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Articles avec #opinion tag

La Syrie, Rex Tillerson et le cortège d’absurdités occidentales

Publié le par Felli Bernard

Créé par Olivier Berruyer

Source : Philippe Migault, 12-04-2017

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson et le président Donald Trump
© Carlos Barria Source: Reuters

L’Occident songe à de nouvelles sanctions contre la Russie et le secrétaire d’Etat américain propose à Moscou de choisir entre Assad et Washington. Le gendarme américain est-il de retour ? L’expert militaire Philippe Migault examine la question.

Un parfum de lâche soulagement. C’est ce qu’inspirent les déclarations des principaux responsables de l’Union européenne depuis la frappe conduite par les Etats-Unis vendredi dernier [le 7 avril] sur une base aérienne syrienne, en guise de rétorsion après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun attribuée au régime de Damas.

Déconcertés par l’élection de Donald Trump en novembre 2016, alors qu’ils avaient tous misé sur Hilary Clinton, la plupart des chefs d’Etat de l’UE se comportaient depuis comme une section de jeunes conscrits brutalement privée de leur officier bienveillant et confiée à un – mauvais – clone de Clint Eastwood. Les déclarations de Donald Trump se félicitant du Brexit, sa critique de la politique migratoire d’Angela Merkel – et par extension automatique de l’UE – ses attaques contre l’OTAN ont suscité un pitoyable tollé de protestations affolées. Soudain le grand frère américain avait cessé d’être bienveillant. Soudain le guide de la «communauté internationale» soutenait des positions allant à l’encontre des prétendues «valeurs occidentales». Grande peur chez les bien-pensants. Confronté à l’Etat profond américain en rébellion ouverte contre lui et bloquant chacune de ses tentatives de réforme, le président américain est fort heureusement contraint au compromis en termes de politique intérieure comme de diplomatie. Exit Michael Flynn, jugé trop proche de la Russie. Retour vers la guerre froide tendance Obama et la traditionnelle morgue américaine. Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, qui doit rencontrer demain son homologue russe Sergueï Lavrov, a adressé aujourd’hui [11 avril] au Kremlin un avertissement d’une finesse toute texane : «Rejoignez la cause des Etats-Unis et de ses alliés sur le dossier syrien, ou soutenez l’Iran, le Hezbollah et le leader syrien Bachar al-Assad», a-t-il déclaré. En clair : «Choisis ton camp camarade.»

Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir-es-Zor

Bien entendu, tous les responsables européens sont aussitôt montés au créneau pour surenchérir. Le gendarme du monde brusquement ressuscité – comme l’ont titré la quasi-totalité des médias occidentaux – l’UE, rassérénée, peut de nouveau adopter la posture de puissance majeure qu’elle affectionne et bander des muscles dont elle ne sait, ni ne veut, se servir. Dans la foulée des Américains, chacun est prêt à présent à prendre de nouvelles sanctions vis-à-vis de la Russie. Contre certains hauts responsables militaires russes –ceux là-mêmes avec lesquels on souhaite soi-disant collaborer pour sauvegarder la paix – ou contre la Russie elle-même si nécessaire.

Lâche soulagement, oui.

Mais ce n’est pas cela le pire. Ce qui est dramatique, c’est de constater qu’une fois de plus il a suffi d’un drame – dont les responsables restent à identifier – pour que la diplomatie de la première puissance mondiale s’infléchisse. Politique de l’émotion une fois de plus. Avec, bien entendu, le même cortège d’absurdités.

Rex Tillerson connaît bien la Russie. Sa nomination a même été critiquée compte tenu de sa proximité supposée avec Vladimir Poutine. S’imagine-t-il une seule seconde qu’il peut arriver à Moscou comme dans un saloon en sommant Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine de choisir leur camp ? En Russie, ce genre de rhétorique bolchévique n’impressionne plus personne…

Quant aux Européens, fébrilement rassemblés derrière leur leader, s’imaginent-ils réellement qu’ils pèseront une seule seconde dans les débats quand Américains et Russes décideront éventuellement de conclure un compromis ?

S’imaginent-ils qu’ils peuvent renouer, sans conséquences graves, avec la désastreuse politique d’alliance, qui a été la leur dans le dossier syrien depuis 2011, en s’associant à des Etats-voyous ? Oui, si l’on s’en réfère à la récente décision du ministre des affaires étrangères italien, Angelino Alfano. Ce dernier, qui reçoit cette semaine le G7, veut tenter de relancer un processus politique de sortie de crise en Syrie avec la Turquie, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Une kyrielle de dictatures islamistes qui – hormis la Jordanie – ont soutenu l’Etat islamique, Al Qaïda et les cellules terroristes opérant sur le sol européen. Rex Tillerson a martialement déclaré que son pays ferait en sorte que «quiconque» s’en prend à des innocents en paie le prix. On peut se demander si les Etats avec lesquels l’Italie entend collaborer dans le dossier syrien, partisans de la peine de mort par décapitation, de la lapidation ou de la flagellation des femmes en public, tous complices de crimes ou de discriminations contre les chrétiens, seront ou non sur la liste.

A défaut de rentrer en guerre, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar

Enfin l’essentiel demeure : le rapport de forces sur le terrain syro-irakien.

Américains et Européens peuvent toujours taper du poing sur la table. Malgré les moyens engagés contre l’Etat islamique, le sort de Mossoul et de Raqqa n’est pas encore réglé et exigera de leur part un surcroît d’efforts. Peuvent-ils, dans ces conditions, prendre le risque militaire et diplomatique d’instaurer par exemple une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Syrie ? Vraisemblablement pas.

Car pour l’heure les forces de Bachar el-Assad conservent l’initiative. Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir es Zor. Et on imagine mal Vladimir Poutine céder à une quelconque forme de pression et lâcher maintenant Assad, qu’il a soutenu depuis une demi-douzaine d’années dans des circonstances bien plus périlleuses.

A défaut de rentrer en guerre contre les troupes syriennes et leurs alliés russes, iraniens et libanais, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar.

C’est du reste ce qui se profilait jusqu’à la tragédie de Khan Cheikhoun. Qui tombe décidément à point nommé pour les partisans de l’intransigeance.

Source : Philippe Migault, 12-04-2017

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La rencontre entre Trump et Xi Jinping.

Publié le par Felli Bernard

La rencontre entre Trump et Xi Jinping.


Donald charme Xi pour essayer de briser le partenariat Moscou-Pékin.


Par Sputiknews – Le 9 avril 2017

La semaine dernière, [au cours de leur rencontre à la résidence de Trump, Mar a Lago, NdT]  le président Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, se sont accordés sur une série de points, y compris un nouveau plan commercial de 100 jours. Les observateurs disent que Washington travaille activement à tenter de briser le partenariat stratégique russo-chinois, mais ajoutent que la division internationale du travail rend ces plans voués à l’échec.

 

Vendredi, Trump a déclaré que les États-Unis avaient fait « des progrès considérables » dans ses relations avec Pékin après le sommet historique de jeudi et vendredi entre Xi Jinping et lui.

Les deux pays ont convenu d’établir un nouveau canal pour la communication militaire de haut rang afin d’éviter les incidents et de renforcer la coopération existante entre militaires, à tous les niveaux. Ils ont également conclu un plan de 100 jours de négociations commerciales visant à accroître les exportations des États-Unis et à réduire leur déficit commercial avec la Chine. Enfin, les responsables américains ont signalé que les deux parties avaient convenu de la nécessité de coopérer pour que Pyongyang abandonne ses ambitions nucléaires.

La réunion de Mar-a-Lago a coïncidé avec les frappes de missile de croisière américaines contre la Syrie, jeudi soir. Le président Trump a informé son homologue chinois de l’attaque lors de leur dîner ensemble. Dans cette ambiance, la petite-fille de Trump a chanté pour le dirigeant chinois et a récité un poème en chinois.

Des observateurs russes ont suggéré qu’une telle utilisation démonstrative de la « carotte et du bâton » dans les négociations démontre l’extrême importance que les États-Unis accordent à leurs relations avec la Chine. Cela contraste fortement avec la rhétorique du président lors de la campagne électorale, lorsqu’il affirmait que Pékin était un « manipulateur de devises », qu’il avait « violé » l’économie américaine et que l’argent et les emplois volés aux États-Unis par la Chine étaient « le plus grand vol de l’histoire du monde ». Maintenant, disent les analystes, le comportement de Trump témoigne du désir d’établir des liens plus étroits avec Pékin, aux dépens de Moscou.

Cependant, tout le monde n’est pas convaincu du succès de la tactique étasunienne, en particulier en ce qui concerne l’affaiblissement des liens russo-chinois. Sergei Sudakov, politologue et professeur à l’Académie des sciences militaires, estime que tout effort de Washington pour séparer Pékin de Moscou échouera.

« Le plus grand problème pour les États-Unis en ce moment est que Donald Trump n’a pas encore décidé de sa politique étrangère, a déclaré M. Sudakov. C’est pour cette raison que sa rencontre avec Xi Jinping a eu lieu dans le contexte d’événements dans la province de Homs (où les États-Unis ont lancé des missiles de croisière contre le gouvernement syrien). Bien sûr, Trump voulait impressionner le dirigeant chinois et montrer qu’il considère que sa tâche est de déchirer le lien entre la Chine et la Russie. »

Au cours des dernières années, rappelle l’expert, un triangle de grandes puissances s’est formé, dont les États-Unis, la Chine et la Russie constituent les trois angles. « Il vaut la peine de rappeler ce que Xi Jinping a déclaré lors du dernier forum de Davos. Il a déclaré que le monde change et que les États-Unis ne pouvaient plus dicter au monde la manière d’agir et qu’ils ne pouvaient plus être l’hégémonie mondiale unique. » Le système mondial, a-t-il dit, a besoin d’équilibre.

« En retour, suggère Sudakov l’objectif de Trump a été de montrer que les États-Unis restent le leader [mondial] […] Cependant, la question clé est celle du commerce entre les États-Unis et la Chine. Aujourd’hui, la Chine a un excédent commercial de 200 milliards de dollars. La tâche du président américain est d’accroître les échanges entre les deux pays d’environ mille milliards de dollars. »

Le président Xi, pour sa part, « n’a pas été inspiré par sa rencontre avec Trump, estime Sudakov. Il n’a pas entendu les propositions qu’il s’attendait à entendre du dirigeant de la puissance mondiale. Il y a eu beaucoup de platitudes et de bons vœux mutuels, mais la Russie reste plus proche de la Chine que les États-Unis », mis à part le coté commercial. « En d’autres termes, remarque l’expert, l’expansion des relations bilatérales entre Washington et Pékin peut être appelée une politique d’’amis assermentés’… »

Le politologue et expert de l’Eurasie, Leonid Krutakov, est d’accord avec son collègue. Selon lui, la Russie et la Chine sont destinées à une coopération stratégique, en raison des particularités de la division internationale du travail et de la répartition inégale des ressources à travers la planète.

Les États-Unis, dit-il, peuvent être classés comme une économie transactionnelle, la politique de la Réserve fédérale la transformant consciemment en prestataire de services institutionnels pour toutes les autres économies, d’où la concentration de banques, de compagnies d’assurance, de la R & D, etc. qu’on trouve aux États-Unis. Ceci, cependant, a entraîné des effets secondaires majeurs, y compris la mort de l’industrie américaine, qui a déménagé en masse en Chine, créant ainsi des problèmes de chômage généralisé et de dégradation régionale.

« L’Allemagne est également importante en tant que puissance de haute technologie, mais elle n’est pas perçue comme dangereuse pour les États-Unis, car il s’agit effectivement d’un territoire occupé. Le troisième secteur, en dehors des services et de la production, est celui des ressources. Cela inclut le Moyen-Orient et la Russie. »

Krutakov a souligné que « lorsque le groupe de pays constituant les BRICS est apparu, il devint clair que les pays du secteur des ressources, dont la Russie et le Brésil, essayaient de s’unir aux économies industrielles que sont l’Inde et la Chine d’une manière nouvelle. Pour les États-Unis, c’est une menace, car si une partie du marché mondial de cette taille devait abandonner la zone dollar, alors peu d’autres pays auraient encore besoin des services transactionnels américains. Washington ne servirait que l’Europe et les Amériques, alors que les principaux centres de production industrielle et de ressources, se situent à l’extérieur de cette zone. »

La Russie et la Chine, possédant des ressources d’une part et une base industrielle développée de l’autre, ont besoin l’une de l’autre, selon l’analyste. « D’où la politique de convergence. »

« L’orientation de la Russie vers l’Est n’a pas eu lieu soudainement – seulement en 2014. En 2008, toutes les revendications territoriales [entre Moscou et Pékin] ont été réglées. La base a été établie pour que les accords stratégiques puissent suivre. Nos initiatives dans l’Arctique, le renouvellement de la route Northen Sea comme elle est appelée, le développement de la région Caspienne – tout cela prépare un avenir commun », une stratégie économique et géopolitique commune.

Selon Krutakov, Washington a déjà calculé qu’en 2025-2030, la croissance économique de la Chine dépendra à 90% de l’accès du pays aux ressources énergétiques. En conséquence, si les États-Unis sont en mesure de mettre le Moyen-Orient et la Russie de leur coté, ils pourront continuer à assurer leur position hégémonique. « Dans ce cas, la Chine ne pourra pas tenir la compétition. Par conséquent, pour Pékin, l’alignement sur Moscou a un caractère stratégique. Le maintien de la parité avec les États-Unis contredit tout conflit futur éventuel dans l’espoir d’avoir suffisamment de temps pour devenir autosuffisant avec ses alliés. »

Par conséquent, note Krutakov, comme ils sont incapables de lutter à la fois pour les bases industrielles et énergétiques du monde, l’objectif stratégique des États-Unis est d’empêcher Moscou et Pékin de quitter la zone dollar et de créer leur propre système de règlement des paiements, ce qui les rapprocherait encore plus.

« D’où la politique de la carotte et du bâton. Trump utilisera toutes les méthodes possibles pour y parvenir : la menace, le tir de Tomahawks et courtiser la Chine. Mais tout rapprochement à grande échelle entre les États-Unis et la Chine est [en fin de compte] peu probable », a conclu l’analyste.

Sputniknews

Traduit par Wayan, relu par M pour le Saker francophone.

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Moscou suit de près les déclarations de Donald Trump, mais pas celles de ses conseillers

Publié le par Felli Bernard

 

 

Moscou suit de près les déclarations de Donald Trump, mais pas celles de ses conseillers

© Sputnik. Vitaly Belousov
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Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a répondu aux allégations du conseiller du Président américain sur la Russie lors d’un point presse tenu lundi 17 avril.

Lors d'une conférence de presse, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a donné son avis sur les déclarations du conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, H. R. McMaster. Il a indiqué que Moscou concentrerait son attention sur les affirmations du Président américain, Donald Trump, au sujet de la Russie et non sur les paroles de son conseiller.

« Et le Président [Donald Trump, ndlr] a confirmé qu'il voulait améliorer les relations avec la Fédération de Russie et nous sommes aussi prêts pour cela », a-t-il souligné.

Auparavant, le conseiller de M. Trump à la sécurité nationale des États-Unis, le lieutenant-général Herbert McMaster, avait déclaré que la Russie « [menait] des activités subversives en Europe ». Il n'a pas précisé en quoi consistaient ses activités.

De son côté, le Président américain, après la visite du secrétaire d'État Rex Tillerson à Moscou, a déclaré que « tout [irait] bien entre la Russie et les États-Unis ».

Par ailleurs, des représentants de haut niveau des pays occidentaux ont à plusieurs reprises accusé la Russie de « s'ingérer » dans les processus politiques à l'étranger. Le quotidien britannique The Telegraph avait par exemple rapporté début 2016 que les États-Unis avaient eu l'intention de lancer une enquête approfondie en Europe afin de déterminer à quel point les autorités russes avaient infiltré les milieux politiques européens en vue de « porter atteinte à la cohésion politique » de l'Union. En particulier, Washington, avait accusé la Russie d'ingérence dans l'organisation du référendum au Pays-Bas sur le rapprochement entre l'Union Européenne et l'Ukraine.

La partie russe rejette toutes ces allégations qu'elle juge non fondées.

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C’est du gâteau : la nouvelle norme de la politique étrangère de Trump

Publié le par Felli Bernard

C’est du gâteau : la nouvelle norme de la politique étrangère de Trump


 

Par Pepe Escobar – Le 13 avril 2017 – Source Sputnik News via entelekheia.fr

Et voici la déclaration suivante du Commandant-en-chef de l’École de Politique Étrangère de la Belle Part de Gâteau au Chocolat sur la question de sa prochaine action contre la Corée du Nord.

« Nous envoyons une armada. Très puissante. Nous avons des sous-marins. Très puissants. Beaucoup plus puissants que des porte-avions. Ça, je peux vous le dire. »

 

NdT : Dans cette vidéo d’une interview de Trump par Fox News, il expose qu’au cours du dîner offert à Xi Jinping à Mar-a-Lago, alors que le président chinois était en train de manger « la plus belle part de gâteau au chocolat que vous ayez jamais vue », il lui a annoncé « avoir lancé une attaque de 59 missiles contre l’Irak  – Vous voulez dire contre la Syrie ?  le reprend la présentatrice. Oui, contre la Syrie. »

Comme si bombarder la Corée du Nord, qui possède des armes nucléaires, c’était autant de gâteau que lancer des missiles sur une base militaire semi-déserte en Syrie. Mais, ça, c’est la beauté d’une politique étrangère en forme de boîte de chocolats ; vous ne savez pas ce que vous allez y trouver.

L’OTAN était « obsolète ». Ensuite, elle « n’était plus obsolète ». La Chine manipulait les monnaies. Puis elle ne manipulait plus les monnaies. Il n’allait plus y avoir d’aventurisme militaire au Moyen-Orient. Puis, retour aux politiques d’Hillary et bombardement de la Syrie. La Russie était censée devenir un partenair – à la base pour des accords gaziers et pétroliers, pendant qu’un remix de la devise « diviser pour régner » signé Kissinger se chargerait de tenter de séparer la Russie de sa partenaire stratégique, la Chine. Aujourd’hui, la Russie est mauvaise parce qu’elle soutient « l’animal » Assad (sic).

D’autres choses ne changent jamais. L’Iran continuera à être diabolisé. Le combo OTAN-Conseil de coopération du Golfe continuera d’être soutenu. La Maison des Saoud, qui terrorise le Yémen, restera une proche alliée dans la Guerre Globale contre la Terreur.

C’est comme si toute la machine dysfonctionnelle de l’administration Trump était devenue prisonnière de la nécessité de justifier les retournements de veste et les mensonges flagrants de son Commandant-en-chef des parts de gâteau au chocolat assaisonnées aux Tomahawks, alors qu’avant, Trump tirait sa force de ses dénonciations de l’hypocrisie et des mensonges inhérents aux élites américaines et à l’État profond.

Xi est au téléphone

Les services de renseignement russes ont probablement – et correctement – conclu que le but principal de la visite à Moscou du Secrétaire d’État « T-Rex » Tillerson était de calmer le jeu autant que possible, alors que Trump se tourne vers une confrontation avec Pyongyang. Washington ne peut tout simplement pas gérer des crises multiples, simultanées, en Syrie, en Ukraine, en Corée du Nord, en Mer de Chine méridionale et en Afghanistan. La date-butoir est le 9 mai ; les élections présidentielles en Corée du Sud pourraient bloquer toute possibilité d’attaque des USA contre la Corée du Nord.

Les médias sud-coréens et japonais ont rapporté, sur le ton de l’hystérie, que la République populaire de Chine a déployé 150 000 soldats des 16e, 23e, 39e et 40e divisions à la frontière de la Chine et de la Corée du Nord. Ces forces ne sont pas agressives ; elles sont plutôt là pour coordonner les efforts de soulagement d’une crise éventuelle de réfugiés dans le cas – consternant – d’une seconde guerre de Corée.

Le ministère chinois de la Défense a publié un déni de non-déni sur le déploiement. Mais l’élément crucial a été l’appel subséquent de Xi Jinping à Trump. Sa première priorité était de réfuter les rumeurs grandissantes des médias américains selon lesquelles Pékin approuverait des frappes américaines contre la Corée du Nord (au contraire, Pékin est sérieusement inquiet). Les médias chinois ont souligné que selon les propos de Xi à l’impulsif Trump, la seule sortie possible de cette crise est de travailler à une dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne.

Sa deuxième priorité était de réfuter les rumeurs de type « fake news » selon lesquelles Xi, en mangeant son gâteau au chocolat assaisonné de Tomahawks à Mar-a-Lago, aurait approuvé les frappes américaines en Syrie. Dans son appel téléphonique, Xi a réaffirmé sa position : la seule solution pour la Syrie réside dans la diplomatie.

Avec l’École de Politique Étrangère de la Belle Part de Gâteau au Chocolat comme nouvelle norme, personne n’a plus la moindre idée de la politique de Washington en Syrie, ou de qui en tient les commandes (c’était l’information-clé que Lavrov tentait de soutirer à Tillerson.)

La politique précédente était claire ; une balkanisation light, avec une enclave kurde dans le désert de l’est vouée à être dirigée par des pantins des USA tels que le Parti de l’union démocratique kurde ; l’absorption d’une autre zone du plateau du Golan par Israël ; une zone au nord pour la Turquie ; et assez de territoire immobilier pour les sunnites et tout un assortiment de djihadistes.

Même avant le spectacle des Tomahawks, les officiels des services de renseignements militaires des USA émettaient de sérieux doutes sur ce qui allait devenir la narrative officielle de la Maison-Blanche sur l’attaque chimique d’Idlib. Des experts à la retraite, y compris Ray McGovern (ex-analyste de la CIA), Phil Giraldi et Bill Binney, ont écrit un mémo à Trump pour demander une enquête honnête, indépendante – Lavrov a fait la même demande au cours de sa conférence de presse avec Tillerson. La narrative officielle a également été dénoncée par un professeur du MIT comme « totalement fausse ».

Indépendamment du fait de savoir si Trump a vu la lumière via une vidéo postée par les Casques blancs sur Youtube ou si l’axe néocon/libéralcon l’a poussé dans la voie des Tomahawks, les faits de terrain restent les mêmes.

Moscou ne va tout simplement pas céder sa sphère d’influence en Syrie à Donald Trump ou à l’État profond. La Russie a quasiment gagné la Guerre de Syrie en empêchant la formation d’un Émirat du Takfiristan, et en désamorçant la possibilité d’un regroupement de djihadistes russes/tchétchènes/ouzbèkes alliés au Front al-Nosra et/ou Daech revenant semer la pagaille dans le Caucase. Sans oublier que plus de 75% de la population syrienne est désormais regroupée dans les zones du pays contrôlées par Damas.

Dans le doute, semez le chaos

Le Parti de la Guerre/complexe militaro-industriel-renseignements-médias veut des guerres, n’importe quelles guerres ; c’est bon pour le business et les cotations. Les néocons veulent une guerre pour contenir l’Iran. Le professeur Stephen Cohen est alarmé, à juste titre. Personne ne sait si Trump n’est pas aujourd’hui un simple otage de James «  Mad Dog » Mattis, de HR McMaster et compagnie qui croit naïvement tenir les commandes, ou s’il a perfectionné une prise de jiu-jitsu géopolitique de génie impossible à décrire sur Twitter.

Un analyste américain dissident des renseignements, basé au Moyen-Orient, dépeint un tableau beaucoup plus sombre : « Les USA ne vont pas tolérer qu’une alliance Russie-Chine fasse basculer l’équilibre des forces en leur faveur. La Corée du Nord et la Syrie ne sont que des pions dans ce combat, qui n’a presque aucune signification pour eux. Les Russes pensent que les USA veulent leur faire la guerre, même s’ils ne sont pas sûrs des performances réelles des boucliers antimissiles russes S-500. Les Russes disent qu’il faut s’attendre à d’autres attentats sous faux drapeau en Syrie, alors que dans le même temps, les Chinois révisent les engagements des USA à leur égard en se fondant sur ce qu’ils ont vu en Syrie. »

Le président Poutine a presque carrément dit, face aux caméras, que Moscou ne peut pas faire confiance à Washington. La Russie a patiemment bâti sa capacité de défense antimissiles – à tel point que son espace aérien pourrait bien être impénétrable avant la fin de la décennie.

Dans le passé, Lavrov a fait de multiples allusions au « chaos maîtrisé » – une méthode de « renforcement de l’influence américaine » qui exhibe des « projets » destinés à être « lancés loin des USA, dans des régions cruciales pour le développement économique et financier mondialiste. » L’École de Politique Étrangère de la Belle Part de Gâteau au Chocolat peut avoir forcé tout le monde à se perdre dans une mascarade. Mais Moscou et Pékin semblent la voir pour ce qu’elle est ; encore une autre facette du chaos impossible à maîtriser.

Pepe Escobar

Traduction Entelekheia

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Le « rapport des services de renseignement » n’en est pas un

Publié le par Felli Bernard

Le « rapport des services de renseignement » n’en est pas un


Il laisse surtout entrevoir un soutien à al-Qaïda.


Par Moon of Alabama – Le 12 avril 2017.

Moon of Alabama

La Maison Blanche de Trump a publié trois pages et demie d’accusations contre les gouvernements syrien et russe. Ce sont de simples pages sans en-tête ou bas de page, pas de date, pas de traces de classement ni de déclassification, ni agence émettrice, ni signature. Impossible de savoir qui les a écrits.

Les médias américains étasuniens appellent cela un rapport déclassifié américain concernant l’attaque aux armes chimiques. Mais ce n’en est pas un.

 

Il commence en disant que « Les États-Unis sont convaincus que le gouvernement syrien a mené une attaque à l’arme chimique […] »

Les États-Unis (qui est-ce exactement ?) « sont convaincus », ils ne « savent » pas, il n’ont pas de « preuve » – ils sont juste « convaincus ».

L’ensemble du document ne contient que sept paragraphes qui sont censés être un « résumé de l’évaluation de la communauté du renseignement des États-Unis » sur la question. Les sept paragraphes sont suivis de huit (!) paragraphes qui tentent de réfuter les déclarations russes et syriennes sur la question. Un peu de remplissage politique constitue ce qui reste.

Le titre de ce chapitre « évaluation de la communauté du renseignement » est probablement déjà une fausse déclaration. Une évaluation du renseignement nationale, même préliminaire et rapide, pour laquelle les dix-sept agences de renseignement américaines doivent être entendues, prend au moins deux à trois semaines à réaliser. Une évaluation complète peut prendre deux mois ou plus. Ce sont des documents officiels, émis par le directeur du renseignement national. L’évaluation sommaire publiée par la Maison Blanche n’a pas suivi cette procédure. Il est probable qu’elle ait été fabriquée et écrite vite fait bien fait par le National Security Council.

Cette prétendue évaluation commence par une affirmation définitivement fausse : « Nous pensons que Damas a lancé cette attaque chimique en réponse à une offensive de l’opposition dans la province de Hama, offensive qui menaçait une infrastructure clé. »

L’attaque de Hama avait échoué il y a déjà deux semaines de cela. Depuis lors, l’armée syrienne a regagné tout le terrain que l’« opposition » al-Qaïda avait capturé au cours des premiers jours. Aucune infrastructure clé n’a jamais été sérieusement menacée. Plus de 2 000 combattants d’al-Qaïda ont été tués dans la lutte.

Peto Lucem, une source médiatique bien connue et fiable pour ses cartes précises de la guerre en Syrie, a publié, le 31 mars, quatre jours avant l’accident chimique :

Peto Lucem @PetoLucem

NOUVELLE CARTE : La ligne de front « Rebelle » à #Hama s’effondre, #SAA [L’armée syrienne, NdT] reprend la plupart des avancées d’#AlQaïda réalisées dans les premiers jours de leur offensive ratée. #Syrie

L’attaque de Hama avait déjà échoué quelques jours avant l’accident chimique de Khan Shaykhun. Khan Shaykhun n’est pas en première ligne. Cet accident et l’échec de la tentative d’al-Qaïda dans Hama ne peuvent être liés. Il n’est pas logique de lancer un incident militairement inutile dans un endroit lointain « en réponse » à une défaite de l’ennemi ailleurs – en plus à un moment où la situation politique et militaire mondiale s’avère favorable au gouvernement syrien. (L’Agence de renseignement du Pentagone n’a certainement jamais soutenue une telle revendication illogique.)

Les paragraphes suivants du document publié révèlent que l’évaluation repose en grande partie sur un « un nombre important » de « rapports open source » qui « indique » ceci ou cela. Cela signifie que la Maison-Blanche s’appuie sur des images et des vidéos postées par des personnes autorisées à opérer librement dans la capitale Khan Shaykhun, alors qu’elle est tenue par al-Qaïda. Sous la direction de qui et dans quelles conditions les images et les vidéos ont-elles été prises et publiées ? (Khan Shaikhun était entre les mains d’un groupe islamique associé, Liwa al-Aqsa, jusqu’à la mi-février. Le groupe s’est déplacé après avoir combattu al-Qaïda et avoir abattu quelque 150 de ses combattants.  Depuis, al-Qaida est entré dans la ville et la dirige.)

Plusieurs des vidéos publiées ont été présentées et commentées par le « Dr. Shajul Islam » qui a été évincé du registre médical britannique et inculpé au Royaume-Uni pour son rôle dans l’enlèvement de journalistes « occidentaux » en Syrie. Il s’était enfui en Syrie. Les vidéos qu’il a distribuées du « sauvetage » des victimes des différents accidents chimiques n’étaient pas des situations d’urgence réelles mais des mises en scène. L’un des journalistes kidnappés avec l’aide du Dr Shajul Islam, James Foley, a ensuite été assassiné, devant une caméra, par État islamique.

Les autres vidéos et photos ont été réalisées par les « sauveteurs » appelés Casques blancs, un support de propagande financé par les États-Unis et le Royaume-Uni, qui est tellement « neutre » qu’ils travaillent avec EI (vidéo) et al-Qaïda, mais jamais dans les régions gouvernementales où se trouve la population syrienne.

L’offensive contre Hama menée par l’« opposition » a été personnellement planifiée et dirigée par le chef d’al-Qaïda en Syrie, Al-Joliani. Les photos des séances de planification de la campagne ont été publiées par des agences d’« opposition » et largement diffusées.

Le document de la Maison Blanche parle seulement de l’« opposition ». Comment peut-il y avoir une « évaluation du renseignement » (et en plus en parler publiquement) qui ne note pas que l’incident en question a eu lieu dans une zone qu’AL-QAIDA dirige et que l’offensive prétendument liée a l’attaque chimique (mais qui a échoué) a été lancée par AL-QAIDA. AL-QAIDA est-il maintenant officiellement devenu l’opposition syrienne pour les États-Unis ? L’ancien général néoconservateur Petraeus fait pression pour une alliance américaine avec al-Qaïda depuis 2015. Le nouveau conseiller en sécurité nationale de Trump, le général McMaster, est un protégé de Petraeus. Lui et Petraeus ont explosé l’Irak. La doctrine Petraeus est-elle maintenant en place ?

La prochaine étape serait alors que les États-Unis s’unissent de manière informelle avec État islamique. Le chroniqueur Thomas Friedman, du New York Times, préconise déjà cela :

 « Nous pourrions simplement arrêter de lutter contre EI en Syrie et en faire un problème pour l’Iran, la Russie, le Hezbollah et Assad. Après tout, ce sont eux qui sont trop impliqués en Syrie, pas nous. Faisons en sorte qu’ils combattent une guerre sur deux fronts – les rebelles modérés d’un côté et EI de l’autre. Si nous vainquons EI en Syrie maintenant, nous ne ferons que réduire la pression sur Assad, l’Iran, la Russie et le Hezbollah et cela leur permettra de consacrer toutes leurs ressources à écraser les derniers rebelles modérés dans Idlib, sans partager leur pouvoir avec eux. »

Les États-Unis, dit clairement Friedman, devraient laisser EI fonctionner librement afin qu’il puisse aider al-Qaïda qui règne sur Idlib. Friedman parle des « rebelles modérés d’Idlib », mais ils sont comme les licornes. Ils n’existent pas. Il y a al-Qaïda et il y a un plus petit groupe nommé Ahrar al Sham qui se compare aux talibans. Tous les autres combattants de l’opposition d’Idlib ont rejoint l’un de ces deux groupes ou sont morts.

Mais pourquoi ne pas utiliser ces bandes de meurtriers de masse sectaires contre le gouvernement syrien et d’autres ? Hé, c’est exactement ce qu’Israël veut que nous fassions. Et pourquoi ne pas leur distribuer des missiles anti-aériens, comme le demande Friedman, et leur fournir un soutien aérien. Tout en même temps. Sur que cela marcherait bien.

Donc, en Syrie, Trump devrait laisser EI devenir le mal de tête d’Assad, de l’Iran, du Hezbollah et de la Russie – de la même manière que nous avons encouragé les combattants moudjahidines à saigner la Russie en Afghanistan.

Eh bien, vous savez que le truc des moudjahidines a si bien marché que près de quarante ans plus tard, les États-Unis réfléchissent encore à envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan pour les vaincre. Est-ce que nous voulons vraiment répéter cela aux frontières de l’Europe ?

La Maison Blanche est vraiment en plein délire, mais encore plus les médias américains. Comment la santé mentale peut-elle être ramenée à la maison ?

Mise à jour :

Le professeur émérite au MIT, Theodor Postol, ancien conseiller scientifique de la marine militaire américaine, expert sur les missiles, a analysé la « preuve » que la Maison Blanche a présenté. Le court rapport préliminaire est disponible ici. (J’ai vérifié et c’est bien l’original.) [Traduction française du rapport faite par Les Crises.fr, NdT].

Postol n’a rien trouvé dans l’évaluation de la Maison Blanche qui lui permette de croire que l’accident chimique provient d’une attaque aérienne. Il trouve plutôt des signes que l’explosion a été lancée depuis le sol, en faisant intentionnellement exploser des munitions de 122 mm avec d’autres explosifs.

Il trouve que l’évaluation de la Maison Blanche est du travail d’amateur et n’a pas été correctement vérifié par des analystes des renseignements compétents qui, selon Postol, ne l’auraient pas signé dans sa forme actuelle (comme je l’ai dit plus haut).

Postol présume que l’accident était du au Sarin. Il n’analyse pas cette revendication de la Maison Blanche (ce n’est pas son domaine). Je ne suis pas d’accord avec l’histoire du Sarin. Beaucoup d’autres substances organo-phosphatés (pesticides) seraient « compatibles avec » les symptômes affichés ou joués dans les vidéos et les images. Certains symptômes attendus avec le sarin, par exemple de fortes  convulsions, une défécation spontanée, ne sont visibles dans aucune des vidéos ou des images.

Je ne suis pas non plus d’accord avec Postol concernant la photo du prétendu cratère d’impact de l’attaque. J’ai vu plusieurs « versions » du cratère d’impact sur les réseaux sociaux avec différentes pièces métalliques, ou aucune, répandues à l’intérieur. Postol semble n’avoir vu qu’une seule version. Ses conclusions sur cette version semblent correctes. Mais la « preuve » du cratère est faible et il n’est pas facile d’en tirer des conclusions générales. Je suis d’accord cependant pour dire que le cratère ne provient pas d’un impact aérien mais d’un événement au sol. Je ne suis toutefois pas sûr du fait qu’il soit lié à l’accident.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par M pour le Saker Francophone

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Face aux politiques néo-conservatrices et de trahison nationale : construire un front républicain, patriotique et de progrès social ! - Comité Valmy

Publié le par Felli Bernard

– Présidentielle 2017 - Appel du Comite Valmy

Face aux politiques néo-conservatrices et de trahison nationale : construire un front républicain, patriotique et de progrès social ! - Comité Valmy

dimanche 16 avril 2017, par Comité Valmy

 

– Présidentielle 2017 : Appel du Comite Valmy

Face aux politiques néo-conservatrices
et de trahison nationale :

 

construire un front républicain,
patriotique et de progrès social !

La préparation de la prochaine élection présidentielle est caractérisée par une accentuation du caractère anti-démocratique, dictatorial et dangereux du régime de trahison nationale qui, au fil des décennies post-gaulliennes, a transformé notre nation en un pays vassalisé à l’atlantisme étasunien.

Cette servitude volontaire de la France officielle a été organisée méthodiquement par les maffias de l’UMPS et par ses satellites. Partisans de l’Europe supranationale, germano-américaine et atlantiste, ces organisateurs du renoncement national sont nos adversaires politiques fondamentaux.

Du point de vue du Comité Valmy, tous les candidats européistes à cette élection représentent, à des degrés divers, un danger mortel pour la France, et nous incluons Mélenchon et Fillon dans la liste des candidats auxquels les Français devraient éviter d’accorder leur confiance.

Lors du premier tour de l’élection, nous estimons que nos compatriotes auront le choix entre l’abstention et le vote pour un candidat patriote et républicain : François Asselineau, avec lequel nous recherchons une alliance et qui est, nous le soulignons, le plus proche des thèses du Comité Valmy.

Il existe des sensibilités diverses dans le Comité Valmy, mais la plupart d’entre nous estiment qu’il faut définitivement cesser de voter pour des candidats qui entendent poursuivre la politique de capitulation nationale, au nom d’une catastrophique construction européenne non réformable.

Parmi eux, cette année le choix prioritaire de l’oligarchie et de la finance est manifestement Emmanuel Macron, que nous considérons comme l’adversaire principal. Pour favoriser celui-ci, et comme nous l’avons constaté, un coup d’État médiatico-judiciaire a été organisé. Contre Fillon principalement, mais aussi contre Marine Le Pen.

L’acharnement politico-médiatique et celui d’une « justice » aux ordres contre Fillon semble indiquer que, parmi les candidats pro-Europe, il n’est pas le pire. De plus, la multitude de drapeaux tricolores lors de la manifestation du Trocadéro était sympathique et positive. Mais Fillon se veut le candidat de la droite et non celui du peuple de France ; cela souligne qu’il ne peut aucunement se réclamer du gaullisme. Il en va de même de son programme antisocial euro-compatible

Un petit nombre d’entre nous est tenté par Mélenchon. Ces amis sont troublés par ses talents d’orateur et par l’efficacité de son entrisme républicain pseudo-souverainiste. Lui se présente au nom de la "gauche" alors que selon nous, l’union du peuple de France est aujourd’hui une nécessité historique, pour sortir dans les meilleures conditions du carcan euro-atlantique.

En outre nous demeurons convaincus que Mélenchon demeure, malgré sa démagogie relativement habile, un trotskyste partisan du nihilisme national, d’une "nation" et d’une République européennes" ainsi que d’une "souveraineté populaire à l’échelle de l’Europe", comme il le clamait lorsqu’il n’estimait pas nécessaire d’avancer masqué. Le fait qu’il ait toujours refusé le dialogue que nous lui avons à plusieurs reprises proposé nous semble significatif, de même que la permanence de son refus de se prononcer clairement pour le retrait de la France de l’Union européenne et le retour à la monnaie nationale.

A ce sujet, nous devons attirer l’attention sur une réalité que les médias domestiqués ignorent méthodiquement, et qui est selon nous en contradiction avec l’intérêt de notre peuple-nation, celui-ci devant prioritairement rétablir sa souveraineté et la liberté de la France. Sur onze candidats à l’élection présidentielle, les quatre qui se réclament de la « gauche » sont des militants trotskystes « anciens » ou actuels. Un cinquième est inspiré par un ancien trotskyste étasunien.

Cette année Macron apparaît bien comme "le premier couteau de l’oligarchie". On peut affirmer sans se tromper qu’il représente le principal danger pour le peuple de France, notamment en envisageant de participer à la relance actuelle de l’agression occidentaliste contre la Syrie souveraine.

Nous estimons qu’il est souhaitable de cesser d’accepter la logique délétère qui consiste, lors de chaque présidentielle, à chercher un candidat supposé être le « moins pire » au nom de la diabolisation de Marine Le Pen.

Le Front National qui, faut-il le préciser, n’est pas notre ami, est utilisé cette année avec encore plus de force comme repoussoir diabolique pour le maintien en place des candidats européistes. Au nom de cette diabolisation du FN et de sa candidate (dont nous avons déjà dit que nous ne la considérions pas comme l’ennemi principal) concocté par le pouvoir en place, nous déclarons encore plus dangereux l’Union européenne, la plupart de ses élu(e)s, l’ensemble de ses chargés de mission et lobbyistes divers.

Notre démarche d’union du peuple de France, d’Arc Républicain de Progrès reste plus pertinente que jamais. La construction d’un compromis historique alliant au-delà du clivage gauche-droite, autour de la réactualisation du programme progressiste du CNR, les patriotes républicains des deux rives, est susceptible de rassembler l’essentiel de notre peuple victime de la déconstruction nationale européenne.

Depuis de longues années, le Comité Valmy s’est prononcé pour la construction d’un front républicain patriotique et progressiste. Face à la double menace néoconservatrice et trotskyste que représente l’actuelle élection présidentielle, ce rassemblement autour de la souveraineté du peuple nation et du progrès social qu’elle conditionne, est manifestement à l’ordre du jour.

Paris le 10 avril 2017
Comité Valmy

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« Plus rien à faire, plus rien à foutre »

Publié le par Felli Bernard

 

 

Prix Du Livre Politique 2017

« Plus rien à faire, plus rien à foutre » – La vraie crise de la démocratie » de Brice Teinturier

 
 
 

Brice Teinturier, directeur de l’institut de sondage IPSOS, interviewé par Antoine Lagadec, journaliste à la Revue des Deux Mondes

♦ Dans Plus rien à faire, plus rien à foutre (éd. Robert Laffont), le directeur de l’institut de sondage IPSOS, Brice Teinturier évoque la rupture d’un nombre croissant de Français avec la politique. Interview.


Revue des Deux Mondes – Votre livre tente de cerner une « quatrième force », bousculant la tripartition des forces politiques en France : celle des « plus rien à faire, plus rien à foutre » ou « PRAF ». Comment définissez-vous les « prafistes » ?

Brice Teinturier Quand on observe le système politique actuel, on se préoccupe surtout de la répartition entre le Front National, la gauche, la droite, et l’émergence désormais d’Emmanuel Macron. Mais on occulte un mouvement tout aussi profond : celui d’un désengagement d’une partie de l’électorat français. Les « prafistes » sont moins une force politique qu’une attitude, une posture de

Prix du livre politique 2017

Prix du livre politique 2017

désengagement à l’égard de la politique. Elle se caractérise par de la lassitude, de l’indifférence ou du dégoût.

Il faut à ce stade opérer une distinction claire : être dans un processus de distanciation, ou de dégoût, n’est pas la même chose qu’être dans un processus où l’on n’a jamais été intéressé par la politique. L’attitude du « PRAF » rassemble des citoyens qui, à l’origine, s’intéressaient à la politique, puis sont allés au delà même de la déception. À ce titre, 28% de Français nous disent qu’ils étaient intéressés par la politique, et qu’ils ne le sont plus.

« Il s’agit d’une attitude construite en réaction à des évolutions de la société dans lesquelles le prafiste ne se retrouve pas. »

Suivant l’intensité et la fréquence de cette attitude, on distingue les « plus rien à faire » et les « plus rien à foutre ». Le second profil est plus intense dans le rejet et le dégoût que le premier, qui, lui, peut montrer une forme de réengagement dans le politique.

Il n’y a pas de figure tutélaire du « Praf » ou du « prafisme ». Il s’agit d’une attitude construite en réaction à des évolutions de la société dans lesquelles celui-ci ne se retrouve pas : une évolution de la scène politique d’abord, mais aussi de la scène médiatique, associée au développement des réseaux sociaux et à l’effondrement de la morale publique.

Revue des Deux Mondes – Peut-on expliciter la différence entre des prafistes intermittents et des prafistes plus radicaux, dans la rupture ?

Brice Teinturier – Les « plus rien à foutre » sont dans une rupture quasi définitive. Ils seront impossibles à reséduire dans le cadre d’une campagne présidentielle. Ces personnes affirment ne plus s’intéresser ni à l’élection qui se joue, ni à la politique en général. Ils sont dans un processus d’éloignement tel que les formes classiques de la politique ne les attirent plus, y compris le fait de voter.

Par ce désengagement à l’égard de la scène collective, les « plus rien à foutre » assurent ne plus se retrouver dans la manière de fonctionner de la démocratie représentative. Pour eux, le personnel politique est pourri, corrompu, ne se préoccupe que de lui-même.

« Les “plus rien à foutre” sont perdus pour les grands moments électoraux. Le défi majeur est de parvenir à les faire revenir à quelque chose de plus collectif en leur donnant le sentiment d’être pris en compte. »

On observe chez eux une forme de repli. Celui-ci s’effectue soit au profit de la sphère privée (relationnelle, familiale, amicale…) soit, s’il y a du réinvestissement politique, au profit du niveau local, c’est-à-dire entre autres associatif. Ce réinvestissement touche par exemple les « civic tech », qui peuvent donner à ces personnes le sentiment d’être davantage prises en compte et utiles.

Reste qu’elles ont rompu les amarres avec une famille politique dans laquelle elles ne se retrouvent absolument plus, que ce soit en terme d’offre de candidature ou de programme. Les « plus rien à foutre » sont perdus pour les grands moments électoraux. Le défi majeur est de parvenir à les faire revenir à quelque chose de plus collectif en leur donnant le sentiment d’être pris en compte. Sinon ils resteront dans des modes d’action très privatisés.

Les « plus rien à faire », eux, sont marqués par une forme de lassitude, le sentiment d’un « déjà vu » et le constat d’un effondrement de l’exemplarité des hommes politiques, tout comme de la sphère entrepreneuriale et privée. Ils n’en sont pourtant pas à un point de rupture. Ces « prafistes » peuvent donc revenir dans le jeu « classique » de la démocratie représentative.

Revue des Deux Mondes – Quelle est l’origine historique de cette attitude ?

Brice Teinturier – Jusque dans les années 1980, nous sommes face à des croyants dans la politique. L’alternance de 1981 suscite énormément d’espérance. Malheureusement, les cohabitations, avec Jacques Chirac, Édouard Balladur et Lionel Jospin, diluent les responsabilités et génèrent de nombreux déçus.

En 2007, c’est l’extraordinaire réactivation de l’espérance. Nicolas Sarkozy parvient à réembarquer ces déçus. Mais au cours des 10 années suivantes se produit quelque chose d’inédit dans la Ve République : une alternance pure (5 années où la droite a tous les pouvoirs, puis 5 années où c’est au tour de la gauche). Ces 10 années d’alternance parfaite sont pour les Français synonymes d’échec. La décennie Sarkozy-Hollande a créé un ébranlement profond. Un ébranlement tel qu’il apparaît aujourd’hui beaucoup plus difficile pour les responsables politiques de séduire de nouveau ces citoyens.

L’autre ébranlement notable, dans cette même période, est l’essor des technologies de l’information qui transforme notre rapport à la démocratie et à la politique. Ces évolutions techniques donnent aux Français le sentiment de pouvoir trouver des solutions, car ils les expérimentent tous les jours à travers leur smartphone. Ils font l’apprentissage de solutions collaboratives, du court-circuitage d’un certain nombre d’intermédiaires… La société peut élaborer des solutions par elle-même, indépendamment du schéma classique « top – down ». Cela change le rapport à la démocratie et autorise beaucoup plus de prise de distance.

Dans ces mêmes 10 dernières années, on peut également mentionner l’explosion des médias d’information en continu et en concurrence, qui génèrent un type nouveau d’information et conduisent à fragmenter les audiences, à construire des référentiels différents. Or la démocratie fonctionne lorsque nous avons des référentiels communs.

Enfin, cette décennie marque l’effondrement de la morale : dans les sphères sportive, entrepreneuriale, politique… de nombreux acteurs se sont révélés bien en-dessous du niveau d’exemplarité que l’on pouvait exiger. Les effets sont ravageurs chez un certain nombre de Français qui se sentent orphelins de modèles d’identification.

Revue des Deux Mondes – Quelles conséquences cette attitude peut-elle avoir sur notre démocratie ? Est-ce une remise en question totale du modèle démocratique ou une relativisation ?

Brice Teinturier – Pour les « prafistes », la façon dont la démocratie fonctionne aujourd’hui ne permet pas de prendre correctement en compte l’avis et les solutions prônées par les citoyens. Il s’agit donc d’un désengagement et d’une relativisation, bien plus qu’une contestation au profit d’un régime autoritaire.

« Les “prafistes” ne sont pas des frontistes ».

En 2014, 24% des Français déclaraient que d’autres systèmes politiques pouvaient être aussi bons que la démocratie. Ils étaient 26% en 2015, 30% en 2016 et 32% aujourd’hui. Mais cet indicateur n’est pas le signe d’une tentation autoritaire. Ceux qui contestent véritablement la démocratie en France, en tant que forme de régime politique, représentent environ 8%. Il y a dans la société française une demande d’autorité, c’est incontestable. Mais ceux qui sont sur cette relativisation de la démocratie ne souhaitent pas, prioritairement, un régime autoritaire, mais beaucoup plus un régime participatif.

Les « prafistes » ne sont pas des frontistes, qui croient en un mode d’action politique relativement classique en pensant que les solutions du Front National peuvent améliorer la situation. La problématique du FN n’est pas de transformer la politique mais de transformer ceux qui exercent le pouvoir. Les prafistes sont revenus de tout cela ! Ils ne considèrent pas que le FN et la sortie de l’Euro amélioreront la situation. Ils cherchent d’autres formes d’action collective et politique. Ils prennent leurs distances par rapport à une forme de démocratie trop rigide qui ne fait appel aux citoyens qu’une fois tous les cinq ans.

Revue des Deux Mondes – Ce constat ouvre une grande période d’incertitudes pour le futur.

Brice Teinturier – Le problème ne concerne pas uniquement 2017 mais pose la question de notre capacité, dans les années à venir, à fabriquer suffisamment de points d’accord entre nous. Tout l’enjeu est de regénérer la démocratie pour qu’elle réengage davantage de Français. Si nous ne changeons pas la façon de faire de la politique aujourd’hui, nous irons vers des formes de désengagement de plus en plus profond. Il est impératif de ne pas se contenter de faire de la démocratie représentative « à la papa », beaucoup trop sclérosée, mais de mieux articuler démocratie représentative et démocratie participative.

Dans une première hypothèse, plutôt optimiste, nous aurons une forme démocratique un peu différente de ce que l’on trouve aujourd’hui, mais qui continue de fonctionner pour l’immense majorité des Français. Dans une hypothèse plus pessimiste, où le système n’évolue pas, nous continuerons de fonctionner avec une société politique qui évolue peu et ne tient pas compte des demandes des citoyens.

« L’élection américaine était un gigantesque PRAF. »

Ce dernier cas de figure risque de provoquer, d’une part, une prise de distance beaucoup plus forte à l’égard de la scène politique (et donc des élections avec des taux d’abstention en hausse) et, d’autre part, des phénomènes de contestation permanente, voire de violence bien plus revuedesdeuxmondesforte. En effet, la démocratie cherche constamment à fabriquer de la légitimité et du respect de la loi. Si un nombre insuffisant de Français admet ce jeu, le risque est de voir se développer des discours contestataires de la loi, comme on en voit actuellement à propos de l’article 49.3 de la Constitution ou de Notre-Dame-des-Landes. Rentrer dans un mécanisme où l’on conteste une loi, plus considérée comme légitime, conduit à s’exposer à des phénomènes de violence potentielle.

Revue des Deux Mondes – Votre constat pourrait tout à fait s’appliquer à d’autres pays européens. Quel parallèle faites-vous entre le « PRAF » français et celui de nos voisins ?

Brice Teinturier – L’observation vaut en effet pour l’Europe. Nous nous sommes beaucoup intéressés à la montée du populisme, en ignorant trop souvent un autre mouvement qui ne bascule pas dans le populisme mais est tout aussi important : celui du désengagement, qui touche à différents degrés l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne dans une moindre mesure.

On retrouve ce même mouvement aux États-Unis. Dans le cadre des élections américaines, tout l’attention a été portée sur la victoire de Donald Trump, tout comme on se concentre d’ailleurs en France sur la montée en puissance de Marine Le Pen. Or 40% des Américains ne sont pas allés voter ! On a donc observé un gigantesque « PRAF » américain à l’occasion d’une élection où, pourtant, tout avait été mis en place pour mobiliser massivement…

Brice Teinturier et Antoine Lagadec
24/03/2017

Source : Revue des Deux Mondes.fr

Correspondance Polémia – 12/04/2017

Image : 1re de couverture

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Les banderistes ukrainiens et l’université française : une histoire plus vieille qu’il ne semble

Publié le par Felli Bernard

Les banderistes ukrainiens et l’université française : une histoire plus vieille qu’il ne semble


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Annie Lacroix-Riz

Par Annie Lacroix-Riz – Avril 2017 – Source Presse nouvelle magazine No 435

« L’indépendance de l’Ukraine » ‑ en bon français, la séparation d’avec la Russie en vue du contrôle de cette caverne d’Ali Baba européenne par une ou plusieurs grandes puissances non russes ‑ constitue un objectif remontant aux débuts mêmes de l’ère impérialiste.

Parmi les candidats à la relève, deux alliés et rivaux se sont imposés : 1° l’Allemagne qui, en quête d’espace vital, a soutenu dès avant 1914 « l’autonomisme ukrainien », avec l’appui jamais démenti du Vatican, muni de l’efficace machine de guerre uniate ; 2° les États-Unis, qui l’ont, depuis les années 1930, régulièrement accompagnée. Ancienne mais toujours inconnue en France, cette ambitieuse entreprise s’est intensifiée aux États-Unis depuis l’ère Reagan 1, et plus encore après la chute de l’URSS, avec la phase des « révolutions oranges » : l’épisode Maïdan de 2014 et ses suites, décrits, au grand dam des médias dominants français, par le journaliste Paul Moreira ont promu les forces banderistes-nazies, que Washington avait sauvé en 1945 puis utilisé sans répit les chefs, Stepan Bandera et Mikola Lebed, et leurs successeurs, en vue d’une désintégration de l’URSS 2.

Cette offensive politique a généré une énorme opération de propagande internationale sous l’égide des États-Unis et de l’Union européenne, sur le thème de la « famine génocidaire en Ukraine » de 1933, dite « Holodomor » (ne manquez pas la recherche Internet, entamée actuellement par « Holodomor 7 millions de chrétiens exterminés par les juifs »). L’offensive ne s’est pas borné au terrain de masse de la presse écrite et audiovisuelle. Des groupes « ukrainiens », dont l’association « Ukraine 33 », dont la fondation est hébergée  par l’archevêché de Lyon, et avec Mgr Decourtray pour président d’honneur, s’agitèrent en France dès le début des années 2000. Du côté séduisant, « Ukraine 33 » s’efforçait de conquérir les associations juives et « humanitaires » pour célébrer en commun, via des colloques, les « génocides des Juifs et des Ukrainiens ». Parce que j’avais envoyé en 2004 via Internet, dans le cadre d’un cours de concours, un dossier d’archives diplomatiques démontrant l’absurdité de la thèse « génocidaire », Ukraine 33 déploya d’intenses efforts médiatiques et politiques (jusqu’auprès du président de la République Jacques Chirac) pour me faire exclure de l’université comme « négationniste ».

Du côté moins séduisant, le groupe toujours officiellement voué à la commémoration de l’« Holodomor » est très lié au Congrès ukrainien mondial, sis à Washington et présidé jusqu’en 2008 par Askold Lozynskyj, toujours actif, dont le New-York Times avait publié ce courrier du 18 juillet 2002 : « quand les Soviets furent contraints à la retraite devant l’invasion des nazis en juin 1941, ils massacrèrent leurs prisonniers […] d’Ukraine occidentale arrêtés et internés par dizaines de milliers en 1939 […]. Ce fut accompli avec l’aide des communistes locaux, surtout ethniquement juifs. Ce massacre ne constituait malheureusement pas une aberration des œuvres soviétiques en Ukraine. En 1932-33 en Ukraine orientale, les Soviets avaient déjà assassiné environ 7 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ukrainiens au moyen d’un génocide stratégiquement planifié de famine artificielle. L’homme choisi par Joseph Staline pour perpétrer ce crime était un juif, Lazare Kaganovitch. Le célèbre historien britannique Norman Davies a conclu qu’aucune nation n’avait eu autant de morts que l’Ukraine. Ce qui fut dans une large mesure le résultat des œuvres à la fois des communistes et des nazis. Les Russes et les Allemands étaient des barbares. Mais les juifs étaient les pires. Ils trahirent leurs voisins et le firent avec tant de zèle ! ».

Les succès remportés par l’opération conjointe de séduction et de châtiment poussèrent les banderistes à l’imprudence : fin mai 2006, à l’Arc de Triomphe, ils rendirent hommage officiel à Petlioura sous la protection des forces de police. La LICRA, qui se rappelait que l’exécution du pogromiste Petlioura par le juif ukraino-bessarabien Schwartzbard, en 1926, était à l’origine de sa création, protesta vivement bien que son président appartînt au même parti que les gouvernants français, dont le ministre de l’intérieur Sarkozy.

L’offensive sembla bloquée, mais la conjoncture « ukrainienne » l’a relancée considérablement. Sa puissance vient de se manifester par l’organisation du 8 au 11 mars d’un colloque à couverture universitaire : « La Shoah en Ukraine. Nouvelles perspectives sur les malheurs du XXe siècle », sous l’égide des publicistes, notoires pour leurs écrits russophobes, Philippe de Lara et Galia Ackerman. Ces solides défenseurs de l’Ukraine de Maïdan ont entraîné dans l’opération l’Inalco, Paris 2 et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, associée à son financement. L’opération, promue par Libération, quotidien auquel la russophobie tient lieu de ligne de politique extérieure, a été tuteurée par l’ambassade d’Ukraine. Celle-ci a fourni, outre la masse de l’assistance fort excitée, les intervenants ukrainiens, dont Volodymyr Vyatrovych, singulier « historien » banderiste connu de longue date. Celui-ci, au cours d’une intervention dont une vidéo va sans doute être mise en circulation, y a notamment déclaré, entre autres énormités, et sans que les chercheurs français prennent l’initiative de quitter la salle : « nous, Ukrainiens et juifs, nous avons de quoi avoir honte pour nos ancêtres », les uns et les autres ayant également procédé à des massacres.

Les mises en garde d’universitaires étrangers n’avaient pas manqué contre de tels partenaires, ce dont témoignent les articles des 10 et 13 mars du site lescrises.fr

http://www.les-crises.fr/une-histoire-faussee-ne-cree-pas-damis-par-andreas-umland/

http://www.les-crises.fr/un-revisionniste-ukrainien-a-la-sorbonne-ce-week-end-action/

http://www.les-crises.fr/volodymyr-viatrovich-l-historien-qui-blanchit-le-passe-historique-de-l-ukraine-par-josh-cohen/ ;

Une des participantes de la session, Delphine Bechtel, germaniste civilisationniste de Paris 4, attirée dans ce piège, avait cru pouvoir « contrer » cette prévisible tempête banderiste. Elle a admis, au terme d’un colloque sur lequel on attend une information complète, que « tout cela [était] très grave et entach[ait] notre université et nos institutions ». Accablée, elle a projeté d’écrire « texte commun » de protestation des universitaires français associés à ce désastre, texte qui n’a, à ma connaissance, pas été rédigé. Le serait-il qu’il ne réglerait pas l’essentiel : une fraction de « l’université française » spécialiste de la « destruction des juifs d’Europe » a été associée à cette opération banderiste, aux côtés de pro-banderistes français notoires ; et elle n’a, à cette date, ni admis s’y être fourvoyée, ni mis en garde contre les périls imminents. Elle redoute plus que tout une protestation officielle qui mettrait les Ukrainiens invités et leur relais politiques et de presse en mesure « de dire que [les universitaires français participants sont] un ramassis de bolcheviques. »

J’ignore comment les participants français pourront justifier en termes académiques leur présence à une telle session, effarante, tant par son contenu que par sa conclusion : « après le dernier dîner » dudit colloque, qui avait eu lieu « dans un restaurant de la rue Racine, choisi précisément pour son emplacement, les participants ont été invités à se réunir à l’endroit où Petlioura avait été tué par Schwartzbard en 1926 ». Il n’a pas été précisé si des Français étaient présents à cette ultime étape des festivités.

La situation est d’autant plus grave qu’une nouvelle étape du mensonge historique assorti du badigeonnage des banderistes se prépare, plus grave encore car sous la seule bannière universitaire : le Mémorial de Caen vient d’annoncer qu’il organisera, les 22-24 novembre 2017, un colloque sur la « mémoire des génocides », d’où « l’histoire » avérée des génocides sera strictement bannie, et où « [les] famines programmées et [les] grandes purges de la Russie soviétique des années 1930 » voisineront, entre autres, avec l’« extermination des Juifs et des Tziganes par l’Allemagne nazie et [la] guerre d’anéantissement à l’Est durant la Seconde Guerre mondiale ». J’en reparlerai.

Annie Lacroix-Riz est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris 7.

Notes

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De la Fondation Saint-Simon à Emmanuel Macron

Publié le par Felli Bernard

Comment faire du neuf avec du vieux

De la Fondation Saint-Simon à Emmanuel Macron

La subite apparition d’un nouveau parti politique, En Marche !, sur la scène électorale française, et la candidature de son président, Emmanuel Macron, à la présidence de la République ne doivent rien au hasard. Les partisans de l’alliance entre la classe dirigeante française et les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai.

| Damas (Syrie)
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Henry Hermand, l’un des principaux créateurs de la Fondation Saint-Simon, a parrainé la carrière d’Emmanuel Macron. Il fut son témoin, lors de son mariage en 2007. Il le fit entrer en 2012 à l’Élysée et créa son parti politique à l’Institut Montaigne, en 2016.

Il est impossible de comprendre la soudaine apparition sur la scène politique partisane d’Emmanuel Macron sans connaître les tentatives qui l’a précédée, celles de Jacques Delors et de Dominique Strauss-Kahn. Mais pour comprendre qui se tient dans les coulisses, un retour en arrière est nécessaire.

1982 : la Fondation Saint-Simon

Des universitaires et des directeurs de grandes entreprises françaises décidèrent, en 1982, de créer une association afin de favoriser « la rencontre entre les chercheurs en sciences sociales et les acteurs de la vie économique et sociale, [et] de diffuser auprès du public les connaissances produites par les sciences humaines et sociales ». Ce fut la Fondation Saint-Simon [1].

Durant près de vingt ans, cet organisme imposa le point de vue de Washington en France, créant ce que ses détracteurs appelèrent « la pensée unique ». La Fondation décida de se dissoudre, en 1999, après les grèves de 1995 et l’échec de la réforme du système de retraite.

La Fondation organisa 70 séminaires annuels auxquels participèrent chaque fois une quarantaine de personnes. Elle publia 110 Notes mensuelles et une quarantaine de livre. Enfin, plus discrètement, elle organisa un dîner mensuel réunissant des universitaires, des chefs d’entreprises du CAC40, et les principaux patrons de presse du pays.

Durant ces dîners, non seulement les points de vue se rapprochèrent, mais les patrons de presse décidèrent des sujets qu’ils aborderaient et la manière dont ils les traiteraient. Progressivement, le pluralisme de la presse s’effaça devant le « devoir d’informer », puis devant le « pouvoir de former » les esprits.

La Fondation avait été créée par d’un côté l’historien François Furet et le sociologue Pierre Rosanvallon, de l’autre le lobbyiste Alain Minc, l’industriel Roger Fauroux, le banquier Jean Peyrelevade, et enfin l’éditeur Yves Sabouret et l’intellectuel Jean-Claude Casanova. Son financement avait été imaginé par Henry Hermand, une éminence grise de la gauche non-communiste.

Toutes ces personnalités étaient alors connues pour leurs liens avec un puissant groupuscule états-unien : les néo-conservateurs. Ces intellectuels trotskistes venaient de rejoindre le président républicain Ronald Reagan. Dépassant les concepts de « droite » et de « gauche », ils affirmaient combattre le stalinisme et vouloir « démocratiser » le monde par tous les moyens. Ils ne cachaient pas leur admiration pour le philosophe Leo Strauss, théoricien d’une dictature globale éclairée. Certains d’entre eux, créèrent la National Endowment for Democracy (NED) et le United States Institute of Peace. Malgré les apparences, ces deux fondations ont été conçues comme des instruments au service des « Cinq yeux », c’est-à-dire de l’accord entre les services secrets de l’Australie, du Canada, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni.

Au départ, la Fondation Saint-Simon bénéficia de subventions de la John M. Olin Foundation, qui avait invité François Furet à enseigner à Chicago. Cet organisme états-unien, marqué très à droite, avait déjà financé les trotskistes néo-conservateurs. Rapidement, la Fondation Saint-Simon adhéra à The Hague Club (le Club de La Haye), une supra-structure de la Fondation Rockefeller chargée de financer une trentaine d’associations européennes atlantistes avec des Fonds de la CIA, puis de la NED.

C’est donc avec l’argent des services secrets états-uniens que furent organisés les dîners mensuels rassemblant des universitaires de renom et les patrons du CAC40 autour des directeurs d’Études, d’Esprit, d’Europe 1, de L’Expansion, de L’Express, du Figaro, de Libération, du Matin de Paris, du Monde, de M6, du Nouvel Observateur, de RTL et des journalistes stars d’Antenne2 et de TF1.

Dans les années 90, lorsque le sociologue britannique Anthony Giddens lança la « Troisième voie » pour adapter la rhétorique socialiste à l’économie de marché, la Fondation Saint-Simon célèbra avec enthousiasme ce tour de passe-passe porté par Bill Clinton et de Tony Blair.

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Anne Sinclair, journaliste vedette de TF1 et membre de la Fondation Saint-Simon, et son ami Jacques Delors, candidat officiel de la Fondation à la présidence de la République.

1993 : l’opération Jacques Delors & Martine Aubry

En 1993, les membres de la Fondation Saint-Simon décidèrent de lancer leur propre candidat à la présidence de la République : le président de la Commission européenne, Jacques Delors. Simultanément, ils préparèrent la montée en puissance de la fille de leur candidat, la ministre du Travail Martine Aubry, destinée à devenir sa Première ministre.

Jacques Delors, alors socialiste, avait débuté sa carrière politique à droite, au cabinet de Jacques Chaban-Delmas. Martine Aubry, alors socialiste, avait débuté comme responsable des relations publiques du groupe Pechiney, dont le directeur Jean Gandois deviendra « le patron des patrons ».

Tandis que les organes de presse dont les directeurs étaient membres de la Fondation commençaient à tresser les louanges de Jacques Delors et de sa fille, le trésorier de la Fondation, Alain Minc, créa dans les locaux de la Fondation deux organisations distinctes :
- l’Association nationale des entreprises pour l’insertion (ANEI), afin d’impliquer de grandes entreprises dans la campagne électorale de Delors.
- l’Association des amis de la Fondation Agir contre l’exclusion (FACE), pour financer l’ascension d’Aubry.

Après l’échec de François Bayrou au congrès des Démocrates sociaux (CDS), Jacques Delors prit acte de l’impossibilité de créer une nouvelle majorité rassemblant les socialistes et les centristes. Il renonça donc à se présenter à l’élection présidentielle. L’ANEI fut dissoute et ses actifs furent transférés à la FACE.

Le programme politique de la Fondation Saint-Simon et des Delors père et fille était de faire de la France le pilier de l’Union européenne. Il prévoyait de faire de la France le « hub » européen en y développant les transports routiers transversaux et de fonder l’économie sur un accroissement de la main d’œuvre. Il convenait donc de maintenir les femmes au travail et d’augmenter l’immigration. Dans la période transitoire, afin de contenir le chômage, il faudrait diminuer le temps de travail.

Ce programme a été partiellement appliqué, par la suite, avec le gouvernement Jospin, bien qu’alors la conjoncture internationale eut changée. En 1998 et 2000, la France adopta les 35 heures, cette fois contre l’avis du patronat qui les soutenait en 1993-95, et augmenta l’immigration du travail. Le résultat fut inverse à celui imaginé en 1993 : le chômage crût inexorablement. Le maintien des femmes au travail posa de nouveaux problèmes en termes de crèches, de temps de travail des enfants à l’école, et finalement de baisse du niveau des élèves. Dans ce contexte, la présence massive d’immigrés déstabilisa l’ensemble du système social.

1995 : l’opération Juppé-Notat de réforme des retraites

Le projet de loi du Premier ministre Alain Juppé (droite) sur la réforme des retraites fut soutenu par la revue Esprit et le syndicat CFDT (gauche) ; le tout coordonné par la Fondation.

C’est durant cette campagne que le sociologue Alain Touraine émergea comme porte-parole des Saint-Simoniens.

Cependant, face aux gigantesques grèves de décembre 95, le projet de loi dû être retiré. Victime de son échec, la Fondation Saint-Simon ne tarda pas à se dissoudre.

2000 : l’Institut Montaigne

En 2000, le groupe d’assurances AXA créé un nouveau think-tank, l’Institut Montaigne. Bientôt, il publie un ouvrage collectif d’universitaires et de chefs d’entreprise, Le Courage de réformer. Puis il prend le journaliste Philippe Manière comme directeur. Celui-ci a été formé par la Fondation Rockefeller au Centre Bellagio qui abrite The Hague Club.

L’Institut Montaigne milite pour des réformes économiques et sociales en tous points identiques à celles que la Fondation Saint-Simon entendait réaliser. En 2004, il rédige la Charte de la diversité en entreprise, immédiatement soutenue par la FACE et aujourd’hui adoptée par de nombreux groupes. En 2012, il publie un second livre collectif, Réformer par temps de crise. Après le retrait de Claude Bébéar de la direction d’AXA, son successeur à la tête de l’entreprise, Henri de Castries, en devient président.

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Anne Sinclair toujours, mais cette fois avec époux, Dominique Strauss-Kahn, candidat officieux de Terra Nova à la présidence de la République.

2008 : Terra Nova

En 2008, un collaborateur de Dominique Strauss-Kahn, Olivier Ferrand, créé l’association Terra Nova, dans des locaux prêtés par Henry Hermand. Ce nouveau think tank vise à faire entrer la modernité états-unienne dans la vie économique, sociale et politique de la France. Il fonctionne sur le modèle du Progressive Policy Institute créé par Bill Clinton et le sénateur pro-israélien Joseph I. Lieberman.

Comme la Fondation Saint-Simon avec le Crédit Lyonnais, Terra Nova entretient d’étroites relations avec des banques, principalement avec Rothschild & Cie.

En 2011, Terra Nova organisa la première primaire du Parti socialiste avec l’aide de la National Endowment for Democracy qui envoya pour cela à Paris son spécialiste, Tom McMahon. L’idée était de faire adopter par d’autres partis que les socialistes un candidat unique, Dominique Strauss-Kahn, de sorte qu’il soit en mesure de passer le premier tour de l’élection présidentielle et de l’emporter. Directeur du Fonds monétaire international, « DSK » devait faire entrer les Français dans la globalisation.

Malheureusement, il fut arrêté aux États-Unis peu avant la primaire dans laquelle il fut remplacé par Martine Aubry. La fille de Jacques Delors passa le premier tour, mais fut éliminée au second par François Hollande.

À la mort d’Olivier Ferrand, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, lui succéda à la présidence de Terra Nova.

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Mieux que Bill Clinton et Tony Blair : Emmanuel Macron, le gendre idéal.

2016 : l’opération Emmanuel Macron

Ce long préambule permet de comprendre le lancement de l’opération Emmanuel Macron.

À sa sortie de l’ENA, Emmanuel Macron a débuté, en 2004, au sein du cabinet de Jean-Pierre Jouyet. Ce dernier est un ancien collaborateur de Roger Fauroux (le président de la Fondation Saint-Simon) et de Jacques Delors (le candidat présidentiel de la Fondation). Par la suite Jouyet est devenu ministre de Nicolas Sarkozy (droite) puis secrétaire général de l’Élysée de François Hollande (gauche).

Emmanuel Macron fait alors un détour par la banque Rothschild & Cie. Puis entre à l’Élysée comme adjoint de Jean-Pierre Jouyet. À cette fonction, il remplace un autre associé-gérant de Rothschild & Cie, François Pérol.

En 2006, Emmanuel Macron rejoint le Parti socialiste et la Fondation Jean-Jaurès, dont une partie du financement est assurée par les trotskistes néo-conservateurs de la National Endowment for Democracy (NED). En 2007, il rejoint Les Gracques, un groupe d’anciens patrons et de hauts fonctionnaires, dont Jean-Pierre Jouyet est l’animateur. Cette association tente d’organiser une alliance entre le Parti socialiste et les centristes.

En 2012, Emmanuel Macron devient Young leader de la French-American Foundation [2], dont Philippe Manière (le directeur de l’Institut Montaigne) et Alain Minc (le trésorier de la Fondation Saint-Simon) sont administrateurs. C’est sur recommandation du même Alain Minc, qu’Emmanuel Macron devient Research Fellow à la London School of Economics, lorsqu’il quitte l’Élysée, en 2014.

En mai-juin 2014, Emmanuel Macron est invité à la réunion annuelle du Groupe de Bilderberg. L’ordre du jour prévoyait aussi bien la question de l’échange interétatique de Renseignement que l’architecture du Moyen-Orient post-Printemps arabes. Cette institution a été crée en marge de l’Otan qui en assure directement la sécurité, quel que soit le pays où elle se réunit. Son président actuel est le Français Henri de Castries, Pdg d’AXA et président de l’Institut Montaigne.

En 2016, dans les locaux de l’Institut Montaigne, Emmanuel Macron créé son propre parti, En Marche !, avec l’aide d’Henry Hermand (un des principaux mécènes de la Fondation Saint-Simon, puis de Terra Nova) [3]. Après s’être largement expliqué sur les plateaux de télévision, l’homme décéde en novembre 2016, à 92 ans. L’originalité de ce parti est que, durant ses huit premiers mois, il n’aura pas ni programme, ni proposition, juste un candidat à la présidentielle. Cela ne l’empêchera pas d’être rejoint par toutes sortes de personnalités politiques qui n’eurent pas besoin qu’on leur précise ce qu’elles savaient déjà : le programme de Macron, c’est celui de Delors et de Strauss-Kahn.

Si la candidature de Jacques Delors visait à faire de la France le pilier de l’Union européenne, celle d’Emmanuel Macron comme celle de Dominique Strauss-Kahn entend faire entrer les électeurs (on n’ose plus dire les « Français ») dans la globalisation. Le soutien apporté par les médias est beaucoup plus facile que deux décennies auparavant car ils se sont concentrés et que les six principaux patrons de presse sont favorables à la globalisation.

Macron étant candidat à la présidentielle, Aubry renonce cette fois à se présenter à la primaire socialiste. En février 2017, François Bayrou, qui n’avait pu emmener les Démocrates-sociaux à soutenir Jacques Delors, apporte son soutien à Emmanuel Macron.

C’est ainsi que l’on fait du neuf avec du vieux. Chaque année les Français célèbrent dans la fête le « beaujolais nouveau », puis ils retournent à leurs occupations. Car, à la différence de la « France éternelle » de De Gaulle, cette aimable piquette ne se conserve pas.

Durant une dizaine d’années, l’auteur a participé à de nombreux séminaires de la Fondation Saint-Simon.

[1] « La face cachée de la Fondation Saint-Simon », par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 10 février 2004.

[2] « Un relais des États-Unis en France : la French American Foundation », par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 19 avril 2007.

[3] « Henry Hermand : "Mon soutien à Macron ne doit pas faire plaisir à Hollande" », Mathilde Siraud, Le Figaro, 18 septembre 2016.

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Pyongyang rate un essai de missile après un défilé militaire géant

Publié le par Felli Bernard

Pyongyang rate un essai de missile après un défilé militaire géant

Parade militaire à Pyongyang, le 15 avril 2017, à l'occasion du 105e anniversaire de Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée / © AFP / ED JONES

Pyongyang a essuyé un échec dimanche lors d'un essai de missile, a annoncé l'armée américaine, au lendemain d'une démonstration de force du régime nord-coréen avec une gigantesque parade militaire.

Ce tir de missile raté est un revers pour la Corée du Nord, au moment où les tensions sur la péninsule sont attisées par des déclarations belliqueuses de Pyongyang et Washington.

Le président américain Donald Trump, qui a dépêché dans la zone un groupe aéronaval, avait affirmé jeudi sa volonté de "traiter" le "problème" des programmes balistique et nucléaire nord-coréen interdits. La Corée du Nord a répondu samedi en se déclarant prête à riposter par la force nucléaire à toute attaque atomique.

Les Etats-Unis ont confirmé dimanche que le régime nord-coréen avait procédé dans la matinée à un essai de missile, comme venait de l'annoncer Séoul: "Le missile a presque immédiatement explosé", a déclaré Dave Benham, porte-parole du Pentagone.

Ni Séoul ni Washington n'ont été en mesure de déterminer dans l'immédiat la nature du missile en question, mais le timing de ce tir semble avoir été soigneusement choisi.
 

Le leader nord-coréen Kim Jong-Un (c) assiste, le 15 avril 2017 à Pyongyang, à une grande parade militaire à l'occasion du 105e anniversaire de Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée / © AFP / ED JONES

Il est en effet intervenu au lendemain du défilé militaire géant organisé par le régime de Pyongyang pour le 105e anniversaire de la naissance du fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-Sung.

Une parade au cours de laquelle ont été exhibés une soixantaine de missiles et notamment ce qui semblait être un nouveau type de missile balistique intercontinental.

Ce tir a en outre été effectué quelques heures seulement avant l'arrivée en Corée du Sud du vice-président américain Mike Pence pour des discussions qui se concentreront sur la menace nord-coréenne.

- Message à l'ennemi américain -
 

Parade militaire à Pyongyang, le 15 avril 2017, à l'occasion du 105e anniversaire de Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée / © AFP / ED JONES

Pyongyang a considérablement accéléré ses programmes balistiques et nucléaires, pourtant interdits par la communauté internationale. Depuis le début 2016, le régime nord-coréen, l'un des plus isolés au monde, a ainsi réalisé deux essais nucléaires -les quatrième et cinquième de son histoire- et des dizaines de tirs de missiles.

La Corée du Nord a pour habitude de marquer les grandes dates du régime par des tirs de projectiles, dont certains se sont récemment abîmés dangereusement près du Japon. Ces essais sont aussi souvent des messages adressés à l'ennemi américain.

Certains redoutaient cependant que Kim Jong-Un ne prenne prétexte de l'anniversaire de samedi pour réaliser un sixième essai nucléaire.

Selon les analystes de "38 North", un site internet qui fait autorité sur le régime communiste et qui s'appuie sur plusieurs images satellites récentes, le site d'essais nucléaires de Punggye-ri est ainsi "amorcé et prêt" à servir.
 

Le site d'essais nucléaires nord-coréen / © AFP / Laurence CHU, John SAEKI

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a indiqué que M. Trump et son équipe de conseillers militaires étaient "au courant" de ce tir, mais n'avaient "pas plus de commentaire à faire".

Selon le Pentagone et les Sud-Coréens, ce tir raté a été effectué depuis le site de Sinpo, sur la côte est.

"Il est probable que ce tir était un essai d'un nouveau type de missile, ou d'un missile amélioré, ce qui fait qu'il est fort possible qu'il y ait prochainement une nouvelle provocation", a déclaré Kim Dong-Yub, expert à l'Institut des études d'extrême-Orient de l'Université Kyungnam de Séoul.

Guerre totale
 

Pyongyang : Kim Jong-Un préside un défilé militaire / © KCNA/AFP / -, Farid Addala

C'est au large de Sinpo que se trouvait en août le sous-marin nord-coréen auteur du tir d'un missile balistique qui avait parcouru 500 km en direction du Japon.

A l'époque, Kim Jong-Un avait parlé du "plus grand succès" du régime dans l'optique de placer le territoire américain à portée des missiles nord-coréens.

Pyongyang, qui affirme que ses programmes nucléaire et balistique sont une réponse à la menace américaine, ne cache pas que leur objectif est justement d'être en mesure de porter le feu nucléaire sur le sol américain.

Signe de l'aggravation des tensions, les Etats-Unis ont décidé d'envoyer vers la péninsule coréenne le porte-avions Carl Vinson et son groupe aéronaval.

Et reprenant la rhétorique bien connue de Pyongyang, le numéro 2 du régime nord-coréen Choe Ryong-Hae a promis samedi que son pays était "prêt à répondre à une guerre totale par une guerre totale".

Certains experts estiment que Pyongyang est à deux ans d'être en mesure d'avoir une véritable capacité de missiles intercontinentaux.

Une véritable force de frappe balistique depuis ses sous-marins renforcerait nettement la dissuasion nucléaire nord-coréenne.


(©AFP / 16 avril 2017 07h12)

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