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Général Desportes: En luttant contre les groupes islamistes Poutine défend la France

Publié le par Felli Bernard

Le général Vincent Desportes
Le général Vincent Desportes

14 octobre 2015

Général Desportes: En luttant contre les groupes islamistes Poutine défend la France

SOURCE - Le présentateur, Olivier Truchot, est pris de court par ses deux débatteurs, Le général Desportes et Pierre Lorrain, qui soutiennent l’un et l’autre la tactique russe …

Selon le général Desportes, Vladimir Poutine défend les intérêts de la Russie et ceux de la France. La coalition russe a un objectif et une stratégie claires, alors que la coalition américaine est dans la confusion. Les frappes françaises sont uniquement politiques et idéologiques.

En attaquant le Front al Nosra Poutine combat les terroristes islamistes, sans distinction. Sa tactique d’appuis aériens avec les forces syriennes au sol est la seule efficace. Les forces russes ont opéré autant de frappes contre les groupes islamiques en deux semaines que la coalition américaine en 13 mois.

A noter que la Russie opère également des frappes en Syrie contre les Islamistes à partir de destroyers basés dans la mer Caspienne…

******

La carrière du général Vincent Desportes né en 1953, a commencée à Saint-Cyr, a alterné des affectations en unités de combat, en états-majors et en opérations. Il est général de division de l’armée de terre française.

Ingénieur, titulaire d’un DEA de sociologie, d’un DESS d’administration des entreprises (CAAE), docteur en histoire, le général de division est breveté de l’École supérieure de guerre et diplômé de l’United States Army War College, équivalent du Centre des hautes études militaires pour l’armée de terre des États-Unis.

Attaché militaire près de l’Ambassade de France aux États-Unis d’Amérique, puis conseiller défense du Secrétaire général de la défense nationale (SGDN), il a ensuite été directeur du Centre de doctrine et d’emploi des forces (CDEF) jusqu’en juillet 2008.

Vincent Desportes est aussi codirecteur avec Jean-Francois Phelizon de la collection « Stratégies & doctrines » aux éditions Economica.

Le général Vincent Desportes a été directeur du Collège interarmées de défense (CID), de 2008 jusqu’à l’été 2010. Il est actuellement conférencier, il enseigne la stratégie à HEC, il est aujourd’hui professeur associé à Sciences Po Paris. (Source)

SOURCE

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Publié par : CITOYENS ET FRANCAIS

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Quand Bourru est bien réveillé

Publié le par Felli Bernard

Quand Bourru est bien réveillé

L’Union soviétique a été liquidée , confrontée à deux dilemmes : envoyer des troupes en Pologne ou pas, intervenir en Afghanistan ou pas.

Aujourd’hui, le même scénario est en marche via l’Ukraine et la Syrie.

Telle est l’analyse d’un commentateur de la chaîne russe Rossyia 24 en cette fin de semaine chargée en événements.

Le parallèle est-il possible ?

Selon les Russes, la pression sur les peuples de l’URSS fut telle que les doutes remontèrent jusqu’aux dirigeants manipulés qui plus est par le talentueux acteur de cinéma Ronald Reagan qui réussit à semer le doute quant à la capacité de la Russie de faire face à un conflit mondial.

A Varsovie, on ne vit pas les chars russes. A Kaboul, oui. Le retrait des troupes soviétiques bien équipées finit par s’imposer face aux livraisons américaines de stinger et à la création des talibans dont les élites furent formées par l’armée américaine et la CIA.

A Moscou, après la longue période brejnévienne, l’heure était aux doutes quant à la viabilité du système économique socialiste face aux incroyables percées technologiques occidentales.

Non, les chercheurs et ingénieurs russes ne sont pas plus bêtes que leurs homologues occidentaux, mais ils étaient incapables de pousser la machine économique à innover, les militaires, arqués sur une armée forte en hommes et en matériel classique, étant le centre ultime de décision.

Les services de renseignement étaient plus inquiets des changements de mentalité dans les pays de l’Est face à une propagande occidentale très élaborée reposant sur les concepts de liberté, démocratie et consumérisme.

Si l’erreur fatale fut le repli de l’URSS sur elle-même alors même que le chômage grimpait en flèche à l’Ouest et que les Soviétiques et autres ressortissants des pays du Traité de Varsovie, s’il en avaient eu la possibilité, se seraient vite rendus compte sur place, de visu, que la vitrine occidentale avait un prix payé très cher par les européens : impôts, charges, augmentation de plus en plus faible des salaires, etc.

Aujourd’hui, le nouveau piège qui attend l’ours russe risque de ne pas fonctionner : n’est-ce pas Staline qui aimait répéter cette citation classique : commettre une erreur une fois, c’est admissible, la répéter, c’est montrer sa bêtise.

On peut accuser les dirigeants russes de tous les mots, mais je ne vois aucun observateur ou responsable occidental oser dire que Poutine est bête.

Le chantage via la campagne électorale américaine ou les pleurnichades des Polonais et autres Baltes peuvent faire sourire, sachant que chacun y trouve son compte et que tous brûlent du gaz russe et que leurs petites économies sont totalement tributaires de leur grand voisin mal aimé. Idem pour l’Ukraine où le scénario des coups d’Etat de la CIA a été repris avec la caution des Allemands et des Français.

Aussi, il faut être un politique à la petite semaine pour pronostiquer que la pression sur Moscou, via le chantage et les sanctions portera ses fruits.

Le scénario de la fin de l’URSS appartient au passé. La Russie n’est plus un colosse aux pieds d’argile et bien malin qui pourra la remettre à genoux.

Un journaliste français illustre, Jean CHAMPENOIS qui paya de sa fidélité à de Gaulle l’interdiction de rentrer dans son pays en raison d’une décision judiciaire de Vichy , avait coutume de dire : ne touchez pas à Bourru quand il hiberne ou quand il arpente librement ses immenses territoires car le jour où vous le titillerez, rien de saurait l’arrêter.

Pierre Le Normand

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Nietzsche et Poutine face au Grand Turc et à l’OTAN

Publié le par Felli Bernard

Nietzsche et Poutine face au Grand Turc et à l’OTAN

Nietzsche et Poutine face au Grand Turc et à l’OTAN

C’est Nietzsche qui écrit dans le Crépuscule des idoles : « La Russie, la seule puissance qui ait aujourd’hui l’espoir de quelque durée, qui puisse attendre, qui puisse encore promettre quelque chose… » !

Nicolas Bonnal

Ecrivain

Ci-gît l’Etat islamique ? Comme prévu l’armée russe fait le ménage en Syrie, et elle aplatit avec art et méthode l’ennemi. Prions pour la punition méritée de ces assassins de chrétiens d’Orient, ces bons chrétiens d’Orient que nos élites goulues laissaient froidement se faire égorger. Je me souviens de ce plumitif robespierriste qui se félicitait de leur élimination car « ils avaient servi la tyrannie syrienne comme la tyrannie irakienne ».

Dans le même temps, l’OTAN menace la Russie puisque c’est la Turquie notre alliée. L’OTAN semble n’avoir plus pour mission que de déclencher des conflits nucléaires pour détruire l’Europe ici, l’Asie là-bas, en agressant la Chine de manière insidieuse et récurrente, ce qui facilitera partout le Grand Remplacement africain voulu par nos brillantes élites.

Il faut dire que leur État islamique a permis aux gares de Budapest ou de Munich de se remplir de faux réfugiés plus monnayables que des envahisseurs ; et que, création de plusieurs puissances médio-orientales, notre nouvel enfant chéri ne manque pas d’alliés, y compris à Paris…

Et on comprend enfin pourquoi on laissait faire Isis : Isis égorgeait qui l’on voulait (il ne fallait pas vérifier qui était vraiment égorgé d’ailleurs), et l’aviation des « fous alliés » venait bombarder subrepticement les installations chinoises et préparer le démembrement du pays. Les commentateurs commentaient en commentant… des égorgements. On a l’impression d’être dans le film Opération Espadon qui voit Travolta expliquer comment il détourne l’attention et comment il prépare un attentat pour justifier sa frappe nucléaire.

Lire aussi : À l’Est, du nouveau

Mais cette fois, on a affaire à la Russie dont les Sukhoi mettent en fuite les F-16 US. Les hommes libres poussent un soupir de soulagement. L’Amérique et son quarteron de dominions en retraite en seront pour leurs frais.

Le sénile McCain demande qu’on surarme un peu ses terroristes préférés pour aider à détruire l’armée russe « comme en Afghanistan ». Le bonhomme de neige se méprend : ce sont les Américains qui ont perdu sang et argent en Irak et en Afghanistan, ce sont les Américains qui ont abandonné (mais qui diable dirige là-bas ?) leur ambassadeur en Libye, ce sont les Américains qui se retrouvent face à une solide coalition qui regroupe Russie, Chine, Iran, Syrie et même l’Irak que Dubya martyrisa pour rien. On attend Jeb l’an prochain : lui aussi promet de punir la Russie avec l’OTAN et les joueurs de quilles du Pentagone. Au point où nous en sommes…

Petit rappel… c’est Nietzsche qui écrit dans le Crépuscule des idoles : « La Russie, la seule puissance qui ait aujourd’hui l’espoir de quelque durée, qui puisse attendre, qui puisse encore promettre quelque chose… » !

On appréciera ce propos car, face à un occident dégénéré qui gère son remplacement démographique et religieux tout en rêvant de la troisième guerre mondiale contre le reste du monde, la Russie donne une leçon de sagesse et de force tranquille.

Nicolas Bonnal

http://www.bvoltaire.fr/nicolasbonnal/nietzsche-poutine-face-grand-turc-a-lotan,211480?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=db80dd6d11-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-db80dd6d11-30450793&mc_cid=db80dd6d11&mc_eid=d973bb6006

NICOLAS BONNAL

NICOLAS BONNAL

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Pourquoi le terrorisme se fait-il discret en Europe occidentale

Publié le par Felli Bernard

Pourquoi le terrorisme se fait-il discret en Europe occidentale

Alors que jusqu’à nouvel ordre, l’Occident est toujours en guerre avec l’Etat islamique, que la France effectue quelques frappes contre lui en Syrie au nom de la sécurité intérieure de notre pays, étrangement, il ne se passe rien en réaction.

Il y a de quoi s’en estimer heureux quand on sait que notre pays avait hésité à s’engager dans la lutte contre le terrorisme hors de ses frontières par crainte de représailles, se contentant de liquider un Kadafi et de déstabiliser son pays, ce qui faisait justement l’affaire des islamistes.

L’explication de ce provisoire cessez-le-feu ( les terroristes tirent bien à balles réelles) viendrait de la déferlante migratoire en Europe.

L’accueil par les pays occidentaux, pour des raisons dites humanitaires, de centaines de milliers de réfugiés venus d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan ou d’Afrique a permis à l’Etat islamique de faire passer un nombre considérable de ses serviteurs, fondus dans la masse.

Cela signifierait que la prochaine étape de la guerre qu’il nous livre consisterait à s’appuyer non plus seulement sur quelques individus, mais sur de véritables commandos en mesure de porter atteinte aux Etats.

C’est justement ce risque là qui a conduit la Russie à prendre les devants en frappant hors de ses frontières, ayant elle-même maille à partir avec des nids terroristes infiltrés dans les ex-républiques musulmanes de l’ex-URSS.

Face à ce nouveau défi, il est certain que les services de renseignement des pays occidentaux sont à la barre et fournissent un travail considérable.

Ce n’est pas non plus pour rien que les Russes souhaitent le renforcement de la coopération en ce domaine.

Il faut savoir que les services de renseignement de Moscou ont une longueur d’avance en raison de leur parfaite connaissance du monde arabe et de leur appui sur leurs propres ressortissants musulmans. Il suffit de se rappeler le rôle joué par Evguéni Primakov décédé cette année.

L’expérience de l’Afghanistan aura été sur ce point primordiale : l’URSS aurait sans doute réussi à rétablir un état afghan laïc, n’étaient les agissements des Etats-Unis tant au plan militaire qu’au plan humain en créant de toutes pièces un Ben Laden devenu bien vite bien encombrant dès lors qu’il réclamait son dû.

Mais la Russie n’a jamais rompu les ponts. Tout comme elle ne l’a jamais fait dans l’ensemble du monde arabe.

La vitrine tchétchène représente aujourd’hui un formidable pôle d’attraction pour le monde musulman.
Son président a carte blanche et la reconstruction de la Tchétchénie après la guerre que lui a livré le terrorisme soutenu par l’Amérique dans le but de mettre une aiguille dans le pied de Poutine montre qu’il aura fallu relativement peu de temps pour que l’intégrité territoriale de la Russie soit rétablie.

Si Kadirov n’est pas un tendre, c’est qu’il connaît parfaitement ses adversaires et qu’il sait également ce que le monde musulman de l’ex-empire soviétique doit à la Russie.

La récente inauguration de l’ancienne mosquée de Moscou par Poutine et les représentants de toutes les églises venus du monde entier aura été la dernière garantie en date donnée par la se confirmait comme Russie dont le chef de l’Etat tient à chaque occasion à rappeler que son pays était multiconfessionnel,sans laisser de place au communautarisme.

Ces événements ne peuvent être dissociés de la lutte implacable contre le terrorisme érigée en doctrine de guerre par Moscou.

Aussi, les appels du pied à une alliance internationale n’ont rien de fortuit. La Russie a payé le prix fort dans cette bataille et va continuer de le payer.

Les moyens mis en œuvre notamment au détour du budget 2016 qui accorde des crédits exceptionnels à la Défense –les plus élevés dans le monde- coûtent très cher aux Russes comme leur coûta très cher la planification militaire à la sortie du premier conflit mondial et à la préparation du second.

L’Occident est doublement impardonnable : visant à la suprématie en Europe et ailleurs, s’acharnant à affaiblir l’allié oriental indéfectible qu’a toujours été la Russie, il se comporte comme « l’ami qui vous veut soi-disant du bien ».

Dans le même temps, il met la pression sur les peuples occidentaux et accepte de facto que des citoyens européens soient victimes du terrorisme qu’il cherche à contenir mais pas à détruire.

Le nouveau pacte occidentalo-islamique ressemble fort au pacte germano-soviétique permettant aux uns et aux autres de se donner du temps et d’assujettir des pays pouvant assurer une suprématie industrielle sur l’adversaire.

Le pacte transatlantique qui se prépare a pour objectif inavoué d’inféoder pacifiquement l’Europe de l’Atlantique au Dniepr pour affronter l’Etat islamique.

L’éternelle erreur est répétée : se tromper d’adversaire et penser liquider celui que l’on soutient un temps contre celui qui reste l’ennemi avéré ; qu’il soit tsariste, communiste ou poutiniste.

Le répit obtenu ne sera pas long. L’Etat islamique a les dents longues et joue sur l’idée d’un nouvel empire de justice et de paix islamique qui ferait des tenants de l’ idéologie islamique les nouveaux seigneurs de la terre imposant au monde leur loi.

Cette ambition est d’autant plus réaliste que le monde occidental a maintenu dans une misère anachronique des peuples entiers qui, à peine sortis de la période coloniale, sont tombés dans le chaos résultant de la prise de pouvoir par des dirigeants corrompus et avides.

Et c’est ainsi que des territoires entiers, en Afrique, au Moyen et Proche-Orient tombent sous la coupe d’un nouvel Etat parfaitement structuré qui se permet même le luxe de fournir en pétrole notamment ses adversaires.

La propagande islamique ne touche pas par hasard des fils et filles de bonnes familles européennes de même que la propagande nazie sut rallier les cœurs et les esprits d’élites françaises, face au délitement d’un pays que les socialistes pacifistes conduisaient à une mort certaine.

Faut-il rappeler qu’alors que l’Allemagne réarmait, la France se payait le luxe des congés payés et d’un Front Populaire bien intentionné mais totalement aveugle sur ce qui se passait à nos frontières.

Et aujourd’hui encore, on disserte sur les vertus des 35 heures, de la théorie du genre, de la pollution des automobiles et des primaires au sein d’une opposition laminée et incapable de se refaire alors qu’il y a le feu au lac

Dans ce contexte, l’heure n’est plus ni aux mensonges, ni aux atermoiements, ni aux jugements emberlificotés sur la Russie ou sur la Chine. L’heure est à une Alliance mondiale des pays encore libres.

Pierre Le Normand

http://ombre43.over-blog.com

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Le désordre mondial

Publié le par Felli Bernard

Le désordre mondial

Par Ghassan Kadi – Le 3 octobre 2015 – Source thesaker.is

Le récent discours du président Poutine à l’Assemblée générale des Nations unies a révélé au reste du monde l’ampleur des mensonges et de l’inefficacité de l’Occident. De plus, l’initiative militaire russe en Syrie qui a suivi presque immédiatement ce discours a laissé tous les ennemis de la Syrie dans une impasse, confus et pantois.

Simultanément, le secrétaire d’État Kerry dit qu’il veut coopérer avec la Russie tandis que les autres responsables états-uniens se disent préoccupés par le rôle de cette dernière et demandent l’arrêt de son intervention militaire. Israël est très préoccupé par le couvre-feu imposé par les Russes à son aviation dans le ciel syrien. Pour ajouter aux malheurs d’Israël, quelques fuites indiquent que le Hezbollah a reçu de l’Iran des missiles anti-aériens sol-air SA-22 de dernière génération. La Turquie est furieuse parce que la Russie aurait attaqué l’Armée syrienne libre (FSA dans son sigle anglais). Les Saoudiens demandent que la Russie cesse son assaut, et tous les soi-disant islamistes protégés souhaitent que les Russes soient ramenés en Russie dans des linceuls pour rejouer ce qui s’est passé en Afghanistan.

La Russie démontre clairement qu’il n’y a aucune différence entre l’une ou l’autre des forces armées illégitimes qui opèrent en Syrie et qu’elle est là pour soutenir l’armée syrienne et le gouvernement élu, indépendamment de ce que l’Occident et ses partisans disent, veulent ou pensent.

Lavrov ne pouvait pas l’exprimer plus crûment lorsqu’il a dit que «s’il ressemble à un terroriste, s’il marche comme un terroriste, s’il combat comme un terroriste, c’est un terroriste, non ?»

En fait, on peut être presque certain que les premières attaques russes ont délibérément frappé autant de groupes différents que possible dans le but, pour la Russie, d’envoyer le message clair qu’elle ne fait aucune distinction entre les divers groupes terroristes et qu’elle a l’intention de tous les détruire.

Le président Poutine a fait une remarque très subtile lorsqu’il a dit que les combattants étrangers en Syrie ne devraient pas être autorisés à rentrer chez eux. Logiquement, cela implique qu’il pensait qu’ils seraient tous tués ou capturés.

L’intervention militaire russe est indéniablement un acte sans précédent, qui marque le véritable début d’une nouvelle ère géopolitique. C’est un pas beaucoup plus important que les diverses étapes qui ont précédemment signalé la fin de l’ère du Nouvel ordre mondial. [US NWO, NdT]

La fin de l’hégémonie du Nouvel ordre mondial était déjà apparue clairement en Ukraine, puis en septembre 2013, en Méditerranée occidentale [pour empêcher le bombardement de la Syrie, NdT], indiquant que l’Amérique n’est plus le leader mondial incontesté.

L’ancienne nation syrienne était destinée à être le lieu où cette nouvelle phase historique de la géopolitique a émergé et où un changement fondamental a été imposé.

Lorsque nous utilisons le terme imposé, nous devons définir la nature de cette imposition, parce que les présidents Poutine et Assad imposent le droit international et les accords bilatéraux ; contrairement à la multitude de coalitions menées par les États-Unis, qui ont envahi des pays pour renverser leurs gouvernements légitimes, piller leurs ressources et leurs infrastructures et détruire leurs économies.

Donc les États-Unis sont maintenant pris entre le marteau et l’enclume. Pour la première fois depuis très longtemps, ils sont contraints d’admettre qu’ils ne sont plus l’unique superpuissance mondiale. En outre, ils se retrouvent à devoir accepter qu’un développement international majeur s’est produit en Syrie contre leur volonté et qu’ils sont incapables de l’arrêter.

Mais l’acceptation par l’Amérique du nouveau statu quo et l’abolition du Nouvel ordre mondial post-URSS n’est pas le principal dilemme auquel elle doit faire face. Aux yeux des politiciens américains bellicistes, la question principale est d’affronter les conséquences. Si l’Amérique devait rester assise et regarder la Russie mettre en œuvre ses propres résolutions en Syrie, alors cette position reviendrait à accepter la défaite.

Accepter sa défaite est quelque chose d’énorme que l’Amérique n’a pas l’habitude de faire. Pour elle, accepter la défaite est une affaire sérieuse qui pourrait amener des politiciens bellicistes à se lancer dans de gros paris et de dangereuses manœuvres .

Il n’y a pas très longtemps, je me suis demandé ce que pourrait faire une Amérique désespérée, et j’ai écrit un article intitulé How Far Will A Desperate America Go ? [Jusqu’où ira une Amérique désespérée ?]. J’y examinais hypothétiquement quelques scénarios potentiels et j’y envisageais quelques réactions, mais l’initiative russe en Syrie a redistribué toutes les cartes, plongeant l’Amérique dans une situation où elle pourrait devoir lutter non seulement pour sa survie, non seulement pour sa taille, mais aussi pour son impunité et sa capacité à prendre des décisions indépendantes.

En effet, de nombreux observateurs considèrent que les actions de l’Amérique en Ukraine visaient à punir la Russie pour le rôle qu’elle a joué en Syrie jusqu’en 2013. Nous devons garder à l’esprit que si c’est vrai, ç’aurait été en représailles des deux missiles américains visant la Syrie et abattus par les Russes au-dessus de la Méditerranée orientale. Comparé à ce que fait la Russie aujourd’hui, la destruction de deux missiles est une peccadille, dérisoire et insignifiante.

Là est la question : l’Amérique a-t-elle déclenché le chaos ukrainien dans le but de punir la Russie simplement pour avoir abattu deux missiles américains destinés à frapper la Syrie ? Alors, jusqu’où est-elle prête à aller pour punir la Russie parce que celle-ci bombarde les cellules terroristes en Syrie, révélant ainsi l’impuissance de l’Amérique ?

Un tel scénario est effrayant, c’est peu de le dire, et c’est peut-être le seul souci relatif à la manière dont l’intervention russe en Syrie peut devenir scabreuse.

Hormis une confrontation ouverte avec la Russie en Syrie, l’Amérique ne peut pas, de façon réaliste, faire grand chose pour entraver la Russie. Les acolytes régionaux de l’Amérique au Moyen-Orient, y compris Israël, ne sont pas en position de se dresser contre la Russie. Ergodan a été rendu totalement impuissant et les Saoudiens sont profondément empêtrés. De plus, même avant le début de l’assaut russe, le cocktail anti-syrien avait déjà volé en éclats et chacun de ses fragments a continué en solo à récupérer des morceaux dans la poursuite de ses propres intérêts et de sa survie.

Washington doit être en effervescence, dans l’agitation et la confusion. Les décideurs et les conseillers politiques, les stratèges et les experts recherchent sans doute toutes les solutions alternatives, mais ils doivent trouver tous les choix très difficiles, parce qu’ils n’ont pas trop d’options. Si l’Amérique opte pour laisser la Russie faire sa part en Syrie, elle pourrait laisser faire avec l’idée qu’elle peut facilement allumer un autre foyer ailleurs et/ou raviver l’incendie en Ukraine et causer ainsi des problèmes à la Russie. Mais cela ne règle que la moitié de la question parce que, à moins que l’Amérique ne réussisse à stopper l’initiative russe en Syrie, elle sera considérée comme ayant accepté sa défaite.

La Russie tente de restaurer un ordre mondial universellement accepté basé sur l’ONU, mais l’Amérique a encore le pouvoir de créer un nouveau désordre mondial. Le fait que les auteurs de la politique américaine soient assez fous pour aller dans cette direction sera déterminé par de nombreux facteurs, y compris savoir qui tiendra la barre après Obama. Nous pouvons bien critiquer Obama, nous le faisons et le devons, mais il est très possible que le nouveau président américain fasse ressembler George W. Bush à Mère Teresa. C’est peut-être une bonne raison pour que la Russie agisse rapidement en Syrie avant que quelque fou furieux conservateur ne remporte la prochaine élection présidentielle aux États-Unis.

Maintenant, la Russie dirige la manœuvre. La conspiration menée par les États-Unis en Ukraine s’est déjà retournée contre elle en Crimée, augmentant le butin des russes.

Le président Poutine comprend bien la mentalité américaine. Il sait que les Américains sont des fiers-à-bras et il sait comment s’y prendre avec eux.

Les fiers-à-bras n’acceptent pas qu’on les voie vaincus. Par conséquent, les Américains doivent pouvoir accepter de voir leur fierté rabaissée, avec un minimum de dommages, si la diplomatie russe parvient à leur trouver une porte de sortie qui leur permette de sauver la face.

Après tout, la reddition des armes chimiques en 2013 était un édulcorant négocié par les Russes que l’Amérique a avalé sans hésitation. La différence entre les événements de 2013 et ceux d’aujourd’hui est que l’événement des deux missiles américains abattus par la Russie en 2013 était resté en coulisse et n’était connu que de quelques-uns. L’Amérique n’était pas partie la queue entre les jambes parce que l’événement est resté ignoré aux yeux du monde. Mais actuellement on voit tout et quelle que soit l’ordonnance prescrivant la potion magique qui sauvera la face des États-Unis, elle sera clairement écrite en cyrillique pour le reste du monde.

Ghassan Kadi

Traduit par Diane, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

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Le bal des vampires

Publié le par Felli Bernard

Le bal des vampires
Le bal des vampires

Le bal des vampires

«Obama devrait riposter si la Russie continue de frapper nos gars» – Zbigniew Brzezinski

Par Nick Gass – Le 5 octobre 2015 – Source : Politico

Les États-Unis devraient menacer la Russie de représailles si celle-ci n’interrompt pas ses frappes sur les alliés des Américains en Syrie : c’est ce qu’écrit l’ancien conseiller à la sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, dans une tribune libre publiée dimanche dans le Financial Times. Il appelle à de «l’audace stratégique», la crédibilité de l’Amérique au Moyen-Orient étant en jeu.

Le choix manifeste de Moscou de ne pas limiter ses frappes à État islamique et de cibler les rebelles syriens soutenus par la CIA «au mieux» montre «l’incompétence militaire russe» et, au pire, «un désir évident et dangereux de faire ressortir l’impuissance politique américaine», écrit Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité nationale du président Jimmy Carter et fervent supporter de l’actuel président Barack Obama.

«Et si la Russie continue de frapper des cibles non-État islamique, les États-Unis devraient riposter», ajoute-t-il.

«Alors que les événements s’accélèrent, les États-Unis n’ont qu’une seule option valable s’ils veulent protéger leurs intérêts dans toute la région : faire savoir à Moscou qu’elle doit arrêter et renoncer aux actions militaires qui touchent directement les alliés des Américains.

La présence navale et aérienne russe en Syrie est vulnérable, elle est isolée géographiquement de leur territoire. Les Russes peuvent être désarmés s’ils persistent à provoquer les États-Unis.

Le problème au Moyen-Orient ne se limite pas à la Syrie, et il devrait incomber à la Russie de coopérer avec les États-Unis, qui ne peuvent plus, comme par le passé, se reposer sur le Royaume-Uni et sur la France pour jouer un rôle déterminant dans la région.

Mais, mieux encore, on devrait pouvoir convaincre la Russie d’agir avec les États-Unis pour rechercher le règlement d’un problème régional qui dépasse les intérêts d’un seul État», écrit Brzezinski.

Au lieu de ce qu’il appelle «une nouvelle forme de domination néocoloniale», les États-Unis, tout comme la Chine et la Russie, doivent agir de manière concertée pour protéger leurs intérêts mutuels, a-t-il averti.

«La Chine préfèrerait sans doute rester à l’écart. Les Chinois peuvent penser qu’ils seront en meilleure position pour tirer les marrons du feu. Mais le chaos régional peut très facilement s’étendre vers le nord-est, et même embraser l’Asie centrale et l’Extrême-Orient. Alors la Russie et la Chine pourront chacune en être gravement affectées. Mais les intérêts américains et les amis de l’Amérique – sans parler de la stabilité régionale – en souffriraient aussi. Le moment est donc venu pour l’audace stratégique», conclut-il.

Nick Gass

Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité nationale du président Jimmy Carter, est un des théoriciens neocons les plus en vue. Dans son principal ouvrage, paru dans les années 1990, Le Grand Echiquier, il explique comment les États-Unis doivent agir pour conserver leur domination globale. Ses principales cibles sont les ensembles eurasiens, la Russie et la Chine. Pour tenir ces derniers en respect, les faire éclater et les coloniser, il veut utiliser l’extrémisme islamique et les nationalismes renaissants des anciens pays soviétiques, notamment les nationalismes ukrainien et géorgien.

Traduit par Ludovic et relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité nationale du président Jimmy Carter, est un des théoriciens neocons les plus en vue. Dans son principal ouvrage, paru dans les années 1990, Le Grand Echiquier, il explique comment les États-Unis doivent agir pour conserver leur domination globale. Ses principales cibles sont les ensembles eurasiens, la Russie et la Chine. Pour tenir ces derniers en respect, les faire éclater et les coloniser, il veut utiliser l’extrémisme islamique et les nationalismes renaissants des anciens pays soviétiques, notamment les nationalismes ukrainien et géorgien.

Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité nationale du président Jimmy Carter, est un des théoriciens neocons les plus en vue. Dans son principal ouvrage, paru dans les années 1990, Le Grand Echiquier, il explique comment les États-Unis doivent agir pour conserver leur domination globale. Ses principales cibles sont les ensembles eurasiens, la Russie et la Chine. Pour tenir ces derniers en respect, les faire éclater et les coloniser, il veut utiliser l’extrémisme islamique et les nationalismes renaissants des anciens pays soviétiques, notamment les nationalismes ukrainien et géorgien.

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Des journées bien remplies

Publié le par Felli Bernard

Des journées bien remplies

Des journées bien remplies

Un observateur qui s’intéresse depuis des lustres à la Russie me faisait remarquer que les choses changeaient incroyablement vite dans ce pays.

Il en fit part à ses amis russes qui le considérèrent avec un certain étonnement, tant il est vrai qu’un regard extérieur vous en apprend beaucoup sur vous-mêmes.

Revenu d’un long périple accompli durant l’hiver russe, il fut frappé par l’intensité de la circulation de semi-remorques jour et nuit, le fonctionnement 24 heures sur 24 des services, l’intensité des soirées et nuits des cités et le recours aux technologies de pointe, y compris dans les bleds les plus reculés.

Certes, il s’agissait de la partie européenne de ce vaste pays, mais cette fourmilière, il en retrouva le reflet dans les médias, notamment sur les chaînes de télévision rendant compte en tant réel de l’actualité intérieure et internationale.

La rentrée, avec les derniers événements, semble avoir vu une accélération de la cadence.

Ces derniers jours, de l’Assemblée générale de l’ONU en passant par les frappes en Syrie, l’évolution de la situation en Ukraine et dans les pays Baltes avec une ingérence de plus en plus flagrante de l’OTAN pourraient suffire à alimenter des chaînes d’information en continu.

Pourtant, en quelques heures, c’est une conférence internationale sur l’Afghanistan qui se tient les 7 et 8 octobre à Moscou, faisant suite à la visite du numéro 2 de ce pays en Tchétchénie avec entre-temps la destruction d’un hôpital par les frappes américaines toujours en Afghanistan, puis une frappe faisant 12 morts lors d’un mariage au Yémen.

C’est Poutine convoquant son ministre de la défense à Sotchi les 7-8/10 c’est la conférence de presse de la porte-parole du ministère des affaires étrangères, c’est encore Poutine abordant les questions de l’enseignement et de l’éducation de la jeunesse dans le respect des valeurs et du patriotisme tout en défendant l’ouverture de son pays sur les autres cultures.

C’est encore le déroulé heure par heure des frappes en Syrie, c’est aussi la réunion du gouvernement présidée par le Premier ministre Medvédév avec à l’ordre du jour le budget et la restructuration de l’ensemble de l’économie russe.

C’est aussi la crise du transport aérien avec la faillite d’une grande compagnie. Ce sont les éléments déchaînés dans la région de Sakhaline et la préparation d’un traité de paix avec le Japon. Les journalistes russes empêchés de couvrir un match de foot –Moldavie-Russie- par la volonté du pays d’accueil. Ce sont les Anglais qui débarquent dans les pays Baltes pour aider à contenir la menace russe.

En comparaison, le vide abyssal de l’information sur les chaînes occidentales, notamment françaises qui traitent des catastrophes en tout genre et surtout de ce qui peut et ne peut se dire en français.

Pendant que Volskwagen se remet en piste avec ses publicités en France après avoir pendant quelques jours, mis en avant son petit fourgon exclusivement, voilà que Mercédes fait de la pub pour le rendez-vous de Sotchi pour un grand prix qui lui avait déjà porté chance.

La Russie est en passe de devenir un point de rencontre où se croisent tous les décideurs et hommes politiques qui mesurent l’urgence de reprendre le train en marche.

Les forums succèdent aux forums et les dirigeants russes ont plusieurs fers au feu tout en surveillant la casserole de lait avec la plus grande attention.

Qu’entendons-nous ?

Qu’il faut veiller à préserver les acquis sociaux, relever la santé publique, promouvoir l’enseignement, moderniser l’économie tout en la rendant de moins en moins tributaire des fournisseurs extérieurs, mettre l’armée au top niveau, développer des partenariats et alliances tous azimuts , apporter une aide humanitaire au Donbass , en Syrie et en Afghanistan, contenir à tout prix le terrorisme sur les frontières et le liquider lorsqu’il s’infiltre, s’occuper des 8000 réfugiés syriens, placer les enfants des orphelinats dans des familles d’accueil.

Notre observateur constate rapidement que s’il doit traiter tous les dossiers qui font la une des médias russes, il lui faudra recourir à des aides extérieures, à moins d’y sacrifier son sommeil.

Certains s’empresseront de reprendre l’antienne de la propagande héritée de l’Union soviétique, de la saturation des esprits, du matraquage orchestré par le pouvoir.

Sauf que la présentation des nouvelles qui défilent au bas de l’écran n’a même pas le temps d’être orchestrée.

Certes, la Russie est fière de son renouveau ; Elle aurait tort de s’en cacher et de se faire plaisir quand tout le monde crier haro sur le baudet.

Elle a l’immense avantage de mettre le camp occidental en situation de rendre des comptes après des années d’opérations extérieures illégitimes, de coups d’Etat et de révolutions aussi bariolées que le drapeau des gays-pride.

Elle nous pousse à nous interroger sur nous-mêmes, sur notre ronron-canigou, sur notre duplicité, sur nos mensonges.

Loin de moi l’idée de faire l’apologie de la politique russe. Force est de constater toutefois qu’elle a le mérite de nous ramener les pieds sur terre ; d’appeler un chat un chat qui comme chacun sait sont tous gris la nuit.

Face à ce que d’aucuns osent, tel Ulysse Gosset évoquant une éventuelle Troisième guerre mondiale qui n’aura pas lieu mais a lieu tout de même sous forme d’une guerre économique et de conflits localisés, la Russie nous invite à raison garder : les bouleversements internationaux qui marquent le début du 21ème siècles s’accélèrent. Ce sont des continents entiers qui se cherchent au travers d’Etats qui s’éffilochent par la volonté d’organisations supranationales qui en prennent le contrôle pour mieux les asservir et préparer leur disparition.

Quand l’Europe est en train de mourir, quand l’Eurasie entre dans une phase de suprématie irréversible, quand l’Amérique a perdu son leadership et se discrédite aux yeux même de ses alliés qui sont tentés d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, quand les transhumances touristiques sont supplantées par des flux migratoires sans précédent, quand les racines et valeurs des nations sont niées au profit d’une coolerie généralisée, il est sans doute urgent d’écouter la voix de la Russie et de retrousser ses manches.

Pierre Le Normand

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Obama : carence de caractère et narrative

Publié le par Felli Bernard

Ouverture libre

jeudi 08 octobre 2015

Obama : carence de caractère et narrative

Robert Parry, que nous citons régulièrement, est bien connu de nos lecteurs, et ses qualités le sont également par conséquent. Nous avons choisi de citer son plus récent texte (6 octobre) sur le site Consortium.News qu’il édite et dirige, parce qu’au travers de son évaluation de la situation d’Obama vis-à-vis de la crise syrienne, Parry nous semble tracer un portrait cohérent et parfaitement intéressant du président des États-Unis. Par le fait, il nous donne les clefs de l’explication que recherchent nombre de commentateurs, et même (mais cela n’étonnera personne) nombre de chefs d’États et de gouvernement. A une très-récente réunion de représentants des États-membre de l’UE où fut discutée l’attitude politique de l’UE vis-à-vis des crise des migrants-réfugiés et de la Syrie, la grande question qui n’était nullement à l’ordre du jour mais qui était dans tous les esprits était, selon une de nos sources qui en fait témoignage, – “Quelqu’un sait-il ce que veut faire exactement le président Obama à propos de la Syrie et de l’intervention des Russes ?”, – question sans réponse, évidemment.

L’article de Parry porte effectivement sur l’attitude politique et personnelle d’Obama, avec notre remarque que ce président est certainement celui chez qui le comportement et le caractère personnels ont compté et comptent le plus dans la politique qu’il a conduit et qu’il conduit ; ou plutôt, devrions-nous dire, au choix, “la non-politique qu’il a conduit et qu’il conduit...” ou bien “la politique qu’il n’a pas conduit et qu’il ne conduit pas...”. En fait, on pourrait diviser l’article de Parry en deux : d'abord et essentiellement, effectivement, le “portrait” d’Obama face à la crise syrienne, qui vaut aussi bien comme “portrait d’Obama-président face à toutes les crises”, avec mise en évidence constante d'une faiblesse psychologique et d'une carence de caractère.

D’autre part, il y a une longue appréciation de l’action extrêmement perverse de la presse-Système et du commentaire-Système dans le sens de l’“extrémisation” totale du “jugement politique” à Washington, notamment au travers de la dissection du comportement professionnel faussaire et d’une bassesse intellectuelle rare d’un commentateur fameux du Washington Post, Richard Cohen, avec rappel de ses interventions passées, notamment en février 2003 à propos du discours grotesque de Powell à l’ONU (sans doute la plus grave faute et le plus grand regret du secrétaire d’État, selon son propre aveu) et la question du montage tout aussi grotesque autour des “armes de destruction massive” de Saddam Hussein. Les remarques de Parry sur Cohen concernent principalement, évidemment, les commentaires actuels du journaliste, qui se situe dans le droite ligne des neocons, avec l’extraordinaire défilé de phantasmes, montages intellectuels, affirmations de l’au-delà du mensonger, etc. Ce que Parry veut montrer avec ce long passage sur Cohen, c’est à quelles pressions le caractère d’Obama le pousse à céder, donnant ainsi un aspect important du portait implicite qu’il fait d’Obama.

Ce que nous publions ci-dessous, c’est ce que nous jugeons être le “portrait” d’Obama, constitué selon notre appréciation par les quelques paragraphes d’introduction (“ce que devrait faire Obama” à propos de la Syrie selon Parry, et qu’il ferait s’il n’y avait pas cette carence du caractère qu’il signale), puis par la deuxième partie du texte exposant la carence de caractère, ou la faiblesse psychologique du président, et les pressions de communication auxquelles il est soumis et auxquelles il succombe à cause de ses défauts. Effectivement, nous associons une “carence de caractère” avec une “faiblesse psychologique”, qui se résument dans la situation politique à une intimidation à laquelle succombe Obama, malgré ce que Parry juge être une réelle intelligence du jugement. Cette intimidation vient bien sûr de l’extérieur dans son aspect opérationnel, mais elle n’est nullement une contrainte de l’extérieur ; c’est bien la faiblesse psychologique d’Obama qui l’ouvre aux conditions d’influence de communication formant l’aliment de cette intimidation, et sa carence de caractère qui détermine sa propre intimidation.

Dans le cours de cette analyse qui comporte des aspect psychologique important, on a également une description du monde totalement surréaliste et irréaliste qu’est devenu Washington, notamment par l’action des fantastiques centres de puissance de communication, notamment le dispositif de relations publiques au travers de diverses firmes spécialisées qu’a mis en place ces dernières années l’Arabie Saoudite à Washington. (Bien entendu, The Lobby, le lobby israélien, reste en place et exerce toute sa puissance, mais il semble bien que, pour l’occasion, l’Arabie, suivant d’ailleurs ce lobby israélien comme modèle d’organisation, ait mis en place à coups de centaines de $millions une organisation de pression professionnelle de relations publiques plus puissante encore.) C’est cette situation de pression extérieure qui est décrite par cette phrase que nous avons nous-mêmes citée hier, sous cette forme : notre traduction suivie de la citation originelle du texte de Parry qu’on retrouvera dans les extraits ci-dessous :

« “En effet, il y a aujourd’hui tant de ‘narrative’ fausses ou douteuses qui désinforment le processus de ‘groupthinking’ de la capitale, que les décisions des USA sont plus le produit de la mythologie que des faits.” (“Indeed, there are now so many false or dubious narratives dis-informing the capital’s ‘group think’ that U.S. decisions are driven more by mythology than facts.”) »

Il nous semble sans aucun doute qu’il faut bien établir une graduation des forces en présence et l’orientation véritable du processus de cause à effet. Ce ne sont pas les forces d’influence qui déterminent l’intimidation que montre Obama, même si elles en sont bien entendu les outils ; c’est le caractère du président, avec la carence que nous signalons, avec la faiblesse psychologique qui nourrit cette carence, qui permettent à ces forces d’influence de faire leur travail et de le subjuguer. Le jugement d’Obama n’est, selon Parry, nullement en cause. Il (Obama) comprend bien ce que la politique maximaliste d’inspiration neocon & Cie a de catastrophique et son véritable jugement serait de choisir une voie réaliste et, dans le cas de la Syrie, de coopérer droitement et clairement avec la Russie, tout en engageant un dialogue politique avec Assad. Malgré cela, et à cause de cette faiblesse psychologique qui tient à divers aspects des conditions sociales qu’il a connues et de la faiblesse constitutive de sa psychologie, et à cause finalement de sa carence de caractère, Obama ne fait pas la politique qu’il voudrait faire ; son habileté lui permet de louvoyer, de repousser les pires incitations jusqu’à l’action irréversible mais de céder aux autres qui impliquent de retenir l’action mais de prononcer sans cesse des condamnations (notamment des Russes et d’Assad dans ce cas de la crise syrienne) qui paralysent la politique en général. Le résultat est effectivement une complète paralysie par impuissance de la volonté de la politique US, et un comportement du président US marqué par ce qu’on juge être la plus complète incertitude, et ce qu’on croit être une incapacité à se décider. Ainsi Obama est-il plus l’otage de son caractère que des pressions extérieures, alors que son intelligence lui permet de comprendre certaines réalités de la situation du monde dont il devrait impérativement tenir compte et qu’il écarte à cause de cette faiblesse.

Tout cela constitue bien entendu le jugement de Parry, ce qu’on nommerait “sa thèse” à propos du comportement du président des États-Unis. Il faut avoir à l’esprit que Parry alimente ce jugement de contacts certainement en bonne position à la Maison-Blanche pour étayer cette “thèse”. Nous ne serions pas loin d’y souscrire, tout en observant que la situation ainsi créée constitue objectivement une situation de dictature du Système sur la direction US qui a pour effet paradoxal de produire une complète paralysie de la politique US par impuissance du caractère, et par faiblesse ou hystérie des psychologies concernées c’est selon ; c’est-à-dire une situation tout aussi objectivement catastrophique pour ce que voudrait provoquer le Système (cas classique, surpuissance-autodestruction).

(Dans les extraits du texte de Parry ci-dessous, nous avons souligné avec l'emploi du gras deux passages qui nous semblent rendre comptedes deux aspects de la situation que nous avons déterminée dans l'analyse de Parry : carence de caractère et pressions extérieures de communication.)

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Le grand n’importe quoi.

Publié le par Felli Bernard

Le grand n’importe quoi.

Cette journée du 7 octobre, si elle correspond à l’anniversaire du Président russe aura été marquée par l’annonce de l’intervention de la flotte de la Russie depuis la Mer Caspienne avec l’envoi de missiles redoutables contre des cibles de l’Etat islamique.

Alors que Vladimir Poutine, depuis Sotchi où il a disputé un match de hockey l’alliance des forces armées syriennes avec celles de l’armée de libération, se permettait de révéler ce que lui avait dit le président français à propos de l’alliance des forces armées syriennes avec celles de l’armée de libération, obligeant Le ministre des Affaires Etrangères français à confirmer, alors même que la Russie crée un début de panique parmi les islamistes, d’aucuns préfèrent jouer les guignols au parlement européen tandis que d’autres excluent Nadine Morano pour langage incorrect.

D’autres encore envisagent de taxer le diesel et le mettre au prix de l’essence pour satisfaire la Déesse Ecologie dans le style des sacrifices rituels d’un autre âge.

Ni le parti de Sarkozy, ni le PS n’en tireront des bénéfices. Ils risquent de braquer encore un peu plus les Français qui cherchent à voir ailleurs et, à ce petit jeu, les prochaines élections régionales comme les présidentielles de 2017 risquent de réserver de grosses surprises.

Si Marine Le Pen se permet d’apostropher le président Hollande en le traitant d’inexistant ou presque, c’est qu’il y a le feu au lac.

Jamais on a tant menti aux Français. Jamais la France n’a été aussi discréditée et si la « bonne idée » de Hollande a été relevée par Poutine, c’est qu’une énième chance est offerte à notre pays de se reprendre.

Exit les Mistral, on oublie –d’ailleurs, on peut constater que les armées russes peuvent très bien faire sans- bonjour le mois des événements culturels russes dans toute la France et bravo à ceux qui sont attachés, aussi bien par amour de la France que par respect du grand allié de la Seconde guerre mondiale, à une alliance franco-russe et à une Europe des nations allant de l’Atlantique à l’Oural.

Alors que l’Allemagne prend de plein fouet la déferlante migratoire qui risque de détruire les digues du bon ordre germanique, alors que des échauffourées entachent l’image de la première compagnie aérienne française menacée par la concurrence arabe, alors que les Etats-Unis font du lobbying de moins en moins secret pour la signature du pacte transatlantique, la propagande occidentale continue de chercher des poux à la Russie qui apparaît pourtant aujourd’hui le principal adversaire du terrorisme, mettant ses paroles et ses actes en concordance.

Du même coup, les masques de l’alliance américaine intervenue illégalement en Syrie pour frapper on ne sait qui ni comment tombent.

Du même coup, et par ricochet, la question ukrainienne risque d’être lue autrement : un coup d’Etat ayant pour objectif d’essayer de conquérir l’Ukraine tout en poussant la Russie à une guerre en Europe.

Les nouveaux pays européens tels la Pologne et autres pays Baltes apparaissent comme des marionnettes qui agitent le gros chiffon rouge de l’ours russe, en profitant au passage pour renazifier et mener une politique négationniste quant à la Seconde guerre mondiale.

Mais silence radio. Aucun ancien pays européen ne vient poser la question à Strasbourg et demander l’exclusion de ces mauvais élèves, voir une intervention « humanitaire » pour leur apprendre à vivre et leur rappeler que leur liberté, ils la doivent deux fois à l’ex-URSS : pendant la guerre et lors du démantèlement pacifique du bloc soviétique.

Mais peut-on ou doit-on encore écrire ce genre de choses.

L’heure est à l’autocensure, à la censure et aux procès d’intention, aux procès en sorcellerie.

Le camarade Staline a fait de bons émules.

PIERRE LE NORMAND

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Propagande de guerre anti-Bachar: Michel Collon claque le bec d’Elisabeth Guigou et remet les réalités à plat

Publié le par Felli Bernard

Michel COLLON
Michel COLLON

Propagande de guerre anti-Bachar: Michel Collon claque le bec d’Elisabeth Guigou et remet les réalités à plat

in Diplomatie et Défense, Etats-Unis, Europe, International, Irak, Islamisme, Russie, Syrie, USA / by Emilie Defresne / on 3 octobre 2015 at 18 h 08 min /

Cette intervention est d’une pertinence accrue dans le contexte de l’entrée en guerre de la Russie au Moyen-Orient contre les terroristes islamistes, et dénonce les mensonges contre le président bachar el Assad et son gouvernement, qui sont propagés par François Hollande, Angella Merkel et Barack Obama & autres, pour justifier leurs soutiens aux islamistes prétendus modérés et leur envie d’assassiner Bachar-el-Assad, comme ils l’ont fait faire des témoins gênants qu’étaient Kadhafi et Saddam Hussein.

Michel Collon est un journaliste, polémiste, penseur et essayiste belge, fondateur du collectif indépendant Investig’Action1. Il possède un site internet qu’il gère avec une équipe de bénévoles : Investig’Action. Il se présente sur son site comme « spécialiste de la désinformation ». Il a repris à son compte, dans plusieurs de ses livres, le concept de « médiamensonge », l’appliquant à ce qu’il dénonce comme une propagande servant à justifier l’entrée en guerre d’un pays contre un autre.

Michel Collon a commencé sa carrière à l’hebdomadaire belge Solidaire, journal officiel du Parti du travail de Belgique.

en plus de son site : Investig’Action, il diffuse une lettre d’information hebdomadaire à 100 000 abonnés.

Il est membre du Conseil consultatif de la télévision latino-américaine. (Source)

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