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Quand Vladimir# Poutine critique la politique sociale soviétique

Publié le par Felli Bernard

Quand Vladimir Poutine critique la politique sociale soviétique

En déplacement, au lendemain de la rentrée des classes, sur le site du plus grand pas de tir spatial jamais construit –il doit être opérationnel en 2015, le chef de l’Etat russe a abordé les questions de l’environnement de la nouvelle ville et, notamment de ses logements et services sociaux.

S’il a rappelé que les délais devaient être tenus, il ne s’est pas privé de rappeler qu’à l’époque soviétique les infrastructures sociales faisaient pas ma de laissés pour compte.

La nouvelle Russie que veut construire Poutine à marches forcées ferait donc d’avantage dans le social que ne le fit le système socialiste en son temps.

Les observateurs attentifs n’auront pas manquer de relever que dans toutes ses interventions, Poutine n’oublie pas de parler des mesures à prendre pour assurer un niveau de vie décent pour son peuple.

On est effectivement loin de la propagande communiste pour laquelle tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et derrière la vitrine de réalisations certes alléchantes se cachait trop souvent des carences dont pâtissaient les Soviétiques.

Si le chef de la Russie est en passe de réussir son pari de redonner leur fierté nationale aux Russes, il lui est bien plus difficile de mettre en adéquation les attentes du plus grand nombre alors que la montée de prix et la disproportion criante entre les nouveaux riches et la majorité des gens est d’autant plus scandaleuse pour un peuple qui a dû vivre longtemps chichement et qui s’est vu « mis à la porte » sous Eltsine, au sens propre du terme, via les privatisations débouchant bien souvent sur des expropriations.

Ce qui est monnaie courante dans les systèmes libéraux où la sacro-sainte propriété privée est un leurre et un moyen pour les Etats de toucher plusieurs fois le jackpot via les impôts, taxes diverses et successions a fait l’effet d’une douche froide sur des populations habituées à vivre dans un système ultra-sécuritaire, ignorant le chômage et disposant de la médecine et de l’enseignement gratuits.

Alors que les révolutionnaires d’après la perestroïka estimaient que nul n’avait besoin de cette assistance généralisée et qu’ils ne souhaitaient plus entretenir un Etat, mais disposer comme ils l’entendaient de leurs revenus, y compris pour assumer les charges auxquelles ils auraient à faire face aussi bien dans leur business que dans la vie courante, ils ont vite déchanté quand ils ont réalisé que cela ne marchait pas comme cela et que la Russie qu’ils s’imaginaient dominer n’était pas un pré carré où ils pourraient dicter leurs lois.

L’accession au pouvoir de Poutine a été le début de la fin de cette utopie pour oligarques et s’il doit sa popularité à son action, sa politique en la matière n’y est pas étrangère.

Aujourd’hui, la Russie est en mesure de s’imposer dans l’arène internationale et de poursuivre ses objectifs sans à coups, même si la croissance a dû être revue à la baisse et les charges liées au retour de la Crimée dans le giron de la mère patrie ainsi que les démêlés avec une Ukraine habilement manipulée par les pays occidentaux pour qu’elle coûte un maximum aux Russes ne lui facilitent pas la tâche.

Historiquement, ce n’est pas nouveau et les dirigeants russes ne sont pas tombés de la dernière pluie.

Ce qui est nouveau, c’est que les nouvelles équipes dirigeantes ont réussi à tirer le meilleur parti de l’économie de marché et d’une évolution politique qui est en train de se révéler bien plus perspicace et prometteuse que les systèmes démocratiques occidentaux usés jusqu’à la corde et dont les élites politiques sont dans la totale incapacité de se régénérer et d’assurer une gouvernance satisfaisante pour leurs peuples.

Ce qui est nouveau, c’est que poutine dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit.

Alors, oui, sa référence à la période soviétique est un nouveau signal fort : il n’y aura pas de retour au passé et les nostalgiques en seront pour leurs frais, sauf qu’ils auront peut-être le temps de vivre dans une nouvelle Russie qui elle est va affirmer sa supériorité sur l’ancien régime.

Jacques Le Normand .

RUSSIE

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Nouveau gouvernement : et si la semaine dernière avait été planifiée longtemps à l’avance ?

Publié le par Felli Bernard

lundi 1 septembre 2014

Nouveau gouvernement : et si la semaine dernière avait été planifiée longtemps à l’avance ?

Cette idée m’est apparue dès lundi dernier, quand François Hollande et Manuel Valls ont réagi de manière brutale aux déclarations relativement anodines d’Arnaud Montebourg. La semaine a été si intense et bien séquencée qu’on en vient à se demander si tout n’était pas planifié à l’avance.

Trop bien séquencé pour être honnête ?

François Hollande est connu pour son goût de la synthèse insipide qui contente tout le monde, mais pas vraiment pour son sens de la décision incisive. Là, quelques heures après les déclarations du vibrionnant ministre de l’économie, le gouvernement était démissionné. Le lendemain, mardi, la nouvelle équipe était annoncée. Le mercredi, Manuel Valls faisait un discours aux universités de rentrée du Medef où il s’est fait applaudir comme jamais « socialiste » ne s’était fait applaudir, alors même que les chiffres du chômage atteignent un tristement nouveau record. Jeudi, dans une interview donnée la veille du remaniement, Emmanuel Macron, le très libéral ministre de l’économie, se dit pour un assouplissement des 35 heures. Bref, le virage eurolibéral atteignait un nouveau sommet.

Mais l’incroyable séquence hebdomadaire se poursuit samedi puisque François Hollande avait convoqué un sommet des chefs de gouvernement « de gauche » pour appuyer sa demande d’assouplir à nouveau les objectifs européens de réduction des déficits publics, tenant un discours finalement peu éloigné, sur ce sujet, des propos reprochés à Arnaud Montebourg six jours avant. Le tout alors que le PS se retrouve pour ses universités de rentrée, dans un ballet subtil où les rebelles affirment leur différence sans franchir le rubicon et Manuel Valls récuse toute politique d’austérité, permettant à la majorité de traverser la fin de semaine sans trop de heurts. Cette succession de temps forts ressemble à une chorégraphie travaillée, d’autant plus que beaucoup de ces temps forts étaient prévus depuis longtemps.

Pourquoi une telle chorégraphie ?

Même si la ligne politique est une erreur magistral sur le fond, comme le démontre tous les chiffres publiés ces dernières semaines, et que, pire encore, la majorité persiste dans son erreur en étant incapable de remettre en cause le logiciel qui met la France dans une impasse depuis plus de 30 ans, comme l’a rappelé Jean-Pierre Chevènement sur Marianne, il ne faut pas sous-estimer l’effet du calcul politicien de Hollande. En effet, en assumant plus que jamais son cap eurolibéral, il pourrait bien mettre l’UMP dans une position difficile, en se plaçant trop près de son aile modérée pour qu’elle se distingue de lui, poussant donc l’ancien parti majoritaire vers une ligne plus droitière moins rassembleuse. Mieux, l’existence de son aile gauche peut lui permettre de limiter ses pertes sur son autre flanc.

à

07:55

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Libellés : Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron, eurolibéralisme, François Hollande, Manuel Valls, Parti Socialiste

  1. RépondreSupprimer

    Moi1 septembre 2014 08:04

    Je ne suis pas du tout d’accord avec vous : ce que vous appelez une chorégraphie qui aurait été planifiée a surtout été une crise ministérielle qui a considérablement affaibli le président et le Premier ministre. Il suffit d’ailleurs de lire la presse sur ce sujet, de regarder les sondages d’opinion pour mesurer l’effet destructeur de cet épisode. Désormais, l’hypothèse d’une dissolution, qui semblait impossible, est devenue crédible, même si elle n’aura probablement pas lieu. Il n’empêche que la majorité n’a jamais été aussi divisée alors que la situation économique exige son unité.

  2. gilco561 septembre 2014 08:10

    Gilbert Perrin

    lire les commentaires en cliquant sur le lien suivant :http://www.gaullistelibre.com/2014/09/nouveau-gouvernement-et-si-la-semaine.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+gaullistelibre+%28Blog+gaulliste+libre%29

Nouveau gouvernement : et si la semaine dernière avait été planifiée longtemps à l’avance ?

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Remaniement / Le triomphe idéologique de Terra Nova

Publié le par Felli Bernard

Remaniement / Le triomphe idéologique de Terra Nova

François Hollande et Manuel Valls ne peuvent plus cacher leur objectif qui est celui d’américaniser la France, de la couper de ses racines, de n’en faire qu’un simple marché financier.

Les noms du nouveau gouvernement de « combat » (qui cette fois-ci n’usurpe pas son titre puisqu’il s’agit d’une équipe antipatriotique) sont tombés. Si les changements peuvent, de prime abord, apparaître comme purement cosmétiques, ils sont pourtant significatifs de la ligne politique à l’œuvre depuis l’élection de François Hollande, et de longue date prônée par le think tank Terra Nova.

Ce nouveau gouvernement symbolise à lui seul la lutte engagée contre l’idée de la France historique par la majorité socialiste, et entamée par ses prédécesseurs. L’alliance des libéraux et des libertaires (qui ne sont cependant que des néo-moralistes favorables à l’inversion des normes et à l’indifférenciation) est flagrante.

À l’économie a été nommé monsieur Emmanuel Macron, jeune golden boy et financier de haut vol qui a commencé sa carrière à la banque Rothschild. Il a été en pointe pour la « libéralisation de la vie économique », dénomination trompeuse pour des mesures préparant le terrain aux traités transatlantiques TAFTA et TISA. L’objectif est simple : négocier la dette en libéralisant des pans entiers de notre vie économique offerts à la prédation de la finance anglo-saxonne. Pas exactement la définition de l’homme de gauche classique.

Sa nomination constitue un désaveu terrible de la part de François Hollande, qui avait affirmé que son ennemi était la finance. On repassera ! Arnaud Montebourg fut au gouvernement ce que le McBaguette était au McDonald’s : une caution sans succès. Emmanuel Macron sera, lui, un bon gros Big Mac séduisant pour les marchés. Voilà pour la partie libérale.

La partie libertaire et faussement hédoniste est incarnée par une deuxième tête de gondole sexy du gouvernement de combat contre notre pays : madame Najat Vallaud-Belkacem. Le fait que cette passionaria de la théorie du genre, engagée dans la lutte pour la création d’un homme nouveau déraciné, soit nommée ministre de l’Éducation nationale témoigne d’une volonté de cliver le pays, et de donner une caution sociétale à la gauche de la gauche (laquelle risque de ne pas être trompée aujourd’hui). Najat Vallaud-Belkacem continuera à creuser le sillon d’une école qui cherche à éduquer et à transformer l’élève en un parfait petit citoyen du monde unisexe mais faiblement instruit. Le consommateur parfait, en somme.

Jacques Attali dirait que les nations sont destinées à devenir des hôtels ; de fortune pour les migrants du tiers monde attirés par une vie meilleure, et de luxe pour l’élite mondialisée – nomade par essence. Plus que jamais, les classes moyennes sont menacées par le pouvoir exécutif libéral-libertaire représenté par le Parti socialiste.

Lu sur Boulevard Voltaire

Remaniement / Le triomphe idéologique de Terra Nova

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Verbatim . Michel Houellebecq

Publié le par Felli Bernard

Verbatim

Concernant le maintien de Christiane Taubira au ministère de la Justice, Michel Houellebecq a déclaré:
« C’est la plus efficace pour faire monter le Front national et ça reste la bonne stratégie: faire monter le Front national.[…] Je me sens extrêmement mal en France. Il y a eu plusieurs tours de vis supplémentaires. [...] C’est incroyable comme le gouvernement semble vouloir augmenter le malheur des gens, dans des proportions peut-être inédites.»

1 Reply

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août26

246 1 Ca suffit !!!!, Hollandie, Librairie Déldims Delit D'images fn, Houellebecq, justice, politique, remaniement, Taubira, valls

Michel Houellebecq

Michel Houellebecq

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Les rats de Tallinn. par le PERE JOSEPH

Publié le par Felli Bernard

Les rats de Tallinn.

Alors que je venais d’arriver dans la capitale estonienne par une belle nuit de septembre, après un bon dîner dans une taverne de la vieille ville, tout en me raccompagnant vers mon hôtel, mon hôte me convia à une promenade nocturne dans le centre ville. Le parc permettait à mon loup de se dégourdir les pattes après les langues heures en voiture depuis la France.

Soudain, de toute sa force, il m’entraîna vers de fourrés d’où finit par s’échapper un beau rat, bien gras, bien nourri.

Pour avoir séjourné à Tallinn en d’autres temps et sous d’autres régimes, je ne pus qu’interroger la charmante architecte qui venait d’assister à la scène.

Des rats à Tallinn ? Oui, même en plein jour. Ils longent les ruelles pleines de touristes et disparaissent dans les cavités des vieilles pierres.

Les gens ont pris l’habitude de faire avec. La municipalité aussi. Mais en vérité, ils ne dérangent personne. En tout cas beaucoup moins que les russophobes au pouvoir et leur politique d’apartheid.

Car à défaut de se prendre aux rongeurs qui n’en demandent pas tant, ce sont les citoyens d’origine russe qui font l’objet de discriminations de toute sorte : la langue russe bannie de l’enseignement, les notices des médicaments rédigées en estonien, les licenciements pour lesquels lesdits citoyens sont prioritaires…

L’on prétend que les rats sont des créatures extrêmement intelligentes et douées d’une certaine mémoire.

Ce n’est pas le cas des dirigeants de ce minuscule pays touristique qui l’ont courte – ou longue ?

Oublier la libération par les partisans estoniens et troupes de l’Armée rouge pour privilégier la mémoire des pro-nazis et de toute l’histoire de l’occupation allemande, c’est sans doute avoir la mémoire courte.

La matérialiser en déplaçant le monument aux morts et les tombes autour en pleine nuit malgré les récriminations des vétérans russes et estoniens, c’est sans doute avoir la mémoire longue, longue comme l’esprit de vengeance après la soi-disant occupation soviétique.

Si l’on peut disputer sur l’Union soviétique et son régime, il ne faudrait pas oublier que son gouvernement n’a jamais interdit l’usage des langues nationales, la fréquentation des églises catholiques et protestantes, tenu à ce que la justice s’exerce dans la langue du prévenu, permis des contacts très privilégiés avec la Finlande voisine, y compris pour les week-end grivois dans l’hôtel Intourist.

Mais cela, comme l’approvisionnement énergétique, la médecine gratuite, les régates, les manifestations est voué à l’oubli, comme est voué à l’oubli le niveau de vie plus élevé que la moyenne des autres républiques de l’ex-URSS avec des magasins relativement bien achalandés dont les directeurs et le personnel trouvaient le moyen d’offrir un accueil commercial et de présenter les marchandises soviétiques souvent bien tristounettes sous leur meilleur jour.

Pays de l’Union européenne auquel on s’est arrangé pour empêcher la grande distribution de ses produits laitiers et ses charcuteries pour ne pas déranger Danone et consorts, l’Estonie, hormis son magnifique art populaire, soin ambre, ses laines douces et bien chaudes n’a pas grand-chose à exporter ou même à vendre à ses consommateurs.

Peut-être que les dollars de l’OTAN et les détachements US sur les bases qui leur ont été concédées permettront d’ajouter aux profits touristiques la manne des soldats qui firent en son temps la prospérité de Lisieux avant que De Gaulle ne leur indique la sortie.

Peut-être aussi les sanctions de l’Ouest comme de l’Est vont-elles les ramener à plus de réalisme et, par pur bon sens, comprendre que lorsque l’on habite à côté d’une grande puissance, son intérêt est le bon voisinage, ne serait-ce que pour se chauffer durant les longs hivers.

Mais l’Estonie post-soviétique est fière. Elle a la morgue des petits. Elle ne jure que par le Web et ses jeunes cadres dirigeants étendent leur mépris aux députés bouffons occidentaux qui ne connaissent même pas le vote électronique.

Il faut dire que les familles estoniennes qui résident aux Etats-Unis ont plus d’un atout dans leur sac et qu’il n’aura pas fallu bien longtemps avant que l’occupation américaine ne remplace l’occupation soviétique.

Quant aux Allemands qui marchent sur des œufs en Europe après ce qui leur est arrivé, ils sont bien embêtés de voir que ce qu’ils interdisent chez eux défilent en Estonie.

A la question de savoir s’ils vivent mieux aujourd’hui après l’indépendance, les Estoniens moyens vous diront qu’ils tirent le diable par la queue tant les charges, les soins, l’école sont chers, les impôts lourds alors qu’avant.

Oui, mais avant, on ne pouvait aller en Allemagne chercher la bonne voiture d’occasion, que les réseau routier déjà exceptionnel du temps de l’URSS s’est amélioré, qu’il y a partout de des stations service de qualité et que de magnifiques et très chères autos et 4X4 filent sur les nouvelles autoroutes.

Mais quand vous quittez les grands itinéraires, vous vous retrouvez sur des petites et sinueuses routes de campagne avec les maisons bricolées avec leurs jardinets, une vieille golf dans la cour à la place d’une Zaparojets , d’une Moskvitch ou d’une Lada et les mêmes petites vieilles en fichu avec leurs mêmes seaux en zinc pleins de pommes ou de patates sur le bord du chemin.

Les rats ont émigré vers les villes où les poubelles bien achalandées l’époque soviétique ont fait place à des conteneurs d’emballages et de cannettes. Les rats n’ont pas encore quitté le navire, mais ceux qui les entretiennent pourraient bien un jour se demander s’ils n’auraient pas mieux fait de rester etats-uniens et de rendre à César ce qui lui appartient.

Le père JOSEPH

Les rats de Tallinn. par le PERE JOSEPH

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[Article] « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées », par Frédéric Lordon

Publié le par Felli Bernard

OLIVIER BERRUYER
OLIVIER BERRUYER

25/08/2014

25

août

2014

[Article] « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées », par Frédéric Lordon

Vous n’avez décidément pas de chance en ce mois de mai.

Pour couper un peu la série aride sur le système bancaire européen, je vous propose aujourd’hui, avec un manque total de sens marketing, un article de Frédéric Lordon. Un roman je dirais. Mais comme à son habitude, un beau, profond et grand roman.

L’article fait 20 pages, mais vous avez ici un concentré d’intelligence analytique, qui change tellement de la médiocrité des “analystes star” des médias, qui oui, font plus simple, plus court, mais surtout beaucoup plus faux.

Comme souvent, je n’adhère pas à tout le propos, mais j’adhère au sens général, à la description et à l’enchaînement des faits analysés.

Il FAUT lire Frédéric Lordon avec sa vision si contraire à tout ce qui nous est déversé au quotidien – et se faire sa propre opinion.

Je l’ai entièrement remis en page et vous pouvez le télécharger en cliquant ici.

“C’est une leçon de choses historiques. Ouvrons bien les yeux, on n’a pas souvent l’occasion d’en voir de pareilles. Nous assistons à l’écroulement d’un monde et ça va faire du gravât. L’histoire économique, en tout cas celle qui a fait le choix de ne pas être totalement bornée – je veux parler d’auteurs comme Kindleberger, Minsky ou Galbraith – a depuis longtemps médité l’effrayant pouvoir de destruction de la finance libéralisée. Il fallait de puissants intérêts – très évidemment constitués – à la cécité historique pour remettre sur les rails ce train de la finance qui a déjà causé tant de désastres ; en France, comme on sait, c’est la gauche de gouvernement qui s’en est chargée.

De sorte que, à la lumière de ces leçons de l’histoire, on pouvait dès le premier moment de la dérégulation financière annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans pourtant savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. La catastrophe en question aura pris vingt ans pour survenir, mais voilà, nous y sommes. Notons tout de même qu’un scénario que certains avaient envisagé d’assez longue date considérait l’hypothèse de la succession de crises financières sérieuses, rattrapées mais, aucune des contradictions fondamentales de la finance de marché n’étant résolues, enchaînées selon un ordre de gravité croissante, jusqu’à la big one. Sous ce rapport, la première crise de la série n’aura pas pris un an pour se manifester puisque le grand krach boursier se produit en 1987… après le big bang de 1986. Puis elles se sont succédé à intervalle moyen de trois ans. Et nous voilà en 2007. 2007, n’est-ce pas, et pas 2010. Car le discours libéral n’a rien de plus pressé que de nous faire avaler l’idée d’une crise des dettes publiques tout à fait autonome, européenne dans son principe, et imputable à une fatalité d’essence de l’État impécunieux. Or le fait générateur est bien la crise de la finance privée, déclenchée aux États-Unis, expression d’ailleurs typique des contradictions de ce qu’on pourrait appeler, pour faire simple, le capitalisme de basse pression salariale, dans lequel la double contrainte de la rentabilité actionnariale et de la concurrence libre-échangiste voue la rémunération du travail à une compression continue et ne laisse d’autre solution à la solvabilisation de la demande finale que le surendettement des ménages.”

7 réponses à [Article] « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées », par Frédéric Lordon

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    Patrick Luder Le 25 août 2014 à 07h11

    Un document laissant une grande déception. Pas un mot sur le monde réel, pas un mot sur le système industriel, pas un mot sur les ressources ni le mode de société, pas un mot sur les déséquilibres entre les monnaies et leurs pouvoirs d’achat falsifiés et pas un mot sur le pouvoir d’achat des peuples (seule chose qui compte InFine. L’économie d’un pays se construit d’abord avec une production adaptée à un type de société un premier lieu et avec des échanges externes en second lieu. Frédéric Lordon oublie complètement que la finance doit juste n’être qu’un moyen d’échange équitable et un moyen de garde raisonné. L’endettement actuel est dénaturé, il ne devrait être utilisé que comme moyen de développement (destiné au future), jamais comme régulateur de comptes courants …

    Le rôle de l’Etat est également dénaturé, il devrait donner un cadre aux activités et non se substituer à elles. Une nation doit chercher à souder le peuple et non le diviser.

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    perceval78 Le 25 août 2014 à 09h47

    c’est tout de même rassurant de penser qu’il y a encore des gens en France capables d’avoir des idées et de les architecturer, car on parle souvent des fous furieux etats uniens , mais on ne parle jamais du vide européen et en particulier Français.

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    Macarel Le 25 août 2014 à 10h32

    Effondrement du gouvernement Valls ce matin

    Le gouvernement Valls démissionne, mais Hollande reconduit Valls, à droite toute plus que jamais !

    “Errare humanum est, perseverare diabolicum !!!”

    Hollande, l’homme qui n’aurait jamais dû être Président, en tout cas pas candidat de gauche à la présidentielle…

    La crise de régime n’est pas loin. La cinquième ressemble de plus en plus à la quatrième finissante, achevée par la guerre d’Algérie. Aujourd’hui ce sont l’UE allemande, l’euro-mark, la mondialisation UK-US, et bien sûr les européistes, euro-atlantistes bornés, qui vont faire sombrer la 5ième (qui en fait n’était taillée que pour De Gaulle : après moi le chaos, nous y sommes…).

    link to liberation.fr

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    Casquette Le 25 août 2014 à 10h57

    Des creusements du deficit public qui ne seront jamais dénoncés comme tels avec ce billet tout chaud sur les PPP , les exemples donnés sont édifiants :

    link to gaullistelibre.com

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    Nocontent Le 25 août 2014 à 11h01

    Si on ajoute à ce que décrit FL que l’ultralibéralisme et toujours gagnant lorsque se déclare un conflit que ce soit directement « armée contre armée » et destruction des états qui s’en suit ou par un coup d’état comme en Ukraine, où on nous joue une tragédie avec surenchère d’accusations, d’invectives, de menaces, des mises en gardes, le tout relayé par des journalistes, des membres des différents gouvernements de l ‘EU, des chefs d’États ,des analystes politiques et économiques aux ordres, bon j’arrête là, par une menace de guerre avec la Russie voir de 3eme guerre mondiale, une peur bien orchestrée pour que l’on n’est plus que ça à penser, on ajoute le virus Ebola l’immigration, l’islam et on (le peuple) finit par oublier l’essentiel, sa condition sociale ,la crise économique les licenciements ,la perte du pouvoir d’achat et des avantages acquits,le chômage, et toutes les revendications qui vont avec.
    Oublié aussi la dette catastrophique des états , la récession, la politique ultralibérale de l’UE,,,,, Il suffit de revisiter l’histoire récente et ses manipulations en commençant par la première guerre en Irak ,je vous laisse le faire vous êtes suffisamment avertis pour ça, ajoutons pour qu’on se détende un peu la vie des pipôles les séries et journaux télévisés pour décérébrés et les faux débats, et le tour et joué…
    Oui vraiment tout est bon pour les acteurs ultralibéraux (banques, finances ,industries) pour accentuer ce que nous dit Fl,
    Est eux, gagnent à tout les coups contre le peuple et les états.

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    social21eme Le 25 août 2014 à 11h29

    Merci,

    j’avai cela sous forme de conférence en vidéo. l’avoir sous format ecris est un avantage certain pour mieux en comprendre certain detail.

    Répondre

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    ClFl Le 25 août 2014 à 11h33

    Je vous renvoie au billet de Jean Claude Werrebrouck, FIN DE L’EURO ET FIN DE LA PRIVATISATION DES MONNAIES (pas plus sexy que celui de Lordon) mais qui en constitue néanmoins un instructif contrepoint.
    Âmes sensibles s’abstenir !

[Article] « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées », par Frédéric Lordon

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Les dirigeants européens basculent dans le fanatisme antirusse, par Francis Briquemont

Publié le par Felli Bernard

Françis Briquemont
Françis Briquemont

24

août

2014

Les dirigeants européens basculent dans le fanatisme antirusse, par Francis Briquemont

Voici une très intéressante série de vues de Francis Briquemont, le général belge qui commanda la FORPRONU en Bosnie en 1993-1994 (qui a donc 79 ans actuellement…)

Pour les plus jeunes, vous trouverez ici son coup de gueule qu’il avait écrit en 1994 quand il avait été rappelé pour avoir critiqué l’ONU : Bosnie : le “j’accuse” d’un général humilié

On y lira par exemple :

“Il n’y a pas, d’un côté, les bons, de l’autre, les méchants. C’est une guerre à trois. Une guerre tournante. Les alliances se font et se défont en fonction des rapports de forces dans chaque région. Dès qu’un parti – serbe, croate ou musulman bosniaque – devient trop fort, les deux autres s’unissent contre lui. Il faut en finir avec l’antiserbisme primaire véhiculé par quelques intellos en goguette.”

La guerre, c’est toujours plus intéressant quand ceux qui la font en parlent…

En lien, ce papier de Daniel Salvatore Schiffer dans Marianne en 2009 : Serbie et Bosnie: et si le méchant n’était pas celui qu’on croit ?, où on lit :

“La Bosnie, tout d’abord, celle-là même que ne cessèrent d’encenser au prix de mensonges souvent éhontés, en voulant nous la présenter comme un modèle de société multiculturelle et pluriethnique, quelques-uns de nos intellectuels les plus médiatisés, au premier rang desquels émerge un imposteur de taille : Bernard-Henri Lévy. Je me souviens, en particulier, de la manière, aussi partisane qu’effrontée, dont ce grand mystificateur s’évertua, durant toutes ces années de guerre et contre le sens de la vérité elle-même, à glorifier les soi-disant mérites de son idole politique d’alors : Alija Izetbegovic, premier Président de la Bosnie indépendante, mais, surtout, fondamentaliste musulman dont la tristement célèbre « Déclaration Islamique », publiée à Sarajevo en 1970, affirme textuellement, niant là les valeurs de nos sociétés laïques, qu’ « il n’y a pas de paix ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales et politiques non islamiques ». ” [Lire ici cette édifiante déclaration]

Intéressant de voir la même propagande par les mêmes personnes 20 ans plus tard…

Bref, retour sur 3 billets sur l’Ukraine publiés cette année par le général Briquemont (merci de me les avoir signalés)

9 avril 2014, Crimée : offerte à Poutine sur un plateau d’argent

Les cris d’orfraie des dirigeants occidentaux à propos de cette “attitude insupportable” de la Russie, “ce référendum illégal”, masquent leurs fautes d’appréciation et bourdes. Inventaire.
La gestion de la crise ukrainienne par les Occidentaux laisse perplexe. La gestion d’une crise ou d’un conflit se traduit en fait par une série d’actions et/ou réactions résultant d’une analyse rationnelle de la situation. Comme dans toute stratégie opérationnelle, un des principes de base à respecter est le maintien de sa liberté d’action. Concrètement cela signifie connaître ses possibilités d’action et être capable d’apprécier et prévoir celles de son adversaire.

Que s’est-il passé en Ukraine ? La moitié occidentale du pays, proeuropéenne, s’est révoltée contre le pouvoir en place, incarné par un président et un gouvernement pro-russe refusant un rapprochement politique avec l’UE, et contre la corruption généralisée caractéristique de cet Etat. Initialement, cette révolte s’est déroulée dans l’indifférence de la partie orientale du pays plutôt pro-russe et surtout russophone mais cette indifférence s’est vite transformée en hostilité envers les révoltés de Kiev, dont l’attitude était de plus en plus anti-russe.

Choqués par la violence croissante des événements de Kiev, les dirigeants européens ont pris fait et cause pour les révolutionnaires de Kiev sans trop se soucier des réactions de la Russie; provoqué la fuite de Ianoukovitch et considéré, un peu naïvement peut-être, le gouvernement provisoire comme celui de “toute” l’Ukraine. Chacun appréciera comme il veut la composition et la légitimité de ce gouvernement ou la manière de réagir de l’UE, mais cette reconnaissance immédiate et très médiatique du gouvernement de Kiev est une erreur d’appréciation politique de l’UE qui a permis à Vladimir Poutine, digne héritier des tsars, de (re) prendre l’initiative dans la gestion de la crise.

Si, dès le début de la révolte populaire à Kiev, les Européens s’étaient penchés (un peu) sur la carte de la Russie et de ses confins et s’étaient souvenus de l’histoire de la Russie depuis la fin, humiliante pour elle, de l’URSS, ils auraient conclu que l’Ukraine n’était pas un pays comme les autres et que, pour autant que la stabilité en Europe soit un objectif stratégique important pour l’UE, il était utile d’organiser, au plus vite, un sommet UE-Russie pour parler sereinement de l’Ukraine. Au lieu de cela, les dirigeants européens ont snobé Vladimir Poutine en refusant d’assister à l’ouverture des Jeux de Sotchi – occasion rêvée pour des contacts discrets – et, erreur plus grave “oublié”, que les révoltés de Kiev ne représentaient que la moitié ouest de l’Ukraine. Si, Herman Van Rompuy et Catherine Ashton avaient pu, au début de l’année, rencontrer Vladimir Poutine pour lui expliquer que l’UE était prête à participer au développement de l’Ukraine mais qu’il n’était pas question d’en faire un membre de l’UE et, encore moins, de l’Otan, on aurait pu peut-être éviter la crise actuelle.

Toujours est-il que le gouvernement provisoire ukrainien a aussi commis d’emblée la bourde politique de vouloir supprimer l’usage de la langue russe comme deuxième langue. Vladimir Poutine n’en demandait pas tant pour d’une part, entretenir l’agitation anti-Kiev à l’Est de l’Ukraine et d’autre part, pour régler en quelques jours le retour de la Crimée dans le giron russe et ce, à la stupéfaction (feinte ?) des Occidentaux; cette Crimée, terre russe depuis des siècles, rattachée à l’Ukraine alors au sein de l’URSS par “erreur stratégique”, et plus encore, siège de la plus importante base militaire russe dans le sud avec son accès à la Méditerranée.

Les cris d’orfraie des dirigeants occidentaux à propos de cette “annexion par la force”, cette “attitude insupportable”, “ce référendum illégal” sont sans doute proférés maintenant pour masquer la faiblesse de leur appréciation depuis le début de la crise. C’est aussi faire semblant d’oublier que les traités, les accords, les règles du jeu international, le respect des droits des humains, etc., se sont toujours plus ou moins adaptés à la stratégie militaire ou économique des Etats (des “Grands” certainement) et non l’inverse. Sans renvoyer aux calendes grecques, les Occidentaux peuvent aussi se rappeler certains épisodes peu légaux de la dislocation de l’ex-Yougoslavie; le déclenchement “illégal” de la guerre en Irak pour un faux prétexte de surcroît; les paroles de Margaret Albright, la secrétaire d’Etat américaine, déclarant un jour : si l’Onu est d’accord avec nous, tant mieux, si elle ne l’est pas tant pis; oublier aussi la manière dont les Occidentaux ont interprété la résolution du conseil de sécurité concernant l’intervention en Libye. Pau Guth écrivait non sans humour : “Regardez la carte du monde : on y joue à bureaux fermés la fable du loup et l’agneau” (1). En stratégie, il y a peu de place pour les naïfs ou les âmes sensibles.

Le sort de la Crimée étant réglé et irréversible, que pourrait-on faire maintenant pour calmer la situation ? Barack Obama, allergique à toute intervention militaire, et Vladimir Poutine semblent reprendre le problème ukrainien en main. Le premier dont les priorités stratégiques restent le Pacifique, la prolifération nucléaire (Iran, etc.) et un accord entre Israël et la Palestine, est venu dire à Bruxelles lors d’une visite dont la démesure n’a eu d’égale que la brièveté : 1°/ Au sein de l’Otan, les Européens devraient faire un effort dans le domaine de la défense; 2°/ Il faut envisager des sanctions économiques (sévères ?) si la Russie poursuit son agression contre l’Ukraine; 3°/ Pour ne plus trop dépendre du gaz soviétique, vous, les Européens, pourrez bientôt acheter du gaz de schiste américain; pour cela, signons au plus vite le traité de commerce transatlantique en discussion aujourd’hui. Bien joué en peu de temps !

Quant à Vladimir Poutine, il peut se permettre d’attendre car il n’a vraiment aucun intérêt à provoquer le déclenchement de sanctions économiques que personne en Europe ne souhaite d’ailleurs.

Tout le monde va sans doute patienter jusqu’aux résultats des élections prévues en Ukraine dans les prochains mois avec l’espoir qu’un modéré soit élu président et qu’un gouvernement d’union (vraiment) national soit formé. Si ce scénario se réalise, l’UE (nouvelle commission) et la Russie pourraient envisager plus sereinement le développement et la place de l’Ukraine sur l’échiquier européen. Assez rapidement, la Russie pourrait reprendre sa place au sein du G8 car, en stratégie, on ne peut faire la paix qu’avec son adversaire. Et l’UE pourrait, mais j’en doute, tirer, de l’épisode ukrainien, les leçons de sa faiblesse chronique, politique et… militaire.

Il est quand même décevant de constater que l’UE, cinq cents millions d’habitants, est incapable de résoudre seule un problème européen avec la Russie parce qu’elle n’a aucune stratégie commune acceptée par ses Etats membres. Une première décision souhaitable à prendre au sein de l’UE serait d’arrêter ce concept de l’élargissement permanent et son corollaire, l’adhésion à l’Otan. Car amener l’Otan à Kiev, ce serait refaire l’erreur de Nikita Kroutchev qui, il y a cinquante ans, voulait faire de Cuba une annexe nucléaire de l’URSS. A l’époque, on a frôlé la catastrophe nucléaire; une façon comme une autre sans doute, de régler le problème du réchauffement climatique !

Francis Briquemont

(1) Dans : “Lettre ouverte aux futurs illettrés”, Livre de poche n°5561

Source : LaLibre.be

20 mai 2014, De l’Ukraine aux élections européennes

Notre Occident, toujours aussi préoccupé de lui-même, se croirait volontiers de nos jours universel.” J. Gernet (1)

Le chaos s’installe en Ukraine. Récemment, nous avons évoqué cette crise (2) et chaque jour nous nous demandons encore comment le gouvernement (?) de Kiev et les Occidentaux ont pu commettre autant d’erreurs d’appréciation dans la gestion de cette crise. Sauf, bien entendu, si le but poursuivi était de provoquer un conflit avec la Russie.

Aujourd’hui, les déclarations très médiatisées de Barack Obama ou de John Kerry – l’UE étant sur la touche – font penser “au matraquage” bien organisé des opinions publiques pour justifier la guerre en Irak (2003) et ce, dans la tradition de “la stratégie du shérif” c.-à-d. d’un côté : un affreux, Vladimir Poutine et la Russie; et de l’autre : le bon, le gouvernement de Kiev et l’Occident !

Mais en fait, qui a d’abord déstabilisé l’Ukraine à la fin de 2013 ? Est-ce Vladimir Poutine ou les révolutionnaires de Kiev ? Comment ces derniers, évaluant mal la situation économique et… communautaire de leur pays et plus mal encore sa situation géopolitique dans le cadre européen, ont-ils pu croire qu’en criant “Vive l’Europe” les Occidentaux allaient intervenir – comment et avec qui d’ailleurs ? – et mettre Vladimir Poutine devant le fait accompli.

Qui a provoqué les émeutes sanglantes à Kiev qui ont précipité la chute de Viktor Ianoukovitch ? Des pro-Russes peut-être ou cette milice d’extrême droite pro-gouvernement rebelle, composée sans doute d’enfants de chœur, et décorant les murs de leur poste de commandement des croix gammées de sinistre mémoire.

Que sont allés faire exactement ces ministres des Affaires étrangères européens dans le chaudron de Kiev ? Ignoraient-ils à ce point “L’Histoire de la Russie et de son empire” (3) pour se mêler aussi imprudemment d’un problème russo-polono-ukrainien qui remonte à plusieurs siècles et n’a jamais été tout à fait résolu ?

Quand J. Kerry prétend que la Russie modifie “l’architecture de la sécurité en Europe”, croit-il vraiment ce qu’il dit ? Quel pays de l’Otan ou de l’UE a été ou est menacé par Vladimir Poutine ? N’est-ce pas plutôt John Kerry qui, en affirmant que “chaque parcelle du territoire de l’Otan sera défendue” , entend sans doute redonner un peu de souffle à l’Alliance et… inciter les Européens à dépenser plus pour leur sécurité ! En déployant quelques avions et un peu d’infanterie dans les pays Otan de l’Est, ou quelques navires dans les eaux internationales, l’Otan se livre à de la gesticulation opérationnelle. Hubert Védrine, l’ancien ministre français des Affaires étrangères disait non sans humour : “Avec la Crimée, l’Otan a retrouvé un ennemi, la Russie.”

Quand Barack Obama, bien ennuyé peut-être, préconise des sanctions de plus en plus sévères contre la Russie – mais dont les Européens se méfient car ils seront les seuls à en subir les dommages collatéraux – n’est-il pas en contradiction avec ses récentes déclarations où il affirme que “les différends doivent être résolus pacifiquement et non par l’intimidation ou la force” ? S’il était logique avec lui-même, il aurait déjà dû provoquer une rencontre au sommet avec Vladimir Poutine; car, face au chaos qui s’installe en Ukraine, avec une Europe inaudible politiquement et qui laisse l’initiative aux Américains (comme en ex-Yougoslavie, jadis), la crise ukrainienne sera difficile à régler “pacifiquement”. Et ce, d’autant plus, que Vladimir Poutine joue sur son terrain, dans “sa” zone d’intérêt stratégique, et applique la politique étrangère constante de tous “les tsars” ou empereurs russes (Staline et successeurs y compris !) depuis des siècles.

Bref, l’Ukraine nouvelle est mal partie et les Européens feraient bien d’examiner leurs propres responsabilités dans ce mauvais départ. Accuser Vladimir Poutine de tous les maux est un peu trop facile ! [...]

Francis Briquemont

(1) Jacques Gernet, “Le monde chinois”. Ed. A. Colin 1999. (2) “Les erreurs de l’UE”. “La Libre” du 9 avril. (3) Titre d’un livre de l’historien Michel Heller. Ed. Plon 1997.

Source : LaLibre.be

22 aout 2014, Les dirigeants européens basculent dans le fanatisme antirusse

Qui est prêt à aller mourir pour l’Ukraine, un pays miné par la corruption ? Personne. Sans stratégie et portés par l’émotion, les dirigeants européens basculent dans le fanatisme antirusse.
La guerre est toujours la conséquence d’un manque de dialogue, de tolérance, d’intelligence et de créativité.” Cette sage réflexion, émise par Elio Di Rupo à l’occasion des commémorations organisées pour le centenaire du début de la guerre 1914-1918, me paraît plus que jamais d’actualité au moment où certains reparlent de guerre froide ou de paix glaciale, en Europe, à propos de la crise ukrainienne. Une crise qui aurait pu être évitée si les principaux responsables politiques européens avaient aussi fait preuve d’un peu de bon sens stratégique.

Le 9 avril dernier, on soulignait ici les erreurs manifestes commises par l’UE dans la gestion de la crise ukrainienne (1). Plutôt que répéter à satiété “c’est la faute à Poutine” comme on a dit jadis “c’est la faute à Voltaire”, les dirigeants européens devraient admettre que leurs réactions lors de la révolte de Kiev ont illustré, une fois de plus, l’absence totale d’une stratégie cohérente au sein de l’UE, aggravée encore par l’ignorance des “réalités” et de l’histoire de cette région.

En Ukraine, l’instabilité politique est grande, la situation économique catastrophique, le pays miné par la corruption (un “cancer”, dixit le vice-président américain Joe Biden), et bien plus grave encore, des soldats ukrainiens se battent, sur leur territoire, contre une partie de la population. Conséquence de ces combats, des dizaines de milliers d’Ukrainiens de l’Est se sont réfugiés à l’ouest du pays et, plus nombreux encore, les russophones ont fui en Russie ; des réfugiés dont on parle peu dans les médias d’ailleurs.

Comme personne en Europe ou aux Etats-Unis n’est prêt à aller mourir pour Kiev, même en cas d’agression russe – très peu probable – les Occidentaux, plutôt qu’essayer de trouver une solution acceptable pour tous au problème, se sont évertués à imaginer une panoplie de sanctions plus ou moins crédibles contre la Russie, le nouveau Satan. L’émotion en Occident, suscitée par le tragique accident de l’avion de la Malaysia Airlines a alors provoqué une prise de sanctions plus sévères qui ont entraîné une riposte de Moscou sous forme de “contre-sanctions” dont seuls les Etats de l’UE – signalons-le quand même – subiront les effets. Nous verrons bientôt si l’UE ne s’est pas tiré une balle dans le pied.

On en est là. Nombreux sont ceux qui doutent du bien-fondé et plus encore, de l’efficacité réelle de cette stratégie mais le problème maintenant est de sortir d’une crise qui menace la stabilité sur le continent européen.

Si, début de cette année, les dirigeants européens, avant de réagir en ordre dispersé aux actions des révolutionnaires et de se précipiter inconsidérément dans le chaudron de Kiev, avaient froidement analysé la situation sur le terrain, ils auraient conclu que : 1° si cette révolution était très pro-Europe, elle était antirusse à un point tel que, même si l’éviction du corrompu Ianoukovitch était compréhensible, il était difficile d’imaginer que la Russie regarderait les événements sans réagir et sans donner “son” avis sur la question, car l’Ukraine n’est pas située n’importe où sur l’échiquier européen ; 2° que les révoltés de Kiev se faisaient peut-être beaucoup d’illusions sur la signification réelle d’un pacte d’association avec l’UE.

Les dirigeants européens auraient pu se rappeler aussi que, depuis des siècles, et quel que soit le régime politique des pays concernés, les relations entre la Grande Russie (Moscou), la Petite Russie (Kiev), la Russie Blanche (Minsk) et la très instable Pologne n’ont jamais été “simples”.

Et si, sur base de ces conclusions, le duo politique de l’UE Herman Van Rompuy et Catherine Ashton, dûment mandaté par un sommet européen, avait d’emblée rencontré, d’une part Vladimir Poutine pour analyser la situation et expliquer ce que pouvait être l’appui de l’UE au développement de l’Ukraine, et d’autre part les révolutionnaires de Kiev pour leur rappeler que leur pays était un Etat bicommunautaire et insister sur les conditions d’une bonne coopération avec l’UE, nous aurions peut-être assisté à un autre scénario, plus conforme en tout cas à la vision d’Elio Di Rupo concernant la résolution des tensions internationales.

Au lieu de cela, le fanatisme antirusse des dirigeants de Kiev a offert la Crimée sur un plateau d’argent à Vladimir Poutine et l’attitude des dirigeants occidentaux vis-à-vis de celui-ci – snobé à Sotchi, éjecté du G7/G8, rejeté par l’Otan, sanctionné et accusé des pires intentions vis-à-vis de l’Ukraine et même de l’Otan – a abouti à la situation d’aujourd’hui.

Je ne sais de quoi sera fait demain. L’optimiste pense qu’il serait peut-être plus intelligent d’aller vers une désescalade et de demander à quelques sages “créatifs” de “déminer” le terrain. Le pessimiste se demandera peut-être si certains ne souhaitent pas en revenir au temps de la guerre froide, d’une nouvelle confrontation Est-Ouest, et pourquoi pas, tant qu’on y est, à un nouveau rideau de fer à l’est des pays baltes et de la Pologne. Quand je pense qu’aujourd’hui, la désignation des remplaçants de Herman Van Rompuy ou de Catherine Ashton à la Commission européenne devrait pour certains dépendre de leur “attitude” plus ou moins ferme vis-à-vis de Moscou, c’est inquiétant pour la paix et la stabilité en Europe […].

En fait, plus on s’éloigne de la fin de la Seconde Guerre mondiale, plus les nationalismes ou régionalismes reprennent vigueur (voir crise ukrainienne), alimentés parfois par des idéologies qui rappellent le fascisme voire le nazisme de sinistre mémoire. L’égoïsme sacré des Etats “souverains” et des… individus d’ailleurs, l’emportent de plus en plus sur l’esprit de solidarité. L’UE peut-elle encore à l’avenir être autre chose qu’un rassemblement de petits pays gouvernés par des dirigeants médiocres et peuplés de citoyens repliés sur eux-mêmes ?

J’entends déjà les soi-disant “réalistes” (genre David Cameron et beaucoup d’autres), pour lesquels l’expression “Europe intégrée” est inadéquate si pas “un gros mot”, se révolter contre cet européisme utopique et inacceptable. Et pourtant, que ces défenseurs acharnés de la souveraineté nationale se demandent combien d’Etats de l’UE feront encore partie du G7 ou G8 (voire du G20) dans dix ou quinze ans ? La réponse est simple : AUCUN, (sauf peut-être l’Allemagne). Souhaitons quand même que les futurs grands formats politiques européens soient de véritables européistes et que les états d’âme de David Cameron et de quelques autres ne soient un souci pour personne.

Mais, plus sérieusement, les Occidentaux ne devraient-ils pas faire le bilan de leur stratégie depuis le début de ce siècle, jalonné par l’Afghanistan, l’Irak, l’Afrique, la Libye, l’éternel conflit israélo-palestinien et tout cela pour quelques piètres résultats ? Priorité des priorités, ne devraient-ils pas se consacrer à la préparation de la conférence sur l’avenir de la planète qui se déroulera l’an prochain à Paris ? L’enjeu est tel pour l’avenir des Terriens et de “leur” maison que la récupération de la Crimée par la Russie apparaîtra demain comme un épisode anecdotique de la géopolitique mondiale.

Francis Briquemont

(1) “La Libre” du 9 avril, “Crimée : les erreurs de l’UE”.

Source : LaLibre.be

26 réponses à Les dirigeants européens basculent dans le fanatisme antirusse, par Francis Briquemont

A consulter en cliquant sur le lien. merci. http://www.les-crises.fr/les-dirigeants-europeens-basculent-dans-le-fanatisme-antirusse/

  Francis Briquemont, le général belge qui commanda la FORPRONU en Bosnie en 1993-1994

Francis Briquemont, le général belge qui commanda la FORPRONU en Bosnie en 1993-1994

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Gaza : De la création du sionisme aux roquettes islamistes

Publié le par Felli Bernard

Gaza : De la création du sionisme aux roquettes islamistes

ABONNÉSDorian de Meeûs Publié le samedi 23 août 2014 à 11h45 - Mis à jour le samedi 23 août 2014 à 11h46

International La bande de Gaza est actuellement au cœur du conflit israélo-palestinien. Mais comment est né ce territoire isolé, étroit et surpeuplé ? Le Hamas n’est-il qu’un groupe armé qui souhaite la destruction d’Israël ? Que revendiquent concrètement les 2 camps ? Pourquoi les États-Unis sont-ils devenus des alliés indéfectibles d’Israël ? Spécialiste du Proche et Moyen-Orient, le professeur de Sciences-Po Jean-Pierre Filiu est l’Invité du samedi de LaLibre.be.

Extraits de l'entretien illu
stré:

Avant de nous focaliser sur la bande de Gaza*, commençons par l’origine du conflit israélo-palestinien. En réaction à l’antisémitisme ambiant en Europe, le sionisme voit le jour au 19è siècle. Son objectif était de créer un Etat juif. Mais quel contexte explique la naissance de ce courant politique ?

Le mouvement sioniste est né à la toute fin du 19ème siècle sous l’impulsion du journaliste activiste Theodor Herzl qui publie un livre intitulé "L’État des juifs", traduction littérale de l’allemand "Der Judenstaat". Très impressionné par l’Affaire Dreyfus qu’il avait couverte, il défendait l’idée que le peuple juif - ce qui le distingue de la dimension religieuse - devait s’organiser en mouvement national, à l’image des autres nationalités européennes. Le débat était vif pour savoir où créer cette nation. Ce n’est qu’après la mort de Herzl que la Palestine est clairement désignée comme destination d’émigration. Ainsi de 1880 à 1920, deux millions de juifs émigrent aux Etats-Unis suite aux pogroms antisémites russes, alors qu’il y en a 100 fois moins qui émigrent en Palestine.

(...)

Le Hamas - qui contrôle actuellement le territoire - n’est-il qu’un groupe armé ou terroriste ?

Hamas signifie ‘mouvement de la résistance islamique’. Il a été fondé en 1987, mais durant les quinze années précédentes, il avait une réelle dimension sociale et religieuse en tant que branche des Frères musulmans à Gaza. Ces islamistes ont longtemps été encouragés par Israël qui y voyait un rempart contre l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Ce n’est qu’en 1991 que le Hamas s’est doté d’une branche armée qui, pendant des années, n’a tué que d’autres Palestiniens qu’ils accusaient de "collaboration" avec l’ennemi.

Vous sous-entendez qu’Israël a indirectement créé le Hamas ?

Non, je ne dis pas cela, mais les Israéliens ont joué avec le feu en affaiblissant l’OLP, comme ils le font encore aujourd’hui. Si le Hamas est écrasé demain, qui occupera leur place sur le terrain si ce ne sont les jihadistes ?

(...)

Pourquoi les Etat-Unis sont-ils des alliés indéfectibles d’Israël ?

En ‘56-‘57 ce sont les Américains qui ont contraint Israël à se retirer de Gaza. Le vrai tournant, c’est ‘67 avec la Guerre du Vietnam. A cette époque, l’administration américaine s’identifie à Israël dans le cadre de la Guerre froide. Guerre froide qui, après la chute de l’empire soviétique, s’est transformée en guerre contre le terrorisme. A cela s’ajoute la politique intérieure des Etats-Unis, où 100 sénateurs sur 100 soutiennent de manière inconditionnelle Israël en pleine offensive à Gaza. On est au bout d’un cycle… Depuis le début, l'Administration américaine ne démontre pas seulement son incapacité, mais sa nullité absolue. Quand John Kerry propose une offre de cessez-le-feu et se fait humilier par les Israéliens, puis affirme qu’il n’a pas remis d’offre… c’est fini ! C’est juste fini !

L'intégralité de l'entretien est réservé à la Sélection LaLibre.be (pour seulement 4.83€ par mois)

Spécialiste du Proche et Moyen-Orient, le professeur de Sciences-Po Jean-Pierre Filiu est l’Invité du samedi de LaLibre.be.

Spécialiste du Proche et Moyen-Orient, le professeur de Sciences-Po Jean-Pierre Filiu est l’Invité du samedi de LaLibre.be.

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[Invité] L’opinion publique est dominée par un égrégore, par Pascal Roussel

Publié le par Felli Bernard

Olivier Berruyer
Olivier Berruyer

21/08/2014

21

août

2014

[Invité] L’opinion publique est dominée par un égrégore, par Pascal Roussel

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C’est avec plaisir que je vous propose ce billet de Pascal Roussel, un des invités vétérans de ce blog…

Pascal Roussel est chef d’unité au sein du département des risques financiers au sein d’une grande banque située au Luxembourg

Plus d’infos sur lui et le livre qu’il a publié sur son blog www.pascalroussel.net

Même si certains obéissent probablement à un agenda caché ou que d’autres n’osent pas se démarquer, il est stupéfiant de voir que des journalistes ou des politiciens a priori intelligents, équilibrés, cultivés et sincères s’enferment dans une grille de lecture unique! Et de là, on peut difficilement blâmer la vaste majorité de la population de se retrouver avec les mêmes œillères que les faiseurs d’opinion.

On peut se demander si, en Europe et aux États-Unis, le monde politique et les grands médias qui couvrent les questions financières ou géopolitiques ne sont pas collectivement sous l’influence malfaisante d’un égrégore (“concept désignant un esprit de groupe, une entité psychique autonome ou une force produite et influencée par les désirs et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun. Cette force vivante fonctionnerait alors comme une entité autonome”) ? La position atlantiste poussant alors les autres pays à se radicaliser.

Or l’Histoire a montré qu’une opinion publique dominée par un même esprit de groupe peut rapidement se retrouver confrontée à une guerre qu’elle n’a pas souhaitée.

L’État américain est de facto dirigé par la CIA et par des lobbies dont le plus puissant est le complexe militaro-industriel qui représente énormément d’emplois et pèse lourd dans l’économie américaine (1). Même si la stratégie pour y arriver est floue, il demeure que la volonté américaine est d’établir un monde unipolaire, répondant prioritairement aux intérêts propres d’une seule super-puissance, les États-Unis. Cette volonté, pourtant ancienne, apparait de plus en plus choquante alors que la politique américaine visible est de plus en plus éloignée des valeurs démocratiques et de liberté que la nation américaine a longtemps incarnée. De nombreux dirigeants ou faiseur d’opinions européens dont le statut et les revenus dépendent plus ou moins de leur allégeance à l’Etat américain ont de plus en plus de mal à présenter l’Amérique comme une super-puissance soucieuse d’œuvrer au bien commun dans le monde. Pour combien de temps encore, les États-Unis conserveront leur pouvoir attractif sur de nombreux jeunes ?

En ligne avec la philosophie « ce qui est bon pour l’Amérique doit forcément être bon pour le reste du monde », en 1997, le très influent Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller national à la sécurité des États-Unis) recommandait de ne pas laisser l’Ukraine sous l’influence de la Russie. Selon ce politologue, sans l’Ukraine la Russie ne pourrait jamais diriger un empire eurasien et par là inquiéter la suprématie mondiale des États-Unis (2). De là découle, les centaines de millions de dollars versés directement ou indirectement par les États-Unis pour soutenir en Ukraine, des ultra-nationalistes (dont des néo-fascistes), attiser une haine radicale contre la Russie et pousser l’actuel président ukrainien à mener une guerre à l’encontre d’une partie de sa population. Inutile d’approfondir dans ce billet les étapes du conflit ukrainien, ces faits étant largement exposés en détail sur l’excellent blog d’Olivier Berruyer (3)

Bien entendu Poutine n’est pas un Saint, mais ceux qui tentent d’avoir une vision plus objective, qui veulent faire preuve d’empathie pour les camps opposés, qui souhaitent des débats contradictoires afin de comprendre les différents points de vue sont marginalisés. Le cas de l’avion MH17 abattu au-dessus de la zone de guerre en Ukraine (et quels que soient les coupables, j’espère qu’il s’agit uniquement d’une tragique erreur) est significatif : très rapidement et sans la moindre preuve, les médias et responsables politiques atlantistes ont désigné la Russie comme co-responsable. Les versions alternatives (4) pourtant dignes d’intérêt sont ignorées et même si elles devaient se révéler vraies un jour, on peut craindre que les grands médias n’en fassent jamais écho. L’égrégore est si puissant que rien ne semble pouvoir arrêter l’escalade, il a désigné la Russie comme l’ennemi à abattre et il veut l’accélération du désordre mondial.

Et pourtant de nombreuses personnalités crédibles tirent vainement la sonnette d’alarme (5), mais rien n’y fait.

L’extrême fragilité du monde financier

Ce qui rend l’égrégore encore plus dangereux, c’est qu’il se développe alors que le système financier mondial n’a jamais été aussi fragile. Les risques de ruptures sont très réels même si les banques centrales et les autorités publiques se veulent rassurantes.

Jaime Caruana, le General Manager de la BIS (la banque centrale des banques centrales située à Bâle) craint un « Lehman » dû à la flambée de la dette dans le monde entier et déclare que les investisseurs ignorent la perspective de taux d’intérêt plus élevés dans leur quête aux rendements. (6)

Maximilian Zimmerer le Chief Investment Officer d’Allianz (le plus gros assureur en Europe) déclare quant à lui que « rien n’est résolu et tout le monde le sait ». (7)

On pourrait multiplier les mises en garde officielles de ce genre, car loin de l’illusion des performances boursières (8), il suffit de gratter un peu sous la surface pour comprendre ce qui inquiète ces hautes personnalités du monde financier. Citons de manière non exhaustive et dans le désordre :

  • Même si depuis l’effondrement de Bretton Woods, le monde a déjà connu des crises bancaires et des faillites étatiques, la situation actuelle est unique (9), car jamais le monde financier et économique n’a été aussi interdépendant, jamais le niveau global de l’endettement n’a été aussi élevé, jamais le « shadow banking » n’a été aussi important (10), jamais les produits dérivés n’ont à ce point cimenté les institutions financières mondiales, jamais nos économies n’ont été aussi dépendantes du gaz, du pétrole et de l’électricité, jamais les décideurs économiques et financiers n’ont à ce point basé leur décision sur des modèles mathématiques inadaptés face à la multitude de variables qui entrent en jeu.
  • Aux États-Unis on observe une baisse constante du taux de participation de la population active sur le marché du travail, la bourse atteint des sommets principalement parce que des sociétés rachètent leurs propres actions (et certaines empruntent même massivement pour le faire) (11), les assurances anti-crash boursier deviennent de plus en plus chères (12), les classes moyennes désertent même les commerces « low cost » (13), 70% des Américains pensent que la crise n’est pas terminée ou que le pire est à venir (14), les ventes de Caterpillar qui représente bien l’économie réelle, sont constamment en baisse (15), la bulle des prêts étudiants n’en finit pas de gonfler (16), mis à part quelques niches il n’y a pas de reprise sérieuse de l’immobilier commercial ou pour particuliers (17) et même l’investissement pour le marché locatif qui a largement contribué à amortir la chute (18) montre des signes de faiblesse (eh oui, depuis 2008 les investisseurs savent qu’un Américain sans revenu ne peut pas payer son emprunt hypothécaire, mais ils découvrent maintenant qu’il est tout autant incapable de payer son loyer !) (18), le gouvernement américain ne montre aucun signe de sevrage de sa dépendance à la dette (19), la côte Est est frappée par une sècheresse catastrophique (20), étonnamment (!) les prêts automobiles subprime qui ont contribué à donner une illusion de relance du marché automobile américain donnent des signes de faiblesse (21), la Fed qui doit se douter que l’avenir n’est pas aussi rose qu’elle veut le faire croire, s’apprête à imposer des restrictions sur les retraits d’argent de certains fonds obligataires (22), … etc.
  • En Chine, il y a principalement 6 domaines essentiels qui soulèvent de très grosses inquiétudes: la plus grande bulle de crédit au monde (23), la bulle immobilière astronomique qui aurait fait pâlir d’envie Dubaï, Londres (23a) et les États-Unis réunis (24), l’importance colossale du shadow banking avec toutes ses dérives, illustrées par exemple par le dernier scandale de la multiple réutilisation de stocks de matières premières pour garantir plusieurs prêts différents (25), la volonté de la Chine d’étendre sa zone d’influence maritime (26), l’état réel de l’économie chinoise qui est bien plus malade qu’il n’y paraît (28), le traficotage permanent des statistiques officielles (29), …etc.
  • La situation en Europe est probablement bien connue des lecteurs, il est donc inutile de faire une longue liste de ce qui va mal. Allemagne (30), Italie (31), etc. la situation est fragile. J.Stark, ancien vice-président de la Banque Centrale allemande déclarait en mai dernier que le système économique actuel est une pure fiction (32) ! À titre d’exemple, citons simplement le récent dépeçage, suivi d’une nationalisation des « bons morceaux restants» de la première banque portugaise, le tout en un week-end (33). Les taux souverains sont ultra-bas pour le moment, il faut bien que la monnaie de banque centrale distribuée généreusement serve à quelque chose. En plus les titres souverains offrent bien des avantages: pas besoin de mettre de capital en réserve pour les conserver, ils sont souvent très liquides et représentent un très bon collatéral dans un monde financier qui subit une pénurie de collatéral. Fin octobre, la Banque Centrale Européenne (BCE) terminera son analyse de la qualité des actifs de 130 banques (34). Bien entendu cet exercice dépend grandement de la bonne volonté des banques auditées, mais il se murmure que cette fois, les résultats ne seront pas aussi roses …
    Les soldes des comptes Target 2 auprès de la BCE(35) (à ce niveau, ne devrait-on pas parler de chambre de compensation) témoignent de la méfiance dans le secteur interbancaire.
  • En Amérique du Sud, on peut se demander quel vont être l’impact et le risque de contagion lié au défaut de paiement de l’Argentine et de l’hyperinflation qui se développe ? (36)
  • Le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale est de plus en plus attaqué (37)
  • Ebola: un danger qui pourrait potentiellement devenir très grave (38)
  • Au niveau mondial, les prix de la nourriture sont repartis à la hausse (39)
  • L’indice Baltic Dry (40) qui reflète le commerce maritime international ne cesse de baisser depuis le début de l’année

Que faire ?

Devant ce catalogue des horreurs (41), il me semble évident que nous avons tout à perdre à laisser l’égrégore grandir jusqu’à nous mener à une confrontation armée avec la Russie. Il est clair que toutes les techniques modernes de manipulation de l’opinion (stratégie du choc, social learning, fabrication du consentement, tittytainment, mind control, virtualisme, reality-building, management négatif, etc.) sont pleinement à l’œuvre pour nourrir cet égrégore et nous mener progressivement vers le chaos (42). Pour autant je ne prône pas une révolution violente, mais plutôt la nécessité de s’informer, de ne pas céder à la facilité du conformisme et de ne pas avoir peur de prendre position.

Mon but n’est pas de faire peur, ni de déprimer les lecteurs, mais de les prévenir. Pour ma part je suis convaincu que de nombreuses bonnes opportunités surviendront une fois que le système sera remis à plat.

Les opinions exprimées dans ce billet sont PERSONNELLES et ne représentent pas forcément les opinions de mon employeur. Les sources utilisées sont souvent anglophones, car l’anglais est la langue de la finance mondiale.

Pascal Roussel le 8 août 2014

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Sources

1) En 2013, le budget de Défense américain (USD 640 milliards) était équivalent à celui combiné de la Chine, la Russie, l’Arabie Saoudite, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon, l’Inde et la Corée du Sud (énumérés par ordre croissant). Lire l’article sur Wikipedia ENG FR

« Qui tient qui à Washington ? Question inutile, question dépassée… » Defensa.org

2) La véritable raison pour laquelle les États-Unis se préoccupent tant de l’Ukraine tout en se foutant éperdument des Ukrainiens par le Général (2S) et dirigeant d’entreprise, Jean-Bernard Pinatel FR

3) http://www.les-crises.fr/category/crise-politique/

4) Flight 17 Shoot-Down Scenario Shifts by Robert Parry ENG FR

Evidence Is Now Conclusive: Two Ukrainian Government Fighter-Jets Shot Down Malaysian Airlines MH17 by Eric Zuesse

5) Citons quelques professeurs, journalistes, diplomates et experts financier : Stephen F. Cohen et John Mearsheimer, Robert Parry, Simon Jenkins,Chris Martenson, Pierre Maillart, V.Fédorovski, Neil Clark, M.K. Bhadrakumar, Nouriel Roubini, Kyle Bass, Hugo Salinas Price, Charles Nenner, James Dines, Jim Rogers, David Stockman, Marc Faber, Jim Rickards, Paul Craig Roberts, Martin Armstrong, Larry Edelson, Gerald Celente, etc. (liste non exhaustive). Lire par exemple Top Financial Experts Say World War 3 Is Coming … Unless We Stop It ou Obama Should Release Ukraine Evidence ou The US Needs to Stop Meddling in Russia-Ukraine Politics

6) http://www.telegraph.co.uk/finance/markets/10965052/Bank-for-International-Settlements-fears-fresh-Lehman-crisis-from-worldwide-debt-surge.html

7) http://www.zerohedge.com/news/2014-07-11/ceo-europes-largest-insurer-pops-utopia-bubble-nothing-solved-and-everybody-knows-it

8) La bourse du Zimbabwe a progressé de 12000% de mars 2006 à mars 2007 alors que le pays était frappé à l’époque d’une inflation de 1700% soit 7 fois moins importante que la croissance boursière. Tout cela pour dire que des performances boursières s’expliquent parfois bien plus par de la création monétaire que par une « reprise économique » …

9) Debt: Eight Reasons This Time is Different ENG

10) Près de 71.000 milliards de dollars ont été brassés par le ” shadow banking ” en 2012. La finance de l’ombre, représente des intermédiaires de crédit impliquant des entités et des activités en dehors du système bancaire régulier ( par ex. les entités qui font de l’intermédiation ou la distribution de crédit, mais n’acceptent pas de dépôts et ne sont pas régulées comme des banques, les fonds (capital-investissement, des fonds spéculatifs, des fonds d’investissements et autres fonds monétaire), les assureurs qui fournissent des garanties de crédits et enfin, les véhicules d’investissement ou de financement spécifiques. http://www.financialstabilityboard.org/publications/r_131114.pdf

11) Another Wall Street Inside Job?: Stock Buybacks Carried Out in Dark Pools ou Here Is The Mystery, And Completely Indiscriminate, Buyer Of Stocks In The First Quarter

12) Strategist Warns SKEW “Is Flashing A Big Warning Signal For Stocks”

13) Walmart Misses Across The Board, Guides Lower: Blames It On Weather, Obamacare And Taxes ou When Americans Can’t Even Afford To Buy McDonalds Dollar Meals For 9 Months In A Row

14) 7 In 10 Americans Believe The Crisis Is Not Over Or Worst Is Yet To Come: 52% Can’t Afford Their Homes

15) Caterpillar Retail Sales Plunge By 13%, Most Since February 2010; Decline For 17 Consecutive Months ou Caterpillar Asia Sales Crater By 30% – Company Reports Weakest Stretch Of Global Demand Since Lehman Collapse

16) Why Student Loans Are Crushing The Housing Recovery In 1 Chart

17) Homebuilder Confidence Plunges To 12-Month Lows ou Average Cost of New Home is 6 Times Median Income (Historically 3); Sales of Priciest 1% of Homes Soar (Bottom 99% Down) ou “The Market’s Not There” – One World Trade Center Lowers Asking Rents By 10% ou Deja Vu All Over Again: Fannie, Freddie Would Need Another $190 Billion Bailout When Things Go South

18) “All Is Not Well In The Housing Market” As All Cash Buyers Double In Past Year, Hit Record High ou Housing Starts, Permits Smash Expectations On Surge In Rental Construction

19) US is Bankrupt: $89.5 Trillion in US Liabilities vs. $82 Trillion in Household Net Worth & The Gap is Growing

20) 20 Signs The Terrible Drought In The Western US Is Starting To Become Catastrophic

21) A three-year lending boom to car buyers with spotty credit that helped push auto sales to a six-year high is starting to show signs of overheating.

22) Is The Fed Trying To Create A “Bond Run” Panic? Yes… In Its Own Words

23) En 2008 la taille du secteur bancaire Chinois était d’environ 10 000 milliards de USD, début 2014 il était d’environ 25 000 milliards de USD. Cette augmentation de 15000 milliards, en quelques années représente la totalité du secteur bancaire américain qui s’est construit en un siècle ! Lire également No Money Down Mortgages Another Sign of Gigantic Credit Bubble in China, la Chine va lancer son propre quantitative easing ou comment l’Asie croule sous les dettes ou les sociétés chinoises émettent plus d’obligations que les américaines ou les mauvais payeurs sont de plus en plus nombreux

23a) http://www.zerohedge.com/news/2014-06-17/londons-whopping-187-home-price-surge-means-uks-housing-bubble-slams-chinas

24) Voir par exemple la réplique de Manhattan complètement vide, le plus grand centre commercial au monde vide, les innombrables villes fantômes, les déclarations alarmantes de gros promoteurs chinois, combien de fois encore l’Etat volera-t-il au secours de gros promoteurs? Goldman & Sachs est pessimiste sur l’immobilier chinois, même la banque centrale chinoise admet qu’il y a un problème, 52 millions de logements vides !, permis de bâtir en chute,

25) pour voir comment plusieurs prêteurs différents s’imaginent avoir sécurisés leur prêt avec un stock de matière première (métaux, coton métaux précieux, etc.) alors que sans le savoir ils ont tous reçu le même stock en gage et pour voir que c’est une pratique courante lire ici et ici et ici et ici et ici et ici et ici et ici et ici

26) Pour se remémorer l’historiques des tensions en mai dernier entre la Chine et le Vietnam lire ici et ici et ici et ici et ici et ici et ici

28) 11 Disturbing Charts About The Chinese Economy

29) Voir par exemple comment les exportations sont artificiellement gonflées

30) Coming Major Slowdown in Germany – How to Play It

31) Italy Moves Into Recession & the End of Democracy

32) Former Bundesbank Vice-President Recommends Gold, Says Current Economic System is “Pure Fiction”

33) http://www.les-crises.fr/sauvetage-de-banco-espirito-santo-quelques-enseignements-pour-la-zone-euro-par-jean-michel-naulot/

34) http://www.ecb.europa.eu/ssm/assessment/html/index.en.html

35) http://www.eurocrisismonitor.com/

36) http://www.zerohedge.com/news/2014-08-04/argentina-default-minor-real-problem-much-worse

37) On lit souvent l’argumentaire trompeur qui voudrait que des contrats de matières premières de plus en souvent facturés dans d’autres devises que le dollar soient un signe de la fin du dollar. Or il n’y a là rien de nouveau, ce n’est pas parce que les cours des matières premières sont communément affichés en dollar que le paiement s’est toujours fait en dollar. Si nécessaire, les devises peuvent être échangées entre elles. On pourrait demain décider d’afficher les cours des matières premières en franc Suisse (par exemple) et cela ne changerait rien. Les signes réels de la perte d’influence du dollar sont plutôt la mise en chantier la nouvelle banque de développement des BRICS ou le rôle grandissant du yuan sur les marchés internationaux (lire ceci et ceci et ceci et ceci). Notons que la Chine devra choisir entre l’arrimage (mou) actuel au USD ou un régime de change flottant si elle veut que sa devise soit utilisée librement dans le monde. Et ce choix ne sera pas sans conséquence sur ses entreprises.

38) L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété une «urgence de santé publique de portée mondiale». http://www.bbc.com/news/health-28673380

39) Sous l’effet de la spéculation et de la sécheresse sur la côte Est des EU et au Brésil lire ceci ou ceci ou ceci

40) http://www.bloomberg.com/quote/BDIY:IND

41) Pour ce qui est des bonnes nouvelles je renvoie les lecteurs aux grands media financiers traditionnels qui sont toujours les premiers à voir des signes de reprises

42) « Gouverner par le chaos », de M.Milo aux Editions Max Milo

7 réponses à [Invité] L’opinion publique est dominée par un égrégore, par Pascal Roussel

  1. Afficher/Masquer

    François Lambda Le 21 août 2014 à 06h33

    Merci pour cet article.
    39) Vu de Californie, j’ai plutôt l’impression que c’est la côte Ouest qui subit une sécheresse record.
    link to naturalnews.com

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    Crapaud Rouge Le 21 août 2014 à 06h35

    Récemment, j’ai été effaré et consterné de découvrir qu’un collègue, pourtant doté d’Internet et d’un très bon niveau d’études, “croit” dur comme fer à la thèse officielle du MH17. Argument principal : il fallait des compétences pour tirer ce missile, (de quel type au fait ? Il n’avait pas l’air de le savoir…), et seuls les Russes les ont, ces compétences. Point à la ligne. En discutant un peu, j’ai vite découvert que la vérité pour lui tient simplement à ceci : il est impensable que le missile ait été tiré par quelqu’un d’autre que les Russes. C’est précisément pour arriver à ce résultat que la propagande n’a pas besoin de vraies preuves, bien au contraire. Dès lors que des preuves seraient mises sur le tapis, comme dans un débat scientifique, les gens seraient incités à douter, alors que l’absence de preuve “prouve” qu’il n’y en a pas besoin pour expliquer raisonnablement les choses, le bon sens suffit compte tenu de ce que l’on sait déjà. Donc les gens “croient” sans même s’en rendre compte : ils ont l’impression de “savoir”, ce que je trouve terrible et horrible. Pour finir, disons que la propagande n’a rien à voir avec la réalité, c’est une entreprise de mystification de type religieux.

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      Alain Le 21 août 2014 à 07h14

      J’ai la même réaction avec un collègue, j’ai beau lui expliquer que l’armée ukrainienne possède cet armement, que cette armée a bien déclaré que les pro-russe n’avait pas mis la main sur une seule de leur batterie, qu’il n’y a aucune preuve qu’ils en possèdent, que ce serait débile de la part des Russes d’avoir fourni un armement aussi voyant et inutile et qu’en conséquence il est plus logique de suspecter celui dont la possession n’est pas contestée avant celui pour lequel il n’existe aucune preuve ni indice de possession. Mais rien à faire les américains (et donc leurs alliés) sont les gentils (malgré que je lui rappelle les mensonges éhontés maintenant universellement reconnus, même par celui qui les a proféré Colin Powell, pour envahir l’Irak) et Poutine et les Russes les méchants; et seuls les méchants peuvent être coupable. Il est outré que je pense que les Américains puissent être pire que les Russes, ils sont plus intouchables que le pape qui lui est fondamentalement critiquable. Heureusement, je vois aussi de plus en plus de relations qui n’acceptent plus cette état d’esprit

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      bm607 Le 21 août 2014 à 07h39

      Je pense qu’on est nombreux à avoir de tels exemples, j’ai en tête également d’en avoir discuté via le net avec une connaissance et après avoir démonté la thèse officielle américaine sur le vol MH17 d’avoir eu la question “mais alors pour toi qui a tiré ?”, à laquelle je m’étais empressé de répondre “je ne sais pas, je n’ai que des hypothèses en l’état actuel”.
      En fait je pense qu’un des gros problèmes (actuels ?) concernant les infos c’est que nombre de personnes “savent”… ils ne doutent pas, ils savent.
      Vous pouvez de votre côté avoir passé des milliers d’heures sur un sujet, et eux avoir lu un vague papier dans un coin d’internet, ils vont vous expliquer ce que vous devez penser (exemple vécu), alors que personnellement quand je rencontre quelqu’un qui a plus de connaissances que moi j’essaye de lui en soutirer pour améliorer les miennes.

      Partant de là, la propagande méRdiatique actuelle n’a besoin que de fournir aux aux lecteurs des informations qui leur permettront de “savoir” par rapport aux autres, et lesdits lecteurs seront tout prêt à défendre “leur savoir”, pour prouver leur supériorité (et leur intelligence ?)

      On a perdu toute modestie peut-être.

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    aspitoyendefrance Le 21 août 2014 à 06h57

    C’est pareil que vous,j’ai discuter rapidement des sanctions commerciales fait par les USA et il me disait”les états unis font ce qu’ils veulent car ils ont le dollard”.Et je lui dit que le centre de richesse est en asie et non plus en occident et surtout qu’il y’a une alliance entre chine russie et brics pour faire chuter le dollard.Il s’est tu et n’a plus jamais voulu me parler.C’est un cadre d’une cinquantainne d’années il a peut être de la bouteille mais je suis éffaré de l’état de conformisme ambiant.Ah un tel niveau,c’est difficille de leur faire entrevoir l’idée qu’ils auraient tord.

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    Alain Le 21 août 2014 à 07h06

    Je remarque autour de moi que de plus en plus de citoyens n’ont plus aucune confiance dans les informations qui sont diffusées par les gouvernements et les médias. Le plus tragiques est aussi un sentiment d’impuissance devant l’absence totale de voix politique s’opposant à cet égrégore et qui pourrait être une alternative démocratique aux dirigeants actuels.

    Les “politiquement corrects” font toujours référence à Munich pour justifier leur va-t-en-guerre mais personne ne fait référence à l’apathie des peuples face à la mère des deux guerres mondiales: la spirale infernale de 1914. On rejoue le même scénario à 100 ans de différence car ce n’est pas un anti-1938 qu’on voudrait nous faire avaler

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    samuel Le 21 août 2014 à 07h24

    Juste qu’un seul ayant cette pose, et pourtant j’ai pris le temps de voir cette photo d’époque.

    ” Pour autant je ne prône pas une révolution violente, mais plutôt la nécessité de s’informer, de ne pas céder à la facilité du conformisme et de ne pas avoir peur de prendre position.”

    Dans ce monde ils courent partout pour s’y conformer, sinon vous serez plus en mesure de payer les factures, d’avoir un poste, de flatter la belle mère, d’assurer les vieux jours, ou d’avoir moins peur de perdre position confortable, la boucle est bouclée jusqu’à la fin du beau temps.

[Invité] L’opinion publique est dominée par un égrégore, par Pascal Roussel
August Landmesser (1910-1944 ; wikipedia en fr, et ici en anglais), travailleur à l’arsenal Blohm & Voss de Hambourg, refusant d’effectuer le Salut nazi lors de l’inauguration navale d’un vaisseau d’entraînement, le Horst Wessel, le 13 juin 1936

August Landmesser (1910-1944 ; wikipedia en fr, et ici en anglais), travailleur à l’arsenal Blohm & Voss de Hambourg, refusant d’effectuer le Salut nazi lors de l’inauguration navale d’un vaisseau d’entraînement, le Horst Wessel, le 13 juin 1936

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[Reprise] Ukraine : il est temps qu’une parole raisonnable se fasse entendre, par Jean-Pierre Chevènement

Publié le par Felli Bernard

J P .CHEVENEMENT
J P .CHEVENEMENT

17

août

2014

[Reprise] Ukraine : il est temps qu’une parole raisonnable se fasse entendre, par Jean-Pierre Chevènement

21

Pour Jean-Pierre Chevènement, en ce qui concerne l’Ukraine, “le pire n’est pas inévitable“. Le président d’honneur du MRC suggère d’imaginer “une Ukraine neutre «à l’autrichienne», fédérale ou en tout cas fortement régionalisée” dotée d’une “économie assainie avec le concours de tous les partenaires (Union européenne, FMI, Russie)”. Mais, ajoute-t-il, “encore faut-il l’inscrire dans une perspective historique qui ne rejette pas la Russie hors de l’Europe”.

« Ce qui est révolution pour les uns est coup d’Etat pour les autres » – Vadim Ghirda/AP/SIPA

La crise ukrainienne est, à coup sûr, la plus grave survenue en Europe depuis la fin de la guerre froide et l’implosion de l’Union soviétique. Ralliée aux valeurs occidentales et ayant, sans guerre, dissous son empire en 1991, la Russie estime, non sans quelques bonnes raisons, n’avoir pas été payée de retour. Les thérapies de choc libérales qui lui furent administrées dans les années 90 conduisirent à l’effondrement de moitié de son PNB et à une réelle paupérisation de la majorité de ses citoyens. L’Otan s’étendit bien au-delà des limites connues au moment de la réunification allemande. Quant au problème de la « troisième Europe », comme dit Georges Nivat, c’est-à-dire des pays européens appartenant à l’ex-CEI (Communauté des Etats indépendants) et des minorités russes dispersées en son sein, il ne fut tout simplement pas pris en considération. La seule chose qui ait intéressé l’Occident a été le contrôle de l’arsenal nucléaire soviétique, confié par commodité à la Russie. Depuis lors, celle-ci et l’Occident ne se racontent pas la même histoire.

Certes, l’Union européenne a bien conclu des «partenariats» assortis de maigres crédits (programme Tacis) avec ses « voisins proches », partenariat dit « stratégique » avec la Russie et « oriental » pour les autres, au premier rang desquels l’Ukraine. Mais celle-ci n’est pas tout à fait un partenaire comme les autres, par sa taille, sa population (45 millions d’habitants), son histoire et son économie étroitement intriquée à celle de la Russie. C’est ici que la géopolitique s’en mêle : Zbigniew Brzezinski, dans un livre de 1998, le Grand Echiquier, écrivait sans fard que le seul moyen de s’assurer que la Russie ne puisse plus reconstituer son empire était de soustraire définitivement l’Ukraine à son influence. Certes, depuis lors, les Etats-Unis se sont aperçus que l’empire qui montait à l’horizon n’était pas la Russie, mais la Chine. M. Brzezinski a donc mis de l’eau dans son vin. Il s’est prononcé récemment, comme M. Kissinger d’ailleurs, pour une « finlandisation » de l’Ukraine, entre l’Union européenne et la Russie. Tout le monde à Washington ne partage pas cet avis : M. McCain et le vice-président, Joe Biden, sont venus à Kiev pour soutenir le mouvement de Maïdan. Le gouvernement américain appelle à des sanctions renforcées contre la Russie après l’annexion de la Crimée, d’autant plus qu’elles toucheraient essentiellement l’Europe et fort peu les Etats-Unis.

Le courant néoconservateur demeure puissant aux Etats-Unis et trouve des relais en Europe. En 2006 déjà, l’administration Bush avait proposé d’inscrire l’Ukraine et la Géorgie dans une procédure de préadhésion à l’Otan (le MAP). Le moins qu’on puisse dire est que les vingt dernières années n’ont pas été mises à profit pour développer le partenariat stratégique entre l’UE et la Russie. Celui-ci, en 2012, se trouvait enlisé par manque de volonté politique. Quant au projet d’accord d’association préparé avec l’Ukraine, il n’a donné lieu à aucune concertation préalable avec la Russie.

Chacun voit midi à sa porte. Pour les institutions de Bruxelles, quoi de plus normal que l’Europe cherche à exporter ses normes libérales, ses standards écologiques et ses valeurs «démocratiques» ? Pour Moscou, c’est le Drang nach Osten (Marche vers l’Est) qui reprend sous une autre forme. Derrière l’UE, la Russie devine l’Otan. Le messianisme des uns nourrit ainsi le nationalisme obsidional des autres.

L’Ukraine d’aujourd’hui pose un problème majeur : celui de l’intrication tissée par l’histoire de son appareil productif avec celui de la Russie. Mais, au lieu de confier à des experts le soin d’étudier comment on pourrait créer, par étapes, l’espace de libre circulation de l’Atlantique au Pacifique pourtant prévu par le partenariat stratégique, Bruxelles propose à Kiev un accord d’association imprégné de l’idéologie de la concurrence, au risque de transformer l’Ukraine en une nouvelle RDA (sans cependant le filet de sécurité jadis offert à cette dernière par l’Allemagne occidentale). Que les manifestants de Maïdan aient été pour la plupart des démocrates, je veux bien le croire, encore que remplis d’illusions sur la manne financière que l’Europe était prête à leur accorder. Ils n’en reste pas moins que le service d’ordre était confié à des formations d’extrême droite, Svoboda et Pravy Sektor, aux pratiques violentes et à l’idéologie trouble.

Les russophones de l’Est ont pu à bon droit s’estimer provoqués par la destitution inconstitutionnelle d’un président, certes corrompu, mais élu démocratiquement, ainsi que par l’adoption par la Rada (Assemblée nationale) d’une loi supprimant le russe comme langue officielle, loi, il est vrai, non promulguée. Ce qui est révolution pour les uns est coup d’Etat pour les autres. Les Ukrainiens de l’Ouest et ceux de l’Est n’ont pas la même histoire ni la même mémoire. Elle est anticommuniste à l’Ouest, antifasciste à l’Est. Souvent ils ne se réclament pas de la même religion. La prise en gage de la Crimée a constitué, du point de vue de la Russie, une réponse à Maïdan et une correction historique de la décision arbitraire de Khrouchtchev en 1954, prise sans consultation des populations et en méconnaissance de leur caractère historiquement russe. L’accord de Genève passé le 14 avril entre l’Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l’Union européenne entérine le fait, en ne le mentionnant pas, mais elle ne le reconnaît pas en droit.

L’application stricte de l’accord de Genève est seule de nature à ouvrir la voie à une solution politique à la crise ukrainienne. Il s’agit de se mettre d’accord sur le principe d’une réforme constitutionnelle qui devra suivre immédiatement l’élection du 25 mai. Un accord avant cette date est possible sur quelques principes simples : à l’Etat central les prérogatives régaliennes (politique extérieure, défense, justice, police nationale), aux régions des exécutifs élus compétents pour l’éducation, la langue, la culture, le développement économique (avec un levier fiscal et la police locale).

Il n’est pas raisonnable de renvoyer à une nouvelle Rada, qui ne pourra être élue au mieux qu’à l’automne, l’élaboration d’une simple loi de décentralisation. Dans leur déclaration commune du 10 mai 2014, la chancelière d’Allemagne et le président de la République française ont clairement demandé « le lancement dans les prochains jours d’un processus de réforme constitutionnelle comprenant un calendrier court et un processus de consultation inclusif ». Force est de constater à ce jour, lundi 19 mai, que le « dialogue national » exigé par Angela Merkel et François Hollande, « avant le 25 mai, entre les représentants du gouvernement ukrainien et ceux de toutes les régions d’Ukraine », n’a pas été engagé par le gouvernement de Kiev qui s’est borné à un « long soliloque ». Cette obstruction à l’application de l’accord de Genève du 14 avril est extrêmement grave. En refusant le dialogue avec les populations de l’Etat ukrainien, le gouvernement de Kiev ne répond pas aux ouvertures qui viennent d’être faites par Moscou. Vladimir Poutine, en effet, n’a pas légitimé les référendums d’autodétermination du Donbass. Serguei Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, a déclaré « respecter la volonté exprimée par les populations », mais a souhaité que « la mise en œuvre se fasse à l’intérieur de l’Ukraine par l’organisation d’un dialogue national ». L’attitude inconséquente du gouvernement de Kiev fait penser à celle de M. Saakachvili, le président géorgien, en 2008. Elle l’expose à un isolement dramatique.

Dans la crise ukrainienne, deux récits antithétiques s’opposent sur le terrain comme dans les chancelleries. Aveuglés par une russophobie d’origine essentiellement idéologique, la plupart des médias français n’en ont repris qu’un seul. Quiconque veut avancer un jugement argumenté et nuancé, pour sortir d’une logique d’affrontement profondément contraire aux intérêts de la France et de l’Europe, est aussitôt rejeté dans les ténèbres d’un nouvel « empire du Mal ». Les propagandistes d’une nouvelle guerre froide en Europe ont diabolisé Vladimir Poutine, qui se prête quelquefois – il est vrai – à l’exercice. Vladimir Poutine peut bien dire qu’il veut construire la Russie comme une grande nation moderne et respectée : il est clair, pour la plupart des commentateurs, qu’il veut en réalité rétablir l’URSS. Ainsi, la nature essentiellement nationale de son projet échappe-t-elle au sens commun. Si aucun mémorandum sur la future réforme constitutionnelle n’est validé d’ici à l’élection du 25 mai, c’est-à-dire demain, les scénarios du pire se rapprocheront (guerre civile, risque de partition, nouvelle guerre froide, entièrement artificielle, au cœur de l’Europe).

Il est temps de faire entendre une parole raisonnable. Le pire n’est pas inévitable : une Ukraine neutre « à l’autrichienne », fédérale ou en tout cas fortement régionalisée, une économie assainie avec le concours de tous les partenaires (Union européenne, FMI, Russie avecs un prix du gaz abaissé) est la solution. Encore faut-il l’inscrire dans une perspective historique qui ne rejette pas la Russie hors de l’Europe. Selon la formule de Talleyrand, ce serait plus qu’une faute, une erreur. Ce serait ouvrir pour l’Europe tout entière une nouvelle ère d’instabilité.

Il est temps de reprendre politiquement le contrôle de la crise ukrainienne en replaçant sa solution dans le cadre d’un grand projet paneuropéen de développement et de paix… Plus que jamais, souvenons-nous de Jaurès : « Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme et ceci en est l’abdication… Le courage, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » Sur l’Ukraine, il est temps que la raison reprenne ses droits sur une russophobie aveugle : c’est de la paix et de l’Europe qu’il s’agit !

* Jean-Pierre Chevènement est sénateur du Territoire de Belfort, président d’honneur du MRC.

>>> Tribune parue dans Marianne daté du 23 mai

20 réponses à [Reprise] Ukraine : il est temps qu’une parole raisonnable se fasse entendre, par Jean-Pierre Chevènement

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    pikpuss Le 17 août 2014 à 02h23

    Voilà un homme sage qui tient compte des réalités sans esprit partisan… Serait-ce notre Jean Jaurès ?

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    Jay SWD Le 17 août 2014 à 03h16

    JPC égal à lui-mème,brillant!!
    Texte au final ds la droit ligne de son dernier bouquin,”1914-2014,l’Europe sortie de l’histoire?”.Bouquin à lire absolument tant l’analyse de la situation de l’UE est brillante,un travail d’historien et une réflexion de Politique…..puisque il est sans doute le dernier correspondant à cette définition en France…
    Un bémol tout de mème,texte de mai 14,et malheureusement rien de ce qu’il préconise n’a été appliqué.
    Néanmoins il me semble que Scooterman1er l’a nommé comme reprsentant de la France ds le cadre de discussion avec la Russie sur l’Ukraine…..

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    Grégory Le 17 août 2014 à 04h00

    Qu’il se rassure; ça va négocier, parce que selon toutes les apparences Kiev a pris la pâtée.

    link to youtube.com

    (mettez les sous titres en anglais). Ce n’est pas une source isolée, on a aussi eu un leak d’un rapport de perte à Poroschenko:

    link to cercledesvolontaires.fr

    Aucun lien de cause à effet, LeMonde.fr parle d’une “amorce d’un retour à la diplomatie”

    link to lemonde.fr

    Bon, il ne va pas jusqu’à nous dire que ça va mal sur le terrain (enfin, pour le camp qu’il soutient). Peut être qu’il n’en sait rien en fait.

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      Alain Le 17 août 2014 à 09h45

      La situation sur le terrain n’est pas claire mais à part l’unité ukrainienne qui s’était retrouvée acculée à la frontière, l’armée ukrainienne a l’air de progresser. Combien de temps pourra-t-elle tenir le rythme, cela dépend de la logistique et de ce qui se passera à Kiev à l’automne quand la population verra que sa situation est pire que l’année passée. En attendant il est probable que les va-t-en guerre du style de la Pologne ont encore du matériel et des munitions d’origine soviétique qu’ils doivent livrer; les munitions OTAN ne sont pas utilisable avec les armes russes

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    ioniosis Le 17 août 2014 à 06h41

    jean pierre chevènement , nous expose la position de ce qu’aurait du être celle de la FRANCE ,

    en tant que puissance souveraine .

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« Ce qui est révolution pour les uns est coup d’Etat pour les autres » – Vadim Ghirda/AP/SIPA

« Ce qui est révolution pour les uns est coup d’Etat pour les autres » – Vadim Ghirda/AP/SIPA

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