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Consensus des Hollande, Valls, Macron, Hamon, Mélenchon, du MEDEF et de la finance, pour la Fermeture de Fessenheim

Publié le par Felli Bernard

Consensus des Hollande, Valls, Macron, Hamon,
Mélenchon, du MEDEF et de la finance, pour la Fermeture de Fessenheim
Le Comité Valmy pour le maintien de la filière nucléaire française et le développement de la recherche

lundi 30 janvier 2017, par Comité Valmy

 

Les syndicats d’EDF mobilisent contre la fermeture de Fessenheim

Consensus des Hollande, Valls, Macron, Hamon,
Mélenchon, du MEDEF et de la finance,
pour la Fermeture de Fessenheim

Le Comité Valmy
pour le maintien de la filière nucléaire française
et le développement de la recherche.

Mardi 24 janvier 2017, le conseil d’administration d’EDF a donné son feu vert à la fermeture de la centrale de Fessenheim en votant la première mesure qu’elle implique, l’acceptation de l’indemnisation proposée par l’État pour cette condamnation. (490 millions d’euros pour sa part fixe (soit à peine un peu plus d’un an de revenus engendrés par la centrale)

Lors de ce vote, <

 Les 5 représentants es qualité de l’État se sont abstenus, car il y avait "conflit d’intérêt".

 Les 6 représentants des salariés, toutes sensibilités confondues, ont unanimement voté contre cette première mesure.

 Les 6 membres « indépendants » (de qui ?) ont tous voté pour cette première mesure.

Le président Jean-Bernard Levy, considéré comme « indépendant » (bien que nommé par le Président de la République), a aussi voté pour, et sa voix compte pour deux. Il fit une grande partie de sa carrière dans la finance (ODDO)

Qui sont ces « indépendants ? Tous des membres grassement rémunérés de nombreux conseils d’administration, directeurs chez Lafarge, Vallourec, Saint Gobain, de Bouygues, etc., voire des personnalités que nous n’avons pas à présenter comme Laurence Parisot, ancienne patronne du MEDEF.

La population locale et ses élus étaient contre, les travailleurs du nucléaire sont contre, les citoyens apprécieront cette fermeture et la perte d’indépendance, les pollutions engendrées, les contribuables seront fort satisfaits de voir que l’on paiera pour fermer la centrale et pour l’électricité produite à grand frais grâce au gaz du Qatar, (la première cargaison vient d’arriver à Dunkerque)

Selon J.L. Mélenchon, "Il faut fermer la centrale de Fessenheim au plus vite."

Valerie Goncalves Andral, une dirigeante nationale du Parti communiste Français en charge de l’énergie, exprimant la vision de son parti, nous rappelle que « le programme de la « France insoumise », c’est la fermeture de la Centrale de Fessenheim, l’abandon de la prolongation de vie des centrales nucléaires au-delà de 40 ans, de tous les projets d’EPR et du centre d’enfouissement des déchets »…

« Il a décidé d’en finir avec la 3ème industrie française avec comme conséquence la perte de milliers d’emplois qualifiés et la perte d’un savoir-faire reconnu dans le monde entier. Melenchon décide désormais à la place des citoyens qu’il nous faudrait abandonner l’atout nucléaire ».

« Qu’ira-ton raconter au million de travailleurs du secteur notamment les 300 000 ouvriers, cadres et ingénieurs de la filière nucléaire, qui par le passé votaient massivement pour le PS et le PCF ».
« Cette posture programmatique qui joue sur les peurs expédie aux calendes grecques, la difficile équation énergétique, équation qui doit tenir compte des besoins mondiaux de développement, de l’épuisement des ressources, et du grave problème du réchauffement climatique ».

Le Comité Valmy partage ce point de vue du PCF, dont il se félicite. Il insiste aussi sur l’importance décisive que représente le nucléaire civil en termes de souveraineté énergétique pour notre pays et comme atout, dans combat pour un rétablissement rapide de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale.

Il est à noter que tous les candidats issus du PS ou satellite, sont favorables à des degrés divers à la sortie du nucléaire y compris Macron, bien qu’il entretienne un flou hypocrite sur cette question comme sur d’autres. A droite François Fillon n’entend pas fermer Fessenheim.

Le Comité Valmy est favorable au développement d’une recherche scientifique méthodique dans le domaine énergétique. Cette recherche doit être indépendante des puissances de la finance et des influences étrangères et ne relever que de l’intérêt national.

Dans les conditions objectives actuelles, le Comité Valmy défend le maintien et l’amélioration du nucléaire civil, comme un atout actuellement sans alternatives crédibles, pour la France.

28 janvier 2017
Le Bureau national du Comité Valmy

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Pourquoi votre gauche n’est pas la nôtre

Publié le par Felli Bernard

Pourquoi votre gauche n’est pas la nôtre


Par Bruno Guigue – 25 janvier 2017 – Source Arrêt sur Info

Vous pourrez faire toutes les primaires que vous voudrez, votre gauche ne nous inspirera que du mépris. Charlatans au sourire enjôleur ou matamores au style mussolinien, vous êtes des progressistes de pacotille. Vous voulez un monde plus solidaire, paraît-il, mais vous n’avez cessé d’approuver l’ingérence occidentale dans les affaires des autres. Honte à vous, héritiers de Guy Mollet ! Votre humanisme se métamorphose toujours en arrogance néo-coloniale. La lutte contre la pauvreté, à vos yeux, c’est lorsque les pays riches commandent aux pays pauvres.

 

Socialistes, ou gauchistes, vous avez jeté Jaurès aux orties depuis belle lurette. La guerre, vous en redemandez ! Pour répandre la « démocratie », vous comptez sur les vertus pédagogiques des B 52. En guise de publicité pour les « droits de l’homme », vous exigez le bombardement de pays qui ne nous ont rien fait. Ignobles jusqu’au bout, vous réclamez l’embargo, cette arme des riches contre les pauvres. Que vaut votre compassion pour les réfugiés, quand vous privez les Syriens de médicaments pour les punir d’avoir soutenu leur gouvernement ?

Faux-derches de première, vous livrez des armes, en Syrie, à ces allumés de la charia que vous prétendez combattre en France. Affreux terroristes au Bataclan, rebelles modérés à Idleb, quel tour de passe-passe, vous êtes experts en transformation chimique ! Vous dites que vous détestez ces criminels, et pourtant vous les aimez chez les autres. Vous y tenez, à votre lune de miel avec les coupeurs de têtes ! Votre égérie n’est-elle pas Élisabeth Badinter, féministe milliardaire qui clame son islamophobie tout en assurant à la tête d’Havas la promotion publicitaire du royaume saoudien ?

Vous êtes très forts pour prononcer des incantations à la gloire de la laïcité, mais vous allez quand même vous aplatir devant le CRIF, cette officine confessionnelle qui sert d’ambassade officieuse à un État-voyou. Avec M. Valls, vous roulez des mécaniques face aux musulmans, mais face aux sionistes, vous vous livrez à un concours de lèche-bottes. Le communautarisme vous répugne, paraît-il ? Oui, sauf lorsqu’il est au service d’une puissance étrangère qui spolie les Palestiniens et bombarde la résistance arabe en Syrie avec votre complicité.

Reniements, trahisons, la liste est longue. Vous prétendez défendre les intérêts du peuple, mais vous lui refusez l’exercice de la souveraineté. Au lieu de lui restituer le pouvoir usurpé par les riches, vous lui imposez le carcan d’une Union européenne qui tue la délibération démocratique, sanctuarise le dogme monétariste et asservit les travailleurs à la loi d’airain du capital. Au nom d’un internationalisme dévoyé, vous êtes les fourriers des multinationales qui ont colonisé l’Europe, vous avez bradé la souveraineté, discrédité l’idée nationale, abandonnée par votre faute aux imposteurs de l’extrême-droite.

Vous dites, la main sur le cœur, que vous êtes pour la réduction des inégalités, mais vous vous interdisez de toucher aux structures qui les nourrissent. Vous condamnez verbalement les effets sans chercher le moins du monde à agir sur les causes. Vous voulez mieux répartir les richesses, mais sans préjudice pour ceux qui les détiennent. Vous vous proclamez socialistes, mais vous ménagez le capital, vous cajolez la finance, vous montrez patte blanche à ceux qui possèdent l’argent et l’influence.

Où sont les propositions de gauche, dans vos programmes ? Où est la sortie de l’OTAN et de l’Union européenne ? Où sont la nationalisation des banques, la taxation des activités spéculatives, le plafonnement des revenus, la relocalisation des industries, le développement des services publics, le protectionnisme raisonné, le contrôle des mouvements de capitaux, la refonte de la fiscalité et l’éradication de la fraude, où sont, en un mot, l’abolition des privilèges de l’oligarchie financière et le rétablissement de la souveraineté populaire ?

Notre gauche n’est pas la vôtre. Pour nous, la gauche, c’est Sarah Wagenknecht, qui réclame au Bundestag la sortie de l’OTAN et le dialogue avec la Russie. C’est Tulsi Gabbard, élue hawaïenne du parti démocrate américain, qui exige la fin de la stratégie du chaos au Moyen-Orient. C’est le parti communiste syrien qui combat, au côté des baasistes, les mercenaires wahhabites. C’est le Front populaire tunisien, qui défend le progrès social et l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est cette gauche française qui se réveille, dans « La France insoumise », au PRCF ou ailleurs, pour tirer un trait sur des décennies d’imposture socialiste.

Cette gauche, moins connue, c’est aussi celle des communistes indiens du Kérala, qui ont donné à cet État de 33 millions d’habitants le meilleur indice de développement humain du sous-continent. C’est celle des communistes cubains qui ont obtenu, dans un pays isolé par le blocus impérialiste, un taux de mortalité infantile inférieur à celui des USA et élu 48% de femmes à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. Ce sont tous ceux, en Bolivie et au Venezuela, qui ont fait reculer la pauvreté de masse et redonné leur fierté aux peuples sud-américains.

Cette gauche, la vraie, contrairement à cette contrefaçon qui se donne en spectacle à la télévision, prend au sérieux le droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Elle sait que, sans l’indépendance nationale, la souveraineté populaire n’est qu’un leurre. Son patriotisme ne l’éloigne pas de son internationalisme, car elle revendique pour chaque pays le droit de suivre sa voie dans le respect des autres. Elle ose s’attaquer aux structures de la domination capitaliste, elle en prend le risque, au lieu de fuir lâchement devant l’obstacle, faisant allégeance aux puissants et jouant le rôle de supplétifs dont leurs maîtres se débarrasseront à la première occasion.

Bruno Guigue est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion

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Astana, et après ?

Publié le par Felli Bernard

 

Astana, et après ?

 

 

 

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Ou la fin annoncée de la lutte des classes

Publié le par Felli Bernard

Ou la fin annoncée de la lutte des classes


Par Zénon − Janvier 2017

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Une fois n’est pas coutume : je vais aborder le sujet par un constat positif… N’en déplaise aux farouches partisans de la dépopulation volontaire, les découvertes technologiques et scientifiques de l’humanité depuis la première révolution industrielle, ainsi que les immenses étendues de terres arables non-cultivées sur le globe, pourraient permettre à plus de neuf milliards d’êtres humains de s’alimenter sans problème. Mieux : l’essor de la robotique et de l’intelligence artificielle devrait réduire la somme de travail nécessaire à la subsistance d’autant de gens à tout au plus trois, quatre heures par jour et par personne. Nous serions en mesure de consacrer tout ce temps au partage, à l’éducation de nos enfants, au voyage, à la recherche, d’apprendre continuellement tout au long de la vie et même, pourquoi pas, de nous interroger un peu davantage sur son sens.

 

Instruits de toutes les erreurs du passé, nous pourrions réfléchir aux moyens de rétablir une juste équité entre les devoirs et les droits. Nous pourrions redéfinir complètement la manière dont décider des questions publiques et du bien commun. Nous pourrions nous pencher sérieusement sur la réparation des dégâts du nucléaire et résoudre bien d’autres problèmes encore insolubles. Nous pourrions enfin viser l’épanouissement de tous au lieu du profit de quelques-uns. Mais en la situation actuelle, c’est impossible. Car comme nous le savons, le système prédateur de l’oligarchie mondialiste nous l’interdit.

Il semble même qu’au contraire, l’élite autoproclamée ait choisi l’élimination progressive de toutes ses petites mains devenues l’une après l’autre surnuméraires. Malgré les piètres tentatives des statisticiens chargés d’enfumer l’auditoire, le chômage de masse continue à se répandre et gagner de plus larges couches de la société. Dans quasiment tous les corps de métiers, le travail tel que nous le connaissions, devenu dans une large mesure inutile, est en passe de disparaître… Mais au lieu de libérer de son astreinte ceux qui jusqu’alors l’occupaient, l’emploi s’est petit à petit tourné vers un autre but. S’il se perpétue de nos jours, ce n’est plus seulement pour l’enrichissement d’une petite caste de privilégiés, mais aussi et surtout afin d’occuper tout un pan de l’espèce humaine à l’éradication des autres. Cela peut sembler brutal énoncé de la sorte, mais grattons sans nous mentir le vernis de nos fonctions respectives : nous ne pouvons que reconnaître œuvrer en l’état actuel des choses à notre autodestruction.

Commençons par ordre alphabétique (c’est une manie) avec l’agroalimentaire. En vue de produire la nourriture au rabais qu’exige la grande distribution, l’agriculture industrielle, aujourd’hui principalement d’exportation, empoisonne durablement les sols et précarise tout l’écosystème planétaire. Parallèlement, toute une armada d’ingénieurs s’adonne à la chimie amusante en cherchant quelle combinaison d’additifs peut mieux camoufler leur toxicité, tandis que fonctionnaires de France et d’Europe veillent à l’application de règles encadrant l’appauvrissement des produits de la Terre en nutriments. Tout ce petit monde s’active à généraliser les carences pour le plus grand bonheur des labos pharmaceutiques. Quant au FMI et à ses relais gouvernementaux, ses programmes d’ajustements structurels affament les populations à l’échelle de pays entiers.

L’artisanat, jadis premier employeur de France, se trouve en phase terminale d’extinction. Ces micro-entreprises étranglées par le RSI ferment boutique par centaines chaque mois, laissant pour seuls souvenirs des rangées de rideaux fermés dans les rues. L’ébéniste avec encore des années à cotiser finira sa carrière salarié chez un des grands groupes qui l’ont coulé. Et déconseillera le plus souvent aux jeunes de s’aventurer dans la profession.

Si les instituteurs, professeurs des collèges et lycées n’en peuvent plus, ce n’est pas pour cause de salaires insuffisants, de manque d’effectifs ni de moyens matériels. S’ils craquent, c’est parce que leurs élèves les renvoient chaque jour à l’inutilité de cours et de leçons pour eux vides de sens. Parce qu’engagés le plus souvent dans le métier par vocation d’enseigner, ils se retrouvent plus ou moins consciemment à formater les jeunes et non les instruire.

Si autant de policiers se foutent en l’air chaque année, ce n’est sûrement pas par remord d’avoir malmené untel ou untel au cours d’une intervention, mais parce qu’au quotidien confronté à une violence endémique, délibérément permise et encouragée par l’autorité publique, ils réalisent fatalement que, loin de défendre la veuve et l’orphelin, leur boulot consiste essentiellement à compter les points.

La désindustrialisation et la disparition de la classe ouvrière dans les pays occidentaux ne sont pas nouvelles. En revanche, on observe désormais la mécanisation grandissante des services : robots ménagers, livraisons par drones, dématérialisation des démarches et fin des guichets administratifs, calculs de résultats prévisionnels et infographies réalisés par des algorithmes… Tout ce dont nous avions le savoir-faire se voit remplacé par des tâches de supervision, de communication, ou encore, plus confusément, de « prospective ». Dans le meilleur des cas, sans aucun intérêt pour soi ni utilité commune.

Cette déliquescence est la même partout… Aussi bien chez l’emblème du capitalisme que sont les chaînes de fast-food, où les ados employés ont pour consigne d’orienter le client vers les automates qui les supplantent, que dans les services publics, où les effectifs ne se maintiennent une raison d’être qu’à travers l’artificielle et permanente complexification des procédures. Cette inefficience programmée sert d’ailleurs à justifier la délégation des missions régaliennes au secteur privé : l’objectif étant que dans un avenir proche, il nous faille payer pour obtenir certificat de naissance ou livret de famille.

Toute la science que nous mettons à nous cacher la réalité n’y change rien : le travail est aussi condamné que ce modèle social finissant… Les cadres pressurisés par l’injonction à la performance ont autant la tête dans le guidon que le petit personnel enrôlé à l’abus des clients pour le profit à court terme, et ne peuvent s’apercevoir de l’absurdité suicidaire de continuer à faire tourner la roue du système… Combien suent sang et eau à quelque chose qu’ils ne comprennent pas ? Combien font semblant d’être utiles et s’occupent pour éviter de regarder tomber les autres ?

Beaucoup d’entre nous demeurent sincèrement convaincus de pouvoir, par leur présence et leur action, infléchir la tendance depuis l’intérieur du système… Mais le verrouillage des leviers de commande est tel que meilleure soit la volonté, et si grands ou nobles soient les efforts en ce sens, nous n’y récoltons au mieux qu’une volée de bois vert. Et que même par la contestation officielle, nous y participons malgré nous. Au point de dépendance où nous sommes rendus, il nous est devenu impossible de tirer nos marrons du feu sans concourir à ce grand sabotage.

Nous observons au quotidien toutes les conséquences, les ravages de notre suivisme et de nos réticences à nous remettre en cause… Mais nous continuons, continuons, à tourner en boucle comme des hamsters dans leur roue. Non tant par lâcheté que par inconscience, et par culpabilité judéo-chrétienne à l’idée de compter parmi les inactifs, « assistés » et autres poids morts de la société. En somme, par peur de se désolidariser de la norme et peut-être aussi de perdre nos petits niveaux de vie. Nous avons renoncé l’un après l’autre aux droits et protections durement acquis par un siècle de luttes, sous prétexte de ne pas perdre nos pitoyables indemnités journalières ou notre place dans la société. Nous avons, au prétexte d’avoir quand même des gosses à nourrir, toléré pour ce faire l’hypothèque de leur avenir. Comme des grenouilles dans la casserole, nous restons dans l’eau frémissante croyant que le printemps arrive… Nous sommes pourtant voués à mourir un jour. Jusqu’où irons-nous dans l’avilissement pour nous convaincre d’y échapper ?

In fine, l’intelligentzia globaliste entend à la fois nous faire accepter la mise au ban de tous les inadaptés à sa cause, et le contrôle total de ses derniers bons petits soldats. Tandis que nos métiers s’éteignent l’un après l’autre, faute d’être rentables au système en place, nous devenons de plus en plus nombreux à dépendre des aides sociales pour subsister. Croyez-vous qu’un tel gouffre financier puisse être le fait d’une quelconque philanthropie d’État ? Ou bien celui-ci cherche-t-il à tuer dans l’œuf toute insurrection en s’assurant que nous ne puissions plus vivre sans lui ?

Le fameux revenu universel que l’on essaye de nous vendre à différentes sauces relève du même procédé. Devant l’impossibilité d’essorer toujours davantage les contribuables, son financement supposerait soit de mettre fin à l’évasion fiscale, soit de taxer les transactions boursières ou les profits des multinationales. Ne soyons pas dupes. Si celles-ci consentent à lâcher ne seraient-ce que quelques milliards pour le projet, c’est que les tenanciers de la haute finance y ont intérêt. Et quel autre, sinon celui de réduire la main-d’œuvre obsolète à une soumission totale et définitive ? « Si c’est gratuit, c’est vous le produit. » Après deux, trois expériences dans quelques pays-laboratoires, ce revenu de base sera probablement la meilleure façon de faire accepter la disparition du cash déjà en cours, mais également la mise en circulation d’une monnaie mondiale numérique… D’abord « inconditionnel », il sera peu à peu soumis à l’acceptation de nouvelles contraintes. Puis fera l’objet d’un chantage à propos de la vaccination des enfants, de l’euthanasie forcée, du puçage, clonage, du don et marché d’organes… L’idée est de contenir à feu doux la grogne des peuples pour se donner le temps d’exterminer en douceur, sans trop que ça tache, les marées humaines oisives et dangereuses que nous sommes… Notre nombre est trop grand pour qu’ils nous éliminent d’une traite, ou qu’ils nous contraignent de force à de telles mesures. C’est pourquoi nous maintenir individualistes, indifférents à l’autre et perpétuellement divisés est la condition sine qua non à leur réussite.

Le peuple supporte pour l’instant la situation sous prozac, mais le jour approche où il n’y aura plus assez de rustines pour que la roue tourne. Alors se multiplieront les pétages de plombs, violences et immolations sur les lieux de travail… Dans le paradigme actuel, nous n’y pouvons rien. La catastrophe restera inéluctable tant que nous continuerons de croire en un changement venu d’en haut, ou bien que la situation s’arrangera d’elle-même. Nous avons en revanche tout le pouvoir et toutes les clefs en main pour nous affranchir du joug multiséculaire des maîtres du capital. Eux savent mutuellement s’entraider à nous spolier depuis la nuit des temps. Mais ils seraient incapables de se préparer une omelette si nous les laissions entre eux. Nous avons quant à nous les savoirs qui nous permettent, bien que chacun spécialisé dans sa branche, de nous organiser pour survivre par la solidarité et par la complémentarité de nos talents.

La grève du vote n’est que d’une portée symbolique, puisque les politiciens sont capables de s’auto-élire. Mais elle est une première étape nécessaire : celle de leur adresser, ainsi qu’au reste de la population, le message clair que nous refusons de cautionner les forfaits commis en notre nom.

La grève du travail n’a d’avenir et d’impact possible que tant que celui-ci conditionne la survie du système. Sur une chaîne de montage entièrement automatisée, l’ultime ouvrier promu superviseur n’a plus d’autre choix que de fermer sa gueule ou de dégager. La fin du travail telle que programmée met un terme à la lutte des classes, au sens où sa victoire est alors définitivement acquise aux possédants… Mais nous avons encore une étroite fenêtre par où sortir du piège où nous sommes pris. Celle de la désertion massive de tous les lieux d’exploitation publics ou privés, sans préavis, pour investir notre volonté et notre énergie à construire autre chose. Tant que nous sommes valides et que notre coopération leur est nécessaire, la grève est une des armes dont nous disposons pour les affaiblir. Nous devons mutualiser localement les produits de base pour pallier la perte de nos salaires. Ainsi s’est toujours organisée la résistance. Ainsi se sont vues couronnées de succès toutes nos luttes passées. La solidarité, l’amour et la reconnaissance possèdent une force incommensurable et inconnue dans leur équation. L’expérience humaine ne saurait se réduire à une variable statistique : en cela, les mécanistes aux abois ont perdu d’avance.

Il est en France pénalement répréhensible d’appeler à la grève de l’impôt, et nos élus ont de toutes façons prévenu l’occurrence par le prélèvement à la source… Mais rien n’interdit d’assumer la conséquence de celle du travail en échappant légalement à toute taxation par absence de revenu. Cela représente le sacrifice d’un confort auquel beaucoup d’entre nous étions habitués. Toutefois, il faut bien comprendre que celui-ci est de toutes façons voué à disparaître. 2017 et les suivantes marqueront la fin douloureuse de l’illusion d’une société solvable à crédit. Plus personne parmi le peuple ne peut se croire intouchable… La zone de turbulences et de chaos qui s’annonce nous impose d’organiser d’ores et déjà des réseaux de solidarité pour nous abriter de l’orage. Qu’ils soient par la même occasion le moyen de ne plus financer notre suicide collectif.

Mais de toutes, la grève de la consommation, à commencer par le boycott généralisé de tout le superflu, de tout ce qui porte la marque d’une expropriation, d’une exploitation ou d’une pollution quelle qu’elle soit, est sans doute la plus efficace manière de faire plier les empires de l’industrie et de la finance. Qu’ils comprennent une bonne fois pour toutes que sans nous, ils ne sont rien. Et même s’ils ne plient pas, même si le système se défendra bec et ongles jusqu’au bout, la grève de la consommation suppose de recouvrir une autonomie alimentaire locale, ce qui serait en soi une victoire… Par tous nos choix, jusque dans notre absence ou notre passivité, notre attitude influe sur le cours des événements. Choisissons d’investir un terrain où l’adversaire ne nous attend pas. Là encore, personne ne peut nous coller à tous un flingue sur la tempe pour nous obliger d’acheter… Le peu de libertés dont nous disposons encore doit être assumé comme les responsabilités qu’elles sont. Et utilisées en toute conscience tant qu’elles existent.

L’idée de l’entraide comme remède aux maux actuels pourra sembler utopiste à ceux qui n’ont jamais connu que le climat compétitif et délétère du salariat. Qui pourtant n’a jamais frémi devant la beauté d’un travail réalisé par et avec amour ? Qui n’a jamais senti en lui la satisfaction d’œuvrer au bien commun ? Cette chaleur et cette énergie surpassent tous les combustibles fossiles : elles sont le moteur de la perpétuation de l’espèce humaine depuis des millions d’années, et la source-même de la Vie. Nulle intelligence artificielle ne saurait s’y substituer.

Énormément d’épreuves nous attendent. Nous ne pourrons revenir du jour au lendemain à l’équilibre des forces. Mais puisque nos décideurs procèdent par étapes, allons de même progressivement, chacun selon ses possibilités, vers une solidarité seule à-même de nous éviter le funeste sort qu’ils nous réservent… Nous disposons de l’opportunité d’inverser le cours des choses. Pour nous et pour le salut des générations futures, nous devons agir non plus idéologiquement, mais de façon concrète à réaliser le désir des 99% contre celui des 1%…Certes, nous sommes encore de grands enfants, et tout nous restera à apprendre une fois redevenus maîtres de nos destins. Mais qu’est donc notre peur de la liberté comparée à cette ineffable joie d’être en vie ?… Nous avons tous été portés durant neuf mois. Nourris et pour les plus chanceux aidés à devenir ce que nous sommes. Ne valons-nous pas mieux qu’un rouage de machine ou de la chair à canons ? La route n’existe que par notre marche. Elle n’attend plus que d’être empruntée.

Zénon

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Apocalypse Now

Publié le par Felli Bernard

Apocalypse Now

29 Janvier 2017 ,

Apocalypse Now

" Ils n'en mouraient pas tous mais tous étaient frappés ..."

( Les animaux malades de la Peste )

Ainsi qu'en avait bien témoigné l'Evangile selon Harry , lors d'une de ses dernières paraboles , le Verbe s'était fait chair humaine sous la forme d'un géant Viking albinos qui masquait son handicap sous une tonne de fond de teint qu'il dérobait sournoisement dans le nécessaire à maquillage de son épouse ... Depuis que Lucifer Obama avait déguerpi , toutes les forces divines étaient tendues vers un seul but , sauver les valeurs qui faisaient de l'Amérique le pays le plus puissant et le plus héroïque du monde , avec ses hamburgers indigestes , qui , partant de Hambourg avaient fui eux aussi sur le Mayflower pour aller s'implanter dans les échoppes de restauration rapide Outre-Atlantique  , ainsi que du Coca Cola dont l'abus donnait aux fesses des habitants du pays ces rondeurs appétissantes inimitables , quoiqu'un peu flasques ... La puissante Amérique ne voyait que des avantages à se protéger de la débauche du chili con carne , du gaspacho et du meskal frelaté qui piquait le nez dès que l'on s'approchait de trop près de la frontière mexicaine  ..aïe ...aïe ...aïe  !

D'après le glossaire que l'on peut encore trouver dans les annotations manuscrites d'Harry , cela s'appelait le protectionnisme ... mot tombé en désuétude de nos jours mais que d'aucuns philosophes et non des moindres rappellent  que  cette pratique a existé en cas de grand danger pour l'intégrité des Nations .

Dieu , que l'on appellera maintenant du nom de son pseudo internet , c'est-à-dire "Trompe" , qui signifie "je ne suis pas celui dont j'ai l'air" ... et dont on comprendra bien l'astuce , puisqu'il s'agissait de Dieu lui-même , avait des talents d'entrepreneur de maçonnerie ...après avoir responsabilisé les femelles avec la ceinture de chasteté  du matriarcat ,il entreprit la construction d'un mur pour se protéger de l'invasion barbaresque des homos , en affirmant encore une fois que l'Amérique ne leur appartenait pas , mais était vouée à Dieu ... et il n'était pas peu fier de cette volte-face inattendue qui mêlait le cul au spirituel ... dernier domaine où il n'était pas trop fort depuis qu'il avait revêtu la peau de la bête humaine ... Néanmoins , la décence, à son avis , voulait que l'on fît l'amour de manière religieuse et dirai-je classique , dans la position orthodoxe du missionnaire qui va de l'avant tout en joignant ses mains , dans l'attitude d'un orant ... La levrette, ainsi que la brouette chinoise étaient d'autant plus prohibées qu'étant donné son âge canonique , il avait des difficultés à honorer sa jeune femme dans des positions inconfortables qui risquaient de le laisser coincé dans une attitude ridicule , son membre actif à tâtons  ...

Tandis que la construction du mur avançait , il s'employait à caresser les Russes qui n'avaient pas moufté lors de sa descente sur Terre , tout en envisageant de renforcer son armement qui était déjà le premier du monde , les esprits retors se demandaient pourquoi multiplier ces efforts si justement , Il n'avait peur d'aucun rival ... Mais notre Viking ne pouvait s'empêcher d'éprouver de l'admiration pour un peuple qui avait décidé de vivre si longtemps derrière un rideau de fer ...Lui-même ne savait  quel couvercle  attribuer à la boîte isolante qu'il était en train de construire , qui laissât filtrer les rayons du soleil tout en le protégeant des intrus , avait besoin de leurs conseils éclairés ... Il serait toujours temps après de leur apprendre qui était le maître à bord , après Dieu ... sinon Dieu lui-même !

Il bouffonna tout de suite avec le Gaulois qui lui chanta sa Marseillaise des droits de l'homme en sourdine , tâta de la saucisse allemande , pour s'assurer que ce n'était pas une lesbienne qui avait réussi à devenir chancelier ... les autres ne l'intéressaient guère , sauf la nurse anglaise consacrée au joli mois de May , dont il savait , au fond , qu'elle était assujettie de tous temps à son ingrat enfant  ...

Plus que jamais , il suscitait l'idée sotte et grenue que , parodiant le film français , le bon Dieu n'était décidément qu'une ordure !

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La déclaration de guerre de Trump

Publié le par Felli Bernard

La déclaration de guerre de Trump


Par Paul Craig Roberts – Le 22 janvier 2017 – Source Strategic Culture

Le bref discours inaugural du président Trump était une déclaration de guerre à l’ensemble de l’establishment de la gouvernance américain. En totalité.

Trump a fait très clairement comprendre que les ennemis de l’Amérique sont ici, à domicile : les mondialistes, les économistes libéraux, les néoconservateurs et autres unilatéralistes accoutumés à imposer les États-Unis au monde et à nous impliquer dans des guerres coûteuses et sans fin, les politiciens qui servent davantage l’establishment dirigeant que le peuple américain, en fait, tout le sommet des intérêts privés qui ont fait couler l’Amérique tout en s’enrichissant dans le processus.

Pour dire la vérité, le président Trump a déclaré une guerre bien plus dangereuse pour lui-même que s’il l’avait déclarée à la Russie et à la Chine.

Les groupes d’intérêts désignés par Trump comme l’Ennemi sont bien ancrés et habitués à assumer des responsabilités. Leurs puissants réseaux sont toujours en place. Bien qu’il ait une majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, la plupart de ceux qui siègent au Congrès sont responsables devant les groupes d’intérêts qui financent leurs campagnes et non envers le peuple américain ou le président. Le complexe militaro-industriel, les grandes entreprises délocalisées, Wall Street et les banques ne vont pas rouler pour Trump. Ni les médias prostitués, qui sont la propriété des groupes d’intérêts dont Trump défie le pouvoir.

Trump a dit clairement qu’il représente tous les Américains, noirs, bruns et blancs. Il y a peu de doute que sa déclaration en faveur de l’inclusion sera ignorée par ceux qui le haïssent à gauche, qui continueront à le traiter de raciste exactement comme les manifestants payés 50 dollars de l’heure le font au moment où j’écris.

En effet, les dirigeants noirs, par exemple, sont culturellement imprégnés du rôle de victime auquel il leur sera difficile d’échapper. Comment rassembler des gens qui leur vie durant ont appris que les Blancs sont racistes et qu’ils sont les victimes des racistes ?

Est-ce faisable ? J’ai brièvement participé à une émission de Press TV dans laquelle nous étions censés analyser le discours inaugural de Trump. L’autre commentateur était un Américain noir à Washington DC. Le discours d’inclusion de Trump ne lui a fait aucune impression, et l’animateur de l’émission ne s’intéressait qu’à montrer les manifestants embauchés comme une manière de discréditer l’Amérique. Tant de gens ont un intérêt économique à parler au nom des victimes que l’inclusion leur fait perdre des emplois et des causes à défendre.

Ainsi, en plus des globalistes, de la CIA, des grandes entreprises qui délocalisent, de l’industrie de l’armement, des pontes de l’OTAN en Europe et des politiciens étrangers accoutumés à être bien payés pour soutenir la politique étrangère interventionniste de Washington, Trump aura contre lui les leaders des personnes victimisées, les Noirs, les Hispaniques, les féministes, les sans-papiers, les homosexuels et les transgenres. Cette longue liste, évidemment, comprend également les progressistes blancs, puisqu’ils sont convaincus que le territoire de l’Amérique est l’habitat de racistes blancs, misogynes, homophobes et de maniaques des armes à feu. En ce qui les concerne, ces 84% du territoire des États-Unis devraient être mis en quarantaine ou enterrés.

Autrement dit, restera-t-il suffisamment de bon dans la population pour permettre à un président d’unir les 16% de personnes haïssant l’Amérique avec les 84% de celles qui l’aiment ?

Considérez les forces que Trump a contre lui.

Les dirigeants noirs et hispaniques ont besoin de victimisation parce que c’est ce qui les fait accéder au pouvoir et au revenu. Ils regarderont d’un mauvais œil la position inclusive de Trump. L’inclusion est bonne pour les Noirs et les Hispaniques, mais pas pour leurs chefs [autoproclamés, NdT].

Les patrons et les actionnaires des grandes entreprises mondiales se sont enrichis avec les emplois délocalisés que Trump dit vouloir ramener dans le pays. Si les emplois reviennent, leurs profits, leurs primes de rendement et leurs gains en capital s’en iront. Mais la sécurité économique de la population américaine reviendra.

Le complexe militaro-industriel a un budget annuel de 1 000 milliards de dollars qui dépend de la « menace russe » dont Trump dit qu’il va la remplacer par des relations normalisées. L’assassinat de Trump ne peut pas être exclu.

De nombreux Européens doivent leur prestige, leur pouvoir et leurs revenus à l’OTAN, que Trump a remise en question.

Les bénéfices du secteur financier proviennent presque entièrement du service de la dette des Américains et du pillage de leurs pensions de retraite privées et publiques. Le secteur financier, avec son agent, la Réserve fédérale, peut écraser Trump sous une crise financière. La Banque de la Réserve fédérale de New York a un guichet commercial complet. Elle peut jeter n’importe quel marché dans la tourmente. Ou soutenir n’importe quel marché, parce qu’il n’y a aucune limite à sa capacité de créer des dollars américains.

Tout l’édifice politique des États-Unis s’est isolé de la volonté, des désirs et des besoins du peuple. Aujourd’hui, Trump dit que les politiciens seront responsables devant lui. Cela signifierait, bien sûr, une réduction importante de la sécurité dans leurs fonctions ainsi que de leurs revenus et leur richesse.

Il existe un grand nombre de groupes financés par on-ne-sait-qui. Par exemple, Roots Action a répondu aujourd’hui à l’engagement énergique de Trump de défendre tout le monde contre l’establishment au pouvoir par « une demande au Congrès de diriger la Commission juridique de la Chambre vers l’ouverture d’une enquête de mise en accusation » et d’envoyer de l’argent pour la destitution de Trump.

Un autre groupe haineux, Droits de l’homme d’abord, attaque la défense de nos frontières par Trump comme fermant « un refuge d’espoir pour ceux qui fuient la persécution ». Réfléchissez une minute. Selon la gauche progressiste libérale et les organisations des groupes d’intérêts raciaux, les États-Unis sont une société raciste et le président Trump est un raciste. Pourtant, les personnes soumises au racisme américain fuiraient les persécutions en se réfugiant en Amérique où elles seront persécutées en raison de leur race ? C’est absurde. Les personnes en situation illégale viennent ici pour travailler. Demandez aux entreprises du bâtiment. Demandez aux abattoirs de poulet et d’autres animaux. Demandez aux services de nettoyage des zones de villégiature.

Cette liste de ceux à qui Trump a déclaré la guerre est assez longue, bien que d’autres puissent y être ajoutés.

Nous devrions nous demander pourquoi un milliardaire de 70 ans, dont les affaires sont prospères, qui a une femme superbe et des enfants intelligents, est prêt à consacrer ses dernières années à l’énorme pression que représente le fait d’être président et au programme stressant consistant à remettre le gouvernement aux mains du peuple américain. Indubitablement, Trump a fait de lui-même une cible pour son assassinat. La CIA ne va pas renoncer et s’en aller. Pourquoi une personne prendrait-elle sur elle la grande restauration que Trump a déclarée alors qu’elle pourrait passer les années qui lui restent à jouir pleinement de la vie ?

Quelle qu’en soit la raison, nous devrions lui être reconnaissants et s’il est sincère, nous devons le soutenir. S’il est assassiné, nous devrons prendre nos armes, incendier Langley et les tuer tous.

S’il réussit, il méritera le qualificatif de Trump le Grand !

La Russie, la Chine, l’Iran, le Venezuela, l’Équateur, la Bolivie et tous les autres pays sur la liste des victimes de la CIA devraient comprendre que l’ascension de Trump est une protection insuffisante. La CIA est une organisation mondiale. Ses activités rentables lui assurent des revenus indépendants du budget des États-Unis. L’organisation est capable d’entreprendre des opérations indépendamment du président ou même de son propre directeur.

La CIA a eu quelque 70 ans pour prendre racine. Elle n’a pas disparu.

Paul Craig Roberts

Article original paru sur paulcraigroberts.org

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« Eglise et Immigration / Le grand malaise / Le pape et le suicide de la civilisation européenne » de Laurent Dandrieu

Publié le par Felli Bernard

Eglise Immigration

« Eglise et Immigration / Le grand malaise / Le pape et le suicide de la civilisation européenne » de Laurent Dandrieu

 
 
 

Laurent Dandrieu, journaliste et critique de cinéma français

♦ «  Le chrétien laisse venir tout le monde », dit le pape François. Pendant que l’Europe, qui n’a déjà pas réussi à intégrer les précédentes générations d’immigrés, est soumise à un afflux de migrants sans précédent, l’Église catholique, plus que jamais, martèle l’unique impératif de l’accueil, donnant l’impression de se faire complice de ce que le pape lui-même a qualifié d’ «  invasion » .
Écartelés entre leur fidélité à l’Église et le légitime souci de protéger leur identité et leur civilisation, beaucoup de catholiques ressentent un malaise croissant. Plus largement, les populations européennes sont de plus en plus heurtées par un christianisme qui semble leur dénier le droit à la survie.
Cette incompréhension est-elle une fatalité ? L’Église est-elle condamnée à être prisonnière de la  « culture de la rencontre » tant vantée par le pape, au risque de livrer le continent au chaos sans profit pour les migrants eux-mêmes ? Ou bien existe-t-il une autre voie, qui permette de réconcilier les impératifs de la charité authentique et la défense de la civilisation européenne ? C’est à ces questions que répond ce livre.
Laurent Dandrieu vient de publier un ouvrage choc intitulé « Eglise et immigration, le grand malaise » paru aux Presses de la Renaissance. Pour en savoir plus, Breizh-info.com a interrogé Laurent Dandrieu.
Breizh-info.com


Breizh-info.com : Laurent Dandrieu, est-ce parce que vous êtes-vous même catholique que vous avez voulu écrire un ouvrage sur l’aide au suicide de l’Europe qu’apport l’Eglise actuellement ? L’euthanasie serait donc permise chez les catholiques?

Laurent Dandrieu : Ce livre est évidemment l’expression de mon propre malaise de fidèle catholique devant un discours ecclésial qui semble placer les catholiques devant un dilemme impossible : choisir entre la fidélité à l’Évangile qui, si l’on en croit le discours de l’Église depuis quelques décennies, nous obligerait à accueillir sans aucune réserve les migrants qui désirent venir en Europe, et la fidélité à notre patrie et à notre identité, que nous devrions sacrifier gaiement à cette absolutisation de l’accueil. Je l’ai donc écrit pour aider les catholiques à ne plus se sentir prisonniers de ce dilemme qui les condamne, soit à sembler renier les principes de leur foi, soit à consentir à leur propre disparition par fidélité à ces principes. C’est bien parce que cet accueil inconditionnel me semble suicidaire, et qu’il me paraît impossible que l’Église demande réellement à ses fidèles de renoncer à la défense de leur patrie, que ce discours de l’Église ne me paraît plus tenable et qu’elle doit impérativement le rectifier.

Tout au long de son histoire, l’Église a su concilier l’appel à la fraternité universelle, qui fait partie de son ADN, avec la défense des identités particulières des peuples qui la composent, leurs communautés naturelles, leurs patries. Cet équilibre miraculeux est fracassé dans son discours actuel sur les migrants : il est capital qu’elle le retrouve si elle veut ne pas conduire l’Europe à la catastrophe, ni achever de se couper des peuples européens et ainsi accélérer son déclin sur notre continent. Car le risque est aussi pour l’Eglise : comment réaliser la nouvelle évangélisation à laquelle elle aspire en Europe, comment conduire les Européens à renouer avec le christianisme, si elle continue à regarder de haut leurs aspirations à préserver leur identité et la sécurité de leurs patries ?

Breizh-info.com : Vous intitulez votre premier chapitre « de Lépante à Lesbos », chapitre qui est une véritable gifle lorsque l’on voit ces siècles d’histoire défiler, puis réduits à néant devant nous aujourd’hui. Comment en sommes-nous arrivés là?

Laurent Dandrieu : Je ne cherche pas à administrer des gifles, surtout pas à mon Église, seulement à la réveiller d’une certaine torpeur bien-pensante. Comment en sommes-nous arrivés là ? Par la conjonction de deux phénomènes : le discours de l’Église sur les migrations de masse est un discours relativement récent, qui s’est développé à une époque où l’Église catholique baignait dans une forme d’utopie de la mondialisation heureuse. Elle avait le sentiment que les migrations étaient l’avant-garde d’une humanité nouvelle, d’une cité sans frontières qui préfigurait la Jérusalem céleste. Cette vision messianique des flux migratoires s’est conjuguée à une sorte de transposition aux peuples de « l’option préférentielle pour les pauvres » qui est propre à l’Église, pour centrer son attention exclusivement sur le sort des migrants au détriment des populations des pays d’accueil, et notamment des populations européennes.

Cette vision outrageusement favorable au migrant, où le droit des nations à réguler les flux migratoires est toujours relégué au second plan face au « droit à migrer » dès qu’on trouve ailleurs « des conditions de vie plus favorables », s’est par ailleurs conjugué avec une vision angélique de l’islam qui en a systématiquement minoré les dangers, les menaces, et la profonde incompatibilité avec les valeurs occidentales héritées du judéo-christianisme. Dans le même temps en effet que l’Eglise développait sa réflexion sur les migrations, elle entrait dans une phase de dialogue interreligieux, qui a connu depuis Vatican II un prodigieux essor. Le dialogue interreligieux est une très bonne chose en soi, à une condition : qu’il s’exerce en vérité, et qu’on n’occulte pas les choses qui fâchent. Or, avec l’islam, il s’est rapidement travesti en « dialoguisme », cette caricature de dialogue dont la poursuite est une fin en soi, et où l’important devient vite de ne pas mécontenter son interlocuteur.

Il en résulte que l’Église tient souvent sur l’islam un discours au pire mensonger, au mieux émollient, qui fait l’impasse sur son refus de l’égale dignité de tous les êtres, et donc de l’égalité homme-femme, de la laïcité, de la liberté individuelle et notamment religieuse, et sur son rapport pour le moins problématique à la violence. C’est ainsi que le pape François en arrive à écrire que « l’affection envers les vrais croyants de l’islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. » Le pape en vient ainsi à défendre une vision de l’islam plus positive que bien des intellectuels musulmans, dont beaucoup disent qu’il est urgent que leur propre religion entreprenne une réflexion critique sur sa complaisance par rapport à la violence ! Ainsi, le danger de l’immigration de masse sur l’identité européenne est d’autant plus volontiers minoré par l’Église qu’elle refuse de voir aussi les menaces islamistes qu’elle apporte dans ses bagages…

Breizh-info.com : Vous vilipendez, dans une bonne partie de votre ouvrage, l’institution catholique, et notamment les derniers papes qui ont conduit au désarmement moral de l’Europe et des Européens face aux migrants et à l’islamisme. Y a-t-il un problème profond au sein des institutions de l’Église catholique?

Laurent Dandrieu : Soyons clairs : il n’est pas le moins du monde dans mon intention de « vilipender l’institution catholique », ni même les derniers papes. L’Église reste ma mère, et mon livre est le cri de désarroi d’un fidèle blessé de voir le visage de sa mère momentanément flétri, sur ce point particulier du rapport à l’immigration et à l’islam. Durant tout le pontificat de Benoît XVI, qui a fait un admirable travail de restauration de la foi, je n’ai cessé de le défendre des injustes attaques médiatiques dont il était accablé : cela ne m’empêche pas de voir que, sur ce point particulier de l’immigration, il s’est contenté de reprendre le discours gravement déficient de ses prédécesseurs. En fait, la réflexion de l’Eglise sur ce sujet me paraît viciée depuis les années 1950, et il me semble qu’il faudrait la reprendre entièrement à nouveaux frais. La difficulté est que nous traversons une période grande confusion théologique où, faute d’une réflexion solidement ancrée dans la tradition de l’Église, ses représentants ne semblent souvent plus faire la différence entre la charité et un vague humanitarisme, qui est l’une de ces « vertus chrétiennes devenues folles » dont parle Chesterton.

Breizh-info.com : Beaucoup de fidèles expriment un mal-être lorsqu’ils entendent les propos du pape François leur intimant presque l’ordre d’ouvrir leurs portes en grand aux migrants, au nom de la Bible et de l’universalisme. N’y a-t-il pas une forme de schizophrénie, à l’heure actuelle, lorsque l’on est catholique, et en même temps opposé à la submersion migratoire ? Pourquoi ces fidèles ne se révoltent-ils pas, dans les Eglises, où les sermons de nombreux prêtres sont jugés imbuvables ? Pourquoi toute remise en cause de la hiérarchie est-elle impossible?

Laurent Dandrieu : Pour les chrétiens, l’unité est une vertu capitale, c’est l’une des obligations que le Christ nous a faites. Se rebeller contre la hiérarchie est toujours une blessure faite à cette unité et une souffrance, et ce n’est jamais chose facile ; moi-même je ne m’y suis résolu que parce que j’estimais qu’il y avait là un cas d’extrême nécessité, et pour aider mes coreligionnaires, justement, à échapper à cette schizophrénie. Il faut dire aussi qu’il y a sur ces sujets une forme d’intimidation, parce que l’on essaie de nous convaincre depuis des années que si l’on s’oppose à la vague migratoire, on serait infidèle aux commandements du Christ, et notamment à la fameuse phrase « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ».

C’est en réalité une escroquerie intellectuelle, car le Christ nous propose un chemin de sainteté, une voie de perfection personnelle, il ne souhaite en aucun cas poser les bases d’une politique ! Le christianisme n’est pas une théocratie qui pourrait fonder un mode de gouvernement en appliquant directement les principes évangéliques. La seconde intimidation vise à transformer toute dissidence sur ces sujets en rébellion contre l’autorité du pape : c’est une autre escroquerie, car il s’agit de sujets politiques sur lesquels le pape est loin d’être infaillible, et sur lesquels le concile Vatican II lui-même invite les fidèles à la liberté de pensée et de parole.

Breizh-info.com : Des voix dissidentes ou dissonantes – et vous les évoquez – se font tout de même entendre dans l’Église. Pouvez-vous revenir dessus, et notamment sur les propos de l’archevêque de Mossoul, avertissant les Européens de ce qui risque de leur arriver?

Laurent Dandrieu : On peut notamment citer ce propos du patriarche grec-melkite catholique d’Antioche et de tout l’Orient, Mgr Grégoire III Laham, dans un récent livre d’entretiens avec Charlotte d’Ornellas, qui déclare : « Humainement parlant, ce tsunami migratoire est une catastrophe. Le musulman ne peut comprendre ce monde laïc, les chrétiens sont choqués par cette présence musulmane très revendicatrice, les athées mettent tout sur le même plan… Le danger est vraiment immense : tout le monde risque de se dissoudre dans un grand vide. » Beaucoup nous avertissent : nous nous préparons le même avenir de persécutions que les chrétiens d’Orient vivent sur leurs terres : « Nos souffrances d’aujourd’hui constituent le prélude de celles que vous subirez aussi dans un proche avenir », déclare ainsi Mgr Amel Shimoun Nona, archevêque chaldéen de Mossoul, en Irak…

Breizh-info.com :  Dans votre conclusion, vous évoquez un virage que devrait nécessairement prendre l’Église si elle veut sauver les peuples d’Europe. Néanmoins, y croyez-vous vraiment? On sent finalement peu matière à espérer, tout du moins venant de l’Église dans votre ouvrage?

Laurent Dandrieu : Je pense que vous vous trompez, qu’il y a beaucoup à espérer, parce que « rien n’est impossible à Dieu » et que, si la prise de conscience a lieu, comme mon livre espère y contribuer, tous les éléments sont présents dans la riche tradition de l’Église pour rectifier le tir. Le pape François lui-même, depuis quelques semaines, a fait quelques appels à la prudence, certes contredits par d’autres gestes et déclarations, mais ce qui prouve bien qu’une évolution du discours de l’Église est possible. J’ai envie de vous répondre sur l’immigration ce que dit dans son livre la Force du silence le cardinal Robert Sarah, responsable de la liturgie dans l’Église, sur la réforme de la liturgie catholique qu’il appelle de ses vœux et que le pape ne semble pas souhaiter mettre en œuvre : cette réforme est indispensable à l’avenir de l’Église, et donc elle se fera ; au moment que Dieu choisira, mais elle se fera. Eh bien, pour le virage de l’Église sur l’immigration, c’est la même chose : il est vital pour l’Église comme pour l’Europe, donc il se fera inévitablement. Il se fera au moment que Dieu choisira, mais il se fera. Ce qui ne nous empêche pas de travailler à ce que ce moment soit le plus proche possible, en vertu de l’adage de sainte Jeanne d’Arc : « Les gens d’armes livrent bataille, et Dieu donne la victoire. »

Breizh-info.com : Au-delà de votre ouvrage choc, vous êtes aussi l’auteur d’un Dictionnaire passionné du cinéma, aux éditions de l’Homme nouveau. Quels sont les films vus récemment que vous conseilleriez absolument à nos lecteurs?

Laurent Dandrieu : J’en citerai deux, Américains tous les deux : Manchester By the Sea, un superbe mélodrame qui nous montre un homme qui tente de survivre en traînant derrière lui le poids d’une tragique erreur ; et le prochain film de Martin Scorcese, Silence, sur les martyrs chrétiens du Japon, qui montre que malgré les faiblesses humaines et les reniements, la foi finit toujours par triompher. Si je voulais être taquin, je dirais qu’avec ces deux films, chacun à leur façon, nous ne sortons pas de notre sujet d’aujourd’hui…

Laurent Dandrieu
21/01/2017

Propos recueillis par Yann Vallerie

Laurent Dandrieu est rédacteur en chef des pages « Culture » de Valeurs actuelles, pour lequel il suit également l’actualité religieuse. Il est l’auteur de plusieurs livres dont Woody Allen, portrait d’un antimoderne (CNRS Éditions), Dictionnaire passionné du cinéma (Éditions de l’Homme nouveau) et La Compagnie des anges. Petite vie de Fra Angelico (Éditions du Cerf).

Laurent Dandrieu, Eglise et immigration / le grand malaise, Presse de la Renaissance, 12 janvier 2017, 288 pages.

Laurent Dandrieu présentera son livre et donnera une conférence à Paris, mardi 31 janvier 2017 à 20h30, amphithéatre de l’ASIEM, 6 rue Albert de LAPPARENT Paris 7e. Métro Ségur, Sèvres-Lecourbe, Saint François-Xavier. Pour tout renseignement : Renseignements RC : 01 47 36 17 36 –  <http://www.renaissancecatholique.org>

Source : Breizh-info.com

Correspondance Polémia 23/01/2017

Image : Laurent Dandrieu, auteur de Eglise et Immigration / Le grand malaise

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La fièvre révolutionnaire en Syrie qui n’existait pas (3/3)

Publié le par Felli Bernard

La fièvre révolutionnaire en Syrie qui n’existait pas (3/3)


Par Stephen Gowans – Le 22 octobre 2016 – Source What’s Left

Apparemment, la Gauche américaine doit encore comprendre que Washington n’essaie pas de renverser les néolibéraux. Si le président syrien Bachar al-Assad était un dévot du Consensus de Washington – comme Eric Draitser, de Counterpunch, semble le croire – le gouvernement des États-Unis n’aurait pas appelé depuis 2003 Assad à la démission. Il ne superviserait pas non plus la guerre de guérilla islamiste contre son gouvernement ; il le protégerait.

Première partieDeuxième partie

Le déclenchement d’un djihad islamiste sunnite contre le gouvernement syrien dans les années 1980 remet en question la vision que l’islam sunnite militant au Levant est un résultat de l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003 et des polices sectaires pro-chiites des autorités d’occupation étasuniennes. Cette vision est myope historiquement, aveugle à l’existence depuis des décennies de l’islam politique sunnite comme force importante dans la politique levantine. Depuis le moment où la Syrie a été formellement indépendante de la France après la Seconde Guerre mondiale, pendant les décennies suivantes au XXe siècle et jusqu’au siècle suivant, les forces principales en présence en Syrie étaient le nationalisme arabe laïc et l’islam politique. Comme le journaliste Patrick Cockburn l’a écrit en 2016, « l’opposition armée syrienne est dominée par ISIS, al-Nusra et Ahrar al-Sham. » La « seule alternative au gouvernement (nationaliste arabe laïc), ce sont les islamistes »1. Et c’est le cas depuis longtemps.

Enfin, nous devrions aussi ignorer le fait que les stratèges étasuniens avaient planifié depuis 2003, et peut-être déjà en 2001, d’écarter Assad et son idéologie nationaliste arabe laïque du pouvoir, finançant l’opposition syrienne, y compris les groupes liés aux Frères musulmans, depuis 2005. En conséquence, Washington s’est dirigé vers le renversement d’Assad avec le but de dé-baasifier la Syrie. Une guérilla islamiste contre les nationalistes arabes laïcs aurait eu lieu, indépendamment du caractère excessif ou non de la réponse du gouvernement syrien à Daraa. Le jeu était déjà en cours, et on cherchait un prétexte. Daraa l’a fourni. Donc l’idée que l’arrestation de deux garçons à Daraa pour avoir peint des graffitis anti-gouvernement sur un mur puisse provoquer un conflit majeur est aussi crédible que celle de la Première Guerre mondiale causée uniquement par l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand.

Syrie socialiste

Le socialisme peut être défini de plusieurs manières, mais s’il l’est comme la propriété publique des secteurs clé de l’économie jointe à une planification économique, alors la Syrie, en vertu de ses Constitutions de 1973 et de 2012, correspond clairement à la définition du socialisme. Cependant, la République arabe syrienne n’a jamais été un État socialiste ouvrier du genre de celle que les marxistes reconnaissent. Il a été, plutôt, un pays arabe socialiste animé par le but de parvenir à l’indépendance politique arabe et de surmonter l’héritage du sous-développement de la nation arabe. Les rédacteurs de la Constitution voyaient le socialisme comme un moyen de parvenir à la libération nationale et au développement économique. « La marche vers l’établissement d’un ordre socialiste », écrivaient les rédacteurs de la Constitution de 1973, est une « nécessité fondamentale pour mobiliser les potentialités des masses arabes dans leur lutte contre le sionisme et l’impérialisme ». Le socialisme marxiste se préoccupait de la lutte entre une classe exploitante de possédants et la classe ouvrière et les pays exploités, alors que le socialisme arabe menait la lutte entre pays exploiteurs et pays exploités. Alors que ces deux socialismes différents agissent à des niveaux d’exploitation différents, ces distinctions n’avaient aucun intérêt pour les banques, les entreprises ou les grands investisseurs occidentaux qui portent leurs regard sur l’ensemble du globe, à la poursuite du profit. Le socialisme s’oppose aux intérêts lucratifs du capitalisme industriel et financier américain, qu’il s’agisse de mettre fin à l’exploitation de la classe ouvrière ou de surmonter l’oppression impérialiste sur des groupes nationaux.

Le socialisme du Baas a longtemps irrité Washington. L’État baasiste avait exercé une influence considérable sur l’économie syrienne, à travers la propriété d’entreprises, des subventions à des sociétés nationales privées, des limites à l’investissement étranger et des restrictions sur les importations. Les baasistes considéraient ces mesures comme des outils nécessaires pour un État post-colonial tentant d’arracher sa vie économique des griffes des anciennes puissances coloniales et de tracer une voie de développement libre de la domination d’intérêts étrangers.

Les buts de Washington, cependant, étaient évidemment antagoniques. Ils ne voulaient pas que la Syrie alimente son industrie et garde jalousement son indépendance, mais serve les intérêts des banquiers et des grands investisseurs qui comptaient vraiment pour les État-Unis en ouvrant son marché du travail à l’exploitation ainsi que sa terre et ses ressources naturelles à la propriété étrangère. Notre programme, a déclaré l’administration Obama en 2015, « vise la baisse des tarifs sur les produits américains, la suppression des barrières à nos biens et services et la détermination de normes plus strictes pour parvenir à une concurrence équitable pour […] les entreprises américaines. »2 Ce n’était pas vraiment un nouvel agenda, c’était celui de la politique étrangère des États-Unis depuis des décennies. Mais Damas ne s’alignait pas derrière un Washington qui insistait sur le fait qu’il pouvait « diriger l’économie mondiale » et le ferait [58 Ibid.].

Les partisans de la ligne dure à Washington avaient considéré Hafez al-Assad comme un communiste arabe3 et les responsables américains considéraient son fils, Bachar, comme un idéologue qui ne pouvait se résoudre à abandonner le troisième pilier du programme du Parti socialiste arabe Baas : le socialisme. Le Département d’État américain s’est aussi plaint de ce que la Syrie « avait échoué à se rallier à une économie de plus en plus intégrée à l’échelle mondiale », autrement dit qu’elle avait échoué à vendre ses entreprises publiques aux investisseurs privés, parmi lesquels les intérêts de Wall Street. Le Département d’État américain a aussi exprimé son mécontentement sur le fait que des « raisons idéologiques » ont empêché Assad de libéraliser l’économie de la Syrie, que « la privatisation des entreprises gouvernementales ne soit pas encore répandue » et que l’économie « reste strictement contrôlée par le gouvernement » 4. À l’évidence, Assad n’avait pas appris ce que Washington appelait les « leçons de l’Histoire », notamment que « les économies de marché, et non les économies planifiées placées sous la poigne du gouvernement, sont les meilleures ». 5. En rédigeant une Constitution donnant mandat au gouvernement de maintenir son rôle de guide de l’économie au nom des intérêts syriens, et de ne pas faire travailler les Syriens pour les intérêts des banques, des entreprises et des investisseurs occidentaux, Assad affirmait l’indépendance de la Syrie contre le programme de Washington visant à « ouvrir les marchés et à aplanir le terrain pour les entreprises américaines à l’étranger ». 6.

En plus, Assad a souligné son attachement aux valeurs socialistes contre ce que Washington avait appelé un jour les « impératifs moraux » de la « liberté économique ». 7 en inscrivant les droits sociaux dans la Constitution : la sécurité contre la maladie, le handicap et la vieillesse ; l’accès aux soins de santé ; et l’instruction gratuite à tous les niveaux. Ces droits continueraient à être placés hors d’atteinte des législateurs et des politiciens qui pourraient les sacrifier sur l’autel de la création d’un climat d’affaires favorable à une fiscalité basse et aux investissements étrangers. Affront supplémentaire à l’orthodoxie pro-business de Washington, la Constitution engageait l’État à instaurer des impôts progressifs.

Enfin, le dirigeant baasiste a inclus une disposition dans la Constitution révisée introduite par son père en 1973, un pas de plus en direction d’une démocratie véritable, authentique – une disposition que les décideurs à Washington, avec leurs innombrables liens avec le monde des banques et des entreprises, pouvaient difficilement tolérer. La Constitution exigeait qu’au moins la moitié des membres de l’Assemblée du peuple soit issue des rangs des paysans et des ouvriers.

Si Assad était un néolibéral, il était certainement l’un des plus étranges dévots de cette idéologie.

Sécheresse ?

Un dernier point sur les origines du soulèvement violent de 2011 : certains spécialistes en sciences sociales et des analystes se sont appuyés sur une étude publiée dans la revue Proceedings de l’Académie nationale des sciences pour suggérer que « la sécheresse a joué un rôle dans les troubles syriens ». Selon ce point de vue, la sécheresse « a provoqué de mauvaises récoltes qui ont entraîné la migration de plus de 1.5 million de personnes des zones rurales aux zones urbaines ». Cela, combiné à un afflux de réfugiés venant d’Irak, a fait de la Syrie un chaudron de tension économique et sociale prêt à déborder 8. L’argument paraît sensé, et même « scientifique », mais le phénomène qu’il cherche à expliquer – un soulèvement de masse en Syrie – n’a jamais eu lieu. Comme nous l’avons vu, une revue de la couverture médiatique occidentale n’a trouvé aucune référence à un soulèvement de masse. Au contraire, les journalistes qui espéraient le trouver ont été surpris de ne pas en découvrir. Ils ont trouvé que la Syrie était étonnamment calme. Les manifestations appelées par les organisateurs de la page Facebook Révolution syrienne 2011 ont avorté. Des gens critiques ont admis qu’Assad était populaire. Les journalistes n’en ont pas trouvé un seul qui pensait qu’une révolte était imminente. Même un mois après l’incident de Daraa – qui n’a impliqué que quelques centaines de manifestants, éclipsés par les dizaines de milliers de Syriens qui manifestaient à Damas pour soutenir le gouvernement –, le journalistes du New York Times sur place, Anthony Shadid, n’a pu trouver aucun signe en Syrie des soulèvements massifs de la Tunisie et de l’Égypte. Au début février 2011, « Omar Nashabe, observateur de longue date de la Syrie et correspondant pour le quotidien arabe basé à Beyrouth, Al-Ahkbar », a dit au Time que « les Syriens peuvent être affligés par la pauvreté qui touche 14% de sa population, jointe à un taux de chômage estimé à 20%, mais Assad jouit toujours de sa crédibilité » 9.

On a dit que le gouvernement avait commandé le soutien populaire lorsque la société d’enquête britannique YouGov a publié un sondage montrant que 55 % des Syriens voulaient qu’Assad reste. Le sondage n’a presque pas été mentionné dans les médias occidentaux, ce qui a incité le journaliste britannique Jonathan Steele à poser la question : « Supposons qu’un sondage d’opinion respectable ait révélé que la plupart des Syriens soient favorables au maintien de Bachar al-Assad à la présidence, ne serait-ce pas une nouvelle importante ? ». Steele a décrit les résultats du sondage comme des « des faits dérangeants » qui ont été « omis » parce que la couverture des événements en Syrie par les médias occidentaux avait cessé d’« être honnête » et s’était transformée en « arme de propagande » 10.

Des slogans au lieu de la politique et de l’analyse

On peut reprocher à Draitser non seulement d’avoir propagé un argument fondé sur des affirmations et non sur des preuves, mais aussi d’avoir remplacé la politique et l’analyse par des slogans. Dans son article pour CounterPunch du 20 octobre, Syria and the Left : Time to Break the Silence [La Syrie et la Gauche : il est temps de briser le silence], il soutient que les objectifs de la Gauche devraient être la poursuite de la paix et de la justice, comme si celles-ci était deux qualités inséparables, qui ne sont jamais en opposition. Que la paix et la justice puissent, parfois, être antagoniques, est illustré par la conversation suivante entre le journaliste australien Richard Carleton et Ghassan Kanafani, un écrivain palestinien, romancier et révolutionnaire 11.

Carleton : – Pourquoi votre organisation n’entreprend-elle pas des pourparlers de paix avec les Israéliens ?

Kanafani : – Vous ne pouvez pas vraiment dire « pourparlers de paix ». Vous voulez dire capitulation. Reddition.

C : – Pourquoi ne pas parler ?

K : – Parler à qui ?

C : – Parler aux dirigeants israéliens ?

K : – Un genre de conversation entre l’épée et le cou, vous voulez dire ?

C : – Bon, s’il n’y a ni épées ni fusils dans la chambre, vous pourriez quand même parler.

K : – Non. Je n’ai jamais vu une conversation entre un colonialiste et un mouvement de libération nationale.

C : – Mais malgré tout, pourquoi ne pas parler ?

K : – Parler de quoi ?

C : – Parler de la possibilité de ne pas se battre.

K : – Ne pas se battre pour quoi ?

C : – Ne pas se battre du tout. Peu importe pour quoi.

K : – D’habitude, les gens se battent pour quelque chose. Et ils arrêtent de se battre pour quelque chose. Donc vous ne pouvez même pas me dire pourquoi nous devrions parler et de quoi. Pourquoi devrions-nous parler de cesser de nous battre ?

C : – Parler de cesser de combattre pour arrêter la mort et la misère, la destruction et la souffrance.

K : – La misère et la destruction, la douleur et la mort de qui ?

C : – Des Palestiniens. Des Israéliens. Des Arabes.

K : – Des Palestiniens déracinés, jetés dans des camps, souffrant de famine, tués depuis vingt ans et interdits d’utiliser même le nom de « Palestiniens » ?

C : – Ils sont mieux comme ça que morts, pourtant.

K : – Peut-être pour vous, Mais pour nous, non. Pour nous, libérer notre pays, avoir la dignité, le respect, nos droits de l’homme est aussi essentiel que la vie même.

Quelles valeurs la Gauche américaine devrait-elle promouvoir lorsque la paix et la justice sont en conflit ? Draitser ne le dit pas. Son invocation du slogan « paix et justice » en tant que mission de la Gauche américaine semble n’être rien de plus qu’une invitation aux gens de gauche d’abandonner la politique pour se consacrer à la mission de devenir de belles âmes, au-dessus des conflits sordides qui tourmentent l’humanité – ne jamais prendre parti, excepté celui des anges. Son affirmation qu’« aucun État ou groupe n’a les meilleurs intérêts des Syriens à cœur » est presque trop stupide pour justifier un commentaire. Comment le sait-il ? On ne peut s’empêcher d’avoir l’impression qu’il croit que lui, et la Gauche américaine, parmi les groupes et les États dans le monde, sont les seuls à savoir ce qui est le mieux pour le « peuple syrien ». C’est peut-être pourquoi il estime que la responsabilité de cette Gauche américaine «  est envers le peuple de Syrie », comme si le peuple de Syrie était une masse indifférenciée avec des intérêts et des programmes uniformes. Les Syriens en masse [en français dans le texte, NdT] comprennent des laïcs et des islamistes politiques qui ont des points de vue irréconciliables sur la manière dont l’État devrait être organisé, qui ont été pris dans une lutte à mort depuis plus d’un demi-siècle – l’un favorisé par son propre gouvernement. Les Syriens en masse comprennent ceux qui favorisent l’intégration à l’Empire US, et ceux qui y sont opposés ; ceux qui collaborent avec les impérialistes américains et ceux qui s’y refusent. Dans cette perspective, qu’est-ce que cela signifie de dire que la Gauche américaine a une responsabilité envers le peuple de Syrie ? Quel peuple de Syrie ?

J’aurais pensé que la responsabilité de la Gauche américaine allait aux travailleurs des États-Unis, non au peuple de Syrie. Et j’aurais imaginé, également, que la Gauche américaine considérerait comme de sa responsabilité d’inclure la propagation d’une analyse politique fondée sur des preuves de la façon dont l’élite économique étasunienne utilise l’appareil d’État pour faire avancer ses intérêts aux dépens des populations tant nationales qu’étrangères. Comment la longue guerre de Washington à la Syrie affecte-t-elle la classe ouvrière d’Amérique ? C’est ce dont Draitser devrait parler.

Mon livre, Washington’s Long War on Syria, paraîtra en avril 2017.

Première partieDeuxième partie

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

  1. Patrick Cockburn, Confused about the US response to Isis in Syria ? Look to the CIA’s relationship with Saudi Arabia, The Independent, June 17, 2016
  2. National Security Strategy, February 2015
  3. Robert Baer, Sleeping with the Devil : How Washington Sold Our Soul for Saudi Crude, Three Rivers Press, 2003, p. 123
  4. US State Department website. http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/3580.htm#econ. Accessed February 8, 2012
  5. The National Security Strategy of the United States of America, September 2002
  6. National Security Strategy, February 2015
  7. The National Security Strategy of the United States of America, March 2006
  8. Henry Fountain, Researchers link Syrian conflict to drought made worse by climate change, The New York Times, March 2, 2015
  9. Aryn Baker, Syria is not Egypt, but might it one day be Tunisia ?, Time, February 4, 2011
  10. Jonathan Steele, Most Syrians back President Assad, but you’d never know from western media, The Guardian, January 17, 2012
  11. Full transcript : Classic video interview with Comrade Ghassan Kanafani re-surfaces, PFLP, October 17, 2016, http://pflp.ps/english/2016/10/17/full-transcript-classic-video-interview-with-comrade-ghassan-kanafani-re-surfaces/

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Les médias ne comprennent pas les décisions politiques de Trump

Publié le par Felli Bernard

Les médias ne comprennent pas les décisions politiques de Trump


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Le 23 janvier 2017 – Source Moon of Alabama

Depuis deux jours, les médias sont occupés à compter les gens qui manifestent à Washington. 90,3% des électeurs de Washington avaient voté pour Clinton.

Une manifestation Républicaine récente qui a eu lieu un jour de semaine pluvieux a attiré beaucoup de monde. La manifestation Démocratique qui a suivi, un jour férié ensoleillé, a attiré plus de monde encore.

Les médias ont observé, compté et se sont dits « surpris ». On a écrit des milliers de lignes d’« analyses politiques » pour expliquer la différence d’importance de la foule sans mentionner l’influence de l’endroit où la manifestation avait lieu, ni celle du jour choisi, ou du temps qu’il avait fait. Toutes ces analyses sont idiotes.

La nouvelle administration Trump était très heureuse que tout cela détourne l’attention d’elle. Elle a en outre ridiculisé les médias quand son nouveau porte-parole a accusé la presse de ne pas savoir compter. Les analystes ont écrit à nouveau toutes sortes de sottises au sujet de cette insulte.

Tout comme pendant la campagne électorale, les médias se sont laissés aller à la facilité et sont passés à côté des décisions et des événements sérieux qui avaient lieu en coulisse.

Aujourd’hui, l’administration Trump a annoncé la fin de l’accord de Partenariat trans-pacifique (TPP) :

Le retrait du président du pacte de commerce entre l’Asie et le Pacifique a représenté un renversement radical de décennies de politique économique au cours desquelles les présidents des deux camps ont abaissé les barrières commerciales et élargi leurs relations internationales. Bien que les candidats à la présidence aient souvent critiqué les accords commerciaux pendant leur campagne, ceux qui sont arrivés à la Maison Blanche, y compris le président Barack Obama, ont fini par étendre leur champ d’application.

Le NYT semble étonné que, contrairement à Obama, Trump ait tenu sa promesse. Les médias s’attendaient à autre chose et étaient occupés ailleurs. C’est seulement quand la décision a été prise qu’ils se sont réveillés.

Le TPP aurait imposé le « libre-échange » à un plus grand nombre de pays et de produits. Le mot « libre » dans ces relations commerciales aurait signifié que les entreprises privées auraient été « libres » de passer outre les gouvernements nationaux et leur juridiction. Elles auraient pu poursuivre les États pour obtenir des « compensations » si un pays, pour des raisons de santé publique ou environnementales, refusait ou entravait un de leur projet commercial. Tout le monde devrait être heureux que ce monstre soit mort.

Les médias ont eu une autre surprise politique : une nouvelle coordination entre le Renseignement russe et américain en Syrie porte ses fruits :

La Russie a reçu des coordonnées des cibles de Daesh à Al-Bab, dans la province d’Alep, en provenance des États-Unis via la « ligne directe », a annoncé lundi le ministre russe de la Défense.

Les États-Unis ont fourni les coordonnées de cibles terroristes dans la ville d’Al-Bab dans la province d’Alep pour les frappes aériennes russes. Après le contrôle de reconnaissance, la Russie et deux avions de la coalition ont mené des attaques aériennes conjointes contre les cibles de Daesh dans la région.

Les militaires américains semblent le nier :

Tout engagement ou participation américaine sur le terrain dans le pays, à l’appui d’une série de frappes aériennes russes contre la ville syrienne du nord d’al-Bab est « 100 % faux », a déclaré le porte-parole du Pentagone, Maj Adrian Rankine-Galloway.

Le porte-parole de la coalition des États-Unis a également déclaré « ne pas coordonner les attaques aériennes avec l’armée russe en Syrie ».

Avant de sauter de haut en bas et prétendant que les Russes sont couchés, les médias devraient prendre un peigne fin et relire les déclarations.

Le Département de la Défense n’a fait que réfuter les attaques aériennes coordonnées ou aidées avec des « atouts sur le terrain ». Il ne nie pas le transfert de coordonnées. Les Russes ne prétendent pas que les avions américains ont pris part à la mission – seulement « jets de coalition ». La Turquie fait partie de la coalition américaine et coordonne les attaques aériennes avec les forces russes en Syrie :

Plus tôt, les avions de combat russes et turcs ont mené une nouvelle série de frappes aériennes conjointes contre des cibles de Daesh dans la Syrie déchirée par la guerre, a annoncé lundi le ministère russe de la Défense.

« Les avions russes et turcs ont mené des attaques aériennes conjointes contre des terroristes d’État islamique dans la banlieue de la ville d’al-Bab, dans la province d’Alep, le 21 janvier », a déclaré le ministère dans un communiqué.

La déclaration russe est vraisemblablement aussi correcte que l’instruction DoD.

L’importance politique ici est le transfert des coordonnées de ciblage ISIS de quelque agence américaine directement aux forces russes en Syrie. C’est quelque chose que la Russie a demandé depuis plus d’un an et cela semble se produire soudainement.

C’est, en plus la décision sur le TTP, un deuxième changement significatif sous Trump que les médias ont manqué de rapporter au fur et à mesure qu’il se développait.

Tandis que le bluff contre Trump dans les médias des États-Unis ainsi que dans certains pays à l’étranger est incessant, des décisions sérieuses sont prises et mises en œuvre par la nouvelle administration. Les médias échouent de façon systématique. Les détournements mineurs de « politiquement correct » sont gonflés en grandes manchettes tandis que les grandes décisions politiques passent inaperçues. C’est simple : la tâche de rapporter sur ce que fait l’administration Trump est la même que pour tout politicien. N’écoutez pas ce qu’ils disent, regardez ce qu’ils font. Il est grand temps pour les médias de revenir à cette règle de base.

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Ce que nous réserve la nouvelle administration Trump

Publié le par Felli Bernard

Ce que nous réserve la nouvelle administration Trump


Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 19 janvier 2017 – Source Sputnik News

La nouvelle ère Trump s’amorce. Attendez-vous très bientôt à toute une série de rebondissements géopolitiques et géo-économiques imprévisibles.

J’ai soutenu que la stratégie déployée par Henry Kissinger, le gourou de Trump en matière de politique étrangère, pour contrer le redoutable trio favorisant une intégration eurasienne (Russie, Chine et Iran), est une version remixée du classique Diviser pour régner, en séduisant la Russie pour l’éloigner de son partenariat stratégique avec la Chine, tout en continuant de harceler l’Iran, le maillon le plus faible du trio.

The day breaks behind the White House in Washington,DC

 

C’est ce qui se joue d’ailleurs, comme les débordements de certains des membres du cabinet proposé de Trump le démontrent, lorsqu’ils comparaissent devant le Sénat des USA. Dans le royaume du baratin, certaines factions rappellent justement la politique chinoise de Nixon, conçue par Kissinger, en se disant très emballés par la perspective de pouvoir contenir au moins une de ces puissances « susceptibles de se liguer contre les USA ».

Kissinger et le Dr. Zbig « Grand échiquier » Brzezinski sont les deux plus grands dalangs (maîtres de marionnettes) occidentaux autoproclamés de l’arène géopolitique. Par opposition à Kissinger, Brzezinski, le mentor d’Obama en matière de politique étrangère, fidèle à sa russophobie, propose une politique de diviser pour régner misant sur la séduction de la Chine.

Cela dit, après avoir examiné ma thèse, une source influente du milieu des affaires de New York, très proche des véritables Maîtres de l’Univers au demeurant discrets, qui a correctement prédit la victoire de Trump des semaines à l’avance, a été cinglante à l’endroit de ces précieux dalangs. Mais elle s’est surtout proposée d’expliquer en détail comment les Maîtres de l’Univers ont exposé la nouvelle normalité directement à Trump. Appelons-la « X ».

La Chine sous haute surveillance

« X » commence par dire ce que les porte-parole habituels de l’État profond aux USA, qui vénèrent leurs idoles, n’osent jamais affirmer, du moins en public : « Il est important de ne pas donner trop de poids à Kissinger ou à Brzezinski, qui ne sont que des façades pour ceux qui prennent les décisions, et dont le rôle consiste à recouvrir ces décisions d’une patine d’intellectualité. Leur contribution ne signifie pas grand-chose. J’utilise leurs noms à l’occasion, car je ne peux nommer ceux qui rendent vraiment les décisions. »

C’est à partir de là que « X » définit la nouvelle normalité : « Trump a été élu avec le soutien des Maîtres, pour qu’il penche la balance en faveur de la Russie. Les Maîtres ont leurs pions dans les médias et au Congrès, qui poursuivent une campagne de dénigrement contre la Russie. Ils disposent aussi de leur marionnette Brzezinski qui s’en prend également à la Russie, en déclarant que ‘l’influence mondiale des USA dépend de sa coopération avec la Chine’. L’objectif est de forcer la Russie à coopérer et à placer ses jetons en faveur de Trump à la table des négociations. C’est la technique du bon flic et du méchant flic. Donald est perçu comme le bon flic qui souhaite de bonnes relations avec la Russie, tandis que le Congrès, les médias et Brzezinski jouent le rôle du mauvais flic. On aide ainsi Trump dans ses négociations avec la Russie, Poutine étant conscient de la position ‘précaire’ de son ami, ce qui devrait l’amener à faire des concessions majeures comme on dit. »

Ce qui nous amène à parler de la façon dont Taïwan – et le Japon – se sont retrouvés dans le bain. « En parlant aux Taïwanais, Donald montre aux Russes que son virage, c’est du sérieux. Mais on a décidé de mettre aussi le Japon dans le bain, en tant que prédateur s’en prenant à l’industrie américaine, par une attaque contre Toyota, bien méritée d’ailleurs. C’est que les Maîtres ont jugé plus prudent de modérer la position, par crainte que notre renforcement du Japon contre la Chine ne soit perçu comme une trop grande provocation. »

Il faut donc s’attendre à ce que la Chine, comme l’a prévu Kissinger, à qui « il est important de ne pas trop donner de poids », demeure constamment sous haute surveillance : « Les Maîtres ont décidé de réindustrialiser les États‑Unis et veulent ramener les emplois de Chine. Ce qui est souhaitable du point de vue des Chinois, car pourquoi vendraient-ils le fruit de leur travail aux américains, pour un dollar qui n’a pas de valeur intrinsèque en n’obtenant pratiquement rien en retour? Chaque travailleur chinois devrait avoir une voiture dans son garage et la Chine va devenir un plus grand producteur de voitures que l’UE, les USA et le Japon réunis. Sa richesse, la Chine la gardera à l’intérieur de son territoire. »

Pourquoi la Chine plutôt que la Russie? « La Russie étant un pays de ressources naturelles, qui possède un complexe militaro-industriel gigantesque (la seule raison pour laquelle on la respecte secrètement), elle n’est pas engagée dans des pourparlers commerciaux difficiles, car elle n’exporte pratiquement rien d’autre que des ressources naturelles et du matériel militaire. Les Maîtres veulent ramener les emplois délocalisés du Mexique et d’Asie (Japon, Taïwan, etc.), comme l’a démontré la sortie de Trump contre le Japon. La principale raison sous-jacente est que les USA ont perdu le contrôle des mers et ne sont pas en mesure de sécuriser leurs composantes militaires, en cas de guerre majeure. Cette réalité indéniable dissimulée à l’arrière-scène est tout ce qui importe désormais. »

En quelques mots seulement, « X » décrit l’inversion d’un cycle économique : « Les Maîtres ont empoché de l’argent du transfert des industries en Asie (Bain Capital en a fait sa spécialité) et Wall Street a fait pareil en profitant des taux d’intérêt plus bas sur les capitaux recyclés des déficits commerciaux. La question est maintenant devenue stratégique et ils vont faire de l’argent en misant sur le retour des industries qui réduiront leurs investissements en Asie pour les ramener aux États‑Unis, où nous reconstruisons la capacité de production. »

« X » est un adepte de la stratégie commerciale d’Henry Ford et c’est ce qui le motive à parler de ce thème crucial qu’est la défense nationale. D’après lui, « Ford a doublé les salaires qu’il payait et a fait plus d’argent que n’importe quel autre fabricant. La raison en était que le salaire de subsistance du mari permettait à la mère d’avoir de nombreux enfants, ce qui était psychologiquement bon pour la productivité dans ses usines automobiles, tout en permettant à ses employés d’avoir les moyens d’acheter ses voitures. Il a ainsi reconnu que dans la société, il doit y avoir une distribution équitable de la richesse, ce que Steve Jobs, qui l’admirait, n’a pas su faire. »

« La productivité de masse de Henry Ford était une merveille, et c’est ce qui a permis aux États‑Unis de gagner la Seconde Guerre mondiale. Amazon ne contribue en rien à la défense nationale, car il n’assure qu’un service de marketing sur Internet basé sur des programmes informatiques, pas plus que Google d’ailleurs, qui ne fait que mieux organiser les données. Aucun des deux ne contribue autrement que de façon bien négligeable à construire un meilleur missile ou sous‑marin. »

C’est le Pentagone qui compte

Tout se rapporte donc à la réorganisation de l’appareil militaire des USA. « X » est revenu sur ma référence à un rapport du CNAS, que j’avais cité dans mon article initial : « Ce qui ressort d’entre ces lignes est très important. C’est que nous sommes en sérieuse difficulté, car nos armements accusent un retard technologique de plusieurs générations par rapport à la Russie, ce qui va dans le sens de la déclaration de Brzezinski, selon laquelle nous ne sommes plus une puissance mondiale. »

Voici une analyse exhaustive et approfondie de la façon dont la Russie a réussi a mettre en place la meilleure force armée du monde. D’autant plus qu’elle ne tient même pas compte du système de défense antimissile S‑500, qui est en train d’être déployé et qui scellerait l’espace aérien de la Russie au grand complet. La prochaine génération (S‑600?) promet d’être encore plus performante.

« X » ose aussi aborder un sujet tabou de l’État profond, à savoir comment la Russie, au cours de la dernière décennie, est parvenue à devancer les USA, au point de lui avoir « ravi le titre de plus grande puissance militaire ». Mais la partie est loin d’être terminée, qu’on ait affaire ici à des vœux pieux ou non : « Nous espérons que le secrétaire à la Défense James Mattis comprendra cela et que le sous‑secrétaire à la Défense possède les compétences en technologie de pointe, la capacité organisationnelle et la clairvoyance qu’il faut pour comprendre que les armes de la Troisième Guerre mondiale, ce sont les missiles offensifs et défensifs et les sous‑marins, et non pas la puissance aérienne, les blindés et les porte‑avions. »

Réaliste, « X » reconnaît que les néocons et les néolibéraux-cons, qui représentent la majorité des factions de l’État profond aux USA, tiennent au statu quo belliciste et n’abandonneront jamais leur hostilité acharnée à l’endroit de la Russie. Mais il préfère parler de changement : « Laissons Tillerson réorganiser le département d’État en améliorant son efficience à la Exxon. Il pourrait faire ses preuves à cet égard. Lui et Mattis se sont peut-être dégonflés, mais s’ils avaient dit la vérité au Sénat, ils auraient risqué de ne pas être confirmés à leur poste. Ce qu’ils ont dit n’a ainsi aucune importance. Mais il faut noter ceci à propos de la Libye. La CIA avait pour but d’éloigner la Chine de l’Afrique, tout comme l’AFRICOM. C’était un des secrets de notre intervention en Libye. »

On ne peut pas dire que cela a fonctionné. L’OTAN et l’AFRICOM ont fait de la Libye une terre désolée sous la coupe des milices et la Chine n’a pas encore quitté le reste de l’Afrique.

« X » reconnaît aussi ceci : « La Syrie et l’Iran sont des lignes à ne pas franchir pour la Russie. Tout comme l’est de l’Ukraine à partir du Dniepr. » Il est pleinement conscient que Moscou n’autorisera aucun stratagème de changement de régime à Téhéran. Il sait aussi que « les investissements chinois dans le pétrole et le gaz naturel iraniens font en sorte que la Chine ne permettra pas à Washington de renverser le gouvernement iranien. »

Les choses se corsent vraiment lorsqu’il est question de l’OTAN. « X » est convaincu que la Russie « va envahir la Roumanie et la Pologne, si les missiles en Roumanie ne sont pas retirés et si la Pologne ne renonce pas à son engagement d’en déployer. Ce qui est en cause, ce ne sont pas les missiles défensifs inefficaces des USA que l’on compte placer dans des silos, mais plutôt leur substitution par des missiles nucléaires offensifs. La Russie ne tolérera pas pareil risque. Cette question n’est pas négociable. »

Contrairement au parti de la guerre aux USA, pour qui la « menace perpétuelle » fait l’objet d’une propagande perpétuelle, Moscou observe la réalité sur le terrain depuis les années 1990 : le démantèlement de l’allié slave historique qu’est la Serbie; l’annexion à l’OTAN des pays du pacte de Varsovie et d’anciennes républiques soviétiques, sans oublier les tentatives d’y inclure aussi la Géorgie et l’Ukraine; la multiplication des révolutions de couleur par les USA; le fiasco du « Assad dégage », un changement de régime qu’on voulait imposer à la Syrie, en armant notamment des salafo-djihadistes; l’imposition de sanctions économiques; la guerre des prix du pétrole et les raids sur la valeur du rouble; et le harcèlement incessant de l’OTAN.

« X », qui est bien conscient de ces faits, ajoute ceci : « Les Russes ont toujours voulu la paix. Mais ils n’entreront pas dans le jeu des Maîtres de l’Univers, faisant de Trump le bon et le Congrès, la CIA et ainsi de suite le méchant, en tant que stratagème de négociation. C’est ainsi qu’ils voient les choses. Ils ne considèrent pas tout ce cirque comme réel. »

Le cirque ne pourrait être qu’une illusion, ou encore du wayang, un théâtre de marionnettes balinais, comme je l’ai suggéré. « X » y va d’une interprétation limpide du jeu de l’ombre qui se dessine du point de vue de Moscou, en laissant passer « plusieurs mois, pour voir si Poutine peut parvenir à une détente avec Trump qui entraînera la création d’une Ukraine orientale autonome, la signature d’un traité de paix en Syrie en laissant Assad en place, et le retrait des forces de l’OTAN derrière leurs lignes de défense établies sous Ronald Reagan. »

Qui aura le dessus? Les Maîtres de l’Univers ou l’État profond? Attendez-vous à des secousses.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

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