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Et si Trump n’avait pas viré casaque ?

Publié le par Felli Bernard

Et si Trump n’avait pas viré casaque ?

Les chancelleries et la presse assurent que le président Trump a changé sa politique et trahi ses électeurs en acceptant la démission du général Flynn, puis en bombardant Chayrat. Thierry Meyssan, quant à lui, relève des incohérences qui laissent à penser le contraire : l’agression militaire états-unienne contre la Syrie pourrait en réalité être dirigée à terme contre les alliés de Washington.

| Damas (Syrie)
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Michael T. Flynn et son ami Sebastian Gorka, tenant respectivement le livre de l’autre. Le général Flynn qui incarnait la politique anti-jihadistes a été contraint à la démission de ses fonctions de conseiller de Sécurité nationale. Sebastian Gorka est toujours en place en tant que conseiller adjoint du président Trump. Selon lui, les apparences du bombardement de Chayrat masquent la réalité de la politique actuelle de la Maison-Blanche.

Donald Trump, qui avait été élu sur son programme de fin de l’impérialisme et de service des intérêts de son peuple, a-t-il brusquement changé de bord, trois mois seulement après son arrivée à la Maison-Blanche ?

C’est l’interprétation ultra-majoritaire du bombardement de la base de Chayrat, le 6 avril 2017. La totalité des alliés des États-Unis a approuvé cette action au nom de principes humanitaires. La totalité des alliés de la Syrie l’a condamnée au nom du Droit international.

Pourtant, lors du débat au Conseil de sécurité des Nations unies, l’argument d’une attaque chimique perpétrée par Damas n’était pas soutenu par le représentant du secrétaire général. Au contraire celui-ci soulignait l’impossibilité à ce stade de savoir comment cette attaque avait pu avoir lieu. La Bolivie a même mis en doute l’existence de cette attaque qui n’est connue que par les Casques blancs, c’est-à-dire un groupe d’Al-Qaïda que le MI6 encadre pour les besoins de sa propagande. Au demeurant, tous les experts militaires soulignent que les gaz de combats doivent être dispersés par des tirs d’obus et jamais, absolument jamais, par des bombardements aériens.

Quoi qu’il en soit, l’attaque états-unienne contre la base de Chayrat s’est caractérisée par sa brutalité apparente : les 59 missiles BGM-109 Tomahawk avaient une puissance cumulée presque deux fois équivalente à la bombe atomique d’Hiroshima. Pourtant, l’agression s’est aussi caractérisée par son inefficacité : s’il y a bien eu des martyrs tentant d’éteindre un incendie, les dégâts sont si peu importants que la base fonctionnait à nouveau le lendemain.

Force est de constater que soit l’US Navy est un « tigre en papier », soit cette opération n’est qu’une mise en scène.

Dans ce cas, on comprend mieux que la défense anti-aérienne russe n’ait pas réagi. Ce qui suppose que les missiles anti-missiles S-400, dont le fonctionnement est automatique, aient été volontairement désactivés au préalable.

Tout s’est déroulé comme si la Maison-Blanche avait imaginé une ruse visant à emmener ses alliés dans une guerre contre les utilisateurs d’armes chimiques, c’est-à-dire contre les jihadistes. En effet, à ce jour, selon les Nations unies, les seuls cas établis d’usage de ces armes en Syrie et en Irak leur ont été attribués.

Au cours des trois derniers mois, les États-Unis ont rompu avec la politique du Républicain George Bush Jr. (qui signa la déclaration de guerre du Syrian Accountablity Act) et de Barack Obama (qui soutint le « printemps arabe », c’est-à-dire la réédition de la « Grande révolte arabe de 1916 » organisée par les Britanniques). Cependant Donald Trump n’était pas parvenu à convaincre ses alliés, notamment allemands, britanniques et français.

Sautant sur ce qui paraît être un changement radical de la politique US, Londres a multiplié les déclarations contre la Syrie, la Russie et l’Iran. Son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, a annulé sa visite à Moscou.

Seulement voilà : si Washington a changé de politique, pourquoi donc le secrétaire d’État Rex Tillerson a-t-il, au contraire, confirmé son déplacement à Moscou ? Et pourquoi donc le président Xi Jinping, qui se trouvait être l’hôte de son homologue états-unien durant le bombardement de Chayrat, a-t-il réagi si mollement, alors que son pays a fait par 6 fois usage de son veto pour protéger la Syrie au Conseil de sécurité ?

Au milieu de cet unanimisme oratoire et de ces incohérences factuelles, le conseiller adjoint du président Trump, Sebastian Gorka, multiplie les messages à contre sens. Il assure que la Maison-Blanche considère toujours le président el-Assad comme légitime et les jihadistes comme l’ennemi. Gorka est un ami très proche du général Michael T. Flynn qui avait conçu le plan de Trump contre les jihadistes en général et Daesh en particulier.

Source
Al-Watan (Syrie)

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Attaques chimiques en Syrie : la Bolivie dénonce les mensonges des États-Unis

Publié le par Felli Bernard

Attaques chimiques en Syrie : la Bolivie dénonce les mensonges des États-Unis


Le 7 avril 2017 – Source sayed7asan

Réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après les frappes américaines contre la Syrie, 7 avril 2017 
Intervention de la Bolivie

Transcription :

Ambassadrice américaine aux Nations Unies, Nikky Haley  [qui, durant son intervention, avait brandi des photos de l’attaque chimique attribuée au régime syrien] : – Nous allons maintenant écouter les déclarations des membres du Conseil [de sécurité] et nous commençons avec le représentant de la Bolivie.

Ambassadeur bolivien aux Nations Unies, Sacha Llorenti :

– Madame la Présidente, merci de me donner la parole et d’avoir convoqué cette rencontre publique du Conseil de Sécurité. Il est vital que non seulement les membres de notre organisation mais également le monde entier puissent voir (quelles sont) les positions des membres du Conseil de sécurité de manière totalement transparente, étant donnés les événements récents en Syrie.

La Bolivie a appelé à la convocation de cette réunion, préoccupée par les événements des dernières heures. Tandis que le Conseil de sécurité débattait les propositions quant à ce que serait le mécanisme d’enquête sur les horribles attaques chimiques dont toute l’humanité a pu témoigner, tandis que nous discutions des termes qui pourraient être utilisés dans la résolution, et tandis que les membres permanents et non-permanents avançaient des propositions pour le texte d’une telle résolution, les États-Unis, encore une fois, préparaient et lançaient une attaque unilatérale.

Les attaques de missile, bien sûr, sont une action unilatérale. Elles représentent une grave menace pour la paix et la sécurité internationales. Pourquoi ? Parce que durant les 70 dernières années, l’humanité a érigé une structure non seulement physique et institutionnelle mais également une structure légale. Elle a établi des instruments de droit international justement pour empêcher des situations où le plus puissant attaque le plus faible en toute impunité, afin d’assurer un équilibre dans le monde, et bien sûr pour éviter des violations très graves de la paix et de la sécurité internationales.

Nous considérons que c’est le devoir du Conseil de sécurité mais pas seulement, de l’ONU dans tous ses organismes, que de défendre le multilatéralisme. Nous sommes ici pour défendre le multilatéralisme.

Nous avons reconnu que cette Charte des Nations Unies doit être respectée. Et cette Charte interdit les actions unilatérales. Toute action doit être autorisée par le Conseil de sécurité, en accord avec la Charte. Permettez-moi d’en lire quelques articles afin que nous puissions nous le remémorer.

Le chapitre 24 déclare qu’afin de garantir une action prompte et effective de l’ONU, ses membres confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité primordiale du maintien de la paix et de la sécurité internationales et reconnaissent que dans l’exécution de ces tâches, sous cette responsabilité, le Conseil de sécurité agit en leur nom. Ce Conseil de sécurité, pas seulement les 15 membres qui sont assis à cette table, nous représentons les 193 pays de cette organisation, et à travers eux, nous représentons le peuple du monde. Et nous avons convenu que les actions unilatérales violent le droit international.

Tandis que nous débattions hier des projets de résolution, tandis que nous nous efforcions de trouver des alternatives et de parvenir à un consensus au sein du Conseil de sécurité, les États-Unis ont non seulement unilatéralement attaqué, mais tandis que nous débattions ici − exigeant la nécessité d’une enquête indépendante et impartiale, une enquête complète sur ces attaques − les États-Unis se sont érigés eux-mêmes en enquêteurs, en procureurs, en juges et en jury. Où est donc l’enquête qui nous permettrait d’établir de manière objective qui est responsable de l’attaque ? C’est une violation extrêmement sérieuse, extrêmement sérieuse du droit international.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que cela se produit. Nous pourrions rappeler bien des occurrences dans lesquelles diverses puissances, et pas seulement les États-Unis, ont agi unilatéralement et violé la Charte des Nations Unies. Mais le fait que cela se produise encore une fois ne signifie pas que l’ONU et ses membres doivent l’accepter.

En septembre 2013, les États-Unis ont également lancé des attaques contre la Syrie. Je peux rappeler ce qui a été dit par le Secrétaire général de l’ONU d’alors, Ban-Ki Moon, à cette occasion. Permettez-moi de lire cette citation en anglais, ce que le Secrétaire Général a dit, je cite : « Le Conseil de Sécurité a la responsabilité primordiale (du maintien) de la paix et de la sécurité. J’appelle à ce que tout soit géré dans le cadre de la Charte de l’ONU : l’usage de la force est légal seulement en cas d’auto-défense, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations Unies, et lorsque le Conseil de sécurité approuve une telle action. » Fin de citation.

Ce fut la position du Secrétaire général d’alors qui contribua à éviter une action unilatérale dans une situation très semblable à celle d’aujourd’hui.

Cette attaque représente une menace pour la paix et la sécurité internationales car elle constitue une menace pour les processus politiques à Genève et à Astana. [Le sous-secrétaire] M. Feltman l’a très bien dit dans le message du Secrétariat général, il est vital d’éviter une escalade des tensions qui rompe avec les progrès réalisés dernièrement à Astana.

Ce n’est pas la première fois que cela se produit. J’aimerais rappeler ce qui s’est passé dans ce Conseil de sécurité même il y a quelques années, précisément le 5 février 2003 lorsque le Secrétaire d’État américain d’alors est venu dans cette salle pour nous présenter, selon ses propres mots, des preuves concluantes de l’existence d’armes de destruction massive en Irak. [Il brandit la photo de Colin Powell et de sa prétendue fiole d’anthrax.] Je crois qu’il faut absolument qu’on se rappelle ces images qui viennent précisément de cette salle où nous sommes : on nous a assuré qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak, et que c’était le motif de l’invasion. Et cette invasion a causé 1 million de morts. Et elle a entraîné toute une série d’atrocités dans cette région.

Pourrions-nous parler de Daech si cette invasion n’avait pas eu lieu ? Pourrions-nous parler de cette série d’horribles attaques (terroristes) dans divers endroits du monde si cette invasion illégale n’avait pas eu lieu ? Je crois qu’il est vital pour nous de se rappeler ce que l’histoire nous enseigne.

Pour l’Irak, les États-Unis avaient longuement enquêté et détenaient (prétendument) toutes les preuves nécessaires pour démontrer que l’Irak avait des armes de destruction massive. Mais elles n’ont jamais été trouvées. Elles n’ont jamais été trouvées.

Je souhaiterais répéter ce qu’a dit le Président Evo Morales ce matin, et je cite : « Je crois et je sens – et j’espère que je ne me trompe pas – que les armes chimiques en Syrie ne sont qu’une excuse pour une intervention militaire. Les actions unilatérales sont des actions impérialistes, et les États-Unis se moquent bien du droit international.  Ils l’ignorent lorsque cela les arrange. Les problèmes internationaux entre États doivent être résolus par le dialogue et non par les bombardements. C’est une menace contre la paix et la sécurité internationales. » Fin de citation.

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

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Des hommes d’influence – Al-Qaïda aurait-il manipulé Donald Trump et les médias américains ?

Publié le par Felli Bernard

11
Avr
2017

Scott Ritter est un ancien officier de renseignement et ancien inspecteur en armement de l’ONU en Irak de 1991 à 1998.

Source: The Huffington Post, le 09/04/2017

La responsabilité de l’attaque aux armes chimiques à Khan Cheikhoun est toujours source d’interrogations.

Il fut un temps où Donald Trump, l’« homme d’affaires new-yorkais devenu président », vociférait en septembre 2013 contre le président Barack Obama à propos de la non intervention militaire américaine contre la Syrie. À cette époque, les États-Unis envisageaient l’utilisation de la force contre la Syrie en riposte aux allégations (désormais largement contestées) que le régime du président Bachar el-Assad avait utilisé des armes chimiques contre des civils de la Ghouta, dans la banlieue de Damas. Trump tweetait alors « avertissement à notre leader très stupide, n’attaquez pas la Syrie, si vous le faites il n’en résultera que du mauvais et les É-U ne retireront rien de ce combat ! »

Le président Obama, en dépit de ses déclarations publiques affirmant qu’il déclencherait une action militaire américaine si la « ligne rouge » de l’utilisation des armes chimiques était franchie, renonça finalement à lancer une offensive. Ce recul était largement fondé sur les avertissements de James Clapper, Directeur du renseignement national, indiquant que les responsabilités de l’utilisation des armes chimiques lors de l’attaque de la Ghouta ne pouvaient être clairement établies.

Le président Obama, lors d’un entretien en 2016 avec The Atlantic, observait : « il y a un manuel à Washington que les présidents sont sensés suivre. C’est un manuel écrit par l’establishment de la diplomatie. Et le manuel prévoit des solutions pour différents événements, et ces solutions tendent à être des solutions militarisées. » Pour Obama, si le « manuel de Washington » peut être utile en temps de crise, il peut également devenir « un piège qui peut mener à des décisions néfastes. »

Sa « ligne rouge » concernant l’utilisation des armes chimiques, combinée avec les discours enflammés de ses plus proches conseillers, dont le secrétaire d’État John Kerry, faisant allusion à une réponse militaire, était l’un de ces pièges. Finalement, le président Obama choisit de reculer, au motif que « larguer des bombes uniquement pour démontrer que l’on est prêt à larguer des bombes est tout simplement la pire raison d’utiliser la force. » Les médias, les Républicains et même des membres de son parti ont condamné Obama pour cette décision.

Toutefois, en novembre 2016, Donald Trump, alors président-élu, renchérissait sur la reculade d’Obama par rapport au « manuel de Washington ». La situation sur le terrain en Syrie a fondamentalement changé depuis 2013. L’État islamique en Irak et en Syrie avait pris le contrôle de larges territoires en Irak et en Syrie, établissant une « capitale » à Raqqa, en Syrie, et proclamant la création d’un califat islamique. Les tentatives américaines pour que le président syrien Assad quitte le pouvoir commençaient à porter leurs fruits, forçant la Russie à intervenir en septembre 2015 afin de prêter main forte au président assailli.

Trump, en rupture avec les positions dominantes de la plupart des acteurs politiques américains, Républicains comme Démocrates, déclara que les États Unis devaient s’attacher à combattre et vaincre l’État islamique (ÉI) plutôt que de viser à un changement de régime en Syrie. « Pour moi, » déclarait Trump, « on combat la Syrie, alors que la Syrie combat l’ÉI, et il faut se débarrasser de l’ÉI. La Russie est maintenant totalement alignée avec la Syrie, et il y a aussi l’Iran, devenu plus puissant à cause de nous, qui est aussi aligné avec la Syrie… Maintenant nous soutenons les rebelles contre le gouvernement syrien, alors que nous n’avons aucune idée de qui ils sont vraiment. » En outre, pour Trump, compte tenu de la forte présence russe en Syrie, si les États-Unis s’attaquaient à Assad, « nous finirions par combattre les Russes en combattant la Syrie. »

Durant plus de deux mois, la nouvelle administration Trump propageait l’idée que Donald Trump avait, comme son prédécesseur avant lui, balancé le “manuel de Washington” par la fenêtre en ce qui concernait la politique syrienne. Après avoir lancé une série d’ordres de nouveaux déploiements militaires en Syrie et en Irak visant spécifiquement le combat contre l’ÉI, l’administration Trump commença à communiquer sur un changement majeur de politique vis-à-vis du président syrien.

En août 2011, le président Obama déclarait que le changement de régime à Damas était un pré-requis pour l’arrêt de la guerre civile qui faisait rage depuis avril 2011. Pour la première fois depuis cette prise de position, des représentants officiels du gouvernement américain déclaraient que ce n’était plus le cas. “On choisit ses combats,” affirmait Nikki Haley, ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, à des journalistes le 30 mars 2017. “C’est-à-dire que l’on change de priorités et notre priorité n’est plus de se focaliser sur l’éviction d’Assad.” Les déclarations d’Haley étaient relayées le même jour par le secrétaire d’État Rex Tillerson en visite officielle en Turquie, “Je pense que… l’avenir à long terme du Président Assad sera décidé par le peuple syrien.”

Ce nouvel axe politique a duré à peine cinq jours. En début d’après-midi le 4 avril 2017, des images et clips vidéo alarmants commençaient à être diffusés depuis la province syrienne d’Idleb par des activistes anti-gouvernement, dont des membres des “Casques Blancs”, une équipe de secouristes bénévoles dont le travail a été filmé dans un documentaire éponyme récompensé par un Oscar. Les images montrent des victimes à divers stades, y compris décédées, victimes selon les activistes d’une exposition à des armes chimiques larguées par les forces aériennes syriennes sur la ville de Khan Cheikhoun le matin même.

Les images de ces morts tragiques ont immédiatement été diffusées par les médias américains, commentés par des experts dénonçant l’horreur et l’atrocité de l’attaque chimique, qui a été presque unanimement attribuée au gouvernement syrien, bien que l’unique preuve fournie provenait d’images et témoignages d’activistes anti-Assad, lesquels dénonçaient le revirement de la politique américaine vis à vis du changement de régime en Syrie quelques jours auparavant. Le président Trump a vu ces images, a été très choqué par ce qu’il a vu, particulièrement celles d’enfants morts et blessés.

NEW YORK, NY – 5 Avril – L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nations Nikki montre des photos des victimes de l’attaque chimique. (Photo by Drew Angerer/Getty Images)

Les images furent utilisées comme exemple dans un discours enflammé de Haley durant le Conseil de Sécurité du 5 avril 2017, où elle confronta la Russie et menaça d’action militaire américaine unilatérale si le Conseil ne répondait pas aux prétendues attaques chimiques syriennes. “Hier matin, nous avons découvert les images d’enfants la bave aux lèvres, en convulsion, transportés par leurs parents désespérés,” a dit Haley, brandissant deux des images fournies par les activistes anti-Assad. “Nous avons vu des rangées de corps sans vie, certains en couche-culotte… Nous ne pouvons fermer les yeux à ces images. Nous ne pouvons fermer nos esprits à la responsabilité d’agir.” Si le Conseil de Sécurité refuse de prendre des mesures contre le gouvernement syrien, a dit Haley, alors “Il y a des moments dans la vie d’un État où nous sommes contraints à agir par nous-mêmes.”

En 2013, le président Barack Obama fut confronté aux images de civils morts ou blessés, incluant de jeunes enfants, en provenance de Syrie et qui étaient aussi déchirantes que celles exposées par l’ambassadeur Haley. Son secrétaire d’État, John Kerry, avait fait un discours sans passion qui appelait à une action militaire contre la Syrie. Le président Obama a demandé, et reçu, une large gamme d’options militaires de la part de son équipe de sécurité nationale visant le régime du président Assad ; seule l’intervention de James Clapper, et les doutes qui existaient sur la véracité de l’information reliant l’attaque chimique de la Ghouta au gouvernement syrien, ont retenu Obama de donner le feu vert au bombardement.

Comme le président Obama avant lui, le président Trump a demandé à son équipe de sécurité nationale de préparer différentes options pour une intervention militaire. Contrairement à son prédécesseur, Donald Trump n’a pas cherché à faire de pause dans sa prise de décision pour laisser ses services de renseignement enquêter sur ce qui s’était effectivement passé à Khan Cheikhoun. Tout comme Nikki Haley, Donald Trump était guidé par sa réaction viscérale aux images disséminées par les activistes anti-Assad. Dans l’après-midi du 6 avril, alors qu’il se préparait à quitter la Maison-Blanche pour une réunion au sommet avec une délégation conduite par le président chinois Xi Jinping, les mots mystérieux de Trump lui-même en réponse à un journaliste au sujet d’une riposte américaine semblent indiquer que sa décision était déjà prise. « Vous verrez bien, » a-t-il dit avant de s’en aller.

En quelques heures, deux destroyers de la marine des États-Unis ont lancé 59 missiles de croisière avancés Block IV Tomahawk (dont le coût est d’environ 1,41 million de dollars chacun), visant avions, abris blindés, entrepôts de combustibles, approvisionnement en munitions, défenses aériennes et installations de communications à la base aérienne d’al-Chaayrate, située en Syrie centrale. Al-Chaayrate hébergeait deux escadrons de SU-22, des chasseurs-bombardiers de fabrication russe opérés par l’aviation syrienne, le décollage de l’un d’eux depuis al-Chaayrate avait été repéré par les radars américains le matin du 4 avril 2017, et survolait Khan Cheikhoun à peu près au moment où l’attaque chimique se serait produite.

L’objectif de la frappe américaine était double : premièrement, envoyer un message au gouvernement syrien et à ses alliés que, selon le secrétaire d’État Tillerson, « le président est disposé à prendre des mesures décisives lorsque c’est nécessaire, » et en particulier face à des preuves d’une attaque chimique sur laquelle les États-Unis ne pouvaient pas « détourner le regard, fermer les yeux. » L’autre objectif, selon un porte-parole de l’armée américaine, « réduire la capacité du gouvernement syrien à livrer des armes chimiques. »

De plus, la lune de miel politique de l’administration Trump était terminée et elle venait récemment d’annoncer le changement de régime en Syrie. « Il est très, très possible, et, je vais vous dire, c’est déjà arrivé, que mon attitude envers la Syrie et Assad ait beaucoup changé, » a dit le président Trump aux journalistes avant que les tirs de missiles ne commencent. Le secrétaire Tillerson est allé plus loin : « Il semblerait qu’il n’y ait pas de rôle pour lui [Assad] pour qu’il gouverne le peuple syrien. »

Un tel revirement dans les fondamentaux et la stratégie politiques dans un laps de temps aussi court est stupéfiant ; Donald Trump n’a pas juste dévié légèrement de son axe, il a fait un revirement à 180°. La précédente politique de non-ingérence visant à vaincre l’EI et à améliorer les relations avec la Russie a été remplacée par une prise de position résolue pour un changement de régime, un engagement militaire direct avec les forces armées syriennes et une posture conflictuelle vis à vis de la présence militaire russe en Syrie.

Normalement, un changement de politique aussi majeur ne pourrait s’expliquer que par une nouvelle réalité, étayée par des faits vérifiables. La supposée attaque aux armes chimiques contre Khan Cheikhoun n’était pas une nouvelle réalité ; les attaques chimiques en Syrie se sont produites régulièrement, malgré les efforts internationaux pour le désarmement chimique de la Syrie entrepris en 2013 et qui ont joué alors un rôle prépondérant dans la prévention d’une action militaire américaine. Les enquêtes internationales sur ces attaques ont donné des résultats peu probants, certaines étant attribuées au gouvernement syrien (ce que le gouvernement syrien dément farouchement), et la majorité étant attribuées aux combattants du régime, en particulier ceux affiliés au Front al-Nosra, affilié à al-Qaïda.

En outre, il y a une telle confusion sur les responsabilités lors de l’utilisation des armes chimiques en Syrie qu’il semblerait très impulsif de condamner uniquement le gouvernement syrien pour les événements de Khan Cheikhoun sans avoir les résultats d’une enquête officielle. C’est pourtant exactement ce qui s’est produit. Un événement chimique a eu lieu à Khan Cheikhoun, ce qui doit être établi, c’est qui est responsable du déclenchement des armes chimiques qui ont causé la mort d’aussi nombreux civils.

Personne ne conteste le fait qu’un chasseur bombardier SU-22 de l’armée de l’air syrienne a conduit une mission de bombardement contre une cible à Khan Cheikhoun au matin du 4 avril 2017. Les activistes anti-régime à Khan Cheikhoun ont cependant dépeint une armée de l’air syrienne lâchant des bombes chimiques sur une population civile endormie.

Une information cruciale largement absente de la couverture dans les médias grand public est que Khan Cheikhoun est le point de départ pour les djihadistes islamiques au centre du mouvement anti-Assad en Syrie depuis 2011. Jusqu’en février 2017, Khan Cheikhoun était contrôlée par un groupe pro-EI, appelé Liwa al-Aqsa, qui était engagé dans une lutte souvent violente avec son organisation concurrente, le Front al-Nosra (qui s’est transformé par la suite en Tahrir al-Sham, constituant quelle que soit l’appellation la branche d’al-Qaïda en Syrie), pour le contrôle des ressources et de l’influence politique au sein de la population locale.

 

Le ministre russe de la défense a affirmé que le groupe Liwa al-Aqsa utilisait des installations à l’intérieur et autour de Khan Cheikhoun pour fabriquer des obus chimiques rudimentaires et des mines destinées aux forces de l’EI combattant en Irak. Selon les autorités russes, l’usine d’armes chimiques de Khan Cheikhoun est similaire à d’autres sites découverts par les forces russes et syriennes à la suite de la reconquête des zones d’Alep contrôlées auparavant par les rebelles.

À Alep, les Russes ont découvert des laboratoires militaires sommaires de production d’armes qui permettaient de remplir des obus de mortier et de mines avec un mélange de gaz chloré et de phosphore blanc ; après qu’une enquête méticuleuse a été menée par des spécialistes militaires, les russes ont confié des échantillons de ces armes ainsi que des échantillons de sol prélevés dans des zones touchées par des armes produites dans ces laboratoires à des enquêteurs de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques, afin qu’un examen plus approfondi soit mené.

Al-Nosra a une longue histoire en terme de confection et d’utilisation d’armes chimiques rudimentaires ; l’attaque chimique de 2013 sur la Ghouta comprenait l’utilisation de gaz Sarin de mauvaise qualité, fabriqué localement, tandis que les attaques sur et autour d’Alep en 2016 employaient un mélange de chlore et de phosphore blanc. Si les conclusions des russes sont correctes, et que le bâtiment bombardé à Khan Cheikhoun au matin du 4 avril 2017 produisait ou permettait le stockage d’armes chimiques, il y a une forte probabilité que des agents chimiques opérationnels et d’autres contaminants toxiques se soient répandus dans les quartiers environnant, puis se soient répandus plus loin sous l’action des vents dominants.

L’explication alternative proposée par les Russes et les Syriens, cependant, a été minimisée, ridiculisée et ignorée à la fois par les médias américains et par l’administration Trump. De même que l’absence totale de logique des éléments mis en avant pour expliquer pourquoi le président Assad risquerait tant en utilisant des armes chimiques contre une cible n’ayant aucune utilité militaire, à un moment où la balance des forces sur le plan stratégique avait basculé fortement en sa faveur. De la même manière, pourquoi la Russie, qui s’était investie de manière considérable dans le démantèlement de l’arsenal chimique syrien après 2013, serait restée passive pendant que les forces aériennes syriennes menaient une telle attaque, et notamment alors qu’il y avait une forte présence militaire russe sur la base aérienne au moment de l’attaque ?

Une analyse de la sorte semble hors de portée du quatrième pouvoir des États-Unis. Au lieu de dela, les organes de presse tels que CNN prennent pour argent comptant toutes les déclarations faites par les sources officielles américaines, y compris les insinuations particulièrement grotesques sur le fait que la Russie était de connivence avec les attaques chimiques ; la présence mentionnée ci-dessus d’officiers russes sur la base d’al-Chaayrate a été mentionnée comme la preuve que la Russie devait avoir eu connaissance de l’arsenal chimique syrien, et n’avait rien fait pour prévenir l’attaque.

Pour supporter ce non-sens, le public américain et les preneurs de décisions font usage d’une campagne de propagande sophistiquée impliquant des vidéos et des récits fournis par les forces opposantes au régime de Bashar al-Assad, ceci incluant des organisations telles que les “Casques Blancs”, l’association médicale américano-syrienne, le centre médiatique d’Alep, qui ont un passif de production d’information biaisée destinée à promouvoir un message anti-Assad (Donald Trump a tout fait sauf admettre que ces images ont joué un rôle majeur dans sa décision de réviser son opinion sur Bashar al-Assad et d’ordonner l’attaque aux missiles sur la base aérienne d’al-Chaayrate).

De nombreux combattants membres de Tahrir al-Sham sont des vétérans de la bataille d’Alep, et en tant que tels sont intimement familiers avec les outils et l’échange de propagande de guerre qui fut menée simultanément au combat physique dans un effort pour influencer l’opinion occidentale dans le sens d’adopter une posture plus agressive en opposition du gouvernement syrien d’Assad. Ces outils ont été amené pour supporter la promotion d’une contre-histoire au sujet de l’incident chimique de Khan Cheikhoun (ironiquement, beaucoup d’activistes en question, y compris des “Casques Blancs”, ont été entraînés et équipés pour des tactiques de manipulation via les réseaux sociaux avec l’argent fourni par les États-Unis ; il n’est très probablement jamais venu à l’esprit du département d’État qui a conçu ce programme que ces technique finiraient par être utilisées pour manipuler un président américain à réaliser une action de guerre.

Même un entraînement médiatique astucieux, cependant, ne peut dissimuler des inconsistances factuelles basiques. Plus tôt, des médias d’opposition anti-Assad étiquetaient l’incident de Khan Cheikhoun comme une attaque à l'”agent nerveux Sarin” ; un docteur membre d’al-Qaïda a envoyé des images et un commentaire via un réseau social qui documentaient des symptômes, tels que les pupilles dilatées, qu’il diagnostiquait comme provenant de l’exposition à l’agent nerveux Sarin. Le Sarin, cependant, est une substance inodore et incolore, dispersée sous forme de liquide ou vapeur ; les témoins oculaires, eux, parlent d’une “odeur âcre” et de nuages “bleu-jaune”, qui indiqueraient plutôt du gaz chlorine.

Et pendant que les médias américains, à l’instar de CNN, ont parlé de munitions “remplies à ras bord” avec l’agent nerveux Sarin qui fut utilisé à Khan Cheikhoun, aucune preuve citée par aucune source ne peut corroborer ces dires. Des images déchirantes de victimes traitées par des “Casques Blancs” ont été citées comme preuve de symptômes de type Sarin, cependant la fiabilité médicale de ces images est en question ; aucune image n’a été prise des victimes sur les lieux de l’attaque. A la place, la vidéo fournie par les “Casques Blancs” montre des procédures de décontamination et autres traitements réalisés à une base des Casques Blancs après que les victimes, mortes ou vivantes, y ait été transportées.

Le manque de vêtements de protection adaptés portés par les “Casques Blancs” pendant le transport des victimes est une autre indication que les agents chimiques en question n’étaient pas du Sarin de qualité militaire ; si c’était le cas, les sauveteurs eux-mêmes seraient devenus victimes (certains témoignages mentionnent ce phénomène, mais il s’est produit sur le site de l’attaque, où les sauveteurs ont été submergés d’une “âcre odeur” chimique – encore une fois, le Sarin est inodore).

Plus de 20 victimes de l’incident de Khan Cheikhoun ont été transportées vers des hôpitaux turcs ; trois d’entre eux sont morts en cours de route. Selon le ministre de la justice turque, les autopsies pratiquées sur ces corps confirment que la cause du décès était l’exposition à des agents chimiques. L’Organisation Mondiale de la Santé a indiqué que les symptômes des victimes de Khan Cheikhoun correspondent à une exposition avec Sarin et Chlorine. Les médias américains se sont déchaînés contre les déclarations des Turcs et de l’OMS comme “preuve” de l’implication du gouvernement syrien ; cependant, toute exposition avec le mélange chlorine/phosphore blanc associé avec les armes chimiques d’al-Nosra produirait des symptômes similaires.

De plus, si al-Nosra a réutilisé à Khan Cheikhoun le même type de Sarin de mauvaise qualité employé à la Ghouta en 2013, il est hautement probable que les victimes en question affichent des symptômes de type Sarin. Les échantillons sanguins prélevés sur les victimes pourrait fournir une lecture plus précise des composants chimiques impliqués ; de tels échantillons ont prétendument été récoltés par des membres d’al-Nosra et donné aux investigateurs internationaux (il est stupéfiant qu’une unité d’investigation sérieuse puisse accepter des preuves légales provenant d’al-Nosra lors d’une investigation où al-Nosra est l’un des deux coupables potentiel, mais c’est précisément ce qui s’est passé). Cependant, l’administration Trump a décidé d’agir avant que ces échantillons puissent être analysés, peut-être par crainte que les résultats ne corroboreraient pas les allégations sous-jacentes de l’emploi du Sarin par l’armée de l’air syrienne.

Les médias grand public américains ont volontairement et ouvertement accepté une version des faits fournie par des membres d’al-Qaïda dont l’usage d’armes chimiques en Syrie et la distorsion et fabrication de “preuves” promouvant les politiques anti-Assad en Occident – ceci incluant le changement de régime – sont bien documentées. Ces médias ont délibérément pris la décision d’endosser la vue d’al-Qaïda au sujet d’une fiction fournie par les autorités gouvernementales russe et syrienne sans aucun effort pour vérifier les faits d’une des versions. Ces actions, cependant, ne semblent pas choquer la conscience du public américain ; quand il s’agit de la Syrie, les médias grand public américains et son audience ont depuis longtemps cédé à la version d’al-Qaïda et autres groupes islamistes anti-régime.

Les véritables coupables sont ici l’administration Trump, et le Président Trump lui-même. La tendance du président à accorder plus de poids à ce qu’il voit à la télévision qu’aux briefings de son département renseignement (briefings auxquels il participe ou pas), son manque de curiosité intellectuelle et de familiarité avec les nuances et la complexité des politiques de sécurité étrangères comme nationale, ont créé des conditions où les images des victimes de Khan Cheikhoun qui ont été répandues par des structures pro al-Nosra (e.g. Al-Qaïda) sont en mesure d’influencer des décisions critiques de vie et de mort.

Il n’est pas surprenant que le Président Trump soit susceptible de manipulation aussi peu subtile, étant donnée sa prédilection à rendre les coups sur Twitter pour toute offense perçue ; il est en revanche scandaleux que son équipe de sécurité nationale l’ai laissé être ainsi manipulé, et n’ait rien fait pour influencer l’opinion de Trump ou faire traîner le passage à l’action dans l’attente d’une vérification approfondie des faits. L’histoire montrera que Donald Trump, ses conseillers et les médias américains étaient un peu plus que volontairement dupes d’al-Qaïda et ses membres, dont la manipulation du récit syrien résulta dans un changement de politique majeur qui sert leurs objectifs.

L’autre vainqueur de cette tragique histoire est ISIS, qui tira parti de la frappe américaine contre al-Chaayrate pour lancer une offensive majeure contre les forces du gouvernement syrien autour de la ville de Palmyre (al-Chaayrate a servi de base aérienne principale pour les opérations dans la région de Palmyre). La cassure dans les relations entre la Russie et les États-Unis signifie que, dans un futur proche tout du moins, le type de coordination qui a eu lieu dans le combat contre ISIS est du passé, ce qui ne profite qu’aux combattants d’ISIS. Pour un homme qui a mis une telle emphase sur le fait de combattre ISIS, les actions du Président Trump peuvent uniquement être vues comme une blessure auto-infligée, une sorte d’escadron de tir circulaire, ce qui ressort plus des actions d’un policier de Keystone que du commandant en chef de la nation la plus puissante du monde.

Mais la personne qui pourrait rire le dernier est le président Assad lui-même. Alors que le Pentagone a annoncé qu’il a considérablement dégradé la base aérienne d’al-Chaayrate, avec 58 des 59 missiles atteignant leur cible, la Russie affirme que seulement 23 missiles ont touché ces infrastructures, n’y faisant que des dégâts limités. La piste de décollage est intacte ; en effet, l’après-midi du 7 avril 2017, un bombardier syrien décolla d’al-Chaayrate et vola vers la province d’Idleb où il a attaqué les positions d’al-Nosra près de Khan Cheikhoun.

Source: The Huffington Post, le 09/04/2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

4 réponses à Des hommes d’influence – Al-Qaïda aurait-il manipulé Donald Trump et les médias américains ? Par Scott Ritter....Pour lire les 4 réponses , cliquez sur le lien !

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«Coalition occidentale» versus «BRICS et OCS»

Publié le par Felli Bernard

 

 

Chefs Brics G 20

«Coalition occidentale» versus «BRICS et OCS»

 
 
 

Général (2S) Dominique Delawarde (Ancien chef du bureau Situation-Renseignement-Guerre Électronique » de l’État major Interarmées de Planification Opérationnelle)

♦ Point de situation et perspectives

La montée en puissance progressive des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et de l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghai) semble préoccuper certains responsables atlantistes parmi les plus clairvoyants. Les uns prévoient déjà une possible remise en cause, à moyen terme, des normes et des règles de gouvernance mondiales qui ont prévalu depuis la fin de la 2ème guerre mondiale: que celles ci soient d’ordre politique, économique ou militaire. D’autres considèrent que la puissante «coalition occidentale» conduite par les États Unis et son bras armé, l’OTAN, n’a rien à craindre avant longtemps d’organisations dont ils estiment qu’elles manquent de cohésion et d’unité, mais aussi de puissance économique et militaire.

Pour tenter d’y voir clair, il convient de répondre à quelques questions, et d’examiner les tendances lourdes qui animent les sphères géopolitiques et géo-économiques mondiales.


Existe-t-il des liens ou des points communs entre ces deux organisations (BRICS et OCS)?

La réponse est oui.

Bien qu’elles s’en défendent, ces deux organisations ont été créées en opposition à la «coalition occidentale» (USA-Israel-UE-Canada-Australie-Nouvelle Zélande-Japon). En effet, la vocation des BRICS est de faire évoluer le système économique mondial vers plus d’équilibre et de justice au détriment d’un statut quo qui avantage les occidentaux; l’objectif affiché de l’OCS est d’assurer, en Eurasie, une stabilité et une sécurité menacées par les ingérences états-uniennes, et susceptibles de l’être davantage à l’avenir.

Cette opposition à «la coalition occidentale» de l’OCS s’est exprimée, en 2005, par le rejet unanime de la candidature des USA qui ne demandaient, pourtant, qu’un strapontin d’observateur. Quant au Japon, lié aux occidentaux et très réaliste, il n’a jamais été admis à l’OCS, alors qu’il pourrait et devrait y jouer un rôle majeur pour la sécurité en Asie. L’opposition au bloc occidental se manifeste aussi à l’ONU, où l’Inde et la Chine se montrent solidaires de la Russie sur les crises syrienne et ukrainienne.

Le noyau dur des deux organisations est le même : Russie, Inde, Chine (3 puissances nucléaires dont 2 membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, 38% de la population mondiale, 20% des terres émergées).

Le leadership des BRICS et de l’OCS est le même: Le binôme Russie et Chine.

Du 8 au 10 juillet 2015, les sommets annuels des BRICS et de l’OCS, sous présidence Russe, se sont tenus simultanément à Oufa (Russie), signe d’une certaine connivence entre leurs pays membres.

Enfin, les objectifs des deux organisations se rejoignent sur bien des points, clairement exprimés et répétés dans toutes les déclarations finales de leurs sommets annuels.

Quels sont ces objectifs ?

Pour l’essentiel, il s’agit de cinq revendications :

– Rejet d’un monde unipolaire régenté par les USA et ses satellites, évolution vers un monde multipolaire permettant d’établir de plus justes équilibres et de traiter d’égal à égal.

– Rejet de l’ingérence tous azimuts et tous prétextes (des USA et de leurs alliés) dans les affaires intérieures d’états souverains. C’est la vocation de l’OCS de s’y opposer en Eurasie.

– Réforme globale de l’ONU et de son Conseil de sécurité, «afin qu’elle soit plus efficace et plus représentative ».

– Réforme du système économique international établi à Bretton Woods, fondé sur le FMI, la Banque Mondiale et le dollar: système créé par les occidentaux, pour les occidentaux, mais jugé injuste aujourd’hui par les pays en développement.

– Reconnaissance de l’État Palestinien. Les pays BRICS et OCS sont tous parmi les 135 membres de l’ONU (sur 192) ayant reconnu cet État.

En matière économique, quels sont les atouts des BRICS pour parvenir à leurs fins ?

En 2000, le PIB cumulé des BRICS (2 735 milliards de $), représentait le quart de celui des USA (10 285) et le tiers de celui de l’UE (9 395).

En 2016, ce PIB cumulé a été multiplié par 6 (à 17 840 milliards de $). Il a dépassé celui de l’UE (16 270) et se rapproche de celui des USA (18 700).

Tiré par des croissances chinoise et indienne, encore de l’ordre de 7 % en 2016, ce PIB cumulé des BRICS continue de croître en dépit des difficultés conjoncturelles de la Russie (sanctions), du Brésil et de l’Afrique du Sud (en crise). Avant 2020, le PIB cumulé des BRICS aura dépassé celui des USA et creusé un écart significatif avec celui de l’UE.

La création de la banque des BRICS et de l’AIIB (Asian Infrastructure Investment Bank), l’entrée en 2016 du Yuan (RMB) dans le panier des devises de réserve du FMI, la dédollarisation progressive des échanges internationaux, la mise en place fin 2016, par la Chine, d’outils nationaux pour les transferts électroniques boursiers et monétaires, la création prochaine, par les BRICS, d’une agence de notation non anglo-saxonne, vont peu à peu bousculer les règles de gouvernance économique mondiale héritées de Bretton Woods.

Cette montée en puissance des BRICS et de leur projet suscitent intérêt et soutien dans de nombreux pays d’Amérique latine, d’ Afrique et d’ Asie, mais aussi de l’inquiétude dans d’autres.

Qu’on le veuille ou non, ces évolutions vont se faire au détriment de la «coalition

occidentale». Elles pourraient être plus rapides qu’on ne le croit aujourd’hui (cinq à dix ans).

Quid de la puissance militaire de l’OCS ? Est-elle en mesure de s’opposer à, ou de dissuader la «coalition occidentale» ?

Créée en 2001, l’OCS s’est élargie en 2016, et devrait s’élargir encore dans les prochaines années. Aux côtés de ses 8 pays membres ( Russie, Chine, Inde, Pakistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan), elle compte quatre états observateurs (Afghanistan, Biélorussie, Iran et Mongolie) et six partenaires de discussion ( Azerbaïdjan, Arménie, Cambodge, Népal, Turquie et

Sri Lanka).

Ses huit membres comptent plus de 3 milliards d’habitants (43 % de la planète) et 4 puissances nucléaires (autant que la «coalition occidentale»). Ils occupent un quart des terres émergées et détiennent 20% des ressources mondiales de pétrole, 38% du gaz , 40% du charbon, et 30% de l’uranium. Les adhésions de l’Iran et, pourquoi pas, de la Turquie représenteraient de nouveaux apports considérables.

La puissance militaire ne s’exprime pas seulement en données budgétaires. Les aspects qualitatif et quantitatif des «ressources humaines» et des équipements doivent être pris en considération.

Les dépenses de défense des pays de l’OCS ont explosé depuis dix ans : 10% du total des pays de l’OTAN en 2006: plus d’un tiers en 2016.

Au 920 milliards de $, dépensés par les pays de l’OTAN, l’OCS oppose 320 milliards de $ au taux de change réel, soit 640 milliards de $ en Parité de Pouvoir d’achat (PPA). La part des budgets consacrée aux personnels est très élevée dans l’OTAN, et très faible dans les pays de l’OCS, qui s’appuient encore sur une conscription partielle (Chine, Russie) et qui proposent aux professionnels des salaires très inférieurs aux salaires «occidentaux». Par ailleurs, les dépenses US faramineuses pour maintenir les très nombreuses bases réparties dans le monde et conduire lesopérations militaires, réduisent leur marge de manoeuvre pour renouveler les équipements.

Tout bien considéré, il y donc, aujourd’hui, une quasi-parité des budgets (PPA) d’équipements entre les pays de l’OTAN et ceux de l’OCS et les budgets de ces derniers continuent d’augmenter à un rythme inquiétant. (Chine: + 7,6% en 2016)

S’agissant des ressources humaines, l’avantage quantitatif et qualitatif revient à l’OCS.Trois fois plus peuplés que le «bloc occidental», les pays du noyau dur de l’OCS ont des systèmes de sélection de leurs personnels militaires du rang supérieurs à ceux de leurs concurrents occidentaux. En effet, les pays de l’OTAN peinent à recruter des engagés volontaires de bon niveau général (taux de sélection très faible) alors que les avantages proposés aux conscrits, après

leur vie militaire, par certains pays de l’OCS (Chine par exemple) attirent de très nombreux «bons candidats».

Par ailleurs, la durée de vie militaire moyenne d’un engagé volontaire occidental n’est guère supérieure à celle d’un conscrit chinois (deux ans, parfois trois). L’effectif des personnels de réserve formés de l’OCS est incomparablement supérieur à celui de la «coalition occidentale»….

Enfin, les pays de l’OCS multiplient les manoeuvres militaires bi- ou multilatérales (une douzaine en 2015) et, c’est nouveau, les parades militaires communes à Moscou ou à Pékin lors de commémorations nationales (2 défilés en 2015 en présence des chefs d’état de l’OCS).

S’agissant des équipements, l’avantage de la coalition occidentale est moins évident que dans un passé récent. La baisse des budgets dans la quasi totalité des pays de l’OTAN (USA excepté) depuis la chute du mur de Berlin ne permet plus d’assurer le renouvellement et l’entretien des équipements dans des conditions satisfaisantes. La piètre disponibilité technique opérationnelle de certains matériels majeurs atteint des niveaux parfois alarmants (notamment dans les forces françaises, mais pas que…..)

Par ailleurs, l’avance technologique présumée des occidentaux est de plus en plus discutable. Testés en Syrie, les derniers matériels russes s’avèrent très efficaces et sont de plus en plus demandés sur le marché.

Les pays de l’OCS, quant à eux, s’équipent massivement de matériels de dernière génération, pour l’essentiel d’origine russe. La quantité pouvant être, en soi, un atout, on peut s’interroger sur la réalité d’une «supériorité écrasante de la coalition occidentale», avancée par certains.

*

*     *

Conclusion

Les BRIC(S) n’étaient bien, en 2001, qu’un simple acronyme inventé par Goldman Sachs pour désigner un groupe de pays émergents représentant, à l’époque, 8% de l’économie mondiale. Certains ont pu alors qualifier le groupe des BRIC(S) de «concept truqueur» et de «parfaite illusion politique et économique» en se fondant sur ses divisions (histoire, moeurs, culture) et sur son manque de continuité territoriale.

Mais la «coalition occidentale» n’a-t-elle pas connu, elle aussi, quelques divisions lors des deux guerres mondiales (Allemagne-France, États Unis-Japon)? N’a-telle pas su les surmonter autour de projets communs (UE, OTAN)? La Grèce et la Turquie, alliés dans le cadre de l’OTAN, n’ont-ils pas quelques différences de moeurs et de culture? Où est la continuité territoriale entre les USA, l’Australie, le Japon et l’UE?

Les arguments avancés par ceux qui sous estiment les BRICS et leur projet ne résistent pas à l’analyse.

Depuis 2001 les choses ont évolué. Les BRICS ont pris peu à peu conscience de leur importance. A partir de 2008, ils se sont organisés en se dotant d’un véritable projet visant à faire évoluer l’organisation et la gouvernance du monde. Ils ont fait connaître ce projet, toujours le même, lors des huit sommets annuels qu’ils ont tenus. Ils ont su, comme l’ont fait l’Allemagne et la France au sortir de la guerre, mettre leurs différents de côté, bâtir leur unité et leur cohésion autour de ce projet pour mieux le promouvoir face à la «coalition occidentale». Leurs diplomates se réunissent régulièrement pour préparer les sommets annuels et les réalisation concrètes qui les suivent. Leurs chefs d’état se rencontrent plusieurs fois par an (12 fois en 2015 pour Poutine et Xi Jinping).

Tirés par la Chine et par l’Inde, les BRICS sont aujourd’hui la locomotive de l’économie mondiale avec une part de plus de 23%, mais beaucoup plus demain….. Dans ses perspectives

économiques 2017, le FMI prédit une croissance respective de 6,2% et 7,9% pour la Chine et l’Inde. La Russie et le Brésil devraient sortir de l’ornière de la récession et enregistrer des taux respectifs de 1,1% et 0,5%, tandis que l’Afrique du Sud devrait passer de 0,1% cette année à 0,8%.

Peut on encore parler de «concept truqueur», lorsque les pays BRICS font front commun à l’ONU (Syrie, Ukraine), lorsque leurs forces armées multiplient les manoeuvres communes et paradent ensembles (Moscou en mai 2015, Pékin en Septembre 2015), lorsqu’ils créent une banque de développement commune qui concurrence le FMI, lorsqu’ils se lancent dans la réalisation d’une agence de notation non anglo-saxonne, lorsqu’en marge du G20 de Hangsou, les cinq pays BRICS se réunissent à huis clos et font une déclaration commune, distincte de celle du G20?

Il est clair que les BRICS et l’OCS ne peuvent plus et ne veulent plus être traités par le mépris et que le temps joue contre la «coalition occidentale» dans ses efforts pour maintenir le statut quo d’un monde unipolaire dirigé, à son profit, par les USA.

Sans bouleversement majeur, l’avènement d’un monde vraiment multipolaire est

envisageable à moyen terme (5 ans), et un basculement vers l’Eurasie de la suprématie mondiale économique et militaire probable à plus long terme (moins de 20 ans).

Affaiblie par ses dettes abyssales, les crises et les divisions qui se développent en son sein, une pression sociale du «toujours plus», la «coalition occidentale» peut-elle encore, aujourd’hui, réinvestir massivement dans sa défense pour gagner la course aux armements face à la «coalition eurasiatique»? Est-elle bien inspirée en jetant la Russie dans les bras de la Chine par la multiplication de sanctions et de diabolisations injustes, inappropriées et contre productives ?

Messieurs Trump, Fillon, Poisson, Asselineau, Mélenchon, Mme Le Pen et bien d’autres n’ont-ils pas raison de préférer la négociation plutôt que la confrontation avec Poutine pour affaiblir, si c’est encore possible, une alliance sino-russe, en voie de consolidation ?

L’évolution du monde ne se fait plus, aujourd’hui, à l’avantage des occidentaux: c’est un fait incontestable.

Faut-il, comme semblaient le souhaiter Mme Clinton et les néoconservateurs US et UE précipiter une confrontation pour tenter d’obtenir une victoire très incertaine, alors qu’il en est encore temps ? En avons nous les moyens et la volonté ?

Faut-il jouer plus en finesse en s’efforçant de fissurer plutôt que de renforcer les BRICS et l’OCS par une négociation avec la Russie de Poutine ? Un partenariat UE-Russie n’est il pasenvisageable face à une montée en puissance chinoise qui inquiète Moscou autant que nous ?

Poser ces questions, c’est y répondre.

Général (2S) Dominique Delawarde
12 décembre 2016

Correspondance Polémia – 7/04/2017

Image : Les chefs d’état BRICS au G 20 – Hangsou: 4 septembre 2016

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Le nouveau plan des Talibans pour capturer Kunduz

Publié le par Felli Bernard

Le nouveau plan des Talibans pour capturer Kunduz


Par Franz J. Marty – Le 28 mars 2017 – Source thediplomat.com

The Taliban's New Plan for Capturing Kunduz
Image Credit: REUTERS/Nasir Wakif

Les talibans semblent déterminés à améliorer leur stratégie de 2016, ce qui représente une menace pour les capitales provinciales.

KABOUL – Comme ils l’ont fait en 2016, les Talibans se concentrent de nouveau sur la domination des villes afghanes cette année. À la fin de février 2017, les talibans avaient déjà lancé une attaque contre Mehtar Lam, la capitale de la province de Laghman, à l’Est de l’Afghanistan. Et selon un rapport confidentiel obtenu exclusivement par The Diplomat, les Talibans ont modifié leur tactique, en raison d’une agression prétendument imminente contre la ville de Kunduz [Kondoz, au nord-est sur la carte, NdT], où des forces américaines et allemandes sont également déployées.

 

http://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/gif/afghanistan.gif
Le 28 février, des semaines avant l’offensive insurrectionnelle du printemps qui commence traditionnellement en avril, des militants ont attaqué Mehtar Lam, les combats atteignant les faubourgs de la ville à deux kilomètres du centre. Deux jours plus tard, le 2 mars, le gouverneur de Laghman a d’abord reconnu que les militants avaient réussi à prendre plusieurs avant-postes, mais il a ensuite assuré que ces avant-postes avaient été repris par les forces gouvernementales et que l’attaque avait été repoussée avec succès. Cependant, une déclaration du gouvernement provincial, publiée le 13 mars, a encore affirmé avoir déjoué le plan des Talibans pour capturer Laghman, ce qui implique que les combats se sont poursuivis au moins jusqu’à récemment. Et les rapports datés du 18 mars ont même indiqué que les insurgés étaient encore aux alentours de Mehtar Lam.

Ce n’est malheureusement pas une surprise. Puisque les talibans ont réussi à brièvement envahir Kunduz, la capitale de la province du nord du même nom, fin septembre et début octobre 2015 – ce qui a marqué le premier cas d’occupation de capitale provinciale depuis le renversement de leur régime en 2001 – ils ont depuis lors constamment gardé les villes dans leur viseur. En 2016, les insurgés ont exercé des pressions sur les capitales des provinces de Kunduz, Faryab, Farah, Helmand et Uruzgan. Alors qu’ils ont réussi à entrer temporairement dans Kunduz et Tarin Kot, la capitale d’Uruzgan, les combats se sont limités à la périphérie des autres villes.

Habituellement, la tactique des Talibans était de saisir les zones rurales environnantes, avant de lancer un assaut plus vaste sur les villes elles-mêmes [la tactique de Mao, NdT]. Cependant, selon un rapport confidentiel exclusivement obtenu par The Diplomat, les Talibans ont modifié cette tactique, tout en préparant une nouvelle attaque imminente contre Kunduz. Le rapport indique que cette fois, les insurgés se concentreront sur l’infiltration des forces de défense et de sécurité nationales afghanes, afin d’assaillir la ville de l’intérieur. En outre, le rapport indique que les insurgés se concentrent sur le blocage total des routes principales vers Kunduz, avant l’attaque prévue sur la ville elle-même. Alors que les insurgés avaient au moins partiellement bloqué les routes principales dans les assauts précédents sur Kunduz, le rapport suggère que les militants se préparent à le faire plus efficacement cette fois. En tout état de cause, le rapport affirme que les forces gouvernementales ont déjà mis en place des contre-mesures efficaces et que Kunduz ne s’effondrera pas.

Corroborant ce rapport, une source de haut rang au sein des forces de défense et de sécurité afghanes à Kunduz, parlant sous condition d’anonymat, a déclaré à The Diplomat qu’il y avait effectivement des infiltrés talibans parmi les forces de police de Kunduz. Cependant, il a également mentionné que cela avait été le cas dans le passé et que cela ne voulait pas dire que les infiltrations avaient augmenté. La même source a également reçu des rapports selon lesquels les militants ont l’intention de bloquer complètement les routes d’accès à Kunduz, mais ces rapports n’ont pu confirmer dans quelle mesure les Talibans avaient effectivement mis en place une telle tactique. Il a cependant indiqué que Qari Shafiq, connu sous le nom de Dawood, le nouveau commandant taliban d’Aliobod, un district directement au sud de la ville de Kunduz, a récemment commandé des attaques sur la route principale qui relie Kunduz au reste du pays. L’une de ces attaques concernait un avant-poste du gouvernement près de l’aéroport de Kunduz, qui se trouve juste à l’extérieur de la ville et accueille également la 20e division de l’armée nationale afghane. La source a ajouté que l’on s’attend à ce que les Talibans lancent une autre attaque contre Kunduz au début du mois d’avril (il a mentionné une date spécifique, que cet auteur a décidé de garder pour lui pour des considérations de sécurité).

D’autre part, une source au sein de l’Armée nationale afghane à Kunduz a insisté sur le fait que les services de contre-espionnage avaient empêché avec succès toute infiltration insurrectionnelle dans l’armée afghane (il n’avait aucune information sur la police), corroborant en partie les affirmations de contre-mesures efficaces mentionnées dans le rapport confidentiel. La même source allègue en outre que les Talibans à Kunduz ont été et continuent d’être pressés par des opérations gouvernementales et ont été considérablement affaiblis, ce qui les a laissés incapables de lancer une attaque réussie. À cet égard, il a également mentionné la disparition de Mullah Salam, le gouverneur taliban de l’ombre de Kunduz, cité comme le cerveau des assauts antérieurs sur la ville de Kunduz, mais qui a été tué lors d’une attaque aérienne américaine dans le district Dasht-i Archi de Kunduz, le 26 février.

Cependant, la source a également mentionné que des forces américaines et allemandes sont actuellement stationnées à Kunduz, ce qui pourrait indiquer que la situation n’est pas aussi bonne que celle décrite par l’ANA. Le capitaine Bill Salvin, directeur des affaires publiques de Resolute Support, la coalition internationale dirigée par l’OTAN, a confirmé le déploiement de forces de la coalition près de Kunduz, y compris des soldats allemands et américains. Selon Salvin, ces troupes effectuent des entraînements, du conseil et une mission d’assistance auprès des forces afghanes. Il est difficile de déterminer depuis quand, exactement, les forces de la coalition sont stationnées à Kunduz et leur rôle en cas de nouvelle offensive insurrectionnelle.

Apparemment en contradiction avec sa vision optimiste, l’observateur, qui a parlé anonymement, a déclaré à The Diplomat que les insurgés avaient déployé 200 combattants professionnels à Kunduz, pour une agression imminente. Cela a été en partie corroboré par la source de sécurité susmentionnée, qui a allégué qu’environ 150 combattants insurgés des provinces du sud de Helmand et Kandahar sont stationnés à Chahor Dara, encore un autre district de Kunduz. À cet égard, il faut noter cependant que, bien que de telles forces talibanes puissent constituer des combattants plus professionnels et mieux organisés, elles sont – bien que les rapports médiatiques les qualifient souvent de « forces spéciales talibanes » – loin des forces spéciales au sens de celles d’une armée moderne.

Quoi qu’il en soit, la concentration constante des talibans sur les villes pour les prendre d’assaut semble être, dans une certaine mesure, étrange. De nombreux analystes conviennent que les Talibans – tout en pouvant menacer ou peut-être encore contrôler une ville – ne peuvent pas tenir un centre urbain. En fait, cela a été corroboré par un exposé du Royal United Services Institute for Defence and Security Studies, basé sur les entretiens de novembre 2016 avec « sept personnages talibans bien connectés, représentant différentes circonscriptions au sein du mouvement ». Dans ce contexte, le briefing a également noté que « de nombreux commandants talibans craignent que les gains militaires ne soient pas durables » et que « les victoires tactiques soient très coûteuses », les Talibans interviewés ayant « souligné les lourdes pertes des talibans au cours des trois derniers mois [se référant apparemment à l’automne 2016] lors des combats à Farah, Faryab, Helmand, Uruzgan et Kunduz », « qui ont laissé beaucoup de combattants du mouvement se questionner sur l’utilité de ces sacrifices militaires« .

Par conséquent, cela soulève la question de savoir pourquoi les talibans se concentrent néanmoins sur l’assaut des villes. Bien sûr, l’effet de propagande de prendre une ville, même très brièvement, est immense. Cependant, d’un point de vue militaire, les coûts semblent l’emporter sur ces avantages.

Toutefois, compte tenu de l’année écoulée et des développements les plus récents de Laghman et Kunduz, il faut s’attendre à ce que les Talibans continuent à essayer de prendre les capitales provinciales tout au long de 2017. Et leur première opération majeure en 2017 pourrait très bien être lancée prochainement à Kunduz, affectant les forces américaines et allemandes qui y sont stationnées.

Franz J. Marty est un journaliste indépendant basé en Afghanistan. Il écrit sur un large éventail de sujets, mais se concentre sur la sécurité et les problèmes militaires. Il peut être suivi @franzjmarty sur Twitter.

Liens

chroniquesdugrandjeu.com : La nouvelle guerre perdue de l’oncle Sam

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À la recherche de la Russie

Publié le par Felli Bernard

À la recherche de la Russie


Saker US
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Par le Saker – Le 1er avril 2017 – Source The Saker

Que l’on aime la Russie ou non, je pense que tout le monde sera d’accord pour dire que ce pays est vraiment différent, différent d’une manière profonde et unique. Et il y a quelque vérité là-dedans. Un célèbre auteur russe a écrit que « la Russie ne peut être comprise rationnellement » (il a utilisé l’expression « ne peut pas être comprise par l’intellect »). Ajoutez à cela quelques politiciens plutôt excentriques comme Vladimir Jirinovsky, connu pour mêler des analyses très rationnelles et bien informées avec des absurdités absolues et vous avez la fameuse formule « la Russie est une devinette enveloppée dans un mystère à l’intérieur d’une énigme ». Franchement, ce n’est qu’une amusante exagération, la Russie n’est pas si mystérieuse. Elle est cependant plutôt très différente des pays européens de l’ouest, du centre et de l’est et même si un gros morceau de la Russie se situe à l’intérieur du continent européen à l’ouest de l’Oural, en termes de civilisation elle est très éloignée de ce qu’on appelle l’« Occident », en particulier l’Occident moderne.

Par exemple, la Russie n’a jamais connu de « Renaissance ». Je dirais même que la Russie n’a jamais vraiment connu de Moyen Âge puisque, en tant qu’héritière de l’Empire romain d’Orient (c’est-à-dire Byzance), ses racines plongent dans l’Antiquité. Alors qu’on pourrait sans doute décrire les phases de la civilisation occidentale selon la séquence Moyen Âge -> Renaissance -> Modernité -> Époque contemporaine, dans le cas de la Russie, elle serait beaucoup plus courte : Antiquité -> Modernité -> Époque contemporaine.

Aparté
Vous remarquerez que j’ai placé les racines de la civilisation occidentale moderne au Moyen Âge et non dans l’Antiquité. La raison en est que lorsque les Francs ont finalement conquis l’Empire romain d’Occident, ils l'ont détruit à un tel point que l’époque qui a suivi l’effondrement de l’Empire romain d’Occident est appelée l’« Âge sombre » (la Russie, soit dit en passant, n’a jamais traversé ce millénaire de ténèbres et, par conséquent, n’a jamais eu besoin d’une quelconque « renaissance » ni de « renaître »). Contrairement au récit historique officiel, la civilisation occidentale actuelle n’a jamais eu aucune racine dans l’Empire romain, et encore moins dans l’Antiquité grecque. Les vrais fondateurs du « monde occidental » étaient, à bien des égards, les Francs.

Je dirais donc que si la Russie se trouve en Europe, géographiquement parlant (du moins sa partie la plus peuplée), culturellement, elle n’a jamais partagé une histoire commune ou, encore moins, une culture commune avec l’Occident. Dire que la Russie est « asiatique » est également problématique pour deux raisons essentielles : premièrement, la Russie, en tant que culture, est née du baptême de l’ancienne « Rus » par Saint Vladimir à la fin du Xe siècle. Le type de christianisme que la Russie a reçu était romain, et non franc. Je ne crois pas que quiconque soutiendrait sérieusement que Rome ou Byzance étaient « asiatiques ». Donc les racines culturelles et spirituelles de la Russie ne le sont pas. Ethniquement parlant, la plus grande partie des Russes sont des Slaves, mélangés à des degrés divers à d’autres groupes ethniques. Et bien que je trouve personnellement la catégorie de « Blanc » d’une faible valeur analytique, je ne pense pas que quiconque soutiendrait sérieusement que les « Blancs » sont des Asiatiques. Cela nous laisse avec l’État russe, la forme de gouvernement russe, et ici, oui, je dirais que ce sont les envahisseurs tatars-mongols asiatiques (un terme inapproprié et trompeur, mais c’est celui qui est communément utilisé) qui ont créé l’État russe moderne. Le facteur qui complique les choses ici est que depuis que la Russie est devenue un Empire de style occidental sous Pierre Ier, elle a été gouvernée par une élite principalement occidentalisée qui avait plus en commun avec les élites de l’Europe occidentale qu’avec la majorité des masses russes. C’est un processus complexe et à facettes multiples qui a vu se produire de nombreux phénomènes contradictoires et nous pouvons en discuter éternellement, mais ce qui est certain est que ce processus a pris fin en 1917 avec un coup d’État bourgeois libéral (maçonnique) suivi, huit mois plus tard, d’une prise du pouvoir par les communistes et une guerre civile sanglante. Alors que ni le coup d’État de février ni la prise du pouvoir communiste en novembre n’étaient de véritables « révolutions », l’année 1917, prise dans son ensemble, a vu se produire une immense révolution : une classe dirigeante a été intégralement remplacée par une autre, totalement différente.

Je n’ai ni le temps ni l’intention de discuter de la période soviétique ici, je l’ai fait à de nombreuses reprises ailleurs, mais je présenterai seulement ma conclusion principale : il n’est pas possible de considérer la période soviétique comme la continuation de la Russie d’avant 1917. Oui, géographiquement, l’URSS couvrait plus ou moins l’ancien Empire russe et oui, la population qui vivait dans la Russie d’avant 1917 a continué à vivre dans la nouvelle Union soviétique, mais les racines de l’idéologie bolchevique/communiste dominante au pouvoir ne sont pas à chercher dans l’ancienne Russie et dans les valeurs culturelles, spirituelles et religieuses russes traditionnelles : leurs racines ont été importées d’Occident (exactement comme les principaux dirigeants de l’insurrection bolchevique). Je dirais cependant qu’en 1917, un genre d’élite occidentale (l’aristocratie) a été remplacée par une autre (le parti communiste) et que les deux étaient des « importations » et non des « produits intellectuels russes ». J’irais même plus loin et dirais que le peuple, la culture et la civilisation russes ont été persécutés pendant ces 300 dernières années et que c’est seulement avec l’arrivée de Vladimir Poutine à la tête de l’État russe que cette persécution a pris fin.

Permettez-moi de préciser immédiatement que ces trois siècles passés n’étaient pas uniformes et que certaines périodes ont été meilleures pour le peuple russe et certaines pires. Je suggérerai que la période durant laquelle Piotr Stolypine était Premier ministre (1906-1911) a été probablement la meilleure pour la Russie. Les temps les pires pour la Russie sont arrivés seulement six ans plus tard, lorsque la bande de Lénine-Trotsky s’est emparé du pouvoir et a immédiatement commencé à se livrer à une campagne génocidaire contre tout ce qui était « russe » dans un sens culturel, spirituel ou intellectuel (cette orgie sanglante ne s’est calmée qu’en 1938). Dans l’ensemble, même avec des variations très fortes, je crois que, dans un sens culturel et spirituel, la nation russe a été opprimée à des degrés divers entre 1666 et 1999 environ. Cela fait 333 ans : une longue période, quels que soient les critères.

Et puis il y a la Russie moderne, que j’appelle « Nouvelle Russie ». Ce n’est clairement pas la Russie d’avant 1917, mais pas non plus la Russie soviétique. Et pourtant, c’est une Russie qui, pour la première fois en trois siècles, s’inscrit enfin dans un processus visant à se débarrasser progressivement des modèles culturels, politiques et socio-économiques occidentaux et qui tente de réinstaurer ce que j’appelle la « sphère civilisationnelle russe ». Bien sûr, il ne faudrait pas être naïf ici : Poutine a hérité d’un système politique entièrement créé par des « conseillers » américains dont l’unique but était de continuer à opprimer et à exploiter le peuple russe. Les coûts humains et économiques des années Gorbatchev et Eltsine ne peuvent être comparés qu’aux effets d’une guerre majeure. Et pourtant, de cette horreur, a émergé un dirigeant dont la loyauté n’allait qu’au seul peuple russe et qui s’est donné pour but de libérer la Russie de ses oppresseurs étrangers. Ce processus de « récupération de la souveraineté » est loin d’être achevé, il nécessitera probablement de nombreuses années et connaîtra beaucoup de hauts et de bas, mais il a indéniablement été entamé et, pour la première fois depuis des siècles, le dirigeant du Kremlin n’est pas quelqu’un que l’Occident peut espérer soumettre ou coopter.

D’où la paranoïa hystérique à propos de Poutine et de ses méchants Russkofs.

L’Occident est terrifié par le risque très réel que, pour la première fois en 333 ans, la Russie peut redevenir vraiment russe.

Une pensée terrifiante, en effet.

Considérons le bilan de ce que nous pouvons appeler la « Russie opprimée ». Cela a commencé avec la défaite infligée par Pierre Ier à l’une des plus grandes puissances militaires européennes, la Suède, pendant la Grande guerre du Nord (1700-1721). Si vous êtes intéressé, allez voir dans Wikipédia cette liste des guerres russes entre 1721 et 1917 et soyez particulièrement attentif à ces guerres énumérées comme des « défaites » pour la Russie et remarquez qu’à l’exception de la guerre de Crimée, de la guerre russo-japonaise et de la Première Guerre mondiale, la Russie a gagné toutes ses guerres pertinentes/importantes (guerres dans lesquelles la Russie a joué un rôle essentiel ou qui étaient pour elle un enjeu capital). Personnellement, je ne considérerais pas que la Russie a perdu la guerre contre le Japon (les historiens japonais non plus, d’ailleurs), et dans le cas de la Première Guerre mondiale, la Russie s’est essentiellement auto-détruite à la veille de la victoire. Quant à ce que j’appelle la « grande guerre œcuménique contre la Russie » (elle réunissait les catholiques romains, les anglicans et les musulmans ottomans), je l’appellerais un « laid dessein » dont les pires conséquences pour la Russie ont rapidement été atténuées. Opposez cela à la guerre vraiment importante, l’agression de Napoléon contre la Russie, dans laquelle celle-ci a vaincu toute seule une coalition unissant fondamentalement toute l’Europe contre elle. Regardez cette photo d’un monument sur le lieu de la plus grande bataille de la guerre, la bataille de Borodino, et vérifiez la liste des pays alliés contre la Russie :

France
Italie
Naples
Autriche
Bavière
Berg
Saxe
Westphalie
Prusse
Hollande
Espagne
Portugal
Pologne
Suisse
Confédération allemande
Total: 20 nations
Infanterie : 145 000
Cavalerie : 40 000
Canons : 1 000

C’est-à-dire 15 pays contre la Russie. Il y avait moins d’agresseurs pendant la « grande guerre œcuménique », mais trois des agresseurs sur quatre n’étaient pas seulement des pays, mais des empires entiers : l’Empire français, l’Empire britannique, l’Empire ottoman. S’il s’agit de 15 pays contre un ou de trois empires contre un, un schéma commence à émerger. Alors que pendant la Seconde Guerre mondiale, seuls six pays ont participé à l’invasion initiale de l’Union soviétique (l’Allemagne, la Roumanie, la Finlande, l’Italie, la Hongrie, la Slovaquie), de nombreuses unités plus ou moins « volontaires » s’y sont jointes.

L’unité européenne à son meilleur, en effet.

Chaque fois que l’Europe a rassemblé toutes ses forces pour finalement vaincre, soumettre, conquérir et assimiler la Russie, celle-ci l’a emporté et n’a fait que devenir plus grande et plus forte. Cela bien qu’étant, à bien des égards, une Russie paralysée, déchirée par de profondes contradictions internes, dirigée par des élites que les masses russes trouvaient, au mieux, peu enthousiasmantes. Certes, les tsars, individuellement, étaient vraiment populaires, mais le régime, l’ordre n’étaient pas ce que je considérerais comme populaires ou représentatifs de la vision du monde et de la culture des masses russes. Et pourtant, la Russie a gagné. Encore et encore. Bien que faible.

Certains diront que c’est du lointain passé, que le monde est différent aujourd’hui, que personne en Europe ne pense plus à ces guerres. Mais ce n’est pas vrai. Pour une raison, chacune de ces guerres a été accompagnée d’une campagne de dénigrement frénétique de la Russie dans la presse et la littérature, et toutes ces guerres étaient présentées comme menées au nom des nobles valeurs européennes et contre les hordes barbares de l’Orient sauvage. Dans les années où la Russie n’a pas fait l’objet d’une attaque militaire, elle a toujours été l’objet de sanctions économiques sous un prétexte pieux ou un autre. Le roi Salomon avait raison lorsqu’il a écrit : « Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil ». Progressivement et insidieusement, la haine et la peur de la Russie sont devenues une partie de l’identité culturelle occidentale. Considérant comment l’Occident a appris à craindre une Russie paralysée et affaiblie, pouvez-vous imaginer la terreur qu’une Russie véritablement unie inspirerait ?

Savez-vous comment s’appelle le parti politique de Poutine ? « Russie unie », bien sûr.

Gardez à l’esprit que durant ces années, la Russie était dirigée par une élite désespérément pro-occidentale et que tous les dirigeants russes, de Pierre Ier à Dmitry Medvedev, sauf Alexandre III et Joseph Staline, ont voulu être acceptés comme un partenaire égal par l’Occident. Mais les élites occidentales n’avaient pas besoin d’un partenaire ou d’un allié, ce qu’elles voulaient, c’était un esclave obéissant.

Vladimir Poutine a dit tout à fait clairement qu’il n’avait aucun projet de ce genre.

À propos de Poutine, il y a quelque chose d’autre dans son règne qui le rend tout à fait unique : son pouvoir réel ne vient pas de la Constitution russe ou du fait qu’il est le commandant en chef des forces armées, du renseignement et de la sécurité russes. Si c’était vraiment le cas, les élites russes, qui sont encore largement pro-occidentales, auraient trouvé une manière de le renverser il y a longtemps, avec l’assistance de l’Oncle Sam, si nécessaire. Non, son pouvoir réel réside dans le fait indéniable que le peuple russe le reconnaît non seulement comme son dirigeant mais aussi comme son représentant, si vous voulez, à la tête de l’État russe et sur les questions internationales. Il y a une confiance personnelle, un capital politique personnel, que le peuple russe a donné à Vladimir Poutine, qui le place à part de toutes les autres personnalités politiques russes. Ce sentiment est si fort que même de nombreux anciens opposants politiques sont maintenant devenus ses partisans et que ceux qui s’opposent encore ouvertement à lui le font avec grandes difficultés et inconfort personnel.

Cette autorité personnelle de Poutine ne s’étend pas à Medvedev ou, encore moins, au gouvernement russe. Je dirais que celui-ci est largement impopulaire, comme l’est la Douma, mais le manque d’alternatives viables au pouvoir du parti « Russie unie » rend ce manque de popularité presque sans importance.

Si nous prenons le terme « monarchie » dans son sens originel de « pouvoir d’une personne » et si nous nous rappelons que de nombreux tsars étaient personnellement populaires même lorsque leurs régimes ne l’étaient pas, nous pourrions dire que le règne de Poutine est une sorte de « néo-monarchie » russe très traditionnelle et que Poutine a trouvé une manière de combiner les formes externes de la démocratie avec les caractéristiques internes de la monarchie russe. Fait intéressant, le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov a décidé de créer une garde personnelle pour Vladimir Poutine (vous pouvez lire à ce propos ici). Pour se conformer à la loi, ces gardes personnels ont tous démissionné de leur charge et ont offert leurs services à Vladimir Poutine comme personne et non au président russe.

Inutile de dire que les soi-disant « experts russes » en Occident rejettent tout cela comme un signe du gouvernement « autoritaire » de Poutine et le décrivent au mieux comme un « homme fort » et au pire comme un « dictateur ». En vérité, la peur et la haine sont très mauvaises conseillères et il n’est pas surprenant qu’ils se trompent autant. Cela dit, les « experts russes » ne sont pas payés pour comprendre la Russie, ils ne sont payés que pour la diaboliser.

Alors où est la Russie ou qu’est-elle aujourd’hui ?

À l’heure actuelle, je dirais que la Russie est à la fois une promesse et un processus. En tant que promesse, elle est très vague, il y a de nombreuses idées sur ce qu’était ou devrait être la « vraie Russie ». Elle est un idéal qui est davantage perçu que compris. En tant que processus, la Russie est beaucoup moins ambiguë : décolonisation, reconquête de la souveraineté, résistance et proclamation sans complexe d’un modèle civilisationnel unique et différent. Les temps où les Russes singeaient stupidement l’Occident sont apparemment vraiment révolus. Certains disent que l’avenir de la Russie est dans le Sud (le Caucase, l’Asie centrale, le Moyen-Orient, le sous-continent indien), certains voient le futur de la Russie à l’Est (la Sibérie et l’Asie de l’Extrême-Orient, en particulier la Chine), tandis que d’autres le voient dans le Nord (la Sibérie, de nouveau, et l’Arctique).

Mais personne ne le voit plus en Occident.

Évidemment, ce n’est pas la manière dont beaucoup d’Européens voient les intentions de la Russie. Les Polonais et les Baltes, en particulier, restent éveillés la nuit par des cauchemars d’invasion russe de type conventionnel ou « hybride ». Cela me rappelle une blague russe qui dit à peu près ceci : un homme se promène dans la rue lorsqu’une femme à son balcon hurle soudain : « Au secours ! Cet homme est sur le point de me violer ! » L’homme, déconcerté, lève la tête et dit : « Chère Madame, vous êtes folle. Je n’ai aucune intention de vous violer. D’ailleurs, je suis ici dans la rue et vous êtes au-dessus de moi à votre balcon ». À quoi la femme rétorque : « Peut-être, mais je m’apprête à descendre ! ». Exactement comme cette femme, les Polonais et les Baltes, peut-être mus par un profond sentiment de culpabilité mêlé à un vieux complexe d’infériorité, tentent-ils péniblement de se convaincre que la Russie veut vraiment les envahir. La Russie, bien sûr, n’a absolument aucun besoin de plus de terres et encore moins  de la population férocement hostile et carrément psychotique de ces pays. En réalité, le projet russe pour ces pays est simple : tout simplement acheter les États baltes et laisser les Polonais et les Allemands profiter de leur traditionnelle lune de miel. D’une point de vue russe, ces pays et ces peuples ne sont pas des prix convoités mais des charges inutiles.

En revanche, la Russie ne peut pas ignorer l’Ukraine, surtout pas une Ukraine occupée par des nazis. Quant au reste de l’Europe, il restera toujours un important marché pour la Russie et un endroit que les Russes se plairont à visiter, en particulier l’Europe du Sud et méditerranéenne. La dernière chose dont la Russie a besoin c’est une guerre, en particulier une guerre inutile et potentiellement dangereuse, avec l’Occident. Enfin, il est probable que la Russie cherche à établir des relations étroites avec les pays du sud de l’Europe qui n’ont jamais vraiment voulu mener une politique anti-russe, notamment la Grèce et la Serbie. Donc, tout en n’étant plus une priorité, l’Occident ne deviendra jamais sans importance.

Le plus difficile et aussi le plus intéressant à deviner est ce que la Russie deviendra sur le plan interne. Probablement pas une monarchie, du moins pas dans un avenir prévisible. Le dernier sondage suggère fortement qu’une majorité de Russes ne veulent pas échanger un système républicain démocratique pour une monarchie. D’ailleurs, dans un pays où les chrétiens orthodoxes vraiment religieux sont une minorité, une monarchie aurait réellement très peu de sens. Le problème avec le système actuel est qu’il est entièrement basé sur la personne de Vladimir Poutine. En fait, je dirais qu’il n’y a pas de « système actuel » du tout, il y a seulement une personne, Vladimir Poutine, qui, alors qu’il est immensément populaire, doit traiter tous les nombreux problèmes russes, « en mode manuel » – donc personnellement. Dès que quelque chose échappe à son attention personnelle, les choses se gâtent. Ce n’est tout simplement pas un système viable. Et pour aggraver encore les choses, il n’y a aucun successeur crédible de Poutine en vue. Si quelque chose lui arrivait demain matin, la crise qui frapperait la Russie serait immense. Ajoutez à cela que les Russes ont une longue histoire de bons dirigeants auxquels ont succédé des médiocres et vous verrez combien l’actuel « one man show » est une menace grave pour l’avenir. Je dirais par conséquent que le développement d’un véritable système politique russe (par opposition à un dirigeant individuel) devrait être considéré comme l’une des priorités stratégiques les plus importantes pour les Russes qui ne veulent pas que leur pays redevienne une colonie occidentale. Hélas, la bataille entre les « intégrationnistes atlantistes » (les gens de Medvedev) et les « souverainistes eurasiatiques » (les gens de Poutine) laisse très peu de temps pour ce genre d’effort.

Donc oui, « la Russie est de retour », mais elle est encore très vacillante sur ses pieds et incertaine quant à l’endroit où aller ensuite. En ce moment, son avenir dépend du sort d’un seul homme et c’est extrêmement dangereux.

Article original paru sur The Unz Review

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Clair-obscur

Publié le par Felli Bernard

Clair-obscur

10 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis

La poussière commence doucement à retomber, mais l'image reste toujours aussi floue et nous ne sommes pas plus avancés. Les observateurs restent perplexes, désarçonnés presque, même si à peu près tout le monde s'accorde sur le fait qu'il ne reste que deux thèses, celles que nous présentions dans notre dernier billet : entente Trump-Poutine sur le dos de l'Etat profond américain ou changement radical du Donald, finalement happé par le système impérial.

Certains sautent hardiment le pas et prennent parti pour l'une ou l'autre thèse mais, à vrai dire, sans beaucoup d'éléments en main. Pour notre part, contentons-nous pour l'instant de donner quelques pistes de réflexion...

  • Les 36 missiles manquants

C'est l'un des aspects les plus curieux de l'affaire. Les Américains, tout pleins de leur gloriole habituelle, ont affirmé que 58 des 59 Tomahawks lancés avaient touché au but et que la base était "presque entièrement détruite". En réalité, les avions syriens redécollaient de la même base quelques heures après seulement et les Russes ont démontré, preuves à l'appui (photos et vidéos de drones, cartes), que seuls 23 missiles étaient arrivés à bon port. Où diable sont donc passés les 36 autres ?

Première hypothèse : ils se sont perdus dans la nature. Même si le Tomahawk est un vieux missile, cela paraît quand même tiré par les cheveux. 39% de réussite serait une gifle pour l'armée américaine, surtout face à la redoutable efficacité du Kalibr. Et comment expliquer dans ce cas-là que les autres aient visé si juste, c'est-à-dire sur les cibles secondaires de la base ?

Deuxième hypothèse : ils ont été descendus ou détournés par les systèmes anti-missiles russes. Là, ça commence à devenir alléchant. Dans une intéressante interview, d'où transpire d'ailleurs une sorte de tranquille sérénité, des spécialistes militaires russes affirment que la défense anti-aérienne syrienne n'était pas (encore) capable de résister au barrage de Tomahawks. Si on lit entre les lignes, on a comme l'impression d'un message subliminal : c'est nous qui avons dû le faire...

Un morceau de missile retrouvé dans un jardin de Tartous pourrait indiquer que les systèmes russes sont effectivement passés à l'action (rappelons que la ville est le siège de la base navale, évidemment protégée par des Pantsir, S-300 et S-400). Or une partie des systèmes de défense n'étaient pas activés, notamment les S400 apparemment. Si rien qu'avec quelques Pantsir, et en ayant sans doute sciemment laissé passer quelques projectiles, les Russes ont réussi à dégommer plus de 60% de la salve américaine, que sera-ce maintenant que les "monstres" entrent en mode combat ?

Dans ces conditions, on comprend mieux l'assurance russe. Fin de l'accord sur la prévention des incidents dans le ciel syrien (ce qui, rappelons-le, fera de tout avion US mais aussi israélien une cible potentielle), discours assez virulent du pourtant placide Medvedev, tirs sur un drone américain par l'armée syrienne et, aujourd'hui, avertissement irano-russe très sec si Washington franchit à nouveau ce qui est maintenant qualifié de "ligne rouge" : « Désormais, toute agression, quel qu'en soit l'auteur, fera l'objet d'une réponse par la force – et les Etats-Unis connaissent les moyens dont nous disposons pour cela ». Ambiance, ambiance...

Tout cela ne semble pas corroborer l'idée d'une entente poutino-trumpienne sur le dos du système impérial, même si certains pensent qu'il s'agit ici encore d'une collusion secrète. Voir par exemple cette thèse quelque peu iconoclaste mais néanmoins intéressante qu'un lecteur a eu l'obligeance de porter à mon attention :

En substance, il y est dit que la Russie voire même l'Iran auraient pu tester leurs systèmes anti-missile sur les Tomahawks en guise d'apéritif, Tomahawks sciemment mis à disposition par le Donald qui préfère s'en débarrasser dans une opération grand spectacle plutôt que de les démanteler. L'idée est séduisante et rejoindrait le fait qu'une partie des missiles soient arrivés à bon port sur des cibles ne gênant pas l'armée syrienne tandis que l'autre (les 36) a été détruite par les Russes. Chacun y retrouve son compte en quelque sorte. Sauf que cela ne cadre pas vraiment avec l'atmosphère générale qui se dégage de toute cette affaire...

  • Trump est mort, vive Cretinho ?

Un passionnant article du toujours très informé Robert Parry dévoile de l'intérieur la prise de décision. Il y aurait eu une vive lutte dans les hautes sphères du pouvoir et une gêne évidente parmi la communauté du renseignement, persuadée de l'innocence d'Assad dans l'événement chimique. A la Maison Blanche, un combat à couteaux tirés eut lieu entre d'un côté Steve Bannon et Jared Kushner (!) et, de l'autre, le conseiller à la sécurité nationale, le néo-con McMaster. Finalement, Cretinho s'est rangé à l'avis de la clique de ce dernier, souhaitant alléger la pression du Deep State à son égard.

Arrêtons-nous un instant sur Kushner, gendre juif orthodoxe de Trump et sioniste fervent, qui a pourtant pris le parti de son ennemi personnel Bannon et conseillé à son beau-père de tout déballer sur la Syrie : l'intox de la Ghouta et la manip de Khan Cheikhoun la semaine dernière ! Le népotique Trump n'allant pas se débarrasser de sa famille, le Jared devrait selon toute vraisemblance rester à la Maison Blanche et, s'il n'est pas lui-même récupéré, tout espoir n'est donc pas tout à fait perdu pour le futur. D'autant que Bannon et Kushner ont enterré la hache de guerre, peut-être rapprochés par l'affaire syrienne d'ailleurs.

Mais, malgré l'optimisme de certains, on ne peut que craindre que le marais ait gagné la partie, au moins temporairement. Tillerson devient franchement pesant, Goldman Sachs fait une OPA sur la Maison Blanche, certains anciens conseillers s'en mêlent (comme ce Walid Phares qui propose de créer une "Syrie libre" dans l'est une fois libéré de Daech), on prépare sans rire des sanctions contre Damas et la harpie représentante à l'ONU se comporte en Samantha Powers bis. En passant, revoyons pour le plaisir comment cette tête-à-claque s'est fait démolir sur pied à l'ONU par le représentant bolivien :

Ce bon moment ne doit cependant pas nous cacher la tendance qui se profile à Washington. Les soutiens traditionnels de Trump ne s'y trompent d'ailleurs pas : c'est une véritable hémorragie.

Des blogueurs influents l'abandonnent, des soutiens de la première heure le quittent, son retournement de veste est moqué, l'Alt-Right commence à manifester contre lui, son ami Farage s'en détache et un groupe de hackers (ou un nouveau lanceur d'alerte solitaire, on ne sait pas très bien) a même mis en ligne des mots de passe secrets de la NSA pour protester contre "la trahison de Trump". En un mot comme en cent :

L'historien John Laughland se lâche dans un article de haute volée. Extraits :

Le revirement de 180 degrés du président Trump sur la Syrie met fin à toute illusion sur sa présidence. Loin de représenter une révolution, son élection l'an dernier n'est que la énième preuve que le processus démocratique est aujourd'hui incapable d'effectuer de vrais changements dans la vie politique des grands Etats, tant les grandes lignes de cette politique sont fixées par un appareil de l'Etat qui, lui, ne change jamais (...)

La politique du chaos, qui a caractérisé l'action des présidents Obama, Clinton et Bush fils, va donc continuer, sans interruption, sous Trump. Les frappes aériennes sont, une fois de plus, un outil pour donner l'apparence d'une virilité en réalité inexistante. Avec son attaque intempestive, l'homme fort de la Maison blanche s'est montré au contraire un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de faire de lui la risée du monde. Une fois de plus, les électeurs ont été trompés par un homme qui, se présentant comme un révolutionnaire, une fois élu fait le contraire de ce qu'il a promis. Jamais la prédiction lugubre du prince de Lampeduse n'aura été si vraie : il fallait que tout change pour que rien ne change.

Game over, Trumpie ? L'histoire récente est tellement pleine de rebondissements qu'il convient de garder un minimum de prudence. Il n'est d'ailleurs pas impossible que cet impressionnant abandon de ses soutiens les plus déterminés, ce sauve-qui-peut généralisé de sa base ne provoque en lui une réaction. Il ne peut pas ne pas savoir ce qui se passe, il ne peut pas ne pas connaître l'immense déception de ceux qui ont voté pour lui...

Mais quand bien même il reviendrait à de meilleurs sentiments, n'est-ce pas trop tard ? Il a relancé la machine de l'Etat profond et, comme nous le disions il y a trois jours, Cretinho restera désormais prisonnier de son discours. Il aurait pu dévoiler à la face du monde l'intox des "attaques chimiques" et par là-même démolir un pan entier de la rhétorique du système impérial. Cette chance unique est passée...

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Guerre en Syrie: Le projet occidental que l'on vous cache

Publié le par Felli Bernard

Guerre en Syrie: Le projet occidental que l'on vous cache

Publié par wikistrike.com sur 8 Avril 2017, 09:13am

Catégories : #Politique internationale

Guerre en Syrie: Le projet occidental que l'on vous cache

Suite à l'attaque US, revenons sur un projet occidental source des maux syriens

 

 

Hormis la contrôle de la route de la soie, l'autre enjeu de la guerre en Syrie - et plus largement la déstabilisation du Proche-Orient et du Maghreb - est avant tout énergétique. Explications:

 

 

Par Joseph Kirchner

La Syrie a trouvé une solution malgré les nombreux morts entre soldats gouvernementaux et rebelles - presque 300 en une semaine et 170 en seulement deux jours – grâce un accord soutenu par les russes sur la destruction des armes chimiques qui devrait se déroulaient en mer, dans les eaux internationales. La Syrie était le blocage principal pour l’OTAN et l’UE dans la perspective de la création d’un gazoduc intercontinental.

Celui-ci est construit en deux étapes :

-La première déjà effectuée relie désormais l’Egypte, la Libye, la Tunisie pour remonter par voie sous-marine vers l’Europe et l’Italie. Le Printemps arabe est « étrangement » bien tombé. Grâce à l’appui des islamistes, les travaux ont fort avancé. Plus que le pouvoir offert par l’Occident, ils auront leur part. Notons que les islamistes ont pris la tête des pays suivants en une semaine: Libye, Tunisie, et Egypte. Cependant, ce dernier pays a vu le peuple et l’armée renverser les Frères Musulmans. Les Etats-Unis, via leur allié préféré dans le coin, la Turquie, tentent néanmoins de reprendre le contrôle de la situation.

-La deuxième phase devrait prochainement relier la Tunisie à l’Algérie pour remonter vers l’Espagne et nourrir ainsi l’ouest de l’Europe en gaz.

L’utilité du gazoduc est crucial, il permettra à l’Union Européenne de ne plus dépendre du géant russe Gazprom. Ce qui signifie que, grâce à lui, l’Europe acquiert une certaine indépendance énergétique, et par la même, obtient quelques économies non négligeables en temps de crise, une crise que vous me direz inventée pour la seule raison qu’elle n’existe que dans le portefeuille des peuples.

De cette nouvelle source énergétique, évidemment, vous n’en verrez quoi que ce soit sur vos factures, le but n’étant pas de réduire celles-ci mais d’augmenter les richesses du privé et des politiciens corrompus jusqu’à la moelle.

Nonobstant l’accord syrien sur les armes chimiques, la guerre se poursuit, l’UE continue à verser des sommes astronomiques aux grands pays totalitaires du Proche et Moyen Orient en échange d’hommes dans ce conflit. L’Arabie Saoudite ou le Qatar peuvent être cités en exemple.

Pourquoi la Syrie est-elle si importante dans le projet de ce gazoduc américano-européen ?

Parce qu’il prend pour origine la Syrie, sans elle, aucun gazoduc ne se peut ni donc aucune indépendance énergétique.

Pourquoi continuer à guerroyer tandis qu’un accord a été trouvé ?

Parce que la signature de cet accord n’a pour but que d’attendrir l’occident et l’Asie sur ce qui est une véritable tragédie humaine. Il fallait un « semblant d’accord » face aux images. Mais l’objectif reste inchangé pour l’Europe, virer Bachar al-Assad, et dévier ses richesses ; et le même pour Moscou, ne pas se laisser faire et asseoir sa domination gazière sur le vieux continent.

Les menaces d’une intervention militaire ont certainement permis d’éviter le pire, ce qu’aucun parti ne souhaitait, mais révèle l’immensité des tensions entre russes et américains. Il faut dire que l’enjeu va de pair avec l’importance des menaces : navires de guerre, soldats déployés en Jordanie et en Turquie par l’UE et les USA, et navires et menaces ukrainiennes, entre autres, brandit par la Russie.

La signature, vous l’aurez compris, nettoie l’opinion publique, pourtant, la Syrie tombée dans l’oubli médiatique connaît un nombre record de morts dont les chiffres peinent à percer. Le combat pour la Syrie est toujours en cours.

L’Algérie, prochaine cible

Si cela ne marche pas d‘un côté, on passe de l’autre. Ainsi, il est probable que l’Algérie soit le prochain pays sur la liste. Il ne fait aucun doute que ce pays approche de la guerre. Leur Président Bouteflika décédé, les USA et l’UE préparent en secret la guerre civile. Un gouvernement de transition a même déjà été créé en France il y a de cela trois ans. Le pays est par ailleurs encerclé par l’OTAN. Un commandement avancé des USA a été construit à la frontière avec la Libye, des GI ont pris place en 2013 à la fois dans le sud de l’Espagne et dans le sud de l’Italie. Les pions positionnés, il ne reste qu’à attendre… Mais pas trop longtemps, cela coûte cher.

Le gazoduc en question est la SOURCE des évènements dans le nord-Afrique et en Syrie.

La France, qui espère ne pas se laisser prendre la « nouvelle merveille » qui est le gazoduc, a pris ses marques au Mali. C’est évidemment pas demain que les soldats français quitteront ce territoire islamisé par la France elle-même, car c’est bien le Qatar qui a importé ces islamistes au Mali, en les payant pour déstabiliser la contrée et permettre l’envoi d’hommes tricolores.

Les USA au nord, les français au sud, l’Algérie est sur la sellette.

USA, Europe, Arabie, Qatar sont de faux amis, s’ils font la route ensemble grâce à l’OTAN d’un côté, grâce à la main d’œuvre et l’argent de l’autre, chacun voudra sa paie, reste à savoir comment se fera le partage.

 

En politique, rien n’est hasard, tout est stratégie, la manipulation des masses pour patrie.

 

Joseph Kirchner pour WikiStrike.

 

"Si vous lisez ceci, c'est que vous êtes la résistance"

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[Vidéo]Trump dans le bourbier syrien, par Bassam Tahhan

Publié le par Felli Bernard

9
Avr
2017

Intéressante interview de Bassam Tahhan, professeur de lettres arabes, islamologue et politologue franco-syrien né en Syrie (interviewé aussi précédemment ici par France info et là par France 24).

Source  : Youtube, Bassam Tahhan, 07-04-2017

Analyse de Bassam Tahhan, spécialiste du Moyen-Orient et de la Syrie, interviewé par Frédéric Saillot le 7 avril 2017

Source  : Youtube, Bassam Tahhan, 07-04-2017

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L’administration Trump est frappée de folie néocon

Publié le par Felli Bernard

L’administration Trump est frappée de folie néocon


Saker US
Saker US

Par le Saker – Le 5 avril 2017 – Source The Saker

Oh la la, il n’a pas fallu longtemps. Comme je l’écrivais en février, les néocons et l’État profond ont complétement châtré Trump. Voyez seulement ces deux titres de RT (et lisez les articles) :

‘It crossed a lot of lines’: Trump on alleged chemical gas attack in Syria [’De nombreuses lignes ont été franchies’ : Trump sur une prétendue attaque au gaz en Syrie].

‘We are compelled to take own action’ if UN fails in Syria – US envoy [’Nous serons obligés de prendre des mesures’ si l’ONU échoue en Syrie – Envoyé américain].

Franchement, j’ai envie de dire « CQFD – je n’en dirai pas plus » et de cesser d’écrire ici. Mais je ne le ferai pas, c’est trop sérieux.

Commençons par définir le contexte. Les Syriens ont renoncé à leurs armes chimiques il y a trois ans (grâce à la Russie). Les Syriens ont également à peu près vaincu l’agression anglosioniste-wahhabite contre leur pays (grâce à la Russie, à nouveau). Il y a une nouvelle (sorte d’)administration au pouvoir aux États-Unis (certains disent que c’est aussi grâce à la Russie), qui semblait avoir renoncé à renverser Assad. Et exactement à ce moment, supposé être une pure coïncidence,

  1. les forces syriennes ont utilisé des armes chimiques
  2. dans un endroit rempli d’enfants
  3. et de beaucoup de gens avec des caméras.

Pensent-ils vraiment que nous sommes stupides à ce point ?

Mais, bien sûr, il ne s’agit pas de nous. Il s’agit de Trump. Et lui, hélas, se révèle être la nouille trop cuite qu’il a été, eh bien, depuis le premier jour et ensuite : flasque, confus et sans colonne vertébrale. Et oui, il semble vraiment stupide, en particulier son soi-disant « plan » pour vaincre Daech (voir plus loin).

Et peu importe que des experts russes aient averti depuis longtemps que les « bons terroristes » détenaient des munitions chimiques. Bah ! Qui s’en soucie ? D’ailleurs ce sont les mêmes Russkofs maléfiques qui ont été maintenant « démasqués » grâce au rapport de la CIA sur les « agents étrangers ».

Nous savons tous que les Anglosionistes sont des gens pacifiques, timides et généralement gentils. C’est pourquoi nous pensons d’eux qu’ils sont l’« Axe du Bien ». La seule manière de leur forcer vraiment la main et de les pousser à utiliser leur « meilleure armée au monde » est de leur montrer des enfants morts. Comme au Koweit, en Bosnie, en Irak, en Afghanistan, en Libye, et maintenant en Syrie. Cela et des femmes violées pour des motifs politiques (en Bosnie, en Libye – et bientôt en Syrie, je suppose). C’est une bonne chose que la dernière atrocité commise par le « régime syrien » ait été portée au grand jour et qu’elle ait impliqué des quantités d’enfants mourant de manière horrible !

Maintenant, les Américains vont détruire le village pour le sauver.

Sauf qu’ils ne le feront pas.

Beaucoup d’articles ont spéculé sur ce que sera le « plan Trump » pour vaincre ISIS/Daech. Je ne prendrai même pas la peine d’en faire la liste ici. En clair, son plan n’est pas… – comment dire – très compliqué :

  1. Augmenter le nombre de troupes américaines déjà présentes en Syrie;
  2. Offrir aux Kurdes leur propre région autonome en échange de servir de chair à canon pour Oncle Sam;
  3. Libérer Raqqa comme signe tangible de succès.

En vérité, il n’y a ici rien de nouveau. Ce n’est qu’une version réchauffée du plan même d’Obama (les grands esprits se rencontrent, et de même pour les pas si grands esprits, apparemment).

Voyez-vous le problème avec ce plan ?

Laissez-moi vous aider. Problème no 1 – aucune résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ne le soutiendra. Le gouvernement syrien non plus. Mais qui s’en soucie, n’est-ce pas ? Nous savons déjà ce que Nikki Haley en pense : une fois de plus, les États-Unis violeront avec arrogance le droit international sous le prétexte qu’ils « sont contraints d’agir ». Bienvenue en Bosnie et en Croatie ! C’est de nouveau 1994 ! Nous vivons aujourd’hui à l’ère de la « RTP – la responsabilité de protéger ». RIP le droit international. Mais ce n’est là qu’un problème « mineur ». Le vrai problème est simple.

Outre les Syriens eux-mêmes, les Russes, les Iraniens et les Turcs sont catégoriquement opposés à un tel plan. Et il se trouve que ces quatre pays représentent la force militaire écrasante en Syrie, et tous ont déjà des bottes sur le terrain (et des systèmes de défense aérienne). Pour la Turquie en particulier, un tel plan est un casus belli, ils l’ont déjà dit à de nombreuses reprises. Je ne suis pas un grand fan de la Turquie ou d’Erdogan (bien que j’aime les Turcs eux-mêmes), mais je dois admettre que si Trump allait de l’avant avec ce plan maladroit, ils n’auraient pas d’autre choix que la guerre ou la guerre civile. Très probablement une combinaison des deux.

Ensuite il y a les Kurdes. En fait, à bien des égards, je me sens désolé pour eux et je les admire. Mais ils doivent réaliser les dangers immenses qu’il y a à accepter le plan américain. D’abord, cela signifie qu’ils seront de la chair à canon en première ligne contre Daech, qui s’avère être l’une des armées d’infanterie les mieux entraînées et expérimentées dans la région. Mais pire, les Kurdes commettront-ils la même erreur historique que les Albanais du Kosovo, qui ont lié à 100 leur avenir à Camp Bondsteel et qui seront instantanément à nouveau envahis par la Serbie sitôt que l’OTAN ou les États-Unis s’en iront (ce qu’ils feront inévitablement tôt ou tard).

Il y a une raison pour laquelle les États-Unis soutiennent toujours les minorités partout : parce qu’en acceptant ce soutien et en s’appuyant sur lui, ces minorités sont toujours devenues complètement dépendantes des USA. Cela, à son tour, signifie que les États-Unis peuvent utiliser ces minorités de toutes les façons qu’ils veulent, « sinon… ». Et comme les Américains s’en vont tôt ou tard, le « sinon… » survient inévitablement toujours.

Je soutiens que ce serait de la pure folie pour les Kurdes de commettre la même erreur. Oui, bien sûr, ils veulent leur autonomie et/ou leur propre pays. Mais ils doivent comprendre que la seule manière viable d’atteindre l’un ou l’autre de ces objectifs est de négocier avec leurs voisins, et pas avec quelque responsable américain ignorant qui les oubliera sitôt qu’il leur aura promis la lune. Je rappellerais ici aux Kurdes une vieille tradition étasunienne : dès que les choses se gâtent, les Américains « crient victoire et s’en vont ».

Cela signifie aussi que les Kurdes pourraient avoir à se contenter de moins que ce qu’ils veulent. La politique est l’art du possible. Mais si le choix se situe entre une certaine autonomie limitée mais viable et une complète indépendance suivie d’une guerre inévitable contre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, je pense que la première solution est la meilleure possible. Cela même si nous supposons que les Kurdes décident d’essayer l’« option kosovare ».

L’Iran est la première puissance militaire sur le terrain. Et le Hezbollah. Les Syriens combattent, je le concède. Mais ils tiennent et font des efforts supplémentaires, et certaines de leurs meilleures unités sont effectivement assez bonnes. Quant aux cieux au-dessus de la Syrie, ils sont russes.

Jusqu’à présent, les Américains n’ont pas réchauffé l’idée de « zone d’exclusion aérienne », mais ils le pourraient, puisque tout cela est idiot à l’extrême. D’ailleurs, je ne peux tout simplement pas imaginer des généraux étasuniens acceptant de déployer leurs forces en Syrie sans couverture aérienne (au cas où vous ne le sauriez pas, le soldat américain ne peut pas combattre sans couverture aérienne. Il ne le fera pas. C’est : « Une couverture aérienne pour moi ou je ne combats pas »). Cependant, une couverture aérienne pour les forces étasuniennes en Syrie implique un accord tacite avec les Russes et les Syriens, quelque chose dont jouissent apparemment les Israéliens, ou un risque immense pour les avions de l’US Air Force et de la Marine. Donc nous en revenons à la négociation avec les Russes et, via les Russes, avec les Syriens.

En fait, je vous parie que c’est ce que font les Américains en ce moment. Négocier tranquillement avec les Russes. Problème : les néocons haïssent la Russie et tout ce qui est russe. Et ils exècrent Poutine. Donc comment le Département d’État ou la Maison Blanche négocient-ils avec les Russes, pendant qu’au même moment, le Congrès, les médias américains et la CIA sont tous engagés dans une campagne de haine hystérique et paranoïaque contre la Russie ?

Donc voici l’énigme de Trump : il a désespérément besoin que les véritables ennemis de Daech – la Russie, l’Iran et la Syrie – acceptent son plan mais, en même temps, il est trop contrôlé pour attaquer cette campagne de haine contre, eh bien, la Russie, l’Iran et la Syrie à l’intérieur des États-Unis.

Les néocons, apparemment soutenus par la CIA et le Pentagone, veulent y aller en solo : seulement mettre la Syrie à feu et à sang dans le style « OK Corral » et ils semblent convaincus qu’ils peuvent d’une manière ou d’une autre pousser les Russes, les Iraniens et les Syriens à la soumission en les terrorisant. Si c’est ça, ils sont à la fois stupides et ignorants. Ou il y a une possibilité encore pire : les néocons savent que ce plan aboutira à un désastre, mais ils veulent que Trump fasse la guerre de toute façon parce qu’ils veulent détruire sa présidence. C’est presque élégant, dans la perversion.

Ce qui est sûr, c’est que vous ne verrez jamais un néocon combattre en première ligne. Ni eux ni leurs enfants ne mourront, quoi qu’ils fassent. Ou c’est ce qu’ils croient. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles ces néocons sont le plus grand danger pour les États-Unis et le peuple américain : ils méprisent le véritable peuple américain et ils n’hésiteront pas à le sacrifier en grand nombre, si nécessaire (9/11 quelqu’un ?).

C’est pourquoi tant d’Américains ont voté pour Trump et sa promesse de « drainer le marécage ».

Hélas, c’est le marécage qui a évacué Trump et tout est revenu à la « normale ».

Alors que va-t-il se passer ensuite ? Mon espoir le plus cher : rien. Absolument rien. Tant que les Américains parlent et tant qu’ils ne font rien, il pourrait y avoir de véritables progrès en Syrie (Daech perd déjà la guerre !). J’espère que les Kurdes, vous savez, « essayeront, feront un essai, en quelque sorte » puis s’arrêteront avant que les choses ne deviennent critiques. Si les Kurdes décident vraiment de combattre pour Oncle Sam, j’espère qu’ils garderont à l’esprit le fait que les États-Unis se débarrasseront d’eux dès que Raqqa sera libérée, tout simplement parce créer vraiment une sorte d’autonomie pour les Kurdes contre la volonté de la Syrie, de l’Iran et, le plus important, de la Turquie pourrait aboutir à ce que Erdogan claque vraiment la porte de l’OTAN et que la Turquie quitte l’Alliance. Si cela se produisait, la seule option qui resterait à la Turquie serait une forme d’entente, et peut-être même d’alliance, avec la Russie et l’Iran. Les divers scénarios à effet domino sont presque infinis et rien n’est vraiment impossible.

En ce moment, les Américains sont encore en train de libérer Mossoul. Je suppose que s’ils y restent assez longtemps, ils finiront par réussir, au moins pendant un certain temps. Je ne les vois pas contrôler vraiment la ville longtemps. Ils construiront peut-être une « forteresse consulaire » étasunienne comme à Bagdad ou à Kaboul, mais cela ne voudra pas dire qu’ils contrôlent la ville. S’ils ont l’intention de libérer Raqqa en autant de temps que cela leur a pris pour libérer Mossoul, cela peut durer très, très longtemps.

Il y a une possibilité plus effrayante : les États-Unis commencent leur opération en Syrie, se heurtent à des problèmes puis entament le cycle infini d’escalades et de doublement de la mise. Tôt ou tard cela signifie s’affronter avec les Russes et cela pourrait très vite mal tourner. Un affrontement direct avec l’Iran aurait également des conséquences imprévisibles. Si cela se produit, beaucoup d’Américains mourront.

En supposant qu’il y ait encore quelqu’un de rationnel et de sain d’esprit jouissant de suffisamment d’influence dans l’administration Trump, toute cette folie peut encore être stoppée. Il y a également la possibilité très réelle que la lutte actuelle au sein des élites américaines dévore tellement d’énergie que personne n’aura vraiment le temps et les forces de s’engager dans des opérations militaires très risquées à l’étranger. Et si tout le reste échoue, peut-être quelqu’un suggérera-t-il à Trump qu’une intervention militaire unilatérale en Syrie est pure folie et lui coûtera sa présidence. Peut-être est-ce un argument qu’il comprendra.

2018 sera une année très difficile. Je ne pense pas qu’il y ait le moindre espoir pour un vrai changement dans la politique des États-Unis et j’ai peur que nous devions apprendre à vivre avec une sorte d’Obama 2.0 ou quelque autre forme de « néo-néoconisme ».

C’était vraiment bon d’espérer pendant un moment. Maintenant nous devons accepter que nos espoirs ne se concrétisent jamais et reprendre le combat.

The Saker

PS: Je viens d’apprendre, comme je l’avais prédit, que Bannon a été renvoyé du Conseil de sécurité nationale des États-Unis. Voyez vous-mêmes. Maintenant, le coup d’État contre Trump est entièrement accompli. Et Bloomberg se réjouit que « le directeur du renseignement, le président du Comité des chefs d’état-major, soit promu ». Vous m’en direz tant ! C’est cuit, les gens, les néocons ont totalement écrasé Trump. Et il ne les a même pas combattus à moitié…

Commentary Mag crie déjà victoire, comme si c’était de nouveau Pourim.

Le Saker

Mise à jour :

Trump donne l’ordre d’attaquer militairement la Syrie – un moment crucial pour la Russie

Par le Saker – Le 7 avril 2017 – Source The Saker

Nous avons finalement la réponse à l’importante question de savoir si Trump était pour de bon un imposteur : il vient d’ordonner une frappe de missile de croisière sur la Syrie. Les mots me manquent pour exprimer mon dégoût total à l’égard de Trump.

Tout ce que je veux dire est ceci : c’est un moment aussi crucial que celui de l’agression États-Unis/OTAN contre la Yougoslavie en 1999. Lorsque cela s’est produit, Evgueni Primakov, alors Premier ministre de Russie, alors dans l’avion qui l’amenait à une visite officielle à Washington DC, a ordonné à son pilote de faire demi-tour.

La Russie doit annuler la visite prévue de Rex Tillerson à Moscou, prévue pour les 11 et 12 avril.

Ce n’est pas le moment des affaires comme d’habitude. Il ne peut y avoir d’excuse.

The Saker

Traduit par Diane, vérifié par Julie, relu par Hervé pour le Saker francophone

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