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L’aveuglement des Occidentaux n’est pas seulement ridicule et regrettable, il devient dangereux – par Emmanuel Todd

Publié le par Felli Bernard

L’aveuglement des Occidentaux n’est pas seulement ridicule et regrettable, il devient dangereux – par Emmanuel Todd

18

juin

2014 OLIVIER BERRUYER

[Reprise] L’aveuglement des Occidentaux n’est pas seulement ridicule et regrettable, il devient dangereux – par Emmanuel Todd

Du Grand Todd…

L’affaiblissement de la puissance américaine, le délitement de l’Union européenne et le retour de la Russie sur la scène internationale redessinent la géopolitique du monde. Un nouveau paradigme dans lequel la France peine à trouver sa place.

Atlantico : Après avoir un temps cru à l’émergence d’une démocratie modèle en Ukraine, les chancelleries européennes et américaines semblent avoir été prises de court par la diplomatie de Moscou et les mouvements dans l’Est du pays. En quoi l’engagement de l’Occident a-t-il pu reposer sur un malentendu ?

Emmanuel Todd : Lorsque je repense à cette crise, je m’étonne de voir qu’elle ne s’inscrit pas dans la logique qui était en train de se dessiner en Europe jusqu’ici. Le début du XXIe siècle avait été marqué par un rapprochement des “Européens” et des Russes, avec l’établissement de positions communes assez fortes dans des moments de crise. On se souvient de la conférence de Troyes en 2003, où Chirac, Poutine et Schroeder avaient manifesté ensemble leurs refus de l’intervention américaine en Irak. Cet événement laissait l’impression d’un Vieux Continent évoluant globalement vers la paix tandis que l’Amérique de Georges W.

Bush, fidèle à la ligne Brzezinski, restait dans un esprit de confrontation à l’égard de Moscou en s’appuyant sur d’anciens satellites soviétiques, avec les Pays baltes et la Pologne comme partenaires anti-russes privilégiés.

L’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche a coïncidé avec un retournement de la posture américaine. Sa ligne, telle que je la percevais à l’époque, était d’apaiser les tensions avec l’Iran et la Russie pour mieux pouvoir engager le fameux “pivot” vers l’Asie où réside la menace de long-terme pour la puissance américaine. Ce retrait de Washington aurait dû renforcer la volonté des Européens, et particulièrement des Allemands, de se rapprocher de Poutine pour parachever un grand partenariat commercial, énergétique et industriel. Aurait ainsi pu se dessiner une Europe d’équilibres basée sur un moteur franco-germano-russe. Il est difficile de contester que l’Histoire a pris une toute autre direction : nous sommes en pleine confrontation entre la Russie et l’Union européenne, désormais sous leadership économique et diplomatique allemand.

Ce renversement s’explique je crois par un changement rapide de la posture allemande. On me déclare souvent germanophobe mais je ne pense être ni insultant, ni très loin de la vérité, en diagnostiquant que les élites de ce pays souffrent d’une certaine “bipolarité”psychologique et historique dans leurs rapports avec la Russie, hésitant, oscillant sans cesse entre bienveillance et conflit. Cette dualité est manifeste dans le glissement de Bismarck à Guillaume II, le premier souhaitant devenir le partenaire de l’Empire des Tsars, le second rentrant brutalement dans l’engrenage menant à 1914. Dans une séquence encore plus courte, nous aurons le Pacte Molotov Ribbentrop d’août 1939 , rapidement annulé par l’invasion par Hitler de la Russie en 1941. Les historiens évoqueront-ils un jour un basculement de Schröder à Merkel ?

C’est bien l’Allemagne qui désormais fait le jeu du côté occidental, mais un jeu hésitant entre phases agressives et moments de repli durant lesquels elle reprend sa posture conciliante, moments il est vrai de plus en plus brefs. C’est bien le voyage en Ukraine du ministre allemand des Affaires étrangères, Steinmeier, qui a marqué le début de la séquence actuelle. La présence de son homologue polonais Sikorski à Kiev était comme la garantie d’une posture agressive de la mission. On ne peut jamais soupçonner la Pologne de bipolarité vis-à-vis de la Russie : son hostilité est stable, atemporelle, une sorte de manie qui ne fait jamais place à la dépression. Laurent Fabius, fidèle à lui-même, ne savait sans doute pas ce qu’il faisait-là. Un Rainbow Warrior de plus à sa collection. Au-delà du blabla sur les valeurs libérales et démocratiques, rendu ridicule par le nouveau partenariat européen avec l’extrême-droite ukrainienne,le voyage de Kiev nous a révélé une nouvelle politique de puissance de l’Allemagne, dont l’objectif à moyen terme est dans doute de rattacher l’Ukraine (unie ou divisée, c’est secondaire) à sa zone d’influence économique en tant que source de main-d’œuvre bon-marché. C’est une opération que le Schroeder de 2003 n’aurait jamais mené.

Selon vous, Vladimir Poutine jouerait l’apaisement et non l’escalade. L’Occident n’aurait-il donc rien compris ?

J’ai commencé ma “carrière” avec un livre qui prédisait l’effondrement du système soviétique, qu’on ne m’accuse donc pas de soviétophilie régressive. Je suis pourtant effaré de constater que durant les vingt dernières années s’est développée à l’inverse une véritable russophobie des élites occidentales. Les médias français sont en pointe dans ce délire, avec Le Monde en pole position. Pour suivre les évènements d’Ukraine je dois consulter les sites du Guardian, du Daily Telegraph, du New York Times, du Washington Post, du Spiegel et même du journal israélien Haaretz pour les questions d’antisémitisme. Tous hostiles à la Russie, ces journaux contiennent néanmoins de l’information exacte. Le Monde ne relaie même pas correctement les informations les plus élémentaires.

J’ai eu, ces derniers mois, le sentiment angoissant de vivre dans un pays sous-développé, coupé du monde réel, totalitaire d’une façon subtilement libérale. Mais je dois lire aussi les sites russes Ria Novosti en français et Itar-Tass en anglais parce qu’ aucun média occidental n’est capable de nous informer sur le point de vue russe. Exemple : au beau milieu d’une crise que nous devons d’abord analyser en termes de rapports de force géopolitiques, j’ai pu voir passer une foultitude d’articles, français comme anglo-saxons, s’acharnant sur l’”homophobie” du régime Poutine. Il est inquiétant pour l’anthropologue que je suis de voir les relations internationales sortir d’une logique rationnelle et réaliste pour rentrer dans des confrontations de moeurs dignes de sociétés primitives.

On surreprésente les différences culturelles, différences qui d’ailleurs ne sont en général pas celles que l’on croit. La question du machisme et de l’antiféminisme du régime russe a été de nouveau soulevée suite aux récents propos de Poutine sur Madame Clinton mais sur la base d’une ignorance radicale du statut des femmes en Russie. On compte à l’université russe 130 femmes pour 100 hommes, contre 115 en France, 110 aux Etats-Unis et… 83 en Allemagne. Selon ces critères la Russie est l’un des pays les plus féministes du monde, tout juste derrière la Suède (140 femmes pour 100 hommes)…

Le point de vue diplomatique russe dans cette crise n’est pas culturaliste et il est très simple: le groupe dirigeant russe ne veut pas de bases de l’Otan en Ukraine, s’ajoutant à l’encerclement balte et polonais. Point. La Russie veut la paix et la sécurité. Elle en besoin pour achever son redressement et elle a désormais les moyens de l’obtenir ainsi qu’on vient de le voir en Crimée. Un conseil final d’anthropologue : les Occidentaux agressifs qui veulent imposer leur système de moeurs à la planète doivent savoir qu’ils y sont lourdement minoritaires et que les cultures patrilinéaires dominent quantitativement. Notre mode de vie me convient personnellement, je suis heureux du mariage pour tous. Mais en faire la référence principale en matière de civilisation et de diplomatie, c’est engager une guerre de mille ans, que nous ne gagnerons pas.

Vous voyez les Etats-Unis comme dépassés par la situation ukrainienne. En quoi le sont-ils ?

Les Américains ne savent pas où ils vont. La crise née en Europe les a lancés sur une trajectoire régressive et agressive parce qu’ils ont peur de perdre la face. L’affaire de Géorgie en 2008 avait déjà sérieusement entamé leur crédit de protecteurs du Continent. C’est ce qui peut expliquer le retour de bellicisme impérial qui s’est manifesté avec l’Ukraine, à rebours de la doctrine “nationale et reconstructrice “dessinée jusqu’ici par Obama. J’espère que ce revirement n’est que temporaire et que l’actuel locataire de la Maison Blanche saura reprendre le contrôle de sa politique étrangère, ce qui pour l’instant est loin d’être acquis.

Etant donné l’opposition toujours majoritaire de l’opinion américaine vis-à-vis d’une intervention militaire en Ukraine, j’ose toutefois me dire que cet espoir n’est pas totalement vain.

Bien qu’ils se soient fait assez brutalement ”moucher” par Poutine avec le rattachement de la Crimée, les Américains ont toutefois une autre crainte, plus profonde, celle de voir l’Allemagne s’émanciper complètement de leur sphère d’influence. Si vous lisez Le grand échiquier de Brzezinski, œuvre majeure pour comprendre la diplomatie actuelle, vous comprendrez que la puissance américaine d’après-guerre repose sur le contrôle des deux plus grands pôles industriels de l’Eurasie : le Japon et l’Allemagne. La crise économique nous a montré que la Maison Blanche n’a pas su contraindre Berlin à abandonner les politiques d’austérités, de changer la politique monétaire de l’euro et plus largement de prendre part aux dispositifs de relance mondiale. L’inavouable vérité est qu’aujourd’hui les Etats-Unis ont perdu le contrôle de l’Allemagne et qu’ils la suivent en Ukraine pour que cela ne se voie pas. .

Le recul de la puissance américaine devient réellement préoccupant. Washington est en état de choc après la prise de Mossoul en Irak par des combattants djihadistes. La stabilité du monde ne saurait donc dépendre de la seule puissance américaine. Je vais faire une hypothèse surprenante. L’Europe devient instable, simultanément rigide et aventuriste. La Chine est peut-être au bord d’un effondrement de croissance et d’une crise majeure. La Russie est une grande puissance conservatrice. Un nouveau partenariat américano-russe pourrait nous éviter de sombrer dans une « anarchie mondialisée » dont l’éventualité semble chaque jour plus réalisable.

Dans toute cette analyse la France semble totalement absente du jeu…

La France n’a selon moi pas à s’impliquer outre-mesure dans la crise ukrainienne, son histoire et sa géographie l’en éloignent naturellement. La seule place qu’elle pourrait concrètement occuper serait celle d’un bras droit de Berlin, une “ligne Charlemagne” aggravant le potentiel déstabilisateur du nouveau cours diplomatique allemand. L’idée d’une puissance française autonome n’a ici pas de sens. Trois nations ont une réelle importance dans le jeu ukrainien et plus largement européen : deux sont résurgentes, l’Allemagne et la Russie, l’une est dominante depuis 70 ans : les Etats-Unis.

Peut-on voir cette croisade du camp occidental en Ukraine comme le symptôme d’une difficulté toujours plus grande à se définir et à définir ce qui l’entoure ? Comment en est-il arrivé là ?

Les Occidentaux ont effectivement un grand mal à savoir ce qu’ils sont : les Allemands hésitent entre pacifisme et expansionnisme économique, les Américains oscillent entre la ligne impériale et la ligne nationale, et les Français ne savent plus vraiment où se placer dans cette situation confuse. Tout cela entraîne une lecture assez pauvre par les élites occidentales des événements, fait qu’illustre assez bien les interrogations de nombreux journalistes sur “ce que veut Poutine”, interrogations qui aimeraient sous-entendre que les “Européens” et les Américains savent très bien à l’inverse ce qu’ils veulent. C’est en vérité l’exact opposé qui est à l’œuvre, les Russes étant dans une volonté de puissance définie, importante mais limitée, tandis que l’Occident n’a in fine aucun objectif clair et lisible dans cette affaire. On peut même aller jusqu’à dire dans le cas des “Européens” que la russophobie est peut-être inconsciemment le seul cordon qui reste capable de faire tenir ensemble un espace politique et monétaire qui ne signifie déjà plus grand-chose.

Dans un contexte de résurgence des Nations et de l’Histoire et sur fond de déliquescence de la zone euro, cet aveuglement des Occidentaux n’est pas seulement ridicule et regrettable, il devient dangereux. On doit cependant relativiser : nos problèmes comportent paradoxalement des avantages pour la stabilité du Continent. L’Europe de l’Ouest est habitée par une population vieille, encore très riche, et qui a beaucoup à perdre tandis que les Russes commencent tout juste à “souffler” après des années d’un déclin économique ravageur. La mortalité s’inverse , l’économie se stabilise, l’agriculture repart, et l’on peut parier qu’en dépit d’une véritable fierté d’appartenance nationale les Russes ne sont pas prêts à tomber d’ici demain dans un délire belliciste incontrôlable.

Vous semblez beaucoup moins critique à l’égard des Etats-Unis que du temps d’Après l’Empire. Vous vous dites même “pro-américain de gauche”…

Après l’Empire a effectivement été considéré un peu trop vite comme un classique de l’anti-américanisme alors que je m’étais donné du mal, tant dans les entretiens de promotions que dans le livre lui-même, pour expliquer qu’il n’était en rien motivé par une phobie . En vérité je prenais le contre-pied du Grand échiquier de M. Brzezinski, personnalité que je suis obligé de respecter pour son intelligence mais dont les rêves sont assez loin des miens. Ma posture était finalement celle d’un démocrate de gauche, et c’est d’ailleurs comme tel que le livre a été compris outre-Atlantique.

Je pense en réalité que la prédominance américaine en Europe est, à l’instar de la démocratie comme régime politique, la moins pire des solutions étant donné l’état d’effondrement idéologique dans lequel se trouve notre continent. Je pourrais même accepter sans inquiétude cette prédominance si était respecté le principe des contre-pouvoirs, principe si cher aux Pères Fondateurs. La Russie pourrait jouer le rôle salutaire de garde-fou, bien que le système interne en vigueur là-bas soit loin d’être ma tasse de thé. Il s’agirait là non seulement d’un équilibre bénéfique à la stabilité des relations internationales dans leur ensemble mais aussi bénéfique aux Américains eux-mêmes. Il n’est jamais sain pour soi-même de se croire tout puissant. Après l’échec du couple franco-allemand, je me dis, avec un brin d’ironie, qu’un couple américano-russe pourrait tenter sa chance. Ma déclaration n’est en rien un acte de “foi” à l’égard du modèle américain, j’y suis simplement poussé par l’inévitable deuil d’une Europe aujourd’hui dénuée de projet et d’identité.

Vous avez justement parlé récemment d’une faillite de l’Europe nouvelle. Le Vieux Continent porte-t-il une responsabilité particulière dans l’incapacité de l’Occident à définir une nouvelle politique ?

Il n’y a selon moi plus rien à attendre de l’Europe. Que peut-on sérieusement attendre d’un espace qui n’arrive même pas à se débarrasser de l’euro alors que cela représente un intérêt crucial pour sa survie ? C’est en ce sens que je m’avoue aujourd’hui plus intéressé par ce qui se passe aux Etats-Unis. Le premier mandat d’Obama ne m’avait pas particulièrement impressionné mais force est de constater que la politique menée depuis la réélection de 2012, particulièrement la politique étrangère jusqu’à la crise ukrainienne, faisait preuve d’une réelle intelligence innovatrice… La vraie question reste donc de savoir si les Etats-Unis seront à même de se maintenir ou même de rebondir ou s’ils sombreront dans le déclin. Le cas européen est selon moi réglé.

Vous disiez en 1995 lors de la réédition de L’Invention de l’Europe : “ce livre permettra de comprendre, dans vingt ans, pourquoi une unification étatique imposée en l’absence de conscience collective a produit une jungle plutôt qu’une société”. Comment envisagez-vous aujourd’hui l’avenir ?

Si j’ai pu réussir quelques « coups » prédictifs par le passé avec la chute de l’URSS, l’affaiblissement des Etats-Unis, les révolutions arabes et l’échec d’un euro mort-né, je suis bien obligé de reconnaître que l’aspect totalement nouveau de la situation actuelle me déroute. Si je n’arrête évidemment pas mes recherches, je suis bien obligé d’admettre que la multiplication des facteurs inédits rendent la prédiction quasiment impossible.

L’Europe est aujourd’hui riche, vieille, très civilisée et paisible, en dépit d’une dynamique incontestable de renaissance des nations. C’est un contresens historique d’affirmer que le racisme y progresse. Quand je compare cette époque à celle des années 1970 je suis frappé de voir à quel points les gens sont devenus plus tolérants aux différences(physiques, sexuelles…). Nous vivons dans un monde où la violence à grande échelle, la guerre, est difficilement concevable. Je resterais donc sceptique quant à un scénario apocalyptique au cœur même du Vieux Continent.

Pour ce qui est de l’euro, on voit bien aujourd’hui que cette monnaie ne pourra jamais fonctionner dans une accumulation de sociétés dont les langues, les structures et les mentalités n’ont finalement que très peu en commun. D’un autre côté, il est clair pour moi que le seul pays qui serait à même de casser la zone euro et sa logique destructrice, c’est la France. Mais j’ai fait le deuil d’une élite politique française capable d’affronter la réalité de son échec et de passer à autre chose.

Mais je suis historien avant tout. Ma tristesse de citoyen est atténuée par la possibilité d’observer une histoire qui continue, même gérée par des idiots, et qui est sur le point de s’accélérer.

Propos recueillis par Théophile Sourdille

Source : Atlantico

L’aveuglement des Occidentaux n’est pas seulement ridicule et regrettable, il devient dangereux – par Emmanuel Todd

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Une proche de Christiane Taubira insulte Philippe Bilger sur Twitter

Publié le par Felli Bernard

Une proche de Christiane Taubira insulte Philippe Bilger sur Twitter

Gabriel Robin

Juriste

Une proche de Christiane Taubira insulte Philippe Bilger sur Twitter

Le 17 juin 2014

L’éminent Philippe Bilger a subi, ce week-end, les attaques haineuses d’une collaboratrice de Christiane Taubira. Sihem Souid, chargée de mission au service de l’accès au droit et à l’aide des victimes pour le ministère de la Justice, et par ailleurs responsable de la communication au sein du mouvement La Gauche forte, s’est acharnée avec une rage hors de propos contre son aîné sur les réseaux sociaux.

Bien que présentant un curriculum vitae modeste (et inadapté à ses fonctions), la demoiselle a cru bon tancer un homme de la qualité de monsieur Bilger de la plus basse des manières. Alors que les deux se disputaient, Sihem Souid, coincée par les arguments de son contradicteur, n’a pu se retenir de l’attaquer avec une haine inqualifiable, en publiant ce tweet indécent : « La chancellerie n’a pas de leçon à recevoir d’un réac tel que vous et de surcroît fils de collabo. » Une telle insulte ad hominem relève de ce que le philosophe allemand Arthur Schopenhauer a conceptualisé comme la dialectique « éristique ». Confrontée à des arguments intellectuels qui la dépassait, Sihem Souid a renvoyé Philippe Bilger à un élément de son histoire familiale (faux et décontextualisé par ailleurs).

Il est amusant de constater que ce jeune phénomène médiatique (elle a publié un livre autobiographique intitulé « Omerta dans la police » avec l’aide d’un nègre) a utilisé un argument déterministe supposant une transmission intergénérationnelle de certains traits de caractères. Amusant, car elle et les siens nient toute identité aux hommes et luttent avec acharnement contre « les délits de faciès ». Pour mieux les pratiquer eux-mêmes ?

Car, oui, certaines populations n’ont pas droit à la protection contre les discriminations. Il en va visiblement ainsi pour les « réacs ». Sont-ils les seuls ? Non, si on en juge par les tweets qui amusent Sihem Souid. La communicante de La Gauche forte semble très amusée par les clichés racistes qui touchent les Asiatiques. À l’occasion du match opposant le Japon à la Côte d’Ivoire, elle a retweeté un message comparant la taille des sexes de ces deux peuples. Chacun ses goûts, me direz-vous, et je déteste moi-même la censure, mais je n’aime pas les indignées à deux vitesses et les tartuffes.

Sihem Souid est de cette caste-là, elle se plaint régulièrement du racisme censé la toucher sur les réseaux sociaux mais ne se gêne pas pour l’exercer contre ceux qui la dérangent ou qui ne se défendent pas. Elle renverra un « réac » à ses parents mais vous rétorquera qu’un fils de terroriste du FLN ne doit pas payer pour son père ; elle se permettra aussi de rire des supposés petits pénis asiatiques mais ne tolérera pas la moindre blague à l’encontre des Afro-Maghrébins.

Au fait, on attend toujours la réaction de Christiane Taubira…

Une proche de Christiane Taubira insulte Philippe Bilger sur Twitter

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Chevènement, dernier socialiste ou dernier gaulliste ?

Publié le par Felli Bernard

Chevènement, dernier socialiste ou dernier gaulliste ?

Henry Saint-Amand consultant

Chevènement, dernier socialiste ou dernier gaulliste ?

Le 16 juin 2014

Clap de fin pour Jean-Pierre Chevènement, qui ne se représente pas aux prochaines élections sénatoriales prévues en septembre. Il commence à se mettre doucement en retrait de la vie politique, même s’il affirme vouloir rester actif. Mais comment exister quand le parti qu’il a dirigé (le Mouvement républicain et citoyen – MRC) ne représente plus que l’ombre de lui-même ?

C’est tout juste s’il parvient à conserver quelques « fiefs » bien isolés : quelques mairies de banlieues et provinciales, huit cantons, dix-neuf sièges de conseillers régionaux, trois strapontins à l’Assemblée nationale et un siège au Sénat, ce dernier étant en sursis. Après son échec à la présidentielle de 2002, il s’est mis à la remorque funeste du PS pour tenter de sauvegarder l’essentiel. Avec peine. Les effectifs, jamais très hauts, ont atteint l’étiage (environ 4.000 en 2014) et sa voix est devenue inaudible.

C’est aussi parce qu’il craint de ne pas être réélu que l’ancien ministre de François Mitterrand jette l’éponge. L’âge y est pour quelque chose. À 75 ans, dont près d’une soixantaine à militer sur les bancs de gauche, le « Lion de Belfort » veut laisser la place aux plus jeunes que lui. C’est compréhensible.

Avec lui se tourne la page du dernier vrai socialiste : celui des convictions, des idées et du courage. Qu’on aime ou pas le « Che », il faut reconnaître que l’homme a toujours été un pur animal politique, dénonçant dès 1967 les dérives de l’ENA, le capitalisme financier, la conversion du PS au libéralisme, fustigeant le fédéralisme européen, s’érigeant en parangon d’un protectionnisme raisonné et raisonnable, défendant farouchement la laïcité, prônant l’assimilation culturelle des immigrés.

Ses prises de position lui ont valu d’être voué aux gémonies. Il en a toujours eu cure. Mieux : c’est l’un des rares ministres de la Ve République à avoir démissionné pour cause d’incompatibilité idéologique avec son président. Seuls Léon Schwartzenberg, Alain Madelin et Delphine Batho l’ont « imité » parce qu’ils y ont été contraints. Le « Che » l’a fait trois fois en pleine connaissance de cause : une première fois quand il était ministre de la Recherche en 1983. Il avait alors dit : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l’ouvrir, ça démissionne. » Il a ensuite rendu son maroquin, en 1991, quand il était ministre de la Défense pour cause de désaccord avec l’engagement de la France dans la guerre du Golfe. Enfin la troisième fois, c’était en 2000 quand il était ministre de l’Intérieur, pour protester contre les « accords de Matignon », qui reconnaissaient les mouvements nationalistes corses.

Ses convictions sont toujours ancrées à gauche. Son attitude responsable et son courage lui donnent une stature gaullienne indéniable. Il incarne tout ce qui manque à nos gouvernants d’aujourd’hui, quel que soit leur positionnement sur l’échiquier politique. On aurait pu rêver plus belle et meilleure sortie pour l’un des acteurs majeurs de la politique française. À l’image de l’homme : à la fois sincère et flamboyante. Alors le « Che »? Socialiste ou gaulliste ?

Jean-Pierre Chevènement.

Jean-Pierre Chevènement.

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« Syrie, une guerre sans nom ! / Cris et Châtiments » de Geneviève et Jean-Claude Antakli

Publié le par Felli Bernard

« Syrie, une guerre sans nom ! / Cris et Châtiments » de Geneviève et Jean-Claude Antakli

12 juin 2014 | Polémia

« Mais on peut toujours lire, et l’ouvrage des Antakli fournit en munitions ceux qui ne supportent plus “les mensonges qui nous ont fait tant de mal”… »

« Une mascarade », ont tonné, unanimes, les chancelleries occidentales cependant que le dissident Michel Kilo ironisait dans Le Monde « C’est comme si Hitler avait organisé une élection en 1944 », avant de « remercier M. Hollande pour tout ce qu’il fait pour nous car c’est un devoir moral, pour la communauté internationale, de nous sauver des griffes de ce sauvage ».

Il est possible que ce scrutin n’ait été qu’une farce – mais comme beaucoup d’autres. Se poser en arbitre des élégances politiques et en gardienne de l’éthique est singulièrement malvenu de la part de la France, qui vit se dérouler en mai 2002 une caricature d’élection : « l’escroc » Chirac l’emportant avec le score stalinien, ou « assadien » si l’on préfère, de 82% sur « le fâcho » Le Pen au terme d’une hystérique « quinzaine de la haine » orchestrée par la gauche et mobilisant jusqu’aux enfants des écoles.

C’est une campagne du même genre, lancée par les mêmes instigateurs, qui se déchaîne depuis trois ans contre le pouvoir de Damas accusé de tous les maux. Que le clan Assad ne soit pas l’Armée du Salut est une évidence mais, pour en savoir un peu plus sur les réalités syriennes, et les raisons pour lesquelles le président est toujours en place, au contraire de ses pairs Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi, on lira avec intérêt le témoignage de Geneviève et Jean-Claude Antakli, Syrie, une guerre sans nom ! / Cris et Châtiments.

Une résistance « démocratique » laminée par les djihadistes

Sans doute accusera-t-on ce couple de biologistes diplômés de la Faculté de médecine de Montpellier de partialité puisque lui est un chrétien d’Alep. Mais, à l’inverse de beaucoup de faux témoins style BHL, eux connaissent bien le terrain puisqu’ils avaient fondé un Institut infirmier à Alep où ils se rendaient régulièrement et pour la dernière fois en mai 2012 afin de faire passer aux étudiants – de toutes obédiences religieuses, sunnite comprise – les dernières épreuves. Or, tous les récits qu’ils ont récoltés se recoupent. La « résistance progressiste » portée aux nues et soutenue (sur le plan militaire inclus) par nos ministres successifs des Affaires étrangères, Alain Juppé sous Sarkozy puis Laurent Fabius sous François Hollande, est totalement désorganisée, discréditée, au profit des islamistes les plus radicaux sur lesquels les « démocrates » avaient cru pouvoir s’appuyer pour s’emparer du pouvoir en les utilisant comme chair à canon contre l’armée nationale, mais qui se sont vite émancipés de cette tutelle et, de purges en assassinats, l’ont neutralisée, voire éliminée.

Les civils et les sites archéologiques grandes victimes du conflit

Cette « guerre qui ne dit pas son nom » a-t-elle réellement fait 162.000 morts comme l’affirment ceux qui ne reculent jamais devant les gros chiffres ? En tout cas, elle est meurtrière. Si l’armée n’est pas épargnée par la rébellion, les principales cibles – de massacres ou d’attentats à l’explosif — de celle-ci sont les civils. Ceux-ci se retrouvent, de plus, exposés à une paupérisation croissante, alors que la Syrie, que j’avais connue en paix au printemps 2010, m’avait frappée par sa relative prospérité, son respect de l’hygiène, y compris dans les villages reculés aux confins de l’Irak, et l’état sanitaire très satisfaisant de ses habitants, le trachome et autres affections si répandus dans le Tiers-Monde, ayant été éradiqués.

Et, comme si cela ne suffisait pas, les chefs-d’œuvre architecturaux sont eux aussi mis en péril sans que s’en émeuve l’Unesco qui, pourtant, les avait inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité. Les djihadistes se sont acharnés sur le monastère Saint-Siméon et sur le Krak des Chevaliers mais aussi sur les sites archéologiques d’Apamée et même de Palmyre – où tout ce qui était transportable n’a toutefois pas été perdu pour tout le monde, le trafic d’antiquités faisant rage, comme cela s’était déjà produit dans le Kampuchea des Khmers rouges ou dans l’Irak si heureusement délivré du tyran Hussein.

Les Antakli ne se contentent pas de produire des témoignages. Dans les deuxième et troisième parties de leur livre respectivement intitulées « La vérité sur les auteurs des massacres » et « Les vraies raisons des massacres », ils reproduisent aussi des documents irrécusables. Ces documents émanent par exemple d’un officier de la DGSE sur l’aveuglement de notre diplomatie, ou d’un prêtre islamologue, le Père Gallez, sur l’accablante responsabilité de l’administration Obama, de l’Arabie saoudite surarmant les insurgés et de nos médias, « y compris l’Agence France Presse (à capitaux saoudiens aujourd’hui) » pratiquant la pire désinformation. « On ne peut plus se taire », conclut le Père Gallez.

Mais on peut toujours lire, et l’ouvrage des Antakli fournit en munitions ceux qui ne supportent plus « les mensonges qui nous ont fait tant de mal »… y compris dans nos banlieues, comme le prouvent les tristes exploits de « Français » djihadistes en Syrie, tel Mehdi Nemmouche qui a poursuivi à Bruxelles sa guerre sainte commencée à Alep.

Camille Galic
6/06/2014

Geneviève et Jean-Claude Antakli, Syrie, une guerre sans nom ! / Cris et Châtiments, François-Xavier de Guibert éditeur, 2014, 282 pages.

Correspondance Polémia – 12/06/2014

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LA FORMATION ARCHAÏQUE.DES POLITICIENS FRANCAIS

Publié le par Felli Bernard

Hier, 21:34 Ivan Blot

La formation archaïque. Des politiciens français

© Flickr.com/hounddog32/cc-by-nc-sa 3.0

Par La Voix de la Russie | Lors de son interview exceptionnelle à Europe 1 et TF1 le 4 juin dernier, Vladimir Poutine a déçu une partie de la presse française car ses propos raisonnables étaient en contradiction avec la caricature qu’on fait de lui certains medias français. Ils voulaient voir un dictateur impérialiste et ont entendu un président démocrate et patriote.

La déconvenue de ces journalistes russophobes montre qu’ils sont des hommes rivés sur le passé. Dans le passé, les Etats-Unis étaient une puissance conservatrice libérale et chrétienne, l’URSS était une dictature communiste athée. Les Etats-Unis étaient les libérateurs de 1944 face à l’occupation allemande. L’URSS, bien qu’ayant été l’ennemie principale d’Hitler, était surtout la puissance d’occupation de l’Europe de l’Est, enfermée derrière le rideau de fer.

Aujourd’hui, tout s’est inversé et c’est difficile de changer ses habitudes de pensée. La Russie est une puissance conservatrice, libérale et chrétienne. Les Etats-Unis exportent de plus en plus au nom des droits de l’homme déformés, une idéologie égalitaire dogmatique qui s’oppose à la famille, à la religion et à la patrie, en tous cas dans tous les pays étrangers. Ils ont introduit ou contribué à introduire le chaos en Irak, en Afghanistan, en Lybie, voir en Syrie, avec des interventions militaires désordonnées, justifiées par des mensonges comme en Irak ou des interprétations frauduleuses de décisions de l’ONU comme en Lybie.

C’est l’inversion des pôles : la Russie est dans le camp de l’ordre et de la paix, les USA dans le camp des révolutions et des coups d’Etat voire des guerres.

Pourtant, des journalistes et des hommes politiques veulent continuer de voir dans la Russie une dictature impérialiste comme l’URSS d’autrefois. Madame Clinton s’est permis des comparaisons entre Poutine et Hitler, ce qui est une ignominie mais aussi une stupidité : à ce compte, c’est comme si l’on accusait madame Merkel d’être une communiste autoritaire sous le prétexte qu’elle a fait partie du dernier gouvernement communiste d’Allemagne de l’Est.

Pour l’Europe, c’est la même chose. L’Union européenne a été créée sur un modèle non démocratique mais bureaucratique, celui des agences fédérales américaines créées par Roosevelt. Aujourd’hui, le monopole de la proposition des lois par la Commission de Bruxelles, le cumul chez celle-ci des tâches législatives et exécutives ne se justifient plus, comme l’a écrit récemment Nicolas Sarkozy mais on n’ose pas remettre en cause les schémas d’autrefois. Mon camarade Fabius, qui a fait sciences po et l’ENA avec moi, vient de dire que la Grande Bretagne deviendra la Petite Bretagne si elle quitte l’Union européenne. On apprenait en effet il y a quarante ans que « plus c’est gros, plus ces efficace » (théorie des économies d’échelle) alors que les économistes actuels savent que les petites entreprises et les petites économies sont souvent plus innovatrices ! Mon autre camarade Alain Juppé déclare récemment sans rire que la Russie ne produit que des matières premières comme l’Arabie Saoudite : il est vrai que les Français ont la réputation d’être nuls en géographie !

En économie, c’est la même chose. Beaucoup de politiciens et fonctionnaires français ont été formés à l’Ecole nationale d’administration qui sur le plan de l’enseignement de l’économie avait trente ans de retard, en restant à Keynes et ignorant les économistes plus modernes comme Hayek. Résultat : on a les impôts les plus décourageants du monde, un interventionnisme brouillon de l’Etat et des réglementations archaïques. Dernier exemple cité dans le Figaro de ce jour : le marché immobilier. La ministre Cécile Duflot qui a été deux ans ministre, une écologiste favorable aux drogues dites « douces » (cannabis) a créé une réglementation détaillée qui bloque les ventes et les achats immobiliers. C’est à un tel point que le gouvernement de monsieur Valls veut revenir sur cette réforme catastrophique. Madame Duflot n’avait toujours pas compris qu’avantager trop les locataires face aux propriétaires finirait par réduire l’offre immobilière au détriment de tout le monde. Elle a repris de vieilles idées dépassées des années 1950.

Notre système de formation des élites en sciences sociales est archaïque et beaucoup d’hommes politiques français vivent encore sur des vieilles idées diplomatiques ou économiques des années 1950. Comme disait notre historien Jules Michelet : « quelle est la première partie de la politique ? L’éducation ; la deuxième partie ? L’éducation ; la troisième partie ? L’éducation. » C’est toujours d’actualité !

Il faudra sans doute attendre un renouvellement de générations pour que les élites politiques françaises se détournent des vieilles lunes. Heureusement, il y a toujours quelques exceptions mais elles sont pour l’instant plus russes que françaises !

France, Vladimir Poutine, système politique, Etats-Unis, Politique
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: http://french.ruvr.ru/2014_06_11/La-formation-archaique-Des-politiciens-francais-0282/

LA FORMATION ARCHAÏQUE.DES POLITICIENS FRANCAIS

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Empire et géopolitique - Êtes-vous prêts pour la guerre nucléaire ?

Publié le par Felli Bernard

Empire et géopolitique - Êtes-vous prêts pour la guerre nucléaire ?

Paul Craig Roberts
Paul Craig Roberts
mer., 04 juin 2014 05:49 CDT

Traduit de l'anglais par Résistance 71

Faites bien attention à la colonne de l'invité de Steven Starr sur "La létalité des armes nucléaires" : Washington pense que la guerre nucléaire peut-être gagnée et planifie une première frappe nucléaire sur la Russie et peut-être la Chine, afin de prévenir tout défi à son hégémonie mondiale.

© Inconnu


Commentaire : Malheureusement, on ne peut pas écarter du revers de la main cette possibilité, car nous savons très bien que les psychopathes au pouvoir sont prêts à tout faire pour arriver à leurs fins.

Empire et géopolitique - Êtes-vous prêts pour la guerre nucléaire ?

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Quand Sarkozy donne des leçons à la Suisse, ça ne passe pas !

Publié le par Felli Bernard

Quand Sarkozy donne des leçons à la Suisse, ça ne passe pas !

Gabrielle Cluzel

Ecrivain, journaliste

Quand Sarkozy donne des leçons à la Suisse, ça ne passe pas !

Le 11 juin 2014

Depuis que Nicolas Sarkozy est venu leur rendre visite, les Suisses ne décolèrent pas. C’est ce que rapporte le quotidien suisse Le Matin, agacé de la prestation de notre ancien président au Swiss Economic Forum la semaine dernière à Interlaken : « Nicolas a fait son Sarkozy. »

Il y a eu d’abord « ses caprices » : la veille, il avait fait savoir que caméras et photos seraient interdites pendant l’intervention, de même que les questions sur la politique intérieure française. Il y a eu ensuite sa prestation : vendredi matin, selon Adolf Ogi, ancien président de la Confédération helvétique, « Nicolas Sarkozy a fait son numéro ». Et il a « manqué de respect à la Suisse », expliquant que celle-ci devait entrer dans l’Union européenne, qu’un pays ne pouvait pas être gouverné par un président qui change chaque année, ou que ce système avec sept conseillers fédéraux était désuet. L’éditorialiste du Matin commente aigrement : « Lorsqu’on vient à Interlaken devant Adolf Ogi, on se tient comme il faut, on essuie ses talonnettes avant d’entrer et on ne pisse pas contre les sapins. »

Les bras nous en tombent. Sarkozy n’aurait-il toujours pas compris ? Aucun de ces communicants chargés de modeler nos politiques, de les optimiser, de leur donner les éléments de langage et les postures, ne lui aurait donc expliqué ? Expliqué qu’il fallait changer ? Que, comme l’a reconnu François Hollande lui-même, il n’avait pas été battu en raison du « programme étincelant » de son adversaire mais parce qu’il était lui-même trop étincelant, rutilant, qu’il brillait de mille feux, et que la France – de moins en moins étincelante, elle – était épuisée d’être éblouie, voire aveuglée, par tant de bling-bling ?

De façon improbable, Hollande est arrivé au pouvoir grâce à ses allures modestes et sans prétention, son manque de charisme, ses costumes mal taillés de Bouvard et Pécuchet auxquels la France trouvait un charme rafraîchissant après les effets de manche de Bel-Ami, sans voir que président normal était synonyme de président ordinaire, et président ordinaire de président vulgaire. Courant le guilledou en scooter, s’asseyant avant la reine d’Angleterre, et laissant couler la France bras ballants, avec la même placidité bonhomme qu’il a pour tout.

Saperlipopette ! Sarkozy, en lequel tant de militants de l’UMP placent leur espoir, n’aurait toujours pas entrepris de se réformer ? En faut-il, du culot, eu égard à l’état de la France, pour aller donner des leçons à la Suisse. Comme un lièvre sémillant irait à l’arrivée dispenser ses doctes conseils à une tortue discrète mais victorieuse, pour la coacher un peu : la petite foulée, ce n’était pas ça, hein ? Travaillez un peu votre souffle. Puis faut changer de godasses, z’êtes grotesque avec ces pompes.

Les Suisses, forcément, sont fumasses, mais ils ne sont pas les seuls : les Français sont lassés d’avoir Les Bronzés à l’Élysée. Ont-ils pour autant envie d’y voir revenir un 007 façon Jean Dujardin, infatué et bombant le torse ?

Alors, que ses soutiens — et je sais que certains lisent Boulevard Voltaire — le lui fassent savoir de toutes les manières : il ne reviendra pas sans s’amender, les Français y veilleront. À tout péché miséricorde, mais pas sans contrition. Ils aspirent à un chef de l’État humble, scrupuleux, prudent, respectueux, tout préoccupé, non de son ego, mais de la France. Et qui le montre.

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Quand Sarkozy donne des leçons à la Suisse, ça ne passe pas !

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« Des surprises inattendues ! »...

Publié le par bernard felli

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« Des surprises inattendues ! »

Publié le par Felli Bernard

« Des surprises inattendues ! »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Vous savez à quel point j’aime me moquer de la dialectique de ceux qui nous dirigent et qui, à travers les mots et leur utilisation, cherchent à diriger nos pensées.

Si les mots ont un sens, il n’en demeure pas moins assez facile de déjouer les pièges sémantiques pour peu que l’on fasse attention.

Les crises, quelles qu’elles soient, sont toujours « imprévues », elles ne sont jamais « la faute » à quelqu’un mais toujours « la faute » à pas de chance. On ne pouvait pas savoir, c’était imprévisible, on ne pouvait pas imaginer que etc.

Une crise immobilière en 1990 ? La faute à la première guerre du Golfe. Une crise boursière majeure en 2001 ? La faute aux attentats du 11 septembre ! Une crise économique dévastatrice en 2007 ? La faute aux subprimes américains, j’vous jure on pouvait pas prévoir… Impossible d’imaginer qu’une spéculation bancaire poussée à outrance pendant 10 ans puisse un jour poser des problèmes…

La future faillite des États occidentaux totalement surendettés ? Rassurez-vous, ce sera là encore la faute à quelque chose, que ce soit la « guerre en Ukraine », le très vilain Poutine ou encore la chute d’un astéroïde sur Wall Street… mais comme à chaque fois, on vous expliquera le plus gros des mensonges, à savoir que le propre d’une bulle est de révéler son existence qu’une fois qu’elle a éclaté ! J’en rigole encore. Nous avons tout plein de bulles, boursières ou obligataires, et je peux vous assurer qu’elles sont bien là. Je peux même vous garantir qu’elles éclateront ! Je ne sais juste pas quand exactement. Ce jour-là, on vous dira… c’est la crise (une nouvelle) et on ne pouvait pas s’y attendre, c’est pas ma faute ma brave ménagère au chômage.

Vous remarquerez aussi que chaque crise est « nouvelle ». Aucune continuité. Non. Alors qu’évidemment, tous ces événements sont liés et depuis des décennies et s’enchaînent finalement de façon assez prévisible en dehors de l’agenda qu’aucun analyste ne peut maîtriser.

Alors que je faisais ce matin le point sur les « zactualités », quelle ne fut pas (encore une fois) ma surprise que de lire la surprise des autres ! Et aujourd’hui, ils ont été sacrément surpris.

Par exemple voir des pays européens en récession, c’est vraiment surprenant et inattendu.
Par exemple voir le « moral » de tel ou tel agent économique en berne, c’est vraiment surprenant et inattendu !

D’ailleurs vous pourrez être surpris en lisant dans l’édition du Contrarien du jour qu’en Espagne les choses ne vont pas mieux sauf peut-être dans le secteur automobile, surtout lorsque le gouvernement espagnol qui n’a pas la queue d’un rond fait des primes à la casse de 2000 euros… Vous serez surpris aussi par l’avis très négatif de S&P sur l’Italie qui aurait beaucoup de dettes… (à lire aussi dans le Contrarien du jour).

Alors vraiment, c’est la journée des surprises. Je ne pouvais pas toutes vous les mettre dans cet édito! Mais je vous en ai sélectionné deux bien croustillantes!

Portugal : le PIB recule de 0,6 % au premier trimestre

Voilà ce que dit l’AFP (Agence France Presque, comme la surnomment certains de nos camarades lecteurs à l’esprit chagrin et qui trouvent manifestement qu’il y a quelques « approximations ») :

« Le recul de 0,6 % du PIB, expliqué par une baisse des exportations, confirme la rechute surprise de l’économie portugaise après la reprise entamée au printemps 2013. »

Mais quelle tristesse mes chers amis le Portugal dont la même Agence (et toutes les autres soyons justes avec notre AFP nationale) vantait la reprise jusqu’à la veille des élections européennes et qui une fois les élections passées (mais il n’y a aucun lien évidemment) découvre avec « surprise » que non seulement le Portugal n’est pas en croissance mais qu’en plus l’économie, « contre toute attente », est en récession.

Pendant ce temps, et grâce à l’AFP, je suis passé pour un imbécile lors des dîners en famille… « Mais Charles, arrête avec ton pessimisme, regarde, j’ai entendu à la télé que ça allait beaucoup mieux en Espagne, en Grèce et au Portugal. » Ils sont même « sortis d’affaire » !

Comment voulez-vous que cela puisse aller mieux au Portugal et ailleurs alors que l’on continue à baisser les salaires des pauvres Portugais pour qu’ils retrouvent de la « compétitivité ». Alors le PIB baisse, bonne blague. Lorsque le Portugais vaudra un Chinois, je peux vous assurer qu’il sera très compétitif. Bon, le PIB aura baissé de 70 % mais il sera compétitif. Le même raisonnement est valable pour les Espagnols, les Grecs, les Français ou les Allemands. Tous à 400 euros/mois sans assurance retraite, chômage, et maladie… et là, vous verrez ce que vous verrez !

En attendant, la triste réalité est que les autorités, avec l’aide bienveillante des agences de notations dont les dépêches sont reprises en boucle par les différents médias sans la moindre modification, on « pilote » le sentiment des gens et on les mènent par le bout du nez à croire que tout va de mieux en mieux ce qui est faux.

Baisse inattendue du sentiment des investisseurs en zone euro

Pour l’Agence de presse Reuters, « l’indice Sentix du sentiment des investisseurs a, contre toute attente, reculé en juin, les acteurs du marché n’ayant pas été enthousiasmés par les mesures de soutien à la croissance annoncées jeudi par la Banque centrale européenne (BCE) ».

L’Agence de presse souligne même que ce recul du « sentiment » des investisseurs est d’autant plus « remarquable » que la BCE a annoncé la semaine dernière tout plein de mesures pour lutter contre la déflation, alors comment se fait-il qu’ils n’aient pas le moral bon sang !

Là encore, c’est inattendu, surprenant, bref, c’est la surprise.

Pourtant, après 7 années de crise, avec un chômage de masse et des défis multiples auxquels font face nos économies, il n’y a aucune raison objective pour être optimiste.

Néanmoins, regarder la réalité dans les yeux est nettement moins confortable que de faire l’autruche, encore un peu. Le réveil sera brutal pour tous ceux qui auront préféré croire aux belles histoires.

Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »
kinder surprise

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Forbes prédit un crash des marchés bien pire que celui des années 1930

Publié le par Felli Bernard

lundi 9 juin 2014

Forbes prédit un crash des marchés bien pire que celui des années 1930

Une autre Grande Dépression arrive…La vérité quant à l’agenda des élites est sur le point de ‘nous exploser en plein visage’. Elles n’ont plus besoin de se cacher derrière des portes closes, non, elles se montrent au grand jour et se moquent de la masse alors qu’elles se préparent à abattre notre économie.

L’effondrement du dollar sera l’événement le plus important de toute l’histoire de l’humanité. Ce sera le premier événement qui touchera pratiquement chaque personne vivante dans le monde. Toute l’activité humaine est contrôlée par l’argent. Notre travail, notre richesse, notre gouvernement, notre nourriture, même nos relations sont affectées par l’argent. Aucune monnaie dans l’histoire n’a eu autant d’impact que le dollar. C’est de facto la monnaie du monde. Tous les autres effondrements de change ne seront rien en comparaison à celui-ci. Cet effondrement sera mondial et il emportera non seulement le dollar, mais toutes les autres monnaies fiduciaires, car elles ne sont essentiellement pas différentes. Cet effondrement va provoquer la chute de l’ensemble des actifs papiers et les conséquences de celle-ci seront universellement inconcevables.

Le président et PDG de Forbes Magazine, Steve Forbes, a fait cette déclaration surprenante à propos de notre économie et où nous nous dirigeons…

Steve Forbes prédit dans cette vidéo un crash international des marchés [en anglais]

Vous voulez savoir où ne pas être quand la crise économique va vous toucher? Selon AgendaNWO il y a 5 endroits à éviter absolument:

TOP 5 des endroits à ne pas être selon la vidéo ci-dessus:
1. Israël
2. Sud de la Californie
3. Londres
4. New York City (et Washington D.C.)
5. Zones métropolitaines

Si l’économie Américaine s’améliore comme le déclare l’administration Obama, alors pourquoi des milliers de magasins ferment boutique au public et pourquoi les chiffres des ventes continuent de décliner pour les détaillants partout dans le pays?

La plupart de l’effondrement apocalyptique que nous assistons aujourd’hui est la cause de la mort lente et régulière de la consommation de la classe moyenne. Le revenu des ménages est en baisse, et les factures continuent à être empilées. Cela signifie que le montant du revenu disponible pour l’Américain moyen a diminué, et que de mauvaises nouvelles pour les détaillants.

Malheureusement, ce n’est que le début de ce qui va se passer, le rythme de clôture des magasins va s’accélérer au cours des prochaines années. Les choses ne vont pas seulement s’aggraver, elles vont être bien bien pires… de nature apocalyptiques. (…)

Before It’s News

nouvelordremondial.cc

Forbes prédit un crash des marchés bien pire que celui des années 1930

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