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ANALYSE DES RELATIONS ETATS-UNIS/ RUSSIE/ ISRAEL Général (2S) Dominique DELAWARDE

Publié le par Felli Bernard

ANALYSE DES RELATIONS ETATS-UNIS/ RUSSIE/ ISRAEL
Général (2S) Dominique DELAWARDE

jeudi 2 mars 2017, par Comité Valmy

 

ANALYSE DES RELATIONS
ETATS-UNIS/ RUSSIE/ ISRAEL

Général (2S) Dominique DELAWARDE
(Ancien chef du bureau Situation-Renseignement-Guerre Électronique » de l’État major Interarmées de Planification Opérationnelle).

L’étude des relations bilatérales de ces trois pays, pris deux à deux, est très intéressante car ces relations conditionnent et expliquent bon nombre d’événements géopolitiques majeurs qui agitent la planète aujourd’hui.

On connaît les excellentes relations USA-Israël sans en connaître tous les ressorts, les relations très froides teintées d’hostilité entre les USA et la Russie sans en connaître non plus toutes les raisons, mais ce dont on a moins conscience, c’est que ces relations USA-Russie découlent pour une large part des relations Israël-Russie dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont, malgré les apparences, tout sauf cordiales.

Examinons donc ces relations très particulières Israël-Russie et voyons comment elles conditionnent largement les relations USA-Russie, et pourquoi, malgré la volonté affichée de Trump, ces relations USA-Russie auront beaucoup de difficultés à s’améliorer.

* * *

I - RELATIONS RUSSIE-ISRAEL

Derrière les poignées de main et les sourires de circonstance lors des rencontres bilatérales entre Poutine et Netanyahu, la relation entre la Russie et Israël, ne peut pas être bonne pour au moins dix raisons.

1 – La Russie a reconnu, dès novembre 1988, l’état de Palestine dans ses frontières de 1967 à l’ONU en entraînant derrière elle tous ses alliés des BRICS et de l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et de très nombreux états indécis (137 pays au total à ce jour).*

2 – La Russie milite inlassablement, avec ses alliés BRICS et OCS, pour la reconnaissance par le reste de la communauté internationale (56 pays) du droit des Palestiniens à un État. Ce point est régulièrement évoqué dans les déclarations finales des congrès annuels des BRICS.

3 – La Russie a toujours voté à l’ONU pour les palestiniens, contre l’état hébreux sur tous les projets de résolutions opposant les deux parties, et notamment sur la résolution 2334 du 23 décembre 2016 dans le vote unanime du conseil de sécurité de l’ONU (14 à 0, abstention US)condamnant la poursuite des implantations israéliennes en Palestine occupée.

4 – La Russie est un allié fidèle et solide de la Syrie de Bachar el Assad, ennemi déclaré d’Israël. Son intervention militaire, en soutien des forces armées du seul gouvernement légal de Syrie, a entraîné l’échec d’un démembrement programmé de ce pays dont Israël espérait tirer profit (en annexant, entre autre, le Golan, château d’eau de la région).

5 – La Russie est un allié solide de l’Iran, principal ennemi déclaré d’Israël, auquel il livre de l’armement défensif (missiles S-300, commande iranienne de 9,3 milliards de $ d’armement en Novembre 2016 pour des chars T 90 et des avions).

Vladimir Poutine soutient aussi la candidature de Téhéran qui souhaite être membre à part entière de l’OCS (l’Iran en est « membre observateur » depuis plusieurs années). Une appartenance de l’Iran à l’OCS et les livraisons d’armes et de technologies russes pourraient rendre plus délicate, voire plus coûteuse, une intervention militaire préemptive du binôme israélo-US. Quant à la remise en place, contre l’Iran, de sanctions approuvées par l’ONU, elle est peu probable car la Russie, elle même objet de sanctions USA-UE, appliquerait son droit de veto et serait probablement suivie par la Chine).

6- La Russie entretient de bonnes, voire d’excellentes relations avec la Turquie et l’Irak, l’Égypte et la Libye, qui ne sont pas vraiment de grands amis d’Israël.

7 – La Russie a toujours condamné, avec ses alliés des BRICS et de l’OCS, la politique de colonisation, d’apartheid, de répression brutale et disproportionnée de l’état hébreu en Palestine, notamment à Gaza.

8 – La Russie a été, historiquement, terre de très forte présence juive et surtout terre de pogroms, notamment au XIXème et au début du XXème siècle. Une émigration récente et considérable des juifs de Russie (près d’un million depuis 1990) vers Israël ou vers les pays de la coalition occidentale a pu, à tort ou à raison, être perçue comme une forme de désertion par les autorités russes. Elle a considérablement réduit l’effectif et donc le poids politique de la communauté juive en Russie. En 1960 il y avait encore 2,3 millions de juifs en URSS (sur 212 millions d’habitants). Ils ne sont plus que 200 000 aujourd’hui dans la Russie de Poutine (sur 145 millions d’habitants).

9 – Pour assurer son pouvoir, Poutine a dû affronter une nomenklatura et une oligarchie ayant une très forte composante issue de la communauté juive (25% sur les 200 principaux oligarques, beaucoup plus sur la nomenklatura héritée de Eltsine). Pour éliminer ses principaux opposants membres de cette oligarchie, Poutine a dû frapper fort et faire des exemples (Berezovski, Goussinski, Mikhaïl Khodorkovski,Vladimir Yevtushenkov…..). S’agissant de la nomenklatura, il aremplacé progressivement les proches de Eltsine par des hommes à lui à tous les postes clefs.
L’influence du Congrès juif de Russie s’en est trouvé, peu à peu, considérablement réduite.

10- Poutine sait depuis longtemps qui a monté, contre les intérêts russes, le coup d’État de Maidan en Ukraine alors qu’il préparait et tentait de réussir ses jeux olympiques de Sotchi. Il sait que Victoria Nulland, maître d’oeuvre US de ce coup d’état, est une néoconservatrice pure et dure d’ascendance ashkénaze. Il connaît les liens très étroits qui lient les néoconservateurs US à l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Commitee) et l’AIPAC à Israël. Il connaît ceux qui, au Congrès US, s’opposent aujourd’hui à toute amélioration des relations USA-Russie, pourtant souhaitée par Trump. Il sait l’influence qu’exerce Benjamin Netanyahu sur ces « néocons » duCongrès US.

Au total, le simple examen des faits ci dessus évoqués montre que la Russie de Poutine et l’État Hébreu de Benjamin Netanyahu ne peuvent être que des adversaires irréductibles.

Ces deux hommes qui ne respectent que la force et les chefs d’état forts qui leur ressemblent, ne peuvent que se respecter, voire s’estimer, tout en s’opposant farouchement et froidement l’un à l’autre.

Tous les moyens vont être utilisés par les deux partis pour isoler, affaiblir, neutraliser l’adversaire. S’agissant d’Israël ces moyens utilisés vont inclure l’action conjointe de tous les lobbies qui le soutiennent dans de grands pays (USA, France, GB, Canada, Australie, mais aussi Russie, Brésil, Argentine). Ces lobbies qui lui sont attachés sont particulièrement actifs dans la politique, les médias , les affaires et chez les people.

Le russian bashing dans les médias occidentaux et l’attaque systématique dans ces mêmes médias de tous ceux qui, de près ou de loin, soutiennent la Russie ou veulent simplement dialoguer avec, ou avec tout autre adversaire d’Israël, peuvent facilement se comprendre ainsi.

* * *

II - RELATIONS USA-ISRAEL

La relation « fusionnelle » entre les États Unis et Israël est mieux connue, plus ouverte, mais rares sont ceux qui en identifient tous les ressorts et connaissent la véritable ampleur de l’influence de l’état hébreu sur la politique étrangère US.

Il faut se souvenir que le vote de la résolution 181 des Nations Unies sur le plan de partage de la Palestine et la reconnaissance d’un État juif n’a été obtenu le 29 novembre 1947 qu’après plusieurs tentatives infructueuses dont la première datait de septembre 1947. Les votes favorables n’étant pas suffisants en septembre et toujours pas le 25 novembre, le Yichouv représentant le mouvement sioniste en Palestine, a fait appel à la riche communauté juive américaine et en particulier à la « Zionist Organization of America (ZOA) » pour faire pression sur le gouvernement US afin qu’il incite certains états, en situation de dépendance, à changer leur vote.

Cet appel a porté ses fruits puisque 8 états (dont la France, fortement dépendante du plan Marshall) ont changé leur vote en 4 jours, entre le 25 et le 29 novembre 1947 permettant enfin la reconnaissance de l’état d’Israël. Notons, pour l’anecdote, que Staline, croyant que Ben Gourion allait faire du nouvel état un état communiste, a fait voter en faveur du plan de partage.

A la suite de cette première réussite dans l’instrumentalisation de la communauté juive américaine, l’état hébreu a compris tout l’intérêt d’organiser et de cultiver sa relation avec les États Unis, pays surpuissant, membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU avec droit de veto.

Dès 1951, l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Comittee), principal outil d’influence d’Israël sur le gouvernement des États-Unis, est créé. Il se donne six objectifs principaux :

• Faire du lobbying auprès du Congrès américain et de la Maison Blanche pour préserver lesintérêts israéliens,

• S’assurer du veto des États-Unis contre toute résolution de l’ONU condamnant les actions israéliennes,

• Assurer une aide financière et militaire généreuse envers Israël,

• Préparer la future génération de leaders US pro-Israéliens,

• Surveiller les votes et les propos des élus américains concernant les affaires liées de près ou de loin à Israël,

• Coordonner et orienter les donations des juifs américains pour les candidats auxélections, notamment présidentielles.

Il est important de noter que ce puissant lobby est riche, bipartisan et plutôt transparent.
Après plus de 65 ans d’existence, il est particulièrement efficace tant chez les Démocrates que chez les Républicains. Il ne cache pas grand-chose de ses objectifs et de ses méthodes.
C’est peut être, en partie, ce qui fait sa force.

Il est également important de noter qu’au travers des donations aux candidats aux élections, l’AIPAC « achète » évidemment le vote du parlementaire élu grâce à son aide, ou la position de politique étrangère du Président des États-Unis élu grâce aux donations de ses membres, ou des postes clefs de conseillers dans la haute administration US, notamment dans la politique étrangère, dans le secteur de la défense et dans le renseignement.

L’AIPAC peut évidemment compter sur une très forte majorité des médias qu’il contrôle et qui lui est dévouée et sur de nombreux « people » qu’il a contribué à promouvoir.

A noter que ce système qui fonctionne de manière ouverte aux USA, existe aussi, mais de manière plus occulte, dans certains autres pays de la « coalition occidentale ».

Pour compléter ce dispositif, le Mossad a mis en place, principalement aux USA mais aussi ailleurs, un dispositif très efficace facilitant le renseignement et l’action directe. Il s’agit du système unique des sayanims, individus de bon niveau et bien placés dans la société, membres de la diaspora et acceptant d’aider Israël. . Ce système est parfaitement décrit par Jacob Cohen dans sa courte conférence consultable sur You Tube : https://www.youtube.com/watch ?v=2FYAHjkTyKU Selon lui, ils seraient environ 15 000 aux USA.

Ce dispositif est également évoqué par Victor Ostrovsky, ancien agent du Mossad ayant fait défection, ou par Gordon Thomas, dans son livre : « l’histoire secrète du Mossad ».

Enfin l’AIPAC, outil d’influence d’Israël au coeur de la gouvernance US, est très lié à l’idéologie néoconservatrice. Ce lien apparaît clairement dans l’article de Laurent Guyenot de mars 2013.

extrait : « Le néoconservatisme, qui est généralement perçu comme une droite républicaine extrême, est en réalité un mouvement intellectuel né à la fin des années 1960 au sein de la rédaction de la revue mensuelle Commentary, l’organe de presse de l’American Jewish Committee qui a remplacé le Contemporary Jewish Record en 1945.

The Forward, le plus ancien quotidien juif américain, écrit dans un article de 2006 : « S’ily a un mouvement intellectuel en Amérique dont les juifs peuvent revendiquer l’invention, c’est bien le néoconservatisme. Cette pensée horrifiera sans doute la plupart des juifs américains, majoritairement libéraux.

Et pourtant c’est un fait qu’en tant que philosophie politique, le néoconservatisme est né parmi les enfants des immigrants juifs et qu’il est actuellement le domaine particulier des petits-enfants de ces immigrants ». L’apologiste du néoconservatisme Murray Friedman explique cela par la bénéficience inhérente au judaïsme, « l’idée que les juifs ont été placés sur terre pour en faire un monde meilleur, peut-être même plus sacré. »

On peut effectivement constater que les principaux néoconservateurs américains qui ont fondé le PNAC ( Project for a New American Century ) en 1997, et rédigé son texte de référence « Rebuilding America’s Defenses » en 2000, sont d’ascendance juive Krauthammer, Kristol, Podhoretz, Perle, Kagan, Horowitz, Wolfowitz, etc.)

Depuis septembre 2001, ce sont bien les néoconservateurs qui ont initié la politique d’ingérence US tous azimuts et tous prétextes de Bush (Irak, Afghanistan), et qui ont continué, à un moindre degré sous Obama, à influencer la politique étrangère (printemps arabes, Libye, Syrie, Yémen, Ukraine). Si le PNAC est bien mort en 2006 suite au conflit irakien, l’idéologie néoconservatrice, elle, imprègne encore les esprits dans la politique et la haute administration US.

Obama n’a réussi à échapper à cette influence « néoconservatrice-AIPAC » qu’à troisoccasions, lors de son second mandat, alors qu’il ne cherchait plus la réélection :


 le refus d’appliquer des frappes sur les forces du régime syrien du 30 août 2013,

 l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet 2015,

 l’abstention US lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la poursuite des implantations israéliennes en Palestine occupée du 23 décembre 2016.

L’influence incontournable et la puissance de l’AIPAC se sont clairement exprimées lorsque Benjamin Netanyahu a pu se faire inviter par le président du Congrès US à prononcer un discours, devant les parlementaires, le 3 mars 2015, contre la volonté du Président Obama, cequ’aucun autre chef d’état au monde n’est capable de faire, et ce qu’il a probablement payé le 23décembre 2016.

Quid de la relation entre l’AIPAC et Trump aujourd’hui ?

Le 21 Mars 2016, Hillary Clinton et Trump ont effectué leur « grand oral » à la conférence annuelle de l’AIPAC. Le flamboyant Trump a fait un tabac auprès des congressistes mais pourtant, c’est la prévisible et plus « docile » Hillary qui a été adoubée par la direction de l’AIPAC au grand dam de ses militants.

Notons au passage un élément important de ce choix : H. Clinton affichait son hostilité, voire une véritable agressivité à l’égard de la Russie tandis que Trump proclamait qu’il fallait s’entendre avec les russes et coopérer avec eux dans la lutte contre le terrorisme.

La position de Trump sur la Russie ne pouvait qu’indisposer l’AIPAC, représentant les intérêts d’Israël, adversaire de la Russie, et les néoconservateurs (liés à l’AIPAC), partisan d’une suprématie sans partage des USA et donc d’une lutte sans merci contre tout « challenger » pouvant contester leur monopole de superpuissance.

Conformément aux objectifs qu’il s’est fixé, l’AIPAC a orienté les donateurs vers les deux candidats, en privilégiant très fortement H. Clinton. Dans les dix derniers jours de campagne, anticipant une possible victoire de Trump, l’AIPAC a fait un petit effort en sa faveur pour faire valoir son image bipartisane et surtout pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Bien lui en a pris.

Plusieurs journaux de l’état hébreu tel Haaretz, le Jerusalem Post, JSS News, se sont réjouis du niveau des donations de la communauté juive américaine aux deux candidats : Selon JSS News et le Jérusalem Post, 50% des donateurs de Clinton et 25% des donateurs de Trump étaient juifs.
Selon Haaretz qui nous a livré leurs noms, les 5 plus gros donateurs de Clinton étaient également juifs. Cela donne une idée du niveau de l’investissement de l’AIPAC, représentant les intérêts d’Israël, dans la campagne présidentielle US. Cela donne aussi une idée du niveau des retours sur investissement attendus par l’AIPAC.

Quels ont été ces retours jusqu’à présent ? Ils semblent à la hauteur de l’investissement mais sans plus. Il y a :


 La promesse de campagne de transférer l’ambassade US de Tel Aviv à Jérusalem, dont nul ne sait si Trump la tiendra,

 Le projet de décret présidentiel contre l’ONU qui a osé défier Israël par une condamnation de la politique d’implantation en Palestine occupée, à l’unanimité du conseil de sécurité (14 à 0, abstention US). Nul ne sait encore si Trump va signer ce décret.,

 La nomination comme ambassadeur en Israël de David Friedman, soutien de la colonisation israélienne en Cisjordanie et adversaire déclaré d’une solution à deux Etats,

 La nomination comme conseiller spécial sur les affaires du Proche et Moyen orient de Jared Kushner, 36 ans, gendre de Trump et mari d’Ivanka, juif orthodoxe, soutien assumé d’IDF (Israeli Defense Forces), sayan dont l’impartialité sur le problème israélo-palestinien est loin d’être évidente.

 La nomination de quelques membres du cabinet : Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, Gary Cohn, directeur au budget entre autres.

Mais Trump a également mis en place de puissants contre-pouvoirs en nommant Steve Bannon, haut conseiller à la stratégie. Directeur de campagne de Trump mais trop indépendant de l’AIPAC, Bannon dérange au point qu’une campagne est organisée contre lui pour obtenir son départ. Il est qualifié de raciste, de suppôt de l’extrême droite et d’antisémite par ses opposants dont il n’est pas très compliqué de savoir qui les instrumentalise en sous-main.

Trump a également nommé au département d’État (ministère des affaires étrangères) Rex W Tillerson, un proche de Vladimir Poutine, décoré par lui de l’ordre russe de l’amitié en 2013. Ceci ne fait les affaires ni de l’AIPAC, ni d’Israël. Lors de son audition par la commission des affaires étrangères, Tillerson a dû simuler une prise de distance suffisante avec la Russie pour pouvoir obtenir sa confirmation mais il a du aussi promettre de prendre Elliot Abrams, candidat de l’AIPAC, comme adjoint.

Sur le conseil de Steve Bannon, Trump a refusé d’attribuer le poste d’adjoint de Tillerson à Elliot Abrams, néoconservateur pur et dur, gendre de Norman Podhoretz, gourou de l’idéologie néoconservatrice et membre éminent du lobby pro-israélien. C’est un échec de l’AIPAC qui tentait d’infiltrer l’un des siens au plus haut niveau de la politique étrangère US. Les choses sont parfaitement claires : Trump et Bannon ne veulent pas d’une politique étrangère inspirée par les néocons et par l’AIPAC.

Enfin Trump a nommé à des poste clefs 4 généraux (un record) qui ne semblent pas avoir de liens avec l’AIPAC. Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale ; Mattis, secrétaire à la Défense ; Kelly, secrétaire à la sécurité du territoire ; Zinke, secrétaire à l’intérieur.

Lors de la période de transition et alors que Trump était en conflit avec la CIA sur l’ingérence présumée des russes dans la campagne électorale US, c’est le directeur du MOSSAD Yossi Cohen qui est venu, le 17 décembre 2016, exposer à l’équipe de Trump sa vision de la situation internationale, notamment au Proche et Moyen Orient et sur le conflit israélo-palestinien, en présence de Yaakov Nagel, chef du conseil de sécurité national israélien et de Ron Dermer, ambassadeur israélien aux États Unis. C’est encore Israël qui a lancé la première invitation pour une visite d’État au nouveau président US.

Ceux qui souhaitent creuser le sujet des relations USA-Israël peuvent se référer à l’excellent ouvrage de John Mearsheimer et Stephen Walt, deux universitaires de très haut niveau en science politique des l’universités de Chicago et d’Harvard : The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine ». (résumé en français sur :
http://republique-des-lettres.fr/10050-mearsheimer-walt.php

Les deux universitaires ont évidemment perdu leur poste et leur carrière (la liberté d’expression a des limites aux USA et les vérités ne sont pas toutes bonnes à dire), mais cela donne de la crédibilité à l’ouvrage qui est intéressant et très argumenté.

Compte tenu de ce qui vient d’être dit, examinons maintenant où en sont les relations USA Russie et leur possible évolution.

* * *

III- RELATIONS USA-RUSSIE.

Sous l’influence des néoconservateurs US, démocrates et républicains, liés à l’AIPAC, et avec l’appui quasi unanime des médias états-uniens dont on sait qui les contrôle, le Russian Bashing (dénigrement systématique de la Russie), est devenu très à la mode Outre-Atlantique. Dans ces conditions, les relations USA-Russie ne peuvent être bonnes et auront bien du mal à s’améliorer.

Il y a, bien sûr, l’héritage lointain de la guerre froide dont on laisse entendre aux populationsoccidentale qu’elle est de retour en raison de la volonté et des actions du « dictateur ( ?) » Poutine ;

Il y a « ce méchant Poutine, allié de Bachar, qui ne combat pas DAESH ???, mais qui massacre les pauvres « terroristes modérés » qui veulent promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Syrie » ; « Ce méchant Poutine qui écrase ALEP sous les bombes, et qu’il faudrait juger au TPO (Tribunal Pénal Occidental) pour crime de guerre et crime contre l’humanité ; »

Il y a « ce méchant Poutine qui agresse la pauvre Ukraine et annexe la Crimée (on n’ose pas ajouter contre la volonté de sa population) » ; et qui soutient les deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk contre le gouvernement légitime ( ?), issu du coup d’état de Maidan ; »

Il y a « ce méchant Poutine qui provoque l’OTAN et menace l’occident tout entier par ses actions en Ukraine et au Proche orient ; » et qui ose faire transiter sa flotte par la Manche.

Il y a aussi« ce méchant Poutine qui vient perturber les élections US en favorisant l’élection de Trump » et qui, avec Wikileaks et Julien Assange complote contre les États-Unis ; »

Il y a, encore et toujours, « ce méchant Poutine, qui envoie 100 hooligans, super entraînés au combat, rosser 2 000 supporters (et hooligans) anglais lors de la coupe du monde de football ; »

Il y a ce méchant Poutine qui dope ses athlètes et dont le pays doit être interdit de JO, alors que nous, gentils occidentaux, ne dopons jamais nos sportifs (sauf exceptionnellement tout de même : Lance Armstrong et beaucoup d’autres).

Il y a enfin « ce méchant Poutine qui, à l’ONU, met son veto, avec la Chine, à toutes les excellentes résolutions que nous proposons pour favoriser la paix dans le monde et l’instauration de la démocratie ; »

Il y a même, pour les météorologues, ces vagues de froid désagréables qui nous viennent de Sibérie, pays du méchant Poutine.

Depuis que Trump a exprimé sa volonté d’améliorer la relation USA-Russie ..., l’hystérie russophobe a véritablement explosé dans tous les milieux sous forte influence AIPAC (camp démocrate, néocons, médias, sayanims, people).

Qu’on en ait eu conscience ou non, Israël a certainement indiqué sa préférence à la direction de l’AIPAC, son relais aux États-Unis, pour qu’il soutienne prioritairement la russophobe Clinton dans l’élection présidentielle. L’AIPAC l’a fait de manière très officielle en mars 2016. Si Tel Aviv ne l’avait pas voulu, il ne l’aurait pas fait.

Aujourd’hui, Israël n’a pas changé d’avis. Trump, le russophile, élu malgré tous les efforts consentis pour le faire battre, avec 95% des médias contre lui, un budget de campagne de 800millions de $, très inférieur à celui de Clinton (1,3 milliard de $) n’est pas le Président espéré parTel Aviv et il faut donc le mettre dans une situation telle qu ’ il ne puisse pas réaliser un rapprochement avec la Russie, préjudiciable aux intérêts israéliens.

Soutenus par l’AIPAC, les néoconservateurs et les sayanims de tous les secteurs, les médias et les people sont à la manoeuvre. Le milliardaire SOROS, 87 ans, d’ascendance ashkénaze, bien connu pour avoir financé toutes les « révolutions colorées » dans le monde, expert de classe mondiale dans la création du chaos, fervent soutien et second principal donateur de la campagned’Hillary, dirige la dissidence en finançant très ouvertement les manifestations anti-Trump dans quelques grandes villes à forte majorité démocrate. Ces manifestations sont évidemment relayées et leur ampleur fortement exagérée par des médias complices, y compris en Europe.

Du côté du Congrès, Netanyahu et l’AIPAC comptent aussi sur l’appui de leurs nombreux soutiens néocons démocrates mais aussi républicains.

Dans le propre camp du Président élu, le sénateur Mc Cain, président de la commission de la défense, et le sénateur Lindsay Graham, président de la commission des affaires étrangères, ont déjà déclaré leur opposition déterminée à toute levée par Trump des sanctions contre la Russie.
Ils ont même menacé Trump de passer par la voie législative pour interdire tout rapprochement jugé contraire aux intérêts des États Unis et à la sécurité nationale.

Les jeunes sénateurs Rubio et Cruz, anciens concurrents de Trump à la primaire républicaine, qui souhaitent évidemment poursuivre une brillante carrière politique, se sont prononcés, eux aussi, contre tout rapprochement avec « l’ennemi » Russe.

Dans de telles conditions, Trump aura du mal à faire valoir son point de vue et à tenir ses promesses de campagne. Il rencontrera beaucoup d’obstacles sur le chemin de la normalisation des relations avec la Russie. Il n’a pas la majorité au Congrès sur tous les sujets si l’on tient compte des parlementaires néocons de son propre camp qui travaillent directement pour l’état hébreu.

Pour conclure, sur les relations USA-Israël, le seul homme qui dispose vraiment de la majorité absolue au Congrès US aujourd’hui est bien Benjamin Netanyahu.

Mais Trump est un homme fort, déterminé et malin qui sait parler au peuple américain.
Contre toute attente, il a gagné les primaires républicaine. Contre toute attente, contre 95% desmédias et des instituts de sondage, et avec moitié moins de dépenses que son adversaire, il a gagné la présidentielle. Il ne renoncera peut être pas à la normalisation des relations avec la Russie. Son Secrétaire d’État Tillerson est populaire. Il peut, à petit pas, y parvenir en obtenant, par exemple, un nouvel accord sur le désarmement.

* * *

En conclusion, on peut vraiment se demander si l’action bipartisane et combinée de l’AIPAC,des néoconservateurs et des sayanims US, tous étroitement unis dans la défense des intérêts de l’état hébreu, ne décide pas souvent de la politique étrangère des États Unis et donc de la paix ou de la guerre dans telle ou telle partie du monde.

Il est aussi fascinant de constater qu’Israël, petit État de 22 000 km² (2 fois le département de la Gironde), peuplé de 8,6 millions d’habitants (30% de moins que l’Île De France) puisse exercer une telle influence au niveau planétaire.

Ce système « pro-Israël » qui fonctionne parfaitement aux États Unis existe-t-il à l’identique dans d’autres pays ? La réponse est oui.

Un tel système existe, mais plus opaque, dans une bonne dizaine de pays au moins, parmi lesquels la France, la Grande Bretagne, le Canada, l’Australie mais aussi le Brésil, l’Argentine et même la Russie où il est, aujourd’hui, maîtrisé par Poutine.

En France, il existe bien un lobby dont l’influence a été évoquée par François Mitterand. Il existe bien des néocons qui influencent les décisions de politique étrangère et de défense. Le journaliste d’investigation Vincent Jauvert en a débusqué tout un groupe qui contrôlerait le Quai d’Orsay et serait gentiment surnommé par leurs collègues : « la secte ».

Quant aux sayanims, ils seraient environ 2000 en France selon Jacob Cohen. On les trouve évidemment dans le gouvernement et la haute administration, au parlement (60 députés francoisraéliens), aux Affaires Étrangères, à la Défense, dans le renseignement, dans la presse, dans l’audiovisuel, à la culture, dans les affaires et chez les people.

Ceci explique que notre politique étrangère soit strictement alignée sur celle des USA depuis 2007. Ceci explique aussi que notre presse se soit strictement alignée sur la presse US pour porter la candidature d’Hillary, la russophobe, contre Trump le russophile. Ceci explique enfin pourquoi nos médias poursuivent le dénigrement systématique de Trump avec leurs partenaires US.

On peut aussi se demander si le « système » décrit ci dessus, en essayant de promouvoir, pour les prochaines présidentielles française, un candidat à sa botte, ne fait pas payer à Mr François Fillon sa volonté affichée de dialogue avec Poutine et Bachar el Assad, deux adversaires d’Israël.

Le simple examen des noms, des CV et des entreprises des patrons des médias les plus agressifs envers Mr Fillon est, en effet, assez révélateur.

Il y a le groupe Le Monde avec Louis Dreyfus, Pierre Berge, et Niel (Le Monde, La Vie, Le Huffington Post, Le courrier international, le Nouvel observateur, rue 89, …etc….)

Mais il y a surtout les médias du franco-israélien DRAHI, sayan émérite, qui a reçu le prix Scopus de l’université hébraïque de Jérusalem le 18 mars 2015 : (L’Express, L’Expansion, L’Étudiant, Libération, BFMTV, RMC, I24 …etc... ),

Le nombre et la notoriété des titres coalisés autour de la candidature de Mr Macron, donc contre celle de François Fillon, sont impressionnants. Le bon peuple sera-t-il dupe ? Rien n’est moins sûr.

A noter, pour l’anecdote, quatre faits incontestables :

1 - Mr Macron , ministre des finances, a aidé Mr Drahi, en lui accordant un feu vert de Bercy le 28 octobre 2014 pour racheter SFR. Ce feu vert avait été refusé par son prédécesseur parce qu’il posait des problèmes importants de surendettement, de fiscalité, et de concurrence. Mr Montebourg, ministre précédant Mr Macron, disait de Mr Drahi : « Il a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey, dans un paradis fiscal, et lui-même est résident suisse ».

2 – L’empire Drahi a aujourd’hui une dette colossale de 50 milliards d’euros, plus élevée que celle de Madoff au moment de sa faillite. Il va avoir besoin de soutien dans les années à venir , pour sortir du surendettement dans lequel il se trouve, d’autant que la valeur de ses actifs ne cessent de chuter en bourse. A moins que l’épilogue de cette aventure Drahi ne ressemble à celle des affaires Stavisky ou Madoff.

3 – Le banquier de Mr Drahi, Bernard Mourad, ancien de la banque Morgan Stanley, devenu patron de Altice média (du Groupe Drahi), a démissionné de ses fonction en Octobre 2016 pour devenir conseiller spécial d’Emmanuel Macron.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/10/04/bernard-mourad-ancien-banquier-de-patrickdrahi-rejoint-emmanuel-macron_5008158_823448.html

4 – L’empire médiatique de Drahi soutient aujourd’hui avec une énergie farouche la candidature de Mr Macron en tentant d’écraser Mr Fillon. Il ne s’agit peut être que de coïncidence, mais cela ressemble furieusement à un renvoi d’ascenseur pour le feu vert d’octobre 2014 et à nouvel investissement de l’empire Drahi pour les années à venir. Une campagne électorale coûte cher. Qui donc finance celle de Mr Macron ?

Les médias de Drahi et de Bergé décideront-ils, à eux seuls, de l’issue du scrutin d’avril prochain , en « travaillant » quotidiennement au corps les électeurs français ?

Les français auront-ils un sursaut de lucidité en rejetant cette forte incitation médiatique à voter selon le plan des Drahi, Bergé et consorts, et en faisant mentir les sondages comme ils l’ont fait en novembre et janvier dernier ?

L’avenir nous le dira.

Général (2S) Dominique DELAWARDE

Mise en ligne CV : 20 février 2017

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Qui utilise la presse et la Justice contre Trump & Fillon ?

Publié le par Felli Bernard

Qui utilise la presse et la Justice contre Trump & Fillon ?

Comment ne pas être frappé par la ressemblance entre les campagnes visant à abattre Donald Trump et François Fillon ? Comment ne pas observer que ces deux hommes, à la personnalité et à l’idéologie fort différentes, menacent les mêmes intérêts ?

| Damas (Syrie)
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Simultanément de très vastes campagnes de presse se développent dans le monde occidental à la fois contre le président états-unien Donald Trump et, à une moindre échelle, contre un candidat à l’élection présidentielle française, François Fillon. Le premier est accusé d’être un suprémacisme blanc irresponsable ; le second est accusé d’avoir commis ce qui est décrit comme une faute morale non sanctionnée par la loi.

Jamais, il y a seulement un an, on aurait pu imaginer de telles campagnes contre un ancien Premier ministre français et plus encore contre le président en exercice des États-Unis d’Amérique.

Ces campagnes déclinent les dix arguments traditionnels de la propagande de guerre, tels qu’observés en 1928 par Lord Arthur Ponsonby (Falsehood in Wartime) puis précisés par le professeur Anne Morelli (Principes élémentaires de propagande de guerre) :
 Nous déplorons cet affrontement avec un président en exercice (USA) et durant une campagne présidentielle (France).
 MM. Trump & Fillon sont les seuls responsables de ce qui arrive.
 MM. Trump & Fillon sont des personnalités dangereuses.
 Nous défendons une noble cause, celle des principes de notre Constitution (USA) et celle de l’égalité (France), tandis que MM. Trump & Fillon ne se préoccupent que de leur fortune personnelle.
 MM. Trump & Fillon se comportent très mal. Le premier s’en prend aux musulmans, le second est un voleur. Certes, nous avons nous aussi commis des erreurs, mais pas du tout à la même échelle.
 MM. Trump & Fillon utilisent des méthodes non orthodoxes.
 MM. Trump & Fillon sont en déroute. Le premier vient d’être désavoué par les tribunaux fédéraux, le second par les sondages.
 Les artistes et intellectuels partagent notre indignation.
 Notre cause a un caractère sacré.
 Ceux qui mettent en doute nos médias ne sont ni de vrais « Américains », ni de vrais Français.

Dans les deux cas, cette campagne s’accompagne d’actions judiciaires vouées à l’échec. La première vise à invalider un décret relatif à l’immigration bien que celui-ci soit parfaitement légal et constitutionnel, la seconde à justifier des investigations policières alors que la cible n’est suspectée d’aucun manquement à la loi. Ces actions prospèrent contre toute logique.

Qui est en mesure d’actionner à la fois les médias et la Justice ?

Compte-tenu du caractère international de ces campagnes, il est clair que leurs commanditaires ne réagissent pas à des enjeux nationaux et ne sont pas eux-mêmes de simples États-uniens ou Français.

Dans les années précédentes, de telles campagnes ont eu lieu à l’instigation de l’Otan. Les plus récentes visaient la République arabe syrienne. Cependant rien ne permet d’accuser cette fois l’Otan d’agir contre la Maison-Blanche, ni de perturber l’élection présidentielle française.

Outre l’hypothèse de l’Otan comme donneur d’ordre, on peut imaginer une coalition d’intérêts financiers transnationaux capable d’influer sur les quelques magnats de la presse ; l’effet grégaire provoquant le reste pour entraîner les autres médias.

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Le New York Times sonne l’halali : Donald Trump s’apprête à interdire les Frères musulmans

Quels intérêts se sentent-ils menacés par ces deux hommes au point d’organiser de telles campagnes ?

Le seul point commun entre MM. Trump et Fillon est de vouloir mettre fin à l’impérialisme en substituant, partout où cela est possible, de la coopération à de l’affrontement. Si bien d’autres responsables politiques dans le monde défendent cet objectif, MM. Trump et Fillon sont les seuls à aller au bout de cette logique. Selon eux, il ne sera pas possible de restaurer la paix et la prospérité sans en finir d’abord avec l’instrumentation du terrorisme islamique, sans libérer le monde musulman de l’emprise des jihadistes, et sans aller jusqu’à attaquer la matrice du terrorisme : les Frères musulmans.

 

Discours du candidat à l’élection présidentielle française d’avril 2017, François Fillon (extrait)

Mes amis, disons les choses. L’islam radical est en train de gangrener une partie de nos concitoyens musulmans. Cet islam radical nous défie. Il défie nos valeurs communes. Président de la République, je ne le laisserai pas faire.

Je veux… (Applaudissements)

Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République ne sera pas achevé. Je veux la dissolution de tous les mouvements qui se réclament du salafisme, mais aussi des Frères musulmans. (Applaudissements)

Je veux… (Ovation)

Je veux la clarification de nos relations avec l’Arabie saoudite et le Qatar, qui abritent les penseurs de l’islam radical. (Ovation)

Moi, je ne parle pas de « lutte contre les communautarismes » pour ne pas avoir à nommer le problème que nous avons avec l’islam radical. Le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme ne dénoncent pas les valeurs de la République. Cessons donc de faire croire qu’il faut durcir les règles de la laïcité au prix d’atteintes inacceptables à la liberté religieuse, alors que seule la poussée intégriste qui enflamme le monde musulman est une menace pour notre société. (Applaudissements)

Depuis longtemps, vous me l’accorderez, je dis qu’il faut faire face au risque d’une guerre mondiale provoquée par le totalitarisme islamique. Ce totalitarisme est comparable au nazisme. Il étend son ombre sur des territoires de plus en plus vastes, du Sud-est asiatique jusqu’à l’Afrique occidentale.

Et bien, pour gagner cette guerre, il va nous falloir beaucoup d’efforts et il va nous falloir beaucoup d’alliés. Et, parmi ces alliés, la Russie, que l’on continue à sanctionner alors que c’est l’Etat islamique [Daesh] que nous devons terrasser ensemble. (Applaudissements)

J’entends… j’entends les amis de mon concurrent me soupçonner de vouloir renouer avec la Russie une relation normale, faite de franchise et de coopération. Et bien, je les laisse à leurs circonvolutions. Moi, je prendrai tous les moyens pour protéger les Français et j’utiliserai tous les pays volontaires pour abattre l’Etat islamique. (Applaudissements et cris de « Fillon, Fillon ! »)

Plus nous attendons, plus la guerre dure – avec ses massacres –, plus les Russes agissent en solo, plus les métastases du totalitarisme s’étend, plus les réfugiés prennent la mer et plus les chrétiens d’Orient sont décimés. (Applaudissements)

Et je profite d’être à Lyon pour saluer les Lyonnais, qui se sont beaucoup engagés dans la bataille pour sauver les chrétiens d’Orient (Applaudissements). Et je pense en particulier à Alain Mérieux et à la Fondation Mérieux, qui m’ont donné la possibilité d’aller dans les camps de réfugiés, au Kurdistan irakien, apporter ces médicaments qui sont le strict minimum pour permettre à ces hommes et ces femmes, chassés de leurs domiciles et de leurs territoires, de survivre.

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La France face aux ingrédients de la quatrième « Der des Ders »…

Publié le par Felli Bernard

La France face aux ingrédients de la quatrième « Der des Ders »…

Les événements les plus sanglants de l’histoire du monde ont eu lieu lors de phases de déclin économico-civilisationnelle

Qui a le droit de porter un jugement et de condamner un peuple qui, ayant su élire M. Obama, serait considéré comme devenu immature lorsque ce même peuple se choisit M. Trump ?

De la même façon, qui a le droit de porter un jugement et de condamner un peuple qui revendique et renouvelle avec force son adhésion aux idéaux de M. Poutine ?

Personne !

Cela étant dit, bien qu’ayant le plus profond respect du choix des peuples, il m’est impossible de ne pas voir dans M. Trump un soupçon du Dr Folamour, et dans les traits de l’hégémonique M. Poutine ceux d’un troisième couteau de film de série B.

Le problème est que nous ne sommes ni au théâtre ni au cinéma !

Bien qu’à demi-dévoilé, chacun aura remarqué que les nations s’arment, et au rang desquelles, et non des moindres, la Chine, la Russie, les États Unis, pour ne citer que celles-là. Par ailleurs, et si l’on se réfère à la dernière étude de l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI), les importations d’armes au Moyen-Orient ont augmenté de 86 %, dont pour le seul Qatar +245 % ou encore +212 % pour l’Arabie saoudite.

Que dire, encore, de l’instabilité cérébrale de M. Kim Jong-un, possesseur de 4.200 chars d’assaut lorsque la France en compte 200, ses 820 avions de combat pour nos 260, ses 740 navires de combat pour nos 134 et, cerise sur le gâteau, sa bombe thermonucléaire assortie de missiles longue portée ?

Effrayant, non ?

Mais pourquoi cette surenchère « homicidaire » tous azimuts ?

A priori pour un constat : celui d’un équilibre international dont les remparts s’effondrent sous les assauts à la fois d’un marché financier incontrôlé et d’une économie défaillante, celui des diasporas impossibles à endiguer, d’un islamisme prosélyte et belliqueux qui bouleverse l’identité des peuples principalement occidentaux, celui du choc civilisationnel qui couve, celui enfin d’une démographie vacillante en Occident.

Les événements les plus sanglants de l’histoire du monde ont eu lieu lors de phases de déclin économico-civilisationnel et selon la théorie des cycles (40 à 60 ans), aussi appelée « vagues de Kondratiev ». La pause accordée à l’humanité entre la troisième et la quatrième guerre mondiale pourrait bien toucher à sa fin.

L’avenir de la sécurité internationale se joue actuellement sous nos yeux et, sans vouloir être d’un pessimisme outrancier, nous avons là tous les ingrédients d’un holocauste en fermentation !

Or, face à cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes, la France saura-t-elle se choisir un chef d’État à la hauteur du risque ?

Chacun sait que M. Bayrou fait toujours le meilleur choix présidentiel pour la France — M. Hollande était le précédent. De fait, je ne suis pas certain que le dernier adoubé, M. Macron, du haut de ses 39 ans, soit réellement, lui non plus, l’homme de la situation dans un moment de déstabilisation mondiale aussi proche de l’embrasement. Qu’à Dieu ne plaise, car paraphraser le général de Gaulle ou dire « Je vous aime » ne sera pas suffisant !

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Plus de frein, pas d’air bag, accélérateur coincé, à fond vers le mur, par Régis de Castelnau

Publié le par Felli Bernard

2
Mar
2017

Source : Vu du Droit, Régis de Castelnau, 28-02-2017

Comment donner raison à Marine Le Pen et lui abandonner la défense des libertés publiques.

Emmanuel Todd avait parlé de « flash totalitaire » au moment de l’organisation par le pouvoir socialiste des manifestations après les massacres de Charlie hebdo et de l’Hyper-casher en janvier 2015. Cette façon de qualifier fut accueilli par un violent concert de désapprobation. Cela aurait pourtant mérité discussion, surtout à la lumière des jours qui ont suivi. Cette expression fait aujourd’hui un retour fracassant, pour qualifier le comportement hallucinant d’un système aux abois. Une presse aux ordres, à la fois de ses patrons oligarques et du pouvoir d’État, fait la promotion d’un télévangéliste sorti de nulle part, et affublé de tous les attributs de ce que les Français ne supportent plus. Ayant connu toutes les élections présidentielles depuis 1965 je n’ai jamais vu un tel déferlement de propagande. Et je n’ai jamais assisté non plus à une telle instrumentalisation de la justice et de la police à des fins directement politiciennes.

Avec esprit de responsabilité les Français sont restés stoïques face à la catastrophe démocratique et politique de la présidence Hollande, s’en remettant pour s’en débarrasser à l’élection la plus importante des institutions de la Ve République. Ils constatent effarés toute une série de manipulations visant à confisquer ce scrutin, pour faire élire Emmanuel Macron à la faveur d’un deuxième tour contre Marine Le Pen. Manipulations qui utilisent sans vergogne les services de l’État dont beaucoup abandonnent une neutralité qui devrait pourtant leur être constitutive.

On a déjà dit ce qu’il fallait penser de la crédibilité et de l’impartialité du Parquet National Financier, pas seulement à cause du rôle qu’il a joué dans l’opération anti-Fillon, ou de l’incroyable acharnement vis-à-vis de Nicolas Sarkozy mais aussi du peu d’empressement à intervenir dès lors qu’il s’agissait de proches du chef de l’État. De ce point de vue, le Pôle Financier qui de son côté assure l’instruction n’est pas en reste. On aura compris l’utilité du renvoi en pleine période électorale de Nicolas Sarkozy en correctionnelle, qui ne présentait pourtant aucune urgence. Il fallait fermer la porte à un plan B Sarkozien après le déclenchement du bombardement de François Fillon. On aura également compris l’utilité, dans la perspective du deuxième tour, d’affaiblir Marine Le Pen en déclenchant contre elle et son entourage des rafales d’actes de procédure qui eux non plus ne présentaient pourtant aucune urgence.

Que l’on comprenne bien, le propos n’est pas de considérer que François Fillon n’a rien à se reprocher, ou que le Front National est exempt de tout agissement à caractère pénal. Le problème, est que cette accélération à ce moment-là d’affaires anciennes poursuit un but politique évident : empêcher le débat de fond. À tout prix. Prenons l’exemple de la transmission aux duettistes du Monde, amis du pouvoir, de pièces de procédure couvertes par le secret. Cette transmission effectuée par des fonctionnaires chargés de veiller à son respect est un manquement doublé d’une infraction pénale gravissime. Et puis, la phrase rituelle : « la justice doit passer, il n’y a pas de trêve » est une hypocrisie destinée à justifier toutes les manipulations. Évidemment, que des procédures pour des affaires ou des faits anciens ne sont marquées d’aucune urgence, et peuvent être suspendues pendant une campagne électorale présidentielle. À titre d’exemple, la publication des lettres d’observations des Chambres Régionales des Comptes, sur la gestion des collectivités locales est interdite six mois avant les élections locales. Pour justement éviter les manipulations.

Et ce qui est paradoxal, c’est qu’ainsi le Front National présenté comme une organisation pré-fasciste et que personnellement, j’ai toujours combattu, peut prendre la posture de victime de l’arbitraire, et sa candidate se présenter en défenseuse des libertés publiques. Parce que sur les deux derniers incidents, intervenu la semaine dernière, c’est Marine Le Pen qui avait raison.

Tout d’abord, pour faire bon poids après perquisitions, gardes à vue et mise en examen spectaculaires et médiatisées, la police judiciaire s’est permis de convoquer une parlementaire couverte par son immunité. Comment peut-on considérer que cette convocation illégale soit légitime et que le refus de Marine Le Pen d’y déférer soit un scandale ? L’immunité parlementaire est une protection accordée aux représentants du peuple régulièrement élus, face à l’arbitraire dont pourrait faire preuve le pouvoir en place. Cette inviolabilité est tout simplement une liberté publique fondamentale, que la police judiciaire, sur ordre, et pour faire du buzz, s’apprêtait à violer. C’est donc bien la candidate du Front National qui en la circonstance l’a défendue. Il convient de féliciter les ânes bâtés qui lui ont offert cette opportunité.

Il y a ensuite le discours de Nantes où Marine Le Pen a dit précisément ceci : «les fonctionnaires à qui un personnel politique aux abois demande d’utiliser les pouvoirs de l’Etat pour surveiller les opposants ou organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus ou des cabales». «Dans quelques semaines ce pouvoir politique aura été balayé, mais ces fonctionnaires devront assumer le poids de ces méthodes illégales et ils mettent en jeu leur propre responsabilité »

Eh bien, Marine Le Pen fait simplement, et à sa façon, brutale, référence à la loi française. Et elle rappelle aux fonctionnaires leur devoir, en leur précisant fermement qu’en cas de violation de celui-ci leur responsabilité serait engagée. C’est en particulier l’article 28 du statut de la fonction publique qui met à la charge du fonctionnaire un devoir d’obéissance. « Loi n°83.634 du 13 juillet 1983, article 28 Le fonctionnaire « doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. » »

Une seule exception est donc prévue, si l’ordre « est manifestement illégal ». Cela veut dire que tout fonctionnaire qui accepte en connaissance de cause de commettre un acte en exécution d’un ordre illégal engage sa responsabilité. Pénale si l’acte en question consiste en une infraction prévue au code pénal, simplement professionnelle si ce n’est pas le cas. Cette question de « l’ordre manifestement illégal » a donné lieu à une importante jurisprudence pénale et administrative. L’essentiel de ces décisions ont été consécutives à des procédures engagées après des alternances qu’elles soient locales ou nationales. Prenons à nouveau un exemple, l’infraction pénale, celle-là incontestable, commise ces dernières semaines, qui a consisté à fournir aux duettistes du Monde des éléments de procédure frappées du plus strict secret professionnel. Comme l’a relevé Éric Dupont Moretti, on peut penser que cela ne peut être le cas que des policiers chargés de l’enquête, ou des magistrats du PNF. Une fois les responsabilités éventuelles établies, il serait normal que la justice pénale et les procédures disciplinaires suivent leur cours. Une plainte a été déposée par François Fillon, on peut gager qu’elle ne connaîtra dans l’immédiat aucune suite mais il serait légitime, si celui-ci devenait Président de la République, qu’il demande à son Garde des Sceaux « que la justice passe sans désemparer ».

Qualifier cet appel à la responsabilité des fonctionnaires de volonté d’épuration n’est pas sérieux. Mais il est reçu comme tel au sein des couches populaires par tous ceux qui sont en rage et ne supporte plus l’arrogance irresponsable de la cohorte qui rêve de garder ses places dans le sillage du télévangéliste. Encore bravo d’avoir permis à nouveau à Marine Le Pen de jouer sur le velours.

Hypnotisés par la vipère Macron et l’anaconda Le Pen, Fillon est atone, Mélenchon mutique, Hamon à l’ouest, et tous les autres inaudibles. La voiture n’a plus de frein, pas d’airbag, l’accélérateur est coincé, et on fonce vers le mur.

Frédéric Lordon, a choisi une métaphore marine… « Voguons donc avec entrain vers un deuxième tour tant espéré, qui ne nous laissera que le choix de la candidate de l’extrême droite et du candidat qui fera nécessairement advenir l’extrême droite ».

Source : Vu du Droit, Régis de Castelnau, 28-02-2017

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ÉRIC ZEMMOUR L’INSOUMIS : UN HOMME LIBRE !

Publié le par Felli Bernard

ÉRIC ZEMMOUR L’INSOUMIS : UN HOMME LIBRE !

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Deux raisons essentielles m’ont incité à publier ces 2 admirables discours prononcés par Éric Zemmour devant la XVIIème Chambre, en 2015 et en 2016 : 

◊ En pensant à tous ceux qui le haïssent et le diabolisent sans le connaître, sans même chercher à comprendre ses analyses, certes peu conformes à la bienpensance, mais pourtant pertinentes, et tout autant fondées sur l’observation et l’analyse des faits que sur une grande culture et une connaissance approfondie de l’Histoire des Peuples et des Idées.   

◊ En hommage à mes amis Christine Tasin et Pierre Cassen, harcelés comme lui (et comme Michel Houellebecq, Renaud Camus et bien d’autres) par une Justice devenue folle, cherchant à tout prix à étouffer toute parole déviante et à faire taire par l’épuisement moral et financier ceux dont le discours n’est pas conforme à l’idéologie dominante. Ces 2 discours admirables viennent d’être repris dans un article de Martin Moisan sur Résistance Républicaine.

Lisez, appréciez et diffusez abondamment (pendant qu’il est encore temps) ce plaidoyer d’un homme libre et insoumis, rappelant fort opportunément la leçon de Jacques Bainville « Les démocraties ont coutume de reprocher à ceux qui ont prévu les événements de les avoir causés »

MLS


« C’était il y a près de cent ans. La Première Guerre mondiale venait de s’achever. Le Traité de Versailles avait été signé. Un grand économiste, le plus grand de son temps, l’anglais John Maynard Keynes, publiait un ouvrage, Les Conséquences économiques de la paix pour expliquer que la France et les vainqueurs avaient été trop durs envers l’Allemagne vaincue, et qu’en particulier celle-ci ne pourrait jamais payer les énormes réparations pécuniaires réclamées. Un grand historien français, journaliste de profession, Jacques Bainville, lui répondit dans un livre intitulé Les Conséquences politiques de la paix. Il expliqua au contraire que le Traité de Versailles avait été, selon sa célèbre formule qu’on apprenait naguère dans les cours d’histoire, « trop mou pour ce qu’il avait de dur et trop dur pour ce qu’il avait de mou ». Mais cet affrontement de points de vue sur le Traité de Versailles n’intéresserait plus aujourd’hui que les historiens si, dans son livre, Jacques Bainville n’avait, avec une prescience extraordinaire, annoncé tous les événements qui conduiraient à la guerre, la remilitarisation de la Rhénanie, l’Anschluss avec l’Autriche, le dépeçage de la Tchécoslovaquie, le pacte germano-soviétique et l’attaque de la Pologne, avant celle de la France et de l’Angleterre.

« Jacques Bainville prophétisait ces événements en 1920 alors même qu’Hitler n’était encore qu’un peintre raté. À l’époque, Bainville fut violemment attaqué par les anglais et Keynes bien sûr, mais aussi et surtout par la Gauche. Sa proximité avec l’Action Française en faisait une cible facile. Il fut moqué, insulté, accusé d’être germanophobe, xénophobe, belliciste. Toute la Gauche l’accusait de monter les français contre les allemands, de pousser à une nouvelle guerre, d’être un criminel, alors qu’il voulait seulement mettre en garde ses compatriotes contre les illusions et la naïveté. Il en tira une leçon que je vous livre : « Les démocraties ont coutume de reprocher à ceux qui ont prévu les événements de les avoir causés. »

« Et encore, le grand Bainville ne savait pas qu’on pouvait être attaqué pour des mots qu’on n’avait pas prononcés, qu’on n’avait même pas entendus. Il ne savait pas qu’on pouvait être renvoyé par un de ses employeurs, en l’occurrence i-Télé, parce que des propos prononcés dans un journal italien n’avaient pas l’heur de plaire ni à la directrice de l’antenne ni à la rédaction. Il ne savait pas que l’expression liberté d’opinion ne valait que pour les dessinateurs de Charlie Hebdo. Il ne connaissait pas les beautés cachées de la Loi Pleven, des délices et poisons de l’incitation à la discrimination et à la haine raciale. Il ne savait pas, l’heureux homme qui vivait dans une République qui respectait encore les libertés fondamentales, qu’on pouvait être traité comme un délinquant parce que ses idées ne plaisaient pas au pouvoir.

« Il ne savait pas que la Gauche, la Gauche bienpensante, la Gauche humaniste, si bienveillante et pacifique, si laïcarde et anticléricale, avait rétabli subrepticement le délit de blasphème qui avait été aboli à la Révolution. Oui, le délit de blasphème ! Bien sûr, il ne s’agit plus de condamner le chevalier de La Barre parce qu’il n’a pas ôté son chapeau devant une procession catholique. Mais il s’agit de condamner quiconque n’ôterait pas respectueusement son chapeau devant la nouvelle religion, la nouvelle doxa antiraciste, celle de “l’identité heureuse” comme dit un ancien Premier Ministre, celle du pas-d’amalgame, celle de l’islam-modéré, religion d’amour et de paix, celle de l’intégration harmonieuse dans le respect des différences.

« Oui, tous ceux qui ne croient pas en cette nouvelle religion, tous ceux qui n’ont pas la foi doivent se taire ou être condamnés.

« Ou plutôt, pour que la masse continue à se taire, il faut que certains soient condamnés. J’ai l’honneur, je dis bien “l’honneur”, d’être devenu une cible privilégiée. La cible privilégiée parce que mes livres ont beaucoup de succès, parce que mes interventions sont regardées, écoutées. Mes adversaires croient que je suis un danger parce que je convaincrais les français alors que ce sont les français qui reconnaissent en moi ce qu’ils pensent tout bas. Illusions du nominalisme !

« Quand l’historien Georges Bensoussan dit dans Le Figaro : « Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples, au point que certains évoquent des germes de guerre civile », que dit-il de différent de moi ? Quand il évoque le témoignage de policiers, d’élus, de médecins aux urgences, « le sentiment que deux peuples sont en train de se former, côte à côte, et qui se regardent souvent avec hostilité, ce sentiment-là est aujourd’hui partagé par beaucoup », pourquoi lui et tous ces témoins ne sont pas traînés comme moi devant ce tribunal ?

« Il y a quelques mois, lors d’un autre procès – puisque je passe, désormais, une partie de ma vie au palais de justice – la représentante du parquet me demandait si ma première condamnation, il y a quatre ans, m’avait conduit à changer mes méthodes de travail. Je lui renverrai aujourd’hui sa question : est-ce que la relaxe dont j’ai bénéficié dans une récente affaire a conduit le parquet à changer ses méthodes de travail ? Est-ce que le parquet s’est remis en cause ? Est-ce qu’il a décidé de ne plus se mêler de la vie des idées en France ? Est-ce qu’il a enfin décidé de ne plus instrumentaliser une loi pleine de belles intentions pour en faire une arme politique ? Est-ce qu’il a enfin compris que son rôle était non pas de criminaliser les opinions dissidentes, mais de protéger les citoyens contre les voyous, et accessoirement de respecter la liberté de pensée et d’opinion en France, un de nos acquis les plus précieux hérités des générations précédentes ? Est-ce que ces messieurs-dames du parquet ont admis, enfin, qu’ils n’étaient pas là pour imposer l’idéologie politique de leur ministre, aussi charismatique soit-elle, de leur syndicat, aussi impérieux soit-il, ou plus prosaïquement leurs propres convictions politiques, aussi légitimes soient-elles ?

« Quand le ministre de la Justice – madame Taubira pour ne pas la nommer – avertit dans une interview qu’il faudra compter de plus en plus avec les « gens comme nous, car ils seront de plus en plus nombreux », que fait-elle d’autre sinon opposer une partie des français à une autre, séparés par l’origine, la race, la religion ? Est-ce que le parquet a dit quelque chose ? Quand le Premier Ministre parle “d’apartheid”, ne fait-il pas référence à la séparation géographique de deux peuples, selon le modèle des Blancs et des Noirs en Afrique du Sud ? Séparation géographique, raciale, culturelle, avec chacun ses règles, ses lois. Je n’ai pourtant pas entendu une plainte du parquet.

« Quand le parquet cessera-t-il de servir de relais à des lobbys antiracistes qui vivent du racisme, ou du prétendu racisme (et encore, de manière hémiplégique), comme d’autres vivent de la défense des baleines ou des ours ? Jusqu’à quand le parquet alimentera-t-il une logique liberticide qui rappelle les régimes totalitaires communistes, qui permet à n’importe quelle association de signaler à la police des opinions dissidentes, afin que le parquet, au nom de la défense de l’État et de la société, ne poursuive les affreux dissidents ?

« À toutes ces questions, je connais déjà la réponse. Le parquet s’est empressé de faire appel de la décision de relaxe dont j’ai bénéficié il y a quelques semaines. Et m’a poursuivi pour mes propos dans le Corriere della Sera. Je préfère prévenir respectueusement le parquet et la cour : rien ne m’empêchera de continuer à dire ce que je crois, même si j’ai bien compris que rien n’arrêtera le ministère public dans sa volonté de me faire taire. J’ai bien conscience aussi d’être le pot de terre contre le pot de fer. Mais un jour, j’en suis convaincu, l’Histoire donnera raison au pot de terre, comme elle l’a donné au grand Bainville, et le pot de fer aura honte. Mais il sera trop tard. »

Éric Zemmour


« Je vous avoue que j’ai longuement hésité à venir à l’audience. Mon avocat me déconseillait plutôt de me déplacer, pour conserver, disait-il, aux débats leur caractère technique.

« J’ai décidé pourtant d’assister à cette audience. D’abord par respect des magistrats, de la cour, et au delà des institutions de la République. Mais aussi par curiosité. Je voulais comprendre ce qu’on me reprochait. Comprendre quelle loi ou quelle partie de la loi j’avais enfreint. Après tout, nul n’est censé ignorer la loi. Je voulais comprendre pourquoi le procureur, le représentant de l’État, m’attaquait pour des propos qui ne faisaient pourtant que décrire des faits, une réalité, amplement retranscrite : « des bandes étrangères venues d’Europe de l’Est écument notre pays », ça passe ; mais quand on dit : « des bandes de tchétchènes, Kosovars, Roms dépècent, dévalisent, violentent, ou dépouillent », ça ne passe pas. Lui n’est pas déféré, moi, je le suis.

« Je comprends bien le point de vue du procureur : il favorise la concision. L’ellipse est préférée à la description clinique. Madame le procureur préfère la pudeur des impressions à l’impudeur du réalisme. Mais cette querelle littéraire est-elle de la compétence de ce tribunal ? Il faut alors qu’elle aille au bout de cette logique littéraire. Qu’elle m’indique les “bons mots” et les “mauvais mots”, les “mots autorisés” et les “mots interdits”. Qu’elle redéfinisse les canons de la profession de journaliste. Que celui-ci ne soit plus tenu d’informer de ce qu’il voit, mais d’abord d’informer ce qu’il ne voit pas, mais qu’il est bon de voir.

« J’avoue ma perplexité. Je n’ose penser que ce ne sont pas les mots qui comptent, mais ma personne. Il y a quatre ans, le procureur m’avait expliqué que ma notoriété fort grande avait pour corollaire une responsabilité aussi grande. Je constate qu’en quatre ans, j’ai encore pris du galon, puisque je suis davantage responsable, et donc davantage condamnable, qu’un ministre de l’intérieur lui-même.

« Mais j’ai compris en écoutant avec soin ces débats, que ce ne sont ni mes mots ni ma personne qui importaient, mais mes pensées. Même pas mes pensées, mais mes arrière-pensées. Dans le passé, nous avions ainsi le tribunal de l’Inquisition qui dénichait la persistance des pensées hérétiques chez des marranes convertis au catholicisme. Nous avons eu plus récemment les grands procès staliniens qui traquaient les intentions contre-révolutionnaires.

« À la suite de la parution de mon livre, Le Suicide français, le premier secrétaire du parti au pouvoir avait dénoncé la zemmourisation de la société. Le Premier Ministre avait expliqué que mon livre n’était pas digne d’être lu, le ministre de l’Intérieur avait appelé à manifester contre moi, et le président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale avait sollicité de mes employeurs qu’ils mettent fin à mes collaborations à leurs médias. Marie-Anne Chapdelaine, une députée d’Ille-et-Vilaine, me chassait carrément de France : « Monsieur Zemmour, la République, on l’aime ou on la quitte ». Aujourd’hui, je vis la version judiciaire de cette offensive médiatico-politique. On prétend faire du droit, mais derrière les arguties, ce n’est qu’une bataille politique pour me faire taire.

« Il y a six mois, des millions de Français défilaient dans la rue pour défendre la liberté d’expression. Les malheureuses victimes de Charlie Hebdo avaient subi aussi une condamnation judiciaire venue d’un tribunal islamique qui les avait condamnés à mort pour blasphème. Si je comprends bien ce qui m’est reproché, la liberté d’expression, c’est bon pour les dessinateurs de Charlie, mais ce n’est pas bon pour moi. Parce qu’eux sont gentils et moi, je suis méchant. Eux ont des bonnes arrière-pensées et moi, j’en ai de mauvaises. Si je comprends bien, nous vivons toujours sous le règne de la phrase de Saint-Just : « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Cela s’appelait La Terreur. »

Éric Zemmour


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Le nouveau conseiller à la sécurité nationale, le général McMaster. Un perroquet du complexe militaro-industriel

Publié le par Felli Bernard

Le nouveau conseiller à la sécurité nationale, le général McMaster. Un perroquet du complexe militaro-industriel


Par Tony Cartalucci – Le 22 février 2017 – Source New Eastern Outlook

Il a été récemment annoncé que le président américain Donald Trump a sélectionné le lieutenant général de l’armée américaine, Herbert Raymond McMaster, en tant que conseiller à la sécurité nationale.

Dans un article intitulé Trump choisit H.R. McMaster comme conseiller à la sécurité nationale, le New York Times rapportait:

Le président Trump a nommé le lieutenant-général H. R. McMaster comme son nouveau conseiller à la sécurité nationale, lundi, choisissant un stratège militaire largement respecté, connu pour ne pas hésiter à contester la pensée conventionnelle et qui a aidé à inverser la direction de la guerre en Irak dans ses jours les plus sombres.

 

En réalité, ce que le Président Trump a fait, c’est de choisir un homme qui n’apportera que très peu de ses propres idées. Au lieu de cela, il répétera textuellement les points de discussion, reflètera l’agenda et servira les intérêts qui alimentent la ribambelle de groupes de réflexion financés par les sociétés financières qui élaborent et ont élaboré, pendant des décennies, la politique étrangère des États-Unis et de l’Europe.

Ce que représente le général McMaster

Dans un discours tenu dans l’un de ces groupes de réflexion, le Center for Strategic and International Studies, groupe fondé par ExxonMobil, Hess, Chevron et Boeing et présidé par des gens comme Rex Tillerson, le secrétaire d’État du président Trump, et des représentants de Lockheed Martin, Raytheon et Betchel, le général McMaster fournit une interprétation bien établie, reflétant la vision du monde non seulement du CSIS lui-même, mais aussi de la vision du monde et des objectifs de la Brookings Institution, du Council on Foreign Relations et d’une myriade d’autres groupes de réflexion axés sur les intérêts spéciaux de ces grosses entreprises.

La conférence, publiée sur la chaîne YouTube du CSIS en mai 2016, présente le général McMaster dans son uniforme militaire accusant la Russie d ‘« envahir l’Ukraine » et la Chine de « défier les intérêts américains aux extrémités du pouvoir américain ». En décrivant la Chine en train de défier les intérêts états-uniens, il a présenté une carte de la Chine et de la mer de Chine méridionale – vraiment très éloignée des États-Unis ou de toute sphère d’influence logique ou de proximité que Washington pourrait justifier comme étant d’intérêt national.

Le général McMaster a affirmé que la Russie et la Chine constituaient une menace pour « les intérêts américains » à l’étranger – et non pour la sécurité nationale américaine elle-même – car ces pays contestent l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale – une ordonnance reconnue par et pour les États-Unis et leurs alliés européens, leur octroyant l’hégémonie unipolaire militaire, sociopolitique et financière sur la planète.

De manière prévisible, il a mentionné la Corée du Nord et l’Iran comme des menaces pour les États-Unis, bien qu’aucune de ces nations ne les ait attaqués ni n’ait eu le désir ou la capacité de le faire. Il accuse notamment l’Iran de « se battre contre nous depuis 1979 », se référant à l’époque où les Iraniens ont finalement renversé la dictature brutale de Mohammad Reza Shah Pahlavi, installée et armée par les États-Unis en 1979.

Le général McMaster accuse l’Iran de « créer des milices » qui échappent au contrôle des gouvernements du Moyen-Orient non seulement pour les soutenir, mais aussi pour les utiliser comme levier contre ces gouvernements – exactement ce que font les États-Unis grâce à des forces d’occupation déployées dans la région et des groupes terroristes parrainés par certains États, groupes financés, formés et dirigés par les États-Unis et leurs alliés du golfe Persique, partout, de l’Afrique du Nord aux pays du Moyen-Orient comme l’Irak, le Yémen, la Syrie et le Liban.

Puis McMaster continue en parlant de l’autoproclamé « État islamique ». Il présente une diapositive des gains territoriaux d’EI, montrant clairement les lignes d’approvisionnement directement en provenance de la Turquie, un membre de l’OTAN, et plongeant profondément en Syrie et en Irak, avec une ligne plus petite venant de Jordanie. Il ne mentionne pas d’où provient la capacité de combat d’ISIS, dépeignant le conflit de la même manière caricaturale que les médias américains et européens le présentent au grand public.

Le général McMaster présente à son auditoire une stratégie de défense basée sur « la dissuasion par le déni et la dissuasion à la frontière pour en augmenter le coût pour les adversaires potentiels », se référant à des régions de la planète situées à des milliers de kilomètres des rives américaines, où les États-Unis cherchent à maintenir ou réaffirmer leur pouvoir et leur influence, ou à projeter leur pouvoir dans des régions jusqu’alors indépendantes de Wall Street et de l’influence de Washington.

Une simple continuité de l’agenda

Le choix du général McMaster comme conseiller à la sécurité nationale du président Trump garantit que celle-ci demeure dominée par les groupes de réflexion financés par les grosses sociétés qui ont conçu, déterminé et dominé la politique étrangère des États-Unis pendant des décennies. Les documents de politique générale que McMaster cite à plusieurs reprises dans chaque discours qu’il tient, groupe de réflexion après groupe de réflexion, sont les produits de ces mêmes groupes de réflexion.

Que le général McMaster identifie la Russie, la Chine et l’Iran comme des « menaces » pour les États-Unis, non parce qu’ils cherchent à leur nuire sur leur territoire ou dans toute sphère d’influence de proximité, mais simplement parce que ces pays tentent de sécuriser leurs propres sphères de proximité respectives de toute tentative d’influence, de subversion ou d’encerclement systématiques et ouverts de la part des États-Unis, signifie la poursuite de la guerre destructrice à l’échelle mondiale, qui sévit depuis les administrations de nombreux autres présidents, notamment les présidents Obama, Bush, Clinton, Bush Senior, Reagan et même Carter.

Alors que les États-Unis se présentent comme une nation « démocratique », dirigée pour les intérêts de son peuple, il est évident que des intérêts particuliers à Wall Street et à Washington ont un ordre du jour singulier qui transcende à la fois les présidents que les peuples ont élus et les politiques que les peuples ont choisies au cours de la campagne présidentielle. Que les partisans du président Trump soient toujours sous l’illusion qu’il va arrêter l’agression américaine pour des changements de régime dans le monde entier, alors qu’il vient de mettre en place le général McMaster comme conseiller à la sécurité nationale – un homme qui a ouvertement et à plusieurs reprises soutenu la poursuite de l’hégémonie globale américaine – montre que les gens ont été trompés encore une fois et que les agressions états-uniennes vont continuer sans relâche.

Tony Cartalucci

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Le dispositif Clinton pour discréditer Donald Trump

Publié le par Felli Bernard

Le dispositif Clinton pour discréditer Donald Trump

Cet article est une mise en garde : en novembre 2016, un vaste système d’agitation et de propagande a été mis en place pour détruire la réputation et l’autorité du président Donald Trump dès qu’il arriverait à la Maison-Blanche. C’est la première fois qu’un telle campagne est scientifiquement organisée contre un président des États-Unis et avec de tels moyens. Oui, nous entrons dans une ère de post-vérité, mais les rôles ne sont pas ceux que vous croyez.

| Damas (Syrie)
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David Brock est considéré comme l’un des maîtres de l’agit-prop (agitation & propagande) du 21ème siècle. Personnalité sans scrupule, il peut défendre une cause aussi bien que la détruire, selon les besoins de son employeur. Il est à la tête d’un empire de la manipulation de masse.

La campagne conduite par les sponsors de Barack Obama, d’Hillary Clinton et de la destruction du Moyen-Orient élargi, contre le nouveau président états-unien se poursuit. Après la marche des femmes du 22 janvier, une marche pour la science devrait se tenir non seulement aux États-Unis, mais dans l’ensemble du monde occidental, le 22 avril. Il s’agit de montrer que Donald Trump n’est pas seulement misogyne, mais aussi obscurantiste.

Qu’il soit l’ancien organisateur du concours de Miss Univers et qu’il soit marié à un mannequin en troisièmes noces prouve qu’il méprise les femmes. Que le président conteste le rôle de Barack Obama dans la création de la Bourse climatique de Chicago (bien avant sa présidence) et qu’il rejette l’idée selon laquelle les perturbations climatiques sont causées par le rejet de carbone dans l’atmosphère attestent qu’il ne comprend rien à la science.

Pour convaincre l’opinion publique états-unienne de la folie du président qui a dit souhaiter la paix avec ses ennemis et collaborer avec eux à la prospérité économique internationale, un des plus grands spécialistes de l’agit-prop (agitation & propagande), David Brock, a mis en place un imposant dispositif avant même l’investiture.

À l’époque où il travaillait pour le compte des Républicains, Brock lança contre le président Bill Clinton ce qui devait devenir le Troopergate, l’affaire Whitewater et l’affaire Lewinsky. Ayant retourné sa veste, il est aujourd’hui au service d’Hillary Clinton pour laquelle il a déjà organisé aussi bien la démolition de la candidature de Mitt Romney que sa riposte dans l’affaire de l’assassinat de l’ambassadeur US à Benghazi. Durant les dernières primaires, c’est lui qui dirigeait les attaques contre Bernie Sanders. The National Review a qualifié Brock « d’assassin de droite devenu assassin de gauche ».

Il importe de rappeler que les deux procédures de destitution d’un président en exercice, intentées depuis la Seconde Guerre mondiale, l’ont été au profit de l’État profond et pas du tout de la démocratie. Ainsi le Watergate fut entièrement piloté par un certain « gorge profonde » qui s’avéra 33 ans plus tard être Mark Felt, l’adjoint de J. Edgar Hoover le directeur du FBI. Quant à l’affaire Lewinsky, ce ne fut qu’un moyen pour contraindre Bill Clinton à accepter la guerre contre la Yougoslavie.

La campagne actuelle est organisée en sous-main par quatre associations :

- Media Matters (« Les médias ont de l’importance ») est chargé de débusquer les erreurs de Donald Trump. Vous lisez tous les jours son bulletin dans vos journaux : le président n’est pas fiable, il s’est trompé sur tel ou tel point.

- American Bridge 21st Century (« Le pont américain du 21ème siècle ») a collationné plus de 2 000 heures de vidéos montrant Donald Trump depuis des années et plus de 18 000 autres heures de vidéos des membres de son cabinet. Il dispose de moyens technologiques sophistiqués conçus pour le département de la Défense —et en principe hors marché— lui permettant de rechercher des contradictions entre leurs anciennes déclarations et leurs positions actuelles. Il devrait étendre ses travaux à 1 200 collaborateurs du nouveau président.

- Citizens for Responsibility and Ethics in Washington — CREW (« Les citoyens pour la responsabilité et l’éthique à Washington ») est un cabinet de juristes de haut niveau chargé de traquer tout ce qui pourrait faire scandale dans l’administration Trump. La plupart des avocats de cette association travaillent gratuitement pour la cause. Ce sont eux qui ont préparé la plainte de Bob Ferguson, le procureur général de l’État de Washington, contre le décret sur l’immigration.

- Shareblue (« Le partage bleu ») est une armée électronique qui touche déjà 162 millions d’internautes aux États-Unis. Elle est chargée de répandre des thèmes fixés à l’avance, dont :
• Trump est autoritaire et voleur.
• Trump est sous l’influence de Vladimir Poutine.
• Trump a une personnalité faible et colérique, c’est un maniaco-dépressif.
• Trump n’a pas été élu par la majorité des États-uniens, il est donc illégitime.
• Son vice-président, Mike Pence, est un fasciste.
• Trump est un milliardaire qui ne cessera pas de rencontrer des conflits d’intérêts entre ses affaires personnelles et celles de l’État.
• Trump est une marionnette des frères Koch, les célèbres financiers de l’extrême-droite.
• Trump est un suprémaciste blanc qui menace les minorités.
• L’opposition anti-Trump ne cesse de croitre en dehors de Washington.
• Pour sauver la démocratie, soutenons les parlementaires démocrates qui attaquent Trump, démolissons ceux qui coopèrent avec lui.
• Même chose avec les journalistes.
• Renverser Trump va demander du temps, ne faiblissons pas le combat.
Cette association produira des newsletters et des vidéos de 30 secondes. Elle s’appuiera sur deux autres groupes : une société de documentaires vidéos, The American Independent (L’américain indépendant), et une unité statistique Benchmark Politics (Politique comparative).

L’ensemble de ce dispositif —mis en place durant la période de transition, c’est-à-dire avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche— emploie déjà plus de 300 spécialistes auxquels il convient d’ajouter de nombreux bénévoles. Son budget annuel, initialement prévu à 35 millions de dollars, a été augmenté pour atteindre environ 100 millions de dollars.

Détruire ainsi l’image —et donc l’autorité— du président des États-Unis avant qu’il ait eu le temps de faire quoi que ce soit peut être lourd de conséquences. En éliminant Saddam Hussein et Mouamar Kadhafi, la CIA a plongé ces deux pays dans un long chaos et le « pays de la Liberté » lui-même pourrait gravement souffrir d’une telle opération. Jamais ce type de technique de manipulation de masse n’avait été utilisé contre le chef de file du camp occidental.

Pour le moment, ce plan fonctionne : aucun leader politique dans le monde n’a osé se féliciter de l’élection de Donald Trump, à l’exception de Vladimir Poutine et de Mahmoud Ahmadinejad.

Source
Al-Watan (Syrie)

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La paranoïa nord-coréenne est fondée

Publié le par Felli Bernard

La paranoïa nord-coréenne est fondée


Par Ulson Gunnar – Le 15 février 2017 – Source New Eastern Outlook

La Corée du Nord est dépeinte par les médias étasuniens et européens comme un pays arriéré, gouverné par un dirigeant despotique et délirant entouré de conseillers souffrant de paranoïa irrationnelle et militante. Le pays est aussi décrit comme une menace importante pour la sécurité dans l’Asie-Pacifique, bien que la Corée du Nord ne mène pas de guerre dans la région depuis qu’un armistice en 1953 a effectivement mis fin à la guerre de Corée.

Une direction despotique et délirante, toutefois, ne posséderait très probablement pas d’armes nucléaires, de missiles balistiques et d’une importante armée conventionnelle, tout en restreignant pourtant leur utilisation, malgré des décennies de provocations organisées le long de ses frontières par les États-Unis et leurs alliés au sein du gouvernement sud-coréen. De même, un pays gouverné par une irrationalité totale serait incapable de maintenir, et même de développer, des liens avec des États voisins comme la Chine.

Et pourtant, dans la réalité, la Corée du Nord a fait tout cela.

La plus grande partie des accusations des États-Unis et de l’Europe reposent sur le développement continu des programmes défensifs de la Corée du Nord, qui comprennent des progrès dans les ogives nucléaires et les missiles balistiques. Stratégiquement omises par la rhétorique étasunienne et européenne, les provocations dont l’Occident est coupable stimulent la militarisation accrue de la Corée du Nord.

Et si, alors, la paranoïa prétendument irrationnelle de la Corée du Nord était fondée ?

Lorsque la santé de l’ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong-il se dégradait, les États-Unis et leurs alliés dans la région ont commencé à planifier tout à fait ouvertement une occasion de renverser l’État nord-coréen. Un groupe de réflexion basé aux États-Unis, le Council on Foreign Relations (CFR dans son sigle anglais) publiera en 2009 un rapport de 60 pages intitulé Preparing for Sudden Change in North Korea [Se préparer à un changement subit en Corée du Nord], dans lequel des scénarios pour une invasion à large échelle, une occupation et un assujettissement de la Corée du Nord étaient décrits.

Le rapport comprenait des recommandations pour une armée d’invasion et d’occupation, qu’il appelait une « force de stabilisation », de plus de 460 000 troupes étasuniennes et alliées.

Considérant qu’en 2009 les États-Unis avaient déjà réussi à envahir, occuper et détruire l’Irak et l’Afghanistan, il n’était pas « irrationnel » du tout que la paranoïa nord-coréenne atteigne de nouveaux sommets.

Les éléments qui manquaient à l’Irak et à l’Afghanistan pour faire face à l’invasion des États-Unis étaient des programmes de défense conséquents, qui puissent dissuader cette invasion. La possession par la Corée du Nord d’ogives nucléaires et de missiles balistiques de plus en plus sophistiqués signifie que le prix augmente chaque année, pour toute tentative de mise en œuvre des plans inclus dans le rapport du CFR de 2009.

Pour la Corée du Nord et ses liens avec Beijing, ce n’est qu’une question de temps avant qu’un certain seuil ne soit atteint, où l’invasion et l’occupation par les États-Unis deviendra impossible. Une fois ce seuil atteint, il est probable que la géopolitique pan-asiatique délogera presque totalement, sinon entièrement, les États-Unis de l’Asie-Pacifique.

Dans ce contexte, le récent lancement du missile balistique de portée intermédiaire Pukguksong-2 par la Corée du Nord n’est pas aussi « irrationnel » ou « provocateur » que les médias américains et européens essaient de le décrire. C’est une tentative de dissuader le conflit, pas de le provoquer.

Aux dires de tous, y compris des États-Unis eux-mêmes (et notamment dans le rapport du CFR de 2009), la Corée du Nord n’a pas les moyens de dépasser les forces sud-coréennes ou de menacer significativement ses voisins de l’Asie-Pacifique. Le faire serait très déstabilisant pour ses plus proches alliés à Beijing et nuirait à la préservation de la Corée du Nord elle-même.

Le lancement de missiles et les essais d’armes nucléaires ne sont pas les actes d’un dirigeant dérangé mentalement cherchant un conflit mondial, mais une stratégie tout à fait rationnelle de dissuasion destinée à arrêter la pendule au moment où le soleil se couche sur l’hégémonie des États-Unis en Asie-Pacifique.

Ulson Gunnar

Ulson Gunnar est un analyste en géopolitique basé à New York et un auteur écrivant spécialement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

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L’enjeu pour Trump et nous tous

Publié le par Felli Bernard

L’enjeu pour Trump et nous tous


Par Paul Craig Roberts – Le 18 février 2017

Tu fais comme je te dis … ou sinon !
Gouvernement de l’Ombre

Nous devons comprendre, tout comme le président Trump d’ailleurs, que le canular qu’est la « guerre au terrorisme » a permis de transformer les services du renseignement, dont font partie la NSA et la CIA, et les organismes chargés des enquêtes criminelles, comme le FBI, en services de police secrète de type Gestapo. Trump est aujourd’hui menacé par ces services, parce qu’il rejette le programme néoconservateur préconisant l’hégémonie mondiale des USA, qui prévoit un budget annuel gigantesque octroyé à la défense et à la sécurité.

 

Nos services de police secrète sont occupés à planter dans les merdias presstitués des « renseignements » selon lesquels Trump serait compromis dans une « Russian Connection » et qu’il pose une menace à la sécurité des États-Unis. Le plan consiste à monter un dossier dans les médias, comme cela s’est fait dans le cas du président Nixon, puis de forcer Trump à quitter son poste. S’en prendre aussi ouvertement à un président nouvellement élu est un acte d’une audace extraordinaire qui suppose une énorme confiance, ou un désespoir aussi grand, de la part des services de l’État policier.

Nous voyons de nos yeux vus CNN coopérer ouvertement avec la CIA, en se lançant dans des spéculations outrancières et irresponsables selon lesquelles Trump est sous influence russe, comme s’il s’agissait d’un fait indéniable.

La « preuve » fournie par CNN et la CIA est un « reportage » du New York Times qui, sans doute, a été planté là par la CIA.

C’est tellement gros qu’on en vient à croire que CNN et la CIA considèrent vraiment que la crédulité et la stupidité du peuple étasunien sont sans bornes.

Dans cette vidéo, Glenn Greenwald explique à Amy Goodman que la CIA en veut à Trump pour avoir annoncé son intention de réduire la dangereuse tension avec la Russie, qui entre en contradiction avec la volonté du complexe de la défense et de la sécurité de s’en prendre à un ennemi puissant :

« Bien qu’il n’y a pas de définition précise ou scientifique, l’État profond désigne habituellement les services constituant des factions du pouvoir permanent à Washington. Ces services restent en place et exercent un pouvoir pendant que les élus se succèdent à la présidence. Ils exercent habituellement leur pouvoir en secret, dans l’ombre, ce qui fait qu’ils assument peu ou pas de responsabilités démocratiques. La CIA, la NSA et les autres services du renseignement − qui ont été créés essentiellement pour disséminer de la désinformation, des faussetés et de la propagande − possèdent une longue histoire sur ce chapitre, en plus d’être mêlés depuis aussi longtemps aux pires crimes de guerre, atrocités et opérations d’escadrons de la mort à avoir été commis dans le monde. Outre des gens comme Bill Kristol, de nombreux démocrates font confiance à ces services, cherchent à les renforcer et sont derrière eux, alors qu’ils exercent leur pouvoir indépendamment des responsables politiques à qui ils sont censés être subordonnés (ils s’opposent même à eux en fait).

Il ne s’agit pas seulement de la Russie. Lorsqu’on revient à la campagne électorale, on constate que des chefs de file du milieu du renseignement −  dont Mike Morell, directeur adjoint de la CIA sous le président Obama, et Michael Hayden, qui a dirigé la CIA et la NSA sous George W. Bush − étaient de chauds partisans d’Hillary Clinton. En fait, Michael Morell s’est rendu au New York Times et Michael Hayden au Washington Post pendant la campagne pour vanter les mérites d’Hillary Clinton et pour dire que Donald Trump était devenu une recrue de la Russie. La CIA et le milieu du renseignement étaient profondément en faveur de Clinton et farouchement opposés à Trump dès le départ, tout simplement parce qu’ils préféraient les politiques d’Hillary Clinton à celles de Donald Trump. Une des grandes priorités de la CIA au cours des cinq dernières années a été la guerre par procuration en Syrie, qui visait un changement de régime en faisant tomber Assad. Hillary Clinton était non seulement en faveur de cela, mais reprochait aussi à Obama de ne pas avoir été plus loin et voulait imposer une zone d’exclusion aérienne en Syrie et affronter les Russes. Donald Trump pensait exactement le contraire. Il a dit qu’il se fichait de qui dirigeait la Syrie, que nous devrions laisser le soin aux Russes d’éliminer Daech, al-Qaïda et d’autres groupes en Syrie, voire même les aider s’il le fallait. Le programme que défendait Trump était l’antithèse même de ce que la CIA voulait. Clinton répondait exactement aux vœux de la CIA, d’où son ralliement derrière elle. La CIA a donc tenté de miner la candidature de Trump pendant tous les mois qu’a duré la campagne électorale. Depuis sa victoire, la CIA cherche non seulement à lui nuire par des fuites dans les médias, mais s’emploie activement à le déstabiliser. Il a été rapporté que des renseignements ne lui sont pas transmis, sous prétexte qu’on ne peut les lui confier avec confiance. La CIA se donne le pouvoir de promulguer des politiques.

Je suis d’avis que la présidence de Trump est extrêmement dangereuse. Ce ne sont pas les raisons qui manquent lorsqu’on s’informe. Ils veulent détruire l’environnement. Ils veulent éliminer le filet de sécurité. Ils veulent donner plus de moyens aux milliardaires. Ils veulent adopter des politiques sectaires envers les musulmans, les immigrants et bien d’autres groupes. Il est important de leur résister. Il y a également d’excellents moyens de leur résister, notamment en recourant aux tribunaux pour les freiner et au militantisme citoyen. Mais ce qui importe par-dessus tout, c’est que le parti démocrate fasse son autocritique et se demande comment devenir une force politique plus efficace aux États‑Unis après sa déconfiture généralisée. Mais ce n’est pas le genre de résistance à quoi il s’emploie. Ce qu’il fait à la place, c’est de se tourner du côté de la seule faction encore pire que Donald Trump, c’est-à-dire de l’État profond et de la CIA, qui ont commis tant d’atrocités, en les invitant quasiment à fomenter un coup d’État en douceur, en empêchant le président élu de mettre en œuvre ses politiques. Je crois aussi qu’il est extrêmement dangereux d’agir ainsi. Même si vous croyez comme moi que la CIA et l’État profond d’une part, et la présidence de Trump d’autre part, sont extrêmement dangereux, il y a une énorme différence entre les deux. Trump a été démocratiquement élu et est assujetti à des contrôles démocratiques, comme les tribunaux viennent de le démontrer et comme les médias et les citoyens le prouvent. Pour sa part, la CIA n’est élue par personne. Elle est à peine soumise à des contrôles démocratiques. Supplier la CIA et le milieu du renseignement de prendre les moyens de nuire à des élus au sein du gouvernement, ce n’est rien de moins que de la folie. C’est un signal donné pour détruire la démocratie du jour au lendemain en prétendant la sauver. Mais c’est exactement ce qu’implorent et défendent des tas de gens, non seulement les néocons, mais aussi leurs alliés du parti démocrate. C’est complètement tordu et dangereux de les voir faire pareille chose. »

Les États-Unis vivent actuellement une situation exceptionnelle, où la gauche libérale et progressiste est alliée à l’État profond contre la démocratie. La gauche libérale et progressiste fait du lobbying en faveur de la destitution d’un président qui n’a commis aucune faute impardonnable. Les néoconservateurs ont signalé leur préférence pour un coup d’État contre la démocratie mené par l’État profond. Les médias suivent docilement en diffusant un barrage constant de mensonges, d’insinuations et de désinformation. Le public étasunien, insouciant, reste là à sucer son pouce.

Que peut faire Trump ? Il peut procéder à un nettoyage en règle des services du renseignement et mettre fin à leurs activités inconstitutionnelles autorisées par Bush et Obama. Il peut invoquer la loi antitrust pour briser les conglomérats médiatiques créés avec l’assentiment de Clinton. Si Bush et Obama se sont autorisés le droit de soumettre des citoyens des USA à une détention illimitée sans suivre le processus normal et si Obama a pu assassiner des citoyens des USA suspects sans respecter la procédure prévue par la loi, Trump peut aussi recourir à la loi antitrust pour briser les conglomérats médiatiques qui parlent d’une seule voix contre lui.

En ce moment, Trump n’a guère le choix que de se battre. Il peut faire tomber les services de police secrète et les conglomérats de merdias presstitués, sans quoi ce sont eux qui auront sa peau. Congédier Flynn était la pire chose à faire. Il aurait dû garder Flynn et s’en prendre aux responsables des fuites qui utilisent activement la désinformation contre lui. La NSA devrait savoir qui sont ces gens. Trump devrait faire le ménage parmi les gestionnaires corrompus de la NSA et installer des responsables qui identifieront qui sont à l’origine des fuites. Trump devrait ensuite poursuivre ces personnes dans la pleine mesure permise par la loi.

Aucun président ne peut survivre à des services de la police secrète déterminés à le détruire. Si les conseillers de Trump ne le savent pas, Trump a un urgent besoin de se trouver d’autres conseillers.

Paul Craig Roberts

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Ne nous fachos pas !

Publié le par Felli Bernard

Ne nous fachos pas !

26 Février 2017 , Rédigé par New Dawn

Ne nous fachos pas !

J'ai encore fait cette nuit une expérience d'extra-temporalité... C'était pendant la douceur d'une profonde nuit ... Dieu s'est montré à moi , comme au jour de sa splendeur

somptueusement paré , il n'était point courroucé , mais semblait plutôt rigoler dans sa barbe ... Un rêve ... me devais-je inquiéter d'un rêve , alors qu'il vient souvent , à la brune , me rendre visite pour m'informer des choses de la spiritualité... mais ne soyez pas jaloux , car c'est mon anticléricalisme notoire qui le rassure en moi ... Il n'aime pas les calotins qui parlent en son nom , ni les anges Trompebouffigues qui lui cirent les pompes avec des morceaux des  nuages  sur lesquels ils chevauchent les zéphyrs ... Comme à son habitude , et familièrement , nous avons discuté ensemble ,  tandis que je lui préparais un bol de chocolat avec le lait d'Amalthée qui vient régulièrement brouter le gazon du jardin ... mais je ne puis plus rajouter de sucre car il commence à avoir du diabète et s'il venait à être en manque , j'avoue que je ne sais pas comment le ramener là-haut ... je trouve que c'est vraiment trop tôt pour moi et que je n'ai pas vraiment goûté à tous les plaisirs de la vie , ce qu'il comprend , par ailleurs , parfaitement ... Entre deux gorgées il m'a cependant glissé à l'oreille que Macron n'était qu'un con , et m'a rappelé la célèbre réplique de Lino Ventura qui partage ses soirées avec lui en concoctant des pâtes à l'italienne à se pourlécher la barbe :

" Un con , ça ose tout , c'est même à ça qu'on les reconnait..."

Sans vouloir le vexer , je lui ai à mon tour , cité une formule de Voltaire :

" Un con trouvera toujours un autre con plus con que lui pour l'admirer !"

Il a été enchanté de ce postulat ... mais je lui ai bien souligné que seule son auguste présence avait suscité chez moi un tel dépassement de mon QI intellectuel ... Il a apprécié ... il est parfois un peu cabot ... mais si l'humanité lui doit des échecs encore difficiles à avaler , il est fin , très fin et spirituel à souhait ...

Comme il le pense , Macron n'est qu'un bouffon qui lance des pétards à droite et à gauche , certains font pschitt , mais d'autres lui pètent à la gueule ... Il a osé , en Algérie , le colonialisme comme crime contre l'humanité ... les Algériens se sont tus ... les  medias français ont gueulé comme des veaux  "haro sur le colon !"...Puis s'en est parti en Angleterre répéter la même antienne pour nos petits transfuges , en ignorant à quel point la colonisation anglaise avait été ignoble ... mais le Commonwealth lui paraissait un idéal commercial et financier  , dépourvu qu'il était des droits de productions équitables ... Allez les mômes , au boulot ... l'occident attend vos cueillettes et vous donnera trois cacahuettes et des médicaments périmés  pour nourrir  et soigner votre famille...

Dernière tentative macronesque  ... "je supprime la taxe d'habitation " ... mais qui sert aux communes  à ramasser les ordures , payer les cantines et les ramassages scolaire , entretenir les écoles primaires et la petite voirie , payer le personnel administratif , créer des infrastructures sportives , des associations culturelles pour une vie intelligente  ( c'est vrai que nous n'avons aucune culture , pauvre Bonobos que nous sommes ... en dehors de Paris , rien de valable ... ) la province va mourir dans la dèche noire , et c'est bien fait parce que nous ne valons pas mieux car nous te prenons pour ce que tu es , un dindon qui n'a jamais quitté les jupons de sa vieille poule  ...

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