité parallèle

Homme fort de l’est du pays, le général Haftar à la tête de l’ANL a entrepris, fin décembre, de «nettoyer» le sud de la Libye de tous les groupes terroristes et autres milices susceptibles de menacer la sécurité du pays. Entre-temps, une offensive a été menée à Benghazi pour en chasser les éléments djihadistes, qu’ils soient liés à l’EI ou à Al Qaîda. Cette opération de l’ANL dans le Sud libyen a débuté par une série de frappes aériennes contre des positions tenues par des milices, y compris celle de Misrata, et un groupe rebelle tchadien, à savoir le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad, accusé d’être allié à cette dernière. Suit un incident sur la base aérienne de Joufra où un avion militaire, à son bord des membres du Conseil militaire de Misrata, a été touché par des forces du général Haftar, au motif qu’il transportait des armes. Les milices de Misrata ont envoyé des renforts dans la région de Joufra ainsi que dans celle voisine de Sebha, à plus de 600 km au sud-est de Tripoli. Officiellement, il s’agit de «sécuriser la zone».

Dans une interview à l’hebdomadaire français JDD, parue dimanche dernier, le général Haftar a demandé à la communauté internationale de laisser les Libyens gérer seuls leurs affaires et se dit prêt à une alliance avec les Américains et les Russes. «C’est aux Libyens de décider ce qui est bon pour eux. La communauté internationale ne devrait que soutenir ces décisions», a-t-il déclaré au Journal du dimanche. A cette occasion, il n’a pas manqué de critiquer l’émissaire de ONU en Libye, Martin Kobler, qui tente depuis un an d’asseoir l’autorité du GNA de Fayez El Sarraj à Tripoli. «Les Libyens n’aiment pas Kobler. Ils l’appellent le diable», a indiqué Haftar. «La communauté internationale ne comprend pas la réalité de la situation. Elle dispose d’informations erronées et s’appuie dessus pour prendre des décisions inapplicables, mauvaises», a-t-il ajouté. Et d’observer : «Ceux qui soutiennent le gouvernement d’union nationale sont très peu nombreux et ne sont intéressés que par l’argent.»

De son côté, le Parlement libyen basé à l’est du pays a qualifié mercredi «nul et non avenu» un accord sur la lutte contre l’immigration clandestine signé la semaine dernière par le GNA et l’Italie. Il a relevé qu’il n’y a «aucune obligation morale ou matérielle» liée à cet accord, car le GNA et son chef, le Premier ministre Fayez El Sarraj, «n’ont aucun statut juridique dans l’Etat libyen». Ce dernier a signé à Rome le 2 février avec son homologue italien, Paolo Gentiloni, un mémorandum d’accord visant à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine depuis la Libye, le pays d’Afrique du Nord d’où partent chaque année des milliers de migrants vers l’Italie.

«Des dossiers comme celui de l’immigration clandestine sont parmi les questions cruciales» qui doivent être décidées par «le peuple libyen par l’intermédiaire des députés démocratiquement élus», a déclaré le Parlement dans son communiqué. Ainsi, les groupes armés, qui ont contribué à la chute du colonel Mouammar El Gueddafi, et les forces politiques qui ont émergé dans le sillage des révoltes de 2011 s’imposent comme des «micro-Etats» dans un pays sans Etat, sous le regard calculateur des grandes puissances soucieuses en priorité de leurs intérêts nationaux.
 

Veto américain contre Salam Fayyad

Les Palestiniens ont qualifié hier de «discrimination flagrante» la décision de Washington de bloquer à l’ONU la nomination de l’ancien Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, comme émissaire des Nations unies en Libye.

«Bloquer cette nomination constitue un cas flagrant de discrimination fondé sur la base d’une identité nationale», a déclaré dans un communiqué Hanane Achraoui, une dirigeante palestinienne membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), citée par l’AFP. «Il est impensable que l’ambassadeur des Etats-Unis bloque la décision du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, de nommer l’ancien Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, comme envoyé de l’ONU, en prenant comme piètre excuse» que l’ONU «a été injuste en faveur de l’Autorité palestinienne au détriment de nos alliés en Israël», dénonce Mme Achraoui.

Antonio Guterres a informé cette semaine le Conseil de sécurité de son intention de nommer S. Fayyad à la tête d’une mission en Libye pour aider à la reprise des discussions sur un accord politique chancelant. «Depuis trop longtemps les Nations unies ont injustement favorisé l’Autorité palestinienne au détriment de nos alliés en Israël», a fait valoir l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, dans un communiqué. «Les Etats-Unis ne reconnaissent pas actuellement un Etat palestinien ou ne soutiennent pas le signal que cette nomination enverrait aux Nations unies.

Cependant, nous encourageons les deux parties à unir leurs efforts directement pour trouver une solution», a-t-elle ajouté. «A l’avenir, les Etats-Unis agiront et ne feront pas que parler pour soutenir leurs alliés», a conclu la représentante des Etats-Unis, un des cinq membres permanents du Conseil et qui dispose à ce titre d’un droit de veto. Salam Fayyad a été Premier ministre de l’Autorité palestinienne de 2007 à 2013 et a aussi été ministre des Finances à deux reprises. Il devait remplacer l’Allemand Martin Kobler, qui était l’émissaire de l’ONU en Libye depuis novembre 2015.
Après son élection, mais avant son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a critiqué une résolution de l’ONU, adoptée en décembre, en faveur d’une abstention des Etats-Unis, qui réclamait la fin des colonies israéliennes.R. I.
 

Amnay idir

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L’ONU demande aux Européens de rouvrir leurs ambassades à Tripoli

Publié le par Felli Bernard

L’ONU demande aux Européens de rouvrir leurs ambassades à Tripoli

L’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Martin Kobler, a révélé que les Nations unies retourneraient très bientôt à Tripoli et a enjoint aux pays européens de faire le nécessaire et de rouvrir les ambassades dans la capitale. Un article de notre partenaire Euroefe.

Martin Kobler est un diplomate allemand qui dirige la mission de soutien des Nations unies en Libye depuis 2015. Avant cela, il a occupé un poste similaire en République démocratique du Congo.

Dans une interview accordée à Efe en Tunisie, le diplomate allemand a assuré que le retour de l’ONU et la réouverture des ambassades seraient un geste envers la population qui souffre et un signal qui contribuera à encourager le processus de pacification et de reconstruction.

« Il est important de souligner la présence de l’ambassade italienne, de l’ambassade turque et d’autres ambassades qui n’ont jamais fermé. J’encourage donc tout le monde à retourner à Tripoli. Les gens doivent savoir que l’on se préoccupe d’eux », a-t-il affirmé.

« Nous aussi nous avons pour projet de nous y installer, nous avons déjà loué des bâtiments qui sont en train d’être conditionnés et fortifiés. Nous aménagerons bientôt à Tripoli où nous serons à nouveau présents », a-t-il ajouté.

Martin Kobler a toutefois reconnu que les problèmes de sécurité persistaient, tant dans le pays en général que dans la capitale en particulier, où il n’y a pas d’autorité policière unie et où la loi est imposée par chaque milice présente dans le quartier qu’elle contrôle.

Le diplomate a également reconnu qu’il y avait de graves problèmes d’approvisionnement, surtout en électricité (dans certaines zones, les coupures de courant dépassent les 18 heures par jour), en eau courante, et autres services de base. Il a toutefois insisté sur le fait que la situation s’était améliorée ces derniers mois.

« Ce n’est pas si dramatique, je me suis rendu à Tripoli et j’ai marché dans les rues, parlé aux gens, qui me disaient ‘nous avons passé trois heures sans électricité’, d’autres huit heures. Oui, c’est un des problèmes, mais Tripoli n’est pas dans le noir total », a-t-il souligné.

Martin Kobler a soutenu qu’il n’était pas possible d’aider à reconstruire ou restaurer la Libye à distance, sans une présence physique des coopérants sur le terrain.

« L’Union européenne a des projets importants qu’elle veut mettre en marche, comme la stabilisation et la reconstruction de Benghazi, mais cela exige que les expatriés soient dans le pays pour le mettre en œuvre. C’est une chose d’avoir 100 millions d’euros dans un fonds, mais encore faut-il savoir ce qu’on fait de cet argent », a-t-il demandé.

« Les expatriés doivent entrer dans le pays pour que cet argent puisse être utilisé pour la reconstruction des écoles à Benghazi, et cela ne se fait pas à cause de la situation de sécurité », a-t-il indiqué.

>> Lire : Les dirigeants européens s’allient à la Libye pour réduire l’immigration

Dans ce contexte, il a regretté qu’il n’y ait « aucun expatrié européen sur le terrain, aucun coopérant civil européen en Libye. L’UE doit donc ouvrir ses ambassades, comme l’ont fait l’Italie et la Turquie, et comme va faire l’ONU ».

« Je comprends que c’est difficile et que la situation sécuritaire doit s’améliorer, mais plus tout le monde offrira quelque chose, plus tôt arrivera le jour de la fin des violences », a-t-il souligné.

Pour atteindre cet objectif, le diplomate allemand a insisté sur la nécessité de voir les acteurs libyens négocier sous la protection de l’ONU et former une armée libyenne unifiée, avec une chaine de commandement claire dans tout le pays.

Selon lui, « si cette autorité est mise en place, tous les autres problèmes, tels que l’immigration, les questions politiques, les services de base, pourront se résoudre facilement ».

Une décision qui doit être prise par les Libyens eux-mêmes, avec l’aide des pays voisins et avec le rôle plus actif et constructif de l’UE.

« Avant il y avait une troïka au Caire, formée par la Ligue arabe, l’Union africaine et l’ONU. J’ai proposé d’y inclure les Européens pour la transformer en un quartet, afin que les organisations régionales parlent d’une seule et unique voix », a-t-il expliqué.

>> Lire : Le Caire et Bruxelles envisagent un accord sur les migrants

Selon lui, « si la communauté internationale est divisée, rien ne fonctionne en Libye […], j’ai toujours dit que 70 % de la solution résidait dans l’implication régionale, dans l’implication internationale et dans la capacité à nouer des contacts ».

En ce sens, il a souligné la nécessité de changer certaines politiques actuelles et de les remplacer par une vision plus positive et constructive, surtout en matière d’immigration irrégulière.

« Je connais bien le rôle de l’UE, j’ai visité ‘Sofia’ (opération navale européenne contre les mafias migratoires en Méditerranée centrale) et l’avion où les Européens entrainent les garde-côtes libyens, car il y a une grande inquiétude liée à l’immigration, c’est une intervention très importante », a-t-il assuré.

« Mais on ne peut pas se limiter aux mesures répressives, il faut s’attaquer aux racines de l’immigration, et notamment améliorer les conditions de vie de ceux qui sont dans des camps de détention en Libye », a-t-il fait remarquer.

Dans ce contexte-là, il a rappelé que l’Europe n’était pas la seule victime de l’immigration. La Libye aussi en est victime, et surtout, l’Afrique.

« La Libye n’est pas une île en Méditerranée, c’est un pays avec une énorme richesse et de très grandes frontières. Tous ces pays du sud ne peuvent se protéger qu’avec l’aide internationale et un échange d’information régional », a-t-il commenté.

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L’ultime Testament de Kadhafi aux Libyens, aux Africains et aux Arabes

Publié le par Felli Bernard

L’ultime Testament de Kadhafi aux Libyens, aux Africains et aux Arabes

 

6 Février 2017

 

Il l’a rédigé quatre semaines avant son assassinat par les mercenaires occidentaux. Le Colonel Mouammar Kadhafi savait que les néocolonialistes et les impérialistes, appuyés par les traîtres du Qatar, de Tunisie et de la Turquie, allaient le tuer, comme avant lui Saddam Hussein. Mais, comme le leader irakien, il a préféré résister que d’abdiquer ou s’enfuir. Il a choisi de se battre contre les envahisseurs occidentaux et contre leurs laquais islamistes et Frères musulmans. Document historique à garder en mémoire, à méditer...et à ajouter au dossier de Sarkozy auprès de la Cour pénale internationale.

 

Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux…

Depuis 40 ans, à moins que ce ne soit plus, je ne m’en souviens plus, j’ai fait tout mon possible pour donner aux gens des maisons, des hôpitaux, des écoles, et, quand ils avaient faim, je leur ai donné à manger. À Benghazi, j’ai même transformé le désert en terres arables, j’ai tenu tête aux attaques de ce cow-boy, Reagan, quand il a tué ma fille adoptive orpheline. Essayant de me tuer, il a tué à la place cette pauvre enfant innocente. Ensuite, j’ai épaulé mes frères et sœurs d’Afrique avec de l’argent pour l’Union africaine.

J’ai fait tout mon possible pour aider les gens à comprendre le vrai concept de démocratie, qui consiste en des comités populaires dirigeant leur pays. Mais ce n’était jamais assez, comme me l’ont dit certains. Même ceux qui possédaient une maison de 10 chambres, des costumes et du mobilier neufs, n’étaient jamais assez satisfaits. Ils étaient si égoïstes qu’ils en voulaient toujours plus. Ils ont dit aux Zuniens et aux autres visiteurs qu’ils avaient besoin de « liberté » de « démocratie, » et n’ont jamais réalisé qu’il s’agit d’un système de panier de crabes, où le plus gros bouffe les autres. Ils étaient seulement ensorcelés par ces mots, sans réaliser jamais que, en Zunie, il n’y a pas de médicaments gratuits, ni d’hôpitaux gratuits, ni de logement gratuit, ni d’enseignement gratuit, ni non plus de nourriture gratuite, sauf quand les gens sont obligés de mendier ou de faire longtemps la queue pour avoir de la soupe.

Non, peu importe ce que j’ai réalisé ! Pour certains ce n’était jamais assez. Mais les autres savaient que j’étais le fils de Gamal Abdel Nasser, le seul vrai leader musulman arabe que nous avons eu depuis Salah-al-Din. Nasser était sur ses traces quand il a exigé le canal de Suez pour son peuple, tout comme j’ai réclamé la Libye pour mon peuple. J’ai essayé de l’imiter pour garder mon peuple libre de la domination coloniale, des voleurs qui nous détroussent.

Maintenant, je suis attaqué par la plus grande force de l’histoire militaire. Obama, mon petit-fils africain, veut me tuer, priver notre pays de liberté, nous priver de la gratuité de nos biens : logements, médecine, éducation, nourriture, et remplacer tout ça par la grivèlerie à la zunienne appelée « capitalisme. » Or, nous tous, dans le tiers monde, savons ce que cela veut dire. Cela signifie que les multinationales dirigeront le pays, dirigeront le monde, et le peuple souffrira. Voilà pourquoi il n’y a pas d’autre solution pour moi, je dois prendre mes dispositions. Et si Allah le veut, je mourrai en suivant Sa Voie, la voie qui a rendu notre pays riche en terres arables, avec de quoi manger et la santé, et nous a même permis d’aider nos frères et sœurs africains et arabes en les faisant travailler ici avec nous, dans la Jamahiriya libyenne.

Je ne désire pas mourir, mais si cela devait advenir, pour sauver cette terre, mon peuple, tous ces milliers de gens qui sont tous mes enfants, alors qu’il en soit ainsi.

Que ce testament soit ma voix dans le monde. J’ai tenu tête à l’agression des croisés de l’OTAN, résisté à la cruauté, contrecarré la trahison ; je me suis élevé contre l’Occident et ses ambitions colonialistes, et, avec mes frères africains, mes vrais frères arabes et musulmans, je suis dressé comme un phare de lumière. Quand d’autres construisaient des châteaux, je vivais dans une maison modeste et dans une tente. Je n’ai jamais oublié ma jeunesse à Syrte, je n’ai pas stupidement dépensé notre trésor national, et comme Salah-al-Din, notre grand leader musulman qui sauva Jérusalem pour l’Islam, je n’ai guère pris pour moi-même…

En Occident, sachant pourtant la vérité, certains me qualifient de « fou, » de « bizarre », ils continuent de mentir, ils savent que notre pays est indépendant et libre, et non pas sous emprise coloniale, que ma vision, ma conduite, est et a été sincère et pour mon peuple, et que je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour garder notre liberté. Puisse Allah Tout-Puissant nous aider à rester fidèles et libres. Que Dieu accepte ses prières………Inchallah.

Mouammar Kadhafi

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Haftar favorable à une alliance avec Moscou et Washington

Publié le par Felli Bernard

Crise libyenne

Haftar favorable à une alliance avec Moscou et Washington

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le 06.02.17 | 10h00 Réagissez

 
	Khalifa Haftar

 
Khalifa Haftar

 

Plus de cinq ans après la chute de Mouammar El Gueddafi, la Libye est loin de retrouver la stabilité.

Outre les factions armées issues de l’insurrection de 2011 et les groupes djihadistes, le pays subit le chancre d’une crise politique marquée par la rivalité de deux gouvernements, chacun se considérant légitime : celui de Tobrouk, où s’est replié le Parlement issu des élections législatives de 2014, et celui du gouvernement d’union nationale (GNA), soutenu par les Nations unies et la communauté internationale. L’homme fort dans l’est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, a demandé hier à la communauté internationale de laisser les Libyens gérer seuls leurs affaires et se dit prêt à une alliance avec les Américains et les Russes, dans une interview à l’hebdomadaire français Journal du dimanche (JDD). «C’est aux Libyens de décider ce qui est bon pour eux.

La communauté internationale ne devrait que soutenir ces décisions», a-t-il déclaré au JDD, cité par l’AFP. A cette occasion il n’a pas manqué de critiquer l’émissaire de l’Organisation des Nations unies (ONU) en Libye, Martin Kobler, qui tente depuis un an d’asseoir l’autorité du GNA de Fayez El Sarraj à Tripoli. «Les Libyens n’aiment pas Kobler. Ils l’appellent le diable», a indiqué Haftar. «La communauté internationale ne comprend pas la réalité de la situation. Elle dispose d’informations erronées et s’appuie dessus pour prendre des décisions inapplicables, mauvaises», a-t-il constaté. Cela dit, il se dit prêt à rencontrer son rival, le Premier ministre Fayez El Sarraj, seul reconnu par la communauté internationale, à «une condition, que sa tripotée de courtisans n’ait rien à dire». Et de poursuivre : «Ceux qui soutiennent le gouvernement d’union nationale sont très peu nombreux et ne sont intéressés que par l’argent.» Le chef du GNA a fait état, fin janvier, d’une prochaine rencontre au Caire avec Khalifa Haftar, qui est soutenu par l’Egypte.

Prêt à rencontrer El Sarraj en mai…

Le maréchal, qui s’est rapproché de la Russie, se dit prêt à s’allier aussi avec la nouvelle Administration américaine dans la lutte contre le djihadisme. «Si la Russie et les Etats-Unis se rapprochent dans le but d’éradiquer le terrorisme, cela peut nous aider. Nous allons serrer la main aux deux. Nous nous allierons à eux», a-t-il indiqué, en référence au président américain Donald Trump. Quant à la France, qui soutient El Sarraj, mais a déployé une poignée de militaires aux côtés du général Haftar dans l’est de la Libye et dont des avions de reconnaissance survolent régulièrement le pays, Khalifa Haftar lui demande surtout du renseignement. «La France soutient politiquement des acteurs qui n’ont aucun pouvoir. Mais ça nous irait, si nous recevions de l’aide en termes d’information et de renseignement», a-t-il relevé.

Autoproclamé chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), ancien dignitaire du régime Gueddafi qui a aussi vécu aux Etats-Unis, le maréchal Haftar est accusé par ses rivaux, en particulier les puissantes milices de Misrata (ouest), de vouloir instaurer un régime militaire en Libye.
Il a déclaré la guerre aux groupes islamistes et radicaux qui sévissaient dans l’Est libyen, en particulier à Benghazi, deuxième ville du pays, à 1000 km à l’est de Tripoli. L’ANL a repris depuis une grande partie de Benghazi au terme de combats sanglants, mais ne parvient toujours pas à imposer son contrôle sur toute la ville, où des groupes djihadistes sont loin d’être laminés. Le 11 janvier, le général Hafter a effectué une visite à Moscou où il s’est entretenu avec le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgou. Une implication en Libye permettrait à la Russie d’élargir son influence en Méditerranée, après son intervention en Syrie.

Le général Haftar s’est imposé comme un interlocuteur incontournable après s’être emparé de quatre terminaux pétroliers dans l’Est, d’où s’exporte la majorité du pétrole libyen. Il bénéficie du soutien de pays arabes, comme l’Egypte  qui possède une longue frontière avec l’est de la Libye, et les Emirats arabes unis. Il s’est aussi rendu à Moscou à deux reprises en 2016. En novembre, il a sollicité l’aide de la Russie pour lever l’embargo sur les armes imposé par l’ONU depuis 2011.

De son côté, le gouvernement d’union du Premier ministre Fayez El Sarraj, en poste depuis mars 2016, n’arrive pas à imposer son autorité. Il est même contesté à Tripoli, où la situation reste très confuse, comme l’a montré l’entrée récemment d’hommes armés liés à des milices locales dans plusieurs ministères.  Aussi, la tension entre l’ANL et les groupes armés de Misrata, les deux principales forces militaires du pays, risque d’être ravivée. Fin décembre, le général Haftar a entrepris de «nettoyer» le sud de la Libye de tous les groupes terroristes et autres milices susceptibles de menacer la sécurité du pays. Entre-temps, une offensive est menée à Benghazi pour en chasser les éléments djihadistes, qu’ils soient liés au groupe Etat islamique (EI) ou à Al Qaîda.

Cette opération de l’ANL dans le Sud libyen a débuté par une série de frappes aériennes contre des positions tenues par des milices, y compris celles de Misrata, et un groupe rebelle tchadien, le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad, accusé d’être allié à cette dernière. Suit un incident sur la base aérienne de Joufra où un avion militaire, à son bord des membres du conseil militaire de Misrata, a été touché par des forces du général Haftar, au motif qu’il transportait des armes. Les milices de Misrata ont envoyé des renforts dans la région de Joufra ainsi que dans celle voisine de Sebha, à plus de 600 km au sud-est de Tripoli. Officiellement, il s’agit de «sécuriser la zone». Ainsi, même après la défaite de l’EI à Syrte, la situation demeure inquiétante en Libye.

Amnay idir

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Les Etats-Unis favorables aux exportations pétrolières libyennes

Publié le par Felli Bernard

Les Etats-Unis favorables aux exportations pétrolières libyennes

Les Etats-Unis favorables aux exportations pétrolières libyennes

Pour l’émissaire américain en Libye, la communauté internationale est prête à intervenir si le GNA lui demandait de bloquer une cargaison de pétrole.

L'émissaire américain en Libye Jonathan Winer a déclaré que son pays est favorable aux exportations pétrolières depuis les terminaux perdus par le gouvernement d'union nationale (GNA) tant que les recettes reviennent exclusivement à ce dernier, dans une interview à l'AFP.

M. Winer, joint mercredi soir au téléphone à Washington, a dans le même temps affirmé que la communauté internationale était prête à intervenir si le GNA lui demandait de bloquer une cargaison de pétrole.

Les forces du général Khalifa Haftar, liées aux autorités libyennes non reconnues basées à Bayda dans l'est du pays, se sont emparées entre dimanche et lundi des quatre terminaux de la région du Croissant pétrolier (nord-est), et la Compagnie nationale du pétrole (NOC) a ensuite annoncé la reprise imminente des exportations.

"Les recettes (pétrolières) doivent être versées à la Banque centrale" qui est sous l'autorité du GNA à Tripoli, a affirmé l'émissaire américain, soulignant qu'elles devaient être utilisées "pour payer les salaires et assurer les services" publics.

M. Winer a toutefois averti que si "le pétrole prenait le chemin d'un tout autre groupe, que de nouveaux comptes bancaires apparaissaient, ou qu'il était vendu à des parties ne possédant pas de contrats légaux (...), les Etats-Unis s'efforceraient d'appliquer les décisions du Conseil de sécurité de l'ONU".

Il a par ailleurs assuré que "la communauté internationale interviendrait pour soutenir le gouvernement" d'union nationale si ce dernier lui demandait de bloquer une cargaison de pétrole.

"L'important est que le pétrole ne soit utilisé par aucune autre partie", a-t-il affirmé, en référence au GNA, reconnu par la communauté internationale.

Il a appelé au retrait des forces militaires des zones autour des terminaux pétroliers, insistant sur la "nécessité du dialogue" car le conflit n'est "dans l'intérêt" de personne.

Le chef du GNA Fayez al-Sarraj a lui aussi cherché l'apaisement, appelant "toutes les parties" à "se réunir d'urgence pour discuter d'un mécanisme permettant de sortir le pays de la crise".

Dans une Libye sous la coupe de puissantes milices formées d'ex-rebelles, qui obéissent à leurs propres intérêts -qu'ils soient d'ordre idéologique, tribal ou financier-, les alliances peuvent basculer, et les terminaux pétroliers sont depuis 2011 au centre des luttes de pouvoir.

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Libye : les kadhafistes de retour en scène

Publié le par Felli Bernard

Libye : les kadhafistes de retour en scène

Publié par Gilles Munier sur 12 Novembre 2016, 07:31am

Catégories : #Libye, #Algérie, #Palestine, #Etat islamique, #Egypte, #Tunisie, #Maroc

Timbre de la Jamahiriya

Timbre de la Jamahiriya

Par Mathieu Galtier (revue de presse : Middle East Eye – 10/11/16)*

À la dérive depuis cinq ans, la Libye n'a toujours pas de modèle politique pérenne. Résultat, les battus d'hier refont surface dans le jeu politique

TRIPOLI - La situation en Libye est si chaotique que le néologisme « libyanisation » est en train de s'imposer. Une combinaison fatale de balkanisation – division d'un État en zones autonomes – et de somalisation – défaillance d'un gouvernement au profit de milices. Actuellement, le pays compte trois gouvernements. Durant les cinq précédentes années, la Libye a connu deux élections générales, un coup d'État avorté, l'arrivée du groupe État islamique (EI) et des conflits ethniques de basse intensité. La déliquescence est telle que de plus en plus de Libyens réclament un retour de la Jamahiriya (État des masses) installé par Mouammar Kadhafi.

« Nous voulons libérer la Jamahiriya qui a été victime d'un coup d'État mené par l'OTAN », assène d'emblée Franck Pucciarelli à Middle East Eye. Le Français, installé en Tunisie, est le porte-parole d'un groupe regroupant des partisans des comités révolutionnaires libyens et internationaux, qui faisaient office de courroie de transmission de l'idéologie kadhafiste. Il explique ainsi que les membres sont à l'œuvre depuis 2012 dans et en dehors du pays. L'organisation compterait 20 000 membres en Libye et 15 à 20 000 anciens militaires exilés se tiendraient prêt à rentrer. « Nous sommes en capacité d'organiser un soulèvement populaire et si le chaos s'est installé en Libye, c'est grâce à nos actions », assure le porte-parole.

Ahmed, un ancien cadre au ministère des Affaires étrangères aujourd'hui installé en Tunisie, se montre plus mesuré. « Nous avons profité de l'instabilité pour revenir mais nous n'y sommes pour rien, précise-t-il à MEE. Les Libyens et la communauté internationale se rendent simplement compte que la Libye ne peut être bien gouvernée que sous la Jamahiriya. »

Trois types de kadhafistes

Les deux hommes se rejoignent pourtant sur l'organisation politique du pays après la reconquête du pouvoir : tenue d'un référendum – ou plutôt plébiscite – sur le retour de la Jamahiriya avec présence de la communauté internationale pour superviser le scrutin. Un État des masses quelque peu modernisé avec un Sénat qui représenterait les tribus, une chambre basse et surtout une constitution, absente sous Mouammar Kadhafi.

Un scénario qui fait sourire Rachid Kechana, directeur du Centre maghrébin d'étude sur la Libye, qui admet toutefois un renouveau durable de l'idéologie verte (couleur de la Jamahiriya) : « Le retour en grâce de l'ancien régime se comprend avant tout par l'échec de la transition post- révolutionnaire. Et c'est sur cet échec que s'appuient les idéologues kadhafistes pour revenir dans le jeu, et non sur une véritable adhésion populaire. Les kadhafistes ne reviendront jamais au pouvoir, mais ils auront un poids important, par des alliances stratégiques, dans la future Libye. »

Mattia Toaldo, spécialiste de la Libye au Conseil européen sur les relations internationales, distingue trois types de kadhafistes : les partisans de Saïf el-Islam, le fils préféré de Kadhafi, détenu depuis 2011 dans la ville de Zentan, à l'ouest ; les soutiens du maréchal Khalifa Haftar, à l'est du pays ; et les orthodoxes de la Jamahiriya. Franck Pucciarelli et Ahmed représentent la dernière catégorie, la plus dure.

Ceux qui ont rejoint Haftar ont profité de la loi d'amnistie votée par le parlement de Tobrouk pour les auteurs de crimes durant le soulèvement de 2011. Un texte qui vise à faire revenir les exilés, qui seraient entre 1,5 et 3 millions dont une majorité de kadhafistes, réfugiés en Tunisie et en Égypte.

Le clan de Saïf el-Islam est probablement le mieux structuré et rassemble une partie des orthodoxes. Bien que condamné à mort le 28 juillet 2015 par contumace à Tripoli, Saïf al-Islam est toujours en vie à Zentan. Officiellement prisonnier des milices locales, il bénéficie de conditions de détention très lâches : il circulerait assez librement dans la ville et communiquerait énormément via l'application de téléphonie par Internet Viber.

Saïf al-islam passe mieux que son frère, Saadi

Jusqu'ici assez sombre, son futur a été relancé indirectement grâce aux pays occidentaux. Les courriels de Hillary Clinton révélés par Wikileaks et le rapport parlementaire du député conservateur Crispin Blunt publié en septembre dépeignent un Saïf el-Islam modéré, potentiellement prêt à jouer le jeu de la transition démocratique à la suite de son père.

« L'engagement de Saïf Kadhafi aurait, peut-être, pu permettre à Lord Hague [ministre des Affaires étrangères de 2010 à 2014] de soutenir Mahmoud Jibril et Abdul Jalil dans la mise en œuvre de réformes en Libye sans encourir les coûts politiques, militaires et humains de l'intervention et le changement de régime, mais nous ne le saurons jamais. De telles possibilités, cependant, auraient dû être sérieusement considérées à l'époque », défend le rapport émanant de Londres.

Les kadhafistes ont, depuis, beau jeu de mettre en avant le profil modéré et éduqué de Saïf el-Islam, diplômé de la London School of Economics. Il passe mieux que celui de son frère Saadi, emprisonné à Tripoli, et qui s'est tourné vers la religion. Ses frères, Hannibal et Mohamed, sa sœur Aïcha et sa mère Safia, se tiennent quant à eux silencieux à Oman depuis octobre 2012 après avoir appelé depuis l'Algérie à une contre-révolution violente dès les premiers mois de la mort de Mouammar Kadhafi.

Il ne s'agit pas pour Saïf al-Islam de prendre le pouvoir en pleine lumière, du moins pour le moment, mais de pouvoir manœuvrer dans l'ombre la reconfiguration politique du pays. De nombreuses tribus à l'ouest craignent l'avancée de Haftar, soutenu par les tribus de l'est, à commencer par les habitants de Zentan, bien qu'officiellement alliée du maréchal.

Or, aujourd'hui, la Tripolitaine est divisée entre un groupe islamiste et un Gouvernement d'union nationale (GNA) très faible malgré sa reconnaissance par la communauté internationale.

Les kadhafistes invités pour la première fois par l’ONU

Saïf al-Islam pourrait jouer la figure d'unité face à une Cyrénaïque – région orientale de la Libye – en plein essor grâce aux récentes victoires de Haftar. Sur le terrain, les signes positifs s'amoncellent pour le fils de l'ancien guide.

En septembre 2015, l'autoproclamé Conseil suprême des tribus libyennes a d'ailleurs choisi Saïf al-Islam comme le représentant légitime du pays. Ce conseil rassemble essentiellement les tribus restées fidèles à Kadhafi et n'a pas de poids institutionnel mais la symbolique est forte.

Depuis le printemps, Ali Kana, l'ancien chef de l'armée de la zone sud sous Kadhafi, œuvre pour la constitution d'une armée du Fezzan (région méridionale de la Libye), dont l'effectif est difficile à chiffrer pour le moment. Ali Kana a d'ores et déjà annoncé que son groupe ne s'affilierait ni à Tripoli, ni à Tobrouk, mais seulement à un pouvoir qui reconnaîtrait la légitimité de la Jamahiriya.

En août, pour la première fois, l'ONU a invité des kadhafistes historiques, dont un ancien président du Congrès du peuple (équivalent d'une assemblée législative sous la Jamahiriya) à s'exprimer lors de discussions sur une solution politique et économique à la crise.

« Ce pays est devenu une blague »

La population commence également à comparer le présent avec le passé, en faveur de ce dernier. A l'intérieur d'une banque Jamhouriya de Tripoli, Mahmoud Abdelaziz, la quarantaine, attend depuis deux heures de pouvoir retirer les 500 dinars (327 euros) autorisés et ce, quelques jours par semaine.

Les réserves en devises sont passées de 107,6 milliards de dollars en 2013 à 43 milliards fin 2016. Au marché noir, un dollar s'échange à 5,25 dinars.

« Ce pays est devenu une blague : c'est la guerre civile partout, il n'y a pas d'argent et la meilleure carrière possible est d'intégrer une milice », dénonce Mahmoud Abdelaziz à MEE reconnaissant toutefois à la révolution la liberté de critiquer ce qui aurait été impossible sous Kadhafi.

Il avoue quand même que c'était mieux avant car « la sécurité est préférable à la liberté ». Les milices les plus révolutionnaires de Tripoli ont compris le danger potentiel de laisser cette nostalgie rampante se développer. En juin, elles ont assassiné à Tripoli douze loyalistes de la Jamahiriya qui venaient de finir leurs peines de prison pour leurs exactions commises en 2011.

*Source : Middle East Eye

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Exclusif – Ahmed Gueddaf Eddem : « L’exécution de Kadhafi fut un crime de guerre. Point final »

Publié le par Felli Bernard

Exclusif – Ahmed Gueddaf Eddem : « L’exécution de Kadhafi fut un crime de guerre. Point final »

 

Ancien émissaire discret du « Guide » pendant près de quarante-cinq ans, le sulfureux cousin du raïs accuse l’Occident de cacher la vérité sur l’intervention de 2011 et réclame un dialogue national.

Il faut se présenter à l’accueil d’une résidence huppée, dans le quartier de Zamalek, au Caire. Trois agents de sécurité indiquent l’ascenseur. Un quatrième, cheveux gominés en arrière, attend sur le palier de l’appartement. Il y a trois ans, les forces de l’ordre égyptiennes avaient dû recourir à dix véhicules de police et essuyer plusieurs heures de fusillade avant de parvenir à déloger le cousin de Mouammar Kadhafi.

L’ancien président égyptien Mohamed Morsi avait donné l’ordre de l’extrader vers la Libye, où il est toujours accusé de crime contre l’humanité. Mais de bons avocats et le coup d’État du maréchal Sissi, avec qui il entretient de cordiales relations, ont empêché qu’il soit livré aux autorités de son pays.

Lové dans un salon oriental marqueté de nacre, le cousin de Mouammar Kadhafi, qui fut pendant près de quarante-cinq ans un diplomate de l’ombre pour le « Guide », mais aussi le complice et le confident du despote, a fait disposer des limonades fraîches et des pâtisseries au miel sur la multitude de tables basses. Avenant comme à son habitude, il lance un « bonjour ! » en français. Le reste de la conversation se poursuit en arabe, sous l’œil attentif d’une assistante et d’une caméra. Un brin paranoïaque, accusateur sans jamais fournir de preuves, l’ancien colonel de la Jamahiriya entend garder trace de tous ses entretiens.

 

 

Dans un bureau adjacent, l’homme en complet bleu ciel choisit l’une de ses plus belles cannes, en bois foncé surmontée d’un pommeau doré incrusté de pierres azur, pour désigner les photos qui recouvrent un pan entier de la pièce. Sa verve n’a d’égal que son ego : ici on le voit avec le président Sissi, avant que celui-ci devienne maréchal et président de l’Égypte postrévolution, là avec l’ancien Premier ministre français Alain Juppé, « le prochain président français », insiste-t‑il.

Jeune Afrique : Que savez-vous des derniers jours de Mouammar Kadhafi ?

Ahmed Gueddaf Eddem : Mon dernier contact avec lui remonte à la veille de son départ pour Syrte, le 27 août. Mouammar Kadhafi savait que sa cache avait été repérée par les forces de l’Otan, mais il restait optimiste. Deux mois plus tard, le 20 octobre 2011, après la prière de l’aube, il a entrepris de se déplacer avec ses forces. En sortant de son refuge, lui et son convoi ont été attaqués : plusieurs personnes ont été blessées et des gardes révolutionnaires assassinés. Des bombes chimiques asphyxiantes ont été larguées… Soixante-dix personnes ont perdu connaissance. Elles ont ensuite été tuées alors qu’elles n’avaient pas repris leurs esprits.

Savez-vous où il a été inhumé ?

Probablement à Misrata.

Savez-vous qui l’a exécuté ?

Mouammar Kadhafi a été trouvé par les forces occidentales, qui l’ont ensuite livré à des bandes de criminels. C’est un crime de guerre qui ne sera jamais oublié. Point final. [Il brandit un dessin représentant une Afrique ensanglantée, blessée par une étoile de l’Otan figée dans la Libye.]

 

 

Que vous inspire le rapport du Parlement britannique selon lequel les arguments de l’ancien Premier ministre David Cameron et de l’ancien président français Nicolas Sarkozy pour convaincre les Nations unies d’intervenir n’étaient pas justifiées ?

Je tiens à saluer le Parlement britannique d’avoir enfin dévoilé ces vérités. Ce ne sont pas des révélations pour la Libye, nous savions tout cela depuis longtemps. L’ONU et les pays membres du Conseil de sécurité – dont les États-Unis, qui ont reconnu que cette intervention était une erreur – doivent présenter leurs excuses pour le sang des innocents versés. Le tiers de la population a été déplacé à l’étranger, les infrastructures ont été détruites, les ressources, l’or ont été pillés, tout comme des monuments et des documents.

À cela s’ajoute la déstabilisation des pays voisins : le Mali, le Niger, le Tchad, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte subissent eux aussi les conséquences de cette invasion. Les Africains ont le droit de demander réparation.

Les actions de Nicolas Sarkozy en 2011 ont entraîné le terrorisme, la crise migratoire en Méditerranée et le déplacement de nombreux Libyens

Un carnet appartenant à l’ancien chef du gouvernement libyen Choukri Ghanem, retrouvé noyé à Vienne en 2012, et dans lequel sont détaillées des sommes qui auraient été versées à Nicolas Sarkozy pour financer sa campagne de 2007 a récemment été transmis à la justice française. Que savez-vous de cette affaire ?

C’est une affaire interne à la France, et cela ne concerne que les Français. Je ne suis en aucun cas impliqué, que ce soit dans le passé ou le présent. Les seules informations que je détiens sont celles divulguées par les médias. Ma seule inquiétude, ce sont les conséquences des actions de Nicolas Sarkozy en 2011 : elles ont entraîné le terrorisme, la crise migratoire en Méditerranée et le déplacement de nombreux Libyens. Nous attendons que la France reconnaisse qu’elle a commis une erreur.

Vous demandez des excuses, mais cela est-il suffisant pour sortir la Libye du chaos ?

Lorsque l’Occident aura présenté ses excuses, la Libye devra lancer un dialogue entre toutes les parties.

Qui sont ces « criminels au pouvoir » que vous ne cessez de dénoncer ?

Je ne désigne ni le général Khalifa Haftar ni Fayez al-Sarraj [le chef du gouvernement d’union nationale]. Je parle des bandes qui détiennent en otages des dizaines de milliers de personnes sur le territoire, qui ont acheminé des milliards de dollars hors de Libye vers la Turquie, la Grèce et la Tunisie, et torturé des milliers de personnes. Ces gens ont recruté des mercenaires de Boko Haram, des combattants venus de Syrie, du Pakistan, d’Indonésie.

On dit les kadhafistes ouvertement de retour sur la scène politique libyenne. Qu’en est-il ?

Les kadhafistes constituent une force effective qui comprend des tribus, des militaires, des élites… Aucune forme de stabilité ne pourra être établie si les partisans de la révolution d’El-Fateh ne font pas partie du processus.

Que proposez-vous ?

Le Front de résistance nationale, dont je suis le responsable politique, propose une tendance qui rompt avec le passé. Notre programme consiste à rapatrier les déplacés, libérer les détenus, faire revenir les élites intellectuelles, organiser des élections libres sous le parrainage des Nations unies et mettre en place un gouvernement impartial. Nous voulons aussi organiser un référendum pour décider du nouveau type de régime, de son hymne et de son drapeau. C’est la seule solution viable qui s’offre au pays.

Certains vous appellent « le président » dans votre entourage. Cela signifie-t‑il que vous avez des ambitions politiques dans la Libye de demain ?

Le pays est un bateau qui fait naufrage avec tous les Libyens à son bord. Il faut le sauver avant de penser à ses ambitions personnelles. Quand cela sera fait, je mettrai à la disposition du pays toute mon expérience, politique et militaire, mon expertise et mon aisance dans les relations internationales, ma bonne connaissance des tribus, pour l’aider à se reconstruire. J’ai apporté beaucoup de bonnes choses par le passé. J’ai fait quelques erreurs aussi. Mais c’est bien naturel, car les erreurs sont à la hauteur des responsabilités.

Vous prétendez disposer de 70 000 hommes, ce qui est difficile à croire. Où sont-ils stationnés ?

Principalement en Tunisie et en Égypte.

 

 

Pourquoi ne les déployez-vous pas ?

Admettons que nous fassions un tel sacrifice, qu’est-ce qui nous garantit que nous serons par la suite inclus dans le dialogue national ? Nos soldats ne sont pas à louer, nous sommes des révolutionnaires.

Une intervention internationale en Libye est-elle nécessaire ?

Non. Nous n’avons pas besoin d’une intervention étrangère. Elle serait perçue comme une provocation par le peuple. Ce pays n’avait jamais connu Daesh ni Al-Qaïda avant que l’Otan intervienne.

Vous restez prudent quant à vos relations avec les deux parties en présence en Libye. Khalifa Haftar, autour duquel se sont rassemblés des officiers de l’ancienne armée, est-il l’homme de la situation ?

Nous reconnaissons le Parlement instauré dans l’est du pays. Dans le même temps, le commandant Haftar s’échine à rassembler les forces militaires : c’est une étape positive. Nous devons mettre en place un gouvernement impartial qui puisse jouir d’un consensus auprès des Libyens ainsi que de l’approbation totale du Parlement en place.

Si vous vous dites satisfait des décisions prises par le général Haftar, pourquoi ne pas lui apporter un soutien officiel ?

Sans commentaire, c’est une question d’espion.

Qu’en est-il de Seif el-Islam, « en semi-liberté » à Zintan et qui s’activerait de son côté ?

Il peut apporter sa pierre à l’édifice.

Souhaitez-vous restaurer l’ancien régime ?

Non, même si les ennemis de la Libye eux-mêmes commencent à le regretter ! Nous voulons un nouveau régime, profitable à tous les Libyens. Mouammar Kadhafi était un leader exceptionnel, aucun successeur ne saurait être à sa hauteur.

Propos recueillis au Caire par Jenna Le Bras

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Mort il y a 5 ans, Kaddhafi hante encore la politique française

Publié le par Felli Bernard

Mort il y a 5 ans, Kaddhafi hante encore la politique française

Mouammar Kadhafi, en 2009.© FILIPPO MONTEFORTE Source: AFP
Mouammar Kadhafi, en 2009.

5 ans après le décès du chef d'Etat, la Libye est en proie au chaos, le poids de l'intervention de l'OTAN pèse sur la politique française et Nicolas Sarkozy est toujours embarrassé par les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007.

C'est le 20 octobre 2011, soit sept mois après le déclenchement de l'opération militaire de l'OTAN en Libye en soutien aux insurgés, que Mouammar Kadhafi trouve la mort.

Ce jour-là, alors qu'il quittait la ville de la Syrte, ultime bastion des forces loyalistes, le convoi du chef d'Etat est contraint de modifier son itinéraire afin d'éviter des tirs d'avions de l'OTAN. Le véhicule du dirigeant libyen tombe alors dans une embuscade des rebelles, qui capturent ce dernier vivant. Le lendemain, toutefois, son décès est annoncé par un haut responsable militaire du Conseil national de transition (CNT, la coalition rebelle).

Dans un rapport publié en 2012, se basant sur des vidéos témoignant de l'évènement, l'ONG Human Right Watch est revenu sur les conditions de la mort du chef de la «Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste», à la suite du guet-apens : «Les vidéos montrent que Mouammar Kadhafi a été capturé vivant mais qu’il saignait profusément d’une blessure à la tête qui aurait été provoquée par les éclats d’une grenade lancée par l’un de ses propres gardes et aurait explosé au beau milieu d’eux».

Attention ces images peuvent choquer

Par la suite, relate l'organisme humanitaire, le dirigeant libyen a été victime de tortures, avant d'agoniser dans une ambulance : «Ces vidéos montrent Mouammar Kadhafi se faisant rudement passer à tabac par les forces de l’opposition et recevant des coups de baïonnette aux fesses, entraînant de nouvelles blessures et de nouveaux saignements. Au moment où il est filmé en train d’être chargé dans une ambulance à moitié dénudé, il semble sans vie», détaille le rapport.

Le 21 octobre, les rebelles ont publiquement exposé la dépouille de Mouammar Kadhafi dans la ville de Misrata, au côté de celle de son fils, Moatassem, également mort la veille.

Lire aussi : Le cousin de Mouammar Kadhafi à RT : la Libye est anéantie un peu plus chaque jour

Hillary Clinton : «Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort !»

Un certain nombre de responsables et de personnalités politiques occidentaux se sont félicités de la disparition de Mouammar Kadhafi. Hillary Clinton, alors Secrétaire d'Etat américaine, n'avait pas caché sa joie : «Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort !», avait lâché la chef de la diplomatie américaine sur la chaîne CBS, avant d'éclater de rire. 

 

 

Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, l'un des fers de lance de l'intervention otanienne en Lybie, avait quant à lui salué la «disparition» de l'ancien colonel comme une «étape majeure» pour la libération du peuple libyen, qui mènerait à «la réconciliation dans l'unité et la liberté». Le locataire de l'Elysée avait néanmoins tenu à préciser : «On ne doit jamais se réjouir de la mort d'un homme, quel que soit ce qu'il ait fait».

Bien qu'applaudissant la chute du régime, le philosophe Bernard Henri-Lévy, qui avait plaidé auprès de Nicolas Sarkozy en faveur de l'opération militaire, s'était ému des photographies du corps martyrisé de l'ex-dirigeant lybien, qui avaient été diffusées à  la suite de son décès : «Il y a, dans cette scène de lynchage, une sauvagerie qui me révolte et que rien n’excuse».

Ne prenant pas autant de pincettes, Angela Merkel avait déclaré : «L'Allemagne est soulagée et très heureuse» de la mort de Mouammar Kadhafi. Erudit, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait quant à lui déclamé : «Sic transit gloria mundi». (Soit, en latin : «Ainsi passe la gloire du monde»).

Lire aussi : Il y a quatre ans, le colonel Kadhafi imaginait déjà le chaos de la Libye d'aujourd'hui

Campagne de Nicolas Sarkozy, chaos libyen... : l'héritage de la chute de Kadhafi

Cinq après sa mort, le fantôme du chef d'Etat libyen continue de hanter les deux rives de la Méditerranée. En Libye, le chaos hérité de la chute de Mouammar Kadhafi est on ne peut plus vivace : le gouvernement d'union nationale (GUN) basé à Tripoli et le gouvernement dit de Tobrouk se partagent le pouvoir, tout en essuyant les assauts de groupes rebelles, dont les djihadistes de l'Etat islamique (EI). Signe de l'échec de l'opération de l'OTAN à accoucher d'une situation stable dans le pays : la présence, en 2016, de forces militaires occidentales en Libye. 

Le 20 juillet 2016, le président de la République François Hollande avait ainsi reconnu que la France menait «des opérations périlleuses de renseignement en Libye», à la suite du décès de trois militaires dans le pays. Toujours en 2016, le commandant des troupes de la ville, cité par le quotidien britannique The Times, avait fait savoir que les forces spéciales britanniques et américaines étaient en mission sur place.

De l'autre côté de la Méditerranée, en France, la mort de Mouammar Kadhafi pèse également toujours sur la vie politique : d'une part, les conséquences désastreuses de l'intervention de l'OTAN, conduite notamment par Paris, sont régulièrement rappelées aux candidats de la primaire à la droite Nicolas Sarkozy (qui était alors chef d'Etat) et Alain Juppé (qui était son ministre des Affaires étrangères).

D'autre part, l'ex-président de la République continue de faire l'objet de soupçons concernant le financement par l'ancien dirigeant libyen de sa campagne électorale de 2007. Pour certains de ses détracteurs, sa volonté de renverser Mouammar Kadhafi aurait notamment eu pour finalité de faire taire ce dernier, qui avait menacé, avant sa mort, de révéler des preuves d'un tel soutien financier secret.

Fin septembre, le site Mediapart avait fait état de l'existence d'un carnet ayant appartenu à un dignitaire libyen, dans lequel serait consigné le versement à Nicolas Sarkozy de 6,5 millions d'euros, attribué à des membres du gouvernement de Mouammar Kadhafi.

Lire aussi : Blair a dit à Kadhafi de démissionner et s’enfuir dans un lieu sécurisé pendant la crise en Libye

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Libye : silence radio de la diplomatie française après l'échec d'une réunion à son initiative

Publié le par Felli Bernard

Libye : silence radio de la diplomatie française après l'échec d'une réunion à son initiative

Libye : silence radio de la diplomatie française après l'échec d'une réunion à son initiative

4 oct. 2016, 18:43

Le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj et François Hollande, le 27 septembre. Photo ©Yoan Valat/AFP

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Décidée après la visite du chef du gouvernement de Tripoli à Paris, la réunion, dont le but était de «faire progresser l'unité» de la Libye, a échoué. Aucun représentant libyen n'avait été invité et les pays en présence n'ont pas les mêmes intérêts.

La réunion avait été décidée le 27 septembre dernier lors de la visite officielle du Premier ministre du Gouvernement d'union nationale (GNA), dit gouvernement de Tripoli par opposition à son rival, le gouvernement dit de Tobrouk, lequel tient militairement l'Est du pays et ses champs pétrolifères. Autour de la table, se sont penchés sur le cas libyen, entre autres, le Qatar, les Emirats arabes unis, l'Egypte, les Etats-Unis ou encore le Royaume Uni et l'Italie, l'ancienne puissance coloniale en Libye.

A l'initiative de la rencontre, Jean-Marc Ayrault s'était fixé pour but «que toutes les forces libyennes soient unies pour développer la Libye». «Nous avons besoin d'une Libye stable [...] la Libye est un terrain de passage pour des dizaines de milliers de migrants», avait ainsi martelé le chef de la diplomatie du pays qui est intervenu militairement en 2011 pour renverser le «régime» de Mouammar Kadhafi, plutôt stable, en l'occurrence, et qui contenait alors les flux migratoires africains en direction de l'Europe.

Aussi, la réunion décidée quelques jours plus tôt seulement, a bien eu lieu – assez discrètement – dans l'après-midi de ce lundi 3 septembre, mais n'a abouti à aucun résultat concret, en raison de plusieurs manquements.

Première option malheureuse de la diplomatie française : aucun représentant libyen n'a été invité, que ce soit le général Khalifa Haftar, à la tête du gouvernement de Tobrouk, ou du gouvernement de Tripoli, dont le Premier ministre était en visite officielle en Algérie pendant ce temps-là. Deuxième faux pas : la Ligue arabe, interlocuteur presque incontournable dans la région n'a pas non plus été invitée. La faute à un calendrier rapide, s'est justifié le Quai d'Orsay.

Exercice de réalisme politique pour la France

Acteur principal des bombardements occidentaux en 2011 avec le Royaume Uni, la France tente de garder l'initiative sur le dossier libyen. Seulement voilà, alors que Paris a tout misé sur le gouvernement de Tripoli, la situation sur le terrain oblige à reconnaître le gouvernement de Tobrouk comme interlocuteur dans la recherche d'une solution politique au chaos libyen. Le gouvernement d'union national de Tripoli ne parvient en effet toujours pas à exercer son autorité sur l'ensemble du territoire et son rival, basé à Tobrouk, gagne en légitimité diplomatique.

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Aussi, alors que François Hollande renouvelait sa «confiance» au Premier ministre du gouvernement de Tripoli, créé en 2015 sous l'égide des Nations unies, Jean-Marc Ayrault appelait de son côté à un compromis entre les deux gouvernements «parallèles» et rivaux libyens, évoquant la «menace terroriste et la prolifération des trafics», se disant prêt à travailler avec les puissances régionales telles que l'Egypte.

Seulement voilà, l'Egypte est l'un des fondateurs de la Ligue arabe qui n'a pas été invitée et elle ne cache pas sa préférence pour le gouvernement de Tobrouk et le général Khalifa Haftar, appelant par ailleurs à la levée de l'embargo sur les armes à destination de la Libye.

Intérêts divergents de Rome et Paris

Et, parmi l'assemblage hétéroclite des pays conviés à cette réunion, l'Italie, dont la position géopolitique a été considérablement affaiblie par l'intervention militaire de la France et du Royaume Uni en 2011. L'ancienne puissance tutélaire a conservé des intérêts en Libye, notamment dans l'industrie du pétrole, et voit d'un mauvais œil la progression militaire du gouvernement de Tobrouk.

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En septembre dernier, les forces militaires du général Khalifa Haftar se sont ainsi emparé de deux terminaux pétroliers dans l'Est de la Libye. Et, échaudés par la fuite d'un email d'Hillary Clinton indiquant que la «France détruisait l'Italie» en Libye, les dirigeants italiens se font méfiants quant à l'agenda que souhaite imposer Paris. Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne mais aussi ex-ministre des affaires étrangères italienne n'a pas manqué de fustiger la France, regrettant l'absence du gouvernement d'union nationale dans la discussion.

Lire aussi : En Libye, les frappes américaines contre l'EI durent plus longtemps que prévu

France

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Guerre en Libye : un rapport parlementaire britannique accable Sarkozy et Cameron

Publié le par Felli Bernard

 David Cameron et Nicolas Sarkozy.
David Cameron et Nicolas Sarkozy.

25

Sep

2016

Guerre en Libye : un rapport parlementaire britannique accable Sarkozy et Cameron Par Paul Aveline

Source : BFM, Paul Aveline, 14-09-2016

Cinq ans après l’intervention militaire qui a plongé la Libye dans le chaos, les parlementaires britanniques étrillent les principaux responsables de l’opération: David Cameron et Nicolas Sarkozy.

Quelles étaient les motivations de la France et du Royaume-Uni pour intervenir militairement en Libye? En 2011, il s’agit officiellement d’éviter que Benghazi, ville rebelle du nord du pays, ne subisse le martyre que lui réserve Mouammar Kadhafi, implacable dictateur qui règne sur la Libye depuis 41 ans. Pour les parlementaires britanniques qui ont enquêté sur la question, ni David Cameron, ni Nicolas Sarkozy n’ont agi par souci humanitaire.

Une méconnaissance totale du pays

Le premier à subir les foudres des parlementaires britanniques est David Cameron, Premier ministre au moment de l’intervention militaire. En creux, les membres de la commission d’enquête l’accusent d’avoir agi en amateur en Libye. Le rapport parlementaire dénonce ainsi “une compréhension très limitée des événements” et des responsables “qui ne se sont pas vraiment souciés de surveiller de près ce qu’il se passait”.

Plus loin dans leur rapport, les parlementaires mettent en doutent la raison même pour laquelle la France et le Royaume-Uni sont intervenus en Libye: le possible massacre de Benghazi. Ville côtière, Benghazi est en mars 2011 aux mains des rebelles qui disputent le pouvoir au Colonel. Alors que la communauté internationale imagine déjà le bain de sang que vont y perpétrer les forces du dictateur, Paris et Londres décident d’intervenir par voie aérienne, avec l’aval de l’ONU. Mais pour les auteurs du rapport, l’histoire de Kadhafi aurait pu pousser les dirigeants franco-britanniques à réfléchir autrement:

“Plusieurs exemples dans le passé auraient pu indiquer la manière dont Kadhafi allait se comporter. (…) En 1980, Kadhafi a passé six mois à pacifier les rapports entre les tribus de la Cyrénaïque. Il y a fort à parier que sa réponse (au soulèvement de Benghazi, Ndlr) aurait été très prudente… La peur d’un massacre de civils a été largement exagérée” note le rapport.

Les motivations françaises en question

Plus troublant encore, le rapport retranscrit une conversation avec un membre des services secrets américains, expliquant avoir discuté avec l’un de ses homologues français à propos de l’engagement français en Libye. Pour les Britanniques, la France n’est pas intervenue pour sauver Benghazi, mais pour cinq autres raisons, bien différentes:

– S’emparer d’une partie de la production de pétrole libyenne
– Augmenter l’influence française en Afrique du Nord
– Améliorer la popularité de Nicolas Sarkozy en France
– Replacer l’armée française au centre de l’échiquier stratégique mondial
– Répliquer à la volonté de Kadhafi de remplacer la France comme puissance dominante en Afrique francophone

Cinq ans plus tard, note le rapport, la Libye est au bord du gouffre. Reprenant un rapport d’Human Rights Watch, les parlementaires notent que plus de deux millions de personnes nécessitent une aide humanitaire, que 400.000 Libyens ont été déplacés de force, et que les forces militaires en présence continuent de se livrer à de multiples exactions contre les populations civiles et combattantes.

Source : BFM, Paul Aveline, 14-09-2016

4 réponses à Guerre en Libye : un rapport parlementaire britannique accable Sarkozy et Cameron Par Paul Aveline

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    AUSSEUR Robert Le 25 septembre 2016 à 01h11

    Cela confirme le côté gesticulateur incompétent de N sarkosy

    Répondre

    +1

    • Afficher/Masquer Alerter

      Pascalcs Le 25 septembre 2016 à 04h11

      N’oublions pas le rôle majeur d’Hillary Clinton qui a pesé de tout son poids de secrétaire d’Etat pour inverser la position initiale du gouvernement Obama qui n’était pas en faveur de cette intervention. C’est elle, trop contente de faire plaisir à ses amis neocons qui frétillent à l’idée de changement de régime dans le sang et par la force, qui a pris le parti de Sarkozy et Cameron et à mis toute la logistique americaine de soutien necessaire à cette lamentable aventure.
      http://www.nytimes.com/2016/02/28/us/politics/hillary-clinton-libya.html?_r=0
      Puis une fois terminée, c’est elle qui frétille d’aise sur la manière extrêmement barbare avec laquelle Kadhafi, sans le moindre procès, a été exécuté de façon atroce par les tontons macoutes de l’Occident.
      https://youtu.be/2dmp3Jndj_o
      Voilà le type d’individus qui nous gouvernent.

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    vincent Le 25 septembre 2016 à 02h19

    Il mériterait d’être jugée. Mais aux dernières nouvelle Saif Kadhafi semble préparer un retour en Libye pour réunifier le pays et reconstruire l’état avec l’aide des tribus. C’est selon moi la meilleurs solution, mais est ce que l’occident laissera faire?

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PatrickLuder Le 25 septembre 2016 à 04h19

Depuis le temps que je dis que ce que nous faisons n’est que de l’ingérence. => Toute intervention étrangère à une nation est un acte de guerre contre cette nation. Kadhafi tantôt loué, tantôt tancé, a été cloué au pilori de la mondialisation pour non soumission aux dictats des USA. La France n’est que le caniche de tonton Sam.

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