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On peut encore débattre en France : oui, mais…

Publié le par Felli Bernard

On peut encore débattre en France : oui, mais…

Le contradicteur est immédiatement perçu comme un ennemi.

Philippe Bilger

Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole

A l’initiative de l’hebdomadaire Marianne, une réunion est organisée à la Mutualité sur le thème suivant : Peut-on encore débattre en France ?

A cette question basique, une réponse évidente. Oui, on peut encore débattre en France. Cette interrogation n’aborde pas le véritable problème qui se rapporte au point de savoir qui a le droit de débattre et comment il convient de débattre.

Je relève déjà que, pour cette manifestation, un certain nombre de personnalités ne seront pas présentes, soit parce qu’elles ont refusé comme Michel Onfray soit parce qu’on ne les a pas invitées. Une telle soirée privée notamment du brillant esprit libre que je viens d’évoquer, d’Alain Finkielkraut et d’Eric Zemmour perdra forcément de son lustre, tant ceux-ci sont naturellement reliés à ce qui va préoccuper l’assistance à la Mutualité.

Tout le monde n’a pas le droit de débattre. Je suis frappé par la pauvreté quantitative qui affecte l’espace médiatique se vantant pourtant de sa faculté à organiser et promouvoir des échanges au service de la démocratie. […]

On peut compter sur les doigts d’une seule main ceux qui participent, quasiment avec leur rond de serviette, aux émissions qui sont destinées à faire réfléchir le citoyen mais qui en réalité, souvent, cultivent un entre-soi sans imagination ni vigueur. De gauche ou de droite, on est d’abord journalistes et copains.

Pour C dans l’air, dont le succès heureusement ne se dément jamais grâce à Caroline Roux et Yves Calvi, la présence constante de Claude Weil et de Christophe Barbier pourrait prêter à ironie alors que, sans les offenser, il y a des intelligences et des libertés qui pourraient les remplacer. On retrouve l’inévitable Claude Weil en alternance avec Carl Meeus dans C politique que j’apprécie au plus haut point parce que Caroline Roux est à la fois pugnace et polie.[…]

Cet univers étriqué est d’autant plus choquant qu’il n’est pas bouleversant de talent ni d’audace intellectuelle et politique.

Je pourrais continuer à prendre des exemples. Ils seraient mal acceptés parce qu’en France on veut bien dénoncer des emprises, des monopoles, des appropriations et confiscations mais il convient qu’ils demeurent abstraits et indolores. On n’a pas le droit de nommer. Alors que là réside l’authentique courage.

On peut débattre en France mais on débat mal. Non seulement entre-soi mais de plus en plus en disqualifiant moralement au lieu de contredire intellectuellement. On ne combat pas l’idée mais celui ou celle qui la profère.

Dénoncer une absurdité dite par un juif, on est antisémite ! Par un musulman, on est islamophobe ! Par un chrétien, on est christianophobe. Ne pas trouver que Charlie Hebdo est génial, on devient un suppôt de ce terrorisme odieux qui a massacré ! Réclamer l’équité médiatique et l’honnêteté pour Robert Ménard, on est au FN ! Défendre Nadine Morano, on est abject […] ! Les odeurs ont remplacé les argumentations. […] On salit faute de savoir conserver propres son langage et sa relation avec l’autre.[…]

Cette dérive manifestant que l’authentique débat intellectuel et politique imposant écoute, respect, qualité du langage et richesse de la réflexion et de la dialectique a quasiment disparu vient essentiellement du fait que le contradicteur est immédiatement perçu comme un ennemi. […]

On peut encore débattre en France.

Mais ouvrons le cercle et acceptons que la liberté et l’intelligence ne soient pas en permanence mises sous le boisseau par la malfaisance de la morale, par ce totalitarisme du Bien qui fait des ravages et nous laisse nostalgiques des périodes où l’affrontement des esprits n’était pas pollué par la judiciarisation immédiate de la pensée.

Extrait de : On peut encore débattre en France !.

Philippe Bilger

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PENDANT QUE LA FRANCE RONRONNE

Publié le par Felli Bernard

PENDANT QUE LA FRANCE RONRONNE

PENDANT QUE LA FRANCE RONRONNE…

Depuis le début du siècle, nous vivons des événements qui, non seulement bouleversent le quotidien, mais prennent une ampleur telle que les observateurs parlent d’un nouveau partage du monde en raison même de la perte de vitesse de son maître actuel : les Etats-Unis.

Il semble en effet que les prévisions les plus sérieuses des analystes des services américains soient battues en brèche par une évolution aussi inattendue que rapide.

Après des années de tentative d’hégémonie sur le monde arabe et musulman, l’Occident s’aperçoit qu’il a ouvert la boîte de Pandore dont il ne maîtrise plus le mécanisme de fermeture, laissant la place à la Russie bien décidée à mettre un terme aux errements de la politique de la canonnière afin de rétablir un équilibre mondial mis à mal.

Curieusement, ce n’est plus la vieille Europe qui est au cœur des débats : devenue quantité négligeable à force de jouer les valets des Américains, elle a perdu tout crédit alors même qu’elle n’a pas repris vraiment les couleurs économiques qui lui permettraient d’être considérée comme un partenaire fiable.

Engluée dans le chômage, important de la main d’œuvre étrangère, elle n’offre plus à ses citoyens la sécurité de l’emploi et a érigé le précarisme en idéal pour tous : à coups de flexibilité, d’exportation de ses talents, elle a détruit tout espoir de former une vraie communauté d’Etats, préférant laisser chacun se débrouiller face au sauve-qui-peut général

A force de se vanter de ses modèles sociaux, elle a réussi à convaincre une foule de peuples de venir chercher chez elles le wellfare américain revisité à l’échelle européenne.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : en laissant l’horreur et la guerre civile s’installer à ses marches, l’Europe s’est muée en terre d’asile, provoquant un raz de marée humain qu’elle est bien incapable de maîtriser.

C’est le second coup porté à cet ensemble formé à la" shlag ", en dépit des refus de bien des peuples qui le composent.

Le troisième coup –et non le moindre- vient du renoncement à l’identité nationale des pays qui composent l’Europe, imposé par ses élites dirigeantes qui imposent d’autres normes sociétales, un révisionnisme quotidien appliqué à son histoire et à ses valeurs dont l’effet s’est rapidement fait sentir dans le reste du monde.

Après le shoot aux seringues consuméristes américaines, après l’illettrisme quasi généralisé,

Voilà la quasi disparition de cultures millénaires, d’une culture d’avant-garde remplacée par une médiocrité d’un goût plus que douteux envahissant les maisons de familles démantelées au nom de la liberté de moeurs, de la liberté de chacun de revendiquer des droits nouveaux qui effacent autant de devoirs dont le nom est devenu tabou.

Enfin, au plan militaire, bien abritée sous le parapluie " otanien ", l’Europe est incapable de proposer la moindre politique de défense commune, laissant les uns et les autres intervenir sur des théâtres d’opérations qui leur semblent répondre à leurs intérêts particuliers.

Dans ces conditions et malgré le prestige des vieilles nations, les pays qui pèsent dans l’arène mondiale ont décidé de faire l’impasse sur la vieille Europe qui n’a pourtant pas lésiné sur ce qui ressemble aujourd’hui à des oripeaux d’un système mort-né : un drapeau bleu constellé d’étoiles qui ne brillent plus, un hymne international qui est censé être celui à la joie alors que la grisaille règne.

L’Europe, quantité négligeable ? Pas encore, même si elle développe ses infrastructure pour accueillir le monde entier (touristes et pas touristes), elle risque de finir comme une belle carte postale glissée au fond d’un tiroir en souvenir de belles vacances.

Ce mot est prémonitoire : en dépit d’institutions en place, les vacances de pouvoir se multiplient. Pas par défaut de candidats, mais par inaction des tenants élus de ces démocraties à bout de souffle ;

Par incapacité des élites dirigeantes de résoudre les problèmes un par un, de prendre le taureau par les cornes, préférant se déchaîner en anathèmes contre les « populistes de tout poil » sans même se demander si ces « extrémismes » ne sont pas arrosés et engraissés quotidiennement par ces jardiniers adeptes d’une alchimie empoisonnée tuant à petit feu.

Aussi assiste-t-on à l’instauration d’un ronron 24 heures sur 24 relayé par les médias qui, en boucle, reprennent des informations relevant des anciennes rubriques des chiens écrasés, font dialoguer des politiques qui endorment un peu plus le bon peuple, se gardant bien de provoquer un réveil salutaire pour permettre aux peuples de se ressaisir.

De plus, ce ronron devient de plus effacé, secondaire, les réseaux sociaux ayant pris la relève des encyclopédies, atlas et autres dictionnaires.

Certes, le phénomène est encore balbutiant, les internautes étant encore minoritaires –du moins ceux qui ne s’amusent pas à étaler des selfies et autres bébés mangeant des gâteaux. Mais il existe, surtout au plan international et constitue dores et déjà une menace prise très au sérieux pour des gouvernants devenus inaudibles.

La nature a horreur du vide : cette vacance du pouvoir, de l’autorité à tous les échelons remplacée par des gesticulations destinées à faire oublier les problèmes n’est pas passée inaperçue.

L’actualité s’est déplacée dans des zones du monde où personne ne l’attendait vraiment, les cowboys pouvant s’y amuser en toute impunité.

L’Europe n’étant plus la préoccupation première de pays comme la Russie et la Chine, ces pays et d’autres de leurs alliés ont décidé de ne plus faire mumuse avec des occidentaux qui

Pensent encore pouvoir se payer quelque danseuse.

L’intervention russe en Syrie a était un coup de tonnerre dans un ciel presque limpide où quelques chasseurs intervenaient en soutien à ceux qui voulaient rayer de la carte un Etat.

Les réformes financières et économiques, structurelles et sociétales aussi bien chez l’ancienne puissance communiste que chez la toujours puissance communiste chinoise prennent une envergure que les occidentaux sous-estiment et sont incapables de comprendre venant de pays socialistes qui savent mieux que quiconque de quoi ils parlent.

Tentés un moment de jeter le bébé avec l’eau du bain, ils ont vite compris que les leçons de l’histoire et les évolutions qu’elle impliquent méritent mieux que des anathèmes et que des synthèses sont préférables à des solutions de continuité qui ont coûté tellement cher à des peuples qui s’étaient engagés dans une politique de table rase conforme à l’hymne de l’Internationale.

Le débat reste ouvert, quoiqu’en disent ceux qui souhaiteraient voir Poutine créer de nouveaux goulags où seraient entassés ultra-libéraux et communistes non teint.

Le bruit fait autour des interviews et rapports de Sergueï Glaziev dans des milieux bien informés montre que des solutions innovantes sont proposées au président russe qui risquent de constituer la nouvelle arme d’extermination massive d’une Russie au carrefour des chemins, dores et déjà capable, avec ses alliés de proposer un nouvel ordre mondial, un nouveau monde qui ne s’appellerait plus Amérique.

Pendant ce temps, la France ronronne. De plus en plus fort.

Alors qu’il n’est pas un de ses politiques qui n’achète des indulgences chez feu le pape De Gaulle, l’objectif ouvertement poursuivi en dépit des pèlerinages à Colombey-les- deux –Eglises, est de tuer une seconde fois le gaullisme, d’en faire oublier la portée novatrice économique et sociale : un programme que la célèbre formule du général : « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille » pourrait illustrer... Et celle de la Russie ?

Pierre Le Normand

http://ombre43.over-blog.com

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Israël et Poutine face au nihilisme américain

Publié le par Felli Bernard

Israël et Poutine face au nihilisme américain

Le monde des États-nations, notion pas encore disparue hors d’Europe, est un échiquier, et qui dit échiquier dit disposition ordonnée de pièces et de cases, non renversement du jeu.

Commençons par la mauvaise nouvelle.

L’OTAN semble échapper de plus en plus à Washington et cette damnée organisation, qui a organisé notre invasion et détruit une demi-douzaine d’États depuis cinq ans (avec, bien sûr, la complicité de la France), cherche noise à la Russie et à la Chine, et même au reste du monde.

Mais ici, le morceau (Russie + Chine + Inde + Iran) est un peu gros à avaler tout de même et, sauf suicide nucléaire et planétaire organisé sur ordre du Pentagone (détruire son joujou plutôt que le voir le lui échapper), on a compris que le monde libre, c’est-à-dire le monde non contrôlé par Washington, est prêt à passer outre aux objurgations du capitaine ivre et incompétent.

Dans ce monde libre, j’inclus bien sûr Israël, qui commence à comprendre les aberrations de l’administration américaine, l’incompétence ahurissante de Barack Obama et l’illogique d’une métapolitique nihiliste fondée sur la destruction de toutes les nations ennemies (définies outrageusement comme « rogue states » – encore un mot anglais qu’on n’a pas besoin de traduire), non sur la coopération pragmatique de nations amies.

C’est ici que le bât blesse, pourtant, et je dirais positivement : car on peut considérer que Washington est au bout de son rouleau compresseur et que plus personne (sauf peut-être Hollande ou Cameron, qui dirigent deux belles nations aux vocations rognées par une Atlantide démocratique que l’on voit se saborder drôlement sous nos yeux) n’a intérêt à suivre l’Oncle Sam dans sa dérive peu hauturière. L’éclatement des bulles des banques centrales, la nouvelle récession économique qui se répand sur la planète entière peuvent aussi limiter les vocations à imposer la tyrannie universelle.

Et venons-en à Israël : il est certain qu’Israël n’est pas d’accord sur la position russe sur l’Iran et la Syrie, mais il est non moins certain que Poutine est une personnalité sur qui on peut compter, au contraire de Hollande ou Obama. Eux jouent le Qatar, le chaos, Riyad et un islam de gare. Il est certain que Poutine assurera aussi la sécurité d’Israël et que, comme l’a rappelé l’importante personnalité américaine et sioniste Dov Zakheim dans un article publié dans la revue The National Interest, les relations entre Israël et la Russie sont excellentes, alors que l’on voudrait nous faire croire le contraire dans les salles de garde de la presse en faillite.

Le monde des États-nations, notion pas encore disparue hors d’Europe, est un échiquier, et qui dit échiquier dit disposition ordonnée de pièces et de cases, non renversement du jeu. Le sérieux de Poutine s’impose alors à tous les pays du Moyen-Orient qui voient leur intérêt et leur survie stratégique dans sa vision, quand l’option américaine ne consiste qu’en guerres civiles, en putschistes islamo-nazis aux aguets et en déportations de populations transitant librement par le vieux pion ottoman de l’OTAN.

Nicolas Bonnal

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QUAND LA FRANCE COMPRENDRA-T-ELLE QUE LA RUSSIE EST SA MEILLEURE ALLIÉE?

Publié le par Felli Bernard

 Alain de Benoist Intellectuel, philosophe et politologue
Alain de Benoist Intellectuel, philosophe et politologue

QUAND LA FRANCE COMPRENDRA-T-ELLE QUE LA RUSSIE EST SA MEILLEURE ALLIÉE?

Ginette Hess Skandrani 20 octobre 2015

Entretien avec Alain de Benoist

Intellectuel, philosophe et politologue

Revue Eléments

« Quand la France comprendra-t-elle que la Russie est notre allié le plus naturel ? »

Les islamophobes sont les idiots utiles de l’islamisme radicalFacebook ? Le simulacre des « amis » sans amitié…L’État islamique a été créé par les États-Unis !

Depuis quelques semaines, on assiste au grand retour de la Russie sur la scène internationale. Ce qui ne fait apparemment pas plaisir à tout le monde. Est-ce un pas vers le monde multipolaire à venir ?

La déclaration de guerre de la Russie à Daech est un fait de première grandeur. En s’imposant comme un acteur incontournable dans la question syrienne, elle prend de court les États-Unis et leurs alliés. Par son réalisme, son sens géopolitique, son intelligence stratégique, Vladimir Poutine confirme ainsi le statut de puissance internationale de la Russie. Mieux encore : il est en train de constituer, avec l’Iran, la Chine et d’autres pays émergents, un bloc eurasiatique qui bouleverse toute la donne géostratégique. L’OTAN doit désormais compter avec l’Organisation de coopération de Shanghai. C’est en effet un pas vers l’émergence d’un monde multipolaire, c’est-à-dire un rééquilibrage des rapports de force dans le monde.

On verra dans les prochaines semaines comment évolue la situation sur le terrain. Mais on voit bien dès maintenant que, contrairement à la France, qui ne fait que des frappes homéopathiques, et aux États-Unis, qui font la guerre sans intention de la gagner, le Kremlin a engagé tous les moyens nécessaires. Poutine, dont la presse occidentale disait sans rire il y a encore trois mois qu’il s’apprêtait à « lâcher le régime syrien », a obtenu le feu vert de son Parlement et s’est assuré du soutien des vingt millions de musulmans que compte son pays. Contrairement aux Américains et à leurs alliés, il intervient conformément au droit international, avec l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU et à la demande des Syriens. Et il le fait pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il est impensable pour lui de laisser les islamistes de Daech s’emparer de la Syrie, qui abrite à Tartous la seule base russe de la région. Ensuite parce que c’est une belle occasion pour lui d’éliminer sur place quelques milliers de djihadistes russes originaires du Caucase. Enfin, et surtout, parce qu’avec cette intervention, il s’impose d’emblée à la face du monde comme la grande puissance montante avec laquelle il faut désormais compter.

Dans l’affaire syrienne, il y a ceux qui veulent en finir avec Daech et ceux pour qui l’éviction de Bachar el-Assad est la priorité. Est-ce vraiment ainsi que se pose le problème ?

Se demander dans l’abstrait qu’est-ce qui est le pire, une dictature ou un réseau terroriste comme Daech, est une très mauvaise façon de poser le problème. Le « pire » est toujours relatif à une situation donnée. La seule véritable question qui se pose est celle-ci : qu’est-ce qui est le plus contraire à nos intérêts ? Si c’est la dictature, alors il faut se battre contre la dictature ; si c’est le réseau terroriste, alors c’est lui qu’il faut affronter. Dans le cas de la Syrie, la réponse est simple. La barbarie islamiste de Daech nous menace, alors que le régime de Bachar el-Assad ne nous a jamais menacés. Contre la première, il faut donc soutenir le second. Mais le fond du problème, c’est la russophobie. Pour les États-Unis comme pour la France, l’objectif numéro un, c’est avant tout de réduire l’influence russe. Damas étant l’allié de Moscou, l’élimination de Bachar el-Assad devient dès lors la priorité.

On reproche ainsi aux frappes russes de viser, non seulement Daech, mais les rebelles syriens qui combattent le régime légal de Damas. Mais pourquoi ne le feraient-elles pas ? Vladimir Poutine sait très bien que, dans l’affaire syrienne, il n’y a pas d’« islamistes modérés », mais seulement des rebelles armés, alliés objectifs des terroristes, que les forces armées syriennes sont les seules à combattre réellement l’État islamique et que l’élimination du régime alaouite ouvrirait les portes de Damas à Daech. Vous noterez, au passage, le caractère grotesque des réactions scandalisées fulminées par les États européens membres de l’OTAN au motif que des avions russes auraient effleuré la frontière aérienne turque, au moment même où ces mêmes États acceptent que leurs propres frontières, terrestres celles-là, soient violées tous les jours par des milliers d’immigrés illégaux venus pour la plupart de Turquie !

Du coup, grande est l’impression que la France joue toujours avec un coup de retard…

La France, en effet, n’est pas seulement alignée sur l’Amérique, elle a aussi toujours un temps de retard. En 2013, François Hollande annonce qu’il va bombarder Damas, puis se ravise parce que Washington a décidé de faire marche arrière. L’année suivante, il prend des sanctions contre la Russie, puis décide de recevoir Poutine parce qu’Obama l’a reçu avant lui. Aujourd’hui, sous l’influence du plus exécrable ministre des Affaires étrangères de la Ve République, Laurent Fabius, il persiste à exiger le départ de Bachar el-Assad, que ne demandent plus ni les Américains ni les Allemands, ce qui est à peu près aussi réaliste que si les démocraties occidentales avaient fait du départ de Staline un préalable à leur alliance avec l’URSS contre Hitler !

Après avoir achevé l’œuvre d’atlantisation de la diplomatie nationale entamée sous Nicolas Sarkozy, la France adopte, face à Moscou, une position de guerre froide que rien ne justifie, sinon son alignement total sur la politique de l’OTAN, et continue à prétendre décider à la place des Syriens de qui doit diriger la Syrie. N’ayant plus aucune politique étrangère indépendante, elle est, en fait, condamnée à jouer petit bras. Après quatre ans de soutien aux pétromonarchies du Golfe et aux bandes islamistes anti-Assad, elle voit s’effondrer toutes ses hypothèses et n’est plus en position de se poser en médiateur nulle part. Plus personne ne l’écoute, elle ne compte pour rien, elle est hors jeu. Quand comprendra-t-elle que la Russie est notre plus naturel allié ?

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

About Ginette Hess Skandrani

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Allons-nous intervenir en Libye au profit d’Al Qaïda et des Frères musulmans ?

Publié le par Felli Bernard

BERNARD LUGAN
BERNARD LUGAN

jeudi 15 octobre 2015

Allons-nous intervenir en Libye au profit d’Al Qaïda et des Frères musulmans ?

En Libye, près de 300 kilomètres de littoral sont aux mains d’un Etat islamique que rien ne semble pouvoir arrêter. A partir de cette fenêtre sur la Méditerranée, des terroristes mêlés aux clandestins rebaptisés « migrants » s’infiltrent en Europe. Contrairement aux annonces de la presse internationale, les efforts désespérés de M. Bernardino Leon, Emissaire des Nations unies pour la Libye, et qui, depuis plus d’un an, cherche à obtenir un accord inter-Libyen, n’ont pas débouché sur une solution politico-militaire viable.

Face à cette situation plus que périlleuse pour notre sécurité, une opération militaire serait donc envisagée. Or, celle à laquelle pensent nos diplomates aurait pour résultat de donner le pouvoir à des islamistes aussi dangereux que ceux de l’Etat islamique… Comme en Syrie où, si le président Poutine n’avait pas sifflé la fin de la récréation, le Quai d’Orsay voulait faire remplacer le président Assad par de « gentils démocrates » salafistes. En Libye, ce serait au profit des Frères musulmans et d’Al-Qaïda (ou de ses diverticules) que nos forces pourraient être engagées. Comme elles le furent hier à l’avantage des musulmans de Bosnie et du Kosovo…

L’idée française serait en effet de miser sur la cité-Etat de Misrata, fief des Frères musulmans et base avancée turque en Libye. Ses milices [1] sont certes parmi les plus opérationnelles du pays, mais elles sont détestées par la plupart des tribus de Tripolitaine et de Cyrénaïque. Intervenir en appui de Misrata permettrait peut-être de freiner les forces de l’Etat islamique, mais en nous aliénant les vraies forces vives du pays.

Ce plan envisagerait également un renforcement de la coopération avec les islamistes de Tripoli qui reçoivent actuellement des renforts jihadistes acheminés par voie aérienne depuis la Turquie. Comme si, pressé en Syrie par la Russie, le président Erdogan voulait ouvrir un second front en Libye.

Or, et il importe de ne pas perdre de vue deux éléments essentiels :

1) Comme notre ami-client égyptien est en guerre contre les Frères musulmans d’Egypte, l’arrivée au pouvoir de cette organisation en Libye ferait courir un danger mortel au régime du général Sissi.

2) Aucune intervention franco-européenne ne peut se faire sans, au moins, la neutralité de l’Algérie. Or, qui commande à Alger ? Les clans qui guettent la mort du président Bouteflika pour s’emparer du pouvoir ont en effet des positions contradictoires à ce sujet. Certains sont farouchement opposés à toute intervention étrangère, d’autres l’accepteraient sous certaines conditions, cependant que ceux qui espèrent obtenir le soutien des islamistes feront tout pour torpiller une opération franco-européenne.

La réalité est donc cruelle. Ce n’est pourtant pas en la niant que nous avancerons. Face au chaos libyen il n’existe en effet pas de solution miracle qui permettrait de refermer les plaies ouvertes par MM. Sarkozy et BHL.

La solution consisterait peut-être à « renverser la table » et à changer de paradigme en oubliant les « solutions électorales » et les constructions européo-centrées fondées sur les actuels acteurs libyens. Comme rien ne pourra se faire sans les tribus, c’est donc en partie sur ces dernières que toute opération viable devrait être fondée. Autrement, dans le théâtre d’ombres libyen, nos figurants politiques ne feront que traiter avec des figurants locaux.

Le problème de fond est que les alliances tribales sur lesquelles reposait l’ordre socio-politique libyen ont été éclatées par l’intervention franco-otanienne de 2011. Dans le vide alors créé se sont engouffrés des acteurs secondaires devenus artificiellement les maîtres du jeu. Qu’il s’agisse de Misrata, des islamistes de Tripoli et de Derna, puis ensuite de ceux de l’Etat islamique.

Toute pacification de la Libye passe donc par :

1) Le rééquilibrage entre les vrais acteurs tribaux et ces acteurs secondaires devenus incontournables et qu’une intervention franco-européenne aboutirait à installer seuls au pouvoir.

2) La levée du mandat d’arrêt international lancé contre Saïf al-islam Kadhafi qui est le seul actuellement en situation de pouvoir reconstituer les alliances tribales libyennes (voir mon communiqué en date du 24 septembre 2015).

Très modestement, il faut bien voir que ce sont là des mesures de long terme. Or, dans l’immédiat, il est urgent de bloquer la progression de l’Etat islamique tout en coupant le flot migratoire partant essentiellement des zones tenues par ceux que nos diplomates considèrent déjà comme nos « alliés », à savoir les islamistes de Tripoli et les Frères musulmans de Misrata…

Alors, oui à une intervention, mais à la condition de ne pas la lancer à la légère.

Bernard Lugan
15/10/2015


[1] Ce sont elles qui lynchèrent le colonel Kadhafi.

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Mais à quoi jouent les États-Unis ?

Publié le par Felli Bernard

Mais à quoi jouent les États-Unis ?

Aujourd'hui

Mais à quoi jouent les États-Unis ?

Elle est belle, cette Amérique et ses vassaux français et britanniques qui veulent répéter leurs dramatiques erreurs d’Afghanistan, d'Irak et de Libye. Nous aurions préféré garder en mémoire l'Amérique du D-Day…

Floris de Bonneville

Journaliste

Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

L’attitude de Barack Obama dans le conflit syrien ne peut que poser la question. Une question où l’inquiétude persiste. Quel est son but ? Territorial, économique, religieux, militaire ? Est-il en train de provoquer la Russie pour étudier, sur le terrain, son armement ultra-sophistiqué, et le comparer à celui de ses armées ? Il me semblait que jamais Washington n’abandonnerait l’idée de combattre jusqu’à leur extinction les djihadistes de tous bords qui, le 11 septembre 2001, ont défié la puissante Amérique. Eh bien, si l’on en croit ce que l’on voit et ce que l’on entend, il n’en est plus rien.

Les États-Unis et leurs comparses britanniques et, hélas, français sont devenus les alliés sous-marins des islamistes. En les armant. Cela paraît invraisemblable, mais c’est la réalité que nos télévisions ne montrent pas toujours et qu’il faut dénicher sur les réseaux internationaux. Par exemple, ce parachutage de dizaines de tonnes d’armes et de munitions par des hélicoptères américains, dont le résultat est visible sur une vidéo. On y voit des soldats de l’armée régulière en train de récupérer un chargement malencontreusement tombé en zone « Assad ».

On vient d’apprendre que les fameux pick-up japonais équipés de canons et utilisés par l’État islamique comme leur principale force de frappe avaient été achetés par les États-Unis pour être livrés à l’opposition syrienne, laquelle s’est empressée d’en faire bénéficier Daech. Selon les médias turcs, 5.000 voitures neuves seraient arrivées dans le califat via la Turquie, et je ne mentionne même pas les 2.300 véhicules blindés Humvee que les barbares ont saisi chez l’armée irakienne lors de la prise de Mossoul.

Mais ce n’est pas tout ! Plus récemment encore, Mgr Hindo, archevêque syro-catholique de Hassaké-Nisibi, une ville au nord-est de la Syrie, a affirmé que les Américains concentraient leur action non pas sur Daech mais bien sur l’armée syrienne régulière (agence de presse américaine CNS, citée par Valeurs actuelles et La Croix). Cet archevêque a, par contre, témoigné de l’efficacité des frappes russes qui, dans son secteur, « ont fait fuir les terroristes dans l’empressement, avec 20 véhicules, en abandonnant 20 autres ». Il a souligné que la stratégie américaine était « inefficace et ambiguë », ajoutant « qu’elle [était] faite pour la galerie ». Mgr Hindo accuse aussi l’aviation américaine d’avoir permis l’enlèvement de centaines de chrétiens dans la nuit du 23 au 24 février dans la vallée du Khabour. « Les avions ont survolé la zone pendant longtemps sans intervenir, laissant le champ libre aux militants. » Cette vallée, forte de 35 villages chrétiens construits par la France en 1920, comptait 35.000 habitants. Ils ne sont plus que 3.000 !

Et de déplorer que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne parlent que d’attaquer Daech, sans vraiment le faire, mais pas le Front Al-Nosra et les autres milices liées à Al-Qaïda, à qui ils continuent de livrer des armes.

Le Front Al-Nosra qui vient d’offrir 3 millions d’euros à celui qui leur apportera la tête ensanglantée de Bachar el-Assad, que « la coalition des pervers » veut à tout prix tuer ou exiler pour le remplacer par un homme qui leur ouvrira les champs de pétrole et de gaz, et permettra à l’Arabie saoudite d’exporter son or noir via les pipelines aujourd’hui fermés. Le sort des chrétiens, des chiites et, en général, de ce peuple qui n’en peut plus de mourir sur un territoire dévasté n’est pas leur première préoccupation, n’est-ce pa, Laurent Fabius ?

Elle est belle, cette Amérique et ses vassaux français et britanniques qui veulent répéter leurs dramatiques erreurs d’Afghanistan, d’Irak et de Libye. Nous aurions préféré garder en mémoire l’Amérique du D-Day…

Floris de Bonneville

Floris de Bonneville  Journaliste  Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

Floris de Bonneville Journaliste Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

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Les Russes pilonnent les djihadistes, les Occidentaux s’inquiètent !

Publié le par Felli Bernard

Les Russes pilonnent les djihadistes, les Occidentaux s’inquiètent !

octobre 18, 2015 by philippehua

Les Russes pilonnent les djihadistes, les Occidentaux s’inquiètent !

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Posté par jacquesdeville

En Syrie, la vérité se dévoile. Les Russes sont d’une efficacité redoutable et vitrifient tous les djihadistes sans exception. La diplomatie occidentale condamne ces succès parce qu’eux n’ont pas engrangé de victoire et qu’en plus ils pactisent avec Al Nostra, branche Syrienne de Al Qu’aida.

Les chancelleries des USA et de l’UE jouent aux vierges effarouchées.

Un bon mot attribué à Vladimir Poutine circule actuellement sur la toile : « Les Américains ont pu détecter de l’eau sur Mars, mais ils ne parviennent pas à repérer les installations de l’E.I ». ! ».

La « Coalition » occidentale composée en principe d’une multitude de pays, n’a pas de bilan victorieux réel. A part quelques combis détruits, des masures aplaties et quelques djihadistes malchanceux tués.

En 2014, les Etats-Unis avaient annoncé qu’une quarantaine de pays participeraient à l’effort de guerre contre daesh. Etant entendu que tous les pays ne contribueraient pas forcément par des frappes aériennes, mais livreraient des armes ou enverraient des conseillers militaires auprès des forces irakiennes ou kurdes, ou contribueraient par le renseignement ou par des assistances diverses dont de l’assistance médicale et l’envoi de matériel sanitaire.

Nous citons en vrac les principaux états de cette coalition, sans refaire un examen exhaustif du type de contributions : USA, Canada, UK, France, Australie, Allemagne, Italie, Albanie, Pologne, Danemark, Suisse, Emirats Arabes Unis, Koweit, Arabie Saoudite, Belgique, Pays-Bas, Turquie Jordanie, Egypte, Bahrein, Qatar.

Des raids aériens intensifs des Américains, des Français (au début en Irak,) des Belges, des Néerlandais, des Australiens ont eu pour résultat une extension drastique des territoires occupés par daesh.

Le succès de cette Coalition ne se situe pas loin du zéro absolu.

Seuls, les Kurdes ont vaillamment résisté pour défendre leur territoire. Nous savons maintenant que la Turquie a été extrêmement complaisante, voire complice de daesh. Celle-ci en effet, voulant détruire les Kurdes, bombardaient ceux-ci en faisant croire qu’ils visaient l’E.I. Sans parles des trafics de pétrole et autres, dans lesquels elle trempait.

Curieusement la haute technologie américaine n’a pas été utile lors des nombreux bombardements américains.
Nous pensons que ces attaques américaines ont épargné daesh volontairement, en évitant de plus, soigneusement de s’attaquer à Al Nostra.

Quant aux récents bombardements aériens français, il s’agit avant tout de frappes « politiques », pour redorer le blason de François Hollande, et pour l’affubler d’une aura de stratège international, dont tout le monde rie sous cape.

Dans les derniers jours, les bombardiers tactiques Su-34 et les avions d’appui au sol Su-24M et Su-25SM ont réalisé 41 sorties aériennes. Ils ont frappé 40 cibles terroristes tant à Alep, qu’à Idleb, Lattaquié, Hama et Deir Ezzor, couvrant ainsi les diverses régions de la Syrie.

Les chancelleries occidentales sont furieuses, car les Russes s’attaquent à tous les terroristes, y compris ceux d’Al Nostra protégés par la coalition, car jugés de « bons terroristes » par celle-ci.

Tout le monde sait que la Coalition veut la peau de Bachar Al Assad, mais les Russes sont maintenant bien présents.

Au sol, l’armée régulière syrienne poursuit son avance et reprend du terrain, pendant qu’un mouvement de panique est visible dans les rangs de daesh.

Les Russes avec leurs alliés au sol nettoieront tous les djihadistes, n’en déplaisent aux diplomates occidentaux.

Afin de donner le change, Didier Reynders se dit inquiet des frappes non-coordonnées en Syrie.

Vladimir Poutine doit sûrement s’esclaffer de ce genre de commentaires !

JACQUES D’EVILLE

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Le radotage antiraciste

Publié le par Felli Bernard

Le radotage antiraciste

Le radotage antiraciste

Le radotage antiraciste de François Hollande et Christiane Taubira

Le président de la République revient à la charge.
Il a demandé à la garde des Sceaux de préparer un projet de loi pour que l'inspiration raciste ou antisémite soit une circonstance aggravante pour les infractions. Il a évidemment fait allusion aux propos de Nadine Morano qui, aussi imprudents, maladroits qu'ils ont été, n'avaient rien de la perversion raciste telle que François Hollande prétend la fustiger encore davantage.
On finira par le savoir, on l'a bien martelé dans nos têtes. Nous ne sommes pas des citoyens capables de comprendre tout seuls, avec notre vigilance et notre morale, que le racisme est honteux et l'antisémitisme odieux. Nous sommes traités comme des enfants à qui l'on ressasse la même antienne avec le risque que certains, à force, s'en détournent, tant une démocratie adulte ne radote pas mais donne l'exemple, hiérarchise, réprime quand il faut et ne substitue pas à la persuasion par les actes les injonctions d'un verbe trop confortablement éthique, donnant bonne conscience et créant une concorde virtuelle, de pure forme.

Les délits seront donc punis plus sévèrement s'ils sont perpétrés par racisme ou antisémitisme. Qui aura l'audace de s'opposer à cette avancée destinée à susciter un consensus rapide mais qui n'aura rigoureusement aucun effet sur la lutte authentique et concrète contre ces fléaux, véritable infection de la pensée, si j'ose user de ce terme pour la plupart des racistes et des antisémites?
Contrairement à ce qu'a l'air de croire le président persuadé que le bon et le juste proclamés et répétés seront immédiatement opératoires, il ne sera pas toujours aisé de démêler, dans les transgressions, leur source raciste ou plus banalement utilitaire ou violente. La justice pénale n'aura pas à faire qu'avec des débiles hurlant fortement leur racisme ou antisémitisme pour complaire aux visées répressives de François Hollande!
On s'est bien mis dans le crâne et le cœur que ce pouvoir ne se préoccupe que du racisme et de l'antisémitisme. On l'a bien écouté et on fera de notre mieux pour en tirer toutes les conclusions intimes, personnelles, professionnelles et humaines qui s'imposent.
Mais on voudrait aussi respectueusement attirer l'attention du président de la République sur ce fléau national, non pas composé de mots mais de comportements dévastateurs, quotidiens, de violences, de vols, de viols, d'agressions et autres malfaisances, se rapportant à la délinquance et à la criminalité ordinaires.

Je le regrette mais je n'ai jamais entendu François Hollande s'émouvoir sur d'autres désastres que le terrorisme, le racisme et l'antisémitisme. Les citoyens sont désolés qui n'ont la plupart du temps qu'à lui offrir les pauvres misères et désastres d'existences que des délits trop réels et des crimes ostensibles ont brisées.
La pire preuve de cette scandaleuse indifférence de sa part est le maintien à son poste de Christiane Taubira. Sa cause de mauvais ministre est entendue, plus personne n'en doute à droite comme à gauche, mais je suis certain qu'à moins d'une opportunité que le tacticien Hollande saisira avec volupté, Christiane Taubira demeurera dans cette fonction prestigieuse dont elle ne se sert que pour se flatter elle-même.
Il y a des personnalités socialistes qui seraient remarquables place Vendôme. Le souci, pour le président, est qu'elles prétendraient, aussi et surtout, se mobiliser contre l'ordinaire de la délinquance et de la criminalité.
Avec Christiane Taubira, son "marqueur de gauche", François Hollande sera tranquille sur ce plan. Il ne sera pas harcelé pour valider une politique pénale courageuse et ferme, au service des Français.
Pour le terrorisme, il a le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur comme partenaires. Ils sont sur la même longueur d'onde.

On n'en peut plus de s'entendre seriner que le racisme et l'antisémitisme sont abjects. Cette redondance républicaine lasse. Le président n'a-t-il que cela à nous mettre sous le cœur, l'esprit et la main ? Il n'y aurait donc rien d'autre de grave ?
Il me semble pourtant que la France l'interpelle et lève la colère comme on lève le doigt : Et moi, j'existe!
Paru sur le Figarovox, 8 octobre 2015

BILGER Philippe

Né le 31 août 1943
Marié - 6 enfants


Magistrat honoraire
Ancien avocat général près la cour de Paris
Conseiller spécial (of counsel) au cabinet D’Alverny Demont & Associés (depuis le 3 octobre 2011)

source :

http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/du-cote-des-elites/item/2408-le-radotage-antiraciste

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Recherche rebelles syriens modérés désespérément

Publié le par Felli Bernard

Recherche rebelles syriens modérés désespérément …
Recherche rebelles syriens modérés désespérément …

Recherche rebelles syriens modérés désespérément …

© AP Photo

Points de vue

19:10 14.10.2015(mis à jour 21:37 14.10.2015) URL courte

Alexandre Latsa

Dossier:

Syrie: frappes aériennes russes contre l'EI (100)

72896312

Apres deux semaines d’engagement, il est possible de tirer un premier bilan de l’opération militaire russe en Syrie.

Il y a tout d'abord l'intensité croissante des frappes de l'aviation russe. Si lors des premiers jours le nombre de frappes russes était inferieur à une dizaine, l'armée russe a exécuté 64 sorties samedi 10 octobre et les estimations militaires sérieuses estiment que l'aviation russe devrait pouvoir augmenter la cadence pour atteindre des moyennes de 100 à 150 frappes par jour, avec des pointes à 200 ou 250 en cas d'extrême urgence. C'est autant, voir plus que le volume de sorties de l'armée syrienne, mais l'aviation russe est dotée d'équipements plus modernes favorisant largement un appui précis et efficace à l'infanterie, ce qui n'était pas ou peu le cas jusque-là.

© AP Photo/ Bilal Hussein

Offensive médiatique contre l’intervention russe en Syrie

Le nord de Homs tout d'abord, où une vaste poche territoriale est aux mains des rebelles (voir ici), poche traversée par l'autoroute allant de Damas à la cote et qui devrait faciliter le transfert d'équipements militaires lourds de la capitale vers le nord. Cela est d'autant plus crucial que l'Etat syrien fait à ce jour face à deux fronts particulièrement sensibles dans la région.

L'Etat Islamique, comme on peut le voir sur cette carte, s'est considérablement rapproché de la bande côtière au cours des derniers mois, notamment après la conquête de Palmyre. Le nord d'Hama, qui débouche sur la province d'Idlib, a été perdu par l'armée au cours du printemps 2015 et a permis à la coalition Armée de la Conquête de se retrouver à quelques dizaines de kilomètres seulement de la côte syrienne. L'Armée de la Conquête est une coalition de groupes islamistes qui comprend notamment l'Armée du salut, Ahrar al-Sham ou le front Al-Nosra (filiale syrienne d'Al-Qaïda) auquel ont prêté allégeance des clans de guerre tel que Katibat Al Tawhid Wal Jihad, comprenant nombre de ressortissants centrasiatiques, ou encore Jaish Al Muhajireen Wal Ansar dont les rangs comptent de nombreux combattants tchétchènes.

© Sputnik. Michael Alaeddin

L'armée syrienne lance une offensive d'envergure

Il semble ainsi assez certain que l'offensive syrienne ait pour but à moyen terme le rétablissement de l'autorité de l'Etat sur l'axe reliant Damas à Alep, ce qui va à l'encontre des affirmations selon lesquelles le régime se serait résigné en quelque sorte a ne sécuriser que la bande côtière allant de Damas à Lattaquié. Sans aucun doute dans les prochaines semaines, l'Armée syrienne lancera une offensive sur la ville stratégique de Jisr-Al-Shughour.

© REUTERS/ Alaa Al-Faqir

L'opposition modérée en Syrie, un fantôme selon Moscou

A propos, Daech progresse bien depuis 13 mois et le début des frappes de la coalition internationale et ce malgré les quelques 25.000 frappes de la coalition internationale? A-t-on entendu une seule fois un journaliste francais nous affirmer que: « Daesh progresse grâce à l'Amérique »?

© Sputnik. Ilya Pytalev

Le Kremlin dévoile la durée des raids russes en Syrie

Un seul danger pèse sans doute sur l'intervention militaire russe: la livraison de matériel anti-aérien, que ce soit par une puissance du golfe ou l'Amérique, comme vient par exemple tranquillement de le proposer l'inégalable McCain sur Fox News. La folie ne semble pas seulement toucher le camp républicain du reste puisque dans une récente interview le président Obama s'est félicité que Poutine soit acculé au point de devoir se défendre militairement en Ukraine ou en Syrie alors que ces pays étaient auparavant totalement (et pacifiquement) dans le giron russe.

Washington pourrait-il dans un avenir proche armer publiquement Al-Qaïda en Syrie, au motif que les forces russes auraient bombardé des groupes rebelles formés par Washington, dont la plupart se sont déjà rendus à al-Nosra ou Daech?


Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151014/1018837844/syrie-rebelles-russie-operation.html#ixzz3ok5T25jt

Recherche rebelles syriens modérés désespérément

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QUE SE PASSE-T-IL EN SYRIE ?

Publié le par Felli Bernard

QUE SE PASSE-T-IL EN SYRIE ?

Devant l’absence quasi-totale d’informations sur les combats en Syrie du côté occidental, l’on est en droit de s’étonner : pas de cartes, pas de résultats quant aux bombardements de la coalition américaine.

Ce qui abonde, par contre, ce sont les informations selon lesquelles les Russes se débrouilleraient très mal et leur intervention serait vouée à l’échec.

Du côté du Ministère de la Défense de la Russie, c’est un tout autre son de cloche : les frappes aériennes ont fait des dégâts tels que les troupes de l’Etat Islamique reculent, même si les militaires syriens qui sont passés à l’offensive reconnaissent que leur progression est très lente et la résistance des islamistes très forte.

Il est aussi surprenant de trouver dans les villages libérés des armes de fabrication artisanale qui proviennent d’usines locales d’autant plus difficiles à déceler qu’elles seraient en quelque sorte « clandestines ».

Le paradoxe, c’est que l’Etat islamique fait des économies considérables tout en disposant d’un matériel moderne pris aux Syriens ou provenant de ses fournisseurs.

La découverte de dispositifs antiaériens de fabrication soviétique ou russe aux mains des islamistes a pu surprendre les radars russes : rappelons que là encore, les prises de guerre ont été nombreuses et ce n’est pas la première fois que le matériel militaire made in Russia est opposé à ce même armement.

L’objectif recherché par l’Etat islamique est d’abattre à tout prix un chasseur russe afin de conforter sa propagande qui condamne Moscou à mort.

Les politiques occidentaux se réjouiraient ouvertement d’une telle « victoire » et entameraient une nouvelle phase d’approche de la Russie tout aussi hypocrite.

Le seul problème, c’est qu’en refusant une alliance contre le terrorisme qui aboutirait nécessairement à la refondation de l’Etat syrien, les Occidentaux scient la branche sur laquelle ils sont perchés.

Si un des objectifs consistant à provoquer une très forte émigration syrienne s’ajoutant à une immigration afghane et irakienne a été atteint, ses conséquences vont coûter très cher à l’Europe qui va pour la première fois dans son histoire cesser d’être une civilisation judéo-chrétienne majoritairement , pour devenir non un melting-pot assimilatoire à l’américaine, mais un conglomérat de communautarismes, eux-mêmes source de guerres civiles afin d’établir une hiérarchie dans la domination.

L’Europe ne peut répondre à ce défi que par la force, en abandonnant sa référence aux bons sentiments et à une démocratie bancale, c'est-à-dire en conduisant au pouvoir des forces d’extrême droite ou d’extrême gauche dont l’affrontement a déjà commencé.

Un bref rappel historique pas si vieux permet de voir les conséquences de l’affrontement entre les communistes et les fascistes à la veille de la Seconde guerre mondiale avec la victoire de ces derniers, en dépit des forces d’intervention soutenues par l’URSS comme ce fut le cas en Espagne et ailleurs.

Là encore se produisit la répétition grandeur réelle de la guerre à venir, notamment les test des armements des uns et des autres.

Ce parallèle n’est pas fortuit : les exemples puisés dans l’Histoire permettent d’analyser des situations conflictuelles et des rapports de force qui ont le même objectif : détruire des pays, rafler leurs populations, conquérir leurs moyens de production, accéder à leurs richesses industrielles, agricoles et matières premières.

Cela, dans le but de s’assurer une domination mondiale sous forme de création de nouveaux empires ou tout simplement d’une super-puissance à même de dicter sa loi.

C’est ce que les Etats-Unis font depuis deux siècles, avec le premier conflit mondial, puis avec le second, enfin avec les coups d’Etat et attaques de pays souverains présentant un intérêt stratégique pour l’Amérique.

La méthode est la même : détruire, reconstruire, mettre en place des régimes fantoches à la botte.

Profitant du démantèlement de l’URSS, les USA et leur organisation militaire otanienne ont avancé leurs pions jusqu’aux frontières de la Russie, contraignant celle-ci à tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être.

La Crimée est à cet égard un exemple foudroyant de la riposte russe.

Les sanctions prises contre la Russie, l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis, pays qui se gardait bien de toucher à ses réserves de pétrole, mais qui répondait à la stratégie de faire baisser les cours de l’or noir afin de priver ce pays de ressources financières considérables poursuivent le même objectif : affaiblir, affaiblir sans cesse la puissance russe qui a le toupet de revenir sur le devant de la scène .

Que cela se fasse au détriment des intérêts de ses propres alliés et de leurs peuples, Washington s’en moque.

Le caillou dans la chaussure de l’oncle Sam pourrait bien être Israël qui envisage un retournement d’alliance extraordinaire : ce petit pays extrêmement développé et pointu disposant d’une considérable diaspora russe pourrait trouver son intérêt dans un rapprochement avec Moscou lui permettant de stabiliser ses frontières et de mettre fin à une guéguerre d’usure avec les Palestiniens.

Une telle éventualité amènerait le monde arabe à une reconnaissance sans conditions de l’Etat juif et à une restructuration du monde proche et moyen-oriental sur une base d’Etats légitimes et pacifiques.
Le redécoupage est complexe, mais il n’échappe pas aux observateurs qu’il est en route.
Les USA l’ont bien compris qui perdraient leur hégémonie sur cette partie du monde, permettant du même coup une véritable évolution des régimes en place vers une modernité reléguant aux poubelles de l’histoire l’arsenal sectaire, rétrograde de sociétés qui ne respectent nullement les droits des femmes et des hommes qui y vivent.

Grâce à l’intervention ponctuelle russe en Syrie, c’est peut-être le signal de ce processus, même si la ligne d’arrivée est encore très loin.

A cet égard, le rôle de la France pourrait être considérable en raison même de ses liens avec cette région et avec la Russie si notre pays revenait à une politique étrangère avancée lui permettant de rentrer dans le concert des grands après s’être débarrassée de l’encombrante machine otanienne en recouvrant sa souveraineté qui lui avait été acquise grâce au général de Gaulle et à la force de frappe qu’il réussit en très peu de temps à constituer.

La grandeur fut à ce prix. Elle le reste.

Pierre Le Normand

http://ombre43.over-blog.com

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