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Quatre heures de « Conversation avec M. Poutine », l’excellent film d’Oliver Stone ....

Publié le par Felli Bernard


Ce film fait mentir la presse mainstream qui prétend que Vladimir Poutine est un tyran « froid et glacial » comme il est de bon ton de l’affirmer et surtout de le faire admettre à l’opinion publique occidentale pour justifier les guerres nécessaires au complexe militaro-industriel américain pour prospérer.

Les quatre heures du film sont un condensé des 20 heures de tournage avec des entrevues qui se sont déroulées de juin 2015 à février 2017. La première partie, particulièrement intéressante, est passée lundi soir. Les deux autres parties sont programmées sur France 3 mercredi et jeudi prochains à 20 heures 50.

Vladimir Poutine raconte l’Histoire de la Russie depuis 1917, puis son accession au pouvoir et les coups bas américains que les images ajoutées sur l’interview par le réalisateur illustrent bien, notamment l’encerclement de plus en plus serré de la Russie par l’Otan, ainsi que l’installation des missiles en Union européenne qui pointent sur la Russie. Il évoque la réalité de l’agression de Géorgie contre les troupes russes, l’aide des USA aux terroristes tchétchènes durant les deux guerres de Tchétchénie. Les mensonges permanents de l’Ouest qui se sert des islamistes tout en prétendant les combattre. Il explique en détail comment Snowden (Wikkileaks) a bénéficié du titre de réfugié en Russie au grand dam des Américains. Répondant à une supposition d’Oliver Stone selon laquelle la CIA aurait laissé échapper Snowden pour en embarrasser la Russie, il s’exclame en riant tout en conduisant sa voiture que la supposition du réalisateur serait trop subtile pour la CIA…  Il expose le double-jeu continuel des USA pour déstabiliser la Russie, la guerre en Ukraine tout en précisant que la Russie avait réglé elle-même au FMI les dettes contractées par les ex-républiques soviétiques jusqu’au dernier centime, y compris celles de l’Ukraine qui étaient très élevées. Il précise que les USA ont un endettement équivalent à 100% de leur PIB tandis que la Russie n’a qu’un endettement dérisoire de 12% de son PIB et donne des détails économiques et démographiques concernant la Russie, notamment qu’en Europe la France est le pays qui compte le plus de musulmans avant la Russie. Alors que la Russie compte 146 millions d’habitants. Mais il précise qu’à la différence de la France, les musulmans de Russie sont des Russes d’origine, de civilisation et de culture russes et qu’ils n’ont pas d’autre patrie. Il précise que la reprise de la démographie due à la politique gouvernementale profite à la partie blanche de la Russie.

Bien sûr les questions concernant les homosexuels et le féminisme n’ont pas manqué. les réponses de Vladimir Poutine prouvent que ce pays a conservé ses repères. Bien évidemment des réponses qui ne peuvent pas plaire à la nouvelle « morale » occidentale.

Il parle de la Crimée. Il répond aussi à quelques questions sur sa vie privée sans s’étendre. On le voit aussi dans un match de Hockey, avec des chevaux ou encore en entrainement de judo. Le judo qui, selon lui, est le secret de son équilibre. Poutine ironise également sur le peu de profit qu’il aurait eu a tenter de s’immiscer dans les élections américaines puisque de toute façon, quel que soit le président élu et quelles que soient ses promesses de campagne, c’est l’état profond qui dirige la politique extérieure du pays qui ne varie jamais.

Le président Poutine évoque souvent l’Union européenne et même la France et considère qu’au sein de l’OTAN les pays membres sont traités en vassaux. Concernant l’histoire de la Russie, il a toujours été farouchement opposé à l’URSS, symbole du déclin russe à tous les niveaux. Il n’a que peu d’estime pour Gorbatchev (le liquidateur d’une partie des républiques historiquement russes) «Il n’a jamais eu d’idées », dit-il de celui-ci. A propos de la perestroïka de Gorbatchev, il réplique avec une pointe de mépris que Gorbatchev puisait « dans l’idéologie des socialistes français de l’époque ».

Il précise que le bouclier américain ne protègerait pas le pays en cas de réplique de la Russie, mais estime que cette fausse protection pourrait être un danger pour le monde, car cela donne un sentiment de puissance dangereux aux USA. Il estime qu’en cas de conflit nucléaire les pays disparaîtraient. Il précise que les USA à eux seuls ont un budget 10 fois supérieur à celui de tous les autres pays réunis.

Tout au long de cette première partie Vladimir Poutine manie l’humour. L’une des dernières anecdotes de cette première partie concerne la un film que le réalisateur et le président ont visionné en même temps. Oliver Stone lui remet la vidéo à la fin et Poutine part dans son bureau. Mais aussitôt il revient en montrant l’enveloppe vide: « Voilà un cadeau typique des Américains », lance-t-il.

A ne pas manquer les deux prochaines parties mercredi et jeudi prochains!

 

 

Oliver Stone est un réalisateur de cinéma, ancien combattant du Vietnam qui depuis milite contre l’impérialisme américain. le film a été amplement critiqué aux USA car Poutine apparaît tel qu’il est ce qui déplait forcément. Actuellement en France, le cinéaste a répondu à de nombreuses interviews dont celle de France3 qui comporte en elle-même un court documentaire est particulièrement intéressante:

 

 

 

 

INTERVIEW D’OLIVER STONE PAR LE FIGARO

De juillet 2015 à février 2017, le réalisateur de Platoon a rencontré à douze reprises le dirigeant de la Russie. De ses entretiens, il a tiré un portrait de 4 heures de Vladimir Poutine qui apporte un nouvel éclairage sur sa personnalité dont les deux premières parties sont diffusées ce lundi à 20H55 sur France 3.

Jamais Vladimir Poutine n’avait accepté d’être interviewé aussi longtemps par un occidental. Comment l’avez-vous convaincu?

Je travaillais sur le film Snowden qui m’a conduit à plusieurs reprises à Moscou. Lors d’un séjour là-bas, je l’ai rencontré. Quand je lui ai parlé de mon projet, il a accepté assez naturellement. Peut-être parce qu’intellectuellement nos conversations l’intéressaient, qu’il me respectait aussi…

A-t-il mis des conditions à ces entretiens?

Non, le seul contrôle était le mien. Ensuite c’était difficile de savoir ce qu’il pensait. Il a un regard difficile à capter. Mais jamais il ne s’est énervé. Il répondait à la demande. La difficulté était surtout la gestion du temps. Il arrivait toujours en retard… Et puis les caméras ne devaient pas montrer sa calvitie…

Est-ce lui qui choisissait les lieux de rendez-vous?

Oui, on s’agrippait à son emploi du temps. Alors nous l’avons vu dans son bureau, dans sa datcha, à la patinoire… Il est tout de même très occupé. Mais finalement plus facile d’accès que l’occupant de la Maison Blanche! Il conduit sa voiture lui-même, et très vite. Il est libre de décider lui-même du moment où il vous rencontre…

Saviez-vous que vous alliez y retourner si souvent?

En fait, je pensais en avoir terminé à mon troisième voyage. Et puis après l’élection de Donald Trump qui a surpris tout le monde y compris Vladimir Poutine je pense, j’y suis retourné une 4e fois. C’était intéressant d’avoir son avis.

Vous choisissez vous-même la voix qui double Poutine (Laurent Stocker, en France). Pourquoi teniez-vous à ce détail?

Souvent, pour montrer qu’un homme est dur et coriace, on le double avec une voix forte. Mais Poutine parle de façon très claire, posée, raisonnable. Jamais, il n’élève la voix et je veux que dans le doublage, ce ton soit restitué.

Certains vous reprochent d’avoir été trop consensuel avec lui…

J’ai été respectueux, comme on l’est avec tout chef d’État. Mais ceux qui connaissent mes films savent que je ne suis pas un obséquieux. Je suis un démocrate et le pouvoir ne m’intimide pas.

Quelle idée en avez-vous aujourd’hui?

Je pense qu’on a réussi à apporter un éclairage nouveau sur l’individu. Ce n’est pas un Staline contemporain et son gouvernement n’est pas fondé sur la terreur. C’est quelqu’un qui connaît très bien les intérêts russes et veut les défendre. Mais il est prêt à négocier aussi.

Pensez-vous qu’il se représentera aux élections?

Regardez le quatrième épisode quand je lui pose la question. Et ne vous arrêtez pas aux mots. Personnellement, j’ai eu l’impression qu’il se représenterait. Mais ce ne sera pas facile pour lui. Maintenant, si vous commencez à vous mêler de leurs affaires à ce moment-là, méfiez-vous, les Russes n’aiment pas qu’on les pousse dans les orties. Ils n’aiment pas qu’on veuille leur imposer des valeurs, qu’elles soient américaines ou françaises.

Que pensez-vous de notre nouveau président?

Emmanuel Macron semble indépendant, mais je n’en sais rien. Je me réjouis déjà qu’il ait accueilli Vladimir Poutine. J’espère que la France va retrouver sa propre souveraineté

Quelles conclusions tirez-vous de ces entretiens?

Comme l’Histoire l’a prouvée souvent, avec les Russes on arrive à ses fins en leur faisant confiance. Churchill le disait déjà.

Le documentaire a été diffusé aux États-Unis. Quelles ont été les réactions?

la plupart des critiques viennent de ceux qui n’ont pas vu le film. Ça facilite le travail… Mais il a aussi été vendu à la Russie qui est en train de le diffuser et à pratiquement tous les pays du monde. Sauf l’Argentine… pour le moment.

Quel en était le budget?

4,8 millions de dollars.

Et pourriez-vous en faire un film?

Ce n’est pas la peine, puisque j’ai déjà la réalité! Et puis j’ai 70 ans, je ne pense pas au prochain sujet. Il n’y a rien sur quoi je me suis engagé. Je suis surtout très préoccupé par les États-Unis. De leurs intentions contre l’Iran. Ce qui devrait tous nous préoccuper . Et Donald Trump n’est pas en position de décider. Comme ne l’étaient pas ses prédécesseurs.

emiliedefresne@medias-presse.info

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Paranoïa sur la Route de la soie afghane

Publié le par Felli Bernard

Paranoïa sur la Route de la soie afghane


Tous ceux qui tenteront de « reconstruire » l’Afghanistan auront du pain sur la planche. Toutefois, le succès de la nouvelle Route de la soie chinoise dépendra beaucoup des progrès accomplis.


Par Pepe Escobar – Le 21 juin 2017 – Source Asia Times via entelekheia.fr

Route de la soie, One Belt One Road, Afghanistan, Taliban, Talibans, Daech, Chine, Russie, OCS,

La nouvelle Route de la soie, alias Initiative Belt and Road, arrivera-t-elle à traverser un jour l’Hindou Kouch ?

La témérité est à l’ordre du jour. Même s’il est stratégiquement situé en travers de l’ancienne Route de la soie, et qu’il jouxte virtuellement le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) – une plate-forme-clé de l’initiative d’un coût de 50 milliards de dollars – l’Afghanistan est toujours enlisé dans la guerre.

 

Il est facile d’oublier qu’en 2011 – avant même que le président Xi annonce l’Initiative Belt and Road au Kazakhstan et en Indonésie en 2013 – la Secrétaire d’État de l’époque, Hillary Clinton, parlait de sa propre Route de la soie à Chennai. Rien d’étonnant si la vision du Département d’État à mordu la poussière de l’Hindou Kouch – elle prévoyait de l’axer autour de l’Afghanistan, un pays enfermé dans une guerre.

La situation de 2017 de l’Afghanistan est encore plus déprimante. Dire que l’administration qui a émergé des élections présidentielles factieuses de 2014, et qui passe pour un gouvernement, est dysfonctionnelle est un doux euphémisme.

Depuis 2002, Washington a dépensé la somme astronomique de 780 milliards de dollars dans son opération (en cours) Enduring Freedom (« opération Liberté Immuable »). Un argent qui ne lui a rien rapporté – à part plus de 100 000 victimes afghanes.

La très médiatique poussée d’Obama en faveur de la reconstruction-accompagnée-de-contre-insurrection de 2009 a débouché, comme prévu, sur un désastre. À part la restructuration de la guerre globale contre la terreur (GWOT) en opérations d’urgence à l’étranger (Overseas Contingency Operations, OCO), elle n’a rien accompli. Le slogan « nettoyez, tenez, construisez » n’a jamais été clairement appliqué ; les talibans sont revenus virtuellement partout.

Washington a dépensé quelque chose comme 110 milliards dans la « reconstruction » afghane. Ajusté à l’inflation, cela représente à peu-près l’équivalent du total du Plan Marshall. Pourtant, aucune Francfort flambant neuve n’a poussé autour du minaret de Ghazni ; plus de 70 milliards de dollars sont allés à l’armée et à la police afghanes, et le gâchis ajouté à la corruption ont fait le reste. Le PIB afghan de l’année dernière ne s’élevait toujours qu’à un misérable 17 milliards de dollars, soit 525 dollars per capita.

La nouvelle « politique » de l’administration Trump a consisté dans le largage d’une méga-bombe dans l’est, la MOAB, sans aucun effet, ajoutée à encore plus de demandes de troupes supplémentaires. Opération Liberté « Immuable », pour toujours effectivement.

Vous voulez exploiter une mine ? Allez voir les talibans

Sans surprise, sous le radar et sans que la plupart des cercles atlantistes ne remarquent même quoi que ce soit, des chercheurs du gouvernement chinois ont récemment rencontré des étrangers à Pékin pour une discussion intitulée « l’Afghanistan reconnecté ».

Sun Yuxi, le premier ambassadeur chinois à Kaboul après le départ des talibans chassés par les bombes à la fin 2001, a correctement résumé les enjeux comme suit : « Si la route et la connectivité à travers l’Afghanistan ne sont pas ouvertes, ce serait comme si une veine importante était bouchée sur la nouvelle Route de la soie, amenant des maladies à tout l’organisme. »

Comment reconnecter/reconstruire/rebâtir l’Afghanistan est la substance de nombreuses nuits sans sommeil dans des endroits comme le think tank chinois Centre for China & Globalization, basé à Pékin.

Tout un chacun sait, d’après les projections, que l’Afghanistan peut être assis sur au moins un trillion de dollars en ressources minières comme le cuivre, l’or, le minerai de fer, l’uranium et les pierres précieuses. Mais comment les extraire en toute sécurité ?

Le dilemme sécuritaire de Pékin sur la protection de ses investissements est spectaculairement illustré par la saga en cours de la mine de cuivre Mes Aynak. La corporation Chinese Metallurgical Group a acheté la mine – située à 40 kilomètres au sud-est de Kaboul – en 2008. C’était le plus gros projet d’investissement étranger en Afghanistan. Il a fallu huit ans de plus pour que les talibans promettent de ne pas l’attaquer.

Pendant ce temps, sur le front du rail – clé de l’initiative Belt and Road – en septembre 2001, le premier train de fret chinois est arrivé à Haratan, en Afghanistan, via le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Le volume de commerce étant encore négligeable, malgré tout, il n’y a pas de service régulier prévu dans l’immédiat.

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), menée par la Russie et la Chine, intervient enfin. À son dernier sommet, alors qu’elle s’inquiétait de la « détérioration » de la sécurité, l’OCS a prévu de s’engager pleinement dans la recherche d’une solution « toute-asiatique » pour l’Afghanistan, avec l’Inde et le Pakistan, tous deux membres de fraîche date, à bord.

La connexion du « Syrak »

L’Afghanistan est un voisin proche de la région autonome du Xinjiang – et quelques-unes de ses zones les moins accessibles accueillent des membres du groupe séparatiste ouïgour dénommé « Mouvement islamique du Turkestan oriental », qui est lié à al-Qaïda (mais pas à Daech, qui ne le reconnaît pas).

Pour aggraver le problème, toute Route de la soie possible à travers l’Hindou Kouch doit tenir compte de la connexion directe avec le « califat » en carton-pâte du « Syrak ».

L’armée arabe syrienne avance inexorablement vers la frontière de l’Irak. En même temps, les Unités populaires de mobilisation irakiennes ont atteint la frontière syrienne à al-Waleed. Entre elles, on trouve des forces américaines – qui occupent al-Tanaf en Syrie. Damas et Bagdad se sont toutefois accordées pour fermer le passage d’al-Tanaf du côté irakien de la frontière. Ce qui signifie que les forces américaines ne peuvent plus aller nulle part, sinon retourner à leur point de départ, la Jordanie.

Il y a fort à parier que le Pentagone ne va pas le prendre avec le sourire. Le ministère de la défense à Moscou est convaincu que ces forces américaines vont utiliser leur système de lance-roquettes multiple mobile HIMARS pour prévenir la rencontre des unités irakiennes et de l’armée syrienne, dont la mission est de pourchasser les éléments restants de Daech sur le territoire syrien.

La rencontre des deux armées du « Syrak » est très importante parce qu’elle annonce le réalignement effectif d’un axe-clé de la nouvelle Route de la soie : Téhéran, Bagdad, Damas, Beyrouth.

Pour Pékin, l’expansion de l’Initiative Belt and Road à travers le Levant par une connexion terrestre entre la Chine et la Méditerranée, comme celle de l’ancienne Route de la soie, est un impératif catégorique. Et pourtant, il se heurte frontalement à un fait crucial publiquement admis par le lieutenant-général Michael Flynn lui-même : que l’administration Obama avait pris la décision délibérée de laisser Daech suppurer, avec l’objectif d’arriver à un « Sunnistan » à travers le « Syrak » comme moyen d’accélérer le changement de régime à Damas. Traduction : laissez Daech démolir la nouvelle Route de la soie dans le Levant.

Indubitablement, certains factions influentes de l’État profond des USA tiennent toujours à ce projet. Parallèlement, le président Trump a déclaré sa détermination à combattre Daech. La question fondamentale est de savoir si la « politique » préconisée par la Maison des Saoud – attaquer Damas et ses alliés en Iran – va l’emporter à Washington.

Quand les talibans ont attaqué des seigneurs de la guerre afghans sur les terres pachtounes au milieu des années 1990, la population les a soutenus parce qu’ils sécurisaient les routes et les villages. Ils étaient généralement considérés comme des anges tombés du ciel pour aider le prophète contre ses ennemis de La Mecque.

Au cours de mes voyages dans le « Talibanistan », dont quelques-uns ont fait l’objet d’articles dans Asia Times, j’ai trouvé les talibans glacialement pieux et moralistes, enveloppés dans une sorte d’obscurité pesante et virtuellement inaccessibles.

Mais les acteurs principaux de ce nouveau Grand jeu de l’Hindou Kouch sont loin d’être les talibans. Tout tourne autour de la diaspora djihadiste qui restera après la chute du califat du « Syrak ».

Daech est déjà en train de relocaliser les djihadistes qui se sont retirés d’Irak et de Syrie dans l’Hindou Kouch. En même temps, il recrute activement des masses de Pachtounes qu’il appâte avec de l’argent à foison et des armes – une force de travail qui comprend des dizaines de milliers de commandos-suicides potentiels.

À part des Afghans, la nouvelle fournée de recrues compte des Tchétchènes, des Ouzbèkes et des Ouïgours, tous capables de se fondre dans le paysage de cette région montagneuse inaccessible même aux MOAB du Pentagone.

Rien d’étonnant au fait que les Afghans laïques de Kaboul aient déjà peur que l’Afghanistan devienne la nouvelle place forte d’un califat recomposé. Contre l’État islamique Khorasan (Islamic State Khorasan, ISK), c’est le travail de l’OCS – principalement la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan – d’arriver avec une brigade de sauvetage. Sinon, l’intégration eurasienne sera en danger mortel à travers toute l’intersection de l’Asie Centrale et de l’Asie du sud (le Moyen-Orient.)

Pepe Escobar

Traduction Entelekheia

 

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Les vacances n'ont pas commencées .....

Publié le par Felli Bernard

Bonjour
Voilà quelques semaines que je ne publie plus, je vais reprendre petit à petit, l'actualité française riche de surprises en surprises ,je n'ai pas eu l'envie d'entrer dans un jeu d'analyse, de points de vue , de commentaires. Nos lecteurs assez  adultes se devaient de prendre leur responsabilités et procéder aprés reflexion à un choix qui engageait l'avenir de notre pays La France. Leur position de citoyen les obligeait.
je n'avais aucun droit pour tenter d'influer sur leur choix.
Je vais  reprendre certains articles ecrits par des analystes,experts, journalistes que vous avez pu ,déjà lire et que vous retrouverez rarement dans les médias traditionnels.
CORDIALEMENT.
BERNARD FELLI ADMINISTRATEUR  DE: OMBRE43

Les vacances n'ont pas commencées .....

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Donald Trump contre le jihadisme

Publié le par Felli Bernard

Donald Trump contre le jihadisme

Le discours de Donald Trump aux dirigeants du monde musulman marque un changement radical de la politique militaire US. Désormais l’ennemi n’est plus la République arabe syrienne, mais le jihadisme, c’est-à-dire l’outil stratégique du Royaume-Uni, de l’Arabie saoudite et de la Turquie.

| Damas (Syrie)
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Lors de sa campagne électorale, Donald Trump avait déclaré à la fois ne pas vouloir renverser de régimes et vouloir mettre un terme au terrorisme islamique. Depuis son élection, ses adversaires tentent de lui imposer de poursuivre leur politique : s’appuyer sur les Frères musulmans pour renverser la République arabe syrienne.

Tout a été utilisé pour détruire l’équipe qu’avait constitué le candidat Trump, notamment en provoquant la démission de son conseiller de Sécurité nationale, le général Michaël Flynn. Celui-ci s’était opposé en 2012 au projet de Barack Obama de créer Daesh et il ne cessait de désigner les Frères musulmans comme la matrice du terrorisme islamique.

Tout a été utilisé pour faire passer le nouveau président états-unien pour un islamophobe. Ainsi a-t-il été critiqué pour avoir promulgué un décret interdisant l’entrée dans son pays des ressortissants de six États musulmans. Des magistrats démocrates ont abusé de leurs fonctions pour étayer cette accusation. En réalité, Donald Trump a suspendu l’entrée de personnes dont ses consulats ne pouvaient vérifier l’identité parce qu’elles dépendent de six États troublés ou en guerre.

Le problème que rencontre Donald Trump n’est pas posé par la survie de la République arabe syrienne, mais par la perte que représenterait pour certains alliés de Washington la fin de la stratégie terroriste. C’est bien connu, dans toutes les conférences internationales, tous les États s’opposent publiquement au terrorisme islamique, mais en privé certains d’entre eux l’organisent depuis 66 ans.

C’est d’abord le cas du Royaume-Uni qui a créé en 1951 la confrérie des Frères musulmans sur les ruines de l’organisation homonyme, dissoute deux ans auparavant et dont presque tous les anciens dirigeants étaient emprisonnés. C’est ensuite celui de l’Arabie saoudite qui, à la demande de Londres et de Washington, a créé la Ligue islamique mondiale pour soutenir à la fois les Frères et l’Ordre des Naqshbandis. C’est cette Ligue, dont le budget est supérieur à celui du ministère saoudien de la Défense, qui alimente en argent et en armes l’ensemble du système jihadiste dans le monde. C’est enfin le cas de la Turquie qui assure aujourd’hui la direction des opérations militaires de ce système.

En consacrant son discours de Riyad à la levée des ambiguïtés sur son rapport à l’islam et à l’affirmation de sa volonté d’en finir avec l’outil des services secrets anglo-saxons, Donald Trump a imposé sa volonté à la cinquantaine d’États réunis pour l’écouter. Pour éviter les malentendus, son secrétaire à la Défense, James Mattis, avait deux jours auparavant explicité sa stratégie militaire : encercler les groupes jihadistes, puis les exterminer sans en laisser s’échapper.

On ignore pour le moment ce que sera la réaction de Londres. Pour ce qui est de Riyad, Donald Trump a pris bien soin de blanchir les Séoud de leurs crimes passés. L’Arabie saoudite n’a pas été mise en cause, mais l’Iran a été désigné comme bouc-émissaire. C’est évidemment absurde, les Frères musulmans et les Naqshbandis étant sunnites tandis que Téhéran est chiite.

Peu importe la charge anti-iranienne de son discours, Téhéran sait bien à quoi s’en tenir. Depuis 16 ans, Washington —qui ne cesse de lui cracher au visage— détruit un à un tous ses ennemis : les Talibans, Saddam Hussein et bientôt Daesh.

Ce qui se joue aujourd’hui, et que nous avons annoncé il y a huit mois, c’est la fin des printemps arabes et le retour de la paix régionale.


 “Donald Trump’s Speech to the Arab Islamic American Summit”, by Donald Trump, Voltaire Network, 21 May 2017.
 « À Riyad, Donald Trump parle du terrorisme, pas de l’islam », Réseau Voltaire, 22 mai 2017.

Source
Al-Watan (Syrie)

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Eurasia energetica

Publié le par Felli Bernard

Eurasia energetica

24 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Russie, #Chine, #Gaz, #Pétrole, #Sous-continent indien

L'intégration énergétique toujours plus poussée de l'Eurasie doit donner des sueurs froides à Washington...

Les importations de pétrole russe par l'Inde ont explosé en 2017. Alors que le chiffre habituel, modeste, ne dépassait jamais les 500 000 tonnes annuelles (c'est-à-dire 10 000 barils par jour), les cinq premiers mois de l'année ont déjà atteint le million de tonnes. En cause : les coupures de production de l'OPEP pour faire remonter le cours de l'or noir ainsi qu'une dispute à propos d'un gisement iranien. Les spécialistes ne voient aucune raison pour que la tendance s'inverse dans un proche avenir, d'autant que Rosneft s'apprête à acheter la compagnie indienne Essar Oil, spécialisée dans la raffinerie.

Certes, les fondamentaux géographiques - éloignement, Pamir (P) et Himalaya (H), Pakistan (Pak) - empêcheront durablement la Russie de devenir le principal fournisseur du pays de Krishna, du moins en pétrole (pour le gaz, c'est une autre affaire) :

Aucun problème de cet ordre entre Moscou et Pékin, dont la lune de miel énergétique ne connaît aucun nuage d'autant qu'elle se couple au méga-projet chinois de nouvelles Routes de la Soie.

Russes et Saoudiens se tirent toujours la bourre pour la place de fournisseur n°1 de l'insatiable dragon, avec en filigrane le futur du pétrodollar donc de la puissance américaine. Le voyage pharaonique du Seoud en mars n'a apparemment pas eu l'effet escompté ; pour le deuxième mois d'affilée, l'ours a surpassé le chameau comme premier pourvoyeur d'or noir dans l'empire du Milieu, avec 1 150 000 barils par jour contre 963 000.

Quant à l'oléoduc Skorovodino-Daqing (en vert sur la carte suivante) inauguré en 2011, il a vu passer depuis sa naissance 100 millions de tonnes, soit environ 400 000 barils par jour. Il fait partie de l'énorme complexe ESPO (East Siberia-Pacific Ocean) qui pourrait bientôt redessiner la carte énergétique de l'Asie orientale avec ses tentacules vers les Corées et le Japon, d'autant que la source a de beaux jours devant elle.

Au passage, relevons l'importance stratégique absolument majeure qu'est en train d'acquérir l'Asie du Nord-est, point sur lequel nous reviendrons prochainement.

Enfin, de l'autre côté de l'échiquier eurasiatique, les livraisons de Gazprom à la Turquie ont également bondi de 26% pour atteindre plus de 10 Mds de m3 sur les quatre premiers mois de l'année. Comme ses compères européens qu'il exècre pourtant, le sultan devient chaque jour plus dépendant de l'or bleu russe. Et dire que le Turk Stream, dont la construction vient de débuter, n'est même pas encore en service...

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Candidat à l’ambassade américaine à Bruxelles, Ted Malloch veut «dompter» l’UE

Publié le par Felli Bernard

Candidat à l’ambassade américaine à Bruxelles, Ted Malloch veut «dompter» l’UE

Ted Malloch veut être le prochain ambassadeur américain auprès de l’UE. Il estime  que tout pays quittant l’UE bénéficiera de meilleures relations avec les États-Unis.

Ted Malloch, professeur de sciences politiques, a indiqué vouloir être le prochain ambassadeur américain auprès de l’UE parce « qu’il pourrait y avoir de l’action » à Bruxelles. Le professeur avait déjà créé la polémique au début de l’année en estimant lors d’une interview à la télévision britannique que l’Union européenne devrait être « domptée », comme l’Union soviétique.

Donald Trump dans la capitale européenne doit faire sa première visite à la capitale européenne le 24 mai. Le président américain commencera par rencontrer le Premier ministre belge, Charles Michel, avant de s’entretenir avec des représentants de la Commission, Jean-Claude Juncker, président de la Commission, et Donald Tusk, président du Conseil, le lendemain. Également au programme, un déjeuner avec Emmanuel Macron et une réunion avec les chefs d’États des 27 autres membres de l’OTAN.

Les tensions entre l’administration Trump et l’UE se sont intensifiées ces derniers mois. Avant son élection, Donald Trump s’était déjà attiré les foudres de Bruxelles en encourageant le Brexit.

Les équipes de Trump ne croient pas à la survie de l'UE

Des proches du président élu Trump ont demandé à des représentants européens quels pays allaient quitter l’UE après le Royaume-Uni, révèle l’ambassadeur américain sortant auprès de l’UE.

Depuis janvier, plusieurs commissaires européens se sont rendus à Washington pour tenter d’adoucir la relation entre les deux partenaires. Trois responsables importants de l’administration Trump se sont également déplacés à Bruxelles, sans jamais mentionner que l’union devrait s’effondrer.

Cependant, si l’exécutif européen croit Ted Malloch, qui assure être l’un des principaux candidats pour le poste d’ambassadeur auprès de l’UE, ses déclarations ont de quoi inquiéter.

Le professeur de sciences politiques a assuré aux journalistes à Bruxelles le 22 mai, qu’il partageait certaines des opinions les plus controversées de Donald Trump. Il connait le nouveau président depuis 20 ans et a travaillé pour lui lors de la campagne électorale. Après la victoire de son candidat, Ted Malloch s’est vanté d’avoir donné à la Maison-Blanche une longue liste des postes qu’il voulait occuper. Ambassadeur auprès de l’UE figurait en bonne place dans cette liste.

Pourtant, il n’a pas rencontré le président en tête-à-tête et celui-ci n’a pas commenté publiquement le projet de sa nomination en tant qu’ambassadeur. Le poste est vacant depuis le 20 janvier, date à laquelle Anthony Gardner, l’ambassadeur nommé par Barack Obama, a quitté son poste.

Si Donald Trump le choisit, il devra se soumettre à de longues vérifications administratives. Or, selon le Financial Times, le candidat aurait dissimulé des millions de dollars aux autorités fiscales, afin de se déclarer en banqueroute. Une accusation récusée par le principal intéressé, qui dit envisager des poursuites judiciaires.

Quand il est apparu que Ted Malloch était candidat pour reprendre l’ambassade bruxelloise, plusieurs eurodéputés ont écrit à Jean-Claude Juncker pour lui demander de lutter contre cette nomination.

Le Parlement boude le potentiel ambassadeur américain

Les trois plus grands groupes « pro-européens » au Parlement européen, le PPE, le S&D et l’ALDE ne veulent pas de l’ambassadeur proposé par les États-Unis.

Selon le candidat, ces plaintes ont eu l’effet opposé, parce que le Département d’État et le président ne veulent pas s’entendre dicter leur conduite par les Européens. Il se targue d’avoir à présent encore plus de chances d’être choisi.

Pourtant, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk pourraient drastiquement limiter le rôle d’un ambassadeur auquel ils sont opposés, en lui bloquant notamment l’accès aux institutions européennes.

Propos polémiques

Lors de son discours du 23 mai, Ted Malloch a estimé que le Brexit était une bonne chose pour le Royaume-Uni, que l’accord du TTIP ne serait probablement jamais finalisé et que l’UE a tort de tenter de coopérer davantage sur la défense.

Selon lui, il serait bénéfique que des référendums sur l’Europe soient organisés dans d’autres États membres et que les électeurs choisissent « leur propre Brexit ». L’équipe de transition de Donald Trump avait demandé à son prédécesseur, Anthony Gardner, quels pays européens seraient les prochains à suivre l’exemple britannique.

Juncker menace Trump de soutenir l'indépendance du Texas

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avertit Donald Trump qu’il soutiendra le « Texit », l’indépendance du Texas, si le président américain continue d’afficher son soutien pour le Brexit.

Ted Malloch maintient quant à lui que les pays qui quittent l’union s’assureraient « immédiatement » de meilleures relations commerciales avec les États-Unis. Il assure pouvoir « presque garantir » que les États-Unis mettraient en place un accord bilatéral avec le Royaume-Uni dès sa sortie de l’UE.

Il qualifie par ailleurs le TTIP d’accord multilatéral, faisant écho aux déclarations de Donald Trump selon lesquelles il préfèrerait traiter avec chaque État européen de manière individuelle qu’avec l’UE dans son ensemble.

« Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’engagement au niveau européen, mais il y en aura plus vis-à-vis des États membres », a-t-il précisé.

Lorsque les journalistes lui ont demandé si l’administration Trump se différencierait surtout de l’ère Obama par un style irréfléchi, Ted Malloch a martelé que la différence de style n’était rien comparé aux autres différences à venir.

« Le président Obama était un mondialiste, il croyait en la préférence des institutions multilatérales. Je ne pense pas que [l’administration Trump] continuera dans la même voie. En réalité, les choses ont drastiquement changé », a-t-il assuré à Euractiv.

Le candidat à l’ambassade a ensuite décrié les « journalistes de gauche » qui ont selon lui complètement inventé toutes ces histoires liant le camp Trump à la Russie, notamment lors de la campagne électorale. Il n’a que brièvement répondu aux questions sur la Russie, indiquant que les sanctions en place devraient continuer à être appliquées.

Mogherini tend la main à Washington

La chef de la diplomatie européenne se rendra à Washington à la fin de la semaine pour « identifier des terrains d’entente » avec la nouvelle administration, suite à une série de désaccords entre le président américain, Donald Trump, et l’Europe.

 

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Zone euro : qui doit réformer d’abord, la France ou l’Allemagne ?

Publié le par Felli Bernard

Source : Le Mouvement Réel, Romaric Godin, 19-04-2017

Emmanuel Macron propose de réformer d’abord la France pour pouvoir obtenir de l’Allemagne un cadre plus coopératif en zone euro. Mais l’urgence ne serait-elle pas plutôt de réformer l’Allemagne ?

Dans cette « super année électorale », deux chemins se dressent devant la zone euro : la poursuite de la situation actuelle fondée sur des ajustements unilatéraux et la compétition de tous contre tous au sein de l’union monétaire ou la réforme de son fonctionnement dans un cadre plus coopératif. L’issue de l’élection présidentielle française sera une étape déterminante pour l’issue de ce choix qui, par ailleurs, peut se résumer simplement ainsi : qui doit « réformer » en premier, la France ou l’Allemagne ?

La France devrait réformer d’abord

La plupart des observateurs français et la quasi-totalité des observateurs allemands estiment que c’est à la France de réformer d’abord. C’est, d’ailleurs, le choix qui est fait par Emmanuel Macron, le candidat d’En Marche ! Dans un entretien à Ouest-France paru le 12 avril, ce dernier place la priorité dans les « réformes » françaises. Selon lui, tant que la France ne sera pas réformée, « on ne pourra pas retrouver la confiance des Allemands ». Et tant qu’on n’aura pas retrouvé cette confiance, pas question d’aller plus loin dans l’intégration. Grâce à la magie des réformes françaises, Emmanuel Macron espère ensuite arracher à Berlin un « budget de la zone euro contrôlé par un parlement de la zone euro » et lançant des investissements communs. Bref, le programme de Benoît Hamon, mais seulement après les réformes françaises.

Les mots utilisés par Emmanuel Macron dans son interview sont sans équivoque. C’est seulement une fois la « confiance » en la France revenue que l’Allemagne devra se réformer : « ensuite, il faut que l’Allemagne considère que sa situation elle-même n’est pas durablement tenable », explique l’ancien secrétaire générale de l’Elysée (je souligne). Bref, la clé réside donc dans la réforme française.

Les réformes françaises, prélude à une Europe plus coopérative ?

Cette priorité n’est pas anodine. Emmanuel Macron adhère ainsi à l’idée que l’essentiel des difficultés de la France vient de son manque de compétitivité, et que ce manque de compétitivité s’explique principalement par des effets « structurels » qui, pour être simple, se résument à une question de coût du travail. Ce qu’on appelle souvent « flexibilité » n’est qu’une façon d’évoquer le coût des licenciements, car il est en réalité, assez aisé à un employeur de licencier en France pour peu qu’il accepte d’en payer le prix. C’est donc un élément de coût du travail. De même, la consolidation budgétaire n’a d’autre fonction que de permettre des baisses d’impôts et de cotisations. Les « réformes » ne visent donc qu’à réduire ce coût du travail, perçu comme l’alpha et l’omega de la politique économique.

Une fois redevenue compétitive, la France ne présentera plus de « risque » pour le contribuable allemand qui, dès lors, pourra accepter de mettre en commun une partie de ses recettes fiscales. C’est ce qu’Emmanuel Macron et son soutien allemand, le ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble, appellent la « confiance ». Faire en sorte que le besoin de solidarité disparaisse pour mettre en place la solidarité. C’est l’Europe au moindre coût pour les Allemands.

Double langage et leurre

Cette stratégie pose plusieurs problèmes. Le premier, et non des moindres, c’est qu’il est étrange de reconnaître que la position de l’Allemagne n’est pas tenable dès à présent, et ne rien proposer pour changer la donne immédiatement. Il n’est pas moins étonnant d’entendre Jean Pisani-Ferry, le principal conseiller économique du candidat, reconnaître que la politique européenne de 2010 à 2014 a été une « erreur » qui a conduit à une seconde récession parfaitement évitable, et proposer en même temps de se conformer à une architecture institutionnelle de la zone euro qui est le fruit de ces erreurs et qui les a même inscrites dans le marbre des traités : surveillance budgétaire renforcée, sanctions facilitées, pacte budgétaire et solidarité sous conditions d’austérité dans le traité du Mécanisme européen de Stabilité.

Ce double langage laisse inévitablement penser que la stratégie de réformes de la zone euro relève davantage du leurre que de la vraie volonté. En s’engageant d’abord dans les réformes françaises, sans exiger de réformes allemandes, le candidat d’En Marche ! accepte l’ordre établi de l’union monétaire. Il accepte sa logique d’ajustement unilatéral. Or c’est cette logique qui a échoué à partir de 2010 et qui a donné à beaucoup – non sans raison – le sentiment que l’euro n’était plus une monnaie protectrice.

Rétablir la confiance ? Mission impossible !

Car l’Allemagne sait parfaitement jouer sur le registre de la confiance que l’on perd aisément, mais que l’on retrouve difficilement. Il faudra faire preuve non seulement de volonté, mais aussi prouver des résultats. Et quand bien même ces résultats seront obtenus, alors il faudra encore sans doute en faire davantage. Si l’on observe les attitudes face à l’Espagne, au Portugal ou à la Grèce, on remarque que ces pays ne vont jamais assez loin dans les réformes. La Grèce en est l’exemple caricatural puisqu’on en est encore à réclamer des gages de confiance sous la forme de nouveaux plans d’austérité après sept ans d’ajustements. Mais l’Espagne, dont on loue tant les « réformes », qu’a-t-elle obtenu ? Deux ans pour réduire son déficit public au lieu d’une sanction immédiate. Et pas même la présidence de l’Eurogroupe qui semble devoir encore échapper à son ministre des Finances Luis de Guindos, alors que le pays n’a plus de représentants au directoire de la BCE et n’obtient aucun poste à responsabilité en Europe… L’Italie de Matteo Renzi a tenté d’obtenir des concessions en retour de ses « réformes » : elles lui ont été refusées. Pourquoi diable la France d’Emmanuel Macron obtiendrait davantage ?

Déni allemand

La réalité est plus cruelle : l’Allemagne n’accepte pas de se remettre en cause. Elle voit dans son succès économique le fruit de sa « vertu » et cette vision morale ne peut donc déboucher que sur l’exigence de se dresser en modèle. Il n’est qu’à voir les articles indignés de la presse conservatrice allemande sur les critiques d’Emmanuel Macron, pourtant modérées. Le directeur adjoint de la rédaction du Handelsblatt, le quotidien officiel du monde des affaires outre-Rhin, Hans-Jürgen Jakob, parle de « communication patriotique » du candidat pour contrer le FN « sous la forme d’un bashing de Teutons ». On peut voir ici un vrai refus de toute remise en cause de l’excédent courant allemand, qui s’élève à 8,6 % du PIB, soit 270 milliards d’euros, un record. Ce refus est également illustré par le dernier rapport du conseil des experts économiques allemands qui s’échine à prouver le caractère bénin de cet excédent.

Un poids pour la demande

Pourtant, cet excédent pose clairement plusieurs problèmes majeurs. D’abord, il est le symptôme d’une économie allemande qui vit en dessous de ses moyens. Le sous-investissement a été estimé par Marcel Fratzscher, le président de l’institut DIW de Berlin, à 100 milliards d’euros annuels. Cet investissement trop faible touche autant le secteur privé que le secteur public. En donnant la priorité à son désendettement, le gouvernement fédéral est allé très loin, refusant même d’utiliser la très faible marge de manœuvre que lui offre le « frein à l’endettement » inscrit en 2009 dans la Constitution. L’investissement public en a pâtit.

Dans le secteur privé, les entreprises allemandes investissent également trop peu. L’investissement productif a été ralenti par la position de quasi-monopole obtenue sur certains secteurs comme les biens d’équipements ou sur certains niveaux de gamme dans les biens de consommation. Dans ces secteurs, l’investissement nécessaire est minimal. Ailleurs, la modération salariale et les effets des « réformes » du marché du travail ont réduit l’incitation à augmenter la productivité et à investir. Car les salaires sont clairement encore sous-évalués outre-Rhin, et c’est aussi ce que dit l’excédent allemand. Certes, les rémunérations réelles se sont accélérées depuis 2014, avec trois ans de hausse à 1,9 %, 2,4 % et 1,8 %. Mais ces hausses sont encore trop faibles au regard de la quasi stabilité des salaires pendant la décennie précédente. Surtout que, en 2016, le rattrapage s’est singulièrement ralenti.

Un ajustement unilatéral plus difficile

Pas assez d’investissements, pas assez de salaires, c’est autant de moins pour la demande mondiale et celle de la zone euro. Globalement, cet excédent allemand est donc un frein à la croissance des partenaires commerciaux de l’Allemagne. Mais il y a pire : cet excédent rend quasiment impossible l’ajustement unilatéral au sein de la zone euro. Si l’Allemagne disposait encore de sa propre monnaie, son excédent conduirait à une forte appréciation de sa monnaie. Parallèlement, ce phénomène contribuerait à faciliter l’ajustement des pays en déficit. Dans une union monétaire, ce phénomène n’existe pas et seuls les pays en déficit doivent s’ajuster. Mais si l’excédent allemand continue de progresser, l’ajustement devient de plus en plus difficile, voire quasiment impossible. Rééquilibrer cette balance à coup de « réformes » est un leurre. Et lorsque que l’on observe l’évolution des soldes allemands avec les pays de la zone euro qui ont mené des politiques de « réformes », on constate que l’excédent allemand ne se réduit guère suite à ces politiques. C’est pour cette raison que réformer la France seule est une gageure.

Le refus de Bruxelles de sanctionner Berlin

Il conviendrait donc de mettre en place un système permettant de réduire les excédents excessifs en zone euro. En théorie, ce système existe puisque la Commission européenne peut demander des politiques correctrices depuis 2013 lorsque l’excédent courant dépasse 6 % du PIB. Mais si Bruxelles blâme régulièrement Berlin, elle n’engage pas une politique du même ordre dans ce domaine que dans celui des déficits. Rien n’oblige donc Berlin à investir et à dépenser plus, pas davantage qu’à favoriser un meilleur ajustement des salaires. La politique européenne est donc clairement déséquilibrée : elle instaure des plans de consolidation des déficits, sans en faire autant pour les excédents. Elle renonce à « réformer » ceux qu’elle juge « bons élèves », faisant porter le fardeau aux seuls « mauvais élèves ». La morale reste la règle.

Les maux de la France se règleront-elles par des « réformes » ?

Globalement, l’excédent allemand est bel et bien un problème plus urgent que les « réformes » françaises. En octobre dernier, une enquête réalisée auprès de 67 économistes européen par l’institut étasunien Center for Economic and Policy Research (CEPR) montrait que près des deux tiers d’entre eux jugeait inquiétant cet excédent. A l’inverse, les maux de la France pourraient ne pas être où on le croit. Le CEPR publie ce mardi 18 avril une note de recherche qui conclut qu’il existe « de nombreuses preuves qui soutiennent l’idée que le chômage de masse et la stagnation en France sont le résultat d’une demande inadéquate plutôt que de problèmes structurels sur le marché du travail ou d’une dette publique trop élevée. » La question de la « demande inadéquate » souligne à la fois la difficulté de la France à trouver un bon niveau de gamme et la faiblesse structurelle de la demande où l’Allemagne a sa part, comme on l’a vu. On voit mal alors comment une politique de baisse des dépenses publiques pourrait relancer cette demande, quand bien même seraient-elles compensées par des baisses d’impôts qui, souvent, viennent alimenter l’épargne.

La question du niveau de gamme de l’industrie est centrale. Monter en gamme suppose des investissements, notamment dans la recherche. La France dispose d’un outil assez performant dans ce domaine, le Crédit Impôt Recherche qui, cependant, ne se traduit pas par une montée de gamme de l’industrie. Il est vrai que l’Allemagne occupe une place prépondérante sur les marchés de cette gamme. Baisser le coût du travail serait-il alors la solution ? On ne saurait réussir une montée de gamme par ce biais qui, au contraire, à tendance à maintenir la France dans son point faible : un niveau de gamme moyen qui subit la concurrence directe des pays à bas coût. La solution réside sans doute plutôt dans le soutien public à des industries nouvelles et innovantes. C’est, en tout cas, dans cette voie que le Royaume-Uni, après le Brexit vient de se lancer avec un ambitieux plan industriel centré sur les industries nouvelles. Mais ceci, comme la relance de la demande, exige d’oublier la priorité donnée au désendettement par l’architecture de la zone euro mise en place après 2011. On pourrait aussi envisager un vaste plan au niveau européen, porté par la Banque européenne d’Investissement (BEI) pur porter ce type d’évolution dans l’ensemble de la zone euro.

Un choix erroné

Le choix de réformer la France sans réformer l’Allemagne ressemble donc à une erreur comme celle qui a été commise après 2010. C’est le signe, en réalité, de l’acceptation du statu quo actuel. Derrière les dénonciations de l’excédent allemand, rien de concret n’est engagé pour mettre en place une politique plus coopérative. Se contenter d’un « plus tard » ou d’une volonté de « rétablir la confiance » revient à donner à Berlin le pouvoir de décider à quel moment son excédent est trop élevé et à quel moment la France aura bien fait ses « devoirs ». Or, l’expérience prouve que l’Allemagne n’est pas décidée à changer de logique. La politique de réformes promise risque donc d’affaiblir la France sans permettre de renforcer la zone euro. C’est un scénario bien inquiétant.

Romaric Godin

Source : Le Mouvement Réel, Romaric Godin, 19-04-2017

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32 réponses à Zone euro : qui doit réformer d’abord, la France ou l’Allemagne ? Par Romaric Godin

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Merkel veut un sommet sur l’Ukraine pour relancer les efforts de paix

Publié le par Felli Bernard

Merkel veut un sommet sur l’Ukraine pour relancer les efforts de paix

La chancelière allemande Angela Merkel veut relancer le processus de paix à l’est de l’Ukraine grâce à un sommet avec les présidents français, ukrainien et russe. Un article de notre partenaire le Tagesspiegel.

Aucun autre conflit n’a rempli l’agenda d’Angela Merkel comme l’a fait la guerre en Ukraine. L’armée ukrainienne se bat contre les séparatistes soutenus par la Russie dans l’est de l’Ukraine depuis près de trois ans.

Très rapidement, l’Allemagne et la France ont joué le rôle de médiateurs. Mais les accords conclus à Minsk en 2014 et en 2015, qui ont jeté les bases du processus de paix, n’ont toujours pas été mis en œuvre.

Angela Merkel a déjà abordé la question avec le nouveau président français, Emmanuel Macron, qui compte poursuivre le travail commencé par son prédécesseur, François Hollande.

Le 20 mai, Angela Merkel a rencontré le président ukrainien, Petro Porochenko au nord de Berlin, après avoir rencontré Vladimir Poutine à Sotchi au début du mois.

Même si les accords de Minsk n’ont pas été respectés et que les délais convenus ont expiré depuis longtemps déjà, Angela Merkel et les trois présidents veulent continuer à suivre la feuille de route pour la paix.

Petro Porochenko a déclaré lors de sa rencontre avec la chancelière que la concrétisation des accords de Minsk était « inévitable » et qu’il n’existait pour l’instant aucune autre alternative.

Les accords impliquent un armistice et le retrait des armes lourdes de la zone tampon, ainsi que l’organisation d’élections municipales dans les régions séparatistes et plus d’autonomie pour l’est de l’Ukraine.

Ukraine : le nouveau cessez-le-feu « illimité » peut-il tenir ?

Dix jours après sa signature, la nouvelle trêve « illimitée » mise en place entre l’armée ukrainienne et les rebelles prorusses dans l’est de l’Ukraine est globalement respectée, mais les accrochages sont encore réguliers et les sceptiques nombreux.

Sur fond d’un processus de paix encore flou, d’autres faits ont enlisé la situation, comme la reconnaissance par Moscou des passeports délivrés par les autorités rebelles des régions séparatistes, l’adoption du rouble comme monnaie et l’expropriation d’entreprises ukrainiennes.

Berlin craint que ces mesures ne fassent qu’accroître le conflit et la violence dans la région. Après sa rencontre avec Vladimir Poutine, Angela Merkel a en effet exprimé ses craintes quant aux « tendances séparatistes ».

Selon l’ONU, plus de 9 900 personnes ont été tuées entre avril 2014 et février 2017 dans l’est de l’Ukraine, dont 2 000 civils. Par ailleurs, plus de 23 000 personnes ont été blessées. Ces chiffres sont considérés comme des estimations prudentes. Un très grand nombre d’Ukrainiens ont en outre été forcé de quitter leur foyer pour s’installer dans des régions plus sûres.

Vive dégradation de la situation militaire dans l’est de l’Ukraine

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères s’est dit très inquiet lundi 30 janvier de « l’intensification des forces terroristes russes dans le Donbass ». D’autres rapports parlent quant à eux d’une escalade du côté des forces ukrainiennes, qui cherchent à « changer la donne sur le terrain ».

Le nombre élevé de victimes parmi les civils est dû non seulement au pilonnage de zones densément peuplées, mais aussi aux mines terrestres et aux munitions non explosées. En mars et en avril de cette année, 22 personnes ont été tuées pars des mines dans le Donbass. Quelque 3,8 millions d’Ukrainiens dépendent maintenant de l’aide humanitaire.

Les chances d’un cessez-le-feu dans le Donbass sont minces. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a reporté 421 explosions dans la région en seulement 24 heures. La plupart ayant été déclenchées par de l’artillerie lourde, ou des coups de feu.

Les forces séparatistes ont considérablement restreint l’accès à cette région et en avril, un responsable de l’OSCE a été tué alors que la voiture de patrouille dans laquelle il se trouvait a roulé sur une mine dans la zone séparatiste.

Quelques heures avant de rencontrer la chancelière allemande, Petro Porochenko a annoncé qu’il enverrait davantage de tanks sur le front. « Nous continuons de travailler pour renforcer notre capacité à nous défendre », a écrit le président sur sa page Facebook, où il a également publié une vidéo promotionnelle sur l’entreprise d’armements fabriquant les tanks T-80.

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Forces spéciales russes pour contrecarrer le mouvement de Trump en Syrie du Sud

Publié le par Felli Bernard

lundi 22 mai 2017

Forces spéciales russes pour contrecarrer le mouvement de Trump en Syrie du Sud

 


 

Une source militaire a confirmé qu'un groupe de parachutistes russes et des forces spéciales spetsnaz sont arrivés dans la province méridionale de Sweida, après que les avions de combat la coalition sous commandement américain aient lourdement ciblés un convoi militaire des forces pro-gouvernementales syriennes près de la ville d'al-Tanf à la frontière avec l'Irak.

La source dit que les militaires russes sont dans la région pour conseiller les troupes du gouvernement syrien en Syrie du sud, tout en contribuant à dissuader toute réaction éventuelle des forces américaines et jordaniennes qui ont taillé une niche dans les provinces Sweida et Homs.
Selon certains activistes des médias, les forces russes projettent de construire une base le long de la frontière de la province de Sweida avec la Jordanie.
Russian Special Forces Arrive in Southern Syria after Recent US Air Raid on Army Convoy
D'autres médias ont laissé entendre qu'ils seraient destinés à s’engager contre les forces ennemies envahissant la Syrie (dont celles des États-Unis qui veulent contrôler l'autostrade Damas-Bagdad) et aider les troupes gouvernementales à capturer le passage frontalier avec l'Irak.
Le général d'armée libanais, John Abi Nader, expert en stratégie militaire au Moyen-Orient, a déclaré samedi à l’agence TASS que les États-Unis ont effectué une intervention militaire directe en Syrie pour empêcher la mise en place du contrôle de l'armée syrienne sur la frontière avec l'Irak.
« Il n'y a pas d'autre explication aux frappes de l'US Air Force contre les forces syriennes et les unités qui les soutiennent », dit le général.
Il a ajouté que la zone frontalière en Syrie orientale, où les unités de l'armée mènent l'offensive aujourd'hui, ont une plus grande importance stratégique.
« C’est le seul poste frontalier, à travers lequel on peut se rendre à Bagdad maintenant, en prenant en considération le fait que la route Rutbah-Ramadi a été débarrassée des terroristes daé-chiens, » dit l'expert.
« L'objectif des États-Unis est évident : empêcher la restauration des liaisons de transport entre la Syrie et l'Irak, ainsi qu’avec l'Iran, qui est l'allié de Damas, » a-t-il souligné.
L'expert a noté qu'une intervention similaire de la Force aérienne des États-Unis a eu lieu en Septembre 2016 à la périphérie de Deir Ezzour. Ce qui a permis aux terroristes islamistes d’utiliser ce raid aérien de l'aviation américaine pour saisir une position défensive sur le mont Jebel-Sarda, à proximité d'un aérodrome militaire, qui sert de base principale aux forces gouvernementales.
Le quartier général de la coalition dirigée par les Américains a déclaré, le 18 mai, que son aviation a frappé les forces gouvernementales pro-syriennes opérant dans la zone de non conflit, établie par la Russie, au Nord-Ouest d'al-Tanf. La déclaration a affirmé que ces unités constituaient une menace pour les forces des États-Unis et ses partenaires (les « terroristes modérés). Plusieurs militaires syriens ont été tués dans la frappe.

L’Armée syrienne de contrôle la région stratégique près de la frontière avec la Jordanie

Syrian Army Retakes Control of Strategic Region near Border with JordanTéhéran (FNA) - Les troupes de l'armée syrienne ont poursuivi leur opération antiterroriste vers la région frontalière près de passage al-Tanf et ont réussi à recontrôler une région clé dans la province de Sweida près de la frontière avec la Jordanie.
Les hommes de l'armée engagés dans une rude bataille avec les terroristes islamistes pro américains, « Jeish al-Hor » dans l'est Sweida et ont réussi à reprendre le contrôle sur la région stratégique du barrage d'al-Zalaf à la frontière Sweida-Jordanie.
Les hommes de l'armée ont également chassé les terroristes Al-Zahra Oum-Salasel et d’al-Eiseh.
Des sources bien informées ont dit, entre-temps, que les unités de l'armée ont également pris le contrôle de plus de 50 km² de Sweida Badiyeh (désert) qui était sous le contrôle des terroristes de Jeish al-Abra al-Achayer et Jeish al-Aswad al-Sharqiyeh .
Les rapports pertinents ont déclaré samedi que l'armée et les forces populaires ont repris une grande partie des territoires contrôlés par le terrorisme de la province Sweida dans les régions du sud du pays.
« L'armée syrienne et ses alliés ont saisi plus de 60 kilomètres carrés de terres dans la région dans la province al-Zalfa Sweida, » les médias de langue arabe, citant une source militaire, samedi.
La source militaire a noté que après avoir obtenu plancher al-Zalfa, les troupes de l'armée syrienne pousserait plus à l'Est afin de sécuriser la frontière provinciale et le siège de l'armée syrienne libre (FSA) près de l'al-Tanf passage de la frontière en Irak. Vidéo
 
Hannibal GENSERIC

Source : http://www.veteranstoday.com/

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La Côte d'Ivoire face à ses démons

Publié le par Felli Bernard

La Côte d'Ivoire face à ses démons

 
 
 
 
 
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19 mai, 2017
Note d'analyse
Leslie Varenne

 

Pour la quatrième fois en six ans, des mutins ont tenu la Côte d’Ivoire au bout de leurs kalachnikovs. Pendant quatre jours, une grande partie d’Abidjan et presque toutes les villes de l’intérieur ont été sous leur contrôle. Ce dernier accès de fièvre, n’est en réalité rien d’autre que le énième soubresaut de la guerre de 2011 qui n’en finit pas de livrer ses spasmes. Si cette guerre n’a pas produit des effets aussi visibles et délétères que celle qui a eu lieu en Libye, elle a néanmoins engendré une crise systémique qui secoue le pays à intervalles réguliers. Le Président Alassane Ouattara est un des premiers responsables de cette situation, mais il en est aussi le prisonnier. Comme en Irak en 2003, l’armée républicaine de Côte d’Ivoire a été totalement déstructurée par cette guerre. Depuis son accession au pouvoir, il est un chef sans armée, dépendant des commandants de l’ex-rébellion qui l’ont aidé à s’installer. En six ans d’exercice, il n’a pas su, pas pu ou pas voulu remédier à cette situation. Il n’a donc pas eu d’autre solution que de plier, de satisfaire les exigences des soldats insoumis et de payer les 7 millions de CFA réclamés par chacun des 8400 insurgés, quitte à sortir de cette séquence très affaibli (1). De toute évidence, il n’y avait pas d’alternative, puisque l’armée « loyaliste » ne montrait aucune velléité d’aller mater les mutins.

 

Les supplétifs de 2011 au coeur de la crise

Qui sont les hommes qui se sont soulevés ? Pendant la crise postélectorale, une époque où les deux Présidents se disputaient le pouvoir, le clan d’Alassane Ouattara a multiplié les appels envers les militaires pour que ces derniers rejoignent son camp. Mais, il y a eu très peu de désertions. Lorsqu’en janvier 2011, il a été décidé par les US, la France, l’ONU et Alassane Ouattara de déloger Laurent Gbagbo de la présidence par la force, Il a fallu créer une armée de toutes pièces pour combattre l’armée républicaine. Le camp Ouattara disposait déjà des soldats rebelles des Forces Nouvelles (FAFN) qui occupaient le Nord du pays depuis 2002 mais le compte n’y était pas, à peine 9000 hommes en intégrant tous les corps, armée, police, gendarmerie. Ils ont alors recruté environ 30 000 jeunes désœuvrés, quelques-uns étaient des Ivoiriens du Nord du pays mais la majorité était composée de ressortissants des Etats de la sous-région, tous musulmans. Ces recrues ont bénéficié d’une formation très sommaire de deux mois, de la fin janvier à la fin mars 2011. Cet entraînement a eu lieu à Bouaké deuxième ville du pays contrôlée, à l’époque, par les Forces Nouvelles dirigées par Guillaume Soro. Le 17 mars 2011, Alassane Ouattara signait une ordonnance et créait les FRCI (Forces Armées de Côte d’Ivoire) pour officialiser cette armée de bric et de broc composée des anciens rebelles, des nouvelles recrues et des quelques déserteurs de l’armée de Laurent Gbagbo. Pour participer à ce conflit des promesses de dons, 12 millions de CFA plus une maison, ont été faites à ces jeunes gens. A la fin de la guerre, certains ont bénéficié du programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR). D’autres ont été intégrés dans l’armée. Ce sont ces derniers qui ont manifesté, kalachnikov à la main. Lors de leur dernière mutinerie en janvier 2017, ils avaient obtenu un premier versement de 5 millions de CFA, le solde devant être mensualisé sur sept mois. Mais aucun argent n’était arrivé sur leur compte. Maintenant que le paiement a été effectué, il serait logique de penser que la guerre de 2011 est enfin soldée. Il n’en est rien. D’une part, il reste la maison promise ; d’autre part, tous les démobilisés à qui Alassane Ouattara avait également promis monts et merveilles pourraient également réclamer ce qu’ils pensent être leur dû. A ce groupe, il faut ajouter également les anciens rebelles des FAFN qui n’ont pas eu le privilège d’être intégrés dans l’armée. En tout, combien sont-ils exactement ? Lors d’une table ronde sur le DDR à l’Institut Français de Relations Internationales (IFRI), où intervenait le général Bruno Clément-Bollée, le nombre de 69 506 ex-combattants a été avancé (2). Ce chiffre paraît très élevé, s’il s’avérait réel, compte tenu, en prime, des quantités d’armes en circulation dans ce pays, la Côte d’Ivoire n’est pas au bout de ses peines (3)… 

Le Far-West

D’autant que ce ne sont pas les seuls à pouvoir demander des primes. Après la mutinerie de janvier, les Forces spéciales avaient, elles aussi, revendiqué bruyamment et elles avaient obtenu un bonus de 17 millions CFA (4). Puis les doléances s’étaient étendues aux gendarmes, à la pénitentiaire etc. Les ex-FDS, ceux qui étaient en poste sous Laurent Gbagbo, avaient également fait valoir leur cause, mais il leur avait été répondu qu’aucune prime ne leur avait été promise, et que par conséquent, aucun montant ne leur serait versé ! Les Dozos, chasseurs traditionnels qui ont également participé au conflit dans le camp Ouattara pourraient revendiquer à leur tour...

Avant-guerre, l’armée ivoirienne, restructurée sous le Général Gueï, (1999-2000), composée d’environ 60 000 hommes, gendarmerie comprise, était républicaine, bien formée et intégrait toutes les ethnies qui composent ce pays. A la fin de la guerre, de nombreux soldats loyaux à Laurent Gbagbo ont déserté par crainte de représailles. Ceux qui sont restés ont été souvent méprisés, ils ont été placés sous les ordres des anciens commandants de zone de la rébellion qui avaient des méthodes peu orthodoxes et assez éloignées de la rigueur militaire. Ils se sont retrouvés dans des situations où des analphabètes donnaient des ordres aux Saint-Cyriens. En outre, pour ces soldats comme pour la majorité de la population, il est difficile d’admettre que ces recrues de 2011 soient récompensées sur le budget de l’Etat alors qu’ils se sont livrés à des massacres, notamment dans l’Ouest du pays, à des pillages et à de multiples exactions. Pour autant ces ex-FDS n’ont pas envie d’aller risquer leur vie pour éviter au Président Alassane Ouattara de payer une promesse qu’ils considèrent comme une dette privée. Les ex-soldats des FAFN reversés dans l’armée ne se montrent pas plus enthousiastes pour aller frapper « leurs frères du Nord ». Les ex- commandants de zone de la rébellion, devenus milliardaires, aspirent à profiter de leur vie luxueuse et n’ont pas plus envie de retourner au charbon. Quant à Guillaume Soro, l’ex-chef rebelle devenu honorable Président de l’Assemblée Nationale, il joue ses propres cartes et son avenir politique. Le camp Ouattara le surveille et le soupçonne d’avoir été plus pyromane que pompier dans l’affaire de la mutinerie. Des armes auraient été retrouvées dans la maison de la mère de son porte-parole à Bouaké. Vrai ou faux ? Que Guillaume Soro détienne des armes n’est pas un scoop. En avril 2016, le groupe d’experts de l’ONU l’avait accusé de disposer d’un arsenal impressionnant acquis en violation de l’embargo sur les armes (5). Au passage, avec cette déclaration les Nations Unies s’étaient ridiculisées, puisque ce sont elles qui étaient chargées de faire respecter cet embargo en place depuis 2002. Par ailleurs, personne ne sait ce qu’est devenu cet arsenal.

Le roi est nu 

Que pourra faire le Président ivoirien si d’autres soulèvements enflamment le pays ? La poignée de fidèles sur laquelle il peut encore s’appuyer n’y suffira pas. Depuis fin 2015, il a embauché un bataillon de mercenaires, 400 à 500 Centrafricains appartenant au groupe des rebelles musulmans de la Séléka. Cantonnés à Séguéla dans le Nord du pays, ces hommes ont été rapatriés sur Abidjan dernièrement, mais là encore le compte n’y est pas. D’autant qu’un malheur n’arrivant jamais seul, la force de maintien de la paix des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) présente dans ce pays depuis 2002 a retiré ses soldats cette année (6). Son sous-secrétaire général, El Ghassim Wane a déclaré, sans rire, en octobre 2016 « Nous sommes aujourd’hui dans un pays en paix et réconcilié avec lui-même ». Reste l’armée française, avec les 900 hommes des Forces Françaises de Côte d’Ivoire (FFCI) qui pourront seulement sécuriser les entreprises et les ressortissants français et européens, sauf à demander, bien entendu, une résolution des Nations Unies et des renforts extérieurs.

Le poison lent…

Mais si la situation de l’armée est par la force des choses et des armes, la plus visible, un venin insidieux se diffuse souterrainement : celui de la division ethnique. Le procès de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui ne juge qu’un seul camp, la justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire, la politique de « rattrapage ethnique » mise en place par Alassane Ouattara commencent à produire leurs effets délétères. De part et d’autre, les positions se radicalisent, cela se sent dans les échanges avec les Ivoiriens et sur les réseaux sociaux. Les appels aux mutins ont été fait en Malinké ce qui est tout de même fort curieux pour une armée qui devrait être républicaine. Le ministre, Amadou Soumahoro, s’est lui aussi adressé à des militants du RDR, parti d’Alassane Ouattara, dans cette langue et les a harangués sur le thème « il y a dix ans, tu n’avais pas le droit de porter un boubou ou d’afficher tes convictions religieuses » (7). Plus grave encore, dans l’Ouest du pays, on assiste à un remplacement de populations. Les autochtones catholiques et animistes voient leurs plantations séquestrées par des ressortissants musulmans de la sous-région. Sans moyen de survie, les expulsés de force sont dans l’obligation de quitter leurs villages et viennent grossir les banlieues populaires surpeuplées d'Abidjan. Par ailleurs, depuis six longues années, des milliers de réfugiés croupissent toujours dans des camps au Ghana, au Libéria et au Togo. Ils ne peuvent toujours pas rentrer chez eux, leurs maisons étant le plus souvent occupées par les Maliens et les Burkinabés qui se sont dès la rebellion de 2002 lancés à la conquête des terres fertiles de l'Ouest.  

Les stratégies aveugle et inconséquente des US, de la France, des Nations unies et d’Alassane Ouattara qui ont conduit à cette guerre de 2011, n’en finissent pas de produire leurs effets toxiques. Mais pour éviter d’avoir à assumer un nouvel échec retentissant après une intervention militaire désastreuse, ils continuent de soutenir un pouvoir moribond et honni par la majorité de la population. L’histoire est réécrite, les problèmes du pays sont cachés sous le tapis et masqués par un taux de croissance à deux chiffres qui, au passage, ne bénéficie qu’à un très faible pourcentage de la population. Pour autant, les maux ne disparaissent pas, au contraire ils s’aggravent au fil des années et mettent le pays en péril alors que le risque djihadiste est aux portes de la Côte d’Ivoire… C'est un stratégie de très courte vue, à court et moyen terme le soutien extérieur apporté à Alassane Ouattara s'avère parfaitement contreproductif. En prime, il nuit à l'image de la France en Afrique qui est rendue responsable de tous les malheurs ivoiriens puisque c'est son armée qui a installé le Président ivoirien au pouvoir.  

Leslie Varenne

 

(1) Le budget de la Côte d’Ivoire est dans le rouge, suite à la gestion désastreuse de la filière café-cacao et à la chute des cours. La Lettre du Continent affirme que le Maroc aurait aidé à résoudre cette crise en apportant son aide financière. Le porte-parole du gouvernement Bruno Koné, dément et déclare « l’Etat avait la capacité de payer » https://www.eventnewstv.tv/c-i-le-gouvernement-a-propos-du-paiement-des-mutins-on-sait-trouve-les-moyens

(2) https://www.ifri.org/fr/debats/securite-cote-divoire-un-bilan-ddr 

(3) https://www.facebook.com/yenewsvideo/videos/689303857937948/ 

(4) http://www.afrique-sur7.fr/40694/cote-divoire-mutinerie-les-forces-speciales-obtiennent-17-millions-chacun/

(5) http://www.afrique-sur7.fr/22194/cote-divoire-lonu-accuse-guillaume-soro-de-disposer-de-300-tonnes-darmes/  

(6) http://www.bbc.com/afrique/region-37683306 et http://www.rfi.fr/afrique/20170217-casques-bleus-onuci-ont-quitte-cote-ivoire 

(7) http://www.rfi.fr/afrique/20170217-casques-bleus-onuci-ont-quitte-cote-ivoire

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afrique, afrique de l'ouest;, côte d'ivoire

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